Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en générale mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !
Bonne lecture à vous tous… Aylala
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Ce qui aurait pu se passer
Chapitre quatre vingt trois : La déprime
«
Ce soir il pleut dans ma ville, la situation s'envenime
J'ai
l'impression que la déprime s'est invitée sans me le
dire »
Sinik ( 100 mesures de haine)
Assise devant un grand bol de thé fumant, Lily regardait le journal avec horreur. Vingt deux morts, l'attentat avait fait vingt deux morts. Elle frissonna et n'osa pas lire le nombre de blessés, et tourna la page. Le Ministre avait donné une interview dans laquelle il expliquait qu'en accord avec le Premier Ministre moldu, un mensonge crédible avait été mis en place. La mémoire de toutes les personnes dépourvues de pouvoirs magiques qui étaient présentes avaient été soigneusement effacée et les autorités avaient convenu de donner pour version officielle que le centre commercial avait été la cible d'un attentat terroriste particulièrement violent… Lily ne préféra pas lire la suite. Quelle horreur ! La jeune femme ne cessait de se demander pourquoi une telle haine et une telle violence. Qu'avait donc fait ces moldus pour être la cible ce qui passait pour être l'attentat le mangemort le plus meurtrier de ces dernières années. Elle soupira et frissonna bien malgré elle. Elle regarda tout autour d'elle, elle était seule dans la cuisine. Il était encore tôt, mais elle n'avait pas réussit à se rendormir. James avait besoin de repos pour se remettre de sa blessure, elle avait préféré le laisser dormir en paix. Mais maintenant, dans cette pièce déserte, elle se sentait mal à l'aise et sentit une angoisse naître sournoisement en elle. Il fallait qu'elle fasse quelque chose sinon, elle sentait qu'elle aurait été capable de se mettre à pleurer. Doucement, elle se leva et se dirigea vers le poste de radio magique pour capter les émissions matinales sur la Radio Indépendante à Transmission Magique. Bientôt une musique assez rythmée s'éleva dans la pièce, le son n'était pas fort, mais cela était suffisant pour lui ôter cette impression qu'elle était seule.
Elle retourna s'asseoir et fixa son bol de thé sans y toucher. Elle se remémorait la journée de la veille… Elle avait eu tellement peur. Dès que James et Sirius avaient franchi la porte, les trois enfants s'étaient mis à pleurer très fort et il leur avait fallut beaucoup de temps à Océane et elle pour calmer tout ce petit monde. Harry en particulier qui avait le mieux comprit que quelque chose de grave s'était passée et que son père s'y était précipité. Une fois le calme plus ou moins revenu, Lily s'était dépêchée d'envoyer un hibou au Ministère, division des Aurors, puis au professeur Dumbledore. Puis elle avait attendu. Océane et elle n'avaient pas beaucoup parlé durant tout ce temps, elles étaient trop inquiètes pour cela et pensaient surtout à leurs hommes, en espérant qu'ils ne prendraient pas trop de risques… Mais elles les connaissaient bien et cela n'étaient pas pour les rassurer.
Lily avait cru que son cœur allait s'arrêter de battre quand un hibou de Ste Mangouste était finalement arrivé en début de soirée. Tellement sur les nerfs, elle avait été incapable de l'ouvrir et c'était Océane qui s'en était chargée. Elle avait lu à voix haute la lettre qui leur annonçait que James et Sirius étaient là bas pour soigner des blessures sans gravité et qu'ils seraient rapidement de retour. Mais Lily n'avait été rassurée que quand elle l'avait vu franchir le seuil de la porte. Il avait le bras en bandouillère et paraissait pâle et fatigué, mais il était vivant. Elle s'était jetée à son cou et l'avait serrée fort contre lui. Il lui avait soufflé doucement à l'oreille que tout allait bien, qu'il était là maintenant et qu'elle n'avait plus à s'en faire avant de l'embrasser.
Il était ensuite monter dans la chambre de Harry. Le petit garçon était partit se coucher quelques heures auparavant, mais il ne dormait toujours pas. Appuyée contre la porte de la chambre de leur fils, elle l'avait regardée le consoler et le rassurer avant de le recoucher. Il s'était ensuite contenté d'embrasser Syrielle qui dormait déjà avant de se reposer un peu. Il lui avait un peu raconté ce qui s'était passé, mais la jeune femme savait pertinemment qu'il avait passé sous silence les détails les plus horribles. Il ne lui avait pas décrit toutes les horreurs de la scène, mais elle le lisait dans ses yeux. Il avait été choqué et ces images l'avaient sans doute marquées pour très longtemps. Elle l'avait alors serré contre lui très fort, elle avait laissé courir une de ses mains sur son dos tandis que l'autre s'était perdue dans ses épis rebelles. Ils n'avaient pas parlé, ils n'en avaient pas envie. Ils avaient juste besoin d'être ensemble… Puis après un long moment de silence, il lui avait parlé de Peter.
Cela avait choqué la jeune femme. Aussi idiot que cela puisse paraître, elle n'avait pas encore réalisé… Mais Peter était un mangemort. Il les avait trahi, elle en était consciente, mais elle s'était rendue compte à ce moment là qu'elle ne s'était jamais imaginée Peter, une cagoule sur la tête faisant apparaître la Marque des Ténèbres. Elle s'était alors mise à trembler en pensant que ce traître n'avait été qu'à quelques kilomètres de leur maison, à quelques kilomètres de Harry…
D'ailleurs, à cette pensée, elle se remit à trembler. Cette fois, même la musique enjoué des Witche's Muses que diffusait la radio ne put la calmer. Elle sentit des larmes se former aux coins de ses yeux et elle cacha son visage dans ses mains. Elle pleura doucement jusqu'à ce qu'une main se pose sur son épaule, lui faisant relever la tête.
- « Je n'aime pas te voir comme ça… » souffla la voix de James tandis qu'elle se retournait vers lui
Elle tenta d'esquisser un sourire, mais ce fut une tentative vaine, et ses pleurs redoublèrent. James s'accroupit alors un peu et elle se jeta dans ses bras.
- « C'est monstrueux… » sanglota-t-elle contre son épaule
- « Je sais » murmura-t-il en posant sa main sur son dos
- « Et Peter… »
- « Chuut… »
La jeune femme se serra d'avantage contre lui et elle l'entendit gémir. Réalisant alors qu'elle appuyait sur son bras blessé, Lily se dégagea rapidement son étreinte et le regarda d'un air désolé.
- « Je t'ai fait mal ! »
- « C'est pas grave… » grimaça-t-il
- « Bien sur que si ! Oh James, je suis désolée… Excuse moi… »
- « C'est rien je te dis »
- « Fais moi voir ça »
Bien vite la jeune femme sécha ses larmes et pris avec une infinie délicatesse le bras de son mari qu'elle posa sur ses genoux. Précautionneusement, elle enleva les bandages et bientôt la blessure fut exposée. Une grande cicatrice barrait son avant bras sur une bonne partie de la longueur. La blessure avait été soignée par procédé magique, mais elle allait encore mettre quelques jours à cicatriser et demandait donc un peu d'attention. Elle posa délicatement ses doigts sur le haut de la marque rougie et tout doucement la caressa en l'effleurant à peine. Elle vit un frisson parcourir le bras de son mari qui ferma les yeux en grognant doucement. Elle se mit à sourire et posa un léger baiser sur ses lèvres avant de lui rendre son bras et de se lever pour aller chercher un bol pour lui. James en profita pour s'asseoir sur la chaise qu'elle occupait avant qu'il n'arrive et ses yeux se posèrent sur le journal.
- « Tu ne devrais pas lire ça… » déclara-t-il en refermant le journal « Je t'ai tout raconté, ça ne sert à rien que tu lises ces horreurs »
- « Je voulais savoir ce que le Ministre avait prévu d'inventer pour expliquer cela »
Le jeune homme hocha la tête et prit le bol qu'elle lui tendait avant de se servir du thé. Lily en profita pour examiner une nouvelle fois sa plaie. Puis elle tira sa baguette de sa poche et jeta le sort de désinfection adéquat avant de faire apparaître de nouveaux bandages pour lui refaire son pansement.
- « Je fais finir par me lasser de te soigner tout le temps ! » souffla-t-elle au bout d'un moment.
Elle se sentait de nouveau d'humeur à plaisanter. Quand il était près d'elle, elle se sentait tout de suite beaucoup mieux.
- « Pas moi… » répondit-il d'un air malicieux
- « Ne me dis pas que tu le fais exprès ?! »
- « Possible… »
Ils échangèrent un regard amusé avant de se mettre à rire doucement. La jeune femme l'embrassa une nouvelle fois. Il l'invita à s'installer sur ses genoux et elle accepta avec plaisir. Il glissa sa main valide sur son ventre de plus en plus rebondi et ce mit à sourire.
- « Comment va-t-on ce matin ? » demanda-t-il en souriant
- « Nous allons très bien ton fils et moi » répondit-elle en posant le bout de son nez sur le sien
- « Tu es sure que tu ne t'es pas beaucoup inquiétée hier et que ça aurait pu vous fatiguer… » demande-t-il d'un air beaucoup plus sérieux « Et tu es sure que je ne t'ai pas encore ce matin même retrouvée en pleurs dans la cuisine ? »
- « Tu ne m'empêchera jamais d'avoir peur pour toi » répondit la jeune femme en décollant son visage du sien « Mais sinon je vais bien »
Il esquissa un sourire, signe qu'il la croyait et c'est à cet instant qu'un petit bruit sur le carreau attira leur attention. Un hibou se tenait sur le rebord de leur fenêtre, une lettre attachée à la patte. Lily se leva pour aller la récupérer. Au passage elle coupa la radio qui débitait l'horoscope du jour. Après avoir donner une caresse au volatile qui s'envola sans plus attendre, elle retourna l'enveloppe et y découvrit le sceau personnel du professeur Dumbledore. C'était à prévoir, après une telle attaque de mangemort, le professeur voulait sans doute réunir les membres de l'Ordre.
Lily ne s'était pas trompée. James et elle étaient tous les deux attendu une heure plus tard au Quartier Général pour une réunion extraordinaire. Elle en informa James qui se leva aussitôt.
- « Qu'est-ce qu'on va faire des petits ? » demanda-t-elle à son mari.
Au regard qu'il lui lança, elle comprit immédiatement ce qu'il avait en tête.
- « Oh non James Potter ! » lança-t-il « Tu ne me feras pas rester ici pour les surveiller sous prétexte que je suis enceinte et que j'ai besoin de repos… C'est clair ?! »
James soupira et haussa les épaules.
- « Je vais aller les déposer chez Molly alors… » murmura-t-il en quittant la cuisine pour se rendre à l'étage réveillé leurs deux amours.
Elle se monta à sa suite et se dépêcha de préparer tout le monde. Les visages des enfants étaient encore gonflés de sommeil quand elle les embrassa avant que James ne transplane avec eux jusqu'au Terrier et cela la fit sourire avec tendresse. Elle attendit qu'il revienne alors la chercher pour se rendre ensemble, en transplanage d'escorte jusqu'au Quartier Général. Il y avait déjà beaucoup de personnes arrivées. Sirius et Océane arrivèrent juste après eux.
- « Molly a bien rit en me voyant arriver avec Lalyh » lança Sirius en s'approchant deux « Elle m'a dit qu'elle était prête à parier tout ce qu'elle avait sur le fait que je viendrais déposer la petite aussi »
James et Lily lui sourirent.
- « Ca va mieux ta tête ? » demanda la jeune femme en s'approchant de lui et en relevant une ou deux mèches pour constater d'elle-même.
- « Oh oui, il va bien ! La seule chose qui l'inquiète c'est qu'une de ses mèches à l'air plus courte que les autres désormais ! » grogna un peu Océane en jetant un regard faussement sévère à son fiancé.
- « Je te jure que ça saute aux yeux ! » lui assura le jeune homme d'un air grave.
Lily se mit à sourire. Si James et Sirius recommençaient à dire des bêtises, c'est qu'effectivement ils allaient bien. Tous les quatre entrèrent dans le Quartier Général où la réunion commença rapidement. Dumbledore leur parla de l'attaque, salua la rapidité d'action et le courage de James et Sirius. Il lui expliqua aussi les mesures que le Ministère avait mises en place pour camoufler cet attentat mangemort aux moldus, et surtout ce qu'il prévoyait pour retrouver les mangemorts. Mais il doutait fortement de l'efficacité de ses méthodes. Kingsley également et étant auror, ses doutes signifiaient vraiment quelque chose. Il leur rappela enfin l'importance de la lutte, et la réunion prit fin.
Lily savait que James voudrait sûrement rester pour parler au professeur. Sirius non plus ne semblait pas presser de partir. Ils restèrent donc tous les quatre et lorsqu'il ne resta plus qu'eux, le professeur vint s'asseoir non loin.
- « Nous avons vu Peter » lança Sirius de but en blanc
Lily sentit que James prenait sa main dans la sienne sous la table. Elle la serra un peu en signe de soutien et de réconfort.
- « C'était à prévoir… » murmura le vieux sorcier d'un air grave
- « J'étais loin de l'imaginer faisant de telles horreurs ! » souffla James
- « Ca me rend dingue ! Comment on a pu tellement se tromper sur lui ! » s'emporta Sirius en frappant du poing sur la table.
- « Doucement chéri… » tenta de le calmer Océane en posant sa main sur son bras.
- « Elle a raison, s'énerver ne sert à rien, et ne fais que nous embrouiller d'avantage l'esprit. Peter finira par être capturé et sera jugé pour ses actes, ce n'est qu'une question de temps »
Sirius grogna un peu mais ne répondit pas. Lily le regardait avec tristesse. Elle savait que dans ces moments là, son ami pensait à l'échange qu'ils avaient fait lors de leur premier Fidelitas. Elle savait également que malgré le fait qu'ils lui aient assuré, James et elle, qu'ils ne lui en voulaient absolument pas de les avoir inciter à cet échange, Sirius ne se le pardonnait pas.
- « Professeur, vous pensez que Peter a pu… deviner que nous n'habitions pas loin du lieu de l'attaque ? » demanda soudain Lily d'une voix blanche
Dumbledore la fixa d'un air grave. James, Sirius et Océane étaient pendus à ses lèvres, tous attendaient la réponse à cette question, ô combien angoissante… Visiblement, à part Lily, personne n'y avait pensé…
- « Je ne crois pas » murmura enfin le professeur « Peter sait que vous faites partie de l'Ordre du Phoenix, il n'y a donc rien d'étonnant à ce que vous soyez parti là bas en renfort… »
- « Mais nous somme arrivés si vite après l'attaque… » souffla James
- « Je ne pense honnêtement pas que Peter l'aura remarqué. Ni lui, ni aucun des autres mangemorts. Ils étaient occupés à semer la terreur et la violence… »
Un long silence accueillit cette déclaration…
- « Nous entrons dans une période sombre. Voldemort est maintenant fort de son succès, il y a fort à parier qu'il n'en reste pas là… » murmura avec gravité le professeur Dumbledore.
Lily se mit alors à frémir et sentit que James lâchait sa main pour encercler ses épaules de son bras. Elle se laissa aller à cette rassurante étreinte, elle en avait vraiment besoin.
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« Par Merlin, quel chantier ! » pensa Sirius en se postant devant ce qui avait été le centre commercial, avant l'attaque des mangemorts. Des barrières de sécurité avaient été placées de manière à délimiter un large périmètre de sécurité autour du bâtiment. Des centaines d'hommes et des femmes portant des blouses blanches et maniant de drôles d'instruments que Sirius ne connaissait pas, s'affairaient autour de la carcasse encore fumante du centre commercial. D'après les bribes de conversations qu'il avait réussit à entendre en se promenant parmi la foule des curieux qui se massait près des barrières, ces personnes étaient l'équivalent de leurs aurors et étaient chargé de trouver des indices permettant de retrouver les terroristes qui avait commis cet acte monstrueux. Sirius avait eu un sourire désabusé en pensant que ces moldus, aussi brillants soient-ils, auraient bien du mal à retrouver des mangemorts.
Il était venu ici directement après la réunion, laissant à Océane le soin d'aller chercher leur fille chez les Weasley. Il était venu seul, il sentait qu'il avait besoin de revenir ici. Il avait la rage. Il ne comprenait pas comment des personnes adultes et dotées d'un semblant de raison pouvait se livrer à ce genre d'acte inutile et injuste. Qu'est-ce que ces moldus avaient à voir dans cette guerre ? Qu'avaient-ils fait au Seigneur des Ténèbres à part le fait d'être moldu ? Le jeune homme serra un peu plus fort entre ses mains la barrière sur laquelle il s'appuyait et ferma les yeux. Au bout d'un moment, il fini par se calmer et desserra un peu son étreinte. Il se redressa et décida qu'il était grand temps qu'il rentre chez lui.
Il avait à peine faire quelque pas qu'on l'interpella.
- « Sirius Black ? »
Le jeune homme s'arrêta aussitôt. Il connaissait cette voix de femme, mais n'arrivait pas à y associer un visage. Curieux il se retourna et il la reconnut dès qu'il la vit. Difficile d'en être autrement, Flumena Daquaria ressemblait énormément à sa fille. Il lui fit un léger signe de tête et s'approcha d'elle avec un soupçon de méfiance. Que lui voulait-elle ?
- « Bonjour Sirius… » tenta-t-elle en lui tendant la main.
Surpris de voir qu'elle faisait l'effort de l'appeler par son prénom, le jeune homme répondit à sa poignée de main.
- « Bonjour madame Daquaria »
- « Je ne m'attendais pas à vous trouver ici… C'est horrible ce qui c'est passé hier » lança-t-elle en jetant un rapide coup d'œil en direction.
Sirius se contenta d'acquiescer d'un signe de la tête, il n'avait pas envie de s'étendre sur le sujet, il n'était pas sur de réussir à rester calme.
- « Je peux vous aider ? » demanda-t-il alors à la mère de sa fiancée car il voyait bien qu'elle semblait mal à l'aise, comme si elle voulait lui parler de quelque chose mais qu'elle n'osait pas.
Elle releva ses yeux bleus vers lui et souffla.
- « J'étais venu jusqu'ici pour voir Océane »
Sirius la regarda un moment avec surprise. Elle voulait voir Océane alors qu'elle et son mari l'avaient reniée ?
Néanmoins, il se reprit vite, car il ne voulait pas laisser passer la moindre chance de réconciliation entre Océane et sa famille. Si Flumena Daquaria voulait parler à sa fille, il lui en donnerait l'occasion.
- « Je rentrais justement, venez avec moi » proposa Sirius en enfonçant bien profondément ses mains dans ses poches.
Mine de rien, discuter avec la mère de Océane le mettait assez mal à l'aise. Il n'avait jamais fait face à ce genre de situation auparavant. En plus, la dernière fois qu'il l'avait rencontré, cela avait fini par des cris et des injures… Il fallait bien se l'avouer, Sirius n'en menait pas large.
- « Avec plaisir » répondit Flumena en lui adressant un faible sourire.
Sirius se racla alors la gorge et d'un signe de tête, l'invita à le suivre. Par Merlin ce qu'il pouvait être mal à l'aise et nerveux. Ils prirent alors le chemin de la maison de la famille Black. Ils ne parlaient pas et au fur et à mesure qu'ils avançaient, le silence pesait de plus en plus à Sirius. Il sentait sa gorge s'assécher et ses mains devenir moite. Il avait envie de rompre cet oppressant silence mais ne savait pas comment s'y prendre. Il n'avait adressé qu'une seule fois la parole à cette femme et s'était fait jeter de chez elle comme un malpropre. C'est vrai qu'à bien y réfléchir, c'était surtout le père d'Océane qui avait été très virulent et qui s'était le plus emporté, mais Sirius n'avait pas le souvenir que cette femme ait pris sa défense.
Il n'allait tout de même pas lui reparler de cette toute première rencontre… Il ne tenait pas spécialement à se faire insulter de nouveau. Mais que dire, par Merlin que dire. Ce silence qui s'éternisait allait finir par le rendre fou. Il ne savait rien de la mère d'Océane, comment pouvait-il essayé d'engager une conversation… Parler d'Océane semblait risqué, d'après ce qu'il se rappelait des relations tendues entre les deux femmes. Il se mit alors à réfléchir à toute vitesse et trouva une idée et misa sur l'instinct maternel en espérant vraiment que toutes les femmes en soient pourvues.
- « Lalyh commence à parler » lança-t-il de but en blanc.
Il sentit Flumena sursauter légèrement, visiblement elle ne s'attendait pas à ce qu'il lui adresse la parole.
- « Oh ! Ca fait longtemps ? » demanda-t-elle en esquissant un faible sourire
Sirius se sentit soulagé, c'était gagné, il avait engagé un dialogue. Sa fille serait sa sauveuse.
- « Assez oui… Elle dit ''Papa'', ''Maman'' et des autres petits mots, pas grand-chose encore… Mais elle sait très bien se faire comprendre »
Le jeune homme vit sa belle mère sourire doucement.
- « Océane était comme ça aussi. Elle ne parlait que quand elle avait besoin de quelque chose… »
Puis une ombre passa sur son visage et le silence retomba sur eux, affolant Sirius. Il n'allait tout de même pas laisser une situation de gêne se réinstaller entre eux ! La route était encore longue jusqu'à la maison.
- « Elle marche aussi ! » s'exclama-t-il alors précipitamment « Depuis hier ! »
Il
sentit qu'il captait une nouvelle fois l'attention de la mère
d'Océane et se décida donc la lui raconter les
premiers pas de Lalyh, il enchaîna ensuite sur quelques petites
anecdotes. Parlez de sa fille était une chose facile pour lui,
il était tellement fier d'elle qu'il en devenait
intarissable. A côté de lui Flumena l'écoutait
en souriant doucement et en hochant la tête par moment, jusqu'à
ce qu'ils finissent par arriver devant la maison de la famille
Black.
Sirius s'arrêta et s'apprêtait à la
faire entrer dans le jardin quand le regard surpris de Flumena lui
rappela que la maison, soumise au Fidélitas, était
invisible pour elle.
- "Euh... Il faut que j'aille chercher quelque chose... Ne bougez pas je reviens..." bafouilla-t-il
- "Mais..."
- "Je reviens !" assura Sirius en poussant la porte de son jardin.
Il entendit la mère de sa fiancé pousser un petit cri de surprise au moment où il disparaissait de sa vue et il se mit à sourire. En courant, il entra chez lui et courut dans le bureau d'Océane. Il savait qu'elle conservait dans un de ses tiroirs un parchemin sur lequel leur adresse était écrite de la main de leur Gardien du Secret. Il le trouva rapidement et tout aussi vite se rua à l'extérieur et sortir de son jardin. Flumena sursauta à son arrivée.
- "Comment ? Comment..." bafouilla-t-elle
- "Lisez..." lança-t-il à Flumena qui le regardait d'un air sceptique "Lisez où vous ne pourrez pas entrer. C'est une mesure de précaution... Je ne plaisante pas avec la sécurité de mes petites femmes !"
En esquissant un sourire, Flumena prit le morceau de parchemin et le lu silencieusement avant de le rendre à Sirius. Tout comme sa fille quand elle avait vu pour la première fois un Fidélitas en action, la mère d'Océane ne put s'empêcher de pousser un cri de surprise en voyant apparaitre la maison de la famille Black.
- « C'est là ! » souffla Sirius en ouvrant la grille du jardin.
- "C'est incroyable..." souffla sa future belle mère.
Flumena pénétra dans la propriété et Sirius l'invita à entrer dans la maison.
- « Océane ! » cria-t-il alors qu'il ôtait ses chaussures et qu'il les lançait dans un coin de l'entrée comme à son habitude « Océaaaaaaaaaaane ! »
Mais il n'eut que le silence pour réponse. La jeune femme n'était pas rentrée de chez les Weasley. Il jeta un rapide regard à sa belle mère et eut un peu de mal à déglutir. Combien de temps encore devrait-il rester seul avec cette femme qui le mettait tout de même assez mal à l'aise. « Ironie du sort, le grand Sirius Black mis en difficulté par une dame » pensa Sirius en passant devant elle. Il n'allait tout de même pas la laisser dans l'entrée.
- « Elle n'est toujours pas là, mais elle ne devrait pas tarder » lança-t-il en l'invitant à le suivre dans le salon.
Il constata qu'elle regardait tout autour d'elle, observant attentivement la maison, Sirius réalisa alors que c'était la première fois qu'elle y mettait les pieds.
- « C'est une grande maison… » murmura-t-elle au bout d'un moment, confortablement assise dans un fauteuil
- « Assez grande oui… » répondit le jeune homme
- « Elle a du coûter cher »
- « L'argent n'est pas un problème. J'ai reçu il y a plusieurs années un héritage confortable et maintenant je gagne ma vie. Cette maison plaisait beaucoup à Océane, je n'ai pas hésité une seconde… Et puis il y a un jardin. Lalyh a de la place pour jouer. Vraiment je ne regrette pas »
Flumena se contenta d'hocher la tête.
- « J'aime vraiment votre fille vous savez. Je veux ce qu'il y a de mieux pour elle… » souffla-t-il, dans une impulsion.
Flumena n'eut pas le temps de répondre car le bruit d'une porte qu'on ouvre se fit entendre suivit d'un
- « Coucou ! C'est nous ! »
Océane venait d'arriver. Sirius vit alors sa belle mère se raidir et lui-même se sentit tendu. Il n'avait pas penser à quelque chose de très important en invitant Flumena chez lui : quelle allait être la réaction d'Océane. Se maudissant de ne pas avoir réfléchit un peu plus avant de lui proposer son hospitalité il s'écria.
- « Viens dans le salon, nous avons de la visite ! »
Il entendit le magnifique rire de sa fiancée avant qu'elle lui réponde.
- « Tu n'es pas seul ?! J'espère au moins que tu n'es pas avec une femme… »
- « C'est-à-dire que… »
Mais le jeune homme laissa sa phrase en suspens. Océane, qui tenait Lalyh dans ses bras venait d'entrer dans le salon et s'était figée en voyant sa mère. L'atmosphère de la pièce changea immédiatement. Il y régnait désormais une ambiance tendue teintée de malaise. Les deux femmes se regardaient droit dans les yeux sans bouger. Sirius eut un peu de mal à déglutir.
- « Papa ! » lança Lalyh soudain en tendant ses petits bras dans la direction de son père.
Sirius s'approcha et la prit à son cou avant de l'embrasser doucement. L'atmosphère se détendit alors un peu.
- « Bonjour Océane » souffla Flumena « bonjour Lalyh… »
- « Qu'est-ce que tu fais ici ? » demanda Océane d'une voix un peu sèche « Papa sait que tu es là ? »
- « Non… Océane il faut que l'on discute… »
- « Je vais vous laissez… » commença Sirius
- « Non ! » répondirent en cœur Océane et sa mère en le fixant.
Sirius se mit alors à sourire et alla s'asseoir sur le canapé, Lalyh confortablement installé sur ses genoux lui faisant un câlin. Océane vint prendre place près de lui et Flumena reprit sa place dans le fauteuil d'où elle s'était levé pour accueillir sa fille.
- « Ton père ne sais pas que je suis là et il s'énerverait sans doute s'il le savait mais il fallait que je vous voit » commença Flumena « Vous êtes tous les deux venu nous voir séparément et je ne vous avait encore jamais vu ensemble, tous les trois »
Sirius et Océane échangèrent un regard à la fois étonné, agacé et amusé, et la jeune femme glissa sa main dans celle de son fiancé.
- « Vous êtes mignons tous les trois… » souffla Flumena en souriant et Sirius s'amusa de voir Océane rougir. « Je suis contente de pouvoir vous voir ensemble et d'avoir pu parler un peu et normalement avec Sirius. »
Océane jeta un regard étonné et son fiancé qui lui répondit par un sourire.
- « Vous vous aimez, c'est évident. Vous n'êtes ensemble dans cette pièce que depuis quelques minutes et déjà je sais que tout ce que vous m'avais dit est vrai. Vous êtes heureux ensemble »
- « On est une famille… » poursuivit Océane d'un air de défi « Je vous l'ai dit mais vous n'avez pas voulu me croire »
- « Moi je t'ai cru, sinon je ne serais pas venue » rétorqua sa mère d'un air sévère.
La jeune femme baissa les yeux.
- « Mais Papa non… »
- « Océane, ton père est têtu, tu le sais. Il n'a pas supporté ce que tu lui as dit la dernière fois, quand tu lui as avoué que c'est toi qui avais refusé d'épouser Sirius lorsque tu étais enceinte. »
Le jeune homme fixa sa fiancée avec surprise. Elle avait été dire cela à son père ?!
- « Pour lui » reprit Flumena « Sa fille devait faire un beau mariage avec un bon parti et vivre heureuse. Et, Sirius n'est pas vraiment l'image qu'il se fait d'un bon parti »
- « Mais c'est n'importe quoi ! » s'indigna Océane « J'aime Sirius, j'aurais un beau mariage et je serais très heureuse ! »
Le jeune homme sentit son cœur se gonflé de fierté et l'entendant dire cela et serra un peu plus sa main dans la sienne.
- « C'est quoi un bon parti pour lui ? Hein ?! » reprit Océane avec véhémence « C'est un homme avec de l'argent, une bonne situation et une bonne famille ?! Sirius a tout ça, de l'argent et un bon travail, et moi je préfère qu'il reste loin de sa foutue famille ! »
Sirius esquissa un sourire.
- « Il est parfait pour moi ! Pourquoi Papa ne veut pas s'en rendre compte ? Il le juge sans même le connaître ! Il ne me fait pas confiance ! Il m'a reniée »
- « Ton père souffre d'avoir fait ça, mais il refuse d'admettre qu'il a tort. Je ne suis pas d'accord avec lui Océane. Le peu que je connais Sirius, j'ai envie de lui faire confiance quand il me dit qu'il t'aime et qu'il ne veut que ton bonheur. Il suffit de le voir parler de Lalyh pour se rendre compte à quel point il peu vous aimer. Ton père s'en apercevra, mais il lui faudra du temps. Moi par contre, je veux faire des efforts et tout de suite. Je ne veux pas manquer le mariage de ma fille »
Océane se redressa alors et la regarda fixement. Sirius lâcha sa main et vint la glisser délicatement sur son dos.
- « Tu es ma seule enfant et un mariage est un évènement marquant dans une vie… J'ai déjà ratée les premiers temps de la vie de ma petite fille… Océane s'il te plait, laisse moi un peu être présente pour le reste »
Sirius observa un moment les deux femmes qui se jaugeaient du regard. Il fit glisser sa main sur la taille de sa fiancé qu'il caressa doucement du pouce pour l'inciter à accepter la demande de sa mère. Quoiqu'elle en dise, Océane avait besoin de sa mère près d'elle, ou du moins, elle avait besoin de savoir qu'elle pouvait lui parler quand elle en avait besoin. La jeune femme tourna sa tête vers lui et le regarda fixement. Il lu dans ses beaux yeux sa crainte, son envie mais aussi qu'elle n'avait pas encore complètement régler ses comptes avec sa mère et que cela prendrait encore du temps. D'un sourire, il l'incita accepter les efforts de sa mère pour tenter de renouer le contact. La jeune femme se tourna alors vers mère.
- « Je t'en veux encore tu sais de m'avoir rejetée et de ne pas nous avoir fait confiance plus tôt à Sirius et moi » murmura-t-elle
- « Je comprends… » souffla-t-elle
- « Mais je sais que j'ai envie que tu sois là quand je me marierais » continua Océane en esquissant un sourire.
Les deux femmes se levèrent alors et tombèrent dans les bras l'une de l'autre. Flumena embrassa sa fille sur les deux joues en souriant.
- « Je ne t'ai pas le droit de te priver de ta petite fille… » continua Océane en souriant également
- « Elle est tellement belle et adorable… » répondit Flumena d'une voix émue
- « Oh oui » souffla Océane tandis que Sirius embrassait le haut de la tête de sa fille qui était étonnamment calme pour l'instant.
- « Et ce mariage ! » reprit Flumena d'une voix enjouée malgré l'émotion.
Les deux femmes se lancèrent alors dans une longue discussion sur les préparatifs sous le regard ravi de Sirius.
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- « Dobby ? Tu peux venir s'il te plait ? »
L'elfe se redressa aussitôt et sans attendre transplana. Il aimait beaucoup sa maîtresse et faisait toujours son possible pour la contenter au mieux. Il ne lui serait jamais assez reconnaissant de l'avoir tirer de ce sordide magasin où il croupissait au milieu des autres elfes de maison qui n'aurait pas la chance de servir une famille aussi bonne et gentille que la famille Potter.
Sa maîtresse était dans le salon, avec le maître. Il la regardait avec un air grave comme s'il craignait qu'il ne lui arrive quelque chose. Dobby savait bien que ses maîtres faisaient des choses dangereuses. Il entendait les conversations et savait qu'avec leurs amis, ils luttaient contre cet horrible mage noir qui terrorisait tout le monde. Il conservait les secrets de ses maîtres comme un trésor. Dobby était très fier de ses maîtres et pour rien au monde n'aurait voulu leur faire du tort. Il faisait toujours tout pour être un bon elfe et si un jour sa douce et jolie maîtresse était en danger, il serait prêt à donner sa vie pour elle.
- « Madame m'a appelé… » lança-t-il alors en s'inclinant le plus bas qu'il pouvait
- « Oui Dobby. Je sors, il faudrait que tu viennes avec moi » répond Lily en souriant
L'elfe la regarde d'un air ravi. Il aimait voir sa maîtresse de bonne humeur, ce qui n'avait pas été beaucoup le cas ces derniers temps.
- « Tout ce que vous voulez madame » répondit-il
- « Très bien, je file me changer et j'arrive » répond Lily avant de prendre les escaliers pour se rendre à l'étage.
L'elfe s'apprêta alors à rejoindre la cuisine mais se stoppa en attendant qu'on l'appelait de nouveau
- « Dobby ! Attends »
Il se retourna et constata que son maître s'approchait de lui et s'accroupissait pour arriver à sa hauteur.
- « Oui monsieur… »
- « Lily veut aller chez Slughorn pour aller récupérer quelque chose. C'est une potion très mauvaise pour elle et le bébé, je voudrais que tu fasse en sorte qu'elle ne s'en approche pas et qu'elle porte bien un sort de protection »
Dobby acquiesça alors fortement de la tête. Il ne laisserait jamais rien de mal arrivé à sa maîtresse et à son nouveau petit, son maître pouvait en être sur.
- « Oh, et tant que j'y pense… Observe si Horace Slughorn se comporte bien avec elle » ajoute-t-il un peu plus bas.
Dobby se mit à sourire. Il savait que son maître n'aimait pas que d'autre mâle s'approche de sa femme, il n'avait pourtant rien à craindre, cela se voyait comme le nez au milieu de la figure tout les deux étaient bien ensemble et très amoureux.
- « Oui maître » répondit-il tout de même
- « Et pas un mot à Lily ! » lança James en se redressant
- « Monsieur peut compter sur moi » lui assura Dobby en s'inclinant de nouveau
- « Doooobbyyyyy ! » cria alors la maîtresse depuis l'étage « Prépare un grand chaudron s'il te plait ! »
Après avoir entendu son maître soupirer, Dobby se rendit dans la cuisine pour prépare ce qu'on lui avait demandé et lorsqu'il revint dans le salon, il se sentit rougir jusqu'à la pointe de ses oreilles d'elfes. Ses maîtres étaient enlacés, la main de son maître poser sur le ventre de sa femme et ils se disaient des mots doux à l'oreille. Dobby détourna le regard pour ne pas les voir s'embrasser. Un elfe de maison n'avait pas à voir ce genre de scène…
- « On y va ? » lança alors Lily.
Sans plus attendre, Dobby souleva le chaudron et se dirigea vers la sortie.
- « A toute à l'heure ! » lança James pendant qu'ils franchissaient la porte.
- « Il est inquiet pour moi » souffla Lily en fixant l'elfe
- « Parce qu'il aime beaucoup ma maîtresse… »
Horrifié par ce qu'il venait de dire, Dobby se frappa violemment la tête sur le bord du chaudron. Qui était-il pour se permettre de faire des remarques sur les sentiments de ses maîtres ? Il était un vilain elfe ! Vilain !
- « Eh Dobby ! Arrête ça ! » demanda Lily en posant sa main entre son front et le chaudron « Tu n'as rien dit de mal »
L'elfe, soulagé, arrêta aussitôt son autopunition et fit un large sourire à sa maîtresse.
- « Madame est très gentille avec Dobby, Dobby aime beaucoup sa maîtresse »
Lily lui fit alors un beau sourire et posa sa main sur son crâne pour pouvoir le faire transplaner avec elle. Ils arrivèrent devant une grande maison. La jeune femme posa sa main sur son ventre et prenant une grande inspiration elle frappa à la porte.
L'homme qui ouvrit fit penser à un morse à Dobby qui remarqua immédiatement son ventre proéminent et son impressionnante moustache.
- « Lily ! » s'exclama-t-il « Mais que faites vous là ? Vous êtes folle ! Votre bébé ! »
- « Professeur, je sais très bien ce que je fais » assura Lily en souriant « Puis-je entrer ? »
- « Mais bien sur… » répondit leur hôte en s'effaçant pour les laisser passer.
Dobby sentit sur lui son regard de dédain et cela le vexa. On ne l'avait pas habitué à lui porter ce genre de regard. Il était traité avec respect chez ses maîtres et n'aimait pas cet homme qui le regardait comme de la vermine. Il décida alors de bien garder un œil sur cet homme, encore plus que ce que son maître lui avait demandé. Il se posta dans un coin de la pièce et se fit le plus discret possible tandis que Lily s'installait dans un fauteuil moelleux.
- « Qu'êtes-vous venue faire ici Lily ? » commença Slughorn « Ne me dites pas que vous voulez revenir travailler ici, pas après ce qui vous est arrivé ! »
- « Non, Horace, bien sur que non… » répondit la jeune femme en souriant « Mais je veux tout de même continuer à travailler avec vous »
L'homme-morse eut l'air surpris et la fixa avec des yeux ronds.
- « Je ne comprends pas… »
- « Professeur, ces recherches que nous faisons, me tiennent vraiment à cœur ! J'ai vraiment très envie de continuer nos travaux car je sais que nous pourrons arriver à un très bon résultat sur le développement des facultés intellectuelles… »
- « Mais dans votre état… »
- « Je sais » le coupa la jeune femme « Je suis consciente du risque que cela représente pour mon bébé et moi, mais il existe des mesures de protection et je compte faire faire le gros œuvre par Dobby »
L'elfe se redressa en entendant son nom. Il n'en croyait pas ses grandes oreilles en feuilles de choux, sa maîtresse lui faisait suffisamment confiance pour lui confier quelque chose de visiblement très important. Il se sentit fier tout d'un coup et bomba le torse.
- « Dobby ? » demanda Slughorn
- « Mon elfe de maison… »
- « Vous confieriez un travail comme celui-ci à… un elfe ! »
- « Cette potion ne demande aucune manipulation qu'un elfe ne saurait faire ! » rétorqua la jeune femme
Dobby eut alors un élan d'admiration et de reconnaissance pour elle de la voir prendre si vaillamment sa défense. Il savait que la plupart des sorciers considérait les elfes comme des moins que rien… Slughorn fixa un moment Lily sans rien dire avant de faire un geste de main fataliste pour signifier qu'elle avait raison.
- « Oui, c'est vrai. La difficulté de cette potion réside dans l'innovation et la dangerosité des mélanges… Nous en savons quelque chose…. »
Lily hocha doucement la tête.
- « Professeur, laissez moi continuer à vous aider ! Je peux le faire de chez moi, avec des sorts de protections pour que je n'inhale pas de produits toxiques et Dobby m'aidera. Je sais que vous avez besoin de mon aide pour avancer plus vite ! S'il vous plait ! » demanda-t-elle
Slughorn la fixa d'un air grave.
- « Je ne veux pas prendre de risque ! Qu'en pensera votre mari, je n'ai pas envie de recevoir ses foudres… »
La jeune femme esquissa un sourire.
- « Nous en avons déjà discuté tous les deux et j'ai fini par le convaincre. Il m'a imposé plein de consignes de sécurités, mais je suis tout à fait d'accord avec lui. J'y ai vraiment réfléchi professeur. Ce n'est ni un caprice, ni une envie de femme enceinte. Je sais que cette potion est importante et je tiens vraiment à vous aider ! Me croyez vous assez inconsciente pour faire deux fois de suites les mêmes bêtises ! »
Son ton était devenu beaucoup plus dur et elle était devenue grave. Dobby pensa alors que ce travail devait vraiment beaucoup tenir à cœur à sa maîtresse, et se jura que si jamais il devait l'aider, il se surpasserait pour ne pas la décevoir.
- « Lily… »
- « Horace ! »
Slughorn la fixa d'un air étonné avant d'esquisser un sourire.
- « J'aurais du m'en souvenir, vous obtenez toujours ce que vous voulez… » s'amusa-t-il « Très bien, Lily, puisqu'il semblerait que je n'ai pas le choix… Je vais être obligé d'accepter votre offre. »
- « C'est vrai ?! »
- « Oui, et je vous avoue que cela m'arrange énormément. Je n'avance plus sans votre aide. Je n'avais pas réalisé à quel point vous m'étiez précieuse… » Dobby haussa un sourcil en attendant la suite de la phrase « … dans mes travaux. Vous êtes tellement talentueuse ».
Rassuré, l'elfe baissa sa garde.
- « J'ai de plus en plus de mal à innover et je n'ai pas votre instinct… »
- « Vous allez me faire rougir ! » répondit la jeune femme en souriant.
- « Je suis sincère… Vous êtes excellente en potion »
- « Parce que j'aime ça… » répondit simplement la jeune femme. « Et c'est pour ça aussi que je veux continuer »
- « Vous êtes têtue »
- « Je sais »
Tous les deux se fixèrent un moment d'un air amusé avant que l'homme-morse se lève.
- « Je suppose que si vous êtes venue avec votre elfe et votre chaudron, c'est pour prélever un échantillon de notre travail »
- « Exactement » répondit la jeune femme « Et aussi un peu des ingrédients qui… »
Dobby cessa de suivre la conversation. De toute façon il n'y comprenait rien. Après quelques minutes d'une discussion pointue, l'elfe vit Lily s'appliquer un sort. Une bulle d'oxygène se forma sur son visage, lui fournissant de l'air sain et pur. Il fut soulagé de voir qu'il n'aurait pas à lui demander de se protéger… Puis tous les trois se rendirent dans une pièce secrète qui ressemblait à un laboratoire. Slughorn déversa, sous l'œil attentif de Lily une bonne quantité de potion dans le chaudron que tenait Dobby. La jeune femme sélectionna ensuite quelques ingrédients qu'elle rangea bien soigneusement. Elle resta encore un petit moment à consulter les dernières notes de leur hôte. Puis ils finirent par se saluer et la jeune femme quitta la maison du professeur. Elle n'enleva pas son masque d'oxygène pour autant.
- « Fais bien attention à ne pas en reverser… » souffla-t-elle avant de poser sa main sur son crâne pour transplaner de nouveau.
Dobby serra bien fort le chaudron contre lui pour ne pas en perdre la moindre goutte et arriva à la maison des Potter sans encombres. Il alla installer le chaudron dans une pièce du rez-de-chaussée qui jusqu'alors était inutilisé et une fois tout rangé, ils quittèrent la pièce. Sa maîtresse ôta alors son masque.
- « Voilà une bonne chose de faite ! » déclara-t-elle en souriant « Dobby, je compte sur toi pour m'aider »
- « Oui madame » répondit l'elfe en souriant
- « Et fait aussi en sorte qu'aucun enfant n'entre dans cette pièce…. Ou même mieux. Fait en sorte que les seules personnes qui puissent entrer ici soit toi et moi… »
- « Oui madame… »
- « Et maintenant, va faire ton rapport à James » déclara-t-elle en souriant « Il pense peut-être que je ne l'ai pas entendu tout à l'heure ! »
Dobby se mit alors à sourire avant de transplaner pour retrouver son maître.
