Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en générale mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !
Bonne lecture à vous tous… Aylala
o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o
Ce qui aurait pu se passer
Chapitre cinquante : Tout va changer
« Et tu le sens au fond des os
Et dans
le ventre et dans la peau
Tout va changer sans que rien soit
vraiment nouveau »
Joe Dassin (La saison du blues)
- « Tout cela a été monté avec une discrétion impressionnante, professeur »
Albus Dumbledore soupira, se leva de sa chaise et fit quelques pas dans la vieille chaumière qui accueillait le Quartier Général de l'Ordre du Phoenix, pour se diriger vers la fenêtre. Derrière lui Severus Rogue n'avait pas fait un geste.
- « Personne n'a été mis au courant de rien. Seul Le groupe d'opération savait. » continua le jeune homme
- « Qui sont ces personnes ? » demanda le professeur
- « D'après ce que j'ai compris, il y aurait Karkaroff, Malefoy, McNair et York. Mais ce qui m'étonne c'est qu'aucun d'entre eux ne semble être le responsable de cette mission. »
- « Il y en aurait donc un autre ? »
- « Je pense que oui, un autre qui resterait dans l'ombre pour une raison que j'ignore »
Dumbledore soupira de plus belle. Il croisa ses mains derrière son dos et continuait à fixer à travers la fenêtre. Barty Croupton Jr était le responsable de cette mission, il en était sur et certain. Lentement, il se tourna vers Rogue.
- « Retourne là-bas et renseigne toi le mieux que tu peux. Je veux savoir où les mangemorts évadés sont cachés, je veux savoir si de nouvelles actions sont prévues »
- « Bien professeur » déclara Rogue en attrapant sa cape qu'il enfile rapidement et sortit de la chaumière.
Le vieux sorcier retourna alors s'asseoir et fixa devant lui la une du journal. Cette évasion compliquait grandement la situation et soulevait des centaines de problèmes. Il allait falloir prendre des mesures pour essayer au maximum de limiter les dégâts. A cet instant, la porte de la chaumière s'ouvrit. Dumbledore releva la tête vers les nouveaux arrivant et un mince sourire naquit sur ses lèvres.
- « Merlin merci ! Professeur vous êtes là ! » s'exclama James en entrant.
A sa suite, Remus, Sirius et Lily s'approchèrent de lui. Tous prirent place autour de la table. Les trois garçons avaient l'air grave et tendu. La jeune femme était blême.
- « Comment cela est-il possible ? » demanda alors Sirius en serrant rageusement ses poings.
- « Je l'ignore malheureusement. Je ne pensais pas que quiconque soit capable de s'échapper d'Azkaban »
- « Mais qu'allons nous faire ? » demanda James
- « Pour le moment, attendre des informations plus précises que Severus doit m'apporter dans la journée, puis nous verrons »
- « Vous voulez dire qu'on ne peut qu'attendre ?! » s'indigna James en se levant d'un bond « Professeur, ils sont dangereux, ils sont en libertés ! Et certain d'entre eux ont montré qu'ils étaient prêt à toutes les trahisons pour livrer Harry au Seigneur des Ténèbres »
Dumbledore vit Lily se raidir à ses côtés et lui jeter un regard désespéré.
- « Je sais James, mais je doute que Peter ne se montre avant un moment, il sait qu'il a beaucoup à perdre dans cette affaire ! »
- « Et nous professeur ! Vous ne pensez pas que nous avons beaucoup à perdre dans cette guerre ! » hurla James
Remus se leva alors et posa sa main sur l'épaule de son ami.
- « Calme toi James, ça ne fera pas avancer les choses de perdre notre sang froid »
Sirius n'avait pas dit un mot, mais fixait la table avec un regard noir que la haine et la colère faisaient briller.
- « Je pense que cette nouvelle a été un grand choc pour vous plus que pour n'importe qui d'autre et je pense que vous avez tous besoin de prendre un peu de recul par rapport à… »
- « Prendre du recul ?! » explosa Sirius
- « Oui Sirius, prendre du recul. Il y a des choses plus urgentes à faire que de pester sur le fait que Peter soit de nouveau en liberté. Vous savez désormais à quoi vous en tenir face à lui désormais, vous êtes en sécurité, Harry, Syrielle et Lalyh également. Nous devons maintenant penser aux autres membres de l'Ordre. Il faut trouver un nouveau Quartier Général »
- « Pourquoi ? » demanda James sèchement.
Le professeur décida de ne pas tenir compte de la mauvaise humeur manifeste du jeune homme à son égard. Après tout, il avait surtout peur pour son fils, quoi de plus naturel.
- « Peter était membre de l'Ordre. Il connaît donc les autres membres et l'emplacement de cette chaumière » répondit-il comme si de rien n'était.
- « Mais elle est soumise au Fidelitas » fit remarquer Remus
- « Effectivement. Mais je ne crains pas que Peter vienne nous rendre visite. Je crains plutôt qu'il n'emmène d'autres mangemorts à proximité de la chaumière et ne nous attaque à la fin d'une de nos réunions »
- « Mais s'il avait voulut faire ça, il l'aurait fait au temps où il était encore parmi nous » fit remarquer Sirius d'une voix grinçante.
- « Non, il avait une excellent couverture qu'il ne pouvait pas se permettre de perdre. Maintenant, tout le monde sait qu'il est un mangemort, il n'a plus rien à perdre et de plus, il doit se racheter auprès de Lord Voldemort »
- « Se racheter ? » demanda James
- « Il n'a pas entièrement réussit la mission qu'il lui avait confié. Lily et toi avez réussi à protéger Harry de l'attaque de Voldemort. Peter ne doit pas être dans les bonnes grâces du Seigneurs des Ténèbres »
- « Il ne manquerait plus qu'on le plaigne ! » lança méchamment Sirius en se levant.
Dumbledore ne pu s'empêcher de sourire. Les garçons ne perdaient pas de leur mordant, même dans les situations les plus critiques.
- « Se pose aussi le problème d'Alastor » continua le professeur
- « Fol Œil ? Mais quel problème il y a-t-il ? » demanda James en se redressant
- « L'un des mangemort a prit son apparence pour abuser le gardien d'Azkaban. Il a présenté une fausse autorisation de visite et le gardien n'y a vu que du feu »
- « Mais comment aurait-il fait ? » demanda Remus
- « Je pense qu'ils ont du utiliser un sortilèges de métamorphose très puissant » répondit le professeur
- « Ou du polynectar » suggéra Lily qui était restée silencieuse jusqu'alors.
Le professeur se tourna vers elle.
- « C'est une excellent remarque Lily » lui lança-t-il en souriant doucement.
La jeune femme lui répondit aussi d'un faible sourire.
- « Où est Fol Œil en ce moment ? » demanda Sirius
- « Au Ministère, deux aurors sont venus l'arrêter tôt ce matin. Il doit être en plein interrogatoire »
- « Mais ils vont bien finir par se rendre compte qu'il est innocent ! » lança James
- « Je l'espère » répondit le professeur Dumbledore. « J'ai demandé à Kingsley de venir me voir au plus vite, j'aimerais qu'il s'arrange pour pouvoir lui faire passer des messages. Il ne devrait pas tarder »
- « On a vraiment rien d'autre à faire que d'attendre dans ce cas ?! » soupira James dont les épaules s'affaissèrent de déception.
- « J'en ai bien peur » répondit Dumbledore
- « Vous n'avez rien à nous faire faire professeur ? »
- « Si. Il faudrait que vous vous rendiez chez mon frère Abelforth. Il pourra peut-être nous fournir un nouvel endroit où nous réunir. James tu y es déjà allé… »
- « Oui, c'était il y a longtemps, mais je saurait y retourner »
- « Très bien. Allez-y tous les trois de ma part »
Dumbledore vit James poser un regard à sa femme. Manifestement, il n'avait pas très envie de la laisser seule.
- « Lily restera encore un peu avec moi James. Si cela ne l'ennuie pas, bien sur… »
- « Oh non professeur, ça ne me dérange pas » répondit la jeune femme en esquissant un timide sourire.
James hocha la tête. Il se pencha, prit le visage de la jeune femme entre ses mains et l'embrassa tendrement. Puis Lily prit une des ses mains dans la sienne et la serra très fort puis les trois garçons quittèrent la chaumière sans plus de cérémonie. La jeune femme les regarda s'éloigner d'un air grave et laissa échapper un sourire.
- « Moi qui pensait que le plus dur était derrière nous » souffla-t-elle au bout d'un moment.
- « Je sais que c'est difficile » répondit le vieux professeur
- « C'est surtout pour les garçons que c'est difficile. Ils pensaient en avoir définitivement fini avec Peter. C'est un coup dur. Ca me fait mal au cœur de les voir comme ça »
- « Je comprends. »
La jeune femme se tourna alors vers lui et soupira une nouvelle fois.
- « Où sont les enfants ? » demanda alors le professeur
- « Avec Océane. Je voulais absolument venir, James a bien compris. Océane, elle, a préféré ne pas jouer d'avantage avec les nerfs de Sirius et elle est restée chez elle »
- « Ils ont de la chance de vous avoir. Vous saurez les apaiser un peu. »
- « J'espère… »
Dumbledore l'observa alors un long moment.
- « Lily, il faut que nous discutions » lança-t-il alors d'un air sérieux.
- « Je crois que je sais ce que vous allez me demander professeur » répondit la jeune femme en le fixant de ses grands yeux verts.
Il la regarda d'un air amusé.
- « Il est temps que je reprenne pleinement ma place au sein de l'Ordre, n'est-ce pas ? »
- « Exactement. Je préfère te le demander en l'absence de James. Je crois que ça ferait beaucoup trop de mauvaises nouvelles pour lui en une seule journée »
La jeune femme pouffa discrètement.
- « Syrielle est encore petite et je l'allaite encore professeur, mais je comprend que désormais, toutes les bonnes volontés doivent se donner à fond. »
- « C'est exactement ça, tu es donc d'accord ? »
- « Oui, je sais qu'il le faut. Mais s'il vous plait, laissez moi l'annoncer moi-même à James »
- « Evidemment, je comprend parfaitement »
La jeune femme lui fit un sourire reconnaissant.
- « Mais tu pourras le rassurer en lui disant que tu ne feras pas de mission trop dangereuse. J'ai quelque chose de très précis à te confier et je penses que tu es l'une des seules, pour ne pas dire la seule à t'en acquitter »
- « Moi ? » s'étonna la jeune femme
- « Exactement, je compte sur ton charme et sur ta force de persuasion ».
Le professeur vit alors les yeux de la jeune femme d'allumer sous l'effet de la curiosité.
- « De quoi s'agit-il professeur ? »
- « Je ne peux pas encore t'en parler, mais je te tiendrais rapidement au courant. D'ici là, inutile d'informer James de quoi que ce soit »
- « Vous savez professeur, si c'est une mission où je devrais user de mon charme comme vous le laisser entendre, je crains que James ne trouve cette mission trop dangereuse pour lui ! » plaisanta la jeune femme
Le professeur se mit à sourire.
- « Je le pense aussi, mais tu seras en mesure de le convaincre qu'il n'a rien à craindre »
- « Evidemment » répondit la jeune femme en souriant.
- « Dans ce cas, puisque nous sommes d'accord, je t'enverrais prochainement un hibou pour te donner rendez-vous »
- « Il faut que je soit discrète sur cet ordre de mission ? » demanda la jeune femme
- « Oui, mais j'estime Sirius, Océane, Remus et bien évidemment James comme digne de confiance et prenant tes intérêts à cœur. Tu pourras donc leur en parler »
- « Merci professeur. Maintenant, si vous n'avez plus besoin de moi, je vais rentrer récupérer mes petits bouts »
- « Très bien Lily. Soit prudente surtout »
- « Comptez sur moi professeur »
Dumbledore la regarda alors quitter la chaumière et transplaner.
o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o
Lily aimait beaucoup se rendre dans cette maison. Elle y avait toujours été bien accueillie et elle savait qu'elle pourrait toujours y trouver du réconfort. Et c'était surtout ce dont elle avait besoin en cet instant. Elle avait besoin de se sentir soutenue. Alors qu'elle s'approchait de la porte d'entrée elle entendit des cris et des rires. La maison respirait le bonheur et la joie de vivre et en ce moment, rien ne pouvait lui faire plus chaud au cœur. Elle frappa quelques coups à la porte et attendit qu'elle s'ouvre.
- « Lily ! Te voilà enfin. Par Merlin tu as une mine affreuse ma pauvre chérie ! Rentre tu vas attraper froid ! »
La jeune femme se mit à sourire alors que Molly Weasley la prenait dans ses bras pour lui déposer un baiser sur chacune de ses joues. Elle se laissa alors entraîner dans le salon où Océane était assise devant une grande tasse de thé. Près d'elle, dans leurs petits siéges, Lalyh et Syrielle jouaient avec leurs mobiles.
- « Tu as vu mon mot ? Je n'avais pas envie de rester toute seule aujourd'hui » expliqua la jeune femme en lui adressant un sourire.
- « Tu as bien fait » lui assura Lily en s'installant à côté de sa fille dont elle caressa doucement la petite tête.
- « Tiens, bois ça, tu te sentiras mieux ! » lança alors Molly en déposant devant elle une grande tasse de thé.
- « Merci »
- « James et Sirius ne sont pas avec toi ? » demanda alors Océane d'un air inquiet
- « Non, ils sont partis voir le frère du professeur Dumbledore » répondit Lily « Il faut trouver un nouveau Quartier Général et comme les garçons étaient incapable de tenir en place, il a préféré les envoyer se défouler un peu à l'extérieur »
Océane soupira et Molly les regarda toutes les deux d'un air triste.
- « Je comprends que ce soit très dur pour vous » murmura-t-elle
- « Ca réveille tellement de mauvais souvenir » souffla Océane d'une voix douloureuse. « Enfin surtout pour les garçons »
Lily se contenta de hocher la tête.
- « James prend ça tellement mal ! » murmura-t-elle « Ce matin, il était déjà parti quand je me suis levée. J'ai d'abord cru qu'il était parti faire un tour, mais quand Dobby m'a tendu le journal, j'ai tout de suite compris. J'ai eu tellement peur qu'il soit parti faire une bêtise. J'ai été tellement soulagée de le voir revenir avec les garçons »
- « Sirius est pareil. Ce matin quand Lalyh s'est réveillée, il est descendu prendre un peu de café parce qu'il savait qu'il ne se rendormirait pas. J'étais dans la chambre de la petite, et je l'ai entendu hurler. J'ai eu très peur, je suis descendue aussi vite que j'ai pu. Il était dans la cuisine, il avait le journal sous les yeux. Je me suis approchée de lui, il n'a même pas fait attention à moi. Je l'ai appelé, il m'a regardé et il m'a dit qu'il y avait eu une évasion puis il est parti et je ne l'ai pas revu » lança Océane avant de soupirer violemment.
- « Je sais juste que les trois garçons se sont retrouvés, que Remus leur a conseillé de rentré et que James est revenu. Puis on est partit tout de suite pour le Quartier Général » continua Lily d'une petite voix.
A cet instant, trois petits rouquins firent leur entrée dans le salon en riant, suivi de près par Harry qui souriait largement.
- « Oh ! Maman ! » lança le petit garçon en la voyant
- « Coucou mon chéri ! » lança Lily en lui tendant la main pour qu'il vienne le rejoindre.
Harry s'approcha d'elle et elle le prit sur ses genoux.
- « Tu as été sage ? » demanda-t-elle en embrassant le front de son fils
- « Vi ! » répondit le petit garçon « Papa où ? »
- « Il travaille mon grand. On le verra ce soir. » répondit la jeune femme avec un léger sourire. « Retourne jouer mon cœur, amuse toi »
Elle le redéposa sur le sol après l'avoir embrasser une dernière fois. Elle le regarda rejoindre en trottinant Ron qu'elle salua d'un geste de la main. Molly regardait les deux petits en souriant.
- « Je me souviens de Harry la première fois que je l'ai vu. C'était il y a un an exactement. Il avait l'air apeuré et affolé. Mais il était très courageux. Il était timide, je suis contente de voir que maintenant, il a tout à fait ses marques ici. »
- « Moi aussi » répondit Lily en souriant « On vous doit tellement à Arthur et toi. Vous vous êtes si bien occupés de lui »
- « Je t'en prie Lily, James et toi vous auriez fait pareil pour n'importe lequel de nos enfants. C'est naturel de protéger des enfants innocents »
Lily hocha la tête et repris une longue gorgée de l'excellent thé de Molly. Syrielle se mit alors à pleurer et la jeune femme la prit dans ses bras. Elle la berça un moment pour tenter de la calmer, mais la petite avait faim. La jeune maman se déshabilla alors et donna le sein à son petit trésor de fille.
- « Profites-en mon ange, bientôt maman va te mettre au biberon » murmura doucement Lily tout en caressant la petite tête de Syrielle
- « Tu as l'intention d'arrêter de l'allaiter ?! » s'étonna Océane
- « Oui »
- « Pourquoi ? »
- « Pour faire participer James à l'aventure ! Je ne serais plus la seule à me lever la nuit quand elle aura faim» s'amusa la jeune femme
- « Mais elle n'a que deux mois et demi ! »
- « Je sais… J'attends encore quinze jours… » souffla la jeune femme
Elle regarda alors sa fille avec un mélange de tendresse et de tristesse, en essayant de ne pas penser au regard inquisiteur que Océane posait sur elle. Bien sur elle mourrait d'envie de continuer à nourrir sa fille au sein, bien sur elle savait que trois mois s'était jeune pour arrêter. Mais si elle reprenait ses missions pour l'Ordre, elle ne pouvait plus se permettre ce luxe. Elle soupira doucement et releva alors la tête. Molly et Océane la regardait avec curiosité.
- « Tu adores ça ! On le voit bien ! Alors pourquoi tu veux arrêter ? » insista Océane, soutenu par Molly qui hochait la tête avec conviction.
Lily leur adressa un faible sourire et décida alors de leur avouer.
- « Je vais reprendre les missions pour l'Ordre. Je ne peux plus me permettre d'avoir des contraintes comme celle d'un allaitement »
- « Par Merlin ! » s'exclama Molly
- « Tu es sure de vouloir reprendre si tôt ? » demanda Océane
- « Oui, Dumbledore me l'a demander. Mais je vous en prie ne dites rien à James pour le moment. Je lui dirais dans quelques jours, quand il sera un peu remis »
- « Ca va lui faire un choc ! » lança Océane
- « Je sais » répondit simplement Lily en soupirant. « Mais je ne sens que je ne pourrais pas rester sans rien faire alors tout le monde sera sur le pied de guerre, même si Syrielle est encore petite. »
Les trois femmes restèrent un moment silencieuses. Syrielle termina sa tétée et Lily la garda encore un peu dans ses bras pour profiter d'elle. Elle ne l'avait pas beaucoup vu de la journée. Harry non plus, mais son fils s'amusait si bien, qu'elle préférait le laisser jouer. Elle passerait plus de temps avec lui dans la soirée.
- « Je me demande bien ce qu'ils font quand même » lança alors Océane en prenant Lalyh dans ses bras.
- « Ils savent où nous sommes ? » demanda Lily
- « Je lui ai aussi laisser un mot »
- « Il est possible qu'ils préfèrent rester un peu seul tu sais. C'est un immense choc pour eux » murmura Molly
- « Mais je me fais tellement de soucis. Je voudrais qu'il soit là, comme ça je suis sure … »
- « Sure que quoi ? » demanda Lily
- « Sure qu'il ne fait pas quelque chose de stupide ! Tu les connais, ils ont toujours tendance à partir sur des coups de têtes ! J'ai tellement peur que Sirius fasse une bêtise ! Il s'en veut tellement de ce qui vous est arrivé, j'ai tellement peur qu'il ne se mette en tête de retrouver Peter et qu'il ne veuille le… »
La jeune femme laissa sa phrase en suspens et baissa la tête.
- « Remus est avec eux, Océane. Il est capable de les retenir avant que ça ne dégénère. » murmura Lily
- « Je sais, mais j'aimerais tellement qu'il soit là et qu'il me parle. Ce matin j'avais l'impression d'être face à un mur ! J'ai eu tellement de mal à briser sa carapace quand on a commencé à être ensemble, je ne voudrais pas avoir tout à recommencer. Ca me fait mal de le voir comme ça ! »
- « Je sais, moi aussi j'ai mal de voir James souffrir à ce point. Il va falloir qu'on soit là pour eux » ajouta Lily en souriant doucement à son amie. « On ne laissera pas Peter les démolir une nouvelle fois »
- « Tu as raison. Mais pour Sirius, il y a aussi le problème de Bellatrix qui se pose » murmura Océane
- « Bellatrix ? »s'étonna Molly « Bellatrix Lestrange ? »
- « Oui » répondit Océane d'un air triste « Sirius et elle sont cousins. »
- « Et Bellatrix est impliqué dans le meurtre de Andromeda Tonks qui était aussi une cousine de Sirius. Ils s'aimaient beaucoup… » continua Lily
- « Toi aussi tu l'aimais beaucoup » lança Océane à ton égard « Comment tu te sens avec tout ça ? »
- « Je… Je me dis que c'est injuste pour Nymphadora que les assassins de sa mère soient en liberté, mais je sais qu'on fera tout pour les remettre en prison »
Les deux jeunes femmes échangèrent alors un regard entendu.
A cet instant, le bruit d'une porte qui s'ouvre se fit entendre suivit d'environs sept « PAPA ! » résonnèrent dans la maison. En souriant, Molly se tourna et Arthur entre dans le salon, Ginny dans les bras et six rouquins tournant autour de lui. Harry n'était pas en reste, il le suivait en souriant.
- « Bonjour les Weasley ! » lança Arthur en s'installant dans un fauteuil près de sa femme. « Et bonjour aussi aux Potter et aux Black ! » ajouta-t-il en souriant
- « Bonjour Arthur ! » répondirent en cœur Lily et Océane
- « Ca a été aujourd'hui au Ministère ? » demanda alors Molly.
Arthur regarda un moment les enfants sortirent de la pièce pour retourner jouer, Ginny dans les bras de Charly, et soupira.
- « On est débordé ! Une demi-heure après la parution du journal, des beuglantes arrivaient déjà ! J'ai été réquisitionné pour répondre au courrier. Il semblerait que les relations avec les Moldus ne soient plus la priorité du Ministère, si ça l'a été un jour ! »
- « Ils sont le droit de faire ça ? » demanda Molly
- « Bien sur. Et je pense que pendant plusieurs jours je me contenterais de trier les lettres particulièrement virulente de sorciers et de sorcières mécontents »
- « Le Ministère compte faire quelque chose de précis ? » demanda Océane
- « Je ne sais pas, on ne nous a pas mit au courant, mais il ne peut pas rester sans réagir. On parle déjà de faire distribuer de nouveau tract pour rappeler à tous les consignes de sécurité, même si à mon avis ça ne sert pas à grand-chose » répondit Arthur.
- « Il se donne l'impression d'agir » murmura Lily
- « Exactement » soupira Arthur.
Lily le regarda un moment d'un air grave. La guerre reprenait de plus belle, elle espérait vivement que le Ministère ne se laisse pas déborder par les évènements.
o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o
- « Puisque je te dit que je n'ai rien à me reprocher ! »
- « C'est bon Fol Œil ! Tu nous l'as déjà sortit ce refrain ! On sait que tu étais à Azkaban hier soir, le gardien t'a reconnu ! »
Maugrey observa un moment le jeune auror qui lui faisait face. Il faisait parti de ces jeunes qui débutent et qui ne doutent de rien, et surtout pas de leurs compétences. Il était amusé. Dire qu'un an à peine auparavant, ce jeune freluquet avait peur de se retrouver dans le même couloir que lui.
- « Tu sais quoi, King ? Il y a un an, je te trouvais un peu mou, mais maintenant je sais qu'en plus tu n'as aucune jugeote ! Je n'étais pas à Azkaban hier soir, ce n'était pas moi ! »
- « Ben voyons ! Ce n'était pas toi, c'était juste ton corps ! » ricana Thomas King
- « Et tu n'as jamais pensé que quelqu'un ait pu prendre mon apparence pour me faire tomber dans un piège ? »
- « Tu es trop paranoïaque Fol Œil ! » s'amusa Thomas King « A moins que tu ne te sois créer ce personnage de cinglé pour mieux nous berner après ! »
Il paraissait fier de lui. Maugrey esquissa un sourire et fit non de la tête en soupirant. La bêtise de cet auror était assez frappante. Il s'étira alors un peu et replaça sa chaise. Les salles d'interrogatoire n'étaient pas très confortables, il s'en rendait bien compte maintenant. Cela faisait cinq longues heures que lui et ce stupide jeunot se faisaient face dans cette pièce austère, meublée d'une petite table et de deux chaises et sur le mur de laquelle, un grand miroir sans teint était installé. Il connaissait cette salle par cœur pour y avoir souvent mener des interrogatoires, mais à part une fois au Centre de Formation des Aurors, quand il était jeune et s'était proposé pour être le cobaye d'une simulation d'interrogatoire, il n'avait jamais été de ce côté-là de la table. Il fallait bien un début à tout. Cette pensée le fit sourire.
- « Mais tu te payes ma tête en plus ! » s'indigna le jeune auror en frappant du poing sur la table.
- « Holà ! Je te prierais de te calmer mon grand ! Je ne suis pas une de ces petites frappes que tu as l'habitude de ramassé ivres morts dans l'Allée des Embrumes ! Alors un peu de respect ! »
- « Pourquoi devrais-je du respect à quelqu'un qui a aider quinze mangemorts à s'évader d'Azkaban ?! »
Maugrey soupira, croisa le bras sur sa poitrine et attendit. Merlin ce que ce Thomas King pouvait être stupide et bouché ! Il n'avait jamais été à Azkaban cette nuit là, il n'avait rien fait. Il était en mission pour le professeur Dumbledore. Il cherchait toujours la trace de Barty Croupton Jr. Au moment des faits, il rôdait autour de la maison d'un mangemort notoire pour essayer de déterminer si le fugitif n'était pas chez lui. Mais quelque chose lui disait que cette nuit là, pour trouver Croupton, il aurait mieux valut rôder autour d'Azkaban.
A cet instant, la porte s'ouvrit et Kingsley Shacklebolt entra dans la pièce. Il avait l'air sévère et méchant.
- « C'est bon, je prend la suite ! Tu peux nous laisser ! » lança-t-il sèchement en direction du jeune auror
- « Mais, c'est moi qui suis chargé de… »
- « J'ai dit dehors, King ! » continua Kingsley d'un ton beaucoup plus dur.
Maugrey vit alors le jeune auror lui jeter un regard assassin avant de quitter la pièce. Les deux aurors restèrent un moment en silence.
- « Alors Fol Œil ? Comment tu te sens ? » demanda Kingsley d'un ton aimable contrastant largement avec l'air dur et hautain qu'il affichait
- « Tu crois que King nous observe depuis le miroir sans teint ? » bougonna Maugrey en gardant son air renfrogné
- « J'en mettrais ma main au feu. Je préfère rester prudent, je ne voudrais pas me faire dépister »
- « Tu as raison »
C'était étrange, malgré les civilités qu'ils s'échangeaient sur un ton aimable, leurs visages restaient fermés.
- « Dumbledore voulait avoir de tes nouvelles » continua Kingsley
- « Tu pourras lui dire que je survis, mais que j'ai envie de foutre une bonne paire de baffe à ce blanc bec de King »
- « Tu n'es pas le seul. Le professeur a ajouté qu'il ferait tout pour te sortir de là »
- « Je lui fais confiance »
- « Il voulait savoir aussi si tu n'avais pas, au cour des derniers jours reçu la visite de quelqu'un qui t'aurait arraché un peu de cheveux ou n'importe quoi d'autre. Lily Potter a émit l'idée que peut être celui qui s'est fait passer pour toi aurait utilisé du polynectar »
Maugrey se redressa sur sa chaise. C'était brillant ! Croupton avait utilisé du polynectar pour s'évader, il n'aurait pas été étonnant qu'il s'en serve une nouvelle fois, pour faire évader ces camarades par exemple. Il se mit alors à réfléchir à ce qui s'étaient passé ces derniers jours.
- « McNair ! » souffla-t-il alors « Il est venu me voir il y a environ dix jours et il s'est jeté sur moi sans aucune raison apparente ! Je suis sur que c'est lui ! » s'exclama Maugrey
- « Très bien, on va aller faire un petit tour chez lui voir ce qu'on trouve ! D'ici là, repose toi bien dans ta cellule ! »
- « C'est facile de se moquer ! » grogna Maugrey.
Il observa alors Kingsley se diriger vers la porte. Il lui adressa un faible clin d'œil avant de l'ouvrir.
- « Tu finiras par avouer Fol Œil ! » cracha-t-il dans sa direction.
- « Je suis la victime dans cette histoire ! Je n'ai rien à avouer ! » hurla Maugrey dans sa direction tandis que
Thomas King entrait à nouveau dans la pièce, l'air supérieur.
o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o
Pour la cinquième fois, Augusta Longdubat se rendit dans son salon pour vérifier que toutes les fenêtres étaient bien barricadées. Elle leur jeta de puissants sorts mais les planches de bois qui obstruaient les ouvertures ne cédèrent pas. Un peu rassurée, elle se rendit devant sa porte d'entrée et vérifia que la porte était soigneusement verrouillée. Elle entendit alors de petits pas derrière elle. Elle se retourna et se retrouva face à Neville qui la regardait avec étonnement.
- « Par Merlin Neville ! Il faut que tu restes dans ta chambre ! » s'écria-t-elle au bord de l'hystérie.
Elle le prit dans ses bras et remonta rapidement à l'étage. Elle eut un violent frisson en passant devant le portrait de Franck et Alice. Elle se rendit rapidement dans la chambre de son petit fils et le déposa sur le sol.
- « Grand-mère ? » demanda le petit garçon visiblement inquiet.
- « Ne t'en fais pas mon grand, je suis là » murmura la vieille femme totalement déboussolée.
Puis laissant là le garçonnet et ses jouets, elle sortit de la chambre et referma la porte. Elle fit quelque pas et entre dans la chambre qui avait été celle de son fils quand il habitait encore chez elle. Elle n'avait rien changé. Tout y étais exactement tel que Franck l'avait connue adolescent. Elle sentit de lourdes larmes se former dans ses yeux et alla s'asseoir sur le grand lit. Là, plongeant son visage dans ses mains, elle se mit à pleurer.
Ils étaient libres ! Les monstres qui avaient torturés son fils et sa bru étaient libres. Ceux qui étaient responsable du fait que Neville grandisse loin de ses parents s'étaient échappés d'Azkaban. Cette pensée lui était tout bonnement intolérable. Maintenant qu'ils étaient dans la nature, Merlin seul savait ce qu'ils allaient être capable !
En apprenant la nouvelle le matin même, elle avait barricadé sa demeure. Elle craignait plus que tout que ces fous furieux ne décident d'achever ce qu'ils avaient commencer cette nuit là. Elle savait Franck et Alice sous haute surveillance à Ste Mangouste. Mais Neville n'avait qu'elle pour le protéger. Elle avait beau savoir que sa maison était soumise au Fidelitas et que de ce fait, son petit fils et elle étaient en sécurité, elle ne pouvait s'empêcher d'avoir peur. Elle avait cloîtré le petit garçon dans sa chambre, l'elfe de maison avait ordre de n'ouvrir à personne et elle-même se tenait sur le qui-vive. Mais l'angoisse qui la rongeait était la plus forte. Elle était donc là, assise sur le lit de son cher Franck, à pleurer toutes les larmes de son corps.
Le chagrin, lui enserrait le cœur. Depuis un an sa vie était un calvaire. Son unique enfant avait perdu l'esprit, il ne reconnaissait plus personne, sa femme était dans le même état. Elle se retrouvait à élever son petit-fils qui continuait tous les jours à s'asseoir sous le portrait de ses parents pour les regarder. Le petit garçon riait tellement rarement, il avait toujours l'air perdu. Ce n'était pas une vie ! Franck et Alice n'auraient jamais voulu une telle vie pour leur fils !
Augusta pleurait toujours quand l'elfe de maison entra dans la pièce.
- « Madame, nous venons de recevoir un hibou du professeur Dumbledore »
Elle releva la tête et regarda un moment son elfe, le regard perdu. La créature lui tendit alors un morceau de parchemin plié. En tremblant légèrement, elle s'en saisit et lu la lettre. Le directeur de Poudlard voulait lui assurer de son soutien dans cette nouvelle épreuve et l'invitait à venir lui rendre visite si jamais elle avait envie de parler. En soupirant, elle rangea le message dans la poche de sa robe et fit apparaître un mouchoir. Elle sécha ses larmes. Il était stupide de se laisser aller ainsi. Il fallait qu'elle soit forte. Pour Neville, pour Franck et Alice. Elle se redressa alors et remercia l'elfe qui quitta la pièce après s'être incliné bien bas. Elle se rendit dans sa salle de bain, se passa de l'eau sur son visage et réajusta son maquillage. Puis reprenant l'air assuré qu'elle arborait d'habitude se rendit dans la chambre de son petit fils.
Neville était assis sur le sol, jouant avec une toupie magique qui ne cessait de tourner en changeant régulièrement de couleur. Le petit garçon releva la tête en la voyant entrer. Elle lui sourit d'un air confiant. Elle alla s'asseoir dans le grand fauteuil à bascule qui se situait dans un coin de la pièce. Elle le regarda jouer un long moment en se disant qu'elle ferait tout pour que Neville ait une vie normale et heureuse. Qu'il sache tout ce que ses parents avaient fait par amour pour lui. A cet instant, le petit garçon se leva et vint près d'elle. Il tira un peu sur le pan de la robe sombre de sa grand-mère et Augusta le prit sur ses genoux. Elle le serra alors contre elle, en balançant doucement le fauteuil. Ils restèrent ainsi en silence un petit moment comme pour montrer que malgré tout, ils n'étaient pas seuls.
