Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en générale mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre cinquante et un : Peur pour toi

« Toute ma vie j'ai rêvé
D'avoir quelqu'un à aimer
J'ai peur pour toi tu sais »

Michel Berger/ Luc Plamondon (Starmania - Scène 11)

Rogue passa le premier et vérifia que la voix était libre. Puis d'un geste de la main, il fit signe au reste du groupe de le suivre. Quatre personnes en tout, trois hommes et une femme, dont les capes masquaient leur visage était à sa suite. Ils traversèrent en silence et rapidement l'impasse du Tisseur pour arriver à la toute dernière maison, sans adresser un seul regard aux maisons délabrées et aux jardins envahis de mauvaises herbes qu'ils dépassaient. La légère brise nocturne qui les enveloppait, apportait de depuis la rivière toute proche une odeur d'eau croupie. Une fois arrivé devant la toute dernière maison, le petit groupe s'arrêta docilement devant la porte.

Rogue entra le premier et, une fois que tous furent à l'abri à l'intérieur, il vérifia encore une fois que personne ne les avait observer et referma la porte.

- « Tu es trop froussard ! » lança sarcastiquement la femme

- « Le Maître ne souhaite pas que quiconque sache que vous êtes là, je ne fais qu'obéir aux ordres Bellatrix ! » répondit sèchement Rogue.

Le jeune homme n'appréciait pas plus que ça la compagnie des quatre personnes que le Seigneur des Ténèbres, lui avait imposé d'héberger. Et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord, depuis leur évasion, les Lestrange n'avaient pas quitté leur petit air supérieur de ceux qui ont souffert pour une cause juste. Bellatrix ne cessait en particulier de raconter combien elle était fière d'avoir enduré cette souffrance pour son Maître. Rodolphus et Rabastan n'étaient pas en reste. Il ne cessait de regarder Rogue avec un mépris qu'ils exprimaient ouvertement. Tous lui reprochaient de travailler à Poudlard, dans l'école de celui qu'ils considéraient comme la pire menace à la grandeur de leur Maître. Ils ignoraient tous qu'un petit garçon de deux ans à peine avait le pouvoir de vaincre le plus grand mage noir de tous les temps. L'autre raison du déplaisir que ressentait Rogue à recevoir ces mangemorts chez eux était que cela compliquerait grandement son travail pour l'Ordre. Il lui était désormais impossible de se rendre aux réunions sans que ses nouveaux colocataires ne s'en aperçoivent. Mais en contrepartie, avoir certain des mangemorts les plus virulents sous la main n'était pas forcément une mauvaise chose…

Tous ôtèrent alors leur cape, se dévoilant alors dans la lumière de la maison. Azkaban les avaient tous marqués. Rogue les observa un moment. Tous étaient beaucoup plus pâles et beaucoup plus maigres que dans son souvenir. Il avait aussi perdu de leur humanité, comme si la prison les avait éteint. Pour Bellatrix, cela ne faisait pas grand changement. Elle avait toujours été à moitié folle. Non, cette perte de vie était la plus flagrante chez Peter Pettigrow.

La pensée de cacher dans sa propre maison l'ennemi juré de Black et Potter lui apportait une satisfaction malsaine. Au début, il avait pensé à refuser de recueillir le jeune homme chez lui. Il se souvenait parfaitement que Pettigrow n'était pas le dernier à rire lorsqu'il était la victime des stupides Maraudeurs dont il avait fait parti. Mais oubliant ses rancœurs, il avait accepter de l'héberger pour pouvoir se venger des humiliations qu'il avait connu plus jeune et pour ne pas mécontenter Lord Voldemort.

Rogue se demandait aussi pourquoi le Seigneur des Ténèbres n'avait pas châtié Pettigrow. Après tout, il n'avait pas réussit la mission qu'il lui avait été confié. Le petit Harry Potter était toujours bien vivant et représentait toujours une menace pour le mage noir. Cette clémence apparente ne pouvait signifier que deux choses. Ou elle était provisoire et Pettigrow n'allait pas tarder à recevoir le châtiment qu'il méritait, soit le Seigneur des Ténèbres comptait se servir de lui une nouvelle fois. Il faudrait qu'il pense à en parler au professeur Dumbledore.

Chassant ses pensées de son esprit, il invita ses hôtes à le suivre à l'étage et leur montra leurs chambres respectives. En entrant dans la modeste pièce qui les accueillerait son mari et elle, Bellatrix ne pu s'empêcher de pousser un grognement de dédain.

- « Nous avions un manoir, et nous voilà réduit à loger dans cette espèce de trou à rat puant ! »

Rogue serra les poings.

- « Pourquoi ne nous laisse-t-on pas rentrer chez nous ? » grogna Rodolphus en faisant le tour de la pièce.

- « Votre manoir est placé depuis longtemps en zone de haute protection par le Ministère de la Magie » expliqua Rogue d'une voix sèche.

- « Qu'on me laisse alors aller chez Narcissa ! Elle alors aura un logement décent à me proposer ! » s'énerva Bellatrix en fixant Rogue d'un air hautain.

- « Depuis votre évasion, tu penses bien que le manoir de ta sœur et sujet à une surveillance intense, car justement tout le monde pense que tu aurais envie de la rejoindre ! » lança Rogue avec une voix légèrement teintée d'amusement devant le peu de sens commun dont faisait preuve la femme postée devant lui « En plus, je ne comprend pas de quoi tu te plains ! Après une cellule d'Azkaban, ce trou à rat puant comme tu le dis, doit te sembler être le summum du luxe ! »

Bellatrix le fixa d'un air mauvais.

- « Qu'on me laisse au moins aller chez ma tante ! »

- « Je ne suis pas sur que notre Maître approuve ce choix. N'oublie pas qu'avant de mourir, Regulus voulait quitter le rang des mangemorts. La famille Black n'a plus bonne presse à ses yeux ! »

- « Regulus valait mieux que son bon à rien de frère ! » cracha Bellatrix.

Rogue se mit à sourire. Voilà enfin quelque chose qu'il avait en commun avec sa collègue : leur haine envers Sirius Black. Le jeune homme jeta un regard en coin à Pettigrow. Il se tordait les mains d'un geste nerveux et compulsif. Visiblement, il n'était pas très à l'aise que l'on évoque son ancien ami.

- « De toute façon, le problème ne se pose pas Bellatrix. Le Maître veut que tu restes dans ma maison, tu dois lui obéir. »

- « Evidemment ! » cracha la jeune femme en colère.

Sans s'en soucier, Rogue se retourna et sortit de la chambre.

- « Pettigrow ! » appela-t-il d'une voix sèche en quittant la pièce.

Il sentit que le jeune homme le suivait. Il l'entraîna le long d'un couloir sombre jusqu'à une petite porte miteuse. Il l'ouvrit. Il avait fait exprès de laisser à l'ancien Maraudeur la chambre la plus petite et la moins bien entretenue. Envahie par les toiles d'araignées et infestée de doxys, elle ressemblait plus à un taudis qu'à une chambre.

- « Tu t'installeras là ! » lança Rogue avec une espèce de joie malsaine.

Pettigrow ne prononça pas un mot et entra dans ce qui allait désormais être sa chambre et Rogue le laissa seul. Il redescendit au rez-de-chaussée pour se rendre dans le salon où il s'installa sur le canapé. Bellatrix, Rabastan et Rodolphus ne tardèrent pas à les rejoindre. Rogue remarqua avec amusement que Pettigrow évitait soigneusement sa présence… Comme il avait raison ! Mais il ne pourrait pas s'y soustraire indéfiniment.

- « Quand avons-nous notre prochaine réunion ? » demanda Rodolphus d'une voix grave

- « Je ne sais pas » avoua Rogue « Il ne nous met au courant des missions qu'au dernier moment. »

- « J'ai hâte de me remettre au travail ! » lança Bellatrix avec la même joie qu'un enfant à qui ont promet un beau cadeau.

Rogue soupira d'un air amusé. Juste évadés, les Lestrange étaient extrêmement recherchés. Les aurors mettaient une hargne toute particulière pour retrouver ceux qui avaient torturés les Longbubat. Le Ministère était sur le qui-vive, il ne pensait pas que le Seigneur des Ténèbres prendrais le risque insensé de les envoyer en mission avant un bon moment. Il prévoyait déjà que la jeune femme serait insupportable à être cloîtrée dans cette maison. Et il espérait vivement qu'elle n'aurait pas à la supporter bien longtemps.

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- « Mais tu es totalement folle ! »

- « Calme toi James, s'il te plait ! »

- « Que je me calme ! Tu en as d'autres des blagues comme ça ? Comment veux-tu que je me calme ! »

Assise en tailleur au milieu de leur lit, Lily observait son mari qui lui faisait face à l'autre bout de la pièce.

Debout, rouge de colère et les bras croisé sur sa poitrine, il la regardait d'un air assassin. Elle venait de lui apprendre qu'elle allait reprendre les missions pour l'Ordre et le jeune homme prenait très mal la nouvelle.

- « Je t'en supplie Lily dis moi que c'est un cauchemar et que je vais me réveiller ! » cria James avec colère

- « Pas si fort James ! »

- « Je crierai aussi fort que ça me chante ! » hurla le jeune homme, excédé.

Lily lui jeta un regard noir. S'il continuait à crier si fort, il allait réveiller les enfants. Mais visiblement cela ne semblait pas préoccupé le jeune homme qui continuait inlassablement à crier qu'il n'arrivait pas à y croire. La jeune femme avait beau lui demander de se taire, il n'écoutait pas. Et ce qui devait arriver, arriva.

- « Mamaaaaan ! »

D'un geste rageur, Lily se leva du lit, passa devant son mari d'un pas vif.

- « Voilà, tu as gagné ! J'espère que tu es content ! » grogna-t-elle en quittant sa chambre pour ce rendre dans celle de son fils.

Debout dans son petit lit à barreau, Harry grimaça quand elle ouvrit la porte, laissant entrer un peu de lumière dans la pièce. Doucement, Lily s'approcha du lit et prit le petit garçon dans ses bras.

- « Je suis là chéri » murmura-t-elle contre son oreille.

- « Papa y crie ! »

- « Je sais mon coeur, mais il ne le fera plus c'est fini » répondit-elle en l'embrassant sur le front

- « Pou quoi Papa y crie ? » demanda alors le petit garçon

- « Parce que ta mère est inconsciente ! » lança sèchement la voix de James derrière eux.

Excédée de voir qu'il l'avait suivi jusque dans la chambre de leur fils qu'elle essayait de calmer, Lily se retourna violemment, Harry toujours dans ses bras.

- « Sors de cette chambre ! » lança-t-elle d'un ton sec et sévère.

- « Il faut qu'on parle ! » grogna James

- « On parlera quand Harry sera rendormit et que tu te seras calmé ! Il est hors de question que je discute avec toi

si tu es encore dans cet état ! » déclara-t-elle

- « C'est aussi MON fils et si je veux le voir maintenant je... »

- « Sors de cette chambre James ! » cria Lily alors que Harry se recroquevillait contre sa maman, l'air apeuré.

Après lui avoir décroché un regard assassin, James quitta la pièce sans ajouter un mot. Lily soupira.

- « Pardon » souffla-t-elle à son fils

- « Papa est fâché » murmura le petit garçon qui continuait à s'accrocher à son cou.

- « Oui, Papa et Maman sont fâchés. Mais ça va s'arranger chéri. »

Harry la regarda d'un air sceptique et Lily le serra fort contre elle.

- « Des fois, les grands n'arrivent à se mettre d'accord » commença-t-elle à expliquer « Et ils s'énervent et crient. Papa ne criera plus et on va parler tous les deux. Ca va s'arranger Harry, je te le jure »

Elle déposa alors un baiser sur la joue du petit garçon et le recoucha.

- « Fais de beaux rêves mon grand et à demain matin » murmura-t-elle tout doucement en lui donnant sa peluche Patmol qui avait atterri à l'autre bout du lit.

Elle quitta alors la chambre de son fils après un dernier signe de la main. Elle se rendit alors dans la chambre de Syrielle. Le sommeil de la petite fille semblait avoir résister aux hurlements de son père et Lily ne pu que s'en réjouir. Elle resta un moment près de son petit berceau à la regarder. Elle n'avait pas très envie de rejoindre James pour le moment. Elle savait qu'il ne prendrait pas bien la nouvelle, mais elle n'avait pas imaginé pas qu'il allait rentrer dans une telle fureur. En soupirant, elle caressant la petite main de sa fille et retourna dans la chambre de Harry. Le petit garçon dormait à nouveau. La jeune femme se résigna alors à rejoindre son mari. Elle entra dans leur chambre, il n'y était pas. Elle descendit alors les escaliers et se rendit directement dans le bureau du jeune homme. Elle entra. Il était là. Il lui tournait le dos, regardant par la fenêtre et ne se retourna même pas à son arrivée.

- « Il dort ? » grogna-t-il au bout d'un moment.

- « Oui, ils dorment tous les deux » répondit-elle sèchement tout en restant debout.

- « On peut parler maintenant ?! » ironisa-t-il

- « Ca dépend. Tu as fini ta colère ? » répondit-elle sur le même ton.

- « A t'entendre on dirait que j'ai tort de mal le prendre ! » lança-t-il en se retournant enfin

- « A t'entendre on croirait que c'est par caprice que je veux reprendre les missions ! » répondit-elle alors

- « Par Merlin Lily ! Mais pourquoi tu veux faire ça ?! »

- « Parce qu'il le faut ! L'Ordre à besoin de moi, aussi ! »

- « Mais ... Il y a plein de gens prêt à se battre alors pourquoi toi ? »

- « Le professeur Dumbledore à une mission importante à me confier. Il m'a envoyé un hibou, je dois le voir demain à Poudlard pour avoir plus de renseignements ! »

- « Mais tu te rends compte que les enfants sont petits et qu'ils ont encore besoin qu'on s'occupe d'eux! Tu ne peux pas partir en mission ! »

- « Et pourquoi toi tu ne t'en occuperais pas des enfants pendant que je travaille pour l'Ordre ?! » s'énerva Lily

- « Euh... OK ! Laisse tes seins à la maison pour que je puisse nourrir notre fille et je le ferais... » ironisa James d'un air mauvais avant de se figer. « Par Merlin ! C'est pour CA ?! C'est pour ça que tu as décidé de la mettre au biberon ! Tu as prévu ton coup depuis longtemps pas vrai ?! Ca fait longtemps que tu as décidé ça ?! »

- « Quelques jours »

- « Et tu attendais quoi pour m'en parler ? »

- « Tu n'étais pas en état d'apprendre cette nouvelle le jour où je l'ai su ! Et visiblement, ce n'était pas le cas ce soir non plus ! »

- « Et depuis quand tu prends les décisions importantes toute seule ?! »

- « Mais ce serait arrivé de toute façon, James ! Tu ne pensais tout de même pas que je ne réintégrerais plus jamais l'Ordre ?! »

- « J'espérais ! »

Lily soupira.

- « Pourquoi tu ne veux pas comprendre que c'est important pour moi de lutter ? » demanda-t-elle d'une voix lasse « Harry est concerné par cette histoire, j'ai envie de me battre pour lui, pour tout faire pour qu'il n'ait pas à affronter... »

Elle préféra s'arrêta là. James la regarda un moment d'un air grave.

- « Justement ! » s'écria-t-il « Tu ne devrais pas partir en mission ! Tu devrais rester ici pour protéger Harry ! »

Lily se redressa d'un coup.

- « Et pourquoi ce serait forcément moi qui devrait m'enfermer dans la maison, à m'occuper de NOS enfants ! Pourquoi tu ne le ferais pas toi ? »

- « Je travaille ! » rétorqua-t-il

- « Forme moi et je prend ta place à Jasire, s'il n'y a que ça ! » lança-t-elle

James resta un moment interdit. Puis il soupira.

- « C'est ridicule ! » souffla-t-il d'un air énervé.

- « James » souffla Lily « Je ne renoncerais pas. Demain, j'irais au rendez-vous de Dumbledore et après je partirais en mission. Tu ne m'en empêcheras pas »

Le jeune homme grogna violemment.

- « Tu m'énerves ! »

- « Toi aussi !"

Ils se firent face un moment, se fixant d'un air grave et mauvais.

- « Je crois qu'on ferais bien de s'arrêter là » lança James

- « Pour ce soir, oui » murmura Lily « Mais ce problème n'est pas résolu »

Elle fit quelques pas pour s'approcher de lui, mais James ne réagit pas. Elle déposa un baiser sur sa joue, il ferma les yeux. Lily attendait. Elle ne supportait pas de le voir comme ça. Elle avait le coeur gros, mais elle ne voulait pas céder.

- « Je vais dormir sur le canapé » grogna alors James en se saisissant d'une vieille couverture qui traînait dans un coin du bureau « Bonne nuit Lily » murmura-t-il en se dirigeant vers la porte de son bureau

La jeune femme soupira violemment et quitta le bureau par la porte que son mari venait de lui ouvrir.

- « Bonne nuit chéri » souffla-t-elle en passant devant lui.

Alors qu'elle remontait à l'étage où elle regagnerait leur grand lit vide, de lourdes larmes se formèrent dans ses yeux.

Lorsque Lily se réveilla le lendemain matin, elle avait encore le cœur gros. Elle se tourna et contempla un moment la place vide à côté d'elle. James avait bel et bien passé la nuit sur leur canapé. Elle soupira. Lily avait vraiment espéré qu'il se calme un peu et qu'il vienne la rejoindre dans leur lit. Elle ne supportait pas d'être fâché avec lui. Sans plus attendre, elle se leva et enfila une robe de chambre. Sans bruit, elle descendit dans son salon. Assis sur le canapé, James regardait dans le vide. Lily s'arrêta alors et l'observa, il paraissait perdu dans ses pensées. Doucement, elle se rapprocha de lui. Il releva alors la tête vers elle. Il avait l'air inquiet, cela lui déchira le cœur. Elle vint s'installer près de lui sur le canapé et se glissa tout contre son corps. Elle passa ses bras autour de son cou et cala sa tête contre son épaule. Mais James n'eut aucune réaction. Bien décidée à ne pas baisser les bras, elle déposa un léger baiser dans le creux de son épaule.

- « Je t'aime » murmura-t-elle

Le charme opéra alors. Elle sentit les bras puissants de James se refermer sur sa taille et il glissa sa tête contre son cou.

- « Je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime » répéta-t-il inlassablement d'une voix douloureuse.

Lily sentit une sensation de chaleur irradier son corps, elle se mit à sourire tout contre sa peau. Elle se détacha alors de lui et prit le visage de son mari entre ses deux mains.

- « Je suis le roi des imbéciles ! » murmura James « Si tu savais comme ce canapé est inconfortable ! Et surtout, il est tellement vide sans toi »

- « Imagine un peu la nuit que j'ai passé dans notre grand lit… » souffla-t-elle dans un léger sourire.

- « Lily, j'ai tellement peur. Je ne suis pas prêt à te voir repartir en mission, c'est trop dur. Peter est en liberté désormais, il est capable du pire… »

- « Dumbledore a promis que ce ne serait pas une mission dangereuse. Tu crois vraiment qu'il m'enverrait face à Peter ou un autre mangemort alors qu'il sait qu'on a deux enfants en bas âge ? »

- « Je ne sais pas… Je ne sais plus ! » avoua le jeune homme en baissant les yeux.

- « Mon amour, ce n'est qu'un rendez-vous pour qu'il me donne des informations. Je ne risque rien, c'est à Poudlard »

- « Celle là oui, mais les autres… »

Lily se pencha alors vers lui et l'embrassa tendrement. Il répondit à son baiser sans tarder.

- « Les autres, on verra mon amour » souffla-t-elle alors qu'il la serrait encore un peu plus contre lui.

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- « Il faut que j'y aille… »

- « Déjà ! »

Devant ce poignant cri du cœur, Remus se mit à sourire largement. Il se pencha vers Kathleen et l'embrassa tendrement.

- « Oui, je dois déjà y aller » murmura-t-il

- « On ne se voit pas ce soir alors ? » demanda-t-elle en glissant ses bras autour de son cou en prenant l'air d'une petite fille triste

- « Non »

- « Pourquoi ? »

- « Le travail, Kat. »

- « Pourquoi James et Sirius font toujours leur réunion en soirée ! C'est pénible à la longue ! Ils ne peuvent pas faire comme tout le monde, bosser la journée et garder leur soirée de libre ce qui permettrais à une certaine personne que je connais de passer une nuit de plus avec moi »

Remus soupira d'un air amusé et l'embrassa une nouvelle fois.

- « Je suis désolé, mais c'est comme ça… »

Il se releva alors du canapé où Kathleen et lui étaient avachis depuis plusieurs heures, blottis l'une contre l'autre.

- « Tu pourrais venir me rejoindre après ta réunion ? » demanda alors la jeune femme les yeux pleins d'espoir.

Remus soupira intérieurement, pourquoi insistait-elle ? Il ne pouvait pas la voir cette nuit…

- « Il va être très tard Kat, et je risque d'être crevé… » murmura-t-il doucement en essayant soigneusement de ne pas croiser le regard déçu de la jeune femme.

Kathleen se blottit alors dans le fond du canapé et releva ses genoux jusqu'à son menton et les encercla de ses bras. Elle avait l'air boudeur.

- « J'essayerais de me libérer un moment demain en fin d'après-midi si je n'ai pas trop de travail » souffla alors le jeune homme en s'approchant d'elle.

- « Pourquoi est-ce qu'il a fallut que je sorte avec un garçon aussi consciencieux et aussi travailleur que toi ? » grogna-t-elle alors que leur tête n'était qu'à quelques centimètres l'une de l'autre.

Remus se mit à rire doucement et l'embrassa. Elle sembla se détendre et déplia ses jambes. Lorsqu'il se sépara d'elle, elle lui adressa un petit sourire. Il récupéra alors ses chaussures qui avaient valsé à chacun des coins de la pièce. Une fois qu'il fut prêt à partir, il tendit la main à Kathleen qui s'en saisit et il l'aida à se relever. Main dans la main, ils se dirigèrent vers la porte de l'appartement de la jeune femme. Sur le palier, elle se blottit tout contre lui, il l'enlaça tendrement.

- « Tu me jures que tu ne vas pas avec une autre fille ? » murmura-t-elle

- « Bien sur que non. Kat, c'est toi que j'aime »

La jeune femme soupira doucement.

- « Je te jures que je vais passer toute ma soirée avec James et Sirius » continua-t-il en embrassant le haut de sa tête.

Elle redressa alors la tête et se mit à lui sourire largement. Il l'embrassa encore une fois et se détacha d'elle. Il fit quelques pas avant de transplaner jusqu'à son petit studio en maudissant toutes les nuits de Pleine Lune qui le privaient de la présence de la jeune femme.

A son arrivée chez lui, il fut à peine surpris de constater que James et Sirius étaient déjà arrivé. Ils étaient tous les deux attablés devant une gigantesque pizza et plusieurs bouteilles de Bierraubeurre.

- « Si je vous ai donné mes clés les gars se n'est pas pour que vous en profitiez pour piller mon garde-manger ! » plaisanta-t-il en les rejoignant et en prenant place en face d'eux.

- « T'as vu l'heure qu'il est ? » lança James d'un air amusé

- « On peux savoir avec qui tu traînais encore ? » ajouta Sirius un grand sourire aux lèvres.

- « Vous vous entraînez pour quand Lalyh et Syrielle découcheront pour la première fois pour aller retrouver leurs petits amis ? » demanda Remus sans ce laisser démonter.

- « Remus ! » s'indigna James

- « Ne parle pas de malheur s'il te plait ! » grimaça Sirius « Ma fille n'aura jamais de petits copains ! »

- « La mienne non plus ! » grogna James en hochant la tête avec conviction.

- « Mais bien sur ! » s'amusa Remus en souriant.

Les trois garçons se regardèrent alors en souriant, mais Remus trouvait James un peu tendu.

- « Ca va Cornedrue ? » demanda-t-il d'un air grave.

Signe que quelque chose n'allait pas, le jeune homme grogna un vague « oui » en se plongeant dans sa Bierraubeurre.

- « Je t'en prie, pas à nous ! » lança Sirius en posant sa main sur une des épaules du jeune homme.

- « Lily reprend les missions pour l'Ordre » avoua-t-il alors

Remus soupira. Il savait que ce jour arriverait, et que James ne le supporterait pas. Il ne se doutait seulement pas que ce moment arriverait si tôt.

- « On s'est disputé tous les deux à cause de ça… » continua-t-il d'une voix douloureuse « J'ai trop peur pour elle… »

Il eut un petit instant de silence.

- « Lily est prudente, elle n'ira pas faire de missions trop dangereuse. » lança alors Sirius en croisant ses mains sur la table.

- « Dumbledore aussi ne l'enverra pas faire des choses trop risquées » ajouta Remus

James sembla se détendre un peu, ce qui rassura le jeune homme. Il sentit alors que le moment n'allait pas tarder. Le moment où pour une nuit entière, il ne serait plus humain. Il se leva sans un mot. James et Sirius comprirent le message et débarrassèrent la table. Puis rapidement, ils jetèrent tous les sorts barricadeurs et assonorisateurs nécessaire. Puis ils réduirent la taille des meubles du petit studio et attendirent.

C'était cette attente la plus pénible. Celle qui précédait le lever de la Pleine Lune, le cours laps de temps où la conscience humaine, encore présente redoute de laisser sa place à l'instinct bestial et violent de la bête qui dormait au plus profond de lui. Ce court instant où Remus ne se sentait plus un homme, même s'il n'était pas encore une bête. Sous ses yeux, apparurent Patmol et Cornedrue. Sa dernière pensée humaine fut pour eux, comme à chaque fois, il les remerciait tacitement d'être là, avec lui pour l'aider à supporter sa souffrance. Puis, même si son esprit voulait continuer à garder le contrôle, son corps prit le dessus.

Partant du cœur de ses os, une infernale chaleur embrasa sa chair, ses muscles, sa peau. Il chancela. Son odorat se mit à se développer, il sentait tout. Il reconnaissait l'odeur reconnaissable de ses amis, il repéra aussi celles de Lily, Océane, Harry, Lalyh et Syrielle. Des odeurs intenses, comme s'il les avait juste devant lui. Il sentit alors sa tête et son corps s'allongé.

Il ressentait les craquements de ses os, de ses vertèbres, les étirements de ses muscles de ses ligaments. Sa fourrure se mit à pousser avec son lot d'insupportables démangeaisons et brûlures. Ses mains n'en étaient plus, ces pieds étaient devenus des pattes puissantes et dotés d'effroyables griffes. Il se cabra et ouvrit la bouche. Son souffle chaud s'accéléra, comme s'il venait de courir une longue distance. Sortant sa langue rugueuse et bavante, il se lécha les babines. Puis se mettant à quatre pattes, il se mit à tourner en rond sur lui-même, il montra les crocs et grogna violemment. Patmol et Cornedrue s'approchèrent de lui. Il leur renifla l'échine. Lorsqu'il les eut reconnu il cessa d'être agressif. Son studio lui fit alors l'effet d'une prison, comme à chaque il se sentait oppressé. Il tourna encore autour de la pièce. Le chien et le cerf étaient toujours là. Ils sentaient l'humain. Des femelles et des petits. C'était une odeur alléchante, Lunard se lécha encore une fois les babines. Il n'avait jamais mordu d'humain. Il s'approcha du cerf qui sentait le plus les petits d'hommes, il renifla longtemps les pattes avant du cervidé. C'était étonnant, comme si le cerf avait tenu des humains dans ses pattes avant. Le chien s'approcha, lui aussi portait sur les poils de ses pattes avant l'odeur d'une petite humaine. Cela faisait deux Lunes qu'il sentait ses odeurs si appétissantes. Il n'eut pas le temps de pousser plus avant son inspection. Le chien noir se jeta sur lui et l'entraîna dans un jeu de lutte. Le cerf ne tarda pas à les rejoindre.

Et la nuit passa doucement.

Lorsqu'il ouvrit les yeux, comme chaque mois, il se sentait nauséeux. Il avait toujours tendance à tomber dans les pommes un court instant quand il redevenait humain. Il étira un moment ses membres endoloris et soupira. Il se sentait sale, il se sentait encore animal, il se redressa. James et Sirius avaient repris forme humaine. Il leur sourit.

- « Belle nuit ! » lança Sirius en baillant

- « Comme tu dis ! » souffla Remus de sa voix rendu plus rauque par la transformation.

Il se leva alors et de son pouce redevenu opposable à ses quatre autres doigts, il palpa le bout de ses doigts et caressa un moment l'intérieur de ses paumes. Il le faisait à chaque fois, il se rendait ainsi compte qu'il n'était plus Lunard, la bête, mais Remus Lupin, le presque-homme.

- « Tu ne vas pas trop mal cette fois ! » lança James

Remus hocha la tête et observa attentivement ses membres. Il ne portait aucune trace de griffure ou de blessure. C'était une Pleine Lune calme.

- « Il faut croire que j'ai de la chance » souffla-t-il

- « En te reposant bien ce matin, tu pourras faire des folies de ton corps cet après-midi ! » ricana Sirius

Remus se mit à sourire. Il avait raison, il se sentait suffisamment en forme pour rejoindre Kathleen en fin de journée.

- « Je meurs de faim ! » lança alors James « Il te reste des trucs à manger ? »

- « Bonne idée ! Si on se faisait un super méga petit déjeuner ? » proposa Sirius

- « Ouais ! » souffla Remus.

Alors tandis, que James se mettait aux fourneaux pour préparer une impressionnante quantité d'œufs brouillés et de lard, Sirius faisait réapparaître le mobilier. Remus s'installa sur une chaise, Sirius se laissa tomber sur la sienne.

- « Je mange et je rentre chez moi ! Ma petite princesse me manque. Et Océane aussi bien sur ! »

Remus se redressa alors.

- « Au fait les gars, il faut que je vous dise un truc »

James sortit alors de la cuisine, une immense poêle à la main et l'écoutait avec attention.

- « Eviter de prendre les enfants dans vos bras avant de venir me voir. Je sens leur odeur à pleine truffe… »

- « Et ça t'embête ? » demanda Sirius

Remus se sentit alors gêné, mais il valait mieux qu'il leur dise.

- « Je trouve ça trop… alléchant. L'odeur de Lily et Océane, je m'y suis fait et j'ai l'habitude, mais les enfants… »

Il grogna alors. Il se détestait ses matins là, quand il se souvenait de la plupart de ses sensations animales.

- « Ok ! » lança simplement James en retournant à sa cuisine

Remus croisa alors le regard de Sirius qui hocha la tête d'un air entendu. Le jeune homme se sentit soulagé. Encore une fois il réalisa à quel point il avait des amis formidables.