Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en générale mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre vingt cinq : Joue pas

« Joue pas, pas avec moi, car l'amour ça plaisante pas

Joue pas, joue pas comme ça

Tu sais jamais jusqu'où ça ira de jouer avec moi »

François Feldman

Il y avait déjà du monde à l'intérieur de la vieille chaumière qui abritait le quartier général de l'Ordre du Phoenix. Ils devaient être les derniers, mais Harry avait eu un mal fou à s'endormir et Lily n'avait pas voulut laisser Océane s'en débrouiller toute seule. Solidement enlacée par la taille par le bras de James, et chaudement emmitouflée dans son manteau, elle ne put cependant s'empêcher de frissonner quand un courant d'air frais vint faire voler ses longs cheveux roux.

« On fait bien d'arriver, tu es gelée » constata James en passant une de ses mains sur sa joue glacée.

Ils se dépêchèrent d'entrer dans la vieille maison et Lily se sentit revivre. La chaleur du feu qui brûlait dans l'âtre lui fit un bien fou.

« Excusez nous pour le retard » lança James en prenant de le manteau de sa femme et le sien pour les poser dans un coin.

« Ce n'est rien, Sirius nous avait prévenu de son retard » répondit en souriant le professeur Dumbledore en leur désignant leur ami qui leur avait réservé les places près de la sienne. « Nous attendons encore quelqu'un pour commencer » reprit alors le vieux professeur en reprenant son air grave.

« Vous avez réussit à l'endormir ? » souffla Sirius à l'oreille de Lily

« Oui, mais ça n'a pas été facile, je crois qu'il nous couve quelque chose » répondit-elle sur le même ton.

« Tu m'étonnes ! Avec le temps qu'il fait ! » grogna Sirius en se redressant.

Lily jeta rapidement un regard autour d'elle et salua d'un signe de la main, Remus qui était assis en face d'elle. Elle fut surprise de voir que la quasi-totalité des membres de L'Ordre était présente. Cela n'était arrivé que rarement depuis qu'elle en faisait partie et cela ne pouvait signifier qu'une seule chose : l'heure était grave. La seule place de libre se trouvait en face de James. Elle se demanda un moment qui donc pouvait bien être cette personne qu'ils attendaient tous quand la porte s'ouvrit et Rogue fit son entrée dans la pièce. La jeune femme ne put empêcher le hoquet de répulsion qui la gagnait mais se reprit vite en se rappelant que désormais, le Serpentard était leur allié. A côté d'elle, elle sentit Sirius et James se raidir et Remus la regarda d'un air grave avant de détourner son regard vers le nouveau venu. C'était la première fois depuis qu'ils avaient été autorisés à rejoindre l'Ordre que James et Sirius se retrouvaient face à leur vieil ennemi. Instinctivement, Lily posa sa main sur le bras de son mari qui scrutait Rogue d'un regard presque haineux. Le Serpentard vint prendre place en face d'elle et la gratifia d'un sourire ironique ce qui eut pour conséquence d'énerver encore plus James. Lily chercha sa main sous la table et enlaça tendrement ses doigts aux siens pour bien lui montrer qu'il ne devait pas se laisser emporter. La jeune femme se tourna alors vers Sirius qui semblait vouloir tuer Rogue rien qu'en le fixant. Elle soupira et se mit à espérer fortement que tout ce passe bien.

« Puisque nous sommes tous là, nous allons pouvoir commencer » annonça solennellement le professeur Dumbledore.

Lily lui accorda toute son attention sans cesser de serrer dans sa main celle de James dont elle caressait le dos de son pouce.

« Depuis que Severus nous a rejoint …»

Le professeur fit alors mine de ne pas entendre le léger grognement qu'émit alors Sirius qui reçut un léger coup de pied dans les tibias de la part de Remus

« Nous avons de très nombreuses informations sur les actions de Voldemort » il y eut un frisson collectif dans la salle à l'entente de se nom « qui nous permettent ainsi d'éviter les pièges et de réduire considérablement le nombres d'attentat. Tout pourrait sembler être pour le mieux, mais il n'en ai rien car Voldemort commence à avoir des soupçons »

« Des soupçons ? » demanda Kingsley

« Oui, sur la fiabilité de Severus. Il commence à trouver cela étrange qu'il travaille à Poudlard et qu'il me côtoie quotidiennement et qu'il ne soit pas en mesure de lui révélé la moindre de nos actions »

Lily hocha la tête. C'était tout à fait compréhensible. A côté d'elle James continuait à fixer haineusement Severus qui la regardait lui aussi avec une sorte de dégoût malsain. Tous deux donnaient l'impression de ne pas avoir écouter un seul mot de se que venait de dire Dumbledore. Lily força alors son mari à se baisser et lui glissa à l'oreille.

« S'il te plait chéri, essaye de l'oublier un peu, il fait ça uniquement pour te provoquer » souffla-t-elle.

James la regarda un moment d'un air grave et la jeune femme lâcha alors sa main et vint déposer la sienne sur la cuisse de son mari en souriant gentiment. James ne pu s'empêcher de sourire et prit alors partie d'ignorer le Serpentard et se concentrer exclusivement sur le professeur Dumbledore.

« Il est pourtant primordial que Severus continue à être en contact avec Voldemort, cela aussi bien pour sa sécurité que pour l'Ordre »

« Que proposez-vous alors ? » demanda Emeline Vance

« Il va nous falloir organiser une mission dont Voldemort sera mis au courant » souffla Dumbledore

Un frisson collectif traversa la salle. Instinctivement, Lily crispa sa main sur la cuisse de son mari la regarda d'un air grave.

« Vous voulez dire que nous allons organiser une mission et que nous allons en informer le Seigneur des Ténèbres. C'est comme si nous nous tendions nous même un piège ! » lança Remus

« Exactement. Les responsables de cette mission seront choisit sur la base du volontariat et… »

Lily sentit son cœur se serrer quand elle aperçut James qui levait la main, elle retint son souffle.

« Je veux la faire » lança-t-il simplement

« Moi aussi ! » ajouta Sirius d'un air décidé tandis que Remus qui les regardait d'un air entendu leva également la main.

Le professeur Dumbledore posa sur eux son regard pénétrant et répondit d'une voix calme et posée.

« Je suis désolé, mais aucun de vous trois ni même Lily ne participera à cette mission »

« Pourquoi ! » s'indigna James alors que Lily se sentait revivre d'un seul coup.

« Tu sais très bien pourquoi je ne peux pas laisser ta femme y aller, James. C'est toi-même qui est venu m'en parler »

Les autres membres de l'Ordre, qui ignorait encore la grossesse de la jeune femme, la regardèrent d'un air curieux tandis que James approuvait d'un signe de tête.

« Ensuite, tu es encore trop faible pour participer à une mission de se genre, mais surtout, au vu des circonstances actuelles, il ne me sembla pas judicieux d'envoyer un de vous trois dans les filets de Voldemort »

Lily comprit alors la décision de Dumbledore. Il ne pouvait se permettre de prendre le risque de faire tuer l'un des deux Gardiens du Secret de leur maison, sinon, toute la protection mise en place autour de Harry serait perdue. Elle se sentit alors presque honteuse d'être grandement soulagé par cette nouvelle, mais elle n'aurait pas supporté de savoir James à une mission de ce genre.

En face d'elle, Rogue les regardait d'un air moqueur. Il semblait grandement s'amuser de la déconfiture de ses trois anciens ennemis. Alors qu'il allait prononcer quelque chose, la jeune femme le coupa.

« Pas de commentaire, Severus ! » intima-t-elle en le fixant d'un regard sévère.

Il y eut un silence mi-amusé, mi-étonné dans la salle que rompit Kingsley au bout d'un moment en demandant plus de détails sur la mission.

James regardait sa femme d'un air amusé et posa sa main sur la sienne en signe de remerciement tacite.

De retour chez eux, une fois Harry récupéré et recouché, Lily se glissa paresseusement dans le grand lit où James l'avait précédé.

« Je n'arrive pas à croire qu'il me croit encore trop faible pour faire une mission ! » s'indigna-t-il

Lily soupira. Elle savait qu'il n'avait pas aimé la nouvelle et qu'il allait être difficile à persuader que c'était mieux ainsi.

« Mais tu es encore trop faible. Tu te rétablies très bien, mais tu ne dois pas oublier que tu continues régulièrement à te rendre à Ste Mangouste et que tu te fatigues encore vite » répondit-elle d'une voix calme et posée.

« Mais moi je me sens tout à fait capable de la faire »

« Chéri, je ne remets pas en cause ton courage et ta volonté de faire tout ton possible pour que cette guerre se termine, mais regarde les choses en face, tu ne fais pas le poids pour le moment face à une attaque de mangemorts »

« C'est vraiment ce que tu penses ? »

« James, je sais que tu es un brillant sorcier et que tu sais te défendre, mais tu te fatigues encore beaucoup trop vite et le médicomage à dit qu'il ne fallait pas que tu ais d'autres blessures graves avant d'être entièrement remis sur pied. Tu pourrais en mourir tu sais ? »

La voix de la jeune femme tremblait malgré elle, dès qu'elle évoquait le fait qu'il pourrait mourir, elle ne contrôlait plus toutes ses angoisses. Elle ferma les yeux pour tenter de se calmer et sentit que James la prenait dans ses bras. Il lui embrassa la tempe tout en laissant doucement promener sa main sur son dos.

« Calme toi, tout va bien. Je ne vais pas la faire cette mission de toutes façons. Ne te met pas dans des états pareils pour moi » souffla-t-il

« Arrête de dire des bêtises ! C'est normal que je m'inquiète pour toi, je t'aime tellement » répondit-elle

« Moi aussi je t'aime et je suis soulagé que toi non plus tu ne la fasses pas cette mission »

« Tu as dit au professeur Dumbledore que j'étais enceinte ? » demanda-t-elle en ouvrant les yeux et en les plongeant dans ceux de son mari qui ne pu s'empêcher de sourire.

Il aimait tant ses yeux et surtout, il adorait s'y perdre.

« Oui » souffla-t-il « D'abord parce que j'ai envie qu'un maximum de personne sache que nous allons agrandir notre belle petite famille »

Lily lui fit son plus beau sourire.

« Pourquoi tu ne l'as pas annoncé lors d'une réunion alors ? » demanda malicieusement.

« Parce que je ne tiens pas à ce que Rogue soit au courant. Je n'ai pas envie qu'il aille le répéter à Face de Serpent ! »

Lily soupira et hocha la tête.

« Et ensuite, parce que je voulais être sur que tu ne courrais aucun risque, autant pour toi que pour le bébé » continua James.

La jeune femme glissa alors ses mains autour du coup de son mari et l'embrassa tendrement.

« J'ai tellement hâte que tout ça soit fini pour que l'on puisse vivre enfin sereinement tous ensemble » souffla-t-elle en se calant confortablement contre le torse de son mari qui la regardait tendrement

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James laissa son bras tombé à ses côtés sur le lit. Mais plutôt que les hanches harmonieuses de sa femme, sa main rencontra le drap refroidi du lit. Sans ouvrir pour autant les yeux il tâtonna un moment pour trouver le moindre petit bout de peau de sa Lily mais ne la trouvant pas, il se résigna à ouvrir les yeux. Il était seul dans le lit. Etonné il se redressa, se frotta un moment ses yeux encore endormis et regarda autour de lui dans la chambre. Il était bel et bien seul. A côté de lui, à la place où sa femme aurait dû se trouver, il s'aperçut que les draps était glacé. Elle avait dû se lever depuis un bon moment. Il jeta un rapide coup d'œil au réveil qui lui indiqua qu'il était tout juste six heure et demi du matin. En grognant un peu, il se leva, enfila un pull et sortit de la chambre. Au passage, il colla son oreille contre la porte de la salle de bain, mais aucun bruit d'eau ne se fit entendre. Il passa une de ses mains dans ses cheveux et descendit lentement en baillant.

« Déjà debout ? »

James sursauta. Il avait entendu Lily chuchoter ses quelques mots, mais dans la pénombre de son salon, il ne la voyait pas. Il plissa les yeux et la vit, installée dans le canapé, Harry blotti contre elle, chaudement enveloppé dans une couverture.

« C'est à toi que je devrais poser cette question ! » répondit-il sur le même ton « Il y a un problème ? »

« Il a de la fièvre » l'informa Lily en posant ses yeux sur son fils. « Tu peux ouvrir un peu les rideaux, s'il te plait ? »

James s'approcha alors de la baie vitrée et tira sur l'étoffe du rideau laissant entrer la douce lumière du petit matin dans la pièce. Puis il s'approcha de sa femme qu'il embrassa sur le front et se pencha sur son fils.

Il ne dormait pas mais paraissait exténuer. Il déposa un petit baiser sur son front et constata qu'effectivement il était brûlant. Il caressa alors doucement les cheveux couverts de sueur de son fils et se redressa.

« Je l'ai entendu qui gémissait tôt ce matin, je suis allé le voir et il était trempé de sueur. Je l'ai changé et c'est là que j'ai vu qu'il avait de la fièvre. J'attendais qu'il fasse un peu moins froid pour lui donner un bain pour faire descendre sa température » expliqua la jeune femme.

James s'installa non loin d'eux et regarda son fils avec inquiétude.

« Tu aurais dû me réveiller » lança-t-il

« Pourquoi ? J'étais réveillée, on n'a pas besoin d'être deux à le veiller » répondit Lily en souriant.

« Tu aurais pu te rendormir et moi je me serais occupé de lui ! »

« Ca n'a aucune importance » répondit Lily.

James la vit alors étouffer un bâillement. Ils étaient rentrés tard de la réunion de l'Ordre et elle s'était levée à l'aube pour s'occuper de Harry, elle devait être exténuée.

« Tu devrais me le passer un moment et aller te reposer » proposa-t-il en tendant les bras.

« Prends le un moment et berce le, mais moi je reste debout. Maintenant que je suis levée, ça n'a aucun sens que je retourne me coucher.» demanda-t-elle en déposant Harry dans les bras de son papa.

« Si tu le dis » répondit distraitement le jeune homme en calant confortablement contre lui son fils, dont il sentait l'infernale chaleur transpercée à travers la couverture. « Tu ne crois pas qu'il a trop chaud ? »

« Il faut qu'il transpire, mais il faut faire attention à ce qu'il ne prenne pas froid. Je vais aller te chercher des vêtements secs pour que tu le changes »

James regarda alors un moment sa femme reprendre les escaliers pour se rendre dans la chambre de Harry. Il reporta son attention sur son fils qui ne dormait toujours pas. Il le berça un peu en lui chuchotant des paroles apaisantes. Il ne supportait pas de voir son bébé malade. S'il avait pu, il aurait pris pour lui toute la fièvre du petit garçon. Il se souvint alors de l'énorme poussée de fièvre que le petit garçon avait déjà eu quelques mois plus tôt et qui avait nécessité son hospitalisation. Cette pensée le glaça d'effroi. A cet instant, Lily revint avec un nouveau pyjama pour Harry.

« Tiens chéri. Tu veux bien le changer ? »

« Bien sur, mais Lily… Tu ne crois pas que… Tu ne penses pas que ça pourrait être une nouvelle crise de Magiolis ? »

La jeune femme le regarda un moment, étonnée, et s'approcha d'eux. Elle écarta un pan de la couverture pour mieux voir son petit garçon. Elle caressa sa joue du bout des doigts

« Je ne penses pas. Le médicomage avait dit que les crises de fièvres seraient rares. Et puis, il est tout de même moins brûlant et ça fait longtemps qu'il n'a pas fait de magie spontanée. Il a simplement dû attraper un mauvais rhume »

« Tu es sure qu'il ne faut pas qu'on aille à Ste Mangouste ? » insista tout de même James

Il vit sa femme le regarder, partagée entre l'amusement et l'attendrissement.

« On ne va tout de même pas l'emmener à l'hôpital dès qu'il a un peu de fièvre. Ce n'est pas encore dramatique pour le moment. Si ça continue comme ça, on ira, mais pour le moment, je vais lui donner une potion contre la fièvre et on essayera de le recoucher » décréta la jeune femme en souriant avant de disparaître dans la cuisine.

James se repensa alors vers son fils. Il aurait tout de même pouvoir montrer Harry à un médicomage. Il se leva et déposa Harry sur le canapé. Il lui ôta son pyjama trempé et lui mit le sec. Puis il le reprit dans ses bras en l'embrassant.

« James ! »

Le jeune homme se retourna alors. Lily se trouvait dans l'embrasure de la porte de la cuisine. Elle tenait une grande fiole entièrement vide.

« On a plus de potion anti-fièvre » annonça-t-elle simplement

« Tu ne peux pas en refaire ? » demanda James

« Je n'ai pas tous les ingrédients, ils n'ont pas survécu au déménagement. De toute façon, il faut plusieurs heures pour la confectionner ! »

« On fait comment alors ? » demanda James qui n'avait jamais eu autant envie de prendre la première cheminée pour Ste Mangouste.

« Je pensais que tu pourrais aller en chercher quelque part. Je ne pense pas que Sirius et Océane en aient, mais Molly Weasley en a certainement »

James la regarda d'un air incrédule.

« Tu veux que j'ailles chez les Weasley chercher une potion ? »

« Pourquoi pas ? Après tout, il faut bien soigner Harry ! » répondit Lily en s'approchant de lui « Tu veux bien y aller ? »

James soupira. Il n'avait pas spécialement de débarquer si tôt dans la matinée chez des gens, aussi sympathique soient-ils, mais il ne s'agissait pas de lui, mais de Harry. Il redonna le petit garçon à sa maman et prit la direction de l'escalier.

« J'y vais ! J'y vais ! » lança-t-il en montant la première marche.

Il se dépêcha de s'habiller, renonça à se peigner, de toute façon, cela n'aurait rien changé. Lily l'attendait au pied de l'escalier. Elle l'embrassa rapidement avant de l'accompagner jusqu'à la cheminée. Le jeune homme s'agenouilla devant la cheminée et lança une poignée de Poudre de Cheminette dans l'âtre. Il sentit sa tête tournoyer à une vitesse folle et lorsqu'il rouvrir enfin ses yeux qu'il avait fermé pour se protéger de la cendre, il se retrouva en face d'un pied de chaise.

Il trouvait très étrange de voir une pièce depuis la hauteur de la cheminée. Il se mit à penser que c'était sans doute ainsi que Harry voyait le monde qui l'entourait et se demanda comment son fils pouvait se montrer alors aussi intrépide alors que la moindre chaise avait des allures d'armoires normandes.

« Euh… Il y a quelqu'un ? » demanda-t-il

La chaise qui se trouvait en face de lui bougea alors et un petit garçon roux en descendit. Il vit le garçonnet s'agenouiller devant lui et le regarder en souriant.

« Bonjour monsieur Potter ! » lança-t-il. C'était Bill

« Je t'ai déjà dit qu'il fallait m'appeler James ! » répondit tranquillement James en souriant « Est-ce que tes parents sont là ? »

« Oui ! Papa s'occupe de Ginny et maman essaye de réveille Charly ! »

« Tu peux aller en chercher un ? »

« Bien sur ! » déclara le petit garçon en se relevant. « PAPAAAAAA ! Il y a monsieur James dans la cheminée ! »

James grimaça. Bill avait plus hurlé qu'appelé. Arthur arriva rapidement, Ginny dans ses bras.

« James ? Bonjour ! Qu'elle surprise ! » lança-t-il

« Bonjour Arthur. Je voulais savoir si vous aviez une potion contre la fièvre car nous n'en avons plus et Harry est malade » répondit James tout en commençant à se dire que ses genoux le faisait horriblement souffrir.

« Je pense que nous avons ça. Mais ne restez pas comme ça, venez nous rejoindre ! » déclara Arthur en souriant « Nous vous attendons »

« Très bien j'arrive » répondit James en ôtant sa tête de la cheminée.

Il se releva, le visage couvert de cendre dans son salon.

« J'y vais » lança-t-il simplement

Puis reprenant une plus importante poignée de Poudre de Cheminette qu'il jeta dans l'âtre avant d'y entrer et de prononcer très clairement « Le Terrier ».

Il arriva dans la cuisine des Weasley quelques secondes plus tard. Il sortit de la cheminée et s'épousseta. Il aperçut alors Bill qu'il salua en lui tapotant gentiment la tête. Il ne vit Arthur nulle part. Il allait demander à Bill où était son père quand un bruit dans l'escalier le fit tourner la tête.

« Alors comme ça mon pauvre Harry chéri est malade ! » s'écria Molly en se précipitant sur James pour poser un baiser sur chacune de ses joues.

« Oui, Lily pense qu'il a un mauvais rhume » répondit James en serrant la main de Arthur qui était arrivé derrière sa femme.

« Avec le temps qu'on a eu ses derniers jours, ce n'est pas étonnant… » marmonna Molly en se précipitant dans ses placards.

« Je déteste le voir malade » lança James en la regardant faire.

Molly se mit à sourire. Elle se redressa trois fioles dans les mains.

« Arthur était aussi inquiet. La première fois que Bill a eu de la fièvre, il m'a presque fait une scène ! Il voulait l'emmener à Ste Mangouste ! » s'amusa-t-elle

James se contenta de sourire faiblement. Lui-même continuait à penser qu'il serait plus rassuré s'il pouvait emmener son fils dans l'établissement de soin.

« Mais pour une simple fièvre, ils vous renvoient directement chez vous » continua Molly en lui tendant les trois fioles. « Voilà ! »

« Tout ça ! » demanda James

« J'en ai beaucoup d'autre et le temps que vous en fassiez d'autre, elles pourront servir » répondit Molly en souriant.

James prit avec précaution les fioles de potion, remercia chaleureusement et promis que dès que son fils irait mieux, ils viendraient tous les trois les voir. Puis il se dépêcha de rentrer. Lily donna immédiatement la potion à Harry. Elle le berça encore un moment. Le petit garçon s'endormit alors profondément. Ils allèrent le coucher délicatement. La fièvre avait commencé à tomber et James se sentit rassurer. Il n'irait peut être pas à Ste Mangouste finalement.

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« Oui, Henry, je suis sur qu'il n'y a pas de colonies d'Acromentula qui a élu domicile sous ton lit ! » s'amusa Remus en tapotant la tête de son élève.

« Tu es vraiment vraiment vraiment sur ? Je serais quand même plus rassuré si tu venais vérifier ! » répondit Henry en le regardant d'un air suppliant.

Remus le regarda un moment, puis empoigna sa baguette et se leva. Il contourna le bureau sur lequel ils avaient tous les deux travaillé et fit signe au petit garçon de le suivre.

« Je veux bien aller jeter un coup d'œil, mais je suis convaincu qu'il n'y aura rien. Il n'y a plus d'acromentula, ce ne sont que des rumeurs ! Je me demande bien comment une telle idée a pu arriver dans ta tête ! »

« C'est mon cousin Stan qui me l'a dit… »

« Et bien je crois que ton cousin Stan aura voulu te faire une farce »

Ils étaient arrivés devant la porte de la chambre du petit garçon. Henry ouvrit la porte et entra en premier. Remus n'avait jamais vu une chambre d'enfant aussi bien rangé. Tout était exactement en place comme si rien n'avait touché depuis des années.

« Je n'ai pas le droit de jouer dans ma chambre. J'ai une salle de jeu pour ça. Maman ne veut pas que ma chambre ne soit pas rangé » expliqua Henry qui avait surpris le regard étonné de son professeur.

« Très bien, occupons nous de ta colonie d'acromentula alors ! » lança Remus avec un sourire

Il se pencha et regarda sous le lit.

« Tu veux bien m'éclairer s'il te plait ? » lança-t-il profitant de l'occasion pour vérifier que son élève avait retenu ses leçons.

Henry se mit à quatre pattes sur le sol et brandit sa baguette.

« Lumos »

Le dessous du lit s'éclaira alors. Remus observa attentivement. Bien évidemment, il était désert.

« Tu vois bien qu'il n'y a rien sous ce lit ! » lança-t-il en se relevant.

« Oui, excuse moi »

« Tu n'as pas à t'excuser. Tu as bien fait de demander, il ne faut pas rester avec des craintes ou des angoisses. N'hésite pas à revenir me demander si quelque chose t'embête. Mais si tu veux un conseil, méfie toi de ce que pourras te raconter ton cousin Stan ! »

« Oui, Remus » répondit Henry en souriant.

Tous deux sortirent alors de la chambre que le petit garçon referma soigneusement. Puis il regarda sa montre et son visage se tendit.

« Il faut que je me dépêche ! Mon cours avec Kat ne va pas tarder ! Au revoir Remus, à la semaine prochaine »

« A la semaine prochaine » répondit distraitement Remus.

Alors que le petit garçon s'éloignait dans le couloir, le jeune homme s'arrêta. Il devait essayer de sortir discrètement de la maison sans croiser Kathleen. Depuis qu'il avait reçu sa lettre, il avait réussit à ne pas la croiser une seule fois. Il espérait pouvoir continuer ainsi encore longtemps. Il traversa le couloir, il voyait au bout la porte d'entrée. Soudain une main l'agrippa par son pull et l'attira dans le salon. Surpris, il se retrouva bloqué contre le mur, Kathleen plaquée contre lui.

« Ne sais-tu donc pas lire Remus Lupin ? » demanda-t-elle d'une voix énervée.

Remus la regarda un moment, totalement abasourdi. Face à lui, elle ne faisait pas le poids, mais il ne faisait aucun mouvement pour se dégager. Il semblait totalement subjugué par elle. Elle était encore plus belle quand elle était en colère. Ses grands yeux noirs semblaient lancés des éclairs. Ses cheveux flottaient tranquillement autour de son visage tendu par la colère, les lèvres pincées.

« Tu n'as pas eu mon hibou ? » continua-t-elle

« Si » se contenta de répondre Remus sans cesser de la dévorer des yeux.

« Alors tu me prends pour une idiote ! Pourquoi tu m'évites comme ça ? C'est encore pire qu'avant que je t'écrive ! Je te répugne donc tant que ça ? »

« Non, bien sur que non ! » s'exclama Remus en le regrettant aussitôt.

La jeune femme le regarda, visiblement flattée de sa réaction, mais encore énervée. Elle se mit à sourire légèrement mais reprit vite le contrôle de son visage pour lui redonner une apparence dure et sévère.

« J'estime avoir le droit de savoir pourquoi tu me fuis ? Tu as peur de moi ? » demanda-t-elle

Remus soupira. C'était plutôt à elle d'avoir peur de lui.

« C'est compliqué Kathleen… »

« Kat ! » le repris la jeune femme avec agacement. « Et ça ne répond pas à ma question ! »

« S'il te plait, je voudrais partir, tu en as fini avec moi ? » demanda le jeune homme en se dégageant facilement.

« Oh non Remus, je n'en ai pas fini avec toi ! » répondit-elle alors qu'il lui tournait déjà le dos. « Je veux comprendre pourquoi tu repousses même mon amitié ! »

Remus s'arrêta alors mais ne se retourna pas. Il fixait la porte avec une furieuse envie de se retourner et de se jeter sur elle pour l'embrasser. La dernière phrase de la jeune femme était teintée de tristesse, il mourrait d'envie de la prendre dans ses bras pour la rassurer. Mais il ne devait pas céder. Il ne pouvait pas, il n'avait pas le droit. En silence, il fit quelques pas en direction de la sortie.

« Rendez-vous demain soir à 20h30 au '' Bon petit cuistot''. Ne sois pas en retard ! » lança-t-elle alors d'un air décidé alors qu'il allait franchir la porte.

En esquissant un sourire, Remus quitta le salon, prit son manteau et sortit de la maison, les joues en feu et l'esprit totalement tourné vers une jeune femme aux grands yeux noirs.