Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en générale mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre dix-neuf : J'ai peur

« Au milieu de la nuit (…)

J'ai peur, de tous ses signes de malheurs (…)

J'ai peur de tous ces signes de douleur

J'ai peur, j'entends tout ça dans mon cœur »

François Feldman

L'endroit était totalement désert. La nuit était tombée depuis de nombreuses heures et les rares jeunes qui traînaient la journée dans cette zone d'entrepôts désaffectés avaient déserté le lieu. Severus Rogue transplana alors, effrayant un chat qui passait par là. Plissant les yeux pour essayer d'apercevoir quelque chose dans la lourde obscurité qui l'entourait, le jeune homme enjamba la caisse qui se trouvait devant lui. Il jeta un rapide coup d'œil autour afin de vérifier qu'il n'y avait personne.

- « Lumos » souffla-t-il alors que l'extrémité de sa baguette s'alluma d'une douce lueur.

Il avançait prudemment en faisant bien attention à l'endroit où il posait ses pieds pour ne pas marcher sur les débris de ferrailles qui jonchaient le sol. Il évitait une pile de cartons qui semblait en équilibre instable. Il redressa alors la tête. Il lui fallait trouver le bâtiment B-143. Il avançait encore plusieurs mètres avant de se retrouver devant une immense bâtisse presque en ruine. Les carreaux des fenêtres étaient brisés par endroit et la porte était entièrement défoncée. Rogue entra dans la pièce en enjambant les débris de la porte et alla se poster dans un coin sombre. Il lui avait demandé d'attendre là. Le jeune homme resta un moment immobile et silencieux. Des petits bruits se faisaient entendre signalant à Rogue la présence de rats dans le bâtiment. Par les carreaux brisés, il sentit une froide brise s'engouffré dans la bâtisse. Il ne devait pas être loin d'un fleuve, il sentait l'air se charger d'une froide humidité. Soudain une sorte de craquement sourd attira son attention. Il jeta un regard dans la direction où le bruit avait été émit. Il aperçut alors un rai de lumière apparaître entre deux tôles qui séparait en deux la pièce. Sans attendre davantage, il s'avança d'un pas assuré vers la source de lumière, contourna la séparation en feuille de tôle et l'aperçut. L'homme était de dos.

- « Bonsoir Severus » siffla une voix aiguë

- « Bonsoir Maître » répondit alors Rogue en s'inclinant avec déférence.

- « Je t'avoue que j'avais des doutes. Je ne pensais pas que tu viendrais ce soir » continua l'homme sans se retourner

- « Pourquoi ne serais-je pas venu Maître ? » demanda Rogue en se redressant

- « Il se trouve que tu n'as pas été très… disponible ces derniers temps Severus. Je commençais à me dire que tu m'avais oublié » continua l'homme d'une voix sévère.

- « Jamais je ne vous oublierais Maître. Mais des circonstances ont fait que je n'ai pu… »

- « Quelles circonstances ? » s'énerva son interlocuteur en se retournant.

Rogue ne pu s'empêcher de frémir. Le Seigneur des Ténèbres était terrifiant quand il était en colère.

- « Il me faut absolument être très discret Maître. Dumbledore ne me fait pas confiance, il se méfie de moi » répondit Rogue en s'inclinant de nouveau.

- « Il t'a quand même engagé dans sa stupide école ! »

- « Il l'a fait uniquement par obligation. Personne d'autre ne voulait ce poste. J'avais moi-même demandé le poste de professeur de Défense Contre les Forces du Mal… »

Voldemort éclata alors d'un rire mauvais.

- « Ah oui ! Il est extrêmement prudent quand il s'agit de nommer un professeur dans cette matière… » lança-t-il distraitement.

- « Quoiqu'il en soit, Maître, bien qu'étant continuellement à Poudlard, je n'arrive pas à obtenir la moindre information concernant… »

- « DEBROUILLE TOI ! » le coupa Voldemort « Je ne tolèrerais pas d'attendre indéfiniment ! Il me faut le fils Potter ! »

Un lourd silence s'abattit entre les deux hommes.

- « Sa stupide moldue de mère lui a jeté un sort de transfert cette nuit là, mais ils ont tout de même bien fini par le récupérer ! Ils en parlaient dans le journal, ils ont récupérés sa garde ! Alors pourquoi n'es-tu pas en mesure de me dire où se trouve ce sale morveux ! »

- « Maître, je fais vraiment ce que je peux, mais tous mes collègues soutiennent les Potter. Ils ne répondent pas aux questions que je leur pose sur eux, ils arrêtent de parler quand je m'approche… »

- « Tu es légilimens, Severus ! » s'énerva le Seigneur des Ténèbres « JE VEUX SAVOIR OU IL EST ! Arrange toi pour le savoir ! »

D'un geste rageur, il fit exploser une caisse qui se trouvait non loin.

- « Cet enfant est celui qui a le pouvoir de me vaincre !Il me faut m'en débarrasser tant qu'il n'est encore qu'un enfant et qu'il est inoffensif ! Je ne laisserais pas le moindre risque de voir mon pouvoir être en péril ! Tu me déçois Severus ! Je t'avais connus plus prompt à accomplir tes missions ! Ton immersion dans le monde de Dumbledore t'aurait-il fait perdre la tête ? »

- « Non Maître, non. Je suis tout entier dévoué à votre cause… » lança Rogue en s'inclinant une nouvelle fois.

Le Seigneur des Ténèbres s'approcha alors de lui et le saisit par le col et le força à se relever.

- « Dans ce cas, prouve le moi ! » siffla-t-il.

- « Je suis prêt à tout Maître » lui assura Rogue

- « Je VEUX que tu me dises où se cache Harry Potter ! Je veux le tuer moi-même de mes mains ! Et si ses parents pouvaient être présents se serait parfait ! Je me ferais une joie de tuer leur enfant sous leurs yeux avant de les tuer eux-mêmes d'une mort cruellement longue ! J'en ai plus qu'assez de les avoir toujours dans mes pattes, continuellement en train de contrer mes plans ! Tu comprends Severus, je veux la famille Potter ! »

- « Bien Maître, je le ferais. Vous n'aurez plus à être mécontent de moi » assura Rogue tandis que le Seigneur des Ténèbres le lâchait enfin.

- « J'aime te l'entendre dire » siffla Lord Voldemort en s'éloignant.

Rogue réajusta légèrement sa robe de sorcier et attendit. Le Seigneur des Ténèbres se retourna vers lui.

- « Ne me déçois pas Severus, sinon je serais obligé de sévir ! » lança-t-il

D'un coup de baguette magique, il tua un rat qui s'était aventuré trop près.

- « Malheureusement, je n'aimerais pas avoir à me débarrasser de toi. Non pas que je t'apprécie, mais plusieurs de mes serviteurs les plus dévoués croupissent en ce moment même à Azkaban, n'attendant que le moment où je viendrais les délivrer » siffla-t-il

- « Vous prévoyez de les faire évader ? » demanda prudemment Rogue

- « Les Détraqueurs sont déjà sous mon emprise. Je peux leur apporter bien plus que ce que le Ministère leur accorde. Le moment n'est pas encore venu, mais bientôt, il déserteront Azkaban et délivreront mes fidèles ! Ensuite, en remerciement de leurs obéissance, je les autoriserais à ce rendre parmi les moldus ! Ils devraient s'en donner à cœur joie »

Le Seigneur des Ténèbres éclata alors d'un rire mauvais qui fit dresser les cheveux sur la nuque de Rogue. Ce dernier prit un air satisfait et se frotta les mains en souriant.

- « Après cela Maître, plus personne ne pourra douter de votre grandeur ! » lança-t-il alors

Lord Voldemort se retourna vers lui, le regard brillant, un sourire malsain dessiné sur son visage reptilien.

- « Personne en effet. Et je veux que personne ne puisse m'en empêcher ! Retrouve le fils Potter, Severus ! Retrouve le ! »

- « Oui Maître »

- « Bien, dans ce cas… Je te laisse Severus. Ne me déçois pas ! »

- « Je ne vous décevrait pas Maître. »

Mais le Seigneur des Ténèbres n'entendit pas sa réponse, il avait transplané. Une fois seul, Rogue se mit à soupirer. Il traversa encore une fois le bâtiment délabré et une fois a l'extérieur, prit une grande inspiration. Il ne pourrait pas continuer encore longtemps à mentir au Seigneur des Ténèbres. Ce dernier commençait déjà à avoir des doutes sur sa fiabilité. Pourtant, il était primordial qu'il reste proche de Lord Voldemort si l'Ordre du Phoenix voulait garder l'espoir de remporter cette guerre. Le professeur Dumbledore lui avait bien préciser qu'il devait absolument faire croire au Seigneur des Ténèbres qu'il ignorait où se trouvait les Potter au moins jusqu'au moment où ils seraient protégés par un Fidelitas.

Mais bien sur, James Potter prenait son temps. Cet arrogant Gryffondor avait toujours voulu lui nuire en encore aujourd'hui, il lui posait problème. Si Saint Potter mettait encore beaucoup de temps à se reloger et à protéger sa stupide famille, il ne pourrait plus répondre de rien. Si le Seigneur des Ténèbres utilisait son pouvoir de légilimentie, il y verrait dans son esprit énormément de choses compromettant pour lui, et cela serait lourd de conséquence. Non seulement pour lui, mais aussi pour le reste de l'Ordre, mais visiblement James Potter n'en avait cure. Il devait tranquillement attendre que tout lui arrive sur un plateau comme d'habitude ! Il ne voulait tout de même pas qu'on lui dégotte un palais tant qu'il y était ! Une chance qu'il se soit trouver éloigner si longtemps des réunions de l'Ordre du Phoenix. Le voir lui serait insupportable. Par chance, il avait réussit à les éviter lui et Black depuis qu'il s'était engagé pour l'Ordre.

Black ! En voilà un autre stupide Gryffondor ! Cela ne suffisait pas qu'il l'humilie à Poudlard, il fallait encore qu'il continue ! Il lui avait pris la seule femme pour qui il avait éprouvé un certain intérêt autre que purement sexuel. Océane était la beauté même. Elle s'était amourachée de Black, autant donné de la confiture à un hippogriffe ! Il ne la méritait pas ! Mais il avait bien réussit à l'embobiner. Même si Rogue ne voyait absolument pas ce que les femmes pouvait trouver à se bellâtre arrogant et sans intérêt, il devait reconnaître qu'il savait les charmer pour mieux les laisser tomber. Océane ne faisait pas exception à la règle. Elle n'avait rien vu mais lui savait. Severus Rogue savait que Sirius Black s'amusait avec elle comme il s'était toujours amusé avec les femmes. Il les considérait comme ses jouets. Quand il en avait assez d'une, il la jetait et en prenait une autre. Il lui ferait la même chose. Une fois qu'il se serrait lassé de la jolie blonde, il la renverrait et elle n'aurait que ses beaux yeux bleus pour pleurer. C'est à ce moment là qu'il interviendrait. Il la consolerait et elle l'accepterait. Il aurait enfin sa revanche sur Black. Elle le préfèrerait à lui. Il suffisait juste d'attendre que le Gryffondor se lasse, ce qui ne devrait plus trop prendre de temps car cela fait maintenant un certain temps qu'ils sortent ensemble. Et on a jamais vu Black s'engager véritablement avec quiconque. Sauf avec ses amis peut-être, et encore, quand on voit comment a tourné Pettigrow, on se dit qu'il ne sait pas bien les choisir ses amis !

Cette pensée fit sourire Rogue. La trahison de Pettigrow avait été un coup dur pour les Maraudeurs. Il espérait que cela rabaisserait une bonne fois pour toute le caquet de Potter et compagnie.

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- « NOOOOOOON ! »

James se redressa en sursaut. Il était en sueur, sa respiration était très rapide et saccadée. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Il regarda frénétiquement autour de lui, l'air totalement hagard avant de se rendre compte qu'il était dans sa chambre, assis dans son lit. Il avait encore une fois fait ce cauchemar. Ce terrible cauchemar où sous ses yeux impuissant, le Seigneur des Ténèbres torturait Harry et Lily. La vision du corps de Harry lacéré de profondes blessures béantes à côté de celui de Lily, mutilé et meurtri ne cessait de le hanter. Nouveauté dans ce macabre décor, le ventre dénudé de la jeune femme avait été totalement déchiqueté ne laissant aucun espoir de survie pour l'enfant qui l'habitait. Il tenta désespérément de penser à autre chose en prenant de grandes inspirations, mais rien n'arrivait à chasser cette morbide vision. C'est alors qu'il sentit une main se poser délicatement sur son épaule nue. Il se mit à frémir.

- « James » chuchota Lily qu'il avait réveillé en hurlant

Il se retourna et l'observa un moment, encore paniqué par son mauvais rêve.

- « C'est encore ce cauchemar ? » demanda-t-elle s'une voix infiniment douce.

Elle le regardait avec inquiétude, assise sur le lit, le visage encore endormi mais tendu. Il se contenta de hocher la tête d'un air malheureux. Elle l'attira alors vers elle. Elle le força doucement à se rallonger. Il avait sa tête posée délicatement sur la poitrine de sa femme tandis qu'elle laissait doucement une de ses mains jouer dans ses cheveux et que de l'autre elle lui caressait la joue en signe d'apaisement. Il laissa glisser son bras le long de sa taille et il la serra fort. Il essayait vainement de reprendre une respiration normale, mais il avait beaucoup de mal. La vision d'horreur le hantait encore.

- « Tout va bien mon amour. On est tous là et on va bien » chuchota Lily d'une voix douce et apaisante

- « J'ai peur. J'ai peur de vous perdre » souffla-t-il

- « Je sais, moi aussi j'ai peur. Mais il ne nous arrivera rien, nous sommes en sécurité »

James soupira. Il savait que c'était faux il n'était plus en sécurité nulle part, du moins pas tant qu'il n'aurait pas sous la protection d'un sortilège de Fidelitas. Mais il ne répondit rien. Lily lui embrassa le front d'un geste infiniment doux et elle continua à le garder serrer contre elle. Il se sentait mieux. Il resta un moment immobile. Il sentait que les gestes de sa femme se faisaient plus lents. Finalement la main de la jeune femme retomba mollement sur le matelas et il sentait sa respiration lente et régulière. Son joli ventre se soulevait lentement au fur et à mesure ses inspirations et ses expirations. Il le contempla un moment, ce spectacle était apaisant. Il se redressa alors et la regarda. Endormie, elle lui semblait encore plus fragile. Il soupira et se leva du lit. Il n'allait pas être capable de se rendormir de sitôt, il était inutile de prendre le risque de la réveiller à nouveau en gigotant dans le lit. Il enfila un T-shirt qui traînait là et sortit sans bruit. Instinctivement, il se dirigea vers la chambre de Harry. Il poussa délicatement la porte et entra. Il se alors pencha sur le lit de son fils. Il dormait paisiblement, le pouce dans la bouche et patte de la peluche Patmol fermement tenu dans son petit poing serré. Il était là et n'avait rien. Il le savait, mais il fallait quand même qu'il s'en assure, comme à chaque fois que ce cauchemar le reprenait. Il replaça sa petite couverture correctement puis sortit délicatement de la chambre après avoir jeter un dernier regard à son petit garçon, récupéra un dossier qui traînait sur la table du salon et se rendit de la cuisine où il s'enferma. Il alluma la lumière, et fut un moment ébloui avant d'être finalement habitué à la luminosité. Il n'y avait que là où il pouvait se mettre à travailler sans déranger sa femme et son fils. Il jeta un coup d'œil à la petite pendule de la cuisine. Il était trois heure du matin. Le reste de la nuit s'annonçait longue, le cauchemar avait chassé toute envie de sommeil. Il craignait trop de retrouver ces horribles scènes s'il se rendormait. Il poussa un peu tout ce qui traînait sur la table. C'est alors qu'il constata qu'il n'avait pas prit ses médicaments la veille. Voilà ce qui expliquait son rêve. Lily et lui devraient encore prendre pendant plusieurs semaines une potion calmante avant de se coucher avant de pouvoir passer naturellement une nuit paisible. Il avait oublié de se soigner. En soupirant, il se dirigea vers un des placards qu'il ouvrit. Il prit alors un verre et se dépêcha de prendre la mixture calmante ainsi que toutes les autres qu'il avait oubliées. Car si le lendemain, Lily se rendait compte qu'il n'avait pas scrupuleusement suivit son traitement, il en prendrait pour son grade. Elle était intransigeante sur ce point. Il grimaça de dégoût une fois qu'il eut tout bu. Il était persuadé que ce que s'était tous ses mélanges de potion qui allait avoir raison de sa santé.

Une fois qu'il eut bu plusieurs verres de jus de citrouille pour faire passer l'horrible arrière goût qui envahissait sa bouche, il prit place à la petite table. Il ouvrit alors le dossier. Il avait pris des notes lors de la réunion de L'Ordre qui avait eu lieu quelques heures auparavant. Il avait été surpris de voir que tout le monde les avait, Lily et lui, aussi chaleureusement accueillit. Il avait alors réalisé à quel point tout le monde s'était inquiété pour eux et cela lui fit chaud au cœur. Autre bonne nouvelle de la soirée, Rogue n'était pas présent. Il était en mission avait décrété le professeur Dumbledore sans en dire plus. Mais James se fichait éperdument de savoir où se trouvait le Serpentard. Plus tard il se retrouverait face à son vieil ennemi, mieux cela vaudrait.

Bien sur, il avait été très frustrant de savoir qu'il ne participerait à aucune des missions organisées lors de cette réunion, mais au moins, il avait retrouvé l'ambiance de l'Ordre, était de nouveau aux courants de toutes les avancées de l'organisation et avait des informations de première main. Le parchemin griffonné entre les mains, il hésita un moment. Il aurait dû le recopier proprement et l'archiver avec le reste des comptes rendus, mais il n'en avait pas envie. Pas maintenant.

Il déposa alors le parchemin dans un petit coin et sortit une liasse de documents. Il allait s'occuper de son entreprise. Maintenant que Gringott's avait donné son accord, les choses iraient beaucoup plus vite. Surtout qu'ils avaient finalement trouvés un local. Sirius, Remus et lui avaient visités plusieurs endroits avant de finalement tomber sur ses vieux bureaux qui avaient appartenu à un cabinet de notaire. Trois bureaux communicants et une salle d'attente, il était tout bonnement parfait. Si tout allait bien, dans trois semaines ils pourraient ouvrir « Jasire entreprise», nom qu'ils avaient trouvé en hommage à leur trois prénoms. Bien sur, il y avait encore quelques détails à régler. Un bon coup de peinture sur les murs et acheter des meubles. Remus avait aussi souligné qu'il leur faudrait sûrement une secrétaire. Il faudrait commencer à lancer des annonces. C'est d'ailleurs ce qu'il décida de faire. Il prit une plume et un parchemin et commença à rédiger la petite annonce. Le grincement de la plume sur le parchemin résonnait comme une drôle de musique. L'esprit du jeune homme semblait s'être calmer. Une fois l'annonce entièrement rédigée, il pourrait peut-être retourner se coucher le cœur léger.

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- « Remus ! »

Remus se retourna, et observa la jeune femme qui venait de l'interpeller ainsi. Il fut surpris de voir Kathleen lui faire de grands signes sur le trottoir d'en face.

- « Attends moi ! » cria-t-elle en traversant en traversant la rue.

Il la regarda faire en souriant. Il serra chaleureusement la main qu'elle lui tendait.

- « Si je m'attendais à te voir ici ! Tu habites dans le coin toi aussi ? » demanda-t-elle en souriant

- « Non, je me promène, je ne connaissais pas cet endroit alors je suis venu m'y promener » répondit-il

Il ne lui expliqua pas qu'il avait eu l'occasion de lire son adresse sur un morceau de parchemin sur le bureau de monsieur Scott et qu'une curiosité vivace, qu'il ne s'expliquait pas, l'avait poussé à venir voir où vivait la jeune femme.

- « Il a de beaux parcs dans le coin, tu permets que je t'accompagne un bout de chemin ? » demanda-t-elle alors en glissant ses mains gantées dans la poche de son manteau

- « Si tu veux » déclara-t-il en essayant de paraître le plus neutre possible alors que dans sa poitrine son cœur s'emballait.

Il se trouvait totalement ridicule de se mettre dans des états pareils. Il n'avait plus quinze ans tout de même !

- « Si on continue par là, on verra même un étang » annonça-t-elle en passant devant

- « Je te suis »

- « Alors ça t'arrive souvent de te promener tout seul comme ça ? »

- « Assez oui. Ca me prends souvent quand j'ai besoin de réfléchir »

- « Et tu réfléchissais là ? »

- « Oui »

- « A quoi ? » demanda-t-elle avant de devenir subitement aussi rouge qu'une pivoine « Excuse moi, je ne voulait pas être indiscrète »

- « Il n'y a pas de mal, je pensais à l'entreprise que montent mes meilleurs amis. Je vais d'ailleurs travailler avec eux »

- « Tu n'enseigneras plus à Henry ? » s'inquiéta-t-elle alors

- « Si, mon emploi du temps sera étudié pour que je puisse faire les deux »

- « Tant mieux » soupira-t-elle

- « Pourquoi ? » demanda Remus en essayant de ne pas sourire

- « Oh ! » s'exclama Kathleen « Parce qu'il t'aime beaucoup et qu'il apprend vite avec toi. Il aurait été déçu si tu étais partit ! »

- « Oui, tu dois avoir raison » répondit le jeune homme avec un léger pincement au cœur.

Elle pensait à la déception de Henry, elle se moquait éperdument qu'ils ne travaillent plus ensemble.

- « On est arrivé ! » s'exclama-t-elle

Devant eux se trouvait un petit étang gelé. Deux jeunes garçons essayaient de le traverser sans briser la glace et sans glisser.

- « Ils sont fous ! » lança le jeune femme

- « Ils sont jeunes ! » s'amusa Remus en se souvenant qu'il avait lui-même, avec les autres maraudeurs, souvent tentés de faire quelques pas sur le grand lac de Poudlard les hivers où celui-ci gelait.

Kathleen le regarda d'un air amusé.

- « Je suis sure que sous tes airs de garçons sérieux, tu as dû faire les quatre cents coups quand tu étais plus jeune ! »

- « Absolument pas » mentit Remus en souriant largement « J'ai toujours été sage comme une image, enfin une image moldue ! »

- « Tu connais cette expression ? » s'étonna la jeune femme

- « La femme d'un de mes meilleurs amis est d'origine moldue, je finis par prendre ses tics de langage » constata le jeune homme en souriant.

- « Tu as beaucoup d'amis »

- « Non pas tant que ça. Et ces derniers temps, le nombre s'est encore réduit »

Il avait marmonné ces derniers mots. Il essayait autant que possible de ne pas penser à Peter. Il maîtrisait encore assez mal l'accès de colère qui le gagnait à la pensée de ce traître. La jeune femme dû comprendre qu'elle avait aborder un sujet sensible car elle ne lui posa pas plus de question. Ils firent en silence le tour de l'étang que les enfants avaient finalement déserté.

- « Excuse moi » lança alors Remus « Je ne suis pas de très bonne compagnie »

- « Au contraire. C'est apaisant d'être avec toi. Et puis, je ne voudrais pas t'empêcher de réfléchir en discutant avec toi ! » lança-t-elle en souriant

Remus ne pu s'empêcher de sourire à son tour. Le vent glacé de l'hiver se leva alors. Une bourrasque les fit frissonner. Le jeune homme jeta un rapide coup d'œil à sa montre.

- « Par Merlin, déjà ! Je vais devoir rentrer » lança-t-il

- « Oh… Tu n'as pas le temps de venir prendre le thé chez moi ? J'habites tout près tu sais ! »

Oui, il le savait. Ce qu'il ignorait en revanche, c'était s'il avait vraiment envie de se retrouver seul avec elle, chez elle. Il avait très envie d'accepter, mais une angoisse sourde, la même qu'il ressentait dès qu'il commençait à être attiré par une femme, celle qui ne cessait de lui rappeler qu'il était un loup garou et qu'il n'avait pas le droit de faire subir à une femme le risque de le fréquentait ce faisait également entendre.

La jeune femme le regardait à présent avec curiosité, il fallait qu'il se décide. Il ne pouvait pas prendre le risque de lui faire croire qu'il pourrait y avoir quelque chose entre eux. Il fallait qu'il refuse.

- « Avec plaisir ! » répondit-il alors en souriant tout en se maudissant de ne pas avoir été capable de lui refuser.

Un large sourire illumina le visage de la jeune femme qui prit alors la direction opposée de celle par laquelle ils étaient venus. Il la suivit tout en observant le mouvement lent que faisaient ses cheveux dans le haut de son dos. Il se refusa à regarder plus bas. Il se sentait vraiment hypnotisé par elle.

- « J'habites dans la prochaine rue. Ce n'est pas très grand, mais au moins je ne suis plus chez mes parents ! » lança-t-elle alors ramenant Remus à la réalité

Elle marchait d'un bon pas et ils arrivèrent rapidement devant un petit immeuble chic de trois étages.

- « J'habite au premier » indiqua-t-elle en s'engageant dans les escaliers.

Elle s'arrêta devant une porte blanche et sortit de ses poches un trousseau de clé. Elle ouvrit la porte et le fit entrer. L'appartement était modeste mais très agréable. Un salon, une cuisine et une chambre, pour une personne seule, c'était très bien.

« Nettement mieux que mon minable petit studio » pensa même le jeune homme en se débarrassant de son manteau qu'il déposa sur le dossier d'une chaise dans la petite entrée.

D'après ce qu'il voyait, Remus se douta que la jeune femme n'avait pas d'homme dans sa vie. Cette pensée lui fit plaisir même s'il se rappela instantanément qu'il ne devait rien tenter avec elle. Il s'installa sur le canapé et pris avec plaisir la tasse de thé fumant que lui tendait Kathleen. A sa grande surprise, alors qu'il y avait deux autres fauteuils de libre, elle vint s'asseoir à ses côtés. Le canapé n'étant pas très long, il la frôlait de temps en temps. Il fit comme si de rien n'était et entreprit de boire son thé en silence.

- « Toi aussi tu es quelqu'un de très secret » lança la jeune femme en reposant sa tasse

- « Moi ? »

- « Oui, tu me donnes l'impression d'être solitaire. En tout cas tu es mystérieux »

- « Mystérieux, moi ? Non, je suis tout ce qu'il y a de plus banal ! » répondit Remus qui eut tout de même un peu de mal à avaler sa salive.

Kathleen s'était encore un peu rapproché de lui et il pouvait sentir son flanc contre le sien. Il respira son parfum, une odeur fruité qui lui plu aussitôt. Il sentit alors qu'elle posait sa main sur son bras.

- « Tu es tout sauf banal, Remus » lança-t-elle dans un murmure.

Sentant qu'il ne résisterait pas d'avantage, le jeune homme se leva d'un bond. Il se retourna et aperçut Kathleen qui le regardait avec étonnement, visiblement un peu vexée. Il posa sa tasse sur la table basse.

- « C'était très gentil à toi de m'avoir invité, je t'en suis vraiment très reconnaissant. Mais il se fait, tard et il faut vraiment que j'y aille. Ne te donne pas la peine de me raccompagner je connais le chemin ! J'ai passé un bon moment, au revoir Kathleen »

Sur ces quelques mots, il récupéra son manteau et quitta l'appartement. Kathleen ne s'était pas lever de son canapé. Une fois sorti de l'immeuble il se mit à courir avant de se laisser tomber sur un banc quelques rues plus loin. Il se sentait stupide. Il n'aurait jamais dû venir jusqu'ici. Il ne pouvait pas s'engager dans une relation à long terme ! C'était un loup garou ! Et il sentait déjà que s'il poursuivait dans cette vois avec Kathleen Gordon, cela le mènerait plus loin que les quelques petites amies qu'il avait déjà eu dans le passé. Et ça, il ne pouvait malheureusement pas se le permettre. Il soupira de rage et tranplana chez lui.