Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en générale mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre soixante deux : Inquiétudes

« Cette inquiétude sourde qui coule en nos veines
Qui nous saisit même après les plus grandes joies
Ces visages oubliés qui reviennent à la charge
Ces étreintes qu'en rêve on peut vivre cent fois
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard
(…)

Ces ambitions passées mais auxquelles on repense… »
Jean-Jacques Goldman (Veiller tard)

Kathleen s'arrêta un moment devant l'immeuble et réalisa qu'elle n'était jamais monté auparavant. En souriant, elle monta les marches et arriva bientôt devant la porte de la Jasire. Elle poussa alors la porte et se retrouva dans une salle d'accueil, où une jeune femme releva la tête en souriant.

- « Bonsoir mademoiselle ! » lança-t-elle d'un air aimable.

- « Bonsoir » répondit Kathleen.

- « Que puis-je pour vous ? » demanda la jeune femme

En essayant de ne pas remarquer les regards noirs des personnes déjà présentes dans la salle, elle s'approcha de la secrétaire.

- « Je voudrais voir Remus Lupin » souffla-t-elle à voix basse comme si elle avait peur qu'on l'entende. « Enfin, si c'est possible… »

- « Vous avez rendez-vous ? »

- « Non, mais… »

- « Je suis désolée, mademoiselle, mais monsieur Lupin ne reçoit pas aujourd'hui. Je peux en revanche vous proposer un rendez-vous avec monsieur Black… »

- « Non, non, je n'ai pas envie de voir Sirius… » répondit Kathleen un peu précipitamment.

Elle était venue faire une surprise à Remus, elle n'avait pas envie d'embêter Sirius.

- « Vous connaissez Sirius ? » demanda alors la secrétaire à voix basse.

- « Bien sur. Je suis la petite amie de Remus, je connais les trois garçons » répondit Kathleen en souriant.

- « Désolée, je ne savais pas… Je m'appelle Lucrécia. Je vais prévenir Remus que vous êtes là… »

- « Je ne risque pas de le déranger ? »

- « Non, il étudie les dossiers aujourd'hui. Ca lui ferait plaisir de s'arrêter un peu ! » lui assura Lucrécia en souriant.

Elle se leva alors et s'approcha d'une porte à laquelle elle frappa juste avant d'ouvrir.

- « Monsieur Lupin, mademoiselle… »

Lucrécia se tourna alors vers elle et d'un signe de tête lui demanda son nom.

- « Kathleen Gordon… » souffla la jeune femme

- « Mademoiselle Gordon demande à vous voir… » continua alors Lucrécia en souriant.

Puis d'un signe de la main, elle l'invita à entrer dans la pièce.

- « Merci… » souffla-t-elle en passant près d'elle

- « De rien » répondit la jeune secrétaire en retournant s'asseoir.

Kathleen poussa alors la porte et entra dans le bureau. Remus referma rapidement la porte et la prit dans ses bras avant de l'embrasser avec passion.

- « Vous venez me demander d'investir dans une de vos entreprises ? » demanda le jeune homme une fois qu'il eut détaché ses lèvres des siennes.

- « Je demande juste un peu de ton temps… Disons ce soir… » chuchota-t-elle malicieusement.

Il se pencha pour l'embrasser à nouveau.

- « Après avoir attentivement consulté tous vos arguments, je ne vois aucune raison de ne pas accepter votre requête mademoiselle Gordon… » murmura-t-il

- « Tant mieux. Tu finis quand ?»

- « Quand j'en ai envie… et je sens que j'en ai envie maintenant… »

Il s'éloigna d'elle et se rendit jusqu'à son bureau où il referma d'un coup sec et se retourna vers elle en souriant malicieusement.

- « Et si nous partions ? » demanda-t-il en s'approchant d'elle.

Elle se mit à sourire et lui tendit la main qu'il prit, et en profita pour l'attirer jusqu'à lui.

- « Mais avant… » souffla-t-il avant de l'embrasser de plus belle.

Kathleen répondit à son baiser et glissa ses bras autour de son cou.

- « Oh pardon ! » lança alors une voix derrière elle.

Elle se détacha de Remus et se retourna un peu rougissante. Elle sentit Remus la serrer un peu plus contre lui et elle adressa un sourire à Sirius qui se tenait encore à l'embrasure de la porte.

- « Je vois que je te dérange en plein travail ! » lança-t-il d'un air amusé.

- « Qu'est-ce que tu veux Black ? » demanda Remus d'un air faussement sévère.

Sirius se mit alors à rire doucement.

- « Je voulais que tu dises à Océane que je rentrerais plus tard que prévu. J'ai dû m'occuper de trois clients à James et ça m'a pris plus de temps… »

- « Pourquoi tu ne le lui dis pas par cheminée ? »

- « Je n'ai pas le temps et de toute façon tu vas par là-bas… »

- « Je… Oh Merlin ! J'avais oublié ! »

Kathleen releva alors vers Remus qui se pencha vers lui d'un air grave.

- « Kat, excuse moi, mais j'avais prévu de dîner avec Lily ce soir… »

- « Oh non… » soupira-t-elle

Elle avait vraiment envie de passer du temps avec lui, et lui allait passer la soirée avec une autre. Bon d'accord c'était la femme d'un de ses meilleurs amis qui était en plus une de ses amies les plus proches, mais tout de même…

- « Je suis désolé… »

Kathleen ne pu que sourire, il avait vraiment l'air d'un petit garçon prit en faute.

- « C'est pas grave… tant pis » murmura-t-elle

- « Je sais bien que ça ne me regarde pas, mais… je ne pense pas que Lily verrait d'objection à ce que tu emmènes une invitée ce soir. » lança Sirius

Remus le regarda un moment d'un air grave avant de se pencher vers elle.

- « Ca t'ennuie si on passe un bout de la soirée avec Lily ? » lui demanda-t-il doucement

- « L'essentiel c'est que je soit avec toi » répondit-elle, légèrement déçue tout de même.

- « Tu n'oublieras pas Océane… » rappela Sirius

- « Ne t'en fais pas. » lança Remus en souriant.

Après les avoir saluer de la mais, le jeune homme les quitta. Remus attrapa alors son manteau et tous les deux quittèrent les locaux de Jasire.

- « Excuse moi pour ce soir. Je sais bien que tu aurais préféré passé la soirée seule avec moi » lança alors Remus avec un sourire désolé.

- « On n'y restera pas toute la nuit… J'aurais bien, avant demain matin, un petit moment de tête à tête avec toi… » souffla Kathleen

- « Evidemment » s'amusa Remus avant de l'embrasser d'un baiser plein de promesse.

Tous les deux transplanèrent alors tous les deux jusqu'à Loutry Ste Chaspoule. Kathleen sentit qu'il lui prenait la main et tous les deux prirent le chemin qui menait aux maisons des familles Black et Potter.

- « Pourquoi est-ce que tu passes la soirée chez Lily ? » demanda alors Kathleen tandis qu'il s'approchait de la demeure.

- « James est parti pour la semaine pour le travail et elle est seule avec les petits. On s'est dit qu'on allait tenter de passer la voir le plus souvent possible pour qu'elle ne se sente pas trop débordée avec les petits ».

- « C'est gentil… » murmura-t-elle.

Ils étaient arrivés devant la maison de Sirius.

- « Tu m'attends un petit instant ? » demanda-t-il en pénétrant dans le jardin.

Elle le regarda s'approcher de la porte et frapper. Océane vint alors lui ouvrir. Il lui parla quelques instant, et Kathleen vit la jeune femme lui adressa un petit signe de la main auquel elle répondit d'un petit signe. Puis Océane posa un baiser sur la joue de Remus avant que le jeune homme ne vienne la rejoindre.

- « Allons-y ! » lança-t-il en lui reprenant la main et en l'entraînant de l'autre côté de la rue.

Tous les deux entrèrent dans la maison de Lily sans frapper. La première chose que la jeune femme entendit fut des cris et des rires. En souriant, Kathleen entra dans le salon. Assis l'un en face de l'autre sur le grand tapis de devant la cheminée, Lily et Harry jouaient avec des peluches sous le regard émerveillé de Syrielle qui assise près d'eux ne semblait pas manquer une miette de ce qui se passait.

- « Bonsoir ! » lança Remus en lâchant sa main.

Il alla embrasser tout ce petit monde, et elle l'imita. Après avoir déposer un baiser sur une des joues de Syrielle que Remus tenait dans ses bras, Kathleen alla s'installer dans le canapé.

- « Je suis contente que tu sois venue aussi Kat » souffla Lily en souriant, tout en s'assurant que son fils rangeait correctement ses jouets. « J'ai moins l'impression d'être surveillée par les sbires de mon mari » ajouta-t-elle dans un sourire pour Remus.

- « Il s'inquiète pour toi… Il n'avait pas envie que tu restes seule » se justifia le jeune homme

- « Je sais… Et j'apprécie que vous veniez tous me voir. Sirius à même proposer de venir dormir dans mon lit cette nuit pour que je ne sois pas trop dépaysé… Je ne sais pas qui de James où d'Océane à protester le plus violemment… »

Tout le monde se mit à rire joyeusement. Harry revint alors vers sa maman.

- « Fini ! » déclara-t-il en posant sa tête sur ses genoux.

- « Je vais remonter ta caisse à jouet… » déclara alors la jeune femme en amorçant un mouvement pour se lever.

- « Laisse, je vais le faire » déclara Remus qui s'était levé d'un bond.

Kathleen le regarda en souriant. Il était un garçon tellement prévenant… Elle le vit faire asseoir Harry sur le dessus de sa caisse à jouets avant d'en saisir les deux poignées et de la soulever avec une facilité étonnante. Kathleen avait toujours été surprise de voir la force qu'il possédait… Puis le jeune homme monta les escaliers en faisant tanguer la caisse provoquant les éclats de rire de Harry.

- « James est parti depuis longtemps ? » demanda alors la jeune femme à Lily.

- « Depuis hier matin »

- « Il te manque ? »

Kathleen vit un léger sourire s'étirer sur les lèvres de la jeune femme.

- « Oui… Je sais que ça peut paraître midinette, mais après tant d'année à vivre à deux, se coucher dans un grand lit vide, même si ce n'est que pour une semaine, ce n'est pas agréable »

Kathleen la regarda en souriant.

- « Ca fait longtemps que vous êtes ensemble ? » demanda-t-elle

- « Cinq ans… et ça fait quatre ans que nous vivons ensemble »

- « Vous avez été vite non ? »

- « Un peu… Mais on s'aime et on a toujours été surs de nos choix » lui assura la jeune femme.

A cet instant, Remus qui portait Harry sur ses épaules redescendit de l'étage.

- « Tu ne vas pas tarder à aller dormir mon ange » lança Lily à son fils qui eut alors une moue boudeuse.

- « Non ! »

- « Je ne te demande pas ton avis » lança la jeune femme en se levant et en le prenant dans ses bras. « Dis bonne nuit à tout le monde et on va aller faire un gros dodo »

Le petit garçon fit violemment non de la tête mais Lily ne fléchit pas, et il fut obliger d'embrasser Remus et Kathleen. La jeune femme récupéra alors Syrielle de son bras libre et leur annonça qu'elle n'allait pas tarder à redescendre. Au moment où ils montaient les escaliers, Kathleen entendit clairement Harry demander son papa. Elle écouta alors en souriant, Lily lui expliquer, sans doute encore une fois, que James n'était pas là. Remus vint s'asseoir à côté d'elle.

- « Ca va ? »

- « Oui, bien sur… »

- « Tu ne t'ennuies pas trop ? »

- « Non, j'aime beaucoup Lily, je suis sure qu'on va passer une bonne soirée… »

- « Et après, je te raccompagnerais chez toi… » souffla Remus avec un regard plein de promesse qui fit sourire la jeune femme qui s'approcha de lui pour l'embrasser.

Ils restèrent ainsi blottis l'un contre l'autre jusqu'au retour de Lily.

- « Ca a été ? » demanda Remus qui s'était redressé en l'entendant redescendre

- « Oui. Harry pose plus de problème, il veut voir son père. Il ne comprend pas bien encore ce qu'est une semaine… »

- « Il est encore petit » murmura Kathleen.

Lily hocha la tête.

- « Et si on dînait ?! » proposa-t-elle alors en se dirigeant vers la salle à manger.

Kathleen et Remus la suivirent et tous les trois s'installèrent autour de la table et dégustèrent le succulent dîner préparer par l'elfe de maison des Potter en discutant de choses et d'autres. Ils rirent beaucoup et s'amusèrent bien. Néanmoins, à chaque petit bruit, Lily tournait la tête vers son salon.

- « Quelque chose ne va pas ? » demanda Remus au bout d'un moment

- « Non, non… C'est juste que… »

La jeune femme se mit à rougir un peu.

- « James a dit qu'il essayerait de me parler par cheminée ce soir ou demain alors… » continua-t-elle

Remus se contenta de sourire avant de se replonger dans son assiette. Ils restèrent encore un moment à discuter, puis le jeune homme déclara qu'il étant temps de laisser son amie se reposer un peu. Il déposa un baiser sur chacune de ses joues.

- « Si tu as besoin, tu sais que tu peux m'appeler… »

- « Je sais Remus… » lui assura Lily en souriant avant de venir saluer Kathleen.

Elle les raccompagna jusqu'à la porte. Kathleen se tenait serrer contre Remus et tous les deux transplannèrent ensemble. Ils se retrouvèrent devant l'appartement de la jeune femme.

- « Te voilà rendue à bon port… » souffla Remus tout contre son cou

- « Toi aussi… » murmura la jeune femme « Tu avais dit que tu me donnerais un peu de ton temps. J'attends mon règlement… »

Remus la regarda en souriant et posa un baiser sur son front. La jeune femme récupéra ses clés dans son sac, ouvrit sa porte d'entrée et l'invita à entrer. Elle entra à sa suite et referma la porte. Puis elle vint se blottir dans ses bras en souriant.

- « Je t'aime » souffla-t-elle comme une pulsion

- « Moi aussi, Kat, moi aussi » chuchota le jeune homme tout contre son oreille, la faisant frissonner.

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En soupirant, Barty Croutpon Sr cacheta l'enveloppe parcheminée qu'il devait envoyé au Ministère. Il y nota consciencieusement l'adresse du bureau d'Albert Liouville, son assistant. Il posa son enveloppe sur une pile qui prenait de plus en plus de hauteur sur son bureau. Il soupira. A la fin de la journée, un elfe passerait récupérer tout cela pour l'emmener à Pré-au-Lard pour les poster… Encore une fois, il ne verrait personne de sa longue journée.

Six mois, cela faisait plus de six mois qu'il avait quitté la civilisation pour se terrer dans ce château et il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même. A cause de sa lâcheté, à cause de sa bêtise, il vivait comme un reclus. Il se leva alors de son bureau et se rendit par la fenêtre. Il contempla un long moment le parc qui s'étendait devant lui. Ici et là, par petits groupes, des élèves se promenaient, malgré la fraîcheur de ce début de soirée de la mi-mars. Comme il aurait aimé pouvoir, ne serait-ce que quelques minutes, profiter du plein air et pouvoir sentir le vent souffler sur son visage et dans ses cheveux…

Plus jeune, lorsqu'il était étudiant ici, il n'avait qu'une seule envie : quitter le château. Il ne s'y était jamais vraiment plu. Il n'y avait pas trouvé beaucoup d'intérêts. Il avait passé ses sept années d'études sans plaisir. Une fois ses ASPICs en poche, il avait trouvé un petit travail au Ministère. Il avait suer sang et eau de longues années pour monter les échelons. Il avait rencontré Blandine par l'intermédiaire de ses parents. C'était un mariage arrangé, mais il était tombé amoureux d'elle à la première seconde. Il l'avait aimé… vraiment. Mais elle lui avait donné un fils et il avait fallut que cet enfant ruine sa carrière, ruine sa réputation et ruine sa vie. Maintenant, il était revenu au point de départ, dans ce château où il n'avait jamais vraiment trouver ses traces, où il s'était jamais vraiment senti à sa place. Maintenant encore plus que lorsqu'il y étudiait.

Il entendit alors un bruit derrière lui, semblable à un transplanage. Il sursauta. Son attaque l'avait rendu paranoïaque. Il savait pourtant que seuls les elfes de maison pouvaient transplaner à l'intérieur de Poudlard. Il se retourna alors et constata que la pile de parchemin qu'il avait confectionné avait disparut et avait été remplacée par une autre pile. Il s'en approcha et se rendit compte qu'il s'agissait de lettres qui lui étaient destinées. Dumbledore s'arrangeait pour lui faire parvenir son courrier personnel et ceux du Ministère. Il saisit la pile et la consulta. La plupart des lettres venaient effectivement de ses collègues, il s'en occuperait plus tard, quelques unes n'était rien d'autre que de la publicité pour des diseuses de Bonne Aventure, et autres Marabouts à la compétence plus que douteuse. La dernière lettre attira tout spécialement son attention. L'enveloppe était d'une couleur violine et son adresse était écrite en rouge profond. Lorsqu'il la tint dans ses mains, un sentiment de malaise l'envahit. Il sentait qu'il valait mieux pour lui qu'il ignore tout du contenu de cette lettre, mais la curiosité fut la plus forte. Se saisissant de son coupe papier, il déchira violemment l'enveloppe et un petit cercueil en carton noir tomba sur son bureau. Etouffant un cri de stupeur, il le fixa un moment avec horreur. Néanmoins une curiosité morbide le poussa à retourner le petit morceau de carton noir. Sur le verso, aussi blanc que le recto était noir, un message écrit en rouge sombre s'affichait. Il mit du temps à se remettre suffisamment avant de pouvoir lire l'inscription.

« Tu ne m'échapperas pas »…

Il avait la même écriture que lui, il n'y avait pas d'erreur possible, ce message venait de Bart. Il fut saisit de violents tremblements, à tel point qu'il dû s'asseoir. Son premier réflexe fut de brûler l'infâme menace. Se saisissant de sa baguette, il entreprit de faire disparaître le morceau de carton, mais il tremblait tellement qu'il en fut incapable. Il lâcha sa baguette sur le sol et se leva. Il se précipita dans un coin de la pièce. Dans un éclair de lucidité, il pensa au professeur Dumbledore. Il tira sur une petite cordelette qui se trouvait à proximité. Il ne savait comment, mais le directeur de Poudlard serait immédiatement prévenu qu'il souhaitait le voir au plus vite. Il se laissa alors glisser sur le sol et resta ainsi prostré jusqu'à l'arrivée de Dumbledore.

Lorsque la porte s'ouvrit, il sursauta de plus belle et crispa ses mains contre la tenture la plus proche.

- « Barty ? » demanda la voix rassurante du professeur.

Croupton ne répondit pas. Les yeux exorbités, la respiration haletante, il était encore sous le choc.

- « Barty ! » s'exclama alors Dumbledore en l'apercevant enfin.

Il s'approche de lui et s'accroupit pour se mettre à sa hauteur.

- « Qu'y a-t-il ? » demanda-t-il d'une vois à la fois ferme et rassurante.

- « Il m'a contacté… » souffla Croupton d'une voix blanche.

A son grand étonnement, le professeur ne sembla pas surpris, bien au contraire. Il soupira et se releva. Il lui tendit la main pour l'aider à se relever.

- « Je pensais pourtant que nous avions triés votre courrier avec soin… » murmura-t-il d'une voix grave en s'approchant de son bureau.

- « Co… Comment ? » balbutia Croupton.

Il ne comprenait rien à ce qui se passait.

- « Votre courrier est constamment trié par certains des elfes de Poudlard, Barty. Nous ne voulions pas que ce genre de chose arrive. Mais visiblement, nous avons faillit… »

- « Vous voulez dire que… que j'en ai reçu d'autre ? » souffla Croupton, estomaqué.

- « Au départ, vous n'en receviez que quelques unes par semaine. Maintenant, cela devient quotidien »

La nouvelle fut un choc pour Croupton qui préféra se rasseoir.

- « C'est toujours lui ? » demanda-t-il d'une voix blanche

- « Toujours, et le message ne varie pas non plus »

Croupton soupira et cacha son visage entre ses mains.

- « Je ne voulais pas vous inquiéter… » lança Dumbledore en faisant apparaître un fauteuil dans lequel il s'installa « Le principal but de cette manœuvre est de vous effrayé Barty, mais vous ne risquez rien tant que vous resterez ici… »

Mais Croupton ne l'écoutait que d'un air distrait. Son esprit était totalement ailleurs.

- « Il cherche à me tuer… » murmura-t-il

- « Il fallait s'y attendre. Nous en avions déjà parlé. Vous êtes le seul, mangemorts mis à part, au courant de son évasion. Il ne veut pas que vous révéliez quoique se soit »

- « Est-ce qu'il a tenté quelque choses d'autre ? Je vous en prie Albus, ne me mentez pas… Je m'attends au pire de toute façon … »

Dumbledore soupira et croisa ses longues mains.

- « Il y a eu une entrée par effraction à votre domicile la semaine de votre départ. Quelques bibelots ont été volé et la maison a été mise à sac »

Croupton se fixa alors le plafond d'un air grave.

- « Plusieurs personnes sont aussi venu à votre bureau au Ministère en demandant à vous voir d'urgence… Ses personnes ont vraisemblablement été soumise à l'Impérium dans le but de vous tuer. Heureusement, l'auror Maugrey à la charge de recevoir toutes les personnes cherchant à vous rencontrer. Les sortilèges ont été levés. Et… »

Croutpon retint alors sa respiration. Qu'allait-il encore lui apprendre d'autre ?

- « Votre caveau de famille a été saccagé »

- « QUOI ?! »

Dumbledore le regarda d'un air désolé.

- « Votre caveau de famille à été détruit. Les stèles ont été abîmées et des injures y ont été gravées… Mais bien sur tout a été restauré, ne vous inquiétez pas, il est comme neuf… »

Mais Croupton se fichait éperdument de l'allure que pouvait avoir son caveau.

- « Et Blandine ? » demanda-t-il d'une voix éteinte

- « Il n'y a eu aucun dommage. Elle a été épargnée si je peux m'exprimer ainsi »

Un immense soulagement parcouru alors Croupton qui soupira. Au moins son ingrat de fils avait eu la décence d'épargner sa mère, qui s'était sacrifiée pour lui… Il leva alors les yeux vers le professeur qui le regardait d'un air compatissant. Mais Croupton n'avait que faire de sa compassion. Il savait pertinemment qu'il ne faisait que payer le prix de son erreur, le prix de sa faiblesse face à celle qu'il aimait plus que de raison.

- « Quoiqu'il en soit Barty… » reprit Dumbledore après un moment de silence « Ne vous inquiétez pas de ceci. »

Il attira alors à lui le cercueil en carton noir et le brûla d'un coup de baguette. Croupton ne quitta pas des yeux le morceau de carton incandescent. Il ne releva la tête que quand il fut entièrement réduit à l'état de cendre.

- « Il ne s'agit que de l'intimidation, vous êtes complètement en sécurité tant que… »

- « … que je ne quitte pas mes appartements, je le sais Albus » souffla Croupton

- « Je sais que cela nous est pénible, mais il en va de votre sécurité… » répondit Dumbledore en se levant.

Croupton soupira une nouvelle fois. La vie qu'il menait désormais n'en était plus une… En faisant évadé son fils de prison, il s'était lui-même condamné.

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Lily aspergea son visage d'eau fraîche à plusieurs reprises, puis releva la tête vers le miroir. Elle grimaça, elle faisait peur à voir. Ses cheveux tirés en arrière en une queue haute, son teint pâle, ses monstrueuses cernes et ses traits tirés la rendaient vraiment horrible. De lourdes gouttes d'eau glissaient le long de sa peau, gouttant par moment sur son débardeur-pyjama. Elle posa une de ses mains sur son ventre.

- « C'est pas vrai… » souffla-t-elle d'une voix blanche.

La jeune femme venait de passer une demi-heure à vomir le contenu de son estomac et était à bout de force. Elle attrapa une petite serviette de toilette et se sécha. Elle recula ensuite de quelques pas et se laissa glisser sur le sol où elle s'installa, les jambes repliées contre son torse. Elle posa sa tête sur le mur et ferma les yeux. En un instant, tout était devenu clair dans la tête de la jeune femme. Sa fatigue de ces derniers jours, la légère gêne qu'elle ressentait dans la poitrine et… son léger retard de règles. Elle resta ainsi un petit moment, ne pensait à rien, les yeux clos. Puis, elle se leva et descendit dans la cuisine. Elle prépara sans conviction les biberons de ses enfants. Elle sentait son estomac remuer dangereusement, mais elle choisit de l'ignorer. Après tout, il n'avait plus rien à rejeter. Elle venait de terminer quand le bébé transmetteur se mit à cligner violemment. Elle regagna l'étage et se rendit dans la chambre de Syrielle. Elle récupéra la petite fille qu'elle serra contre elle tout doucement. Puis elle se rendit dans la chambre de Harry qui ne dormait plus. Elle le fit sortir de son lit et lui tint fermement la main pour l'aider à descendre les marches. Elle l'installa dans le canapé du salon et alla chercher les biberons. Lorsqu'elle revint, elle tendit son lait à son fils tandis qu'elle se chargeait de nourrir Syrielle. Ses gestes étaient mécaniques et machinaux. Elle faisait toutes ses choses à l'instinct, perdue dans ses pensées. Une fois que les petits eurent déjeuné, elle les prépara et se rendit directement de l'autre côté de la rue. Il fallait absolument qu'elle parle à Océane.

Elle poussa la porte d'entrée et entendit des voix dans la cuisine. Elle s'y rendit et fut accueillie par un Sirius tout sourire.

- « Bonjour »

- « Bonjour Lilynette ! Alors comment tu vas notre nouvelle célibataire ?! Enfin débarrasser de ton mari, tu peux faire des folies… »

La jeune femme se mit à sourire et s'installa en face de lui. Cela faisait cinq jours que James était parti…

- « Tu as eu de ses nouvelles ? » demanda Océane après avoir embrasser Harry qui était venu s'installer sur ses genoux.

- « Hier soir, par cheminée… Mais pas longtemps, les communications passent vraiment mal, il doit vraiment être dans un trou perdu. Il à l'air content, ça se passe bien, mais il dit qu'il a hâte de revenir »

- « Tu m'étonnes ! Il n'a jamais aimé être séparé de toi… » répondit Sirius en se levant. « Bon, mesdames, ce n'est pas que je m'ennuie, mais j'ai du travail ! »

Il déposa un baiser sur la joue de Lily avant d'aller embrasser Océane et Lalyh. Il ébouriffa la tignasse de Harry et caressa la joue de Syrielle avant de partir de la maison. Assise à table, sa fille dans ses bras, Lily regarda Océane terminé son petit déjeuné et l'aida à faire la vaisselle, puis les deux femmes se rendirent dans le salon. Lily déposa Syrielle dans le parc de bébé, à côté de Lalyh et y fit aussi entrer Harry qui se mit à jouer avec les peluches qui y étaient disposées. La jeune femme se mit alors à soupirer. Elle sentit la main de Océane se poser sur son épaule et elle se retourna.

- « Lily, ça ne va pas ? »

La jeune femme ne répondit pas et se contenta de la fixer.

- « C'est James qui te manque tant que ça ? » demanda Océane d'une voix amusée.

Lily esquissa un faible sourire. Bien sur que James lui manquait, mais ce n'était pas la raison de son comportement. La jeune femme prit alors la main de son amie dans la sienne et l'entraîna un peu à l'écart.

- « Lily, qu'est-ce qui se passe ? Tu me fais peur ? » lança Océane

- « Je crois que je suis enceinte » murmura Lily

- « Quoi ?! Enfin, je veux dire, tu es sure ? »

- « Quasiment, j'ai du retard et j'ai eu des nausées ce matin… »

- « Par Merlin ! C'est génial ! » s'exclama alors Océane en se jetant à son cou.

Lily n'eut aucune réaction, et cela étonna son ami qui s'écarta d'elle pour la regarder d'un air grave. La jeune femme sentit Océane caresser doucement ses cheveux.

- « Eh ! » souffla-t-elle « C'est une bonne nouvelle, non ? »

- « Je sais pas… » répondit Lily avant de pousser un profond soupir.

- « Viens… » murmura Océane en l'entraînant vers le canapé où elles s'installèrent toutes les deux.

Lily resta un moment silencieux en regardant un peu plus loin, le parc où ses deux enfants jouaient tranquillement. Océane ne disait rien et la regardait sans rien dire. Visiblement, elle attendait qu'elle parle. Lily explosa alors.

- « Je suis encore enceinte ! Par Merlin, est-ce que c'est le moment d'avoir un nouvel enfant ?! Syrielle vient tout juste d'avoir sept mois et Harry est plus en danger que jamais et moi je… »

- « Chut Lily… » la coupa Océane en posant sa main sur son bras. « Ca ne sert à rien de se mettre dans un tel état… »

Lily soupira violemment et cacha son visage dans ses mains.

- « James est au courant ? » demanda alors Océane d'une voix douce

- « Non, je ne m'en suis vraiment rendue compte que ce matin, mais en y réfléchissant bien, j'aurais dû m'en douter depuis plus longtemps… »

- « Il faut que tu le lui dises »

- « Je sais, mais je n'ai pas le moyen de le contacter avant son retour »

- « Il ne t'a pas donné un moyen de le joindre en cas d'urgence ?! » s'étonna la jeune femme

Lily fit alors non de la tête. Non, elle ne pouvait pas joindre James et pourtant, en ce moment, il n'y avait que de lui dont elle avait besoin. Elle ferma les yeux.

- « Lily… » murmura alors Océane d'une voix douce « Tu n'es pas contente ? Même pas un petit peu… »

Lily se mit alors à sourire. Elle posa sa main sur son ventre et se mit à penser à ce petit être, nouveau mélange de James et elle qui y avait élu domicile pour les neuf prochains mois. Elle se mit à faire glisser son pouce sur son pull.

- « Si je suis contente » murmura-t-elle doucement « Mais j'ai peur. Tout va devenir tellement plus compliqué ! Harry est encore petit et Syrielle n'est qu'un bébé. Je me demande si j'aurais la force pour tout ça… »

- « James sera là ! » répondit Océane en prenant une de ses mains dans la sienne.

- « Je sais » souffla Lily

- « Dès qu'il rentre tu le lui dit, hein ? »

- « Bien sur ! »

- « Il va être fou de joie… »

- « J'espère… »

- « Moi j'en suis sure ! »

Lily regarda alors son amie en souriant et la prit dans ses bras.

- « Merci d'être là ! » souffla-t-elle à l'oreille d'Océane qui se mit à rire doucement

- « Chacune son tour ! » répondit-elle

Lily souleva alors son pull et regarda son ventre en souriant doucement. Elle releva alors la tête et se tourna vers Océane qui la regardait d'un air attendri.

- « Tu ne diras rien à Sirius, n'est-ce pas ? »

- « Comptes sur moi… Il n'a pas à être au courant de ça avant le papa… Il revient quand d'ailleurs ? »

- « Dans deux jours »

Les deux femmes se regardèrent en souriant. Lily se sentait un peu mieux, elle avait bien fait de venir rejoindre son amie. Mais elle avait toujours peur, peur de l'avenir…