Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en générale mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre cent dix : Bonjour Noël


« Noël, Noël, c'est la joie sur la terre
C'est le cœur qui espère du bonheur pour chacun
Bonjour Noël, sonnez, sonnez les clochettes
C'est aujourd'hui la fête de la terre et du ciel
Bonjour Noël »
Chant de Noël

Les mains d'Océane tremblaient tandis qu'elle se coiffait devant le miroir de la salle de bain. Elle prit une grande inspiration et souffla longuement et lentement pour tenter de se détendre, mais rien n'y faisait, elle avait toujours ses entrailles nouées. Elle laissa quelques mèches libres et regarda son reflet. Elle se trouvait assez jolie et cela la fit légèrement sourire. Elle reposa alors sa brosse à cheveux sur le rebord du lavabo et sortit de la salle de bain. Elle portait une longue robe rouge sombre, simple mais élégante. Elle avait décidé d'être parfaite. Elle entra dans sa chambre et retrouva Sirius, allongé sur leur lit, plongé dans une gigantesque bagarre de chatouilles avec Lalyh. Elle s'appuya sur le rebord de la porte et soupira plutôt bruyamment.

- « Sirius ! Tu m'avais promis ! » Lança-t-elle d'un ton plein de reproches.

Le jeune homme releva alors la tête et cessa ses chatouilles et par la même occasion les rires de la petite fille.

- « Quoi ? » Demanda-t-il d'un air faussement surpris.

Océane sentit une vague d'agacement monté en elle. Ce n'était vraiment pas le moment que Sirius commence à faire des siennes.

- « Tu devais être prêt ! » Lança-t-elle en croisant les bras sur sa poitrine.

Sirius soupira et se redressa sur le lit.

- « On a le temps encore ! Je jouais avec Lalyh ! »

- « Non on n'a pas le temps ! Sirius, s'il te plait, ne fait pas l'enfant et habille toi ! » Déclara-t-elle en s'approchant et en prenant Lalyh dans ses bras.

Le jeune homme se leva sans un mot et passa droit devant elle pour quitter la pièce. Océane soupira violemment et leva les yeux au ciel. Elle se sentait de plus en plus stressée et l'attitude de Sirius ne l'aidait absolument pas. Elle secoua un peu sa tête et se rendit dans la chambre de sa fille. Elle l'habilla avec des vêtements adorables. Elle la trouva très mignonne et une fois ses petites chaussures noires chaussées, elle la laissa rejoindre sa salle de jeu. Elle la regarda un moment s'affairer autour de ses jouets avant de la laisser. Elle se rendit dans la salle de bain dont elle poussa la porte qui n'était pas verrouillé. Torse nu, Sirius se rasait, l'air grave.

- « Sirius » commença Océane en s'installant sur le rebord de la baignoire « Je stress horriblement à cause de ce dîner et j'aimerais assez que tu n'en rajoutes pas. Je n'ai pas envie de me disputer avec toi ce soir ! »

- « Tu crois que je ne stress pas moi ? » Demanda le jeune homme en se retournant vers elle.

Il avait le visage encore à moitié recouvert de mousse, et il avait le regard inquiet.

- « Par Merlin, Océane ! La seule fois où j'ai vu ton père, il m'a insulté, il m'a accusé de me moquer de toi et il m'a mit à la porte en m'ordonnant de ne plus jamais me présenter devant lui ! Tu crois que je ne suis pas mort de trouille moi aussi ?! ».

Océane se mordit alors la lèvre et se leva. Elle esquissa un faible sourire.

- « Excuse-moi, je sais que ce n'est pas facile pour toi non plus » murmura-t-elle.

- « On est tous les deux sur les nerfs, on ferait bien de se calmer un peu sinon, on va se disputer et je n'en ai vraiment pas envie »

- « Moi non plus »

Sirius se mit à alors sourire doucement et caressa doucement la joue de sa femme du bout des doigts. Océane ferma les yeux et soupira doucement.

- « Ne t'en fais pas, je me dépêche » murmura le jeune homme.

Océane ouvrit les yeux et hocha la tête avant de quitter la salle de bain. Elle regagna la salle de jeu où Lalyh jouait sagement mais d'une manière assez énergique avec un dragon en peluche. En souriant, Océane s'accroupit à côté d'elle.

- « Je vais prendre quelques jouets pour que tu ne t'ennuie pas trop chez grand-père et grand-mère » murmura-t-elle en caressant les cheveux de sa fille

- « Ta ! » lança Lalyh en lui tendant la peluche en souriant

- « Il est beau » répondit Océane en souriant

Lalyh se pencha alors pour attraper une nouvelle peluche qu'elle posa sur les genoux de sa maman.

- « Ta ! » Insista la fillette.

- « On n'a pas beaucoup de temps tu sais… » répondit-elle en relevant sa robe pour pouvoir s'installer en tailleur sur le sol.

Néanmoins, elle se saisit du lapin-peluche et commença à jouer avec sa fille en souriant. Elles s'amusaient depuis quelques instants quand la voix de Sirius les fit cesser d'un seul coup.

- « Alors mes belles ? Je suis comment ? »

Il se tenait dans l'embrasure de la porte, les bras légèrement écartés, il souriait largement.

- « Tu es magnifiquement beau ! » Déclara Océane en se levant.

Lalyh l'imita et se précipita pour s'accrocher aux jambes de son père. Sirius se pencha et la prit dans ses bras. Il posa un énorme baiser sur sa joue puis se tourna vers Océane. La jeune femme le regardait avec une lueur d'envie et regrettait fortement de ne pas avoir le temps pour se blottir dans ses bras si accueillant. Elle se contenta de poser un baiser sur ses lèvres et le regarda en souriant.

- « On y va ? » Demanda-t-elle vaguement inquiète.

Sirius hocha la tête et sans ajouter un mot quitta la pièce. Océane se dépêcha de ramasser quelques jouets qu'elle glissa dans un sac et se dépêcha de se rendre au rez-de-chaussée. Sirius avait déjà mis le manteau de leur fille et le sien et la regarda les rejoindre, toujours silencieux. La jeune femme lui tendit le sac et enfila son propre manteau. Elle regarda alors son petit monde avec appréhension. Le moment était venu, ils n'allaient plus tarder à transplaner pour se rendre chez ses parents pour le réveillon de Noël. Elle essaya de sourire mais renonça.

- « Nerveuse ? » Demanda Sirius en s'approchant d'elle.

- « Un peu et toi ? »

- « Un peu aussi »

Elle soupira et tendit la main. Sirius la lui prit et c'est ainsi qu'ils quittèrent leur maison. La nuit était déjà tombée et il faisait vraiment très froid. En face, dans la maison des Potter, les lumières dansaient derrière les vitres. Océane fit comme si elle n'avait pas entendu le soupir de son mari et transplana sans attendre.
Ils se retrouvèrent instantanément devant la maison de son enfance. Elle ne put s'empêcher d'être très émue. Cela faisait si longtemps qu'elle n'était pas venue là, cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas passé Noël avec ses parents. Beaucoup de souvenirs se bousculaient dans sa tête et elle n'en menait pas large. Elle sentit Sirius se raidir à côté d'elle et lui fit une légère pression de la main.

- « Océane ? » souffla-t-il doucement

- « Oui ? »

- « Ca va ? »

- « On va faire aller » répondit-elle

- « Je voudrais savoir un truc? »

- « Quoi ? »

- « Tu comptes leur dire pour le bébé ? »

Etonnée, elle le fixa.

- « J'ai bien remarqué que tu n'en avais pas parlé à ta mère la fois dernière. Je ne voudrais pas faire de gaffe. Tu comptes leur dire maintenant que tu es enceinte ? » Poursuivit Sirius d'un air grave.

- « Je ne sais pas » avoua Océane « Je n'avais pas vraiment pensé à tout ça quand j'imaginais cette soirée »

- « Ne disons rien dans ce cas » lança Sirius en souriant « On aura bien le temps de le faire plus tard »

A cet instant, Lalyh éternua et bloqua son visage contre le cou de son papa.

- « Elle a le bout du nez gelé ! » Lança-t-il en passant sa main contre son petit dos.

- « Rentrons vite alors » décréta-t-elle.

Sirius ne broncha pas, mais ne lâcha pas sa main. Elle poussa alors le petit portillon d'entrée, traversa la petite allée qui menait à l'entrée et s'arrêta juste devant la porte. Elle prit une dernière grande inspiration avant de tirer sur la chaînette. Ils attendirent à peine quelques secondes avant qu'un elfe vienne leur ouvrir.

- « Oh ! » S'exclama-t-il en voyant la fille de ses Maîtres devant lui. « Mademoiselle Daquaria ! »

- « Tu fais erreur Moraz ! » Lança la voix de Flumena depuis l'intérieur « C'est madame Black maintenant qu'il faut l'appeler » lança-t-elle à l'elfe qui s'inclinait déjà en reculant pour disparaître de leur vue.

Océane fut ravie d'entendre sa mère parler ainsi et elle était plus confiante quand elle entra dans la maison de son enfance. Flumena s'approcha d'elle en souriant et posa un énorme baiser sur chacune de ses joues avant d'aller embrasser Sirius.

- « Bonsoir Sirius »

- « Bonsoir Flumena »

- « Bonsoir ma belle ! » Lança-t-elle en prenant Lalyh dans ses bras.

La petite fille, bien qu'elle ai vu de nombreuses fois sa grand-mère, n'était tout de même pas très à l'aise, mais moins gêné que son père d'être là, c'était certain. Océane vit sa mère se tourner vers elle.

- « Ton père est dans le salon, il nous attend » déclara-t-elle.

Océane hocha la tête et prit une nouvelle fois la main de son mari dans la sienne. Cette fois se serait ensemble qu'ils affronteraient son père et c'est ensemble qu'ils lui feraient face. Flumena, sa petite fille dans les bras, entra dans le salon.

- « Leo ! Ils sont arrivés ! » déclara-t-elle joyeusement

- « J'avais entendu » répondit-il au moment où Océane et Sirius entrèrent dans le salon.

Fidèle au souvenir qu'elle avait de lui, la jeune femme vit son père, assis dans le fauteuil le plus près de la cheminée, son journal plié à côté de lui et sa pipe posée sur une petite table non loin.

- « Bonsoir » lança-t-il en se levant.

- « Bonsoir Papa » répondit Océane.

- « Bonsoir monsieur Black » continua-t-il en fixant Sirius

- « Bonsoir monsieur Daquaria »

Océane soupira. Ca commençait assez mal.

- « Je t'en prie Leo ! » Gronda Flumena d'un air sévère « Tu m'avais promis ! »

- « Oui » grogna-t-il « Sirius, je vous en prie, installez-vous »

Sirius hocha la tête en souriant légèrement et lâcha la main d'Océane pour aller prendre place dans le fauteuil que son beau-père lui désignait. Océane se sentit un peu mieux et alla s'installer près de son père.

- « Je suis content de te voir » murmura-t-il à sa fille.

- « Moi aussi Papa » assura la jeune femme en souriant doucement.

- « Oh ! C'est merveilleux ! » Déclara Flumena en posant Lalyh sur le sol et en lui prenant la main. « Viens ma chérie… Viens voir ton grand-père »

Elle l'entraîna vers Leopoldus qui sembla se raidir un peu. Sirius était silencieux et fixait sa fille d'un air grave, comme s'il appréhendait ce qui allait se passer. Mais la petite fille ne fit pas d'histoire et c'est sans broncher qu'elle laissa son grand-père la mettre sur ses genoux.

- « Alors c'est toi ma petite fille ? » Demanda-t-il en la fixant d'un air un peu malhabile.

Lalyh le fixa avec des grands yeux ronds sans comprendre du tout ce que cet homme lui voulait. Elle se lassa bien vite et glissa hors des genoux de son grand-père pour se précipiter vers son papa.

- « Viens me voir princesse ! » Souffla Sirius en la prenant à son cou.

La petite fille déposa un baiser sonore sur les lèvres de son papa qui se mit à sourire largement. Mais ce que Océane remarqua surtout ce fut le regard mi-choqué, mi-désapprobateur de son père tandis que Lalyh se lovait dans les bras de son père pour un gros câlin. Elle soupira.

La conversation fut difficile. Cela faisait tellement longtemps que Océane et son père ne s'étaient pas vu qu'ils n'avaient pas grand-chose à se dire et il était dur pour eux de parler d'autre chose que la pluie et du beau temps. Flumena était plus enjouée, mais elle n'arrivait pas, à elle toute seule à meubler les longs silences qui s'éternisaient. Océane nota que son père et Sirius n'avaient pas échangé un seul mot et se fuyaient même du regard par moment.

Au bout d'un moment, après un silence particulièrement long uniquement ponctué des petits cris de Lalyh qui jouait tranquillement dans un coin avec ses jouets, Flumena se leva et proposa un apéritif. Elle se leva donc et revint avec un plateau chargé de verre et de bouteille.

- « Qu'est-ce que je te sers Sirius ? » demanda-t-elle d'un air aimable

- « J'aimerais beaucoup du Whisky Pur Feu, s'il vous plait » répondit le jeune homme

- « Tiens ! Comme mon mari ! » décréta Flumena en souriant

- « Sauf que je voudrais un peu d'hydromel cette fois, pour changer » décréta Leopoldus en croisant ses mains sur ses genoux.

Personne n'était dupe et tous savaient qu'il le faisait exprès, sans comprendre pour autant pourquoi il se comportait ainsi. Une fois les deux hommes servit, Flumena se tourna vers sa fille.

- « Qu'est-ce que je te sers ma chérie ? » demanda-t-elle

- « Du jus de citrouille, je ne prends plus d'alcool » répondit Océane

Elle vit clairement les yeux de sa mère se mettre à briller et elle la fixa avec curiosité. Océane lui avait déjà parlé de leur désir, à Sirius et elle d'agrandir leur famille. Mais la jeune femme se contenta d'hocher la tête. Elle ne voulait pas faire l'annonce de sa grossesse ce soir là. Elle estimait que son père rendait la situation assez tendue et elle ne voulait pas en rajouter. Sa mère sembla le comprendre et se contenta de sourire largement et d'adresser un léger signe de tête à Sirius qui se mit à sourire faiblement. Flumena s'installa ensuite à sa place et tous commencèrent à boire en silence. Océane ne se souvenait pas d'avoir passer une soirée aussi morose depuis longtemps. Elle savait que Sirius n'ennuyait beaucoup, mais qu'il n'osait pas parlé de peur de s'attirer les foudres de son père. Il lui avait promis de bien se tenir.

- « Papa ! » cria soudain Lalyh

Sirius et Océane se tournèrent d'un même geste vers leur fille et la virent, coincé entre une chaise et la table du salon, visiblement incapable de se libérer seule. Le jeune homme se leva alors sans plus attendre et s'approcha d'elle.

- « Comment tu as fait pour te coincer là ? » lui demanda-t-il en la libérant

Il la garda à son cou et la posa sur ses genoux une fois qu'il fut assis. Il se pencha alors et prit une poignée de gâteau salé qu'il lui tendit.

- « Tiens princesse, c'est pour toi »

- « Vous la laissez manger ce genre de cochonneries à son âge ?! » Demanda soudain froidement Leopoldus à Sirius.

Océane nota que c'était la seconde fois de la soirée que son père adressait directement la parole à son mari. Elle aurait pourtant préféré qu'il le fasse sur un ton plus aimable.

- « Oui, pourquoi ? C'est un problème ? » Demanda Sirius, immédiatement sur la défensive comme à chaque fois qu'on lui reprochait quelque chose concernant Lalyh.

- « Oh non bien sur ! Si vous vous moquez de son alimentation ! » rétorqua Leopoldus en haussant les épaule

- « Je ne moque pas de son alimentation, mais c'est Noël pour elle aussi ! »

Océane se redressa dans son fauteuil, prête à intervenir pour que la conversation ne tourne trop mal. Mais Sirius et Leopoldus avait enfin trouvé un sujet de conversation et même s'il n'était d'accord sur rien, au moins ils se parlaient. C'est ainsi que Flumena et Océane passèrent la soirée à les écouter défendre leur différent point de vue sur l'éducation d'une petite fille.

Ce n'était pas la soirée de Noël idéale qu'Océane avait rêvée, mais ce n'était pas non plus le scénario catastrophe qu'elle redoutait tant. Après tout, ce n'était pas si mal.

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- « Mais c'est un vrai casse tête ce truc ! » Grogna James en se redressant un peu pour soulager son dos endolori. « Quel besoin tu… le père Noël a eu de lui offrir ce machin ! Les moldus sont fous de faire jouer leurs enfants avec ça ! »

- « Je t'en prie James ! Sur la boite c'est marqué à partir de trois ans ! Tu devrais pouvoir t'en sortir ! » Lança Lily en souriant tandis qu'elle replaçait un peu mieux son sein dans la bouche de Jack.

- « Papa ! » Souffla Harry avec impatience. « Dépêche ! »

Assis en tailleur juste devant lui, le petit garçon le fixait, les bras croisés et l'air agacé.

- « Excuse-moi bonhomme ! C'est quand même pas de ma faute si j'ai du mal à construire ton jouet ! Si au moins je savais ce que je construit ça m'aiderait peut être ! »

- « C'est un avion James. Ca sert à voler ! » le renseigna Lily

- « Oui, oui… » grogna le jeune homme en reportant son attention sur les cubes plutôt petits qui étaient destinés, si on arrivait à les imbriquer convenablement, à représenter un engin typiquement moldu.

- « Laisse si tu as du mal, je le ferais quand bébé aura fini de manger » souffla Lily

- « Non ! Je veux y arriver ! » Décréta James en déplaçant un peu plus sur la gauche le plan, comme si cela allait l'aider à avancer.

Mais Harry commençait vraiment à s'impatienter. Il se mit sur les genoux et voulut prendre le jouet des mains de son père.

- « Non ! » S'exclama James « Papa va y arriver mon grand ! Je te promets que je vais y arriver, mais s'il te plait, laisse-moi du temps ! Joue avec ta sœur en attendant ! » Déclara-t-il en désignant du menton Syrielle qui s'amusait gentiment avec les emballages des cadeaux de Noël que les enfants venaient de déchiqueter avec enthousiasme au pied du sapin.

Mais Harry ne sembla pas enthousiasmé par la proposition et se leva sur ses petites jambes pour aller rejoindre sa maman. Il agrippa sa jupe de ses petites mains et tira doucement.

- « Maman ! » Souffla-t-il « Papa il a mon jeu ! »

Lily éclata de rire et prit la main de son petit garçon dans la sienne.

- « Mon chéri, ton père est borné et têtu et je crois que tu n'auras pas ton jeu tant qu'il n'aura pas fini de jouer avec… » lança-t-elle en souriant d'un air légèrement moqueur.

James releva la tête et fixa sa femme d'un regard noir.

- « Très bien ! Très bien ! » Grogna-t-il « J'abdique ! Il va jouer avec son jeu pas fini ! »

- « Ne t'énerve pas chéri » souffla Lily en redressant Jack et en le plaquant contre elle pour lui faire faire son rot.

Elle fit un grand sourire à son fils et posa un baiser sur son front puis se rhabilla un peu mieux.

- « Viens le prendre et laisse moi jeter un coup d'œil à ce casse tête » lança-t-elle en se levant.

James ne tarda pas à l'imiter et la laissa placer précautionneusement le bébé dans ses bras. James se mit à sourire à son tour à l'adorable bouille de son fils et fondit littéralement quand ce dernier se mit à agiter sa toute petite main devant lui. Il s'installa confortablement dans le canapé et jeta un rapide coup d'œil à sa femme qui s'était assise à l'endroit même où lui-même avait été quelques secondes plutôt. Harry semblait ravi et Lily lui fit signe de venir s'installer près d'elle et elle commença à lui montrer sur le plan les différentes étapes de construction. Il soupira, il n'avait jamais rien compris à ces jeux moldus et il avait l'impression d'avoir été ridicule à essayer en vain de monter ce jeu. Il avait horreur de ça. Mais pour l'instant, il avait des choses plus intéressantes à faire en cet instant précis que de ruminer ses pensées concernant les jouets moldus. Il avait dans les bras un adorable bébé qui ne demandait qu'à être la cible de son attention.

- « Coucou bébé ! » Souffla-t-il doucement. « Coucou ! »

Jack le regardait avec de grands yeux ronds. Il était parfaitement réveillé et le fixait. James était fasciné par ce tout petit être qui se tenait devant lui. C'était merveilleux comme sensation. Il avait adoré ça dès la naissance Harry. Il fixait son petit garçon depuis un petit moment quand il sentit une main douce et fine se poser sur son genoux. Il baissa les yeux vers la main et son regard croisa le merveilleux regard émeraude de Syrielle. Elle souriait et se mit à lui tendre ses deux petits bras.

- « Tu veux me faire un câlin ? » demanda James

- « Iiiii ! » Répondit la fillette en hochant la tête.

James prit alors de sa main libre la main de sa fille et l'aida à se hisser sur le canapé. Puis il la laissa s'asseoir près de lui et l'enlaça de son bras libre tandis qu'elle posait sa petite tête brune sur son torse. Le jeune homme se mit à sourire en voyant le morceau de ruban adhésif qui s'était accroché à la robe de la fillette. Il le décolla d'un geste vif et se le colla sur le bout du nez. La fillette éclata de rire et fit relever la tête de sa mère et de son frère.

- « Oh ! Papa ! » lança Harry d'un air très amusé

- « Tu es beau comme ça, tiens ! » Souffla Lily en souriant avant de se replonger dans la suite de sa construction sous le regard attentif de son fils.

Syrielle tendit alors la main et enleva le ruban adhésif du nez de son père. Elle secoua ensuite violemment sa main pour tenter de le décoller mais elle n'y parvint pas ce qui l'énerva beaucoup. James vint une nouvelle fois à sa rescousse et jeta le ruban au loin. A cet instant, Harry poussa un cri de joie.

- « Ca y est ! »

Il était debout sur ses petites jambes et brandissait son avion en plastique bien haut dans son petit poing serré. Lily le regardait en souriant et se releva quand il commença à courir partout en faisant semblant de faire voler son avion.

- « Tu vois que le Père Noël a fait le bon choix ! » Lança-t-elle à James en s'approchant du canapé. « Il l'adore ! »

- « Oui » répondit le jeune homme qui ne pouvait pas ignorer la joie de son fils.

- « Et toi mon ange, tu as aimé tes cadeaux ? » Demanda Lily à sa fille tandis qu'elle ramassait la poupée qui se trouvait sur le sol un peu plus loin et qu'elle la lui montrait.

- « Bébé ! » lança Syrielle en souriant

- « Oui, c'est ton bébé à toi » souffla Lily en souriant

- « Tu lui as donné un nom chérie ? » Demanda James en caressant doucement ses cheveux.

- « Iii ! Bébé ! » Répondit la fillette comme si c'était évident.

James et Lily échangèrent un regard amusé.

- « Il ne dort pas ? » Demanda alors la jeune femme en fixant Jack qui avait l'air bien réveillé.

- « Non, on dirait qu'il n'a pas sommeil »

- « Il devrait pourtant… » murmura-t-elle en caressant son visage du bout des doigts.

Les paupières du bébé commencèrent alors à devenir lourde et James sentit sa petite tête dodeliner.

- « Mais comment tu fais ça ?! » demanda-t-il, émerveillé

- « Il est fatigué, tout simplement. Il essaye juste de rester éveillé » répondit-elle en souriant et en s'installant de l'autre côté du canapé.

Harry arriva alors devant eux, son avion toujours dans la main et vint se placer devant sa sœur.

- « Syrielle ! Agarde ça ! » Lança-t-il fièrement.

- « Oooooh » souffla Syrielle

La fillette se glissa du canapé et alla rejoindre son frère. Tous les deux se lancèrent alors dans un jeu qui avait l'air follement amusant pour eux deux. James se mit à sourire en les regardant tous les deux.

- « Je suis contente qu'ils s'entendent si bien » murmura Lily en posant sa tête sur son épaule

- « Moi aussi » répondit-il.

Il regarda alors son fils qui ne dormait toujours pas mais qui semblait déjà beaucoup moins réveillé qu'avant et se mit à sourire tendrement. Il sentit la main de sa femme se glisser dans la sienne et il posa un baiser sur sa tempe. La maison résonnait des rires des deux plus grands enfants et c'est à peu près ainsi que James imaginait le bonheur…

A cet instant, un bruit se fit entendre dans la cheminée.

- « Il y a quelqu'un ? » Demanda une voix que James identifia comme celle de Arthur Weasley.

Lily se leva alors et s'approcha de l'âtre et s'agenouilla.

- « Joyeux Noël Arthur ! » Lança-t-elle joyeusement.

- « Joyeux Noël à toi aussi Lily ! » Répondit-il « Comment va la petite famille ? »

- « Tout le monde va très bien ! Et au Terrier ? »

- « Tout le monde va toujours très bien ici le matin de Noël ! » Répondit-il « Je voulais savoir si vous vouliez vous joindre à nous ? Nous avons une énorme bûche au chocolat qui n'attend que d'être dévorée… »

James vit sa femme se tourner vers lui et hocher la tête pour lui demander son avis d'une manière muette. Le jeune homme se mit à sourire et acquiesça d'un enthousiaste signe de tête. L'idée de manger un gâteau confectionné par Molly lui plaisait énormément. Lily se mit à sourire et se retourna vers la cheminée.

- « C'est d'accord, nous arrivons ! » répondit-elle

- « Nous vous attendons ! » Déclara Arthur.

Lily se releva alors et se tourna vers James.

- « Harry ! Syrielle ! » Appela-t-elle en souriant « On va aller au Terrier ! »

En entendant le nom de la maison de la famille Weasley, Harry et Syrielle surgirent de derrière le canapé

- « On va voir Ron ? » Demanda Harry qui paraissait très excité.

- « Oui mon chéri ! » Répondit Lily en souriant et en lui prenant la main.

Puis elle se tourna vers James qui venait de se lever.

- « Tu te charges Jack ? » demanda-t-elle

- « Bien sur ! Allez-y, je vous rejoint tout de suite » déclara-t-il

Et, tandis que Lily prenait une grosse poignée de Poudre de Cheminette, il prit le chemin de la chambre de Jack. Quand il arriva, il prit quelques couches qu'il glissa dans un petit sac, le bébé toujours à moitié endormi dans ses bras. Il posa le sac dans un couffin qu'il prit de sa main libre et se dépêcha de se rendre devant la cheminée. Il jeta un sort de protection contre la cendre sur son fils et se rendit au Terrier grâce à la Poudre de Cheminée. Il fut accueillit par le « Joyeux Noël » lancer joyeusement par les époux Weasley.

Lily et Molly l'attendaient devant l'âtre en souriant et le débarrassèrent du couffin. James ôta toute la cendre qui s'était accrochée à ses vêtements avant de lever le sort de protection.

- « Par Merlin ce qu'il a grandit ! » S'exclama Molly en se penchant au-dessus de Jack. « Oh ! Il a l'air d'avoir bien sommeil »

Le bébé avait les yeux fermés et tétait dans le vide, un de ses poings agrippés au pull de son papa.

- « Oui, je vais le coucher » souffla James en s'approchant du couffin que Lily avait posé sur la table.

Mais à peine avait-il posé son fils dans son nouveau lit que jack ouvrit grand les yeux et se mit à pleurer de toute la force de ses poumons.

- « Je crois qu'il n'est pas tout à fait d'accord ! » Murmura Lily tandis que James se dépêchait de le reprendre dans ses bras.

- « Je vais le garder encore un peu dans ce cas » répondit James

- « Il pleure fort le bébé ! » lança soudain Percy qui venait d'entrer dans la pièce

- « Oui et parle moins fort pour qu'il puisse se rendormir ! » Lui lança Molly en leur faisant signe de se rendre dans le salon.

Harry et Syrielle avaient déjà retrouvé leurs compagnons de jeu et s'amusaient sans se soucier de leurs parents qui venaient d'arriver. Harry montrait à Ron son avion qu'il avait emmené, mais le petit rouquin semblait moins fasciné par l'objet que son père qui le regardait avec un intérêt non déguisé. Syrielle quant à elle s'était intégré au petit groupe que formaient Ginny, Charly et Bill. Les deux garçons construisaient une gigantesque tour en cube de bois qui semblait vraiment impressionner les fillettes.

- « Nous allons attendre un peu avant de goûter » déclara Molly en souriant « Ils ont tous l'air de tant s'amuser ! »

Lily hocha la tête en souriant et les deux femmes s'installèrent dans un coin et se mirent à discuter entre elle. Tout en regardant les enfants jouer entre eux, James ne cessait de bercer doucement Jack de gauche à droite puis de droite à gauche dans un rythme bien monotone.

- « Il ne dort toujours pas ? » demanda alors Arthur

- « Toujours pas, non » répondit James « Mais il ne devrait plus tarder. Il était presque endormi tout à l'heure »

- « Ce n'est pas toujours facile, hein ? »

- « Non »

- « Et fatiguant aussi »

- « Oui » confirma James en haussant les sourcils

- « Mais ça vaut vraiment le coup ! » Souffla Arthur en souriant largement.

- « Oh que oui ! » Répondit James en souriant à son tour.

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La neige était tombée en couche épaisse sur tout le voisinage. Une pelle à la main, Remus travaillait dur pour déblayer le chemin d'accès à la vieille masure qui était sa maison. Il avait les mains gelées et le bas de son pantalon, ses chaussures et ses chaussettes étaient trempées. Il avait froid mais il voulait finir ce travail le plus rapidement possible. Il en avait encore un bon moment et il ne voulait pas trop penser à ce froid qui commençait à lui engourdir les jambes. Il enfonça une nouvelle fois sa pelle dans la neige blanche immaculée quand une voix le fit sursauter.

- « Mais tu travailles tout le temps ma parole ! »

Remus se retourna et se trouva nez à nez avec Debae. La jeune femme était chaudement enveloppée dans un manteau épais et elle portait un paquet soigneusement emballé.

- « Ca t'arrive de te reposer ? » Demanda-t-elle en arrivant à sa hauteur.

- « Oh, ça a du m'arriver une ou deux fois dans ma vie ! » Plaisanta le jeune homme en se redressant et en s'appuyant sur le manche de sa pelle. « Et toi, qu'est-ce que tu fais dehors par ce froid ? »

- « Je suis venue voir si tu n'étais pas tout seul » répondit-elle en souriant

- « Et bien, je suis effectivement seul vu que mon hôte a du se rendre en forêt pour une raison qu'il n'a pas jugée utile de me donner ! » Répondit Remus « Mais qu'est ce que ça peut bien faire que je sois seul ici ou non ! Je suis un grand garçon, je sais me défendre tout seul ! » plaisanta-t-il

- « Ce n'est pas la question ! » lança la jeune femme « C'est juste que c'est triste de rester seul aujourd'hui »

- « Et pourquoi spécialement aujourd'hui ? » demanda Remus

- « Je savais que tu n'allais pas t'en souvenir ! » S'exclama alors Debae en se plantant droit devant lui « C'est le jour de Noël ! »

Remus resta étonné, la bouche légèrement entrouverte. Il avait totalement oublié Noël ! Il n'avait aucune notion du temps qui s'écoulait mais tout de même, c'était déjà Noël ! Cela faisait déjà si longtemps qu'il était parti… !

- « Remus ? Remus ça va ? » demanda Debae

- « Oui, oui… C'est juste que… Enfin j'avais totalement oublié que… »

- « Tu penses trop à ta mission ! Tu en oublies tout le reste » termina la jeune femme pour lui.

Remus soupira et haussa les épaules. Ne pensez qu'à sa mission avait l'avantage de l'empêcher de penser à d'autres choses qui n'étaient pas spécialement agréables.

- « Je m'en doutais… » souffla Debae « J'ai apporté un gâteau… Tu vas tout de même faire une petite pause pour le manger avec moi, non ? »

Remus se mit à sourire en voyant la jeune femme lui tendre le paquet qu'elle tenait dans ses bras. Il empoigna alors le manche de la pelle et alla la déposer contre le vieux mur de la bergerie avant de se retourner vers la jeune femme.

- « Bien sur ! On va s'inviter dans la maison principale, je pourrais faire du thé ! » déclara-t-il

- « Merveilleux ! » Répondit la jeune femme en souriant.

Tous les deux se rendirent donc dans la chaumière. En premier lieu, Remus se dépêcha de se rendre à la cheminée. Il déposa plusieurs bûches sur les cendres froides et sortant sa baguette de sa poche alluma un feu qui crépita bientôt joyeusement dans l'âtre. Debae déposa son paquet sur la grande table de bois et le déballa. C'était un cake aux raisins secs.

- « Je suis désolée » souffla-t-elle « Mais c'est tout ce que j'ai pu trouver »

- « Je suis sur qu'il sera excellent » lui assura Remus en souriant

- « N'en sois pas si sure ! Je suis une piètre cuisinière » grimaça la jeune femme en jetant un sort de découpe au gâteau.

- « Ca ne pourra pas être pire que ce que cuisine le vieux ! » Décréta le jeune homme en trouvant dans la cuisine qui n'était séparé de la salle à manger que par un simple passe plat, une théière.

Debae se contenta d'hausser les épaules et ôta son manteau. Puis elle rapprocha deux fauteuils de la cheminée et s'installa confortablement dans l'un d'eux. Elle avait replié ses jambes sous elle et elle avait posé sa tête sur ses bras croisé sur l'accoudoir. Remus revint dans la pièce avec la théière et deux grandes tasses et la regarda en souriant.

- « Par Merlin que ça fait du bien d'être devant un bon feu ! » souffla-t-elle doucement

Remus acquiesça.

- « Petite fille, j'adorais m'installer devant la cheminée ! Je pouvais passer des heures à regarder le feu sans bouger ! Mon grand frère se moquait de moi ! » Se souvint-elle en soupirant « Il disait que j'allais finir par me faire brûler les sourcils ! »

Remus se mit à rire doucement.

- « Et ça a finit par arriver ? » Demanda-t-il en plaçant la théière au-dessus du feu pour en faire chauffer l'eau.

- « Oui, mais c'était une erreur de sortilège, et ça n'avait rien à voir ! » Répondit-elle en riant de bon cœur.

Remus l'imita. C'était tellement bon de rire de nouveau…

- « On y goûte alors à ton gâteau ? » Demanda-t-il au bout d'un moment.

- « Si tu veux ! » Répondit la jeune femme en se redressant.

D'un simple coup de baguette, elle fit venir à elle le gâteau découpé et en tendit une tranche à Remus.

- « Joyeux Noël ! » lança-t-elle en souriant

- « Joyeux Noël ! » Répondit Remus en prenant sa part dans ses mains.

Il mordit dedans sans plus attendre. Ce n'était pas le meilleur gâteau qu'il avait jamais mangé, mais il n'était pas aussi mauvais que Debae avait voulu lui faire croire. Et puis, c'était tout de même un gâteau et cela faisait longtemps qu'il n'en avait pas mangé.

- « Il est très bon ! » Déclara-t-il à la jeune femme quand il eut avalé sa première bouchée.

Elle sembla soulagée et commença à son tour à manger sa part. Ils mangèrent en silence et quand le thé fut prêt, Remus le servit. Boire un liquide sucré et chaud lui fit beaucoup de bien. Il n'avait plus froid désormais, il se sentait bien et avec le feu qui ronflait tranquillement, il aurait presque pu s'endormir. Il ferma un moment les yeux pour savourer ce moment.

- « J'ai bien fait de venir » murmura Debae au bout d'un moment « Sinon tu aurais encore été tout seul… »

Remus ouvrit les yeux et la fixa.

- « J'ai l'habitude » souffla-t-il

- « C'est faux ! » Répondit-elle avec aplomb « Tu as toujours été avec les tiens avant de débarquer ici ! Tu n'as jamais été aussi seul que tu le dis ! »

Remus fut un instant frappé par la vérité qu'elle venait de lui énoncer, mais il devait bien admettre qu'elle avait raison. Il avait toujours eu quelqu'un auprès de lui…

- « Et tant mieux pour toi » souffla-t-elle ensuite.

- « Toi aussi tu aurais été seule aujourd'hui si tu n'étais pas venue ! » réalisa alors Remus

La jeune femme baissa les yeux.

- « Oui » avoua-t-elle « Et ça me fichait le moral à zéro… »

- « Tu as bien fait de venir dans ce cas » déclara-t-il

- « Merci. Tu sais, cette période de l'année me rappelle toujours tellement de choses que je préférerais oublier »

Remus tressaillit. Lui aussi avait énormément de pensées qu'il voulait refouler au plus profond de son cerveau pour ne plus jamais avoir à y faire face. Mais voilà qu'elle venait de les faire remonter à la surface en une seule phrase.

Ils restèrent alors un moment silencieux, les yeux dans le vague, perdus.

Remus pensait à Kathleen. Il ne l'avait jamais vraiment oublié et se demandait même si malgré tout le mal qu'elle avait pu lui faire, il n'était pas encore amoureux d'elle. Il avait tout fait pour l'oublier, il avait tout fait pour la rayer de sa mémoire, mais par moment son souvenir lui revenait en mémoire sans qu'il ne puisse rien faire pour l'en empêcher. Il revoyait les merveilleux moments qu'ils avaient vécus tous les deux, il se souvenait de leurs fous rires, de leurs promenades, de leurs soirées romantiques… Il se souvenait de cette manière bien à elle de sourire quand elle avait une idée derrière la tête. Il y avait aussi les rêves… Il rêvait souvent d'elle et chaque réveil en devenait plus douloureux. Il aurait tant aimé pouvoir la sortir de sa tête, qu'elle arrête de le hanter ainsi et qu'il l'oublie enfin définitivement. Mais il fallait croire qu'il était plus difficile qu'il ne l'aurait cru d'oublier quelqu'un à qui il s'était tant livré.

- « Pardon » souffla soudain Debae, ramenant brutalement Remus à la réalité.

- « Pourquoi ? » demanda ce dernier, surpris

- « Je t'ai fait penser à des choses tristes ! » déclara-t-elle en souriant faiblement

- « J'y aurait pensé de toutes façons ! » Lui assura le jeune homme en hochant la tête.

- « Tu as envie d'en parler ? » demanda-t-elle

Remus se contenta de faire non de la tête. Il n'avait pas envie d'en parler, à personne… Debae sembla très bien le comprendre et elle hocha la tête.

- « Encore un peu de gâteau ? »

- « Avec plaisir ! » Accepta-t-il de bon cœur.

- « Parlons de choses amusantes veux-tu ? » Demanda-t-elle en se resservant à son tour « Tu connais la dernière ? »

- « Non, vas-y, racontes moi… » souffla Remus, ravi qu'elle ai changé de sujet

- « Et bien, il parait que Roger MacLaurin, tu sais, celui qui habite tout seul, dans la forêt un peu à l'écart ? »

Remus hocha la tête.

- « Et bien, hier, il est venu au pub. Ce qui est un évènement en soit parce qu'il ne met que très rarement le pied hors de sa chaumière… Mais passons. Hier il est donc venu au pub et a bu un ou deux verres puis il est monté debout sur une des tables en décrétant qu'il était pour le fait de mettre un bon coup de pied au derrière de Tu-Sais-Qui et qu'il était prêt à le faire et à se rallier à tous ceux qui serait de son avis »

- « Sérieusement ?! » s'étonna Remus

- « Oui ! Et attends ! A ce moment plusieurs personnes qui ne s'étaient encore jamais prononcé sur la question lui ont dit de venir te voir et que toi tu saurais lui dire quoi faire ! Visiblement tu as réussit à convaincre plus de gens que tu ne le croyais ! » répondit-elle en souriant

- « On dirait, oui… » murmura le jeune homme encore un peu abasourdi. « J'ai du mal à me rendre compte… »

- « Je te l'avais dit que tes idées feraient leur chemin ! Oh bien sur, il y en a toujours pour dire que ce ne sont que des bêtises, mais on ne peut pas avoir l'approbation universelle ! » Déclara-t-elle en balayant l'air de la main comme si elle voulait chasser les mauvaises pensées de ses détracteurs.

- « Oui » souffla Remus

- « Remus ! Tu réalises ce que ça veux dire ? » demanda-t-elle d'une voix un peu plus énergique « On dirait que tu es… dans la lune… » grimaça-t-elle

Certaines expressions étaient bannies chez les lycanthropes mais pour les personnes qui avaient été mordu à un âge plus tardif comme Debae, certaines étaient des réflexes dont elle avait du mal à se séparer.

- « Je t'avoue que j'ai un peu de mal à y croire » lança-t-il d'un air incrédule.

- « Pourquoi ne veux-tu jamais croire en tes capacités, Remus ! » Lança la jeune femme un brin agacé « Je te l'avais bien dis que tu saurais trouver les mots pour faire comprendre le message que tu es venu porter ! »

- « Tu m'as aidé… »

- « Non, j'ai juste favorisé les aveux de certains des nôtres ! Tu les avais convaincus auparavant ! Et ils sont nombreux comme MacLaurin à ne pas encore avoir avoué qu'ils étaient de ton avis et que ce que tu proposes les intéresse ! »

Remus se mit à sourire, amusé par son bel enthousiasme.

- « Tu en es sure ? »

- « Certaine ! »

Le jeune homme se mit alors à réfléchir un petit moment avant de se lancer.

- « Très bien ! Dans ce cas, dès demain, je ne me cache plus. Je vais clamer haut et fort que nous pouvons dire non à Greyback et à Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom et j'essaye de rassembler assez de volontaires ! Il me suffira ensuite d'en parler au professeur Dumbledore et … »

- « Et tu pourrais peut-être rentrer chez toi ! » Termina Debae pour elle.

- « Peut être, oui » répondit Remus, une pointe d'espoir naissant dans son cœur.

Cette idée lui plaisait beaucoup et il espérait vivement que tout cela pourrait être réellement mis en œuvre… C'était cet espoir son cadeau de Noël !