Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en générale mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !
Bonne lecture à vous tous… Aylala
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Ce qui aurait pu se passer
Chapitre cent dix neuf : Le petit rat
«
Tu t'étonnes de ma timidité
Es-tu sûr que tu
veux m'apprivoiser
(…)
Ça pourrait devenir
catastrophique
Mais veux-tu attendre le point critique
Laisser
venir à toi le petit rat »
Graeme Allwrigth (La
petite souris)
- « Attention à tes jambes… » lança Océane en aidant Lalyh à s'installer sur sa chaise de bébé.
La petite fille gigotait tellement que ce n'était pas une chose facile et la jeune femme se mit à penser que se serait un miracle si elle restait assise tranquillement plus de dix minutes. Une fois qu'elle fut assurée que sa fille était bien installée, elle fit apparaître d'un coup de baguette son album à coloriage et ses feutres plumes magiques qui changeaient de couleur à volonté.
- « Tiens chérie » souffla-t-elle en installant tout devant elle.
Océane savait que sa fille était encore un peu petite pour faire sérieusement ce genre de chose, mais si cela pouvait l'amuser un peu, cela lui permettrait de travailler quelques instants.
- « Fais-moi un beau dessin… » continua-t-elle en s'installant tout à côté d'elle et en attirant vers elle un lourd grimoire.
Elle l'ouvrit et se dépêcha de trouver la page qui lui fallait. Elle jeta un dernier coup d'œil à Lalyh qui s'appliquait avec un soin consciencieux à colorier l'extérieur de la licorne dessiné sur la première page de l'album. Océane se mit à sourire largement et se plongea dans sa lecture. Un morceau de parchemin placé à côté d'elle, elle prenait des notes sur les symboles usuels de Salazar Serpentard. Elle continuait activement ses recherches et ses études sur les Quatre Fondateurs pour le compte de l'Ordre, mais ces derniers temps, elle avait pris beaucoup de retard. S'occuper de Lalyh lui prenait plus de temps maintenant qu'elle était plus grande et souvent, la petite la fatiguait vite. A cause de sa grossesse, elle était souvent exténuée, mais elle ne pouvait pas se permettre de ne pas être disponible pour Lalyh. C'est pour cela qu'elle avait beaucoup de travail en retard et que les rares instants où Lalyh jouait seule et calmement lui faisait le plus grand bien.
Océane avait noirci près de la moitié de sa feuille de parchemin quand elle réalisa que quelque chose n'allait pas. Tout était calme, beaucoup trop calme… Elle se tourna donc vers Lalyh…
- « C'est pas vrai ! » S'exclama-t-elle en se levant « Ne mets pas ça dans ta bouche ! » S'énerva-t-elle en donnant une petite tape sur la main de sa fille qui lâcha immédiatement sa plume qu'elle avait glissé entre ses lèvres.
La plume tomba sur le sol après avoir heurté le pantalon de la petite fille, formant une grosse tâche verte. Océane soupira. Sa fille avait les lèvres violine et les joues bleues… Océane ferma les yeux avec agacement quand le sourire de la fillette dévoila ses dents devenues jaunes vifs.
- « Tu es impossible » grogna-t-elle doucement en la prenant à son cou « Tu es trop jeune pour te maquiller, trésor… » ajouta-t-elle en souriant cette fois
Elle la cala fermement contre sa hanche avant de prendre le chemin de la salle de bain du rez-de-chaussée. Ils l'utilisaient très rarement car elle était toute petite en comparaison de la somptueuse salle qui se trouvait à l'étage. Mais pour l'heure, Océane n'avait pas du tout envie de monter les escaliers. Elle installa sa fille barbouillée sur la table à langer qui se trouvait toujours là depuis l'époque où il s'en servait encore et prit un gant dans sa main.
- « On va arranger tout ça mademoiselle ! » Souffla-t-elle en faisant couler de l'eau tiède sur le gant avant de l'enduire de savon doux.
Elle entama la toilette de son petit diable de fille ce qui ne fut pas un chose aisée car, comme à son habitude, Lalyh ne tenait pas en place. Elle venait à peine de rendre à une des deux joues sa couleur d'origine quand elle entendit qu'on frappait à la porte. Océane soupira.
- « Kana ! » Lança-t-elle à son elfe de maison « Tu peux t'en charger ? »
- « Oui madame… » répondit la voix de l'elfe
Océane entendit alors le bruit de la porte que l'on ouvrait et une voix qu'elle connaissait très bien, la voix de sa mère.
- « Bonjour ! Océane est là ? »
- « Oui… » annonça l'elfe.
La jeune femme entendit des bruits de pas dans le couloir et bientôt elle entendit sa mère frapper quelques coups brefs à la porte de la petite salle de bain.
- « Bonjour »
- « Bonjour maman » murmura Océane en se retournant.
- « Oh la la ! Mais qu'est-ce qui c'est passé ? » s'amusa Flumena
- « Elle a confondu son visage avec son album de coloriage ! »
Océane vit sa mère se mettre à rire doucement et s'approcher de sa petite fille.
- « Bonjour ma petite artiste » souffla-t-elle en posant un baiser sur son front.
- « Que me vaut l'honneur de ta visite ? » Demanda la jeune femme tout en continuant à frotter la joue bleue et les lèvres violettes de sa fille.
- « Depuis quand nous avons besoin de raison pour venir te voir ? » demanda Flumena
- « Nous ? »
- « Ton père attend dans l'allée… Il n'est jamais venu, il ne peut pas voir la maison. Je lui ai dit de m'attendre, que nous viendrions le chercher, mais je crois que ça va être difficile… »
- « Demande à Kana de te donner un papier avec notre adresse. » lança Océane « Ils sont dans… »
- « Chérie, le plus simple est que tu ailles le chercher toi-même. Je vais finir de réparer les dégâts… » murmura-t-elle en désignant Lalyh en souriant.
- « Tu crois que… »
- « Va chercher ton père… » la coupa Flumena en lui ôtant le gant des mains pour le rincer dans le lavabo.
Océane ne put qu'obéir. Elle jeta un dernier regard à sa mère qui lui fit signe de quitter la pièce. En passant devant le petit meuble d'entrée, elle récupéra un morceau de parchemin qu'elle glissa dans sa poche et quitta sa maison. Elle n'avait pas prit le temps de prendre son manteau et elle ne portait qu'un simple pull. Elle frissonna mais n'eut pas envie de faire demi-tour. Elle se dépêcha donc de quitter son jardin pour se trouver dans le chemin qui menait à Loutry Ste Chaspoule. Son père était là et attendait, les mains bien enfoncées au fond de ses poches.
- « Papa ! » S'exclama-t-elle en lui faisant signe.
Leopoldus s'approcha d'elle rapidement.
- « Tu es folle ! Tu n'es même pas couverte ! Au beau milieu de nulle part en plus ! »
Océane se mit à sourire. Elle lui expliqua rapidement la protection dont sa maison faisait l'objet, sans trop s'appesantir sur les détails et le fit bientôt pénétrer dans sa maison.
- « Voilà, c'est chez moi ! » Annonça-t-elle en refermant la porte derrière elle.
La jeune femme vit son père regarder tout autour de lui d'un air grave.
- « Maman ! » Lança alors joyeusement Lalyh tandis que Flumena la tenait à son cou.
Elle portait encore quelques traces de son œuvre de maquillage, mais elle avait déjà l'air bien plus propre.
- « Tu dis bonjour à grand-père ? » Demanda Flumena à Lalyh.
La petite fille ne parut pas plus emballée que cela, mais on ne lui laissait pas vraiment le choix et elle posa un baiser sans grand enthousiasme sur la joue de son grand-père.
- « Je te fais visiter ? » Proposa alors Océane à son père.
Ce dernier hocha la tête et la jeune femme l'entraîna alors dans toute la maison. Flumena avait préféré rester au salon avec Lalyh. Leopoldus ne prononça pas un mot, mais regardait tout autour de lui d'un air intéressé.
- « Tu vois bien que Sirius a toujours tout fait pour que nous soyons bien. Il a acheté cette maison quand il a su que j'attendais Lalyh » murmura Océane en glissant discrètement sa main sur son ventre.
Elle n'avait toujours pas mis ses parents au courant de sa grossesse. Elle était en train de se demander si ce jour là était le bon moment quand Leoplodus parla enfin.
- « C'est une belle maison, vous êtes très bien ici »
Océane se mit à sourire. C'était peu, mais pour un début, c'était déjà bien suffisant.
- « Merci » murmura-t-elle en glissant sa main sur son bras.
Cela faisait tellement longtemps qu'elle n'avait pas eu ce geste tendre envers son père et cela lui fit un bien fou.
- « On va rejoindre Maman ? » demanda-t-elle
Leopoldus hocha la tête et tous les deux se rendirent dans le salon. Flumena regardait sa petite fille assise sur le sol en train de tirer sa poupée par les cheveux.
- « Sirius n'est pas là ? » Demanda-t-elle en les entendant arriver.
- « Non, il travaille » répondit Océane en lâchant le bras de son père « Mais il ne devrait plus trop tarder… »
Elle alla s'asseoir en face de sa maman, son père prenant place à côté de sa femme. Il y eut un moment de silence, mais il n'était ni tendu ni lourd. Il était serein et uniquement rompu par moment par le babillage de Lalyh. Océane se sentait bien, mais bientôt le regard perçant de ma mère rivée sur elle lui attira l'attention. Flumena scrutait son ventre avec curiosité et Océane baissa les yeux pour le regarder, elle aussi. Elle portait une robe ample qui ne laissait rien voir de sa grossesse, mais elle était consciente que sa mère soupçonnait l'heureux évènement depuis de longues semaines. Elle ne s'était pas réellement posé la question de savoir quand elle annoncerait la nouvelle à ses parents et se surprit à penser que cet instant était peut être le bon. Certes, Sirius n'était pas là, mais Océane savait que son mari n'était pas très à l'aise en présence de ses parents et elle devinait que cela pourrait être bien pire s'il avait à annoncer la nouvelle, aussi heureuse soit-elle. Elle prit donc sa décision et en fut ravie.
- « Maman, Papa » souffla-t-elle doucement « J'ai quelque chose à vous annoncer »
- « Par Merlin ! » S'exclama Flumena en plaquant ses deux mains sur sa bouche les larmes aux yeux.
- « Maman… » soupira la jeune femme d'un air amusé « Je n'ai encore rien dit… »
- « C'est vrai, excuse-moi… » sanglota Flumena en souriant pourtant largement.
- « Qu'est-ce qui se passe ? » Demanda Leopoldus d'une voix grave, visiblement inquiet.
- « Une merveilleuse nouvelle… » souffla Flumena à son mari
- « Maman ! » Gronda Océane en riant à moitié.
Flumena eut un hoquet amusé.
- « Je suis désolée »
Océane se leva alors et s'approcha de ses parents.
- « Ce que Maman a tellement hâte que je vous annonce, c'est que je suis enceinte » murmura-t-elle doucement.
- « Oh ma chérie ! » S'exclama Flumena en se levant et en la prenant dans ses bras « Je suis tellement contente ! Je sais que ça faisait longtemps que Sirius et toi attendiez cela ! Toutes mes félicitations »
- « Merci maman » répondit Océane en souriant, rayonnante
- « Et de combien de mois ? » Se contenta de demander Leopoldus.
Il avait repris un air grave et sérieux, mais Océane ne s'en formalisa pas. Elle savait que son père n'était pas très expansif, encore moins quand il s'agissait de quelque chose d'aussi intime qu'une grossesse. Mais, elle supposait, et elle voulait y croire, que son père était content pour elle.
- « Un peu plus de quatre mois » répondit doucement Océane
- « Par Merlin chérie ! Quelle torture ?! Pourquoi ne pas nous l'avoir annoncé plus tôt ? » Lança Flumena qui semblait se remettre un peu de ses émotions.
- « Je voulais attendre un peu, garder la nouvelle pour nous… » répondit Océane
- « Sirius est content ? » demanda Flumena en souriant
- « Ravi ! » souffla Océane en allant se rasseoir « Il est aux anges »
Flumena se mit à sourire aussi. Même Leopoldus sembla se détendre. Océane était enchantée, elle posa sa main sur son ventre et le caressa doucement, provoquant des frissons sur sa peau légèrement tendue.
- « Cela nous fait donc une naissance en juin… » calcula rapidement Leopoldus
Océane hocha la tête doucement. Soudain un grand bruit se fit entendre, la faisant sursauter.
- « Lalyh ! » S'exclama la jeune femme en se levant précipitamment.
Elle aperçut rapidement sa fille, suspendue à la rampe de l'escalier, une chaise renversée devant elle. Apparemment, la petite avait tenté d'escalader la rampe à l'aide de la chaise. Océane attrapa la taille de sa fille au moment où celle-ci lâchait prise.
- « Lalyh Black ! » Gronda Océane en la posant sur le sol « Tu veux te rompre le cou ? Petite folle ! Je ne veux plus jamais te voir faire ça ! Tu sais bien que tu n'as pas le droit d'escalader n'importe quoi et sans surveillance ! »
La fillette baissa les yeux et la jeune femme l'entraîna vers le canapé.
- « Elle est terrible ! » Souffla-t-elle tandis que Lalyh allait bouder dans son coin.
- « Elle en a peut-être assez de rester dans la maison tout le temps, elle a sans doute besoin de se dépenser » murmura Flumena.
- « Sans doute, oui » soupira Océane « Mais je n'aime pas me promener seule avec elle. Elle est trop vive et je me fatigue de plus en plus vite. J'ai peur de ne pas pouvoir la surveiller comme il faudrait »
- « Nous pourrions y aller avec toi » proposa alors Leopoldus
Océane et sa mère sursautèrent en même temps.
- « Quoi ? » demanda la jeune femme
- « Nous n'avons rien de spécial à faire ici et si on attend que son père rentre, cette enfant ne prendra jamais l'air. Je serais tout à fait capable de la surveiller si elle fait des folies »
Océane fixait son père d'un air un peu ahuri. Pendant un court instant, elle crut revoir celui qu'il était quand elle était petite fille et qu'il l'emmenait jouer dans le jardin.
- « Allez ! » Déclara Leopoldus en se levant « On y va ! »
Océane et sa mère échangèrent un regard amusé avant d'obéir.
- « Je vais laisser un mot à Sirius » lança la jeune femme en s'approchant de la table pour griffonner un petit mot à son amoureux.
Pendant ce temps, Flumena avait trouvé le manteau de Lalyh et avait vêtu sa petite fille. Tout le monde fut rapidement prêt et quittèrent la maison.
- « Où va-t-on ? » Demanda Leopoldus qui avait prit Lalyh à son cou.
La petite fille ne semblait pas très à l'aise et fixait sa maman, légèrement inquiète. Mais Océane savait qu'elle ne devait pas la prendre dans ses bras. Il fallait qu'elle s'habitue à son grand-père.
- « Il y a un terrain de jeu pas trop loin » annonça la jeune femme en souriant.
- « On y transplane ? » Proposa Flumena.
Océane hocha la tête et prit la main de sa mère qui prit le bras de son mari, puis la jeune femme les entraîna. Ils se retrouvèrent bientôt dans un grand terrain de jeu sur lequel se trouvaient toutes sortes de jeux à bascules, de balançoires, de structures à escalader. Dès que Leopoldus posa sa petite fille sur le sol, elle se précipita vers tout ce qui pouvait s'escalader, mais son grand-père la retint par la main.
- « Ah non, jeune fille ! » lui lança-t-il « Nous allons plutôt aller vers là »
Et il l'entraîna vers une bascule en forme de canard.
- « Ca ne risque pas de l'amuser longtemps… » lança Océane en s'asseyant sur un banc.
- « Quoi ? De jouer là-dessus, ou de jouer avec son grand-père ? » Demanda Flumena en s'installant près d'elle.
- « Je ne sais pas ! » avoua Océane en riant à moitié
Elle sentit la main de sa mère chercher la sienne sur le banc et bientôt leurs deux paumes entrèrent en contact.
- « Je suis tellement contente Océane… » souffla sincèrement Flumena.
La jeune femme lui répondit par un beau sourire et toutes les deux redonnèrent toute leur attention à Lalyh et Leopoldus. Contre toutes attentes, la petite fille sembla beaucoup s'amuser avec son grand-père. Elle resta calme et obéissante. Elle riait beaucoup et Leopoldus souriait d'un air ravi. Océane était enchantée de voir que tout se passait bien entre eux, et pourtant, Merlin savait que ce n'était pas gagné d'avance. Ils étaient là depuis presque une demi-heure lorsque qu'une voix joyeuse se fit entendre.
- « Bonjour tout le monde ! »
Océane se retourna en souriant largement, Sirius venait des les rejoindre. Il salua poliment sa belle-mère avant de se pencher pour l'embrasser tendrement.
- « J'étais sur, en lisant ton petit mot que tu serais là… » souffla-t-il quand il se détacha d'elle.
- « Papa ! Papa ! Papa ! »
Sirius se mit alors à sourire largement et se retourna immédiatement. Il se pencha et récupéra au creux de ses bras Lalyh qui venait de s'y jeter.
- « Oh viens là mon amour ! » Murmura-t-il tel un grognement en la soulevant dans les airs.
La petite fille posa un énorme baiser sur sa joue et Sirius lui rendit la pareille.
- « Vous nous avez finalement rejoint » lança Leopoldus en s'approchant.
Il lui tendit la main et Sirius la lui serra machinalement.
- « Bonjour Leopoldus » lança-t-il
- « Et d'après ce que nous venons d'apprendre, je pense que les félicitations sont de rigueurs. Un nouvel enfant, c'est une excellente nouvelle ! »
Océane vit son mari sursauter légèrement avant de lui rendre une poignée de main beaucoup plus chaleureuse.
- « Merci » répondit-il en souriant.
- « Peut être aurez-vous un garçon cette fois ci ! » lança Flumena en souriant
Océane esquissa un faible sourire. Elle en rêvait, mais si sa mère avait dit cela en croyant se ranger à l'opinion de Sirius, elle se trompait. Sirius se contenta d'hocher la tête. Lalyh se mit alors à gigoter et le jeune homme la posa sur le sol. La petite fille lui agrippa alors la manche et tenta l'entraîner vers les jeux.
- « On va y retourner Lalyh » lança Leopoldus en tentant de reprendre sa petite fille à son cou, mais Lalyh se mit à courir un peu plus loin.
Sirius regarda sa fille un moment sans rien dire.
- « Allez viens, retournons jouer » insista Leopoldus en tendant sa main dans la direction de sa petite fille.
Mais Lalyh ne semblait pas très disposée à lui obéir.
- « Laissez » lança alors Sirius « Je ne l'ai pas vu de la journée, je vais jouer avec elle »
Leopoldus n'osa pas protester, mais Océane vit bien qu'il était vexé. Mais elle ne pouvait pas en vouloir à Sirius de vouloir passer du temps avec sa fille et Lalyh de préférer la compagnie de son père. Elle les regarda alors s'éloigner et son père s'installa à côté d'elle, un peu bougon. Océane soupira légèrement. Mais déjà son regard était attiré par les cris de joies de sa fille. Sirius l'avait accompagné vers une structure en bois à escalader, le rêve de la petite fille qui avait du se contenter de jouer à la bascule jusqu'alors.
- « Tu vas le laisser l'entraîner dans ce truc ? » Demanda Leopoldus d'un air sévère.
Océane se contenta d'hausser les épaules.
- « Mais c'est dangereux ! » s'exclama-t-il
- « Sirius est avec elle, Papa… »
- « Et alors ? »
- « Il la surveille, il sait ce qu'il fait… » répondit-elle
- « J'espère ! Elle peut se tuer en tombant de si haut ! » bougonna Leopoldus
- « Papa ! Je t'en prie ! » s'exclama Océane
- « Mais vraiment ! Il a besoin de l'encourager à être plus intrépide qu'elle ne l'est déjà ! » S'énerva-t-il « Ce n'est pas un jeu pour une fillette de cet âge ! »
Lalyh était maintenant perchée sur une large poutre de bois, à la hauteur du torse de Sirius qui la tenait fermement par la taille. Elle souriait largement et Océane en fut rassurée. Elle décida de n'écouter que d'une oreille distraite les protestations agacées de son père. En plus, Flumena levait par moment les yeux au ciel, signe qu'elle aussi trouvait que son mari allait trop loin. La jeune femme profita alors du spectacle de sa fille souriante entrecoupé par moment des cris de son père.
- « Sirius ! Mais faîtes attention enfin ! Tenez la mieux que cela ! Ce n'est pas un sac de viande ! »
L'homme finit d'ailleurs par se lever pour aller rejoindre son gendre qui le regarda d'un air agacé.
- « Je sais m'occuper de ma fille ! » Entendit Océane quand Sirius le vit s'approcher de lui.
-« Ils sont impossibles » soupira-t-elle
- « Aussi têtu l'un que l'autre… » murmura Flumena d'un air amusé.
Les deux jeunes femmes soupirèrent et regardèrent leurs maris s'occuper de la petite Lalyh.
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- « Bonjour madame »
- « Bonjour, je suis venue récupérer le courrier » répondit Lily en souriant « Famille Potter » ajouta-t-elle en présentant ses papiers d'identité.
Ils lui avaient été fournis à son mariage sur sa demande. Elle avait voulu continuer à avoir des documents officiels moldus, pensant que cela pouvait toujours servir, et elle avait eu raison.
- « Je m'en occupe tout de suite » assura la postière en se levant de sa chaise pour se rendre dans une pièce en retrait.
Lily s'accouda au guichet et attendit en souriant. Par chance, elle était arrivé à un moment calme et n'avait pas eu à attendre longtemps. Mais maintenant derrière elle, une petite foule se pressait, attendant d'atteindre le comptoir en bois. La jeune femme n'eut pas à attendre longtemps, la postière revint avec une petite poignée d'enveloppe dans la main.
- « Voilà madame Potter » lança-t-elle en souriant « Mais je ne comprends pas pourquoi vous ne souhaitez pas que nous venions distribuer votre courrier à domicile, cela vous éviterez tous ces déplacements… »
- « Nous allons y réfléchir » se contenta de répondre Lily en souriant et en récupérant ses enveloppes. « Au revoir et merci »
- « Au revoir… »
Et Lily s'éloigna rapidement et quitta la poste. Elle soupira légèrement. Elle ne pouvait pas se faire livrer son courrier à domicile, voilà une des nombreuses contraintes que la guerre avait nécessité. D'ailleurs l'adresse qu'elle donnait aux institutions moldues étaient fausses, pour éviter tout risque qu'on puisse localiser sa famille. Les hiboux, envoyés par leurs amis et contacts sorciers, étaient tous dirigés vers un grand centre de tris spécialisés qui s'occupait de mettre les parchemins dans des enveloppes et les envoyait dans cette poste moldue qui ne se doutait sûrement pas qu'elle comptait des sorciers parmi sa clientèle. Lily soupira une nouvelle fois et fit quelques pas en direction du renfoncement d'une porte cochère. Là, elle se mit à l'abri du vent et regarda les lettres qu'elle tenait toujours dans la main. La plupart étaient destinées à James, ensuite venaient les inévitables publicités.
La dernière enveloppe lui était adressée à elle. Curieuse, elle la décacheta rapidement et la lue. Elle venait du professeur Slughorn. Ce dernier lui annonçait qu'il venait de terminer la phase deux des tests sur la potion sur laquelle ils avaient tant travaillé. Il lui disait qu'il serait ravi de la revoir pour lui parler de vives voix des résultats qu'il avait obtenus.
La main de Lily tremblait d'excitation quand elle replia la lettre pour la mettre dans l'enveloppe. Cela faisait tellement longtemps qu'elle ne s'était pas occupée de cette potion. Cela lui avait manqué, vraiment. Elle aurait aimé que le professeur Slughorn soit plus précis sur « les résultats qu'il avait obtenus », mais la jeune femme savait que ce qu'ils avaient concoctés durant de long mois n'avait pas été approuvé par le Ministère de la Magie et que par conséquent, il devait se montrer très prudent quand il en parlait.
Elle souriait largement et n'avait qu'une envie se rendre chez lui pour avoir plus d'information. La jeune femme quitta alors son abri sous la porte cochère et se rendit à pas rapide dans un endroit isolé et sombre où elle put transplaner sans se faire remarquer, des quelques moldus qui avaient le courage de se promener dans les rues par ce temps glacial. Lily arriva rapidement chez elle, entra et retrouva la chaleur de son foyer. Elle ôta son manteau qu'elle accrocha au portemanteau et se rendit dans le salon.
James était assis sur le tapis, face à Harry et Syrielle qui le faisait manger « pour de faux » en utilisant la petite dînette en plastique de la petite fille.
- « Papa tu veux de la purée ? » Demanda Harry en lui tendant une poêle en plastique rose, vide.
- « Ouais » répondit le jeune homme tandis que Syrielle se levait et s'appliquait à lui attacher un torchon autour du cou en guise de bavoir.
- « Tu t'amuses bien on dirait ? » plaisanta Lily
James releva la tête vers elle et se mit à sourire.
- « Ils me font faire n'importe quoi ! » répondit-il en haussant les épaules
- « Je vois ça… »
- « Maman, tu veux du gâteau ? » Proposa alors Harry en lui tendant une petite assiette.
- « Il a l'air délicieux mon chéri » lui répondit Lily en caressant doucement sa petite tête brune en observant l'assiette désespérément vide « Mais je n'ai pas le temps de jouer. James, j'ai reçu une lettre de Slughorn, il dit qu'il a bien avancé dans les tests de la potion. J'aimerais bien aller lui rendre visite pour en savoir plus. »
La jeune femme vit une ombre passer sur le visage de son mari. Elle savait qu'il n'aimait plus qu'elle aille là bas depuis l'incident qui avait failli briser leur famille.
- « Aujourd'hui ? Maintenant ? » demanda-t-il d'un air grave « Je pensais qu'on passerait la journée ensemble »
Lily soupira doucement. Elle venait de se souvenir que c'était la dernière journée que James passait avec eux avant de reprendre le travail. Il avait sans doute espéré qu'il pourrait profiter de tout son petit monde et elle pouvait le comprendre. Mais maintenant qu'elle savait que Slughorn avait des nouvelles à lui apprendre concernant la potion, elle avait tellement envie d'en savoir plus…
- « Moi aussi, je pensais » répondit-elle d'une petite voix
- « Tu as vraiment envie d'y aller ? » Demanda James d'une voix grave.
Les enfants s'étaient un peu éloignés et regardaient leurs parents aussi avec sérieux.
- « Oui » avoua Lily d'une toute petite voix « Une fois que je serais seule avec les enfants, ce sera difficile d'y aller avec eux… »
- « Jack risque de se réveiller et d'avoir faim pendant ton absence » lui fit remarquer le jeune homme
- « Il reste un biberon de lait maternel. Je l'ai tiré ce matin » répondit la jeune femme.
James continua à la fixer un moment avant de hausser les épaules.
- « Je n'aime pas que tu ailles là bas toute seule, mais je n'ai pas vraiment le choix on dirait »
Lily esquissa un faible sourire.
- « Je vais me dépêcher, ça ne durera pas longtemps. Je rentrerais vite et on passera le reste de la journée tous ensemble mon chéri, je te le promets »
Le jeune homme hocha la tête avec un léger sourire. Elle se pencha vers lui et l'embrassa tendrement.
- « Merci » souffla-t-elle doucement.
Il lui adressa un clin d'œil et la jeune femme se redressa.
- « Soyez bien sage avec Papa ! » Lança-t-elle à ses enfants qui la regardaient désormais en souriant « Surveillez qu'il ne fasse pas de bêtises ! » Ajouta-t-elle en souriant.
Cette idée sembla grandement amuser Harry qui s'amusa à fixer tour à tour sa mère et son père en souriant largement.
- « Oui Maman ! » Répondit-il joyeusement en frappant dans ses mains et en sautillant sur place.
Lily se mit à sourire et après leur avoir envoyé un baiser du bout des doigts, elle se retourna pour rejoindre l'entrée. Elle venait d'atteindre l'entrée quand elle entendit une petite voix l'appeler.
- « Atta Maman… Bisous ! »
Suivi d'un grand bruit sourd. La jeune femme se retourna précipitamment et vit son fils allonger sur le sol, grimaça, se demandant visiblement s'il devait pleurer ou pas. Elle arriva près de lui au moment où James le relevait. Elle s'accroupit et l'enlaça.
- « Il s'est cogné contre le bord du canapé et il a trébuché » l'informa son mari en caressant la tête brune de son fils.
- « Ce n'est rien mon ange » souffla Lily en embrassant son petit front « C'est fini »
Harry luttait contre ses larmes en s'agrippant à sa robe, mais la jeune femme savait qu'il était plus vexé d'être tombé qu'autre chose. Elle caressa son petit dos tout doucement en l'embrassant une nouvelle fois.
- « 'Ry bobo ? » Demanda alors Syrielle qui s'était approché pour voir ce qui se passait.
- « Il n'a plus rien ! » Déclara doucement Lily en s'écartant un peu de son fils « Ca va mon grand ? »
Harry hocha la tête en faisant une petite moue boudeuse.
- « Je m'occupe de ça » assura James en attrapant Harry par la taille pour le prendre à son cou.
Lily se redressa et le regarda en souriant.
- « Amuse-toi bien » déclara-t-il en souriant.
- « Je renterais vite » assura Lily
James hocha la tête et après avoir embrassé une nouvelle fois Harry puis Syrielle, elle enfila son manteau et quitta la maison. Elle transplana aussitôt et se retrouva devant la maison de son ancien professeur. C'est avec excitation qu'elle frappa à la porte.
- « J'arrive ! » Lança la voix d'Horace Slughorn depuis l'intérieur.
La jeune femme attendit avec impatience qu'il lui ouvre la porte.
- « Lily ?! »
- « Bonjour Horace ! Je viens de recevoir votre lettre et je suis venue immédiatement ! » l'informa Lily en souriant
- « Vraiment ?! J'en suis ravi ! »
- « Je vous dérange ? »
- « Absolument pas ! Mais je vous en prie, ne restez pas dans ce froid et entrez » l'invita-t-il.
Lily ne se fit pas prier. Il faisait très froid dehors.
- « Comment vas-tu ? Comment va la famille ? » Demanda Horace Slughorn d'une voix aimable.
- « Tout le monde va très bien, je vous remercie » répondit Lily en souriant.
Tous les deux se regardèrent un moment sans rien dire, en souriant.
- « Je suppose que tu as hâte que je te parle de la potion… » commença Slughorn au bout d'un moment.
- « Bien sur ! Si vous saviez comme j'ai envie de savoir ! » Lui répondit la jeune femme, les yeux brillants.
- « Allons dans le laboratoire dans ce cas ! » Souffla-t-il en lui faisant signe de le suivre.
Lily s'engouffra alors dans le couloir qu'elle avait emprunté des centaines de fois auparavant. Ils arrivèrent bientôt devant la porte du laboratoire secret. Slughorn fit la combinaison qui permit de l'ouvrir et tous les deux entrèrent dans cette pièce qui sentait encore le parfum des différents composant de la potion. Lily tressaillit un peu. Cela faisait des mois qu'elle n'était pas entrer ici sans protection et cela lui procurait une sensation étrange. Le professeur Slughorn se tourna alors vers elle et lui désigna du doigt un tabouret sur lequel elle s'installa tandis que lui-même prenait place non loin. D'un coup de baguette il attira à lui une pile de parchemin et se racla un peu la gorge avant de commencer.
- « Bon, comme tu le sais, la phase de test concernant les petits rongeurs a été une réussite totale » commença-t-il
Lily hocha la tête. Elle se souvenait de la joie qu'elle avait ressentie en voyant les miracles de la potion avait accompli sur les petits écureuils qui en avaient pris.
- « Je suis donc passer à des animaux un peu plus… évolués » continua le professeur Slughorn d'un air grave « Des furets, des porcs et pour terminer des singes… »
- « Des singes ?! »
- « Oui, ça n'a pas été une chose facile de s'en procurer, mais Terence Yell, du Département de Régulations des Créatures Magique à un cousin qui travaille au grand zoo de Londres… Et comme Terence est prêt à tout pour me rendre service… »
Un petit sourire naquit sur les lèvres de son ancien professeur, mais Lily n'arrivait pas tellement à se réjouir.
- « Les tests ont tous été extrêmement concluant. Je suis arrivé aux même résultats que sur les écureuils. »
- « C'est merveilleux ! » S'exclama Lily « Cela signifie que la potion fonctionne ! »
- « Tout à fait ! Nous avons atteint notre objectif Lily ! »
Il la fixait avec joie, ses yeux brillaient de fierté. La jeune femme était ravie de cette nouvelle. Elle s'était tellement investi dans cette potion qu'elle avait vraiment l'impression d'avoir atteint son but.
- « Par contre » continua le professeur Slughorn « Tous ces tests m'ont permit de me rendre compte que les effets de la potion ne sont que temporaires. Une semaine pas plus… »
- « Et y a-t-il des effets secondaires ? » demanda Lily, passionnée
- « Je ne pense pas, non » répondit Slughorn « D'après la composition de la potion, cela ne semble pas possible. J'ai attentivement étudié toutes les combinaisons possibles entre les différents ingrédients et aucune ne semble donner lieu à des effets secondaires. L'observation de mes petits cobayes semble confirmer cette hypothèse. Cela semble donc être une réussite totale »
Lily était tellement excitée par la nouvelle qu'elle se demanda comment elle réussissait à rester assise sur son tabouret.
- « Donc tout est fini ? La potion est terminée ?! » demanda-t-elle d'une voix presque tremblante
- « Non Lily, pas encore. Car il ne faut pas oublier la mission première de cette potion. Je suis vieillissant et je ne veux pas voir mes capacités intellectuelles diminuer avec le temps, et je pense que je ne suis pas le seul dans ce cas. En d'autres termes, cela signifie que cette potion est destinée à l'être humain et que par conséquent il me faut effectuer des tests sur des cobayes humains. L'énorme problème aussi est que pour l'instant nos travaux ne sont pas connus des autorités sanitaires, ce qui fait que nous allons devoir opérer en toute illégalité, j'espère que cela ne t'effraies pas trop… »
- « Non » répondit Lily d'une voix absente.
La jeune femme était perdue dans ses pensées. Elle n'avait pas oublié ce qu'il l'avait poussé à aider le professeur Slughorn. Ce n'était pas uniquement car elle avait besoin de remplir ses journées pour ne pas déprimer. Il y avait une autre raison, bien plus importante. La vraie raison, celle dont elle n'avait fait part à personne, pas même à James. Celle qui expliquait qu'elle s'était lancée à corps perdu dans ces travaux, celle qui expliquait pourquoi elle avait été prête à tout, celle qui expliquait pourquoi elle n'avait jamais abandonné, même après son accident, même si tout monde considérait qu'elle était folle de persévérer… Cette raison qu'elle n'avait jamais oubliée et qui lui avait toujours insufflé l'envie et la force de réussir cette potion.
- « … je pensais donc à me rendre dans les quartiers un peu pauvres… Monnayant une petite somme d'argent je devrais bien trouver des cobayes pour… »
Le professeur Slughorn continuait son monologue. Lily prit alors son courage à deux mains, prit une grande inspiration et se lança. Le moment était venu de mener son ancien professeur vers le but qu'elle s'était fixé en secret.
- « Professeur » le coupa-t-elle « Professeur, je crois que je peux vous aider »
- « Oh Lily, je le sais, tu m'as déjà tellement aidé dans cette potion, je ne doute pas que tu continueras… »
- « Non, professeur… Est-ce que vous me faites confiance ? »
Slughorn eut un mouvement de recul et la fixa d'un air grave.
- « Pardon ? »
- « Est-ce que vous êtes prêt à me faire confiance ? » insista-t-elle
- « Lily, je… De quoi parles-tu ? » demanda-t-il d'un air grave
- « J'ai peut être une solution » murmura-t-elle
- « Une solution à quoi ? »
La jeune femme se leva alors et fixa son ancien professeur avec sérieux.
- « Je vais revenir » murmura-t-elle
- « Lily ! Explique moi ce qui se passe !»
- « Je vais chercher quelqu'un et je reviens… Je n'en ai pas pour longtemps, attendez-nous dans le salon, vous verrez, vous ne serez pas déçu »
- « Mais, Lily … »
Mais la jeune femme ne l'écouta pas, elle avait déjà quitté le laboratoire secret. Elle prit rapidement son manteau et l'enfila en sortant de la maison. Elle transplana aussitôt et arriva à destination. Elle poussa les grilles et s'approcha de la porte d'entrée. Elle frappa quelques coups à la porte, trépignant presque d'impatience tant elle était excitée. Elle attendit quelques secondes qu'on lui ouvrit et lorsque se fut le cas, un large sourire illumina son visage. Elle se tenait exactement devant la personne qu'elle souhaitait voir.
- « Lily ? Quelle bonne surprise ! »
- « Augusta ! » La coupa Lily d'une voix excitée « Prenez Neville et venez avec moi ! Il faut que je vous emmène quelque part, c'est très important ! »
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Roulé en boule juste à côté d'un oreiller moelleux et chaud, Queudver s'éveilla doucement. Il se leva aussitôt et se leva sur ses quatre petites pattes. Il s'étira un peu et fit quelques pas sur le matelas confortable. Il contourna l'oreiller contre lequel il avait passé sa nuit et s'approcha doucement du rouquin endormi. Celui qui était devenu son nouveau maître dormait à poings fermés, les sourcils légèrement froncés accentuant d'autant plus les nombreuses tâches de rousseur qui constellait son visage. Queudver le fixa un moment avant de sauter du matelas sur la table de chevet puis de la table de chevet sur le coffre à jouets et enfin du coffre à jouets sur le sol. Ses pattes griffues rencontrèrent le parquet glacial et se dépêcha de regagner sa cage. La porte était toujours ouverte. Sur ce point de vue, il avait de la chance. Les Weasley n'étaient pas très pointilleux sur son existence, il lui laissait tout le loisir de se déplacer comme bon lui semblait. Aucune pièce de la maison ne lui était interdite et il passait ses journées tranquillement, à se promener de pièce en pièce, de mains en mains… Evitant tout de même les jumeaux infernaux qui ne rataient pas une occasion de l'ennuyer, de lui tirer la queue ou des moustaches.
La porte de la chambre était fermée et cela agaça Queudver. Il était donc coincé dans la chambre jusqu'au réveil de Percy et pourtant il avait très faim. Il décida alors de prendre les choses en main. Il refit en sens inverse tout le chemin qu'il venait de parcourir et bien qu'avec un peu de mal, il réussit à remonter sur le lit et s'approcha de l'enfant encore endormi. Il posa alors sa patte sur le nez du petit garçon et l'entendit gronder. Il recula juste à temps avant que le petit garçon ne se retourne dans un grondement agacé. Bien décidé à ne pas se laisser faire, le rat contourna l'oreiller de telle sorte qu'il se retrouva une nouvelle fois devant l'enfant. Cette fois, il posa beaucoup moins doucement sa patte sur le nez de l'enfant le griffant même pour mieux le réveiller.
- « Aïe ! » lança Percy d'une voix encore tout endormie
Queudver le vit alors ouvrit ses grands yeux marron et le regarder d'un air surpris, puis agacé.
- « Encore toi… » soupira-t-il en se redressant un peu dans son lit.
Il chercha à tâtons sur sa table de chevet sa paire de lunettes qui se trouvait là. Il se dépêcha de les mettre en baillant à s'en décrocher la mâchoire. Son regard se posa sur son réveil et il se mit à soupirer de plus belle.
- « Tu as vu l'heure qu'il est ? » Demanda le petit garçon d'une voix agacée en le prenant dans sa main. « Tu aurais pu me laisser dormir encore un peu »
Queudver le fixa avec intensité. Non,il ne pouvait pas le laisser dormir plus longtemps. Il avait faim, très faim…Et il n'était pas contre non plus aller faire un petit tour dans sa litière pour soulager sa vessie. Il s'agita alors dans sa main et sauta sur le sol pour aller gratter contre la porte toujours close.
- « C'est bon, c'est bon, j'ai compris ! » Marmonna Percy en posant ses pieds sur le sol.
Il enfila ses chaussons puis pris son pull qui traînait sur une chaise non loin et l'enfila sur son pyjama. C'est en bâillant qu'il ouvrit la porte et enfin Queudver quitta précipitamment la chambre. Il dévala l'escalier en peu de temps et se dépêcha de rejoindre sa litière qui se trouvait sous l'escalier. Puis, il regagna la cuisine. Il entra dans la pièce en même temps que Percy qui se baissa pour le laisser monter sur sa main et le poser sur son épaule.
- « Tu es débout tôt encore aujourd'hui… » souffla Molly sans même se retourner.
Elle restait près de sa cuisinière en train de préparer une pile de crêpes monstrueuse.
- « C'est encore Croutard qui m'a réveillé… » grogna Percy en s'installant sur la chaise au bout de la table.
- « S'occuper d'un animal demande beaucoup d'attentions Percy, nous te l'avions dit Papa et moi »
- « Je sais ! Mais je m'en occupe bien ! » rétorqua le petit garçon
- « Je sais mon chéri, je sais… »
Le petit garçon posa alors Queudver sur la table et tendit la main pour attraper un paquet de céréales. Il y plongea la main et en sortit une belle poignée qu'il étala devant lui.
- « Tiens… mange » souffla-t-il à Queudver qui se précipita dessus.
- « Percy ! » Le gronda Molly « Il a des croquettes spécialement pour lui ! »
- « Je sais mais, il préfère celles là ! »
Queudver acquiesça d'un léger signe de tête. La nourriture réservée aux rats était tous bonnement horrible ! Aucun rat digne de ce nom ne pouvait apprécier ces boulettes de farines au goût monstrueux. Il agrippa de ses griffes une de ces délicieuses céréales sucrées qu'il grignota avec plaisir.
- « Regarde comme il l'air heureux ! » Lança Percy en lui caressant le dos du bout des doigts.
- « Alors ?! Encore en train d'admirer Croûtes de Lard ?! » S'exclama un petit rouquin en sautant les dernières marches de l'escalier.
- « Croutard ! Il s'appelle Croutard ! » S'exclama Percy en se tournant vers son frère aux cheveux aussi flamboyant que lui.
- « Mouais… » répondit le garçon en se laissant lourdement tombé sur sa chaise.
- « Maman ! Charly il fait rien que d'appeler mon rat Croûte de Lard ! » se plaignit Percy
- « Maman… » se moqua Charly en imitant son frère d'une voix nasillarde « Charly y fait rien que… »
- « Ah non ! Vous n'allez pas commencer les garçons ! » Gronda Molly en se retournant, la poêle à la main. « Si vous commencez à vous disputer, je connais un jardin qui a bien besoin d'être dégnommé, et je me fiche qu'il fasse froid ! »
Aussitôt, les deux frères plongèrent leurs yeux dans leur bol et se turent. Queudver en profita pour avaler encore un peu plus de céréales et se faufiler vers le pain blanc et frais qui était posé au centre de la table.
- « Papa n'est pas là ? » demanda alors Charly
- « Non, il a du partir tôt ce matin » répondit sa mère en se remettant aux fourneaux.
Alors qu'il arrachait de ses dents une bouchée
de mie bien tendre, Queudver se mit à penser à sa bonne
fortune.
Au départ, il avait pensé qu'il avait été
frappé par la plus grande des malchances. Non seulement, il
avait été kidnappé et se retrouvait bloqué
sous sa forme animagus, mais en plus, il avait été
éloigné du Ministère où devait se
dérouler sa mission, le privant ainsi de la possibilité
d'espionner les membres du Ministère et donc il était
exposé à la colère de son Maître, ce qu'il
redoutait par-dessus tout. Mais bien vite, il avait arrêté
de se plaindre sur son sort.
Ici, dans la maison de la famille Weasley, il était nourri et au chaud. On s'occupait bien de lui et il ne manquait pas d'attention, tandis qu'au Ministère il serait sans doute mort de froid et de faim en attendant que quelque chose d'intéressant se passe. Oh, bien sur, il passait souvent de mains en mains, plus ou moins brutalement et le plus pénible était sans doute cette horripilante petite fille, Ginny, qui passait son temps à lui tirer la queue et les moustaches… Les jumeaux non plus n'étaient pas tendres avec lui, tant que possible, il restait le plus éloigné de ses deux diables.
Ce qu'il n'avait pas pensé en entrant dans la famille Weasley, en tant qu'animal de compagnie d'une bande de petit rouquin, c'était qu'il entrait surtout dans la famille d'un membre du Ministère. Certes, Arthur Weasley n'était pas un des membres les plus éminents du gouvernement… Il n'était d'ailleurs même pas responsable de son service… Mais il était tout de même au courant de beaucoup de ragots et de rumeurs qui circulaient dans les couloirs des différents services et il avait déjà appris quelques informations assez importantes. Par exemple, McNair serait bien avisé de faire attention à son comportement, on commençait à se méfier de lui.
- « Maman ?! Pourquoi tu as fait autant de crêpes ? » Demanda alors Charly, le faisant sursauter de sorte que Molly le remarqua.
- « Ah non ! Pas le pain ! Percy surveille le mieux ou enferme le dans sa cage ! » gronda-t-elle
Percy se leva alors et tendit la main pour l'attraper. Il le posa sur son épaule d'un geste sur.
- « Non Maman, il va rester sage ! » Assura-t-il en souriant.
Queudver vit alors Molly se tourner vers le plus grand de ses deux fils.
- « Je garde les petits ce matin, je pense qu'ils aimeront manger des crêpes »
- « Tous les petits ? Même Jack ? »
- « Non, Jack restera avec sa maman… Ca leur fera du bien d'être un peu tous les deux tranquilles chez eux pour se reposer. »
Charly hocha la tête même s'il ne semblait pas vraiment comprendre pourquoi ce Jack et sa mère avaient besoin de repos.
- « Et ils arrivent bientôt ? » demanda Percy
- « Je pense oui… » répondit Molly en jetant un coup d'œil à la vraie horloge sur le mur de la cuisine.
Au même instant, un vacarme assourdissant se fit entendre. Queudver tourna sa tête vers la source du bruit et ses poils se dressèrent immédiatement sur son dos. Les infernaux jumeaux déboulaient dans la cuisine dans leur pyjama jaune vif, visiblement dans une forme éblouissante. En un quart de seconde à peine, sa décision fut prise. Il sauta sur le bras de son petit maître, puis sur le rebord de sa chaise et enfin sur le sol et courut se réfugier sous l'escalier.
- « Bonjour mes grands ! » Les accueillit Molly d'une voix enjouée quoique déjà lasse de voir l'énergie débordante de ses petits monstres.
Il y eut ensuite plusieurs cris et le bruit de cuillères dans les bols avant que Queudver entende frapper à la porte. Quelques minutes plus tard de nouvelles voix vinrent renforcer le niveau sonore, déjà élevé de la maisonnée.
- « Je suis désolée Molly, mais je ne peux pas rester très longtemps. » lança une voix que Queudver avait déjà l'impression d'avoir entendu auparavant
- « Ce n'est rien… Tu es venu avec Lalyh aussi ! »
- « Oui, si ça évite à plusieurs personnes de faire le trajet » répondit la voix.
Cette voix que Queudver était certain de connaître… Il cherchait dans sa mémoire où il l'avait déjà entendue.
- « Bon, mes chéris, je vous embrasse. Soyez sage avec Molly et à ce soir »
- « Au revoir Papa ! »
- « A revoir Papa ! »
- « A revoir Tonton ! »
Il y eut un rire qui fit sauter l'estomac de Queudver. Ce pouvait-il que… ? Il fallait qu'il en ait le cœur net. Il se précipita donc hors de sa cachette pour tenter d'apercevoir le propriétaire de cette voix qui lui rappelait tant de souvenirs. Mais malheureusement, la porte se refermait au moment même où il arriva dans le couloir. Là, se tenaient Molly et trois enfants. Deux filles et un garçon qui lui tournaient le dos fixant la porte. Une des deux fillettes se mit alors à pleurer…
- « Papa… »
Mais le petit garçon prit sa main dans la sienne et la regarda en penchant la tête.
- « Pleure pas Sy'ielle ! Papa y va reviendir ! »
La fillette sembla se calmer et la seconde se tourna et Queudver pu la voir. Ses yeux étaient d'un noir profond et avaient une lueur malicieuse qui disait clairement qu'elle devait être une sacrée chipie. Les deux autres enfants, sans doute un frère et une sœur se tournèrent alors. La fillette avait de magnifiques yeux vert émeraude soulignées par de longs cils bruns. Bien qu'il ignorât son existence jusqu'à quelques secondes auparavant, Queudver fut certain de pouvoir dire avec précision qui était cette fillette… Elle lui ressemblait tant… Ses soupçons se confirmèrent quand son regard se posa sur son frère qui la tenait toujours par la main. Il avait terriblement changé ! Il ne l'avait pas vu depuis près d'un an et demi. Harry était décidément de plus en plus de portrait de son père… S'en était hallucinant !
Ainsi James et Lily avaient eu un deuxième enfant… Et s'il ne se trompait pas dans ses déductions, la fillette qui s'approchait désormais de lui d'un air qui n'avait rien de rassurant pour ses moustaches, devait être la fille de Sirius et Océane. Il courut alors et retourna se cacher sous les escaliers.
Il n'en revenait pas. Lui, a qui le Seigneur des Ténèbres avaient donné une mission presque sans importance se trouvait dans la même maison que l'enfant qu'Il recherchait depuis tant de temps. Il n'arrivait pas à croire à sa chance !
