Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en générale mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Note : Encore un peu de retard à prévoir dans la publication de ma fic, mais je passe un concours la semaine prochaine et je suis en plein dans les révisions !! Bientôt tout sera fini et la publication reprendra un rythme normal, d'ici là… et bien il faudra être patient !!

Bonne lecture à vous tous… Aylala

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Chapitre quatre vingt dix : Mal de guerre

« Ils ont sorti les armes
Fait de l'ombre a la lumière
Si je verse une larme
C'est qu'ils ont su briser nos rêves »
Matt Pokora

C'est en soupirant violemment que le professeur Dumbledore reposa le journal qu'il lisait sur la grande table du Quartier Général de l'Ordre du Phoenix. Le journaliste de la Gazette du Sorcier n'y allait pas de main morte dans son article. Apparemment, il avait su tirer des conclusions très élaborées à partir des simples photos prises à la va-vite sur le quai de la voix 9 ¾. Le journaliste faisait allusion à la barbarie moldue, parlait d'ignominie. Le titre d'ailleurs « Les moldus sont inoffensifs… C'est un mensonge ! Même dépourvu de pouvoir magique, ils ont le pouvoir de semer la mort… » était assez éloquent. L'article était très virulent. Le journaliste déclarait qu'une telle situation ne pouvait plus durer. La communauté sorcière vivant dans un climat d'insécurité permanente à cause de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, il ne fallait pas en plus que les moldus se mettent à leur tour à semer la terreur… L'article se terminait par une question… La toute récente attaque du Chemin de Traverse n'était-elle pas aussi l'œuvre des non sorciers ?

Dumbledore soupira, se leva et fit quelques pas. Toute cette histoire l'ennuyait au plus au point. Il n'appréciait pas que les médias s'amusent ainsi à créer un climat de haine entre les sorciers et les moldus en montant les premiers contre les seconds. Lui qui s'efforçait chaque jour, au sein de son école, de faire régner la tolérance et le respect de l'autre et de la différence, supportait mal de voir tous ses efforts réduits à néant par de tels propos rapportés dans les journaux.

Une autre chose l'ennuyait aussi. Cette nouvelle attaque ressemblait effectivement à celle menée sur le Chemin de Traverse, mais cette fois-ci, les témoins étaient beaucoup moins nombreux et il y avait peu de chance que l'un des rescapés ait pu voir clairement le visage des agresseurs, ou du moins de s'en souvenir. Cela devenait donc d'autant plus difficile de vérifier que les Lestranges et d'autres mangemorts soient mêlé à ses attaques… Kingsley lui avait appris, la veille par hiboux, qu'une fillette déclarait avec certitude qu'une des personnes impliquées dans cette attaque était une femme. Cela était bien mince pour accuser Bellatrix Lestrange mais pourtant…. Il en était quasiment sur, Kingsley et Alastor également. Mais ils ne pouvaient pas encore le prouver et cela était rageant.

A cet instant, le bruit d'une porte qu'on ouvre le tira de ses pensées.

- « Merlin merci ! Vous êtes là professeur ! » lança une voix féminine

Dumbledore eut à peine le temps de se tourner vers la nouvelle venue qu'elle lui faisait face. Lily Potter était bien plus pâle que d'habitude. Sa voix était légèrement tremblante. La jeune femme posa ses deux mains sur ses bras qu'il tenait croisés sur son torse et plongea son regard dans le sien. Ses beaux yeux verts reflétaient une grande incompréhension. La jeune femme semblait totalement perdue, désorientée.

- « Vous avez vu le journal ? » demanda Lily en crispant ses doigts sur sa chair.

- « Oui » répondit-il simplement en décroisant ses bras et en prenant les mains tremblantes de la jeune femme dans les siennes.

La jeune femme prit alors une grande inspiration et se lança dans une longue tirade.

- « Professeur c'est horrible ! King Cross… Vous pensez vraiment que se sont des moldus qui ont fait le coup ? Je n'arrive pas à y croire ! Pourtant ils avaient des armes à feu ! Par Merlin c'est horrible ! Je ne comprends pas comment c'est possible ! Comment ils ont trouvé le passage ? Ca ne peut pas être des moldus ! Je sais que certains d'entre eux sont capables de faire des choses aussi horrible ! Mais je ne veux pas croire que ce soit vrai ! C'est tellement monstrueux ! Vous vous rendez compte de ce que ça veut dire ? Les sorciers vont les détester si ce sont vraiment des moldus ! Déjà que ce n'étais pas toujours facile comme relation ! C'est terrible… »

- « Lily… Lily ! » l'interrompis le professeur en la prenant par les épaules « Calme-toi ! » ajouta-t-il avec calme et douceur.

La jeune femme sembla avoir saisit le message et se tut. Le vieux professeur attira vers lui d'un coup de baguette une chaise qu'il transforma en un confortable fauteuil.

- « Assied toi » recommanda-t-il à la future maman qui lui obéit sans rien dire.

Il s'éloigna d'elle et s'approcha de la cheminée sur laquelle un chaudron d'eau chaude bouillonnait. Il en prit une louche qu'il versa dans une vieille théière et fit apparaître deux tasses avant de venir s'installer en face de la jeune femme.

- « Il ne faut pas te mettre dans de tels états… » murmura-t-il à la jeune femme en lui versant un peu du liquide odorant et brûlant dans sa tasse. « Tu es enceinte et encore plus fragile que n'importe qui dans ton cas. Tu as subit beaucoup d'épreuves, tu dois te ménager »

Lily baissa immédiatement les yeux vers le sol, comme une enfant prise en faute ce qui amusa énormément le vieux sorcier. Il tourna les yeux vers la fenêtre de la pièce et aperçut les silhouettes de deux hommes approcher à grand pas. Sans dire un mot, il se leva et se rendit à l'extérieur du Quartier Général. Il se mit à sourire en voyant les nouveaux arrivants. Il en aurait mis sa barbe à brûler.

- « Calme toi James, elle est bien là ! » lança-t-il en faisant quelques pas dans la direction du premier homme.

- « Merlin merci ! » souffla le jeune homme en s'arrêtant

- « Je te l'avais bien dit qu'elle serait là… » lança Sirius en s'arrêtant également.

- « Elle m'a semé tout à l'heure… » expliqua alors James

- « Semé ? » demanda Dumbledore à moitié amusé.

Le jeune homme esquissa un faible sourire et s'expliqua.

- « C'est l'attaque… Quand elle a su qu'il s'agissait de moldus, elle a totalement perdu l'esprit. Ca l'a beaucoup choqué. Elle a décrété qu'elle allait venir vous voir, mais comme elle est fragile je n'ai pas voulu la laisser venir seule. Je lui ai demandé de m'attendre le temps que je dépose les enfants chez Sirius. Mais à mon retour, elle avait disparut… Elle est têtue ! ».

Tous les trois avaient repris leur air sérieux. La raison de la visite de la jeune femme n'avait en effet rien de drôle et tous le savaient bien.

- « Il y a de quoi la chambouler, elle est plus touchée que n'importe qui d'entre nous pas les relations avec les moldus… » souffla Sirius en regardant par la fenêtre par laquelle la silhouette de Lily buvant sa tasse de thé, l'air grave.

- « Ca me tue de la voir comme ça » grogna James « Elle s'inquiète déjà suffisamment par les attaques de sorciers, qu'est-ce que ça va donner si les moldus s'en mêle ! »

Le professeur de Dumbledore les fixa un moment en silence avant de décréter.

- « Rentrons, il faut que nous parlions »

Il reprit la direction de la porte et entendit dans dos les pas de ses deux anciens élèves. Aussitôt entré dans le Quartier Général, James se dépêcha de se rendre près de sa femme. Il s'accroupit devant elle et posa sa main sur sa joue. La jeune femme répondit à son geste en posant sa main sur la sienne en souriant.

- « Tu es une vraie tête de mule toi ! » lança Sirius en posant un baiser sur le haut du crâne de son amie « On croyais que tu devais nous attendre… »

- « J'avais envie de savoir » souffla Lily pour toute réponse.

James se contenta de hocher la tête et se releva. Il prit une chaise et vint s'installer près d'elle. Sirius l'imita et le professeur Dumbledore repris sa place en face d'eux. Il croisa ses mains sur ses genoux et ne pu s'empêcher de sourire en voyant ses trois paires d'yeux qui le scrutaient avidement.

- « Vous avez tous lu le journal, vous êtes tous au courant pour l'attaque de la voie 9 ¾… »commença-t-il

Il vit très clairement Lily glisser sa main dans celle de son mari et la serrer.

- « Tout porte à croire que c'est l'œuvre de certains moldus… Mais tout n'est pas si simple » continua-t-il

- « Que voulez-vous dire par là ? » demanda James avec empressement.

- « Pour vous expliquer ma théorie, il faut que je vous explique ce qui s'est réellement passé sur le Chemin de Traverse il y a quelques semaines » répondit le professeur

- « Ce que supposais le journaliste était donc vrai ? C'est une attaque de ce type qu'il y a eu là bas ? C'est ça qui a été entouré du plus grands des mystères ces dernières semaines ? » demanda Sirius

- « Oui »

Lily poussa un léger gémissement de désespoir.

- « Laisse moi t'expliquer… » reprit le professeur « L'attaque qui a eu lieu sur le Chemin de Traverse est bel et bien du même genre que celui de ce matin sur King Cross, mais Maugrey Fol Œil et Kingsley qui étaient sur place lors des premières investigations, ont fait quelques constatations pour le moins surprenantes »

- « Lesquelles ? » demanda James

- « Un témoin affirme avoir vu une femme, totalement hystérique abattre de sang froid une des victimes de cet attentat. Certes l'arme était un revolver, c'est une arme moldu » expliqua-t-il à l'intention des garçons « mais cet élément a mis la puce à l'oreille de nos deux amis qui ont poussés un peu plus avant leur recherche »

- « Et… » demanda James avec impatience.

- « Nous sommes presque sur que cette femme n'est autre que Bellatrix… »

La nouvelle eut l'effet d'un choc. James, Lily et Sirius se mirent à le fixer avec de grands yeux ronds, la bouche légèrement entrouverte.

- « Comment ça Bellatrix ? » demanda Lily avec incrédulité

- « C'étaient des armes moldus ? » questionna à son tour Sirius.

- « Effectivement, il s'agit d'armes moldus. Mais Kingsley a été fouillé dans les rapports de police, les aurors moldus, et a découvert la mort suspecte d'un moldu du nom de Bob Newer »

- « Quel rapport avec notre affaire ? » demanda James

- « J'y arrive… En fouillant un peu dans le passé de ce moldu, Kingsley s'est rendu compte qu'il était une petite frappe, mêlé bien souvent à des affaire plutôt louche. Sa dernière affaire a été l'achat de quatre revolvers… dont on a plus aucune trace depuis »

- « Vous pensez qu'il s'agit des mêmes armes ? » demanda Lily

- « Nous n'en sommes pas entièrement sur, mais il y a de très fortes chances »

- « C'est très bien, mais ça ne prouve pas que ce ne sont pas des moldus qui ont tout de même fait le coup… » souffla Sirius

- « Bob Newer est mort dans de très étranges circonstances. Il était jeune, en bonne santé. On l'a retrouvé sans aucunes traces de coups ni de blessures. Il est juste… mort. Cela ne vous rappelle pas quelque chose ? »

- « Un avada kedavra… » murmura Lily

- « Exactement »

Les trois amis restèrent un moment silencieux, semblant méditer cette possibilité.

- « Ca ressemblerait bien à Bellatrix un truc comme ça ! » lança soudain Sirius avec sérieux.

James et Lily se tournèrent vers leur ami.

- « Certains moldus sont capables de ça aussi, malheureusement » murmura Lily

- « Sans doute, mais je vois bien Bellatrix faire ça ! » déclara Sirius en haussant les épaules.

- « Kingsley et Alastor continuent de mener l'enquête. Ils essayent de déterminer si les mangemorts sont vraiment dans le coup et qu'ils essayent de rejeter sur les moldus »

Les trois amis hochèrent la tête d'un air entendu.

- « Pour dire vrai, ce qui m'inquiète le plus désormais, c'est la réaction des autorités, du Ministre. J'ai peur que tout cela ne leur face perdre tout sens rationnel et que des décisions inconsidérées soient prises… » murmura gravement le professeur Dumbledore.

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Le Ministère de la Magie semblait s'être transformée en une immense ruche. De toutes parts, dans chaque couloir des dizaines et des dizaines de personnes couraient dans tous les sens, s'affolant, et criant. C'était la panique générale dans les locaux. Le scandale venait d'éclater…

Assis derrière son bureau, les coudes posés sur la table et le visage caché entre ses mains, Tibulle Smith tentait de faire abstraction de toute cette agitation qui régnait autour de lui. Il avait du mal à saisir toutes les informations qui lui arrivaient, mais cela ne présageait rien de bon. Il se mit à grogner et releva la tête. Son bureau était encore désert, mais il pressentait que cette relative tranquillité ne serait que passagère. Il se mit à maudire le journaliste qui avait réussit à prendre les photos de l'attentat. L'affaire s'était ensuite propagé comme une traînée de poudre et avait pris une ampleur démesurée. Il n'avait pas fallut plus d'une demi-journée pour que la nouvelle de l'attentat perpétrer par des moldus fasse le tour de la ville avant de se diffuser dans tout le pays. Une autre demi-journée avait suffit pour que l'hypothèse qu'il se soit déroulé sur le Chemin du Traverse soit du même ressort. Les témoins de ces attentats, auquel il avait pourtant acheté le silence à un pris d'or avaient commencé à parler.

Le Ministre grogna une nouvelle fois. D'ici le lendemain, des témoignages chocs relatant de la barbarie de ces attentats pullulerait dans les journaux qui devaient déjà se disputer l'exclusivité des témoignages des rescapés…

- « Monsieur ? » demanda timidement un jeune stagiaire qui venait d'ouvrir la porte de son bureau avec prudence

- « Oui » grogna-t-il en relevant la tête dans sa direction.

- « Votre courrier est arrivé… » murmura-t-il d'une voix gênée

- « Et bien, faites comme d'habitude ! » lança Tibulle Smith avec agacement.

Il avait d'autres soucis en tête que de ce préoccupé de son courrier.

- « C'est-à-dire monsieur, qu'il y a beaucoup de Beuglantes dans le lot… »

Le Ministre soupira et fit non de la tête.

- « Enfermer les dans un bureau soumis à un sortilège d'assonorisation… Elle finiront bien par exploser toutes seules ! » souffla-t-il en lui faisant signe, lui signifiant qu'il pouvait disposer…

La porte se referma sur le stagiaire et Tibulle Smith se leva. Il fit quelques pas dans son bureau avant de venir se poster devant la fenêtre. Elle reflétait un merveilleux soleil, pourtant cela ne rendit pas le sourire au Ministre. Il redoutait plus que tout les heures qui allaient suivre. Elles n'annonceraient sans doute rien de bon pour lui…
La porte s'ouvrit une nouvelle fois, il ne prit même pas la peine de se retourner.

- « Oui ? » demanda-t-il d'un ton sec avant que la personne qui venait le déranger dans sa méditation ait eu le temps d'émettre le son.

- « L'ambassadeur de Russie est arrivé, monsieur. Que devons nous faire ? » demanda la voix douce de sa secrétaire.

- « Dites lui que je ne pourrais pas le recevoir aujourd'hui »

- « Mais il a fait le voyage en portoloin exprès pour… »

- « Je n'ai pas le temps, ni la tête à effectuer des rencontres diplomatiques ! » rétorqua-t-il sèchement sans se retourner « Dites lui de rentrer chez lui ! »

- « Bien monsieur le Ministre » souffla la jeune femme en refermant la porte.

Tibulle Smith quitta alors la fenêtre pour se laisser tomber dans un des fauteuils de la pièce. Il ferma les yeux et crispa ses doigts sur les accoudoirs. Il n'avait qu'un souhait. Que cette journée passe le plus vite possible. Puis que les semaines à venir se passent aussi rapidement. Que toute cette affaire se tasse, qu'on l'oublie et qu'il puisse être en paix. Il savoura ce court moment de calme. Pourtant son répit fut de courte durée car la porte de son bureau s'ouvrit une nouvelle fois.

- « Quoi ?! » cria-t-il avant même de savoir qui pénétrait ainsi dans son bureau.

Cette journée mettait ses nerfs à rude épreuve.

- « Tibulle ? » lança une voix grave et posée.

Le cœur du Ministre Smith se serra un peu. Il connaissait très bien cette voix et l'arrivée à l'improviste de son propriétaire n'envisageait jamais quelques chose d'agréable. Il se redressa d'un bond et se leva pour aller saluer son nouveau visiteur. Il se crispa en tendant sa main à Athos Stracker, le président du Maggenmagot.

- « Athos… » souffla-t-il d'une voix étranglée

Il s'effaça pour le laisser entrer et referma soigneusement la porte derrière lui.

- « Je suppose que vous savez pourquoi je suis là… » commença Athos Stracker en se retournant vers lui.

- « J'en ai bien peur » murmura le Ministre en l'invitant à s'installer dans un des fauteuils de son bureau. « Il suffit de lire les journaux… »

- « Effectivement »

Les deux hommes s'installèrent. Le Ministre proposa à son interlocuteur un verre qu'il refusa d'un geste de la main. Tibulle Smith avait usé toutes ses opportunités de retarder le moment de la confrontation qu'il redoutait énormément.

- « Pourquoi ne nous avoir pas parler de la vraie nature de ces attentats ? » demanda Stracker d'une voix dure
Tibulle Smith soupira violemment et haussa les épaules.

- « Je pensais honnêtement qu'il s'agirait d'une affaire isolée. Je ne voulais pas inquiéter l'opinion publique. Si les moldus représentent une nouvelle menace pour notre communauté, je ne voulais pas affoler nos concitoyens. »

- « Mais vous avez étouffé l'affaire ! » s'indigna Stracker « Vous avez caché ceci ! Si vous nous en aviez parlé, nous en aurions pu mettre en place des mesures pour éviter qu'un autre incident de ce genre se reproduise ! »

- « Je ne pensais vraiment pas que cela serait nécessaire… »

- « Et bien vous avez eu tort ! »

Un lourd silence suivit cet échange. Chacun semblait méditer les paroles de l'autre. Finalement, ce fut Athos Stracker qui reprit la discussion.

- « Je ne comprend toujours pas ce qui vous a poussé à laisser le Maggenmagot dans l'ignorance d'un évènement de cette taille… »

Tibulle Smith soupira et leva un moment les yeux vers son plafond avant de baisser une nouvelle fois la tête.

- « Vous n'êtes pas sans savoir le scandale qu'à créer cette deuxième attentat et surtout, votre silence » souffla Stracker

- « Je le sais oui »

- « Je suis donc certain que vous comprendrez la décision de notre institution … »

- « Pardon ! » s'exclama Tibulle en se levant d'un bond de son fauteuil, les entrailles nouées par ce qu'il craignait d'avoir compris.

- « Ce matin, avant même l'ouverture de notre bureau, des centaines de lettres et de Beuglantes venues de toute l'Angleterre et envoyées par les plus hauts dignitaires de notre pays nous sont parvenues. Toutes demande la même chose… que vous perdiez votre poste » expliqua Stracker avec calme, comme si tout ceci n'était que la suite logique des évènements.

- « Vous allez me démettre de mes fonctions ?! » s'indigna Smith « Moi qui ai tant œuvré pour notre communauté ? Moi qui suis on ne peut plus engagé dans la lutte contre Vous-Savez-Qui ? Vous allez me renvoyer ? »

- « Aux vues, effectivement, de tout ce que vous avez accomplit pendant votre mandat, nous vous offrons en réalité la possibilités de démissionner… » souffla Stracker

- « Parfait ! » ironisa Smith en frappant dans ses mains « Quelle merveilleuse idée ! Vous plaisantez ? »

- « Absolument pas… Réfléchissez Tibulle. En démissionnant de vous-même, vous évitez la disgrâce… La population considèrera que vous reconnaissiez vos fautes. Et vous pourrez vous représentez aux prochaines élections… Ce qui vous le savez vous aurez été interdit si nous vous avions démis de vos… »

- « Je sais, je sais » grogna Smith, dont la perspective de devoir attendre les élections qui auraient lieu plusieurs
mois après avant de pouvoir espérer retrouver son poste

- « Mais, entre nous, je vous déconseille de vous représentez… » souffla Stracker

- « Pourquoi ? » demanda Smith d'un ton sec

- « Les évènements seront encore trop récent… » trancha Stacker en se levant.

Comprenant que son avenir politique était désormais brisé, Tibulle Smith se laissa tomber dans le fauteuil dont il ne s'était pas beaucoup éloigné par chance.

- « Nous sommes donc d'accord » repris Stacker « Vous allez me remettre votre démission dans la journée. De toute façon, le Maggenmagot vous a déjà choisit un remplaçant qui assurera l'intérim jusqu'aux prochaines élections. Il ne devrait pas tarder à venir ici prendre possession de son nouveau bureau. »

- « Qui ? » eut la force de souffler Smith

- « Oh, vous le connaissez. C'est un de vos stagiaires. Il est jeune, c'est vrai. Mais il semble avoir les épaules suffisamment solides pour supporter cette pression quelques mois… Cornélius Fudge »

Tibulle Smith se redressa dans son fauteuil. Quoi ? Ce jeune blanc bec de Fudge ? Ce jeune homme qu'il avait engagé quelques mois plus tôt pour l'aider comme assistant ? Il allait lui prendre sa place ! C'était trop injuste…
Mais avant qu'il n'ait eu le temps de se plaindre, la porte de son bureau se refermait sur Athos Stracker. Tibulle Smith, ex-Ministre de la Magie étouffa son cri de rage en mordant son poing.

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Un épais nuage de poussière se souleva quand Océane posa le lourd grimoire sur son bureau. Le vieil ouvrage n'avait pas été ouvert depuis des siècles au moins. La bibliothécaire de la Bibliothèque Nationale Sorcière à Londres avait eu un mal fou à le trouver dans ses rayonnages. C'était un livre peu emprunté… Océane le regarda en souriant et caressa doucement la couverture en gros cuir bien épais. Il allait l'occuper une bonne partie de l'après midi et elle était bien contente que la maison soit calme. Avec Lalyh en train de faire sa sieste et Sirius chez James, elle ne risquait pas d'être dérangée et pourrait alors se jeter à corps perdu dans ses recherches. Sans plus attendre d'ailleurs, elle s'installa dans son confortable siège et fit craquer ses doigts. Elle replaça correctement le bébé transmetteur bien en vue de sorte qu'elle puisse guetter le réveil de sa fille et rapprocha d'elle l'antique ouvrage.

Elle du utiliser la force de ses deux mains pour ouvrir l'énorme couverture. Le titre, soigneusement calligraphié se révéla à elle. « Rowena Serdaigle, vie d'une femme qui marqua son temps ». Elle se mit à sourire en voyant l'aigle qui ornait l'emblème de la fondatrice de sa maison. Elle avait toujours été fière de porter les couleurs bleue et argent. Non pas qu'elle se considérait comme plus intelligente que ses camarades, mais elle ne reniait pas son goût pour les études, mais plus généralement pour tout ce qui était susceptible de lui apporter une nouvelle connaissance. Elle aimait apprendre et découvrir des choses, c'est pourquoi elle c'était toujours sentie en harmonie avec la décision du Choixpeau Magique.

Elle le reconnaissait volontiers, c'est le plaisir de se plonger entièrement dans la vie de Rowena Serdaigle qui l'avait poussé à commencer par elle. Océane avait pour mission, pour l'Ordre, de chercher tous les symboles, tous les objets se rapportant aux Quatre Fondateurs, dans l'espoir d'en retrouver certain d'entre eux et de découvrir qu'il s'agissait d'Horcruxes.

C'était un travail très long, mais Océane ne s'en plaignait pas. Après tout, elle était la mieux placée pour faire ses travaux de recherche. Sirius refusant la plupart du temps qu'elle ne s'engage dans des missions sur le terrain. Et elle devait bien se l'avouer, elle n'avait pas le courage de Lily pour se lancer de plein gré dans le cœur de l'action, ni la capacité de son amie à tenir tête à son amoureux quand celui-ci lui interdisait quelque chose…

Elle se mit à sourire. Quand Lily n'était pas enceinte, elle se rappelait des longues discussions que James et elle avaient quand il s'agissait de partir en mission. Chacun voulait y aller pour protéger l'autre et Lily savait très bien se faire entendre et elle était autant partie que son mari. Océane, elle, les rares fois où des missions plutôt dangereuses sur le terrain avaient été proposées, elle s'était rangé à l'avis de Sirius. Et s'il lui était arrivé quelques fois de protester et d'insister, il avait toujours su la convaincre de rester. Elle ne se sentait pas pour autant lâche ou inutile. Elle aidait l'Ordre à sa manière, en faisant ce dans quoi elle était le plus douée.
Etudier de longues heures un vieux grimoire, se renseigner sur les symboles, chercher des objets, retrouver la trace de certains sorciers… Voilà en quoi se résumait son travail au sein de l'Ordre et cela lui convenait parfaitement.

Elle feuilletait ce vieux livre poussiéreux depuis presque une heure quand elle releva la tête pour jeter un bref coup d'œil à l'horloge. Elle n'avait pas vu le temps passer. Il fallait dire qu'elle avait trouvé une passionnante lecture. Les premières pages de l'ouvrage n'étaient consacrées qu'à la vie de la grande Rowena. Océane la connaissait déjà dans les grandes lignes mais elle n'avait pas résister à l'envie de la relire et d'en savoir plus. Elle s'étira un peu le dos et bailla. Elle allait désormais se lancer dans la seconde partie du livre. La plus intéressante pour ses recherches : les différents symboles se rapportant à la maison Serdaigle.

Mais avant de se plonger là dedans elle décida de faire une petite pause. En se levant du fauteuil, elle constata que sa robe restait légèrement collée à elle. C'est alors qu'elle réalisa qu'il faisait très chaud. Toute à sa lecture, la jeune femme ne s'était pas aperçue qu'il régnait dans la pièce une chaleur presque étouffante. Elle se dépêcha d'aller ouvrir en grand la fenêtre de son bureau et quitta un moment la pièce. Elle se rendit dans la cuisine où l'air plus frais lui fit du bien. Elle eut soudain une idée. Elle ouvrit un tiroir et en sortit une petite cuillère puis se dépêcha de récupérer un gigantesque pot de crème glacée. Elle le posa sur le plan de travail et s'aidant de ses deux mains, la petite cuillère soigneusement calée entre ses dents, elle se souleva et vint s'asseoir sur ce même plan de travail, juste à côté de l'évier. Avec gourmandise, elle récupéra la glace et avec délice porta une bonne cuillérée à sa bouche. Un léger gémissement de plaisir s'échappa de ses lèvres et elle ferma les yeux pour mieux la savourer.

- « Eh bien, eh bien, eh bien… » lança alors la voix de Sirius.

La jeune femme ouvrit les yeux et le vit, appuyé contre la porte. Il la regardait en souriant, elle lui rendit son sourire.

- « Elle est si bonne que ça ? » demanda-t-il d'une voix amusée

- « Tu n'as pas idée ! » répondit-elle en se resservant une énorme cuillérée.

- « Allons donc voir cette merveille ! » déclara le jeune homme en s'approchant d'elle.

En passant devant le tiroir, il récupéra à son tour une petite cuillère et vint se placer juste devant elle. Il se servit copieusement avant de tout enfourner dans sa bouche.

- « Tu ne devais pas être chez James ? » demanda Océane en se servant à son tour.

Sirius ne put qu'hocher la tête pendant un moment tant il avait du mal à avalée l'impressionnante quantité de crème glacée que contenait sa bouche. Une fois qu'il l'eut avalé, il pu enfin parler.

- « C'est vrai qu'elle est super bonne ! » s'exclama-t-il d'abord en regardant plus attentivement l'étiquette du pot « Si je devais être chez lui, mais les petits étaient au lit et j'ai bien compris que James voulait rester un peu avec Lily… seuls…. »

Océane se mit à doucement.

- « Donc je suis revenu ici… » termina le jeune homme en replongeant dans le pot de glace.

- « Pour me finir ma crème glacée ! » s'amusa Océane en refermant le pot

- « Hé ! » s'indigna Sirius

Mais la jeune femme tint bon et alla ranger le pot

- « Tu en as assez eu ! » le gronda-t-elle faussement

- « Bien maman… » se moqua Sirius en passant devant elle alors qu'elle se mettait à rire doucement « Qu'est-ce qu'il fait chaud ici ! »

- « Oui » soupira Océane en sortant de la cuisine

- « Je vais prendre une douche… Tu m'accompagnes ? » demanda-t-il en lui jetant son regard le plus séducteur

- « Tu as peur de ne pas trouver la salle de bain ? » répondit-elle malicieusement bien qu'elle se demandait comment elle faisait pour lui résister quand il était comme ça

- « Tu m'as très bien compris Océane… » lança-t-il avec un clin d'œil plus que suggestif.

- « Bien sur… Mais j'ai du travail… » murmura-t-elle en en s'approchant pour poser un baiser sur sa joue.

Elle le vit alors s'éloigner à contre cœur et elle du se faire violence pour retourner à son grimoire. Elle reprit sa place et continua sa lecture. Elle mit un certain temps à chasser l'image de son amoureux de sa tête. Lorsqu'elle y réussit enfin, elle consultait avec attention des différentes explications de l'ouvrage, prenant des notes soigneusement. Elle avait noirci une page entière quand deux lèvres fraîches vinrent se poser contre son cou. Elle sursauta. Elle ne l'avait pas sentit arriver.

- « Ce n'est que moi ma belle » souffla-t-il contre son oreille « Tu aurais du venir, si tu savais comme ça fait du bien… »

Elle se tourna vers lui et déposa un baiser sur ses lèvres avant de se replonger dans sa lecture. Elle l'entendit soupirer et esquissa un sourire. Elle l'entendit alors tirer une chaise et le vit s'asseoir près d'elle.

- « Tu fais quoi ? » demanda-t-il

- « Je fais des recherches sur Rowena Serdaigle… Pour l'Ordre… » précisa-t-elle

- « Oh… » souffla Sirius en se vautrant sur sa chaise « Et ça parle de quoi ? »

Océane se tourna vers lui et haussa un sourcil d'un air amusé

- « De Rowena Serdaigle »

- « Ah oui, c'est vrai… » marmonna Sirius qui se pencha pour prendre une plume sur le bureau « Et c'est intéressant? »

- « Très ! » répondit la jeune femme en retournant à son travail.

Sirius se mit alors à battre ses pieds sur le sol créant un rythme monotone particulièrement agaçant.

- « Tu pourrais arrêter ça ? » lui demanda-t-elle sans relever les yeux de son livre.

- « Quoi ? Oh oui… » répondit Sirius en cessant le bruit.

Il se leva alors, prit la chaise et vint s'installer face à elle. Il appuya ses coudes sur la table et la fixa sans dire un mot. Le regard percent de fiancé sur elle déconcentrait complètement Océane qui releva la tête pour le fixer.

- « Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-elle

- « Je m'ennuie… » grogna-t-il

- « Sirius ! » s'indigna Océane « Tu n'es plus un gamin ! Occupe toi ! J'ai du travail moi ! »

- « J'ai envie de passer du temps avec toi ! » souffla-t-il « J'ai dirais même pour être plus précis que j'ai très envie de te prendre dans mes bras et te faire oublier tous ces vieux bouquins poussiéreux… »

Océane soupira et cligna un moment les yeux.

- « Sirius… Je travaille… »

- « Ne me dis pas que tu ne pourras pas le faire à un autre moment ! » lança-t-il « Quand je suis à Jasire par exemple ! »

- « Je m'occupe de Lalyh quand tu travailles ! Je n'ai pas assez de calme ! » répondit-elle

Sirius soupira, croisa ses bras sur la table et y posa son menton. Océane replongea dans sa lecture.

- « C'est quand même pas pressé à la minute en plus… » murmura-t-il alors

A moitié agacée, la jeune femme releva son regard vers lui.

- « Tu le fais exprès ?! » demanda-t-elle « Ce n'est pas drôle ! J'ai vraiment du travail, et il faut vraiment que je le fasse… »

- « Mais tu n'as pas de date butoir ! C'est quand même bien typiquement Serdaigle de vouloir tout faire le plus tôt possible ! »

- « Et c'est typiquement Gryffondor d'empêcher les autres de vivre leur vie à leur manière ! » rétorqua-t-elle en lui tirant la langue.

- « Tu n'as pas envie de passer un moment avec moi ? » demanda-t-il d'une toute petite voix

- « Ne dis pas de bêtises ! » lança-t-elle

- « En plus, je t'ai promis un bébé… Ce n'est pas en restant le nez dans tes livres que ça va arriver ! » continua-t-il d'un air nonchalant, comme si de rien n'étais.

- « Sirius ! »

- « Je sais, tu as du travail ! »

Tous les deux se fixèrent alors un long moment, le regard perdu dans celui de l'autre. Océane sentait qu'elle allait céder. Il était tout bonnement irrésistible et elle n'arrivait plus à se concentrer. Quand elle le vit se lever et s'approcher d'elle, elle sut qu'elle était perdue. Par merlin, elle le maudissait d'avoir un tel pouvoir de séduction sur elle.

- « Allez chérie… Tu as bien bossé déjà… Une petite pause ne te feras pas de mal » murmura-t-il en se penchant vers elle « Et je te jures » souffla-t-il tout contre son oreille « qu'après je t'aiderais à les lire ses vieux livres à moitié moisi… si ça peut te déculpabiliser… »

Océane se mit à sourire et ne le repoussa pas quand ses lèvres se entrèrent doucement en contact avec les siennes. Elle sentait ses mains encore fraîches, glisser sur ses épaules et un frisson la parcourut. Il glissa ses doigts aux siens et allait l'entraîner hors de la pièce quand le bébé transmetteur se mit à clignoter furieusement.

Tous les deux se tournèrent vers l'engin et Sirius fut le premier à réagir.

- « C'est pas vrai ! » grogna-t-il

- « Je crois que nous allons devoir remettre ce charmant programme à plus tard chéri… » souffla Océane en tentant de reprendre son souffle déjà considérablement accéléré.

- « J'en ai bien peur… » grogna-t-il

- « Mais ta proposition de m'aider pour que mon travail soit fini plus vite… » lança-t-elle malicieusement en se levant pour aller rejoindre Lalyh

- « Eh ! » s'indigna Sirius « Pas si je ne suis pas récompensé après ! »

- « Ne t'inquiètes pas pour ça ! » déclara-t-elle alors en quittant la pièce