Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en générale mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre cent deux : La publicité


« Puisque tout est publicité
Moi j'ai pris la liberté
De fair' ma propre publicité »
Jacques Dutronc

- « Ben dis donc ! On ne peut pas dire qu'on croule sous le travail ! » lança Sirius en ouvrant en grand la porte du bureau de son meilleur ami.

Il brandissait dans sa main l'unique dossier dont il avait la charge ce jour là. Relevant la tête du journal qu'il était en train de lire, James se tourna vers lui.

- « A qui le dis-tu ! » lança-t-il en grognant « Je n'ai eu que deux dossiers à gérer dont un totalement loufoque qui a fini directement à la poubelle ! Et au niveau des clients, c'est le calme plat j'en ai pas vu un seul depuis le début de la semaine ! »

Sirius soupira et vint se placer en face de lui.

- « Je me demande si on ne va pas être obligé de n'employer Lucrécia qu'à temps partiel… »

- « A ce point ? » demanda Sirius

- « Ouais ! Tu verrais les gobelins à Gringott's ! »

- « Mais on a plus un rond ? » demanda Sirius qui commençait à s'inquiéter

- « Si ! Rassure toi ! Je pense qu'on a juste assez pour tenir jusqu'à la fin de l'année ! Mais d'ici là, il faudra trouver un moyen de renflouer les caisses sinon… »

Il laissa sa phrase en suspens et fit un geste las de la main.

- « Mais enfin ! Je ne comprends pas ! Ca marchait bien avant ! Pourquoi maintenant on a tous ces soucis ? » demanda Sirius

- « Parce que maintenant les gens n'investissent plus ! Avec cette saleté de guerre, tout fout le camp ! Les économies vont mal donc on va mal ! Voilà toute l'affaire ! » déclara James

- « Mais tu as essayé de voir avec les gobelins s'ils ne pouvaient pas nous prêter un peu d'argent ? On a toujours été réglo avec eux, non ? »

- « Oui j'ai déjà demandé ! Et non, ils ne veulent pas ! Parce qu'il se trouve que toi et moi, on a tous les deux des comptes personnels qui sont loin de la faillite ! »

- « Quoi ?! » s'indigna Sirius « Tu veux dire que les gobelins refusent d'aider financièrement Jasire parce qu'on a mit de l'argent de côté pour faire vivre nos familles ?! »

- « Il semblerait bien que oui » soupira James en croisant ses mains au dessus de son bureau.

- « Mais c'est dégueulasse ! » s'indigna Sirius

Il vit son ami hocher la tête et soupirer une nouvelle fois.

- « Comment on va faire alors ? » demanda le jeune homme

- « Je ne sais pas ! Mais une chose est sure, il est hors de question qu'un seul centime de mon compte personnel entre dans Jasire ! Ma famille passe avant tout et je ne veux pas prendre le risque de la mettre dans le besoin ! D'autant plus que j'aurais bientôt une bouche supplémentaire à nourrir ! »

- « Je suis entièrement d'accord avec toi ! » lança Sirius « On ne mélange pas l'argent de la famille et l'argent du boulot !! »

Sirius se leva alors et s'approcha de la fenêtre. Cette histoire d'argent l'embêtait beaucoup. Il n'avait jamais vraiment eu de soucis à ce niveau là et maintenant qu'il était en face de ce problème, il ne savait pas trop comment le gérer. Mais ce qui était le plus important, c'était qu'il avait tout prévu et qu'il avait mis sa petite famille à l'abri du besoin. Il avait suffisamment d'argent pour faire vivre dignement ses deux petites femmes et même assez pour pouvoir attendre sereinement le moment où un deuxième bébé viendrait pointer le bout de son nez. Mais il était anxieux concernant Jasire. Cette entreprise il l'avait monté avec ses deux meilleurs amis et y tenait beaucoup. Il voulait tout faire pour lui faire remonter la pente. C'était la première fois de sa vie q'il travaillait et qu'il se sentait utile pour les autres, il ne voulait pas y renoncer.

Il se retourna enfin de sorte à faire face à son meilleur ami.

- « On fait quoi alors ? » demanda-t-il en s'approchant de lui.

- « Je t'avoue honnêtement que je n'en ai aucune idée ! Il faudrait qu'on arrive à trouver un moyen pour que les gens viennent investir chez nous… » soupira James « Mais tu vois, ça fait plusieurs jours que je me creuse la tête et que je ne trouve rien… ».

Sirius le vit plier le journal qu'il lisait et le poser un peu plus loin sur le bureau. James ouvrit ensuite son tiroir et en sortit un grand cahier à la couverture rouge.

- « Je vais refaire les comptes maintenant… J'ai un nouveau rendez vous à Gringott's demain, ce sera toujours ça de fait ! »

Sirius soupira. Il n'était d'aucune utilité à son ami dans ce cas, les chiffres et lui n'avait jamais vraiment fait bon ménage…

- « Je peux te prendre le journal ? » demanda-t-il en tendant déjà la main pour s'en saisir.

- « Oui » répondit James avec un petit sourire amusé

- « Ne vas pas te méprendre ! » lança alors Sirius « Je veux juste lire la BD et le sport ! »

- « Ouf, j'ai eu peur ! » se moqua gentiment James avant de replonger dans ces colonnes de chiffres.

Sirius lui fit une grimace avant de déplier devant lui le journal et d'en tourner machinalement les pages. La BD avait été remplacé par des consignes de sécurité à effectuer en cette période de crise et il n'y avait pas grand-chose à lire à la page des sports : la plupart des championnats avaient été annulés. Il soupira et entreprit alors de parcourir un peu le reste des actualités. Après tout, il n'allait pas rester là à rien faire.

Mais les nouvelles n'en étaient pas vraiment, l'Ordre du Phoenix tenait au courant tous ses membres de ce qui se passait dans le pays et le professeur Dumbledore était une source d'information beaucoup plus sur que tous les journalistes-sorciers du pays. Sirius s'ennuyait. Il soupira encore une énième fois. Il avait envie de rentrer chez lui, mais il savait qu'il s'y ennuierait tout autant, Océane était partie retrouver sa mère pour une promenade… Et puis, James restait pour bosser, il n'allait tout de même pas lui faire faux bond.

Le jeune homme détestait plus que tout ce genre de situation où il n'y a rien à faire nulle part et qu'on est condamné à attendre. Or Sirius n'avait pas vraiment la réputation d'être un garçon patient. Alors qu'il entamait pour la deuxième fois sa fausse lecture du journal, son regard sur attiré par une publicité.

L'annonce se trouvait dans un cadre jaune vif sur lequel se trouvaient de grandes lettres rouges joliment calligraphiées. Il s'agissait d'une réclame pour une grande marque de produits d'entretien, mais elle fit germer une idée dans la tête de Sirius.

- « James ! » lança-t-il en redressant la tête

- « Mmmm » grogna le jeune homme qui mâchonnait distraitement le bout de sa plume

- « Si on se faisait un peu de pub ? » proposa le jeune homme en souriant

- « Un peu de quoi ? » sursauta James en levant des yeux vers lui.

- « De la pub ! On avait fait circuler quelques tracts quand on a lancé Jasire, mais on a arrêté et tout à continuer avec le bouche-à-oreille ! Moi ce que je propose c'est qu'on se fasse une vraie pub ! De belles affiches, des prospectus… »

- « Sirius ! » le coupa James « Je t'arrête tout de suite ! Ton idée est très intéressante pour Jasire, mais tu oublies un petit détail ! On a tous les deux des enfants menacés par des mangemorts et je n'ai pas très envie de voir nos noms afficher en vert vif à tous les coins de rue sur des affiches gigantesques indiquant où ils peuvent nous trouver ! »

- « Honnêtement James, tu crois que les mangemorts ne savent pas qu'on bosse ici ? Tu crois qu'ils ne pourraient pas très facilement le découvrir ? »

- « Si et je pense qu'on a fait un excellent travail avec les sorts de protection et de sécurité. Mais je préfère ne pas les provoquer… » souffla le jeune homme

Sirius soupira.

- « Tu as raison mon vieux… »

- « Je sais, malheureusement ! Ton idée est excellente, mais c'est trop risqué pour nous »

- « Dommage… »

Sirius replia le journal et laissa sa tête tomber en arrière.

- « Ca aurait été un très bons moyens de faire reprendre les affaires… »

- « Sans doute » répondit James

- « Et si on ne faisait pas d'affiches tape à l'œil et qu'on se contentait d'un article dans les journaux ? » proposa Sirius

Il vit son ami le regarder avec curiosité et il poursuivit.

- « On ne serait pas obliger de mentionner nos noms… On fait faire des petits articles sur comment on fonctionne, ce qu'on propose, ce qu'on apporte à nos investisseurs… »

- « Tu crois ? »

- « Pourquoi pas ?! De toute façon, qui ne tente rien n'a rien… »

- « Je ne suis pas sur que… »

- « Allez James ! Mon vieux ! On précisera qu'on ne veut pas que nos noms soient cités et on demandera une présentation soft ! Rien de trop voyant… Tu crois vraiment que les mangemorts lisent la pub dans les journaux ? »

James esquissa un sourire.

- « Je m'occupe de tout ça alors ! Ca m'occupera ! Tu es ok ? » demanda Sirius en se levant

- « Fais comme tu veux mon vieux… » lança James en haussant les épaules.

- « Ouais ! » s'exclama Sirius « Tu verras, tu ne seras pas déçu ! Les affaires vont reprendre ! »

Les deux hommes échangèrent alors un regard amusé et Sirius quitta le bureau pour mettre en place son projet…

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- « Ca aurait été une très belle journée s'il n'y avait pas eu tout ce vent ! » soupira Flumena Daquaria en remontant un peu le col de sa veste.

- « Oui » acquiesça simplement Océane en enfonçant ses mains au plus profond de ses poches.

La jeune femme pensa que dans peu de temps, une halte dans un salon de thé ne serait pas un luxe. Les deux femmes marchaient côte à côte dans les rues de Pré-au-Lard où elles s'étaient donné rendez vous. Océane était contente d'être avec sa mère. Elle voulait un peu rattraper tous les temps qu'elles avaient bêtement perdu ces dernières années et elle préférait se promener avec elle-même dans le vent frais de l'automne plutôt que de rester seule dans sa grande maison. Lalyh passait la journée à jouer avec les Potter, Sirius travaillait toute la journée et après la merveilleuse semaine qu'ils avaient passé en tête à tête, elle n'avait pas envie de rester seule.

- « Alors raconte moi un peu comment c'était en France ? » demanda Flumena dans un sourire.

- « C'était fabuleux ! Je crois que je suis retombée amoureuse de lui un peu plus chaque jour ! » répondit Océane en souriant largement « On a fait des milliers de choses, on a visité Paris, on a fait les boutiques… »

L'image de Kathleen au bras d'un bellâtre qu'il n'arrivait pas à la cheville de Remus lui revint en mémoire mais elle l'en chassa vite, elle n'avait pas envie de penser à elle !

- « Vous vous êtes bien amusés je vois… »

- « Oh oui ! Et si Lalyh ne nous avait pas tant manqué, on serait peut être resté plus longtemps ! »assura Océane

- « Sirius n'avait pas de travail qui l'attendait ? » demanda Flumena

- « Ah si ! » souffla Océane « Ca fait donc deux raisons qui nous ont fait revenir ! » s'amusa la jeune femme en souriant

- « J'aime te voir de si bonne humeur. Je suis heureuse pour toi ma chérie ! »

- « Merci maman ! Et toi, comment tu vas ? »

- « Bien, je vais bien. Tu sais, c'est un peu le train train quotidien… Je m'occupe de mon côté pendant que Léopoldus est au travail »

Océane sentit son cœur se serrer en entendant sa mère parler de son père. Elle ressentait des choses étranges envers lui. Elle lui en voulait beaucoup de ne pas croire à l'amour que Sirius et elle se portaient, de ne pas croire qu'ils étaient capables d'être de bons parents pour Lalyh, mais surtout qu'il ne soit pas venu à son mariage. Ca avait été un jour très important pour elle et il n'avait pas été là pour la conduire à l'autel. Jusqu'au dernier moment elle avait espéré qu'il ravalerait sa colère et sa rancœur pour assister à ce jour si particulier, mais non, il ne l'avait pas fait et elle lui en voulait. Mais d'un autre côté, c'était son père et elle l'aimait malgré tout et c'était pour cette raison que cela lui faisait mal. Elle souffrait de son indifférence à son égard, elle souffrait qu'il semble ne plus la considérer comme sa fille.

- « Je lui ai dit que je venais te voir aujourd'hui » continua Flumena qui observait sa fille avec attention « Il m'a dit de t'embrasser pour lui »

- « Et c'est tout ? » demanda la jeune femme

- « Oui »

- « Pas un mot concernant Sirius ou Lalyh ? »

- « Je suis désolée ma chérie, mais il faut encore un peu de temps à ton père pour se faire à tout cela. »

Océane soupira et baissa les yeux.

- « Ca finit par faire long… » marmonna-t-elle doucement

- « Je suis entièrement d'accord avec toi ma chérie » lança Flumena en lui prenant le bras « Et il ne passe pas un jour sans que je ne lui dise qu'il se comporte comme un enfant buté ! »

Surprise d'entendre sa mère s'exprimer ainsi, releva la tête précipitamment et rencontra le sourire amusé de sa mère.

- « J'ai décidé de faire une grande campagne offensive ! » lança-t-elle doucement « Je trouve que cette comédie a assez duré et qu'il est temps que ton père ouvre les yeux ! Il va finir par comprendre, même si je dois le harceler pour cela »

Océane pouffa doucement et posa sa main sur celle de sa mère.

- « Merci… » souffla-t-elle doucement

- « De rien, c'est normal » lui assura sa mère avec bienveillance « J'ai envie d'avoir ma famille autour de moi et Sirius et Lalyh font partis de ma famille maintenant… Sans compter que tout ceci est stupide parce que si ton père était moins borné, il apprécierait Sirius ! »

Océane hocha la tête d'un air sceptique.

- « Tu crois ? »

- « J'en suis convaincu ! Après tout, ils ont au moins un point en commun… Ils t'aiment »

Océane eut un sourire ému, ses yeux devinrent tout d'un coup un peu plus humides et se jeta dans ses bras.

- « Allons, allons ma chérie, tu vas me faire pleurer ! » souffla Flumena en caressant doucement le dos de sa fille.

- « J'aimerais tellement que Papa comprenne… A quel point j'ai besoin de Sirius et à quel point le fait qu'il ne me parle plus me pèse… »

- « Je sais… et tu lui manques aussi »

- « J'ai pas l'impression » grogna la jeune femme en s'écartant de sa mère et en séchant ses yeux du dos de la main.

- « Détrompes toi ! Depuis qu'il sait que je te vois régulièrement, car je ne le lui cache plus, je sais qu'il réfléchit beaucoup à la situation. Et ne lui dit jamais que je t'ai dit ça, mais il y a quelques jours, je l'ai retrouvé en train de feuilleter ton album de photos de quand tu étais petite fille »

- « Vraiment ? »

- « Vraiment » assura Flumena en souriant « Fais moi confiance ma chérie. Il va bientôt céder ! Il n'est pas aussi borné qu'il le voudrait »

Océane esquissa un faible sourire et un courant d'air plus frais que les autres en enveloppèrent au même instant. Les deux femmes frissonnèrent et après avoir échangé un regard entendu prirent d'un même pas le chemin du salon de thé le plus proche. Elles y entrèrent ensemble et poussèrent un soupir de soulagement. Il y faisait chaud et cela sentait bon la brioche chaude et le chocolat fumant. Elles s'installèrent à une table libre et commandèrent rapidement. Il y avait peu de monde et l'ambiance était détendue et calme.

- « Et sinon ma chérie, quoi de neuf ? Quels sont vos projets à Sirius et toi en tant que jeunes mariés ? » demanda Flumena.

- « Et bien… »

Océane baissa les yeux et se mit à sourire un peu bêtement. Il y avait bien quelque chose que Sirius et elle envisageait depuis quelques temps, mais elle ne savait pas trop si elle devait en parlé à sa mère et surtout comment abordé ce sujet avec elle. Elle prit une grande inspiration et décida de se lancer, après tout qu'avait-elle à perdre ?

- « Sirius et moi, on envisage d'avoir un deuxième enfant » lança-t-elle presque timidement.

- « C'est vrai ?! » s'exclama alors Flumena en faisant presque un bond sur sa chaise.

Dans le salon de thé, plusieurs têtes se tournèrent vers elles et Océane se sentit rougir, un peu gênée.

- « Maman ! » souffla-t-elle

La serveuse arriva à cet instant avec deux grandes tasses de chocolat chaud et particulièrement crémeux.

- « Pardon chérie, mais c'est une si merveilleuse nouvelle ! » lança Flumena en se penchant vers elle « Vous y pensez depuis longtemps ? »

- « Depuis plusieurs mois déjà, mais pour le moment ça n'a pas porté ses fruits… » répondit la jeune femme qui ne pu s'empêcher de laisser transparaître une certaine tristesse dans sa voix.

- « Tu sais que ces choses là prennent parfois du temps »

- « Oui, mais j'ai eu Lalyh si facilement… » soupira Océane en posant son menton dans ses mains.

Flumena ne pu s'empêcher de sourire.

- « Tu crois que c'est normal ? J'ai peur d'avoir un problème … »

- « Mais non ! Ne t'en fais pas, tu es jeune, il n'y a aucune raison pour que vous ne réussissiez pas à nous faire un autre adorable bébé »

Océane esquissa un sourire et hocha légèrement la tête.

- « Maman ? Pourquoi je n'ai jamais eu de frères ou de sœurs ? » demanda-t-elle au bout d'un moment.

Flumena soupira et croisa ses mains sur la table.

- « Et bien… Quand tu es née, j'ai tellement souffert que je n'ai plus eu envie de vivre cette expérience… »

- « A ce point ? » demanda Océane, surprise

- « Oui. Ta naissance à été une épreuve et avant ma grossesse ne s'était pas très bien déroulé et il y avait eu plein de complications… »

- « Ah… Je ne savais pas… »

- « Je n'ai jamais voulu t'en parlé parce que je ne voulais pas que tu considères la naissance d'un enfant comme quelque chose de terrible » expliqua Flumena en souriant faiblement.

- « Tu n'as jamais regretté ? De ne pas avoir d'autres enfants ? » demanda la jeune femme

- « Non, tu as été ma plus grande joie. Mais je comprends que toi tu en ais envie. Et j'espère que bientôt tu auras une grande nouvelle à nous apprendre »

- « J'espère ! » répondit Océane en portant à ces lèvres sa tasse pour en boire la dernière gorgée.

Flumena sourit largement et d'un signe de la main demanda à ce qu'on lui apporte l'addition.

- « Laisse, je t'invite ! » déclara-t-elle alors que Océane plongeait sa main dans son sac pour en retirer son porte monnaie.

- « Merci Maman ! »

Les deux femmes se levèrent ensuite et quittèrent le salon de thé, chose qu'elles regrettèrent presque aussitôt. Il faisait bien plus froid qu'à l'intérieur et toutes les deux enfoncèrent leurs mains dans leurs poches d'un même geste. Le vent s'était levé et soufflait presque continûment entraînant avec lui un ballet de feuille morte mais les deux femmes n'avaient pas encore envie de se quitter.

- « On marche un peu ? » proposa Océane

- « Avec plaisir ma chérie » répondit Flumena

Toutes les deux remontèrent donc la rue dans laquelle elles se trouvaient, s'arrêtant de temps en temps pour observer une ou deux vitrines. Elles passaient devant la devanture d'un vieil antiquaire quand Flumena stoppa net.

- « Oh ! regarde moi ce vase ! Il est splendide ! » s'exlama-t-elle en désignant un vieux vase en porcelaine blanche décoré de petites fleurs bleues foncées.

Océane regarda l'objet un moment mais ne lui trouva pas grand intérêt et son regard se détourna et se posa sur quelque chose qui attira son attention. C'était un pendentif d'une grande beauté. Il était en or et scintillait faiblement à cause du temps qui avait fait ternir le métal. Il représentait un aigle et en son centre était incrusté une pierre précieuse bleue, un lapis-lazuli magnifique. Océane avait l'impression d'avoir déjà vu ce pendentif quelque part, mais elle n'arrivait pas à se souvenir où. Tandis que sa mère entrait dans le magasin pour parler avec le vendeur, elle se posta devant et le scruta, se creusant les méninges. Elle était persuadée de connaître cet objet de l'avoir déjà vu… Elle fixa le motif, observa l'aigle et d'un seul coup tout devint clair. Ce pendentif, elle l'avait lu en photo. Dans ce grand livre si intéressant sur la vie de Rowena Serdaigle ! Ce pendentif qui était son bijou préféré et qu'elle portait tout le temps, ce bijou qui avait mystérieusement disparu en 1666 pendant le grand incendie de Londres et dont on n'avait jamais retrouvé la trace.

Océane était sur de ne pas se tromper. Elle avait devant elle l'objet qui représentait le mieux la grande Rowena. Et vu le prix qu'affichait ce commerçant, Océane su qu'il se doutait de sa valeur. Il fallait qu'elle fasse quelque chose. Cet objet était peut être un Horcrux ! C'était important qu'elle le récupère mais elle ne pouvait obtenir cet objet à moins de l'acheter et elle ne pourrait pas le faire sans vider entièrement le compte en banque de Sirius et encore… Il fallait pourtant qu'elle fasse quelque chose et la seule chose qui lui vint alors à l'esprit fut le professeur Dumbledore. Lui saurait quoi faire !

- « Regarde cette merveille chérie ! » lança soudain Flumena en sortant son vase joliment emballé dans un papier marron.

- « Maman, il faut absolument que je partes ! » s'exclama la jeune femme

- « Quoi ? Mais notre promenade ?! »

- « Désolée Maman, mais je dois absolument partir… »

- « Quelque chose de grave ? » s'inquiéta Flumena

- « Non, non Maman, ce n'est rien c'est juste que… Je dois partir ! » lança Océane.

Elle posa un baiser sur sa joue et transplana le plus vite qu'elle pu pour se rapprocher de Poudlard sous le regard hébété de sa mère.

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- « Ce sera tout pour cette fois ! Vous pouvez partir ! »

Dans un fracas assourdissant de pieds de chaises qui raclent sur le sol, la vingtaine d'élèves présent dans la salle de cours se levèrent et enfournèrent rapidement leurs cahiers dans leur sac. Igor Karkaroff grogna devant tant de bruit et fut soulagé de voir son dernier étudiant partir. Il se laissa tomber sur sa chaise et massa du bout des doigts ses tempes douloureuses. Il prit alors une grande inspiration et d'un coup de baguette fit venir jusqu'à lui son sac en cuir de dragon. Il y récupéra un carnet rouge vif qui s'ouvrit automatiquement. Il y glissa la pile de devoir que ses étudiants venaient de lui rendre et qu'il imaginait déjà complètement raté. Il soupira et referma le dossier d'un geste sec. Il aurait bien le temps de s'inquiéter de tout cela un peu plus tard. Il glissa à nouveau le dossier à sa place et referma son sac. Il en saisit l'anse d'un geste vif et se leva. Il quitta la salle et une fois dans le couloir, un courant d'air glacial le fit frissonner. Le manoir qui accueillait l'école de Durmstrang était vieux et assez mal entretenu. Igor entendait ses pas résonner dans le couloir lugubre et sombre. On était au beau milieu de l'après midi et déjà la luminosité avait considérablement baissé. Il ne s'attarda pas dans les couloirs déserts et se hâta de rejoindre ses appartements privés. Il arriva bientôt devant un mur fait de pierres grossières et inégales sur lequel un simple chandelier était accroché et diffusait une pâle lumière, la flamme vacillante de la bougie menaçant de s'éteindre au moindre courant d'air.

Après s'être assuré que personne ne se trouvait dans les parages, il tira sa baguette de sa poche et murmura à voix basse le mot de passe. Puis il frappa deux fois une grosse pierre à l'allure bancale et d'un seul coup, ce fut tout le pan de mur qui se mit à trembler. Il coulissa dans un grondement sourd jusqu'à ce qu'une porte en bois épais soit dévoilée. Là, Karkaroff tira du col de sa robe de sorcier une fine chaînette en or au bout de laquelle se balançait une petite clé à l'allure ancienne. Il introduisit la clé dans la serrure de la porte et celle-ci s'ouvrit sans effort. Igor entra donc enfin dans ses quartiers et posa son sac sur une chaise non loin. Il se dépêcha ensuite d'aller allumer le feu dans la vieille cheminée qui se trouvait dans la pièce principale. Son logement était rustique tout comme l'était chaque recoin de cette école, mais Igor ne s'en plaignait pas. Il avait toujours été élevé ainsi, d'une manière assez dure, mais c'est ce qui avait fait de lui l'homme qu'il était devenu. Après avoir soigneusement placée les bûches dans l'âtre, il jeta un sort et bientôt de grandes flammes crépitèrent léchant les morceaux de bois qu'elles consumaient lentement. Igor observa un moment ce spectacle apaisant avant qu'un bruit strident ne se fasse entendre. Il connaissait parfaitement ce bruit, c'était le signal qui l'informait que le directeur souhaitait le voir.

Igor Karkaroff était directeur adjoint de la grande école de Durmstrang. L'actuel directeur Karl Lemberg était un sorcier très âgé qui ne resterait plus bien longtemps à la tête de l'école. Igor, bien sur, était fortement pressenti pour prendre le relais le moment venu et rien ne le rendait plus fier. Mais pour le moment, il devait se contenter de ne faire rien d'autre que d'appliquer les décisions de son supérieur. Regrettant déjà la douce chaleur prodigué par le feu qu'il venait d'allumer, Igor quitta son appartement en prenant grand soin d'emporter son épaisse cape de fourrure. Une fois dans le couloir, il s'en enveloppa pour parer à la morsure du vent qui sifflait à travers les vitres brisées de certaines fenêtres. Il marchait cinq bonnes minutes avant d'arriver au bureau du directeur. Il frappa quelques coups à la porte de chêne qui s'ouvrit rapidement le laissant entrer. Il faisant bon dans la pièce et Igor ôta son vêtement de fourrure qu'il suspendit au portemanteau.

- « Igor, te voilà enfin ! » lança une voix rocailleuse depuis un canapé à l'allure fort confortable.

Karl Lemberg était grand et très mince. Une épaisse barbe blanche lui mangeait une bonne partie du visage et contrastait fortement avec l'immense calvitie qui frappait son crâne. Il regarda Igor avec un air grave et d'un geste du menton, l'invita à s'asseoir.

- « Je voulais te voir » commença-t-il « Car c'est dans deux jours que se réunit le Conseil d'Administration »
Igor hocha la tête.

- « Je voulais savoir si tu étais toujours intéressé par ma succession… » souffla le vieux sorcier.

- « Plus que jamais Karl ! » lui assura Igor en penchant un peu plus son buste vers lui « Je serais mené cette école telle que vous l'avez toujours mené ! Avec poigne et fermeté ! »

- « J'en suis convaincu » répondit le directeur « Je n'ai envie de laisser n'importe qui mettre son nez dans les affaires de cette école ! Je ne veux pas d'une personne mièvre pour me succéder ! Je veux une personne de confiance avec une poigne de fer ! »

- « Et je ne vous décevrait pas. Mais pourquoi cet intérêt si soudain pour votre succession ? » demanda Igor

- « Je me fais vieux et je pense que j'ai fait mon temps. Il est temps pour moi de ne me consacrer qu'aux quelques années qu'il me reste et laisser la place aux jeunes. Je compte annoncer dès demain au Conseil que cette année sera la dernière où j'exercerais le rôle de directeur de cette école. Mais je ne voulais pas le faire sans avoir la certitude d'avoir un remplaçant digne de ce nom. Je ne veux pas que l'on choisisse à ma place et j'ai décidé que ce serait toi le futur homme de Durmstrang. »

- « C'est un grand honneur que vous me faites Karl » lança Igor en essayant le plus possible de cacher la satisfaction qui pointait dans sa voix « Vous ne serez pas déçu »

- « Je n'ai aucun doute là-dessus… En effet, j'ai eu le temps de t'observer depuis plusieurs mois et je vois que… »

Igor écouta avec attention son interlocuteur quand une violente douleur se fit ressentir dans son bras gauche, la Marque des Ténèbres. Aussi discrètement que possible, il posa sa main droite sur son bras douloureux et y appliqua une légère pression espérant ainsi faire passer la douleur. Il ne pouvait pas partir maintenant…

- « … et tu es très compétent dans le domaine de la réglementation et du respect de l'ordre… » continuait Karl Lemberg sans se rendre compte du changement d'attitude de Karkaroff.

Il était mal à l'aise. Le Seigneur des Ténèbres ne souffrait aucun retard et il savait qu'en ne le contactant pas immédiatement, il s'exposait à sa colère, qu'il redoutait par-dessus tout. Pourtant, la douleur se calma. Et même si cela surpris le mangemort, il relâcha la pression sur la Marque et redonna toute son attention au vieux sorcier assis en face de lui.

- « … et je ne dis pas ça parce que je t'ai formé. Mais tout de même, cela joue beaucoup dans… »

La douleur reprit plus violente encore que la précédente. Igor réprima un gémissement et d'un geste convulsif se leva. Il sentait son bras gauche se raidir sous la douleur, il était urgent qu'elle cesse.

- « Quelque chose ne va pas Igor ? » demanda Karl d'un air un peu inquiet

- « Non, non, tout va très bien Karl, ne vous en faites pas c'est juste que… » tenta de se justifier Igor « C'est juste que je viens de me souvenir que j'avais… un rendez vous très important et que… »

- « Ah oui ? » demanda le vieux directeur d'un air soupçonneux

- « Oui, on m'attend et je … je dois partir ! Au revoir Karl ! »

- « Mais… »

Sans attendre davantage, Igor s'éloigna le l'homme tout en pestant dans sa tête de devoir partir ainsi, comme un voleur. Il attrapa sa veste en passant et passa la porte pour s'engouffrer dans le couloir lugubre. Son bras gauche le lançait prodigieusement et cela l'énerva encore plus. Il avait compris qu'Il voulait lui parler, par la peine de le harceler ainsi ! S'il l'avait laissé en paix il aurait pu trouver une excuse convenable partir dignement de se rendez vous. Mais le Seigneur des Ténèbres n'avait pas pour habitude de s'encombrer de considérations de ce genre. Du moment qu'il était correctement et fidèlement servit, rien d'autre ne l'intéressait plus. Une fois arrivé devant le mur qui abritait son appartement, la douleur fulgurante repris et elle continua durant tout le temps que prit le mur à coulisser et la porte à s'ouvrir. Quand enfin il fut enfermer chez lui à double tour pour être certain que personne ne pourrait le déranger, il souffla un peu et pénétra dans son salon. Il se dirigea vers sa chambre et d'un geste assuré souleva son matelas. Posé sur le sommier se trouvait un petit écrin vert foncé sur lequel s'entrelaçait deux serpents. Igor l'attrapa et en retirant la pierre noire qu'elle contenait. Elle l'engloba de sa main droite et sentit qu'elle commençait à s'échauffer, il lâcha son étreinte et elle s'éleva dans les airs. Un halo vert s'en échappa, au milieu duquel un visage apparut.

- « Enfin… » siffla une voix qu'il connaissait très bien.

Instinctivement, Igor s'inclina le plus bas possible exposant sa nuque à l'image du Seigneur des Ténèbres qui se trouvait devant lui.

- « J'ai attendu ! » lâcha-t-il avec froideur

- « Je suis désolé Maître, mais j'étais en entretien avec… »

- « Silence ! Peu importe ! J'ai besoin de te voir, tu arrives aussitôt ! Il me semble pourtant que c'est clair ! » cracha Lord Voldemort

- « Très clair » assura Karkaroff qui ne s'était toujours pas redressé.

- « J'aime à te l'entendre dire » lança avec un amusement malsain le Seigneur des Ténèbres.

Igor osa alors se relevé et fixé son interlocuteur.

- « Que puis-je pour vous Maître ? » demanda simplement le mangemort qui se demandait bien ce qui le dérangeait dans une discussion qui établissait sa future carrière.

- « J'ai une mission à te confier » répondit le Seigneur des Ténèbres avec sévérité.

- « Je suis prêt à faire tout ce que vous me demenderez… » assura Igor

- « J'espère bien… » répondit ironiquement le mage noir

- « De quoi s'agit-il ? » s'enquit le mangemort curieux de savoir ce que le Seigneur des Ténèbres allait avoir à lui confier.

- « Et bien… J'ai décidé d'obtenir une carte de plus dans ma main. Un atout qui pourrait aider la balance à pencher plus vite de mon côté dans cette guerre qui n'a que trop duré »

- « Il est vrai que nous attendons tous avec impatience le moment où votre règne sera pleinement avéré » lui assura Karkaroff.

- « J'ai entendu parlé d'un endroit, quelque part en Russie, qui abriterait un clan de géant. » commença Lord Voldemort.

Karkaroff eut un peu de mal à déglutir. Non pas qu'il était un homme craintif mais les géants ne lui inspirait pas confiance. Il redoutait un peu ce que son Maître allait bien pouvoir lui demander.

- « Je veux que toi, et une poignée d'homme que tu semblera fiable aillent retrouver ce clan et les convaincre de se rallier à ma cause. Dis leur que lorsque je serais au pouvoir je leur offrirait la liberté qui leur a toujours été refusé. En quelque sorte, effectue le même travail que Greyback face aux loups-garous ! Avec leur puissance colossale de notre côté, je pense que nous n'auront plus de mal à faire céder les derniers remparts de ceux qui tentent encore de nous contrer ! »

Incapable de parler, Igor se contenta d'hocher la tête. Ses mains tremblaient pourtant un peu.

- « Quand dois-je commencer ? » demanda-t-il simplement en essayant du mieux possible de maîtriser les tremblements de sa voix.

- « Dès maintenant ! » lança le Seigneur des Ténèbres

-« Mais… » s'exclama Igor « J'ai des obligations ici qui… »

- « Des obligations plus importantes que de me servir ?! » demanda méchamment le Seigneur des Ténèbres.

Igor Karkaroff serra très fort ses poings et après un court instant de silence, il répondit.

- « Non Maître »

- « J'aime mieux cela ! Contacte moi quand tu auras mis ton équipe sur pied ! »

Sur ces mots lancer froidement, le halo vert disparut ainsi que le visage du mage noir. Karkaroff étouffa un grognement. Ces projets de carrière tombaient à l'eau et cela le contrariait vraiment… Il commençait à en avoir assez de devoir continuellement sacrifier sa vie à la future grandeur du Seigneur des Ténèbres.