Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en générale mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

Note : Je n'ai pas le temps de répondre à vos très gentilles reviews, j'espère que vous ne m'en voudrez pas ! En tout cas, merci beaucoup !! Ca me fait très plaisir !

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre cent neuf : Hold up

« On est entré dans la banque
(…)Attention, c'est un hold-up !
(…) Ventre à terre et fermez-la !
(…) On entend voler les mouches »
Louis Chedid

- « Et celle là ? » Demanda James en désignant du doigt une poupée sur le rayonnage d'une étagère.

Lily s'approcha de lui pour observer une magnifique poupée souriante dont les longs cheveux châtains bouclaient joliment autour de son visage rond.

- « Elle est mignonne » répondit-elle en souriant

- « On la lui prend ? Je suis sur qu'elle va l'adorer ! » Continua le jeune homme en tendant déjà une main pour attraper le jouet alors que de l'autre, il maintenait fermement Jack qu'il portait dans un sac prévu à cet effet, confortablement installé contre son torse.

Sans répondre, Lily fit venir vers eux d'un coup de baguette le panier qui contenait déjà beaucoup de jouets de toutes sortes. La jeune femme souriait. Les courses de Noël étaient quelque chose qu'elle adorait faire. S'imaginer la joie de ses enfants quand ils ouvriraient leur cadeau au pied du sapin qu'ils avaient décoré la veille la rendant heureuse par anticipation. La jolie poupée aux beaux cheveux, atterri donc parmi les figurines de centaures et de licornes, les livres d'images et autres jouets qui remplissaient à rabord le panier rouge.

- « C'est bon, on a tous ? » demanda alors James en souriant

- « Je pense que nos enfants ne compteront pas parmi les plus malheureux cette année encore… » souffla Lily

- « Tant mieux ! » Rétorqua le jeune homme « Je veux que mes… nos enfants passent un très bon Noël, histoire qu'ils aient un peu de vrais moments de joie dans ce monde de brute ! »

Lily hocha la tête doucement et d'un coup de baguette, elle fit léviter le panier de jouets jusqu'à la caisse la plus proche.

- « Après il ne me restera plus que quelques petits achats à faire et tout sera parfait » souffla-t-elle en déposant un à un les jouets devant la caissière.

- « Comme quoi ? » Demanda James avec curiosité tandis qu'il venait se placer derrière elle.

- « Comme ton cadeau par exemple » murmura la jeune femme en souriant.

- « Oh ! Tu as prévu de m'acheter quelque chose ?! »

- « J'ai souvent oublié de t'offrir quelque chose pour Noël ? » Demanda-t-elle en se tournant vers lui.

Il se mit à sourire et haussa les épaules. Il passa devant elle pour payer leurs achats et d'un geste de baguette envoya tous les cadeaux chez eux.

- « Je les ai fait arriver dans la chambre vide du premier… » lança-t-il à Lily tandis que tous les deux quittaient le magasin « Il ne restera plus qu'à les faire emballer par Dobby »

- « Parfait » souffla la jeune femme en souriant et en glissant sa main dans celle de son mari.

Elle se pencha alors vers son torse et se mit à sourire en voyant la jolie frimousse de leur bébé endormi. De sa main libre, elle caressa sa petite joue pour être bien sur qu'il n'avait pas froid mais fut rapidement rassurée. Lorsqu'elle releva la tête, elle remarqua que James la regardait en souriant largement. Elle répondit à son sourire et se rapprocha un peu plus de lui.

- « Ca ne t'embête pas si on ne rentre pas tout de suite ? » demanda-t-elle doucement « J'ai envie de me promener un peu avec toi, ça fait longtemps… »

- « Tu as raison, ça fait longtemps, trop longtemps… » répondit le jeune homme en faisant glisser sa main le long de sa hanche.

C'est donc ainsi que tous les deux remontèrent à pas tranquille le Chemin de Traverse. L'allée était magnifique. De toutes part les décorations de Noël scintillaient. Il n'était pas un lampadaire qui ne fut pas décoré de guirlandes ou de petits personnages animés qui chantaient doucement des cantiques de Noël. C'était tout simplement magnifique. Lily aimait beaucoup se promener dans les rues à cette époque de l'année. Depuis toute petite déjà, elle adorait se promener le nez en l'air pour pouvoir admirer ce déploiement de couleur et de joie, et rien, pas même le froid de l'hiver ne pouvait lui gâcher ce petit plaisir.

- « Oh ! Du gui ! » Lança James au bout d'un moment.

Etonnée, la jeune femme se tourna vers lui. Elle qui avait les yeux rivés sur les décorations depuis plusieurs minutes n'avait vu nulle part des traces de gui.

- « Où ? » demanda-t-elle

- « Là… » répondit-il en l'entraînant plusieurs mètres plus loin où effectivement une petite branche de gui pendait en dessous d'une enseigne de salon de thé.

Il se pencha alors vers elle et l'embrassa tendrement. La jeune femme souriait tout contre ses lèvres et répondit doucement à son baiser. Elle aurait aimé pouvoir nouer ses bras autour de sa nuque et se serrer tout contre lui pour sentir avec délice son torse se plaquer contre le sien, mais la place était déjà prise par bébé Jack. Elle se contenta donc de caresser doucement la joue de son mari qui s'éloigna d'elle après un moment.

- « Tous les moyens sont bons pour m'embrasser pas vrai ? » demanda-t-elle d'un air amusé

Il se contenta de sourire largement en hochant la tête d'un air qui disait clairement que son stratagème avait été mis à jour. La jeune femme se mit alors sur la pointe des pieds et déposa un léger baiser sur les lèvres de son mari avant d'entrelacer une nouvelle fois ses doigts aux siens.

Sans ajouter un mot, ils reprirent tous les deux leur promenade tranquille. Jack dormait toujours, tranquillement installé. Lily vérifiait régulièrement que son bébé n'avait pas froid. Ils marchaient depuis quelques minutes déjà quand quelqu'un les appela.

- « Monsieur Potter ! Madame Potter ! »

Tous les deux se retournèrent d'un seul geste et aperçurent enfin celui qui venait de les apostropher. Erik Lovegood, sur le pas d'un vieil immeuble miteux leur faisait de grands signes de la main.

- « Oh non ! » Souffla James « Qu'est-ce qu'il nous veut encore lui ?! »

- « James ! » Murmura la jeune femme d'un air de reproche en agitant la main pour répondre au sorcier. « Je crois qu'il veut qu'on le rejoigne… »

James soupira un peu, mais un sourire poli se dessina bien vite sur son visage et serrant un peu plus la main de sa femme dans la sienne, il l'entraîna vers Lovegood.

- « Comme je suis content de vous voir ! » S'exclama ce dernier quand ils furent arriver à sa hauteur.

- « Comment allez-vous Erik ? » Demanda Lily en lui serrant la main.

- « Je vais très bien, je vous remercie. Et je constate que tout vous allez très bien vous aussi, vu le magnifique sourire que vous arborez et cet adorable bébé que je vois là ! » Lança Erik en se penchant vers Jack, toujours endormi. « C'est un petit garçon ? » demanda-t-il

- « Exactement » répondit James en posant sa main sur le petit crâne de son fils.

- « Ne restez pas dehors ! Entrez, je vous en prie ! » Les invita-t-il en s'effaçant pour les laisser passer.

James laissa passer Lily la première et la jeune femme entra dans une pièce aux dimensions modestes. Les murs avaient été peints dans un blanc qui paraissait pourtant presque gris à cause de la mauvaise luminosité du lieu. Dans un coin se tenait un vieux bureau décrépit et qui semblait branlant, un peu plus loin une demi-douzaine de fauteuils vieux et dépareillés étaient posés près des murs.

- « Voici la permanence de la CRADE ! » Annonça fièrement Erik Lovegood en ouvrant grand ses bras.

James passa devant Lily à cet instant et elle remarqua très bien son regard plus que sceptique. La jeune femme savait qu'il était en train de se dire que Jasire avait bien fait de ne pas financer ce projet. Et même si cela lui faisait un pincement au cœur de le penser, elle le comprenait parfaitement.

- « Comment la trouvez-vous ? » Demanda Lovegood en souriant.

Ne voulant pas lui mentir, Lily préféra éluder la question.

- « Vous avez fait tout cela tout seul ? » Demanda-t-elle en retour.

- « Oui, enfin, ma femme m'a aidé bien sur ! Ainsi que Luna… Ce petit bout de mur… » lança-t-il en désignant du doigt un morceau de mur d'une petite superficie sur laquelle on voyait très visiblement des petits pâtés de peinture séchée et dégoulinante.

Erik se mit à sourire tendrement devant ce pan de mur mal peint, mais Lily se mit à sourire également.

- « Cela a du vous demander beaucoup de temps » souffla-t-elle

- « Beaucoup oui ! Mais je ne regrette rien ! »

James continuait à marcher de long en large dans la pièce en regardant tout autour de lui, une de ses mains posée sur le dos de Jack qu'il caressait doucement, il regardait attentivement sans dire un mot.

- « C'est finalement les bénéfices que réalise le Chicaneur qui m'a permis de financer tous ces travaux ! »

- « Vraiment ?! » souffla James, qui semblait tout d'un coup revenir à la réalité

Il paraissait surpris.

- « Oui, oui ! » Assura Erik, un grand sourire aux lèvres « Mon magasine se vend de mieux en mieux ! Oh, bien sur, nous n'avons pas le même nombre de lecteurs que la Gazette du Sorcier, mais le Chicaneur se défend bien ! »

- « J'en suis ravi ! » Décréta James d'un air presque sincère.

- « D'ailleurs, je disais à ma femme que vous auriez pu faire appel à moi pour votre article plutôt que de vous adresser à la Gazette, je vous aurais fait un prix »

Lily se retint à grand peine de ne pas ses mettre à rire en voyant le regard estomaqué de son mari. Cette interview lui restait en travers de la gorge. Il n'avait pas du tout apprécié et avait été ravi d'apprendre que Sirius avait été mettre les points sur les « i » avec cette journaliste. Le jeune homme était revenu très énervé de ce rendez-vous en grognant qu'il ne voulait jamais plus revoir cette bécasse et personne n'avait pu en tirer plus. Tous avaient décidé de passer l'éponge et de passer à autre chose. Finalement, il n'y avait plus que Océane qui grinçaient des dents quand on lui reparlait de cette interview. Pour sa part, Lily avait préféré prendre tout cela comme une grotesque plaisanterie…

- « Je… Je ne me suis pas occupé de ça » répondit James, visiblement désireux de ne plus en parler.

- « Je vois… » souffla Erik.

- « Vous avez du monde ? » Demanda un peu brusquement James, empêchant ainsi Lovegood de parler une nouvelle fois de cet article.

- « Non, je dois bien avouer que pour le moment, peu d'elfe se sont présentés à ma porte. » répondit Erik « Mais je sais que tout cela va démarrer, après tout je ne suis ouvert que depuis quelques jours »

Lily hocha la tête et fronça les sourcils en voyant l'air sceptique de son mari. Lorsqu'il croisa son regard, il comprit le message et prit un regard plus neutre.

- « En plus » continua Erik « Pour le moment je suis seul à m'occuper de cette permanence… Et je ne peux pas y passer tout mon temps. Il faut aussi que je m'occupe de mon journal et de ma famille. »

- « C'est normal » assura Lily

- « C'est sans doute pour cela que je n'ai pas beaucoup de travail. Néanmoins, j'ai déjà eu une pensionnaire. »

- « Vraiment ?! » S'étonna James et Lily du une nouvelle fois lui lancer un regard pour lui demander de faire attention à ce qu'il disait.

Elle savait qu'il ne croyait pas du tout à la réussite de cette entreprise, mais elle ne voulait pas qu'il vexe Erik Lovegood, et elle fut soulager de le voir reprendre.

- « C'est une très bonne nouvelle »

- « Oui, mais elle n'est pas restée. C'était une elfe. Elle s'appelait Winky et je crois qu'elle est arrivée ici un peu par hasard. Elle croyait que c'était un endroit où elle pourrait retrouver la trace de son maître, mais elle n'a pas voulu me donner de détails. Quand elle a su que c'était ici un endroit où elle pourrait s'affranchir de la tyrannie de ses maîtres, elle l'a très mal pris et elle est partie. »

- « C'est étrange » souffla Lily

- « Je trouve aussi, j'espère qu'elle repassera, j'aimerais bien lui parler à nouveau. En tout cas, c'est le seul elfe que j'ai vu… »

Dans le sac qui le portait, Jack commença soudain à s'agiter.

- « Lily » souffla James « je crois que ça va bientôt être l'heure de la tétée… »

Lily regarda rapidement l'heure à sa montre et constata que son mari avait raison.

- « On devrait rentrer » proposa alors James.

Lily se mit à sourire. Son mari tenait là une excuse en or pour quitter cet endroit dans lequel il ne se sentait pas à l'aise. Il était en effet inconcevable de donner le sein à leur fils devant Erik Lovegood d'une part, dans ces locaux froids à cause de l'hiver d'autre part.

- « Oui, ce genre de chose n'attend pas ! » Lança Erik avec humour. « En tout cas, j'ai été ravi de vous voir »

- « Moi aussi Erik » assura Lily

- « N'hésitez pas à venir me voir quand il vous plaira »

- « Je n'y manquerais pas » répondit la jeune femme

Ils se serrèrent tous la main et James lui enlaça la taille avant qu'ils ne quittent la pièce.

- « Quel farfelu ! » S'exclama le jeune homme quand ils furent assez loin.

Lily ne pu que soupirer doucement. Elle posa sa tête contre son bras et il la serra un peu plus contre lui. Il avait raison, elle le savait, mais elle voulait tellement croire que Erik Lovegood arriverait à faire avancer les choses concernant les elfes. Elle ferma les yeux et tous les deux transplanèrent sans plus attendre.

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- « Tu sais ce qu'on fait là ? »

- « Non et toi ? »

Severus Rogue se tourna vers les deux personnes qui venaient de chuchoter à ses côtés. Ils étaient jeunes et semblaient très impressionné par le décor. Il ne se trouvait pourtant dans une simple cave humide et glauque. Rien à voir avec le faste du laboratoire secret de Lucius Malefoy ou encore l'ancien manoir de la famille Jedusor, le Maître des Potions leur jeta un regard de dédain. Qu'il était stupide de s'extasier ainsi devant une vieille cave humide. Severus passa devant eux pour se rendre à l'autre bout de la pièce. Il y retrouva McNair qui discutait avec Crabbe.

- « Qu'est-ce que c'est que ces deux mioches là bas ? »demanda-t-il d'une voix sèche

- « Des nouvelles recrues » l'informa Crabbe « Ils paraient que ça fait déjà six mois qu'ils rendent des menus services au Seigneur des Ténèbres »

- « Des petites frappes » grogna Rogue en jetant aux deux jeunes un regard sévère. « Et pourquoi on doit se les traîner ? »

- « Je crois qu'on va avoir une mission à faire…Et qu'on va devoir les emmener avec nous » souffla McNair qui ne semblait pas plus ravi que les autres par cette perspective.

- « Pourquoi devons-nous subir une telle punition ? » Soupira Rogue avec ennui.

Les deux mangemorts à ses côtés haussèrent les épaules avec la même expression d'indifférence sur le regard. Rogue croisa les bras sur sa poitrine et attendit. Il était assez agacé. Il avait du faire décaler un de ses cours pour pouvoir répondre à l'appel du Seigneur des Ténèbres. Il ne voulait pas imaginer le visage réjouit de ses élèves quand ils apprendraient qu'ils n'auraient pas Potion ce jour là… Mais il n'avait pas pu faire autrement que de transplaner aussitôt qu'il avait sentit la Marque des Ténèbres lui brûler le bras gauche. Le temps de prévenir Dumbledore de son départ, et il avait débarqué dans cet endroit sordide et humide.

Le bruit d'une porte s'ouvrant dans un insupportable grincement le tira de ses pensées. Il se tourna vers la porte et il aperçut le Seigneur des Ténèbres faire son entrée. Automatiquement, il s'inclina légèrement, tout comme les quatre autres personnes présentes dans la pièce.

- « Relevez - vous » siffla le Mage Noir

Rogue et les autres se redressèrent. Lord Voldemort les fixa un moment d'un air supérieur avant de faire apparaître un large fauteuil sombre dans lequel il s'installa.

- « Je vous ai choisi » commença-t-il de sa voix sifflante « Pour effectuer une mission délicate et importante ».

Rogue vit très clairement les deux jeunes mangemorts se mettre à frémir d'excitation et d'anticipation. Il soupira d'agacement. Quelle que soit la mission qu'on allait leur confier, il sentait déjà qu'il lui serait pénible de supporter ces deux jeunes apprentis et leur enthousiasme démesuré. Comme s'il ne se rendait pas compte de l'excitation de ses deux nouvelles recrues, le Seigneur des Ténèbres poursuivit.

- « J'ai appris qu'un objet très rare et très précieux était soigneusement gardé dans un coffre de la banque Gringott's. Cet objet n'a pas à se trouver entre les mains de ces gobelins rustres et stupides créatures qui n'y comprennent rien. C'est pourquoi votre mission est de le récupérer et de me le ramener aussitôt. »

Rogue réprima fortement le sourire qui faillit se former sur son visage. Le professeur Dumbledore avait eu mille fois raison de procéder la veille au transfert secret de la Pierre Philosophale. Il n'avait pas voulu perdre de temps et Merlin sait qu'il avait eu là une fameuse intuition. Le Maître des Potions savait donc dès lors que la mission qu'ils allaient mener était vouée à l'échec.

Il ne voulait même pas imaginer la colère du Seigneur des Ténèbres quand il rentrerait bredouille. Il ne voulait surtout pas y penser car il allait être dans une colère épouvantable. Quoi qu'il voulait faire de la Pierre, cela devait être suffisamment important pour qu'il risque une attaque au sein même de Gringott's.

- « De quel objet s'agit-il Maître ? » Demanda McNair, faisant sursauter Rogue qui était perdu dans ses pensées.

- « Vous n'avez pas besoin de le savoir ! » Répondit le Seigneur des Ténèbres « Dès que j'aurais terminé de vous donner les informations nécessaires, vous quitterez cet endroit pour vous rendre là bas. Ne vous faites pas prendre et ramener moi ce que contient le coffre 713. C'est tout ce que je demande. Et j'ose espérer que cette fois, vous serez capable de mener à bien une mission aussi simple ».

En disant ces mots, il avait jeté un regard si froid et si mauvais à ses mangemorts les plus anciens qu'ils n'avaient pu s'empêcher de frissonner, faisant dresser leurs cheveux sur leurs nuques. Tous savaient pertinemment qu'il faisait allusion à la mission du Ministère qui lui restait encore en travers de la gorge. L'appréhension de l'après mission de Rogue augmenta d'un cran. Il n'osait même pas imaginer l'état de fureur dans lequel serait le mage Noir quand ils rentreraient une fois de plus bredouille. Il réfléchissait déjà aux arguments qu'il allait devoir annoncer pour ne pas être celui qui irait lui faire le compte rendu de la mission.

- « Avez-vous des questions ? » Siffla sévèrement le Seigneur des Ténèbres.

Rogue n'en avait pas, mais McNair fit un pas en avant.

- « Maître, pourrait-on vous parler seul, Rogue, Crabbe et moi ? » Demanda-t-il.

Le Seigneur des Ténèbres hocha la tête et d'un signe de la main, leur fit signe de s'avancer. Les anciens mangemorts s'exécutèrent tandis que les plus jeunes reculaient aussi loin que leur permettait la pièce sombre et exiguë.

- « Qu'y a t-il ? » demanda Lord Voldemort

- « Maître, que font ces jeunes gens avec nous ? » demanda McNair en désignant d'un discret signe de tête les deux mangemorts blottis dans un coin

- « Ils sont nouveaux parmi mes rangs, je compte sur vous pour les former » répondit le Mage Noir comme s'il s'agissait d'une évidence « mais cela ne devrait pas vous poser de problème ! Après tout, vous avez parmi vous un professeur de Poudlard ! » Lança-t-il comme s'il s'agissait d'une plaisanterie particulièrement drôle.

Rogue retint de justesse le grognement qui menaçait de s'échapper de sa gorge. Il avait suffisamment de mal et de soucis à faire entrer la moindre notion de potion dans les crânes épais de ses stupides étudiants, il n'avait pas très envie de continuer à jouer les professeurs pour deux petites frappes qui venaient tout juste de recevoir la Marque.

- « Assurez-vous qu'ils se conduisent dignement et qu'ils méritent cette marque que je leur ai apposée » siffla Voldemort

- « Comptez sous nous, Maître » assura McNair en s'inclinant devant lui.

Crabbe et Rogue l'imitèrent.

- « Parfait » lança le Seigneur des Ténèbres « Et maintenant, partez… Et faites vite. Ne vous faites pas prendre et soyez efficace. Je resterais ici le temps qu'il faudra. Revenez dès que vous l'avez. »

- « Vous ne serez pas déçu Maître » assura McNair en se relevant.

Tandis qu'il l'imitait, Rogue ne put s'empêcher de penser qu'il venait de faire une promesse qu'il ne pourrait pas tenir. Sans ajouter un mot, les trois anciens mangemorts rejoignirent donc les deux nouvelles recrues.

- « Nous allons tranplaner à Gringott's » annonça Rogue avec froideur.

Prendre en charge la bleusaille ne lui plaisait absolument pas.

- « Mettez vos cagoules et ne dites nos noms sous aucun prétexte, nous ne voulons pas nous faire prendre ! » Continua-t-il en enfilant lui-même son masque de mangemort. « Autre chose, exécuter nos ordres sans discuter. Si vous désobéissez et que vous vous faites prendre, ne comptez pas sur nous pour venir vous tirer d'affaire ! »

Il avait l'air menaçant, et c'était bien le but. Il se souvenait que lors de ses premières missions pour le Seigneur des Ténèbres, les plus anciens n'avaient pas été tendre avec lui, ce n'était qu'un juste retour des choses.
Une fois que tous furent prêts, ils transplanèrent ensemble et se retrouvèrent devant Gringott's. Maintenant fermement sa baguette dans sa main, il se tourna vers ses collègues.

- « On mise sur l'effet de surprise. On entre, on jette quelques sorts et on capture un gobelin pour qu'il nous mène au coffre » souffla McNair

Tous hochèrent la tête et sur le signe de McNair se ruèrent dans la banque. Ils entrèrent avec fracas dans l'établissement, faisant exploser d'un sort un des deux battants de la porte.

- « Que personne ne bouge ! » Hurla Crabbe en brandissant sa baguette.

La banque contenait quelques clients qui étaient aussitôt devenu plus pâle que des fantômes et tentaient de se protéger tant qu'ils pouvaient, se recroquevillant près des comptoirs. Les gobelins eux, les fixaient d'un air mauvais.

- « Toi ! » Hurla soudain McNair en désignant justement un employé installé un peu plus loin « Lâche cette corde ! »

Il tenait en effet la corde qui déclanchait l'alarme et qui, reliée au bureau des aurors, permettaient de faire venir les secours. D'un geste lent, le gobelin lâcha la corde qu'il n'avait pas encore eut le temps de tirer. Mais tout cela sembla encore trop long pour le mangemort qui le frappa d'un Avada Kedavra entre les deux yeux. Le gobelin tomba raide mort sur le sol.

- « Quelqu'un d'autre songe à nous désobéir ?! » Hurla alors McNair en regardant en tout sens et en menaçant au hasard les personnes présentes.

Mais, terrorisés, personne n'osa répondre.

- « Rassemblez-vous au centre de la pièce ! TOUS ! » Hurla à son tour Rogue. « Maintenant ! »

Les otages commencèrent alors leur lente procession vers le centre la pièce, certains rampant, leurs jambes ne semblant plus les porter, d'autre contournant le plus lentement possible les comptoirs qui leur offraient une sécurité toute relative. Les mangemorts s'éparpillèrent dans la vaste pièce, jetant ici et là quelques sorts pour les faire aller plus vite. Les plus jeunes surtout se montraient les plus virulents. Tout cela semblait les amuser au plus au point. L'un d'eux tua même de sans froid un vieux sorcier qui n'allait pas assez vite à son goût. Rogue lui jeta alors un regard noir et le jeune blanc-bec sembla se calmer un peu. Lorsque tous furent rassemblés au centre du hall, les mangemorts les entourèrent. McNair s'approcha alors d'un des gobelins, le saisit violemment par le bras et l'attira vers lui sans douceur.

- « Toi ! Tu vas venir avec nous ! » Déclara-t-il d'un ton sec.

Le gobelin n'en menait pas large et tremblait de tous ses membres quand le mangemort lui plaqua la pointe de sa baguette sur la peau de son cou.

McNair jeta un regard à Rogue. Il allait dire quelque chose quand ce dernier le coupa.

- « Je viens avec toi ! On laisse Crabbe et les deux jeunes ici pour s'occuper des otages »

- « Tu es sur que… »

- « On y va ! » Déclara Rogue d'un ton sec.

Il ne voulait pas s'éterniser dans Gringott's. Il savait que les aurors ne tarderaient pas à être prévenu et il voulait faire vite. Il lança alors un regard insistant à McNair qui serra un peu plus fort le bras de son prisonnier.

- « Le coffre 713 » ordonna-t-il « emmène-nous au coffre 713 ! »

- « NON ! » Hurla un vieux gobelin qui se trouvait au centre de la pièce. « NON ! Ne l'y emmène pas ! »

- « TAIS-TOI ! » Hurla un des mangemorts novices « Tais-toi où je te ferais passer l'envie de hurler ! »

- « Ne l'emmène pas là-bas ! » continua le gobelin sans se soucier de la remarque du mangemort

Ce dernier lui jeta alors un sort qui lui fit jaillir du sang hors de la bouche, l'empêchant ainsi de crier. Rogue entraîna alors McNair et le gobelin prisonnier un peu plus loin. La créature avait les yeux grand ouvert, horrifié par ce qu'il venait de voir.

- « Conduit-nous au coffre 713 si tu ne veux pas qu'il t'arrive la même chose ! » Souffla McNair d'un air menaçant.

Tremblant de plus belle, le gobelin leur désignant une lourde porte un peu plus loin. McNair saisit alors le gobelin par la nuque d'une poigne ferme. Rogue ferma la marche et tous les trois se rendirent dans le dédale de couloir de Gringott's. Après une marche à vive allure ils arrivèrent finalement devant le coffre 713. Le gobelin activa l'ouverture de la porte du coffre et McNair, le lâchant violemment y entra précipitamment.
Comme il savait qu'il ne trouverait rien, Rogue ne pouvait pas s'empêcher d'être moins enthousiaste.

- « Par Morgane ! » Hurla McNair « Le coffre est vide ! »

- « Comment ? » Demanda Rogue en pénétrant finalement dans le coffre.

- « REGARDE ! C'est VIDE ! » S'emporta McNair qui ressortit précipitamment du coffre.

Rogue fit alors semblant d'observer l'endroit sous toutes les coutures, mais il gardait tout de même une oreille aux l'aguets de ce qui se passait à l'extérieur. Un bruit sourd comme un choc, lui annonça que le mangemort avait agrippé le gobelin et l'avait plaqué contre le mur.

- « Pourquoi ce coffre est vide ?! » hurla-t-il

- « Je… je… » répondit le gobelin

- « Réponds créature ! » hurla McNair

- « Il a été vidé… » souffla le gobelin d'une voix étouffée.

Rogue en déduisit que son collègue devait le tenir à la gorge. Il sortit alors.

- « Rien à faire, il n'y a rien ! » Annonça-t-il d'une voix glaciale.

- « On fait quoi ? » Demanda McNair au bord de la panique.

Rogue savait qu'il pensait à la colère du Seigneur des ténèbres qui allait s'abattre sur eux.

- « Il faut rentrer. Les aurors ne vont pas tarder… » souffla-t-il

- « Qui a vidé ce coffre ?! » Demanda une nouvelle fois McNair en resserrant un peu plus sa poigne autour de la gorge de son prisonnier.

- « Je… je ne sais pas… » couina le gobelin dont le visage devenait de plus en plus violacée.

- « Laisse ! » Ordonna Rogue « Ca ne sert à rien ! »

McNair lui obéit alors et laissa tomber le gobelin sur le sol et tous les deux remontèrent les couloirs en courant.

- « Comment on va le lui dire ? » souffla McNair alors qu'ils allaient atteindre la sortie

- « On va laisser la bleusaille s'en charger ! » Répondit Rogue « Ca leur fera les pieds d'avoir été arrogant et surs d'eux ! »

- « Ils sont mal ! » Grogna McNair alors qu'il faisait signe aux autres mangemorts de les rejoindre tandis qu'ils couraient toujours vers la sortie.

- « Tant pis pour eux ! » Lança Rogue avant de transplaner.

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La rue était déserte en cette fin de journée. Le crépuscule éclairait les alentours de sa faible lueur, propice à la discrétion que recherchait Bellatrix. Enveloppée dans sa cape noire qui lui couvrait une bonne partie du visage, elle rasait les murs dans la rue et espérant ne croiser personne. Mais heureusement pour elle, le vent froid et mordant qui soufflait sur la région en ce moment avait dissuadé quiconque de flâner dans cette rue exposée. La jeune femme arriva bientôt à sa destination.

Cela faisait plusieurs années qu'elle n'était pas venue ici, pourtant, tout était conforme à son souvenir. Elle monta les quelques marches usées du perron et s'approcha de la porte peinte d'un noir profond. Elle se saisit de la poignée d'argent en forme de serpent et frappa trois coups brefs. Il ne lui fallut pas attendre longtemps avant d'entendre une multitude de petits clics métalliques qui lui annonçaient que quelqu'un était en train de lui ouvrir. Lorsque la porte s'entrouvrit, elle aperçut la tête horrible et crasseuse d'un elfe de maison.

- « Oh ! Madame Lestrange ! » Couina-t-il en s'inclinant très bas.

- « Puis-je entrer, elfe ! » ordonna, plus que ne demanda la jeune femme

- « Bien sur… » s'excusa l'elfe en ouvrant en grand la porte pour mieux la laisser entrer.

Bellatrix passa devant la créature sans lui jeter un regard supplémentaire. Elle dégrafa l'attache de son manteau et le lui laissa tomber dessus. L'elfe s'empressa d'aller l'accrocher à un immense et sinistre portemanteau.

- « Je voudrais voir ta maîtresse, elfe ! » Ordonna une nouvelle fois Bellatrix du bout des lèvres, comme si elle répugnait à parler à une telle créature.

- « Ma Maîtresse est dans le salon… » l'informa l'elfe dans un couinement « Je vais la prévenir de votre visite… »

Il lui passa alors devant et fit les quelques pas qui le séparaient du salon de cette maison lugubre. Bellatrix regarda tout autour d'elle. Les lampes à gaz anciennes éclairaient les murs recouverts de papier peint et reflétaient leur lumière sur le lustre placé au milieu du hall. Au bout de quelques secondes l'elfe revint et lui annonça que sa maîtresse était disposée à la recevoir. Bellatrix prit alors le chemin du salon, dans lequel elle entra sans cérémonie.

- « Bonsoir ma tante » souffla-t-elle en esquissant l'ébauche d'un sourire.

- « Bellatrix ! » s'exclama une femme d'un certain âge vêtue entièrement de noire « Par Morgane, je pensais que
jamais plus je ne te reverrais. Je craignais que tu ne daignes plus prendre contact avec les membres de ta propre famille »

- « Je suis navrée ma tante, mais il s'est passé tant de chose qu'il m'a été impossible de venir vous voir plus tôt »

- « Tu me raconteras tout dans le détail, mon enfant, mais avant prends place en face de moi. Kreattur ! » Hurla-t-elle alors « Apporte-nous du thé ! »

L'elfe qui se tenait dans un coin de la pièce s'inclina avant de disparaître dans un « pop » léger. Bellatrix continua à fixer sa tante avec gravité, cette dernière ne souriait pas non plus. Ce fut pourtant elle qui rompit le silence.

- « J'ai appris ton évasion par la presse »

Elle ne paraissait ni apeurée ni en colère d'accueillir sous son toit une ancienne pensionnaire d'Azkaban, elle ne paraissait pas ravie non plus. Là était toute la difficulté du personnage. Bellatrix fixa sa tante s'attendant à ce qu'elle ajoute un commentaire mais ce ne fut pas le cas. Elle se lança alors à son tour.

- « Je suis retournée auprès de mon Maître pour l'aider dans sa tâche. La purification de la communauté est en route ma tante. Vous n'êtes sans doute pas sans savoir tout ce que le Seigneur des Ténèbres a accomplit jusqu'à ce jour »

- « En effet, je lis la presse et je constate de jour en jour que la vie devient plus rude pour les Sang-de-Bourbe et les traîtres à leur sang » confirma la femme austère.

Kreattur revint soudain, lourdement chargé d'un plateau contenant de quoi prendre un thé convenable. Une fois qu'il l'eut servit, il se retira sans bruit.

- « Ma tante » commença alors Bellatrix « Je voulais que vous sachiez que je serais venu plus tôt si on ne me l'avait pas interdit. Après mon évasion, on m'a interdit de rentrer chez moi et de prendre contact avec aucun membre de ma famille de peur que vous fussiez observé et que je me fasse prendre à nouveau. Pourtant j'aurais bien mieux apprécier votre compagnie que celle que l'on m'impose là où je demeure actuellement »

- « Où te caches-tu donc ? » demanda Mrs Black

- « On m'interdit de vous révéler cette information et de toute façon, je pense que je ne vous l'aurai pas dit ma tante. Je suis encore activement recherchée par les aurors du Ministère, je ne voudrais pas que vous subissiez l'affront d'un interrogatoire par ma faute » répondit-elle

Ce n'était qu'à moitié vrai. Bellatrix avait surtout appris depuis très longtemps à ne faire confiance à personne d'autre qu'à elle-même et Rodolphus.

- « Je comprends » lança Mrs Black de sa voix sèche habituelle « Mais dans ce cas, que me vaut cette visite ? »

- « J'y arrive ma tante » lui assura Bellatrix « Je ne devrais pas être ici, car on m'a demandé de ne pas quitter l'endroit où l'on me fait vivre, mis à part pour rendre service au Seigneur des Ténèbres et c'est exactement l'affaire qui m'amène chez vous ce soir »

- « Tu es ici pour le compte du Seigneur des Ténèbres ? » Demanda Mrs Black qui paraissait tout d'un coup à la fois un peu effrayée mais flattée.

- « Oui ma tante, mais j'ai peur que les questions que j'ai à vous poser ne vous déplaisent grandement. Mais vous devez comprendre que les réponses que vous y apporterez seront capitales dans ma mission qui dure depuis trop longtemps déjà et qui impatiente mon Maître »

- « Je t'en prie, mon enfant, pose tes questions et je ferais de mon mieux pour y répondre et ainsi apporter une contribution, même moindre, à l'œuvre du Seigneur des Ténèbres »

Bellatrix prit une grande inspiration. Elle savait que quoiqu'elle en dise, sa tante n'apprécierait pas les questions qu'elle allait lui poser. Elle-même répugnait à aborder ce sujet, mais cela était nécessaire.

- « Ma tante » commença-t-elle prudemment, redoutant l'explosion de colère qu'elle sentait venir « Je suis venue vous parler de votre fils »

Comme il fallait s'y attendre, Mrs Black se redressa d'un bond et son visage se ferma. Ses lèvres étaient pincées et ses yeux lançaient ce regard mauvais dont elle seule avait le secret.

- « Regulus est décédé, je ne vois pas ce qu'il y a à dire de plus. Qu'on me laisse donc vivre toute ma vie dans le recueillement d'avoir perdu si tôt un enfant qui savait où se trouvait les vraies valeurs. » Répondit-elle sèchement.

- « Ma tante, moi aussi il m'est pénible d'évoquer ce traître qui a traîné dans la boue le nom de votre grande famille, mais il le faut absolument » commença Bellatrix d'une voix ferme « Je suis venue vous poser des questions concernant Sirius »

- « Sirius n'est plus mon fils ! » cracha violemment Mrs Black

- « Et c'est là le meilleur choix à faire ma tante, le renier était la seule solution qui convenait » assura Bellatrix

- « Nous ne pouvions laisser un tel être souillé la grandeur de notre famille, il en a été de même pour la seconde fille de tes parents, par Morgane, ce fut là une génération bien ingrate ! »

- « Je ne peux que vous approuver ma tante, mais pourtant, même si cela vous répugne, je vous demanderai de bien vouloir répondre à mes questions… pour apporter votre contribution à l'œuvre du Seigneur des Ténèbres » souffla Bellatrix reprenant les paroles que sa tante avait utilisées quelques instants plus tôt.

La jeune femme la vit alors pincer un peu plus ses lèvres et se raidir un peu plus. Il y eut un court instant de silence avant qu'elle ne prenne la parole.

- « Que veux-tu savoir sur lui ? »

- « Tout ce que vous pourrez m'en dire ma tante » répondit Bellatrix.

Mrs Black prit une grande inspiration avant de prendre la parole.

- « Il a quitté la maison le jour même de ses 17 ans. Il avait hérité de la fortune que ce traître d'Alphard lui avait léguée à sa mort quelques semaines plutôt. A compter de ce jour nous l'avons renié, nous ne voulions plus d'un tel être dans notre famille. Mais cela faisait déjà un certain temps que nous l'envisagions. Il avait de bien mauvaise fréquentation ! J'ai toujours dit que cet enfant a commencé à mal tourné le jour où le Choixpeau Magique l'a placé dans la maison de Godric Gryffondor ! Il a commencé à côtoyer des gens au sang incertain et même ceux dont le sang était pur se compromettaient dans des actions indignes de leur rang. Comme ce Potter chez qui il passait toutes ses vacances. Il s'échappait même de son propre foyer pour fuir chez lui. Je n'ai jamais aimé la famille Potter. D'aussi loin que remonte ma mémoire, ils ont toujours été favorables à la mixité des races et aucune idée ne m'est plus insupportable ! Bref, quoiqu'il en soit, le traître qu'est mon fils aîné à préférer se corrompre avec cette canaille plutôt que de suivre la vie calme et posée qui seyait à son rang. Par Morgane ! Si seulement il avait été comme son frère, il aurait pu accomplir de grande chose »

- « La disparition de Regulus a été une grande perte » mentit Bellatrix.

Elle avait assisté à l'exécution de son cousin. Ce couard ne supportait pas les sacrifices qu'il fallait faire pour le Seigneur des Ténèbres et était d'une nature bien trop délicate pour être un bon mangemort. Quand il avait voulu renoncer, il était trop tard, il en savait trop. Le Seigneur des Ténèbres avait commandité son meurtre qui avait été effectué d'une main de maître par McNair.

- « Quoiqu'il en soit » reprit Mrs Black « Depuis le jour où Sirius à quitter cette demeure, je n'ai eu aucune nouvelle de lui et je m'en porte très bien, puisque je ne veux plus entendre parler de ce traître. Pour moi, mon seul fils m'a été arraché par la mort. »

- « Vous ne l'avez vraiment pas revu depuis ? » demanda Bellatrix

- « Non… enfin si, c'était il y a plus d'un an. Je l'ai croisé à Pré-au-Lard. Il était aussi arrogant que dans mon souvenir. Il était accompagné d'une jeune femme qui ne semblait pas être issue d'une très grande famille et qu'il avait engrossé… » cracha-t-elle violemment

- « Je savais cela » répondit Bellatrix « Sa fille a un peu plus d'un an et demi à l'heure actuelle »

- « Une fille ?! » Railla Mrs Black « Ce bon à rien a été incapable de s'assurer une descendance ! »

Bellatrix haussa les épaules.

- « Mais pourquoi te faut-il toutes ses informations sur ce traître à notre grande famille ? »

- « Je le recherche » répondit Bellatrix « Il me faut le localiser »

- « Et pourquoi donc ? »

- « Car il y a de forte chance que là où se trouvera Sirius, je retrouverais James Potter et c'est justement lui dont j'ai besoin. Il a nargué le Seigneur des Ténèbres plus d'une fois et celui-ci a exigé qu'il soit tué après avoir assisté au massacre de sa famille ».

Bellatrix estima que c'était là une fort belle excuse pour expliquer en quoi consistait sa mission sans pour autant dévoiler le vrai but de celle-ci. Le Seigneur des Ténèbres lui avait demandé d'être la plus discrète possible concernant Harry Potter.

- « Tu penses que Sirius traîne encore avec ce Potter ? » demanda Mrs Black un peu surprise « Il me semblait que cette amitié n'était là qu'un moyen supplémentaire de nous mettre en colère, son père et moi »

- « Hélas non ma tante. Sirius et Potter sont bels et bien amis et c'est pourquoi je pense qu'en remontant la trace de mon traître de cousin, je me rapprocherais de mon but »

- « J'ai bien peur de ne pas pouvoir t'être d'un grand secours, Bellatrix » souffla Mrs Black « Je n'ai plus revu ce traître depuis des mois et je m'en porte bien mieux. Je vis désormais dans le souvenir de mon mari et de mon seul fils qui avaient su choisir le droit chemin et je ne veux plus me soucier de tout le reste »

- « Je comprends ma tante » assura Bellatrix en cachant sa déception.

Elle n'était absolument pas contente. Elle avait vraiment espéré que sa tante aurait pu lui offrir l'indice qui aurait pu lui permettre de mettre enfin la main sur cet imbécile petit Potter à cause duquel son Maître la considérait comme une incapable. Elle avait un peu de mal à contenir son agacement et estima qu'il était temps de prendre congé.

- « Je ne vais pas vous déranger plus longtemps ma tante. Merci de m'avoir reçue » déclara-t-elle en se levant

- « Tu ne veux pas rester un peu plus ? » demanda Mrs Black

- « Désolée, mais j'ai encore du travail qui m'attend »

- « Je comprends » déclara Mrs Black en se levant.

Les deux femmes se rendirent jusque dans le hall où Bellatrix enfila sa cape. Les deux femmes se saluèrent froidement comme à leur habitude et la mangemort quitta le square Grimmaurd sans se retourner une seule fois vers la maison lugubre de sa tante.