Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en générale mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !
Bonne lecture à vous tous… Aylala
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Ce qui aurait pu se passer
Chapitre cent dix sept : La peur
«
La peur
qui fait battre mon coeur
a cent à l'heure
la
peur
qui se mue en terreur »
Nourith
- « Bonsoir les plus belles ! »
Océane releva la tête en entendant la voix forte et claire de son mari qui rentrait du travail. Elle quitta la cuisine où elle venait de se servir une grande tasse de thé et se retrouva face à face avec lui.
- « Bonsoir chéri ! » murmura-t-elle en souriant
Il se pencha vers elle et l'embrassa tendrement.
- « Ca fait du bien d'être rentré ! » Lança-t-il avec un clin d'œil.
Océane pouffa légèrement.
- « Papaaaaaaaaa ! »
La jeune femme se tourna vers le salon duquel ce cri venait d'être poussé. Lalyh avait entendu son père rentrer, mais comme elle était dans son parc et qu'elle ne savait pas encore, Merlin merci, en sortir, elle devait être en train de trépigner d'impatience.
- « Je crois qu'on m'attend… » lança le jeune homme avec un sourire amusé.
- « J'en ai bien l'impression » ajouta Océane en le suivant dans le salon.
Elle le vit lancer négligemment son sac dans un coin de la pièce et se précipiter vers le parc où leur fille, dans son petit pyjama bleu lui tendait les bras en souriant. Les bras croisés sur son ventre, elle le regarda en souriant la soulever dans les airs avant de la prendre à son cou.
- « Oh ma princesse ! » grogna Sirius en enfouissant son nez contre la peau tendre du cou de Lalyh « Je suis content de voir »
- « Papa ! » Répéta Lalyh d'un air amusé.
Sirius l'éloigna alors un peu de lui en souriant. Mais il prit bientôt un air plus grave et Océane su ce que son mari venait d'apercevoir.
- « C'est quoi ça ? » Demanda-t-il en fixant le nez de leur fille qui était recouvert d'un assez large pansement.
- « Viens t'asseoir » souffla Océane en prenant, elle aussi place sur le canapé.
Sirius obéit et installa sa fille sur ses genoux.
- « Cet après midi, on est allé se promener Lalyh et moi. Il y avait une petite butte. Elle est montée tout en haut avant que j'ai eu le temps de l'en empêcher. Je lui ai bien dis de descendre en faisant bien attention, mais cette petite folle n'est pas ta fille pour rien ! Elle s'est mise à courir et elle est tombée. Elle a dévalé la pente sur toute sa hauteur et je l'ai récupérée en bas… Si tu savais comme j'ai eu peur ! Je m'imaginais devoir l'emmener à Ste Mangouste ! »
- « Elle s'est fait mal ? » demanda Sirius, un peu inquiet
- « Tu montres tes bobos à Papa ? » demanda Océane à sa fille
La petite fille montra alors à Sirius la paume de ses mains qui étaient écorchées et rougies. Le jeune homme en prit une dans sa main et la caressa doucement du pouce. Océane se pencha alors et releva les jambes du pantalon de pyjama et montra alors les deux genoux meurtris et fit de même avec les coudes.
- « Ah quand même… » souffla Sirius d'un air grave.
- « Mais, elle a été très courageuse… Je lui ai dit que tu serais très fier d'elle si elle me laissait soigner ces bobos sans pleurer et sans faire de caprices et elle a été très grande. Et très sage… »
- « C'est vrai princesse ? » demanda Sirius en souriant
- « Vi ! » lui assura Lalyh
- « Je suis fier de toi ma chérie ! » Lança-t-il alors avant de poser un baiser sur son front.
La petite fille sembla réellement ravi et leur offrit un sourire éblouissant.
- « Tu zoues ? » demanda-t-elle soudain à son père
- « Non princesse, je vais rester un peu avec Maman… On jouera tous les deux un peu plus tard d'accord ? »
Lalyh sembla un peu déçue mais ne dit rien. Elle descendit des genoux de son père et alla rejoindre son coffre à jouets d'une démarche un peu boitillante.
- « Elle n'a vraiment pas pleuré ? » demanda-t-il à voix basse
- « Si, mais elle s'est laissé faire… Je te jure que j'ai eu vraiment peur ! Elle a roulé tout le long et moi je ne pouvais rien faire pour la rattraper… Mais bon, il y a eu plus de peur que de mal… »
- « La prochaine fois je viendrais avec vous. » Répondit le jeune homme en passant son bras autour de ses épaules. « Et sinon, tu as passé une bonne journée ? »
- « Ca a été… Je me suis replongée dans la lecture des ouvrages sur les Quatre Fondateurs, mais je n'ai rien trouvé d'intéressant pour le moment. Et toi ? »
- « Oh… Comme d'habitude. J'ai toujours ce dossier qui m'embête… Remus est passé ce matin pour voir comment je me débrouillais, mais il avait la tête ailleurs… »
- « Tu en as reçu d'autre ? » Demanda soudain la jeune femme d'une voix étranglée.
Sirius soupira et ôta son bras de derrière son épaule. Océane savait qu'il n'aimait pas qu'ils reparlent de toute cette histoire de lettre et de journaliste, mais pour la jeune femme c'était un besoin. Elle avait été surprise qu'il ne discute pas sa décision de le voir ramener chaque jour à la maison les lettres que Rita Skeeter lui envoyait. Océane tenait vraiment à les brûler elle-même…
Elle vit alors son mari se lever et rejoindre le coin de la pièce où gisait son sac. Il l'ouvrit et fouilla dedans un moment avant d'en sortir une enveloppe bleutée. Il la lui apporta, les traits tendus.
- « Je ne comprends toujours pas pourquoi tu ne veux pas que je les brûle moi-même au bureau ! On en parlerait plus et on oublierait tout ça… »
Océane prit l'enveloppe dans ses mains et se leva pour se rapprocher de la cheminée. Comme d'habitude, elle n'était pas ouverte. La jeune femme la regarda avec colère et mépris.
- « C'est une sorte de vengeance… » murmura-t-elle simplement en s'accroupissant devant l'âtre pour y lancer la lettre.
Elle regarda le morceau de papier se consumer et comme chaque soir depuis celui de leur dispute, elle imaginait que ce n'était pas une simple lettre qui brûlait, mais belle et bien cette Rita Skeeter. Elle sentit deux mains se poser sur ses épaules.
- « Te venger de quoi chérie ? On s'en fiche de cette fille ! »
Océane se leva et se blotti dans ses bras.
- « Je ne veux pas que ça te perturbe autant » souffla Sirius en caressant ses cheveux
- « Ca ne me perturbe pas ! » Lui assura la jeune femme.
Sirius ne répondit pas, mais elle l'entendit soupirer violemment.
Le reste de la soirée se passa comme tous les autres soirs, dans la joie et la bonne humeur. Ils allèrent se coucher et passèrent une très bonne nuit.
Elle était confortablement emmitouflée dans les épaisses, douces et chaudes couvertures de son lit quand la jeune femme sentit quelque chose de tout petit se poser sur sa joue.
- « Maman ! » Lança la voix aiguë de Lalyh.
La jeune femme ouvrit les yeux en souriant.
- « C'est l'heure de se lever paresseuse ! » Ajouta Sirius en s'installant près d'elle sur le rebord du lit tandis que Lalyh se glissait près d'elle, sous les draps.
- « Il est tard ? » demanda Océane d'une voix endormie
- « Plus tard que l'heure à laquelle tu te lèves d'habitude » lui répondit le jeune homme en posant un baiser sur son front qu'il venait de débarrasser des mèches qui le barrait. « Tu ne t'es même pas réveillée quand mon réveil a sonné ! »
Océane esquissa un faible sourire et s'étira tranquillement.
- « Il faut que j'y aille ma belle ! » annonça alors Sirius « J'ai fait manger Lalyh et j'ai changé ses pansements »
- « Tu es un amour » souffla-t-elle
- « Je sais, je me le répète souvent ! » Plaisanta le jeune homme en se penchant pour lui voler un bref baiser.
Il embrassa ensuite Lalyh et se leva du lit.
- « Au revoir ! »
- « A'rvoir Papa ! » souffla Lalyh
- « A ce soir » murmura Océane.
Une fois que le jeune homme eut quitté la chambre. La jeune femme se redressa un peu et prit sa fille contre elle.
- « On en a de la chance d'avoir un homme comme ça à la maison » murmura Océane à sa fille en posant un baiser sur son front.
Elles restèrent ainsi un petit moment à se faire des baisers et des câlins, à jouer toutes les deux avant qu'Océane ne décide qu'il était grand temps pour elle de se lever. C'est pourtant à regrets qu'elle quitta son lit douillet pour aller enfiler sa robe de chambre, elle récupéra ensuite Lalyh et toutes les deux se rendirent dans le salon. Océane fit appeler Kana et lui demanda de lui apporter son petit déjeuner. L'elfe se dépêcha d'obéir et bientôt, l'estomac de la jeune femme fut rassasié. Elle se mit à sourire et vint s'installer sur le tapis, près de sa fille qui jouait avec une poupée en chiffon. Elle se demanda ce qu'elle allait bien pouvoir faire de sa journée… Son regard se posa alors sur les cendres de la cheminée et parmi elle, elle aperçut très nettement les restes de l'enveloppe bleue qu'elle avait brûlé la veille. Elles étaient encore bien visibles et la jeune femme sentit alors une bouffée de colère l'envahir. Sans vraiment réfléchir, elle sut ce qu'elle allait faire. Elle se leva, pris sa fille dans ses bras et alla s'enfermer dans la salle de bain. Elles furent rapidement prêtes à partir. Océane enveloppa chaudement sa fille dans un épais manteau, la coiffa d'un bonnet et ajouta une petite écharpe en laine. Elle enfila, elle aussi son manteau et quitta la maison. Elle transplana dès qu'elle fut dehors et se retrouva immédiatement devant un grand immeuble dans lequel elle s'engouffra. Le hall était vaste et dégagé. Une sorcière attendait derrière une sorte de petit guichet d'accueil. Océane s'approcha directement d'elle.
- « Bonjour, je voudrais voir madame Rita Skeeter… » souffla-t-elle
- « Vous aviez rendez-vous ? » Demanda la jeune femme d'une voix mauvaise alors que son regard se posait sur Lalyh, confortablement installé contre la hanche de sa maman.
- « Non, mais c'est très important » répondit Océane
- « Sans rendez-vous, je ne peux rien pour vous ! » Lui lança la jeune femme d'une voix peu aimable.
- « Je me permets d'insister » continua Océane « dites-lui que je veux la voir… Dîtes que je m'appelle Black »
Elle avait pris son air le plus autoritaire et elle espérait que cela marcherait.
- « Je vais voir ce que je peux faire » lui répondit la jeune femme en se levant.
Océane la regarda s'éloigner en essayant de ne pas paraître trop satisfaite d'elle-même. Elle jeta un rapide regard à sa fille qui venait de poser sa tête sur son épaule et réalisa alors qu'elle s'était peut être un peu emballé avant de partir. Elle allait exposer sa fille au regard de cette pimbêche… Et c'était quelque chose dont elle ne voulait absolument pas. Elle décida donc d'enfoncer bien profondément le bonnet de son petit trésor jusqu'à son nez.
- « Reste comme ça ma chérie… On joue à se cacher… »
Lalyh lui répondit par un petit rire amusé. La jeune femme se mit à sourire et ajusta un peu mieux son manteau pour être bien sur que personne ne puisse s'apercevoir qu'elle attendait un heureux évènement. Elle ne voulait pas donner à cette journaliste de malheur des potins croustillants sur sa famille. A cet instant, la jeune femme d'accueil revint vers elle.
- « Madame Skeeter va vous recevoir » annonça-t-elle d'une voix hautaine. « Son bureau est par-là… »
Elle lui indiqua du bout de ses doigts peints la direction à suivre. Elle la remercia d'un signe de tête et se dépêcha de prendre le chemin qu'on lui indiquait. Elle trouva rapidement le bureau de la journaliste. Son nom était inscrit d'un vert criard sur la porte. Elle frappa quelques coups sur la porte.
- « Entrez ! » Lança la jeune femme d'une voix mielleuse que la jeune femme trouva tout bonnement horripilante.
Océane entra alors et se trouva nez à nez avec la journaliste toujours habillé d'une façon que la jeune femme qualifia de vulgaire. La jeune femme prit un air surpris en la voyant entrer.
- « Mais… Mais… Vous n'êtes pas monsieur Black ? » couina-t-elle
- « Bien vu ! » Lança ironiquement Océane « Je suis sa femme ! »
- « Sa femme ? »
- « Ne faites pas comme si vous ne me connaissiez pas ! Nous nous sommes croisées une fois »
Océane s'en souvenait très bien, car c'était le jour où sa grossesse avait été confirmée… La journaliste ne répondit rien et se contenta de la regarder d'un air mauvais.
- « Que puis-je pour vous, madame Black ? » Demanda-t-elle d'un air dédaigneux.
- « C'est très simple » lança Océane en calant un peu mieux la tête de Lalyh contre son épaule « Je ne veux plus que vous envoyiez des lettres à mon mari ! »
- « Des lettres ? Quelles lettres ? » minauda la jeune femme d'un air faussement surpris
- « Les lettres avec lesquelles vous le harcelez depuis trop longtemps maintenant ! » S'énerva Océane « Il se moque complètement de vous ! »
- « Alors dans ce cas pourquoi n'est-ce pas lui qui est venu me dire d'arrêter ? Pourquoi faut-il que ce soit vous qui vous en chargiez ? Peut être que cela ne le dérange pas tant que ça ?! »
Océane se sentit tressaillir et elle espéra vivement que cela ne se voit pas trop. Elle frappa alors du plat de la main sur le bureau de la journaliste.
- « Je ne laisserais pas une pimbêche comme vous, semer le doute dans mon couple et dans ma famille ! J'aime Sirius plus que tout et je sais qu'il m'aime aussi ! Je ne vous laisserais pas nous gâcher la vie, alors que ce soit bien clair ! Si Sirius reçoit ne serait-ce qu'une autre lettre de votre part, je vous traînerais devant le magenmagot pour harcèlement ! Et ce ne sera rien en comparaison de l'enfer que je vous ferais vivre ! »
- « Ce sont des menaces ? » Demanda la journaliste d'une voix froide.
- « Exactement ! » Répondit Océane, sur d'elle.
- « Très bien » souffla Rita Skeeter.
Océane décida alors de ne pas rester plus longtemps dans ce bureau en présence de cette femme qui l'insupportait. Elle lui tourna le dos et sortit de la pièce sans voir le sourire mauvais que la journaliste lui lançait.
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Remus reposa sa fourchette sur le rebord de son assiette et soupira d'un air repu. Il se laissa un peu aller contre le dossier de sa chaise et regarda tout autour de lui. Son studio n'avait pas changé d'un pouce, il se retrouvait vraiment chez lui. Bien sur, depuis son retour, Lily et Océane s'étaient débrouillée pour envoyer leurs elfes de maison chez lui pour y faire le ménage de fond en comble et remplir le garde manger, chose dont le jeune homme leur était infiniment reconnaissant. Même si depuis son retour, il avait passé peu de temps chez lui, il avait apprécié de se retrouver dans un endroit propre, même s'il restait toujours petit et plutôt sordide. Il était certain qu'à côté de la belle et grande demeure où résidaient ses amis lycanthropes, son studio faisait office de cagibi, mais c'était son chez lui et il était content d'y être.
Il avait passé
beaucoup de temps ces derniers jours dans la demeure des
lycanthropes. Il y aimait la compagnie des ses nouveaux camarades et
ils les avaient aidés à préparer leur toute
première mission pour l'Ordre. Il avait participé à
toutes les discussions pour choisir ceux et celles qui escorteraient
le professeur Quirrel jusqu'à sa nouvelle prison. Bien sur,
il avait été un peu déçu de ne pas
partir, c'était tout à fait le genre de mission qui
lui aurait plu… Mais il ne pouvait pas refuser la proposition que
lui avait fait le professeur Dumbledore.
Il avait été
très surpris de se voir choisir par son ancien directeur et
avait commencé par refuser en décrétant qu'il
n'était pas fait pour ce travail. Mais Dumbledore avait
démonté une par une toutes ses objections en décrétant
qu'il serait un excellent professeur… Et Remus avait fini par le
croire un peu. Il avait accepté son offre après une
journée de réflexion et pour le moment il n'en avait
parlé à personne. Il n'avait pas voulu se laisser
influencer. Maintenant, il était content de sa décision
mais c'était pourtant avec une drôle de sensation au
creux du ventre qu'il s'imaginait devant un grand tableau noir,
faire la classe à des dizaines de jeunes sorciers. Il se mit à
sourire et se leva. Il apporta son assiette dans la cuisine et la
déposa dans l'évier. Il ferait la vaisselle un peu
plus tard, en rentrant. Pour l'instant, il avait une nouvelle
importante à apprendre à ses amis. Il enfila donc sa
cape et quitta son petit studio. Il transplana et arriva bientôt
devant la maison de la famille Potter. Il entra dans le jardin, et
reprenant les bonnes vieilles habitudes il se dirigea vers la baie
vitrée. Il eut alors une très belle vision de Harry et
Syrielle jouant ensemble avec de petites figurines. Il frappa
doucement à la porte et les deux enfants se tournèrent
vers lui. Ils se mirent à sourire et tous les deux se levèrent
et se précipitèrent vers lui. Remus vit en souriant le
petit garçon se saisir d'un tabouret et le tirer vers la
baie vitrée. Il monta dessus et actionna le mécanisme
pour ouvrir la baie vitrée qu'il fit coulisser en la
poussant de ses petites mains, aidée par sa petite sœur.
Bientôt, Remus se retrouva face aux deux enfants.
- « Bonjour Tonton ! » Lança joyeusement Harry en sautant de son tabouret.
- « Bonjour » répondit le jeune homme pour se pencher et les embrasser tous les deux.
- « 'Mus ! » Lança Syrielle en lui tendant une petite figurine qu'elle tenait encore dans sa main.
- « C'est joli… » répondit le jeune homme en souriant.
- « Elle veut que tu zoues avec elle, hein ? » L'informa Harry en hochant la tête.
- « Mais je ne sais pas jouer à ça moi » lui répondit le jeune homme, toujours impressionner par la manière dont le petit garçon s'exprimait maintenant.
Lui qui l'avait connu bébé, et même encore dans le ventre de sa mère, avait du mal à réaliser qu'il était maintenant un vrai petit homme capable de s'exprimer parfaitement. Il avait grandi tellement vite, il ne s'en était pas rendu compte.
Harry se mit alors à rire doucement.
- « Tu sais pas zouer ? » Demanda-t-il d'un air amusé « C'est facile ! »
Remus se mit alors à sourire et caressa la petite tête de sa filleule.
- « Où sont vos parents ? »
- « Là » répondit Lily en sortant du bureau de James dont la porte était ouverte. « Bonjour Remus ! Ca fait du bien de te voir revenir à l'improviste chez nous ! »
- « C'est donc là que vous vous cachiez ! » lança le jeune homme tandis que James quittait son bureau à son tour
- « Et oui ! » Répondit le jeune homme qui tenait dans la main le bébé-transmetteur. « Comment tu vas ? »
- « Bien, je vais très bien ! »
Remus alla s'asseoir dans un des fauteuils du salon et fut amusé de voir Syrielle s'approcher de lui et poser sa tête sur ses genoux.
- « En fait, je suis venu pour vous parler de quelque chose… » annonça-t-il
A cet instant, le bébé transmetteur émit une violente couleur rose et un petit bruit aigu.
- « Oh, on nous appelle ! » Déclara James en posant l'engin sur la table basse. « Je reviens »
Remus hocha la tête et le regarda se rendre d'un pas rapide vers les escaliers. Harry suivit son papa en courant aussi vite que ses petites jambes le lui permettaient. Malheureusement, il se prit les pieds dans le tapis et s'étala de tout son long sur le sol. Il se releva rapidement en se frottant les mains l'une contre l'autre d'un air un peu penaud.
- « Ca va chéri ? » demanda Lily en s'approchant de lui
Harry se contenta de grogner et de venir se blottir tout contre ses jambes. Lily se pencha alors et embrassa tendrement le front de son fils.
- « C'est rien mon cœur » murmura-t-elle doucement.
- « Ca fait mal… » grogna-t-il
- « Je sais, mais si tu faisais un peu plus attention où tu mettais les pieds aussi » lança gentiment Lily en prenant place dans le canapé. « Depuis quelques temps, il ne fait attention à rien et il ne fait que tomber ou renverser des choses… Il se cogne aussi contre les meubles ! Il bouge tout le temps, une vraie petite pelote de nerf ! C'est dans ses moments là que je regrette que la mère de James ne soit plus là… J'aurais bien aimé savoir si James était aussi agité étant petit… »
- « Ce n'est un secret pour personne que Harry est un petit garçon dynamique » lança Remus en souriant
- « Je sais, mais j'avais toujours espéré qu'il se calme en grandissant » souffla la jeune femme
- « Tu as toujours été optimiste » plaisanta Remus en regardant Harry qui déjà consolé, était retourné auprès de ses jeux.
A cet instant, James revint dans la pièce avec son bébé dans les bras.
- « Nous avons ici un petit garçon très bien éveillé » annonça-t-il avec tendresse et fierté.
Il vint s'installer près de sa femme.
- « Alors Remus ? » Demanda-t-il alors « De quoi voulais-tu nous parler ? »
Le jeune homme se mit à sourire faiblement et prit une grande inspiration avant de leur répondre.
- « Je suis venu vous voir, parce qu'il faut qu'on parle, surtout toi et moi James, concernant Jasire… »
- « Oh ! Ne t'en fais pas pour ça ! » s'exclama James en souriant « Sirius et moi, on a rien touché, tes affaires sont toujours en ordre et n'attendent que ton retour au bureau… »
- « Justement… » souffla Remus d'un air un peu gêné « Le professeur Dumbledore m'a proposé un nouveau travail… Et j'ai accepté » annonça-t-il
Le silence s'abattit sur le salon de la famille Potter, ce qui quelque part, amusa Remus. Il avait l'impression qu'une catastrophe venait de les frapper tous les deux tant James et Lily le fixaient avec de grands yeux ronds.
- « Un nouveau travail ?! » demanda James d'un air éberlué
- « Je te préviens tout de suite Remus Lupin… » gronda Lily en se levant d'un air menaçant « Si tu penses une nouvelle fois à partir loin pour une mission dangereuse sans nous donner de nouvelles, je te jure que je te kidnappe et que je te séquestre jusqu'à ce que tu sois trop vieux pour te déplacer tout seul ! »
Le jeune homme se mit alors à rire ce qui eut pour effet de calmer la jeune femme qui sembla tout d'un coup bien plus détendue.
- « Ne t'emporte pas Lily ! » souffla le jeune homme d'une voix amusée « Je ne repartirais pas… Enfin pas très loin… Mais je ne pourrais pas reprendre mon poste à Jasire »
- « De quoi s'agit-il ? » demanda à cet instant James qui le fixait d'un air grave
- « Je vais être le nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal à Poudlard. Je reprends le poste de Quirrel » annonça Remus
Il y eut un nouveau silence, mais cette fois ces deux amis semblaient tout simplement abasourdis.
- « Professeur ? » demanda James d'une voix un peu étranglée
- « C'est génial ! » S'exclama Lily en s'approchant de lui « Tu vas enseigner à Poudlard ? Pour de vrai ? »
- « Pour de vrai ! » répondit le jeune homme en souriant
- « Il te l'a proposé quand ? » demanda-t-elle
- « Il y a quelques jours… J'ai pris un peu de temps pour réfléchir et finalement j'ai donné mon accord »
La jeune femme se mit à sourire largement.
- « Un vrai professeur ? » demanda à nouveau James visiblement un peu sous le choc
- « Remets-toi James ! » Plaisanta Remus en fixant son ami « Oui, je vais être un vrai professeur… Mais j'ai déjà donné des cours à un enfant tu sais ? »
- « Oui je sais, mais là on parle de Poudlard ! »
- « Je sais… Ca m'a fait bizarre moi aussi, mais je m'y suis fait… »
- « Je n'en reviens pas ! » souffla Lily
Remus se mit à sourire
- « Tu ne me kidnapperas pas alors ? » plaisanta-t-il
- « Non ! A condition que tu continues à nous voir souvent ! » déclara la jeune femme
- « Mais comment on doit t'appeler maintenant ? » Demanda James en souriant « Professeur Lupin ?! »
- « Ben voilà, ça commence ! » Soupira Remus d'un air amusé « Ca ne va rien changer que je travaille là-bas ! »
- « Un des Maraudeurs professeur… Moi j'appelle ça une trahison ! » Plaisanta James « Après tout le mal qu'on s'est donné à les rendre chèvres ! Tu vas bosser avec eux maintenant ! »
- « Ouais ! » répondit Remus en souriant « Mais je suis désolé pour Jasire… Je sais que ça fait très longtemps que je n'en fais plus vraiment parti et je comprendrais très bien si vous décidiez d'engager quelqu'un d'autre pour… »
- « Ne dis donc pas de bêtises ! » Le coupa James d'une voix décidée « On n'engagera personne à ta place ! Tu es un des collaborateurs de Jasire et tu le resteras ! Tu auras toujours ta place dans cette entreprise ! »
- « Mais… »
- « Il n'y a pas de mais Remus ! On se débrouille très bien Sirius et moi. En plus en ce moment, on a pas beaucoup de travail… »
- « Tu es sur ? »
- « Bien sur que j'en suis sur ! » Répondit James d'une voix ferme.
Puis le jeune homme se radoucit et se mit à rire.
- « Tu en as déjà parlé à Sirius ? »
- « Non »
- « Tu veux bien attendre que je sois là pour le lui annoncer ?! Je voudrais bien voir la tête qu'il va faire ! »
- « Sans doute une tête aussi drôle que la tienne ! » Lui rétorqua Lily en retournant s'asseoir près de lui « On aurait dit que tu faisais une attaque ! »
James lui fit une grimace et la jeune femme se pencha pour poser un baiser sur sa joue pour se faire pardonner.
- « C'est quand même une nouvelle importante ! Je n'y aurais jamais cru ! »
- « Moi non plus… » avoua Remus en souriant « Et j'ai un peu peur de ne pas être à la hauteur ! »
- « Ne dis donc pas de bêtises ! » Le gronda gentiment Lily « Tu as été un excellent professeur pour Henry Scott ! Alors pourquoi se serait différents pour les autres… »
Remus haussa les épaules sans rien ajouter.
- « Tu commences quand ? » demanda Lily
- « Dès lundi prochain » répondit le jeune homme
- « Je suis sur que tu seras encore professeur quand Harry entrera à Poudlard ! Tu imagines l'avoir comme élèves ?! » s'exclama James en riant à moitié
- « Holà ! » S'exclama Remus « Ne nous emballons pas ! Harry n'entrera pas au Collège avant huit ans ! »
- « Moi j'y crois ! » Décréta James en souriant et en replaçant un peu mieux la tête de Jack contre son bras replié.
Remus se mit à sourire en faisant non de la tête. Il était content, très content.
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Accroupi à même le sol dans un cachot humide et sombre, Quirrel fixait le vide depuis de longues heures déjà, immobile et impassible. Il avait renoncé à hurler en espérant que quelqu'un l'entende et vienne le libérer. Il connaissait suffisamment bien le château pour savoir qu'on l'avait enfermé dans le cachot le plus profond de l'école. Celui qui était le plus éloigné de tout endroit occupé du château. Il avait vite compris qu'il s'égosillerait pour rien, personne ne viendrait le délivrer.
Depuis une semaine qu'il était enfermé dans ce cachot, il n'avait vu que deux personnes. Le professeur Dumbledore, bien sur, qui était venu l'interroger et Severus Rogue…
Le jeune homme devait avouer qu'il avait été très surpris de le voir là. Il était à mille lieux de penser qu'il était un des acolytes de Dumbledore… Quirrel l'avait toujours soupçonné d'être un mangemort et même plus, l'espion dont lui avait parlé Barty Croupton Jr lors de leur première rencontre. Depuis la rentrée, il avait observé son collègue évolué dans Poudlard et son côté tellement serpentardesque lui avait vite sauté aux yeux. Il l'avait toujours imaginé en parfait mangemort, encouragée dans son idée par le caractère plutôt irascible du jeune homme. Le savoir du côté de Dumbledore l'avait grandement ébranlé. Mais depuis une semaine qu'il croupissait dans ce cachot avec pour seule compagnie le silence, il avait eu le temps de réfléchir à tout cela. Tout était maintenant parfaitement clair dans sa tête.
Rogue
était effectivement un mangemort et il était de plus
l'espion de Voldemort auprès du professeur Dumbledore. Mais
il était aussi un espion de Dumbledore… Une sorte d'agent
double. Il menait bien son jeu… Quirrel en était même
venu à se demander pour qui son collègue, ou plutôt
son ancien collègue, travaillait réellement… Ces
questions auxquelles il avait longuement pensé avaient occupé
une bonne partie de son temps et l'avaient surtout empêché
de penser à beaucoup d'autres choses beaucoup plus graves,
le concernant.
Maintenant, c'était un fait avéré
que le professeur Dumbledore savait qu'il était un
mangemort. Il ne le laisserait donc jamais partir et risquer de le
laisser rejoindre le Seigneur des Ténèbres. Il aurait
en effet tant de chose à lui apprendre sur le professeur de
Poudlard et Severus Rogue… Quirrel était bien conscient
qu'il ne serait plus jamais libre, car ils ne prendraient jamais le
risque de le voir divulguer ces informations de la plus haute
importance. Son avenir lui apparaissait sinistre et sombre, et il
soupira.
A cet instant, la porte du cachot s'ouvrit dans un grincement sinistre qui le fit sursauter. Il se tourna vers cette porte dans l'embrasure de laquelle se tenait le professeur Dumbledore accompagné de deux hommes que Quirrel ne connaissait pas.
- « Alors c'est lui ? » Demanda un des deux hommes d'une voix rauque.
- « Oui Alastor » répondit le professeur Dumbledore en entrant dans la pièce
Quirrel eut alors un mouvement de recul. Cet homme était sans doute l'un des plus effrayant qu'il n'avait jamais vu. Il lui paraissait difforme dans la pâle lumière chancelante de la torche qu'il tenait dans la main. Son visage était recouvert de cicatrices, son nez avait une drôle de forme, il avait un œil des plus surprenant… L'homme avança de quelques pas et Quirrel entendit très clairement le bruit d'une jambe de bois sur le carrelage inégal du cachot. Il s'approcha un peu de lui et instinctivement, Quirrel recula.
- « Je vois que nous avons à faire à un grand courageux ! » Railla l'homme en s'approchant de lui.
- « Je vous en prie Alastor… » souffla le professeur
Le second homme n'avait pas encore prononcé aucun mot. Il se contentait de suivre le directeur et l'auror et se posta près de lui d'un air impassible.
- « Je tiens à ce que tout soit fait le plus rapidement possible, dans la plus grande discrétion bien sur. » continua Dumbledore d'une voix grave « Je veux qu'il soit bien traité… »
L'auror grogna d'un air mauvais qui fit frissonner Quirrel. Mais par chance, l'auror ne semblait pas avoir envie de désobéir au professeur ce qui, quelque part, le rassurais.
- « Prends-le ! » Indiqua alors l'auror à son assistant qui se pencha pour l'empoigner sans douceur.
Quirrel fut bâillonné par un sortilège de mutisme et ligoter par des dizaines de petites cordes très solides qui avaient jaillit des baguettes pointées sur lui. Le jeune homme était incapable de faire le moindre mouvement. Le sorcier qui accompagnait Maugrey, et qui n'avait toujours rien dit lui donna un léger coup dans l'épaule pour le forcer à avancer. Quirrel s'exécuta et fit quelques pas en direction de la sortie.
- « Bonne chance » souffla Dumbledore qui était resté un peu en arrière « Et surtout rappelez-vous, il ne doit en aucun cas s'échapper… »
C'est sur ces mots que Quirrel quitta son cachot. Pourtant, même après avoir passé de longs jours enfermés, il n'arrivait pas à savourer cet instant. Il n'imaginait pas sa sortie, encadré par deux sorciers qui lui étaient hostiles et qui l'avaient bâillonné… Il avait un instant cru que le Seigneur des Ténèbres aurait envoyé quelqu'un pour le libéré, mais il s'était vite fait une raison et pour être honnête, il n'avait jamais pensé à sa sortie. Il s'était plus d'une fois imaginé finir sa vie dans ce cachot sombre et humide.
Escortés par les deux hommes, Quirrel parcourut le long couloir humide qui reliait le cachot au couloir. Ce n'est qu'une fois rendu dans celui-ci qu'il constata qu'il faisait nuit. Là, dans le couloir l'attendait deux autres personnes. Il ne les avait jamais vus auparavant et tous avaient l'air sérieux et concentré.
- « Alors ? » se contenta de demander Maugrey en fixant une jeune femme
- « Tout se passe comme nous l'avions prévu » répondit-elle à voix basse « Ils nous attendent à l'endroit convenu »
- « Parfait, dépêchons-nous… » souffla l'auror.
Les trois autres sorciers virent
alors se placer tout autour de Quirrel. La jeune femme, la seule du
lot, vint se placer à sa droite et lui saisit le bras d'une
poigne ferme tandis que les deux hommes se plaçaient à
sa gauche et derrière lui. L'auror prit la tête de ce
petit groupe et entreprit de quitter le château.
Quirrel
sentait sur lui le regard curieux de ses gardiens et il fut à
peine étonne d'entendre un des deux hommes murmurer à
voix basse.
- « Debae ? Tu le connais ce type ? »
La jeune femme se tourna alors vers lui et le fixa un moment avant de répondre
- « Non, Zac… Pourquoi ? »
- « Je pensais que ce serait quelqu'un d'important » répondit le jeune homme d'une voix un peu déçue.
Quirrel
se sentit un peu vexé… Il était un mangemort tout de
même ! Et puis, il en savait beaucoup sur ce qui se passait
réellement à Poudlard et de ce fait, il était en
possession d'informations très importantes pour le Seigneur
des Ténèbres. Il aurait bien aimé être
traité avec un peu plus de considération que cela.
Les
trois sorciers ne dirent alors plus un mot et le conduisirent à
travers les différents couloirs du château, toujours
guidé par l'auror à l'air peu aimable qui
sursautait à chaque intersection. Au bout de quelques minutes,
qui parurent pourtant une éternité à Quirrel,
ils arrivèrent dehors. La nuit était très
fraîche mais dégagée. On voyait de nombreuses
étoiles briller dans le ciel et la lune qui avait un très
bel arrondi. Quirrel fut assez surpris de voir ses trois gardiens
lever d'un même ensemble leurs yeux vers l'astre lunaire
avant de baisser la tête d'un air à la fois agacés
et blessés… Ces trois là étaient décidément
bien étranges et cela ne lui plaisait pas plus que ça.
Il frissonna violemment.
- « Il va attraper froid ! » Lança soudain la jeune femme qui le tenait toujours fermement « Monsieur Maugrey ! On pourrait peut être le couvrir un peu ! »
L'auror se retourna d'un geste brusque et la fixa un moment de son air sévère avant de répondre par un grognement. D'un coup de baguette, il fit apparaître une grossière couverture, pelucheuse et rugueuse qu'il tendit à la jeune femme. Cette dernière le remercia d'un signe de tête et étala consciencieusement le morceau de tissu sur ses épaules.
- « Bon, on y va maintenant ? » Grogna l'auror qui reprit sa marche sans même attendre la réponse de ses acolytes qui reprirent d'ailleurs leur marche sans s'offusquer de la dureté du ton de leur meneur.
Cette étrange procession traversa le parc de Poudlard. Quirrel se mit à trembler de tous ses membres au moment où ils passèrent près de la Forêt Interdite. Il n'aimait pas cet endroit, il avait constamment l'impression d'être épié par des dizaines d'yeux menaçant… De plus, il pouvait y avoir toutes sortes de choses maléfiques cachés entre ses arbres sombres et lugubres… Et, bien qu'il ait été professeur de Défenses Contre les Forces du Mal, il ne tenait pas à se retrouver face à une de ses créatures démoniaques.
Il fut soulagé quand ils arrivèrent devant les lourdes grilles qui symbolisaient la fin du domaine du Collège. Et, c'est à l'instant précis où l'auror Maugrey les ouvrit dans un grincement sinistre qu'il réalisa enfin ce qui se passait.
On venait de l'arracher à un cachot qui n'était certes pas confortables, mais où il était sur d'être en sécurité et nourri au moins une fois par jour. Et maintenant, on l'emmenait quelque part dont il n'avait aucune idée, entraîné par des personnes qu'il ne connaissait pas et qui n'avait pas vraiment l'air de le considérer comme un ami. Le jeune homme se mit alors à se débattre assez violemment pour tenter de se libéré de l'étreinte de sa garde rapprochée, mais bien que surpris dans un premier temps, les trois sorciers ne lui laissèrent pas l'occasion de fuir. Il tenta alors de hurler, mais il était toujours soumis au sortilège de mutisme et aucun son de sortait de sa bouche. Il vit alors Maugrey revenir sur ses pas et l'empoigné à la gorge.
- « Tu commences seulement à réaliser ce qui se passe pas vrai ? » Demanda-t-il d'une voix rauque qui figea Quirrel sur place.
- « Monsieur Maugrey ! Vous lui faites mal ! » S'indigna la jeune femme d'un ton de reproche.
Quirrel sentit l'auror desserrer son étreinte et il remercia intérieurement cette jeune femme de son intervention.
- « Ecoute-moi bien » souffla néanmoins Maugrey d'un air menaçant « Un sale mangemort comme toi, moi je n'aurais eu aucun scrupule et tu serais déjà en train de subir un vigoureux interrogatoire après avoir croupi dans une cellule d'Azkaban ! Mais tu as eu de la chance que le professeur Dumbledore soit un homme trop gentil ! On va juste se contenter de t'envoyer purger ta peine ailleurs, dans un endroit d'où tu ne pourras pas rejoindre ton Maître Infâme et tes autres collègues pourris ! Alors tu ne vas plus faire d'histoire car je ne suis pas aussi gentil que Dumbledore, compris ? »
Quirrel fut incapable de faire le moindre mouvement, mais l'auror pris son absence de réaction pour une réponse et le lâcha.
- « Tenez le bien ! » Grogna-t-il tout de même en passant la grille.
Mais Quirrel avait bien compris le message et ne chercha plus à leur fausser compagnie. Maugrey lui avait fait tellement peur, qu'il préférait encore être enfermé, du moment que c'était loin, très loin de lui… Ils marchèrent un long moment cette fois à travers des chemins boueux et dont le sol était inégal. Quirrel manqua de trébucher plus d'une fois, quand ses pieds se posaient sur des cailloux. Ils avaient depuis longtemps quitté la grande et belle route qui menait à Pré-au-Lard et ils s'enfonçaient un peu plus dans la campagne déserte qui entourait le château. Ils marchaient d'un bon pas depuis près d'une demi-heure quand ils s'arrêtèrent brutalement. Pourtant, il n'y avait rien de plus qu'avant.
- « C'est nous ! » Lança Maugrey d'une voix bourrue.
A cet instant, d'un bosquet voisin surgirent deux hommes. L'un d'eux portait un grand sac sur son épaule.
- « Déjà ? » S'étonna l'un d'eux alors qu'il s'approchait « On ne vous attendait pas si tôt ! »
- « Normal ! Il nous a presque fait courir ! » lança avec humeur Zac
- « Il ne fallait pas que nous prenions le risque d'arriver en retard ! » lui rétorqua Maugrey avec gravité
- « Certes, mais là tout de même ! » S'exclama Zac « Nous avons une heure d'avance ! »
Maugrey ne prit même pas la peine de répondre et se contenta de se tourner vers un de ses nouveaux compagnons de mission.
- « Tu l'as ? » demanda-t-il d'un ton un peu abrupt
- « Oui » répondit l'homme en lui tendant le sac « Un magnifique portoloin, programmé pour partir dans une heure au beau milieu de la Cordillère des Andes ! »
- « Parfait ! » Grogna Maugrey en plongeant presque sa tête dans le sac.
Lorsqu'il se releva, il avait l'air vraiment satisfait et presque de bonne humeur.
- « Il ne nous reste plus qu'à attendre ! » Déclara-t-il en s'installant sur une grosse pierre un peu plus loin.
Quirrel lui resta debout, toujours très bien entouré par les cinq autres personnes qui faisaient parti de son escorte. Il fut une nouvelle fois surpris de les voir tous, jeter régulièrement des regards vers le ciel, d'un air sombre.
- « Plus que cinq jours » souffla l'un d'eux au bout d'un moment
- « Oui » soupira Debae.
Quirrel était surpris, il ne comprenait pas du tout à quoi ils faisaient allusion.
- « Je me demande comment ça va se passer » demanda un de ses gardiens « On ne peut tout de même pas rester dans la maison, on va tout saccager »
- « C'est sur » répondit un autre
- « J'ai cru comprendre qu'il y avait dans le sous-sol des pièces aménagées pour qu'on ne puisse pas en sortir… »
- « Des salles assez solidement fermées pour résister à nos transformations ? »
- « Oui… »
Quirrel sursauta alors mais cela passa inaperçu… Des transformations ? Mais de quoi parlaient-ils ?
- « Moi honnêtement, je me demande si je vais supporter d'être enfermé cette nuit là… Ca fait tellement longtemps que j'ai pris l'habitude de passer mes transformations libres… »
- « Ouais moi aussi… je sens déjà que je vais avoir les crocs qui me démangeront ! » Plaisanta alors Zac.
C'est à cet instant que Quirrel comprit de quoi il était question et cela l'effraya. Il était entouré de loups-garous ! Ces hommes et cette femme qui se tenaient près de lui, parlait comme si de rien n'était de la prochaine Pleine Lune et du fait qu'ils n'étaient rien d'autre que des monstres sanguinaires et agressifs ! Quirrel était paniqué. Il ne pouvait pas rester là.
Toutes pensées lucides l'avaient quitté. Il avait tout oublié de ces derniers jours. Il avait même oublié qu'il était un mangemort. La seule chose qui comptait en cet instant pour lui était qu'il se sentait en danger. A côté de lui, ses gardiens discutaient sans vraiment se soucier de lui, mais Quirrel ne pouvait supporter l'idée de se tenir à côté d'eux. Tout se passa très rapidement, en à peine une seconde, il avait pris sa décision et était prêt à agir. D'un bond brusque, il s'éloigna de ses geôliers et se mit à courir aussi vite que lui permettaient ses jambes et sans réfléchir à la direction qu'il prenait.
- « Il s'échappe ! » Hurla une voix derrière lui mais cela ne fit que convaincre d'avantage Quirrel qu'il devait fuir.
Il courait comme le désespéré qu'il était. Il ne réfléchissait plus qu'à court terme, fuir, il devait fuir. A côté de lui, un sort heurta un arbre projetant une gerbe d'étoiles rouges.
- « Il ne doit pas s'échapper ! » hurla Maugrey
Cela terrifia encore plus Quirrel. Il était poursuivi par un auror redoutable et des loups-garous, cela lui donnait des ailes.
- « Arrêtez Quirrel ! » Hurla la jeune femme.
Mais l'ancien professeur n'était pas disposé à obéir à une créature aussi maléfique. Il continua donc à courir encore et encore, comme il ne s'en serait jamais cru possible, sautant pas dessus les troncs couchés sur le sol, ou dérapant sur le sol givré et glissant.
- « Pas par-là ! » hurla alors Maugrey tel un rugissement
Dans sa tête, Quirrel décida donc de continuer sa course encore plus rapidement dans cette direction. Si l'auror redoutait tant qu'il aille par-là, c'est sans doute que cela l'aiderait à s'échapper vu que c'était ce qu'il redoutait le plus.
- « Noooooon ! » Hurla l'auror encore une fois tandis qu'un éclair blanc du sortilège qu'il lui lançait lui frôla l'oreille.
Quirrel traversa alors le bosquet qui se trouait en face de lui et c'est alors que tout bascula. Sous ses pas, le sol devint beaucoup plus inégal et beaucoup moins stable. Il avait l'impression de courir sur des centaines de pierres en mouvement. Sans prendre le temps de réalisait ce qui se passait, il se sentit tomber et il heurta violemment le sol. Il se sentit rouler. Ses muscles étaient meurtris, il avait mal partout et se sentit glisser et rouler sur ce sol douloureux. Tout autour de lui semblait tourner tellement vite qu'il ferma les yeux. Il se sentait rebondir sur le sol de nombreuses fois. A un moment, il sentit sa tête heurter quelque chose de très dur. Il y eut un craquement sinistre et la douleur terrassa Quirrel qui s'immobilisa alors sur ce sol inégal et froid, inerte.
