Note : Merci à tous et à toutes pour vs très gentilles reviews qui m'ont fait très plaisir ! La suite de Ce qui aurait pu se passer revient donc en espérant que ma fic vous plaise toujours autant !

Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en générale mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre quarante : Pour un enfant à naître

« Je sens que tu es là, enveloppe de nuit,

J'écoute sous mes doigts mon ventre qui frémis »

Mannick (berceuse pour un petit enfant à naître)

Lily soupira et se tourna un peu sur le sofa, mais ne trouva pas de position plus confortable. Elle posa son roman, il ne l'amusait plus. De toute façon, elle n'avait pas envie de lire. Elle n'avait envie de rien faire. Elle se sentait lourde, elle se sentait inutile et lasse. Elle se redressa et se leva. Elle fit quelque pas, mais elle en eut vite assez. En soupirant fortement, elle se réinstalla sur le canapé et reprit son livre. Elle l'ouvrit, en lu deux lignes à peine et le referma d'un geste sec. Elle ne se sentait pas à l'aise. Elle avait chaud, elle sentait des perles de sueurs lui glisser le long du dos et aux creux des reins. On n'avait pas idée non plus d'être enceinte en plein de cœur de l'été ! Ils n'auraient pas pu se retenir et faire en sorte que leur fille naisse au beau milieu de l'hiver ! Réalisant ce qu'elle venait de penser, elle encercla son gros ventre de ses deux bras.

- « Maman ne pensait pas vraiment tout ça ma chérie » murmura-t-elle en caressant son ventre « Je suis très contente que tu sois arrivée, je suis très contente de te porter dans mon ventre mon ange, mais je me sens tellement… lourde ! »

Elle soupira de plus belle et se leva à nouveau et se rendit au pied de l'escalier. Elle tendit l'oreille pour guetter le moindre son provenant de l'étage, mais visiblement, Harry dormait. Elle prit alors la direction du bureau de son mari. Elle ouvrit la porte et le trouva comme bien souvent, plongé dans sa paperasserie.

- « Chéri… » souffla-t-elle en s'approchant de lui

James releva immédiatement la tête et se mit à lui sourire.

- « Que puis-je pour vous madame Potter ? » demanda-t-il en posant sa plume.

- « Je m'ennuie » se plaignit-elle en prenant place dans le canapé sous la fenêtre.

- « Tu as essayé de lire un livre ? » demanda-t-il à nouveau en se levant pour venir la rejoindre.

- « Oui, mais j'en ai pas envie. J'ai envie de rien ! »

James embrassa alors une de ses tempes.

- « Je viens de recevoir un hibou de Ste Mangouste… Ca y est, je suis entièrement guéri ! » annonça-t-il en souriant

- « C'est vrai ! » s'exclama la jeune femme en le regardant

James acquiesça.

- « C'est merveilleux ! Oh mon amour, je suis ravie ! »

La jeune femme se jeta dans ses bras en souriant.

- « J'en ai enfin fini de toutes ses satanées potions et de toutes ses visites à l'hôpital ! C'est fini mon cœur ! » chuchota-t-il à son oreille.

Lily se sentait heureuse, blottie contre son mari. Il était guéri, c'était merveilleux. Elle se tourna pour essayer de prendre une position plus confortable sans arriver à la trouver. Elle soupira violemment, elle ne se sentait décidément pas à l'aise.

- « J'ai l'impression de n'être qu'une grosse masse ! Et en y regardant de plus près, je suis une grosse masse ! » grogna-t-elle.

- « Lily ! » soupira James

- « Ben quoi ? C'est vrai ! Je suis éléphantesque ! »

- « On en a déjà parler il me semble… » glissa-t-il doucement en replaçant une de ses lourdes mèches rousses derrière l'oreille de la jeune femme.

- « Je sais… Mais je me sens tellement lourde » soupira-t-elle.

En souriant, James souleva le bas de la chemise de Lily et déposa un baiser sur le ventre rebondi.

- « C'est toi qui fatigue tant ta Maman mon trésor ? » demanda-t-il en direction de la bosse.

Lily se mit à sourire doucement.

- « Tu n'y es pour rien ma chérie, mais Maman commence à en avoir assez. Elle aimerait que tu sois avec nous, comme ça, elle se sentirait moins énorme. Mais toi et moi on sait que peu importe comment elle soit, on l'aimera toute notre vie et de toutes nos forces »

La jeune femme, glissa alors une de ses mains sur la nuque de son mari en souriant de plus belle.

- « Attention, moi aussi je veux que tu arrives. Mais ce n'est pas encore le moment, tu vas devoir rester encore un petit peu bien installé dans ton petit nid pour être bien en forme quand tu nous rejoindras. En plus, je n'ai même pas encore fini de préparer ta chambre ma puce donc ne sois pas trop pressée. Je t'aime »

James déposa alors à nouveau un baiser sur le ventre de sa femme, replaça la chemise de la jeune femme et se redressa. Il se pencha tout doucement vers elle.

- « Toi aussi je t'aime » murmura-t-il avant de l'embrasser.

Lily glissa ses mains sur sa nuque pour approfondir le baiser. Elle le sentit sourire sur ses lèvres.

- « Est-ce que j'ai le droit de te montrer encore une fois à quel point je te désire ? » demanda-t-il en déposant de petits baisers sur son cou et la naissance de sa poitrine.

- « Oh James » répondit-elle à contre cœur « J'ai vraiment trop chaud, excuse moi mais je n'ai pas… »

- « Chut ! » la coupa le jeune homme « Je comprend, ne t'en fait pas. Mais une chose est sur, je suis fou de toi »

- « Moi aussi… Mais cette chaleur est insupportable ! »

- « Je n'y peut rien mon cœur, je suis désolé. J'aimerais tellement être capable de tout faire pour te rendre la vie plus agréable en ce moment »

Lily le regarda en souriant doucement.

- « Tu es déjà si gentil avec moi » souffla-t-elle.

Ils s'embrassèrent encore une fois et lorsqu'elle se détacha de lui, la jeune femme souriait d'aise. Elle essuya alors de la main une énorme goutte de sueur qui perlait sur sa nuque. Elle soupira.

- « Tu sais quoi, mon cœur ? Tu devrais monter prendre une bonne douche bien fraîche et ensuite, tu devrais aller te coucher. Tu as une petite mine. Je te rejoindrais dans un tout petit moment, juste le temps d'envoyer quelques hiboux un peu urgent » proposa le jeune homme en souriant tendrement.

Lily acquiesça. Il l'aida alors à se relever, elle quitta la pièce et entreprit de monter les escaliers. Ce fut une entreprise difficile car ce fut le moment que le bébé choisit pour se manifester. Elle donnait des coups de pied à sa mère, comme si elle réclamait quelque chose. Lily posa ses deux mains sur son ventre qu'elle gratouilla gentiment.

- « C'est toujours pareil avec toi » murmura-t-elle au bébé « Dès que ton père te parle, tu fais des tiennes ! Tu es totalement folle de lui ma parole ! Mais je ne peux pas t'en vouloir, parce que moi aussi »

En souriant, elle arriva dans la salle de bain. Elle se déshabilla et se glissa avec bonheur sous une douche bien fraîche. Cela lui fit un bien fou, elle y resta longtemps. Elle aspergea un long moment son ventre tout rond avant de s'envelopper d'une serviette de toilette. C'est dégoulinante qu'elle entra dans la chambre. James y était déjà, allongé sur le lit, sur le dos, il souriait.

- « Alors ? » demanda-t-il en se redressant sur un coude.

- « C'était divin » murmura-t-elle en séchant ses cheveux d'un coup de baguette.

Elle entreprit de s'asseoir sur le rebord du lit et se sécha consciencieusement. Elle sentait sur elle le regarda chargé de désir de son mari et s'en amusa beaucoup. Elle s'allongea nue à ses côté et se tourna vers lui.

- « Elle a recommencé, tu sais » glissa-t-elle en souriant

- « C'est vrai ? » demanda James, ravi.

Il posa sa main sur son ventre. La jeune femme sentit parfaitement toute la paume chaude de son mari se dessiner sur son ventre.

- « Tu es toute fraîche ! » s'amusa-t-il en laissant courir ses doigts sur la surface tendue.

Elle se mit à sourire sous cette douce torture et ferma les yeux.

- « Je peux lui reparler pour voir si elle recommence ? » demanda-t-il d'une toute petite voix

- « James, tu sais bien qu'elle va le faire, elle le fait à chaque fois ! Et j'aimerais bien pouvoir dormir ! » répondit-elle d'un air faussement sévère. « Tu pourras la faire gigoter tant que tu veux demain, mais pour le moment, embrasse moi et recouche toi »

- « Demander comme ça, on ne peut pas refuser ! » répondit le jeune homme en souriant.

Il s'exécuta de bonne grâce et se rallongea à ses côtés. Lily tendit la main pour récupérer sa baguette qu'elle avait poser sur sa table de chevet et ouvrit rapidement fenêtre et volets.

- « Il fait vraiment chaud » murmura-t-elle en reposant sa baguette.

- « Ca doit vraiment être pénible pour toi. Il faudra trouver un moyen pour que tu puisses te rafraîchir un peu dans la journée »

La jeune femme se redressa alors d'un bond.

- « James, tu es un génie ! » s'exclama-t-elle en se tournant vers son mari qui s'était redressé également.

- « Pardon ? » demanda-t-il alors

- « Mon amour, tu serais prêt à tout pour que je me sentes mieux n'est-ce pas ? »

- « Evidemment Lily, mais… »

- « Tu n'aurais pas envie de me faire construire une piscine ? » demanda-t-elle d'une toute petite voix.

Elle vit le jeune homme la regarder un moment avec surprise avant de lui sourire.

- « Si tu veux » répondit-il

- « C'est vrai ? » demanda la jeune femme

« Bien sur, c'est une excellente idée »

En souriant, elle se jeta à son cou.

- « Tu es un amour de mari ! Je te jure que ça me ferait du bien de pouvoir me tremper dans de l'eau fraîche, et ça ferait du bien au bébé aussi, et à Harry ! »

- « Je sais mon cœur, je sais » lui assura-t-il en souriant

Elle l'embrassa alors passionnément tandis qu'il la rallongeait tendrement sur le lit.

Lorsque la jeune femme ouvrit les yeux, elle était seule dans le lit. Les volets avaient été refermés et le réveil avait été débranché. Apparemment, James avait voulu qu'elle se repose le plus possible. En souriant, elle se leva, enfila une légère chemise de nuit et sortit de la chambre. Elle se rendit dans la chambre de Harry qui était vide. Etonnée, elle se demanda qu'elle heure il pouvait bien être. En passant devant la pendule du salon, elle se rendit compte qu'il était près de onze heure du matin. Elle étouffa son cri en plaquant ses deux mains sur sa bouche. Cela faisait des années qu'elle n'avait pas dormi si tard, elle n'en revenait pas.

- « Mamaaaaaaaaan ! »

Lily se retourna alors et vit Harry courir vers elle en riant. Elle se laissa tomber dans le fauteuil le plus proche et prit son fils sur ses genoux en souriant. Il était tout en sueur comme s'il avait passé la matinée au soleil, ce qui était sans doute le cas car il portait sa casquette et qu'il était couvert de terre.

- « Bonjour mon chéri ! » murmura-t-elle en l'embrassant

- « Gros dodo, hein ? » lui fit remarquer le garçonnet.

Lily éclata d'un rire léger et le serra tendrement contre elle.

- « Oui, j'ai fais un gros dodo »

Harry se détacha alors un peu d'elle et à travers la chemise de nuit de sa maman embrassa son gros ventre. Tous les matins et tous les soirs depuis qu'il avait compris que sa maman attendait une petite sœur, il embrassait le ventre rond. Lily en était remuée à chaque fois.

- « Et toi mon amour, qu'est-ce que tu as fait ? » demanda-t-elle en caressant ses cheveux.

- « Cravail avec Papa »

- « Tu travailles avec Papa ? » s'étonna la jeune femme.

Elle le déposa alors sur le sol, lui prit la main et le petit garçon l'entraîna au dehors. Un peu ébloui par le soleil, la jeune femme s'abrita les yeux de sa main.

- « Enfin debout ! Je croyais que tu étais entrée en hibernation ! » lança la voix de Sirius

- « En plein été ? Tu devrais revoir tes cours de biologie ! » lui rétorqua Remus

Lily vit alors James, torse nu, dégoulinant de sueur s'approcher d'elle.

- « Bonjour mon cœur, je ne t'embrasse pas, je suis dégoûtant, mais je peux te jurer que le cœur y est ! » murmura-t-il

- « James, qu'est-ce que… » commença la jeune femme puis jetant un regard par-dessus son épaule, elle aperçut un immense trou au milieu de son jardin.

Elle regarda son mari avec étonnement.

- « Tu voulais une piscine mon cœur, tu l'auras ! » souffla-t-il

- « Tu vas la faire toi-même ! »

- « Avec Remus et Sirius, oui… Oh et Harry aussi ! »

- « A'gade Maman ! A'gade ! » s'écria alors le petit garçon.

Il remplissait à l'aide d'une petite pelle un petit sceau en plastique qu'il emportait alors aussi vite que le pouvait ses petites vers un monticule de terre placé plus loin.

- « Je pensais que tu allais faire venir des batissomages… » commença-t-elle

- « On ne peut pas à cause du Fidélitas »

Elle le regarda alors d'un air sévère.

- « James Potter ! Tu es totalement fou ! »

- « Je t'ai dit que tu aurais une piscine, tu en auras une ! Avec Remus, Sirius et nos baguettes, c'est vite fait !

Regarde, le trou est fini ! Harry nous a bien aidé bien sur ! Il s'amuse comme un petit fou ! » s'amusa-t-il alors en voyant son fils faire des aller retour entre le petit monticule de terre qui bordait le trou et l'immense monticule qui se trouvait plus loin, sous le regard bienveillant de Remus et Sirius.

Lily regarda son mari avec tendresse. Il était merveilleux. Elle déposa alors un rapide baiser sur ses lèvres.

- « Merci » souffla-t-elle doucement

- « Et nous ? On a droit à rien ! » s'indigna Sirius qui les regardait en souriant.

Lily s'approcha alors de lui et déposa un baiser sur son front et fit de même avec Remus avant d'embrasser très fort son petit garçon qui était tout essoufflé.

Puis, après que les garçons aient insisté, elle les laissa entre hommes et se dépêcha de s'habiller. Puis, elle traversa un grand sourire aux lèvres le chemin qui bordait sa maison pour passer un peu de temps au calme avec Océane et sa filleule.

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- « Je suis exténué ! » lança Remus en se laissant tombé dans le canapé de Kathleen.

En souriant, la jeune femme vint s'installer près de lui. Elle posa ses mains de chaque côté de son cou et commença à lui faire un massage.

- « Par Merlin ! Qu'est-ce que tu as fait pour être aussi noué et tendu ? » s'exclama-t-elle en approfondissant son massage.

- « J'ai creusé une piscine » répondit le jeune homme en fermant les yeux.

- « Tu as quoi ! »

Remus se mit à sourire et s'installa un peu mieux entre les bras de la jeune femme qui continuait son massage.

- « J'ai aidé James et Sirius à creuser une piscine » répéta-t-il toujours aussi énigmatique

- « Mais pourquoi ? » demanda la jeune femme.

- « C'est Lily qui lui a demandé de lui en faire une. Elle meurt de chaud et a besoin de se détendre et lui a voulut lui faire plaisir »

- « Mais elle lui fait vraiment faire n'importe quoi ma parole ! » s'exclama la jeune femme en souriant

- « Exactement, et ça ne date pas d'hier… » s'amusa le jeune homme

- « Et vous avez fait tout ça a vous trois ? »

- « Oui, mais on y a passé du temps. Mais au final, ça valait le coup. Il devrait la mettre en eau dès ce soir et je pense que dès demain, Lily pourra patauger à sa guise » lança Remus

Il y eut un petit moment de silence où le jeune homme, les yeux toujours clos savoura cet instant de détente que lui offrait la jeune femme et laissa sa tête tomber en arrière sans même penser une seule seconde à la retenir.

- « Quand même ! » lança soudain Kathleen « Une piscine ! »

Remus se mit à sourire doucement

- « Eux qui sont tellement porté sur la sécurité, je ne les imaginais pas avoir une piscine ! »

Le jeune homme se redressa alors un peu, étonné.

- « James et Lily sont très porté sur la sécurité ? » demanda-t-il

- « Oh oui ! Excuse moi mais soumettre sa maison au Fidelitas… Je sais bien qu'on est en guerre mais quand même ! Personne ne fait ça ! » expliqua la jeune femme avant de déposer un baiser dans le cou de Remus.

Le jeune homme lui fit un léger sourire. Evidemment, Kathleen n'était pas au courant de l'immense danger que courrait Harry. Elle ne pouvait pas savoir toutes les précautions mises en place autour du petit garçon pour le protéger du Seigneur des Ténèbres. Il préféra ne rien dire. Moins elle en savait, mieux se serait.

- « C'est vrai » reprit la jeune femme « Avoir une piscine chez eux alors qu'ils ont un enfant encore petit ! C'est quand même très dangereux »

- « Oh, tu ne connais pas James ! Quand il s'agit de sa femme ou de son fils, il est intraitable sur la sécurité ! On a installé tous les sorts qu'il fallait pour sécuriser le bassin et James en a rajouté encore quelques uns en plus ! Il a été jusqu'à installé une limite d'âge. Alors, tu vois, il n'y a aucun souci à se faire pour la sécurité de Harry ! Il ne doit pas y avoir au monde une piscine plus sure que celle de la famille Potter ! »

- « Si tu le dis… » lança la jeune femme en souriant.

Il sentit alors qu'elle posait ses mains à plat sur son dos et elle le repoussa gentiment.

- « Tu ne crois tout de même pas que je vais te dorloter toute la soirée mon petit monsieur ! »

- « Dommage ! » soupira Remus en se tournant de manière à se retrouver face à elle.

- « J'ai envie de sortir, pas toi ? » demanda-t-elle d'une toute petite voix.

- « Tu as quelque chose derrière la tête ? »

Le sourire de la jeune femme tint lieu de réponse à Remus qui se mit à sourire à son tour.

- « Au départ, j'avais prévu qu'on fasse une sortie avec Doly… »

Le jeune homme ne se retint qu'à grand peine la grimaça qui manqua d'apparaître et espéra vivement que la jeune femme ne s'en aperçoive pas. Ce fut apparemment le cas, car elle continua comme si de rien n'était

- « Mais elle n'était pas libre ce soir »

- « Ah » se contenta de répondre le jeune homme

- « Une autre fois peut-être… » continua-t-elle

Remus se contenta de hocher la tête en s'étirant un peu.

- « Je me suis alors dit que c'était l'occasion rêvée de faire une truc rien que nous deux qu'elle n'aimerait pas faire… » continua-t-elle en souriant. « Tu as déjà été au cinéma ? »

Le jeune homme la regarda d'un air surpris et Kathleen se mit à rire gentiment.

- « Je suppose que ça veut dire non ! » s'amusa-t-elle en lui prenant la main

- « Je n'ai jamais rien fait de typiquement moldu. » expliqua-t-il

- « C'est l'occasion rêvée non ? » suggéra la jeune femme en approchant son visage du sien pour l'embrasser « Tu as envie d'essayer ? »

- « Pourquoi pas… » répondit-il en souriant « Mais tu vas devoir tout bien m'expliquer comment je dois me comporter parce que je n'ai jamais vraiment été dans un endroit uniquement moldu alors… »

- « Oui, mais tu as déjà côtoyer des être humains non ? Quelle différence y a-t-il ? » s'amusa la jeune femme.

Remus la regarda un moment en souriant. Elle avait raison, elle avait parfaitement raison.

- « Il n'y a aucune différence… Je serais ravi que tu me fasses découvrir le cinéma ! »

La jeune femme se mit à sourire largement et se leva.

- « Ca tombe bien, j'avais très envie d'aller voir un film justement ! Je n'y suis pas allé depuis tellement longtemps ! La dernière fois, j'y avais emmené ma petite sœur, mais cette fois, je suis vraiment ravie que tu viennes avec moi ! »

Elle se leva et, une fois rendue au milieu de son salon, se retourna alors vers lui.

- « Tu n'as pas de vêtements moldus ! » constata-t-elle alors

- « Ce n'est pas grave, je vais métamorphoser ceux que je porte maintenant ! » répondit le jeune homme en sortant sa baguette dans sa main.

Il effectua une série de sort et transforma ses vêtements sorciers en vêtements parfaitement moldu.

- « Ca ira ? » demanda-t-il en se levant pour faire admirer son travail.

- « C'est parfait. Dis moi, tu es très doué en métamorphose ! » admira-t-elle

- « Disons que je me débrouille pas trop mal… » répondit le jeune homme modestement.

Il la vit alors disparaître dans sa chambre. Remus s'approcha de la fenêtre et regarda un moment l'extérieur en souriant. La rue était quasiment déserte, seul un homme marchait sur le trottoir d'un pas rapide, son chapeau énoncé très bas sur ses yeux. Il ne quitta sa contemplation qu'en entendant Kathleen revenir dans la pièce. Elle portait une petite robe d'été moldue bleue toute simple et de petites sandales. Il la trouva splendide.

- « Tu es magnifique » souffla-t-il en s'approchant d'elle

- « Merci » répondit-elle en souriant « je t'avoue que j'espérais que tu dirais ça, je voulais te plaire »

Elle se glissa entre ses bras en calant sa tête contre son torse.

- « C'est réussit » lui assura le jeune homme en souriant.

- « On devrait y aller maintenant, on ne peut transplaner que jusqu'au Chaudron Baveur » souffla-t-elle

Elle lui prit la main et l'entraîna hors de l'appartement. Ensemble, ils transplanèrent jusqu'au bout du Chemin de Traverse. Là, ils ouvrirent le passage qui menait vers le monde moldu, traversèrent le bar bondé du Chaudron Baveur en saluant de la main, Tom, le barman et furent dans le Londres moldu.

- « On va y aller à pied, ce n'est pas très loin » lui indiqua Kathleen en lui prenant le bras.

Remus regardait tout autour de lui en souriant. Bien sur, ce n'était pas la première fois qu'il se promenait dans une rue non sorcière et qu'il croisait des moldus qui ignorait tout de l'existence de la communauté sorcière. Mais ce serait la première fois qu'il se rendrait dans un endroit typiquement moldu qui n'avait pas son équivalent dans le monde magique. Il décidé alors de laisser Kathleen gérer les opérations, après tout, sa mère était moldue.

Ils marchèrent un petit moment avant d'arriver devant un immense bâtiment éclairé de toute part. En lettres scintillantes sur le mur principal, des titres rouges brillaient au dessus de grand dessin immobile représentant sans doute le sujet de ce qu'ils allaient voir.

- « Tu as envie de voir quoi ? » demanda la jeune femme en se tournant vers lui

- « Je n'en sais absolument rien ! Tout ça est beaucoup trop étrange pour moi… »

- « Laisse moi choisir dans ce cas » décida-t-elle en l'entraînant vers une file d'attente.

Lorsque vint leur tour de payer, la jeune femme discuta avec l'homme au guichet et se retrouva avec deux tous petits morceaux de papier dans la main.

- « On va dans la salle numéro deux » annonça-t-elle en prenant la direction de la porte qui portait un gigantesque 2 sur ses battants.

Un homme déchira consciencieusement leur ticket et les invita a entrer dans une salle sombre dans laquelle des centaines de fauteuil rouge à l'allure confortable se dressait face à une immense toile blanche.

- « Mettons-nous là ! » déclara la jeune femme en désignant deux fauteuils et en s'installant dans l'un d'entre eux.

Remus vint se mettre à côté d'elle et se trouva très bien installé.

- « Alors, explique moi un peu comment tout ça va se passer… » chuchota-t-il à l'oreille de la jeune femme qui se mit à sourire.

- « C'est très simple. Quand ce sera l'heure, les lumières s'éteindront et le film sera projeté sur ce grand écran que tu vois. C'est un peu comme dans les livres d'histoires pour enfant qu'on peut voir dans notre monde, sauf que là il s'agit d'images réelles qu'ils ont obtenus en filmant des acteurs »

- « En filmant ? »

- « C'est… c'est pas facile à expliquer sans te parler d'autres choses encore que tu ne comprendrais pas non plus… » lança la jeune femme en lui prenant la main.

- « Dans ce cas, je ne veux pas le savoir… pour le moment» lança Remus en souriant.

Les lumières s'éteignirent alors. Le jeune homme regarda tout autour de lui. Il devait y avoir une quarantaine de personnes dans la pièce. Tous fixaient la grande toile blanche qui venait de s'allumer d'une lumière blafarde. Il y eu une série de réclame que Remus ne trouva pas tant éloigné que ça des publicités affichées sur les murs du Chemin de Traverse. Mis à part le fait qu'elles étaient plus grandes, les images bougeaient et émettaient des bruits tout comme leur publicités sorcières. Puis le film à proprement parler commença. D'abord légèrement surpris, Remus s'habitua rapidement au spectacle et s'amusa beaucoup de la comédie qu'il vit. Il sortit du cinéma, enlaçant la taille de Kathleen. Il était ravi et avait passé une excellente soirée et espérait en passer encore beaucoup d'autre avec elle.

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Bartémius Croupton Sr poussa d'un geste vif le petit portillon d'entrée de son jardin. Il avait encore eu une journée éreintante. Rien n'avait été comme il l'avait voulu. Il entendit alors un drôle de bruissement derrière lui semblable au bruit de quelqu'un qui se faufile dans des buissons. Il se retourna précipitamment mais ne vit personne. Il observa un peu plus la pénombre d'un air grave, puis, haussant les épaules, pensa qu'il s'agissait sûrement d'un chat qui devait passer par là.

Il traversa son petit jardin, et entra enfin chez lui.

- « Bonsoir Maître » couina l'elfe de maison en s'inclinant très bas avant de lui prendre des mains son porte document et sa veste.

- « Bonsoir Winky » répondit-il d'un air las « Où est-il ? »

- « Dans sa chambre monsieur, comme vous l'avez demander à Winky » répondit l'elfe.

Croupton la vit alors triturer nerveusement le bas de sa taie d'oreiller qui lui servait de pagne.

- « Maître » commença-t-elle de sa toute petite voix « Le jeune maître s'ennuie. Il va finir par tomber malade s'il ne voit pas la lumière du jour. Winky pense que vous ne devriez pas l'enfermer comme ça tout le temps »

Mesurant alors l'ampleur de ses paroles, la petite elfe, horrifiée, se précipita vers la commode la plus proche et se frappa violemment le crâne contre l'arrête tranchante du meuble.

- « Il suffit Winky ! » ordonna sèchement Croupton « Va plutôt préparer le dîner »

L'elfe stoppa immédiatement son autopunition et sans ajouter un seul mot, disparut dans la cuisine. D'un pas déterminé Barty Croupton Sr approcha de la chambre de son fils. Il soupira et ouvrit la porte en grand. Il était là. Très pâle, et très amaigri. Ses cheveux jaunes paille défraîchis tombaient sur son visage en cachant une bonne partie. Comme à chaque fois qu'il le voyait, Barty Croupton eu un haut le cœur.

- « Lève toi ! » ordonna-t-il d'une voie sèche.

Le jeune homme s'exécuta d'un air absent. Croupton s'assurait tous les soirs que son fils était toujours bel et bien sous l'emprise du sortilège de l'Impérium qu'il lui avait jeté quand il l'avait fait évader.

- « Roule toi sous ton lit ! » ordonna-t-il toujours de la même voie sèche.

Toujours muet, Bart Croupton Jr se laissa glisser jusqu'au sol et se roula sous son lit. Son père le regarda un moment, partagé entre le chagrin de devoir l'opprimer et l'humilier de la sorte, la colère de le savoir mangemort, le dégoût qu'il avait de lui-même de le garder ainsi chez lui. Mais il ne pouvait se résoudre à le ramener à Azkaban. Il avait promis à Blandine avant qu'elle ne meure qu'il le garderait chez eux. Il soupira.

- « C'est bon ! » grogna-t-il

Le jeune homme s'extirpa alors du dessous de son lit. Il avait le regard vide et éteint de ceux qui ne décide plus par eux même. Il l'observa un moment avant de détourner le regard. Il le dégoûtait pour tout ce qu'il avait fait et il se dégoûtait lui-même pour ce qu'il était en train de faire. Barty Sr se tourna alors et entreprit comme tous les soirs de vérifier que les sorts de condamnation des fenêtres étaient toujours en place. Son fils n'avait le droit de quitter sa chambre que deux fois dans la journée, le matin et le soir, pour utiliser la salle de bain. Le reste du temps, Winky avait ordre de l'enfermer dans sa chambre et de s'assurer qu'il n'en sorte pas. Barty Sr, à qui Azkaban avait remis la baguette de son fils à son emprisonnement avait bien pris soin d'enfermer cette dernière dans son coffre à Gringott's. Ainsi son fils était toujours en prison. Sa chambre était certes une cellule plus agréable que celle qu'il occupait à Azkaban, mais elle n'en restait pas moins sa geôle.

Une fois qu'il se fut assuré que toutes les sorties possibles étaient condamnées, il se tourna vers la porte sans un mot, dans l'intention de quitter la pièce quand soudain, son regard se posa sur le bureau de son fils et ce qu'il y vit l'horrifia.

Posés en évidence, des morceaux de parchemin et des plumes jonchaient la table. Sur certaine des feuilles la Marque des Ténèbres avait été soigneusement dessinée. Barty Sr tendit sa main tremblante de rage en direction des dessins maudits et s'en empara d'un geste brusque.

- « WINKY ! » hurla-t-il comme un dément « WINKY, viens ici TOUT DE SUITE ! »

Il tremblait de toute part quand l'elfe de maison entra dans la chambre. Elle affichait un air penaud.

- « Qu'est-ce que c'est que ça ? » siffla-t-il entre ses dents d'un air mauvais

- « Du parchemin monsieur » répondit prudemment l'elfe

- « C'est toi qui lui a donné du parchemin et des plumes ? » continua-t-il toujours très en colère

- « Oui monsieur, le jeune maître s'ennuyait tout seul dans sa chambre, monsieur. Winky a pensé que cela pourrait le distraire. »

Barty Sr fixa un moment son elfe avec incrédulité. Mais quelle folie lui avait pris ?

- « Mais tu es folle ! Tu te rends compte qu'avec ça il peut communiquer avec n'importe qui ! » hurla-t-il « Il n'a pas le droit d'être là, il est censé être mort Winky, tu comprends ça ? Mort ! Imagine un instant qu'il ait réussit à joindre le Ministère ou… »

Barty s'arrêta tout net, une idée abominable naissant dans son esprit. Et si son fils avait fait pire que de réussir à envoyer un message au Ministère. Il fixa les morceaux de parchemins où la Marque des Ténèbres d'un vert profond semblait le fixer. Il en frémit. Affolé, il écrasa dans son poing les morceaux de papiers.

- « Winky ! » lança-t-il en essayant de ne pas perdre son calme « Est-ce qu'il a eu accès aux hiboux de la maison ? »

- « Je ne sais pas Maître » sanglota l'elfe, de grosses larmes coulant sur son nez en forme de groin.

- « Est-ce qu'il aurait pu sortir de sa chambre ? » demanda-t-il alors.

En voyant alors l'air coupable qu'affichait son elfe, Bartemius Croupton sentit que ses jambes avaient de plus en plus de mal à le porter.

- « Tu l'as laissé sortir de sa chambre ! » murmura-t-il d'une voix blanche

- « Mais il n'est pas sortit de la maison maître ! Winky laisse le jeune Maître se dégourdir les jambes de temps à autre sinon, il tomberait malade ! C'est madame Blandine qui m'a demander de veiller sur le jeune Maître avant

de partir et… »

L'elfe ne put continuait sa phrase tellement elle était secouée de sanglots. Bartémius Croupton était totalement effondré. Blême, il fit disparaître les plumes et les parchemins du bureau et se dressa devant son elfe.

- « Ce que tu as fait là est extrêmement grave ! Tu as manqué à ton devoir ! » grogna-t-il d'un air mauvais.

Winky eut un hoquet de frayeur et se précipita en pleurs hors de la chambre. Bartémius Croupton jeta un dernier regard dégoûté à son fils avant de quitter à son tour la chambre de son fils.

Il referma la porte et la verrouilla avec les sortilèges les plus puissants qu'il connaissait et s'appuya sur le mur blanc du couloir. Son cœur battait à tout rompre. Il espérait de toutes ses forces que son fils n'ai pas réussit à surmonter le sortilège de l'Impérium au point d'avoir envoyer des messages au Seigneur des Ténèbres ou à ses mangemorts. Une angoisse sourde s'insinua en lui tel un serpent rampant entre ses entrailles. La nausée le gagna. Il tremblait de tous ses membres. Il se dirigea d'un pas chancelant dans son salon. Les bruits sourds et les gémissements qu'il entendit en passant devant la porte de la cuisine, lui indiquèrent que Winky se punissait de sa négligence. Il pénétra dans son salon et se servit un grand verre d'hydromel qu'il vida d'un trait. L'alcool se répandant dans son corps, il se sentit un peu mieux. Soudain, il cru apercevoir une ombre passer derrière sa fenêtre. Son cœur fit un bond dans sa poitrine. Il scruta la pénombre mais ne vit rien. Son imagination lui jouait des tours. Il se mit à faire les cent pas tout en prenant de grandes inspirations pour tenter vainement de se calmer. Il ne cessait de jeter des coups d'œil à la fenêtre. Il commençait à devenir paranoïaque ! Il se sentait épié, il se sentait menacé et pourtant il n'y avait personne.

Il se servit un deuxième verre d'hydromel qu'il but aussi vite que le premier. Puis il se dirigea avec prudence vers la fenêtre et d'un geste vif, tira le rideau. Il s'en éloigna alors le plus vite possible. En reculant, il percuta quelqu'un. Terrifié, il se retourna précipitamment et n'eut le temps que de voir le masque sombre du mangemort avant qu'une douleur sourde ne surgisse à l'arrière de son crâne. Il se sentit tomber puis se fut le noir complet.

Il ouvrit les yeux avec difficulté, toujours allongé au beau milieu de son salon. Son crâne le faisait atrocement souffrir. Il passa une main à l'endroit où la douleur était la plus vive. Lorsqu'il la retira, elle était toute tachée de sang poisseux. Il la regarda un moment avant de se relever d'un bond, terrorisé. Il porta sa main à sa poche pour récupérer sa baguette et constata avec horreur qu'elle avait disparut. Paniqué, il tendit l'oreille, mais n'entendit aucun son. Prudemment, il sortit de son salon. La porte d'entrée était grande ouverte. Allongée sur le carrelage froid et dur de l'entrée, Winky était stupéfixiée. Il n'avait aucun moyen de lever l'enchantement sans baguette. En frissonnant de peur, il avançait dans le couloir et ce qu'il craignait le plus au monde apparut sous ses yeux. La porte de la chambre de son fils avait été fracturée et elle était vide. Il avait fui ! Il avait rejoint les siens.

Désespéré, Bartémius Croupton se laissa tomber sur le sol, entraînant avec lui un cadre fixé au mur. De lourdes larmes se mirent à couler sur son visage crispé par la crainte. Qu'allait-il faire ? Il ne savait pas qui informer de cette horrible tragédie ! Son fils était censé être mort et enterré ! Il ramassa le cadre tombé sur le sol. Sous le verre brisé, Blandine le regardait un souriant.

- « Par Merlin ! » gémit-il d'une voix douloureuse « Qu'est-ce que tu m'as fait faire ! »