Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en générale mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !
Bonne lecture à vous tous… Aylala
Note de l'auteur : Plus que trois chapitres avant mon départ en vacances...
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Ce qui aurait pu se passer
Chapitre trente six : Au nom du père
« Les prisons se libèrent
Des hommes et des idées
Il ne reste en enfer
Qu'un rêve à baptiser »
Michel Sardou.
Il se leva sans un bruit. Il n'avait pas dormit de la nuit. Il savait qu'ils n'avaient pas le droit mais il n'avait plus le choix. Il enfila sa chemise de nuit et ses pantoufles, il ouvrit la porte le plus délicatement possible et la referma tout aussi silencieusement. Elle dormait encore. Il soupira et entama sa lente progression dans le couloir sombre. Comme d'habitude, il détourna le regard de la porte maudite qu'il avait renoncé à faire condamner, bientôt, il serait là. En soupirant, il se rendit dans la cuisine. Winky s'y trouvait déjà, préparant le petit déjeuner.
- « Monsieur est déjà levé ? » s'étonna l'elfe en le voyant entrer
- « Oui » répondit simplement Croupton d'un ton lugubre.
Sans plus de cérémonie, il traversa la pièce jusqu'à une porte dérobée qu'il poussa à regret. Il pénétra dans la minuscule pièce. La seule lumière provenait d'un petit feu qui brûlait au dessous d'un immense chaudron. Une mixture à l'allure boueuse y bouillonnait, laissant échapper une épaisse fumée noire. Du polynectar. Croupton grimaça, il avait obtenu ce chaudron une semaine auparavant. Il l'avait payé une somme monstrueuse à un apothicaire de l'Allée des Embrumes en utilisant un très habile déguisement. Le commerçant lui avait assuré qu'il ne restait plus qu'une semaine de cuisson. C'était aujourd'hui. Elle allait partir. A cette pensée ses yeux s'embuèrent. Blandine, son seul amour, allait le quitter, elle en avait décidé ainsi, il avait accepté son choix. Mais cela lui faisait mal, cela lui faisait physiquement mal. Elle s'était condamnée, elle était prête à mourir pour permettre à son fils de quitter sa geôle, prête à faire évader ce traître, ce mangemort… Il se laissa tombé sur le sol. Détruit, il était un homme détruit. Dans quelques heures, il serait le complice d'une évasion, il aurait perdu sa femme et devrait s'assurer qu'un des pires mangemorts connus restent inoffensif.
De lourdes larmes se mirent à couler le long de ses joues. Pourquoi ? Qu'avait-il fait pour mériter un tel châtiment ? Pourquoi avait-il cédé à Blandine ? Parce qu'il l'aimait, il l'aimait plus que tout, il l'aimait trop. Et il avait mal. Elle allait mourir seule à Azkaban, tout avait été planifié. Tous jusque dans les moindres détails.
Il avait réussit à obtenir un droit de visite, en vertu de sa position au Ministère, il avait du polynectar, il avait prévu de cacher Bart dans la maison, le soumettant à l'Impérium jour et nuit, puis enfin il avait prévu de faire croire au décès de sa femme quelques jours plus tard, il organiserait un faux enterrement, avec un cercueil vide et il commencerait sa vie de damné.
Du dos de la main il sécha ses pleurs d'un geste rageur. Il se redressa pour soulager ses membres ankylosés. Il soupira et sortit de la petite pièce, sans un mot il passa devant Winky qui le regardait d'un air inquiet quitta la cuisine sans accordé le moindre regard à la table du petit déjeuner dressée devant lui. Il se rendit dans la salle de bain et s'y enferma, il avait besoin, plus que jamais d'être seul.
Lorsqu'il en sortit, il se rendit dans sa chambre. Le lit était vide. Pour la première fois depuis plus d'un mois, Blandine s'était levée. Et c'était la dernière fois… Croupton serra les poings et réprima le cri de détresse qu'il avait tant envie de pousser. Il se rendit dans le salon. Elle était là, assise sur le canapé, les yeux dans le vide. Elle était très pâle et ne semblait pas avoir remarqué qu'il était entré, elle tenait serré contre elle son sac à main qui contenait les fioles de polynectar. Il vint se poster près d'elle et prit ses mains dans les siennes. Elle eut un léger sursaut et posa son regard sur lui.
- « Tu es sure ? » chuchota-t-il avec toujours avec le soupçon d'espoir qu'elle revienne sur sa folle décision.
- « Oui, Barty » répondit-elle avec une détermination impressionnante.
Le cœur de Croupton sembla alors se briser. Il se redressa, désespéré.
- « Allons-y » soupira-t-il
Blandine se leva alors et prit le bras qu'il lui tendait. Elle était trop faible pour se déplacer seule.
- « Nous partons Winky » souffla simplement Croupton en arrivant devant la porte d'entrée.
L'elfe transplana immédiatement devant eux. Ses yeux globuleux étaient injectés de sang sans doute d'avoir trop pleuré.
- « Au revoir monsieur… Au… au… au revoir madame » bafouilla-t-elle une énorme larme coulant le long de son nez en forme de groin
- « Au revoir Winky » souffla Blandine en posant sa main sur la tête de son elfe « Tu prendras bien soin de lui n'est-ce pas ? »
Le cœur de Croupton saigna encore plus. Il savait qu'il n'était de ce lui. Blandine, la seule personne qu'il ait aimé ne se souciait plus de lui. Alors que l'elfe acquiesçait en pleurant, il entraînait son épouse en dehors de leur demeure et transplana avec elle jusqu'à Azkaban.
Il faisait froid, un froid mordant qui s'insinuait dans chaque parcelle de son corps le faisant violemment frissonner. De sa vie, Croupton ne se souvenait pas d'avoir vu une chose si effrayante. Ils étaient sur une île au sommet d'une abrupte falaise. Le vent glacial du large les foutait de toute sa puissance. Devant eux s'élevait une forteresse au mur haut et gris. Aucune ouverture n'était visible. Une impression de détresse suintait le long de l'épaisse muraille. D'une petite cabane attenante, Croupton vit une frêle silhouette s'avancer vers eux. Il s'agissait d'un vieux sorcier portant une robe mitée et rapiécée.
- « Monsieur et Madame Croupton ? » demanda-t-il dans un murmure à peine audible.
- « Exactement » répondit Croupton en espérant que l'homme n'entende pas les tressautements de sa voix.
- « Très bien, je vais devoir vérifier le sac de madame »
Sans un mot Blandine lui tendit son sac à main. Croupton pria Merlin de toutes ses forces pour que cet homme découvre la supercherie.
- « Qu'est-ce que c'est que ces deux fioles et cette boite de cachets ? » demanda le vieux sorcier d'une voix suspicieuse
- « Ce sont mes médicaments » répondit Blandine en esquissant un sourire « Je suis très souffrante, il me faut prendre ces potions dès que je sens une nouvelle crise arriver, je ne peux pas m'en séparer »
Croupton soupira, serra les poings aussi fort qu'il le pouvait. Il voulait que ce vieil homme vérifie tout cela, qu'il ouvre les fioles, qu'il découvre qu'il s'agissait en réalité de polynectar, qu'il réduise à néant ce qu'il s'apprêtait à faire.
- « Je comprends » répondit l'homme « C'est bon, je vais vous emmenez jusqu'aux grilles. Les Détraqueurs ont été prévenu de votre arrivée, mais je vous conseillerais de rester sur vos gardes. Votre fils se trouve au troisième étage, cellule 113. »
Il leur tendit alors une petite clé rouillée que Croupton prit, il le remercia d'un signe de tête, puis tenant plus fermement le bras de son épouse, ils avancèrent lentement vers les lourdes grilles de la forteresse. Lorsqu'il entra dans le bâtiment, Croupton soupira, il ne pouvait plus reculer. Un détraqueur les regarda passer mais ne fit aucun mouvement pour se rapprocher d'eux. Pourtant Croupton pouvait sentir l'excitation chez cet être horrible. La perspective de nouvelles proies dont il pourrait se repaître devait vraiment mettre à rude épreuve leur promesse de se tenir tranquille. Cette pensée glaça les entrailles de Croupton qui hâta le pas. Blandine et lui montèrent en silence le long, étroit et tortueux escalier qui menait au troisième étages. Ils entendaient, les râles des autres prisonniers, leurs hurlements, leurs plaintes, leurs cris de folie. Croupton se sentait mal à l'aise, une nausée le gagna. Ils marchèrent jusqu'à la cellule 113.
Il était là, accroupit dans le coin de la misérable pièce. Il se balançait doucement d'avant en arrière les yeux perdu dans le vide. Il était pâle et avait maigrit. On voyait certains de ses os poindre sous sa peau blafarde de ne pas avoir vu le soleil pendant trop longtemps.
Blandine s'approcha de la porte et s'agrippa aux barreaux.
- « Bart ? Bart chéri ? C'est Maman ! »
Bart releva la tête et Croupton croisa le regard de dément de son fils. Il frissonna, prenant alors toute la mesure de la folie que l'amour lui avait fait faire.
- « Maman » grogna-t-il d'une voix gutturale.
Il n'avait pas dû parler depuis des semaines.
- « Mon chéri, je suis là ! » sanglota Blandine.
Bart se déplia et se mit debout et fit les quelques pas qui le séparaient des barreaux.
- « Qu'est-ce que tu fais là ? » demanda-t-il
- « On s'est débrouillé, oh mon ange, regarde ce que cet endroit a fait de toi ! »
Blandine glissa sa main à travers les barreaux et caressa tendrement la joue de son fils qui sembla surpris par ce contact mais qui se laissa faire.
- « Ecoute moi mon ange, je vais te sortir de là » expliqua Blandine de sa voix tremblante
Bart l'écoutait avec attention. Il n'avait plus jeté un seul regard à son père qui regardait la scène, terrifié à l'idée que ce fou serait bientôt hors de sa cellule.
- « Comment ! »
Ce n'était une question. Il ordonnait à sa mère de lui répondre. Blandine ne sembla pas s'en offusquer alors que Croupton avait sursauté.
- « Du polynectar mon trésor » expliqua Blandine en sortant de son sac les deux fioles.
Une folle lueur s'alluma dans les yeux de Bart qui regarda sa mère en esquissant un faible sourire. Blandine prit alors la petite clé rouillée des mains de son mari et ouvrit la porte de la cellule. Elle se jeta dans les bras de son fils qui répondit à son étreinte.
- « Je fais ça pour toi mon trésor » chuchota-t-elle à l'oreille de son fils
- « Merci » murmura-t-il à son tour.
Elle lui fit baisser la tête, et déposa un long baiser sur son front. Elle pleurait. Puis, elle se tourna vers son mari.
- « Adieu Barty » souffla-t-elle d'une voix éteinte
- « Blandine… »
Croupton était desespéré, il prit sa femme dans ses bras et la serra fort contre lui.
- « Je t'aime » murmura-t-il
- « Je sais, moi aussi… » répondit-elle dans un faible sourire.
Ils s'embrassèrent une dernière fois d'un baiser très tendre. Puis elle quitta ses bras et d'un geste sec, arracha une petite poignée de ses cheveux. Bart fit de même et chacun ajoutèrent ce dernier élément dans leur fiole qu'ils échangèrent et burent d'un trait.
- « Adieu » murmura Blandine avant que la douleur ne défigure son visage.
En même temps, Bart et sa mère tombèrent à genoux devant un Croupton incapable de faire le moindre geste. Ils eurent bientôt échangé leur apparence. Après lui avoir jeté un dernier et déchirant regard, Croupton vit sa femme, dans le corps de leur fils retourner dans la cellule. D'une main tremblante, il referma la cellule. D'énormes larmes coulaient sur ses joues. Il la regarda encore une fois. Il sentit se déchiré à tout jamais le morceau de chair qui lui servait de cœur, il savait déjà qu'il lui serait impossible d'oublier son chagrin. Son fils, quand à lui semblait impassible. Il le prit par le bras en frissonna à la fois de chagrin et de dégoût. Il sécha rapidement ses larmes du dos de sa main, et son fils fermement serrer contre son flanc, il redescendit en silence les trois étages par l'interminable et sordides escaliers. Durant l'espace d'une seconde eut l'espoir fou qu'un des Détraqueurs découvrirait le pot aux roses, mais ces derniers aveugle et ne sentant ressortir qu'une personne saine et une autre malade en sortir les laissèrent passer. Ils croisèrent le vieux sorcier miteux auquel ils rendirent les clés de la cellule 113. Puis il firent quelques pas.
Discrètement Croupton sortit sa baguette de sa poche et la colla sur le flanc de son enfant.
- « Tu ne t'en sortiras pas ainsi » souffla-t-il « Impero »
Le regard de son fils se voila aussitôt. Il lui donna l'ordre de transplaner en même temps que lui dans leur maison. Croupton se retourna une dernière fois pour contempler l'immense et lugubre bâtisse où son seul amour allait mourir, mourir seule, mourir par amour pour son fils. Les larmes aux yeux ils se retourna d'un geste brusque et quitta l'endroit maudit aux côtés de son fils.
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Assise sur un fauteuil, Océane regardait par la fenêtre le jardin. Il faisait nuit noire et elle ne dormait pas. Quelques larmes coulaient doucement sur ses joues. Cela faisait plusieurs jours qu'elle se sentait triste. Sa brève rencontre avec la mère de Sirius l'avait troublée. Elle ne s'attendait pas à tant de violence et tant de haine entre ses deux êtres qui étaient pourtant du même sang, de la même chaire. Elle ne savait vraiment plus quoi penser de tout cela et cela la minait. Elle n'en avait pas fait part à son amoureux, elle ne voulait pas qu'il s'inquiète ou qu'il se sente responsable de son état. Elle s'était encore une fois réveillée au milieu de la nuit et elle avait trouvé refuge dans la chambre de Lalyh. Tout était prêt, il ne manquait rien. Le berceau avait été installé, les jouets et les vêtements rangés, il ne manquait plus qu'elle. Et justement, à trois semaines de la date prévue, Océane n'avait jamais autant douté. Même quand Sirius avait été emprisonné, elle n'avait pas été en proie à de si gros doutes. Elle se sentait vraiment perdue et déboussolée. Ses larmes recommencèrent à couler lorsqu'elle entendit la porte s'ouvrit. Cette porte avait été aménagée entre la chambre du bébé et la leur, à Sirius et elle, pour les besoins de la petite dans les premiers temps de sa vie. Océane sursauta.
- « Qu'est-ce que tu fais là ? » demanda la voix endormie de Sirius
- « Je regarde le jardin » répondit-elle en essuyant le plus rapidement et le plus discrètement possible ses larmes.
- « Au beau milieu de la nuit ? »s'étonna le jeune homme
- « Oui, je n'arrive pas à dormir »
- « Quelque chose ne va pas ? »
Il avait vraiment l'air inquiet. Elle l'entendit se rapprocher d'elle. « Par Merlin ! » pensa-t-elle « Il ne faut pas qu'il voit que j'ai pleuré ! ». Elle prit une grande inspiration.
- « Non, tout va très bien, je t'assure » mentit-elle en essayant de sourire.
Il posa sa main sur son épaule, mais ne la força pas à se retourner ce dont elle lui fut très reconnaissante.
- « Tu es sure. On dirait que tu ne vas pas bien ces derniers temps »
Merlin ! Il l'avait remarqué.
- « Tu sais que tu peux tout me dire » continua-t-il en baissant le ton.
Elle posa sa main sur la sienne.
- « Je sais, oui »
Ils restèrent ainsi, un petit moment silencieux. Elle ne leva pas son visage vers lui, elle n'aurait jamais eu la force de lui cacher sa peine en cet instant précis. Et elle était incapable de prononcer le moindre mot.
- « Je retourne me coucher » glissa-t-il alors d'une petite voix.
Elle l'avait blessé, elle le savait, elle le sentait. Dans sa voix perçait une once de tristesse. Cela la rendit encore plus malheureuse. Elle lui faisait du tort sans le vouloir.
- « Je ne vais pas tarder à te rejoindre » se contenta-t-elle pourtant de répondre.
Elle sentit sa main se détacher de son épaule et elle entendit ses pas s'éloigner.
- « Sirius ! » s'exclama-t-elle alors sans pour autant se retourner.
Le bruits des pas cessèrent.
- « Je t'aime » souffla-t-elle alors.
- « Moi aussi » répondit sobrement le jeune homme en quittant la pièce, laissant la jeune femme à nouveau seule.
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- « Océane ! »
La jeune femme tourna sa tête vers Sirius qui la regardait d'un air grave. Elle devait encore avoir le regard perdu dans le vide car il avait l'air soucieux. Elle lui fit le plus beau sourire qu'elle pu et cela sembla le rassurer. Il redéploya « La Gazette du Sorcier » qu'il avait posé sur ses genoux.
- « Ecoute un peu ça »
Le jeune homme s'éclaircit un peu la gorge et commença à lire
- « La Gazette du Sorcier à le regret de vous annoncer le décès de madame Blandine Croupton. L'épouse de l'ancien responsable du Département de Justice Magique a en effet succombé hier soir, à la longue dépression qui l'avait gagné après l'arrestation de son unique enfant Bartémius Croupton Jr, mangemort responsable de la torture du couple Longdubat. Très affecté par ce drame familial, elle était dans un état préoccupant, manifestant une très grande faiblesse. Ce décès suit de quelques jours seulement celui de son fils, décédé à Azkaban. L'enterrement se tiendra dans la plus stricte intimité dans la journée de demain. Monsieur Croupton, actuellement responsable du Département de Coopération Magique Internationale n'a pas souhaité s'exprimer. »
Sirius replia son journal.
- « On ne peut pas dire que je porte vraiment Croupton dans mon cœur, mais là quand même, il faut avouer qu'il accumule les soucis ! » déclara le jeune homme
- « Oui, le pauvre, sa famille est détruite » murmura Océane avant de laisser échapper un soupir.
Elle détourna alors sa tête vers la fenêtre. A moitié allongé sur son canapé, elle posa la tête sur l'accoudoir et ferma les yeux.
- « Ca suffit maintenant ! » s'exclama alors Sirius
La jeune femme ouvrit les yeux et se tourna vers lui, étonnée. Il s'était levé et la fixait d'un air grave.
- « Je ne suis pas stupide, Océane, je vois bien que ça ne va pas, alors maintenant je veux que tu me parles ! »
Il avait tout fait pour rester calme, mais sa voix trahissait son inquiétude. La jeune femme se redressa alors et le regarda avec un léger sourire. Il vint prendre place près d'elle sur le canapé et prit ses mains dans les siennes.
- « Je suis sérieux tu sais. Je m'inquiète de te voir dans cet état depuis quelques jours. »
La jeune femme le fixa un petit moment avant de se décider à parler.
- « J'ai peur » avoua-t-elle d'une toute petite voix
- « Peur de quoi ? »
- « J'ai peur de ne pas être une bonne maman. J'ai peur de ne pas réussir, j'ai peur que Lalyh ne m'aime pas et qu'elle finisse par me détester comme tu détestes ta mère »
Voilà, elle le lui avait dit. Elle le vit un peu se raidir puis finalement, un léger sourire apparut sous ses lèvres et il se pencha pour déposer un baiser sur son front.
- « Ca n'arrivera pas chérie » murmura-t-il
- « Qu'est-ce que tu en sais ! » lança-t-elle un peu plus sèchement qu'elle l'aurait voulu, mais l'air souriant de son amoureux alors qu'elle lui exposait ses doutes l'agaçait.
- « Parce que la situation est totalement différente » expliqua-t-il en posant ses mains sur le gros ventre de sa compagne « Ce bébé est arrivé un peu par surprise, mais il a toujours été voulu. Ma mère ne m'a eu que parce qu'il fallait donner un fils à mon père. Tu aimes ce bébé, ma mère ne m'a jamais trouvé le moindre intérêt. On s'aime tous les deux, Lalyh va arriver dans un petit nid d'amour, je suis arrivé dans un nid de magie noire et mes parents ont été mariés de force et ont fait chambre à part la grande majorité de leur vie ! Evidement que ce sera différent ! »
Océane le regarda, un peu plus rassurée.
- « Tu crois vraiment que je serais une bonne maman ? »
- « Tu as pris des cours intensifs avec Lily et Molly ces derniers mois, évidemment que tu seras une merveilleuse maman » déclara-t-il en déposant un autre baiser sur le front de la jeune femme.
Océane laissa échapper un discret rire et se blottit tout contre lui.
- « Tu aurais du m'en parler avant » lui reprocha-t-il gentiment « Surtout si notre rencontre avec l'autre vieille harpie qui t'a chamboulé comme ça ! »
- « Je suis presque aussi têtue que toi » s'amusa-t-elle en souriant légèrement « Je ne voulais pas te parler de ça parce que je sais que tu n'aimes pas que je parle de ta famille. Elle m'a vraiment fait peur tu sais »
- « Elle fait peur à tout le monde ! » plaisanta Sirius
- « Elle te fait peur ? »
- « Plus maintenant. Mais quand j'étais enfant, elle me terrifiait. Elle ne m'a jamais pris dans ses bras, elle ne m'a jamais embrassé, elle ne m'a jamais montré le moindre signe d'affection. J'aimais plus ma nourrice qu'elle »
- « Ca a dû être horrible » souffla Océane
- « J'en ai souffert, mais finalement, je me suis trouvé une nouvelle famille quand je suis arrivé à Poudlard. Et puis, j'ai connu les parents de James. Je les aimais beaucoup, sa mère était une maman pour moi, elle m'a soigné quand je me blessais, elle m'a consolé quand je revenais de chez moi, elle m'a aimé comme James. J'ai eu beaucoup de peine quand ils sont morts »
- « C'était il y a longtemps ? »
- « Quelques mois après le mariage de James, juste avant que Lily apprenne sa grossesse. C'était dans un attentat mangemort pendant une soirée du Ministère. James et Lily devaient y être aussi, mais finalement, ils ont préférés passer la soirée en amoureux au dernier moment »
- « Ils ont eu de la chance ! »
- « Oui, mais ça leur à fait un choc »
- « C'est sur » soupira Océane
- « Non, non, non ! Ne parlons pas de ça ! Je ne veux pas que tu sois triste ! Je veux te voir sourire ! » lança Sirius.
La jeune femme répondit à sa demande avec plaisir et se mit à lui sourire tendrement.
- « Voilà ! C'est mieux. On va avoir un bébé, je ne veux penser à rien d'autre » souffla Sirius avant de se pencher vers la jeune femme pour l'embrasser.
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- « Je me sens ridicule, ils doivent se souvenir de ma stupide scène de l'autre jour ! »
- « Kat, on en a déjà discuter ! C'est moi qu'ils ont trouvé ridicule. Et puis c'est oublié » répondit Remus
- « Ouais… »
- « Oh allez ! Ils me tannent depuis des jours parce qu'ils veulent te voir, je ne vais pas pouvoir te cacher plus longtemps et puis, je n'ai pas envie de te cacher ! »
Il s'approcha d'elle et l'enlaça tendrement.
- « Tout va bien ce passer. Je suis sur qu'ils t'adorent déjà » murmura-t-il avant de l'embrasser.
Il l'entendit soupirer et se mit à sourire.
- « Bon allons-y maintenant » déclara-t-il en lui prenant la main pour l'entraîner hors de son appartement
- « Cinq minutes Remus ! Je veux bien rencontrer toute ta grande bande d'amis, mais après tu me promets que tu rencontreras ma meilleure amie »
- « Si tu veux, je serais ravie de rencontrer ton amie » lança le jeune homme en souriant
- « Ce n'est pas l'impression que j'ai eu quand tu as refusé de venir dîner avec nous l'autre soir ! »
- « Je n'étais pas en forme, j'étais fatigué » mentit-il
Le dîner avait eu lieu le soir de la dernière Pleine Lune. Il savait qu'elle n'avait pas apprécié qu'il ne l'accompagne pas, mais il n'avait pas le choix.
- « C'est vrai ? »
- « Mais bien sur que c'est vrai ! »
- « Donc, si j'invite à nouveau Dolorès à dîner, tu ne te défileras pas ? »
- « Non, je serais bel et bien là ! » décréta Remus en souriant
- « Très bien » répondit Kathleen en souriant
- « On peut y aller ? »
- « Oui »
Elle passa devant lui en souriant, attendit qu'il sorte de son appartement et referma la porte. Elle se laissa enlacer la taille et ensemble, ils transplanèrent. Ils arrivèrent dans un centre de transplanage de Loutry Ste Chaspoule.
- « Il faut marcher un peu » indiqua Remus à la jeune femme qui regardait tout autour d'elle.
Ils firent en silence, main dans la main, le parcours qui les séparait de la maison de James et Lily. Ils arrivèrent rapidement au bout du chemin. Il fouilla dans ses poches et en sortit un morceau de parchemin sur lequel deux écritures se mêlaient, celle de Sirius et la sienne.
- « Qu'est-ce que c'est ? » demanda la jeune femme en prenant le morceau de parchemin
- « Lis silencieusement » lui demanda Remus
Elle le regarda un moment d'un air incrédule, puis se mit à lire
- « Qui a écrit ça ? » demanda-t-elle
- « Je ne peux pas te le dire. Ce sont les ordres de James et Lily, ils sont très exigeant concernant la sécurité de leur petite famille » lança Remus comme il en avait convenu avec ses amis.
- « Je vois… » murmura Kathleen tandis que le jeune homme récupérait le morceau de parchemin et le brûlait de sa baguette.
- « Allons y maintenant ! » déclara-t-il maintenant
- « Mais où Remus ? Il n'y a rien ici, ce chemin ne mène nulle part ! »
- « Vraiment ? » demanda le jeune homme en la faisant se retourner
Il se mit à sourire en entendant son cri de surprise.
- « Mais, il n'y avait aucune maison ici ! » s'exclama-t-elle
- « Sortilège du Fidelitas… James et Lily sont vraiment très à cheval sur la sécurité. Tu ne pourras révéler à personne l'emplacement de cette maison »
- « Ah… » se contenta de répondre la jeune femme visiblement impressionnée.
Remus la prit par la main et l'entraîna dans le jardin de la famille Potter qu'ils traversèrent rapidement. Il frappa à la porte quelques coups et attendit un court instant. Ce fut Sirius qui vint leur ouvrir, Harry dans les bras.
- « Tonton Remus ! » s'exclama Harry en tendant les bras.
Remus le prit au coup en souriant et surprit le regard amusé de Kathleen.
- « Salut Remus ! Et voilà enfin la jolie Kat dont tu nous avais caché l'existence ! » lança Sirius en s'effaçant pour la laisser entrer.
- « Exactement » répondit Kathleen en passant devant lui.
Remus posa Harry sur le sol et avança avec elle dans le salon où tout le monde les attendait.
- « Bon » commença-t-il « Tout le monde, je vous présente Kathleen Gordon, Kat voilà… tout le monde ! »
La jeune femme se mit à sourire. Remus reprit
- « Alors, l'énergumène qui nous a ouvert c'est Sirius, Océane à côté de lui est sa compagne et la petite Lalyh ne devrait pas tarder à naître… »
- « Encore trois semaine Remus ! » lança Océane en caressant son ventre.
- « Ensuite, tu as Harry, qui joue les timides et qui s'est caché derrière les jambes de Lily sa maman et James à côtés »
- « Je les connais déjà » fit remarquer Kathleen en souriant
- « Oui, mais tu n'as pas eu de présentation officielle, voilà qui est fait » rétorqua le jeune homme.
- « Bienvenue Kat » lança Lily en souriant
Remus incita la jeune femme à prendre place autour de la table basse.
- « Alors qu'elles sont les nouvelles ? » demanda le jeune homme en souriant
- « On pensait fermer ''Jasire'' pendant quelques temps » expliqua Sirius
- « Pourquoi ? »
- « Et bien parce que Sirius préfère rester un peu plus avec Océane et que je prendrais bien une semaine pour m'occuper de faire les derniers préparatifs avant l'arrivée de bébé » répondit James en caressant le ventre de sa femme.
- « Je vois. On peut facilement gérer ''Jasire'' tous les deux le temps que Sirius découvre les joies de la paternité » s'amusa Remus « Mais je pense en effet qu'on peut se permettre de fermer la semaine prochaine, ça me fera de vacances et toi tu pourras t'occuper de ta petite famille »
- « De toutes façons quand les deux petites seront nées, on bossera forcément moins, du moins les premiers temps… » continua Sirius en souriant.
Les trois garçons échangèrent un regard amusé et se sourirent.
- « Je n'aime pas quand vous faites ça ! » s'exclama alors Océane
- « Quoi ? » demandèrent les garçons en cœur
- « Vos têtes de conspirateurs qui préparent un mauvais coups ! » répondit Lily à sa place
- « C'est vrai qu'on dirait que vous allez préparez un mauvais coup… » renchérit Kathleen qui jusqu'à présent n'avait pas prononcer un mot.
Cela fit sourire Remus, il était ravi de voir qu'elle ne se sentait pas trop mal à l'aise.
- « Oh tu verrais, ils font ça tout le temps ! » soupira Océane.
- « Ah bon ? »
- « Tu n'étais pas à Poudlard, tu ne peux pas savoir le nombre de blagues qu'ils ont fait » soupira Lily « et tout ça alors que Remus et moi étions préfets »
La discussion dériva alors sur les nombreuses aventures des Maraudeurs. Personne ne fit d'allusions à sa lycanthropie conformément à leur promesse, et Remus se sentait mieux. Il sentait que Kathleen ne s'ennuyait pas. Bien sur, elle n'avait pas la complicité de Lily et Océane, mais au moins elle riait avec elle de bon cœur. La soirée fut très joyeuse.
Lorsqu'il raccompagna Kathleen chez elle, elle lui assura qu'elle avait passé une très bonne soirée.
- « Ils sont gentils tous» murmura-t-elle
- « Je suis content que tu les apprécies, ils comptent tous beaucoup pour moi » répondit Remus en souriant
Elle se blottit alors contre lui.
- « Je peux t'inviter à rester cette nuit ? » demanda-t-elle tout contre son torse.
- « Evidemment, et j'accepte avec le plus grand plaisir » chuchota-t-il
Elle se détacha alors de lui en souriant et ouvrit la porte de son appartement où ils rentrèrent tous les deux.
