Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en générale mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Note à l'intention de cindy : Je n'ai pas eu l'adresse de ton blog dans la review, donc je n'ai pas pu te répondre… laisse moi ton email se sera plus simple !!

Bonne lecture à vous tous… Aylala

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre quatre vingt quatorze : Dans chacun de mes silences


« Dans chacun de mes silences
Il y a ma peur de te parler
Et que ma vie perde son sens à jamais »
Marie-Elaine Thibert

- « N'importe quoi ! »

- « Si je te le dis ! Je l'ai vu à la télé ! »

- « Mais des fois y disent du n'importe quoi à la télé ! » répliqua Nymphadora.

D'un geste sur, elle redressa son cartable sur ses épaules et secoua la tête faisant voler dans tous les sens ses longs cheveux bruns.

- « Mais je te jure que c'est comme ça qu'elle fait ! » renchérit son amie Janet en accélérant un peu le pas « Dans la série, il suffit qu'elle remue son nez et ça fait de la magie ! Elle est géniale ! »

- « C'est pas du tout comme ça que les sorcières font de la magie » lança Nymphadora en prenant le ton patient de quelqu'un qui explique quelque chose d'évident à une personne particulièrement têtue.

- « Ah oui ! » lança Janet en posant ses deux mains sur ses hanches et en fronçant les sourcils « Elles font comment ? »

- « Elles utilisent des baguettes ! » répondit simplement Nymphadora

- « Pfff ! » pouffa l'autre petite fille « Ca c'est pour les bébés ! C'est dans les vieilles histoires qu'on dit ça ! »

Nymphadora se contenta d'hausser les épaules d'un air indifférent. Janet pouvait bien croire ce qu'elle voulait, elle savait qu'elle avait raison. Et elle savait aussi qu'elle ne devait pas en dire plus et certainement pas que la magie existait réellement, qu'elle était elle-même une sorcière et que dans peu de temps, elle était invitée à un mariage sorcier. A cette pensée, elle se mit à sourire. Elle avait tellement hâte d'y être.

Les deux fillettes marchèrent encore un moment, discutant de tout et de rien, comme à chaque fois qu'elles rentraient de l'école. Bientôt, Janet du prendre un chemin à l'écart de la route principale. Les deux amies se saluèrent d'un signe de la main en se disant qu'elles se reverraient le lendemain, sur ce même chemin qui les conduirait à l'école.

Une fois seule sur la route déserte, Nymphadora agrippa les deux bretelles de son sac pour le maintenir serré et se mit à courir. Elle avait promis à son papa de ne pas tarder, mais comme d'habitude, elle n'avait pas vu le temps passer. Il n'y avait que quelques minutes de marche pour regagner sa maison, mais elle parvint à trébucher trois fois en route. Elle s'écroula une fois de tout son long sur le bas côté, se releva, frotta ses mains et reparti de plus belle. Elle n'allait tout de même pas s'en faire pour si peu ! Lorsqu'elle arriva en vue de sa maison, elle se mit à grimacer. Son père l'attendait sur le perron, les bras croisés et l'air grave. Elle poussa le petit portillon du jardin et baissa immédiatement les yeux. Il valait mieux pas qu'elle en rajoute.

- « Tu es impossible ! » grogna Ted avec sévérité quand elle passa à côté de lui « A cause de toi, on va être en retard ! Je t'avais demandé de te dépêcher. »

La petite fille pinça ses lèvres et entra dans la maison. Elle monta à l'étage sans passer par la cuisine pour son habituelle pause goûter. Elle entra dans sa chambre, jeta son cartable sur son lit sans se soucier du fait qu'il s'y était éparpillé et tout aussi vite qu'elle était monté, elle redescendit et regagna le perron.

- « C'est bon ? Tu es prête ? On peut y aller ? » demanda Ted en la voyant revenir.

- « Oui papa » répondit la petite fille en glissant sa main dans la sienne.

Elle sentit son père se radoucir et cela lui arracha un maigre sourire. Tous les deux se dirigèrent ensuite vers la petite voiture bleue qui était garée devant la maison. Nymphadora lâcha la main de son père et se précipita vers la portière du passager avant. Elle entra très vite dans l'habitacle et boucla sa ceinture de sécurité. Il était très rare que Ted la laisse monter à l'avant, mais elle avait tout de même décidé de tenter le coup.

- « Je ne suis pas sur que tu le mérite jeune fille » marmonna Ted en s'installant au volant.

Mais il n'ajouta rien d'autre et c'est un grand et radieux sourire aux lèvres que la petite fille le vit mettre le contact. En quelques coups de manivelle, elle fit descendre la vitre et le vent de septembre lui caressa le visage. Elle ferma les yeux et profita de cet instant. Elle se demandait si cela faisait la même sensation de voler sur un balai… Elle n'en avait jamais fait mais comptait bien se rattraper dès qu'elle serait à Poudlard… L'an prochain… Cela lui semblait si loin ! Et elle avait tellement hâte ! Là bas au moins, personne n'irait lui parler de fausses sorcières qui remueraient le nez pour faire de la magie…

- « Tu sera sage hein ?! » lança Ted au bout d'un moment

- « Mouais… » répondit la petite fille

- « Je ne plaisante pas… »

- « C'est pas de ma faute si Jason est toujours méchant avec moi… »

- « Tu n'es pas obligé de répondre au quart de tour dès qu'il te taquine ! Tu as d'autres cousins avec qui tu t'entends bien ! Alors joue avec eux ! »

Nymphadora grogna un peu et hocha la tête.

- « Et je ne veux plus que le chat de ta tante change de couleur ! Compris ?! » lança-t-il alors qu'il garait la voiture dans le jardin d'une coquette maison.

- « Je ne l'avait pas fait exprès ! » s'indigna Nymphadora en se tournant vers lui.

- « Je sais… » souffla Ted avant de se pencher pour déposer un baiser sur son front.

Il appuya ensuite sur l'attache de sa ceinture et la libéra. La petite fille ouvrit la porte et bondit hors de la voiture. Elle attendit son père, lui prit la main quand il passa près d'elle et tous les deux allèrent frapper à la porte de la maison de Arnold Tonks. Nymphadora fit son plus beau sourire quand son oncle vint lui ouvrir et se mit sur la pointe de pieds pour poser un baiser sur sa joue.

- « Vous êtes en retard… » lança-t-il avec un grand sourire et faisant une accolade à son frère.

« Ma fille ne sait pas être à l'heure… » marmonna Ted en entrant.

Les deux frères se mirent alors à discuter et Nymphadora en profita pour traverser la maison pour se rendre dans le salon. Elle savait qu'elle y trouverait sa tante Beth. Elle était assise dans le grand fauteuil près de la cheminée, et était occupée à repriser quelques chemises de son mari.

- « Bonjour Tatie… » lança la petite fille en s'approchant d'elle.

- « Bonjour ma belle, comment tu vas ? » demanda sa tante d'une voix douce en lui faisant un large sourire.

- « Bien… » répondit-elle en s'installant dans le canapé.

Nymphadora aimait beaucoup sa tante, elle savait qu'elle pouvait toujours compter sur elle, et qu'elle pouvait tout lui dire et tout lui demander. Quand sa maman était morte, Tante Beth était la seule personne avec qui la petite fille acceptait de parler de choses importantes. De sa maman entre autre. Nymphadora n'osait pas à l'époque parler ouvertement d'elle avec son papa, car elle savait qu'il avait encore trop de chagrin… Tante Beth avait été son plus grand soutien. Elle aurait bien aimé lui avouer qu'elle était une sorcière, tout comme sa maman. Elle aurait bien aimé pouvoir lui parler de ce monde auquel elle appartenait. Mais après en avoir parler avec son papa, elle y avait renoncé. Cela la peinait un peu, mais elle savait qu'elle n'avait pas le choix.

- « Tu as goûté ? »

La voix de sa tante tira la fillette de ses pensées.

- « Non… » avoua-t-elle « Comme je suis arrivée en retard, je ne voulais pas faire attendre papa encore… »

Tante Beth se mit à rire joyeusement.

- « Je m'en doutais ! Va dans la cuisine, il reste de la tarte aux pommes et du jus d'orange »

Sans plus attendre, la fillette bondit hors du canapé et se rua dans la cuisine pour se servir une très grosse part de tarte et un immense verre de jus d'orange. Elle s'installa à la table de la cuisine et entreprit de dévorer son goûter. Elle se rendit compte soudain du calme qui régnait dans cette maison. D'habitude ses trois cousins créaient un boucan monstrueux… Ils ne devaient pas être là. Quelque part, ce n'était pas plus mal. Elle ne s'entendait que moyennement avec eux. Elle ne partageait pas les mêmes centres d'intérêts et elle les trouvait profondément bébés, bien qu'ils soient tous les trois plus vieux qu'elle.

Elle termina de manger, passa un coup d'éponge sur la table et retourna dans le salon. Elle y retrouva son père et son oncle Arnold.

- « Ils sont pas là les garçons ? » demanda-t-elle en se plaçant près de la fenêtre.

- « Non,ils sont partis jouer au foot… » répondit Oncle Arnold en souriant

- « Au fait, Nymphadora » reprit Tante Beth « J'ai terminé les retouches que tu voulais sur ta robe… Tu veux bien l'essayer voir si c'est bon ? »

- « Oh oui ! » répondit la petite fille en sautant sur place et en frappant dans ses mains.

Les trois adultes se mirent à sourire tandis que Nymphadora s'asseyait sur le sol pour détacher ses lacets. Elle ôta ses chaussures, son pantalon et son T-shirt et attendit, en culotte dans le salon que sa tante retrouve sa robe. Elle croisa tout de même les bras sur son torse. Deux hommes se trouvaient tout de même dans la pièce !

- « La voilà ! » s'exclama Beth en sortant un morceau de tissu bleu clair de sa panière à vêtement.

Elle la lui tendit et Nymphadora l'enfila rapidement et l'ajusta un peu avant de se mettre à tourner sur elle-même. Un grand sourire éclaira son visage. Elle trouvait la robe magnifique.

- « Tu es magnifique » murmura Beth en réajustant une des bretelles « Tu vas faire tomber tous les garçons amoureux de toi… »

La petite fille devint automatiquement rose. L'image de Remus se forma dans son esprit et ses joues se colorèrent encore plus. Elle avait beau savoir qu'il était bien plus âgé, elle ne pouvait s'empêcher de sentir son ventre se serrer et ses mains devenir moites. Elle était tellement impressionnée par lui…
Elle se demanda si elle allait le voir au mariage. Sans doute que oui, il était un des meilleurs amis de Sirius après tout…

- « Voilà autre chose ! » s'exclama Ted en se redressant dans son fauteuil « Ma petite fille ne pense pas encore aux garçons ! »

- « Tu penses ! Elle doit bien avoir un amoureux… N'est-ce pas Nymphadora ? »

La fillette revint immédiatement sur terre et se concentra d'un seul coup sur le petit trou qui commençait à se former dans sa chaussette gauche.

- « Arrêtez de l'embêter ! » lança simplement Beth aux deux hommes, sauvant la fillette de l'embarras qui le gagnait. « Tu es vraiment très jolie, cette robe te va très bien… » murmura-t-elle doucement à sa nièce « C'est pour une occasion particulière ? »

- « Pour le mariage de Sirius ! » répondit Nymphadora en souriant

- « Sirius ? »

- « Un cousin d'Andromeda » expliqua Ted à sa belle sœur « Il se marie dans une dizaine de jours et nous sommes invités »

- « C'est très bien tout ça » murmura tante Beth en aidant Nymphadora à ôter sa robe « Je trouve ça très bien. Mais je croyais que Andro ne s'entendait absolument pas avec sa famille… »

- « Elle les aimait pas sauf Sirius ! » répondit Nymphadora en souriant « Moi je l'adore Sirius ! Et Océane aussi ! C'est avec elle qu'il va se marier et ils ont déjà un bébé tu sais ! Elle est toute mignonne leur fille ! »

La fillette se lança alors dans une longue et détaillée description de la petite famille Black sous le regard amusé de sa tante et celui attendrit de son papa.

- « Ce que je remarque surtout » lança Beth en souriant « C'est que qu'ils ont un goût prononcé pour les prénoms originaux dans cette famille ! »

La jeune femme quitta alors la pièce pour aller placer la robe dans un sac en plastique pour ne pas la tâcher durant le transport. Nymphadora croisa le regard de son papa et tous les deux se mirent à sourire et échangèrent un clin d'œil… C'est vrai que la famille de sa mère étaient originaux… elle ne pouvait pas savoir à quel point.

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- « Bonjour Lily ! » lança aimablement la secrétaire alors que la jeune femme poussait la porte d'entrée de Jasire.

- « Bonjour Lucrécia ! » répondit Lily en souriant « Je sais que James a du travail, mais il m'a dit de passer… »

- « Je sais, je sais… » lui assura la secrétaire « Il m'a demandé de te faire passer en priorité dès que tu arriverais »

Lily se mit à sourire.

- « Par contre, il est en rendez vous pour le moment alors… »

- « Laisse le finir, je vais attendre un peu »

- « Très bien ».

Lily se dirigea donc vers un des sièges de la salle d'attente. Près d'elle une sorcière d'une quarantaine d'année attendait, un énorme dossier posé sur les genoux. La jeune femme lui adressa un faible sourire avant de plonger dans ses pensées.

C'était ce soir. James avait reçut un hibou du professeur Dumbledore la vieille, lui expliquant ce que lui et Sirius - qui finalement avait eu le dernier mot dans sa discussion avec Océane pour savoir qui partirait - avaient à faire le soir même. La jeune femme ne se sentait absolument pas rassurée par cette mission. Parce qu'elle était dangereuse, parce qu'elle était capitale pour la sécurité de Harry, parce que James y allait… Depuis la grande réunion au Quartier Général de l'Ordre, Lily avec la précieuse aide d'Océane avait cherché dans de nombreux ouvrages les risques que courait quelqu'un qui se saisissait d'une prophétie qui ne le concernait pas. Elles avaient trouvé peu d'explications, mais elles n'avaient pas été rassurantes… La plupart du temps, les victimes étaient privés de toutes leur facultés intellectuelles, devenaient une sorte de légume et ne guérissait pas… Il y avait tellement peu de cas de ce genre, qu'elles n'avait trouvé aucun cas où une personne apparentée à une personne concernée par une prophétie la récupérait. Lily ne savait donc pas à quoi s'attendre et redoutait le pire. Inconsciemment la jeune femme triturait ses doigts d'un geste nerveux. La porte du bureau de James s'ouvrit alors et un homme en sortit. Lily se leva en même temps que la femme qui attendait avec elle. La jeune femme se tourna vers elle.

- « Excusez moi, mais il faut juste que je vois mon mari un petit moment… » souffla-t-elle doucement.

La sorcière grogna un peu d'agacement et retourna s'asseoir. Lucrécia fit signe à Lily d'y aller d'un air rassurant. La jeune femme entra donc dans le bureau. Dès qu'il la vit, James se leva et vint à sa rencontre.

- « Alors ? » demanda-t-il pendant qu'elle refermait la porte « Qu'est-ce qu'elle a dit ? »

- « Tout va bien » répondit calmement Lily en souriant

- « Si tu savais comme ça m'ennuie d'avoir raté ça ! Mais j'avais trop de travail je ne pouvais pas… »

- « Je sais chéri, je sais… »

- « Je veux tout savoir ! Raconte moi tout » demanda le jeune homme en la faisant s'asseoir sur le canapé placé sous la fenêtre et en prenant place près d'elle.

Lily chercha alors dans son sac et en sortit une petite image.

- « Le voilà… » souffla-t-elle en tendant l'image à James.

Le jeune homme la prit en souriant et elle se pencha cers lui et tous les deux fixèrent l'impression que la gynécomage avait fait de l'écographie de la jeune femme.

- « Il est là, regarde… » souffla-t-elle en pointant l'image.

- « C'est lui ?! » s'étonna James d'une voix étranglée

- « Oui, c'est Jack… Le docteur Maat a dit qu'il allait bien, mais elle a quand même fait deux fois le test pour être bien sur. Elle m'a dit que comparé à Harry et Syrielle, il est plus fragile, mais qu'il est tout de même dans une honnête moyenne. Vu ce qui s'est passé, c'est normal… » expliqua Lily

- « Oui » souffla James

- « Elle a dit aussi que par mesure de sécurité, elle allait peut être me faire entré à l'hôpital quelques jours avant la date prévue pour la naissance. Elle ne veut courir aucun risque au cas où il y aurait des problèmes auxquels elle n'aurait pas pensé »

- « Parce qu'il risque d'y avoir des problèmes ?! » s'inquiéta James

- « Normalement non, mais c'est tellement rare comme cas… Elle n'est sure de rien. Elle adit aussi qu'elle allait se débrouiller pour que le médicomage qui s'occupera de moi soit un grand spécialiste. Il ne faut pas qu'on s'inquiète… »

« D'accord » répondit James sans cesser de fixer l'échographie « J'aurais tellement voulu être là… »

Lily glissa une de ses mains dans les cheveux de son mari et posa un baiser sur sa joue.

- « Tu veux bien me la laisser ? Je la ramènerais ce soir à la maison… » demanda James en se tournant vers elle.

- « Bien sur… »

- « Merci » souffla-t-il avant de l'embrasser doucement.

- « Je vais te laisser, tu as du travail et une cliente qui attend… » déclara alors Lily en se levant

- « Déjà » grogna James

La jeune femme esquissa un sourire et le regarda se mettre debout.

- « Elle n'a pas dit aussi que tu avais besoin de calme et de repos ? » demanda-t-il en lui prenant la main

- « Bien sur, elle a dit aussi d'éviter le plus possible de me stresser… Mais ça, ça va être dur ! » répondit-elle

- « Tout ira bien… J'en ai déjà fait des missions… »

- « On en reparlera quand tu rentreras » répondit la jeune femme en souriant.

James hocha la tête et tous les deux, main dans la main se dirigèrent vers la porte. Après un dernier baiser, Lily quitta le bureau, salua Lucrécia et quitta Jasire.

Elle marcha tranquillement dans la rue jusqu'au Centre de Transport par Cheminée le plus proche. Elle paya le trajet, récupéra de la poudre de Cheminette, emprunta une cheminée et arriva chez elle. Elle ôta rapidement la cendre qui l'avait recouverte, ce qui la fit éternuer puis elle se dirigea vers la cuisine. La maison était très calme, ce qui n'était pas habituelle. C'était à la fois reposant et angoissant. Il ne fallait pas que cela sure trop longtemps, Lily préférait de loin sa maison résonnant de cri et de rire que ce silence qui semblait assourdissant. Dès qu'elle le pourrait, elle irait récupérer les enfants chez Océane.

La jeune femme se servit un grand verre d'eau qu'elle bu d'un trait puis se servit d'un énorme morceau de chocolat. Elle soupira de bien être et s'installa sur une chaise. Elle fit venir à elle un morceau de pain pour compléter son petit encas. Une fois qu'elle se fut resservie, non sans éprouver un certain remord de se laisser ainsi aller à la gourmandise, elle quitta la cuisine pour se rendre dans la pièce qui lui servait de laboratoire. En arrivant devant la porte, elle appliqua sur son visage un sortilège de protection. Une bulle d'air frais et pur se forma sur son visage, englobant son nez et sa bouche. Elle désactionna ensuite le sortilège qui barricadait la porte et entra. Les cinq chaudrons l'attendaient, bloqué par le sortilège de la « Belle au Bois Dormant ». Elle le leva et tous se remirent à bouillonner en laissant s'échapper des volutes de fumées colorées. La jeune femme s'approcha de l'armoire qui se trouvait dans le coin, l'ouvrit et en sortit ses notes ainsi que celles que le professeur Slughorn lui avait fait transmettre. Elle s'approcha d'un tabouret et s'y installa. Elle lu avec la plus grande attention les instructions de son ancien professeur de potion et les recopiait avec soin sur son propre cahier. Elle était tellement concentrée qu'elle n'entendit pas Dobby arriver.

- « Madame voulait travailler sans moi ? » demanda-t-il en s'inclinant.

Lily sursauta et poussa un petit cri de surprise.

- « Que madame m'excuse » se plaignit-il alors « Dobby ne voulait pas faire peur à sa maîtresse ! »

Lily vit soudain l'elfe se précipiter vers la porte et l'ouvrir brusquement, dans le but sans doute de se coincer les doigts dedans.

- « Dobby ! » s'écria-t-elle « Je te défend de te faire mal ! »

L'elfe se tourna vers elle, le regard emplit d'un sentiment de reconnaissance.

- « Viens plutôt par là … » demanda-t-elle d'une voix douce.

L'elfe obéit aussitôt et s'approcha d'elle.

- « La potion du chaudron quatre à l'air étrange… J'aimerais que tu en prélèves un échantillon et que tu l'emmènes au professeur Slughorn… D'accord ? »

- « Tout ce que madame désirera… » souffla l'elfe en s'inclinant

- « Merci Dobby… Je vais aller chercher les enfants. N'oublie pas de bloquer la progression des potions quand tu partiras »

- « Oui madame »

En souriant, Lily se leva, rangea ses notes et quitta son laboratoire. Une fois dans le salon, elle ôta la bulle, prit une grande inspiration et quitta sa maison. Elle se dépêcha de rejoindre celle de son amie et à peine eut-elle pénétré à l'intérieur que la douce musique des rires des enfants parvint à ses oreilles.

- « Mes amours, c'est maman ! » s'exclama-t-elle en arrivant dans le salon.

Deux tornades brunes se précipitèrent alors sur elle et s'accrochèrent à ses jambes.

- « Maman ! » s'écrièrent Harry et Syrielle en cœur.

- « Tu les a torturé pour qu'ils soient si heureux de me revoir ? » demanda Lily à Océane en souriant

- « On dirait… » plaisanta la jeune femme en lui faisant signe de venir la rejoindre sur le canapé.

Après avoir caressé les cheveux doux de ses petits qui retournèrent jouer, Lily vint s'installer près de son amie. Elle fit un énorme baiser à Lalyh qui, assise sur les genoux de sa maman attendait plus ou moins sagement qu'elle ait terminé de lui faire ses couettes pour aller jouer.

- « Alors cette écographie ? » demanda Océane en souriant

- « Elle s'est très bien passée et la gynécomage dit qu'il va bien… Même si il faudra prendre des dispositions particulières pour la naissance »

- « C'est un moindre mal… »

- « Je sais… » répondit Lily

A cet instant, Harry revint en courant vers elle.

- « Fais voir ! » lança-t-il en essayant de grimper sur le canapé

- « Pardon ? » demanda Lily en l'aidant à monter

- « Voir le dessin de bébé ! » expliqua Harry en s'asseyant sur l'accoudoir.

- « Oh mon chéri ! » commença Lily en souriant et en caressant sa petite joue de la main « Je t'avais dit que j'aurais une image du bébé, mais c'est papa qui l'a gardée… On la regardera ensemble ce soir si tu veux d'accord ? »

Harry hocha la tête et se glissa contre elle pour poser sa tête sur sa poitrine, dans un tendre câlin.

- « Ce soir… » souffla douloureusement Océane

- « Oui » murmura Lily en serrant fort son fils contre elle.

Comme elle pouvait redouter ce qui allait passer le soir même… Elle embrassa le front de son petit garçon si menacé et secoua vivement la tête pour penser à autre chose… Elle ne voulait pas stresser plus que de raison devant les enfants…

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- « Coucou les plus belles ! »

Océane se mit à sourire en entendant Sirius entrer dans la maison. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, Lalyh abandonna ses cubes magiques pour se lever et courir à la rencontre de son père. Les deux se retrouvèrent à l'entrée du salon, Sirius attrapa sa fille par la taille et la fit voler dans les airs un moment avant de la serrer fort contre lui et de l'embrasser.

- « Tu m'as manqué mon petit bouchon ! » souffla-t-il contre sa joue « Tu as fait un gros dodo ce matin hein ? Je ne t'ai pas vu avant de partir travailler… »

Lalyh entoura le cou de son père de ses petits bras et cala sa tête contre son cou. C'est ainsi qu'ils revinrent vers Océane qui les regardait avec attendrissement. Sirius vint se poster juste devant elle et se pencha bien bas pour l'embrasser. Lorsqu'il se détacha d'elle, il lui fit un sourire malicieux et un clin d'œil, toujours pencher tout près d'elle.

- « Attention… » souffla-t-il alors avant de se mettre à chatouiller Lalyh qui poussa un petit cri de surprise et qui détacha ses bras de son cou.

La petite fille tomba directement sur le ventre de sa maman, les yeux et la bouche grands ouverts. Sirius se mit alors à rire doucement et fut imitée par Lalyh et Océane. La jeune femme entoura d'ailleurs le ventre de sa fille de ses mains et déposa un baiser dans son cou. La petite fille se redressa rapidement et tendit les bras en direction de son père.

- « Acore ! »

- « Une autre fois princesse… » murmura Sirius en tapotant sa petite tête juste entre les deux couettes.

- « Papa, acore ! » réclama-t-elle une nouvelle fois

- « Non chérie… »

La petite fille se mit alors à bouder, les bras croisés et le visage renfrogné. Le visage de Sirius se décomposa aussitôt.

- « Ne t'en fais pas chéri » souffla Océane « Ca va lui passer… Elle est incapable de te faire la tête longtemps »

Cela sembla rassurer le jeune homme qui se mit à sourire et se laissa lourdement tomber près d'elle sur le canapé. Suivant son envie du moment, Océane se blottit tout contre lui et fut contente de sentir qu'il passait son bras autour de ses épaules.

- « J'ai croisé Lily en arrivant… » souffla-t-il

- « Elle est venu discuter un peu… » murmura-t-elle

- « Je vois » répondit le jeune homme

Océane collait un peu plus sa tête contre son torse. Elle avait besoin de le sentir près de lui. Depuis qu'elle savait qu'il allait faire cette mission du Ministère, elle ne se sentait pas bien du tout. Elle sentait qu'elle avait besoin de le sentir près d'elle, de sentir ses bras qui la serraient. Elle n'avait qu'une envie, le prendre dans ses bras et le serrer si fort que jamais plus il ne partirait loin d'elle, jamais. Elle voulait effacer les images des nuits de cauchemars qu'elle passait depuis que cette mission avait été mise en place.

- « J'ai faim… On mange bientôt ? » demanda soudain Sirius, la tirant de ses pensées.

- « On t'attendais je te signale ! » lança Océane en se redressant pour plonger ses yeux dans les siens.

- « Parfait ! Maintenant que je suis là, on va manger…. On va se laver les mains princesse ? » demanda-t-il en tapotant d'un doigt l'épaule de sa fille.

Cette dernière se retourna avec un grand sourire et lui sauta presque dans les bras.

- « Tu vois… » lança Océane avec une légère pointe d'amusement dans la voix tandis que son fiancé se levait, un sourire radieux aux lèvres.

- « J'aime mieux ça » se contenta de répondre le jeune homme qui prenait le chemin de la salle de bain.

A son tour, Océane se leva et entreprit d'aller mettre la table. Une fois seule dans la cuisine, ses pensées suivirent leur cheminement. Elle repensait à la discussion que Lily et elle avaient eue le matin même et une boule d'angoisse se créa dans sa gorge. Elle était stressée par la mission. Bien sur, elle était stressée par toutes les missions que faisait Sirius car elle savait que c'était dangereux. Mais cette fois était différente des autres fois.
Cette fois ci, l'angoisse était ancrée plus profondément en elle, elle était plus sourde, mais plus présente. Plus qu'une angoisse, c'était un mauvais pressentiment que ressentait la jeune femme. Elle avait fait des cauchemars toutes la nuit et elle savait, elle le sentait au plus profond d'elle-même qu'il ne fallait pas que Sirius parte au Ministère ce soir… Et ce qui la rendait malade, c'était que malgré toute sa bonne volonté et quoiqu'elle dise, Sirius avait décidé d'y participer, alors il y participerait. La jeune femme sentit les larmes lui monter aux yeux, elle les retint d'extrême justesse et prit une grande inspiration pour se calmer, pile au moment où Sirius et Lalyh entraient dans la cuisine.

- « Ca va ? » demanda le jeune homme en plaçant leur fille dans sa chaise haute.

Incapable de lui répondre, la gorge nouée par l'émotion, Océane se contenta d'hocher la tête. Mais cela sembla suffire à Sirius qui prit sa place habituelle autour de la table. Comme d'habitude, la jeune femme s'installa face à lui et commença à servir Lalyh.

Elle se répétait mentalement qu'elle se faisait du soucis pour rien, que Sirius ne serait pas seul, qu'il était un excellent sorcier, très expérimenté. Mais elle ne pouvait empêcher les images de son cauchemar de la veille envahir son esprit. Elle n'avait pas très faim et du se forcer pour avaler quelque chose. Quand elle reposa ses couverts, elle avait à peine mangé la moitié de sa maigre assiette. Elle se forçait à sourire et à paraître de bonne humeur, mais c'était vraiment difficile. Une fois, elle crut croiser le regard inquiet de Sirius, mais elle avait baissé les yeux. Le repas ne fut pas très joyeux et presque exclusivement animé par les babillages de Lalyh auquel répondait Sirius en faisant des grimaces. Incapable d'avaler quoique se soit d'autre, Océane les regarda se partager le reste de glace en tentant tant bien que mal de se calmer. Mais quelque chose lui disait que Sirius ne reviendrait pas de cette mission et cela lui gelait les entrailles et lui donnait envie de vomir. Elle se contenait vraiment pour ne pas craquer devant sa fille.

A la fin du repas, elle fut soulagée de voir Sirius proposer de coucher Lalyh pour la sieste. Elle acquiesça d'un signe de tête et attendit qu'il ait monté l'escalier pour quitter la maison et se rendre dans le jardin. Elle alla aussi loin que possible et posa ses deux mains sur la barrière blanche avant d'éclater en sanglots.

Elle pleura comme elle ne se souvenait pas avoir pleurer. Elle avait tellement peur qu'elle ne comprenait pas comment elle pouvait continuer à vivre sans le supplier de ne pas partir. Bientôt, elle entendit des bruits de pas derrière elle. Elle ne se retourna pas, elle savait que c'était lui.

- « A ce point là ? » demanda-t-il d'une voix douce.

Elle se retourna, le regard baigné de larmes et hocha la tête. Puis elle se précipita dans ses bras, où il l'accueillit tendrement. Il la serra fort contre elle et posa sa tête sur le haut de son crâne.

- « Je n'aime pas que tu pleures à cause de moi » souffla-t-il doucement

Les pleurs d'Océane redoublèrent sans qu'elle parvienne à se calmer. Bientôt, elle sentit que le T-shirt de son fiancé était trempé, elle s'y agrippa et elle sentit qu'il caressait son dos en signe de réconfort.

- « Pleure autant que tu veux, mais après dit moi pourquoi, je t'en prie… » murmura douloureusement Sirius

- « Je ne…. Veux pas… que tu partes » arriva à articuler Océane entre deux sanglots.

- « Que je partes ?! A la mission tu veux dire ? »

La jeune femme hocha la tête désespérément.

- « Mais enfin chérie… Tu sais bien que c'est très important, non seulement pour l'Ordre, mais aussi pour Harry… Tu comprends que j'ai envie d'être aux côtés de James, que je sois là pour le soutenir et l'aider tout comme je voudrais qu'il soit là si la vie de Lalyh était menacée… »

- « Je sais » murmura Océane « Mais j'ai peur »

- « Je sais que tu as peur… Mais ça va aller, ne t'en fait pas… »

- « Non ! » s'exclama la jeune femme en se détachant de lui, presque avec force « Non tu ne comprends pas ! Cette fois ce n'est pas pareil ! C'est différent ! »

- « Comment ça différent ? » s'étonna Sirius en prenant sa main dans la sienne.

- « J'ai un mauvais pressentiment ! Il va t'arriver quelque chose… »

Sirius esquissa un faible sourire.

- « Mais non mon ange, il ne m'arrivera rien… Tu stresses, voilà tout ! »

- « Non ! » s'exclama désespérément Océane « J'ai fait un rêve ! Je t'ai vu… »

- « Qu'est-ce que tu as vu chérie ? » demanda Sirius avec douceur, en la saisissant délicatement par les épaules.

La jeune femme prit une grande inspiration et se lança.

- « Tu étais au Ministère avec plein de gens, mais je ne voyais pas leur visage… Tu te battais en duel. Il y avait une sorte d'arcade… avec une espèce de vieux voile miteux accroché. »

La jeune femme retenait difficilement ses sanglots, mais ses yeux étaient désormais secs. Elle se mit alors à trembler. Sirius la regardait d'un air grave, elle continua.

- « A un moment tu es tombé à travers le voile et… Et tu es mort ! »

La jeune femme avait eu beaucoup de mal à prononcer ce dernier mot qui lui déchirait le cœur et les entrailles rien que d'y penser. Elle sentit qu'il l'attirait une nouvelle fois à lui et l'enlaçait tendrement.

- « Ce n'était qu'un cauchemar Océane, rien qu'un cauchemar » souffla-t-il

- « J'ai vraiment l'impression que ça va se réaliser… J'ai tellement peur… »

- « Eh ! » souffla-t-il en relevant son visage vers lui « Tout ira bien, il ne m'arrivera rien, pas à quelques jours du mariage… » ajouta-t-il dans un sourire fragile.

- « Promets moi… » murmura Océane

- « Quoi ? »

- « Que tu ne mourras pas ! Promets moi que tu ne vas pas mourir ! » supplia-t-elle presque en plongeant son regard dans le sien.

Sirius pouffa discrètement et embrassa chacune de ses joues humides avant de répondre.

- « Je te promet que je ne mourrais pas » chuchota-t-il avant de l'embrasser « Cette mission se passera bien, on récupérera la prophétie et je serais en pleine forme pour notre mariage »

Océane hocha la tête, étouffa un dernier sanglot et se blotti contre lui.

- « Tu as plutôt intérêt » marmonna-t-elle

- « Ca va mieux ? » demanda doucement le jeune homme en caressant amoureusement ses cheveux.

- « Un peu… Garde moi dans tes bras… »

Ils restèrent un long moment ainsi enlacé. Océane s'agrippait à lui et le serrait fort, il lui disait des paroles rassurantes et réconfortantes. La jeune femme se sentait mieux, mais la crainte était toujours bel et bien là.