Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en générale mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre cinquante deux : Ce souvenir…

« Comme si tout était écrit
Je relis...
Un chapitre du passé que je déteste
Mais ce souvenir
C'est tout ce qu'il me reste »

Calogero (Pas un jour ne passe)

- « Prête pour une grande journée entre filles ? » demanda Océane en entrant dans le salon de la famille Potter.

Elle remarqua qu'elle avait fait sursauter Lily et se mit à sourire. La jeune femme était assise sur le tapis, devant une grosse couverture moelleuse sur laquelle Syrielle était allongée au milieu de peluches et de hochets. Lily tenait d'ailleurs dans ses mains un petit ours en peluche.

- « Tu m'as fait peur ! » souffla-t-elle en souriant « Oui, on est prêtes ! »

- « Tant mieux ! Où est Harry ? »

- « Arthur est venu le chercher pour qu'il passe l'après midi au Terrier » expliqua Lily en prenant dans ses bras Syrielle qui gazouillait joyeusement.

Océane s'approcha d'elle et l'aida à ranger tous les jouets. Le salon fut bien sur remis en ordre. Les deux jeunes femmes se regardèrent alors en souriant. D'un coup de baguette, Océane rapprocha d'elle le couffin de Lalyh qu'elle avait laisser un peu plus loin et récupéra sa fille qui lui souriait.

- « Viens là ma belle » souffla-t-elle avant de l'embrasser tendrement sur le front.

La petite fille gigotait les jambes en poussant de petits cris amusés. En souriant, la jeune maman fit apparaître le petit sac kangourou dans lequel elle installa confortablement son bébé. Lily faisait de même de son côté. Elle mirent alors leurs manteaux, jetèrent un sort de protection contre le froid sur leur fille et quittèrent la maison. Elles ne firent que quelques pas sur le chemin qui séparaient leur maison avant de transplaner sur le Chemin de Traverse.

A moins d'un mois de Noël, de nombreuses boutiques décoraient leur devanture de guirlandes et de lumières. Océane s'arrêta devant l'une d'entre elle et se mit à sourire. Elle aimait énormément cette période de l'année. Lily et elle entrèrent dans de nombreuses boutiques. Elles riaient beaucoup et faisaient souvent enrager les vendeuses en restant très longtemps dans les magasins sans rien acheter du tout. Au bout d'un long moment, les deux jeunes femmes décidèrent de faire une pause. Elles entrèrent alors dans un petit salon de thé et s'installèrent à une petite table près de la fenêtre. Elles enlevèrent leurs filles de leurs petits sacs et les prirent un moment dans leurs bras. Une serveuse s'approcha d'elles et prit leur commande qu'elle nota sur un petit carnet à l'aide d'une plume qui notait tout toute seule avant de s'éloigner.

Océane regardait par la fenêtre. Sur le trottoir d'en face, une imposante sorcière qui n'avait pas l'air commode criait des ordres à un petit sorcier chétif qui semblait être son mari. Ce dernier maniait de sa baguette un grand sapin et sursautait à chacune des altercations de son épouse. La jeune femme se mit à rire doucement et se tourna vers Lily qui la regardait en souriant.

- « Je suis toute contente en ce moment ! » murmura Océane en berçant un peu sa fille « Malgré tout ce qui ce passe, je suis très heureuse, parce que ça va bientôt être Noël et que ce sera le premier de Lalyh »

- « Oui, moi aussi j'y pense souvent. Je me triture les méninges pour trouver des idées de cadeaux. Pour les enfants, c'est assez facile. Mais pour les autres… »

- « Ne m'en parles pas ! Je n'ai absolument aucune idée de ce que je vais offrir à Sirius ! » soupira Océane en grimaçant « Tu lui offres quoi à James toi ? »

- « Je pensais à un livre que j'ai vu à Fleury & Bott, c'est un livre sur le Quidditch avec pleins de photographie qui montre les différentes tactiques et tout ça. C'est vraiment un beau livre, même moi qui n'aime pas le Quidditch, je l'ai trouvé intéressant »

- « Je me vois mal offrir un livre à Sirius ! » s'amusa Océane

Lily pouffa discrètement et prit la main de Syrielle dans la sienne.

- « Mais je prendrais peut-être un livre pour Remus » réfléchit-elle alors « On ira faire un tour à Fleury & Bott tout à l'heure »

- « D'accord » murmura Lily alors que la serveuse revenait avec leurs commandes.

Les deux jeunes femmes se mirent alors à discuter des cadeaux qu'on aimerait bien qu'on leur fasse. Elles rirent beaucoup en imaginant la tête que ferait leurs amoureux si elles leur demandait de faire eux même de leur propre main un cadeau de Noël, mais rirent encore plus en imaginant la tête desdits cadeaux. Autour d'elles, les autres clients les regardaient en coin. Certains étaient amusés, d'autres agacés. Au bout d'un moment, une fois que leurs tasses furent bien vide, elles réglèrent la note et sortirent du salon de thé après s'être assuré que les petites étaient bien couvertes. Elles remontèrent ensuite les quelques mètres du Chemin de Traverse qui les séparaient de la célèbre librairie sorcière. Il y avait déjà plusieurs clients à l'intérieur. Lily entraîna Océane directement dans le rayon réservé au Quidditch et prit un beau livre relié.

- « Tu en penses quoi ? » demanda la jeune femme à son amie

Océane le feuilleta un petit moment. Lily avait raison, c'était vraiment un très beau livre et James serait sans doute très content.

- « Il est très bien ! » répondit-elle en lui rendant le livre

- « Je vais vraiment le lui prendre alors » murmura Lily en ensorcelant un petit panier qui se mit à flotter tout près d'elle et y déposa l'ouvrage « Tu veux qu'on regarde si on peut trouver quelque chose pour Remus ? »

- « Oui ! Fouillons un peu dans tous ces livres ! » lança Océane en regardant tout autour d'elle.

Elle s'approcha alors d'un présentoir de couleur lilas qui présentait le premier ouvrage d'un écrivain inconnu. La jeune femme saisit alors un livre.

- « ''Vadrouille avec les goules'' de Gilderoy Lockhart ? » lit-elle à voix haute pour Lily qui s'était approchée.

- « Ils en disent quoi ? » demanda-t-elle en observant le livre d'un air sceptique.

Océane entreprit alors de lire le commentaire que la librairie avait apposé sur le présentoir.

- « Premier livre d'un jeune mais très prometteur écrivain, ''Vadrouille avec les goules'' du séduisant G.

Lockhart raconte avec brio la rencontre du jeune sorcier et de ces créatures qui hantent nos caves et nos greniers. Le jeune sorcier nous fait part avec grande modestie de ses exploits et offre de précieux conseils pour nous aider à nous débarrasser de ces indésirables créatures. Un récit riche en émotion qui ne manquera pas de plaire à toute la famille…! »

Les deux jeunes femmes échangèrent alors un regard amusé et observèrent la photographie du jeune homme. Blond, assez grand et vêtu d'une robe couleur myosotis qui concordait à la perfection avec les yeux, Lockhart leur adressait des signes de la main et des sourires éblouissants.

- « Je trouve que son sourire fait faux… » murmura simplement Lily

- « Il faut reconnaître qu'il est séduisant » continua Océane « Mais en ce qui concerne les hommes séduisant, j'ai ce qu'il faut à la maison ! »

Elle reposa le livre sur le présentoir. Ce Lockhart ne faisait pas le poids face à Sirius.

- « Je ne pense pas que ce soit le genre de livre que Remus apprécie… » souffla Lily en s'éloignant un peu.

Il y avait désormais nettement plus de clients dans la librairie, et bientôt, Océane perdit son amie de vue. Elle joua un peu des coudes pour se faufiler parmi les clients pour la retrouver avant de s'arrêter nette en face d'une femme, aussi blonde qu'elle, les yeux tout aussi bleus, mais dont le contour était marqué par de nombreuses rides.

- « Océane ?! » s'exclama la femme avant de plaquer ses deux mains contre sa bouche.

Plusieurs personnes se retournèrent alors pour les regarder et Océane se sentit alors atrocement gênée.

- « Bonjour maman » répondit-elle avec un sourire douloureux.

Elle ne l'avait pas vu depuis plus d'un an. Les yeux de Flumena Daquaria s'embuèrent alors de larmes, mais Océane n'arrivait pas à déterminer si c'était des larmes de joies ou non. La dernière fois qu'elles s'étaient vues, les deux femmes s'étaient disputées. C'était juste avant que son père ne la jette dehors parce qu'elle venait de leur annoncer qu'elle était amoureuse de Sirius et qu'elle vivait avec lui. Depuis, elles n'avaient pas eu de contact. Océane savait que ses parents ne cautionnaient pas sa relation avec Sirius et elle leur en voulait pour cela. Les deux femmes restèrent un moment à se fixer sans prononcer un mot avant que Lalyh ne pousse un petit cri. Le regard de Flumena se posa alors sur la petite fille et devint immédiatement aussi pâle qu'un fantôme.

- « Ne me dis pas que c'est… » murmura-t-elle avec peine.

- « C'est ma fille, Lalyh Black » répondit sèchement Océane

- « Black ! Alors tu l'as épousé sans nous le dire ?! » s'énerva Flumena en se redressant vivement

- « Non, je ne suis pas mariée »

- « Nous te l'avions bien dit, ton père et moi, que ce bon à rien qui a été renié par sa famille te ferait du tort ! » cracha-t-elle

- « Sirius ne m'a jamais fait le moindre tort ! » s'écria Océane folle de rage « Lalyh est la plus belle chose qu'il m'ait offerte et ce n'est pas parce que nous ne sommes pas mariés que nous ne formons pas un couple comme les autres ! »

- « Tais toi ! » hurla Flumena « Quelle honte pour moi ! Devant tous ces inconnus, tu étales nos sordides histoires de famille ! »

- « Je croyais que je ne faisait plus partie de ta famille ! » lui lança Océane « Et moi je n'ai pas honte de dire que j'ai eu un enfant de l'homme que j'aime »

A cet instant, attiré par les cris de son amie, Lily vint rejoindre les deux femmes.

- « Qu'est-ce qui se passe Océane ? » demanda-t-elle « Je t'ai entendu crier… »

- « Ce n'est rien, ma mère vient juste d'apprendre qu'elle était grand-mère ! »

La jeune femme ne pu s'empêcher de sourire en voyant l'air abasourdi de son amie. Lily se tourna alors sa mère et lui tendit la main.

- « Bonjour madame Daquaria, je suis Lily Potter »

Mais Flumena ne lui décrocha même pas un regard, elle ne cessait de fixer Lalyh avec des yeux ronds. La petite fille, qui commençait à gigoter de plus en plus poussait des petits cris agacés. Océane l'extirpa alors de son sac pour la prendre dans ses bras.

- « Ce n'est pas possible… » murmura Flumena en secouant vigoureusement la tête.

- « Et pourtant c'est bien vrai. Severus ne vous avait pas mis au courant, papa et toi ? Il le savait pourtant ! » siffla-t-elle d'une vois faussement étonnée car elle savait que Rogue n'aurait jamais été le raconter à ses parents.

- « Non, il ne nous avait rien dit… »

Océane sentait la colère monter en elle. Sa mère avait l'air catastrophé. La jeune femme lui en voulait pour cela. Après tout, elle était la grand-mère de Lalyh. Elle aurait pu manifesté au moins un peu de joie ou de bonheur. Elle aurait pu prendre part à son bonheur, elle aurait pu la féliciter ! Elle aurait pu alors essayer de faire un effort pour leur pardonner, à son père et elle de l'avoir renié. Mais au lieu des regards affectueux, Flumena fixait le bébé comme si elle était un insecte nuisible qu'il fallait exterminer. Elle ne supporta d'ailleurs pas plus longtemps se regard hostile et replaça sa fille dans son sac kangourou, à l'abri des regards noirs de sa grand-mère.

- « Ecoute maman » lança-t-elle alors sur un ton glacial « Vous avez voulu me renier parce que j'ai décidé d'écouter mon cœur et de ne pas me laisser me marier de force à Rogue. Ce bébé, je l'ai eu par amour et je l'assume. Sirius et moi, nous nous en occupons très bien tout seul et je n'ai pas besoin de toi. Alors je te demanderais de me laisser tranquille et de plus jamais regarder ma fille avec cet air méprisant ! »

Sur ces mots, elle quitta la librairie, laissant sa mère totalement déboussolée. Elle fit quelques pas sur le Chemin de Traverse avant que Lily ne la rejoigne.

- « Tu n'as pas acheté le livre… » souffla alors Océane d'une voix blanche.

Cette rencontre avec sa mère l'avait secouée.

- « On s'en fiche de ce livre ! » lança Lily « Comment tu te sens ? »

- « Je ne sais pas ! »

- « Viens, je t'emmène voir Sirius. On file à ''Jasire'' » décréta Lily en l'entraînant par le bras de l'autre côté du Chemin de Traverse vers les locaux de l'entreprise des garçons.

Océane se laissa faire, son amie avait raison, elle avait besoin des bras de Sirius autour de son corps et de sa voix chaude et douce qui lui murmurerait qu'il était là et qu'il la console par sa simple présence.

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Lily sentit le léger choc qui lui signalait qu'elle était arrivée. Elle ouvrit les yeux et respira à plein poumon l'air frais de l'hiver. Elle remonta un peu le col de son manteau et prit la direction que le professeur Dumbledore lui avait indiquée. Sur le chemin qui la menait jusqu'à la demeure de celui qui serait son hôte, elle se remémora exactement ce qu'elle avait à faire. Le professeur Dumbledore lors de leur dernière entrevue lui avait montré quelque de pour le moins étonnant.

Elle avait plongé dans la pensine du vieux sorcier et avait atterri dans un drôle de souvenir. Elle y avait vu le bureau du professeur Slughorn à Poudlard, lors de ce qui ressemblait fort à une réunion du club de Slug. Elle y avait aussi vu nombre de mangemort alors qu'il n'était encore que des adolescents. L'un d'entre eux, Tom Jedusor avait retenu son attention. Elle était presque sur de l'avoir déjà vu auparavant, mais elle ne se souvenait plus bien où, mais là n'étais pas la question. Ce Jedusor en question avait poser une question au professeur Slughorn et le souvenir c'était brouillé. Une fois revenue dans le monde réel, le professeur Dumbledore lui avait expliqué que l'ancien Maître des Potions avait modifié sa propre mémoire avant de lui confier son souvenir. Sa mission de ce soir consistait à convaincre Horace Slughorn de lui confier le vrai souvenir de cette soirée. Lily ne savait pas pourquoi cela était si important, mais Dumbledore lui avait bien précisé que c'était un élément capital, et elle était bien déterminée à mener cette mission à bien.

Elle arriva bientôt devant la maison de son ancien professeur. C'était un petit pavillon, dans un quartier apparemment sorcier si on en jugeait par les affiches animées qui étaient collé sur les panneaux publicitaires. Elle se concentra alors et ce mit à sourire largement. La persuasion était son arme principale avait décrété Dumbledore. C'est donc tout sourire qu'elle alla frapper à la porte d'Horace Slughorn qui ne tarda pas à lui ouvrir.

- « Pile à l'heure Lily ! Pile à l'heure ! » s'exclama l'imposant sorcier en s'effaçant pour la laisser entrer.

- « Bonsoir monsieur » déclara la jeune femme en pénétrant dans la maison.

- « Je vous en prie, je ne suis plus votre professeur ! Appelez moi Horace et je ne vous appellerais plus Miss Evans » s'amusa le sorcier en refermant la porte.

- « Très bien, mais je ne m'appelle plus Evans depuis longtemps… » répondit simplement Lily en ôtant son manteau.

- « Mais bien sur ! Suis-je bête ?! Une jeune femme aussi ravissante que vous doit être forcément mariée ! Qui est l'heureux élu ? »

- « James Potter » répondit tranquillement Lily en s'installant dans le fauteuil que son hôte lui désignait.

Elle fut extrêmement agacée par la grimace que Horace Slughorn avait fait en entendant le nom de James, mais elle n'en montra rien, elle était ici en mission.

- « Nous sortions déjà ensemble en septième année à Poudlard » jugea-t-elle tout de même bon de préciser.

- « Potter… » souffla Slughorn en triturant de ses doigts boudinés son menton « Un bien piètre confectionneur de potion… »

Lily hocha la tête, il avait raison, James n'avait jamais réussit à fabriquer correctement la moindre potion. Mais, même si elle le savait et se moquait gentiment de son mari à ce propos, elle n'appréciait pas que quelqu'un d'autre face de remarques à ce sujet, même pas leur ancien professeur. Elle avait le droit de le taquiner à ce sujet, mais pas les autres !

- « Il n'était pas si mauvais… » le défendit-elle vaillamment sans cesser une seule seconde de sourire.

- « Mais tout de même, avec vos capacités et votre intelligence… Je vous aurais bien vu avec Philip Runge, de serdaigle »

Lily retint à grand peine la grimace qui ne demandait qu'à naître sur son visage et se contenta d'un petit non de la tête.

- « Mais, enfin, passons. Vous n'êtes pas venu ce soir pour parler de ce qu'aurait pu être votre vie ! » lança Slughorn en s'installant enfin dans le fauteuil en face de celui de Lily « Je dois vous avouer, que j'ai été très surpris de recevoir ce hibou de vous… »

- « Je sais bien, mais ces derniers temps, j'ai eu tellement de chose à faire et je n'avais plus une minute à moi ! Je me suis alors dit que j'avais du raté énormément de vos petites réunions d'anciens élèves et je m'en suis voulut. Alors j'ai décidé de me rattraper et de venir vous rendre une petite visite. Je vous ai même apporté des chocolats » lança-t-elle en lui tendant une boite de Chaudron Fondant

- « Ils sont au Whisky Pur Feu ? » demanda l'imposant sorcier d'un air gourmand.

- « Bien sur » répondit Lily dans un sourire alors qu'il lui prenait la boite des mains.

- « C'est trop gentil ! » souffla Slughorn en posant la boite sur sa table basse « Puis-je vous offrir quelque chose ? De l'hydromel, du Whisky Pur Feu ? »

- « Quelque chose qui ne soit pas alcoolisé s'il vous plait, j'allaite encore un peu… » répondit-elle doucement.

Son ancien professeur la regarda alors avec des yeux ronds.

- « Vous allaitez ? » demanda-t-il d'une vois étranglée.

- « Oui, ma petite fille a eu trois mois il n'y a pas longtemps »

Lily sentit alors sur elle le regard du son ancien professeur qui scrutait sa silhouette, ce qui l'a mis mal à l'aise.

- « J'ai du mal à croire en vous voyant exactement comme lorsque vous avez quitté Poudlard que vous avez déjà un enfant… » souffla-t-il

- « En fait… J'en ai déjà deux » lança Lily en souriant

Le regard stupéfait de l'homme installé en face d'elle apporta une grande joie à la jeune femme.

- « Harry a eu deux ans cet été » ajouta-t-elle en souriant

- « Vous êtes si jeune pour avoir déjà deux enfants ! »

La jeune femme hocha la tête. Slughorn la regarda encore un moment avant de sembler revenir à la réalité. Il fit alors apparaître une grande bouteille de jus de citrouille, une bouteille d'hydromel et deux verres. Il la servit avant de verser à lui-même une impressionnante dose d'hydromel.

- « Racontez moi un peu ce que vous avez fait depuis que vous avez quitter Poudlard … » commença alors Slughorn avant de boire son verre à grande gorgée.

- « Et bien… J'ai travaillé un temps au Musée du Moldu, d'abord comme guide puis comme supervisatrice. Je me suis ensuite rapidement mariée et mon fils est né peu de temps après. J'ai arrêté de travailler et depuis je m'occupe de mes deux beaux enfants. »

- « Tant de potentiel gâché ! » soupira le vieux sorcier.

Lily serra un peu les poings en l'entendant parler de la sorte. Elle ne trouvait pas qu'elle gâchait quoique se soit en s'occupant de ses enfants.

- « Quand je pense à vos capacités en potion…je me disais que vous seriez rapidement embauchée chez un apothicaire de renom ! Ou que vous feriez de la recherche ! »

- « Il n'est pas dit que je ne le ferais pas un jour, quand mes enfants seront un peu plus grands »

- « Oui, bien sur… Mais d'ici là… »

Slughorn laissa sa phrase en suspens et haussa les épaules d'un geste fataliste.

- « Et vous Horace, que faites vous depuis que vous avez quitter l'enseignement ? » demanda-t-elle dans un sourire charmeur

- « Pas grand-chose… » répondit-il laconiquement

- « Oh ! Je vous en prie ! Un Maître de Potion aussi brillant que vous ne peux pas rester inactif ! » minauda-t-elle un peu

Elle le vit se servir pour la deuxième fois une impressionnante quantité d'hydromel.

- « Je vous remercie pour le compliment »

- « Horace, pourquoi vous, vous ne vous êtes pas lancé dans la recherche ? » demanda-t-elle en trempant à peine ses lèvres dans son verre.

Le vieux professeur la regarda d'un air malicieux, puis scrutant tout autour de lui alors qu'il n'y avait personne rapprocha son fauteuil du sien et murmura doucement.

- « A vous, je peux vous le dire. Vous ne trahirez pas mon secret n'est-ce pas ? »

- « Non, bien sur que non » souffla Lily

- « Et bien, voilà. Je me suis lancé dans la recherche, mais une recherche indépendante. Je n'ai pas l'agrément du Ministère, ce qui m'arrange bien car je n'ai pas envie qu'ils viennent fouiner là dedans… »

Lily le regarda avec curiosité et intérêt.

- « Sur quoi travailler vous ? »

- « J'expérimente un nouveau mélange et un nouveau dosage de certaine plante pour tenter de créer une potion qui pourrait permettre de favoriser le développement du cerveau »

- « Vous voulez dire, une potion capable de décupler les capacité intellectuelles ? »

- « Exactement. Je n'en suis encore qu'au balbutiement… Voyez vous, je travaille seul et je ne suis plus tout jeune alors… »

- « Mais comment vous est venue cette idée ? » demanda la jeune femme réellement passionnée par la nouvelle

- « Je me suis dit que si cette potion était une réussite, elle pourrait retarder la sénilité des personnes âgées… je me fais vieux Lily, je ne voudrais pas un jour être réduit ne plus pouvoir réfléchir par moi-même »

- « Je comprend… »

La jeune femme était vraiment impressionnée. Elle l'observait, perdue dans ses pensées. Lorsque Slughorn se releva pour se servir son troisième verre d'alcool, elle se souvint alors de la raison de sa présence ici. Elle observa attentivement son ancien professeur terminé sont troisième verre et décida alors, de passer à l'action.

- « C'est courageux à vous de vous dissocier ainsi du Ministère. Par les temps qui courent, la plupart des personnes cherchent la protection… » souffla-t-elle en repoussant un peu ses cheveux en arrière.

Elle aperçut alors que sont hôtes avaient un peu de mal à déglutir et se mit à sourire intérieurement.

- « Prenez moi par exemple, je suis terrifiée en ce moment qu'il puisse m'arriver quelque chose… » souffla-t-elle avec une inquiétude feinte.

- « Mais voyons Lily ! Vous n'avez rien à craindre, vous ne… vous ne traînez pas avec les ceux qui s'opposent ouvertement à Vous-Savez-Qui ? » demanda-t-il dans un murmure

- « Non ! » s'offusqua faussement la jeune femme « Mais je suis d'origine moldue ! »

- « Oh ! C'est vrai ! » souffla Slughorn qui semblait se souvenir seulement maintenant que son ancienne élève n'était pas une sang-pure.

Il avala alors d'un trait son troisième verre et s'en resservit un quatrième. Lily trouvait ses gestes plus gauches et moins précis. Il commençait à être passablement éméché. Elle se leva alors et s'installa dans le fauteuil le plus proche du sien.

- « Vous savez Horace… » murmura-t-elle en posant sa main sur celle de son ancien professeur « Il a essayé de me tuer… »

- « QUI ? »

- « Vous-Savez-Qui… » murmura Lily d'un air grave

- « Oh non ! Non, pas vous ! » s'exclama Slughorn d'un air catastrophé « Ce serait tellement dommage ! Vous êtes tellement brillante »

- « Et pourtant… » soupira la jeune femme en forçant ses yeux à briller de tristesse « Il s'en ait fallut de peu. Je m'en suis sortie cette fois, mais qui sait si la prochaine fois… »

- « Taisez-vous ! Ne parlez pas de malheur ! » lança Slughorn en avalant son verre.

Lily prit alors la bouteille sur la table et le resservit sans aucune gêne.

- « Plus personne ne sera en sécurité tant qu'il ne sera pas arrêter » souffla-t-elle en croisant ses jambes et en posant ses mains sur son genoux.

Elle remarqua le regard de son ancien professeur sur elle. Il avait vraiment l'air inquiet pour elle.

- « Mais que pouvons nous faire… » demanda-t-il d'un air désolé

Lily fit semblant de prendre un air gêné alors que Slughorn buvait son verre machinalement.

- « Je ne sais pas si je dois vous le dire… » murmura-t-elle doucement

- « Lily, vous pouvez me faire confiance… » lui lança-t-il en prenant sa main dans la sienne

- « Non ! Je ne peux pas vous demander cela ! » répondit-elle en reprenant sa main

- « Si je peux vous permettre de vous mettre en sécurité, je le ferais ! J'ai énormément d'estime pour vous. Vous étiez mon élève préférée et je sais que vous perdre serait un préjudice énorme pour notre Communauté… »

Lily sentit alors que le moment était venu. Elle bomba discrètement le torse et le fixa de ses grands yeux verts.

- « J'ai surpris par hasard une conversation entre le professeur Dumbledore et le professeur McGonagall. Il avait l'air de dire que s'il possédait un simple renseignement, il lui serait possible d'affaiblir le Seigneur des Ténèbres » lança-t-elle dans un murmure rapide.

Slughorn était suspendu à ses lèvres, comme hypnotisé.

- « Avez-vous entendu de quoi il s'agissait ? » demanda-t-il presque fébrilement

- « Oui, mais je ne sais pas ce que c'est… Il parlait d'Horcruxes… »

Elle vit alors son vieux professeur se raidir et terminer d'une lampée son verre encore à moitié plein. Il vira au rouge et manqua de s'étouffer.

- « Il disait qu'il lui suffirait de savoir ce que Vous-Savez-Qui savait de ces choses pour permettre de sauver de nombreuses vies… Dont la mienne, Horace » souffla-t-elle en posant sa main sur son bras.

Elle le sentit frémir et le vit fermer les yeux. Visiblement, il réfléchissait.

- « Je me disais qu'un homme aussi instruit que vous pourrais peut-être m'aider… Je n'ai pas envie de mourir Horace… Imaginez que Vous-Savez-Qui réussisse à me tuer alors que quelqu'un sache ce renseignement que Dumbledore recherche ! Ce serait tellement injuste ! Je n'ai même pas encore pu accomplir tout ce que j'avais envie d'accomplir dans ma vie… »

Au fur et à mesure qu'elle parlait, elle le voyait devenir de plus en plus concentré et tendu. Elle resta un moment à le contempler. Puis finalement ôta sa main de son bras.

- « Mais c'est ainsi professeur ! Oubliez ce que je viens de vous dire. Je n'aurais d'ailleurs jamais dû le savoir moi-même. Je suppose que jamais je ne saurais ce renseignement. Il faut donc que je m'habitue à vivre dans la crainte. »

Slughorn ouvra alors les yeux et la fixa. Elle esquissa un faible sourire et se leva.

- « Il se fait tard, je devrais rentrer. Il ne fait pas bon traîner la nuit… Merci pour cette agréable soirée Horace »

Elle lui serra alors la main et fit mine d'aller récupérer son manteau quand soudain.

- « LILY ! »

Elle se retourna en essayant le plus possible d'avoir l'air surprise. Horace Slughorn, les joues rougies par l'alcool, légèrement tremblant sur ses jambes qui supportaient mal son ventre proéminent s'approcha d'elle.

- « Je peux vous aider ! »

Cherchant tant bien que mal à cacher sa joie, elle se rapprocha de lui et prenant un air intrigué, l'invita à se rasseoir. Elle avait réussit, le professeur Dumbledore serait content.

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James entendit un léger grincement et se retourna dans le lit. Dans la pénombre, il plissa les yeux et vit Lily entrer tout doucement dans la chambre. Elle ôta de sa poche un petit récipient qu'elle posa dans le tiroir de sa table de chevet et commença à se déshabiller. James était soulagé de la voir rentrer et c'est avec plaisir qu'il la vit se glisser sous les couvertures. Il tendit alors le bras et l'invitant à se blottir contre lui. Elle ne se fit pas prier.

- « Te voilà enfin… » souffla-t-il en posant un baiser sur son front « Alors ? »

- « J'ai réussit, j'ai le souvenir ! » répondit Lily d'un air ravi

- « Je suis très fier de toi » murmura le jeune homme en la serrant un peu plus contre lui « Tu as eu du mal ? »

- « Pas tellement ! Je l'ai fait boire et je l'ai un peu attendri et l'affaire était dans le sac »

- « Je ne suis pas tellement enchanté d'entendre que tu saoules des hommes et que tu leur fait du charme pour obtenir ce que tu veux » chuchota-t-il sur le ton de la plaisanterie même si au fond de lui, il était vraiment inquiet

Il vit alors sa femme se mettre sur le côté et se redresser sur un coude pour mieux le regarder.

- « Tu crois vraiment que je l'ai dragué ? »

- « Non, mais je pense que lui a dû croire qu'il avait sa chance ! »

- « Je lui ai dit le début que je n'étais plus miss Evans mais madame Potter… »

- « Parce que tu crois que ça empêche un homme de se faire des films ? » demanda-t-il en passant sa main dans les lourdes boucles rousses de sa femme qui se mit à pouffer.

- « Vous êtes tellement anxieux, monsieur Potter ! Vous n'avez strictement rien à craindre » souffla-t-elle doucement

Elle posa alors sa tête sur son torse et déposa un baiser sur sa peau.

- « C'est toi que j'ai choisit James » murmura-t-elle doucement

Il glissa alors sa main sur sa taille et caressa sa peau douce de son pouce.

- « Je sais, et il ne se passe pas un jour sans que je me dise que j'ai vraiment une chance phénoménale que tu sois amoureuse de moi »

- « Ne dis pas ça ! Tu es merveilleux ! Et en plus toutes les filles de Poudlard étaient folles de toi ! »

- « Elles étaient folles de Sirius ! »

- « Tu n'étais pas en reste chéri ! Il fallait les entendre bavasser sur toi à longueur de journée ! »

- « Jalouse ? » s'amusa James en souriant

- « A l'époque j'essayait de me faire croire que non… Mais maintenant avec le recul, je me dis que j'aurais dû les étriper ! » répondit malicieusement la jeune femme.

James se mit alors à rire doucement, sans cesser de caresser la peau douce et tendre de celle qu'il aimait par-dessus tout. Au bout d'un moment, il l'entendit bailler et se mit à sourire.

- « Il est temps de dormir maintenant » souffla-t-il alors doucement « Bonne nuit mon cœur »

- « Bonne nuit chéri » murmura la jeune femme avant de s'endormir.

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Plongé dans un dossier compliqué, James soupira et se redressa un peu. Il se massa sa nuque devenue douloureuse. Il bailla et s'étira. Puis en soupirant, se replongea dans sa pénible lecture. La porte de son bureau s'ouvrit alors et Sirius suivit de Remus et Kingsley Shacklebolt rentrèrent.

- « Arrête tout ce que tu fais ! On a besoin de toi ! » déclara Sirius en s'approchant de son bureau.

- « Ca tombe bien ! Ca commençait à me saouler ! » lança James en se levant et en serrant la main de Kingsley.

D'un coup de baguette, Remus referma la porte et lui jeta un sort de discrétion.

- « L'ordre à besoin de Jasire ! » murmura-t-il d'un air grave.

- « Ah ! » lança James.

- « Il nous faudrait un alibi pour Fol Œil » expliqua Kingsley d'une voix grave « Les fouilles chez McNair n'ont rien donné et il était en mission pour le professeur Dumbledore la nuit de l'évasion. La nuit où quelqu'un à pris son apparence »

- « On ne sais toujours pas qui s'est ? » demanda Sirius en croisant ses bras sur sa poitrine.

- « Toujours pas ! Et Fol Œil est coincé si on ne lui trouve pas un alibi en béton ! » répondit l'auror

- « Et donc tu t'es dit qu'on pourrait lui fournir un alibi ? » demanda James

- « Oui, il suffirait que vous déclariez que vous étiez en rendez-vous avec lui, à son domicile par exemple »

- « Mais pourquoi un auror viendrait nous voir ? » demanda Remus d'un air grave

- « On lui inventera une lubie qui nécessitera un investissement. Une fois que tout sera réglé, vous n'aurez qu'à dire que vous rejeter sa demande et tout rentrera dans l'ordre »

Les trois garçons se regardaient d'un air grave et soucieux. Cette entreprise, ils l'avaient monté ensemble et y avait investi beaucoup d'argent et de temps. Si l'on venait à découvrir qu'ils avaient fourni un faux alibi, cela pourrait leur être très préjudiciable, mais c'était pour l'Ordre et pour Fol Œil. James soupira. S'ils devaient prendre une décision, ce serait ensemble et à l'unanimité.

- « On risque gros si on se fait prendre » murmura Sirius

- « Mais on ne peut pas laisser tomber l'Ordre » continua Remus

- « Donc on prend le risque ? » demanda James, même s'il était certain de la réponse.

- « Bien sur qu'on prend le risque ! Avec tous les risques qu'il prend lui, ce serait honteux de ne pas l'aider ! » lança Sirius tandis que Remus acquiesçait en souriant.

- « Je me charge de lui monter un faux dossier » lança-t-il

- « Je lui ferais parvenir discrètement pour qu'il signe les documents et puis je vous convoquerait au Ministère pour prendre vos dépositions » expliqua Kingsley en souriant. « Le professeur Dumbledore a encore eu une excellente idée »

Les trois garçons se regardèrent en souriant.

- « Faux et usage de faux… On est mal si ça se sait ! » souffla Sirius

- « Il ne faudrait pas qu'on s'amuse à faire ça trop souvent » prévint Remus d'un air grave.

James hocha la tête. Il ne tenait pas à mettre en péril l'entreprise qu'ils avaient montés et à qui ils consacraient beaucoup de temps.

- « Evidemment ! Ne vous faites pas soucis ! C'est vraiment une demande exceptionnelle » déclara Kingsley avec sérieux.

James lui fit alors un signe de tête en signe d'accord et se réinstalla dans son fauteuil, content de pouvoir aider celui qu'on considérait comme le plus brillant auror de sa génération.