Bonsoir ! Me voila de retour avec la suite.
Et dans les temps, cette fois ! :D

Encore un chapitre "posé", il n'y a pas trop trop d'action.
Mais il y en aura assez dans les chapitres à venir, je pense.

Bref, bonne lecture !


Chapitre 3

Isolation, affection et chansons

Voilà trois jours que nous voyagions, et je dois dire que passer des journées à poney était plus fatiguant que ce que je pensait.
Nous ne nous arrêtions que pour manger, et encore, pas toujours.

Nous venions de nous arrêter pour la nuit, et après avoir attaché Dragibus (mon poney... Oui, c'est bon, j'avais faim quand je l'ai nommé, et alors ? C'est mignon !...), je m'étais un peu éloignée du camp et avais grimpée dans un arbre pour être tranquille.

Oui, je monte aux arbres, c'est sympa. Je m'y sent bien, je me sent grande. Mais étrangement, ça m'aide aussi à me rendre compte à quel point nous sommes minuscules dans le monde. C'est contradictoire avec mon idée précédente, hein ? Mais c'est moi, je suis comme ça, pleine d'ironie et de contradictions...

Une fois assez haut, je m'assis sur la branche, assez loin du tronc mais pas assez pour qu'elle ne casse, mes jambes se balançant dans le vide.
Alors, je levais les yeux au ciel et observais les premières étoiles de la nuit percer dans l'obscurité.

Demain, j'aurais seize ans... Un jour spécial que je vivrais dans un monde spécial. Chez moi, j'aurais fait la fête. Oh, pas une de ces fêtes de « populaires », où il y a tellement de monde et de bruit qu'on ne s'entend plus penser. Je n'aime pas ces gens, ce sont des hypocrites, ils sont faux. Non, j'aurais fais une fête avec mes amis, ma 2eme famille, une dizaine de personnes , mais ça aurait été génial.

Je prenais mon sac sur mes genoux et l'ouvrais, inspectant son contenu; cahiers et livres de maths, d'histoire et de musique, trousse, carnet à notes/dessins/gribouillis..., portefeuille, le livre Le Hobbit, mes clefs, et des bouts de papier, emballages, bonbons... et autres cochonneries du même style. Je sortis mon carnet et l'ouvrais à la première page, prenant entre mes doigts la feuille de papier glacé. C'était un photo. Ma photo préférée de tout les temps. Elle datait de l'été dernier, et représentait mes meilleurs amis et moi. Neuf personnes, neuf vies différentes, se dirigeant dans des directions opposée, mais toutes liées à jamais... Oui, il m'arrive d'être poétique.

Je rapprochais le papier de mon visage, détaillant chacune des personnes, un sourire mélancolique aux lèvres. Oui, ils me manquaient vraiment beaucoup. Bien sûr, la Terre-du-Milieu était géniale, et j'avais rencontré des gens formidables ! Mais, au fond, mon monde me manquerais toujours un peu...

Le vent soufflais dans les arbres, me faisant frissonner. C'était dans ces moments là que je regrettais d'avoir perdu ma valise.

Les nuits étaient de plus en plus froides. Et maintenant, même la vieille cape et la couverture que les nains m'avaient prêtés ne suffisaient pas à me réchauffer suffisamment. Je regrettais mes confortables pulls en laine, et mes sweats chauds.

Soudain, sans raison valable, une larme roula le long de ma joue, puis alla s'écraser sur ma chemise à carreaux, alors que j'essayais de retenir les sanglots que j'avais dans la gorge.

Je me mis alors à pleurer silencieusement. Le stress était trop grand, le chamboulement trop important. J'étais obligée de craquer, je m'étais trop contenue. Et je préférais le faire en haut de cet arbre plutôt qu'en bas, devant tout le monde.

Après quelques instants, j'essuyais mes larmes et sortis mon portable. Je n'avais aucun réseau, bien sûr, mais je pouvais toujours écouter de la musique. Je sortis mes écouteurs de ma poche, et me les mis aux oreilles. Puis je choisissais une chanson, et appuyais sur « play ».

Burning in the skies, de Linkin Park. Je me mis à fredonner, j'aimais beaucoup cette chanson. Mes mains frappaient en rythme sur mes cuisses, claquant contre le jean noir, tandis que mon pieds gauche battait la mesure dans le vide.

« - I'm swimming in the smoke.
Of bridges I have burned.
So don't apologize.
I'm losing what I don't deserve... » Mimais-je du bout des lèvres, fermant les yeux...

La chanson se termina, et une suivante allais commencer, lorsque je sentis une présence à côté de moi. Je tournais vivement la tête, pour voir Fíli accroupis sur ma branche, me regardant avec curiosité, et étonnement.

Je retirais mon écouteur droit pour pouvoir lui parler.

« - Fíli ? Demandais-je. Non, c'est le pape... Mais quelle débile ! Sans blague, bien sûr que c'est Fíli.

- Maëra... Puis-je te demander quelques petites choses ? Murmura-t-il, en me scrutant toujours du regard. C'était assez déconcertant, à vrai dire...

- Euh, oui... qu'y a-t-il ?

- Que fais-tu dans un arbre ? Lâcha-t-il d'abord. J'eus bien du mal à ne pas rire devant l'étrangeté de la question.

- … Et bien, ça m'aide à réfléchir, à m'isoler un peu du monde.

- Huhum... Acquiesça-t-il. Et je peux savoir, c'était quoi le truc qui sortait de ton oreille il y a pas cinq minutes ?

Oh... Les choses sérieuses commencent... Comment lui expliquer sans en dire trop sur mon monde ?...

- En fait, d'où je viens, les hommes ont fait de très grandes avancées en inventions, et ont découvert beaucoup de choses... Ils ont inventés ceci. Dis-je en sortant mon précieux portable de ma poche. Ça sert à beaucoup de choses... Et, disons qu'ils ont aussi un peu utilisé la magie, mais ils ont réussi à mettre de la musique dans ce petit truc. Pour en écouter partout. Et le fil que voici, désignais-je mon écouteur, sert à amener la musique uniquement dans les oreilles, si on ne veux pas déranger les gens autour de nous. Expliquais-je.

- … Sérieusement ? Parvint-il à dire, les yeux gros comme des soucoupes.

- Tu ne me croies pas ? » Demandais-je, le défiant du regard.

Il ne répondis rien... Je pris alors mon portable, et appuyais sur une chanson au hasard, débranchant bien sûr les écouteurs. Et j'aurais tout donné pour le revoir sursauter et flipper comme il le fit lorsque les premières notes de Starlight, de Muse, parvinrent à ses oreilles.

« - Mais, comment... ?! S'exclama-t-il, alors que je riais franchement.

- Ne me demandes pas, je n'en ai aucune idée ! Lui répondis-je, en levant les bras.

Sortit de son étonnement, il m'adressa un sourire et s'assit franchement à côté de moi.

Nous passâmes les minutes (ou heures) qui suivirent à discuter de tout et de rien, sur fond des Beatles, Green Day et Led Zeppelin... Toute ma playlist y passa. Et lorsque nous regagnâmes enfin la terre ferme, presque tout le monde dormait. Fíli s'étonna que le temps passe si vite, et après m'avoir planté un baiser sonore sur la joue et m'avoir souhaité bonne nuit, il alla rejoindre son frère de l'autre côté du camp.

Quand à moi, je repris ma place à côté de Bilbo. Oui, je préférais dormir côté du hobbit, les nains ayant une idée très particulière de l'hygiène (ils prennent à peu près trois douches par ans, en comptant leur anniversaire...)

Je m'endormis rapidement, et fis un rêve dans lequel c'était la fête, les nains dansaient et riaient. Et puis Thorïn montait sur la table et avec une guitare électrique sortie de nul part, et il s'était mit à faire du Rock. Puis était arrivé Gandalf, déguisé en Nyan Cat, il avait sauté sur le roi nain, en miaulant, ce qui avais cassé la table. Et Thranduil avait débarqué sur son beau cerf, mais Bombur avait tué le cerf, et l'avait fait cuire au barbecue. Thranduil avait pleuré, et, pris de pitié, Thorïn lui avait offert un écureuil sur lequel le roi des elfes était repartit, sautant d'arbre en arbre. Puis les muffins sortis du four (… Un four... en Terre-Du-Milieu !), s'étaient mis à chanter « pirouette cacahuète » pendant que Bofur, Bilbo, Fíli et Kíli faisaient un concours de bruits d'animaux, que Bofur gagna, avec sa magnifique imitation du cochon qu'on égorge*... Un rêve très intéressant, en somme...

Ma première pensée lorsque j'ouvris les yeux, fut qu'en ce jour, j'étais plus vieille d'un an. Je me sentais... et bah, normale, quoi ! Il n'y avait aucune différence avec les autres jours, et si je ne savait pas que c'était aujourd'hui mon anniversaire, je ne me rendrais pas compte que quelque chose avait changé...

Vu la position du soleil, il devait être dans les environs de neuf heures. Et les nains s'affairaient déjà autour du camp.

J'eus à peine le temps de me mettre debout que, rapides comme l'éclair, Fíli et Kíli me traînèrent de l'autre côté du campement. Les autres s'arrêtèrent dans leurs activités et vinrent se regrouper autour de nous.

Interloquée, je les regardais tous à tour de rôle, essayant de comprendre. Puis, enfin, Gandalf s'approcha et de moi, et avec un sourire, me tendis un paquet mal emballé dans un vieux tissu.

Je commençais à comprendre...

« - Joyeux anniversaire Maëra, nous somme vraiment navrés que vous ne puissiez le passer chez vous. Mais nous tenions à vous offrir quelque chose. C'est de notre part à tous, bien que ce soit principalement Ori et Bilbo qui l'aient fait, nous avons aidé comme nous pouvions. » Me dit le magicien avec un sourire.

Je me sentais bizarre... Je m'étais attendue à tout sauf à ça... Un cadeau ! Je pensais avoir quelques « joyeux anniversaire », de la part des personnes avec qui je m'entendais le mieux (comme Bilbo, Kíli et Fíli, Bofur...), mais avoir un cadeau, de personnes que je ne côtoyais que depuis 3 jours... J'avais envie de rire et pleurer en même temps... Alors je choisis simplement d'ouvrir le paquet

C'était une cape, munie d'un capuchon. Elle était belle, rouge bordeaux , ma couleur préférée, et l'intérieur, ainsi que la capuche, était gris. C'était du beau travail. Et je me demandait où ils avaient trouvés le matériel pour faire quelque chose comme ça. La cape s'attachait avec un bouton de cuivre, qui me disait quelque chose... Avec un coup d'œil vers la veste du hobbit, je notais qu'il avait sacrifié un de ses beaux boutons pour moi... Mais le pire, c'est que j'étais justement en train de me plaindre du froid la veille...

Ne sachant comment exprimer ma joie, je les pris tous dans mes bras, ne cessant de répéter « merci, merci, merci... », puis je me dépêchais de revêtir ma nouvelle cape. Elle était géniale ! Confortable, chaude, pas trop lourde à porter. Je m'y sentais tout à fait à l'aise. Avec un grand sourire, je partis manger, me préparant pour cette journée, qui s'annonçait intéressante...

Alors que les nains se préparaient à partir, et rangeaient les dernières choses, je m'occupais de Dragibus.

« - Petit poney, petit poney, tu est tout gris et tout petit, petit poney... Tu gambades dans les prés sans te soucier du temps qui passe, petit poney... »... Je n'arrivais pas à me sortir ce truc de la tête, alors je chantais, automatiquement.

Je ne cessait de chanter, en boucle, même une fois que nous prîmes la route. Et c'est limite si j'entendis la discussion en Gandalf et Bilbo, un peu derrière moi;

« - Elle est vraiment pleine de joie de vivre. On dirait un rayon de soleil. Soufflait le semi-homme. - Oooooh, so cuuute ce petit bonhomme ! -

- Oui, elle ne se laisse pas démoraliser. Et je me demande si il se passe un instant sans qu'elle n'ait le sourire... Répondis Gandalf. Si seulement il m'avait vu la veille, il ne dirait pas la même chose.

- Oui, elle est d'une aide pour la compagnie. Elle a vraiment un don pour remonter le moral... Confia Bilbo.

- Il semblerait, oui... Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai le sentiment que cette petite va nous être d'une grande aide durant ce voyage... J'ai comme l'impression que le moment venu, elle saura briser son image de jeune fille insouciante, et nous montrer ce qu'elle vaut vraiment à l'intérieur... Tout en bravoure et en courage, je n'en doute pas... » Conclut Gandalf.

Et bien, apparemment, Gandalf plaçait bien plus d'espoir en moi, que je n'en plaçais moi même. J'espérais juste qu'il ne me surestimait pas. Je ne voulais surtout pas le décevoir. Surtout qu'en le décevant, je risquais de me décevoir moi-même...


Voila ! J'espère que t'a aimé :)

Encore, et toujours, désolée pour les fautes.

* Pour l'histoire du cochon qu'on égorge... Et bah, en fait, c'est juste parce que l'été dernier, je suis allée en Bretagne (j'aime beaucoup), et genre, il arrivait, que des fois, alors que j'étais occupée à rêver, observant les étoiles par la fenêtre de la chambre, j'entendais les cris des cochons qui se faisaient tuer, dans la ferme à côté... Assez traumatisant...
Breeeeeef, fin de la parenthèse "je raconte ma vie".

Bonne soirée, et à la semaine prochaine pour la suite !