Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en générale mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Note : Toujours un peu de retard à prévoir dans la publication de ma fic, mais je passe un concours la semaine prochaine et je suis en plein dans les révisions !! Bientôt tout sera fini et la publication reprendra un rythme normal, d'ici là… et bien il faudra être patient !!

Bonne lecture à vous tous… Aylala

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Chapitre quatre vingt onze : Où va le monde ?

« Mais où va le monde, j'me l'demande bien
(…)
A base de mères en pleurs, de frères en sang,
De coeur en pierre
A force de s'dire qu'on a rien à faire ensemble
On creuse le fossé qui mène à notre perte »
Jalane

C'était une nouvelle journée qui commençait au Service de Contrôle et de Régulation des Créatures Magique. Les bras chargés de dossier une jeune femme entra dans les locaux, manquant au passage de renverser un stagiaire venu déposer un document à l'accueil.

- « Pousse-toi ! » s'énerva-t-elle contre le pauvre garçon qui n'eut d'autre choix que de se plaquer tant qu'il pouvait contre le guichet d'accueil pour la laisser passer.

La jeune femme continua son chemin sans se soucier du sort des autres personnes et arriva bientôt devant une porte sur lequel le nom « D. Ombrage » était inscrit. Elle tenta de pousser la poignée avec son coude mais, cela manqua de renverser la pile de dossier qu'elle portait à bout de bras. Après une seconde tentative nulle elle se mit à crier.

- « Il n'y a donc personne pour venir m'aider ?! »

Accourant, un jeune stagiaire vint la rejoindre et ouvrit la porte pour elle. Sans un mot de remerciement, Dolorès pénétra dans son bureau. D'un coup de pied, elle fit claquer la porte au nez de celui qu'il l'avait aidé, mais elle ne s'en soucia pas. Elle se dirigea jusqu'à son bureau et déposa la pile de document dessus. Elle soupira alors violemment et laissa tomber ses bras le long de son corps. Elle alla ensuite prendre place dans son magnifique fauteuil et d'un rapide coup de baguette elle fit apparaître une petite note de service. Elle sélectionna avec soin une de ses plus jolies plumes et rédigea quelques mots sur le petit morceau de parchemin avant de l'ensorceler et de l'envoyer à travers les bureaux, vers son destinataire.

Elle décida d'ailleurs d'attendre la réponse de celui-ci avant de se mettre à travailler. Il était encore tôt dans la matinée et la jeune femme se sentait plutôt d'humeur paresseuse. Elle étouffa un bâillement et s'étira un peu avant de se laisser mollement retomber sur son fauteuil. Elle fixa alors le mur devant elle et se mit à sourire. Environ cinq assiettes en porcelaine y étaient accrochées. Toutes avaient pour motif un adorable petit chaton peint dans une couleur vive. Elle aimait énormément ces assiettes et faisait de son mieux pour s'en procurer le plus possible ! Elle avait aussi attacher ici et là des pans d'étoffe ornée de dentelle et agrémenter de fleurs séchées. Elle estimait que son bureau était le plus coquet du Service, et n'ayons pas peur des mots, le plus coquet du Ministère. Elle en éprouvait une certaine fierté, elle ne s'en cachait pas.

Son regard se posa sur la petite horloge posée sur son bureau. Cela faisait maintenant un bon quart d'heure que sa note de service avait été envoyée et elle commençait à s'impatienter ! Comment se faisait-il qu'elle n'ait toujours eu aucune réponse. Elle se mit à grogner contre le petit personnel qui n'était décidément plus ce qu'il était. A cet instant, la porte s'ouvrit et un elfe de maison, portant un pagne frappé aux insignes du Ministère entra dans la pièce, un lourd plateau posé en équilibre sur sa tête.

- « Enfin ! » s'exclama sèchement Dolorès « Ce n'est pas trop tôt ! Il ne faut pourtant pas autant de temps pour faire le trajet depuis la cafétéria ! »

- « Je suis désolée madame… »

- « Mademoiselle ! » s'indigna-t-elle en se redressant encore « Ma parole mais tu n'as aucune éducation, elfe ! »

- « Pardonnez moi mademoiselle… » répondit l'elfe en tremblant.

Il récupéra néanmoins le plateau posé sur sa tête et le déposa sur le bureau. Dolorès le fixa un moment. Un grand café, un verre de jus de citrouille, deux pains au chocolat, trois croissants et deux tartines au beurre et confiture de myrtille… Tout semblait être là… Son petit déjeuner, le second de la journée était enfin là.

- « Et bien ! » lança-t-elle avec méchanceté « Tu n'as rien d'autre à faire que de rester planter là ?! »

L'elfe qui n'était resté que pour s'assurer qu'elle était satisfaite ne demanda pas son reste et se dépêcha de quitter le bureau.

- « Pas étonnant qu'il mette tant de temps pour servir s'il reste comme ça à traîner inutilement dans les bureaux ! » grogna Dolorès avant de mordre violemment dans un croissant.

Elle prit tout son temps pour manger, elle n'était pas vraiment pressée de s'attaquer à la longue, très longue pile de dossiers à étudier et à trier. Tous concernaient des vampires… Leur état civil, leur zone d'habitation, l'adresse de leur employeur, si tant est qu'un être humain sain d'esprit ait eu envie d'embaucher un vampire… ne cessait-elle de marmonner à chaque fois qu'elle constatait qu'une de ces créatures avait un emploi. Cela l'agaçait au plus haut point de voir que ces créatures, qui n'étaient en fait que des animaux doué de paroles et de pensées puissent vivre comme des sorciers normaux. Elle considérait cela comme une aberration, et elle ne rêvait que d'un monde parfait où l'ensemble de la communauté se rendrait compte que ces… choses valaient beaucoup moins qu'un être humain normal et qu'on les chasserait définitivement. Que les créatures magiques vivent entre elle et laisse les sorciers vivent leur vie tranquille !

Une fois son petit déjeuner avalé et le plateau renvoyé aux cuisines d'un simple coup de baguette magique, elle soupira. Elle n'avait définitivement pas envie de se lancer dans son travail pour l'instant et se creusait la tête pour trouvé une occupation plus agréable qui donnerait l'illusion qu'elle était en plein travail. Une idée traversa soudain son esprit. Elle se leva d'un bond et quitta son bureau pour se rendre à l'accueil du Service. Là, elle demanda à la jeune femme qui y travaillait s'il le courrier était arrivé.

- « A l'instant » répondit cette dernière d'un air aimable, un franc sourire accroché à ses lèvres.

Elle se leva à son tour et alla chercher dans une caisse située un peu plus loin. Elle y récupéra trois enveloppes qu'elle lui tendit.

- « Tiens Dolorès, voilà le tien »

Sans répondre, la jeune femme se saisit de sa correspondance et tourna les talons pour s'en retourner dans son bureau. Elle referma la porte, et appuyée contre celle-ci, regarda la première enveloppe. Elle venait du Service de la Coopération Internationale qui lui demandait d'examiner le cas d'une sirène qui désirait quitter un lac d'écosse pour aller vivre au Canada. En soupirant, Dolorès remit la lettre dans son enveloppe et la lança nonchalamment sur son bureau, elle s'en occuperait plus tard, si elle avait le temps. La seconde lettre était de son chef de service. Il lui demandait, sans autres explications de venir le rejoindre dans son bureau dès qu'elle aurait un moment de libre. Sautant sur cette occasion, la jeune femme décida de s'y rendre dès la lecture de sa troisième lettre terminée, cela lui donnait une excuse de plus pour ne pas se lancer dans les dossiers des vampires.

La troisième lettre était de loin la plus lourde et semblait avoir parcourut un chemin beaucoup plus long. Dolorès ne mit que quelque seconde à reconnaître l'écriture de son expéditeur. Kathleen…. Elle verrouilla alors la porte de son bureau pour ne pas qu'on la dérange et se jeta dans son fauteuil, impatiente d'avoir enfin des nouvelles de sa meilleures amies. Sa dernière lettre remontait au mois dernier… Elle décacheta l'enveloppe dans un grand bruit et se plongea dans sa lecture.

« Ma chère Doly,

Si tu savais comme j'aime la France ! C'est vraiment un merveilleux pays ! Je ne pense pas m'être autant amusée dans ma vie. Par chance, mon travail avec le petit Henry Scott ne me prend pas tout mon temps et j'ai le loisir de bien visiter Paris dans les moindres détails. Tu verrais le Boulevard de Féerie ! C'est l'équivalent français du Chemin de Traverse mais en beaucoup plus grand et beaucoup plus chic ! Il y a un nombre impressionnant de boutique et malgré tout le temps que j'y passe, il m'arrive encore de découvrir de nouveaux magasins !

Il fait très beau en ce moment et je passe beaucoup de temps à la terrasse des cafés, à contempler le paysage. Plus j'habite ici et moins je comprends ma mère… Pourquoi a-t-elle quitté ce si bel endroit pour aller vivre en Angleterre ? Elle devait sacrément être amoureuse de Papa…

En parlant d'amour, j'ai rencontré un garçon, André… Il a l'air plutôt gentil. C'est un garçon très mignon et je suis sure que tu l'aimerais bien. Pour le moment, ce n'est qu'une aventure, rien de plus. Je ne suis pas sure d'avoir envie de me relancer dans quelques choses de sérieux… Tu sais pourquoi… Cette histoire avec Remus me dégoûte encore un peu des hommes.

Mais cet épisode parisien me change les idées. Cela m'aide vraiment à tourner la page, une nouvelle vie s'ouvre devant moi ! Par Merlin si tu savais comme je suis heureuse dans ma nouvelle vie !

J'espère aussi que toi tu vas bien. J'attends avec impatience de tes nouvelles. Je t'embrasse.

Kat »

Dolorès regarda un moment le morceau de parchemin sans rien dire. Ses mains tremblaient légèrement. Puis d'un geste vif elle écrasa la lettre entre ses mains et la jeta violemment contre le sol. Quelle mauvaise nouvelle ! Kathleen était heureuse !

Dolorès n'avait jamais supportée que sa meilleure amie parte en France. Elle ne supportait pas d'être si éloignée d'elle et elle ne comprenait pas que son amie se passe aussi bien de sa présence ! Dolorès était persuadée qu'elle devait faire des folies ! Elle n'était plus là pour contrôler sa vie, enfin, garder un œil dessus pour l'empêcher de faire des énormes bêtises ! Par exemple, cet André, ce stupide parisien qu'elle fréquentait ! Comment savoir si c'était un homme pour elle ! Dolorès ne lui faisait pas confiance sur ce point là. Ni a André, ni à Kathleen ! Elle s'était tout de même amourachée de ce Lupin ! Ce répugnant loup-garou ! Rien qu'en pensant à ce que son amie avait pu partager avec cet être à moitié humain, un frisson de dégoût parcourut la colonne vertébrale de Dolorès.
Celui là, elle ne voulait même plus en entendre parler. Tout était de sa faute, tout ! S'il avait su contrôler ses instincts, s'il ne s'était pas rapproché d'elle, s'il ne l'avait pas forcé à tomber amoureuse de lui, Kathleen serait toujours en Angleterre auprès d'elle ! Elle ne serait pas dans un autre pays à tenter de tourner la page sur une des périodes que Dolorès considérait la plus dégradante de sa vie : son histoire d'amour avec un montre…

Dolorès prit alors une grande inspiration pour ce calmer. De toute façon, ce qui était fait, était fait, et elle n'avait pas le moyen de le changer. Elle prit simplement la décision de tout mettre en œuvre pour que Kathleen se rende compte que sa place était ici et la faire revenir de France. Après tout, sa meilleure amie ne pouvait pas réellement être heureuse loin d'elle.

Une fois calmée, la jeune femme se leva et soupira. Cette lettre ne l'avait pas rendu de bonne humeur et elle avait encore moins envie de se mettre à travailler. Elle récupéra donc la note de service de son chef de service, déverrouilla la porte de son bureau et entreprit de se rendre dans celui de son supérieur. Une fois devant la porte, elle réajusta son tailleur rose bonbon et replaça convenablement son serre-tête de la même couleur dans ses cheveux courts et frappa.

- « Entrez ! » lança la voix de Dayton Allwright.

Dolorès plaqua son sourire le plus angélique sur son visage avant de pousser la porte.

- « Vous vouliez me voir, monsieur Allwright » minauda-t-elle en secouant doucement la lettre qu'elle avait reçue.

- « Dolorès ! Votre présence ici me ravit ! » lança-t-il en l'invitant à s'asseoir d'un geste de la main.

La jeune femme ne se fit pas prier et s'installa confortablement.

- « Dolorès » reprit l'homme « Depuis combien de temps travaillez-vous dans ce service ? Plusieurs mois n'est-ce pas ? »

- « Oui monsieur » répondit-elle de sa toute petite voix enfantine

- « Et pas une seule fois je n'ai eu à me plaindre de votre travail ! » s'extasia l'homme « je dirais même que votre rigueur et votre efficacité nous ont grandement rendu service. Vous faites un travail remarquable ! »

- « Oh ! » souffla Dolorès alors que sa voix montait de plus en plus dans les aigu « Vous exagérez… »

Pourtant, au fond d'elle-même, Dolorès pensait bel et bien que son travail au sein de ce service était indispensable…

- « Oh non… » répondit l'homme en souriant « Des employés comme vous sont rares » continua-t-il « Et il ne faut pas les laisser partir ! Or, qu'est-ce qui motive le plus les employé à trouvé une autre place… la monotonie de leur travail ! Je ne veux pas vous perdre Dolorès. Vous êtes un excellent élément de notre service. C'est pourquoi j'ai décidé de vous offrir une promotion »

Dolorès crut sentir son cœur exploser dans sa poitrine. Une promotion ? Elle ? Enfin !

- « Je comprends votre surprise… » continua l'homme en souriant « Mais je peux vous dire que vous le méritez largement ! »

Dolorès laissa échapper un gloussement.

- « A partir d'aujourd'hui » continua le chef de service « Vous êtes officiellement une de nos sous directrices ! Votre nouveau travail consistera à plonger dans les textes de loi et dans les études de nos experts afin de mettre en place de nouvelles lois permettant de mieux régir et contrôler les Créatures magiques »

Dolorès cru qu'elle allait pleurer de joie. On lui offrait un poste où elle pourrait concrètement agir sur la vie de ces créatures à moitié humaines ? On lui offrait la possibilité de décider de leurs droits et en quelques sortes de leur avenir… Rien au monde n'aurait pu la rendre plus heureuse.

- « Si vous saviez comme je suis contente ! » souffla-t-elle « Je ne m'y attendais pas… »

- « Je suis sur que vous ferez un excellent travail… » répondit simplement le chef du Service de Régulation, un large sourire aux lèvres.

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« Et pauvre de moi âme fidèle… C'est mon cœur que tu ensorcelles… »

James soupira et d'un coup de baguette baissa le volume de la radio. La voix pleurnicharde de ce chanteur à la mode l'horripilait prodigieusement, peut être plus encore que les paroles stupides de sa chanson. Maintenant que la mélodie n'était plus qu'un arrière fond sonore qui le tiendrait éveillé, il devenait presque supportable. Car la sieste était le moment le plus redouté de James quand il n'était pas à son bureau, à la Jasire.

Tout le monde dormait. Les enfants se reposaient de leur matinée et prenaient des forces pour être en pleine forme pour le reste de l'après midi. Lily en profitait alors pour s'allonger un peu, au calme et finissait à chaque fois par tomber dans un sommeil profond et réparateur. Elle se fatiguait vite, beaucoup plus vite que lors de ses deux premières grossesses et même si James faisait son possible pour l'aider, elle devenait vite très lasse.
Tout le monde dormait donc dans la maison, tous sauf lui… Et le silence qui régnait dans la grande demeure habituellement raisonnante de cris et de rires se faisaient presque aussi pesant que la chaleur de cette fin du mois d'août. James sentait sa tête devenir lourde et il devait se faire violence pour résister à l'envie qu'il avait d'aller se glisser dans le canapé et de dormir comme un bienheureux jusqu'à ce que sa douce Lily vienne le réveiller tendrement… ou que leurs enfants viennent le tirer brutalement de ses rêves.

Donc pour éviter de sombrer dans la somnolence, il avait mis la radio, mais les programmes n'étaient pas spécialement intéressant… Ce qui n'était pas plus mal puisque ainsi il avait tout le loisir de se concentrer sur ses dossiers…

Pourtant un jingle de la RITM attira son attention et il décida de remonter le son de l'appareil.

« Radio Indépendante à Transmission Magique, il est 14h00. Les informations nationales, présentées par Miranda Langpendu… »

James reposa alors sa plume et referma son dossier pour donner toute son attention au bulletin d'information.

« Ce bulletin d'information sera principalement dédié à la crise que traverse en ce moment notre pays et notre gouvernement. Nous parlerons également longuement des manifestations qui se déroulent en ce moment même devant les locaux du Ministère de la Magie. Une centaine de personne suivant les organisateurs se seraient donner rendez-vous devant le bâtiment qui abritent le siège du gouvernement pour manifester leur mécontentement et remettre en cause les lois établissant nos relations avec les moldus… »

James grimaça en entendant la voix calme et parfaitement audible de la speakerine énoncer les titres. Il se leva et alla s'installer dans le vieux canapé placé sous la fenêtre pour être ainsi plus près du poste.

« … Mais aussi en fin de ce bulletin les derniers résultats sportifs de la 143ème rencontre inter canton de Bavboule et la météo présentée par Reine Bow…

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Bonjour.

L'attentat de la gare de King Cross qui a eu lieu il y a trois jours a créé beaucoup plus d'émoi que ce que n'importe qui aurait pu imaginer. Dans un communiqué parut ce matin, Edgar Jacob, porte-parole du Maggenmagot nous dit ceci :

''Il est très important de se rendre compte que cette affaire ne concerne pas seulement le bureau des aurors, c'est tout le ministère qui est touché par cette crise''

Hier en effet, le Ministre de la Magie, Tibulle Smith a donné sa démission et a quitté les locaux du Ministère dans la plus grande discrétion. Son remplaçant intérimaire, Cornélius Fudge n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet. Il s'est contenté, lors de la conférence de presse qui a suivit sa nomination d'affirmer qu'il ferait tout son possible pour enraillé la crise. Mais tout porte à croire que la tâche sera difficile, ce matin en effet, un rapport qui avait été jusque là été tenu confidentiel a confirmé l'hypothèse qui circulait depuis plusieurs jours déjà. L'attentat du Chemin de Traverse qui avait provoqué la mort de sept personnes dont une petite fille de huit ans est aussi l'acte de moldus. Ces deux attentats d'une violence inouïe remet donc entièrement en question les théories selon lesquelles les moldus sont inoffensifs et surtout ignorent tout de notre existence. On est donc en droit de remettre en question le droit à informer les familles moldues dont un membre est sorcier de notre existence. Karl Imler, président de l'association « anti moldu » créée à la suite de ses tragiques évènements nous fait par de ses sentiments :

'' C'est un scandale ! Un véritable scandale ! On nous ment lorsque l'on dit que les moldus ignorent notre existence ! Lorsque d'une union de moldue né un enfant sorcier, la famille est mis au courant. Il en est de même pour les mariages mixtes entre sorcier et moldu ! Des fuites ont pu avoir lieu ! Et voilà où cela nous mène maintenant ! Quinze personnes, tous des sorciers qui n'avaient rien à se reprocher ont été tués par des moldus ! Et en plus on nous a caché la vérité ! »

Car c'est bien là le principal reproche que l'on puisse faire à notre gouvernement. Il a acheté le silence des victimes des premiers attentats pensant étouffer l'affaire, croyant sans doute que cela ne serait qu'un acte isolé. Mais voilà ils ont recommencé ! Les rescapés des deux attentats parlent d'actes de rares violence, certains resteront traumatisé à vie par cette expérience. Alors que si le premier attentat avait été rendu publique, le second aurait sans doute pu être évité… »

James se mit à grogner. Il n'aimait pas beaucoup la tournure que prenaient les évènements. Il soupira violemment avant de se replonger avec attention dans le bulletin d'information.

« A Londres maintenant, où on nous a signalé depuis ce matin un groupe d'une centaine de manifestants selon les organisateurs, seulement 70 selon les aurors en fonction, auraient pris le siège des locaux du Gouvernement. Notre correspondant sur place Yann Herm.

''Oui, bonjour Miranda, alors, ici c'est un peu la folie devant les locaux du Ministère de la Magie ce matin. Au moins 70 personnes sont venus manifesté leur mécontentement devant ce bâtiment où travail les politiques les plus hauts placé. On trouve de tout dans ce cortège. La plupart sont les membres des familles de victimes des deux attentats qui demandent que justice soit faite sur cette affaire. Mais certain aussi, tiennent des propos plus radicaux. Une délégation d'une vingtaine de personnes a demandé un entretien avec Cornélius Fudge pour exiger que l'accès aux lieus à forte concentration magique soit désormais interdit aux moldus sans aucune distinctions et qu'un nouveau système d'entrée soit mis en place, ceci dans le but d'empêcher toute personne dépourvu de pouvoirs magiques de pénétrer sur des sites comme le Chemin de Traverse par exemple. Se pose bien évidemment le problème des parents moldus accompagnant leurs enfants sorciers faire leur courses de rentrée mais aussi les cracmols qui se verraient alors totalement exclus de notre communauté. D'autre part un groupuscule de six personnes portant le nom de « Pro-mage » a demandé à être reçu par le Ministre intérimaire afin de leur exposer leurs suggestions quand à l'interdiction de fréquenter des moldus, voir même des sorciers d'origine moldue…

Ces mesures demandées par cette foule en délire sont loin de paraître stupide à beaucoup de sorciers et de sorcières qui ne supportent plus ce climat de violence et de haine. On ne sait pas encore si le gouvernement se penchera réellement sur ses questions mais… »

James sursauta violemment en voyant la porte de son bureau s'ouvrir. Sa première pensée fut pour Lily. Il ne voulait pas qu'elle entende ce genre d'horreur. Elle qui venait d'une famille moldue était directement concernée par les propositions de ses fous furieux et pour rien au monde il ne voulait qu'elle entende les propos stupides et même limites raciste de ces gens. Il récupéra dont immédiatement sa baguette et coupa le son de la radio. Une tête passa par l'entrebâillement de la porte. Il fut soulagé que ce ne soit pas Lily.

- « Maître… » souffla Dobby

- « Oui » répondit James en se penchant vers lui.

- « Mes jeunes maîtres sont réveillés… » l'informa l'elfe

- « Oh… Et Lily ? »

- « Madame dort encore… »

- « Parfait » souffla James en se levant.

Lily ne risquait pas d'avoir entendu ce monceau de bêtises et c'était très bien. Cela le soulageait.

- « Je vais aller m'occuper des petits. Merci beaucoup Dobby »

- « De rien monsieur. » répondit l'elfe en transplanant dans un petit pop sonore.

James se tourna une dernière fois vers la radio. Il remonta le son pour savoir si le reportage continuait toujours, mais il n'entendit que les résultats du concours de Bavboules. Il éteignit le poste et quitta son bureau. Il se rendit à l'escalier dont il monta les marches quatre à quatre et se rendit directement dans la chambre de Syrielle. Assise au milieu de son lit à barreaux, uniquement vêtue de sa couche, la petite fille serrait fort contre elle un poisson en peluche et un bout de son drap. Elle releva sa tête vers lui et se mit à sourire, son pouce bien enfoncé dans sa bouche.

- « Tu es sure que tu as assez dormi toi ? » chuchota James en se penchant pour la prendre dans ses bras.

La fillette lâcha le drap et vint se blottir contre lui, s'agrippant à son T-shirt. James posa un baiser sur son front et se redressa.

- « Moi je dis que tu aurais mieux fait de dormir encore un peu ma belle… On continue à faire dodo ? »

Syrielle se mit alors à faire frénétiquement non de la tête et se raccrocha à lui de toutes ses petites forces. James abdiqua. Il se mit à caresser son petit dos nu et quitta la chambre. Il se rendit immédiatement dans celle de Harry. Le petit garçon n'avait pas attendu son papa pour se lever. Assis sur le tapis de sa chambre, il jouait avec ses petites voitures.

- « Oh Papa ! » s'exclama-t-il en le voyant entrer.

Il lui tendit aussitôt une des petites autos.

- « Tu zoues ? » proposa-t-il en hochant la tête.

- « Ok ! » lança James en s'installant en tailleur près de lui.

Il positionna confortablement Syrielle contre lui, sur ses jambes et prit la petite voiture entre ses doigts. Le jeu dura de longues minutes. Puis Harry en eu assez. Il préféra venir lui aussi se blottir contre son papa qui serra bien fort ses deux enfants contre lui. James se remit alors à penser à ce qu'il venait d'entendre à la radio et cela l'agaça une nouvelle fois. Il ne comprenait pas comment des sorciers pouvaient être aussi stupide pour penser des choses aussi horribles. Alors, sous prétexte que ses parents étaient moldus, il n'aurait pas du fréquenter Lily, en tomber amoureux ou lui faire des enfants ! C'était irréaliste ! Lui était fier que ses enfants aient cette double identité. Cela ne pouvais être qu'un plus de connaître non seulement le monde des sorciers mais aussi le monde des non sorciers. Il était content que Lily ne renie pas ses origines. Il l'aimait pour ce qu'elle était…

- « Mes trésors… » souffla-t-il en les regardant tendrement « Dans quel monde on vous a fait naître ! »

Il les embrassa tendrement l'un et l'autre et leur caressa chacun une joue avec chacun de ses pouces. Tous les deux se mirent à rire et James leur sourit. Il les aimait tellement. Il aurait voulu les voir grandir dans un climat calme et serein, loin de la guerre, loin de tous ses soucis… Mais il s'était fait à lui-même une promesse, celle de leur faire vivre le moins longtemps possible cela.

- « On y arrivera mes anges ! Vous ne vivrez plus longtemps dans un monde comme ça ! » leur murmura-t-il en enfouissant doucement sa tête entre les deux leurs.

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Arthur Weasley courait aussi vite qu'il le pouvait. Sa mallette soigneusement calée contre son torse, il tentait autant que possible d'éviter tous ceux et celles qui se trouvaient sur sa route sans complètement y parvenir par moment. Il criait alors des excuses sans pour autant ralentir sa course… Il était monstrueusement en retard.
Voyant la foule qui se pressait près des ascenseurs qui se faisaient attendre, Arthur se rua dans les escaliers et monta quatre à quatre les marches qui menait au dixième étage où se trouvaient la salle de réunion numéro 10. Lorsqu'il arriva enfin dans le long couloir qui menait à la salle de réunion il s'autorisa quelques secondes de pauses. Il avait l'impression que son cœur allait jaillir de sa poitrine. Un point de côté le lançait douloureusement sur son flanc droit et il y appliqua une pression de la main. Il avait beaucoup de mal à reprendre son souffle et du se pencher un peu pour parvenir à retrouver une respiration à peu près régulière.

- « Vous êtes en retard Weasley ! » lança sèchement une voix à ses côtés le faisant sursauter.

Arthur se redressa et fit face à l'homme qui venait de parler. Trevis Williams était un homme bien en chair, qui arborait une barbe foisonnante qui lui mangeait tout le bas du visage.

- « Je sais monsieur… » commença Arthur avec difficulté car il avait encore du mal à respirer correctement.

- « On m'a demandé de mettre en place cette conférence et je vous ai désigné pour la menée à bien ! Et je ne tolère pas que vous soyez en retard ! »

- « Je comprend tout à fait, mais… » tenta de se justifier le rouquin

- « C'est bon ! » grogna Williams « La réunion a été repoussée... Elle commence dans une demi-heure ! »

Arthur le fixa d'un air incrédule. Cet homme venait de le réprimander pour son arrivée tardive alors… qu'il n'était pas en retard ! Molly aurait été présente, elle aurait exigée qu'il lui fasse des excuses en bonnes et dues formes, mais Arthur n'avait pas le tempérament de son épouse. Il était plus calme et cherchait autant que possible à éviter les conflits.

- « Soyez à l'heure cette fois ! Ne vous éloignez pas trop ! » lança Trevis Williams en s'éloignant de lui.

Il quitta le couloir sans se retourner et Arthur se laissa alors tomber contre le mur. Il y déposa sa tête et ferma les yeux, savourant ce délicieux moment de calme. Il lui restait une demi-heure avant la conférence. Il aurait donc le temps de relire ses notes.

Arthur était très stressé. Il était un homme discret et n'aimait pas tellement être le centre d'attention d'une petite foule. Pourtant quand on lui avait proposé d'animer cette conférence, il n'avait pas hésité une seule seconde. Dans une demi-heure, il allait proposer aux plus grands dignitaires du Ministères, politiques et aurors confondus un exposé complet et détaillé sur les armes à feu moldus, leur usage et les moyens de s'en protéger… C'était un sujet qu'il avait travaillé de longues heures, restant jusqu'à tard au bureau, se plongeant dans énormément d'ouvrages, demandant conseil à Lily Potter les quelques fois où il n'avait pas bien saisit de quoi il était question. Il connaissait son sujet sur le bout des doigts, il l'avait longuement répété chez lui, tandis qu'il donnait leur bain à ses enfants, les jumeaux et Ron devaient désormais tout savoir des différents types d'armes à feu et leur réglementation chez les moldus… Pourtant, malgré toute la préparation qu'il avait subit, il ne se sentait pas près et le trac lui rongeait les entrailles. A la fois excité de pouvoir parler librement de sa passion et intimidé par les personnes qui l'écouterait, il attendait autant qu'il redoutait ce moment.

D'une main fébrile, il ouvrit sa petite mallette et en retira ses notes manuscrites qu'il avait minutieusement recopié au moins cinq fois pour que tout soit parfait. Il tremblait toujours quand il remit ses fiches dans le bon ordre. Il prit une grande inspiration et se plongea dans sa lecture.

Après quelques minutes, Arthur releva la tête. Il n'arrivait pas à se concentrer. C'était tout bonnement terrible, il ne parvenait pas à donner toute son attention à son exposé, car à dire vrai, un autre évènement le travaillait.
Nous étions le 1er septembre, et aujourd'hui, pour la toute première fois, il avait laissé un de ses enfants dans le Poudlard Express. Une boule de fierté et de crainte se forma instantanément alors qu'il repensait à cela. Bill, son tout petit garçon. Celui qui, il n'y a pourtant pas si longtemps, était tellement petit qu'il n'osait le prendre dans ses bras de peur de le briser en deux, était maintenant parti de la maison. Jusqu'au prochaines vacances, certes, mais tout de même. Jamais auparavant il n'avait été aussi longtemps éloigné d'un de ses enfants. Cette année allait s'annoncer longue.

Il esquissa un faible sourire en pensant que le plus dur pourtant serait sans doute la réaction de Molly… Il pressentait qu'il lui faudrait beaucoup de patience pour l'entendre se plaindre que leur fils n'écrivait pas souvent. Car Arthur connaissait assez bien son fils pour savoir que la promesse d'envoyer quotidiennement un hibou à sa mère ne durerait pas longtemps. Charly avait parié pour une semaine et Percy pour dix jours… Lui n'avait pas voulu se prononcer, mais cela l'avait bien amusé…Ce qui l'intéressait le plus pour l'instant, pour ne pas dire l'angoissait, était la cérémonie de répartition. Molly et lui ayant tous deux fait leurs classes à Gryffondor, il espérait secrètement que Bill suivrait leur trace… Mais il ne le lui avait pas dit, il ne voulait pas lui mettre une quelconque pression sur les épaules…

Voilà, il était parti le matin même pour sa nouvelle vie d'écolier et c'était précisément pour cela qu'Arthur avait été en retard sur l'horaire de départ.

En dépis des récents évènements de King Cross et faisant fi des consignes de sécurités draconienne mise en place, Molly avait refusé tout net de ne pas aller accompagné leur aîné à la gare. Arthur avait fini par accepter et c'est alors qu'il avait réalisé que sa femme comptait emmener TOUS leurs enfants dire au revoir à leur grand frère. Il avait été trop tard pour refusé et pourtant… Arthur y avait passé beaucoup de temps et d'énergie. Ce n'était pas un endroit sur, des aurors armés feraient des patrouilles, on n'était pas à l'abris d'un nouvel attentat, aucun de ces arguments n'avaient réussi à convaincre Molly de laisser leur six plus jeunes enfants au Terrier.
C'était donc au grand complet que la famille Weasley avait débarqué du côté moldu de King Cross. Faire passer la barrière magique n'était pas une chose aisée. Déjà à son époque, Arthur se souvenait qu'il fallait faire extrêmement attention à n'être pas vu… Alors quand neuf rouquins bruyants et passablement excité avaient débarqué près du mur de séparation des voies 9 et 10, que les plus grands spécialistes du Ministère étudiaient depuis des jours pour tenter de comprendre ce qui c'étaient passé… cela devenait infernal !

Finalement, ils avaient tous réussit à passer et avaient pu dire au revoir à Bill avant sa montée dans le train. Si le petit garçon avait courageusement refoulé l'émotion qui le gagnait à l'idée de quitter le cocon familial, Molly n'avait pas réussit. Elle avait éclatée en sanglot en serrant aussi fort que possible leur fils dans ses bras. Entre deux sanglots, elle lui avait soufflé toutes ses recommandations, depuis le « sois sage et travaille bien » au « n'oublie pas de te brosser les dents ! »

Lorsqu'il avait pu se libérer de l'étreinte maternelle, Bill était venu lui dire au revoir. Arthur qui n'avait plus rien à recommander à son fils, lui conseilla de bien s'amuser. Chaque frère avait ensuite reçu une longue accolade. Charly et Percy le regardaient avec envie, impatient à l'idée que leur tour viendrait bientôt. Ginny avait fondu en larme quand il l'avait prit dans ses bras. La petite fille de deux ans s'était désespérément accroché au cou de son grand frère qui avait du user de la ruse pour se libérer…Avant d'être une nouvelle fois assailli par sa mère. Il avait presque faillit rater le train !

C'était donc extrêmement ému, encerclant les épaules d'une Molly larmoyante qui venait de tremper son quatrième mouchoir et qui serraient contre elle une Ginny secouée de sanglots qu'Arthur avait regarder le train s'éloigner dans un panache de fumée blanche.

Après avoir récupéré les jumeaux qui avaient profités d'une seconde d'inattention pour se faufiler parmi la foule, Arthur avait du faire transplaner en escorte tout son petit monde jusqu'au Terrier, un par un… En terminant par Molly qui avait du mal à quitter la gare. Lorsqu'il disparurent du quai, Arthur aurait même juré l'entendre marmonné qu'elle était prête à attendre là jusqu'en juin le retour de son petit garçon.

Une fois toute sa petite famille de retour chez eux, Arthur s'était rendu compte de l'heure et s'était dépêcher de se rendre au Ministère.

Maintenant, il attendait dans un couloir plutôt lugubre, ses notes qu'il n'avait pas réussit à relire dans la main, attendant le moment où on lui demanderait de commencer son exposé. Il prit une grande inspiration et ferma les yeux. Il eut une pensée pour toute sa petite famille, puis prenant son courage à deux mains, il rangea ses parchemins dans sa mallette. Il connaissait son sujet et finalement, n'en avait pas besoin. Il traversa le couloir d'un pas décidé et entra dans la salle de réunion numéro 10, la conférence n'allait pas tarder à démarrer. Il était prêt.