Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en générale mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !
Note : Ce site connaît quelques petits soucis et je ne reçois pour le moment plus vos reviews dans ma boite mail ! Alors j'espère que vous recevez les réponses que je vous fait et j'espère que je n'ai oublié personne !!
Bonne lecture à vous tous… Aylala
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Ce qui aurait pu se passer
Chapitre cent un : Rumeur murmure
«
Confiance,
(…)
Même si la rumeur
Murmure
méfiance,
Confiance. »
Daniel Lavoie
Sirius enlaçait tendrement la taille de Océane. Il caressait amoureusement du pouce la hanche de la jeune femme. Il était vraiment très heureux. Cette semaine en tête à tête avec elle avait été une pure merveille. Il se sentait ressourcé et gonflé à bloc ! Il fallait bien se l'avouer, il n'avait rien de mieux qu'une lune de miel !
- "Tu sais à quoi je pense ma belle ?" souffla-t-il alors qu'ils se rendaient tous les deux au centre de Voyage par Portoloin de Paris.
- "Non..." répondis la jeune femme
- "Je pense que très bientôt, nous allons divorcer toi et moi, comme ça je pourrais de nouveau te demander en mariage et nous aurons une nouvelle lune de miel !"
Océane s'éloigna un peu de lui et le regarda d'un air amusé.
- " Vu tout le temps qu'il nous aura fallu pour enfin nous marier, je n'arrive pas à croire que toi, LE Sirius Black, tu envisages de te re-marier!"
- " Mais uniquement avec toi ma belle !" rétorqua le jeune homme d'un air amusé
- "Encore heureux !" s'écria-t-elle "Et tout ça juste pour une lune de miel !"
- "Ne me dis pas que ça n'a pas été une merveilleuse semaine ?!" demanda Sirius, vaguement inquiet
- "Bien sur que si, idiot ! Ca a été un moment somptueux tout ce temps qu'on a passé rien que tous les deux... Et on pourra recommencer ça sans être forcément obligé que ce soit à l'occasion d'une nouvelle lune de miel !"
- "En voilà une excellente nouvelle !" souffla Sirius en se penchant pour réclamer un baiser.
Il ne fut absolument pas déçu de celui qu'il reçut à cet instant. Tous les deux étaient enlacés au milieu du trottoir sur lequel ils se trouvaient. Les passants les regardaient, certains amusés d'autre agacés, mais les deux amoureux s'en fichaient royalement. Ils étaient bien ensemble et savouraient pleinement les derniers instants qu'ils passaient dans la capitale française.
Ils reprirent ensuite leur route et se retrouvèrent rapidement devant l'établissement de transport par Portoloin. Sirius en avait réservé un pour pouvoir rentrer plus rapidement à Loutry Ste Chaspoule et il devait partir d'ici une dizaine de minutes. Juste le temps qu'il lui fallait pour remplir les papiers nécessaires. Une fois cette formalité accomplie, un elfe de maison portant une toge frappée aux couleur de l'établissement les accompagna jusqu'à une vieille boite de conserve de sardines à l'huile. Heureusement, elle était vide.
- "Très romantique..." grogna Sirius en tendant la petite boite à Océane pour qu'elle en saisisse une des extrémités.
La jeune femme se mit à rire doucement et prit de sa main libre celle de son mari. Et lui adressa un clin d'oeil.
- "Peu importe Sirius !" lança-t-elle "Penses plutôt que bientôt on sera rentré à la maison et qu'on reverra Lalyh"
C'était l'une de choses que Sirius ne regretterait pas de son voyage de noces. Pendant les quelques moments où son esprit n'était pas entièrement concentré sur les moments magiques qu'il vivait avec sa ravissante et jeune épouse, il avait ressenti le manque de sa fille avec une intensité qu'il n'aurait pas pu soupçonner. C'est pourquoi, même si cette semaine avait été parfaite par beaucoup de points de vue, il n'était pas mécontent de rentrer chez lui pour pouvoir enfouir son visage contre le petit cou de sa princesse et respirer son odeur de bébé.
- "Le départ est proche" couina soudain l'elfe qui les avait accompagné jusqu'au Portoloin.
D'un geste vif, Sirius lâcha la main d'Océane et agrippa l'anse de leur valise et l'elfe commença le décompte. Il eut à peine le temps d'entendre le " attention départ" de ce dernier qu'il eu la sensation qu'on venait d'accrocher un harpon à son nombril et se sentit tourner. Après quelques secondes qui lui parurent beaucoup plus longues il se sentit arriver sans douceur sur le sol. Il eut le réflexe de tendre le bras et d'agripper celui d'Océane. Il l'empêcha ainsi de tomber dans les buissons au milieu desquels ils venaient d'atterrir.
- "Merci, chéri" souffla la jeune femme lorsqu'il la lâcha après s'être assuré qu'elle tenait bien sur ses deux jambes. "Tu parles d'une secousse !"
Sirius hocha la tête et récupéra la valise qu'il avait lâché.
- "On y va ?" demanda-t-il avec une légère pointe d'impatience.
Ils avaient encore un peu de marche à faire avant de pouvoir rejoindre la maison des Potter. Car pour lui, il était inconcevable de ne pas aller en priorité chez leurs amis récupérer le plus grand trésor que la vie lui ait offert.
- "On y va !" répondit la jeune femme en sortant du bosquet qui avait accueillit leur arrivée.
Il y avait quelques minutes de marche pour aller du village à Burton Street. Mais ils avançaient d'un bon pas et la route ne fut pas longue. Arrivé devant chez eux, Sirius jeta un sort à la valise, après s'être assuré qu'il n'y avait aucun moldu dans les environs. Le bagage disparut immédiatement, envoyé à l'intérieur de leur maison, ils s'en occuperaient plus tard. Puis le jeune homme se retourna et prenant sa femme par la main, il entra dans le jardin de la famille Potter.
Dédaignant comme à son habitude la porte d'entrée, il fit le tour de la demeure et arriva rapidement à la baie vitrée. C'est alors qu'il la vit. Lalyh était assise sur le sol, elle lui tournait le dos et semblait totalement absorbée par la licorne en bois qu'elle tenait dans les mains. Sirius aperçut en face de lui, Lily qui leur adressa à Océane et lui un grand sourire. Posant un doigt sur ses propres lèvres, le jeune homme lui fit comprendre qu'elle ne devait rien dire et sans attendre d'avantage, il frappa quelques coups secs à la baie vitrée.
Il vit clairement sa fille sursauter un peu avant de se retourner. Ses beaux yeux noirs s'agrandissant sous le coup de la surprise fut un merveilleux spectacle pour Sirius. Il se mit à rire doucement en la voyant délaisser sa licorne et se lever précipitamment et accourir vers sa mère et lui, manquant de peu de se cogner contre la baie vitrée. Sans attendre plus longtemps, Sirius fit coulisser le battant transparent et Lalyh se jeta dans les bras de sa mère qui s'était accroupie pour être à sa hauteur.
- "Bonjour mon ange !" souffla Océane en la serrant contre elle et en se levant.
- "Maman ! Papa !" criait Lalyh en s'accrochant fort au cou de sa mère.
Sirius les enlaça toutes les deux et son sourire s'élargit un peu plus quand sa fille posa un énorme baiser sonore et un peu baveux sur sa joue.
Il sentit qu'Océane la faisait glisser dans ses bras et pu enfin la serrer contre lui.
- "Oh ma princesse !" grogna-t-il en collant son nez à la peau tendre de son cou "Si tu savais comme tu as manqué à Papa..."
- "Bonjour quand même !" lança soudain la voix amusée de Lily.
Sirius redressa la tête et vit Lily s'approcher d'eux en souriant. Il sentit aussi qu'on tirait sur la jambe de son pantalon.
- "Bajour Tonton !" lança alors Harry, Syrielle à côté de lui.
Sirius n'avait même pas vu que les petits Potter étaient là ! Il n'avait vu que son petit amour.
- "Bonjour les Potter !" lança-t-il en souriant et en s'accroupissant pour poser un baiser sur leurs petites joues. "Tu as bien grandi ma petite crevette ! Tu vas finir par devenir un vrai homard si ça continue !"
Le petit garçon se mit à rire et Sirius se releva pour saluer son amie.
- "Avant que vous ne posiez la question" lança Lily "Elle a été adorable et tout c'est bien passé !"
- "Tant mieux" souffla Océane en souriant
- "James n'est pas là ?" demanda Sirius en regardant tout autour de lui "Ne me dis pas qu'il travaille ! On est dimanche !"
- "Non, il ne travaille pas... enfin pas à Jasire. Il a décidé de se lancer dans la mise en place de la chambre de Jack"
- "Il s'y prend encore une fois tout à la fin..." murmura Océane d'un air amusé
- "On ne change pas les vieilles habitudes !" répondit Lily en souriant "Mais il a tout de même constaté qu'à moins de deux mois de la naissance prévue de son fils, il devait peut être s'activer !"
Lalyh gigotait dans les bras de son père qui décida à regret de la poser sur le sol.
- "Je vais aller le voir dans ce cas" souffla-t-il en regardant sa petite princesse se rapprocher de Harry et Syrielle pour reprendre le cours de leur jeu.
- "Méfie toi ! Il va t'embaucher pour l'aider !" le prévint Lily en souriant
- "Pas de risques ! Comme je lui dit à chaque fois, je ne l'ai pas aidé à te faire cet enfant, je ne l'aiderai pas à aménager sa chambre !" rétorqua Sirius en souriant.
Il laissa alors les deux jeunes femmes qui le regardaient d'un air amusé et se rendit à l'étage. Il alla sans faire de détour dans la chambre qui avait été désignée pour être celle du bébé Potter. Des odeurs fortes de peinture lui parvinrent alors qu'il tournait dans le couloir. La porte était grande ouvert et il entra sans frapper. James, sa baguette à la main, ensorcelait un grand rouleau dégoulinant de peinture blanche qui s'activait sur un grand pan de mur. Il sifflotait et n'avait pas remarqué sa présence. Sirius remarqua que son bras gauche, même s'il ne portait plus de bandage gardait une certaine raideur due à la blessure infligée par la prophétie. Elle guérissait bien mais doucement, malgré tout, James pouvait s'estimer heureux, cela aurait pu être bien pire.
- "Tu as déjà bien avancé !" lança Sirius après un moment.
James sursauta mais ne fit pas de bavure sur le mur. Il se retourna et l'accueillit d'un sourire.
- "Déjà de retour ?"
- "Oui les meilleures choses ont une fin !" répondit Sirius en enfonçant bien profondément ses mains dans ses poches.
- "Alors ça c'est bien passé ?"
- "Mieux que ça même !" souffla Sirius, le petit sourire satisfait qu'il affichait tenant lieu de toutes explications.
- "Tant mieux, tant mieux..." répondit nonchalamment James en reprenant sa peinture.
- "Encore une chambre blanche..." constata le jeune marié en observant le travail accompli par son ami
- "Oui ! Lily a refusé que je mette le papier peint que je voulais..." grogna James
- "Et qui représentait ?"
- "Des joueurs de Quidditch ! Elle a dit que... comment elle a dit ça déjà ?!" réfléchit James "Ah oui ! Elle a dit qu'elle ne voulait pas je conditionne notre fils a devenir un de ces " fous du balai" "
Sirius éclata de rire, et James l'imita. Il fit redescendre son rouleau qu'il redéposa dans le pot de peinture et se tourna vers lui. Sirius l'observa en souriant, mais l'air grave de son ami l'inquiéta un moment.
- « James ? »
- « Il faudrait que je vous parle à Océane et toi… »
- « Mon vieux Cornedrue, je n'aime pas ça du tout ! »
- « Viens avec moi, on va dans le salon ! » souffla James en sortant de la chambre
Sirius le fixa d'un air grave et le suivit. Cela n'annonçait rien qui vaille. Lorsqu'il atteignit le salon, Océane avait aussi l'air tendue, Lily lui avait sans doute dit que James avait quelque chose à leur annoncer. Ce dernier alla d'ailleurs prendre place près de sa femme. Sirius jeta un rapide regard à Lalyh qui jouait un peu plus loin avec les enfants Potter avant de s'installer près d'Océane.
- « Alors, qu'est-ce qui se passe ? » demanda-t-il en essayant au mieux de maîtriser son stress.
Le jeune homme vit alors son
meilleur ami prendre une grande inspiration et se lancer. C'est
alors que Sirius écouta en silence le récit de son ami
qui lui expliquait que les deux êtres qu'il aimait le plus au
monde se retrouvaient en danger. Menacés par sa folle furieuse
de cousine. La colère et la rage l'avaient rendu muet.
Océane avait glissé ma main dans la sienne, il n'avait
pas répondu à son étreinte. Il était hors
de lui.
Lorsque James eu terminé, il y eu un long, très
long moment de silence.
- « Sirius ? » demanda James au bout d'un moment
- « Je vais la tuer ! » siffla Sirius entre ses dents « Je te jure que si je la croise je la tue ! »
- « Sirius ! » lança Océane en le fixant d'un air inquiet « Ne dis pas des choses comme ça ! Tu me fais peur, j'ai l'impression que tu serais vraiment capable de le faire ! »
Le jeune homme se leva alors d'un bond et se tourna vers elle.
- « Mais je le ferais ! Si cette saleté s'en prend à toi ou à Lalyh, si elle touche ne serait-ce qu'à un seul de vos cheveux, je la tuerais de mes mains ! » s'énerva-t-il
- « Calme toi ! » lui demanda Océane en se levant à son tour « Calme toi ! Ne dis pas ça ! S'il te plait… »
- « Je ne veux pas qu'il vous arrive du mal… » murmura le jeune homme
- « Je sais » souffla sa jeune épouse en se glissant dans ses bras.
- « Il va falloir être encore plus prudent maintenant » lança James en soupirant
- « Comme vous l'êtes pour Harry » répondit Sirius « Je sais bien qu'une moins grande pression sur ses épaules à elle mais… »
- « Ne dis pas n'importe quoi Sirius ! » le coupa Lily avec fermeté « Vouloir à tout prix protéger son enfant, il n'y a rien de plus naturel ! Il est normal qu'on prenne les mesures nécessaires pour éviter que quoique se soit arrive. »
Le jeune homme hocha la tête. Océane se détache de lui, elle avait l'air si triste et si inquiète que cela lui brisa le cœur.
- « Je vais tout faire pour qu'elle soit arrêté avant qu'elle n'ait le temps de s'en prendre à nos enfants » déclara-t-il avec fermeté
- « Je suis de ton côté mon frère ! » lança James en se levant avec conviction.
Les deux hommes échangèrent un regard déterminé, pour leurs enfants, ils étaient prêts à tout.
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- « Merci de m'avoir reçu si vite, professeur Dumbledore »
- « Je vous en prie Cornélius, il est tout à fait normal que recevoir le Ministre intérimaire quand celui-ci demande à nous voir » assura Albus en ouvrant en grand la porte de son bureau.
Le vieux sorcier s'effaça pour laisser passer son invité. Il n'était pas surpris de sa visite, et l'invita poliment à prendre place dans un des confortables fauteuils de son bureau. Il alla quand à lui prendre place dans son siège directorial.
- « Alors mon cher Cornélius, puis-je vous proposer quelque chose ? Un thé peut être ? » demanda-t-il poliment
- « Avec plaisir » répondit poliment Fudge avec un sourire franc.
D'un geste très simple de la baguette, le professeur Dumbledore fit instantanément apparaître une théière et deux tasses qui se servirent seules et vinrent se placer devant chacun des deux hommes et les cuillères se mirent à tourner toutes seules.
- « De quoi vouliez vous me parler ? » demanda le professeur avec amabilité.
- « De tout, de rien… » lança Fudge d'un air faussement nonchalamment qui ne trompa pas le professeur.
- « Je vous en prie Cornélius. Nous sommes tous les deux des hommes très occupés avec des milliers de choses à faire. Je ne crois pas que vous vous amuseriez à perdre du temps avec une simple visite de courtoisie. »
Les soupçons d'Albus se confirmèrent quand il vit son hôte devenir de plus en plus mal à l'aise et stressé.
- « Alors ne perdons pas plus de temps, de quoi vouliez vous me parlez ? » continua Dumbledore en croisant ses mains au dessus de son bureau.
- « Je… enfin… je… »
Dumbledore se mit à sourire. Ce jeune homme était devenu Ministre beaucoup trop tôt malgré toute l'ambition qui lui avait fait obtenir ce poste. Il avait encore du mal à parler, plus particulièrement quand il était mal à l'aise ce qui était le cas en ce moment. Albus Dumbledore ne se souvenait pourtant pas avoir mordu aucune des personnes qu'il avait convoquées dans ce bureau.
- « Je viens m'entretenir avec vous de certaines choses… »commença enfin Fudge
- « Qui vous posent problème » continua Dumbledore pour lui
- « Non ! » répondit instantanément le Ministre intérimaire « Non, bien sur que non, ils ne me posent pas soucis ! Je n'ai aucun problème ! »
Albus se mit à sourire en voyant l'énergie que dépensait cet homme à tenter de cacher ce qu'il devinait pourtant trop bien. Fudge, malgré toute son ambition et toute sa bonne volonté ne pouvait pas lutter contre son manque cruel d'expérience.
- « Je suis ravi pour vous » déclara Dumbledore avec ironie.
- « Non, je vous assure que j'ai le contrôle total de la situation ! » assura le jeune Ministre avec véhémence
- « Très bien… » lança le professeur en souriant « De quoi vouliez vous me parlez dans ce cas ? »
- « J'aimerais… » commença Fudge qui paraissait beaucoup moins assuré désormais « Vous parlez de certaines de mes idées… »
- « Réformes seraient le mots le plus appropriées il me semble » souffla Dumbledore d'un air beaucoup plus sévère « Il me semble de plus que vos, idées comme vous dites, non pas reçues l'accord du Magenmagot avant d'être appliquées. Cela ne me semble pas être une attitude très judicieuse de votre part ! »
Fudge le fixa un moment d'un air un peu hébété avant de se reprendre.
- « Je n'ai fait que ce que croyais être le mieux pour la communauté ! » déclara-t-il fermement
Le professeur Dumbledore émit un petit bruit ironique.
- « Je crois dans ce cas, que nous n'avons pas la même conception de ce qui pourrait être ou pas le mieux pour notre communauté »
- « La population veut de la sécurité ! Il en a assez de vivre dans la terreur ! » lança Fudge en se redressant un peu
- « Et c'est en l'enfermant chez elle le soir et en donnant l'impression de vivre dans un camp militaire que vous pensez la rassurer ?! » demanda Dumbledore en lui lançant un regard pénétrant.
- « Je ne suis pas venu ici pour vous entendre dénigrer mes décisions ! » déclara Fudge en guise de réponse.
Le professeur Dumbledore secoua légèrement sa tête.
- « De quoi vouliez vous me parler dans ce cas ? » s'enquit-il avec gravité.
- « Je voulais savoir s'il vous serait possible de venir faire quelques déclarations à la presse… » commença Fudge
- « Des déclarations à la presse ?! » s'amusa Dumbledore avec un soupçon de curiosité dans la voix « Et pourquoi donc la presse voudrait-elle m'interviewer ? »
- « Euh… Et bien, disons les choses clairement, vous êtes un homme influent et on vous écoute. Vos choix et vos pensées sont écoutés de nos concitoyens… Je me disais qu'il serait bénéfique pour nous tous que vous fassiez des déclarations dans lesquelles vous diriez de ne pas perdre espoir et que la guerre se finirait bientôt… »
- « Pourquoi ferais-je de telles déclarations ? » demanda alors Dumbledore
- « Parce que c'est vrai non ? » répondit Fudge avec espoir
Le professeur Dumbledore soupira doucement et se leva.
- « Bien malin est celui qui serait capable de dire avec certitude quand la guerre ce finira. Moi en tout cas, j'en suis incapable. Et je dirais même plus, vu l'augmentation de la puissance de frappe de Voldemort et de ses mangemorts, j'ai peur que nous en ayons encore pour un petit moment… »
- « Ne dites pas ça ! » s'indigna Fudge « Nous déployons de gros moyens pour assurer la sécurité… »
- « Ce ne sont que des broutilles ! Aucune de vos brigades de sécurité n'arriveraient à empêcher un attentat mangemort s'il devait y en avoir un ! »
- « C'est faux ! »
- « Non, j'ai raison et vous le savez parfaitement ! Et c'est pour cela que vous n'êtes pas rassuré ! C'est pour cela que vous voulez que je fasse ces déclarations, ce simulacre de conférence de presse ! Vous avez envie de je mente à mes concitoyens, que je leur dise que tout ira bien et rapidement ! C'est faux ! La guerre est présente et plus violente que jamais et il faudra plus qu'une poignée d'aurors pour y mettre un terme. »
Fudge le fixait avec des yeux ronds, il ne s'attendait sans doute pas à ce que ses espoirs soient si brutalement déçus.
- « Je ne participerais pas à cette mascarade ! » continua calmement Dumbledore « Je refuse de jouer le rôle de celui qui raconte des mensonges pour rassurer… Je ne me suis pas lancé dans la voix de la politique ! »
Le Ministre intérimaire tiqua sous la remarque.
- « De plus, je suppose que toutes ses conférences devraient avoir lieu au Ministère sous votre initiative » reprit le professeur « A quelques mois des élections… Oui, c'est judicieux de votre part de faire croire que je vous soutien et que j'approuve vos idées… » ajouta-t-il d'une voix à peine plus élevée qu'un murmura.
Fudge se mit alors à blêmir légèrement et le vieux directeur su qu'il avait frappé juste.
- « Parce que vous êtes contre moi ?! Un autre candidat vous a demandé son aide ?! » s'inquiéta le jeune homme.
- « Non, mais j'attend, je pense que vous ne serez pas le seul à tenter sa chance auprès de moi ! Mais soyez sans crainte, je leur ferais la même réponse. On ne m'utilisera pas à des fins politiques ! On ne m'utilisera pas pour gagné des voix ! »
Le volume de sa voix n'avait pas augmenté mais elle semblait pourtant plus menaçante et Dumbledore eut l'impression de voir le Ministre intérimaire se tasser sur son fauteuil.
- « Je n'approuve pas vos idées, je n'approuve pas vos manières et je n'approuve pas que vous passiez outre l'avis du Magenmagot ! Ne comptez pas sur moi pour appuyer votre campagne » asséna Dumbledore pour terminer.
Il se leva ensuite et fit le tour de son bureau jusqu'à s'approcher du fauteuil dans lequel son invité paraissait passablement contrarié. Mais le professeur ne pouvait pas lui en vouloir.
- « Et bien, puisque nous sommes tous deux des hommes très occupés et que vous avez eu des réponses à vos questions, pas celle que vous attendiez j'en conviens, mais des réponses tout de même, je ne vous retiens pas Cornélius. »
Le jeune Ministre avait l'air très vexé mais ne prononça pas un mot. Il se leva, serra la main sur professeur qui le raccompagna jusqu'à la porte de son bureau.
- « Au revoir monsieur le Ministre » le salua poliment Dumbledore.
- « Au revoir » grogna ce dernier en disparaissant dans le couloir sombre.
Avec un sourire amusé aux lèvres, le professeur Dumbledore referma la porte de son bureau. Il s'attendait à recevoir une visite de ce genre, mais pas aussi vite. L'idée de devoir faire une conférence de presse en la faveur de cet homme le fit sourire de plus belle. Il n'était pas le plus mauvais Ministre qu'il ait pu rencontrer, mais il était encore bien jeune et trop préoccupé par l'avis que l'on pouvait se faire de lui et son ambition personnelle…
Il en était arrivé là dans ses réflexions quand un curieux sifflement se fit entendre à l'arrière de son bureau. Il s'y rendit rapidement et aperçut à travers la porte entrouverte d'une de ses armoires une lueur verte. Surpris il s'approcha. Il ne s'était pas attendu à recevoir ce signal si tôt.
Le vieux professeur ouvrit son armoire. La lueur provenait d'un miroir dont le halo scintillait de milles feux. Dumbledore s'en saisit à pleine main et le fixa avec attention. Il murmura la formule adéquate et au lieu de son visage, ce fut celui de Remus qui apparut dans le reflet.
Le vieux professeur se mit à sourire. Il s'était largement inspiré des miroirs que possédaient James et Sirius pour créer ce moyen de communication entre Remus et lui. C'était le seul lien qui le reliait au jeune homme qui ne l'utilisait qu'en cas d'urgence.
- « Bonjour Remus ! » lança-t-il en souriant
- « Bonjour professeur, je ne vous dérange pas j'espère ? »
- « Absolument pas ! Mais tu aurais appelé quelques minutes plu tôt, tu aurais eu le loisir de m'entendre remettre à sa place le Ministre intérimaire ! »
Le jeune homme au visage pâle et amaigri se mit à sourire et le professeur Dumbledore fit apparaître un siège sur lequel il s'installa.
- « Que me vaut le plaisir de te voir Remus ? » demanda-t-il alors
- « Il faut que je vous parle que quelque chose d'important. Un enfant du village sorcier voisin a été enlevé par Greyback ce qui a entraîné des représailles et une bataille. Il y a eu des morts et des blessés dans chacun des camps, moi y compris »
Le professeur songea que cela expliquait sans doute son air presque maladif.
- « J'ai fait tout mon possible pour calmer les tensions mais certains membres de ma communauté ont ralliés les rang de Greyback » ajouta-t-il avec tristesse
- « On ne peut pas rallier tout le monde. Il y aura malheureusement toujours des personnes pour rejoindre le rang des forces du Mal… » soupira Dumbledore « Tu n'y es pour rien »
Remus esquissa un faible sourire.
- « Au moins, tu auras réussit à faire éviter un bain de sang et j'ai cru comprendre que certains des tiens sont sensibles à tes propos »
Le jeune homme acquiesça d'un signe de tête.
- « Y a-t-il autre chose dont tu voulais me parler ? » demanda le professeur
- « Oui, comme je vous l'ai dit, j'ai été blessé pendant cette bagarre et la personne qui m'a soigné m'a percée à jour » expliqua-t-il
- « C'est-à-dire ? »
- « Elle s'appelle Debae Jones. Elle a comprit que c'était la toute première fois que je vivais avec des gens comme nous et qu'elle avait deviné aussi que je vivais la plupart du temps avec des sorciers. Elle a deviné que mes rares absences du camp sont destinés à retourner voir mes amis »
Le professeur l'écoutait avec attention.
- « Elle m'a dit de ne pas m'en faire, qu'elle ne révèlerait mon secret à personne et je la crois car elle a ajouter qu'elle approuvait l'action que j'étais en train de mener. Elle dit qu'il est grand temps que les mentalités changent et que les loups-garous et les sorciers collaborent main dans la main pour contrer Vous-Savez-Qui »
- « Cela m'a l'air très bien » souffla enfin le professeur « Si cette jeune personne ne donne l'impression d'être fiable, je te fais entièrement confiance »
- « Merci professeur. Elle m'a aussi proposé on aide »
- « Accepte la ! Toutes les bonnes volontés sont bonnes à prendre. A deux vous aurez sans doute plus de chance de mener notre mission à bien »
- « Merci professeur » répondit Remus en hochant la tête « J'ai tout de même hâte que tous cela soit fini »
- « Tu te languis des autres ? »
- « Oui ! J'ai envie de rentrer chez moi, mais je ne le ferais pas avant d'avoir fini ma mission ici. » assura Remus.
- « Je sais que je peux avoir confiance en toi ! » lança le professeur en souriant.
Le jeune homme hocha une nouvelle fois la tête.
- « Je ne vais pas vous déranger plus longtemps… » commença Remus « Mais avant… Tout le monde va bien ? »
Le professeur Dumbledore esquissa un large sourire
- « Ils vont tous très bien et me demande souvent de tes nouvelles ! »
- « Rassurez les et dites leur que je pense souvent à eux moi aussi ! »
- « Je n'y manquerais pas, au revoir Remus »
- « Au revoir professeur »
Le halo vert disparut autour du miroir qui sembla s'éteindre. Le professeur Dumbledore le rangea alors soigneusement dans son armoire avant de retourner à son travail.
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- « Je trouve qu'il ne l'a pas si mal prit que ça. Honnêtement, je pensais qu'il exploserait beaucoup plus »
- « J'ai tout de même eu peur quand il a parlé de tuer Bellatrix. Je l'en crois capable tu sais… Dans un excès de colère… »
James regarda sa femme d'un air grave. Elle avait peut être raison concernant Sirius, il ne savait pas très bien, il avait toujours préféré ne pas y réfléchir. Après tout, c'était la vie des membres de sa famille qui était mise en danger par cette folle furieuse de Bellatrix, il comprenait entièrement que son ami ne supporte pas cette situation. Il avait lui, suffisamment de mal à supporter l'idée que son fils soit menacé et c'était un stress qu'il ne souhaitait à personne, surtout pas à son meilleur ami…
- « Tu crois qu'elle va retrouver sa trace ? » demanda soudain Lily d'une toute petite voix.
- « Non » assura James d'une voix forte. « C'est hors de question que cette folle retrouve la trace de Sirius ou celle de Harry ! »
Il vit sa femme esquisser un faible sourire, mais il savait qu'elle n'était pas entièrement convaincue. Il glissa sa main dans la sienne et lui donna une légère pression. Elle hocha doucement la tête et tous deux continuèrent leur route en silence. James replia légèrement son autre bras, celui qui tenait un grand panier qui ne servait qu'à dissimuler le chaudron que Lily avait voulu emmené.
Lily avait voulu se rendre chez le professeur Slughorn et James avait insisté pour l'accompagner. Elle venait lui dire qu'en raison de la naissance toute proche de Jack, elle allait interrompre la concoction de cette potion qui lui avait demandé tant de temps ces derniers mois. James n'avait absolument rien contre le fait que sa femme ait une occupation qu'elle aimait, et si cette maudite potion n'avait pas eu des conséquences fâcheuses sur sa santé, il ne s'en serait pas tant préoccupé. Mais les choses étant ce qu'elles étaient, il avait toujours au fond de lui cette rancœur envers cette potion dangereuse et par conséquent il en voulait un peu au professeur Slughorn. C'est entre autre pour cela qu'il avait tenu à accompagner sa femme.
Il ne voulait pas que le professeur tente de la convaincre de continuer encore un peu. Elle estimait qu'il était grand temps pour elle de s'arrêter un peu, mais le jeune homme savait son ancien professeur capable de la convaincre de continuer encore un peu, et cela, il ne le voulait pas. James savait pertinemment que Lily était une excellente préparatrice de potion et qu'elle était d'une aide précieuse au professeur, mais il y avait dans la vie des choses qui nécessitait de faire des choix, des choses plus importantes que toutes les potions du monde… La naissance de son fils par exemple.
- « On est arrivé » souffla Lily au bout d'un moment.
James et elle s'arrêtèrent devant une maison bourgeoise et coquette. Le jeune homme était déjà venu et comme à chaque fois, il ne se sentait pas à l'aise ici. Cette maison lui rappelait de trop mauvais souvenirs… Le corps étendu de Lily, les jambes en sang lui revenait sans cesse en mémoire, suivit de cette horrible dispute qui les avait tant fait souffrir tous les deux… Il secoua la tête pour en chasser ces pensées désagréables.
- « On y va ? » demanda Lily en se tournant vers lui.
James hocha la tête et lui lâcha la main. Il la suivit sur le perron de la maison et posa le panier qui commençait à se faire lourd tandis qu'elle frappait à la porte. Ils n'attendirent pas longtemps, le professeur Slughorn vint leur ouvrir. Un large sourire illumina son visage quand il vit Lily et James ne pu s'empêcher de détester ce sourire radieux.
- « Lily ! Quelle bonne surprise ?! Cela fait longtemps que je ne t'avais pas vu, tu envoies toujours ton elfe depuis un moment ! Par Merlin, mais tu es magnifiquement énorme ! Pour quand la naissance est-elle prévue ? »
- « Moins de deux mois » répondit James le premier.
Le professeur Slughorn sursauta et son regard se posa sur lui. Il eut l'air surpris, il ne devait pas l'avoir vu et encore moins s'attendre à le voir là.
- « Potter ! Quelle surprise ! » lança –t-il d'un air un peu moins enjoué. « Comment allez vous ? »
- « Très bien professeur, merci… » répondit le jeune homme avec une politesse empreinte de froideur.
Ils se fixèrent un court instant en silence avant que Slughorn ne reprenne la parole.
- « Oh, mais je manque à tous mes devoirs ! Je vous en prie, entrez… »
- « Merci » souffla Lily en entrant dans la maison.
James passa devant son ancien professeur sans un mot et suivit sa femme jusque dans le salon.
- « Je vous en prie installez vous » les invita Slughorn « Puis-je vous offrir quelque chose ? Lily, veux-tu boire quelque chose ? »
James sentit son agacement grandir. Il n'aimait pas qu'un autre que lui soit aux petits soins avec sa Lily… Il savait qu'il était ridicule de réagir comme ça, mais il l'aimait tant et il avait eu tant de mal à se faire aimer en retour…
- « Je prendrais un jus de citrouille si vous avez… » répondit la jeune femme à Slughorn
- « Bien sur ! Potter… » commença le professeur en se tournant vers lui
- « James » le reprit Lily avec un sourire franc
- « Oui c'est vrai ! Excusez moi… James que souhaitez vous boire ? »
- « La même chose que Lily, se sera parfait » répondit le jeune homme en faisant un effort pour être aimable.
- « Je vous apporte ça tout de suite ! » lança leur ancien professeur en quittant la pièce.
James évita alors soigneusement le regard de sa femme. Il craignait qu'elle lui jette un regard lourd de reproche, lui faisant comprendre qu'il pouvait être plus aimable. Il se concentra donc habillement à fixer une à une les photos qui décorait la pièce.
- « Ca fait pas mal de monde connu ! » souffla-t-il au bout d'un moment
- « Tout à fait ! » répondit Slughorn qui entrait justement dans la pièce, un lourd plateau dans les mains. « Et ils sont tous passé par ma classe ! » déclara-t-il en posant le plateau sur une table basse.
James esquissa un sourire. Il ne le savait que trop bien. Il avait déjà croisé certaines de ces personnes dans les couloirs de Poudlard et il savait qu'ils appartenaient au « club de Slug ». Il n'en avait jamais fait partie et cela ne lui manquait pas. S'il avait été confié à ces petites réunions, cela aurait été sans les autres Maraudeurs et il préférait de loin la présence de ces amis plutôt que celle de cette bande de lèche-botte qui tentait de préparer la place importante qu'ils occuperaient après Poudlard. Si son souvenir était bon, Lily avait participé à l'une de ces réunions. Mais elle n'avait pas du renouveler l'expérience trop souvent. En tout cas, elle n'y avait été aucune fois durant sa septième année, vu qu'elle passait tout ses moments libres avec lui… Cela le fit sourire.
- « Ce sont tous des gens tellement charmant ! » souffla Slughorn en prenant un cadre dans ses mains. « Et reconnaissant aussi ! Ils m'envoient toujours de si charmantes choses… Ils savent combien je raffole de friandises ! »
Cette révélation n'étonna pas James dont le regard se posa sur l'imposante bedaine de son hôte.
- « Bien sur, certain d'entre eux sont très occupé et n'ont pas vraiment le temps de me donner de leur nouvelles souvent. Mais ils me tiennent de temps en temps au courant de l'avancée de leurs travaux…. Par exemple… »
Slughorn reposa le cadre qu'il tenait pour en saisir un autre qu'il tendit à Lily.
- « Damoclès Belby ! » lança-t-il comme préparation à la jeune femme « Beau garçon n'est-ce pas ? »
James se raidit d'un seul coup et tendit la tête pour tenter d'apercevoir la tête que pouvait avoir ce bellâtre dont Slughorn vantait les mérites auprès de sa femme. Mais Lily eut une grimace qui le rassura instantanément.
- « Je suis certain que vous vous seriez très bien entendue avec lui ! » continua Slughorn qui ne s'était rendu compte de rien « Un très grand préparateur de potion lui aussi ! Il fait des miracles avec un chaudron ! » ajouta-t-il avec un petit sourire ému « A vous deux, vous auriez fait des merveilles ! »
James fixa son ancien professeur avec un regard noir. Mais de quoi parlait-il à sa femme lui ? Alors qu'il était là en plus !
- « Il fait de très très très importantes recherches en ce moment dont je ne peux pas vous parler bien sur, mais qui pourrait lui faire obtenir la médaille de Merlin… » souffla-t-il comme s'il s'agissait d'un secret particulièrement bien gardé. « Je pourrais lui parler de toi si tu le souhaite. Il recherche peut être un assistant pour l'aider, je ne sais pas… Mais avec ton aide, il arrivera sans doute beaucoup plus vite à son but »
James vit sa femme rougir légèrement et serra les poings sur son accoudoir.
- « Non, professeur… je ne suis pas aussi douée que vous le dite » répondit Lily.
James n'était pas de son avis et Slughorn non plus, voilà bien la seule chose qu'ils avaient en commun. Mais avant que l'un ou l'autre ne reprenne la parole, Lily les devança.
- « En plus, la question ne se pose pas car c'est ce que j'étais venu vous dire professeur. Je vais arrêter de m'occuper de toutes potions pendant un certain temps. Avec la naissance prévue dans peu de mois, et sans compter qu'il faudra que je m'occupe de mon bébé par la suite, je n'aurais plus de temps à consacrer à votre potion »
« Sans compter qu'elle est dangereuse… » pensa James, mais il se garda bien de le dire à voix haute.
- « Je comprends tout à fait » répondit Slughorn en reposant le cadre d'un air un peu déçu. « Damoclès devra attendre un peu avant que je lui parle de vous alors… » soupira-t-il
Cette nouvelle réjouit James au plus haut point.
- « Je le crains » répondit Lily en souriant « Je suis venue vous apporter mes derniers travaux. Je les reprendrais dès que le bébé sera un peu plus grand »
- « Très bien. » souffla Slughorn « De toute façon, tu m'as déjà fait gagné un temps précieux ! Grâce à toi mes recherches ont avancé à une vitesse que je n'aurais jamais cru possible ! Tu m'as été d'une aide tellement précieuse ! Je pense que sans toi, je ne serait jamais aller jusqu'au bout de ce projet… »
- « Horace… » souffla Lily, visiblement gênée.
- « Je ne plaisante pas ! Je pense que maintenant et pour un certain temps, je serais capable de continuer seul. De toutes façons, nous en sommes presque à la phase terminale » déclara-t-il dans un sourire.
- « Déjà ?! » s'exclama Lily en se redressant vivement « Mais je pensais que… »
- « Je ne te l'ai pas dit car je voulais te faire la surprise » se justifia l'ancien professeur de potion avec un grand sourire « Mais j'ai déjà commencé les tests… »
- « Et ? » demanda Lily avec une avidité qui fit sourire James.
Elle était tellement belle avec cet éclat dans ses yeux. Il en était fou.
- « Et ils sont concluant ! » annonça Slughorn avec un grand sourire.
Lily se leva d'un bond et frappa dans ses mains, un peu comme une petite fille qui venait de recevoir un merveilleux cadeau. Le sourire de James amplifia.
- « C'est vrai ? » demanda-t-elle avec excitation.
- « Oui » répondit Slughorn avec un sourire malicieux « Et puisque tu es là, veux-tu voir ce que donne mes premiers essais ? »
- « Je peux ? Oh Horace ! Bien sur que j'ai envie de voir cela ! » s'exclama Lily en souriant.
- « Très bien, dans ce cas allons-y ! » déclara-t-il en quittant la pièce.
- « Tu viens James ? » demanda Lily en se tournant vers lui
James se mit à sourire. Bien sur qu'il allait venir. Il voulait savoir ce qui rendait sa femme aussi heureuse.
Slughorn se retourna, moins enchanté que son ancienne élève. Il aurait sans doute préféré ne partager ce moment qu'avec elle, mais James ne lui ferait pas se plaisir. Il se leva en souriant et prit la main de sa femme dans la sienne qui lui adressa un sourire éblouissant. Il fixa ensuite son ancien professeur qui esquissa un maigre sourire avant de se retourner et de reprendre sa route.
Tous les trois se
rendirent donc en silence au laboratoire secret du professeur. Cet
endroit ne faisait que raviver les mauvais souvenirs de James, et la
main de Lily pressant la sienne lui appris que pour elle non plus,
cet endroit n'était pas synonyme que de bons souvenirs. Mais
James préféra ne pas s'attarder sur ce
point.
Slughorn referma soigneusement la porte sur eux. James
sentit que Lily lâchait sa main. Il la vit alors prendre sa
baguette dans sa poche et s'appliquer un sort de protection sur sa
bouche et son nez qui se couvrirent automatiquement d'une bulle
d'air pur. James lui lança un faible sourire et hocha la
tête. Il savait qu'elle ne plaisantait pas avec sa sécurité
et celle de Jack.
- « Tu es prête ? » demanda Horace en la regardant
Lily hocha la tête et s'approcha de lui. James la suivit. Le professeur ouvrit un placard et en sortit une cage en fer qui contenait quatre écureuils roux qui s'agitaient dans tous les sens. Horace la posa sur le plan de travail et enfila une paire de gants en peau de dragon.
- « La première phase des tests se déroulent comme vous pouvez le voir sur des écureuils. » commença à expliquer le professeur en ouvrant la cage et en saisissant un des petits rongeurs qui s'y trouvait.
Il posa l'animal sur la paillasse et tendit son autre main pour se saisir d'une fiole qui contenait un liquide ambré que James connaissait bien pour avoir vu Lily le manipuler de nombreuses fois, la maudite potion.
Slughorn utilisa une petite pipette et récupéra un peu de liquide dans la fiole.
- « C'est toujours un peu difficile de la leur faire avaler… » murmura le professeur d'un air concentré alors qu'il tentait de faire avaler le liquide à la bête.
Lorsqu'il y arriva enfin, au prix d'un énorme effort qui avait fait sourire James.
- « Il faut attendre une peu que la potion fasse effet » lança-t-il en maintenant la souris dans sa main.
De son autre main, il prit sa baguette et jeta un sortilège sur la paillasse pour empêcher l'écureuil de tomber. Il le laissa alors courir dans tous les sens en tentant de s'enfuir. Lily eut un petit bruit attristé. James se mit à sourire et posa ses mains sur les épaules de sa femme.
- « Ils sont toujours un peu stressés quand on leur donne cette potion » expliqua le professeur en s'éloignant.
Il se dirigea vers en autre placard qu'il ouvrit et en sortit une petite boite. James pouvait sentir l'excitation de sa femme, elle était impatiente de voir ce que tout cela allait donné et il s'en réjouissait pour elle. Slughorn revint bientôt près d'eux, sa boite en carton dans la main.
- « Nous allons le faire jouer un peu » décréta-t-il en ouvrant la boite et en en sortant un objet que James qualifia d'étonnant.
C'était une sorte de planchette de bois dans laquelle des formes géométriques et colorées étaient découpées. Chacune des pièces portait une petite poignée…
- « C'est un jouet moldu » expliqua Slughorn en posant le jouet sur la paillasse.
- « Je connais ! » décréta Lily en souriant.
Le professeur se mit à sourire et d'un geste assuré, enleva chaque piécette du jeu qu'il disposa éparpillées sur la paillasse. James le regarda faire avec attention, il était presque autant captivé que Lily finalement…
- « Allez mon mignon… Petit, petit, petit.. » souffla le professeur en se penchant un peu
C'est alors qu'il se passa quelque chose que James trouva totalement hallucinant. L'écureuil se tourna vers le professeur, sembla l'observer un moment et sans plus attendre, s'approcha d'une la pièce en forme de rond jaune, saisit la petite poignée de sa patte et l'entraîna tant bien que mal la pièce qui était lourde pour lui jusqu'à la planchette de bois. Là, il sembla hésiter une demi seconde avant de faire entrer parfaitement le rond jaune dans son encoche. Le puzzle prenait forme.
- « Par Merlin ! » souffla James, totalement bluffé.
- « C'est grandiose ! » lança Lily qui ne quittait pas des yeux, la petite bête qui s'appliquait maintenant à faire entrer le carré violet dans l'emplacement prévu.
- « N'est-ce pas ! » lança fièrement le professeur « C'est le fruit de notre travail ! »
- « Je n'arrive pas à y croire ! Enfin, je savais qu'on y arriverait ! mais là, j'ai du mal à y croire ! » souffla Lily en plaquant ses mains sur sa bouche.
Elle avait l'air tellement ému que James la serra un peu plus contre lui. Il était infiniment fier d'elle. C'était grâce à elle, grâce à sa femme que cet écureuil venait de faire cela. Cette potion faisait vraiment des miracles. Il comprenait maintenant enfin pourquoi elle s'était tant entêtée à la faire…
- « Je pense passer bientôt à la phase deux des tests… Je vous tiendrais bien sur au courant »
- « Merci professeur ! » souffla Lily en se tournant vers elle.
- « Mais de rien ! Cette réussite est notre réussite ! » déclara-t-il en souriant.
Et pour la deuxième fois de la journée, James approuva son ancien professeur.
