Disclaimer : KHR est à Akira Amano-sensei.

Rating: Contenu violent, meurtres, humour, Mafia.

Nda : Welcome back dear amateurs !

Cet OS, Egarements, est la suite de Croisements, et aura lui-même une suite. J'ai trop de mal à le terminer, alors je publie ce que j'ai là, en attendant que l'inspiration me revienne… L'italien et autres mots de japonais sont toujours présents, l'anarchie temporelle toujours aussi structurée et je suis toujours positive pour une suite. Ainsi donc, appréciez voir Kitsune-chan se perdre (d'où le titre) et n'oubliez pas de COMMENTER !

Hint : Trois mois après Chapter 1:Croisements.

Resume : Kitsune Aiko est la seule femme de la Varia. Être un assassin professionnel en convalescence entichée de son boss, ce n'est pas tous les jours facile.

[Edition 11/01/2016]


Le -foireux- retour.

Une Rexton noire mat était garée dans l'immense cours de gravier de la propriété résidentielle. Sa plaque était marquée du sceau Varia et de l'emblème de la Pluie. Une certaine officière était venue abattre le boss d'une petite famille rebelle. Le sol de la villa avait été submergé par le sang qui avait coulé à flots. Un véritable massacre. Une trentaine d'hommes qui avaient été armés jonchaient les couloirs de leurs cadavres. Sur tous les corps, on pouvait observer les éviscérations sanglantes d'une lame. L'hémoglobine, sur chaque mur de la bâtisse, avait giclée jusqu'au plafond et dégoulinait sur les tapis Persans jusqu'à imbiber le parquet.

Kitsune Aiko avançait au milieu de ce lieu mortuaire. Visiblement indifférente au liquide qui mouillait les semelles de ses rangers noires, elle monta à l'étage, jusque dans le bureau du défunt boss. Elle se servit un verre de vin rouge – qu'elle trouva délicieux - et repoussa un énième cadavre pour s'asseoir en face du secrétaire de bois sombre. Tout en sirotant, elle composa un numéro sur le téléphone à cadran. Les bips de la tonalité résonnèrent entre les murs morts de silence pendant qu'elle attendait que la communication se mette en place. Puis son interlocuteur décrocha.

« VOIIIIIIIIII ! Il est minuit ! Qui que tu sois déchet, t'as intérêt à avoir une bonne raison de me faire chi...

- Humhum, Taichou. On a un problème.

-...Oii, Kitsune ?

- Hai, hai. On est tombé dans un piège.

- Voi ! Comment ça ? Je vous ai envoyé sur un double meurtre en résidence. Les chances de succès pour vous étaient de quatre-vingt-onze pour-cent !

- Tout le monde avait déjà été massacré avant qu'on arrive. Ce n'est pas normal.

- Voii, qui a fait ça ?

- Hum. Un épéiste. Je reconnais sa signature mais je ne sais pas qui c'est, mentit-elle. Je dirais qu'il porte quatre épées, et Bonsang, je jurai qu'il y a eu de sombres illusions dans cette maison.

- Voii ! Fait chier ! Où est Aleardo ? »

Kitsune était maintenant Tenente di Pioggia tandis qu'Aleardo avait enfin obtenu le titre de Vice-Commandant. Ils avaient été envoyé en duo sur cette mission de rang A s'avérant être un guet-apens meurtrier.

« Il Vice Comandante vérifie qu'il n'y est pas de survivant. Il va bientôt arriver. Hm. Nous avons besoin de vous.

- Je vais venir avec des renforts. On sera là dans vingt minutes !

- C'est trop. Aleardo-Vice mourra.

- Voiii, c'est un ordre ! Vous tiendrez vingt minutes jusqu'à ce qu'on arrive sinon je te découpe, tu as compris merdeuse ?!

- ...Hai. »

La fréquence cardiaque moyenne d'un individu est de soixante-dix battements par minutes. Après des années d'entraînements à l'impassibilité, la tueuse Varia savait que la sienne était d'exactement un battement à la seconde, ce qui est relativement faible. En vingt minutes, son cœur allait pulser mille deux cents fois, ce qui représentait mille deux cents secondes. Elle s'engageait à tenir mille deux cent soixante secondes. En retenant une minute de sécurité pour être sûre de survivre, elle promettait de vivre encore vingt et une minute.

La cadence de tir d'une mitrailleuse pouvait varier entre six cents et mille trois cents coups par minute. En assumant que les armes ennemies se situeraient dans les neuf cents coups, vingt minutes signifiaient une rafale de dix-huit mille balles. Dix-huit milles neuf cents balles pour vingt et une minute. Aiko devait tenir mille deux cent soixante secondes et survivre à dix-huit milles neuf cents balles. Cela faisait bien neuf cents balles par minutes. En d'autres termes, elle devait éviter quinze balles à chaque battement de son cœur tout en gardant son calme.

Ses capacités physiques l'aideraient à supporter en moyenne cent dix balles par minute ; l'environnement en arrêterait cinq cent quatre-vingt ; et ses illusions réelles se chargeraient des deux cent dix restantes. Dans ses calculs, l'officière Varia comptait son épuisement et pensait pouvoir maintenir quatre-vingt-dix-sept pourcent de son efficacité d'une minute à l'autre. En bref, elle comptait pousser ses limites pour survivre vingt et une minute dans l'idéal. Mais elle était réaliste.

« Oi, combien de chance de succès ?

- Au mieux, humhum...Dix-sept pour-cent. Chaque seconde que vous gagnez est vitale. Nos vies reposent entre vos mains. Aleardo-Vice mourra si vous prenez plus de seize minutes, et je mourrais si vous en prenez plus de vingt. Je garde une minute de sûreté à chacun de nous. »

Elle entendit à l'autre bout du fil les hurlements de son unité se préparant à l'assaut. Aiko avala quelques gorgées de vin alors que les rugissements des moteurs de 4x4 résonnaient dans le combiné téléphonique à son oreille.

« Voii, le décompte commence quand ?

- Hum, trente seconde après que je coupe la communication.

- Aiko, on est encerclé ! cria Aleardo en arrivant dans la pièce.

- Hai. J'ai prévenue Squalo-Taichou. On doit survivre vingt minutes, ils sont en route.

- Cazzo di merda, vaffanculo, cria l'assassin.

- Hai, hai.

- Voiii ! Accrochez-vous !

- Humhum..

- Vita di assassino, morte di assassino, morte di merda, jura encore le Vice Commandant. »

Aiko termina son verre, se redressa et s'approcha de la porte, à couvert.

« Hai, hai, Squalo-Taichou. »

Elle raccrocha. Trente secondes passèrent. Elle entendit distinctement les trente battements de son cœur. Elle eut tout juste le temps de prendre une grande inspiration, d'échanger un regard avec son équipier, de matérialiser ses dagues et de se préparer à se défendre avec ses illusions. Puis dans les clics synchronisés des mitrailleuses ennemies, l'enfer se déchaîna autour d'eux.

L'apocalypse du champ de bataille dura exactement dix-sept minutes et trois secondes pour Aleardo, avant qu'il ne rejoigne le véritable Autre Monde. Il Vice Comandante di Pioggia Varia ne put éviter les rafales qui défoncèrent jusqu'aux murs de la villa et se fit trouer par des centaines de balles jusqu'à ce que son corps perforé ne retombe au sol, abreuvant la marée de sang continue.

Assourdie et haletante la Renarde se blindait toujours grâce à son habilité, ses dagues Sinistra et Destra, et le pouvoir de créer du néant. Elle réussit à tenir ses prévisions pendant dix-huit minutes et cinquante-trois secondes. Cela représentait seize mille neuf cent quatre-vingt-quinze balles. La seize mille neuf cent quatre-vingt dix-septième qui sortit d'une des cinq mitrailleuses Thompson M2025 atteignit son mollet droit. La balle traversa sa jambe et fractura son tibia et son péroné. Son rythme cardiaque s'accéléra de douleur et d'un soupçon de panique. Puis une autre variable trompa les probabilités qu'elle avait étudiées avant qu'elle n'ait le temps de se ressaisir.

Une charge de lance-roquette vint toucher la villa et les murs s'écroulèrent autour de la jeune femme blessée. A la dix-neuvième minute, Kitsune Aiko comprit que s'en était fini d'elle. Le côté gauche de son corps immobilisé par les débris, elle reçut encore quatre balles. La première alla se loger vers sa hanche, brisant l'os net, la seconde traversa son torse sous son sein, la troisième et la quatrième enfoncèrent son épaule et sa clavicule. Elle garda les yeux résolument ouverts et les mains serrées sur ses dagues pour voir la mort inévitable qui allait venir la chercher.

Une explosion d'incroyables flammes orangées envahit sa vue à la place. La blessée ne pouvait pas croire qu'il s'agissait déjà des renforts du Gardien de la Pluie et personne d'autre n'était censé savoir où elle se trouvait. Elle vit des déferlantes de ces jets rougis de Colère danser avec une silhouette imposante sombre et brûler toute l'artillerie ennemie dans une hécatombe fulgurante. La jeune femme n'avait plus la force que d'ouvrir une paupière tuméfiée et cru même entendre les rugissements d'un félin imposant au milieu des détonations brutes ininterrompues.

Il restait encore trois tireurs à l'arrière de la maison, sur le toit de l'aile voisine. Les snipers réussirent à traverser le torse de l'homme apparut de trois balles dans le dos qui brisèrent ses os et trouèrent ses entrailles. Son immense corps robuste se tourna vers les futurs morts et deux balles enflammées explosèrent les visages des ennemis. Le troisième, blessé, perdit le contrôle de son arme qui se retourna contre lui. La nouvelle rafale s'emballa et plomba littéralement l'assassin ennemi avant que le canon ne dérive vers le corps immobile de la Renarde. Les balles s'écrasèrent de plus en plus proches d'elle qui ne pouvait même pas se dégager ou ramper.

La première cartouche qui l'atteignit lui perfora les côtes et un poumon. Aucun son ne lui échappa mais elle crut crever de douleur les yeux ouverts. Les suivantes furent interceptées par les chaires et fémurs des cuisses de l'homme balafré alors qu'il ignorait les nouveaux orifices sanglants de son buste pour la tirer hors de la trajectoire dangereuse. Puis ses pistolets marqués de X rouges incandescents tombèrent lorsqu'il s'écroula en l'entraînant de son poids. Affligés par leurs blessures, ils perdirent tous deux conscience avant leur impact avec le sol.

Précisément à la vingtième minute lorsque Superbi Squalo arriva sur les lieux avec son équipe, il ne retrouva que des cadavres et les corps presque morts de son boss merdique et de sa merdeuse d'officière se vidant joyeusement de leur sang sous le nuage de poussière qui s'envolait des gravats. Les yeux rouges du Ligre Tempesta di Cieli brillèrent dans l'obscurité près de son maître et son cri repoussa les officiers qui voulurent l'approcher.

« Mah, mah ! Je dois tout de suite les soigner, Bester-chéri, laisse nous passer s'il te plaît mon ange ! » S'exclama un certain punk efféminé en dirigeant l'escouade du Soleil pour qu'ils sauvent les deux blessés par balles immédiatement.

L'Empereur de l'Épée observa les dégâts de la villa en ruine. Il passa une main gantée sur son front moite en soufflant, dépassé. Il reconnaissait les ravages de la flamme de la Colère qu'il avait décidé de suivre bien des années auparavant et des mitrailleuses d'assaut. Il avait perdu son second et manquait de perdre la Lieutenante et troisième plus gradée de son unité – sans mentionner son Boss. Le Gardien surmené était maintenant confronté à tout un flot de questions, d'incohérences et d'indignations.

COMMENT et POURQUOI avait pu déraper cette mission ?!

Il voyait déjà les montagnes, les montagnes et les montagnes de paperasse que ça allait demander. Et les factures, les lettres, les menaces, les réclamations, les indemnisations, et autres honoraires ou prises de tête que ça lui coûterait. Il en était malade. Heureusement que Mammon n'était plus là pour détourner l'argent des caisses de la famiglia. Lui et ses hommes crèveraient avant d'avoir achevé la putain de paperasse di mierda.

Et puis d'abord, qu'est-ce que ce gros con paresseux foutait à crever là ? Comment est-ce-que Xanxus avait réussi à arriver une minute entière avant eux pour sauver la chieuse in extremis, alors que cet enfoiré de glandeur n'était même pas censé être au courant de sa mission ?!

« Voooiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! Enfoiré de Boss de merde avec ta putain d'intuition de meeeeeeeeeerdeuh ! »

Superbi Squalo était à bout.

Convalescence.

Kitsune Aiko mangeait des Frosties assise en tailleur sur la table de la cuisine du manoir Varia. Autour d'elle, les cuisiniers effrayés faisaient de leur mieux pour ne pas déranger l'effrayante officière et refaire le steak que le Boss avait demandé. Une explosion suivit d'un cri du squale de la mansion retentit quelque part vers l'aile Sud et les murs tremblèrent.

« Humhum. Je n'aime pas ces céréales, dit la tueuse d'une voix ennuyée. Faites-moi un autre bol. »

Felicia, aide en cuisine, sentit une goutte de sueur glisser sur sa nuque quand la seule femme de Varia s'adressa à elle. Avec prudence et empressement, la domestique récupéra le bol que faisait léviter l'illusionniste vers elle et sortit à la hâte des Choco Pops. Cela parut lui convenir et Felicia se félicita d'avoir sauvé sa vie en la satisfaisant. Elle ne voulait surtout pas finir dans la morgue du sous-sol comme les trois cuisiniers que le Boss venait de tuer par ce que sa viande était trop cuite.

Cela faisait trois mois que le monde mafieux s'était habitué à la présence d'une femme dans Varia. Celle-ci était en période de repos suite aux blessures qu'elle avait subies deux semaines plus tôt. Il lui restait encore trois séances d'exposition à la flamme du Soleil avant de pouvoir reprendre officiellement ses fonctions. Son Boss également devait encore récupérer de ses lésions et était d'une humeur particulièrement exécrable depuis. A croire que l'indomptable emmerdeur à la tête de l'escouade ne supportait pas l'immobilité.

La jeune femme se leva et rematérialisa son unique béquille pour pouvoir se déplacer. Sa hanche et son tibia avaient tout bonnement été explosés par les balles. Elle avait en plus écopé de six côtes brisées, d'un poumon perforé, d'une clavicule et vertèbres déplacés et d'une épaule disloquée. Le tout, des pieds à la tête, se concentrait sur son flanc droit et contenait maintenant sûrement autant de métal chirurgical que Wolverine d'Adamantium. Mais c'était sans compter les multiples blessures superficielles – bien que profondes ou non – qu'elle avait également reçues à cause des morceaux de bétons et de meubles lors de l'écroulement de la villa.

Kitsune Aiko avait failli perdre la vie et passé plus de douze heures au bloc opératoire sous transfusion et intraveineuse d'eau Ensoleillée. Les dégâts majeurs de ses organes vitaux et la balle coincée dans les éclats de sa hanche avaient immédiatement été traités d'office. Ensuite, pour ses os, tout avait été remis en place et soigneusement consolidé avec des vis et autres tiges. Elle devait juste attendre que sa hanche et son tibia soit complètement ressoudés pour remarcher normalement. Elle avait tout de même énormément de mal. Elle ne pouvait pas non plus utiliser ses dagues en attendant que son épaule et sa clavicule droite se stabilisent. La tueuse ne pouvait même pas atteindre son fidèle Beretta toujours fièrement attaché à sa cuisse vaguement griffée, tellement le poids de son corps était soutenu par ce seul latéral valide.

La tueuse Varia se sentait vulnérable et était donc d'une humeur abominable. Malgré l'improbabilité de sa survie, elle continuait à se plaindre et agissait avec son flegme meurtrier quotidien. Elle trouvait cependant son sort quelque part préférable à celui de l'homme sans lequel elle n'aurait survécu. Son Boss-man avaient passé six bonnes heures de plus dans le bloc voisin au sien. Xanxus avait survécu au trois qui étaient passées par son torse en évitant ses organes vitaux de peu et aux sept cartouches que retenaient encore les débris de ses fémurs. C'étaient donc les blessures inférieures des deux assassins qui posaient problèmes. La nuance tenait au fait que la jeune femme paralysée d'un flan n'était plus contrainte à utiliser un fauteuil roulant, tandis que le boss de Varia était tout bonnement alité.

Le Neuvième en avait même profité pour passer au Manoir, lors de la première semaine de convalescence. En trois mois, Aiko n'avait jusqu'alors jamais assisté à une visite du Noño, le – futur ex - Boss Vongola. Elle s'était réveillé de mauvaise humeur dans l'effervescence matinale des domestiques. Elle avait au passage dû en tuer un ou deux avant de découvrir qu'ils recevaient un invité de marque. L'officière avait alors porté son fauteuil roulant dans la file de ses collègues inclinés tandis que le vieil homme était monté dans la chambre de son fils adoptif. Nul ne savait ce qui s'y était dit et pour sa part, Aiko s'en fichait royalement.

Elle s'invita plus tard dans le bureau du Boss pour se servir un verre de rhum. La jeune femme vêtue de noir posa sa béquille et s'installa dans un des canapés de cuir. La Renarde malicieuse attendit. Elle avait été promue Vice-Capitaine de la Pluie et se tenait à disposition de l'escouade de la Brume quand elle le voulait. Cela lui donnait l'autorité nécessaire pour assister aux réunions presque officielles des Capitaines Varia. La tueuse avait plus d'une heure d'avance et le faisait exprès dans le seul et unique but d'exaspérer l'immonde Capitaine et Gardien de la Foudre.

Levi-a-Than arriva quatre minutes et vingt-huit secondes plus tard accompagné de son Vice-Capitaine, Uno. Son visage disgracieux se tordit de rage en remarquant que la femme l'avait encore précédé. Il serra les poings de toutes ses forces pour ne pas la griller à mort sur le champ. Déjà qu'il avait entendu dire qu'elle... Qu'elle couch... Qu'elle avait des re-relations... Cha-charnelles... Av-avec SON Boss, cette fille se permettait EN PLUS d'arriver avant lui pour s'imprégner de l'espace dans lequel Xanxus entrerait ! Levi détestait cette personne et tout son genre.

Se dressant subitement entre sa fureur et sa future victime objet de sa haine, la tête de grenouille du vert de la Brume apparut. Puis, dans les échos de son rire psychotique, la tête couronnée du blond de la Tempête suivit. L'odieux trio de gamins meurtriers qui gangrénait la précieuse Varia de l'homme aux parapluies était réuni devant lui.

« Ushishishi, on dirait que Levi à des envies de meurtre.

- Hai, Bel-sempai. Je préférerais qu'il ait des envies de suicide, ça nous arrangerait tous. Mais dès qu'il voit Aiko-nee, Levi qui-s'est-fait-battre-par-une-vache-de-cinq-ans-dans-le-passé-ne-l'oublions-pas-même-si-quand-je-dis-ça-je-ne-dis-rien-hein a toujours une aura de meurtrier. Je crois qu'il ne t'aime pas Nee-chan.

- Hai, hai. Ce doit être la frustration d'une défaite contre un morveux braillard mieux qualifié que lui pour être Gardien de la Foudre. Ça a dû lui causer un traumatisme enfouis, humhum. Le spécimen réagit violemment lorsqu'il est impuissant. Ce pourrait être un cas psychiatrique ou un épisode de série profiler intéressant.

- Ushishishi ! Le Prince est d'accord avec kaeru et kaeru-hime. Je veux bien commencer la dissection. Ushishsihsi... »

Levi quant à lui grésillait littéralement de rage. Heureusement que Uno, son second, le retenait d'un bras. La Mama autoproclamée du Soleil arriva ensuite et se dépêcha de se jeter sur ses ''enfants'' adorés. Il plongea immédiatement ses mains dans la longue chevelure fauve de la Renarde, sa nouvelle poupée, en gémissant. Le fanboy absolu et irrévoqué de Xanxus faisait des sauts de tensions internes incroyables pour réussir à se calmer. C'était à croire que le monde envoyait délibérément les individus les plus exécrables de la Mafia sur sa route pour la reconnaissance du Boss !

« ….shishishi !

- Mah, mah ! Regardez-moi cette brillance ! Et cette couleur flamboyante naturelle ! Mah~ Diosmìo. Ils sont encore plus long que ce de Squ-chan !

- VOIIIIIII ! Ne m'appelle pas commence ça Luss de merde !

- Fermez là. Vous, déchets, cracha une voix violente. »

L'entrée de Squalo poussant le fauteuil roulant de Xanxus imposa le silence dans la pièce. Même ainsi assis face à tout le monde, le regard sanguin de l'homme écrasait l'air de sa puissance. Tous reprirent aussitôt contenance alors qu'il s'autorisait un verre de cognac. La réunion pouvait commencer. Après tout un tas de modalités auxquels Aiko ne prêta pas attention par ce qu'elle n'était pas concernée, le sujet de sa mission catastrophée et du sauvetage kamikaze de Xanxus fut enfin abordé.

Malgré la mort d'Aleardo, le fait que la jeune femme ait réussit à combattre dix-neuf minutes pendant la fusillade – et de surcroît survécu jusqu'à sa vingtième minute que les secours interviennent - représentait la réussite d'une opération à seulement dix-sept pourcent de chance de succès, comme elle l'avait prédit. L'intervention de Xanxus qui non seulement la sauva, mais en plus permis d'annihiler l'ennemi se comptait à hauteur des dix pourcent de chance. Quelle force pour l'homme qui portait deux fois le X dans son nom et s'était voulu héritier Decimo. Grâce à son intuition Vongola étrangement acquise, il avait encore une fois produit l'impossible. Même si les officiers Varia ne remplissaient des missions qu'au seuil minimum de quatre-vingt-dix pourcent de chance de réussites, c'était ce genre d'exploits qui assurait la puissance de sa Quality.

« Hm. Je pense savoir qui est l'auteur du massacre.

- Voii ! Comment ça ? C'est maintenant que tu le dis !

- Je ne savais pas comment il s'appelait, j'ai dû faire des recherches, excusa-t-elle.

- Aiko-nee a médité pendant des heures pour fouiller dans ma mémoire et la sienne avant de trouver.

- Ushishi, qu'est-ce que tu veux dire par là ?

- Ce que je veux dire, Bel-sempai, est qu'elle ne devrait pas le connaître vu qu'on ne le rencontre que dans le futur, desu.

- Oiiii, et comment tu le connais alors, morveuse ?

- Humhum. Avant que Cervello ne vienne me reprendre et que Fran ne perde sa mémoire, il m'avait partagé tous ses souvenirs. J'ai juste fouillé dans sa tête pour retrouver le détail qui m'échappait.

- Mah~ et alors, qui est-ce ? Reprit Lussuria.

- Hum. Genkishi des GiglioNero.

- VOIIII ! Ce putain de traître ?

- Humhum, il doit commencer ses manœuvres pour trahir la petite fille de l'arcobaleno du Ciel, mais je ne comprends pas pourquoi il s'en ait prit à Varia. Je le tuerais et réduirait ses couilles en gelées. Je ne pardonne pas l'humiliation.

- Mah ! Ce type à l'air effrayant ! Et le sort que Aiko-chan lui réserve aussi, cria de nouveau la Mama du Soleil.

- VOOOIIIIIIIIIIII...

- Ushishihsi, le Prince ne l'aime pas. Qu'on lui coupe la tête !

- Hai, hai, moi non plus. Je vote pour l'exécution des~, ajouta la grenouille en levant la main.

-...OOOOOOOOIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII...

- Humhum, humhum.

- Ushishishishishishi...

- Je lui ferais payer Boss ! S'exclama le Gardien de la Foudre que les autres ignoraient sciemment.

-...shishishishishishishi.

-...OOOOIIIIIIIII !

- La ferme ! Connards de Déchets ! »

Une bouteille vola et les pistolets noirs frappés de X écarlates scintillants de la flamme de la Colère de l'héritier adoptif Vongola brillèrent à ses poings. La détonation qui retentit et le bout de plafond qui fut arraché par le tir coupèrent court à toute parole. Le Boss avait parlé. Le Boss avait rugit. Et quand le Boss gueulait, des gens perdaient leurs têtes dans le souffle des explosions de sa fureur dévastatrice. Personne n'était assez suicidaire pour l'ouvrir.

« Voii ! Boss de merde, on fait quoi de lui ? On ne doit pas le laisser au morveux Vongola ? »

L('inutil)e point Kitsune Aiko.

Il était tellement...hum, dangereux. Une bête indomptable que personne ne pouvait dominer. Seul. À lui seul plus fort que tous lions ou tigres du monde. Quand il était là j'avais l'impression de vivre. On pouvait passer des heures à simplement se détailler. Puis il me prenait violemment, humhum. Je crois qu'il essaye encore de me faire hurler. Il n'y arrivera jamais, je garderais ma bouche résolument clause dorénavant. Je ne voudrais pas qu'il détienne trop de force sur moi, je me sens déjà bien trop docile et je n'adore pas trop, hum... C'est comme s'il me soumettait à chaque fois que l'on se croise ; il est irrévocable. Mais il me laisse ma liberté et ne me demande rien en échange, alors je me trouve à revenir sans cesse. Mis à part cet homme, hm, ma vie était presque parfaite depuis que j'étais une Varia. J'aimais le sentiment de puissance que cela m'apportait autant que j'en étais fière, qu'importait les cicatrices. Je n'avais plus trop matière à me plaindre. Je me foutais un peu de tout, je trouvais juste toujours le moyen de me distraire. Mon unique hantise était la paperasse, humhum. Je retrouvais l'excitation constante de la lutte pour ma survie et mon intégrité de renarde. Vivre au milieu des prédateurs avec des instincts de chasseurs infaillibles. Vivre dans la famiglia du Ligre Tempesta di Cieli auprès des hommes les plus forts, fous et dangereux du monde de la Mafia réunis sous le drapeau de la puissante Varia. Humhum, le tout me semblait convenable et même enrichit par la présence d'êtres intéressants autour de moi. Je pensais avoir enfin reprit un semblant de contrôle sur ma fuckin existence. Et voilà que tout se barrait de nouveau en sucette, hum. Franchement, je ne savais pas si c'était mon karma de merde ou si quelqu'un se foutait vraiment de ma gueule. Honnêtement, pour la personne qui réussissait à m'emmerder de la sorte, je préférerais que ce soit la première option. Par ce que si je la retrouvais...Hm, qu'elle dorme les yeux ouverts. En attendant, je devais encore subir les égarements de nos esprits d'assassins surmenés. Bref, voyez un peu – pour changer - comment la situation m'échappait, humhum.

Une équipe de bras cassés.

Ainsi, la Varia apprit que Genkishi avait commencé ses actions sûrement dans le but d'exécuter sa trahison de rageux notoire. Squalo fut hospitalisé trois jours en raison des blessures que Xanxus lui avait faites lors de leur dernière réunion. La bouteille de cognac qu'il avait reçu sur le crâne lui avait non seulement ouvert celui-ci, mais l'alcool avait pris feu à cause de la Colère de son enfoiré de Boss jusqu'à le brûler au troisième degré.

Il n'y avait que le vieux requin pour oser faire référence au Decimo alors que son Boss venait explicitement d'être visé. En sous-estimant honteusement que le balafré ne pouvait pas s'occuper de ses ennemis tout seul, comment Squalo pouvait-il réclamer plus fort de recevoir la mort ? Il s'en était heureusement sortit après avoir passé plus de vingt-quatre heure en exposition intensive au Soleil régénérateur. Il devait normalement pouvoir s'en tirer sans la moindre cicatrice – et après avoir été tondu - puisque seules les premières couches de chaires et de muscles avaient été endommagées.

En ce qui concernait les autres abonnés aux seins médicaux, Kitsune Aiko et son Boss-man, ce n'était pas aussi simple. Leurs états résiduels étaient à chacun catastrophiques, beaucoup se demandaient comment ils se dressaient encore. C'était ce qui faisait l'exceptionnel des officiers Varia. Leurs traitements à la Flamme du Soleil pure devaient être faits quotidiennement. Ainsi, les fractures se reconsolideraient, fortes, mais la peau garderait les cicatrices des brûlures reçues. Xanxus n'avait pas de problème avec le fait d'être marqué et n'aurait même pour rien au monde voulu effacer les traces charnelles de ses combats. Ses cuisses et son dos garderaient à jamais les plaies refermées de la dizaine d'orifices qu'avaient créés les balles de mitrailleuses en lui. L'homme possédait sur son corps, sous la marque de lacérations passées, l'histoire violente de sa vie.

La jeune femme de son côté ne savait pas quoi faire. Sa peau avait toujours été dénuée de toute trace et ses longues jambes qu'elle dévoilait sans complexe avaient toujours été lisses et immaculées. Elle avait dorénavant tout un flan caillassé. Les cicatrices sur la partie supérieure de son corps débutaient entre sa clavicule et son épaule, passaient sous sa poitrine pour s'éteindre sur son flanc et sa hanche droite. Parmi les blessures en fin de reconstruction, s'étalaient donc du milieu de son dos à celui de son ventre et de son buste, les points d'entrées et de sorties des cinq impactes qu'elle avait reçu. Ces marques ci étaient fortuitement dissimulées sous la chemise noire d'homme qu'elle portait juste en haut des cuisses sous son blason de cuir Varia. Mais les deux plaies d'entrée et de sortie, ainsi que les écorchures refermées et traits de découpes chirurgicaux qui tâchaient son tibia droit, étaient sombres et bien visibles sur sa peau halée.

Puis elle décida qu'elle s'en fichait. Sa nouvelle apparence conduit Kitsune Aiko à prendre une décision pour marquer sa singularité physique. Elle qui avait été conçu et destinée à ressembler à toutes ses sœurs Cervello aux cheveux roses et bandeaux noirs sur les yeux, se revendiquait plus que jamais comme la Renarde unique. Sa crinière et ses iris fauves rappelaient déjà le pelage de l'animal, son don d'illusion pouvait s'interpréter comme la malice des yōkais japonais et dorénavant, elle en porterait l'image sur son corps. Toujours aidée de sa béquille, elle se rendit chez un tatoueur de Rome le lendemain matin.

L'homme marqué d'encre de sous les oreilles aux bouts des doigts avisa du holster et du Berreta à la cuisse gauche de sa cliente. Elle s'assit dans le fauteuil malléable et un adolescent portant un énorme chapeau de grenouille entra à sa suite dans l'habitacle sain en baillant. Le jeune homme possédant d'étranges iris et cheveux verts accompagnait visiblement la femme armée handicapée. L'homme n'osa pas protester, il savait que la Mafia ne blaguait pas. Ils passèrent une quinzaine d'heures dans la salle close sans que presque aucun mot ne soit échangé. Ce n'était pas vraiment comme s'il était retenu en otage, tentait-il de se convaincre.

Pendant la journée entière qu'il avait passé à imprégner la peau de la jeune femme, celle-ci avait juste continué de boire une bouteille de rhum. De la première à la dernière minute, elle n'avait pas lâché cette dernière et en avalait de temps en temps de longues gorgées. Elle échangeait parfois des paroles avec celui qui s'identifiait comme son fratellino. L'artisan tatoueur adressa mentalement une prière à Marìa en se disant que cette paire de mafieux étrange était raccapricciante. Il n'avait jamais vu quelqu'un ne pas montrer le moindre signe de douleur et tolérer une si importante opération.

Il était près de minuit lorsqu'Aiko et Fran regagnèrent le manoir. C'était le Gardien de la Brume qui avait conduit, sa grande sœur adoptive ne pouvant atteindre les pédales avec son flanc droit convalescent. La jeune femme avait juste somnolé dans le siège passager pendant que les routes défilaient dans le silence de la nuit et ne s'était relevée qu'à l'arrivé. Ils remontèrent ensemble le chemin traversant le domaine du garage jusqu'aux portes centrales du bâtiment ancien. La jambe valide de Aiko n'était entourée que du cuir noir de son holster et de pansements tandis que sa jambe droite pas tout à fait consolidée était maintenant recouverte d'encre toute fraîche sous un film protecteur. Ses deux pieds avaient quittés ses rangers pour des Repetto classiques. L'ancien duo Pomme-Citrouille, comme ils aimaient à se nommer étant enfants, se séparera dans le hall de l'aile Sud.

« Aiko-nee, je vais aller faire ma sieste de l'après-midi. Tu voudras bien réveiller ton Fran adoré vers trois ou quatre heures pour qu'on aille jouer, neh ?

- Hai, hai. Je vais aller faire un tour et prendre mon goûter. Si tu es gentil quand je viendrais te réveiller, je te ferais un bisou d'amour, humhum. À tout à l'heure. »

Les pas Fran ne firent aucun bruit sur le carrelage lisse du manoir tandis que ceux de la tueuse handicapée claquèrent en saccades au rythme bancal des talons plats de ses ballerines et du socle de sa béquille. Elle prit un couloir sur sa gauche pour atteindre une chambre isolée au rez-de-chaussée. Elle frappa trois coups secs et n'eut qu'à attendre quelques secondes avant d'entendre l'occupant se précipiter. Des bigoudis roses entourant ses mèches verdâtres ou orangées et des tranches de concombre ayant remplacé ses lunettes de soleil rouges, Lussuria ouvrit la porte de sa chambre avec la ferme attention de faire vomir son rectum à coups de genou blindé celui qui osait venir le déranger alors qu'il entamait tout juste son sommeil réparateur à l'amande douce. Il se calma cependant en reconnaissant – comment, me direz-vous? - les traits féminins de la Renarde.

« Mah, mah ! Aiko-chan ! Je sais que je t'ai dit de passer me voir absolument quand tu veux, mais annonce toi avant que j'ouvre la prochaine fois ! J'allais te tuer, mah~

- Humhum. »

L'homme vêtu d'un large peignoir crème – sous lequel on devinait tout de même la forme de son genou métallique - invita sa jeune amie à l'intérieur en s'écartant avec un sourire ravi de la porte pour lui permettre d'entrer. Il lui pointa le canapé de...fourrure claire, elle y prit place et posa sa jambe toujours endommagée nouvellement tatouée sur la table basse devant elle. L'air conditionné était au maximum et une énorme porte blindée rappelant celles des chambres froides industrielles tenait au milieu de son dressing. Que pouvait bien faire une porte comme celle-ci dans la chambre de la Mama Varia ?

« Oh ça, ce n'est rien ! Juste ma petite collection qui nécessite un entretien particulier. Mais que puis-je faire pour toi à cette heure ma kawaii Aiko-chan ? »

Tout compte fait, elle décida qu'elle ne voulait pas en savoir plus sur l'éventuelle collection de cadavres d'hommes nus et tuméfiés qu'il gardait. Elle se tourna vers lui pour capter son attention et ainsi aborder la raison de sa visite nocturne. Lussuria se baissa avec souplesse pour manipuler en douceur de ses grandes mains habiles sa jambe droite encore fragile. Mise à part pour les puissants propriétaires d'une flamme régénératrice du Soleil, cela prenait bien plus de quelques jours pour soigner des fractures multiples. Le boxeur put ainsi observer dans les moindres détails le tatouage qui ornait désormais presque entièrement la peau métisse du membre. Il s'extasia à grands renforts de cris admiratifs sur la qualité et la compétence évidente avec laquelle l'œuvre avait été réalisée. Il ne restait rien des larges et visibles cicatrices sous la texture colorée à dominante de noirs, d'oranges et de bruns.

Un fond sombre parsemé d'étoiles semblant brillantes s'étendait du ras de sa cheville et remontait jusqu'à disparaître sous les pans de la chemise noire qu'elle portait bas sous les fesses. Dans la vision presque spatiale, le corps fauve travaillé d'ombrages et de nuances clairs du renard mystique dont elle portait le nom occupait le tour quasi complet de son tibia. Des dizaines de symboles n'évoquant rien au Gardien étaient également suspendus comme des étoiles dans cet espace. A l'arrière de sa cuisse, la bête noir de l'emblème Varia se dressait, fière, accompagnée des autres formes blanches et rouges du drapeau. Deux dagues qu'il se doutait être celles que maniait la jeune femme, étaient également représentées vers l'arrière de son genou. Il croyait aussi lire quelques mots calligraphiés, caractères ou même images çà et là. Malgré l'aspect gonflé de la peau qui grossissait les traits, le tout ne pouvait être qualifié autrement que d'artistique.

Le punk sortit donc immédiatement Pavone de sa boîte arme. Mais alors que tout était bien censé se passer, el paon del Sereno commença aussitôt à pousser ses hauts cris caractéristiques pour se plaindre d'être dérangé si tard dans la nuit. Tel maître telle box weapon dirons-nous. Le volatil capricieux créa en un instant à coups d'ailes, de queue et de sa voix, une atmosphère de pagaille folle. Lussuria essayait apparemment de se lamenter aussi fort que lui et de le saisir par la gorge avec son genou. Aiko, toujours immobile sur le canapé, s'agaça rapidement des hurlements et sortit son arme qu'elle pointa sur l'oiseau récalcitrant.

« J'aime bien la dinde, humhum...grillée » menaça l'officière.

Pavone déglutit difficilement et vint tranquillement poser son derrière à plumes bleutés à côté de la Renarde pour appuyer sa petite tête sur la jambe tendue à sa hauteur. Un calme harmonieux revint instantanément et une douce lumière ensoleillée se mit à pulser de lui.

« Lacrime Pavone » souffla le Gardien du Soleil.

L'ennui avec le pouvoir del Paon del Sereno était les pousses diverses qu'une exposition trop intensive entraînait. C'était par exemple la raison pour laquelle les traitements que recevaient le Boss et Aiko-chan était si dilués et reconcentrés artificiellement – grâce aux recherches médicales mafieuses - pour surveiller les étapes de cicatrisation. Ceci justifiait également, dans leurs cas particuliers, que les couches superficielles de peaux soient les dernières à être soignées car non prioritaires, ainsi que l'apparition définitives de cicatrices. La Flamme du Soleil régénérait, mais ne faisait que très peu de miracles. Ceux-là, ils étaient laissés au revenant dont les ailes avaient été plumées qui possède le talent inestimable – pour un pigeon – d'accorder la vie.* Ainsi, être exposée longtemps à une faible intensité de flamme du Soleil diluée par les larmes du paon - comme des larmes de phénix - soignait uniquement en surface. Soit, le traitement idéal pour éviter les soins conséquents au tatouage.

Ils restèrent de bonnes heures à bavarder autour d'un thé, pour Mama, et d'une tequila, pour nee-chan, jusqu'à ce que l'animal termine sa mission de cicatrisation cutanée – il va s'en dire qu'il avait clairement comprit la promesse explicite de mort. Il s'en retourna dans sa boîte sans demander quoique ce soit en échange de ses services, pour être sûr de s'éloigner de la femme sur le canapé. Il était LE paon del Sereno, LE paon du Soleil de Varia : il était un paon vaniteux. Comment pouvait-elle le comparer à une vulgaire volaille qui finirait en rôtis !? L'animal était avant tout frustré et vexé #capricedestar.

« Mah, mah ! Il est déjà troiiis heures ! Vas t'en vite te coucher ou tu n'auras pas bonne mine demain matin ! Le Boss-chan et toi avez rendez-vous chez le radiologue à huiiit heures ! Vous devez ensuite allez chez le médecin pour voir s'ils peuvent enfin vous retirer les barrettes chirurgicales. Vous êtes trop agités, je n'arrête pas de le dire à Squ-chan quand je vais le voir au service des grands brûlés. Vous ne guérirez jamais si vous ne vous reposez pas un peu ! Allez, du balai, mah, mah ! À vingt ans, tu es encore trop jeune pour avoir des cernes et des rides, petite citrouille.

- Hai, hai, Lussu-Mama, humhum.

- Mah~ passe une bonne nuit Aiko-chan, demain tu dois être prête à 8heures, je viendrais te réveiller après avoir préparé le petit déjeuné.

- Hai, hai. Oyasumi nasai. »

Ainsi, la Vice-Capitaine di Pioggia quitta sa nouvelle Mama. Mais elle ne s'en alla pas vers son dortoir et retourna plutôt se percher sur la table centrale de la cuisine en grignotant biscuits et autres céréales, accompagnés de quelques verres de vin. Il serait bientôt temps pour elle d'aller réveiller Fran. Elle fut cependant dérangée dans son plaisir solitaire par de lourds grommellements et jurons. Elle se leva et boita jusqu'à la porte qu'elle ouvrit. Derrière elle se révéla la silhouette de Xanxus poussant son fauteuil roulant de ses mains. Il y eut un moment de flottement où les deux prédateurs affaiblis se détaillèrent. Ils ne s'étaient quasiment pas adressée la parole ou retrouvés dans la même pièce depuis l'accident. Il y avait une part de Aiko qui se sentait responsable de l'état actuel de son Boss, elle serait morte sans lui. Mais elle ne lui avait rien demandé, et ne l'avait même pas remercié.

Assis dans le siège à roulettes, le grand corps de Xanxus renvoyait l'image d'un titan dans une poussette. Mais son regard bouillant comme les flammes de l'Enfer coupaient toute envie de rire à quiconque le croisait. Il ne portait encore une fois qu'un pantalon, laissant apparentes toutes ses cicatrises, y comprises les nouvelles, rondes et plus lisses que les zébrures poreuses de ses centaines de brûlures. Ses jambes inutilisables car non consolidés étaient pieds nus, posées sur le fauteuil – rembourré en cuir, il faut le préciser. Il détailla le corps de l'officière. Difficilement appuyée sur sa jambe gauche au holster, elle était également déchaussée et uniquement vêtue de sa chemise noire. Son épaule droite ne semblait pas certaine tandis que son pied droit ne touchait même pas le sol.

Les yeux sanguins du Boss observèrent l'espace d'illusion qui avait remplacé la peau de la jambe de Aiko. Il détailla de sa cheville à la limite de tissu en haut de sa cuisse comment le renard malicieux à la fourrure aussi fauve que ses cheveux et centaines d'autres images étaient dessinés autour de son mollet et au milieu des étoiles du fond céleste. Elle s'éloigna vers l'intérieur de la pièce pour lui laisser la place de rentrer et le balafré poussa ses roues en avant. Il contempla l'arrière de sa jambe où d'étranges phrases s'enroulaient comme de la dentelle près de deux dagues argentées. En remontant du niveau de son genou à celui exact de son arme sur sa cuisse, les mots s'épaississaient jusqu'à former le fond de l'emblème Varia.

Xanxus haussa un sourcil et accepta le verre de vin qu'elle lui servit. Ils se regardèrent en chien faïence. Longtemps. Aiko finit son verre qu'elle avait déjà entamé avant qu'il n'arrive et se leva pour ouvrir une seconde bouteille. Elle se servit d'une illusion réelle pour se faire, se sentant suffisamment en confiance pour lui permettre de voir son autre talent. Et puis, elle n'était de toute façon pas en mesure d'utiliser sa main droite. Elle les resservit et s'installa de nouveau sur la table haute. Ils continuèrent à boire, laissant une main invisible manipuler les verres et les bouteilles.

« On'na. Jusqu'où remonte-t-il ? »

Aiko avala ses dernières gorgées et se leva. Debout, le poids de son corps sur une jambe étonnamment stable, son œuvre d'art ambulante pendant à côté, elle commença doucement à défaire les boutons de sa chemise. La tension déjà sous-jacente se refit sentir avec pression. Seules leurs conditions physiques incapables les empêchaient de céder à leurs pulsions. Ses longs doigts peints d'argent défilèrent jusqu'à son bassin, révélant une dentelle aussi rouge que les iris avides du Boss. Elle retira le pan droit de sa chemise et se tourna pour lui permettre d'observer l'étendue des dégâts. Le dessin céleste s'estompait vers sa hanche, après avoir terminé d'enrouler sa cuisse jusqu'à son pubis, grignotant même quelques ombrages jusqu'au milieu de sa fesse. Cela couvrait l'endroit où Xanxus se souvenait avoir vu un impact sanglant.

A partir de là, les couleurs flambantes dégradées de gris et de bruns remontait sur tout son flan, s'étirant sous son aisselle, et tout autour de sa nuque jusqu'à la limite du col de sa chemise. Même si la peau s'accordant aux nuances plus sombres qui la marquaient était barrée du tissu rouge soyeux, le balafré se souvenait des places précises de chacun des orifices qui l'avaient percée. Elle en avait déjà reçues cinq lorsqu'il était arrivé. Il n'avait pu bloqué la sixième, mais les sept suivantes.

Maintenant, toute sa jambe ne portait plus la moindre parcelle de peau non tatouée, et de sa hanche à sa nuque, léchant son dos jusqu'à sa colonne vertébrale et son ventre jusqu'à son nombril, des flammes regroupant une palette d'orangé, de brun, de rouge et de gris, dansaient immobiles. Elles s'arrondissaient sous la courbe généreuse de sa poitrine, recouvrant dans cette zone deux de ses cicatrices, avant de remonter par son aisselle sur son épaule et sa clavicule vers son cou. A l'arrière, les flammes prenaient les deux traces symétriques ainsi qu'une autre vers son omoplate. Les teintes sépia étaient sublimés par l'apparition de la peau foncée de la Renarde lui donnait presque l'air d'être dorée.

La jeune femme se sentait consumée à distance par l'envie qui irradiait de son Boss-man. Si elle l'avait pu, elle se serrait glisser sur ses genoux pour l'entourer entre ses cuisses. Mais aucun d'eux ne le pouvait. Ils n'étaient pas assez remis pour pouvoir se permettre de baiser. Même s'ils avaient suffisamment de force morale ou de déni de la douleur pour s'y adonner, aucun d'eux ne sortirait indemne qu'importe le plaisir qu'ils pourraient y prendre. Alors elle le laissa simplement l'embraser de ses yeux écarlates tandis qu'elle essayait de s'imprégner de lui en le fixant de son regard orangé flamboyant.

Lorsqu'elle remarqua que la bouteille était vide, qu'il n'y en avait plus d'autres et qu'il était plus de quatre heures, Aiko récupéra son vêtement de tissu noir. Elle passa avec prudence les manches trop longues pour son corps fin et fort puis boutonna les premières attaches du col masculin. Elle se rhabilla de ce qu'elle avait fait une robe et le soyeux rouge de son shorty de dentelle disparut. Ne resta plus de nouveau qu'un holster dangereux et le paysage illusoire de son tatouage s'entendant sur toute sa jambe droite.

Elle matérialisa sa béquille et se pencha sur son boss. Pour la deuxième fois, elle profita de son incapacité à la frapper pour coller rapidement ses lèvres aux siennes. Étonnement, un grognement mécontent lui échappa quand elle entama sa retraite. Inquisitrice, la Renarde aux yeux d'ambre haussa un sourcil, gravitant autour de son visage. Les prunelles enflammées du Boss-man se plantèrent rageusement dans les siennes. L'ordre silencieux était explicite. Doucement, avec un effort mesuré, elle combla la distance séparant leurs bouches. Les lèvres dures de l'homme de puissance s'emparèrent de celles, si souvent boudeuses mais douces, de la jeune femme. Immobile et assis sous elle, Xanxus domina leur échange si sage, presque chaste, mais d'une violence implacable. La simple pulpe de leurs bouches se frottèrent et dansèrent ensemble, dirigées par la brutalité de leur désir.

Haletante et fébrile, Aiko se recula en fermant finalement les yeux. En quelques secondes, elle fut partie le plus rapidement que ses blessures lui permirent, sans même confronter son boss. Elle se rendit au premier étage et traversa les couloirs jusqu'à la chambre de la grenouille qu'elle était censée réveiller. Lorsqu'elle pénétra dans la pièce, toujours simplement vêtue et les pieds nus sur les carreaux, des projections effrayantes s'opposèrent à elle avant de la reconnaître.

« Gomen Aiko-nee, je dormais trop profondément.

- Humhum. »

La tueuse rejoignit simplement et sans un mot de plus le lit de son otouto en baillant. Elle se colla à lui sous les draps, comme lorsqu'ils étaient enfants et s'endormit en sécurité derrière les protections de leurs subconscients.

Interview létale.

« Pourquoi ne pas être dans la brigade de la Brume de façon permanente ?

- Je suis une illusionniste de talent, je le sais. Mais, hum, ma véritable vocation est au combat rapproché. Je possède certes une flamme de la Brume suffisamment puissante pour être une bonne officière, cependant, humhum, aussi naturelle que peut être pour moi cette flamme, la Pluie accompagne tous mes mouvements. J'ai le pouvoir de créer du mensonge mais…avez-vous déjà vu le champ de bataille après mon passage ? Il n'y a plus âme qui vive ; la Pluie apaisante qui nettoie tout. Je crois savoir qu'Aleardo-Vice voyait en moi les démons Varia.

- Nous avons évidemment tout lu de vos exploits, mais savez-vous jauger avec exactitude votre niveau Kitsune-San ?

- Hai, hai. Je connais pertinemment mes forces et mes faiblesses. Vous ne me verrez pas m'engager dans un combat que je sais perdu d'avance, humhum. C'est comme le principe de la Varia Quality. Pour avoir une si bonne réputation, nous n'affrontons que nos ennemis inférieurs. Je suis la Renarde, humhum, je ruse pour obtenir mes intérêts des plus forts. Le renard peut être charognard à ses heures. Je suis une opportuniste, c'est la seule condition pour survivre à Varia. Pour ma part, hum, c'est mon habilité à changer mes points et poids de gravité qui me donnent la vitesse, la fluidité et la puissance nécessaire à ma victoire en combat. Je sais instinctivement à la démarche et la présence d'une personne si celle-ci me dominera.

- Vous êtes la seule femme engagée dans la prestigieuse escouade, avez-vous une explication ?

- Hum. J'ai été formée pour l'excellence. Je suis née pour survivre dans ce genre de milieu, c'est génétique. Même si je reconnais que mon caractère joue plutôt en ma défaveur. J'applique toutes mes techniques de survie et ai confiance en mes capacités. Je ne crois pas ni me sous-estimer ni me surestimer. J'élimine ceux qui me dérangent et assure ma survie auprès des plus forts. Mon genre n'a pas d'importance, ma force en a. Mais je suis fière d'être la seule femme de la famiglia et compte bien le rester, humhum, c'est un défi d'endurance. Ici, les hommes sont presque tous remplaçables. C'est l'honneur de Varia plutôt que la confiance ou la fraternité qui nous uni. J'ai pourtant retrouvé ce qui se rapproche le plus d'une famille pour moi.

- Nous avons tous été étonné de découvrir votre lien à Cervello autant qu'à Fran. Comment avez-vous vécu la séparation avec votre otouto d'adoption ?

- Hmhm. Je dois bien avouer que ça a été dur. Il faut dire premièrement que lorsque je suis revenue dans le Jura chez Mamie à dix-huit ans, j'ai non seulement appris qu'il avait été enlevé, mais également qu'il n'avait plus de souvenirs de moi. Hum. Pendant les quatre années où j'ai subi l'éducation et les entraînements sévères de mes sœurs, je me suis accrochée à ma citrouille comme à une bouée de sauvetage. C'est uniquement grâce au symbole de notre fraternité que j'ai pu échapper à la teinte et au masque. Vous vous rendez compte, hum, ces pouffiasses voulaient me teindre en ROSE ! Tout ça pour rectifier mes défauts génétiques. Hum, quelle plaisanterie, je suis plus puissante qu'elles. C'est ce qui m'a permis de leur survivre dans un premier temps, et de continuer à vivre par la suite.

- Justement, quelle est la signification de cette citrouille ?

- Hum. Je l'ai porté au moins autant de temps que Fran a porté sa pomme. Je ne sais pas réellement pourquoi ce jour-là, lorsque Mamie a décidé de me garder, l'image d'une citrouille m'est passée par la tête. C'est sans doute en raison de la couleur de mes cheveux. Je pense que Fran avec les siens verts s'est identifié à une pomme et l'a ainsi matérialisé en même temps. Je ne l'ai enlevée qu'en commençant à voyager, quand je pensais ne jamais revoir Fran. Vous n'imaginez pas mon choc lorsque je me suis rendue compte que mes cheveux avaient poussés en dessous jusqu'à atteindre mes reins, humhum.

- Vos iris et votre longue crinière fauves sont en effet une signature, de même que Sinistra, Destra et vos "hum" récurrents. Mais pourquoi "la Renarde" ?

- La Renarde est un ensemble de choses sur lesquels je n'ai pas forcément d'influence, hum. Je crois avoir déjà mentionné que ma mère porteuse à Cervello - que je n'ai donc jamais rencontré - était japonaise bien que mes gènes soient métissés. C'est elle qui m'a nommée ainsi. Puis ma défaillance m'a comme par hasard conduite à endosser la couleur et le pouvoir - j'entends par là les illusions et la ruse - de l'animal mystique dans sa culture. Puis le peu de personnes m'ayant survécu ainsi que mon habilité à échapper à ceux qui me recherchent ont justifiés, sans que je le décide, de ce nom. Je suis la Renarde et le revendique tout comme chaque face de mon entité l'exprime.

- En parlant de votre capacité à disparaître, qu'avez-vous ressentie lorsque Superbi Squalo vous a acculé et plus ou moins forcé à rejoindre Varia ?

- J'ai passé ma vie à m'assurer que Cervello ne retrouve pas une fois de plus trace de moi. Ceci explique pourquoi Squalo-Taichou a eu autant de mal à me débusquer d'une part, mais aussi pourquoi il y est parvenu ; je ne m'y attendais pas. J'ai vécu mon recrutement comme un échec personnel, mais finalement, je pense être plus épanouie avec les assassins. Je l'ai déjà dit, je suis faite pour appartenir à ce genre de groupes indépendants. Je n'ai pas été étonnée outre mesure qu'ils me pourchassent pour mes qualités, sans vouloir être présomptueuse, humhum. J'ai accepté la situation assez rapidement. Je me suis faite repérée par ce que je n'avais pas été assez prudente en jouant avec Kyo-chan, c'était mon erreur alors j'en assume les conséquences. De plus, j'ai tendance à être indifférente à ce qui m'entoure tant que je peux vivre, tuer et boire du rhum. Alors partir pour l'Italie en tant qu'officière Varia n'avait pas l'air si mal.

- Quant à la relation intrigante que vous entretenez avec votre Boss, Xanxus, que pouvez-vous nous dire ?

- ...

- Kitsune-San ?

- Votre temps est écoulé. Comme vous êtes en fin de vie, je vais vous confier une chose. Ce type est sûrement le meilleur coup de la Mafia. Sayonara, humhum.

- Attendez ! Kistune-Sa...»

L'inépuisable paperasse.

Kitsune Aiko était à deux doigts d'exploser. Depuis qu'Aleardo était mort, elle était devenue Vice-Capitaine de l'escouade de la Pluie. C'était donc à elle qu'incombait la responsabilité de faire le surplus de travail que son Capitaine, Superbi Squalo le magnifique, devait faire à la place de leur enfoiré de Boss-man qui n'en glandait pas une. Autant dire qu'elle aussi commençait à rêver de pouvoir étriper ce boss de merde. Déjà que ses propres obligations craignaient, elle devait se taper le travail qu'un autre n'arrivait pas à achever à la place de ce foutu gamin.

Elle jura en terminant de classer les ordres de missions dans les différentes bannettes qu'elle avait installées dans l'armoire pour faciliter le rangement. Elle ne comprenait pas comment feu Aleardo-Vice avait pu vouloir ambitionner ce poste. Elle n'était pas à la moitié des fiches à répartir qu'un homme de son escouade entra dans son tout nouveau bureau avec une nouvelle pile de dossiers à trier. La tueuse sentit son envie de meurtre enfler dans sa poitrine et observa l'officier déposer son colis. Il était grand, mince, brun avec des yeux étrangement clairs et deux faucilles pendaient à sa taille.

« Humhum ? »

Le Varia di Pioggia interpellé tourna lentement la tête vers sa supérieure et déglutit de malaise quand il rencontra ses yeux fauves fixés sur lui.

« Oi, kimi. Comment t'appelles-tu ?

- J-je su-suis. Je suis Askïn, Kistune-Vice ! »

L'homme prit une posture droite et officielle. Il avait été recruté juste après la jeune femme, en remplacement de Furio qu'elle avait assassiné, et avait entendu parler de ses exploits au combat. Il savait également qu'elle tuait quiconque l'emmerdait et ne voulait pas que sa vie se termine ce jour. Cela ne faisait même pas une semaine qu'elle n'était plus en convalescence et Askïn, tout comme ses collègues de rang C, avait été choqué en la voyant finalement jeter ses béquilles et reprendre l'entraînement.

Depuis trois mois qu'il était dans le manoir et s'appliquait à remplir ce qu'on attendait de lui avec efficacité, l'unique femme de la Varia dans leur escouade avait toujours été absente aux heures d'auto-formation.

« Enchantée, Askïn-kun. À partir d'aujourd'hui, tu seras mon subordonné principal. Tu auras une augmentation sur ta fiche de paye et je te formerais personnellement. Humhum, des objections ?

- Ma-mais ! Je-euh, je... Nai, Kistune-Vice.

- Bien, pour commencer, tu vas toi-même trier les documents que tu viens de rapporter.

- Ma-mais ces documents ne sont pa-pas censés être accessibles pou-pour un officier de rang C comme moi, j'ai une stri-stricte interdiction de les consulter, je ne peu-peux pas...

- C'est un ordre, Askïn-kun. Ou bien sous-entends-tu ne pas être assez loyal, capable et qualifié pour ranger de la paperasse ? Si tu es si inutile, je devrais peut être d'ores et déjà me débarrasser de toi, hum ? »

Elle lui offrit un sourire fou et carnassier et pointa le canon de son Beretta droit sur son front. Le nouveau larbin de Aiko savait qu'elle n'hésiterait pas à tirer. Elle avait déjà le pouce sur la sécurité. Il ne put que hocher la tête avant de prendre place derrière le second secrétaire de la pièce alors qu'une goutte de sueur coulait sur sa nuque.

« Ha-hai...

- Humhum, rit-elle avec une bonne humeur feinte. »

Ils se plongèrent donc dans la paperasse envahissante. Ils avancèrent néanmoins plus rapidement. Askïn triait les documents par importance et faction comme le lui avait ordonné Aiko. Celle-ci pouvait grâce à cela s'occuper des feuillets nécessitants autorisations, signatures ou vérifications de sa part. Elle lui confiait une énorme part du travail à faible responsabilité.

Vers 18heures, ils commençaient à sensiblement approcher de la fin quand des coups furent frappés à la porte. La Vice di Pioggia ne prit même pas la peine de montrer qu'elle avait entendu et se resservi un verre de rhum en continuant la lecture du document devant elle.

« Ano...Kistune-Vice ? »

Askïn n'eut pas de réponse et – soufflant comme un enfant puni - se décida à ouvrir lui-même la porte au visiteur. Il s'agissait de Tre, de la faction di Fulmine. L'homme semblait à la fois hautain et craintif. Il poussait devant lui un chariot débordant de centaines et de centaines de pages désordonnées. Askïn porta sa main à son front et déplora le nouvel apport de dossiers. Il se tourna vers sa supérieure en quête de soutien et fut étonné de la trouver souriante.

« Tre-kun ! Comme je suis heureuse de te revoir, humhum. J'imagine que parmi le bordel que tu rapportes il y a les derniers ordres de missions non répertoriés que je t'ai envoyé me chercher ? »

L'homme subordonné du Gardien de la Foudre regarda la Renarde avec des yeux étrangement révulsés.

« Ha-hai ! Levi-sama m'a remis l'ensemble de no-nos archives des trois derniers mois. I-il a dit que vous n'aviez qu'à-qu'à vous...démer…vous arranger, avec ce-ceci.

- Humhum, c'est fou ce que ce cher Comandante di Fulmine déborde de sens de l'humour, n'est-ce pas ? Je t'en prie Tre-kun, apporte-moi les feuilles que j'attends.

- Me-mes excuses Kistune-san, Levi-sama m'a interdit de vou-vous les remettre di-directement. Il a dit que vous n'a-aviez qu'à... »

Il s'arrêta au milieu de sa phrase et sentit ses chevilles trembler sous la pression de l'aura meurtrière de la jeune femme. Celle-ci leva son bras gauche orné de son pistolet. Son visage si blasé se tordit de nouveau en son grand sourire menaçant tandis que ses yeux ennuyés s'embrasaient de colère. Le cran de sûreté fit un clic sonore quand elle l'abaissa de son pouce.

« Je-je préférerais mourir que de tra-trahir la confiance de Levi-sama !

- Eh bien, au revoir, humhum. »

L'instinct reprit le dessus pendant l'infime instant où Aiko lui laissa la chance de revenir sur ses paroles et Tre di Fulmine choisit sa survie.

« A-attendez ! J'imagine que ce sera...un secret, marmonna-t-il »

Il s'assit par terre à contre cœur et entreprit de retrouver les feuilles que son Capitaine avait dissimulées au milieu des milliards – à peu de choses près – d'autres. Il avait envie de pleurer et mourrait de honte si quelqu'un venait à apprendre qu'il avait cédé aux menaces de la femme que son Comandante-sama cherchait à éliminer.

« Quels choix avisés messieurs, humhum. »

Les deux officiers retenus contre leur gré aux prix de leurs vies grommelèrent de concert en enfonçant leurs nez sur les lignes, les lignes et les lignes de mots devant ceux-ci.

« Rien de tel que le travail d'équipe. Neh, gentlemans ? »

Vies d'assassins de merde.

Entraînement.

Bien plus tard cette nuit-là, Tre di Fulmine fut enfin libéré par la Vice Comandante di Pioggia qui le tenait en ''otage''. L'officier ressentait presque de la pitié pour le jeune Askïn qui devait encore suivre et subir cette folle. Il s'en alla vers ses quartiers tandis que les deux autres en question pénétrèrent dans la salle d'entraînement de l'aile Ouest. Aiko se tenait debout au centre de la pièce, profondément ennuyée. Son nouveau laquais était en face d'elle, tenant entre des doigts incertains les manches de ses faucilles. On pouvait croire à priori que la Renarde avait engagé le premier chargé de documents passant par son bureau. Mais en réalité, elle avait déjà un œil sur le potentiel du jeune homme. Il devait avoir le même âge qu'elle et la tueuse savait qu'il avait été recruté en conséquence du meurtre de Furio et de Klemens la Hyène et des promotions qu'elle et Aleardo avaient eu. La mort de celui-ci signifiait qu'il y devait encore y avoir de nouvelles recrues.

En trois mois à peine, celle qui avait été la nouvelle Varia avait suffisamment monté en grade et perdu – voir éliminé – de ses camarades pour devoir elle-même prendre part aux délibérations sur les prochaines embauches. Mais en parallèle à ceci, elle avait donc repéré Askïn. Elle ne savait rien de son passé ou de ses compétences. Elle n'avait même pas lu le rapport sur lui auquel elle avait pourtant accès. La seule chose que ses yeux avides avaient enregistrée était l'image de ce brun à la peau bronzé et aux iris cristallines maniant une immense faux. Il pouvait aller bien plus loin. Elle se fichait de son histoire, mais le voulait juste de son côté pour le voir s'endurcir. Elle voulait pousser l'assassin au regard meurtrier qui se cachait derrière les bégaiements apeurés et les grands yeux innocents de l'officier de rang C de ses troupes.

« Vou-vous êtes sûres que ça va le faire, Kitsune-Vice ?

- Hai, hai. Tu as peur, humhum ?

- Nai, mais... Vou-vous sortez tout juste de convalescence et n'êtes mê-même pa-pas armée.

- Ne sous-estime jamais ton ennemi, jamais.

- …

- …Hum, je n'arrive pas à croire que tu m'as fait prononcer cette putain de réplique clichée de tous les films, livres, mangas ou même fanfictions qui existent. J'ai l'air d'un cliché. J'ai l'air d'un cliché et c'est de ta faute Askïn-kun.

- De qu-quoi parlez-vous, Kitsune-Vice ?

- Kimi, tu apprendras que la Renarde est toujours dangereuse. En garde, hum. »

Il y eut un instant de flottement où Askïn se tendit en attente de l'attaque qu'il pensait recevoir. Sa Vice-Capitaine avala quelques gorgées d'un verre de rhum qui n'était pas là quelques instants plus tôt avant de planter son regard vers le plafond. Le jeune homme ne comprenait pas.

« Kitsune-Vice ?

- Hai ?

- Vou-vous ne m'attaquez pas ?

- Pourquoi faire ?

- Je...Ne de-deviez-vous pas m'entraîner ?

- Je vais être claire, humhum. Si je t'attaque Askïn-kun, tu mourras. Je ne blague pas avec le combat. Ton entraînement va pour le moment consister à retravailler ma défense. J'espère juste pour toi que tu es suffisamment doué pour que je puisse réellement faire quelque chose, hum. Et puis arrête de me vouvoyer, on doit avoir le même âge hum. Allez, au boulot, essaye de me toucher. »

L'officier n'était pas convaincu mais fini par se décider à passer à l'attaque lorsque la Renarde lui précisa que c'était un ordre. Toujours armé de ses deux fossiles, il s'avança d'un bond vers elle et tenta une attaque directe vers son visage. La lame courbe la traversa simplement. Hébété, Askïn n'eut pas le temps de reprendre ses appuis qu'un coup de pied en plein ventre l'expédiait à quelques mètres. Quand il se releva, Kitsune se tenait toujours à la même place, son verre à la main, le regardant avec ennui.

Ce fut à cet instant que le garçon comprit qu'il y avait réellement un gouffre entre son niveau et celui de sa supérieure qui en réalité était sa cadette de six mois. Prenant une grande inspiration, il se concentra pour relâcher ses instincts de tueurs, ceux qui l'avaient conduit à se faire engager par Varia. Askïn avait toujours été un bon garçon, faisant de son mieux pour aider ses parents à la maison et dans les champs. Mais il était allé à l'école en ville à quinze ans, après une vie de paysans. Cela l'avait radicalement changé et le jeune homme s'était retrouvé aux prises de folies meurtrières qu'il n'arrivait pas à gérer. Lorsqu'il laissait tomber sa conscience de garçonnet obéissant, l'homme possédait les réflexes d'un tueur d'exception.

Qui y avait-il de mieux placé qu'une tueuse confirmée pour en reconnaître d'autres ? C'était pour cette raison que Aiko avait décidée de former Askïn, comme elle l'avait fait pour Fran bien des années plus tôt – même si le lien qu'elle entretenait avec son otouto n'était en rien comparable à celui avec son laquais. Quand celui-ci chargea de nouveau et enchaîna les tentatives avec bien plus de force, de rapidité et de subtilité, la Renarde comprit qu'il faudrait des heures et des heures pour le faire gagner en vitesse. C'était la première phase de son entraînement. Quand elle esquiva chacune de ses attaques en changeant simplement les appuis de son corps, elle sut qu'il la voyait à peine se déplacer et croyait presque la toucher à chaque fois. Elle souffla lourdement en terminant son verre de Bacardi et envoya son pied gauche dans son estomac. Il vola encore plus loin.

Le temps qu'il se relève de sa rencontre avec le sol, l'illusionniste officieuse de la Pluie commença à étirer ses membres doucement. Ses blessures étaient en théorie remises, mais elle se sentait encore faible. Elle avait officiellement reçu l'autorisation de reprendre l'exercice après qu'on lui ait retiré les pièces chirurgicales restantes dans son corps, mais devait encore ménager ses membres blessés pour quelques jours. Xanxus cependant devait garder ses attelles et son lit une petite semaine de plus et elle était bien heureuse de ne pas être à sa place. Elle ne comptait d'ailleurs pas être présente lorsqu'il pourrait de nouveau se déplacer librement.

S'échauffant, elle fit précautionneusement rouler ses articulations, – très - soigneusement sur le côté droit, et attendit que son ''adversaire'' soit prêt. S'il se montrait suffisamment compétant pour progresser et lui survivre, elle renforcerait ensuite sa puissance physique, son maniement et ses techniques de combat. Elle l'emmènerait sûrement en mission avec elle. Aiko finit par stabiliser ses ancrages et évita les faucilles qui arrivaient sur elle. La nuit allait être longue.

Emission spéciale.

Fran se baladait seul dans les couloirs du manoir. Il avait laissé le Prince jouer avec une illusion de lui pendant qu'il allait faire un tour. Cela faisait maintenant trois jours qu'il n'avait pas vu son onee-chan. Il se dirigea à travers les couloirs tapissés du manoir jusqu'à la salle d'entraînement de l'aile Ouest. Il se retrouva face à un mur vierge, parfaitement lisse - il avait vérifié - à l'emplacement de la porte. Il se chuchotait dans les couloirs quelques rumeurs saugrenues, comme quoi une salle aurait subitement disparu trois jours plus tôt et que personne n'avait revu la Vice Capitaine ainsi qu'un officier de rang C di Pioggia. L'illusionniste batracien avait très bien comprit de quoi il en retournait. Il se posta en face du fameux mur, sur un petit tabouret de bois qu'il avait matérialisé et attendit, accroupi près du sol. Il n'eut qu'une ou deux minutes à patienter avant que les battants effacés ne se révèlent soudainement sur la femme disparue.

Aiko sortit de la salle en baillant. Elle étira élégamment ses bras au-dessus de sa tête comme après une sieste puis les croisa derrière sa nuque. Elle fit quelques pas avant de remarquer la tête de grenouille devant elle.

« Oh ! Ohayo Fran, humhum.

- Ohayo Nee-chan. Tu t'es bien amusée ?

- Hai, hai ! Je savais que Askïn-kun pouvait le faire, humhum ! N'est-ce pas, Askïn-kun ? »

Les deux illusionnistes portèrent leur regard vers le concerné qui gisait lamentablement au sol, en sueur, des bleus déformant son visage. Il tentait visiblement et en vain de ramper, mais réussis néanmoins à croasser son assentiment.

« Ha-hai...Aiko...Vi-vice...

- Dis, Aiko-nee, il était vraiment faible avant ?

- Humhum, trois jours c'était rien que pour la vitesse et l'endurance. Il était si lent.

- Au moins il a survécu à la première phase, les trois derniers que tu as voulu entraîner n'ont pas tenu quinze heures. Même moi tu avais faillis me tuer, Aiko-nee.

- C'est vrai, humhum. C'est pour ça que vous êtes spéciaux. Vous respirez encore. »

Ils s'en allèrent ainsi vers les jardins, laissant le pauvre Askïn exténué et au bord de l'inconscience sur le parquet blindé de la salle d'entraînement. Ce fut un officier du Ciel qui devait porter une missive à la Vice Capitaine di Pioggia qui l'y retrouva une demi-heure plus tard et l'emmena à l'infirmerie.

Fran et Aiko s'isolèrent entre des buissons, et s'allongèrent au milieu du parterre de fleur.

« Dis, Aiko-nee ? À quoi va-t-on jouer aujourd'hui ?

- Humhum...Je ne sais pas Fran. Qu'as-tu envie de faire ? »

L'adolescent prit le temps de la réflexion mais ne parvint pas à trouver une idée entraînante. Ils restèrent donc allongés, cachés et s'endormirent. Il fallut deux heures aux deux autres officiers de la Brume pour retrouver leur Capitaine ainsi que dernière officière.

« Finalement, je pense qu'on jouera ce soir, dit la grenouille en baillant.

- Humhum, nos obligations nous rappellent, lui répondit la Renarde.

- Fran-sama, Kitsune-san, s'introduit Luigi en s'inclinant devant leur buisson.

- Il est l'heure de votre…mission, termina Mario à ses côtés.

- Hai, hai, répondit leur Capitaine.

- Mario ? Luigi ? À partir de maintenant vous m'appellerez Ohime. Compris ?

- Ha-hai...

- Kistune...

- Hime, conclurent-ils en cœur. »

Les quatre membres de la faction della Nebbia s'en allèrent vers leur bureau. Sur le chemin, la seule femme de la Varia s'adressa de nouveaux à ses deux collègues.

« Mario ? Luigi ?

- Hai, Aiko-hime ? demanda Luigi.

- En tant qu'officiers de rangs B della Nebbia, c'est à vous qu'incombent le, hum, devoir et la responsabilité de remplir mes obligations en cas d'absence impromptue de ma part. Souvenez-vous en, humhum.

- Ha-hai, Aiko-hime...acquiesça Mario. »

Puis leur troupe de quatre alla s'installer dans la salle qui leur était réservée. C'était une pièce dénuée de table, uniquement remplit par une immense télévision avec home cinéma, quelques étagères débordantes de feuilles en vrac, ainsi que de deux larges canapés de cuir noir. Ils s'y installèrent confortablement et Mario se saisit de la télécommande. Un jingle enfantin résonna et tous se plongèrent dans le défilement des images à l'écran. Il était en effet l'heure de leur Émission.

« Kaizoku ou ni ore wa naru !* »

- ...

- Dis, Aiko-nee, tu ne penses pas que ce serait trop classe si je pouvais étendre mes bras comme ça ? Je pourrais enfin réussir ma pause d'ouverture de Boîte au-dessus de ma grenouille.

- Humhum... »

Diplomatie mafieuse.

Beno était indécis. On avait ordonné à l'officier Varia de rang S – c'est-à-dire, membre de la faction di Cieli du Boss – de donner une foutue lettre à la gonzesse di Pioggia. Mais voilà, elle était introuvable. Le bouffon inutile à moitié mort qu'il avait trouvé ne faisait rien d'autre que murmurer son nom sans pouvoir lui dire où lui remettre le courrier. L'assassin avait dans l'idée que ce truck était important, mais il n'était pas un bouffon de facteur. Il ne savait donc pas s'il devait continuer à la chercher comme un con, ou abandonner pour vaquer à ses occupations.

Beno s'adossa contre un mur et alluma une cigarette. En tirant les premières lattes, il regarda l'anneau Varia à son doigt. Pour l'instant, seuls les officiers de rang S possédait le moyen de se servir de la technologie des flammes de dernières volontés. Ce groupe de personnes incluait donc les Gardiens ainsi qu'une unique faction de sept, dirigée par le Boss et ses six officiers personnels. Beno était l'un de ces privilégiés à la puissance redoutable. Il ne pouvait donc pas s'emmerder éternellement pour la lettre d'une bouffonne, eh ?

Le tueur termina sa cigarette et laissa le mégot par terre, dans le couloir. Il fourra les mains dans les poches de son pantalon de cuir et se mit à siffler en se déplaçant dans les couloirs. Dans son dos, la veste de cuir rouge qui tenait sur ses épaules était marquée de l'emblème Varia. Ses cheveux anarchiques reprenaient la même couleur improbable. Sous sa bouche pincée dans son sifflement, son bouc aussi noir que ses sourcils donnait un air sévère à son visage.

Beno Tempesto di Cieli contrôlait la plupart du trafic de Varia : approvisionnement en armes, fonds ou alcool par exemple. Alcool, entre autre, mais alcool, particulièrement. Le mafieux s'en alla par un ascenseur secret dans les entrepôts du sous-sol dont les entrées terrestre étaient dissimulées dans les kilomètres de forêt alentour. Il récupéra dans son bureau une des deux caisses qui étaient arrivées en provenance du Venezuela avant de remonter dans les étages du quartier Sud où le Boss et le reste de la faction siégeait.

C'était pour cela qu'on l'avait envoyé, lui, comme un bouffon, en pigeon voyageur. Ce n'était pas souvent que l'un d'entre eux descendait à une heure correcte. Surtout qu'ils n'étaient pas nombreux à dormir au Manoir ses derniers temps. Il remonta jusqu'au salon aménagé où il avait laissé le Boss un peu plus tôt. Oui, onze heures était une heure décente pour entamer le Rhum Diplomatico de premier choix. Xanxus ne lui posa pas de question et tous deux se mirent à boire en silence dans le confort de la pièce.

« Déchet, dit le Boss au troisième verre. Y'en a beaucoup de cette merde ?

- Ces bouffons ont envoyés deux caisses, répondit Beno en expirant la fumée de sa cigarette.

- Rappels ces déchets, dis leur que s'ils rajoutent une vingtaine de caisses, commença le Chef de Varia, et des cigares, j'y réfléchirai. »

Beno et Xanxus trinquèrent, fiers des dessins qu'ils projetaient en silence. Il n'y paraissait pas comme ça, mais le fils adoptif du Vongola Noño prenait constamment de lourdes décisions pour l'orientation de la famiglia dont il était à la tête. Il n'abandonnait pas son idéal mafieux et incarnait sa colère avec force. Lorsqu'ils en furent à la huitième bouteille, bien plus tard, après la mort d'une poignée de serveurs maladroits, deux steaks et des lasagnes, ils avaient conclues la majorité des affaires courantes. Il faudrait encore quelques efforts de plus pour que les décisions se changent en action…D'où la demande des vingt caisses avant les négociations.

Lorsque Beno se réveilla, il n'avait aucune idée de l'heure qu'il pouvait bien être. Il avisa du salon vide, plongé dans l'obscurité et de la bouteille de rhum pas tout à fait terminée près de lui. Il se gratta la tête en se remettant en position assise, baillant la bouche grande ouverte. Il retrouva son paquet de Marlboro Rouge sous la chaussure qu'il ne portait pas pour en prendre la dernière cigarette. Il la cala au coin de ses lèvres et attrapa la bouteille. Amenant son poing à son visage, il incendia la face de son anneau rouge d'officier Varia. La flamme de la Tempête alluma sa cigarette.

Beno tira de longues bouffées avant de se lever. Puis le tueur avala jusqu'à la dernière goutte de la bouteille au sol. En récupérant sa veste de cuir rouge, il décida de faire un saut par sa chambre avant d'aller chercher la deuxième bouteille. Dans les escaliers, il se rendit compte qu'il avait toujours la lettre cartonnée du Boss pour la gonzesse. Décidant de ne pas se prendre la tête, il donna le courrier aux premiers bouffons qu'il croisa, qui ne pourrait pas refuser de la remettre à la fille à sa place. Ceci fait, il vaqua à ses occupations, ramenant avec lui une boite de cigares qu'avait envoyée un autre bouffon de mafioso Cubain, l'esprit tranquille.

Ce qui n'était pas le cas de Mario et Luigi qui ne savaient plus quoi faire.

« Mais, s'outra l'Officier de la Brume, Aiko-hime est partie en mission d'infiltration…

- …et ne reviendra que dans dix jours, termina son partenaire, Aiko-hime a abandonné son poste…

-…ne laissant derrière elle qu'un post-it orange sur l'écran plat de la salle de repos…

- De la salle de travaille Luigi !

- Oui, pardon Mario !

- Et le post-it nous était adresser de la part de notre princesse qui…

-… dit qu'elle partait en mission spéciale !

- Allons prévenir Fran-Taichou !

- Let's go, cria alors Mario. »


Nda : Haha ! Une review ?

* Kaizoku ou ni ore wa naru ! One Piece, Eiichiro Oda.