Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en générale mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre cinq : Je pense à toi

« Quoique je fasse, où que je sois, rien ne t'effaces je pense à toi » Jean Jacques Goldman.

- « TU N'ES QU'UNE VERMINE DE LA PIRE ESPECE ! »

- « FAIS MOI RIRE ! TU CROIS QUE TU VAUX MIEUX SIRIUS ? SALE TRAITRE ! »

Le jeune homme jeta un regard meurtrier à celui qui avait été durant un temps son ami.

- « COMMENT OSES-TU… »

- « CA SUFFIIIIIIIIT ! » hurla Kingsley en se levant en se précipitant entre leurs deux cachots « Fermez-là ! Ca fait des heures que vous beuglez ! Si j'entends encore un seul son je vous vire de ce cachot à coup de pieds où je penses ! »

Il avait l'air furieux, ses joues étaient rougies à la colère. Il jeta à chacun un regard noir et retourna s'asseoir en silence à l'autre bout de la pièce. Les mains solidement serrer contre les épais barreaux de sa cellule, Sirius fixait Peter avec haine. Ce dernier le regarda avec un sourire vicieux et murmura sans son les mots « Je t'aurais ».

Le sang de Sirius ne fit qu'un tour.

- « ASSASSIN ! LACHE ! ESPECE DE… »

- « Silentio ! » hurla Kingsley coupant la diatribe de Sirius de son sortilège de mutisme.

Puis l'auror donna un violent coup de pieds dans les barreaux de la cellule du jeune homme d'un air mauvais.

- « Tu l'auras voulu Black ! » gronda-t-il

D'un sort, il le ligota, puis ouvrit la porte qui le retenait prisonnier, l'empoigna violemment par le bras et le jeta en dehors de la cellule avec rage. Sirius trébucha et manqua de s'étaler sur le sol dallé du cachot. Il se redressa et jeta un regard assassin à Peter qui souriait d'un air mauvais. Puis Kingsley le força sans ménagement à sortir du cachot et le poussa dans un couloir sombre. En lui administrant régulièrement de grands coups dans le dos, Kingsley poussa son prisonnier jusqu'à un cachot plus éloigné où il le jeta encore une fois sans douceur.

- « Entre dans cette cellule ! » aboya-t-il en désignant la nouvelle prison de Sirius.

Avec un regard mauvais, le jeune homme s'exécuta et il vit Kingsley l'enfermer d'un sort puissant. Puis d'un air de dégoût, il le libéra de ses liens et leva le sortilège de mutisme.

- « Kingsley ! » hurla Sirius en s'agrippant aux barreaux de la cellule

- « C'est Shacklebolt, pour toi Black ! » cracha l'auror avec hargne.

- « Je t'en supplie crois moi, je suis innocent ! C'est Peter le traître ! »

- « TAIS TOI ! Tu me dégoûtes ! Comment peux-tu accuser ce pauvre gars qui ne ferait pas de mal à une mouche ! Je te croyais plus malin que ça Black ! Tu aurais pu trouvé une histoire plus crédible ! » ricana nerveusement Kingsley

- « NON ! C'est un monstre ! »

- « Il n'y a qu'un seul monstre ici et c'est TOI ! On peut dire que tu nous a bien eu ! On y a vu que du feu à ta simulation d'amitié avec James ! Tu veux que je te dise, tu me fais VOMIR ! »

- « Non… non… » souffla Sirius en frappant sa tête contre les barreaux

- « ARRETES CA ! CA NE PRENDS PAS AVEC MOI ! »

- « S'il te plait, dis moi au moins comment va James ! » supplia Sirius

Kingsley le regarda avec dégoût.

- « L'état de James ne te concernes plus ! » lança-t-il avec rage

- « Ne dis pas ça ! Il est comme mon frère ! » tenta désespérément Sirius

L'auror éclata d'un rire mauvais.

- « Non, James n'est pas ton frère Sirius ! Tu n'as qu'un frère et c'est Regulus ! Et tu sais quoi ? La ressemblance est frappante maintenant que j'y pense ! »

- « NON ! »

- « Oh que si ! Regulus me parait même moins immonde que toi si tu veux vraiment tout savoir ! Lui au moins a toujours assumé ses convictions ! »

- « TAIS TOI ! »

- « NON JE NE ME TAIRAIS PAS ! Ca te fait mal hein qu'on t'ai enfin mis à jour ? Ca te fait mal de te dire que le seul frère que tu as et que considérais comme un raté avait plus de cran que toi ! »

- « NON ! C'est James mon frère ! Je n'en ai pas d'autre ! » cria Sirius fou de rage

Kingsley le regarda avec dégoût.

- « Tu es pitoyable ! » cracha-t-il en tournant le dos et en sortant du cachot.

- « NOOOOOON ! JAMES est mon frère ! Je n'aurais jamais pu lui faire le moindre mal ! James est mon frère… mon frère… »

La plainte de Sirius mourut en un étrange son rauque. Il était seul. Il frappa de rage dans le mur de sa cellule faisant saigner son poing et poussa un hurlement de rage.

Combien de temps allait-on le laisser moisir dans ce vieux cachot humide et infesté de cafards ? Combien de temps allait-on ignorer qu'il était innocent ? Sirius tournait en rond au fond de son cachot. Il était seul. A travers la fenêtre solidement grillagée qui lui faisait face, le jeune homme vit que le soleil venait de se lever. Tout comme les nuits précédentes, il n'avait presque pas dormit. Comment aurait-il pu dormir d'ailleurs ? Dans un premier temps, c'était l'inquiétude de savoir James au plus mal qui l'avait empêcher de dormir. Il se faisait un sang d'encre et s'en voulait à mort. S'il s'en était tenu au plan principal et qu'il était devenu le Gardien du Secret, rien de tout cela n'était arrivé. Puis au bout de deux jours, on était venu lui annoncer que James allait mieux, et qu'il allait survivre. Un soulagement sans bornes l'avait envahi. Mais cela faisait maintenant six jours entiers qu'il était prisonnier. C'était maintenant la colère et l'impatience qui hantaient ses nuits. Il n'avait rien à faire là ! Sa place était auprès de James et Lily, sa place était près d'Océane. Il évitait tant qu'il le pouvait de penser à elle car cela lui était trop douloureux. Elle était seule, seule et enceinte. Elle avait besoin de lui autant qu'il avait besoin d'elle et il mourrait d'envie de la prendre dans ses bras. Il mourrait d'envie de l'embrasser et plus encore, mais il était désespérément seul. Pensait-elle seulement un peu à lui ? Il n'avait pas eu le temps de lui expliquer avant de partir, il ne lui avait rien dit ! Que pouvait-on lui avoir raconté ? S'il en croyait la réaction qu'avait eu Kingsley à son égard, tout le monde devait bel et bien le croire coupable. Il étouffa un hurlement de rage. Que Kingsley et les autres le croient capable d'une si abjecte trahison, passe encore, mais il ne supporterait pas qu'Elle puisse le penser. Il lui avait demandé de ne pas croire ce qu'on dirait sur lui, elle lui avait assuré qu'elle lui faisait confiance. Mais combien de temps les convictions de la jeune femme résisteraient aux arguments de ses détracteurs ? Il serra les poings. Pourvu qu'elle ne perde pas confiance en lui, qu'elle ne perde pas confiance en eux. Il avait mis tellement de temps à accepter qu'elle atteigne vraiment son cœur. Il avait été tellement farouche mais elle n'avait pas baissé les bras et il était irrémédiablement tombé amoureux d'elle. Mais têtu comme il était, il avait encore mis des mois à se l'admettre. Pourquoi avait-il fallut qu'il comprenne cela si tard ? Pourquoi maintenant qu'il savait ce qu'elle représentait pour lui, maintenant qu'il allait être père et que rien ne pourrait le rendre plus heureux, pourquoi fallait-il que le destin s'acharne contre lui ? Etait-il prédestiné à une vie aussi noire que son nom ? Son nom qu'il donnerait bientôt à un petit être … Son cœur se serra. Et si Océane le croyais coupable ? Si elle refusait de le voir ou de le voir approcher leur enfant une fois qu'il serait libre ? Ou pire, si elle ne voulait plus porter l'enfant de celui que tout le monde considérait comme un traître ? Un puissant frisson le parcouru, et il secoua violemment sa tête pour en chasser ces pensées qui le torturaient. Il avait eu la visite la veille de Bartémius Croupton qui lui avait annoncer qu'ils attendaient de l'état de James se stabilise avant d'entamer le procès où la vérité éclaterait enfin. Il avait vraiment hâte. Il se laissa alors tomber sur le sol, assis contre le mur en soupirant violemment. Puis ramenant ses jambes contres son torse, il y planqua sa tête et se mit à attendre, attendre le moment où on reconnaîtrait enfin qu'il disait la vérité depuis le début.

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Lily soupira violemment en se retrouvant devant la porte de ce qui avait été à une époque son appartement. Elle sentit la main d'Océane se poser sur son épaule et se sentit un peu mieux. Elle était contente qu'elle soit venue avec elle. Elle avait besoin d'avoir des amis près d'elle. C'est d'ailleurs pour ça qu'elle avait demandé à son amie de venir vivre avec elle un moment. Océane avait d'ailleurs accepter avec joie ce qui avait surpris Lily. Elle pensait que la jeune fille se plaisait chez Remus, mais après tout, elle devait se sentir seule elle aussi de n'avoir aucune nouvelles de Sirius. Ensemble, les deux femmes se sentaient plus fortes.

Lily sortit alors un vieux trousseau de clé et ouvrit la porte qu'elle ouvrit en grand et entra. Rien n'avait changé, l'appartement était tel qu'elle l'avait laissé avant de se marier avec James. Les parents de James et eux avaient échangés leur logement. Conformément à une vieille tradition familiale, James héritait du manoir de Godric's Hollow. William et Maggie Potter étaient donc venus vivre ici, sur le Chemin de Traverse, dans l'appartement que James avait acheté après avoir demander à Lily de venir vivre avec lui. Comme cette époque lui paraissait loin maintenant. Ils avaient été heureux ici, et maintenant, ils étaient tous les deux déposséder de tous leurs bien matériels et surtout privé de leur fils.

- « Il est chouette … » lança simplement Océane en faisant un tour dans chaque pièce « Vous avez dû être bien ici »

Puis elle se tourna vers son amie et la vit toute pâle, le regard perdu.

- « Lily ? »

- « C'est comme si on n'existait plus ! » lança Lily d'une voix blanche.

- « Quoi ? » demanda Océane en s'approchant d'elle et en la faisant s'asseoir dans un fauteuil « Qu'est-ce que tu dis ! »

- « Il ne reste plus rien ! Le manoir a disparut et on se retrouve dans cet appartement où rien ne montre que James et moi on est marié, où rien ne montre qu'on a eu un bébé ! C'est comme si rien ne s'était passé ces deux dernières années ! Comme si Harry n'était pas né ! Comme si ce n'était qu'un rêve qui venait de se finir ! »

- « Calme toi Lily » essaya de la consoler Océane en essayant de ne pas se laisser elle aussi submergé par l'émotion de son amie qui n'avait jamais été si pâle. « Ne dis pas des choses comme ça ! Tu verras, tout va finir par s'arranger ! »

- « Quand ? Tu ne peux pas savoir comme Harry me manque et comme j'ai peur pour lui ! Et James qui est toujours à l'hôpital ! Je n'ai pas réussit à protéger mon fils… »

- « Tu ne pouvais rien faire. Je suis sure qu'il va bien, là où il est. Et je suis sure que tu lui manques aussi »

- « Je n'ai plus rien… Même pas une photo ! »

Océane soupira alors et vint se placer devant elle. Elle prit les mains de son amie dans les siennes et la força à la regarder.

- « Ecoute moi Lily. On ne voulait rien te dire parce qu'on ne savait pas comment tu allais réagir, mais Remus est retourner à Godric's Hollow. Il a fouillé dans les ruines et a réussit à ramener quelques objets. Est-ce que tu veux les voir ? »

Lily se calma alors un peu et fit signe que oui de la tête.

- « Remus est venu le déposer ici hier en venant faire un peu de ménage et vérifier que tout fonctionnait bien avant de te laisser revenir » ajouta la jeune femme

Lily fut touché de voir toutes les attentions de Remus à son égard. Elle lui en était infiniment reconnaissante.

- « Il m'a dit qu'il avait tout mis dans le bureau… Où est-il ? » continua Océane

Lily lui désigna une porte et Océane s'y rendit. Elle revint alors dans la pièce avec un carton qu'elle posa sur le sol devant son amie. Lily se rapprocha un peu et l'ouvrit de ses mains tremblantes. Elle sortit un à un les objets qu'elle contenait. Une vieille robe de sorcier de James, un de ses anciens jeans, trois chemises, une robe et un pull. Au fur et à mesure que le carton se vidait, les mains de Lily tremblaient de plus en plus. Elle sortit bientôt la vieille tenue de Quidditch de James dont elle se servait comme pyjama. Elle la serra contre elle un moment, puis la plia consciencieusement et la posa sur ses genoux. Elle trouva alors deux photos un peu brûlées sur les bords. La première était une photo de son mariage avec James. On y voyait distinctement James et elle, au premier plan, rayonnant de bonheur et d'amour, Sirius à côté de son meilleur ami, et tous les autres invités de la noce. Lily la regarda un moment en souriant faiblement avant de la tendre à son amie. La seconde était une photo plus récente. James tenait Harry dans ses bras et lui faisait faire coucou à l'objectif tandis que Lily à leur côté les regardait en souriant. Sur cette photo aussi ils avaient l'air heureux. Quelques larmes se formèrent au coin de ses yeux, mais elle les sécha du bout des doigts puis la jeune femme embrassa la photo avant de la tendre également à Océane qui était aussi très émue. Puis Lily plongea une dernière fois sa main dans le carton. Elle sentit sous ses doigts quelque chose de doux et d'agréable à toucher. Elle attrapa l'objet et le sortit d'un coup. Elle sentit son cœur se briser et tout son chagrin remonter. Elle le serra fort contre elle en laissant échapper un gémissement. Contre son cœur, se tenait Patmol, la peluche en forme de chien noir que Sirius avait offert à Harry pour son baptême. La peluche qui avait toujours accompagné les nuits du petit garçon. Océane se leva alors et prit son amie dans ses bras. Elles ne pleurèrent pas, mais restèrent un moment comme ça, sans rien dire. Puis, Patmol toujours serré contre elle, Lily se leva, prit d'une main la tenue de Quidditch et les deux photos et alla les mettre dans la chambre à coucher. Pendant se temps, Océane rangeait dans le carton les quelques vêtements qu'il contenait et alla le remettre dans le bureau. C'est la que Lily la rejoignit.

- « Tu va t'installer ici, dans cette pièce » expliqua-t-elle d'une voix plus calme

- « Ce sera très bien » lui assura Océane

- « Il suffit de rapetisser les meubles gênant et on demandera à Remus d'envoyer un matelas… Demain, on ira te chercher un vrai lit. Dans ton état tu ne devrais pas dormir à même le sol. »

- « Ne t'en fais pas pour moi. Je suis solide, je pourrais supporter de dormir sur un matelas… »

- « Je ne tiens pas avoir de problèmes avec Sirius quand il reviendra parce que je t'aurais mal traitée » lança Lily en esquissant un sourire

Océane lui rendit son sourire et les deux femmes s'affairèrent à transformer le bureau en chambre à coucher. Une fois que ce fut terminé, elles regardèrent leur travail d'un air satisfait.

- « Je sens que je vais me plaire ici ! » déclara Océane

- « J'espère bien… »

- « Je vais aller chez Remus pour récupérez un matelas. Tu veux venir avec moi ? »

- « Non merci. Je comptais aller voir James un moment »

- « Je comprend. On se revoit plus tard alors »

Les deux femmes prirent alors leurs manteaux et sortirent de l'appartement.

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- « C'est fou ce qu'on peut être mal dans ce lit ! » bougonna James en essayant de trouver une position plus confortable.

- « Alors monsieur Potter ? On parle encore tout seul ? » demanda en souriant une guérisseuse en entrant dans la pièce.

- « Et oui ! Je crois que je suis plus atteint que vous ne l'auriez cru, Angie ! Il n'y a aucun moyen de m'apporter un fauteuil roulant pour que je puisse sortir un peu de cette chambre ? C'est vraiment lassant de devoir être allongé ! »

- « Vous n'avez toujours pas le droit de quitter le lit ! »

- « Oh Angie ! J'en ai plus qu'assez d'être immobilisé comme ça ! Vous êtes sure que le médicomage n'a pas fait une erreur de diagnostic ? »

- « Oui j'en suis sure, et votre femme nous a bien précisé que vous tenteriez de nous amadouer pour obtenir ce que vous voulez, nous avons ordre de ne pas vous écouter ! » répondit la guérisseuse en souriant.

- « Ma Lily me connaît trop bien ! » soupira James en souriant « D'ailleurs, vous avez de ses nouvelles ? »

- « Elle nous a dit qu'elle passerait aujourd'hui »

- « Parfait »

- « Le docteur Cohen devrait venir vous ausculter dans un moment»

- « J'espère qu'il apportera de bonnes nouvelle ! »

- « Il n'y a aucune raison qu'il vous en apporte de mauvaises ! Au revoir monsieur Potter » déclara la guérisseuse en quittant la pièce.

- « Au revoir Angie »

James se mit alors à soupirer. Ce n'était pas le fait d'être cloué au lit sans avoir le droit d'en sortir qui lui était le plus pénible. En réalité, le plus dur pour lui était de se retrouver seul. Il ne faisait alors que repassé dans sa tête les images de son combat avec Voldemort et quand il n'y pensait pas il était mort d'inquiétude et d'angoisse de savoir Harry perdu dans la nature. Il se sentait tellement mal et surtout tellement impuissant. Son fils, son bébé qu'il aimait par-dessus tout et dont il n'avait aucune nouvelle. Cela le rongeait et le minait des milliers de fois plus que tous les sorts que Voldemort aurait pu lui envoyé. Ce qui l'attristait aussi, c'était la détresse de Lily. Elle était courageuse et ne laissait rien paraître, mais il savait qu'elle souffrait autant que lui et même si elle ne le lui avait jamais dit, il savait qu'elle se sentait coupable de ne pas avoir réussit à arracher Harry des mains des aurors. James pensait aussi beaucoup à Sirius et à Peter. Qu'avait-il donc bien pu se passer ce soir là ? Il refusait catégoriquement de croire que Peter ait pu les vendre volontairement. Il avait dû être soumis à l'Impérium où avait été contrait d'avaler du veritaserum. Il était un maraudeur, et les maraudeurs n'étaient pas des traîtres. Ils étaient amis à la vie à la mort et Peter serait mort plutôt que de les dénoncer, tout comme chacun des trois autres auraient été prêt à mourir pour lui. Quand à Sirius, qui était emprisonné alors qu'il était innocent ! James avait vraiment hâte que son état de santé s'améliore pour que le procès puisse débuter. Son meilleur ami n'avait rien à faire en prison alors qu'il avait enfin trouvé la femme de sa vie et qu'elle attendait un enfant de lui. Cette nouvelle lui avait fait chaud au cœur, mais tant qu'Harry ne serait pas auprès de lui et Lily, rien ne pourrait le rendre pleinement heureux.

Il ferma les yeux et laissa échapper un grognement sourd. Merlin ce qu'il est rageant de ne pouvoir rien faire alors que sa famille à besoin de soi ! Quelques coups brefs, frappés à la porte le tirèrent de ses pensées moroses.

- « Oui ? » lança-t-il d'un ton peu aimable.

La porte s'ouvrit et Lily apparut. James sentit toute sa mauvaise humeur s'envoler.

- « Bonjour mon amour. Je te dérange ? »

- « Non, si tu savais comme ça me fait du bien de te voir ! » s'exclama-t-il en souriant faiblement.

Il la vit s'approcher de lui et se pencher pour l'embrasser. Cela faisait maintenant presque une semaine que le seul contact qu'il avait avec elle était les quelques baisers qu'ils échangeaient. Chacun d'entre eux avait le même impact sur son moral que l'apparition d'une oasis sur celui de quelqu'un perdu dans le désert. Il aurait voulu tellement plus que de simples baisers, mais le lieu ne s'y prêtait pas et il se savait encore trop faible. Pourtant dès qu'elle était prêt de lui, il mourrait d'envie de la prendre dans ses bras et de la serrer contre lui pour être bien sur qu'elle était là et qu'elle allait bien.

- « Tu as des nouvelles de Harry ? » demanda-t-il.

C'était toujours la première question qu'il lui posait quand il la voyait et malheureusement à chaque fois la réponse était la même.

- « Non, toujours pas » murmura-t-elle d'une petite voix.

- « Ne perds pas espoir mon cœur ! Tout cela va bientôt s'arrêter ! On a rien à nous reprocher, ils nous rendrons notre fils ! »

Il prit sa main dans la sienne et la serra fort. Elle lui sourit alors. De sa main libre, elle joua dans son épaisse tignasse brune. Elle savait qu'il aimait ça.

- « Le médicomage est passé ? » demanda-t-elle

- « Pas encore. Dis-moi, toutes les guérisseuses de cet hôpital sont sous tes ordres ! »

- « Toutes celles de ce service ! Je veux que tu sois guéri au plus vite ! » répondit-elle en souriant

- « J'en ai assez d'être allongé ! Je voudrais au moins pouvoir faire un tour dans les couloirs ! »

- « Tu es trop impatient. Tout le monde a dit que ta convalescence allait être longue »

James soupira.

- « J'ai été à l'appartement tout à l'heure. Il est en très bon état. J'ai installé Océane dans le bureau » lança Lily.

- « Tu as bien fait. Et je vais te dire quelque chose, je suis plus rassurée de te savoir avec elle. Je n'aurais pas voulu que tu habites seule ! »

- « Je n'en avais pas très envie non plus. Même si Dumbledore a posté des membres de l'Ordre en surveillance devant l'immeuble, je ne me serais pas sentit en sécurité. De toute façon, il n'y a qu'avec toi que je me sens totalement en sécurité »

James la regarda en souriant faiblement. Cette phrase n'avait l'air de rien et avant elle lui aurait fait tant plaisir. Mais aujourd'hui, il savait que même avec lui, ni Lily ni Harry ne seraient pleinement en sécurité, et rien ne lui faisait plus peur. Il posa alors sa main sur la joue de sa femme qui ferma les yeux.

- « Bonjour monsieur Potter ! » s'exclama le docteur Cohen en entrant dans la chambre « Oh, bonjour madame Potter, je ne savais pas que vous étiez déjà là. »

- « Bonjour » répondirent-ils en cœur

- « Comment vous sentez vous aujourd'hui ? » demanda le médicomage.

- « Sans doute beaucoup mieux, il trouve le moyen de se plaindre qu'il n'aime pas rester allongé ! » répondit Lily en souriant.

- « C'est en effet un signe clair de bonne santé ! » plaisanta le médicomage avant de redevenir plus sérieux « Mais à part ça ? »

- « Je me sens bien docteur » lui assura James.

- « Je vais vérifier tout ça »

Le docteur Cohen se mit alors à l'ausculter. Pour ne pas gêner le médicomage, Lily s'était éloignée un peu du lit. James la regardait discrètement. Elle tordait ses mains d'un geste nerveux, ce qui signifiait qu'elle attendait les conclusions du médicomage avec stress. Elle devait énormément s'inquiéter pour lui, il savait qu'elle avait vraiment cru qu'il allait mourir la nuit de l'attaque. Mais il n'était pas un gryffondor pour rien, il n'avait pas baissé les bras.

- « Tout cela me semble très bien, monsieur Potter. » annonça alors le docteur Cohen.

Lily laissa échapper un soupir de soulagement, faisant sourire son mari et le médicomage.

- « Vous êtes encore très faible, mais sur une très bonne voie de guérison. Je vous autorise donc à une heure par jour de sortie en fauteuil roulant dans la cour intérieur de notre établissement. »

- « C'est vrai docteur ! » s'exclama James

- « Oui, mais une heure pas plus ! » répondit-il

- « Ne vous en faites pas, je m'arrangerais pour qu'il ne dépasse pas ce temps » lança Lily en revenant se poster près de son mari.

Le médicomage lui lança un regard amusé.

- « A partir d'aujourd'hui ? » demanda James.

Il se faisait l'impression d'être un enfant à qui ont a promis un jeu.

- « Je vais vous faire monter un fauteuil… Au revoir monsieur Potter, madame… »

Lily et James saluèrent le médecin et le regardèrent sortirent de la pièce.

- « C'est un bon signe s'il me laisse sortir de ce fichu lit ! » lança James en se tournant vers Lily

- « Je suis très contente » répondit-elle avant de l'embrasser.

- « Je vais vite être suffisamment en forme pour démarrer ce maudit procès et très bientôt notre belle petite famille sera à nouveau réunie… » chuchota-t-il à son oreille.

- « J'espère… » se contenta de répondre la jeune femme d'un air triste.

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- « Professeur ? » demanda Remus en poussant la porte du bureau directorial

- « Entre et viens t'asseoir Remus » répondit le professeur Dumbledore en désignant le siège qui lui faisait face. Remus traversa ce bureau dans lequel il avait souvent été convoqué. Moins tout de même que James et Sirius, mais assez pour se rendre compte qu'il n'avait pas changer.

- « Vous vouliez me voir ? »

- « Oui. J'ai eu une petite discussion avec Peter et Sirius il y a peu de temps »

Le ton grave du vieux sorcier n'annonçait rien de bien réjouissant. Le visage grave, le jeune homme pris place dans le fauteuil et observa son interlocuteur.

- « Ils m'ont annoncés qu'ils étaient tout deux des animagi, et que James en était un également »

Remus eu du mal à déglutir. Ainsi, le secret des Maraudeurs avait été mis à jour. Sept ans, ce secret avait vécu sept années.

- « Je ne te cache pas que j'ai été surpris d'apprendre que des actes requièrant une puissance magique si élevée puisse avoir lieu à Poudlard, sous ma barbe sans que je n'en sache rien… Quand ? »

- « Quand nous étions en cinquième année, ils ont tous les trois réussit leur première transformation » répondit Remus d'une voix blanche.

Il estimait que maintenant, il ne devait plus rien cacher.

- « Impressionnant, c'est vraiment très impressionnant. Et étonnant aussi… » marmonna Dumbledore en se levant et en faisant les cent pas autour de la pièce.

- « Ils venaient me tenir compagnie les nuits de Pleine Lune, cela rendait mes transformations moins pénibles »

- « Qui est au courant ? »

- « Uniquement nous quatre à l'époque. Puis Lily l'a su quand elle et James on commencer à sortir ensemble et ensuite Sirius l'a annoncer à Océane»

- « Personne d'autre ? »

- « Personne monsieur »

- « J'ai bien peur pourtant que maintenant, Lord Voldemort soit également au courant… »

- « Sirius » grogna Remus

- « Le procès n'a pas encore eu lieu, ne vend donc pas la peau du dragon avant de l'avoir tuer »

Ne voulant pas engager de débat avec le directeur de Poudlard, Remus préféra se taire.

- « Je suis désolé professeur, je vous prie sincèrement de bien vouloir m'excuser »

- « De quoi ? »

- « D'avoir poussé mes amis à un acte magique illégal et d'avoir bafoué les règles que vous aviez mis en place pour ma propre sécurité et celles des autres élèves de Poudlard. Nous nous sommes si souvent montré si inconscient du danger. J'aurais mordre où tuer quelqu'un, et eux risquaient leur vie tous les mois »

- « Ce qui est fait est fait Remus. Ressasser le passé ne sert à rien et surtout pas en ce moment où nous devons absolument aller de l'avant. Ce qui m'ennuie le plus c'est que cette histoire va être porté devant le tribunal de Justice Magique. James, Sirius et Peter risque gros… »

- « J'irais témoigner ! Je dirais que tout est de ma faute ! » répliqua avec ardeur le jeune homme.

- « J'ai bien peur que la parole d'un loup-garou, aussi sincère soit-elle ne convaincra pas les jurées que tes amis n'ont pas commis une faute grave »

Remus soupira. Pourquoi fallait-il toujours qu'il créer des ennuis à son entourage. Depuis sa morsure, il avait toujours causé du soucis à tout le monde. Pourquoi fallait-il encore une fois qu'il en face la démonstration ? Il sentit la main du professeur se poser sur son épaule.

- « Allons Remus, tu n'y est pour rien. Ils savaient tous pourquoi et surtout pour qui ils prenaient ce risque… » murmura le professeur.

Le jeune homme haussa les épaules, sans rien dire.

- « Maintenant que tout ceci est éclairci, je ne te retiens pas… » lança-t-il

- « Professeur ! » s'exclama alors Remus

- « Oui ? »

- « J'ai une faveur à vous demander ! »

- « Je t'écoute »

Remus prit une grande inspiration. Il fallait qu'il essaye, il fallait qu'il le lui demande.

- « Elle n'est pas pour moi, mais pour James et Lily. S'il vous plait, dites nous où est Harry ! » lança-t-il d'un ton décidé.

Le vieux professeur soupira et retourna s'asseoir en face de lui.

- « Je suis désolé Remus, mais c'est une décision du ministère et… »

- « Au diable le ministère ! » le coupa Remus « Je vous parle de deux parents à qui ont a arraché leur enfant et qui vivent depuis près d'une semaine dans un état permanent d'inquiétude ! James se remet difficilement de ses blessures et Lily est encore sous le choc, vous croyez vraiment qu'ils ont besoin de vivre ça en plus ! »

- « Je sais bien. J'ai essayé de convaincre Bartémius de ne pas appliquer cette mesure, mais il n'a rien voulu entendre »

- « Professeur, savez vous où ils ont emmené Harry ? » demanda simplement Remus

Le vieux professeur acquiesça d'un signe de tête.

- « Alors dans ce cas, pourquoi ne pas nous le dire ? »

Le vieux professeur le regarda fixement d'un air grave.

- « Vous chercheriez à le récupérer et rien ne serait plus défavorable pour eux lors du procès. »

- « Autorisez les au moins à le voir. Rendez-vous compte à quel point ce qu'on leur fait vivre est atroce. Harry n'est pas mon fils et je souffre déjà de ne pas savoir où il est. J'imagine la douleur de James et Lily ! Professeur ! »

- « Bartémius Croupton ne va pas apprécier… »

- « Ils ne feront que le voir, je resterais dans la pièce avec eux s'il le faut, mais laissez Harry retrouver les bras de son papa et de sa maman ! Ses parents sont vivants, professeur ! Vous n'avez pas le droit de considérer Harry comme s'il était orphelin ! »

Le professeur sonda un long moment le regard de Remus. Il était déterminé. Lui-même trouvait cette mesure ridicule et inutile. L'idée de Remus semblait un bon compromis entre la décision ministérielle et ce que lui dictait sa confiance.

- « Barty ne sera pas content, mais c'est d'accord. Je vais te dire où se trouve Harry »

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Si le coeur vous en dit, dites moi ce que vous en avez pensé…