Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en générale mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !
Bonne lecture à vous tous… Aylala
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Ce qui aurait pu se passer
Chapitre soixante treize : Mourir aux larmes
« Ecoute mon cœur, il parle
Il a froid
sans toi, c'est dur
Il pleure, il rame et s'attend à la
rupture
Oh ne tue pas, ce petit bout qui bat
Et je sais
qu'c'est la vie, qu'c'est pas grave
Qu'on s'en remet tôt ou
tard
Qu'il faut déjà penser à prendre un
nouveau départ
Mais moi ce soir, je veux mourir aux
larmes »
Anne-Laure Sibon
Trois jours… Cela faisait trois jours qu'elle ne répondait plus à ses hiboux. Il avait essayé d'aller chez elle, mais elle n'y était jamais. Par Merlin, il savait qu'il n'aurait jamais dû céder. Remus se leva et pour la centième fois fit le tour de son studio en grognant. Il le lui avait dit pourtant qu'il ne valait mieux pas… Il l'avait mise en garde, c'est elle qui avait insisté, c'est elle qui avait jouer avec le feu… Non ! De colère, Remus se frappa la tête contre le mur. Il se mit à gémir sous la douleur, mais il avait enfin l'impression que ses idées étaient revenues en place. Elle ne pouvait pas savoir… Elle ne savait pas ce que s'était que d'être à l'approche de la Pleine Lune, elle ne savait pas combien il lui avait été difficile de la repousser la première fois. Il aurait dû se contrôler. Par Merlin ! Depuis qu'il était lycanthrope, il aurait cru qu'il avait pris l'habitude de prendre sur lui et de garder le contrôle de lui-même et de prendre le dessus sur son côté bestial… Il fallait croire que non ! Il aurait du dire non… Il n'aurait jamais du aller si loin. Il l'avait effrayé. Il en était sur. Il avait bien vu la tête qu'elle faisait en partant. Elle était totalement perdue. Cela le rendait fou. Il avait mis tellement de temps à la convaincre qu'il était quelqu'un de posé et de calme et voilà qu'en quelques instants il avait tout réduit à néant. Non pas qu'il ait été violent, il n'aurait jamais pu, il l'aimait trop, mais il ne s'était pas montrer très tendre. On pouvait même qualifier leur étreinte de bestial et il s'en voulait.
Il soupira violemment et se réinstalla à la table. Un morceau de parchemin et une plume étaient posés, n'attendant que d'être utilisés. Mais il ne fit que les regarder sans y toucher. Pour lui dire quoi ? Qu'il était désolé ?! Il ne l'était pas vraiment. Qu'il s'en voulait ?! Il le lui avait déjà dit par hiboux, elle ne lui avait pas répondu. Il se sentait toujours aussi mal. James et Sirius lui avaient dit que tout s'annonçait bien pour lui… Il faut dire que d'après ce qu'ils avaient vu, il y avait en effet toutes les raisons de se réjouir… Mais Remus savait. Il avait vu son visage, il avait vu ses yeux ! Il n'en pouvait plus, il fallait qu'il agisse. Kathleen allait bien finir par rentrer chez elle un jour ou l'autre ! Et bien il serait là ! Assis devant sa porte s'il le fallait, mais il serait là et ils auraient une discussion sérieuse. Il lui ferait comprendre qu'il ne le referait plus, qu'il ne la brusquerait plus et qu'il attendrait s'il le fallait. Parce qu'il l'aimait et qu'il voulait vraiment qu'elle soit à ses côtés.
Il se leva et se rendit dans l'entrée. Il allait ouvrir quand on sonna à la porte. Il grogna un peu à l'encontre de cette personne qui interrompais ses projets. Il ouvrit la porte et se trouva nez à nez avec Kathleen. Son cœur cessa de battre un long moment et il resta comme paralysée devant elle. Elle avait l'air tendu et inquiète, ce qui ne le rassura pas. Un étrange et mauvais pressentiment naquit en lui, au plus profond de son cœur et se répandit comme un venin dans le reste de son corps.
- « Bonjour » murmura-t-elle doucement « Je peux entrer ? »
Remus se contenta d'hocher la tête et lui fit un peu de place pour la laisser passer. Elle ne lui adressa pas un regard ni aucun geste de tendresse. Le jeune homme se mit alors à redouter plus que tout ce qui allait arriver. Il la suivit et la regarda s'installer sur une chaise, l'air toujours aussi grave, les traits tirés.
- « Il faut qu'on parle » lança-t-elle dans un souffle
- « Je t'écoute » parvint à articuler Remus au prix d'un suprême effort
- « Tu ferais mieux de t'asseoir »
Le jeune homme sentit alors une vague de stress le submergé. Avec des gestes mécaniques, il prit place en face d'elle et la fixa. Il la vit frémir sous son regard. Mais il ne savait plus s'il devait être content ou triste de cette réaction. Par Merlin, quoiqu'elle ait à lui dire, qu'elle le fasse vite, il ne supporterait pas longtemps cette torture.
- « Alors ? » lança-t-il pour briser le silence.
- « Remus… Ce que j'ai à te dire n'est pas facile »
La jeune femme prit alors une grande inspiration et reprit.
- « Je vais partir en France… » murmura-t-elle doucement d'un air un peu gêné.
Remus resta un moment abasourdi. Comment ça elle partait en France ?
- « Mais… euh…Combien de temps ? » demanda-t-il d'un air étonné
- « Je ne sais pas. Je pars avec la famille Scott. J'ai décidé de suivre la scolarité de Henry »
Le cœur de Remus se serra alors. Avait-elle pensé à lui, à eux, avant de décider ainsi de partir dans un autre pays ?
- « Mais… Comment ça tu pars ? »
- « Ma décision est prise, je ne reviendrais pas dessus » lui assura la jeune femme en le fixant
- « Mais enfin Kathleen… Tu ne crois pas que… On aurait pu en discuter avant, tu aurais pu m'en parler non ? Tu vas changer de pays ! C'est tout de même un changement important dans notre relation. Je sais qu'en transplanant on pourra se voir, mais ça va quand même nous… »
Un doute affreux envahi alors Remus qui se félicita d'être assis car il sentait que ses jambes n'aurait plus pu le porter. Par Merlin, non ! Ce n'était pas possible ? Elle n'aurait tout de même pas pris cette décision pour…
Il la fixa d'un air grave et la vit à nouveau tressaillir. Les mains du jeune homme se mirent alors à trembler.
- « Kat… » souffla-t-il
La jeune femme le fixa alors et prit une grande inspiration.
- « Quand tu m'as appris que tu étais un loup-garou, ça m'a fait un choc. Tu sais que ce n'est pas quelque chose de banal et tu m'as assuré que tu comprenais que je sois chamboulée »
Sa voix était légèrement tremblante. Remus se sentait devenir de plus en plus tendu et mal à l'aise. Et dire que tout à l'heure il aurait donné n'importe quoi pour lui parler, maintenant, il était prêt à donner tout ce qu'il avait pour qu'elle ne soit pas assise en face de lui avec cet air si grave.
- « Tu m'as convaincue de te laisser une chance et j'ai vraiment crue que je pourrais surmonter ça. Vraiment Remus, j'y ai cru ! Je voulais y croire de toutes mes forces, parce que je tiens à toi. »
- « Kat… »
- « Laisse moi finir je t'en supplie ! » implora la jeune femme en le fixant, les yeux plus brillant qu'à l'accoutumée. « Je n'y arrive pas Remus ! Je n'arrive pas à me faire à cette idée ! C'est trop compliqué, c'est trop dur pour moi que tu sois un lycanthrope ! C'est trop, je ne peux pas gérer… »
Remus eut un peu de mal à déglutir. Il joignit ses mains l'une à l'autre et commença à les tordre d'un geste nerveux.
- « Qu'est-ce que tu veux dire par là ? » demanda-t-il d'une voix éteinte alors que son esprit lui hurlait d'arrêter là cette conversation.
- « Je pensais que je pourrais me faire à l'idée que mon petit ami soit un loup-garou. J'avais presque réussit à me convaincre que ce n'était pas si grave… presque »
Remus se mit alors à souffler et ferma très fort les yeux avant de les rouvrir.
- « C'est pour ça qu'il vaut mieux qu'on se sépare… » murmura la jeune femme.
Même si depuis qu'elle était entrée il s'y était attendu, la nouvelle fit l'effet d'une bombe à Remus qui sursauta.
- « Quoi ? » demanda-t-il plus par réflexe que par nécessité.
- « Je suis désolée Remus, mais ça ne marchera pas. Je ne peux pas rester avec toi, je n'en ai pas la force »
- « Comment ça pas la force ?! » s'indigna alors Remus « Qu'est-ce que ça veut dire ça ?! Ca fait plus d'un mois que tu sais ce que je suis vraiment ! Un mois ! Et pendant tout se temps, on s'est vu régulièrement, on a été un couple normal et ça n'avait pas l'air de te gêner ? »
- « Et bien détrompes toi ! Je n'ai jamais assumé qu'on soit ensemble ?! Tu ne t'es jamais demandé pourquoi je n'avais pas avouer à Dolorès que nous étions encore ensemble ? »
- « Oh je t'en prie, ne viens pas me parler d'elle ! Elle a fait suffisamment de dégâts comme ça ! » s'écria Remus
- « Elle n'a fait que me révéler ce que tu me cachais depuis trop longtemps ! » lança alors Kathleen d'un air énervé.
- « Oh oui ! Et c'était une aubaine pour elle ! Elle ne m'a jamais aimé ! Elle me détestait même, juste parce que tu étais avec moi ! Elle a du être ravie de trouve quelque chose qui pouvait me faire du tort ! »
- « Tais toi ! Et puis ça n'a rien à voir ! Ce n'est pas de Dolorès dont il est question mais de toi et moi ! »
Remus la regarda d'un air grave. Il était dévasté… Elle le quittait…
- « C'est pour ça que tu pars en France ? » demanda-t-il d'une voix blanche
- « Pas seulement… C'est une bonne opportunité pour moi de partir et… Cela ne peut nous faire que du bien de nous éloigner. Ca nous permettra de tourner la page plus vite ! »
Remus éclata d'un rire mauvais. Elle en avait de bonnes ! Se rendait-elle seulement compte à quel point il s'était investi dans leur relation et à quel point il s'était dévoilé à elle ?! Et elle, elle lui demandait simplement de tourner la page ?! N'avait-elle donc rien compris ?
- « Comment est-ce que tu peux me dire ça ? Tourner la page plus vite ?!Par Merlin Kat, je n'ai pas envie de tourner la page moi ! Je t'aime ! »
Il vit la jeune femme soupirer et le regarder d'un air grave.
- « Je me doutais bien que tu le prendrais mal, mais s'il te plait, ne rend pas les choses plus difficiles qu'elles ne le sont déjà… »
- « C'est à moi que tu oses dire ça ?! » s'indigna Remus « C'est moi qui complique les choses ?! Excuse moi mais j'ai du mal à te comprendre !! C'est toi qui complique tout avec ton attitude ambiguë ! »
Remus vit alors la jeune femme se lever et se dresser face à lui
- « Mon attitude ambiguë ? » demanda-t-elle, visiblement en colère
- « Oui ! TU dis que tu veux qu'on essaye nous deux mais TU as une attitude distante. Je fais tout pour ne pas te brusquer et c'est encore TOI qui me sautes dessus ! C'est à n'y plus rien comprendre ! »
Il avait craché sa phrase méchamment mais il avait mal. Elle le faisait souffrir.
- « Tu… Tu dis n'importe quoi ! » bafouilla Kathleen
- « Ne dit pas n'importe quoi ! Tu ne sais pas du tout où tu en es ! »
- « Je sais parfaitement où j'en suis ! Je sais parfaitement ce que je fais ! » hurla Kathleen
- « A qui essaye tu de faire croire ça ?! » s'indigna Remus
Il y eut un long moment de silence au court duquel tous les deux se jaugèrent du regard. Le jeune homme se plongea ses yeux dans ceux de la jeune femme. Il voulait comprendre, il voulait savoir. Alors qu'il sondait le regard de la jeune femme, il remarqua quelque chose d'étrange. Une sorte de gêne, un peu comme si elle ne lui disait pas tout. Il commença alors à trembler un peu plus et rassemblant tout son courage, il se décida.
- « Pourquoi ? » murmura-t-il alors « Pourquoi tu me quittes ? »
- « Je te l'ai déjà dit, parce que je ne pense pas que j'ai la force de… »
- « NON ! » s'écria Remus « Il y a une autre raison, j'en suis sur ! J'estime que j'ai le droit de savoir ! Je VEUX la vraie raison»
La jeune femme le fixa d'un air buté, visiblement décidé à lui faire avaler cette histoire de ne pas assumer qu'il soit différent.
- « Kat ! Tu me quittes ! Tu me laisses en plan, tu me brises le cœur ! J'ai quand même le droit de savoir pourquoi ! » hurla-t-il d'une voix puissante
Il vit la jeune femme trembler et hésiter.
- « Tu vas me le dire bon sang ! » commença-t-il à s'énerver.
- « J'ai honte ! » cracha alors la jeune femme avec violence « Tu comprend ça ? J'ai honte ! Honte que les gens puissent savoir que je sors avec un loup-garou ! J'ai peur du regard qu'ils poseront sur moi quand ils sauront ! Je ne supporte pas le fait que tu ne sois pas humain ! »
Remus vacilla. Il préféra prendre appui sur le dossier de sa chaise. Par Merlin ce n'était pas possible ! Elle n'avait pas lui dire une telle horreur… Elle avait honte… Honte d'être avec lui ?!
- « Tu comprends pourquoi je ne voulais pas te le dire ? » demanda-t-elle d'une voix mauvaise.
Remus releva la tête vers elle, il se sentait pâlir au fur et à mesure. La couleur disparaissait de son visage.
- « Dis moi que tu ne le penses pas… » supplia-t-il presque d'une voix sourde
Kathleen le regarda d'un air de défi
- « DIS MOI QUE TU NE LE PENSES PAS ! »
- « Si je le penses Remus ! C'est pour ça que je te quitte ! On ne peut pas continuer comme ça ! »
- « Mais … »
Remus était totalement perdu et déboussolé. Abasourdi par la nouvelle.
- « Mais la dernière fois qu'on s'est retrouvé… On a couché ensemble tout de même ! Ne me dit pas que ça ne compte pas pour toi ! J'étais là tu sais ! J'ai bien vu ce qui s'est passé ! »
Il vit alors les lèvres de la jeune femme se pincer et il su à cet instant qu'il allait regretter de savoir la réponse…
- « J'ai couché avec toi uniquement… Uniquement pour voir ce que ça faisait de le faire avec un loup-garou ! » lança-t-elle avec une sorte de dégoût dans la voix.
Remus s'était attendu à tout sauf à ça. Il n'aurait jamais pensé qu'elle puisse un jour lui dire une telle horreur.
- « Dis moi que tu mens ! » ordonna-t-il d'une voix rauque « Je t'en supplie, dis moi que tu mens ! Tu ne peux pas avoir fait ça ! »
Avec horreur Remus vit alors la jeune femme baisser les yeux d'un air coupable. Se fut le coup de grâce. Il sentit une colère sourde naître en lui. Il fallait qu'elle s'en aille où il allait faire quelque chose qu'il allait regretter. Il ne s'était jamais sentit aussi humilié ! Et par la femme qu'il aimait en plus. Il se sentait… sale.
- « Va t'en ! » ordonna-t-il d'une voix sèche
La jeune femme le fixa avec surprise.
- « SORS ! Tu veux rompre ! Et bien romps et SORS d'ici ! »
Il fixa Kathleen d'un air mauvais et la vit trembler. Il devait faire peur à voir. Elle soupira et fit quelques pas avant de se retourner une dernière fois.
- « DEHORS ! » hurla Remus.
Kathleen ne se fit pas prier et sortit sans un mot. De rage, Remus souleva une chaise dans les airs et la jeta sur le sol. Elle se brisa et le jeune homme la regarda d'un air perdu. Il ne se sentait pas mieux pour autant. En un instant, tout s'était effondré pour lui. Il enjamba les débris de la chaise et quitta son appartement à la hâte. Il transplana et arriva rapidement à destination. Sans douceur, il frappa à la porte de la maison. Lorsque la porte s'ouvrit il se trouva face à Lily.
- « Remus ? » souffla-t-elle d'une voix douce.
Elle avait l'air inquiète. Il n'y avait qu'à elle qu'il avait envie de parler, il n'y avait qu'elle qui pourrait l'écouter comme il le souhaitait. Il avait besoin d'elle… Sa meilleure amie depuis si longtemps…
- « Kat m'a quittée ! » annonça-t-il d'une voix blanche.
- « Oh non ! » s'exclama Lily « Par Merlin ! Remus je suis désolée… »
Elle se jeta alors dans ses bras et le serra fort. Remus répondit à son étreinte. Il enfouit sa tête contre son cou, dans ses cheveux, il avait besoin de douceur.
- « J'ai mal… » souffla-t-il douloureusement
- « Je sais… » murmura la jeune femme d'une voix émue.
Et Remus se mit à pleurer dans ses bras.
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- « Je vais aller prévenir Lily qu'on s'en va » lança James en se levant
- « D'accord » répondit simplement Sirius
Il le regarda alors prendre la direction des escaliers pour se rendre à l'étage, où depuis plus de deux heures, Lily et Remus s'étaient installés dans la chambre d'amis. Il soupira. Depuis que James était venu le chercher chez lui pour lui dire que Kathleen venait de rompre avec Remus, il ne se sentait pas très bien. La vie était tellement injuste. Lui qui avait passé l'immense majorité de sa vie à avoir un comportement odieux avec les femmes était fiancé à la plus adorable de toutes, et Remus qui avait toujours été un gentleman venait de se faire briser de cœur par la seule femme qu'il ait réellement aimé. Il ferma un moment les yeux. Il savait qu'il ne pouvait pas comprendre ce que ressentait son ami en ce moment, mais une chose était sur, si Océane devait le quitter, il ne s'en remettrait jamais.
- « Où est James ? » demanda justement la jeune femme en sortant de la cuisine, les bras chargé de biberons.
- « Il est parti prévenir Lily qu'on allait partir » répondit-il doucement.
- « Ah… »
Il vit la jeune femme levé les yeux vers l'étage. Dès qu'elle avait appris la nouvelle, elle avait rejoint Lily et Remus à l'étage. Elle était resté un long moment avec eux avant de finalement redescendre, les yeux rougis et l'air triste. Elle lui avait dit qu'elle avait sentit que Remus avait besoin de se retrouver seul avec Lily. Après tout, ils se connaissaient depuis plus longtemps… Elle était venu les rejoindre James et lui et depuis, ils attendaient.
La jeune femme s'approcha alors du parc où jouaient sagement les enfants et leur distribua leur biberon respectif. Elle vint ensuite s'asseoir près de lui sur le canapé. Elle glissa sa main dans la sienne sans dire un mot. A cet instant, des bruits dans l'escalier leur indiquèrent que James revenait. Il avait l'air grave.
- « Alors ? » demanda Sirius
- « Lily dit qu'il est mal… » soupira James
- « C'est normal… Le pauvre ! Ah ! Cette Kat ! Si je la vois, je l'étripe ! » grogna Océane en serrant les poings « Je suis sur qu'elle a été infecte ! Il avait l'air dans un état épouvantable ! »
Sirius entoura l'épaule de sa fiancée de son bras et l'attira à lui. Il déposa un baiser sur son front et la jeune femme ferma les yeux. Quand elle les rouvrit, elle y avait des larmes dans ses yeux bleus.
- « Il mérite pas ça ! » souffla-t-elle doucement
James soupira de plus belle tandis que Sirius séchait les pleurs de la jeune femme du bout des doigts.
- « Vous allez être en retard… » murmura-t-elle doucement.
Sirius approcha la main de la jeune femme qu'il tenait dans la sienne jusqu'à ses lèvres et y déposa un baiser puis, il se leva.
- « Ca ira avec les petits monstres ? » demanda James alors que Sirius venait se mettre à côté de lui.
- « Oui, ça ira… Allez travailler… Mais ne rentrez pas trop tard »
- « Ne t'inquiètes pas. On sait que Remus va avoir besoin de nous aussi ! » déclara James
- « Je suis déjà en train d'inventer des blagues méchantes sur Kat que je lui dirais quand il sera dans sa phase où il la détestera ! »
Sirius avait parlé d'une voix enjouée, mais cela ne trompa ni Océane ni James, le jeune homme le savait bien. Tous avaient été profondément choqués d'apprendre la rupture entre Kat et Remus. Ils étaient tous convaincu que ces deux là parviendraient à surmonter la lycanthropie du jeune homme. Visiblement, ils s'étaient tous lourdement trompés sur elle. Après avoir embrassé une dernière fois les enfants qui jouaient tranquillement dans leur parc, les deux jeunes hommes quittèrent la maison. Une fois les grilles de son jardin franchies, James se retourna vers sa demeure.
- « Ca me tue de le laisser tout seul pour aller travailler alors qu'il va mal » lança-t-il d'une voix grave.
- « Il n'a pas besoin de nous pour le moment. Il a besoin de la douceur de Lily… Ne t'en fais pas, ils sont très proches tous les deux, elle est celle qui peut le mieux l'aider pour le moment » répondit Sirius avec sérieux.
- « Je sais » souffla James « Océane à raison, il ne méritait pas ça… »
Sirius hocha la tête en soupirant et tous les deux se rendirent à la Jasire. Ils étaient pile à l'heure, Lucrécia les attendaient, assise derrière son bureau.
- « Bonjour les garçons » lança-t-elle joyeusement « Remus n'est pas avec vous ? »
- « Non… Il n'est pas bien » répondit Sirius en bougonnant
- « Kat vient de le quitter » murmura James en s'approchant du bureau d'accueil pour prendre un dossier qui était posé là.
- « Par Merlin ! Le pauvre ! Il le prend si mal que ça ? » demanda la jeune femme d'un air désolé
Les deux garçons se contentèrent d'hocher la tête d'un air grave.
- « On a beaucoup de clients aujourd'hui ? » demanda James en reposant le dossier qu'il venait de prendre.
Sirius regarda son ami. Il avait l'air aussi motivé que lui pour voir du monde…
- « Trois personnes ont rendez-vous » répondit Lucrécia après avoir consulté ses parchemins.
- « Annule les rendez-vous ! Dis leur qu'on les verra un autre jour » lança alors Sirius d'une voix décidé
- « Ils ne vont pas être content » murmura la jeune femme
- « Tant pis » rétorqua James en se redressant.
Puis les deux amis échangèrent un regard et tous les deux se dirigèrent dans le bureau de James.
- « Tu comptes faire quoi ? » demanda Sirius
- « Je vais te le dire franchement, je n'ai pas envie de me plonger dans un dossier, j'ai pas la tête à ça ! Je vais faire joujou avec l'Horcrux ! » répondit-il en s'installant à son bureau.
Sirius le regarda un moment d'un air grave. Il avait l'air décidé. Le jeune homme soupira alors.
- « Je vais chercher mes dossiers et je viens bosser ici » lança-t-il alors
- « Sirius… »
- « Ne dis rien ! Dumbledore veut qu'il y ait quelqu'un à tes côtés quand tu plonges dans ce truc ! Je n'ai pas envie que tu te fasses posséder par ce machin et que tu fasses des conneries ! Lily a assez de soucis avec Remus, ne viens pas en rajouter ! »
Il vit son ami sourire faiblement et hocher la tête d'un air entendu. Sirius se dépêcha alors d'aller récupérer quelques dossiers et retourna s'installer dans le bureau de James.
- « C'est parti ! » lança se dernier et brandissant sa plume au dessus du carnet.
Sirius l'observa un moment et ouvrit son premier dossier.
Il n'arrivait pas à se concentrer. C'était plus fort que lui, il pensait à Remus… Il se demandait bien ce que Kathleen avait pu lui dire pour le mettre dans un tel état. La dernière fois qu'il l'avait vu si désespéré, c'était à la mort de ses parents et dans toute la période qui avait suivit quand il hésitait encore à aller vivre en Australie avec ses grands-parents et Amélia.
Il tournait distraitement les pages de son dossier… Lui n'avait jamais connu de chagrin d'amour… James avait beaucoup souffert de l'indifférence de Lily avant qu'ils ne sortent ensemble, et par la suite quand ils avaient rompu un mois entier parce qu'il refusait de lui révélait le secret de Remus et des Maraudeurs. Mais, il en était convaincu, cela n'avait rien de comparable avec ce que vivait Remus en ce moment. La preuve, ils étaient mariés et leur troisième enfant était en route… Sirius soupira. Et si Océane avait cédé à la pression de ses parents ? Si elle l'avait quitté ? Il devait se l'avouer, les premiers temps de leur relation, cela ne l'aurait pas peiné… Mais si cela avait eu lieu plus tard ? Ou si cela avait lieu maintenant. Ses mains se mirent à trembler toutes seules tellement cette pensée lui étaient odieuse. Cela était tout bonnement inimaginable. Il savait qu'il pourrait en mourir. Oui, il se laisserait mourir de chagrin si Océane le quittait. Il espérait de tout cœur que Remus serait plus fort et qu'il surmonterait cela. Il y veillerait. Ils seraient tous avec lui, ils ne le laisseraient pas tomber. Quoiqu'il se soit passé, l'esprit des Maraudeurs n'était pas mort. Ils ne laisseraient pas tomber un des leur.
- « Sirius ! »
Le cri que James le tira de ses pensées.
- « Quoi ?! » s'inquiéta-t-il en se levant précipitamment, craignant qu'il ne soit arrivé quelque chose à son ami.
- « Ils me demandent ce que je pense des enfants issus de famille moldues ?! » lança alors James en relevant la tête.
Sirius resta un moment interdit et alla se placer derrière lui pour lire par-dessus son épaule.
- « Il veut savoir si tu penses comme lui… » souffla-t-il alors
- « Je fais quoi ? » demanda James
- « Tu lui réponds que tu as horreur des Sang-de-Bourbes »
- « Sirius ! »
- « James ! Je ne parles pas de ce que tu penses réellement, ni que ce que je penses moi ! Je te parles que ce que lui a envie d'entendre pour que tu puisses entrer dans ses bonnes grâces…Tu es sensé faire ami-ami avec lui ! »
- « Je… c'est horrible ! Je ne vais tout de même pas devoir utiliser ce mot là… »
Sirius posa sa main sur l'épaule de sa main.
- « Ne penses pas à Lily… Fais le, c'est tout… C'est pour Harry qu'on fait tout ça. Je suis sur qu'il n'a aucun doute sur le fait que tu aime sa mère et que tu la respectes. Personne n'en doute James. Tu joues un personnage là »
- « Oui » souffla-t-il dans un demi sourire « Mais je te jure que ça me tue de devoir dire ça ! »
- « Je sais… » souffla Sirius en tapotant son épaule « Moi aussi je n'aimerais pas »
James soupira encore une fois et se replongea dans le carnet en grimaçant alors que sa plume crissait sur le parchemin. Sirius retourna s'asseoir en face de lui et referma son dossier. Il ne pouvait vraiment pas travailler aujourd'hui…
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Le professeur Dumbledore entendit que l'on frappait à la porte de son bureau. Il détacha ses yeux de la ligne d'horizon et tourna le dos à la fenêtre.
- « Entrez » lança-t-il simplement.
La porte s'ouvrit et Minerva McGonagall fit son apparition.
- « Professeur, Maugrey est là » annonça-t-elle
- « Très bien, Minerva… Dites-lui d'entrer… »
Quelques instants après le bruit caractéristique de la démarche claudicante de l'auror se fit entendre et Fol Œil entra dans son bureau.
- « Bonsoir Alastor » lança le professeur en lui désignant un siège où il pouvait s'asseoir.
- « Bonsoir professeur » répondit l'auror en se laissant tomber.
- « Alors, quelles sont les nouvelles ? » demanda le vieux sorciers.
- « Rien ! Nous n'avons absolument rien ! Impossible de trouver la trace de Croupton. Personne ne l'a vu à Pré-au-Lard ou dans les environs. Il n'est pas rentré chez lui, ni chez les membres de sa famille… »
Albus soupira. Tout cela devenait très inquiétant. Une semaine. Cela faisait une semaine que Barty avait disparut du château. Et cela était extrêmement préoccupant. Et les inquiétudes du professeur n'avaient fait qu'empirer lorsqu'il avait appris que cela faisait maintenant trois jours que Braty Croupton n'envoyait plus ses instructions au Ministère et qu'il ne répondait pas aux hiboux de ces derniers. Connaissant le caractère fou et sanguinaire de son fils, et la menace qui planait au dessus de Barty, Dumbledore avaient toutes les raisons de craindre le pire. Il soupira en pensant au petit mot qu'il lui avait laissé avant de partir de son établissement… Il aurait du venir en parler avec lui et surtout ne pas prendre la décision de partir sur un coup de tête. Dumbledore aurait alors pu lui avouer que des dispositions supplémentaires avaient été mises en place pour sa sécurité.
- « Je pense que je vais me mettre à enquêter du côté des auberge du Chemin de Traverse… » lança alors Maugrey de sa voix rocailleuse.
- « Oui, tu as raison » murmura le professeur Dumbledore.
Il vit alors le regard curieux de l'auror se poser sur lui.
- « Vous pensez qu'il y a peu de chance pour qu'on le retrouve vivant, pas vrai ? » demanda-t-il alors
- « J'en ai bien peur Alastor, j'en ai bien peur… » soupira Dumbledore en faisant quelques pas. « Mais ne perdons pas espoir et continuons les recherches. Qui sait, avec de la chance nous le retrouverons »
Un léger silence tomba dans la pièce. Dumbledore s'approcha alors de Fumseck et commença à caresser son pelage flamboyant. L'oiseau glissa de lui-même sa tête entre ses doigts quémandant un peu plus de caresses.
- « Vous avez sûrement entendu parler des nouvelles mesures de sécurités envisagées par le Ministère ? » demanda alors Maugrey d'un air grave.
- « Oui Alastor, j'en ai entendu parler… » répondit doucement le professeur
- « Qu'en pensez vous ? » demanda alors l'auror.
Le professeur Dumbledore se retourna alors vers lui en fronçant un peu les sourcils.
- « Ce ne sont encore que des projets de loi, ils ne sont pas encore définitifs. Quoiqu'il en soit, je ne les approuve pas. En appliquant un couvre feu et en instaurant des mesures de sécurité draconienne le Ministre entre dans le jeu de Voldemort. Il crée un sentiment d'insécurité encore plus et nourrit la psychose déjà bien présente en chacun »
- « Exactement ! » grogna Fol Œil « Vous devriez le lui dire ! »
- « Oh, mais je le lui ai déjà dit… » murmura le professeur « J'ai eu plusieurs entretien avec son directeur de cabinet, Cornelius Fudge. Je lui ai clairement exposé mon point de vue sur le sujet à plusieurs reprises, et je sais qu'il les a transmise au Ministre. J'ai reçu peu de temps après de virulents hiboux m'accusant d'être un vieux fou rêveur et que je n'avais pas la moindre idée dont il fallait s'y prendre pour gouverner un pays… »
- « Il se représente aux prochaines élections… » grogna simplement Maugrey
- « Et honnêtement, il a toutes les chances d'être réélu. » souffla le professeur.
Tibulle Smith avait axé toute sa politique des derniers mois autour d'une meilleure sécurité de la population. En ces temps de guerre, c'était ce que recherchait tout le monde. Les sorciers et sorcières qui vivaient quotidiennement dans la peur de se faire agresser ou de voir leurs familles menacées n'hésiteraient pas à le réélire. Pourtant, ses mesures étaient mauvaises. Mais face au désir de sécurité, les arguments les plus rationnels ne faisaient pas le poids. La fuite de Barty Croupton, hors de Poudlard, en était bien un exemple. Le professeur Dumbledore soupira.
- « Vous devriez vous présenter professeur » lança alors Maugrey.
Un demi sourire apparut sur les lèvres d'Albus. A chaque nouvelle élection, on le lui disait…
- « Non Alastor, je ne me présenterais pas » répondit-il doucement
- « Mais enfin pourquoi ? »
- « Je n'ai pas envie de quitter Poudlard. J'aime cette école, je m'y sens bien. Ma place est ici. Il est plus important à mes yeux d'éduqué les nouvelles générations, dans le respect des autres, et dans l'entente que de gouverner un pays. Ce sont ces enfants qui seront notre avenir. Il est important de leur montrer quel est le bon chemin »
- « Mais les autres sorciers ont aussi besoin de vous ! Vous avez tout de même battu Grindewald ! Vous êtes le seul sorcier que Vous-Savez-Qui ait jamais craint… »
- « C'est pour cela qu'est né l'Ordre du Phénix, Alastor… » répondit Albus en s'asseyant dans son large et confortable fauteuil.
- « Je suis tout de même convaincu que vous feriez un bien meilleur Ministre que Tibulle Smith » bougonna Maugrey.
Un vrai sourire amusé fleurit alors sur les lèvres du professeur.
- « Je crains fort que nous ne le sachions jamais. Je n'ai pas l'intention de devenir Ministre »
Il entendit Alastor grogner une nouvelle fois avant de se redresser un peu.
- « Dommage… Mais passons. Pour Croupton alors, que faisons nous de plus ? »
- « Continuons les recherches, mais il faut aussi en parrallèle essayer de retrouver son fils. Toujours aucune trace ? »
- « Aucune ! A croire que c'est une vraie anguille ! Il est extrêmement bien protégé. Peut-être devrions nous mettre Rogue au courant maintenant. Lui pourrait sans doute enquêter plus efficacement dans les milieux mangemorts. »
Le professeur Dumbledore soupira. Barty Croupton lui avait bien demandé de ne dévoiler à personne d'autre que Maugrey l'évasion de son fils. Et il lui avait cédé. Mais maintenant, la situation était toute autre. Si mettre Severus au courant du retour de Croutpon Jr parmi les rangs des mangemorts offrait l'infime espoir de le retrouver vivant, il fallait le faire.
- « Je crois que tu as raison Alastor. Il est grand temps que mettre Rogue au courant de cette affaire. »
- « Très bien… » grogna l'auror en se levant « Excusez moi professeur, mais le devoir m'appelle »
- « Je comprend Alastor. Reveins me voir si tu as des nouvelles, sinon, nous nous verrons à la prochaine réunion de l'Ordre »
- « Très bien. Au revoir professeur. Pas la peine de me raccompagner, je connais le chemin »
- « Entendu, mais je t'en prie. Demande à Minerva de faire venir Severus dans mon bureau »
L'auror hocha alors la tête et quitta le bureau de sa démarche claudicante. Le bruit de ses pas résonna encore longtemps après qu'il est quitté la pièce. Le professeur Dumbledore se leva et dit quelques pas pour se placer devant une fenêtre. Il observa la magnifique vue qu'il avait de la forêt interdite. Les cimes des arbres dansaient doucement sous le vent et de temps en temps un oiseau émergeait de la masse verte. Il volait un peu avant de replonger dans les profondeurs de la forêt. Dumbledore se mit à soupirer. Où donc était Barty Croupton ? Même s'il avait peu d'espoir de le retrouver vivant, il voulait y croire quand même. Certes, cet homme avait commis des erreurs dans sa vie, dont certaines étaient graves. Mais en aucun cas, il ne méritait de mourir comme ça, de la probable main de son fils unique.
