Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en générale mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre quatre vingt cinq : Deux mondes, une seule famille


« Les mots ne sèchent pas les pleurs,
Les mots ne réparent pas les cœurs,
Le rêve s'endort,
Mais pas l'espoir.
(…)
C'est la force de ce lien qui nous lie
Deux mondes, une seule famille
(…)
Crois en ce qui compte le plus pour toi
Deux mondes, une seule famille »
Tarzan (W. Disney)

C'était encore une longue journée qui s'annonçait au Quartier Général des Aurors ce matin là. En soupirant, Fol Œil ouvrit la porte de son bureau et se laissa tomber sur sa chaise. Devant lui, l'éternelle pile de ses dossiers en retard penchait dangereusement, menaçant de tomber à chaque instant. Mais il ne s'en souciait pas. Toutes affaires cessantes, il s'était jeté dans ce nouveau et morbide dossier, l'attaque du Chemin de Traverse. Un nombre impressionnant d'aurors avait été mis sur le coup. Ils avaient pour ordre de résoudre cette histoire au plus vite. En effet, aux vues de l'horreur de la situation, le Ministère avait fait d'énorme pression sur les témoins de la scène pour qu'ils ne dévoilent rien de cette histoire. De lourdes sommes d'argent avaient été versées, des compromis mis en place. Fol Œil savait par exemple qu'un délinquant multirécidiviste, présent sur le lieu du crime, avait été gracié par le Ministre lui-même en échange de son silence absolu dans cette affaire. Un embargo avait été posé sur les médias. Tout ce qui portait une carte de presse était très soigneusement mis à l'écart, d'une manière souvent brutale et aucun badaud n'avait pu posé le pied sur le Chemin de Traverse depuis l'attaque. Fol Œil ne se faisait pas d'illusions, cela ne durerait pas éternellement. Il ne faudrait pas longtemps avant qu'il n'y ait des fuites et alors… Il préféra ne pas y penser. Comment réagirait la population sorcière si elle venait à découvrir que des moldus avaient pénétré sur le Chemin de Traverse dans le seul but de tuer. Car au fil des heures, cela devenait de plus en plus limpide. Il n'existait aucun lien entre les différentes victimes. Elles avaient toutes été tuées au hasard, dans le seul but de verser le plus de sang possible.

Il ouvrit le dossier pour y consulter le nom des victimes mais aussi celui des témoins. Il avait rendez vous cinq minute plus tard dans le bureau du Commandant des aurors pour répartir les tâches et d'ici une petite heure, il serait sur le terrain. Une fois les noms mémorisés, Fol Œil se leva et quitta don bureau, prenant la direction de la salle de réunion. Il y arriva le premier et se servit une immense tasse de café noir et fumant. La journée allait être éprouvant. Il avait beau être auror depuis des années, certaines situations le mettaient toujours mal à l'aise. Rencontrer les familles des victimes était l'une d'entre elle. Et cela était d'autant plus difficile que la porte avait été violente. Il se voyait déjà attendre que les sanglots de la maman de la petite Ally, dix ans, cessent pour pouvoir continuer à lui poser des questions sur ce qui s'était passé…

Il fut tiré de ses pensées par l'arrivée de quatre jeune aurors. Le reste des hommes dépêchés sur cette affaire ne tarda pas à arriver et enfin le Commandant des aurors fit son entrée dans la pièce. Le silence s'installa aussitôt dans la salle, et tous se tournèrent vers lui.

- « Très bien… » commença-t-il « Bonjour à vous tous. Nous avons une lourde journée devant vous, le Ministre s'impatiente et demande des résultats au plus tôt. Je vous ai divisé de trois groupes, un qui se chargera d'enquêter en milieu moldu, l'autre sur le Chemin de Traverse et le dernier se chargera une nouvelle fois de prendre les dépositions des témoins. Méfiez vous, la presse devient de plus en plus gênante et surtout de plus en plus fouineuse. Ne laissait absolument rien filtrer ! »

Fol Œil grogna un peu. Le Commandant oubliait-il que bien souvent quand la presse voulait découvrir quelque chose, elle le découvrait tôt ou tard…

- « Vos instructions ainsi que le groupes dans lequel vous êtes nommé ce trouve dans ce dossier… » continua le Commandant tandis que d'un coup de baguette, il faisait apparaître devant chacun des aurors présents une pochette de papier brun portant le sceau de la Division des Aurors et la mention '' secret défense''. « Bon travail à vous, prochaine réunion demain matin, même heure, même lieu »

Sur ces mots, il quitta la salle d'un pas vif. Fol Œil ouvrit le dossier devant lui et sursauta en voyant qu'il avait été affecté au deuxième groupe. Il n'allait tout de même pas gâcher son expérience et ses aptitudes à ratisser le Chemin de Traverse comme n'importe quel auror de base ! Il se leva d'un bond, et en colère prit la même direction que celle prise par le Commandant quelques instants plus tôt. Il le rattrapa rapidement.

- « Commandant ! » lança-t-il de sa voix forte.

L'homme sursauta et se retourna vers lui d'un air grave.

- « Un problème Maugrey ? » demanda-t-il

- « Plutôt oui ! » répondit Fol Œil en brandissant sa pochette sous le nez « Le deuxième groupe ?! Tu te moques de moi Commandant ? »

L'homme le regarda d'un air grave et répondit avec sérieux.

- « Je t'ai mis dans le groupe où tu seras le plus efficace »

- « Bon sang ! Je suis doué pour faire parler les gens moi ! Pas pour faire des croquis de scène de crime ! C'est pour la bleusaille ça ! » s'emporta Fol Œil en faisant de grands gestes.

- « Calme toi, tu veux ! » ordonna le Commandant « Ce sont des moldus qu'ils faut interroger ! Tu connais ce milieu aussi bien qu'un troll ! Il nous faut de la discrétion Fol Œil ! Tu comprends ça ! Alors je t'ai placé dans le groupe deux et puis c'est tout ! »

- « Bien Commandant ! » grogna Fol Œil d'un air mauvais alors que l'homme poursuivait son chemin dans le couloir.

D'un geste rageur, il froissa son dossier et le fourra sans douceur dans une de ses poches et revint sur ses pas et rejoignit les autres aurors affecté au même groupe que lui. Ensemble, ils se rendirent sur le Chemin de Traverse qui était bouclée de bout en bout. Personne à part eux ne pouvait pénétrer dans l'allée sorcier. Cette situation ne pouvait pas durer très longtemps encore. C'était toute l'économie du Londres sorciers qui risquait d'être perturbée. De mauvaise humeur, Fol Œil enjamba le cordon de sécurité en foula le sol de l'allée. Il fit quelques pas et s'arrêta, les mains sur ses hanches, l'air grave. Rien n'avait été touché depuis l'attaque, la moindre trace de sang était encore intacte. Cela avait été un massacre. Il sentit alors quelqu'un arriver derrière lui. Il se retourna et fit face à un de ses jeunes collègues, l'auror Thomas King.

- « On est tous les deux aujourd'hui » annonça-t-il d'un ton égal mais en évitant de le regarder.

Un sourire mauvais étira les lèvres de Fol Œil. Il ne portait pas son collègue dans son cœur. Le souvenir de l'interrogatoire qu'il lui avait fait subir après l'évasion des mangemorts d'Azkaban lui restait en travers de la gorge. Il avait eu beau crier son innocence, ce petit prétentieux n'avait pas voulu le croire. Et même après avoir été reconnu non coupable et victime dans cette affaire, King avait passé de très longues semaines à le regarder en coin et à méfier de lui. Travailler avec lui aujourd'hui lui permettrait peut être de lui en faire baver… Il allait voir ce qu'il allait voir.

- « On commence par quoi ? » demanda King en ouvrant son dossier d'instruction

- « On s'occupe du fond de l'allée… » grogna Fol Œil en se dirigeant vers le lieu qu'il avait indiqué.

Tous deux s'arrêtèrent devant la trace magique sur le sol qui indiquait l'endroit où avait été retrouvé un cadavre. Une petite note magique flottait au dessus de la trace.

« Mickael Corbis, 35 ans, célibataire »

Fol Œil observa alors attentivement tout autour de lui. Il n'y avait rien de spécial. On ne voyait pas, comme c'était le cas ailleurs, de traces d'impact sur le mur qui faisait face. Cela signifiait que la balle avait dû rester à l'intérieur du corps du pauvre homme. Fol Œil comprenait mal comment une chose aussi petite pouvait tué. Avant de commencer leurs investigations, tous les aurors avaient suivit une rapide formation sur les armes à feu moldues. Arthur Weasley qui s'était chargé de la présentation avait fait preuve, comme à son habitude d'un enthousiasme débordant bien que la situation ne s'y prêtait pas vraiment. Fol Œil n'avait pas été très attentif au cours de cette réunion. La seule chose qu'il en avait retenu était qu'il était étonnant qu'une chose si petite et insignifiante qu'une balle, il avait eu l'occasion d'en tenir une entre ses mains, puissent faire autant de dégâts.
Il soupira alors et fit apparaître un morceau de parchemin et une plume qu'il tendit à son collègue.

- « Tiens King, fait donc un rapport… » grogna-t-il d'un ton qui n'acceptait aucune critique.

- « Mais et toi… » demanda le jeune auror en prenant ce qu'il lui tendait

- « Je vais me renseigner… »

- « On n'est pas dans le groupe des interrogatoires… » protesta le jeune homme assez violemment

- « Ferme là King ! » grogna Fol Œil en s'éloignant de quelques pas.

Il se tourna alors et regarda les bâtiments qui lui faisaient face. Son regard se posa sur une fenêtre. Quelque chose attira son attention. Le rideau venait de bouger, il y avait quelqu'un dans cet appartement. Il décida alors d'en avoir le cœur net. Il traversa la rue et s'engouffra dans le hall de l'immeuble, il monta quatre à quatre les marches de l'escalier et arriva bientôt à un palier. Il y avait deux portes. Il réfléchit un court instant pour se remémorer où frapper. C'est d'un pas décidé qu'il se dirigea vers la porte et cogna fortement. Il n'eut aucune réponse, pourtant il savait qu'il y a avait quelqu'un, ce qui était surprenant car toutes les habitations avaient été évacuée par mesure de sécurité mais il savait ce qu'il avait vu.

- « Brigade des Aurors ! » hurla-t-il alors en continuant à tambouriner sur la porte. « Ouvrez ou j'enfonce la porte ! »

Il attendit alors un petit hoquet de derrière la porte.

- « Ouvrez ! »

- « D'accord… D'accord… » murmura une voix tremblotante.

Le bruit d'un verrou que l'on débloque se fit entendre et bientôt, la porte s'ouvrit pour laisser place à une vieille femme. Elle était toute petite, et ses cheveux blancs et fins étaient attachés en un chignon serré, impeccable.

- « Auror Maugrey » se présenta Fol Œil « Puis-je savoir madame ce que vous faites ici ? »

- « C'est mon appartement » répondit faiblement la vieille « Je vous en pris, entrez… »

Fol Œil pénétra donc dans le petit appartement et fit quelques pas pour se rendre à la fenêtre, il en écarta délicatement le rideau et observa un court instant King qui assit sur le trottoir noircissait son morceau de parchemin. Il se tourna ensuite vers son hôtesse.

- « Que faites-vous là ? Tous les habitants ne devaient-ils pas être évacués ? » demanda-t-il

- « Si, mais ici c'est chez moi et je n'en partirai pas ! » rétorqua le vieille femme avec détermination.

- « Comment avait vous fait pour revenir ici ? » demanda-t-il en croisant ses bras sur sa poitrine.

- « Par ma cheminée » répondit-elle simplement « Et n'essayez pas de me faire partir d'ici parce que je reviendrais monsieur Maugrey. J'ai vécu toute ma vie dans cette appartement, j'y ai vécu tout le temps de la première guerre, je ne le quitterais pas pour celle-ci »

Fol Œil se mit alors à sourire et détourna le regard. La détermination de cette vieille femme l'amusait grandement.

- « Vous savez que vous n'avez pas le droit d'être ici » lui indiqua-t-il tout de même

- « Je sais, mais je ne dirais rien si c'est ce qui vous inquiètes » répondit-elle « Je sais être discrète, et je ne m'approcherais plus de la fenêtre pour ne plus me faire prendre. Je sais bien qu'il ne faut dire à personne que ce sont les moldus qui ont fait le coup. Je ne suis pas stupide, je sais que cela ne ferait que créer une panique. »

Fol Œil se tourna vers elle et sonda son regard. Il pensa alors qu'il pouvait lui faire confiance. Après tout cette vieille était là depuis l'attaque… pourquoi ne pas la laisser encore ici.

- « Je ne dirais rien, mais je viendrais tous les jours m'assurer que vous ne quittez pas votre appartement et je vais ensorceler votre appartement pour que vous ne puissez contacter personne à part moi. Par mesure de sécurité » lança-t-il d'un air grave.

- « Je comprends » murmura la vieille en hochant la tête.

Une idée traversa alors la tête de l'auror.

- « Madame, vous étiez là lors de l'attaque n'est-ce pas ? » demanda-t-il

- « Bien sur »

- « Avez-vous ce qui s'est passé ? »

- « Oui, par ma fenêtre. C'était horrible, j'en fais encore des cauchemars. J'ai vu mourir l'homme là juste en face »

- « Pourriez vous me raconter ce que vous avez vu exactement ? » demanda Fol Œil

- « Bien sur, le tueur était une femme, elle était moldue, c'était facile de la reconnaître avec ces vêtements. Elle courrait et soudain elle s'est arrêtée. Elle a pointer quelque chose sur cet homme je n'ai pas vu quoi. Il y a eu un drôle de bruit et l'homme est tombé sur le sol. Elle s'est penchée vers lui, l'a regarder un moment avant de se mettre à rire. Elle avait un rire qui glaçait le sang. Elle m'a parut folle, une hystérique cruelle ! »
Fol Œil la regarda avec attention.

- « Vous en êtes bien sur ? »

- « Oh que oui. Son rire m'a fait aussi peur que le reste de la scène, elle était vraiment ravie… »

L'auror hocha la tête tendit qu'un doute germait dans son esprit.

- « Je vous remercie madame de votre aide. Ne sortez pas, ne vous faites pas voir, je viendrais demain m'assurer que vous avez tenu parole »

- « Ne vous en faites pas. Je ne tiens pas à ce qu'on m'expulse de cet appartement et je sais tenir ma langue »
Fol Œil la salua d'un signe de tête et la vieille referma sa porte derrière lui. Il appliqua alors un sort à l'appartement pour empêcher la femme d'en sortir et de communique avec l'extérieur, on est jamais trop prudent. Il redescendit ensuite l'escalier d'un air pensif. Ce pourrait-il que… Il fallait qu'il en soit sur.
Sans plus attendre, il transplana vers l'entrée du Chemin de Traverse et par chance le repéra tout de suite.

- « Kingsley ! Viens par là ! » hurla-t-il à son collègue.

L'auror s'approcha de lui et Fol Œil l'entraîna un peu à l'écart.

- « Kingsley, si je te parle d'une femme totalement hystérique et follement cruelle, avec un rire à vous glacer le sang, tu penses à qui ? »

- « Bellatrix Lestrange » répondit le jeune homme « Pourquoi ! »

- « Parce que je pense que toute cette histoire est plus compliquée qu'elle n'en a l'air… » répondit Fol Œil en grognant.

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- « James ? Tu es prêt ? »

- « Oui ! » répondit James en terminant de boutonner sa chemise.

Il quitta la chambre. Il descendit les escaliers et se trouva rapidement dans le salon. Lily était assise sur le canapé, Syrielle sur ses genoux et Harry jouait avec son fidèle Patmol. La jeune femme se tourna alors vers lui et esquissa un faible sourire. Il avait mal de la voir aussi triste, mais il savait qu'en se moment, il ne pouvait rien faire d'autre que la soutenir de toutes ses forces dans ce moment difficile.

- « Tu es sure que ça va aller ? » demanda-t-il en posant sa main sur son épaule.

- « Oui, James, ça fait deux ans et je n'y suis pas retournée »

- « Je comprends… » souffla le jeune homme en se penchant pour poser un baiser sur son front.

Il prit alors Syrielle dans ses bras et Lily se releva. Son joli ventre rond de ses six mois de grossesses se voyait maintenant poindre sous le tissu fin de sa robe et James en fut émerveillé. Il la trouvait tellement belle quand elle était deux… Il lui redonna alors Syrielle qu'elle serra tout contre elle.

- « Tu viens Harry » lança le jeune homme en tendant sa main à son fils.

Harry se dépêcha de faire le tour du canapé pour se précipiter contre ses jambes en riant. James se baissa pour le prendre dans ses bras et se tourna vers sa femme.

- « Tu es sur que ça ne va pas faire trop pour toi ? Je peux transplaner seule… » murmura-t-elle

- « Non. J'y arriverais très bien à nous tous, je ne veux pas que toi tu te fatigues… »

Elle soupira un peu mais finalement s'approcha de lui doucement de sorte qu'il puisse l'enlacer par la taille.

- « Attention… » souffla-t-il doucement avant de disparaître avec tout son petit monde.

Ils arrivèrent bientôt dans un Centre de Transplanage au beau milieu d'un quartier moldu. James posa Harry sur le sol et lui tint fermement la main et prit Syrielle dans bras de sa mère, il ne voulait pas que Lily se fatigue à la porter. L'inconvénient était que désormais ses deux mains étant occupé, il ne pouvait plus ni l'enlacer ni lui tenir la main et pourtant il savait qu'en ce moment, elle avait besoin de réconfort. Elle se tourna un instant vers lui et lui fit un regard triste mais confiant, il esquissa un faible sourire et sans dire un mot, commencèrent leur route.
James était sur ses gardes. Harry n'était plus chez eux, entouré de toute la sécurité magique mise en place autour de lui et il redoublait de vigilance. Ils avaient beau être en plein Londres moldus, il ne voulait courir aucun risque. Si cela ne tenait qu'à lui, il l'aurait laissé chez eux, ou chez Sirius. Mais privé ainsi constamment son enfant de sortir lui brisait aussi le cœur et il savait qu'en cet instant, Lily avait besoin d'être entouré par eux tous et tout leur amour.

Ils arrivèrent bientôt devant les hautes grilles du cimetière moldu où reposaient les parents de la jeune femme depuis deux ans déjà. Ils avaient été tués tous les deux dans un accident de voiture, quelques jours après le premier anniversaire de leur petit fils. James se rappelait encore l'état de détresse dans lequel ce drame avait plongé sa femme, et il admirait la force dont elle avait fait preuve pour surmonter tout cela au plus vite. Doucement, Lily poussa la grille et entra. Peu habitué à sortir, Harry regardait tout autour de lui, le nez en l'air les yeux grands ouverts tout en marchant aussi vite que le pouvait ses petites jambes, et James le regardait d'un air attendri. Ils marchèrent un petit moment dans les allées avant d'arriver devant la tombe de John et Sandra Evans. La jeune femme ferma alors les yeux et prit une grande inspiration. James lâcha la main de Harry qui s'était accroché à sa jambe et encercla les épaules de sa femme en posa un baiser sur sa tempe. Elle rouvrit des yeux et le regarda en souriant tristement.

Harry commençait à s'enhardir et lâcha la jambe de son père pour partir en vadrouille. James l'attrapa alors d'un geste vif, il ne voulait pas qu'il s'éloigne. Ils restèrent donc ainsi tous les quatre un petit moment à se recueillir. Mais les enfants s'impatientaient et ne voulant pas déranger sa femme, James s'éloigna avec eux. Il marcha un peu et alla s'asseoir sur une souche d'arbre, installa Syrielle sur un de ses genoux et cala Harry entre ses jambes. Alors que le petit garçon jouait à bloquer les mains de sa sœur qui riait aux éclats en essayant de se libérer, il ne quittait pas Lily des yeux. Devant la tombe, les yeux fermés, il avait l'impression qu'elle leur parlait. Les rires de ses enfants le firent sourire et baissa les yeux pour les regarder. Syrielle avait ses mains bloquées dans celles de Harry qui la regardait d'un air supérieur. Il prit alors les mains de son fils dans une seule des siennes et serra légèrement, Harry bloqué, le regarda avec surprise avant de se débattre frénétiquement pour essayer de se défaire de cette étreinte, mais rien n'y faisait. Il riait fort et donnait de grands coups, mais ce qui ravit le plus James fut sans aucun doute fut le regard plein d'admiration que sa fille lui lançait. Elle avait les yeux brillants et la bouche légèrement ouverte dans un grand sourire. Il posa un baiser sur le bout de son nez avant de libérer son fils.

Il releva alors la tête et fixa Lily qui n'avait pas bougé. Soudain dans l'allée, il aperçut des gens arriver. Un homme plutôt bien en chair, une femme grande et sèche qui tenait la main boudinée d'un enfant aussi bien portant que son père. Il les reconnut aussitôt et ne pu s'empêcher de frémir. Il sentait les ennuis arriver et c'était bien la dernière chose dont Lily avait besoin en ce moment. Prenant ses enfants dans ses bras, il se leva et se dépêcha d'aller rejoindre sa femme. Une fois près d'elle il chuchota à son oreille.

- « Pétunia est là… »

Il la vit sursauter et ouvrir grand ses magnifiques yeux verts qu'elle plongea dans les siens d'un air interrogateur. D'un signe de la tête, il lui fit signe de se retourner, ce qu'elle fit. Il l'entendit souffler doucement et il posa son menton sur le haut de sa tête pour lui montrer qu'elle n'était pas seule.
En face d'eux, le couple s'arrêta d'un coup, il venait visiblement de les reconnaître. Ils se mirent alors à discuter et pendant un moment James pensa qu'ils allaient faire demi-tour et repartir mais il les vit bientôt venir dans leur direction.

Pétunia et Vernon étaient pareils à son souvenir. Ils avaient l'air très tendus, il y avait de quoi. Leurs rencontres s'étaient très rarement déroulées dans la joie et la bonne humeur. En général, Lily finissait en larmes après avoir vu sa sœur et rien ne déplaisait plus à James que cela.

- « Bonjour » lança Lily quand ils furent arrivés à leur hauteur.

- « Bonjour » grognèrent Pétunia et Vernon

- « Bonjour Pétunia, Vernon… »

- « Bonjour Potter » cracha presque Vernon mais James ne s'en formalisa pas.

Ce pauvre type ne l'impressionnait absolument pas.

- « C'est Dudley ? » demanda Lily en se baissant un peu « Il a bien grandi »

James admira l'effort que faisait sa femme pour engager la conversation avec sa sœur et son beau-frère. C'était toujours elle qui faisait les premiers pas vers Pétunia, mais cette dernière la repoussait systématiquement, ce qui la peinait beaucoup, mais Lily s'accrochait, encore plus depuis qu'elles avaient perdues leurs parents. Mais encore une fois la seule réponse qu'elle reçut fut un hochement de tête de Pétunia tandis que Dudley se cachait derrière les jambes de son père.

- « Vous ne connaissez pas Syrielle, je crois » continua tout de même vaillamment la jeune femme en faisant signe à James de s'avancer un peu.

Le jeune homme s'exécuta et montra sa tante et son oncle à sa fille. Syrielle était intimidée, elle cala bien sa tête contre le torse de son papa, ses joues prenant une petite teinte rosée. Harry quand à lui observait son cousin avec curiosité. Pétunia fit quelque pas et posa sa main sur la joue de Syrielle.

- « Elle aussi à tes yeux » murmura-t-elle.

Cette simple phrase fit fleurir un immense sourire sur le visage de Lily et James en fut ravi.

- « Oui… » souffla la jeune en regardant sa fille avec tendresse.

- « Et je vois que la famille va encore s'agrandir on dirait… » continua Pétunia en s'éloignant un peu.

Lily se mit alors à rougir et posa sa main sur son ventre.

- « Oui, le petit frère est prévu pour fin novembre » répondit-elle en souriant « Et toi, pas d'autres enfants en vue ? »

- « Non » répondit Vernon à la place de sa femme « Un seul enfant c'est bien suffisant ! »

Pétunia hocha la tête, mais James doutait qu'elle soit aussi convaincue que son époux.

- « James et moi avons toujours voulu une grande famille » rétorqua tout simplement Lily.

Un silence gêné s'installa alors parmi eux. Pétunia se pencha pour déposer le bouquet qu'elle tenait dans la main sur la tombe devant elle et se redressa. Les deux sœurs se regardèrent un long moment. James ne voulait pas intervenir, et il fut soulager de voir que Vernon n'en avait visiblement pas l'intention non plus. Mais Harry et Syrielle commençaient à s'impatienter. Lily se tourna vers eux, l'air grave. Son regard se posa sur Harry et s'assombrit. James savait qu'elle aussi pensait au fait qu'il n'était pas prudent de le laisser trop éloigner de la maison trop longtemps, à plus forte raison dans un endroit en plein air comme celui-ci.

- « Nous allons rentrer… » Souffla-t-elle alors

- « Oh ! » s'exclama Pétunia dans ce qui ressemblait à un petit cri de déception

Lily se tourna précipitamment vers elle, et James fixa sa belle sœur avec surprise, et il n'était pas le seul. Vernon fixait sa femme avec des yeux ronds.

- « Je me disais que puisque vous étiez là, vous pourriez venir prendre le thé à la maison… » lança-t-elle dans un souffle

- « Avec plaisir ! » répondit Lily avant que Vernon n'ait pu prononcer le moindre mot.

Les deux sœurs se sourirent alors et bien que James n'était pas emballé à l'idée de passer du temps avec des gens comme eux, il était contente que Lily ait retrouvé le sourire, et, ne serait-ce que pour ces quelques heures un semblant de relation avec sa sœur.

- « Très bien, allons-y dans ce cas » proposa Pétunia en ignorant volontairement le regard contrarié de son époux.

Après un dernier regard à la tombe de leurs parents, les sœurs Evans prirent l'allée qui les conduisait à la sortie. James resta un peu en arrière avec les enfants, tandis que Vernon tenait fermement la main de Dudley, le rappelant à l'ordre quand il se retournait pour regarder son cousin. Ils se retrouvèrent tous rapidement devant la rue. La voiture des Dursley y était garée malheureusement, ils n'y rentreraient pas tous.

- « On va prendre un taxi » assura Lily à sa sœur

- « Mais chérie, comment va-t-on le payer ? » fit remarquer James

- « J'ai toujours de l'argent moldu quand je viens de ce côté-ci » répondit fièrement la jeune femme en tapotant son sac à main en souriant.

Puis d'un geste de la main, elle héla un taxi qui passait par là et toute la petite famille Potter s'y installa. Lily demanda au chauffeur de suivre la voiture de Vernon, et se plaça bien confortablement contre le dossier du siège arrière. Elle libéra un des genoux de James en prenant Syrielle sur les siens avant de glisser sa main dans celle de son mari.

James la regarda d'un air attendri, elle avait l'air contente et cela lui mit du baume au cœur. Il se pencha alors tout contre elle et lui glissa à l'oreille.

- « Tu penses à tout, tu es géniale… Se balader avec de l'argent moldu… je ne savais même pas que tu en avais »

La jeune femme se mit à sourire et lui adressa un clin d'œil avant de poser sa tête sur son épaule. Ils restèrent ainsi tout le temps du trajet. Une fois arrivée, James récupéra leur fille dans ses bras pendant que Lily réglait la course. Puis tous les quatre pénétrèrent au 4 Privet Drive.

Pétunia les installa dans le salon. Elle avait l'air beaucoup moins détendue qu'avant et James pensa que Vernon avait sans doute du lui faire des remarques à propos de son invitation. Installé dans un fauteuil confortable, il regarda autour de lui. La maison avait un style de petit bourgeois. Tout était impeccable, bien à sa place. Il ne régnait pas le moindre désordre. Harry se tenait près de lui, ses petits bras enroulés autour de sa jambe. Lui et Syrielle jouaient les timides. Il fallait dire que dans cette maison, rien n'incitait aux rires et aux jeux. James se pencha doucement et murmura à l'oreille de son fils.

- « Va jouer bonhomme…. »

Et doucement il l'insista à se séparer de lui. Visiblement à contre cœur, Harry s'exécuta et fit quelques pas en directions de Dudley qui le regarda d'un air étrange. James n'apprécia pas le frisson qu'eut Vernon lorsque son fils prit la main du sien. Il savait que le jeune homme les considérait comme des monstres à cause de leur capacité à faire de la magie, mais il ne tolérait pas qu'il pense cela de ses enfants. Mais Dudley ne fit pas d'histoire et entraîna Harry hors de la pièce. James posa alors Syrielle sur le tapis et, s'aidant de la table basse, la fillette se mit bientôt sur ses deux pieds, tout en restant solidement accroché au petit meuble, elle ne marchait pas encore seule.

Le thé fut servi et la conversation reprit. Elle était difficile, souvent coupée par de très longs silences. Lily et Pétunia s'en tenaient aux sujets courants et superficiels, la pluie et de beau temps. Depuis le temps qu'elles ne s'étaient pas vues, les deux sœurs ne savaient pas de quoi parler. C'était encore plus délicat que certains sujets étaient à éviter. Mais ils ne s'en sortirent pas si mal que cela. Vernon n'avait pas dit trois mots, mais James faisait de son mieux pour que les silences ne durent pas trop longtemps. Ils étaient installés depuis un petit moment quand Dudley revint dans la pièce, seul. James le remarqua aussitôt et attendit quelques instants pour voir si Harry ne revenait pas avant de poser la question.

Pétunia et Vernon échangèrent un regard surpris mais ne firent pas un geste. James se leva alors et quitta la pièce. Il arriva dans le couloir et passa dans la cuisine. Il observa attentivement partout mais ne vit son fils nulle part. De retour dans le couloir, il aperçut les escaliers. Connaissant le caractère intrépide de Harry, il les prit et monta à l'étage mais là encore, aucune trace du petit garçon. James commençait vraiment à être inquiet. Cela ne ressemblait pas à Harry de partir seul… Mais en y repensant bien, il avait déjà fait ce genre de chose, lors d'un pique-nique dans un parc moldu.

Il redescendit rapidement les escaliers et se trouva face à la porte. Un doute affreux l'envahi. Et si Harry était parti à l'extérieur ? Il se retrouverait donc seul en milieu moldu, lui qui était l'enfant le plus en danger de tous. James prit une grande inspiration pour ne pas céder à la panique. Il fallait rester lucide. Il allait juste aller dire à Lily qu'il allait faire un tour dans le jardin et il chercherait bien. Il allait mettre sa décision en œuvre quand le petit Dudley fit son apparition dans le couloir. Il le fixa un moment avant de regarder sous l'escalier d'un air amusé et moqueur. Etonné, James regarda dans sa direction et fut surpris d'y voir un placard. Il n'y avait pas fait attention auparavant. L'air amusé de l'enfant l'intrigua et il s'approcha de la porte en bois et y colla son oreille. Des sanglots se firent entendre. Son cœur fit un bond dans sa poitrine, d'un geste vif, il ouvrit la porte, manquant de peu de l'arracher et trouva Harry assis parmi la poussière et les toiles d'araignées, qui pleurait. Il se précipita pour l'extirper de là et le pris dans ses bras.

- « Harry, mon chéri, qu'est-ce que tu faisait là ? Tu as fait peur à Papa » murmura James à son oreille.

- « Méchant Dudley » répondit Harry en nouant ses bras autour de son cou.

Furieux, James se tourna vers son neveu et lui jeta un regard noir. Ainsi ce cochon sur pattes avait enfermé son fils dans un placard à balai. Il caressa les cheveux de son fils et referma la porte du placard dans un grand claquement qui fit sursauter Dudley.

- « Ca t'amuse, terreur ? » demanda James d'un air sévère. « Tu veux que je m'amuse moi aussi ? »

Le petit garçon eut alors les yeux brillants et se mit alors à courir dans le salon où il se cacha derrière son père. James entra à sa suite, Harry toujours dans ses bras, il ôtait les toiles d'araignées de sa tignasse.

- « Harry ! Mais où a-t-il été traîné ? » demanda Lily en le voyant arriver.

- « Il a été enfermé dans un placard miteux par son cousin » lança sèchement James en fixant Vernon d'un air mauvais

- « Dudley ne ferais jamais ça ! » s'indigna Vernon

- « Vraiment ?! » lança James d'une voix mauvaise. « Donc c'est moi qui suis un menteur ?! »

- « Chéri ! » souffla Lily « S'il te plait… »

- « Peut-être Harry dans ce cas… » cracha Vernon

- « Je ne vous permet pas ! »

- « James ! » lança Lily un peu plus fort.

James lui jeta un regard agacé, mais elle avait l'air vraiment décidée à ne pas créer de conflit. Le jeune homme soupira mais fixa son beau-frère avec colère.

- « On va y aller » murmura alors Lily en se levant et en prenant Syrielle dans ses bras.

James s'en voulut. Elle avait décidé cela pour qu'une nouvelle dispute n'éclate pas. Mais il était indigné par le comportement du fils et du père. Ils se saluèrent donc plutôt froidement et prirent congé. Une fois dans la rue, James vit Lily se retourner et jeter un dernier regard à la maison de sa sœur. Ils prirent de nouveau un taxi pour se rapprocher d'un centre de transplanage. Dans la voiture, James regarda sa femme fixer le paysage d'un air absent. Il posa sa main sur sa cuisse, elle se tourna vers lui.

- « Pardon » souffla James, sincèrement navré. « Je sais que j'ai eu un comportement stupide. Mais ils me tapent sur les nerfs déjà en temps normal, alors quand c'est Harry qui est visé, je ne supporte pas »

Lily esquissa un faible sourire.

- « Excuse moi, vraiment… » continua James d'une voix presque suppliante.

- « Bien sur… » murmura la jeune femme « De toutes façons, on n'aurait plus rien trouver à se dire… »

Il vit son regard se teinté d'une légère tristesse et se pencha alors pour l'embrasser tendrement.

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- « C'est par là… »

Luis Martinez regarda tout autour de lui avec admiration. Il n'avait jamais vu un château aussi grand ni aussi beau. Cela n'avait absolument rien à voir avec el Colegio Magico de Barcelona, où il avait fait ses études. Ici tout était beaucoup plus grand, presque démesuré. Il suivait un homme à l'allure peu aimable qui s'était présenté comme le concierge de l'école. Lui est ses neuf collègues de la Brigade d'Intervention Spéciale du Département de Régulation et de Contrôle des Animaux Fantastiques le suivaient sans dire un mot. Il les amena jusqu'à ce qui semblait être des toilettes pour filles. Surpris, il se tourna vers ses collègues qui n'avaient pas l'air de comprendre non plus. L'homme les firent s'arrêter et entra dans les toilettes avant d'en ressortir rapidement accompagné d'un vieux sorcier à la longue barbe blanche et aux lunettes en forme de demi-lune.

- « Bonjour à tous, pour ceux qui ne me connaisse pas, je suis le professeur Albus Dumbledore, je suis le directeur de Poudlard »

Luis hocha discrètement la tête. Cet homme imposait immédiatement le respect.

- « Je vous ai fait venir ici car cette école à un problème qui relève de votre compétence. Nous avons de fortes raisons de croire qu'une créature fantastique et potentiellement très dangereuse se trouve actuellement sous nos pieds. Nous voudrions que vous y descendiez et déterminiez quelle est cette créature. Si elle est réellement aussi dangereuse que nous le craignons, dans ce cas, nous vous demanderons de bien vouloir la tuer également, ou du moins de nous en débarrasser. La place d'un monstre magique n'est pas dans les tréfonds d'une école » continua le professeur avec un léger sourire.

Luis bomba le torse avec fierté. Cet homme avait eu raison de faire appel à eux et n'avais aucun souci à se faire. De l'avis de tous, sa brigade était, et de loin, la plus compétente dans tout ce qui avait attrait aux créatures fantastiques. Ils étaient tous très entraînés et très informés. Ce directeur n'avait plus de soucis à ce faire pour son école, son petit souci serait régler en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.

- « Vous devriez très bientôt pouvoir accéder à l'entrée de l'antre de cette créature, juste le temps pour nous de l'ouvrir » poursuivit Dumbledore avant de les saluer d'un signe de tête et de retourner dans les toilettes.

Ils restèrent un petit moment à attendre dans le couloir. Soudain la porte s'ouvrit une nouvelle fois et cette fois trois hommes en sortirent. L'un d'eux était solidement menotté par de nombreux liens magiques. Il avait le regard vitreux et n'inspirait pas la confiance. Les deux autres devaient être des aurors, et le maintenait fermement. Ils passèrent devant eux en regardant bien droit devant eux, sans prononcer un seul mot. Luis les regarda disparaître au détour d'un couloir.

- « Si vous voulez bien vous donnez la peine d'entrer… »

La voix du professeur Dumbledore le tira de ses pensées et il se retourna vers lui. Et tout comme ses neuf collègues il pénétra dans les toilettes pour filles. Au niveau des lavabos s'ouvrait l'entrée de ce qui ressemblait à un tuyau, assez large pour qu'un homme adulte y passe sans aucun soucis.

- « Voici l'entrée de l'antre de la bête » les informa le professeur Dumbledore. « Mais il faut que je vous prévienne que selon nos sources, cette créature a déjà tué une jeune fille qui n'a eu le temps de voir que ses yeux… »

Luis remonta alors ses manches. Cela n'allait pas être une mince affaire mais il était convaincu que tout irait très bien.

- « Si vous avez besoin de quoique ce soit, surtout n'hésiter pas à me le demander » lança le professeur Dumbledore en reculant de quelques pas.

Luis s'approcha de l'entrée du tunnel et l'inspecta un moment puis revint en arrière et fit apparaître d'un coup de baguette sa mallette de travail. Elle contenait toute sorte de somnifère puissant et de tranquillisant, d'une efficacité suffisante pour endormir durablement un troll. Il fit également apparaître un casque qu'il enfila et fut bientôt près à rejoindre ses trois collègues qui avaient déjà glissé dans le tuyau. Il s'y engouffra à son tour et se laissa tomber. C'était comme dévaler un très long, sinueux et sombre toboggan. Au bout d'un moment, le tuyau revint à l'horizontal et Luis fut projeté sur un sol humide d'un couloir au mur de pierres.

- « Lumos » souffla-t-il en brandissant sa baguette.

La lueur qu'il créa vint s'ajouter à celle créée auparavant par ses collègues. Ils attendirent tous que leurs autres collègues arrivent. Luis en profita pour observer plus attentivement l'endroit où ils se trouvaient. A en juger par la vase qui recouvrait, il en déduisit qu'ils devaient se trouver à plusieurs kilomètres dessous le château, probablement sous le lac qu'il avait aperçut en traversant le parc. Le couloir dans lequel ils étaient lui apparut alors plus comme un nouveau tunnel. Il était extrêmement sombre et le sol était jonché d'ossements de rats ou d'autres rongeurs. Tout cela semblait lugubre.

Une fois le dernier membre de la brigade arrivé, ils se mirent en marche en silence, attentif au moindre son, entièrement sur leur garde. Leurs ombres, projetées par la faible lueur de leur baguette étaient semblables à des monstres difformes. Ils marchèrent dans plusieurs flaques qui semblaient de plus en plus nombreuses au fur et à mesure de leur avancée. Plissant les yeux pour tenter d'apercevoir quelque chose dans l'obscurité ambiante, le regard de Luis se posa sur les contours d'une chose énorme.

- « Là ! » lança-t-il alors à ses collègues qui se figèrent instantanément.

Prudemment, Luis prit la tête du petit groupe et s'approcha de cette masse, étendue sur toute la largeur du couloir, totalement immobile et inerte. En s'approchant de plus près Luis s'aperçut que la chose n'était pas vivante et il baissa sa garde. Bientôt, il fut assez près pour éclairer ce qui s'avéra être une gigantesque peau de serpent. Visiblement la mue avait eu lieu peu de temps auparavant. La peau était d'un vert vif et l'animal a qui elle avait appartenu devait au moins mesurer dans les quatre mètres.

- « Incroyable » souffla un de ses collègues qui venait d'arriver derrière lui « Ca c'est du serpent ! »

Les autres ne tardèrent pas à arriver et eux aussi furent étonnés par la taille de la mue.

- « Il nous faudra une sacrée dose de tranquillisant pour un bestiau de cette taille ! » lança Paul Klermac, le chef de file de cette mission

- « Ca tu peux le dire ! » répondit un de ses collègues en souriant « Ca doit être aussi coriace qu'un troll des cavernes un truc comme ça ! »

Etonné, Luis se tourna vers ses collègues. Ils plaisantaient comme si de rien n'était alors que devant eux se trouvait sans doute une des choses les plus effrayantes que Luis n'est jamais vu.

- « Qu'est-ce qu'il y a Luis ? On dirait que tu as vu un fantôme ! » plaisanta un de ses collègues en lui administrant une claque magistrale dans le dos et en riant fort.

- « Choooooouuuuuut ! » lança alors le jeune homme totalement paniqué « Vous êtes fous, vous voulez qué nous nous fassions répérer ? » souffla-t-il

Ses collègues le regardèrent avec surprise et se turent.

- « Mais nous faire repérer par quoi Luis ? Ce n'est rien d'autre qu'un grand serpent ce machin qui à l'air de tant inquiéter Dumbledore » lança un de ses collègues

- « Bien sour que no ce n'est pas oune serpent ! » rétorqua Luis d'un air ahuri.

Cette chose était bien pire qu'un serpent. C'était une créature horrible et terrifiante qu'il ne fallait pas prendre à la légère. Cette chose pouvait les tuer d'un seul regard et avait une ouie très fine. Il les avait longtemps étudié à el Colegio Magico, en théorie bien sur, lors des cours de biologie des êtres fantastiques. Oh bien sur, leur professeur, Don Rodriguez, leur avait dit qu'il s'agissait d'une légende et que cet animal n'existait pas, qu'il n'était qu'une légende, mais Luis avait toujours été intiment persuadé du contraire. Et il avait passé de longues heures à se documenter et il connaissait son sujet sur le bout des doigts. Il avait désormais sous ses yeux, la preuve qu'il avait eu raison depuis le début, que cette créature existait bel et bien. Il aurait pu s'en réjouir si l'instant n'avait pas été si dramatique.

- « Madre de Dio, vous ne voyez pas qu'il s'agit d'oune mue dé Basilic ?! » lança-t-il alors à ses collègues.

Il y eut un moment de silence au court duquel Luis pensa qu'ils venaient enfin de comprendre la gravité de la situation. Mais au lieu de cela, le couloir résonna de leur rire joyeux et amusé.

- « Sacré Luis ! Toujours le mot pour rire ! » s'esclaffa un des hommes

- « Un vrai farceur celui là ! »

- « Yé ne plaisanté pas ! » s'écria Luis, affoler à l'idée que le monstre les entende « Ye vous joure que c'est oune Basilic ! »

- « Arrêtes un peu tes bêtises ! » souffla alors Paul « On a un travail à faire… »

- « Cé ne sont pas des bêtisses ! » s'indigna le jeune homme « Mais boune sang, régardez ?! Los écailles, la color, la taille ! Esta muy claro ! »

Tous arrêtèrent de rire et le regardèrent d'un air grave.

- « Luis… » commença l'un d'entre eux.

- « Les Basilics n'existent pas ! Ce ne sont que des légendes pour faire peur aux petits sorciers qui ne veulent pas finir leur soupe… » lança un autre.

- « Mais bien sur que no ! Ils existent et nous en avons la preuve sous los yeux ! » s'écria Luis, affolé à l'idée qu'on puisse ne pas le croire.

- « Ben voyons ! » s'amusa un de ses collègues « Et bientôt tu nous dira que le Sinistros annonce des jours heureux et que les Trolls savent compter jusqu'à dix… »

Cela sembla grandement amuser ses autres collègues qui se mirent à rire de concert. Luis était affolé, comment leur faire comprendre qu'il avait raison.

- « Yé ne plaisanté pas ! » hurla-t-il

- « C'est bien ce qui nous amuse Luis » répondit le chef de file « Ecoute vieux, on a pas de temps à perdre, on a un travail à faire… Alors ne t'en fait pas, ce n'est rien d'autre qu'un stupide serpent géant… »

- « Non Paul ! Yé souis convaincu que c'est oun Basilic ! Madre Dio, esta muy claro ! Il peut nous touer d'oun regard ! Yé ne partirais pas là bas sans oune coq ! » répondit Luis avec véhémence.

- « Un coq ? » demanda un de leurs collègues.

Paul soupira et se tourna vers celui qui venait de parler.

- « Selon la légende, le cri d'un coq serait la seule chose capable de tuer un Basilic… »

- « C'est ridicule ! » souffla un des hommes

- « Ca n'existe pas un Basilic ! » murmura un autre.

Mais Luis était convaincu. Il savait que la créature qu'ils allaient avoir à affronter serait ce légendaire serpent géant. Il ne voulait courir aucun risque. Il jeta à son chef un regard suppliant.

- « Très bien » capitula ce dernier « Va chercher un coq mais fait vite, nous n'avons pas beaucoup de temps »

Sans prendre la peine de le remercier, Luis se tourna vers ses collègues.

- « Suurtout si vous entendez le moindre son, fermer immediamente los yeux ! » lui ordonna-t-il avant de partir vers la sortie au pas de course.

Il entendit des chuchotements dans son dos et cette phrase « Si ça peut lui faire plaisir, il nous fichera lapais s'il a son coq » bien distinctement. Mais lui savait que dans quelques heures, tous le remercieraient d'avoir tant insisté pour avoir ce volatile avec eux. Arrivé à l'entrée du tunnel, il s'appliqua sur les mains et les pieds un sortilège de ventouse qui facilita grandement son ascension dans le toboggan. Il arriva en haut après de longues minutes d'effort et y aperçut le professeur Dumbledore qui lui tendit une main charitable pour l'aider à s'extirper du tuyau.

- « Alors ? » demanda-t-il d'un air soucieux

- « Yé pense qu'il s'agit d'oune Basilic » répondit Luis, encore essoufflé par son escalade.

- « Un Basilic… » souffla le vieux professeur comme s'il s'agissait d'une solution évidente à laquelle il aurait dû penser plus tôt.

Mais Luis fut soulagé de voir que lui au moins le croyait. Il n'aurait donc pas à perdre de temps à tenter de le convaincre.

- « Il nous faudrait des coqs, por favor… » continua alors Luis en le fixant d'un air grave.

- « Bien sur ! » répondit le professeur « Attendez moi ici »

Il quitta alors les toilettes d'un pas vif, tandis que le jeune homme s'appuyait sur un lavabo pour tenter de reprendre son souffle. Il attendit ainsi un long quart d'heure avant que des bruits de voix ne lui parviennent de depuis le couloir. Il reconnut celle du professeur Dumbledore mais ignorait totalement à qui pouvait appartenir la deuxième, grave et excitée.

- « Je vous en prie professeur ! Un Basilic, je n'en ai jamais vu ! Je me ferais tout petit »

- « Non Hagrid, je ne te laisserais pas aller là bas »

- « Mais professeur … »

- « J'ai dit non… »

- « On pourrait le garder alors ! J'en prendrais grand soin ! Je le soignerais bien ! J'arriverais peut-être même à le dresser ! »

- « Hagrid, ma réponse est non ! Merci pour les coqs mais tu n'iras pas dans la Chambre des Secrets. »

La porte s'ouvrit alors et Luis cru voir un géant supplier du regard le professeur qui faisaient voler quatre cages contenant chacune un coq avant de refermer la porte.

- « Cela suffira-t-il ? » demanda-t-il

- « Yé pense, merci señor » répondit Luis alors que le professeur faisait descendre précautionneusement les cages le long du toboggan que le jeune homme emprunta à son tour.

Puis il rejoignit rapidement ses collègues qui le regardaient d'un air goguenard.

- « Rassuré ? » lui demanda l'un d'entre eux d'un air moqueur

- « Si » lui répondit le jeune homme avec aplomb.

- « Très bien, puisque Luis a son volatile, qu'il passe en premier ! » suggéra un de ses collègues, une pointe d'amusement dans la voix.

Le jeune homme prit une grande inspiration et hocha la tête conviction, Paul, son chef, haussa les épaules. Luis sortit donc un des coqs de sa cage et le cala bien serré contre lui, l'empêchant de s'enfuir en prenant soin de caler ses ailes. Le jeune homme passa alors devant ses collègues et s'enfonça un peu plus dans le tunnel. Il marcha droit devant lui quand soudain, il le vit bouger. Plus loin dans l'ombre. Une masse géante de plusieurs mètres de long. Aucun doute possible, maintenant qu'il l'avait vu il en était plus convaincu que jamais, il se trouvait à quelques pas d'un Basilic. Il ferma alors ses paupières aussi fort que possible et hurla un grand « S'en est bien un ! » avant de donner une grande pression sur le ventre du coq qui se mit à chanter de toutes ses forces.
C'est alors que la masse que Luis avant entendu d'approcher de lui lorsqu'il avait crier émettre un sifflement aigu avant qu'un choc sourd se fasse entendre. Luis pria pour que ses collègues arrivent vite. Vu la taille de la bête, il doutait de pouvoir à lui seul, avec un unique coq en venir à bout. Heureusement, il entendit des bruits de pas précipité s'approcher de lui.

- « Fermez los yeux ! » leur hurla-t-il à nouveau avant de faire chanter le coq d'une nouvelle pression sur le ventre.

Bientôt se fut le cri de trois autres coqs qui se firent entendre.
Pendant de longues minutes, Luis garda ses yeux fermés si fort qu'il se faisait mal. Mais les ouvrir signifiait sa mort. Il entendait distinctement que la créature poussait des sifflements aigus qui s'espacèrent après de longues minutes. Il retombait de plus en plus lourdement et peinait de plus en plus à se relever. Après ce qui lui sembla être une éternité, l'animal ne bougea plus et n'émit plus aucun bruit. Par prudence, ils continuèrent encore un peu. Mais c'était fini. Prudemment, il ouvrit un œil, puis les deux. Le Basilic était là, à quelques pas de lui, étendu sur le sol, inerte. Un à un ses collègues s'approchèrent de lui et après un petit moment de silence se mirent à hurler leur joie et le portèrent en triomphe jusqu'au reste de leurs collègues rester en retrait. Luis rayonnait, il était devenu celui qui avait tué un Basilic.