Bonjour/Bonsoir !

Merci à ritournelle, guest, Yamakii, Dahlia Detrea et Miryn pour leurs reviews !

Disclaimer : Seul mon OC m'appartient, je laisse les rôdeurs où ils sont :)

Sur ce, bonne lecture !


To be a child, chapitre 2

Le sol semblait ne plus vouloir les porter, et les murs qui les avaient protégés durant ces quelques heures, aussi fragiles que du verre pendant que les morts venaient s'écraser dessus. Morgan gardait les mains en l'air, une grosse arbalète noire pointée vers lui.

« Mes félicitations, Rick Grimes ! T'as rameuté toute cette bande de connards ici !

-Le gosse, tu la boucles ! » tonna Daryl.

La tension était à son comble et les grognements dehors n'arrangeaient pas le tout. Morgan offrit à l'archer un sourire sardonique.

« Alors, c'est quoi le plan ? Tu vas me descendre ?

-Ta gueule !

-Prenez les membres de votre groupe et cassez-vous de là ! Y a déjà assez de bordel ! »

Carl prit Judith dans ses bras et partit se mettre derrière le comptoir de l'épicerie en voyant la situation s'envenimer. Rick avait toujours la main sur son pistolet, et l'adolescent commençait à prendre ça comme un avertissement. Plutôt une menace. Le shérif avait les sourcils froncés.

« Morgan Lahey, c'est ça ? Tu vas venir avec nous Morgan. On a quelques questions à te poser.

-Mais t'es sourd en plus ? Prends tes enfants et dégage !

-Et on te laisse aux rôdeurs ? Excellente idée.

-Je m'en occuperais facile !

-Ouais, bien sûr... »

Rick serra l'épaule du garçon et le planta face aux vitres fissurées de l'épicerie. Les planches de bois à l'extérieur n'allaient pas tarder à céder au groupe de cadavres.

« Tu sais comment quitter cette ville intact non ? J'en suis sûr. Sauf que si tu refuses de coopérer, on va vraiment devoir te descendre. » menaça le shérif, les yeux plantés dans ceux de Morgan.

Le blondinet toisa l'archer et posa les poings sur ses hanches.

« Bon, c'est pas comme si cet endroit me tenait à cœur t'façon... Mais tu dis à ton pote, le con là, qu'on fait à ma manière.

-Ça marche. »

Daryl baissa son arbalète en regardant Morgan de travers. Il le sentait pas ce gosse... L'archer passa derrière Rick.

« J'espère que tu lui fais confiance parce que moi, j'ai juste envie de lui refaire le portrait.

-On peut pas le laisser là Daryl. Les planches vont bientôt se casser et je te parle pas des vitres !

-Il a bien tenu seul jusqu'à maintenant, il l'a dit, il peut se débrouiller. »

Le shérif arqua un sourcil moqueur.

« Il ment. »

Les deux hommes regardèrent l'adolescent coincer sa machette entre sa ceinture et son pantalon. Il avait un physique assez sportif mais restait un peu maigre, comme beaucoup des garçons dans cette tranche d'âge, et avait un visage qui passait facilement de l'innocence à l'agressivité. Son nez droit était légèrement retroussé et ses sourcils obliques lui donnaient plus de sérieux et d'autorité que son âge le permettait face aux deux hommes. Morgan passa derrière le comptoir et tendit les mains vers l'enfant et le bébé.

« Laisse-la moi. Ce sera dur pour toi de la porter quand on sera dehors. »

Avant même que Carl n'ait le temps prononcer le moindre mot, Rick avait déjà plaqué l'ado contre l'étagère.

« Tu vas te battre avec nous contre les rôdeurs.

-S'tu veux... »

Le blondinet grimaça en se dégageant de la prise du shérif et s'approcha des petites fenêtres brouillées de poussière, à l'opposé de celles où s'entassaient les morts.

« Je vais péter la vitre pour sortir mais vous, vous allez mettre trop de temps à passer. C'pas votre taille. »

Il pointa du doigt une porte entre deux meubles.

« J'sais pas pourquoi mais on peut pas l'ouvrir de l'intérieur alors une fois que je serais sorti, je cours vous ouvrir cette porte et vous foncez. Surtout vous arrêtez pas. »

Daryl cracha par terre. Ils avaient perdu trop de temps à discutailler et les premières planches venaient déjà de succomber aux vieux cadavres affamés. Morgan aida le petit garçon à se relever et brisa la fenêtre avec une latte de bois avant de prendre sur son épaule un gros sac couvert de boue sèche. L'adolescent n'hésita pas une seule seconde à mettre ses mains sur les bouts de verre qui restaient sur les rebords et sauta dans les buissons qui l'attendaient en dessous. Par chance, tous les rôdeurs se regroupaient à l'entrée de l'épicerie, chacun attiré par les grognements des autres. Morgan trottina jusqu'à la vieille porte close cachée dans la végétation qui commençait à devenir abondante tout autour et tira sur la poignée jusqu'à ce qu'elle accepte de s'ouvrir. Il fit passer à l'extérieur Carl et Judith avant d'attendre les deux autres. Intérieurement, Morgan brûlait d'envie de partir au pas de course et d'abandonner ce petit groupe à leur sort. Il était rapide, il le savait. Il connaissait cette ville par cœur, ça aussi il le savait. Mais eux, ils n'étaient rien ici. Ils n'avaient aucun repère et un bébé prêt à chouiner n'importe quand. Rick passa le seuil de la porte en dernier. Il jeta sur l'adolescent un regard froid.

« Si je te vois faire un truc suspect ou chercher à t'enfuir, je te descends.

-Ben en attendant c'est pas moi qui les ai attirés ici ! Maintenant j'ai plus qu'un conseil à vous donner : courez vite.

D'entre les buissons, un rôdeur au ventre déchiqueté boita vers eux. Daryl agit par réflexe : il lui tira une flèche dans le crâne. Alors que l'archer partait la récupérer, un deuxième cadavre surgit et ensuite toute la mêlée qui se battait devant l'épicerie pour un bout d'os à ronger débarqua. Morgan se plaça immédiatement devant Carl et sa sœur et les fit reculer vers le bord de la forêt. La petite bouille rose commençait à s'agiter, l'adolescent grimaça. Ce dernier voyait les deux hommes se battre dos à dos contre les morts, trancher des crânes, les écraser par terre et leur broyer le cerveau sous la semelle de leurs chaussures. Le blondinet ne réagit pas plus que ça devant cette boucherie. Non, il ne viendrait pas les aider. Lorsque le dernier corps putréfié tomba, Rick se précipita sur Morgan et le saisit à la gorge.

« Je t'avais dit de nous aider ! hurla-t-il, fou de rage.

-Je te dois rien Rick Grimes et au final, t'es toujours en un morceau. Puis c'est toi qui m'as pas écouté ! Je vous avais dis de courir ! »

Il lâcha le gamin et frotta sa mâchoire mal rasée en consultant du regard l'archer. Celui-ci hocha la tête d'un air pensif.

« T'es seul ? » demanda le shérif.

Le blondinet ricana un peu.

« Ça se voit pas ? »

En voyant que personne n'était d'humeur à plaisanter avec lui –pas même Carl- il se calma.

« Ouais, j' suis tout seul.

-Et tu vas aussi me dire que t'as survécu seul depuis le début ?

-J'étais dans un groupe. On était très nombreux.

-Il s'est passé quoi ?

-Il s'est rien passé. Je me suis enfui il y a environ un mois. »

Rick n'en croyait pas ses oreilles. Dehors, il y avait des gens vraiment prêts à tout pour avoir la protection d'un groupe et c'était le cas de le dire... Mais lui, ce gosse, avait fait le choix de s'enfuir.

« Pourquoi ?

-Hé... Vous savez pas comment c'était là-bas. Tout ce que souhaite c'est que ces enculés soient tous morts !

-Il faut encore qu'on parle toi et moi Morgan. On sait pas qui t'es et visiblement on peut pas te faire confiance alors...

-Carl me fait confiance lui, coupa Morgan.

-Justement, ne t'approche plus de mon fils. »

Le garçon fronça les sourcils, l'air de ne pas comprendre. C'était pourtant bien lui qui avait aidé Carl et Judith cette nuit. Il aurait pu leur donner deux trois conserves puis les balancer dehors sauf qu'il ne l'avait pas fait. Morgan avait essayé d'être le plus humain possible : il l'avait accueilli et l'avait aidé comme il pouvait, avec ce qu'il avait. L'adolescent n'opposa aucune résistance lorsque Rick le poussa dans la forêt. Daryl passa devant le blondinet avec Carl et Judith, pendant que le shérif fermait la marche et surveillait les alentours. Même si Morgan n'était pas du genre à se poser trop de questions, l'archer l'inquiétait. Il était toujours sur la défensive et en alerte. Et l'adolescent n'osait même pas imaginer ce qui se passerait s'il essayait de s'en prendre à Rick... Parfois, il voyait néanmoins le petit garçon tourner le menton vers lui avec un sourire discret. Le fait qu'il ne restait probablement qu'un nombre restreint d'enfants en vie y était forcément pour quelque chose mais il préférait croire à une amitié naissante. Ça ne serait pas la première fois pour lui... Et ensuite, il serait amené à l'abandonner, pour cause de lâcheté.

Leur groupe eut la chance de ne croiser que peu de morts durant cette courte traversée. Ils s'arrêtèrent à un ruisseau pour se rafraîchir avant de reprendre la marche. Daryl surveillait toujours l'adolescent du coin de l'œil, pendant que Rick se rinçait le visage à l'eau froide. Morgan roula des épaules en bâillant de fatigue.

« Vous savez au moins où ils sont vos amis ?

-Pas tes affaires. » rétorqua Daryl, impassible.

L'adolescent se tut et lança un coup d'œil à Carl et sa petite sœur. Il la berçait avec douceur dans ses bras, un sourire accroché aux lèvres. Morgan trouva la scène aussi triste que touchante, en sachant ce que le monde était devenu. Et il se demanda, même si c'était peut-être mal, quel avenir aurait la petite Judith. Elle qui n'aura jamais connu ce qu'était « le monde normal ». Elle qui vit pour l'instant aux crochets des survivants. Elle qui donne le sourire sur les visages apeurés. Et elle qui fait, peut-être, se reconstruire le cœur d'une famille détruite.

Les branches craquèrent sous les rangers noires de Morgan. Il s'immobilisa, le canon d'un pistolet sur la nuque.

« Morgan, t'es bien sûr d'être tout seul ? lui intima Rick en plissant les paupières.

-Tu penses que je peux pas me tirer ? Parce que j'ai seulement seize ans ?

-Je ne faisais pas référence à ton âge.

-J'étais dans l'équipe de mon lycée. Je faisais partie des plus rapides. Tu pourrais essayer de me rattraper avec ton connard de pote, mais t'y arriverais pas. »

Le shérif trouva le gamin bien prétentieux.

« Bah pour l'instant on va au moins essayer de te garder à portée de vue. Les rôdeurs sont jamais loin...

-Je sais m'en charger.

-Alors passe devant, je te laisse l'honneur. » finit-il sèchement.

L'adolescent ne put protester sous le regard de Carl. Le prochain cadavre il était pour lui. Et ce cadavre puant ne tarda pas à se montrer. Il boitait entre les arbres, sa cheville brisée traînant derrière lui. Morgan n'hésita pas une seconde à s'avancer vers lui, sortir la machette coincée à sa ceinture et l'abattre de toutes ses forces sur le crâne du mordeur. Les grognements cessèrent. Le sang coulait à flot et la cervelle découpée se répandait contre les feuilles mortes. Il tourna le menton vers Rick, le souffle court.

« C'est ça que tu voulais voir Grimes ? Tu voulais savoir si je pouvais les tuer ? Ben t'es servi ! »

L'adolescent semblait fou de rage et animé de folie. Daryl lança un bref regard aux autres. Même Carl ne reconnaissait pas le copain qu'il avait eu ce soir-là, dans l'épicerie. Le front suant de Rick se plissa.

« Jusqu'à maintenant, combien de rôdeurs tu as tués ?

-Je les ai jamais comptés...

-Et combien de personne ? »

Il toisa le shérif, puis répondit.

« Je suis pas un meurtrier.

-Réponds... à ma question, articula lentement le shérif.

-Deux. Juste deux... »

Cette réponse demanda à Morgan un effort colossal.

« Pourquoi ? Ils t'avaient menacé ?

-Peu de gens savent Rick. Vraiment peu... » se contenta de répondre l'adolescent.

Il essuya le sang qui gouttait à sa machette sur les vêtements du rôdeur. Rick ne l'aimait pas. Daryl aussi. Et Carl ne savait pas encore s'il était vraiment l'ami de l'épicerie ou un fou.

Morgan évitait de trop s'approcher de Carl. Il n'avait pas envie de se retrouver clouer à un arbre avec un carreau dans le crâne... Les buissons s'agitèrent.

« Couchez-vous. » ordonna Daryl.

Ils s'exécutèrent tous. Même l'adolescent ne prit pas le risque de rétorquer. Mais des dizaines de jambes et chaussures sales et trouées se dessinèrent entre les troncs et branches. Le groupe de morts faisait un bruit extraordinaire, comme s'ils cherchaient tous à grogner plus fort que les autres. Revendiquer le repas. Rick partit devant, Carl et Judith à ses côtés et l'archer donna une tape dans le dos de Morgan pour lui intimer l'ordre de courir. L'adolescent sprinta. Et les rôdeurs qui lui barraient la route, il les esquivait et laissait Daryl s'en charger. Ce qui ne plut pas tellement à ce dernier. Morgan aurait pu courir encore plus vite jusqu'à semer le groupe... Carl se prit les pieds dans une racine. Il tomba sur le côté et la bouille rose se mit à hurler. Morgan ne réfléchit pas. Dans son élancée, il attrapa Judith et saisit le poignet de Carl. Le garçon fut obligé de se relever et suivre le rythme effréné de Morgan. Ce dernier serrait le bébé contre sa poitrine de peur qu'il ne tombe mais ses pleurs lui étaient insupportables et la tenir à un bras était difficile. A bout de souffle, il finit par ralentir pour trottiner aux talons de Rick. Les morts étaient déjà loin... mais ils couraient encore. D'un signe de main, le shérif fit stopper tout le groupe. Il reprit son souffle et approcha Morgan. Il serra l'épaule de l'adolescent et fléchit légèrement les genoux. Le garçon tenait encore Judith dans ses bras et celle-ci semblait s'être calmée.

« Tout à l'heure tu as clairement refusé de nous aider, alors pourquoi maintenant ?

-Prenez vot' fille. » répondit-il sèchement.

Il laissa la petite bouille aux bras de son père et se tourna vers Carl, un mince sourire sur la bouche.

« Désolé de t'avoir traîné comme ça. On pouvait pas se permettre de ralentir.

-Nan c'est ma faute, je suis tombé...

-Ça arrive. Fais juste attention à toujours pouvoir te relever. »

Il gratifia l'enfant d'un sourire. Soudain, des cris aigus les mirent tous en alerte. Visiblement, ils n'étaient pas les seuls à être tombés sur ce groupe de mordeurs. Daryl fut le premier à zigzaguer dans la végétation pour en trouver l'origine. Morgan le suivit au pas de couse, puis Rick et Carl. Ils tombèrent sur deux femmes que le blondinet ne connaissait pas. L'une semblait assez mûre, avec ses cheveux très courts et grisonnants. L'autre avait une queue-de-cheval blonde et un visage très doux, celui d'une adolescente. Elles étaient deux contre une dizaine de cadavres ambulants.

« Carol ! Beth ! »

Rick trancha la tête de trois rôdeurs avant de parvenir jusqu'à elles. La blonde avait la cheville toute égratignée et l'autre, les mains ensanglantées. L'archer tira sur tout ce qu'il pouvait et même Morgan décida d'y prendre part, déchirant de sa machette les crânes qui passaient trop près de lui. Les morts finirent par tous se retrouver étalés contre les feuilles mortes et les branches, dans une mare sanglante. Un large sourire s'étira sur les lèvres de Rick et Morgan en fut surpris. Il ne l'en croyait pas capable, et le même phénomène sur le visage de Daryl. L'archer serra Carol dans ses bras. Le garçon se sentit très embarrassé de se trouver là. Et très touché par l'humanité de la scène. Cela devait faire plus d'un mois qu'il n'avait pas vu une telle sincérité dans les yeux de quelqu'un, autre chose que de la méfiance ou un sentiment de survie. Il décida de rester loin des deux femmes bien que celle qui se nommait Beth lui évoquait de vagues souvenirs. Notamment les filles de son lycée... Enfin, il n'y avait plus de lycée, aujourd'hui. Morgan posa son regard sur Judith. Elle, ne connaîtrait jamais ce genre de chose. Le monde ne sera réparti, à ses yeux, qu'en plusieurs parts inégales. Sans réfléchir, l'adolescent fit quelques pas vers la blonde malgré les regards méfiants qui pesaient sur lui.

« C'est toi... Beth ? »

Il se maudit d'avoir posé une question si stupide.

« Oui. Et tu es ?

-Morgan Lahey. Enfin, euh... Je... » bafouilla-t-il en cherchant ses mots.

Il sentait déjà son visage s'échauffer à force d'essayer de parler dans le vide et même la blonde n'en comprenait pas un mot. Rick mit fin à son calvaire.

« Il était avec Carl et Judith, dans une épicerie pas loin. On l'a emmené avec nous par sécurité.

-Ouais, c'est ça. C'est parfaitement ça. » confirma Morgan, mains dans les poches.

Il se sentit comme un bel imbécile lorsqu'elle lui sourit, genre pour dire « T'es mignon mais bien con. » Et il commençait à connaître la gente féminine. Les filles de sa classe lui en faisaient voir de toutes les couleurs parfois, avec leurs blagues étranges, leurs petits gloussements et leurs sourires comme celui que Beth lui faisait.

La nuit avait déjà recouvert les bois de noirceur. Morgan serra son gros sac contre sa poitrine, en perdant son regard contre le mur de cette minuscule baraque de chasseur. Ça puait la cigarette, c'était sale, mal rangé, mais pas de rôdeurs à l'horizon. L'adolescent laissa ses doigts jouer d'eux-mêmes avec les boucles du sac. Il était avec eux et pourtant il se sentait bien seul, bien à l'écart. Ne devrait-il pas se réjouir de les avoir rencontrés ? Parce que les rencontres humaines, ça se faisait plutôt rare ! Et c'était le cas de le dire... Le blondinet commençait juste à soupirer quand Rick s'étais assis à côté de lui, à même le sol.

« Tu peux me parler de ton groupe ? » chuchota-t-il pour ne pas réveiller le nourrisson dans les bras de Beth.

L'adolescent se raidit.

« Je me suis enfui Grimes, et tu veux savoir pourquoi ?

-C'est justement ce que j'aimerais entendre. »

Il eut un sourire mauvais et provocateur envers le shérif.

« Et c'est bien pour ça que je te dirais rien.

-Pourquoi tu étais dans cette épicerie ?

-Je me réfugie, comme tout le monde. Ça te surprend ?

-Carl m'a dit que t'avais plutôt l'air d'attendre quelqu'un... »

Morgan eut un sourire en coin.

« Il est marrant Carl... Et très malin aussi. Mais ouais, j'attendais quelqu'un. Il s'appelle James.

-Qui c'est ?

-Hm... C'est mon meilleur ami. On était dans la même équipe au lycée et quand y a eu... cette chose... on est partis tous les deux. Y avait plus rien à faire et les gens autour de nous, on pouvait même pas les sauver Rick. Je me souviens encore... de comment on a foncé vers le portail du lycée. Les profs et les surveillants nous disaient de nous arrêter, que c'était une urgence et qu'il fallait rester dans les salles de classe mais ils se trompaient. Ce truc était déjà à l'intérieur... et les a tous tués. »

Il s'arrêta, se frotta les cheveux pour se changer les idées.

« Voilà... C'est grâce à lui que je suis en vie. J'aurais pas osé quitter le lycée s'il m'avait pas averti avoir vu cette chose arriver et mordre les gens jusqu'au sang. Alors on s'est enfuis ensemble, sans problème, on était rapides. Mais un jour, on est revenus au lycée... on voulait juste voir... comment ça s'était passé pour eux... »

La poitrine de Morgan se soulevait à grande vitesse.

« Ils étaient encore là. Ils tapaient contre les vitres pleines de sang. Je reconnais tant de visages, mêmes des gens à qui j'avais jamais parlé... Je pouvais plus bouger, j'y croyais pas, je me sentais coupable de leur sort. Alors James m'a pris par le bras lorsque la première vitre s'est brisée, il m'a forcé à courir... il m'a sauvé la vie encore une fois.

-Comment vous avez été séparés ? »

Morgan releva le menton, lui adressa un regard noir.

« Groupe c'est qu'un mot Rick, mais la vérité c'est qu'entre toi et ces gens y a absolument rien. Tout ce qui vous relie c'est la solitude. »

Le shérif haussa les sourcils. A cet âge-là les gamins n'étaient pas encore un peu insouciants ? Mais à quel point les enfants étaient-ils obligés de changer ?

« Avant qu'on ne se sépare, James m'a dit de l'attendre dans cette épicerie. Et je sais toujours pas s'il est en vie...

-Si tu nous suis, t'auras déjà plus de chance de le retrouver.

-Je te l'ai dis Grimes, j'aurais pu m'enfuir tout à l'heure. Je te laisse deviner pourquoi je l'ai pas fait...Mais je peux pas te garantir être quelqu'un de confiance si c'est ce que tu veux. »

Rick arqua un sourcil et passa à un autre sujet.

« Dans tout ton lycée, tu vas me dire que vous n'étiez que deux à avoir eu assez de courage ?

-Je suis resté avec James parce qu'il était le seul que je connaissais vraiment, mais y avait d'autres élèves qu'on a croisé quand c'était le bordel. Y avait Lydia par exemple...

-Qui c'est ?

-Une fille... elle était pas de ma classe mais j'entendais plein de conneries sur elle. Genre elle faisait des rituels sataniques et plein de trucs dans ce genre. Mais c'était la première personne que j'ai vue en train de tuer un de ces monstres. Elle était la première à comprendre je crois... Fin', c'était une tarée quoi. Pas conne mais tarée.

-Et ce fameux groupe ? Tu penses savoir où il est maintenant ? »

Morgan se massa les tempes.

« Tu me fais un interrogatoire là ? J'ai plus rien à voir avec ces types. Ils pourraient tous crever que j'en aurais rien à foutre et c'est réciproque. La seule personne en qui je crois maintenant c'est James, alors aide-moi Rick, et je te rendrais la pareille. »


Merci d'avoir lu !

Pour le chapitre 3 je pensais zoomer sur le passé de Morgan mais on verra bien.

Je vous dis à la prochaine et laissez-moi un petit commentaire (dans le carré juste en bas) s'il vous plaît !