Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en générale mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Note : Dernier chapitre avant ma petite interruption des vacances de Noël ! Je reprendrais la publication au début du mois de janvier 2007…

Joyeuses fêtes de fin d'année à vous tous !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre soixante dix : Si l'on pouvait parler

« Si l'on pouvait vraiment parler
Je te dirais comment je l'ai rencontré
Comment j'ai changé de famille
Tout en restant petite fille
Au fond rien n'a vraiment changé »

France Gall

- « Papa ? »

- « Papa ! »

- « Papa ? »

- « Pa-pa ! »

- « Tu vas être en retard Sirius ! » lança Océane d'une voix amusée.

Cela faisait au moins cinq bonnes minutes que le jeune homme s'amusait à entendre leur fille l'appeler Papa. Il se redressa alors en souriant et se mit à lui sourire largement.

- « Tu as raison… »

Il s'approcha d'elle et l'embrassa tendrement avant de déposer un baiser sur le front de Lalyh.

- « Papa ? » demanda-t-il une dernière fois avec fierté.

- « Papa ! » répondit aussitôt la fillette en souriant.

Océane soupira doucement et, Lalyh confortablement blottie contre sa hanche, elle accompagna son fiancé jusque dans le jardin. Après les avoir embrasser une dernière fois, Sirius transplana. Lalyh se mit alors à pleurer comme tous les matins…

- « Pa-paaaaa »

- « Chut ma chérie… Tu sais bien que Papa rentre ce midi… Comme tous les jours »

Mais la petite fille sanglotait doucement sans cesser de fixer l'endroit où son père se tenait un instant plutôt. La petite fille avait une vraie fascination pour son père qui confinait à la vénération… Et Sirius le lui rendait bien. Océane prévoyait déjà que tous les deux seraient infernaux une fois que la petite fille serait en âge de suivre les bêtises de son père. Elle soupira doucement et embrassa le front de Lalyh qui se calmait doucement. « Il a toujours fait un malheur auprès des filles » pensa Océane avec amusement « Pourquoi faudrait-il que se soit différent avec la notre ! »

La jeune femme rentra alors dans la maison, tout en caressant les petits cheveux bruns et soyeux de sa fille qui se calma rapidement, la tête calée contre sa poitrine. Océane entreprit alors de la préparer, puis elle s'habilla et quant toutes les deux furent prêtes, elle fit apparaître une petite poussette et y installa Lalyh.

Elle sortit de la maison en maniant l'engin et sortit du périmètre sécurisé par le Fidelitas.

- « On va aller voir si on a eu du courrier » annonça joyeusement Océane en prenant le chemin qui menait au village moldu.

A cause des sorts puissants de protections qui entouraient sa maison, la plupart des hiboux ne leur parvenait pas. Les volatiles se rendaient alors dans un service spécial du Ministère qui se chargeait de faire acheminer le courrier vers des postes moldues.

Il faisait beau et Océane avait plaisir à se promener avec sa fille. Lalyh jouait sagement avec une peluche en gazouillant, ce qui amusait beaucoup sa maman. Toutes les deux arrivèrent bientôt dans le centre du petit village de Loutry Ste Chaspoule. Océane prit la direction de la poste et patienta au guichet qu'une jeune femme vienne la servir.

- « Bonjour madame »

- « Bonjour, je viens voir si j'ai reçu du courrier… » lança Océane

- « Bien sur, à quel nom ? »

- « Daquaria et Black s'il vous plait… » répondit-elle en souriant et en pensant que bientôt, il n'y aurait que du courrier pour monsieur et madame Black à venir chercher.

La jeune femme du guichet s'éloigna alors un moment dans l'arrière de l'office et revint quelques instants plus tard avec quelques enveloppes dans la main.

- « Voilà madame… »

- « Merci beaucoup, bonne journée… » répondit Océane en récupérant son courrier et en le glissant dans son sac

- « Bonne journée »

La jeune femme quitta alors le bureau de poste et fit quelques pas à l'extérieur. Elle s'arrêta près d'un banc, à l'ombre d'un arbre où elle s'installa. Après avoir jeter un regard attendri à Lalyh, elle sortit les enveloppes de son sac et les consulta rapidement. Plusieurs étaient pour Sirius et venaient de clients de la Jasire, mais une lui était adressé à elle. Elle rangea alors toutes les autres et ne conserva que celle là. Elle déchira l'enveloppe et en sortit un morceau de parchemin qu'elle déplia.

Elle reconnut immédiatement l'écriture de sa mère et se figea. Qu'allait-elle encore lui demander ? De laisser Lalyh à son père et de rentrer seule chez eux ?! Elle soupira et fut tenté de ne pas la lire et de jeter la lettre, pour rester dans l'ignorance. Mais la curiosité fut la plus forte et elle prit une grande inspiration avant de se lancer.

« Océane,

Ton père ne sait pas que je t'écris cette lettre. Il a été profondément énervé par l'attitude de ton fiancé la dernière fois. Il faut dire que ce jeune homme n'a pas mâché ses mots face à lui. Quoiqu'il en soit, ce qu'il nous a dit ce jour là m'a fait réfléchir et je pense que nous devrions avoir une discussion toutes les deux.

Viens me voir…

Maman »

Océane relu la lette trois fois pour être sur de l'avoir bien comprise. Comment sa mère savait-elle qu'elle était fiancée ? Que voulait-elle dire par « ce qu'il nous a dit ce jour là » ?

Distraitement, elle replia la lettre et la glissa dans sa poche. Elle se leva reprit les manettes de la poussette et reprit le chemin de chez elle, perdue dans ses pensées.

Sirius n'avait jamais rencontré ses parents… Il le lui aurait dit ! « ce jeune homme n'a pas mâché ses mots ».Ca ressemblait bien à du Sirius pourtant. Mais c'était insensé ! Quand aurait-il été là bas ? Pourquoi ne lui en aurait-il pas parlé ? Elle soupira et accéléra le pas. Elle voulait en avoir le cœur net.

Elle se dépêcha de rentrer chez elle, laisser un mot à Sirius pour lui dire qu'elle allait chez ses parents et quitta une nouvelle fois sa maison. Elle prit Lalyh dans ses bras, fit disparaître la poussette et après s'être assurée qu'il n'y avait personne dans les environs elle transplana jusqu'à la demeure de ses parents. Elle frissonna. Cela faisait presque deux ans qu'elle n'avait pas mis les pieds dans cette maison. Elle ne savait plus si c'était une très bonne idée finalement. Et si une fois entrée, ils l'empêchaient de rentrer rejoindre Sirius. Cela la fit frémir, mais elle se rappela qu'elle avait laissé un mot au jeune homme pour lui dire qu'elle et Lalyh étaient là. S'il ne les voyait pas rentrer, il viendrait les chercher.

Cette pensée la rassura et elle posa un baiser sur la joue de sa fille. Elle entra alors dans le jardin et alla sonner à la porte. Le vieil elfe de maison vint lui ouvrir.

- « Oh ! Mademoiselle Océane ! » s'exclama-t-il en s'inclinant bas sur le sol

- « Bonjour Moraz » répondit doucement la jeune femme « Est-ce que mes parents sont là ? »

- « Madame est là, mais Monsieur est sorti… » l'informa l'elfe en la laissant entrer.

Océane fut un peu soulagée. Visiblement, c'était son père qui posait le plus de problème. S'il n'était pas là, ça faciliterait peut-être les choses.

- « Madame est au salon mademoiselle » annonça alors l'elfe en lui faisant signe de le suivre.

En serrant fort sa fille contre elle, Océane avança dans ce qui avait été la maison de son enfance. Lalyh était très intimidée. Elle ne disait rien et se serrait contre sa maman en regardant autour d'elle avec des grands yeux ronds. Lorsque Océane entra dans le salon, elle sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Sa dernière rencontre avec sa mère ne lui avait pas laissé un très bon souvenir. D'un geste de protection, elle posa sa main sur la petite tête de Lalyh. Flumena lui tournait le dos et ne l'avait pas entendu arrivée. La jeune femme se racla alors la gorge et sa mère se retourna d'un air surpris.

- « Bonjour Maman » lança Océane d'une voix étranglée.

- « Par Merlin ! » s'exclama alors Flumena en plaquant ses mains contre sa bouche.

- « J'ai reçu ta lettre et je suis venue pour avoir des explications » lança la jeune femme d'un air décidé.

Flumena l'invita à s'asseoir et Océane obéit. Elle posa Lalyh sur ses genoux. La petite fille observait sa grand-mère d'un air curieux. Elle se tourna alors vers sa maman d'un air étonné et cacha son visage contre sa poitrine. Océane se mit alors à sourire avec tendresse, elle n'avait jamais vu son petit ange aussi timide…

- « Elle a beaucoup grandi… » murmura Flumena « Quel âge a-t-elle ? »

- « Dix mois… » souffla Océane en caressant les cheveux de son petit trésor.

- « Elle est belle » lança Flumena en s'installant en face de sa fille

- « Elle ressemble à son père » rétorqua la jeune femme presque sur un air de défi.

- « Oui » confirma la grand-mère dans un souffle.

- « Comment tu peux le savoir ? » demanda Océane dans l'attente d'avoir la confirmation de ces soupçons

- « Il est venu il y a quelques semaines. Il voulait nous annoncer qu'il allait de demander en mariage »

Océane retint un moment sa respiration avant de soupirer longuement. Ainsi Sirius était venu voir ses parents sans elle pour leur annoncer qu'ils allaient se marier. Elle ne savait pas ce qu'elle pensait de cette situation. Elle lui en voulait un peu d'avoir fait cette démarche seul. Après tout il s'agissait de ses parents à elle… Mais en même temps, elle était fière de lui de les avoir affronter pour elle car elle savait à quel point ses parents pouvaient être désagréable par moment.

- « Il ne t'en a pas parlé… » lança Flumena d'un air un peu hautain

- « Non » avoua Océane « Il a dû oublier… » tenta-t-elle de le défendre

Mais sa mère ne sembla pas convaincue.

- « Je suppose que ça ne s'est pas très bien passé… » souffla Océane qui ne cessait pas de caresser les cheveux de sa fille qui restait bien blottie contre elle.

- « Il a été odieux »

- « J'ai du mal à te croire » rétorqua Océane « S'il s'est énervé, c'est que vous aviez du le mettre à bout ! »

Les deux femmes échangèrent un regard tendu, et ce fut Flumena qui détourna le regard la première.

- « Il nous a dit… » murmura-t-elle alors « … qu'il t'aimait »

- « Je le sais. Ils nous aime Lalyh et moi plus que tout, tout comme je l'aime »

Flumena soupira.

- « Ton père n'approuve pas votre mariage, il préfèrerait encore que tu restes fille mère »

Océane sentit son cœur se serrer. Elle avait mal de les voir réagir comme cela.

- « Mais moi ce que je veux, c'est que tu sois heureuse. Et au fond de lui, c'est aussi ce que veut ton père. Mais cela fait tellement longtemps que nous ne savons plus ce qui peut faire ton bonheur »

- « Et si vous me laissiez faire… » murmura alors Océane en fixant sa mère.

Flumena esquissa alors un léger sourire.

- « Maman, ma relation avec Sirius, elle est très sérieuse… Il n'est pas un homme de passage pour moi, et je ne suis pas une fille parmi tant d'autre pour lui. On s'aime vraiment et crois moi ça n'a pas été facile tous les jours pour le lui faire admettre. Maintenant on est heureux ensemble et je ne peux plus vivre sans lui. Bien sur je ne pensais pas que j'allais tomber enceinte si rapidement et bien sur qu'on a douté tous les deux. Mais maintenant Lalyh est là et on est une famille. Tu peux comprendre non ? »

Flumena soupira.

- « Je sais ce que je fais et je suis très heureuse de me marier avec lui, alors s'il te plait… Fais moi confiance »

Océane regarda un moment sa mère sans rien dire. Au moment où celle-ci allait répondre, la porte d'entrée s'ouvrit.

- « Bonjour ! » lança la voix de Léopoldus

Océane sentit ses entrailles se tordre et serra encore plus Lalyh contre elle. Elle ne pensait pas revoir son père si tôt.

- « Comment s'est… Qu'est-ce que tu fais là ?! » s'exclama-t-il alors sans doute en l'apercevant.

Océane se leva alors, sa fille dans ses bras et se retourna pour faire face à son père.

- « Bonjour Papa » murmura-t-elle

Elle fixa son père qui semblait figer et qui la contempler, visiblement partager entre la surprise et la colère.

- « Et voilà ta petite fille, Lalyh » continua Océane en tournant doucement sa fille vers son père.

Léopoldus baissa alors les yeux vers le bébé qui se mit à gémir doucement.

- « Chut mon ange… » souffla Océane à son oreille « C'est le papa de maman… »

Mais Lalyh continuait de regarder son grand père avec méfiance.

- « Je croyais t'avoir dit que je ne voulais plus te voir dans cette maison Océane ! » lança alors sèchement Léopoldus en plantant son regard dans celui de sa fille qui se mit à frémir.

- « C'est moi qui lui ait demandé de venir ! » répondit Flumena qui s'était levé à son tour « Je voulais lui parler de la discussion que nous avons eu… avec Sirius »

Océane apprécia l'effort que faisait sa mère d'appeler son fiancé par son prénom. C'était déjà beaucoup pour elle.

- « Il n'y a plus rien à dire sur ce qui c'est passé ce jour là ! Ce Black est venu chez moi m'insulter et me mentir ! Je ne veux plus entendre parler de ce prétentieux qui essayer de me faire croire qu'il respecte ma fille »

- « Sirius m'a toujours respecté ! » s'écria alors Océane indignée.

Elle sentit Lalyh se mettre à trembler tout contre elle.

- « Balivernes ! Il t'a engrossé, voilà tout ce qu'il a fait ! »

- « NON ! »

Océane était hors d'elle. Elle regardait son père avec fureur.

- « Sirius m'aime ! Il a acheté une maison pour nous, il a monté en entreprise pour avoir de l'argent et nous mettre à l'abri du besoin, il a toujours été là pour Lalyh et moi ! Et tu vois ça ? » demanda-t-elle en lui montrant fièrement l'annulaire qui portait sa bague de fiançailles « Ca, c'est le symbole de tout ce que je viens de te dire ! Ce n'est pas parce que nous n'avons pas été béni par un mage marieur que nous ne sommes pas un couple ! Ce n'est pas parce que ce n'est pas officiel que je ne me considère pas depuis très longtemps déjà comme sa femme ! Il est comme mon mari depuis plus longtemps que le jour où il m'a offert cette bague ! Depuis avant la conception de Lalyh même ! » cracha-t-elle à son père

- « Alors s'il te considère comme sa femme depuis longtemps comme tu dis, pourquoi ne t'a-t-il pas demandé avant de l'épouser ? Pourquoi a-t-il attendu que votre enfant ait presque un an pour se décider ? Peut-être qu'il a compris qu'avec un enfant à charge, il était moins facile de s'envoyer en l'air avec toutes les jeunes femmes qui passent et qu'il se rabat sur ce qu'il a sous la main ! »

- « TAIS TOI ! » hurla Océane « Tu ne sais pas de quoi tu parles ! »

- « Mais bien sur que si ! Les hommes comme lui sont tellement prévisibles ! »

- « Il m'avait demandé de l'épouser et c'est moi qui ait refusé ! » lança alors violemment Océane avant de se laisser tomber dans le canapé.

- « Quoi ?! » s'exclama alors Flumena tandis que Léopoldus regardait sa fille d'un air incrédule.

Océane soupira et se lança.

- « Quand Sirius a appris que j'étais enceinte, il m'a demandé de l'épouser et j'ai refusé » avoua-t-elle doucement

- « Mais tu es folle ! Tu t'es plongée toute seule dans le déshonneur ! » s'écria son père.

- « Mais tu vas arrêter un moment avec ton histoire de déshonneur ?! » s'exclama Océane « Les temps ont changé tu sais ! Si je n'ai pas voulu à l'époque, c'était parce que je savais qu'il me demandait en mariage parce qu'il se sentait obligé de le faire, parce qu'il voulait prendre ses responsabilités et assumer ses actes. Mais moi je voulais qu'il me demande en mariage parce qu'il en avait envie. C'est chose faite maintenant, mais c'était loin d'être le cas à l'époque. Alors tu vois ? Ce n'est pas à Sirius que tu dois en vouloir dans cette histoire, mais c'est à moi ! »

Océane et son père échangèrent un regard grave et tendu.

- « Je n'aurais jamais cru… Ma propre fille… » murmura-t-il avec dureté

- « Léo… » tenta Flumena

- « NON ! Taisez vous toutes les deux ! » hurla-t-il « Finalement, Océane, Black et toi, vous formez un joli couple d'irresponsable ! Aussi stupide et immature l'un que l'autre ! Vous agissez comme vous le sentez sans vous soucier des autres ! On ne devrait pas vous laisser le droit de vous occuper d'un enfant !»

La jeune femme sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle avait mal. Comme si elle pouvait ressentir le malaise de sa maman, Lalyh se mit alors à pleurer. La jeune femme se leva et fixa son père d'un regard embué.

- « C'est vraiment ce que tu penses ? » demanda-t-elle d'une voix éteinte.

- « Avec des parents comme les siens, je n'envie pas la vie qu'aura cette enfant ! » cracha-t-il en désignant Lalyh du doigt.

Océane réprima alors un sanglot.

- « Tu es horrible ! » parvint-elle à articuler

- « Sors de ma maison ! Je te rappelle que tu es reniée » lui rappela sèchement son père en désignant du doigt la porte de sortie.

- « Je n'aurais jamais dû venir ! » lança alors la jeune femme en se dirigeant rapidement vers la sortie et en essayant de retenir ses larmes.

- « Océane ! »

La jeune femme se retourna vers sa mère qui venait de l'appeler. Elle hocha doucement la tête avant de se retourner et de quitter la maison de ses parents en regrettant amèrement d'être venue.

- « Pardon de t'avoir amené mon ange… » murmura-t-elle doucement en embrassant sa fille.

Elle transplana alors jusqu'à chez elle.

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- « Ah, monsieur Lupin ! Il ne manquait plus que vous ! » lança monsieur Scott en souriant tandis que Remus s'approchait de son bureau.

Kathleen le regarda en souriant doucement. Cela faisait déjà quelques minutes qu'elle attendait en compagnie du père de Henry.

- « Je vous prie de bien vouloir m'excuser » répondit calmement Remus « J'ai eu quelques petits problème à son bureau et j'ai fait aussi vite que j'ai pu »

- « Ca n'a pas d'importance, vraiment nous n'avons pas attendu longtemps, n'est-ce pas mademoiselle Gordon »

Kathleen se contenta d'hocher la tête tandis alors que Remus lui souriait. Elle eut un léger frisson. Cela ne faisait que quelques jours qu'elle avait pris la décision de donner une nouvelle chance à leur histoire, et elle avait encore un peu de mal par moment à maîtriser les sensations étranges d'angoisses et de curiosité qui livraient bataille en elle dès qu'elle le voyait. Elle tourna alors son regard vers monsieur Scott. Cet homme savait-il qu'il avait embauché un loup-garou ? Savait-il qu'il avait confié l'éducation de son fils à un être uniquement à moitié humain ?

La jeune femme secoua la tête pour en chasser ses pensées. Tout cela l'obsédait vraiment. Depuis qu'elle savait, il ne se passait pas une journée sans qu'elle se demande comment telle ou telle personne réagirait en apprenant la lycanthropie de Remus. Elle espérait ainsi se convaincre qu'il était normal qu'elle soit perturbée par cette nouvelle.

- « Si je vous ai demandé de venir aujourd'hui » commença alors monsieur Scott d'un air sérieux « C'est pour vous faire part d'une nouvelle importante. Mon épouse vient d'être muté en France pour son travail et elle commence dans deux mois. Nous allons donc y déménager et vous n'aurez plus à donner de cours à Henry, nous nous débrouillerons pour lui donner des cours là bas »

Kathleen sentit ses épaules s'affaissaient. Les Scott allaient partir ! Elle n'aurait donc plus de travail ! Elle tourna la tête vers Remus qui avait l'air grave, mais tout de même moins bouleversé par la nouvelle. Après tout, il avait un autre travail.

- « Je suis désolé de l'embarras dans lequel cela vous plonge, mais je vous ferais de très bonnes lettres de recommandation et je suis persuadé que vous retrouverez rapidement un autre emploi… »

Kathleen soupira doucement et les deux hommes tournèrent leur regard vers elle. Elle esquissa un léger sourire.

- « Henry va me manquer » murmura-t-elle simplement

Elle les vit sourire doucement.

- « Je suis sur que vous lui manquerez aussi énormément » lui assura monsieur Scott d'un air bienveillant.

La réunion dura encore un peu avant que leur employeur les libère. En silence, Remus et Kathleen quittèrent son bureau puis la maison.

Une fois dans la rue, la jeune femme se tourna vers Remus qui la regardait avec un petit sourire triste.

- « Ca va ? » demanda-t-il doucement

- « Oui » soupira la jeune femme « Il va falloir que je cherche un nouveau travail, mai ça va aller »

- « Je suis convaincu que tu en retrouveras facilement. Tu es très douée avec les enfants »

La jeune femme se mit à sourire.

- « Je t'invite à prendre un café ? » demanda alors le jeune homme en souriant.

Mais la perspective de se retrouver dans un endroit public avec Remus n'enchantait pas plus la jeune femme que cela. Si elle y rencontrait des personnes qu'elle connaissait ? Si elle y rencontrait Dolorès ?

Elle n'avait pas dit à sa meilleure amie qu'elle revoyait Remus et elle redoutait sa réaction quand elle l'apprendrait. Mais la jeune femme sentait qu'il fallait qu'elle se fasse sa propre opinion sur la question. Ce n'était à Dolorès de choisir pour elle…

- « Si tu ne veux pas, ce n'est pas grave… » souffla alors le jeune homme visiblement perturber par son absence de réponse. « Je te raccompagne chez toi ? »

- « Non, allons chez toi plutôt » déclara Kathleen un peu précipitamment.

Elle n'avait pas envie de courir le risque que quelqu'un qu'elle connaissait la voit en compagnie de Remus. Elle ne se sentait pas encore prête.

- « D'accord » murmura le jeune homme

Tous les deux prirent alors le chemin de la zone de transplanage la plus proche. En chemin, Remus tenta doucement de prendre sa main dans la sienne, mais Kathleen la retira précipitamment, par réflexe. Elle s'en voulut énormément et soupira alors qu'elle jetait un rapide regard au jeune homme qui restait impassible et visiblement indifférent à sa réaction. Mais Kathleen savait que c'était faux, elle savait qu'il souffrait, mais elle ne pouvait pas. Ils transplanèrent enfin jusque devant l'immeuble du jeune homme et se rendirent sans un mot dans le studio de Remus.

Il la laissa entrer la première et referma la porte. Il avait l'air triste et Kathleen ne le supportait pas. Doucement, elle s'approcha de lui et déposa un léger baiser sur ses lèvres. Il sembla se radoucir un peu.

- « Excuse moi mais je n'ai pas tellement envie de prendre le risque que Doly nous voie tous les deux… Je ne lui ai pas dit que… enfin, elle pense que nous avons rompu »

- « Je vois » souffla Remus en l'invitant à s'installer sur une chaise.

- « Elle ne comprendrais pas… » continua Kathleen un peu embarrassée.

- « Je sais, Kat » se contenta de répondre Remus en faisant apparaître deux tasses et une cafetière.

La jeune femme prit la tasse qu'il lui tendait et en bu une longue gorgée en silence. Il la regardait d'un air grave et sombre. C'était sans doute d'avoir parler de Dolorès qui le mettait dans cette état. Kathleen soupira, pourquoi fallait-il que tout soit aussi compliqué et pourquoi fallait-il que tout se passe mal entre son petit ami et sa meilleure amie…

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- « Au revoir mes amours… A tout à l'heure… »

- « A revoir Maman »

Lily se pencha et embrassa très fort son petit garçon avant de serrer sa fille contre elle et de la placer dans les bras de son père.

- « A tout à l'heure » souffla-t-elle doucement en relevant la tête vers lui.

- « A tout à l'heure mon cœur » répondit James en se penchant un peu pour pouvoir l'embrasser

Elle se détacha de lui en souriant. Elle avait l'impression d'être une petite fille a qui on avait promis une merveilleuse surprise. Elle se dirigea dans l'entrée récupéra sa veste et après avoir saluer une dernière fois tout son petit monde, elle quitta sa maison et transplana.

Elle arriva instantanément à destination et se mit à sourire. Elle s'approcha d'un pas rapide de la porte de la maison du professeur Slughorn à laquelle elle frappa. Il ne fallut pas plus de quelques secondes avant qu'il vienne lui ouvrir.

- « Et encore un fois vous êtes pile à l'heure Lily ! » déclara-t-il en souriant tandis que la jeune femme serrait la main qu'il lui tendait.

- « Bonjour professeur… » murmura la jeune femme en entrant.

Elle se tourna vers son ancien professeur qui la regarda en souriant largement, elle esquissa un faible sourire. Elle était tout de même un peu gênée de se retrouver seule à seul avec son ancien professeur de Potion.

- « Je propose que nous commencions tout de suite » lança alors Slughorn d'un air décidé

La jeune femme hocha la tête et le suivit en silence à travers la maison. Ils traversèrent deux couloirs avant d'entrer dans une petite pièce poussiéreuse qui ressemblait à un débarras. Le professeur se tourna alors vers elle et l'observa d'un air grave avant de se retourner face au mur. Doucement, il murmura quelque chose et Lily vit alors le mur se mettre à trembler et commencer à coulisser, dévoilant une nouvelle pièce. La jeune femme la regarda d'un air émerveillé. Elle n'avait jamais vu un aussi beau laboratoire. La pièce était vaste et bien éclairée malgré le fait qu'il n'y ai qu'une seule lucarne en guise d'ouverture. Une immense paillasse de travail était disposée tout le long du mur et au centre un grand feu magique brûlait en continue. Au dessus de lui, un chaudron était posé. Tous les ustensiles étincelaient, c'était magnifique

Lily regarda le laboratoire en souriant.

- « Cela vous plait ? » demanda Slughorn en souriant

- « C'est impressionnant… Je trouve ça splendide » lança-t-elle en entrant dans la pièce et en regardant tout autour d'elle

- « Je suis content que ça vous plaise. J'ai économisé toute ma vie pour pouvoir me payer ce petit bijou. Vous êtes la première personne que j'emmène ici. Je sais que vous saurez apprécier la beauté de ce lieu »

Lily le regarda alors, il avait l'air fier et il bombait le torse, faisant avancé son ventre proéminent.

- « Expliquer moi exactement ce que vous faites alors » demanda-t-elle avec impatience.

Elle entendit son ancien professeur rire doucement et lui faire signe de le suivre. Il l'entraîna vers le centre de la pièce et se pencha aussi dessus du chaudron qui contenait un liquide bleuâtre qui bouillonnait doucement. Il s'en dégagea une odeur douceâtre assez particulière.

- « Voilà Lily, je vous présente la potion qui m'occupe tout mon temps libre depuis que je suis à la retraite » souffla Slughorn en souriant

Lily se redressa un peu.

- « A quoi est-elle destinée exactement ? » demanda-t-elle avec curiosité.

L'ancien professeur prit alors un air mystérieux et l'invita à s'asseoir un peu à l'écart sur un tabouret qui se trouvait là.

- « L'une de mes plus grande crainte Lily, est la vieillesse. C'est de ne plus pouvoir penser par moi-même, de dépendre des autres. La sénilité est vraiment un fléau contre lequel je veux combattre. Vous n'avez pas encore ce genre de soucis, vous êtes encore si jeune mais moi… »

Il haussa les épaules d'un air fataliste qui fit sourire Lily.

- « Voyez vous, alors que j'étais encore à Poudlard, je me suis amusé à étudier les propriétés de certaines plantes simples. Associées les unes aux autres, je me suis aperçu qu'elles développaient des propriétés surprenantes et pour le moins inattendues. Malheureusement, je n'avais pas suffisamment de temps entre mes cours et mes obligations de me plonger là dedans. Mais depuis que je me suis arrêté d'enseigner, j'ai eu tout le loisir de me remettre à mes recherches »

- « Ca doit être passionnant… » murmura Lily doucement.

- « Exactement »

- « Je sens que je vais beaucoup aimé vous aider ! » déclara la jeune femme en se redressant et en regardant tout autour d'elle. « Je commence quand ? »

Horace Slughorn se mit alors à rire doucement.

- « Votre enthousiasme me fait énormément plaisir. Je retrouve telle que je vous ai laissée à Poudlard. Aussi désireuse d'en apprendre d'avantage… Vous avez été, de tous les élèves que j'ai eu, celle que j'ai préféré »

La jeune femme se sentit rougir légèrement. Elle le savait déjà bien sur, James, Sirius et Remus la taquinait souvent à ce propos quand ils étaient encore à l'école, mais le fait de se l'entendre dire de vive voix la gênait un peu.

- « Vous êtes si brillante, je crois que je n'avais jamais vu un tel talent pour les potions… A part Severus Rogue peut-être… »

Lily hocha la tête de forcée constater qu'il avait raison.

- « Je suis sure que votre aide me sera précieuse. Je compte sur vous pour m'aider bien sur, mais aussi pour me donner votre avis et vos idées »

- « Bien sur »

- « Commençons alors » déclara l'ancien professeur

Il invita alors Lily à le suivre et entreprit de lui expliquer en détail tout ce qu'il avait déjà trouvé et tout ce qui était en cours. La jeune femme se familiarisa très vite avec ce tout nouvel environnement et très vite de sentit dans son élément. Elle se sentait bien. Cela faisait tellement longtemps qu'elle n'avait pas eu l'occasion de fabriquer des potions. Elle se mit alors à hacher les racines avec plaisir, à confectionner des bouillies de pétales et de pollen.

Il faisait assez chaud dans le laboratoire et de temps en temps, elle essuyait d'un petit geste de la main les perles de sueur qui naissait sur son front. Elle suivait scrupuleusement les conseils de son ancien professeur. Elle ne se sentait pas encore capable d'émettre un avis sur ses décisions, mais elle les approuvait toute. Elle naviguait partout dans la pièce d'un pas vif pour ranger les différents ustensiles. Elle s'amusait bien.

Pas une fois elle n'avait pensé aux soucis qui l'attendaient à l'extérieur de ce laboratoire. Pas une fois elle n'avait penser que le pire des Mages Noirs en avait après la vie de son fils, pas une fois elle n'avait pensé que la guerre faisait rage dehors, qu'elle était en pleine chasse aux Horcruxes… Elle ne pensait qu'au plaisir qu'elle avait à mélanger des ingrédients, à remuer la potion bleuâtre, le plaisir qu'elle avait à faire quelque chose qu'elle aimait et que par la force des choses elle avait été forcée d'arrêter. En cet instant, elle pouvait tout à fait comprendre la nostalgie de James pour le Quidditch, et elle se promit à elle-même de le pousser à retourner de temps en temps sur les stades, munit de son fidèle balai.

Elle fut surprise d'entendre au loin le clocher d'une église sonner six coups.

- « Par Merlin ! Déjà ?! » s'exclama-t-elle se redressant, elle n'avait pas vu le temps passer.

- « Quoi donc ? » demanda Slughorn en se tournant vers elle.

- « Il est déjà 18h00 ! » lança-t-elle en ôtant la blouse qu'elle avait passé avant de démarrer son travail. « Il faut que je rentre, James est tout seul avec les enfants »

- « Oh… Je vois » lança Slughorn en se redressant « Je suppose que vous devez rentrer chez vous… »

- « Oui, ça va bientôt être l'heure du bain et avec nos deux petits monstres, on n'est jamais trop de deux… »

Elle le vit soupirer.

- « Ce n'est rien. Nous avons bien avancé et tout cela c'est grâce à vous. C'est vraiment un avantage de vous avoir Lily »

- « Merci, professeur… » murmura la jeune femme en pliant sa blouse qu'elle déposa sur le tabouret « Je reviendrais bientôt, dès que je pourrais me libérer »

- « Très bien Lily, je suis vraiment ravi que vous soyez mon assistante, c'est un réel plaisir d'être en votre compagnie »

- « Merci professeur et maintenant, il faut vraiment que j'aille rejoindre mon mari… »

Discrètement la jeune femme avait insisté sur les deux derniers mots. Elle vit son ancien professeur hocher la tête d'un air entendu. Il la raccompagna jusqu'à la sortie de sa demeure et après lui avoir souhaité une bonne soirée, Lily transplana. Elle avait vraiment hâte de retrouver sa petite famille et le confort de sa maison, après cette après-midi où elle s'était bien occupée.