Titre : Alliés
Auteur : Syhdaal
Genre : Yaoi
Base : Weiss Kreuz
Couples : Brad x Schu x Yohji, Jei x Ken.
Disclaimer : Non, aucun de ces persos ne m'appartient (quel dommage…), enfin tout le monde le sait hein ! Je m'en sers juste de façon éhontée pour satisfaire mes délires de malade mentale.
Ma lenteur me tuera. Ou ma fainéantise.
J'en veux pour preuve ce chapitre extraordinairement court ah ah. Vous voyez, je m'améliore !
Nan, j'déconne : c'est carrément la misère, j'arrive pas à relier mes bouts. L'histoire de ma vie, quoi !
Warning : Un lemon (moins mini) quelque part par là. Ouh là là, ça fait trop d'émotions en deux chapitres.
Alliés
Chapitre 20
La mission prévue par Crawford était en train de virer au cauchemar éveillé. Un comble pour lui qui ne cessait de voir des horreurs toutes les nuits et il se demanda même s'il n'était pas en train d'halluciner du fond de son lit. Omi était en train de paniquer, incapable de se relever et à bout de souffle. Il avait réussi à en tuer un mais il avait le bras cassé et une autre silhouette menaçante se rapprochait, arme à la main et il ne voulait pas mourir. Il ne voulait pas mourir !
« A l'aide… A l'aide ! Ken au secours ! Yohji-kun ! Aya-kun ! A l'aide ! Nagi ! »
L'homme se rapprochait et lui recula en gémissant, se traînant par terre en serrant son bras blessé contre lui. Pourquoi avait-il fallu qu'il se brise le poignet droit ?! Ses dernières fléchettes lui avaient échappé dans sa chute et il était complètement désarmé. Désespéré, il sentit les larmes lui monter aux yeux, impuissant. Il allait se faire tuer juste parce qu'il était trop faible pour se défendre. Il était devenu une proie. Quelle fin pathétique pour un assassin comme lui. Il étouffa un sanglot et ferma les yeux dans une dernière prière. Il ne voulait pas mourir !
« A l'aide ! Quelqu'un… N'importe qui ! »
Un cri de surprise le ramena à la réalité. Des bras avaient ceinturé l'homme qui s'avançait vers lui et l'avaient efficacement immobilisé, l'empêchant de nuire. Il ne reconnut pas un de ses coéquipiers. Il détailla les bras mus par une force surhumaine qui maintenaient son adversaire une bonne dizaine de centimètres au-dessus du sol. Il ne comprenait pas.
– Qui… AH !
Il se rejeta en arrière avec terreur, horreur, quand il comprit. La veste en cuir noir ne faisait aucun doute. Les vêtements ne faisaient aucun doute. Il s'agissait de l'homme qu'il avait abattu quelques minutes plus tôt d'une flèche dans le coeur[S1] . L'homme tourna ses yeux vides vers lui. Pupilles dilatées, mydriase, plein phare.
Il ne respirait pas.
Son pouls ne battait pas.
Un hurlement d'horreur s'arracha à sa gorge alors qu'il essayait de reculer en proie à un effroi terrible pour mettre le plus de distance possible entre lui et… Ca.
Son adversaire se débattait en hurlant de toutes ses forces, horrifié par la scène. Lui aussi avait compris.
Un cri retentit au loin. L'équipe de rescousse arrivait enfin ! Omi continua de crier pour guider ses équipiers et vit Yohji en tête. Le grand blond prit connaissance de la situation d'un regard. Omi était au sol, hurlant, les yeux débordant de larmes et visiblement blessé. Devant lui, un homme blessé (il voyait le sang) en ceinturait un autre pour l'empêcher d'atteindre Omi qui hurlait toujours des choses incompréhensibles (pas que ce soit bien nouveau dans son cas).
– Il est mort ! IL EST MORT ! IL EST MORT !
– Omi !
Il n'entendit même pas Brad lui hurler dans l'intercom un furieux « Codenames ! » pour le rappeler à l'ordre. Balinese plongea au sol pour rejoindre le garçon et l'attrapa pour l'éloigner le plus rapidement possible des deux hommes qui se battaient. Crawford et Ken le suivaient de peu. Omi continuait de hurler en désignant le duo et Yohji aurait vraiment voulu qu'il arrête de hurler car ça ne faisait qu'ajouter à la confusion générale et surtout, ils risquaient de se faire prendre à revers sans pouvoir se défendre. Crawford avait son arme en main et mit immédiatement en joue le danger potentiel pour parer à toute attaque pendant que Ken se plantait devant ses deux équipiers en renfort. Yohji avait réussi à traîner son équipier quelques pas en arrière malgré sa résistance.
– Omi ! Omi calme-toi !
– C'EST UN CADAVRE ! UN CADAVRE ! Hurlait l'adolescent, hystérique.
Yohji ne comprit pas tout de suite qu'il ne parlait de la personne ceinturée mais de celle qui était debout. La créature continuait de suivre le petit blond de son regard vide sans se soucier du chaos ambiant. Seuls lui importait les ordres de son maître. Crawford arma son pistolet, exécutant d'une balle entre les deux yeux l'homme maintenu par le zombie. Car c'en était un. Une fois ceci fait, il fit signe aux deux autres que ça allait, les autorisant à baisser leur garde le temps d'évaluer les dégâts.
Malgré toute l'horreur que la créature lui inspirait, il savait qu'elle n'attaquerait pas sans un ordre.
En tous cas, il l'espérait vivement.
Il jeta un regard à Omi que la détonation assourdissante avait brusquement calmé, avertissant au passage Schuldig de leur position via le microémetteur. Le rouquin râlait déjà que de toute façon, il n'avait qu'à suivre les hurlements pour les localiser. Le gamin était toujours agrippé aux bras de Yohji et le regardait d'un air halluciné, des traînées de larmes encore fraîches sur son visage d'ange terrifié. Ken s'était rapproché du garçon livide pour l'examiner. Il compta les contusions qui bleuissaient à vue d'œil et une vilaine éraflure sanguinolente sur son front glacé puis manipula avec délicatesse le bras droit de son cadet, provoquant un cri de douleur.
– C'est cassé, diagnostiqua-t-il d'un coup d'œil averti sur le poignet malmené.
Yohji jura entre ses dents. Super.
– Il va lui falloir une attelle d'urgence, dit-il à l'intention de Crawford qui n'avait pas baissé son arme.
L'Oracle acquiesça l'air passablement tendu, prenant en note l'information malgré le choc.
– Un nécromancien. Je n'y aurai jamais pensé, dit-il finalement le regard fixé sur Omi qui peinait à reprendre son calme.
– Pardon ?
C'était Yohji, stupéfait. Abasourdi.
Il ravala sa salive (et ses cris d'horreur) en silence, se réservant le droit de paniquer plus tard. Ne pas penser, passer en pilote automatique : sécuriser les lieux, s'occuper des blessés, évacuer. Ca, c'était facile et se concentrer là-dessus c'était mieux que de penser à l'existence (la possibilité) du cadavre qui marchait tout seul. Schuldig qui se rapprochait d'eux avec Farfarello et Nagi lui souffla qu'il ferait mieux de revoir son sens des priorités…
Sauf que Schuldig ne savait pas encore ce qu'ils avaient sous le nez. Si près de lui qu'il le touchait, Ken avait l'air d'avoir le cœur au bord des lèvres. Ils étaient tous sous le choc. Omi poussa un gémissement, se serrant un peu plus contre Yohji. Il était si terrifié, si dégoûté qu'il sentait son cœur battre dans sa gorge. S'il avait eu quelque chose dans l'estomac, il aurait bien vomi mais il ne tenait que grâce aux innombrables compléments survitaminés dont Yohji le bourrait tout les matins.
Il le savait. Il l'avait su au moment où ses yeux s'étaient posés sur l'homme qui l'avait sauvé. Le mort. Le cadavre. Le zombie. C'était juste que son esprit rationnel avait refusé d'intégrer cette information totalement délirante, anormale au possible. Il avait sentit l'esprit du mort faire écho au sien.
C'était mort, mais c'était là.
– Lâche-le, articula Omi avec difficulté.
Le corps sans vie de son deuxième ennemi, celui abattu par Crawford, tomba au sol avec un bruit mat et écœurant.
– Seigneur… Souffla Yohji près de son oreille, pris d'une brusque envie de se mettre à croire en Dieu.
Près d'eux, Ken retenait son souffle, lui aussi au bord de la crise d'angoisse. Crawford recula de quelques pas, dégoûté à l'idée d'être touché par le corps du zombie quand il retomberait au sol.
– Meurs.
Le corps sans vie s'effondra finalement pour retourner à la condition qui était la sienne avant que l'esprit d'Omi ne l'appelle à lui. L'adolescent leva le nez, distinguant un vague quelque chose à la consistance vaporeuse s'élever dans les airs. Une âme sans doute. Une âme qui s'échappait d'un corps mort.
Normal.
– Merci quand même, murmura le petit blond avec un hoquet.
Puis il chercha le regard de ses équipiers, toujours pelotonné comme un enfant dans les bras de son aîné. Il ne les avait pas entendus arriver, mais les autres les avaient rejoints pendant ce temps là. Qu'avaient-ils vus exactement ? Nagi lui dédia un regard empli de sympathie, pas horrifié comme il l'aurait cru. Schuldig ne laissait rien transparaître et Farfarello semblait marmonner une prière entre ses dents. Ce n'était pas tous les jours que les morts se remettaient à marcher, il pouvait lui accorder ça.
– Je veux sortir d'ici, réclama-t-il d'une voix tremblante.
Comme aucun des autres dans la salle ne réagit tout de suite, sa panique sembla le rattraper et il s'écria d'une voix brisée :
– Je veux sortir d'ici !
– Okay on s'en va, on s'en va, dit précipitamment Yohji en soulevant un peu mieux le gamin.
Il se tortilla un peu pour attraper quelque chose à l'intérieur de sa veste.
_...Sib', file-moi mon flingue.
Ken réussi à extraire rapidement un pistolet du holster que Yohji cachait maintenant systématiquement sous ses vêtements pendant que Crawford distribuait les ordres, ordonnant le repli.
– Prodigy avec Balinese, on se rejoint au point A. Berserker, Siberian, le nettoyage. Mastermind…
Schu leva le nez d'un air suffisant.
– Comme d'habitude.
Un bref hochement de tête fut sa seule réponse et il réajusta le sac qui transportait les explosifs sur son épaule. C'était lui le plus rapide, alors c'était à lui que revenait cet honneur un brin dangereux.
– Bien. Sortie B, rappela le leader aux autres en donnant le signe du départ à Yohji qui fila dans les couloirs avec Nagi.
– Allez on dégage !
Schuldig fonça en tête, talonné par Farfarello et Ken qui se chargèrent de sécuriser le bâtiment avant de lui donner le feu vert pour poser les bombes. Pas question de laisser la moindre trace de leur passage. Nagi avait récupéré les données et Brad avait déniché quelques dossiers papiers. Dans sa malchance, Omi avait certes fait sauter sa couverture mais aussi créé une diversion qui avait permis à Nagi de sauver les meubles en attendant les renforts. Dommage que ça se paye si cher.
Le retour fut chaotique et entrecoupé de disputes. Brad rappela à Yohji qu'ils s'en tiraient à bon compte malgré la fracture du poignet qui s'avérait être malgré tout une sacrée complication car c'était impossible de réaligner correctement des os sans l'aide d'une radio. Il se fit la réflexion que quitte à vivre en quasi-autarcie, il ferait mieux de s'équiper en matériel médical et de se rencarder un peu sur le sujet. Dommage pour lui, il n'avait pas fait médecine. Et cette fois, Yohji et Ken ne lui laissèrent pas la possibilité de brandir la carte « fugitifs » pour éviter l'hôpital. L'aîné des Weiss exigea qu'ils se rendent au moins dans un dispensaire pour les premiers soins et il ne put s'y opposer.
Il fallut d'abord retourner à la maison, se laver, se changer pour ensuite repartir avec Omi qui grinçait des dents en serrant son bras cassé contre lui pour éviter les gestes brusques de ses compagnons un peu surexcités. Ils auraient tous voulu foncer à l'hôpital mais les tâches de sang et les impacts de balles avaient tendance à attirer l'attention des médecins de façon tout à fait inutile.
Omi se retrouva donc perché sur le bord du canapé, tenant soigneusement son bras blessé pendant que Ken fouillait méthodiquement ses poches à la recherche d'équipement oublié.
– Y a du sang sur les chaussures, fit remarquer Farfarello qui réceptionnait les objets qu'il lui tendait.
En fin de compte, il lui restait sa radio et une fléchette cassée dans sa poche plus quelques clefs USB et un disque que le garçon avait dû rafler pendant la mission.
– Y en a plein les semelles. Nagi, tu m'amènes des baskets s'il te plait ?
– Ma veste aussi, fit Omi d'une voix presque trop basse.
Farfie se pencha un peu pour examiner le tissu noir de plus près à la lumière. Il y avait effectivement des taches de sang à peine visibles et des déchirures sans doute récoltées dans la chute. Le problème c'est qu'en séchant, le sang allait se voir même sur le tissu noir. Et vu les temps d'attente à l'hôpital…
– On ne peut pas prendre le risque.
– Il faudra dire que tu es tombé. Dans des escaliers, pour tous tes bleus, dit Farfarello après un moment.
Omi et Ken échangèrent un regard un peu amusé malgré la gravité de la situation. C'était un petit réconfort que de voir Farf d'humeur conciliante et bavarde malgré la situation.
– Et pour le sang ? S'inquiéta le blondinet qui n'avait pas repris une once de couleur depuis leur repli stratégique.
– Tant pis, je peux pas retirer la veste sans te faire mal. Ou sans la découper, dit Ken en prenant la paire de baskets propres que Nagi lui tendait.
– Bon, ben on découpe alors, soupira Omi en jetant un coup d'œil à la paire de ciseaux que Farfarello sortit pour ainsi dire de nulle part.
Il le soupçonnait de cacher ça dans des recoins sombres et inexplorés… Voire inexplorables. Etait-ce bien prudent de le laisser jouer avec des lames à proximité des blessés, celui-là ?
– Brad et Yohji sont en pleine engueulade, indiqua Nagi d'un air même pas gêné.
Jei haussa un sourcil et s'interrompit dans son découpage méticuleux. Dire qu'avant, Nagi n'aurait même pas osé leur annoncer un truc comme ça. Ils avaient tous entendu les éclats de voix mais ça n'avait pas l'air plus grave que d'habitude quand ils se disputaient pour savoir qui devait débarrasser la table après le repas. Il reprit son travail une fois qu'il fut certain que la dispute ne terminerait pas en pugilat… Ce qui était toujours envisageable quand on vivait avec des assassins surentrainés et survoltés.
– A propos de quoi ? Hasarda Omi en grimaçant.
– L'hôpital.
– Ben ça tombe bien, on est prêts, lança Ken en aidant Omi à se relever une fois le dernier lambeau de sa veste tombé au sol.
Ils rallièrent le couloir d'entrée où Brad et Yohji étaient effectivement en plein désaccord sur un sombre sujet qu'Omi subodora être lui-même. A la question, comment gérer un assassin de dix-huit ans nouvellement doué de nécromancie et lourdement anorexique, que répondait-on ? Schuldig frappa dans ses mains en les voyant débarquer, interrompant la querelle sur le champ.
– Temps mort mes p'tits clous ! Il va pas tarder à tomber dans les pommes alors on y va ! C'est moi qui conduis, toi tu viens avec moi paske t'as les papiers et qu't'es canon, toi tu restes là paske t'es mon garde du corps et qu't'es canon. Et il faut bien un homme responsable pour garder les gosses.
Yohji jeta un regard noir à Schu, tandis qu'en arrière-plan Nagi et Ken protestaient. Farf, lui, ne releva même pas. Ca se paierait plus tard…
– C'est pas drôle.
Schu dissipa sa réflexion d'un geste, piqua ses lèvres d'un baiser et poussa gentiment Brad et Omi par la porte.
– On revient, soyez sages !
– Appelle-moi en cas de problème, lui lança Brad déjà à l'extérieur.
– Oui, oui, il t'appellera allez on y va, plus vite on sera r'cousu, plus vite on sera r'viendu[S2] !
Quand Schuldig se gara enfin dans l'allée de la maison presque trois heures plus tard, Nagi dormait sur la table, la tête entre ses bras pendant que Jei tournait comme un lion en cage au rez-de-chaussée. Yohji et Ken ruminaient devant la télévision en sourdine, téléphones et flingues à portée de main au cas où ils auraient dû entrer en action immédiatement.
– On est là, les gosses ! Lança Schuldig sans enthousiasme en se vautrant dans le canapé, s'affalant à moitié sur Yohji et Ken pour l'occasion.
Le premier se contenta d'un regard noir (et de le pousser un peu plus sur la deuxième victime) pendant que le second grognait une insulte colorée à son intention. Tout le temps de la consultation, Crawford avait vécu dans la terreur la plus pure qu'une escouade militaire de super soldats[S3] ne débarque pour les arrêter. Finalement, rien de tout ça n'était arrivé et Omi avait un beau plâtre pour le moment immaculé que Schuldig lui promit de customiser à l'envi, mais plus tard. Quand il aurait eu au moins ses dix heures de sommeil au compteur et peut-être même un câlin bien mérité avec Yohtan et Brad. Brad passa sa main dans les cheveux de Nagi, encore humides de sa douche. Le gamin grommela et ouvrit un œil de mauvaise grâce.
– Va te coucher.
Nagi grogna encore un peu mais finit par se lever.
– On débriefe pas ?
– Demain, répondit Brad en se vautrant dans un fauteuil et en baillant à s'en décrocher la mâchoire.
C'est qu'il n'avait plus vingt ans, lui. Et ça suffit pour sonner l'heure du coucher pour tout le monde même si au final, personne ne dormit vraiment sauf Omi qui glissa dans un sommeil sans rêve ni cauchemar. Le débriefing fut pour ainsi dire le seul évènement du lendemain. Brad convoqua tout le monde au salon. Ca changeait un peu, généralement c'était la cuisine qui servait de QG. Un rapport avec leur obsession pour la bouffe, certainement… L'embryon de salle des missions qu'ils avaient commencé à aménager au sous-sol avait été rapidement abandonné. Trop de boulot. Ils s'étaient contentés de mettre en place tout un protocole de sécurité à base de pains de plastique si jamais ils venaient à être attaqués. Brad espérait juste qu'ils n'auraient jamais à s'en servir. Il reporta son attention sur sa petite troupe, digne d'un véritable freakshow. Tous ses garçons attendaient patiemment qu'il se mette à parler.
C'était lui qui faisait ça, c'était son travail de les guider. Enfin, il essayait. Il tressaillit à la pensée qu'un jour, peut-être demain, il pourrait ne plus être là pour leur indiquer le chemin… Pas qu'il doutait de leur capacité à survivre mais sa vue les avait déjà tellement aidés à rester en vie. Il prit une profonde inspiration et allait lancer le débat mais quelqu'un le devança.
– Qu'est-ce que tu sais de la nécromancie ?
Omi était assis en bout de canapé, encadré par Farfarello et Nagi qui était perché sur l'accoudoir. Les doigts de Jei couraient négligemment sur la nuque de Ken, installé près de lui. Les regards de l'assemblée allèrent du petit blond au grand brun, attendant une réponse. Brad se jeta à l'eau. Schu et Yohji partageaient un fauteuil, tout aussi attentifs que les autres.
– Et bien… Comme son nom l'indique, c'est une magie de mort. A la base, c'était surtout utilisé pour la divination.
– Comme oracle ?
– Oui, répondit Brad en ravalant sa gêne et sa migraine.
Si la divination était plus de son domaine, un pouvoir psychique de cette envergure le dépassait complètement.
– Donc ce que je faisais avant, c'était déjà de la nécromancie ?
Brad se pinça la racine du nez, massant doucement l'endroit où reposaient habituellement les plaquettes de ses lunettes. Faudrait qu'il pense à les changer, tiens.
– Je pense que oui. C'est juste… Je n'avais même pas envisagé la nécromancie c'est…
– Quoi ? Il risque quelque chose ? Demanda Yohji, vert d'inquiétude.
– A part nous claquer entre les pattes, nan, pas plus que d'habitude, persiffla Ken en croisant les bras.
Yohji lui jeta un regard assassin et le brun se contenta de hausser les épaules, ne ratant pas le demi-sourire en coin que Farf ne dissimulait même pas.
– T'es con ou quoi ?
– Et tes questions elles sont pas cons ?
– Aheeeeeeem !
Omi venait de se racler bruyamment la gorge.
– Et donc ? Dit-il, s'adressant à Brad sans ciller sous les yeux ronds de ses deux Weiss de coéquipiers.
C'était une discussion sérieuse, pas la peine de se laisser distraire.
– En fait, c'est très rare. Pas courant du tout.
– Y a des pouvoirs plus courants que d'autres ?
– Hm… On a toujours supposé que ça tenait à la génétique mais il se peut fort que ce soit aussi environnemental. La nécromancie est assez rare, un peu comme la téléportation par exemple.
– Pour le coup, ça, ça doit être utile.
– C'est très recherché, admit Brad en échangeant un regard avec Schu qui enchaîna :
– C'est vrai, ils pensaient que j'avais la téléportation mais en fait, je bouge juste très vite. Il parait que les téléporteurs commencent comme ça en général.
Il haussa les épaules.
– Bref. Tout ça pour dire que la nécromancie, non seulement c'est hautement chelou mais en plus on n'y connait pas grand-chose. On n'a pas été en contact avec des nécromanciens avant.
– Donc ça aussi c'est nouveau pour vous ?
– En dehors du fait qu'on vous a injecté des pouvoirs, ouais.
– Ah, ils auraient pas pu faire simple, j'te jure ! Plaisanta Ken pendant que Nagi pouffait de rire.
– Bof, même simple, c'est pas une réussite.
– Hey ! J'ai rien cassé cette semaine.
– Et la vaisselle d'hier ?
– J'avais pas envie d'la faire.
Fou rire dans la salle. Loulou choisi cet instant précis pour venir se rouler avec une délectation évidente sur les pieds nus de Schuldig qui glapit comme une donzelle.
– Arrière sac à puces !
– Nan mais qu'est-ce qu'on va faire de ça ? S'amusa Nagi en regardant le télépathe se disputer avec l'animal[S4] .
– Un méchoui ! Hurla le principal intéressé qui commençait à développer une allergie aux poils sur ses petits petons.
Le chien évita de justesse d'être rôti à la broche par l'intervention quasi divine de Farfarello qui l'emmena à l'extérieur pour un jeu au ballon bien mérité. Schuldig se mit donc à bouder.
– Vas-y j'en ai TROP marre… Déjà qu'y faut que j'parte demain, c'est trop pas juste.
Yohji l'enlaça avec affection, profitant de l'accalmie pour se serrer contre lui, ravi de sentir l'autre jeune homme s'appuyer dans son étreinte.
– Fais pas la tête mon ange, on te gardera une place au chaud ! Pis tu nous diras comment va Aya, du coup.
Les yeux exaspérés de Brad quittèrent son journal (qui avait fait une apparition aussi brusque que soudaine entre ses mains) pour le plafond.
– Il va trèèès bien.
– Bah excuse-nous de pas te croire sur parole, hein !
– Oui, c'est pas comme s'il s'était ouvert les veines la dernière fois qu'il allait bien.
– Keeeen !
– Bah quoi ? Ouuuuuuf !
Le sale gosse reçut un coussin en pleine face pour sa peine pendant qu'Omi ricanait dans sa main.
– T'vas voir toi zombie queen !
– Heyyyyyyyy !
Plusieurs coussins et autres chaussons volèrent un moment, Nagi y mettant bien évidemment du sien sans aucune discrétion pendant que Yohji plongeait derrière un accoudoir après avoir lancé la première offensive. C'est qu'il opérait à couvert, le fourbe.
– MA TELEVISION ! S'égosillèrent Brad et Schu en chœur.
Omi leva les mains en signe d'innocence.
– J'suis une victime !
PAF !
– Dommage collatéral ! S'esclaffa Ken qui tomba du canapé en esquivant un plaid roulé en boule.
– Ah nom de DIEU ! CA VA CHIER DES BULLES ! Hurla le blondinet en se redressant pour balancer trois coussins qui firent mouche à chaque fois.
On était tireur d'élite ou on ne l'était pas, nan mais, même avec un bras dans le plâtre.
Couché au sol, sous la table où il avait rampé, Brad se remit à lire son journal avec un soupir à fendre l'âme. Elle était belle son équipe d'assassin surentraînés. Et Farf, dans tout ça ? Il lançait une baballe rose fluo à Loulou qui s'empressait de la lui rapporter.
N'importe quoi.
######
Yohji s'escrimait sur ses cheveux ondulés qui s'étaient emmêlés après sa douche. Il n'avait pas encore passé de tee-shirt et se baladait en pantalon noir dans la salle de bain qu'il partageait normalement avec Brad et Schu. Il n'arrivait pas à lisser ses cheveux aujourd'hui. Il tourna la tête, cherchant le lisseur qu'il partageait à l'occasion avec son compagnon aux longs cheveux roux. Il l'utilisait rarement, mais aujourd'hui particulièrement ça lui manquait et ses cheveux en pleine rébellion capillaire n'aidaient pas à lui faire oublier l'absence de ce petit objet parfois bien utile, qui faisait écho à celle de son amant.
Schuldig l'avait emmené pour les quelques jours qu'il passait avec Aya, là bas au bout du monde. Lui se sentait minablement seul, alors qu'il avait beaucoup de mal à admettre son attachement pour lui. Pour eux.
Soupirant, il posa son peigne et inspira profondément avant de repartir à l'assaut d'un nœud particulièrement récalcitrant. Une silhouette solide se découpa dans l'embrasure de la porte ouverte et il tourna la tête pour voir Brad qui l'observait, appuyé contre le chambranle, les bras croisés.
Il lui jeta un coup d'œil et continua son démêlage avec beaucoup de difficulté, s'arrachant quelques précieux fils d'or dans le processus. Brad entra et lui prit délicatement le peigne des mains.
– Je vais le faire. Assieds-toi, dit-il une voix douce.
– Ca va…
– Ca ne me dérange pas.
Yohji obtempéra finalement, laissant le soin de ses cheveux à Brad. La dernière personne à l'avoir coiffé… Non, il ne se souvenait même plus. Sans doute une de ses innombrables petites amies, un matin. Brad passa une main délicate dans sa chevelure dorée, localisant quelques écheveaux ardus à démêler.
– Tu fais ça bien, observa le blond avec un sourire en penchant légèrement la tête en arrière pour croiser son regard brun clair.
Ses yeux avaient une couleur brune très particulière oscillant entre le caramel fondu et l'ambre. Selon la lumière, ses iris pouvaient quasiment changer de couleur pour une teinte plus limpide, plus dorée, un peu comme du miel. Il ne se lassait pas d'admirer ses yeux clairs, parfois glacés, souvent ardents. Brad Crawford était une énigme à lui seul. Le jeune homme lui remit délicatement la tête en place avec un sourire.
– Je m'occupais souvent de ceux de Schuldig. Ne bouge pas.
– Tu ne le fais plus ?
– Il dit qu'il est trop vieux pour être coiffé comme une poupée.
Amusé, Yohji sentit sur ses lèvres frémir un sourire. Oui, c'était bien son genre.
– Mais je suis sûr qu'il adorait ça.
– Oh, il adore ça. Tu as remarqué comme il roucoule dès qu'on lui tripote les cheveux ? Il a beau dire, chassez le naturel…
– Oui. Dis…
– Hm ? Fit Crawford en continuant de peigner ses cheveux humides.
– On peut passer la soirée ensemble ?
Il sentit Brad s'immobiliser. Risquant un coup d'œil par-dessus son épaule, Yohji le vit retirer ses éternelles lunettes qu'il posa sur le rebord du lavabo. Puis Brad fit le tour pour s'agenouiller devant lui. Yohji retint son souffle sans même s'en rendre compte, à la fois saisi par la grâce habituelle de ses mouvements et par son regard qui avait viré glacial. L'Américain posa une main sur son genou et leva les yeux vers lui.
– Tu n'as toujours pas compris ?
– Quoi ?
Sa voix n'était plus qu'un souffle, s'étranglant dans sa gorge. Il craignait de l'avoir mis en colère. Pas dessus-tout, il ne voulait surtout pas que Brad lui en veuille.
– Yohji.
La voix profonde de Brad résonna dans la salle d'eau, lui volant toute réplique.
– Ne te coupe pas de nous. De moi.
– De quoi tu parles ?
– Ne me fais pas ça, Yohji. Ne fais pas semblant de ne pas comprendre.
– Je fais pas semblant… Je comprends pas.
– Schuldig t'aime. Il ne veut pas te voir partir.
– Mais il n'est pas là.
La voix du blond sembla teintée d'amertume, peut-être même de reproche, nota Brad en étouffant un soupir. Il savait que cette conversation surviendrait un jour, mais il n'avait pas prévu que ce soit aujourd'hui.
– Moi je suis là.
– Je sais. C'est juste…
– Je tiens à toi, déclara précipitamment Crawford en plantant son regard dans le sien.
Yohji fit une chose qu'il n'aurait quasiment plus pensée possible pour lui : il rougit avec toute la sincérité que pouvait provoquer chez lui l'aveu de Brad Crawford.
– Qu-quoi ?
Brad se redressa, approchant son visage du sien comme pour l'embrasser, sans pour autant parcourir la distance infime qui les séparait.
– Je tiens à toi, murmura t-il à nouveau avant de prendre possession de ses lèvres.
Les bras de Yohji se refermèrent sur lui avec passion pendant que les mains assurées de Brad remontait le long de sa colonne vertébrale, parcourant son dos nu avec délices. Leur baiser se fit plus ardent, plus pressant. Yohji se serra contre lui en oubliant toute retenue, poussé par son désir pour l'autre homme. Il en avait trop besoin, il avait besoin de ces étreintes solides, de ses baisers brûlants et des fervents mots tendres qu'il pouvait lui chuchoter à l'oreille pendant l'amour. Brad planta un autre baiser passionné sur ses lèvres délicieuses avant de lui dire à l'oreille :
– J'ai envie de toi.
– Ici ?
– Ici, tout de suite, gronda sourdement la voix de Brad.
Un gémissement de plaisir luit fit écho. Il adorait les sons que Yohji pouvait faire quand il s'oubliait dans ses bras.
– Mais Schu…
– Schu ne dira rien, répondit l'aîné entre deux baisers avides sur son cou, incapable de penser à autre chose qu'à Yohji serré contre lui, à moitié nu et prêt à s'offrir à lui.
Il dévorait sa peau, goûtait ses courbes sans retenue, profitant de la surprise que son aveu avait provoqué pour faire tomber les barrières que Yohji s'acharnait à maintenir entre eux depuis trop longtemps. Il ne supportait pas de le voir s'arracher à eux dès l'aube, incapable d'assumer ses propres sentiments. Il ne supportait pas de voir le regard d'un bleu infiniment triste de Schuldig au réveil lorsqu'il s'apercevait que Yohji avait filé en douce. Il ne supportait plus de le voir jouer les électrons libres, trop apeuré de s'attacher à nouveau, de devoir aimer, et pourtant souffrant de cet isolement qu'il s'imposait comme une punition. Car tout le problème était là. Il ne voulait surtout pas avoir à revivre une séparation, quelle qu'elle soit.
Il pensa vaguement que Ran partageait le même handicap émotionnel, incapable d'accepter de s'attacher à quelqu'un, paralysé par la peur que cette personne ne lui soit arrachée. Les Weiss avaient leurs propres démons, il l'avait toujours su. Mais jusqu'à leur agression, il n'avait pas pris conscience que ces quatre jeunes hommes avaient tous terriblement souffert de leur vie, malgré leur position de « justiciers », contrairement à eux qui avaient fait le choix de vivre dans l'ombre en se salissant plus souvent les mains qu'à leur tour.
Un gémissement de plaisir résonna dans la salle de bain et il retourna à son occupation principale : Yohji. Yohji qui se tortillait de plaisir sous ses caresses implacables et qui ne demandait qu'à être possédé. Enfin, il ne le suppliait pas encore, mais ça allait venir.
Il adorait faire tomber une à une les inhibitions du grand blond, toujours réticent à se dévoiler devant eux, incapable d'abandonner son contrôle. Pour l'heure, il le força plus ou moins à se lever, l'emprisonnant efficacement dans ses bras sans délaisser ses lèvres une seule seconde. Les caresses enflammées se faisaient frénétiques, Yohji goûtait sa bouche et son corps sans plus pouvoir freiner ses ardeurs, faisant tomber sur le cou et les épaules du brun une pluie de baisers insatiables. Il savait en son for intérieur qu'il était en train de perdre le contrôle, de se laisser aller et il ne se l'autorisait pas normalement.
Mais c'était Brad qui le serrait contre lui avec passion et il ne pouvait pas lui résister, il le savait. Et Brad en profitait souvent, mais de façon bien moins éhontée que Schuldig. Yohji sentit son dos nu heurter sans ménagement un mur. Brad en profita pour saisir ses poignets et les remonter au-dessus de sa tête par pur jeu de domination, se délectant du goût de ses lèvres délicieuses. Yohji gémit dans sa bouche sans aucune retenue, incapable de retenir ses exclamations de plaisir. Il se rendit vaguement compte que la porte de la salle de bain était grande ouverte mais décida qu'il s'en fichait. Même Brad ne semblait pas s'en soucier.
Les mains chaudes et habiles de Brad libérèrent ses poignets, redescendant le long de ses bras nus pour caresser son corps avec sensualité. Yohji le laissa s'arracher à ses lèvres avec un soupir, sentant les baisers de Brad suivre le même chemin que ses mains qui ne se lassaient pas de redécouvrir les courbes de son corps. Lorsque ses mains impatientes arrivèrent sur les hanches étroites de Yohji, il dégrafa avec aisance le haut du pantalon, libérant son membre tendu par l'excitation, provoquant un murmure chez le blond. Il prit sa virilité en bouche, arrachant un cri de pur plaisir à son amant qui enfouit ses mains dans sa chevelure de jais, emmêlant ses doigts dans les mèches sombres de Brad.
Ce dernier continua ses petites attentions, provoquant chez son partenaire une ivresse de désirs qu'il peinait à contenir. Il faisait glisser ses lèvres avec volupté sur la hampe de chair et Yohji gémit un peu plus fort en se perdant dans les sensations que Brad lui offrait. Le brun s'amusa de ses réactions, décidant de profiter le plus longuement possible de cette situation très excitante, jusqu'à ce que son partenaire ne l'interrompe d'une voix enrouée de désir.
– Brad, s'il te plait ! Commença Yohji sans pouvoir finir sa phrase.
Conscient que le jeune homme ne supporterait plus très longtemps un tel niveau de torture, Brad se redressa, ses mains expérimentées remplaçant ses baisers sur la virilité de Yohji qui s'empressa de s'emparer de ses lèvres pour explorer l'intérieur de sa bouche. Brad attrapa quelque chose dans un tiroir et Yohji reconnut un tube de lubrifiant intime. Le genre dont ils avaient tous les trois un exemplaire dans le tiroir de leur table de nuit. Brad enroula un bras autour de sa taille mince pour le serrer un peu plus contre lui et Yohji sentit son amant insinuer lentement un doigt en lui, le préparant avec attention pour ne pas lui faire de mal malgré son excitation.
– Dépêche-toi ! Supplia le grand blond en s'accrochant à ses épaules.
– Patience…
Yohji décida de passer le temps en mordillant le lobe de son oreille, provoquant chez Brad quelques frissons très intéressants. Finalement, Brad décida qu'il était prêt, planta un baiser brûlant de désir sur ses lèvres charnues et lui dédia un sourire qui trahissait toute son envie pour lui. Puis il attrapa ses épaules et le fit pivoter pour qu'il soit face au mur, se préparant à le posséder enfin. Il le pénétra avec douceur malgré son désir impérieux, mû par le besoin de ne surtout pas le blesser. Il procédait toujours de cette façon avec son autre amant par habitude, car Schuldig ne pouvait pas toujours assumer ses propres désirs. Yohji poussa un gémissement de plaisir, ses mains se crispant sur le mur sans rien trouver à quoi se raccrocher. Il rejeta la tête en arrière et ferma les yeux pour se noyer dans les sensations que lui procurait son amant. Brad lui fit écho avant de s'immobiliser un instant, lui laissant le temps de s'habituer à sa présence.
– Yohji, ça va ?
– Oui… Continue ! Ordonna Yohji en griffant le mur devant lui.
Brad ne fut que trop heureux de lui obéir, commença à se mouvoir en lui avec de lents va-et-vient. Ils commencèrent tous les deux à s'oublier quand la première vague de plaisir les submergea, jusqu'à ce que Yohji tourne légèrement la tête, prenant conscience que la porte de la salle de bain était grande ouverte, donnant sur le premier étage et qu'ils faisaient l'amour au vu et au su de tous les autres habitants de la maison. S'arrachant au brouillard de plaisir qui paralysait son esprit, il balbutia :
– Brad… Brad !
– Quoi ? Grogna l'interpellé bien trop occupé à marquer le creux de son cou d'un suçon bien placé.
– La porte…
– Je m'en fiche, répondit Brad en gratifiant le jeune homme d'un coup de rein particulièrement puissant qui leur arracha à tous les deux un cri d'extase.
Que cette fichue porte aille au diable ! Yohji gémissait de plaisir sans aucune retenue à présent et Brad lui faisait écho sans accorder aucune importance au fait que les autres les entendent. Ils se perdirent tous les deux dans les sensations, oubliant l'endroit où ils étaient, oubliant que n'importe qui pouvait les voir partager cette étreinte passionnée. Brad se pencha pour lui embrasser la nuque, le cou, remontant jusqu'à son oreille où son souffle sur sa peau humide provoqua chez son amant un spasme de plaisir indescriptible.
Lorsque Brad s'empara de son érection presque douloureuse, Yohji, haletant, se mit à appeler son nom sans plus pouvoir s'arrêter. Leurs corps évoluaient à l'unisson, frémissant à la moindre caresse, au plus petit effleurement. Une vague de pur plaisir déferla sur eux, les emportant vers l'extase dans un cri rauque qui résonna dans la pièce. Ils restèrent debout, essoufflés et serrés l'un contre l'autre, jusqu'à ce que les jambes de Yohji ne l'abandonnent petit à petit et ils se retrouvèrent assis sur le sol froid, éclatant de rire au contraste du carrelage glacé avec leur chair brûlante. Brad l'attira à lui pour l'étreindre avec chaleur, se refusant à le laisser filer, bien décidé à profiter du moment[S5] .
– Wow…
– Comme tu dis, murmura le brun avec un petit sourire en déposant un baiser sur son front, puis sur ses lèvres.
Yohji lui rendit son baiser avec tendresse avant de prendre la parole :
– Ah ben je comprends pourquoi Schu ne voulait plus que tu le coiffes si ça finissait chaque fois comme ça. Je suis sur les rotules, tu m'as achevé…
Brad éclata d'un rire sonore et riche qui le fit frissonner.
– Qui a dit que c'était terminé ?
– Quoi t'as encore de l'énergie en rab ?
– J'ai même plus que ça, sourit Brad en l'entraînant vers la douche, fermant au passage la porte de la salle de bain.
Ils partagèrent de nouvelles étreintes passionnées sous le jet d'eau brûlante et Yohji retomba[S6] finalement dans les bras de Brad avec un petit rire.
– Okay… Je rends les armes, tu as gagné. Si on continue, je te jure que je tombe dans les pommes.
Ce fut au tour de Brad d'éclater de rire, serrant le corps nu et trempé de son amant contre lui.
– Je t'ai connu plus endurant.
– Désolé, au bout de trois heures, j'ai tendance à faiblir, s'amusa Yohji en profitant pleinement de s'appuyer sur lui pour rester debout.
– Seigneur, un être humain normal ? Ca existe ? Plaisanta le brun avec un petit rire.
– Oui Môssieur, ça existe. Normal et carrément canon.
– Ca va les chevilles ?
Yohji jeta un petit coup d'œil à ses pieds.
– Sublimes, comme toujours.
– Je vois. Dis-moi, vu l'heure… Ca te dirait que je t'emmène dîner ?
Sincèrement étonné, Yohji se mit à balbutier, sentant la chaleur lui monter au visage.
– Et bien… Oui, oui d'accord mais…
– Mais quoi ? Susurra Brad en se penchant pour embrasser sa gorge, s'attachant à marquer sa peau d'un autre suçon.
– Oh… Les gamins… On les… Ah ! Laisse seuls ?
– Hm mh ! Acquiesça Brad en se redressant non sans lui avoir mordillé au passage le lobe de l'oreille juste pour l'entendre gémir à nouveau.
– Brad c'est de la triche !
– J'adore tricher, rétorqua l'aîné en le serrant un peu plus contre lui.
– C'est mal !
– Et tu adores que je triche…
Chose qui n'était pas tout à fait fausse, songea Yohji en s'abandonnant encore un peu aux bras de son amant. Ils finirent par sortir de la douche entre deux baisers langoureux, se séparant le temps de passer des vêtements propres. Avant de quitter la salle de bain, Yohji se retourna vers Brad qui remettait de l'ordre dans ses cheveux d'ébène.
– Merci Brad.
Brad lui jeta un petit coup d'œil étonné.
– Pour quoi ça ?
– Pour tout.
– Mais ce fut un plaisir, s'amusa le brun avec un sourire charmeur avant de le rejoindre dans le couloir.
– Tu es sûr qu'on peut laisser les autres, s'inquiéta Yohji alors qu'ils descendaient les escaliers.
– Ce sont des assassins professionnels, n'oublie pas.
– Ce n'est pas ce que je voulais dire.
Il voulait savoir s'il était bien sans danger de laisser les quatre plus jeunes membres du groupe seuls à la maison, sachant qu'Omi était alité, Ken dans un état qui n'était guère meilleur et que Farfarello pouvait péter un plomb à tout moment. Ne restait que Nagi comme personne absolument fiable en cas de problème, malgré ses angoisses perpétuelles. En temps normal, il ne se serait jamais posé la question de savoir s'il pouvait laisser Ken et Omi seuls à la maison pendant une soirée, même séparément. Mais les pouvoirs psychiques avaient changé la donne et ils étaient affaiblis, et Farfarello n'était pas la personne à qui il aurait d'emblée confié leur garde.
– Je sais. Ca ira, crois-moi.
Yohji acquiesça, sachant qu'il pouvait lui faire toute confiance. Ils localisèrent rapidement Ken semblait être en passe de piquer du nez sur le canapé au salon. Omi dormait déjà profondément, appuyé sur son épaule. Nagi et Farfarello n'étaient pas dans les environs, aussi il décida de prévenir son équipier encore éveillé.
– Kenken.
– Hm ?
– Brad et moi nous sortons. Ca ira ?
– Pas de problèmes, répondit le cadet avec un sourire entendu qui le fit rougir.
Okay, tout le monde les avait grillés sur ce coup là… Il espérait juste qu'Omi n'avait rien entendu.
– Tu n'hésites pas à m'appeler s'il y a quoi que ce soit ?
– Ca ira Yohtan, t'inquiète pas. Farf et Nagi sont dehors avec Loulou si vous les cherchez.
– Okay. Bonne soirée. Ne passez pas la nuit dans le salon.
– Oui, oui. Allez du vent, Crawford t'attend !
Yohji s'exécuta avec un sourire, non sans avoir ébouriffé les cheveux sombres de son cadet au passage, ce qui lui valut un petit grognement. Omi n'avait pas bougé d'un cil, se contentant de se serrer un peu plus contre son ami en murmurant. Ken passa sa main dans ses cheveux pour le calmer plus par réflexe que par réel besoin. Brad attendait Yohji près de la porte d'entrée et ils sortirent côte à côte. Loulou se rua aussitôt vers eux, courant autour d'eux en cercle.
– Du calme, du calme, lança Crawford. Où est ton maître ?
– Juste là, répondit Yohji en désignant Nagi au loin qui courait vers eux pour rejoindre son chien.
Farfarello suivait, marchant calmement derrière mais à grandes enjambées et ils eurent tôt fait d'être rejoints par les deux cadets des Schwarz.
– Vous sortez ? Demanda Nagi en détaillant rapidement les deux hommes habillés de façon simple mais élégante.
– Oui, on passe la soirée dehors, répondit Yohji avec un sourire.
Nagi lui rendit un sourire énorme, sous-entendant qu'il savait parfaitement ce qu'il s'était passé au premier étage dans la salle de bain.
– On reste joignables, expliqua Crawford en ignorant leurs airs plein d'espièglerie. Recommandations d'usage, vous faites le tour de la propriété, vous verrouillez les issues et vous gardez…
– Oui oui, téléphones et bazookas à portée de main, ça va, je sais, coupa Nagi en caressant la tête noire de Loulou qui s'appuya sur la jambe de son maître pour plus de confort.
– Nagi, je compte sur toi.
– Ca ira, répondit l'adolescent avec un sourire.
Il allait mieux depuis que Loulou avait trouvé sa place au sein de la maison. La présence du grand chien l'avait rassuré et lui avait permis de reprendre peu à peu le dessus. Farfarello avait enregistré la conversation sans y participer, comme souvent.
– Pour toi Farf, ça ira ? Demanda Brad en connaissant par avance la réponse.
L'Irlandais se contenta de hocher la tête pour donner son assentiment, comprenant qu'il allait devoir assurer la sécurité de la propriété et de ses habitants seul ce soir. Ca ne le gênait pas outre mesure car il s'occupait généralement de sécuriser la partie extérieure du domaine à la tombée du jour, Crawford vérifiant toujours deux fois les issues lui aussi. D'autant que l'arrivée de Loulou avait également facilité leur travail en la matière car le chien, en plus d'être de très agréable compagnie pour Nagi et les autres, était également un farouche gardien dressé à l'attaque. Etonnant pour un chien avec un nom aussi débile, songea finalement Brad avant de quitter la propriété au bras de Yohji.
Notes : Pfiou, chap' 20.
Je m'épate de la longueur de cette fic. J'aurai jamais cru arriver jusque là et quand j'ouvre le dossier contenant tous mes bouts de fics encore en stock, je me dis avec désespoir que ce roman-fleuve n'aura jamais de fin…
J'décoooonne (bis repetita…) ! La fin est écrite depuis… Ouh là, 2010, c'est dire ah ah. Vous en saurez plus si j'arrive à la poster un jour quoi.
Merci pour tous vos p'tits mots d'encouragement ! C'est quand même grâce à vous qu'on en est là !
Commentaires :
[S1] J'ai failli changer pour faire dans le gore et lui mettre la flèche dans l'œil mais j'me suis dit que c'était un peu abusé. En plus, c'est le genre de truc qui me révulse carrément.
[S2] Des fois je me dis que j'abuse un peu sur la clownitude de Schu mais il m'en fallait un et il est idéal pour ça.
[S3] Steve Rogers ne s'abaisserait pas à ça, voyons.
[S4] Oui, ça aussi, c'est du vécu. Je me crêpe régulièrement le chignon avec mes bestiaux, j'aime bien.
[S5] Je sais pas vous, mais parfois je relis ce genre de passage eeerm… osé, et je m'étonne carrément d'avoir écrit ça. Toute seule. Je crois que je souffre d'un désordre de la personnalité. D'un gros bordel, même.
[S6] Ouais, il devait être collé au plafond, va… Gravité ah ah ! Okay, je sors.
