Titre : Alliés

Auteur : Syhdaal

Genre : Shonen ai

Base : Weiss Kreuz

Couples : Brad x Schu… Et Yohji (si vous êtes sages)… Et plein d'autres choses mais j'avoue qu'il va me falloir du temps pour mettre ça en place...

Disclaimer : Non, aucun de ces persos ne m'appartient (quel dommage…), enfin tout le monde le sait hein ! Je m'en sers juste de façon éhontée pour satisfaire mes délires de malade mentale.

Oh oh oh ! Ca y est, on passe la dizaine, le rythme va s'intensifier (oui ceux d'avant, ils plantaient le décor mdr)… Ou pas !

Je voulais adresser un grand merci plein de petites fleurs à vous tous qui prenez le temps de lire mes ahem… Choses.

Merci également pour vos commentaires !

En ce qui concerne ce chapitre, je ne sais pas encore sur le cas de qui je vais me pencher. Y en a qu'on n'a pas beaucoup vu dans le précédent chapitre…


Alliés

Chapitre 10

Omi était en train de piquer une grosse colère du fond de son lit, et toute la maisonnée avait essayé de le calmer sans grand succès jusqu'à ce que Crawford, profondément irrité (et inquiet que son énervement ne déclenche une nouvelle crise d'hystérie) ne prenne les choses en main en écartant les Weiss de leurs vaines tentatives pour le calmer. Cela faisait un moment qu'il pouvait tenir éveillé suffisamment longtemps mais sans pour autant se lever et se joindre à ses compagnons. Et le pire, ce qui avait provoqué cette colère : c'était que personne ne savait exactement les images qui dansaient sous ses paupières la nuit venue. Personne ne savait à qui il parlait, à cette jeune fille qui avait été si proche de lui, la seule personne digne avec qui il partageait un véritable lien de sang. Et personne n'y pouvait rien, il en était parfaitement conscient. Aussi il n'avait laissé échapper cette information qu'au profit d'Aya, sachant qu'il garderait le silence.

Ces derniers temps, il avait d'ailleurs appris beaucoup de choses. Il savait par exemple que sa vie ne tenait qu'à un fil. Il savait que la mort se rapprochait dans son cas. A moins que ce ne soit la folie ? Omi avait parfois pianoté sur Internet dans l'espoir de trouver des témoignages sur son état, autre que des canulars. Il n'y avait rien. Et la seule information qui lui avait semblé fiable le condamnait à une mort certaine. Ce qui vu son état de dégradation physique ne tarderait pas à survenir.

– Omi, tu dois te calmer, tu vas te rendre malade.

– Oh comme si ça allait me tuer de piquer une crise ! Y a plus qu'à m'euthanasier de toute façon ! S'écria le petit blond dont la voix semblait avoir monté d'une octave.

– Calme-toi, ça ne sert à rien de te mettre dans un état pareil… Qu'est-ce qui ne va pas ?

– Je déteste ces pouvoirs, je déteste ce que nous sommes devenus ! S'écria Omi des larmes plein les yeux.

Crawford échangea un regard avec Schuldig.

« Anger. »

Le deuxième stade.

Il n'avait pas pensé que ça irait si vite. Mais peut-être cela aiderait-il leur moral déjà si bas ? Seul l'avenir pourrait leur répondre mais malheureusement en ce qui le concernait, le futur lui apparaissait bien vague.

– Je vais mourir… Je ne peux plus manger je vais mourir !

– Ne t'inquiète pas Omi, tu ne va pas mourir, rassura fermement Brad en tentant de ramener le calme chez son cadet.

– Mais enfin ouvre les yeux ! Je ne peux plus rien manger, je ne garde rien, je vais crever ! De toute façon je suis devenu un monstre alors qu'est-ce que ça peut faire !

Le regard de Crawford se durcit visiblement. Il attrapa solidement le poignet osseux du garçon et le força à le regarder dans les yeux.

– Tu nous considères comme des monstres, Omi ?

Les sanglots qui secouaient l'adolescent reprirent de plus belle. Il lutta pour trouver sa voix et bégayer :

– Tu ne vois pas ce que je v-vois ! Tu sais pas ce que j'entends ! J'ai envie de mourir !

– Et que vois-tu, Omi ? Interrogea l'Américain d'une voix très posée, espérant lui communiquer un peu de son calme.

– Des gens morts !

– Des gens morts ?

Crawford fut un instant tenté de rire mais l'expression accablée et mortellement sérieuse du gamin l'en empêcha.

– Ils me parlent et je leur réponds !

– Tu serais capable d'entrer en contact avec des fantômes ? Est-ce effrayant ?

– A ton avis ! Hoqueta le petit blond, furieux.

Il se tourna vers Schuldig, conjurant volontairement les souvenirs de ses quelques rencontres avec des esprits en l'interpellant :

– Tu es le télépathe ! Montre-lui toi !

Schuldig relaya l'information, un peu angoissé. Les visions du garçon n'avaient rien du film d'horreur qu'il s'était imaginé mais les apparitions restaient déstabilisantes. Au départ, Omi avait juste cru qu'il cauchemardait. Mais dans son sommeil, des gens l'interpellaient. Il avait bien fallu qu'il se rende à l'évidence, les gens à qui il parlait dans ses rêves avaient bel et bien existé. Il avait eu peur de se trouver face aux innombrables morts qu'il avait causées. Jusque là, les personnes qui lui parlaient semblaient plutôt bienveillantes, lui confiant des secrets, des petites choses qui se passaient à l'extérieur pendant que lui sommeillait. Il lui arrivait de voir des choses éveillé mais cela restait particulièrement flou. De vagues formes humaines avec une consistance vaporeuse. Sa première crise d'hystérie avait été causée par une de ses apparitions. A croire que le déclenchement de son pouvoir avait été plus puissant que le pouvoir lui-même. Yohji partageait le même cas, incapable de conjurer à volonté de l'énergie électrique en aussi grande quantité que le jour de son éveil. Omi était en colère et s'épuisait rapidement, sa respiration se faisant erratique au fur et à mesure que les secondes s'égrenaient.

– Je vois. Tu travailleras avec Schuldig et je ferai des recherches pour voir si on ne peut pas minimiser l'impact de ces visions sur toi.

– Travailler ? Quelle importance, je vais y rester de toute façon, paye moi plutôt un tour du monde ! Rétorqua le cadet des Weiss, peu amène.

A la réflexion du petit blondinet, Yohji et Ken échangèrent un sourire en coin dans le dos de Crawford pendant que celui-ci jonglait à la fois avec une brusque envie de rire et celle de le gifler. Si ç'avait été Nagi, ou un autre membre des Schwarz, le geste lui aurait peut-être échappé dans l'énervement. Mais il n'avait aucun droit sur le cadet des Weiss. Il était rare que ce dernier soit si amer et fasse montre d'autant de rage mais il pouvait le comprendre. Ses angoisses étaient fondées : son état de santé ne s'améliorait pas et il faiblissait de jour en jour. Crawford et Yohji craignaient particulièrement qu'il abandonne l'idée de survivre. Seule sa force de caractère légendaire lui permettrait de remonter la pente, mais il ne devait en aucun cas lâcher prise. Le regard du petit blond se posa sur Ken qui le soutint, partageant avec lui un bref moment de compréhension.

– Il est fatigué, dit le brun d'une voix basse, les bras croisés.

Crawford n'avait pas loupé l'échange silencieux qui s'était déroulé entre les deux Weiss sans pour autant en comprendre complètement la signification. Aya et Yohji acquiescèrent en silence, saisissant le message. Aya quitta la chambre obscurcie de son cadet tandis que Yohji entraînait discrètement Schuldig par le bras. Crawford prit également congé avec Nagi et Farfarello qui étaient restés en retrait. Lorsqu'ils furent seuls, Omi baissa la tête et la secoua en soupirant.

– Je suis tellement fatigué…

Il sentit son matelas s'affaisser sous le poids de Ken qui venait de s'asseoir près de lui. Un bras réconfortant se drapa autour de ses épaules maigres et il s'appuya contre le corps chaud de son ami.

– Ca va aller.

– Tu sais bien que non…

– On en a vu des choses, non ? On est toujours là.

– Oui mais… A mon avis, ça durera pas.

– Notre passage sur terre est éphémère. Tu le sais aussi bien que moi.

– Ephémère ça peut aller de un à cent dix ans.

– Omi, tu sais très bien qu'on n'ira pas jusque cent dix ans.

– En tous cas c'est clair que ça risque pas de m'arriver !

– Tu n'es pas comme ça d'habitude.

– Je ne vois pas des morts d'habitude.

Ken eut un sourire navré, inclinant légèrement la tête sur le côté :

– Je te l'accorde.

Un petit moment de silence s'installa entre eux.

– Et toi, ça va ? Demanda soudainement le petit blond en s'apercevant qu'il y avait bien longtemps qu'il n'avait pas posé cette question si simple à un ami.

– Ca va. Je survis. C'est le plus important non ?... Qu'on soit encore en vie.

– Et pourtant on est déjà morts, murmura Omi d'une voix mélancolique.

Ken resserra un peu son étreinte, touché. Ils étaient les plus jeunes et pourtant, faisaient ce métier depuis plus longtemps qu'Aya et Yohji réunis. Il passa sous silence sa propre tristesse (ils l'étaient tous) et tripota du bout des doigts une des mèches de cheveux clairs de son ami en prenant un ton plus léger :

– Allez, Omittchi, souris ! Tout va s'arranger. C'est toi l'optimiste du groupe. Et puis vivre avec les Schwarz, ce n'est pas si mal. Il a l'air sympa Nagi, fit-il d'un air de ne pas y toucher.

– C'est vrai, on s'entend bien, concéda Omi en bougonnant.

– Omi, on a toujours gardé le moral. C'est pour ça qu'on est encore là tous les quatre. Faut pas se laisser abattre sinon c'est perdu d'avance, on le sait tous les deux.

Le petit blond émit un soupir sonore.

– Je sais Ken-kun. Mais franchement, quand je regarde ce qu'il se passe autour de moi… C'est à pleurer ! S'exclama Omi d'une voix tremblante.

L'autre n'eut pas besoin de regarder son visage pour savoir qu'Omi avait les larmes aux yeux.

– Alors pleure, fut la douce réponse qu'il obtint.

L'adolescent laissa couler les larmes qu'il ne supportait plus de retenir, prenant enfin le temps d'épancher sa tristesse sur l'épaule d'un ami. Un peu plus tard, Ken refermait discrètement la porte de la chambre derrière lui, s'y adossant un moment avec un soupir, songeur. Omi s'était endormi d'épuisement à force de pleurer. Il était très fatigué, et pas seulement physiquement. Omi lui avait confié à demi-mot les rêves étranges qu'il faisait, lui montrant les activités des autres dans la maison alors que lui-même dormait profondément. Terre à terre, le brun avait d'abord été sceptique, puis Omi lui avait donné des détails d'une telle précision qu'il n'aurait pu les connaître que s'il avait été lui-même en train d'observer les évènements au moment où ils se produisaient. Il lui avait parlé d'Aya, lui avait dit l'avoir vu avec Yohji dans le jardin le soir où ils avaient échangé un baiser pour le moins passionné.

« Je n'ai pas entendu ce qu'ils disaient, mais Aya avait une cigarette. »

Il avait d'abord demandé à Omi s'il était sûr de lui. Aya ne fumait pas, en tous cas pas à leur connaissance. Il se redressa avec un nouveau soupir pour rejoindre sa chambre un étage plus bas et croisa Yohji dans le couloir. Profitant de sa présence, il lui demanda confirmation pour la conversation qu'il aurait eue avec Aya quelques jours plus tôt. Et à sa surprise, Yohji confirma les dires du cadet des Weiss, à présent profondément endormi.

– Comment tu le sais ?

– Omi…

– Tu crois qu'il peut vraiment voir ce qui se passe autour de lui quand il dort ? C'est du délire.

– Tu as le pouvoir d'une anguille électrique. C'est pas plus délirant, rétorqua le brun avec un haussement d'épaules.

– C'est pas faux, acquiesça l'aîné des Weiss avec un sourire triste. Et toi ?

– Moi ? Oh j'ai rien pulvérisé depuis une heure, un record.

– C'est pas la grande forme, hein ?

Ken haussa les épaules. Depuis qu'il avait ravagé sa chambre, les nausées s'étaient espacées, lui laissant un peu plus de répit qu'auparavant mais il était toujours malade. De la même manière, l'état d'Omi s'était sensiblement amélioré ces derniers jours, mais l'adolescent restait fragile. Seuls Yohji et Aya avaient échappé à leur affection, ce qui restait encore sans explications. Yohji lui dédia un sourire chaleureux, espérant lui remonter le moral :

– Je vois. Allez viens, j'ai fait une réserve de coca pas light dans ma chambre. Pas un mot à Braddy hein !

– Promis, répondit le brun avec un sourire en se laissant entraîner vers la chambre de Yohji.

Le grand blond se laissa tomber sur son lit extra-large avec son ami.

– Nan mais j'hallucine, t'as repris ton mini-frigo ?!

Yohji étant notoirement connu pour vivre une grande partie de sa journée dans sa chambre… Pour ne pas dire dans son lit… La chambre du playboy avait toujours été équipée d'un réfrigérateur miniature dans lequel il conservait sodas et boissons alcoolisées à l'occasion. Sans compter quelques friandises pour reprendre des forces après un effort physique plus ou moins important…

– Comment tu veux que je stocke mon coca et mes bières ? Et pis y a de la chantilly aussi mais ça…

– Pitié, épargne-moi les détails de ta vie sexuelle !

– Oh t'es pas drôle. En parlant de ça, et la tienne, elle se porte comment ?

Ken se contenta de le toiser du plus haut qu'il put… Ce qui ne fut pas d'un très grand effet vu que Yohji faisait presque une tête de plus que lui.

– Il s'est rien passé dernièrement avec Aya ?

– Oh, comme si tu le savais pas ! S'écria Ken avec agacement en lui mettant un coup de poing dans l'épaule.

Yohji esquiva les coups suivants en riant.

– Allez fais pas la tête ! Dis-toi que c'était pour te rendre service…

– Pff ! De toute façon, c'était une semaine pourrie !

– Quoi, ta nuit avec Aya et Farf n'a pas été agréable ?

– YOHJI !

– Ben quoi ?

– Occupe-toi de tes oignons ! Est-ce que je t'en pose moi des questions sur ce que tu fais la nuit avec Schuldig et Crawford… Oh mon dieu, je crois que je vais être malade.

– Ne vomis pas sur mon lit !

######

Un petit peu plus tard, après s'être débarrassé d'Aya qui le harcelait pour qu'il fasse un peu de ménage au rez-de-chaussée, Yohji avait enfin réussi à réunir suffisamment de courage pour descendre au sous-sol faire une lessive… La buanderie y avait été installée, conjointement avec leur éventuelle salle des missions, bien que son utilisation ne soit pas au programme avant un certain temps. Le temps que ses deux plus jeunes équipiers se remettent de leurs faiblesses et qu'ils apprennent à maîtriser leurs nouvelles habilités. Il poussa un soupir désespéré : il avait beau faire le brave, il n'en menait pas large les trois-quarts du temps. En fait, il était même mort de trouille.

Sa malédiction personnelle l'obligeait à repenser entièrement toutes ses actions quotidiennes, et à prendre garde à la moindre émotion un peu trop intense. Il chargea le tambour d'une des deux machines à laver (nécessaires à la propreté relative de huit jeunes hommes en pleine forme... Ou presque) et lança sa lessive avant d'allumer une cigarette et de réfléchir, le regard perdu par la petite lucarne du soupirail qui donnait sur le jardin arrière de la demeure. Les choses allaient mal pour être tout à fait honnête avec lui-même. Il enfouit son visage dans ses mains, laissant libre cours à son inquiétude. Comment allaient-ils s'adapter à tous ces changements ?

Pire encore, allaient-ils seulement y survivre ?

Tant de questions pour le moment sans réponse. Brad n'était pas en mesure de l'apaiser en lui donnant des indications sur leur survie. Quant à Schuldig… Il ne savait pas trop sur quel pied danser, toujours à l'affût d'un évènement nouveau chez les Weiss. Le télépathe terminait ses journées épuisé d'avoir à surveiller constamment les trois nouveaux psychiques et également Aya, dont on ignorait encore les capacités mentales. Ceci dit, ça ne l'empêchait pas de se livrer à son passe-temps favori : casser les pieds de son entourage. Le souci avec un télépathe, c'est que même bâillonné, il pouvait encore vous hurler dessus de toutes ses forces et ce (dans le cas de Schuldig) dans plein de langues différentes…

Yohji se laissa glisser au sol avec un demi-sourire en laissant ses pensées vagabonder du côté de son amant si volubile, adossé au lave-linge dont les vrombissements l'apaisèrent étrangement. Ca faisait longtemps qu'il n'avait pas pu se reposer sur quelque chose d'aussi tangible et terre à terre que le roulement stupide d'une machine à laver. Sa main droite effleura le sol pour y trouver de l'humidité. Surpris, il pencha la tête pour s'apercevoir qu'une petite mare d'eau se répandait autour de lui et qu'il pataugeait dedans. Et son jean allait être trempé. Une fuite d'eau ! Manquait plus que ça !

– Merde ! C'est pas l'moment ! Grinça-t-il en se relevant, énervé.

Il tendit la main droite vers le bouton d'arrêt de la machine et ouvrit machinalement le capot pour vérifier que tout allait bien. Lorsque sa peau entra en contact avec le métal du tambour de la machine[S1] , il entendit des crépitements autour de lui. Mais il les perçut trop tard. Sa main trempée se plaqua contre le métal argenté et un bourdonnement puissant emplit ses oreilles, signe qu'il venait de créer une catastrophe. Un courant électrique le parcourut jusqu'aux pieds, se répandant dans la flaque d'eau dans laquelle il marchait. Une explosion de douleur l'aveugla et il se mit à hurler au moment où la lumière du plafonnier se coupa, court-circuitée.

Il eut la présence d'esprit de s'éloigner de l'eau et de la source d'électricité à proximité immédiate mais bouger rendait la douleur plus terrible pour lui. Les choses avaient perdu leur netteté et leurs couleurs et il n'eut pas besoin de tourner la tête pour voir les étincelles lumineuses qu'il venait de générer. Paniqué, il tenta désespérément de se rappeler les conseils de Brad et Schuldig sans y parvenir. Plaquant ses mains sur ses yeux pour les protéger des éclats blancs qui le blessaient, il tomba à genoux, terrifié et en proie à une souffrance atroce. Tout son corps lui faisait l'effet de se consumer de l'intérieur. Il brûlait et c'était de la lave en fusion qui coulait dans ses veines pour remplir son corps. Son cœur battait si fort qu'il crut un instant faire un infarctus, à deux doigts de mourir sans pouvoir même appeler à l'aide tant sa douleur écrasait tous sens commun. Dans sa panique, il entendit à peine la voix affolée de Schuldig qui l'appelait :

– Yohji ! Yohji !

– Me touche pas !

L'avertissement retentit trop tard, au moment où les mains de Schu se posèrent sur ses épaules, il fut brusquement projeté en arrière, électrocuté. Yohji s'arracha à sa douleur pour se ruer vers lui sans oser le toucher, persuadé de l'avoir tué. Une petite voix hystérique lui hurlait « Il est mort ! Il est mort ! », et lui restait les bras ballants, persuadé d'avoir assassiné son ami. Crawford fit enfin irruption dans la buanderie où le drame se jouait avec Farfarello sur ses talons.

– Schuldig ! SCHULDIG ! S'étrangla Yohji en pleurant.

L'Irlandais attrapa Yohji par le bras, ignorant l'électricité qui chatoyait autour de lui et qui brûlait sa peau à chaque contact pour l'entraîner vers une zone plus sécurisée où il ne pourrait pas se blesser plus… Ou blesser les autres. Crawford s'était précipité vers Schuldig, s'assurant qu'il était vivant et que le choc électrique n'avait pas arrêté son cœur. Un gémissement de douleur s'éleva et une plainte mentale transperça son bouclier psychique, l'informant que le jeune homme aux longs cheveux roux était bel et bien en vie. Jamais il n'avait été aussi heureux d'entendre son insupportable ton geignard résonner dans sa tête.

– Schu, tu m'entends ?

– Ah…

– Secoué ?

– Mes cheveux…

Crawford jeta un œil à la tignasse… Gaufrée et fumante de son amant.

– Je t'offrirai un lisseur pour Noël.

– Haaan ! Yoh…

– Ca va, il est calmé, coupa Crawford en l'aidant à se redresser avec précaution.

De son côté Farfarello était lui aussi en train d'aider Yohji à se relever. L'orage était passé, et il semblait qu'un petit coup bien ajusté de Farfie à la base du cou de Yohji n'y soit pas pour rien. Si la petite manipulation du Berserker l'avait court-circuité, le blond semblait avoir sombré dans une phase de grande faiblesse, incapable de se mouvoir seul. L'incident l'avait laissé sans énergie, comme toujours.

– Farfarello.

L'interpellé leva immédiatement le regard sur son leader.

– Il est blessé ?

– Non.

Crawford laissa un Schuldig vacillant s'asseoir dos appuyé contre un mur, le temps d'aller vérifier lui-même l'état de santé de Yohji. Farfarello n'était pas expert en matière d'explosion psychique, sa spécialité se trouvant plutôt dans le domaine du physique.

– Yohji ?

– Schu…

Sa voix semblait si faible.

– Schuldig va bien, ne t'en fais pas. Comment tu te sens ?

Le regard d'un vert d'habitude si chaleureux avait perdu toute sa lumière. Crawford eut un pincement au cœur en plongeant dans les yeux hantés de Yohji dont la peau dorée avait pris une teinte cireuse. Il aperçut du coin de l'œil Schuldig s'affaler sur l'épaule solide quoique égratignée de Farfarello.

– Ne bouge pas, je vais te porter.

Yohji voulu refuser mais toutes ses forces l'avaient abandonné, le laissant à la merci de Crawford, incapable de protester. Il savait que Brad était fort et pourrait lui éviter des souffrances inutiles, mais il ne voulait pas être emmené dans les bras de son amant comme une jeune mariée… Ou en l'espèce, une pauvre demoiselle en détresse, ce qu'il n'était pas à l'évidence.

– Laisse-moi marcher… Je suis pas… Une femme…

Crawford leva un regard exaspéré au ciel :

– Tu es à moitié dans le coma et tu as presque réussi à tuer Schuldig alors pour une fois laisse-toi faire et tais-toi, merci !

Aya fit son apparition à ce moment précis dans la buanderie déjà bien animée, attiré par le vacarme (et la coupure de courant) alors qu'il était dans sa chambre.

– Qu'est-ce qui… Yohji !

– C'est bon, il n'a rien, coupa Crawford en sentant venir les problèmes et la migraine qui allait avec.

Le roux l'ignora et s'approcha tout de même d'eux pour vérifier par lui-même que Yohji n'était pas gravement blessé. Vu l'état de ses cheveux et la fumée qui s'échappait du lave-linge, il semblait qu'un incident avait bien eu lieu. Yohji chassa les mains pâles de son leader qui cherchait des blessures.

– Pitié pas toi aussi… Geignit-il.

Aya l'ignora ouvertement, jetant un coup d'œil au télépathe de la troupe qui lui sembla bien mal en point.

– Il s'en remettra, déclara Crawford en suivant le regard qui lui avait semblé bien inquiet pour les deux autres Schwarz. Mais si tu veux aider Farfarello en passant devant avec Schuldig, ça me faciliterait la tâche.

Aya se dirigea vers Farfarello qui était plus ou moins en train de forcer Schuldig à se relever. Le rouquin semblait plutôt sonné et incapable d'aligner deux pas.

– Ce n'est pas un sac à patate. Je vais t'aider, dit-il à l'attention de Farfarello qui émit un grognement inintelligible pour toute réponse.

Aya glissa son épaule sous le bras du blessé et Schu consentit finalement à fournir un effort pour se relever, refusant catégoriquement de se faire porter en couinant dans leurs esprits. Au bout de quelques mètres, Aya sentit soudainement toute résistance quitter le corps de Schuldig et le télépathe s'effondra, incapable de tenir debout plus longtemps même avec de l'aide.

– Schuldig !

Farfarello ne cilla pas et plia les genoux le temps de le rattraper et de le soulever dans ses bras.

– Je passe devant, fais attention à sa tête.

Farfarello acquiesça en silence : Aya ne doutait pas de sa force mais de sa capacité à ne pas lui faire plus de mal. L'Irlandais s'en trouva silencieusement agacé, tout en raisonnant que le Weiss n'avait pas tout à fait tort. La douleur lui était étrangère et il ne pensait pas toujours que les autres, eux, pouvaient sentir ce que lui ne pouvait pas. Le convoi réussit à rallier le premier étage où il se heurta à Nagi et Ken qui venaient aux nouvelles, interrompus dans leurs occupations alors qu'ils étaient au second. Les exclamations de surprise commencèrent à s'élever dans le hall :

– Y a eu un accident ?! Ils sont…

– Pas de blessés, se contenta de grogner Crawford en les dépassant sans plus leur prêter attention.

– Mais…

– Crawford !

Aya leur fit signe qu'ils auraient des explications plus tard mais les deux garçons avaient décidé de les suivre. Les deux blessés furent installés dans leurs chambres respectives. Yohji faisait de la résistance, refusant carrément d'être assisté de quelqu'un pour se mettre au lit. Aya prit les choses en main en se débarrassant de Crawford qu'il envoya auprès de Schuldig, resté seul sous la garde de Farfarello. Il poussa ensuite Yohji sur son lit sans plus de préavis avant de lui ôter ses vêtements abîmés.

– Hey ! Nan… Aya !

Le roux l'ignora ouvertement, tout en le débarrassant de sa chemise avec un peu plus de délicatesse. Yohji n'avait apparemment pas été blessé pendant l'accident, et il en fut soulagé. Le jour où ses pouvoirs s'étaient déclarés, il avait été à un cheveu de perdre la vue à cause de ses éternelles lunettes de soleil. Depuis, il n'en portait plus que très rarement… Et il semblait que les sermons de ses camarades n'y soient pas étrangers. Il lui tendit un haut de pyjama, le genre de chose que Yohji ne portait que lorsqu'il dormait seul et par moins dix degrés. Vu le regard que ce dernier lui jeta, il ne faisait aucun doute qu'il allait dire non.

– Mets-le Yohji. Tu vas tomber malade.

– Et une combinaison… de Ski, aussi ? Articula le grand blond avec difficulté.

Aya souffla d'un air exaspéré et se mit à genoux sur le lit, le tee-shirt à la main pour lui enfiler de force.

– Allez, Yohji.

– Non…

– Fais pas l'enfant !

Yohji continua de se débattre un long moment, décidant pour une fois de donner un peu de fil à retordre à Aya par pur jeu malgré sa faiblesse. Ken ouvrit la porte à ce moment précis, embrassant d'un regard la scène pour le moins cocasse. Aya et Yohji avaient le même regard ahuri sur le visage, le premier tentant apparemment de faire enfiler un vêtement au second qui n'avait pas l'air très coopératif malgré son visage bien pâle.

– Je veux pas savoir.

– Il ne veut pas s'habiller, rapporta Aya.

– Cafard !

Aya fusilla Yohji du regard en reprenant sa tentative d'habillage.

– Yohij habille-toi. La dernière fois tu m'as fait un scandale pour que je mette un pull, raisonna Ken en espérant prendre Yohji par sa logique implacable.

– Pas pareil.

Echec.

– On va quand même pas s'y mettre à deux pour lui faire mettre un pyjama ?

La question était adressée à Aya. Le roux sembla contempler la proposition une seconde avant d'échanger un regard complice avec Ken.

– Si ! Affirmèrent-ils d'une même voix un seconde avant que le brun ne saute sur le lit pour prêter main forte à son leader.

Echec et mat !

Devant cette coalition imprévue, Yohji ne put que capituler. Mais il protesta autant que possible jusqu'à ce que finalement il se retrouve avec un tee-shirt sur le dos et un pantalon de pyjama sur les fesses. Aya le cloua au matelas d'une main ferme et en profita pour l'ensevelir sous son énorme couette.

– Et voilà !

Devant l'expression satisfaite qu'arboraient ses deux affreux traîtres de coéquipiers, Yohji se mit à grommeler.

– Faux frères.

– C'est pour ton bien.

Finalement, l'aîné des Weiss poussa un soupir de reddition et décida d'aborder la situation sous un autre angle :

– Je peux avoir de l'eau ?

– J'y vais, dit Ken en se levant, laissant Aya et Yohji en tête à tête.

Le leader des Weiss attendit qu'il soit sorti pour réclamer des explications à Yohji.

– Comment tu te sens ?

– Pas top.

– Que s'est-il passé ? C'est le lave-linge ?

Yohji acquiesça, d'un air atterré en passant ses longues mains sur son visage.

– On n'y survivra jamais…

Une main apaisante passa dans ses cheveux emmêlés. Aya avait rarement des gestes affectueux en public, mais Yohji le savait plein d'une grande tendresse pour ses proches.

– Ca va aller. Et tu n'as pas de fièvre. Une bonne nuit et ça ira mieux.

– T'es trop gentil Aya-kun, dit l'aîné avec douceur.

Aya parut s'empourprer jusqu'à la racine des cheveux mais se reprit bien vite en entendant Ken réintégrer la chambre, une bouteille d'eau et un verre en main.

– Merci Kenken.

Le brun hocha la tête :

– Ca va aller ?

– T'inquiète pas, il en faut plus pour me tuer.

– Hm…

– On va te laisser te reposer, dit finalement Aya en se levant. Tu appelles si tu as besoin de quoi que ce soit.

– Okay.

– Bonne nuit Yohtan.

La porte se referma sur ses deux équipiers, et Yohji se laissa retomber sur ses oreillers en soupirant lourdement. Il avait la gorge sèche. Il prit quelques gorgées de sa bouteille d'eau avant de replonger dans ses pensées déprimantes. Ce n'était pas passé loin cette fois-ci. Il avait blessé Schuldig. Il avait failli le tuer. La simple idée que Schuldig aurait put mourir à cause de lui lui était insupportable. Il avait un poids terrible sur le cœur, mais se savait incapable de le partager avec Aya ou Ken. Ils auraient pourtant écoutés. Ils auraient même compris, même si Aya était plus que réservé quant à ses relations avec les Schwarz.

Aurait-il su vivre avec la mort d'une personne aussi chère que l'était devenue Schuldig ? Après tout, il avait survécu à la disparition d'Asuka… De Neu… Il n'aurait jamais la certitude à présent de savoir si oui ou non elle avait joué la comédie avec lui. Parfois, il préférait penser qu'elle avait été sincère mais que les ordres étaient les ordres, pour elle comme pour lui.

Parfois, il savait, il sentait qu'elle l'avait trompé du début jusqu'à la fin… Ainsi qu'en témoignait son dernier soupir. Machinalement, il tendit la main pour fouiller dans sa table de nuit et en sortit un de ses paquets de cigarettes et un briquet. Il évitait de fumer dans sa chambre en général, mais vu sa situation, il avait bien besoin du réconfort que pourrait lui apporter sa petite sucette à cancer. Il réfléchit un instant avant de pêcher un soda hyper sucré dans son mini-réfrigérateur. Tant qu'à noyer son désespoir, il pouvait bien se pourrir les poumons et exploser son taux de sucre ! Il laissa tomber son mégot dans sa cannette encore à moitié pleine, sentant peu à peu son esprit s'engourdir et son corps se détendre. Il se promit brièvement de faire de la vie de Ken et Aya un enfer pour l'avoir drogué dans un pareil moment avant de sombrer dans un sommeil profond, la tête vide.

De l'autre côté de sa porte, Aya fit quelques pas dans le couloir sans mot dire avant de se tourner vers Ken qui avait un air effroyablement coupable :

– Tu as mis quelque chose dans son verre ?

Ken hocha la tête en silence, mal à l'aide à l'idée d'avoir glissé un sédatif dans la boisson destinée à Yohji. Il ne faisait pas ce genre de chose d'ordinaire mais il avait vu l'état de fatigue et d'énervement de son équipier. Ils savaient tous les deux que Yohji ne se serait jamais abandonné au sommeil après un tel évènement. Il n'avait pas fermé l'œil pendant près de cinq jours après le décès de Neu. Après deux nuit blanches d'affilée, il avait été trop épuisé pour penser correctement et enchaînait erreurs sur erreurs, manquant de se couper un doigt avec un sécateur ou de faire sauter la maison en mettant la gazinière en route sans allumer le feu pour faire chauffer la bouilloire. Le sixième jour, il avait finalement fait un malaise dans la boutique, tombant d'épuisement. Probablement sauvé par les limites de son corps avant de risquer la mort.

– Il en avait besoin, rassura Aya d'une voix basse avant de désigner la chambre qui leur faisait face où Crawford semblait s'affairer.

Ils s'avancèrent pour aller prendre des nouvelles de Schuldig, à présent bordé comme un enfant. Crawford expliquait à voix basse les circonstances de l'accident à Nagi qui semblait particulièrement inquiet pour le télépathe inconscient.

– Comment va-t-il ?

Crawford leva les yeux sur les deux Weiss dans l'embrasure de la porte.

– Il a vu pire. Yohji s'est endormi ?

– Avec de l'aide.

– Il le fallait, approuva Crawford en entraînant Nagi dans le couloir pour laisser Schuldig se reposer tranquillement.

L'adolescent semblait très préoccupé par les évènements, balbutiant tout bas à Crawford des phrases alarmistes :

– Et si son cœur avait lâché… Si il avait explosé…

– Tout va bien, il est vivant.

– Mais il aurait pu mourir !

La détresse dans la voix du gamin se fit tellement présente que Crawford étouffa de justesse un soupir avant de se tourner vers lui :

– Nagi, calme-toi. Schuldig va bien.

– Mais…

– Oui, je sais Nagi. Il aurait pu mourir, mais il n'est pas mort. Il est dans ce lit, bien vivant, et crois-moi on ne va pas tarder à l'entendre geindre.

Un peu surpris par la réflexion agacée de son leader, Nagi baissa les yeux, désappointé. Crawford effleura son épaule en signe de réconfort et repris d'une voix plus douce :

– Ne t'en fais pas.

Farfarello, qui était là mais avait gardé le silence pendant l'échange, se coula derrière Nagi et fit glisser sa main sur sa tête pour le rassurer. Les Weiss purent alors constater l'étendue des dégâts : il était couvert de brûlures. Aya ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais Ken le devança bruyamment :

– Mais t'es blessé ! S'écria-t-il alarmé par le nombre de plaies sanglantes qui s'étalaient sur les bras pâles et musculeux du Berserker.

Farfarello se contenta de hausser les épaules, indifférent. Sa peau avait été brûlée là où il avait touché Yohji pendant l'incident, mais il s'en moquait éperdument. D'une part, il ne sentait rien et vu la situation, qui d'autre que lui aurait pu intervenir pour éloigner la source du danger des autres ?

– C'est l'électricité, expliqua simplement Crawford.

– Que s'est-il passé exactement ? Interrogea Aya en croisant les bras, curieux de connaître les circonstances exactes de l'accident sans avoir à s'appuyer uniquement sur ses déductions.

– Yohji a court-circuité le lave-linge. Le sol était mouillé… Schuldig a été électrocuté en le touchant, mais tout va bien.

– Tout va bien ?! Répéta Ken d'un air stupéfait pendant qu'Aya se permettait d'afficher une moue dubitative à la réponse de l'Américain.

– Tout le monde est vivant. Donc oui, tout va bien, déclara Crawford déjà fatigué par cette discussion qu'il sentait devenir problématique à vue d'oeil.

– Farfarello est brûlé aussi ! S'énerva Ken en désignant l'intéressé qui lui n'avait pas l'air plus concerné que ça.

– Il ne souffre pas.

– Et alors ? Est-ce que c'est une raison pour l'envoyer au danger ?!

– Je n'expose généralement pas volontairement mon équipe à un danger, répondit Crawford d'une voix impassible.

– Généralement étant le mot-clef de la phrase ! Viens avec moi, toi ! Aboya Ken en attrapant le poignet de Farfarello pour l'entraîner à sa suite.

Crawford en resta coi, ou presque, pendant qu'Aya et Nagi échangeaient un regard quelque peu stupéfait. L'Irlandais jeta un coup d'œil à son leader qui finit par lui faire un vague signe d'ignorance. Ken le traîna finalement jusqu'à la salle de bain du fond du couloir : celle qu'il partageait avec Aya en général, et Farfarello à l'occasion.

– Assieds-toi, je vais soigner ça.

– Inutile, répondit Farfarello en observant le jeune homme qui lui tournait le dos, dressé sur la pointe des pieds pour trouver ce qu'il cherchait sur les plus hautes étagères de la salle de bain.

– Pourquoi, parce que tu n'as pas mal, c'est ça ? Questionna le brun d'une façon plus ou moins rhétorique tout en fouillant dans l'armoire à pharmacie.

– Hn.

– Allez assis ! Dit Ken en le poussant gentiment sur le rebord de la baignoire une fois le matériel nécessaire à portée de main.

Il commença par désinfecter les plaies, nombreuses et relativement sanglantes pour des brûlures. Alors qu'il était penché avec attention sur le bras de Farfarello et que le silence régnait dans la salle d'eau, le blessé prit soudain la parole.

– C'est gentil.

Sa brusque intervention fit sursauter l'autre garçon qui leva un regard interrogateur sur lui.

– Quoi ?

– D'avoir…

Farfarello inclina légèrement la tête sur le côté, cherchant les mots exacts qui lui semblaient pourtant empreints d'une certaine faiblesse.

– … Pris ma défense, conclut-il finalement, satisfait de sa phrase.

Ken le fixa un moment en silence, le temps de comprendre où il venait en venir.

– Oh. Tu parles de Crawford ?

– Hm.

– C'est normal.

Un moment s'écoula à nouveau en silence avant que Farfarello ne reprenne finalement la parole :

– Pourquoi ?

– Pourquoi quoi ?

Farfarello lui renvoya un regard placide, signe qu'il attendait sa réponse.

– Tu peux pas faire des phrases, comme tout le monde ? Tu sais, sujet verbe complément, c'est pas dur, nan ? Râla le brun en entourant une lésion de gaze légère pour la protéger tout en laissant la plaie respirer.

– Pourquoi tu as pris ma défense devant Crawford ? Lâcha d'un trait la voix rauque de Farfarello.

– Tss ! Je sais pas. Je comprends pas pourquoi c'est toujours toi qu'on envoie au feu, juste parce que tu sens pas la douleur.

– C'est vrai.

– Farfie, c'est pas parce que tu es insensible à la douleur que tu ne peux pas mourir !

– Qui a parlé de mourir ?

– Oh ! Laisse tomber, tu comprends rien de toute façon.

Farfarello se contenta de l'observer un moment, le temps que Ken termine de poser quelques pansements. Finalement, le brun se redressa en évaluant son travail d'un œil critique.

– Désolé, je ne suis pas aussi doué qu'Omi pour ça.

– Merci.

Ken grommela quelque chose d'inintelligible avant de marmonner :

– Y a pas de quoi. Arrête de te mettre dans des situations pareilles. Tu vas finir par choper une septicémie.

Un petit rire passa les lèvres du jeune homme borgne.

– Ben quoi ?

Farfarello secoua la tête pour toute réponse. Ken l'amusait trop pour son bien. Il allait quitter la pièce puis se retourna une dernière fois vers le garçon :

– Tu as un ballon ?

– Tu veux jouer ?

L'assassin au teint pâle haussa les épaules, songeur. Ca l'occuperait un peu… Peut-être.

– Pourquoi pas.

– T'es blessé.

– Et alors ?

– Tu risques de te faire mal, rétorqua Ken avant de se rendre compte de la stupidité de ses propos.

– ... Désolé…

Farfarello haussa les épaules d'un air indifférent :

– Je suis né comme ça. Ca ne me blesse pas, tu sais. Au sens littéral, ajouta-t-il finalement avec un rictus moqueur.

– T'as vraiment un humour tordu.

– Mais j'ai de l'humour, ricana l'Irlandais en s'éloignant.

– Hey ! Ca veut dire quoi ça ?


Notes : Bien… Je ne sais pas pour vous, mais moi sur ce coup là, j'ai pas grand-chose à dire.

C'est juste que je m'étais fixé un timing pour sortir le chapitre 12 à Noël, mais il semblerait que ce soit légèrement compromis ah ah !

Alors, je fais quoi, j'attends l'année prochaine ?

Commentaires :

[S1] Nan mais j'y pense que maintenant, mais la peinture elle est isolante, du coup j'ai rectifié, je lui ai fait ouvrir la machine et toucher le tambour. On peut prendre de sacrées châtaignes parfois (genre quand la machine est aps reliée à la terre… Contrairement à ce que me soutenait mordicus mon cher et tendre. Arf !)