Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en générale mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre soixante quinze : Quand on s'en va pour oublier

« En dedans de moi ça fait encore mal (…)

On traîne sa tristesse et ses doutes
Quand on s'en va pour oublier
Oublier... »

Luce Dufault

Remus monta les escaliers qui menaient au bureau directorial en silence. Le professeur Dumbledore avait accepté de le recevoir le plus tôt possible et le jeune homme lui en était reconnaissant. Il désirait vraiment s'éloigner au plus vite de la vie qu'il était en train de mener et qui le faisait beaucoup trop souffrir. Il frappa à la porte du bureau et la voix calme et posée du professeur Dumbledore ne tarda pas à se faire entendre, l'invitant à entrer. Remus obéit et se trouva bientôt face à son ancien directeur.

- « Bonjour Remus » l'accueillit le professeur avec un large sourire.

- « Bonjour » répondit sobrement le jeune homme qui n'était pas d'humeur à être jovial.

Les mains croisées et posées sur son ventre, Dumbledore ne dit rien et laissa passer un moment de silence. Remus ne put s'empêcher de se sentir mal à l'aise en voyant le regard pénétrant que le vieil homme posait sur lui à travers ces lunettes en forme de demi-lune. Le jeune homme se racla la gorge pour dissimuler sa nervosité.

- « Comment te sens-tu ? » finit par demander le directeur.

- « Bien » mentit Remus.

Il ne se sentait pas bien du tout. La blessure du à sa rupture avec Kathleen était encore à vif et le faisait souffrir plus qu'il n'aurait jamais cru pouvoir souffrir un jour. Mais il ne voulait pas le laisser paraître. C'était pour cela aussi qu'il partait. Pour ne plus croiser en permanence des personnes qui lui demanderaient avec compassion s'il se remettait de sa séparation. Non, il ne s'en remettait pas, il ne s'en remettrait peut-être jamais…

- « Tant mieux » lança alors le professeur bien que Remus fût convaincu qu'il n'était absolument pas dupe. « Puisque tout va bien, nous allons nous plonger dans le vif du sujet. Mais auparavant… »

Le vieux sorcier laissa sa phrase en suspens et s'approcha d'une armoire qu'il ouvrit d'un geste plutôt lent. A l'intérieur du meuble, on apercevait comme une sorte de miroitement bleuté qui intrigua le jeune homme. Le professeur Dumbledore se saisit alors d'une sorte de bassine en pierre qu'il déposa sur son bureau. Remus reconnu l'objet immédiatement, une pensine.

- « Approche toi » l'invita Dumbledore en lui faisant signe de venir le rejoindre.

Intrigué le jeune homme s'approcha et contempla la surface lisse de la pensine avec curiosité.

- « Avant de discuter à proprement parler de ta future mission, j'aimerais que tu te plonges un instant dans ce souvenir. »

Remus le regarda d'un air étonné, mais le professeur Dumbledore lui lança un regard qui le dissuada de poser les questions qui lui envahissaient l'esprit.

- « Je suis convaincu que cela ne peut-être que bénéfique… » ajouta le professeur en souriant.

Remus acquiesça alors d'un signe de la tête et posa ses deux mains à plat sur le bureau de chaque côté de la pensine. Il prit une grande inspiration et sans plus attendre plongea sa tête dans cet étrange liquide semblable à du vent à l'état solide. Il se sentit alors basculé et se retrouva bientôt dans un endroit lumineux.

Il se trouvait devant une très grande et très belle maison aux murs blancs et au toit rouge. Le jardin dans lequel il se trouvait était parsemé de fleurs de toutes les couleurs et un peu plus loin un arbre majestueux offrait son ombre à un petit garçon. L'enfant, qui devait avoir six ans tout au plus, jouait avec de petites figurines en bois. Visiblement il avait un souci. Ses sourcils étaient froncés et il regardait avec concentration une des figurines. A cet instant, la porte de la maison s'ouvrit et une jeune femme sortit en s'essuyant les mains sur son tablier. Elle était plutôt belle, mais ce qui frappa le plus Remus, c'était ce sourire éblouissant et radieux qu'elle arborait…

- « Douglas ? Il est l'heure, viens goûter mon ange » lança-t-elle d'une voix douce

- « Maman ! Le capitaine y veut plus marcher ! » répondit alors le petit garçon d'une voix triste en brandissant la petite figurine d'un air boudeur.

- « Amènes le moi » lança la jeune femme en souriant.

Le petit garçon se leva et courut de toutes ses petites forces vers elle pour lui tendre le jouet en question. La jeune femme l'observa un petit moment avant de le rendre à l'enfant.

- « Ca ne m'a pas l'air bien grave… Mais je n'ai pas les compétences pour ça… C'est un travail pour grand-père » murmura-t-elle en souriant

- « Il est là ?! » s'exclama le petit garçon d'un air ravi qui amusa Remus malgré lui.

- « Il t'attend à l'intérieur » lui indiqua sa maman alors que l'enfant se précipitait déjà dans la belle maison.

Remus suivit du regard le petit garçon et resta un moment songeur sur sa présence dans cette demeure. Qu'est-ce qu'il faisait là ? Pourquoi Dumbledore l'avait envoyé ici ? Quel rapport pouvait donc exister entre ce souvenir et la mission que le professeur lui avait confiée ? A priori, il n'en voyait aucun. Le directeur de Poudlard aurait-il commis une erreur et l'aurait envoyé ainsi par inadvertance dans un mauvais souvenir ? C'était peu probable… Dumbledore ne l'avait pas envoyé ici par hasard. Il vit la jeune femme entrer à l'intérieur de la maison, et poussé par la curiosité, Remus se décida finalement à la suivre.

Une fois à l'intérieur, Remus fut agréablement surpris de voir l'atmosphère qui régnait en ces lieux. Les propriétaires de cette maison avaient visiblement bons goûts, car l'intérieur était très joliment meublé et décoré. Sur les murs, des nombreux cadres étaient accrochés. Ils contenaient des photos d'enfants pour la plupart. Des dizaines de petits garçons et de petites filles souriant et qui avait l'air heureux. La plus grande photo représentait un vieil homme et une femme qui devait être son épouse assis et autour d'eux une myriade d'enfants qui les étreignaient avec amour et tendresse. Remus ne pu s'empêcher de sourire. Il continua son avancée et se retrouva dans un vaste salon lumineux. Sur la table basse, trônait une tarte aux pommes qui avait l'air délicieuse. Dans un vieux fauteuil près de la cheminée le vieil homme de la photo souriait au petit Douglas qui trépignait près de lui.

- « Tu vas réussir à le guérir, hein Pépé ?! Tu vas le sauver le capitaine ?! » demandait-il avec impatience

- « Ce genre d'opération demande du calme Douglas… » murmura le vieillard d'un air malicieux « Il me faudra un peu de silence… »

Le petit garçon se tut immédiatement et regarda son grand père avec insistance et ce, sous le regard amusé de sa maman qui s'était emparé d'un couteau pour couper de grande part de tarte. Remus s'approcha et se posta près du grand père concentré. Il vit le vieil homme prendre sa baguette dans sa main et toucher la figurine du capitaine avant de lui jeter un sort. A cet instant, les bras et les jambes du jouet se mirent à bouger en cadence tandis que son chapeau se soulevait à intervalle régulier en émettant un petit sifflet.

- « Et voilà ! » annonça fièrement le grand père, un grand sourire aux lèvres.

- « Oh Pépé ! C'est toi le meilleur ! Tu es le plus fort de tous les Pépés ! » s'exclama Douglas avec enthousiasme tout en se jettent dans ses bras.

Le grand père se mit à rire doucement et caressa un moment la tête de son petit fils avec énormément de tendresse.

- « Il est guéri ! Tu as vu Maman ! Pépé a guéri mon capitaine !! »

- « Oui, j'ai vu mon ange » répondit la jeune femme en souriant et en déposant une part de tarte dans une petite assiette en plastique « Assieds toi et mange ton goûter maintenant ! »

- « Oh… » s'exclama le petit en grognant « je voulais jouer… »

- « Tu joueras après » rétorqua la jeune femme en servant une part au grand père.

Ce dernier lança un clin d'œil à son petit fils et se tourna vers elle.

- « Peut-être que Douglas et le capitaine pourraient goûter tous les deux dehors pour une fois… » suggéra-t-il simplement alors que les yeux de l'enfant se remplissaient d'étoiles.

- « Papa… » soupira la jeune femme

- « Le capitaine a besoin de lumière pour sa convalescence… » rétorqua le grand père d'un air faussement sérieux.

- « Je peux Maman… s'il te plait… »supplia l'enfant

La jeune femme les regarda tous les deux et haussa les épaules d'un air à la fois amusée et impuissante.

- « Puisque c'est pour le capitaine… » souffla-t-elle.

Ravi, le petit garçon s'empara aussitôt de son assiette et le capitaine solidement calé sous le bras, il quitta la pièce en courant.

- « Merci mon Pépé chéri que j'adore ! » cria-t-il en disparaissant

- « Tu es trop gentil… » reprocha doucement la jeune femme à son père

- « Il est mieux dehors qu'enfermer avec nous ici » répondit simplement le vieil homme en souriant.

Remus se mit à sourire. Cet homme devait être un grand père que ses petits enfants devaient adorer sincèrement… Ce qui concordait parfaitement à toutes ses photos de visages heureux qu'il avait pu voir en entrant.

A cet instant, un raclement de gorge se fit entendre. Remus, en même temps que le vieil homme et sa fille, releva la tête et aperçut le professeur Dumbledore.

- « Je me suis permis d'entrer, la porte était ouverte… » lança-t-il en souriant

- « Douglas aura dû oublier de la refermer » soupira la jeune femme en se levant pour accueillir son hôte à qui elle serra la main.

Le professeur s'approcha du vieil homme qu'il étreignit d'une affectueuse accolade.

- « Comment vas-tu Edmund ? » demanda-t-il en souriant

- « Merveilleusement bien comme toujours ! » répondit l'homme en lui rendant son accolade « Et toi Albus ? Comment marche ton école ? »

- « A merveille… J'ai hâte d'y voir arrivé Douglas » répondit le professeur.

- « Il a encore le temps de s'y préparer… » murmura la jeune femme « ce n'est que dans cinq ans… »

- « C'est toi qui a besoin de préparation Ann, tu n'arrives pas à te faire à l'idée qu'il puisse partir un jour » répondit l'homme avec douceur

- « C'est encore mon petit bébé, Papa… » murmura la jeune femme.

Remus sursauta légèrement lorsqu'il sentit une main se poser sur son épaule et l'attirer vers le haut. Comprenant que le moment était venu de revenir à la réalité il jeta un dernier regard à cette famille qui avait l'air si heureuse et se laissa basculer dans le monde réel.

Il mit un certain temps à se remettre de son excursion dans le souvenir. Il secoua la tête et son regard croisa celui du professeur Dumbledore qui le regardait en souriant.

- « Puis-je t'offrir une tasse de thé ? » proposa le vieux professeur.

- « Pourquoi pas… » répondit Remus qui s'installa dans un des fauteuils de la pièce.

Il observa alors le professeur s'occuper avec les tasses et la théière. Il était peut-être temps de demander au vieil homme qui étaient ces personnes qu'il venait de voir et pour quelles raisons il l'avait envoyé dans ce souvenir plus précisément…

- « Tu viens de faire la connaissance de mon ami Edmund… » commença le professeur avant que Remus ait pu poser ses questions « C'est un ami qui m'est très cher…Dis-moi Remus, qu'as-tu pensé de ce souvenir ? »

Interloqué, le jeune homme mit ses questions de côté et le fixa un moment avec surprise. Il haussa les épaules et répondit.

- « Et bien, il me semble que cet homme à une vie heureuse… J'avais l'impression d'être dans une maison pleine de joie et d'amour et j'avoue que le petit Douglas m'a beaucoup amusé… »

Le professeur le regarda en souriant.

- « Tu dirais donc que cet homme à réussit sa vie ? »

- « Sans aucun doute ! » répondit il avec assurance.

Il pensa que beaucoup de personne aimerait sans doute, à l'âge de ce monsieur paraître aussi serein et aussi heureux.

- « Sais-tu que cet homme, qui a effectivement eu une vie bien remplie et qui est maintenant un homme très heureux est le tout premier lycanthrope que j'ai rencontré dans ma vie ? »

Remus eut un sursaut de surprise et regarda le professeur Dumbledore d'un air incrédule. L'homme qu'il venait de voir était un loup-garou ? Comme lui ?

- « Il a été mordu à l'âge de trois ans, autant dire qu'il a été un loup-garou toute sa vie. Il a toujours tout fait pour vivre le plus normalement possible malgré cela. Par de nombreux aspects, tu me fais penser à lui… Il a toujours été lui aussi d'une grande générosité et d'une patience infinie… Il s'est marié à 27 ans avec une jeune femme qui finissait ses études de guérisseuse et ils ont eu cinq enfants. Ann est la plus jeune… »

Remus l'écoutait avec étonnement mais aussi avec un léger agacement. Il n'y avait aucun doute possible. Ses amis étaient venus parler avec le professeur Dumbledore derrière son dos.

- « Je ne comprend pas où vous voulez en venir professeur ! » lança-t-il d'un ton sec, bien qu'en sachant qu'il mentait.

- « Edmund a eu la vie qu'il voulait. Il a été heureux et il continue de l'être encore. Bien sur, je n'irais pas jusqu'à dire que sa vie a toujours été facile et joyeuse. Loin de là… Cet homme a du traverser un grand nombres d'épreuves, mais c'est avec patience et beaucoup de courage qu'il a réussi à surmonter toutes ces épreuves.»

Remus serra un peu plus les accoudoirs de son fauteuil entre ses poings. Il n'avait pas envie d'entendre ce que Dumbledore allait lui dire. Il ne voulait pas…

- « Remus, Edmund a réussit sa vie alors que des centaines de sorciers normaux ont une vie médiocre ! La lycanthropie n'est pas un obstacle au bonheur ! »

- « Professeur… s'il vous plait … »

- « Non Remus… ! Tu es certes un jeune homme avec bien des qualités et beaucoup de capacités, mais tu te trompes en pensant que les lycanthropes n'ont pas le droit au bonheur. Tu as le droit d'être heureux… ! Le bonheur t'attend quelque part… ne l'oublie jamais ! »

- « Professeur… »

- « Des milliers d'homme ont soufferts d'un chagrin d'amour ! » poursuit le vieil homme « Certains se sont vu rejeter parce que leur compagne les trouvaient trop pauvres, d'autres trop gros, d'autres pas assez intelligent… ! Une fois, une fille m'a rejeté parce qu'elle trouvait mon nez un peu trop gros à son goût, » ajouta-t-il avec une pointe d'amusement dans la voix.

Remus ne put s'empêcher de porter son regard sur le nez du vieil homme.

- « Ecoutez, professeur, je n'ai pas envie de parler de tout cela… » lança Remus qui trouvait que la situation tournait au ridicule.

Vraiment, James et Sirius allaient entendre parler de lui, maugréa-t-il intérieurement.

- « Très bien, mais garde bien à l'esprit que si tu souffres tant Remus, c'est que cela prouve que tu es humain tout simplement ! » conclut Dumbledore tout en le fixant d'un air grave.

Il y eut un long moment de silence au court duquel Remus refusa de penser à tout ce qu'il venait de lui dire. Il n'avait pas envie de penser à cet homme heureux qu'il aurait pu être… si seulement Kathleen avait accepté…

Ce fut le professeur Dumbledore qui rompit le silence.

- « Es-tu toujours sur de vouloir faire cette mission Remus ? » demanda-t-il avec sérieux.

Le jeune homme le fixa avec détermination. Sa décision était prise depuis longtemps et rien ne le ferait changer d'avis.

- « Oui » déclara-t-il d'une voix forte et ferme.

- « Tu en es vraiment sur ? »

- « Je n'ai jamais été aussi sur de ma vie ! » assura Remus.

Il vit alors le professeur soupirer gravement et lui faire signe de se lever. Il alla le rejoindre et le directeur posa sur lui son regard pénétrant qu'il soutint un instant avant qu'il ne détourne ses yeux ailleurs. D'un geste de baguette, il fit apparaître une carte qu'il installa sur son bureau.

- « Voici une carte de la région où tu vas partir » commença Dumbledore.

Remus fixa la carte avec la plus grande attention.

- « Ici, et là, se trouvent des villages qui vivent terrorisés par des hordes de loups-garous. On pense qu'ils ont élu leurs repaires dans cette forêt, ici. »

Remus acquiesça d'un léger signe de la tête.

- « Nous avons repéré quatre communautés distinctes d'une dizaine de personnes. Deux d'entre elles sont ouvertement ralliées aux ordres de Voldemort, les autres sont plus mitigées. Ta mission consiste à t'infiltrer dans l'une des deux communautés hésitantes. Il faut que tu te fasses passer pour quelqu'un qui cherche à tout prix à fuir la civilisation. Tu dois les mettre en confiance et progressivement arriver à les rallier à notre cause. »

Remus hocha la tête d'un air entendu.

- « Il faudra y aller très progressivement et ne surtout pas les brusquer. Je compte ensuite sur ta force de persuasion pour nous assurer leur soutien. »

- « Je ferais de mon mieux » assura le jeune homme sans cesser de fixer la carte d'un air grave.

- « C'est une mission dangereuse Remus. Voldemort promets puissance et reconnaissance aux lycanthropes, mais nous savons tous les deux qu'il n'en sera rien en réalité. De plus, il y aura sans doute de violents affrontements entre les communautés rivales. Le territoire est petit… »

Remus hocha une nouvelle fois la tête. Il savait très bien qu'il s'engageait dans une mission très risquée.

- « Je voudrais être sur que tu es bien conscient du danger… » continua le professeur gravement.

- « Je suis tout à fait conscient des risques que comporte cette mission… » assura Remus

- « Mais aussi de tout ce qu'impliquera ton immersion totale dans le milieu lycanthrope… »

- « Ne vous en faites pas professeur ! Nous avons besoin du soutien des lycanthropes et je suis le seul apte à le faire. Je suis le seul membre de l'Ordre à pouvoir les espionner et m'infiltrer parmi eux sans courir de risques. Je dois le faire et je suis prêt à le faire ! » assura Remus avec conviction.

- « Très bien… » soupira alors le vieux sorcier avant de se replonger dans ses explications sur les localisations géographiques des différentes communautés.

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Je soussignée, madame Neptalia AUDSLEY, confirme avoir vendu une dague en or massif incrustée de pierres précieuses dont la lame est frappée d'un blaireau, à la société « Glitter & co » pour une valeur de 2565 gallions. La transaction a eu lieu ce jour, dans les locaux de la compagnie « Glitter & co » en présence de Mr. Glitter, Mr. Terez, son avocat et Mr Pretrovski, dans la légalité la plus totale.

Ci-joint se trouve un descriptif complet de l'objet vendu ainsi que les origines de cet objet, dûment fourmi par les soins.

Fait à Sheffield

Le 08 mai 1958

Neptalia Audsley

Océane prit les autres parchemins qui accompagnaient celui-ci et se plongea dans leur lecture. Neptalia Audsley avait acheté trois fois rien la dague lors d'une brocante moldue en 1953… Elle l'avait toujours conservé avec soin avant de perdre toute sa fortune en pariant dans des courses d'hippogriffes. Elle avait donc vendu la dague à cet antiquaire sorcier en 1958… Il n'y avait aucune trace de l'objet avant 1953, il se pouvait donc fort bien qu'il s'agisse de la même dague que possédaient les sœurs Glenn avant l'incendie de leur maison… Cela vaudrait peut-être le coup d'aller rendre visite à ce monsieur Glitter dans sa boutique de Sheffield.

Océane soupira un moment et redressa sa tête. Sa nuque lui faisait mal à force d'être constamment tendue. Cela faisait presque deux heures qu'elle n'avait pas bougé de sa place, à lire ses centaines de parchemins sans parvenir à vraiment se concentrer. Son regard se posa alors sur Lily qui était assise en face d'elle, l'air sérieux et plongé dans sa lecture. La jeune femme étira un peu ses bras et son amie releva la tête vers elle, lui adressant un sourire.

- « Tu avances bien ? » demanda Océane

- « Bof… Je n'arrive pas vraiment à me mettre à fond dedans » soupira Lily en déposant sa plume.

- « Moi aussi, j'ai la tête ailleurs » marmonna la jeune femme en retournant un de ses parchemins d'un air las.

Les deux jeunes femmes échangèrent un regard entendu.

Elles continuaient toujours leurs investigations pour l'Ordre, récoltant le plus possible d'information sur Tom Jedusor jeune. Elles étaient pour le moment, en train de faire des recherches approfondies sur la traçabilité de certains objets que le professeur Dumbledore soupçonnait fortement d'être des Horcruxes. Ce n'était pas un travail amusant. Il était long et ennuyeux, mais il fallait le faire. Et comme, Lily, à cause de sa grossesse ne pouvait plus faire de missions trop éprouvantes, elle avait reçut la responsabilité de ce travail. Souhaitant aider son amie et aussi faire plaisir à Sirius, Océane s'était alors proposée pour l'aider. Les deux jeunes femmes s'étaient donc lancées dans ce travail sans plaisir, au grand soulagement de leurs amoureux.

- « On arrête cinq minutes ? » proposa Lily en souriant

- « Oh oui ! » répondit Océane avec plaisir

Les deux jeunes femmes se levèrent et se dirigèrent vers la cuisine. En bonne hôtesse, Océane désigna à Lily une chaise où s'asseoir et posa sur la table un grand pichet de limonade bien fraîche. Les mois chauds commençaient à revenir et un peu de fraîcheur n'était pas de refus. Océane servit un grand verre à Lily qui la remercia avant de le boire d'un trait.

- « Et bien ! Tu as une sacrée descente ?! » s'amusa Océane en la resservant.

- « C'est le bébé qui demande sa part ! » répondit Lily en posant sa main sur son ventre.

Océane regarda son amie avec attendrissement. Elle se souvenait de cette période où Lalyh était en elle. Elle se souvenait de ses sensations qu'elle ressentait quand elle avait soudainement envie de quelque chose et qu'elle avait vraiment l'impression que c'était sa fille qui le lui réclamait. Elle se mit à sourire doucement. D'ici quelques temps, il faudrait qu'elle ait une conversation avec Sirius… Depuis que Lily était venue lui annoncer sa nouvelle grossesse, Océane avait de plus en plus envie de donner un frère ou une sœur à Lalyh… Mais ils n'en étaient pas encore là.

- « Tu rêves ? » demanda Lily en souriant et en reposant sur la table son verre à nouveau vide alors qu'Océane n'avait pas encore touché au sien.

- « Oui » répondit simplement la jeune femme en souriant mystérieusement

Lily la regarda d'un air étonné mais ne posa pas d'autres questions. D'un mouvement de baguette, Océane attira à elle un paquet de gâteaux et s'en saisit. Elle plongea la main à l'intérieur, et son sourire s'effaça aussitôt.

- « C'est pas vrai ! » grogna-t-elle en retournant le paquet.

Il était vide. Lily se mit à éclater d'un léger rire, tandis que Océane se levait pour mettre le paquet à la poubelle.

- « Sirius est impossible ! » maugréa-t-elle en s'approchant des placards à la recherche d'un paquet épargné par son fiancé. « Il pourrait au moins les mettre à la poubelle ! »

Lily haussa les épaules d'un air fataliste et soupira avec amusement. Océane finit tout de même par trouver un petit paquet de biscuits qu'elle proposa à son amie.

- « Dis toi que ce sera pire quand Lalyh sera en âge de se servir toute seule… Je vois déjà comment ça marche avec Harry… » lança Lily en se servant une poignée

- « Je n'en suis pas encore là… Elle ne sait toujours pas marcher, ce qui agace Sirius… »

- « Il était pareil pour Harry… Il voulait absolument qu'il marche avant ses un an ! »

- « Je m'en souviens… C'est ce qui s'est passé d'ailleurs… »

- « Oui »

Océane se mit à sourire et repensa à tous les efforts que faisait sa fille pour marcher seule. Elle arrivait très bien désormais à se redresser à l'aide d'un meuble et faisait le tour de la table basse et des chaises en s'agrippant à elles. Mais honnêtement, elle se rendait bien compte que son petit trésor tenait encore trop peu sur ses jambes pour satisfaire l'envie de son papa qui était de la voir se déplacer entièrement toute seule.

- « Elle marchera sans doute déjà pour votre mariage » murmura Lily, la tirant encore une fois de ses pensées.

- « Oui, je pense tout de même ! Je la vois déjà marcher vers nous dans une jolie petite robe blanche… »

Océane soupira d'un air rêveur.

- « Tes préparatifs avancent ? » demanda Lily en souriant

- « Doucement, mais sûrement ! Tous ce qui est administratif est presque fini… On sait déjà qu'on fera la cérémonie ici donc pas de soucis que ce côté-là. »

- « Tu as commencé à chercher ta robe ? » demanda Lily

- « Non, je voudrais que tu viennes le faire avec moi ! » répondit Océane en souriant timidement.

- « Je serai ravie de t'aider ! » s'exclama son amie en souriant largement. « Tu verras, on va te trouver une robe magnifique et Sirius n'en reviendra pas ! »

Océane se mit à rire doucement.

- « Tu était superbe dans ta robe de mariée, toi. La photo que j'ai vu m'a laissé rêveuse ! » murmura-t-elle à son amie qui rougissait un peu

- « C'était la robe qu'avait porté la mère de James à son propre mariage, elle me l'avait donné quand je cherchais la mienne. Je suis vraiment triste qu'elle ait été détruite en même temps que le manoir, j'aurais bien aimé la donner à Syrielle à mon tour… » soupira Lily

- « Elle s'en trouvera une très belle quand ce sera le moment » lui assura Océane d'une voix douce

- « Je sais… De toute façon, James a décrété que sa fille ne se marierait jamais, alors il a dit que ce n'était pas grave si ma robe était détruite »

Les deux jeunes femmes échangèrent un regard amusé et se mirent à rire doucement.

- « Sirius aussi semble convaincu qu'il sera le seul homme de la vie de Lalyh… Ce sera un grand choc pour eux quand elles grandiront… »

- « Ne m'en parle pas ! » décréta Lily en attrapant le dernier biscuit du paquet.

- « Sinon, et bien, il nous reste encore la liste des invités qui se fera asse vite car on n'invitera pas grand monde…. » continua Océane

- « Tu ne comptes toujours pas inviter tes parents ? » demanda Lily

- « Toujours pas non ! En tout cas, pas tant que l'attitude de mon père n'aura pas changer ! Je ne veux surtout pas qu'il vienne gâcher mon grand jour ! »

- « Et Sirius en pense quoi ? »

- « Disons que pour le moment j'évite d'aborder le sujet avec lui… Sinon, on n'arrêterait pas de se disputer. Il veut vraiment que j'essaye de renouer le dialogue avec mon père. Il a pourtant été odieux et insultant envers lui, mais bon, il est convaincu que se serait mieux pour tout le monde si je me réconciliais avec ma famille… »

- « Il t'aime, il ne veut pas que tu connaisses ce qu'il connaît lui… »

- « Je sais. Mais de toute façon, en ce moment, il a d'autres préoccupations que de me réconcilier avec ma famille »

- « Remus ? » demanda Lily

- « Evidement ! »

Les deux jeunes poussèrent un soupir et se regardèrent d'un air grave.

- « James aussi est très perturbé par cette histoire » murmura Lily « Mais il dit que si Remus a vraiment envie de partir, personne ne pourra l'en empêcher et qu'il vaut encore mieux le soutenir dans son choix. »

- « Je ne suis pas d'accord ! Il faut tout faire pour le dissuader de cette folie ! »

- « Je sais » répondit Lily en soupirant « Je sais qu'au fond de lui, James aussi à du mal à se résigner à le laisser faire quelque chose d'aussi insensé, mais qu'il ne sait plus quoi faire »

- « C'est une situation qui nous dépasse tous… » murmura Océane.

Elle fixa un moment son amie avec sérieux.

- « Tu es toujours d'accord pour tenter ce qu'on a prévu ? » demanda-t-elle à son amie

- « Bien sur ! Je ne veux pas qu'il parte ! Je veux tout tenter pour le faire rester ! » lui assura alors Lily

- « Si on y allait maintenant alors… » proposa Océane « Je n'arriverais plus à me concentrer sur tous ces parchemins de toute façon ! »

- « D'accord » répondit Lily en se levant.

Sans ajouter un mot, elle se rendirent dans le salon, elles rangèrent leurs parchemins puis après avoir échanger un dernier regard avec son amie elle murmura.

- « Allons voir Kathleen maintenant ! »

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- « Tu vas me manquer tu sais ? »

- « Oui, toi aussi, mais je suis sur que ton nouveau précepteur sera très gentil en France »

- « Oui, mais ce sera pas pareil qu'avec toi Remus… »

Kathleen s'arrêta devant la porte entrouverte. Il fallait qu'elle entre récupérer un document, mais Remus était dans la pièce. Ils ne s'étaient pas revus depuis leur rupture et elle ne savait pas trop comment réagir face a cela.

- « Ce sera différent, mais sans doute aussi bien… » répondit le jeune homme de sa voix calme qui avait tant plu à la jeune femme dès qu'elle l'avait connu.

- « Je t'écrierais pour te raconter ! » lança Henry d'une voix excité

- « D'accord, je te répondrais, ne t'en fais pas… » répondit alors Remus d'une voix amusée.

Kathleen se mit à soupirer de plus belle. Puis prenant son courage à deux mains, elle frappa à la porte quelques coups secs avant d'entrer. Les deux garçons posèrent leur regard sur elle et la jeune femme se sentit très mal à l'aise. Le regard de Remus était toujours aussi pénétrant.

- « Je viens récupérer quelques papiers » annonça-t-elle en se dirigeant vers le fond de la pièce.

- « Remus est venu nous dire au revoir. On ne le reverra plus avant notre départ pour la France » expliqua Henry d'une petite voix.

- « Oh… » répondit Kathleen de plus en plus gênée

- « J'espère que vous ferez bon voyage et que vous vous plairez bien en France » murmura Remus sans cesser de la fixer ce qui rendit la jeune femme encore plus nerveuse.

- « Oui ! Je suis sur qu'on s'amusera bien ! Hein Kat ?! »

- « Oui Henry… » répondit-elle nonchalamment.

- « Quand est-ce que vous partez ? » demanda soudain Remus à Henry, mais Kathleen savait que la question lui était surtout adressée à elle.

- « Dans deux jours ! » répondit tristement le petit garçon

- « Déjà… » soupira Remus d'une voix lasse.

Kathleen ferma violemment les yeux et réprima le frisson qui la gagnait. Il ne fallait pas qu'elle se laisse aller. Il ne fallait pas qu'elle oublie qu'il était un loup-garou, qu'il pouvait être dangereux et qu'elle n'assumait pas cela. Que c'était pour cela qu'elle l'avait quitté… Il ne fallait surtout pas qu'elle perde cela de vue. Soudain une idée lui traversa l'esprit. Monsieur Scott savait-il qu'il avait embauché un lycanthrope ? Elle frissonna de plus belle et ouvrit les yeux. Elle récupéra à la hâte ses documents et se retourna vers les deux garçons.

- « Bon, je vais vous laisser » déclara-t-elle en essayant le plus possible de fuir le regard de Remus, ce qui n'était pas du tout une chose facile.

Elle traversa la pièce sans ajouter un mots et sortit le plus calmement qu'elle pu. Elle venait de faire quelques pas dans le couloir quand il l'interpella.

- « Kathleen ! »

Elle frissonna une nouvelle fois, il venait d'utiliser son prénom en entier. Cela faisait tellement longtemps qu'il ne l'avait plus fait. Elle se retourna à contre cœur et se trouva face à lui. Par Merlin, pourquoi fallait-il qu'il soit aussi beau ?!

- « Oui Remus ? » demanda-t-elle d'une voix incertaine

- « Je voulais te dire… bon voyage et bonne chance pour la France » murmura-t-il en se rapprochant d'elle dangereusement au goût de la jeune femme qui fit un pas en arrière.

Remus s'arrêta aussitôt, comme blessé par son attitude. Mais Kathleen n'avait pas pu s'en empêcher. Son regard croisa alors celui du jeune homme et elle en fut bouleversée. Il l'aimait encore, c'était évident, elle pouvait le voir, mais il était aussi très triste et malheureux. Elle soupira et détourna le regard précipitamment. Elle ne pouvait pas se laisser attendrir par lui, ce n'était absolument pas possible, elle ne pouvait pas.

- « Merci » souffla-t-elle simplement en essayant de se redonner une contenance.

- « Je voulais également te dire que je vais partir aussi » annonça-t-il.

Surprise, la jeune femme le regarda avec attention.

- « Ah bon… »

- « Oui, j'ai certaines choses que j'ai… besoin d'oublier alors je pars quelque temps… » murmura-t-il d'une voix grave qui lui fit peur.

Elle avait l'impression qu'il allait faire une bêtise, quelque chose d'insensé dans le seul but de l'oublier. Pendant un moment, elle hésita à lui demander où il partait, mais se rappelant qu'elle ne devait plus se laisser attendrir par lui, elle ne posa pas sa question.

- « J'espère que tu sera prudent » souffla-t-elle simplement en hochant la tête.

Remus émit un léger grognement et se redressa un peu. Il la fixa encore une fois de son regard si mystérieux et si secret dont elle connaissait maintenant la signification. Elle soupira un peu et lui tendit la main d'un air grave.

- « Au revoir » lui lança-t-elle simplement.

Elle le vit grimacer et lui tendre la main et serrer la sienne d'un geste nerveux.

- « Au revoir » souffla-t-il avant de lui lâcher la main et de se retourner pour rejoindre le bureau de Henry.

Kathleen soupira en pensant qu'il s'agissait sans doute de la toute dernière fois où elle verrait ce garçon dont elle avait été si amoureuse…

Serrant contre elle les documents qu'elle était venue récupérer, elle quitta la maison des Scott le cœur un peu lourd. Sans plus attendre, elle transplana jusqu'à chez elle et s'enferma dans son appartement. Elle partait pour deux jours et il était dans un désordre indescriptible. Un déménagement était bien plus éprouvant qu'elle ne l'aurait cru. Elle se sentait un peu déprimée. Sa famille avait assez mal compris son désir de partir. Elle leur avait juste dit qu'elle avait besoin de prendre l'air après sa rupture avec Remus, qu'ils avaient eut des difficultés à se comprendre et de graves divergences de points de vues, sans en dire plus. Sa mère avait eu de la peine pour elle, son père n'avait rien dit et Erin avait tout fait pour lui remonter le moral, mais cela n'avait pas beaucoup marché. Puis, elle avait dû apprendre à Dolorès son prochain départ, et cela avait été assez difficile. Elle l'avait mal pris et lui avait reproché de fuir le pays à cause de Remus alors que c'était lui qui, selon elle, ferait mieux de partir. Kathleen s'était senti un peu mal de la laisser ici, mais après lui avoir assurée qu'elle reviendrait souvent la voir, Dolorès avait fini par accepter, bien qu'à contre cœur, son départ.

En soupirant de plus belle, la jeune femme se laissa tomber sur son canapé et contempla tous ces cartons à demi remplis et toutes ses affaires qui traînaient autour d'elle. Elle n'avait plus beaucoup de temps pour tout mettre en ordre et elle avait promis d'aller dîner chez ses parents le soir même. Elle releva ses manches et empoigna sa baguette d'un geste décidé. Elle ensorcela une pile de vêtements qu'elle déplaça dans le carton le plus proche quand elle entendit que l'on frappait à sa porte. Surprise, car elle n'attendait pas de visite, elle déposa sa pile dans le carton, posa sa baguette et alla ouvrir la porte.

Elle sursauta légèrement. S'il y avait bien deux personnes qu'elle ne s'était pas attendue à revoir, c'étaient bien elles. Postées devant sa porte, l'air grave et les bras croisés, Lily et Océane la regardaient avec sérieux.

- « Bonjour » souffla Lily.

- « Bonjour » répondit Kathleen un peu déboussolée de les voir là.

- « On peut te parler un moment s'il te plait ? » demanda alors Océane.

La jeune femme soupira mais sentit bien qu'elle n'avait pas trop de choix. Elle pensa tout de même à tout ce qu'elle avait encore à faire et le peu de temps dont elle disposait mais elle se poussa un peu pour les laisser entrer chez elle.

- « Vous excuserez le désordre, mais je suis en plein déménagement… » annonça-t-elle en refermant la porte

- « Tu pars toi aussi ? » demanda Océane

- « Oui, dans deux jours, pour la France » répondit-elle en leur indiquant de s'asseoir là où elle pourrait trouver une place.

- « C'est Remus qui nous avait donné ton adresse il y a quelque temps » la renseigna alors Lily qui venait de trouver une place sur une chaise.

Kathleen se contenta d'hocher la tête.

- « On est venu te parler de lui justement » annonça Océane sans préambule.

Kathleen ne pu s'empêcher de sourire, elle s'en était douté dès la seconde où elle les avaient vu sur le pas de sa porte.

- « Il est très malheureux tu sais, il t'aime vraiment beaucoup, il est prêt à tout pour toi » continua Océane.

- « Où voulez vous en venir exactement ? » la coupa Kathleen légèrement agacée.

Elle n'avait pas spécialement envie que les amies de Remus viennent défendre sa cause. Par Merlin, la situation était déjà assez pénible comme ça !

- « Ecoute Kathleen » lança Lily « Remus souffre beaucoup de votre séparation. Les jours qui ont suivis votre rupture, on ne le reconnaissait même plus… Il n'arrive pas à t'oublier parce qu'il t'aime toujours… »

Kathleen baissa les yeux et posa son menton dans ses mains. Elle savait que le jeune homme prendrait très mal leur rupture, cela n'avait pas été une période heureuse non plus pour elle, mais elle devait le faire, elle ne pouvait pas continuer ainsi.

- « Il a décider de partir » continua Lily

Océane et elle échangèrent un regard grave et Kathleen se redressa alors.

- « Je sais, il m'en a parlé tout à l'heure. Nous nous sommes croisés chez Henry Scott » répondit-elle simplement.

- « Il part parce qu'il veut t'oublier, parce que rester ici, où vous avez vécu de si bons moment lui est pénible » réprit Océane

- « Mais on ne veut pas qu'il parte ! » s'exclama Lily « Il part pour de mauvaises raisons, et ce qu'il va faire est dangereux ! On a peur pour lui »

Kathleen resta un moment interdite.

- « Je comprend, je comprend très bien que vous ne vouliez pas qu'il parte mais… Je ne vois pas en quoi j'ai quelque chose à voir là-dedans » répondit-elle

- « Mais tu as tout à voir ! » lança Océane

- « Il s'agit vraiment d'un voyage très dangereux, il peut y risquer sa vie ! Et s'il le fait, c'est juste pour ne plus penser à toi ! » ajouta Lily qui paraissait vraiment très stressée.

- « Comme s'il avait quelque chose à te prouver ! » renchérit Océane d'une voix à peine plus calme que celle de son amie.

- « Mais enfin, c'est ridicule. Nous ne sommes plus ensemble lui et moi » lança Kathleen que cette conversation commençait à mettre vraiment très mal à l'aise.

- « Il ne partirait pas si vous étiez encore ensemble ! » asséna Océane avec conviction.

Kathleen se sentit tressaillir et les regarda toutes les deux avec surprises en espérant qu'elles se moquaient d'elle.

- « Pardon ? » demanda-t-elle

- « Il veut partir pour t'oublier, toi seule à les moyens de le faire rester ! » continua Océane

- « Ecoute, on sait qu'apprendre qu'il était un loup-garou a été un grand choc pour toi et on sait toutes les deux à quel point cela peut être pénible comme situation… Mais vous formiez un si beau couple, vous alliez si bien ensemble… Je t'en prie, Kat, réfléchit un peu plus à tout ça… à vous deux… »

- « Surmontes tout ça, je sais que tu peux y arriver. Vous seriez à nouveau tous les deux, heureux et Remus ne partirait pas ! » ajouta Océane.

Kathleen se leva et fit quelques pas. Elle n'arrivait pas à croire ce qu'elle venait d'entendre. Elles venaient lui demander de retourner avec Remus… N'avaient-elles donc pas compris que cela était impossible ? Qu'elle ne pouvait pas ?

- « Je sais que c'est beaucoup ce qu'on te demande » commença Lily « Et je sais les raisons qui t'ont poussé à le quitter »

Kathleen se sentit frémir. Ainsi, Remus avait été raconté à son amie les raisons qui l'avaient poussées à le quitter ! Elle se sentit horriblement gênée. Elle n'était pas très fière de ce qu'elle lui avait dit, même si malheureusement, elle les pensait toutes…

- « S'il te plait Kat… Tu as été amoureuse de lui ! Nous avons toutes les trois été amoureuses ici, on sait très bien que ce n'est pas un sentiment qui peut s'effacer du jour au lendemain ! » continua-t-elle

- « S'il te plait Lily, ne dis plus rien ! » la coupa Kathleen.

Elle se tourna vers les deux jeunes femmes.

- « J'ai l'impression que vous ne vous rendez pas compte de ce que vous me demander ! J'ai tourné la page avec Remus ! Nous ne sommes plus un couple ! Qu'il cherche à m'oublier en faisant des choses dangereuses, j'en suis désolée, mais je n'y peux rien ! »

- « Kat, s'il te plait ! Essaye ! » ajouta tout de même Océane

- « Demande lui de ne pas partir ! » continua Lily qui avait les traits de plus en plus tirés.

- « Je ne peux pas faire ça ! » répondit Kathleen avec véhémence.

- « Pourquoi ?! » s'exclamèrent les deux jeunes femmes en cœur.

- « Je ne suis plus rien pour lui ! » rétorqua la jeune femme.

- « Ne dis pas n'importe quoi ! » s'indigna Océane.

- « Il n'est plus rien pour moi alors ! »

Kathleen commençait sérieusement à être agacée. De quel droit les amies de Remus venaient-elle lui parler de lui ?

- « Je suis désolée, mais je ne veux plus entendre parler de Remus ! » lança-t-elle avec sérieux « J'ai décidé de tourner la page ! Je veux oublier tout ça ! Je ne me remettrais pas avec lui, ma décision est prise ! Si je lui demandais de rester, cela voudrait dire que je veux me remettre avec lui et ça c'est hors de question ! »

Elle s'était progressivement énervée au cours de sa tirade et elle était passablement de mauvaise humeur.

- « Tu es sur que tu ne veux pas essayer encore une fois ? » demanda Océane, d'une voix presque suppliante.

Lily et elle avaient vraiment l'air abattues par la nouvelle. Kathleen pouvait le comprendre. Elles étaient très proches de Remus, sans doute plus proche qu'elle ne l'avait jamais été puisque à elles, il ne leur avait pas caché sa lycanthropie. Elle leur en voulait aussi un peu pour ça. Pour réussir à accepter que leur ami soit un loup-garou alors qu'elle ne le pouvait pas bien qu'elle était amoureuse de lui. Mais c'est trop dur, la honte était trop forte. La honte et le dégoût d'elle-même et de ce que les autres pourraient penser, du regard qu'ils jetteraient sur leur relation. Se ressaisissant et interrompant le fil de ses pensées qui la menaient vers une pente dangereuse, Kathleen fixa ses deux hôtes d'un air grave. Toutes les trois restèrent un long moment, ainsi, en silence à se regarder et à attendre… Attendre quoi, Kathleen n'en savait rien, mais l'atmosphère devenait de plus en plus lourde et chargée d'attente et d'espoir. Une situation qui mit vite la jeune femme vraiment mal à l'aise.

- « Je suis désolée… » murmura-t-elle « Mais je ne peux pas vous aider… Je ne demanderais pas à Remus de rester et je ne me remettrais pas avec lui. »

- « Tu es bien sur que c'est ce que tu veux ? » demanda Lily d'une voix étranglée.

- « Tu te rends compte qu'il va se mettre en danger à cause de toi ! » s'indigna Océane.

- « Je n'y peux rien… » se contenta de répondre Kathleen en baissant les yeux.

Elle entendit alors plus qu'elle ne vit les jeunes femmes se lever et se diriger vers la porte.

- « Il va partir à cause de toi » souffla simplement Lily en ouvrant la porte « Je pensais qu'il comptait un peu plus que ça pour toi… »

A cet instant, Kathleen croisa le regard de Lily et ne put s'empêcher de frémir. Le regard émeraude d'habitude si jovial et doux de la jeune femme avait fait place à un regard dur et froid, plein de colère et de mépris à son encontre. La jeune femme eut un peu de mal à déglutir, et sut alors qu'elle venait de se faire une ennemie…

Et sans ajouter un mot, les deux femmes quittèrent l'appartement, visiblement abattue et triste alors que Kathleen se laissait tomber sur son canapé totalement anéantie, mais certaine d'avoir fait le bon choix.