Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en générale mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !
Bonne lecture à vous tous… Aylala
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Ce qui aurait pu se passer
Chapitre quatre vingt deux : Encore la guerre
« J'ai entendu un bruit impossible à décrire,
En une seconde, une secousse, des cris, des appels au secours,
De la fumée dans les yeux et dans le bide,
Triste choix, brûler dans le feu ou se jeter dans le vide »
Sinik ( 2 victimes / 1 coupable)
Cela faisait un long moment que le professeur Dumbledore attendait debout dans ce couloir vide. Il avait eu le temps de bien contempler la peinture grisâtre qui s'étalait uniformément sur le mur, et même de repérer des endroits où elle commençait à s'écailler. Il entendit des bruits de pas précipités et bientôt un jeune homme, d'une vingtaine d'année tout au plus arriva en courant et s'arrêta devant lui. Essoufflé, le jeune homme se courba en deux et se tint les côtes en grimaçant. Il resta ainsi un moment pour reprendre son souffle avant de se relever et de s'adresser au professeur Dumbledore.
- « Je suis désolé, il ne peut toujours pas vous recevoir pour le moment… » lança-t-il en fuyant son regard « Mais il dit qu'il peut… »
- « Me donner un rendez-vous, je sais » termina le professeur pour lui « Mais je tiens à le rencontrer aujourd'hui, alors dites, encore une fois à monsieur Leyman que je l'attends »
Le jeune sorcier grimaça et reprit sa course à travers les couloirs. Albus se mit à sourire. Les tentatives de Janus Leyman pour l'éviter étaient risibles. L'affaire dont il voulait lui parler était d'importance et il ne partirait pas du Ministère sans avoir obtenu satisfaction. Il ferma un moment ses yeux et repensa à tout ce qui s'était déroulé ces derniers jours… Si ce que le journal de Jedusor disait vrai, la Chambre des Secrets existerait belle et bien et dans ce cas, cela remettrait en cause bien des choses, à commencer par l'injuste condamnation de Rubeus Hagrid. Albus avait toujours été intimement convaincu de l'innocence du jeune homme, c'était bien pour cela qu'il l'avait gardé à Poudlard, qu'il lui avait fourni un toit et un travail, car personne au monde n'était plus désireux de rendre service que Rubeus Hagrid.
Le vieux sorcier ouvrit à nouveau les yeux et reprit durant de longues minutes la contemplation du mur avant que le jeune homme ne revienne, encore plus essoufflé qu'auparavant.
- « Monsieur Leyman… va… vous… recevoir… » lança-t-il en essayant vainement de reprendre son souffle.
Il fut obligé de s'appuyer un instant contre le mur pour ne pas tomber, et il grimaçait à chaque inspiration.
- « Ce n'est pas la peine de m'accompagner » murmura alors le professeur en se penchant vers lui. « Je saurais retrouver mon chemin »
Le jeune homme le gratifia d'un horrible rictus qui aurait dû être un sourire. Dumbledore lui tapota doucement l'épaule et entreprit de rejoindre le bureau du Directeur du Département de la Justice Magique. Il n'eut aucune peine à trouver son bureau. Sur la porte, en lettres dorées et scintillantes, était inscrit Janus Leyman. Le professeur Dumbledore frappa trois coups brefs et attendit.
- « Entrez ! » entendit-il depuis l'intérieur.
Ignorant le ton désagréable sur lequel celui qui allait être con interlocuteur venait de s'adresser à lui, Albus actionna la poignée et ouvrit la porte. Le visage déjà tendu de Leyman se crispa d'avantage en l'apercevant.
- « Professeur Dumbledore ! » lança-t-il tout de même en se levant et en lui tendant la main « Quel plaisir de vous voir »
- « Epargnez nous donc ces civilités que vous ne pensez pas, cela nous fera gagner du temps Janus » répondit Albus avec un grand sourire tout en répondant à sa poignée de main.
Leyman parut fortement décontenancé mais se reprit vite.
- « Très bien, allons droit au but si vous y tenez ! » annonça le directeur du département de justice en se rasseyant.
- « Parfait » souffla Dumbledore « Je suis venu vous voir pour une raison toute particulière. J'ai besoin d'un droit de visite à Azkaban »
- « Ecoutez, il existe des services qui s'occupent tout particulièrement de cela, je vous demanderais de vous adresser à l'un d'entre eux. »
- « C'est-à-dire Janus, que j'en ai un besoin urgent et immédiat, car il s'agira ensuite pour vous de me fournir une autorisation de sortie de cet homme d'Azkaban »
Albus vit alors son interlocuteur s'étrangler et le regarder avec stupeur
- « Vous plaisantez j'espère ? Dites moi que vous plaisantez ! » lança-t-il
- « Je ne me permettrais pas de plaisanter sur un sujet si sérieux » répondit Albus avec calme et pondération.
- « Mais enfin, vous n'y pensez pas ! Faire sortir quelqu'un d'Azkaban ! C'est impensable ! »
- « Je ne vous demande pas une libération définitive ! J'ai juste besoin d'un des prisonniers pour une affaire importante à Poudlard, il retournera en cellule ensuite, bien évidemment »
- « Vous me parlez de cela comme si vous pensiez que c'était réalisable ! »
- « Mais c'est tout à fait réalisable Janus, il me faut juste votre autorisation »
- « Jamais je n'autoriserais cela ! » s'écria Leyman
- « Vous ne m'avez même pas demander de quel prisonnier il s'agissait… »
- « Peu importe ! Cette prison est la mieux gardée au monde, je ne laisserais personne en sortir ! »
- « Sauf votre respect, de nombreux et dangereux mangemorts s'en sont échapper l'an dernier ! »
Janus Leyman lui lança un regard noir et continua de le fixer avec un air mauvais un long moment encore. Le professeur choisit de reprendre la parole.
- « Janus, je ne vous le demanderais pas si ce n'étais pas extrêmement important »
Le directeur du Département de Justice Magique soupira alors et d'un geste de la main l'invita à reprendre son explication.
- « Voilà, j'ai absolument besoin à Poudlard d'un descendant de Salazar Serpentard pour une affaire de la plus grande importance dont je ne peux rien vous dire »
- « Vous et vos secrets ! » grogna Leyman d'un air mauvais.
- « Je vous remercie de comprendre si facilement » lança Albus avec juste assez d'ironie dans la voix pour que son interlocuteur ne se vexe pas. « Quoiqu'il en soit, j'ai mené ma petite enquête et le dernier descendant de Serpentard encore vivant et le plus direct dans la lignée se trouve en ce moment même à Azkaban, jugé pour ses crimes envers des moldus. »
- « Son nom ? » demanda Janus Leyman d'un air las.
- « Morfin Gaunt… » le renseigna Dumbledore. « J'aimerais beaucoup pouvoir le rencontrer à Azkaban et le faire venir à Poudlard dans les plus brefs délais. »
- « Je suis désolé Dumbledore, mais je ne peux me résoudre à… »
- « Janus, je me permets de vous couper, mais il me faut absolument ses autorisations… » lança Albus d'une voix menaçante en insistant bien sur le mot absolument.
- « Ecoutez professeur, il y a des lois, et je suis là pour m'assurer qu'elle sont bien respectées ! Si cet homme est à Azkaban, c'est qu'il doit y être et en aucun cas, je ne pourrais ne serait-ce que pour quelques heures le faire sortir. Il est dangereux pour la communauté et je ne peux prendre la responsabilité d'un tel acte. »
- « Janus… » tenta une nouvelle fois Albus
- « Non professeur, vous ne comprenez pas … »
- « Non, c'est vous qui ne comprenez pas. Ecoutez moi bien, Morfin Gaunt viendra à Poudlard, que vous le vouliez ou non, mais je vous avoue que cela m'aiderait énormément si nous le faisions légalement. Mais si je continue à n'avoir que votre refus, je serais obligé de m'en passer… »
- « Vous n'oseriez pas le faire sortir sans autorisation… Vous… Vous ne pouvez pas ! » bafouilla Leyman
- « Le pensez vous vraiment, Janus ? » demanda Dumbledore en le fixant intensément
- « Vous… vous… C'est une menace ? »
- « En effet, c'est pourquoi j'aimerais beaucoup ne pas avoir à la mettre à exécution. »
Janus Leyman laissa tomber ses bras et le fixa d'un air ahuri. Les yeux ronds et l'air incrédule, il sonda le professeur du regard pour tenter de déceler s'il mentait ou non. Cet examen dura quelques secondes.
- « Vous n'êtes qu'un vieux fou ! » lança-t-il « Ce que vous comptez faire est dangereux ! »
- « Je le sais, mais c'est nécessaire ! Ne vous en faites pas, il sera à Poudlard et entre de bonne main. Il ne sera absent de sa cellule que quelques heures… »
- « C'est inconcevable !!! »
- « Janus… »
Leyman eut un peu de mal à déglutir et soudain Albus le vit prendre une plume et un parchemin.
- « C'est ma tête que vous voulez Dumbledore ! » souffla-t-il en signant l'autorisation de sortie « Si ça se sait, je suis un homme fini ! »
- « Soyez sans crainte, je sais être discret » lui assura Albus en rangeant soigneusement le document dans une de ses poches, en souriant.
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James écarta violemment un des rideaux et inspecta minutieusement l'espace qui se trouvait entre lui et la baie vitrée avant de remettre le tissu en place, cela n'irait pas. Il se retourna précipitamment et regarda autour de lui, il fallait absolument qu'il se dépêche de trouver, sinon, tout serait perdu. D'un pas vif, il traversa le salon, en se jeta derrière le canapé. Allongé sur le carrelage, il ramena ses jambes contre lui pour être le plus discret possible, mais en relevant la tête, il constata, qu'il suffirait d'un rien pour se faire découvrir. Il se releva d'un bond en pestant silencieusement. Autour de lui, il entendait des bruissements et des chuchotements et le jeune homme se mit encore plus à stresser, il n'avait plus beaucoup de temps…. A moitié paniqué, il fit un tour sur lui-même avant d'apercevoir les escaliers. Il s'en approcha sans bruit. Il les observa un long moment. Les monter ne serait vraiment pas correct… Mais il devait absolument trouver… Il en fit alors le tour, se souvenant que tout derrière, se trouvait une vieille commode derrière laquelle… Aussitôt dit, aussitôt fait, il s'y précipita, mais qu'elle ne fut pas sa surprise quand il vit que la place était déjà prise.
- « On regrette de ne pas avoir sa cape d'invisibilité Cornedrue ? » demanda la voix raillarde de Sirius qui était recroquevillé parmi la poussière et les toiles d'araignée.
- « Ouais ! J'ai toujours été nul à ça de toute façon ! » souffla-t-il « Tu penses que je peux me désillusionner ? »
- « Oh ! Tu n'oserais tout de même pas lui faire ça ! » s'indigna Sirius en se redressant un peu.
- « Non, bien sur que non… » soupira James avant de se retourner pour se chercher un autre endroit.
Il jeta un coup d'œil rapide derrière l'escalier pour s'assurer qu'il ne courait aucun risque, et une fois rassuré sur ce point, il courut en face de lui pour arriver dans le couloir. Se faisant, il passa devant la porte de la cuisine qui était grande ouverte et vit Lily debout devant la table, en train d'installer de grands morceaux de viande dans un plat.
- « Lily ! Mais planque toi bon sang ! » lui lança-t-il en jetant un rapide coup d'œil vers le salon
- « Je n'ai pas que ça à faire chéri ! » rétorqua la jeune femme en le fixant.
- « Mais il le faut ! Tu sais bien qu'il veut qu'on le fasse… » insista le jeune homme
- « Je suis très bien dans la cuisine… » répliqua Lily d'une voix qui ne souffrait pas les remarques.
James se contenta d'hausser les épaules. Elle était grande, elle savait ce qu'elle faisait et à quoi elle s'exposait… Lui ne voulait pas prendre le risque d'affronter sa colère ou sa déception. Surtout pas aujourd'hui… Désespéré de ne pas trouver d'idée, le jeune homme se contenta de se rendre dans le couloir et de se coller le plus possible contre le mur. Il resta immobile et attendit. Cela faisait plusieurs secondes qu'il était là, quand un petit bruit, il fit baisser les yeux. Syrielle se trouvait devant lui, à quatre pattes en souriant. Joyeusement, elle tendit ses deux petits bras.
- « Pa… »
Mais James, affolé, se baissa rapidement et posa sa main sur sa petite bouche.
- « Chuuuuuuuuuuuuuuut chérie… » souffla-t-il avant de le prendre dans ses bras « Il ne faut surtout pas faire de bruit, il ne faut surtout pas qu'il nous entende, sinon, on est fini ! »
Il ôta alors sa main de la bouche de sa fille qui le regarda fixement. James pouvait lire la plus grande incompréhension dans les yeux de sa fille qui ouvrit à nouveau la bouche
- « Pa… »
Il fut une nouvelle fois obligée de la faire taire en plaquant sa main contre sa petite bouche.
- « Syrielle, mon ange, tu as compris ce que je viens de te dire ? » demanda-t-il à son bébé de onze mois « Alors où tu fais silence où tu t'en vas chérie… Parce que déjà que je ne voulais pas tellement faire ça… »
Il aperçut la fillette commencer à devenir rouge et à froncer les sourcils.
- « Non, non, non, chérie s'il te plait… » supplia le jeune homme en enlevant sa main de la bouche de sa fille et en calant sa tête contre cou pour la calmer et surtout pour ne pas qu'elle signale sa présence par ses pleurs.
Le jeune homme tendit alors l'oreille tout en caressant tendrement les cheveux de Syrielle qui semblait enfin avoir compris l'importance de l'instant et qui s'était tue. En écoutant très attentivement, il arriva à entendre quelque chose.
- « Quarcre, cinq, vingt, onze, huit, crois, six, creize, un, neuf, douze… »
James se mit alors à sourire doucement et jeta un coup d'œil à la commode derrière laquelle Sirius avait trouvé refuge et vit que son ami avait l'air de beaucoup s'amuser.
- « Crentre, deux, cent ! A Y EST ! Z'ARRIVE »
James se calla alors une nouvelle fois contre le mur, se surprenant même à cesser de respirer, ce qui faillit le faire pouffer. Il ferma les yeux pour mieux se concentrer sur les bruits qu'il entendait. Il y eut quelques petits pas avant d'entendre une exclamation.
- « J'a trouvé Lalyh ! » cria la voix de Harry
Cette fois James ne pu s'empêcher de laisser échapper un petit rire de surprise et ouvrit les yeux. Lalyh se trouvant au milieu du salon à jouer sagement avec ses cubes magiques, il n'était pas étonnant que le petit garçon l'ait trouvé tout de suite. Il tourna inconsciemment sa tête vers la commode de derrière l'escalier d'où la main de Sirius s'agitait en signe de protestation.
- « J'a gagné ? » demanda alors Harry
- « Non ! » s'écria Sirius avant d'abaisser sa main « Elle est trop petite, elle ne joue pas ! Continue à chercher »
James se mit à sourire largement et déposa un baiser sur la joue de sa fille.
- « Toi tu joues avec Papa mon petit cœur » murmura-t-il doucement tout contre son oreille.
- « D'accord ! » lança alors Harry tandis que les petits bruits de pas se refirent entendre.
James attendit un petit moment sans bouger. Il entendait son fils chercher dans le salon, essayant d'imaginer ce qu'il faisait suivant les bruits qu'il percevait. Bientôt, il aperçut la tignasse brune de son fils arriver dans le couloir. Il retint sa respiration, mais par chance, Harry lui tourna le dos. Il l'observa alors s'approcher de la commode et James ne pu s'empêcher de sourire, Sirius allait se faire prendre. Il observa alors la scène avec attention, guettant avec impatience le moment où Harry pousserait son cri de joie d'avoir trouvé son parrain. Mais au lieu de cela, il entendit un « pop » bien distinct et Sirius apparut sans bruit derrière Harry, il venait de transplaner. Le petit garçon regarda derrière la commode mais ne voyant rien, poussa un « oh » déçu. James lui était tout bonnement indigné ! Sirius lui avait interdit de tricher et lui le faisait sans aucun scrupule… C'était injuste… Sans compter que ce n'était pas du tout gentil pour Harry.
- « Aah ! » s'exclama Sirius « C'est moi le meilleur Harry ! Tu ne m'auras jamais ! Personne ne m'attrape jamais! »
A cet instant, un nouveau « pop » se fit entendre, et cette fois ce fut Océane qui transplana et elle lui administra une mémorable tape sur l'arrière du crâne.
- « Sirius Black ! » s'écria-t-elle, visiblement en colère « Tu n'as pas honte ! »
- « Mais quoi ?! » demanda le jeune homme en se frottant la tête.
Harry qui s'était retourné, regardait son parrain d'un air surpris et James en profita pour sortir de l'ombre.
- « Comment ça, mais quoi ?! » s'indigna Océane « Rappelle moi quel âge tu as pour faire ça ? Tricher ! Avec un petit garçon de trois ans ! Ton filleul en plus, que tu es censé aimer et protéger ! »
- « Mais Océane ! »
- « Non pas de mais ! Tu fais tes excuses à Harry et tu dis que tu as perdu ! »
- « Pour les excuses oui ! Pardon ma petite crevette, je n'aurais pas du faire ça… Mais je n'ai pas perdu ! » répondit Sirius
- « SI ! Quand on triche on est disqualifié ! » s'emporta Océane en posant ses deux mains sur ses hanches
- « Qu'est-ce qui se passe ? » demanda Lily en sortant de la cuisine
- « Sirius a transplané au moment où Harry allait le trouver ! C'est de la triche ! »
- « Transplaner ce n'est pas de la triche ! » rétorqua le jeune homme
- « A cache cache si ! » s'indigna Océane « Surtout quand celui qui cherche est un petit ! »
James se mit à grimacer, le ton employé par la jeune femme ne présageait rien de bon pour Sirius. Alors qu'une dispute éclatait entre les deux amoureux, le regard de James se posa sur Lalyh. La petite fille était assise sur le sol et fixait ses deux parents avec de grands yeux ronds. Visiblement elle ne comprenait pas pourquoi ils criaient. La petite fille se mit alors à genoux et posa ses mains sur le rebord du canapé pour s'appuyer et se mettre debout. Elle continua à fixer ses parents en hochant la tête.
- « Et le jour de son anniversaire en plus ! Tu devrais avoir honte ! » criait Océane
- « Ca n'a rien à voir ! C'est un problème plus profond que ça ! Depuis quand transplaner c'est tricher ?! » répondait Sirius en faisant de grands gestes.
James vit alors lâcher le rebord du canapé et hésiter un moment avant de poser un pied devant l'autre. Elle tangua un peu, mais retrouva vite son équilibre et enchaîna un autre pas tout doucement. Elle fit trois pas avant que James ne réagisse.
- « Eh ! » lança-t-il sans quitter la fillette des yeux.
Mais visiblement, personne ne l'écoutait, et Lalyh continuait à avancer doucement.
- « Eh les Black ! » cria alors James nettement plus fort.
Sirius et Océane cessèrent immédiatement leurs cris et se tournèrent vers lui d'un air surpris. James désigna alors leur fille du menton et le silence le plus complet tomba dans la pièce. Sirius scrutait sa fille, les yeux exorbités et la bouche ouverte, Océane quand à elle avaient les yeux brillants et une de ses mains plaquée sur sa bouche. Tout le monde semblait figé sauf Lalyh qui continua son avancée jusqu'à venir s'accrocher à la jambe de sa maman qu'elle fixa avec surprise. Le silence fut alors rompu par le cri de joie de Sirius, tandis qu'Océane prenant la fillette dans ses bras.
- « Tu marches chérie… » murmura-t-elle doucement, une larme coulant doucement sur sa joue
-« Ma petite princesse marche ! » continua à hurler Sirius avant de prendre sa fiancée et sa fille dans ses bras pour les embrasser à tour de rôle.
James déposa un baiser sur la tempe de Syrielle et se rapprocha de Lily qui était aussi très émue. Ils regardèrent un moment la famille Black savourer ce grand moment et bonheur. Harry s'approcha alors doucement et fixa Lalyh en souriant.
- « Elle grande maintenant, hein ? » lança-t-il
Sirius se mit à rire doucement, se détacha des deux femmes de sa vie et se pencha pour le prendre dans ses bras.
- « Oui, c'est une grande fille… Pardonne moi d'avoir tricher crevette ! La prochaine fois, c'est moi qui compterais et toi qui te cacheras »
Harry lui fit alors un très grand sourire et glissa ses mains autour de son cou pour lui faire un gros câlin.
- « Je n'en reviens pas qu'elle marche… » souffla Lily « Elle a grandit trop vite… »
- « Oui » répondit Océane, le regard voilé de larmes de joie « J'ai du mal à y croire »
Lily s'approcha d'elle et prit sa filleule dans ses bras.
- « Je suis très fière de toi ma chérie, tu sais marcher maintenant… Dès que possible, j'irai t'acheter un cadeau. »
- « Tu n'es pas obligée Lily » lança Sirius qui continuait à garder Harry contre lui
- « Je suis sa marraine ! Je lui offre des cadeaux quand j'en ai envie Sirius ! » rétorqua la jeune femme en souriant
Le jeune homme lui adressa un beau sourire avant de se retourner vers Harry qui avait posé sa main sur sa joue.
- « On continue à zouer ? » demanda-t-il en hochant la tête.
Sirius lança un regard interrogatif à James qui hocha les épaules, puis à Lily qui, elle fit non de la tête.
- « On ne va tarder à manger, et il faut que vous vous occupiez de la viande les garçons ! » déclara-t-elle.
- « Désolé Harry ! » répondit Sirius « Tout à l'heure d'accord ? »
- « D'accord »
En souriant, James déposa alors Syrielle sur le tapis et alla récupérer le plat de viande dans la cuisine. Puis, accompagné de Sirius et Harry il se rendit dans le jardin pour y allumer un feu. La chaleur de cette fin de mois de juillet était insupportable, à plus forte raison à proximité d'un brasier. James enleva bientôt imité par Sirius et Harry qui se perdit dans sa manche et nécessita l'aide de son parrain pour se sortir de là. Il voulait « faire comme Papa » ce qui amusa beaucoup James. Alors qu'il s'occupait de faire cuire leur déjeuner en faisant bien attention qu'Harry ne s'approche pas, le jeune homme ne cessait de fixer son meilleur ami qui regardait Océane et Lalyh en souriant doucement.
- « Elle marche… » murmura-t-il simplement
- « Et oui… » lança James en s'épongeant le front.
- « Je suis fier »
- « Tu peux l'être » assura James en tapotant de sa main l'épaule de son amie « Et Océane aussi à l'air fière et radieuse, mais cela ne viendrait-il pas aussi du fait que tu te soit finalement décidé à lui faire un autre enfant »
Sirius pouffa sans cesser de fixer ses deux femmes des yeux.
- « Oui on essaye… » souffla-t-il « On essaye beaucoup même ! Je crois que je suis en train de goûter au bonheur…»
Ce fut au tour de James de pouffer doucement.
Le reste du déjeuner se passa dans une ambiance très joyeuse et très agréable. Tout le monde riait beaucoup et James se disait que c'était vraiment une très belle journée. Lily arriva bientôt avec un grand gâteau au chocolat surmonter de trois belles bougies qu'elle posa devant Harry qui bomba fièrement le torse.
- « Bon anniversaire mon ange » murmura Lily en déposant un baiser sur le front de son fils.
- « Souffle les bougies Harry ! » lança Sirius alors que Harry se concentrait.
Il souffla presque sans difficulté ses trois bougies sous les bravos et les « joyeux anniversaire » de tout le monde.
- « Ca te fait quel âge crevette ? » demanda Sirius pendant que Lily coupait à chacun une belle part de gâteau.
- « Crois zan ! » répondit fièrement Harry en lui montrant deux doigts.
- « Je vois ça ! » répondit Sirius en lui faisant relever un doigt supplémentaire « Tu es un homme mainte… »
Mais le jeune homme fut coupé par un bruit assourdissant qui les fit tous sursauter, un bruit semblable à une très violente explosion qui raisonna longtemps. Les vitres de la baie vitrée se mirent à trembler dans un bourdonnement sourd. James fixa tour à tour chacun de ses mais personne ne semblait comprendre. Harry avait agrippé le bras de Lily et la regardait avec inquiétude. Lalyh qui était sur les genoux d'Océane se redressa pour cacher sa tête contre le cou de sa maman tandis que assise sur sa chaise haute, Syrielle commençait à pleurer.
- « Qu'est-ce que c'était ? » demanda enfin Océane, formulant tout haut ce que tout le monde se demandait tout bas.
La belle et joyeuse atmosphère avait fait place à un climat d'incertitude et de crainte. James se leva alors, imité par Sirius et tous les deux se rendirent en courant vers le fond du jardin. Ils grimpèrent sur le mur qui encerclait la maison. Ils scrutèrent l'horizon et ce qu'ils virent leur souleva le cœur. Une immense fumée noire s'élevait de la ville moldue la plus proche. Une immense épaisse colonne de fumée noire qui s'élevait bien haut dans le ciel et au dessus de laquelle, la marque des Ténèbres flottait macabrement.
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- « C'est pas vrai ! » s'écria James alors que devant leurs yeux la Marque verdâtre flottait sinistrement.
Sirius sentit ses entrailles se serrer, il se tourna vers son ami et croisa son regard. En un instant, il comprit qu'ils venaient de prendre la même décision. Ils ne pouvaient pas rester là sans réagir, sans rien faire. C'était une ville moldue qui venait d'être attaquée… D'un bond ils descendirent du mur et se précipitèrent vers la terrasse où Océane, Lily et les enfants les regardaient d'un air tendu.
- « A l'intérieur ! » cria James à Lily qui prenait déjà Harry dans ses bras.
Il se précipita et prit brusquement Syrielle dans ses bras tandis qu'Océane se levait en serrant bien fort Lalyh contre elle. Sirius s'approcha d'elles et posant sa main sur le dos d'Océane l' incita à entrer plus vite à l'intérieur en la poussant légèrement. Il ne voulait pas les savoir dehors.
- « Qu'est-ce qui se passe ? » demanda la jeune femme d'un air inquiet.
- « La ville a été attaquée » expliqua Sirius.
James qui venait de déposer Syrielle sur le canapé passa devant lui pour refermer la baie vitrée et lui jeter un sort de verrouillage. Puis il se retourna et le fixa un instant.
- « On va y aller » continua Sirius en reportant son regard sur Océane qui frissonna violemment.
La peur et la crainte se lisaient dans ses jolis yeux bleus.
- « Mais c'est le travail des Auror » lança-t-elle en le fixant intensément « Ce n'est pas à vous d'aller là bas ! »
- « On fait partie de l'Ordre du Phoenix ! C'est notre devoir de protéger tout ceux qu'on peut des mangemorts ! En plus on est éloigné de Londres, qui sait combien de temps les Aurors vont mettre pour débarquer ! »
- « Ne quittez pas l'intérieur de la maison ! » lança alors James qui s'était approché de Lily
- « Mais toute la propriété est soumis au Fidelitas … » murmura la jeune femme en s'accrochant à son mari comme pour le retenir.
James posa sa main sur la tête de son fils qui était agrippé au cou de sa maman et repris d'un air grave.
- « La Marque des Ténèbres flotte au dessus de la ville, il y a sûrement des mangemort qui traînent dans le coin. Ne sortez surtout pas ! Sous aucun prétexte ! Aucun ! » lança-t-il d'un air grave.
Lily hocha simplement la tête en clignant des yeux. James déposa alors un baiser sur son front. Sirius se tourna vers Océane qui le fixait, visiblement angoissée.
- « James a raison, ne sortez pas de là non plus toutes les deux… »
- « Sirius… »
- « Océane, je ne peux pas rester ici pendant que des moldus se font attaquer là-bas » lança-t-il à la jeune femme
- « Sois prudent »
Sirius hocha la tête, et déposa un rapide baiser sur ses lèvres avant de se détacher d'elle.
- « James ! »
- « Oui » répondit son ami en se détachant de sa femme.
Tous les deux hommes prirent rapidement le chemin de la sortie, et en passant James caressa furtivement la tête de sa fille.
Une fois dehors, ils sortirent leur baguette et sans plus attendre transplanèrent.
La première chose que Sirius réalisa lorsqu'ils arrivèrent fut l'odeur. Une odeur désagréable de fumée et choses brûlées, mêlée à une senteur âcre qui prenait à la gorge, l'odeur de la mort. Il regarda atour de lui dans l'espoir de découvrir ce qui avait été attaqué quand une femme arriva vers eux. Elle avait le visage en sang et titubait. Sa jupe était brûlée par endroit et elle tenait sa tête entre ses mains. Elle pleurait et hurlait. Le jeune homme sentit alors auprès de lui son meilleur ami partir dans la direction d'où venait la femme, sans réfléchir d'avantage, il le suivit. Au fur et à mesure qu'ils couraient, ils apercevaient de plus en en plus de personnes venant vers eux. Tous semblaient hagards, perdus, paniqués et étaient tous plus ou moins blessé.
« Les lâches ! » grogna James en courant de plus belle, la baguette brandie.
Sirius partageait tout à fait son opinion. Attaquer des moldus était un acte méprisable. Au détour d'une rue, une chaleur intense se fit sentir, l'odeur était de plus en plus forte. Sirius releva alors la tête et devant lui apparut un spectacle d'épouvante.
Ce qui était auparavant le plus grand centre commercial de la région se faisait ravager par de gigantesques flammes, dégageant l'épaisse fumée noire qui enveloppait tout autour d'elle. Dans la rue, plusieurs voitures étaient en feu, certaines reversées sur le toit. Les flammes léchaient consciencieusement tout ce qui se trouvaient sur leurs passages, se propageant d'immeuble en immeuble. Les yeux du jeune homme commençaient à piquer et sa gorge s'était immédiatement asséchée. Il entendit alors les cris et les hurlements. Ils étaient tellement forts, que le jeune homme se demanda comment il avait fait pour ne pas les avoir entendu auparavant. Des hommes, des femmes, des enfants couraient partout, dans tous les sens. C'était la panique, le chaos, le désordre.
- « Tu crois qu'il en reste à l'intérieur ? » demanda James d'une voix blanche en fixant le centre commercial
- « Je ne sais pas » avoua Sirius
Mais l'idée qu'il puisse rester des personnes prisonnières des flammes le fit frissonner. Ils ne pouvaient cependant pas sérieusement penser à pénétrer à l'intérieur. L'incendie était bien trop grand et même munit de leur baguette, c'était un trop grand risque. De plus, des sirènes retentirent bientôt et trois camions rouges surgirent du coin de la rue avant de s'arrêter devant le bâtiment en flamme.
- « Des pompiers » souffla simplement James.
Sirius se contenta d'hocher la tête, la fonction de ses hommes en uniforme lui parut bientôt évidente lorsqu'il les vit sortirent de longs et larges tuyaux d'où jaillit de l'eau à forte pression.
- « Allons les aider ! » déclara le jeune homme en faisant un pas.
- « Sirius ! » l'appela James « Nous sommes chez les moldus, il vaut mieux cacher nos baguettes »
Le jeune homme réalisa qu'en effet qu'il tenait toujours fermement sa baguette à la main. Par chance dans la panique générale, aucun moldu n'y avait fait attention. Il imita son ami et la plaça dans la poche arrière de son jean, replaçant bien son T-shirt dessus. Les deux amis se mirent se rapprochèrent ensuite des flammes pour aider les personnes qui s'y trouvaient à s'en éloigner. Sirius se baissait pour relever un vieil homme dont une des jambes saignait abondamment quand une vois l'interpella.
- « Eh toi ! Qu'est-ce que tu fais ? » aboya un des hommes en uniforme.
- « Je vous aide ! Je les éloigne ! » s'écria Sirius « Occupez vous donc de savoir s'il y en a à l'intérieur ! »
Le pompier le fixa un moment, mais le jeune homme ne s'en soucia pas. Il chargea le vieillard à moitié sur son dos pour le traîner de l'autre côté de la rue, où il serait plus à l'abri. Lorsqu'il le retourna, le pompier était reparti aider ses collègues. Il se rapprocha alors du brasier. Il ne savait plus où donner de la tête. Il y en avait partout. Des personnes allongées sur le sol en hurlant, d'autre gémissant. Il y avait du sang, tellement de sang et des cris et des pleurs. C'était une vision d'horreur.
- « Mamaaaaan, Mamaaaan… » non loin, un petit garçon pleurait.
Sirius alla à se rencontre et eut un haut le cœur en voyant que l'enfant était largement brûlé. Une grande partie de son visage était recouvert de cloque et de rougeurs.
- « Mamaaaan » continua-t-il
- « Eh ! » lança Sirius en s'accroupissant près de lui « Comment tu t'appelles ? »
- « Bryan »
- « Alors Bryan, on va la retrouver ta maman, mais avant tout il faut partir d'ici » déclara-t-il en le prenant au cou
- « Mais elle était dedans… » sanglota le petit garçon en s'accrochant à lui.
Sirius ferma un moment les yeux et se mit à courir, courir vite pour l'éloigner du brasier. Il le déposa très du vieillard qui était assis, le dos appuyé contre un mur.
- « Je vous le confie ! » lança Sirius en déposant l'enfant « Ne t'en fait pas Bryan, ça va aller ! »
Il se dépêcha de courir à la recherche d'autre blessé. Il croisa James, le visage constellé de gouttelettes de sueur et la chemise blanche maculée d'un sang noirâtre.
- « C'est l'enfer ici ! » cria-t-il en poursuivant sa route.
Sirius soupira et continua également son chemin. Alors qu'il soulevait dans ses bras une femme dont les deux jambes avaient été brisées et formaient un angle inquiétant, il recroisa le pompier qui l'avait interpellé peu de temps auparavant.
- « Merci de votre aide ! » lança-t-il d'un air essoufflé
Sirius n'eut rien le temps de répondre qu'un éclair vert frappa l'homme qui tomba raide mort sur le sol. D'un bond, le jeune se retourna et se trouva face à face avec un mangemort. Malgré la cagoule qui lui cachait le visage, il devina son sourire machiavélique. D'un geste vif, il lâcha d'un bras la jeune femme qui hurlait de terreur et se saisit de sa baguette.
- « Petrificus totalus ! » hurla-t-il
Mais le mangemort l'esquiva et partit en courant.
- « Et merde ! » hurla Sirius et reprenant sa course.
Il laissa la jeune femme à l'abri et regarda tout autour de lui. Il fallait absolument qu'il prévienne James. Il ne tarda pas à l'apercevoir, dégageant un morceau de tôle brûlante qui s'était écrasé sur un homme de leur age.
- « James ! James ! » hurla-t-il
Il se précipita vers lui, et l'aida à soulever le morceau de métal.
- « Les mangemorts sont toujours là ! » lui lança-t-il alors
- « Quoi ?! »
- « Je viens d'en voir un, reste bien sur tes gardes ! » continua Sirius en le laissant seul une nouvelle fois.
Mais à peine venait-il de se retourner que le camion de pompier le plus proche explosa dans un fracas assourdissant. Trois corps volèrent dans les airs et allèrent se fracasser sur le sol non loin. Horrifié, Sirius regarda se spectacle en sentant ses entrailles de nouer. Ces hommes ne faisaient que tenter de sauver les autres, alors pourquoi eux ?
Une fois le nuage provoqué par l'explosion se dégagea qu'il les vit. Une dizaine de mangemorts encagoulés se trouvait devant eux, la baguette en main. Refoulant la nausée qu'il l'avait gagné, Sirius les menaça de sa baguette, il sentit que James l'imitait à ses côtés.
- « Il faut les virer, ils vont en tuer d'autre ! » hurla son ami d'une voix blanche tandis qu'il hochait la tête.
- « Expelliarmus ! » hurla Sirius en direction d'un des mangemorts qui le dévia d'un sort de bouclier.
Les deux garçons eurent juste le temps de se jeter derrière la carcasse encore fumante du camion de pompier afin de ne pas être touché par les sorts qui fusaient de toutes parts.
- « A deux contre dix on a aucune chance ! » s'écria Sirius en se redressant.
James le fixa d'un air grave. Il le savait tout aussi bien que lui, mais tout comme lui, il ne pouvait se résoudre à laisser là tout ces pauvres gens subirent la folie meurtrière des mangemorts.
- « On a plus qu'à invoquer Merlin que la Brigade des Aurors ne tarde pas » lança simplement James en se relevant pour jeter un sort.
Imitant son ami, Sirius se pencha à son tour, malheureusement le mangemort en face de lui fut plus rapide et il se prit son sort de brûlure en plein dans la tempe. Le jeune homme se jeta en arrière les mains crispées sur sa tête en hurlant de douleur.
- « Sirius ! Bon sang Sirius ! » hurla James en se précipitant vers lui.
Les larmes de douleur aux yeux, le jeune homme se releva et ôta ses mains. Il avait mal, il avait l'impression qu'on venait de lui arracher un morceau de crâne. Il vit alors son ami, fou de rage, jeter un sort à leur ennemi qui se souleva dans les airs, et il le laissa violemment retomber sur le sol. Un bruit d'os brisés se fit entendre et Sirius fixa James, qui debout regardait le mangemort avec haine, essoufflé et la baguette brandie.
- « Bien joué… » grimaça-t-il en essayant de se relever.
Il vit alors son ami se tourner vers lui.
- « Ca va ? » s'inquiéta James
- « Je survivrais ! » répondit-il en se redressant. « Allez, on en a d'autre à avoir ! »
Les deux garçons se ruèrent alors hors de leur cachette. La rue était entièrement dévastée, le bitume était crevassé sous la violence des impacts des sorts. Et toujours ces cris, ces pleurs, ce sang et la mort toujours présente tout autour d'eux. Non loin, Sirius aperçut un mangemort s'apprêter à attaquer James de dos. Instinctivement, il jeta un sort de désarmement qui propulsa l'agresseur à quelques mètres. Il se précipita vers lui pour lui jeter un sort de ligotage et ne résista pas au plaisir de lui asséner un coup de pied dans le ventre. La violence ambiante engendrait la violence, et il ne savait plus bien ce qu'il faisait.
- « Merci mon vieux ! » lança James
- « De rien ! » répondit Sirius en poussant un peu plus long le corps du mangemort qui gémissait sous la douleur.
A cet instant, il eut un bruit caractéristique d'un transplanage se fit entendre et une vingtaine d'auror, tous portant l'uniforme du Ministère apparurent.
- « Voilà les renforts ! » souffla simplement James.
Les deux jeunes hommes virent alors Kingsley arriver vers eux en courant.
- « Combien il y en a ? » demanda-t-il précipitamment
- « Une grosse dizaine je dirais ! » répondit Sirius
- « Ils s'en prennent particulièrement aux moldus et surtout aux pompiers ! » continua James
- « Ok ! Vous devriez allez vous mettre à l'abri, on va pouvoir gérer tout ça maintenant ! » lança Kingsley en les fixant d'un air grave.
Sirius se tourna alors vers James et remarqua alors que son ami portait au bras une énorme plaie béante qui dévoilait une vilaine fracture. Il n'avait même pas fait attention qu'il était blessé.
- « Mais il y a encore des gens à secourir ! » rétorqua James
- « C'est vous qu'on va devoir secourir si vous rester là ! » rétorqua Kingsley d'un air grave « Allez plutôt mettre ceux que vous le pouvez à l'abri hors des combats. Assurez vous qu'ils ne s'en aillent pas, une équipe de Ste Mangouste et la Brigade de Oubliators ne devraient pas tarder »
Sirius et James acquiescèrent d'un signe de tête, et couvert par Kingsley ils traversèrent la rue en courant. Il rejoignirent un peu à l'écart un groupe d'une trentaine de personnes toutes affolées et paniquées. Ils les emmenèrent un peu plus à l'écart tentant de répondre le plus possible à leur question, mais que leur dire quand il voulait savoir comment allait leur proche, combien il y avait de mort, qui étaient ces hommes cagoulés et pourquoi flottait au dessus de leur tête un serpent sortant d'un crâne vert.
Sirius espérait vivement que la brigade des Oubliators arriverait vite. L'équipe de Ste Mangouste aussi, car la vue de ces corps blessés, brûlés ou mutilés lui soulevait le cœur. Lorsqu'ils furent tous bien excentré des combats, il entraîna James un peu à l'écart.
- « Ca va ? » lui demanda-t-il en désignant son bras qui saignait plus que jamais
- « Ca ira en comparaison à ce que je viens de voir ! Une fillette, elle a l'âge d'Harry, elle est entièrement brûlée ! » souffla le jeune homme d'une voix douloureuse
- « Je sais, je sais… »
- « Et toi ? » demanda son ami en fixant sa tempe
- « J'ai la tête dure »
Les deux amis échangèrent alors un pâle sourire. C'est alors qu'il le vit. Non loin d'eux, un mangemort s'enfuyait en courant, sans doute un auror à ses trousses. Il se retournait régulièrement pour voir s'il n'était pas suivit.
- « Il s'enfuit ! » hurla Sirius en se précipitant derrière lui.
Bientôt James le rejoignit et tous deux coururent aussi vite qu'il le pouvait pour tenter d'arrêter cet homme qui fuyait. Sirius courait le plus vite possible à tel point que sa respiration devenait douloureuse, pourtant il n'était plus très loin de lui, et il sentait qu'il pouvait l'avoir. Il tendit la main et le bout de ses doigts frôla le bout de sa cagoule de mangemort. Il prit alors encore plus de vitesse et bientôt sa main se referma sur la cagoule qu'il serra avec force. Il l'arracha d'un coup sec avant de s'arrêter. Le mangemort cessa sa course et Sirius sentit James s'arrêter près de lui. Tous étaient essoufflés et Sirius savait que si le mangemort reprenait sa course, il n'aurait pas la force de le suivre.
- « Espèce de lâche ! » hurla-t-il de toute la haine qu'il pouvait ressentir à cet instant précis.
Il y eut un moment de silence et finalement, il vit le mangemort commencer à se retourner, très lentement. Infiniment lentement comme si le temps venait de s'arrêter. Ce n'est que lorsqu'il leur fit face que Sirius réalisa qui il était. Il souriait d'un air narquois qu'il ne lui connaissait pas. Peter se tenait devant eux et les fixait avec une sorte d'amusement dans le regard. Il fixa d'abord James qui se crispa puis plongea dans le regard de Sirius et le jeune homme pu voir son regard moqueur. Le temps que les garçons se reprennent, Peter leur avait adressé un petit signe de la main et un grand sourire et avait transplané.
Sirius scruta sans y croire l'endroit où il venait de disparaître avant de poser ses yeux sur la cagoule qu'il tenait entre les mains et de pousser un hurlement de rage.
