Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en générale mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre cent douze : Tête baissée

« A chaque choix on parie contre le sort
Pas le choix faut y'aller
(…)
On fait des plans pour s'en sortir »
Faf Larage ( Pas le temps)

- « Ce sera tout pour ce soir, merci de votre attention. Rentrez bien chez vous et je vous recontacterais pour la prochaine réunion ».

La déclaration du professeur Dumbledore fut accueillit par un tonnerre de bruits de pas et de raclements de chaises sur le sol de la pièce. James s'approcha de la porte et attrapa sa cape qu'il enfila rapidement, puis il sortit sans dire un seul mot. Il fit quelques pas et alla s'appuyer contre un arbre. Les dernières personnes à quitter la réunion de l'Ordre passèrent devant lui et le saluèrent avant de disparaître dans la pénombre de la nuit. Bientôt, Sirius vint le rejoindre et se plaça près de lui sans rien dire. Rogue passa près d'eux d'un pas rapide et les trois garçons prirent bien soin de ne pas se regarder. Lorsqu'il eut disparut et qu'ils furent seul James se tourna vers son ami.

- « Tu en penses quoi toi ? » Demanda-t-il en enfonçant ses mains dans ses poches.

Sirius grogna un peu et regarda bien autour de lui pour vérifier qu'il n'y avait personne.

- « Je n'ai pas confiance du tout ! » répondit-il

James hocha la tête, il était entièrement de son avis. Lors de la réunion de l'Ordre qui venait de se terminer, le professeur Dumbledore venait de leur apprendre à tous que la Pierre Philosophale était gardée à Poudlard. Cela n'avait pas été une surprise pour James et Sirius, car Lily leur avait déjà tout raconté à son retour de Poudlard. En théorie, ce plan semblait parfait. Chaque professeur avait apporté sa contribution et il semblait que rien n'aurait pu mettre la Pierre en danger. Enfin en théorie seulement.

James n'avait pas confiance en Rogue, mais alors pas du tout. Cela faisait plusieurs années maintenant qu'il côtoyait Rogue lors des missions pour l'Ordre. Il avait même déjà effectué une mission avec lui… Mais il ne pouvait s'empêcher de garder contre son vieil ennemi Serpentard une rancœur et une méfiance tenace. Il ne pouvait s'enlever de la tête que Rogue avait été un mangemort et continuait au fond de lui-même à craindre à tout instant une trahison de sa part.

- « Je ne fais pas confiance moi non plus » répondit James « Et ça m'énerve que cette Pierre qui est si importante se retrouve aussi près de cet abruti aux cheveux graisseux ! Tu te rends compte ?! Il est là bas ! Il pourrait s'en emparer n'importe quand et l'apporter à Tu-Sais-Qui ! Je suis sur qu'il connaît tous les différents dispositifs en plus ! Ce serait un jeu d'enfant pour lui ! »

- « Je suis d'accord avec toi ! Je n'aime pas l'idée qu'il en sache tant ! » grogna Sirius

Ils restèrent un instant silencieux sous cet arbre, dans le noir sans rien dire.

- « Mais… Que veux-tu qu'on y fasse ?! » Soupira Sirius au bout d'un moment.

James releva la tête. Il y avait, dans la manière dans laquelle son ami avait posé sa question comme une sorte de demande muette que James compris aussitôt. Ils n'étaient pas amis depuis si longtemps pour rien.

- « Tu pense qu'on peut faire quelque chose ? » Demanda-t-il avec espoir car lui aussi pensait qu'il y avait un espoir.

- « Toi aussi ? » se contenta de répondre Sirius

- « Oui, mais quoi ? »

- « Je pense qu'on pourrait tous les deux ajouter un dernier dispositif de sécurité… On trouvera bien un sort à jeter sur la Pierre pour empêcher quiconque à de mauvaises intentions de la prendre. Un enchantement du même style que celui qu'on a utilisé pour la Carte du Maraudeur »

- « Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises » se rappela James en souriant doucement « Je trouve ça brillant comme idée ! »

- « Tu penses que tu saurais le refaire ? » demanda Sirius

- « Je crois oui ! Je pense que c'est largement faisable ! »

- « Très bien ! » Répondit Sirius.

Les deux amis se fixèrent alors un moment avec gravité avant de reprendre la parole.

- « Il faudra aller à Poudlard discrètement » souffla James

- « L'idéal serait la nuit… Et le plus tôt possible » continua Sirius

- « Ce soir ?! » S'exclama James.

Il fixa son ami d'un air grave. Sirius était très sérieux lui aussi. Tous deux savaient qu'ils n'avaient pas de temps à perdre car Rogue était capable à tout instant de se rendre auprès de la Pierre pour la récupéré mais… C'était tout de même délicat de partir ainsi à l'aventure sans prévenir personne.

- « Océane ne va pas s'inquiéter si elle ne te voit pas revenir de la réunion ? » Demanda James à son ami pour éviter d'avoir à penser que lui, allait laisser sa femme toute seule chez eux avec leurs trois enfants dont un nourrisson qui lui demanderait beaucoup de travail.

- « Elle est crevée en ce moment, à cause du bébé. Elle a préféré ne pas venir pour se reposer, je pense qu'elle va dormir toute la nuit d'un trait. Elle ne se rendra pas compte que je ne suis pas rentré… Toi en revanche… »

- « Je sais ! » le coupa James d'un air ennuyé

Il se mit à réfléchir un court instant et pris sa décision. C'était important, il n'estimait pas avoir le choix.

- « Il faudra qu'on fasse vite pour que je sois rentré tôt. Si on rentre tous les deux en même temps, je n'aurais qu'à lui dire que la réunion à fini tard »

Sirius hocha la tête d'un air grave. Puis tous les deux, après avoir échanger un dernier regard entendu, transplanèrent jusqu'à Pré au Lard.

- « Je suppose que tu n'as pas ta cape d'invisibilité avec toi ? » demanda Sirius à voix basse tandis qu'ils avançaient silencieusement dans les rues désertes de la ville sorcières

- « Je ne l'emmène pas partout avec moi ! » Répondit James en tournant dans une rue plus à droite.

- « Dommage, elle nous aurait été fameusement utilise ! »

James approuva d'un grognement et s'arrêta enfin devant la boutique de Honeydukes.

- « On n'aura qu'à être plus prudent et puis c'est tout ! » Déclara-t-il calmement en s'accroupissant devant la vieille bâtisse.

- « Tu fais quoi ? » demanda Sirius

- « On ne va tout de même pas défoncer la porte pour entrer ?! Je regarde si on ne peut pas passer par…. » Il donna un grand coup dans une grille placer un peu plus loin et qui céda « Par le soupirail ! »

- « Cornedrue mon vieux ! Tu es un génie ! » Déclara Sirius en s'accroupissant près de lui.

- « Je sais ! » Répondit James en se glissant par l'ouverture béante et noire comme le fond d'un puis.

Il arriva dans une cave très sombre.

- « Lumos » murmura-t-il en faisant quelques pas.

Derrière lui, un bruit sourd se fit entendre, lui signalant que son ami venait de le rejoindre. La cave était remplie de caisses et de cageots tous plein de confiseries. Mais ce n'était pas le moment d'être gourmand. Le jeune homme se dirigea sans hésiter vers le fond de la cave. Il avait tellement de fois effectué ces gestes quand il était à l'école qu'ils revenaient, mécaniquement et machinalement. Il souleva la lourde trappe couverte de poussière et tellement discrète sur le parquet de la cave.

- « Comme au bon vieux temps ! » souffla Sirius

- « Comme au bon vieux temps… » confirma James en se glissant cette fois dans la nouvelle trappe.

Il arriva dans un passage sombre et étroit. Il y faisait froid et le jeune homme resserra sur lui sa cape.

- « Dépêchons-nous » souffla Sirius en lui passant devant « Je me les gèle ! »

Ils marchèrent d'un pas rapide dans le passage secret qui avait vu tant de leurs blagues et de leurs farces. Enfin, ils aperçurent le bout du tunnel. Sirius fit alors coulisser le dos de la statue représentant une sorcière borgne et se glissa hors du passage. James le suivit de peu. Ensemble, il replacèrent convenablement la statue, puis ils se regardèrent.

- « Méfait accompli ! » Soufflèrent-ils en même temps, par réflexe.

- « Bon, maintenant on fait quoi ? » demanda Sirius

- « Il faut qu'on trouve l'endroit où ils ont caché la Pierre »

- « Tu sais où c'est ? »

- « Lily m'a parlé de l'aile droite du château… »

- « C'est parti ! » Déclara Sirius en prenant le chemin de l'aile droite.

Il y avait une bonne marche à faire pour rejoindre cette partie du château. Ils courraient presque dans les couloirs, pour en finir rapidement avec ce qu'ils étaient venus faire et rentrer rapidement chez eux. James eu une rapide pensée pour Lily qui devait se demander pourquoi il n'était pas rentré. Vu l'heure qu'il était, Jack avait du la réveiller pour avoir sa tétée. Mais ils arrivèrent rapidement à l'aile droite et bientôt, il n'y pensa plus car il voulait être concentré.

- « Nous y voilà ! » souffla Sirius

Devant eux s'étalait un vaste couloir bordé de nombreuses portes toutes semblables, toutes identiques.

- « Derrière laquelle … » commença James avant de se taire.

Il était bien conscient que son ami n'avait pas plus que lui la réponse à cette question : où exactement se trouvait la Pierre ?

- « Bon, on va pas rester ici cent sept ans à rien faire ! » Déclara Sirius en s'approchant de la première porte qu'il ouvrit d'un alohomora.

Elle s'ouvrit en grand et le jeune homme s'engouffra dans la pièce. Mais il en ressortit presque aussitôt.

- « Il n'y a rien ! »

James réagit alors et tous les deux s'attaquèrent à chacune des pièces qui donnait sur le couloir. A chaque fois, ils entraient dans les pièces qu'ils découvraient et ils l'observaient en détail pour trouver la moindre trace de cachette susceptible de les mettre sur la bonne voie. Cela faisait de nombreuses minutes qu'ils cherchaient sans relâche quand James s'approcha d'une lourde porte, en tout point semblable aux autres au premier abord. Il lança un alohomora et ouvrit la porte. Il fit un pas avant de se rendre compte qu'il y avait quelque chose de bizarre. James mit du temps à réalisait ce qui le dérangeait dans cet endroit. Il y avait de la musique. Une musique douce et calme. La pièce était sombre et James n'y voyait rien, il avança encore un peu et son pied heurta quelque chose qui tomba sur le sol dans un bruit sourd. Le jeune homme s'accroupit et se pencha pour ramasser cet objet. Lorsqu'il l'eut dans la main, il le reconnut. C'était une harpe. Elle avait du être ensorcelée pour jouer seule. Il était en train de se demander quel était l'intérêt d'ensorceler un tel instrument de musique quand il sentit quelque chose sur la nuque. Un souffle chaud et nauséabond qui l'enveloppa bientôt tout entier suivit d'un grondement sourd qui le fit sursauter. Il se releva d'un bond et se tourna immédiatement. La première chose qu'il vit fut trois monstrueuses paires d'yeux étincelant d'une lueur démente. Ses yeux s'étant adaptés à la luminosité, James aperçut ensuite distinctement le contour des trois gueules géantes munies de crocs jaunâtres. Son sang ne fit qu'un tour et sans réfléchir une seule seconde, James se précipita hors de la pièce et claqua violemment la porte. Il s'adossa contre la porte et se laissa glisser sur le sol, comme si ses jambes ne le portaient plus. Il sentait son cœur battre à tout rompre et entendait encore derrière lui le grondement sourd de la bête qu'il venait de rencontrer.

- « Sirius ! » souffla-t-il d'une voix blanche

Il vit son ami sortir de la pièce qu'il explorait et se précipiter vers lui.

- « James ! Ca va ?! » S'inquiéta-t-il en se penchant vers lui « Tu es pâle à faire peur ! »

- « J'ai trouvé un truc ! » Murmura James alors que son ami l'aidait à se relever « Je crois que ça a essayé de me bouffer ! »

- « Quoi ?! »

- « Il y a un truc là, derrière ! Un énorme machin plein de poils avec des crocs de la taille de sabre ! J'ai bien peur qu'il soit le premier gardien de la Pierre ! »

- « Tu penses ? »

- « J'en suis presque sur ! Mais si c'est ça, ne t'en fais pas ! Personne ne pourra jamais passer devant ! C'est un monstre ce truc ! »

- « Quel genre de monstre ? » demanda Sirius

- « Si tu crois que je me suis amusé à observer ! » Souffla James qui essayait de reprendre ses esprits.

Son rythme cardiaque avait pris une cadence un peu plus normale, mais il battait tout de même un peu plus fort que la moyenne.

- « Il faut qu'on y aille ! » déclara Sirius

James eut un mouvement de recul.

- « On a pas le choix Cornedrue ! Il faut qu'on rajoute notre griffe à la protection de la Pierre ! »

James savait que son ami avait raison. Mais pour le moment, il voyait mal comment ils pouvaient passer tous les deux devant ce mastodonte de poils et de crocs.

- « On va y aller en animagus ! » s'exclama soudain Sirius

James le fixa un moment.

- « Il y a moins de chance qu'on se fasse dévorer si on est sous nos formes animagi ! Si c'est réellement un monstre de garde et pas un monstre tout court… »

Les deux amis grimacèrent en même temps.

- « On a d'autres choix ? » demanda James bien qu'il connaisse déjà la réponse

- « J'ai bien peur que non ! » Répondit Sirius en haussant les épaules.

James allait entamer sa transformation quand son ami le retint.

- « Attends ! Quand on sera transformé, je passerais devant ok ? Je ne veux pas te vexer, mais je suis quand même plus impressionnant que toi ! »

James ne pu que hausser les épaules et sans plus attendre, il se transforma. Bientôt, Patmol apparut devant lui. Le grand chien noir lui jeta un dernier regard et se dressa sur ses pattes arrière. Là, il posa une de ses grosses pattes sur la poignée de la porte et donna une pression suffisamment forte pour l'ouvrir. Il se posta alors fermement sur ses quatre pattes et se mit à gronder en montrant ses crocs. Ses poils étaient hérissés sur son dos et il avait vraiment l'air menaçant. Si Cornedrue ne connaissait pas si bien Patmol, il aurait pu avoir peur de cet énorme chien à l'allure inquiétante…

Patmol entra enfin dans la pièce. Cornedrue passa à sa suite, mais n'entra pas tout de suite, laissant comme il l'avait dit, son ami gérer la situation. Des grondements sourds, des grognements et des aboiements se firent bientôt entendre et tout cela n'incita pas spécialement le cerf à avancer. Il remuait tout de même ses oreilles et se concentrait pour reconnaître parmi les différents sons qu'il percevait, ceux qui étaient émis par son ami. Constatant que son ami n'avait pas l'air blessé, le cerf restait légèrement à l'écart se tenant près tout de même à intervenir. Il y eut ensuite une série impressionnante de grognement. Mais ce n'était plus des sons agressifs comme auparavant, ils étaient plus calmes, plus posées. Cornedrue avait très clairement l'impression que Patmol et le monstre avait une banale discussion. Curieux et surpris, Cornedrue s'approcha un peu pour voir ce qui se passait c'est alors que les bruits cessèrent et le cerf vit Patmol surgir devant lui, la harpe dans la gueule. Cornedrue recula et laissa l'énorme chien noir passer. Il s'approcha de la porte et s'aidant de ses bois, il la referma d'un geste sec. Les deux animais reprirent leurs formes humaines en même temps, et impatient, James se tourna vers son ami.

- « Alors ? »

- « Un chien épatant ! » Déclara Sirius en secouant la tête d'un geste qui n'était pas sans rappeler un chien qui s'ébrouait.

- « Pardon ?! » s'exclama James

- « C'est un énorme cerbère ! Je ne pensais pas en voir un aussi gros un jour ! Mais il est très gentil ! Il s'appelle Touffu ! »

- « Cette chose a un nom ?! »

Sirius éclata de rire.

- « Oui ! Il appartient à Hagrid ! D'après ce qu'il m'a raconté, il a été prêté au professeur Dumbledore pour empêcher quiconque de passer par la trappe sur laquelle il est assis en temps normal. »

- « Waouh ! » Souffla James « Je peux te promettre que ça marche ! J'avais même pas vu qu'il était assis sur une trappe ! Je n'avais même pas fait attention qu'il était assis ! »

- « Pas étonnant ! Il est balaise ! »

- « Ouais ! Et ça ne nous aide pas vraiment si tu veux mon avis ! On fait comment pour passer devant ce machin s'il doit nous bouffer dès qu'on essaye de passer devant ! Il va falloir qu'on y aille en animagi ?! »

- « Impossible ! J'ai vu la trappe. Si on n'est pas en forme humaine, on ne pourra pas l'ouvrir ! Et il est hors de question de tenter le coup sans être transformé, il me reconnaîtra pas et il n'hésitera pas à nous attaquer… »

- « La poisse ! » Grogna James « On fait quoi alors ? »

- « J'ai peut être une piste » expliqua alors Sirius en se baissant pour ramasser la harpe qu'il avait posé sur le sol avant de reprendre sa forme humaine. « Il m'a dit que tu l'avais réveillé en faisant tomber cette harpe… »

- « Et… ? »

- « Est-ce qu'elle jouait quand tu es entré ? »

James se mit à réfléchir une seconde avant de trouver dans sa mémoire le souvenir correspondant.

- « Oui » répondit-il avec certitude « Pourquoi ? »

- « Il dit qu'il était parfaitement réveillé mais qu'il a commencé à somnoler quand la musique à commencer. Il ne se souvenait même pas s'être endormi »

- « Tu penses que ce monstre s'est laissé bercé par cette harpe ? » demanda James

- « S'il est comme son Maître, ce n'est qu'une guimauve sous une carcasse impressionnante ! » Déclara Sirius avec philosophie.

- « Donc, tu penses que si on ensorcelle la harpe à notre tour et qu'on attend suffisamment longtemps, il va finir par s'endormir et on pourra passer ? »

- « Je pense oui ! »

- « Mais dans ce cas, si ce que tu dis est vrai, ça veut dire… »

- « Quelqu'un nous a devancé ! » Compléta Sirius à sa place.

Ils échangèrent un regard grave. James savait que son ami pensait comme lui. Rogue avait été un des premiers à quitter l'Ordre ce soir.

- « C'est parti ! » Lança Sirius en tendant la harpe en direction de son ami. James tira sa baguette et murmura une incantation. L'instrument de musique se mit alors à vibrer doucement et une mélodie calme et apaisante.

- « Et voilà ! » S'exclama James en rangeant sa baguette.

Tous les deux se rapprochèrent alors de la porte que le jeune homme ouvrit et Sirius d'un geste calme bien que légèrement tremblant posa la harpe sur le sol. Un grognement sourd se fit entendre mais rapidement, il se firent discontinu et moins fort puis cessa tout bonnement après quelques minutes. James vit Sirius pencher sa tête pour tenter d'apercevoir ce qui se passait à l'intérieur de la pièce. Il le retint en le tenant par le bras.

- « Tu crois que ce colosse a pu s'endormir en si peu de temps ? » Chuchota-t-il alors que son ami se tournait vers lui d'un air surpris.

- « On n'entend plus rien ! » répondit le jeune homme sur le même ton

- « Mais imagine qu'il ne soit pas encore tout à fait endormi ? » Lui fit remarquer James qui n'avait pas spécialement envie de voir son meilleur ami se faire dévorer sous ses yeux.

- « Je te rappelle que Rogue est sans doute déjà loin devant ! » lança Sirius

- « On attend encore une minute ou deux ! » Insista James.

S'ils étaient blessés dès la première étape de leur parcours, ils ne pourraient plus rien faire pour contrer les plans de leur ancien ennemi Serpentard. Sirius n'insista pas et tous les deux attendirent une minute. Les grondements avaient maintenant fait place à des ronflements sonores.

- « Je pense qu'on a plus de doutes à avoir… » souffla Sirius en ouvrant un peu plus grand la porte et en s'engouffrant dans la pièce.

James le suivit et fut surpris de voir ce qui l'avait tant effrayé, ce géant impressionnant, ce monstre aux crocs monstrueux, profondément endormi comme un jeune chiot d'un sommeil paisible.

- « C'est hallucinant ! » Souffla James éberlué.

- « Une vraie guimauve ! » Confirma Sirius en s'approchant d'une des gigantesques pattes de la bête.

James l'imita et à eux deux, ils parvinrent à soulever l'énorme patte poilue pour la décaler de quelques mètres dévoilant ainsi une trappe en bois. James saisit dans sa main le lourd anneau en fonte qui servait de poignée à l'ouverture et tira fort dessus pour l'ouvrir. Il jeta un coup d'œil à l'ouverture maintenant béante. Il n'y voyait rien, il faisait beaucoup trop sombre.

- « A moi l'honneur ! » Souffla James en s'asseyant sur le bord du trou et en se laissant tomber dedans.

Il tomba pendant quelques seconde avant d'atterrir sur quelque chose de mou qu'il ne reconnut pas.

- « Ca va ? » Demanda Sirius à voix basse, sans doute pour ne pas réveiller le cerbère qui dormait non loin.

- « Ouais ! Quelque chose à amorti ma chute ! » lui répondit-il pour le rassurer

- « Eloigne-toi, j'arrive ! » Lança Sirius.

James esquissa un pas de côté et quelques second après il entendit le bruit d'un choc sourd. Son ami venait de le rejoindre.

- « Aah ! C'est quoi ce truc ? » demanda alors le jeune homme

- « Je ne sais pas » répondit James « Mais si on cherchait plutôt par où passé pour rejoindre la prochaine étape ! » Répondit James.

- « Ok ! »

Les deux jeunes hommes se mirent donc en tête de chercher le moyen d'avancer dans leur quête. Mais ils eurent beau faire le tour de la petite pièce dans laquelle ils avaient atterri, ils ne trouvèrent aucune ouverture.

- « C'est quoi encore ce truc » souffla James avant de sentir quelques choses de bizarres contre sa jambe.

Il voulut faire un pas sur le côté pour enlever ce contact gênant mais il fut bloqué. Il baissa les yeux et dans la semi-pénombre il aperçut des petites lianes qui s'étaient enroulées autour de ses chevilles le faisant prisonnier.

- « Ca monte ! » S'exclama Sirius à côté de lui.

Les lianes lui avaient déjà immobilisé les jambes jusqu'aux genoux et James essaya vainement de se dépêtrer de ses liens gênants mais il n'y parvenait pas. Il avait même l'impression que plus il se débattait, plus la plante resserrait ses liens autour de lui, elle lui faisait même presque mal. Le jeune homme se saisit alors de sa baguette et jeta un sort de découpe à la plante. Les quelques lianes qui le maintenaient prisonnier libérèrent leur étreinte en retombant, inerte sur le sol, mais bien vite, des lianes plus épaisses et plus lourdes sortirent du sol et reprirent leur ascension fulgurante. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, James se retrouva prisonnier jusqu'à la taille et dans l'impossibilité de bouger autre chose que la partie supérieure de son corps. Il se tourna tant qu'il put vers Sirius qui ne paraissait pas dans une meilleure posture que lui.

- « Mais enfin, c'est quoi cette plante ! » Grogna James avant de pointer sa baguette magique sur le sol « Lumos ! »

La lumière apparut soudain, éclatante et le jeune homme put mieux observer la plante. Il mit quelques secondes avant de la reconnaître.

- « C'est un Filet du Diable ! » S'exclama-t-il.

- « Génial ! » Ironisa Sirius dont les lianes avaient commencé la progression sur le torse « Au moins maintenant on sait comment s'appelle le truc qui va nous bouffer ! »

- « Ne sois pas stupide ! » Lui lança James « On l'a étudié ! J'ai passé mon oral de BUSE en botanique là-dessus ! »

- « Et on ne t'aurait pas appris à la tuer par le plus grand des hasards ?! »

- « J'essaye de m'en souvenir ! »

James se concentra alors beaucoup, tentant de réciter ses cours de botanique. Mais par Merlin, comme il était difficile dans cette situation de se souvenir de chose qu'il avait appris pas moins de huit ans auparavant et qu'il s'était empressé d'oublier une fois les examens passés…

- « Elle ne vit que dans l'humidité et l'obscurité ! » Se rappela-t-il enfin, au moment où les premières lianes rampaient sur son bras. « Incendio ! »

Un jet de flamme sortit de la baguette du jeune homme et vint frapper la plante, à quelques centimètres à peine de ses pieds. Mais l'épaisseur de plante qui le recouvrait maintenant le protégeait de cette chaleur. Les lianes les plus en surface en revanche, se recroquevillaient sous l'effet de la chaleur et de la lumière. Les deux jeunes hommes réitérèrent ce sortilège plusieurs fois avant que la plante ne desserre complètement son étreinte, les libérant ainsi. Ils virent alors devant eux s'ouvrir un passage qu'ils n'avaient pas vu auparavant.

- « Une chance que tu ais une bonne mémoire Cornedrue ! » S'exclama Sirius en tapotant l'épaule de son ami.

- « Ouais ! » Souffla James en entamant sa marche vers la nouvelle ouverture, son ami sur les talons.

Le passage s'enfonçait sous la terre en une sorte de tunnel assez sinueux qui n'était pas sans rappeler les couloirs de Gringott's. Mais les deux garçons se doutaient bien que ce qu'ils allaient rencontrer serait sans doute bien moins agréable que les coffres pleins de la banque. Ils marchaient en silence depuis plusieurs longues minutes quand un bruit confus se fit entendre.

- « Sirius… »

- « J'entends aussi ! » Confirma le jeune homme.

Ils s'avancèrent vers la source du bruit. Plus ils s'approchaient et moins ils comprenaient ce que cela pouvait être. Le bruit était confus et désordonné. Il ressemblait vaguement à un bourdonnement, mais entrecoupé de tintements métalliques très étonnants.

- « Sur quoi on va encore tomber ! » Soupira Sirius.

Ils virent enfin la fin du tunnel. Il semblait déboucher sur une grande pièce éclairée et c'était justement de cette direction que venait ce bruit si surprenant. Les deux amis s'approchèrent prudemment et arrivèrent méfiants à l'embouchure. Ils aperçurent alors une pièce au plafond très haut en forme d'arche et brillamment éclairée. Le lieu était envahi de petits oiseaux étincelants qui voletaient partout autour de la pièce. En face d'eux, une porte en bois leur faisait face.

- « Ils vont nous attaquer si on essaye de traverser… » murmura James

- « C'est évident ! Tu crois qu'ils veulent nous faciliter la tâche ! » Plaisanta Sirius avec une grimace.

Tous les deux échangèrent un regard grave et tirant leurs baguettes de leurs poches et lancèrent chacun le sort du bouclier. Ainsi protégés, ils n'hésitèrent plus à entrer dans la pièce pour la traverser. Ils la traversèrent rapidement, mais purent atteindre la porte sans encombre. Les petits oiseaux ne faisaient absolument pas attention à eux et continuaient à progresser sans se soucier de leur présence. Lorsqu'ils atteignirent la porte, Sirius empoigna la poignée et tenta de l'ouvrir, mais elle était solidement fermée.

- « Alohomora ! » Souffla-t-il en pointant la serrure de la poignée mais rien de changea. « Ben voyons ! Ca aurait été trop beau ! »

James se retourna alors et regarda autour de lui. Son regard se posa sur des balais posés, dans un coin de la pièce. Cela l'intrigua et il se mit alors à observer ces étranges volatiles qui évoluaient autour de lui. C'est alors qu'il remarqua que ce n'était pas des oiseaux.

- « Des clés ! » S'exclama-t-il soudain.

Sirius s'approcha alors de lui.

- « Quoi ?! »

- « Ce ne sont pas des oiseaux ! Ce sont des clés ! Combien tu paries qu'une seule d'entre elle ouvre la porte ?! »

- « Génial ! Et comment on fait pour l'attraper si elle vole ? » Demanda Sirius avec humeur.

- « Avec ça ! » S'exclama James en désignant les balais qui étaient sagement placés là.

Sirius fixa son ami, les balais, puis son ami à nouveau.

- « Alors ça mon vieux ! C'est un job pour toi ! » S'exclama-t-il en souriant.

James hocha la tête et se mit à sourire. Il s'approcha des balais et se retourna vers son ami.

- « Mais il y en a des centaines ! Je vais mettre un temps fou à la trouver ! »

Sirius se rapprocha alors de la porte et observa attentivement la serrure.

- « Elle devrait ressembler à la serrure je pense ! Essaye d'en trouver une en argent de style plutôt ancien ! »

- « Plus facile à dire qu'à faire ! » Souffla James en empoignant le manche du premier balai qui lui tomba sous la main.

Il l'enjamba et s'éleva rapidement dans les airs. Malgré la situation dans laquelle il se trouvait et l'urgence de trouver un moyen d'empêcher la Pierre Philosophale de tomber entre de mauvaise main, il prit plaisir à quitter le sol. Il commença par traverser la salle de long en large pour faire un premier repérage. Mais de là où il était les clés se ressemblaient toutes.

- « Par Merlin ! Il va falloir que tu m'aides Sirius ! J'arrive pas à trouver celle qu'il nous faut ! » Lança-t-il après avoir fait pour la deuxième fois le tour de la pièce.

Il vit alors son ami se placer au centre de la pièce et lever la tête pour observer avec attention la nuée d'oiseaux-clés qui voletaient ici et là tranquillement. James décida de prendre un peu plus de hauteur. Il évoluait parmi les clés en essayant de trouver parmi elle une clé en argent un peu ancienne, mais ce n'était pas vraiment une tâche facile. Il commençait à se dire qu'il n'y avait pas de clé correspondante quand il l'aperçut. Elle était plus grosse que les autres et volaient plus lentement et de travers à cause d'une de ses ailes qui était légèrement tordue.

- « Là ! James je la vois ! » S'exclama soudain Sirius en brandissant son doigt en direction de la clé à l'aile tordue.

- « Moi aussi ! » L'informa le jeune homme en volant rapidement vers elle.

Mais comme si elle s'était rendue compte qu'elle était suivie, la clé se mit à battre plus violemment des ailes et à prendre de la vitesse. James accéléra à son tour le mouvement. Il allait la saisir quand la clé effectua un très rapide changement de positif, lui échappant. Le temps que James mit à freiner et à reprendre la bonne direction, elle était déjà loin.

- « Alors ça ma grande ! » Souffla James entre ses dents « Si tu comptes m'échapper ! »

Il s'élança dans une véritable course contre la clé. Elle ne se laissait pas attraper, mais James était un excellent joueur de Quidditch, ce qui était un atout non négligeable. Après quelques montées en chandelles et quelques virages très serrés, le jeune homme réussit à s'approcher très près d'elle. C'est donc d'un geste vif et précis qu'il parvint à la bloquer contre la pierre froide du mur du plat de sa main. Il se mit à sourire en sentant contre sa main, les plumes des ailes de la clé qui le chatouillaient doucement.

- « OUAIS ! Bravo James ! » S'exclama Sirius depuis le sol, la tête relevée et les yeux rivés sur lui.

James resserra ses doigts autour de sa prise et une fois qu'il fut bien assuré que la clé n'allait pas s'échapper, il s'éloigna du mur, le point fermer et regagna le sol en douceur.

- « Ca y est ! » Souffla-t-il en brandissant son poing devant son ami.

- « Parfait ! » Répondit Sirius « Allons-y vite maintenant ! »

Les deux amis se dirigèrent vers la porte. En faisant bien attention de ne pas laisser s'envoler sa prise, James pris la clé volante entre ses doigts et l'introduisit dans la serrure. La clé s'inséra parfaitement et il n'eut pas besoin de forcer pour la tourner. Un cliquetis métallique se fit soudain entendre et Sirius activa la poignée. La lourde porte s'ouvrit facilement. Les deux garçons échangèrent un regard satisfait avant de s'engager avec prudence dans la nouvelle pièce qui s'ouvrait devant eux.

L'endroit était plongé dans une telle obscurité qu'ils ne voyaient plus rien. Ce ne fut que lorsqu'ils furent tous les deux sur le seuil de la porte qu'une lumière éclatante jaillit du plafond, leur révélant un spectacle étonnant.
Ils se trouvaient devant un échiquier géant. Les pièces étaient gigantesques, un peu plus grande qu'eux et disposé à leur juste place. James se sentit mal à l'aise. Ces grandes pièces dressées devant eux avaient un aspect bien peu rassurant.

- « Là bas ! Il y a une porte ! » Souffla soudain Sirius en désignant le fond de la pièce.

Lui non plus ne semblait pas ravi d'être là.

- « Allons-y » souffla James en faisant le premier pas pour traverser l'échiquier.

Il avait l'infime espoir que tout ceci n'était qu'une mise en scène et que tous les deux n'auraient aucun problème à continuer leur progression. Mais il fut bien vite déçu. A peine son pied avait-il touché la case noire du jeu, le cavalier qui se trouvait à côté de lui s'anima et le sabot de son cheval frappa le sol avec force.

- « Oh oh ! » Souffla James « Pourquoi ai-je cru que tout se passerait facilement ?! »

- « Parce que tu es un éternel optimiste mon vieux ! » Décréta Sirius avant de prendre son air supérieur. « J'ai bien peur qu'il ne nous faille jouer une partie pour pouvoir continuer notre route… »

- « Non…. Tu crois ? » Demanda James légèrement anxieux.

- « Oui ! » Répondit Sirius alors que le cavalier se tournait vers eux d'un air impatient.

- « Mais je ne vaux rien aux échecs ?! » S'exclama James qui ne se souvenait pas avoir gagner une seule partie au cour de son existence.

- « J'ai bien peur que dans ce cas, on ne puisse compter que sur moi ! » Lança Sirius qui ne semblait pas aussi à l'aise que ça.

- « Quoi ?! »

- « Oui, je sais qu'il aurait mieux valut qu'on ait Remus avec nous, mais là il n'est pas là, alors on va faire ce qu'on peut ! »

James soupira et haussa les épaules. Ils n'avaient pas vraiment le choix.

- « Bon et bien allons-y ! » Soupira Sirius en posant ses deux mains sur ses hanches et en regardant autour de lui. « Tu va prendre la place de ce fou et moi je vais prendre la tour… »

- « Ok » souffla James tandis qu'il prenait la place qu'on lui indiquait et que la pièce correspondante quittait l'échiquier.

Une fois qu'ils furent tous deux installés, la partie commença. James n'avait jamais rien compris aux échecs et cette fois là ne fit pas exception. Il écoutait d'une oreille distraite les ordres de Sirius qu'il ne comprenait pas. Il se contentait d'avancer quand il le lui disait, n'oubliant pas d'utiliser le sort du bouclier pour se protéger des débris de pièce qui explosaient régulièrement.

- « C'est bientôt la fin ! » souffla Sirius au bout d'un moment « On dirait qu'on a gagné… enfin je crois… »

- « Vraiment ?! » demanda James

- « Oui ! » Souffla celui-ci au moment même où en face d'eux, le roi blanc ôtait sa couronne pour la jeter aux pieds de Sirius.

Ce dernier leva ses deux mains en l'air et poussa un cri de victoire.

- « Comme quoi, jouer contre Remus, même en perdant à chaque fois, ça a du bon ! » s'exclama-t-il en s'approchant de James

- « On peut avancer maintenant ? C'est bon ? » Demanda prudemment James qui n'osait pas quitter la case où il était de peur de jouer un mauvais coup.

- « Oui, on peut ! D'ailleurs, regarde ! » Répondit-il.

En face d'eux, les pièces blanches s'écartaient dans

Un bel ensemble laissant entièrement libre l'accès jusqu'à la porte qui les mèneraient jusqu'à la prochaine étape.

- « Pour le moment, je trouve qu'on s'en tire pas trop mal ! » Souffla Sirius en s'approchant à pas vif de la porte.

- « Ouais, mais ne perdons pas plus de temps ! Rogue est devant nous ! Si ça se trouve, il a déjà la Pierre ! » Lança James en partant à sa suite.

- « Tu as raison… »

Les deux garçons ouvrirent donc sans plus de cérémonie, la porte qui se trouvait devant eux et la passèrent. Ils furent alors assaillit par une très forte odeur nauséabonde.

- « Par Merlin ! C'est une vraie infection ! » grogna James en plaquant sa main devant sa bouche

- « Tu as raison ! Qu'est-ce qui peut sentir si fort ?! » Demanda Sirius « Lumos ! »

Grâce à la lumière offerte par la baguette du jeune homme ils aperçurent alors, allongé sur le sol, visiblement mort, un grand troll des montagnes. Son corps était lacéré de blessures sanglantes et le liquide rouge et poisseux coulaient sur son corps, créant autour de lui une immense flaque.

- « Il faut se dire que c'est toujours ça de moins à affronter ! » Déclara Sirius qui avait rabattu un pan de sa cape sur son nez pour se protéger de l'infecte odeur qui leur donnait à tout deux un début de nausée.

- « Ne restons pas là ! » Souffla James en contournant la créature morte pour atteindre l'autre côté de la salle et la porte qui y était aménagée.

Il l'ouvrit sans aucun problème. Il entra dans la pièce et fut presque surpris de ne voir qu'une table sur laquelle étaient posées sept petites fioles. Après tout ce que Sirius et lui venaient d'affronter, il se serait presque attendu à quelque chose de beaucoup plus impressionnant. Il s'approcha de la table sans dire un mot et entendit derrière lui Sirius refermer la porte.

- « C'est la protection de Lily ? » demanda-t-il

James hocha la tête sans se retourner. Lily avait en effet participé à tout cela. C'était en partie elle qui avait préparé ces potions… Cela lui fit une drôle d'impression. Son regard se posa alors sur un morceau de parchemin posé à côtés des bouteilles. Il tendit la main et s'en saisit. Il le déplia et il le lu… C'était une énigme. Il grogna.

- « Fais voir ? » Demanda Sirius.

Il lui tendit le parchemin et attendit qu'il ait fini de le lire.

- « On devrait s'en sortir pas trop mal là aussi ! On est plutôt doué en logique ! »

James se contenta de hocher la tête et tous les deux se remirent à lire le parchemin. Ils n'eurent pas besoin de beaucoup de temps pour découvrir quelles était la fiole qui contenait la potion qui les aiderait à avancer.

- « La petite ! » S'exclamèrent-ils en même temps.

Tous les deux se sourirent et James prit dans sa main la fiole concernée. Elle était minuscule et ne contenait qu'à peine une gorgée.

- « On fait quoi ? » demanda le jeune homme « Apparemment, un seul de nous deux pourra passer… »

- « Je ne crois pas… Si Rogue est déjà passé par là, ce qui semble être le cas si on se souvient de l'état dans lequel se trouve le troll de l'autre côté, je pense qu'elle se remplit automatiquement quand quelqu'un est passé » souffla Sirius

- « Tu crois ? »

- « Je ne suis sur de rien, mais il va falloir qu'on prenne le risque ! J'y vais le premier et… »

- « Pourquoi toi ? » demanda soudain James

- « Parce que… » répondit Sirius en tendant la main pour se saisir de la fiole « S'il y a un truc dangereux à faire, je dois y aller ! Tu as trois enfants qui t'attendent chez toi ! »

- « Et toi tu en as deux dont un qui n'est même pas encore né ! Ce n'est pas une raison ! » S'exclama James.

- « Cornedrue, ne fais pas l'enfant et file moi cette fiole qu'on en finisse ! Tu es plus en danger face à un partisan de Tu-Sais-Qui que moi concernant Harry et je… »

Mais James n'entendit pas la fin de la phrase de son ami. Il avait débouché la fiole et l'avait avalé d'un geste si vif que son ami n'avait rien pu faire pour l'en empêcher.

Il eut alors l'impression qu'on l'avait plongé dans un bac d'eau glacé et de grandes flammes noires apparurent devant lui. Sans hésiter, il s'y engouffra et se retrouva enfin dans une autre pièce.

Quelqu'un était déjà là… Un homme que James ne se souvenait pas avoir déjà vu un jour. Il ne semblait pas avoir fait attention à sa présence. Il était posté devant un grand et joli miroir l'air concentré. Sans faire de bruit, James s'approcha dans sa direction en prenant bien garde de ne pas se faire voir par le biais du miroir. Il avait déjà avancé de quelques mètres quand une voix le fit sursauter.

- « Tu as de la chance que la fiole se soit effectivement rempli une nouvelle fois James, sinon je peux te jurer que ça t'aurait coûté cher ! » S'exclama la voix en colère de Sirius.

- « Sirius ! » Gronda James en se tournant vers lui, mais c'était trop tard.

L'homme les avait repérés et s'était tourné vers eux. Sirius s'approcha de James et tous les deux fixèrent l'inconnu avec méfiance. Il portait un imposant turban violine et avait l'air un peu perdu.

- « C'est pas Rogue ça ! » lança Sirius

- « Non » confirma James en prenant fermement sa baguette.

Cet étranger ne lui disait rien qui vaille.

- « Que faites-vous là ?! » Demanda Sirius d'un ton un peu abrupt, sa baguette également prête à servir.

- « Et vous ?! » Demanda l'étranger d'une voix grave.

- « Nous on est là pour t'empêcher de récupérer ce que tu es venu voler ! » Lança James d'une voix mauvaise.

L'étranger se mit alors à rire d'un rire mauvais. Il fit un pas sur le côté et ouvrit grand ses bras.

- « Dans ce cas nous sommes tous les trois dans le même cas ! Il n'y a rien ici ! C'était un piège de plus ! J'ai déjà fouillé cette salle de fond en comble et il n'y a rien d'autre que ce stupide miroir ! »

James jeta un rapide coup d'œil à la pièce. Les murs étaient nus. Il n'y avait aucune trace de cachettes, de portes ou de passages secrets… L'étranger semblait avoir parfaitement raison… La salle semblait parfaitement vide si on exceptait le grand miroir.

- « Nous nous sommes tou…tous fait avoir ! » Lança-t-il en bégayant « Il n'y a ja…ja…jamais rien eu ici ! Il a du mettre ça a…a…ailleurs ! »

James et Sirius échangèrent un regard entendu. Lors de la réunion de l'Ordre du Phœnix qu'ils venaient de quitter, Dumbledore leur avait encore assuré que la Pierre Philosophale était gardée par une série de protections créées par les professeurs de Poudlard et les étapes qu'ils venaient de franchir y ressemblait tout de même beaucoup. La Pierre devait forcément se trouver là, mais où ?!

- « Il faut qu'on arrive à le faire parler jusqu'à ce qu'il baisse sa garde… Ensuite on le ligote et on cherche la Pierre… » souffla Sirius à l'oreille de James

- « Qu'est ce que vous vous dites ?! » Hurla l'étranger au turban qui semblait tout d'un coup beaucoup moins craintif et bégayant.

- « On se demandait à quoi servait ce miroir ! » Répondit précipitamment James.

L'étranger eut alors un regard sombre et mauvais.

- « Je me vois en train d'offrir la Pierre Philosophale à mon Maître ! Mais je ne l'ai pas ! Que faut-il que je fasse pour l'avoir ?! » Hurla-t-il « Briser cette saleté ! »

Il donna un coup rageur dans le pied du miroir qui vacilla dangereusement mais il ne tomba pas au grand soulagement de James et Sirius.

Ils étaient tous les deux convaincus que ce miroir n'était pas là pour rien ! Cette dernière protection devait être l'œuvre du Professeur Dumbledore… Cela devait donc être beaucoup plus subtil que tout ce qu'ils avaient pu rencontrer jusque là. James se mit alors à penser que puisque le miroir était le seul objet présent dans la pièce, il était forcément la clé de toute cette histoire. Il sentait qu'il devait se placer devant pour voir ce qui se produirait.

- « Eloigne-le du miroir… » souffla James en direction de son ami

Sirius comprit immédiatement le message et sans que personne ne s'y attende, il se mit à courir à l'autre bout de la pièce.

- « Eh ! Toi ! » Hurla l'étranger au turban en se tournant vers lui et en brandissant la baguette dans sa direction.

Il quitta alors sa place devant le miroir pour se rapprocher de Sirius et James en profita pour s'approcher doucement du miroir. Il se plaça bien face à lui tandis qu'un peu plus loin, Sirius et l'homme au turban échangeaient une série de sort.

Au premier abord, James ne vit rien d'autre que son reflet. Il se regardait sans bouger et James ne comprenait pas ce qu'il devait faire. Il commençait à s'inquiéter. Il voulait trouver la Pierre ! Il fallait à tout prix que ce soit lui qu'il l'ait et pas cet homme étrange qui allait s'empresser de l'apporter au Seigneur des Ténèbres. Il ne fallait surtout pas que l'autre s'en empare ! C'était vital… Pour Harry, pour tout le monde. Le mage noir ne devait pas gagner l'immortalité… Se serait monstrueux. James voulait à tout prix empêcher cela. Trouver la Pierre Philosophale, la mettre à l'abri, la rendre au professeur Dumbledore…

C'est alors que quelque chose d'étrange se produisit. Indépendamment de lui, son reflet dans le miroir commença à bouger. James fut surpris mais il prit bien garde de ne pas le laisser paraître. Un peu plus loin, Sirius et l'étranger se battaient encore, mais James croisa l'un des regards de son ami qui lui fit comprendre qu'il ferait bien de se dépêcher un peu. Le jeune homme se concentra alors davantage sur son reflet qui maintenant lui adressait un sine amical de la main. James hocha la tête et soudain réalisa que dans cette main qui quelques secondes auparavant le saluait se trouvait une pierre rouge sang. Le James du miroir la lui tendit d'un geste grave avant de la placer doucement au plus profond dans sa poche. A cet instant, James sentit sa poche s'alourdir. Il eut un léger sursaut. Son reflet lui adressa un clin d'œil. James jeta un très rapide coup d'œil autour de lui pour s'assurer que personne ne faisait attention à lui et glissa sa main dans sa poche. Ses doigts rencontrèrent alors un contact dur et tiède… Il venait de toucher la Pierre Philosophale. Il fit glisser ses doigts sur cette surface lisse avant de retirer doucement sa main de sa poche pour ne pas attirer l'attention sur lui. Plus loin, Sirius continuait à se battre contre l'étranger, mais James voyait bien qu'il retenait ses coups. Il se dépêcha d'aller le rejoindre pour lui faire comprendre qu'ils pouvaient passer aux choses sérieuses.

- « C'est bon ! » s'exclama-t-il en se tournant vers son ami

- « Quoi ?! » Demanda Sirius.

- « C'est bon ! » Répéta James avec un regard appuyé.

Sirius comprit alors le message qu'il voulait lui faire passer. Les deux jeunes hommes lancèrent alors des sorts un peu plus précis et un peu plus efficaces. A deux contre un, l'étranger n'avait pas vraiment de chance. Mais il se battait avec énergie. Pourtant, il ne put rien faire face aux deux Maraudeurs.

Sirius parvint enfin à lui jeter un sort pour l'immobiliser et à lui jeter un sort pour le ligoter. Ils le bâillonnèrent et l'installèrent dans un coin de la pièce pour ne plus lui prêter attention et s'éloignèrent un peu.

- « Tu l'as ? » demanda soudain Sirius à voix basse

- « Oui, elle a atterri dans ma poche » répondit James sur le même ton

- « Comment ça atterri ?! » s'étonna Sirius

- « Je ne sais pas… J'ai regardé dans le miroir et elle est tombée dans ma poche »

Le jeune homme ne comprenait pas comment une telle chose était possible, mais les faits étaient là. Il l'avait toujours dans sa poche. Il sentait contre sa jambe, à travers le tissu de sa poche la Pierre, mais il n'osait pas la sortir pour la voir, de peur que d'autres personnes avec de mauvaises pensées n'arrivent à leur tour et tente de s'en emparer.

- « Je vais aller prévenir le professeur Dumbledore ! » Déclara-t-il « Tu restes là pour le surveiller ? » demanda-t-il à son ami

Mais Sirius ne semblait pas l'écouter. Il était hypnotisé par le miroir qu'il fixait les yeux grands ouverts.

- « Sirius ! »

Mais le jeune homme ne réagissait pas, visiblement captivé, un grand sourire aux lèvres.

- « Sirius ! » Insista-t-il un peu plus fort.

Le jeune homme sursauta et se tourna enfin vers lui.

- « Quoi ? »

- « Je te parle depuis tout l'heure ! » Lança James « Je vais prévenir Dumbledore. Tu restes là pour le surveiller ?! »

Sirius hocha la tête.

- « Surveille-le vraiment ! Eloigne-toi de ce miroir ! » souffla James

Sirius approuva et alla s'installer à même le sol près de leur prisonnier tandis que James refaisait le chemin qui les avaient menés jusqu'ici, la Pierre Philosophale toujours dans la poche.