Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en générale mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

Note : Les vacances approchant, je risque de ne plus pouvoir publier ma fic aussi régulièrement ! J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur si jamais l'attente et un peu plus longue que d'habitude ! La publication normale reviendra à la rentrée ! D'ici là, très bonnes vacances à vous tous !

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre cent vingt et un : Ce qu'on a toujours cherché


« Quel bonheur de trouver
Ce qu'on a toujours cherché
Quand on pense que d'autres s'ignorent
Alors qu'ils auraient pu se donner une chance
Mais faut-il rappeler
Que rien n'est acquis d'avance »
Saya ( De l'or entre les mains)

- « Tu en es absolument sur ? » Demanda le Seigneur des Ténèbres d'une voix sifflante qui glaça d'effroi Peter qui, instinctivement recula d'un pas.

- « Certain Maître… Le jeune Harry Potter côtoie régulièrement la famille Weasley. Je l'y ai vu, avec sa jeune sœur et la fille de Sirius Black. J'ai aussi appris que Arthur et Molly Weasley sont des membres de l'Ordre du Phoenix »

Sa voix était saccadée et n'était presque plus qu'un murmure. Il avait mal, très mal. Il tenait contre sa main mutilée un torchon à la propreté plus que douteuse qui était désormais imbibé de son propre sang. Quand il avait transplané pour échapper à Patmol, il était immédiatement arrivé dans la demeure du Seigneur des Ténèbres. Avant d'avoir eu le temps de demander des soins, il s'était retrouvé devant son Maître. Il avait bien réclamé des calmants et le droit de pouvoir s'occuper de sa blessure, mais le Seigneur des Ténèbres le lui avait refusé. Il lui avait uniquement accordé ce vieux morceau de chiffon pour qu'il ne tâche pas le tapis de son sang. Il avait ensuite commencé à raconter ce qu'il avait appris. C'était la troisième fois qu'il répétait les choses à son Maître qui ne laissait transparaître aucune émotion.

Peter tremblait de froid et de mal. Ses jambes commençaient à ne plus le porter, il se sentait nauséeux et fébrile. Il pensait qu'il n'allait pas tarder à s'évanouir si on ne lui apportait pas les soins nécessaires. Il n'osait pas regarder sa main emballée dans ce torchon, il n'osait pas se confronter réellement à la vérité de sa mutilation.

- « C'est donc par là-bas qu'il se cache… » murmura le Seigneur des Ténèbres avec presque de la jubilation dans la voix.

A cet instant, la porte s'ouvrit. Bellatrix et Severus entrèrent en même temps.

- « Enfin ! » Grogna le Seigneur des Ténèbres d'une voix mauvaise.

- « Rogue vient à l'instant de me prévenir ! » Lança Bellatrix d'une voix dure.

- « Je n'ai pas pu quitter Poudlard aussi rapidement que je l'aurais voulu, j'étais en compagnie du professeur Dumbledore » répondit Rogue d'un air sec et hautain.

- « Silence ! Je me fiche de vos excuses ! Mais, vous avez de la chance ! Ce que viens de m'apprendre Peter m'a mit d'excellente humeur… » lança le Mage Noir d'une voix puissante « Il a réussit à localiser le fils Potter ! »

- « QUOI ?! » S'exclamèrent Bellatrix et Rogue en un parfait ensemble.

Lord Voldemort éclata de rire avant de répondre.

- « Et oui ! Ce bon à rien de Peter, trop peureux pour réaliser la moindre mission un peu dangereuse ou technique a réussit là où vous avez échoué durant toutes ses années ! Il a trouvé Harry Potter ! »

Peter se sentit frémir. Il n'avait même pas la force de s'indigner contre ce que le Seigneur des Ténèbres venait de dire à son encontre. Il avait trop mal pour cela. La douleur engourdissait son bras et lui faisait perdre le fil de ses pensées.

- « Comment ? Où ?! » S'écria Bellatrix en s'approchant de Peter « Dis-moi où et je pars sur-le-champ le chercher ! »

- « Du calme Bellatrix ! » Lança froidement Rogue en s'approchant à son tour « Depuis quand ne prends-tu plus la peine d'attendre que notre Maître ait fini de parler avant de t'emballer pour une mission ! »

Bellatrix lui lança un regard noir et mauvais qui aurait pu faire trembler de peur n'importe qui. Mais Rogue resta impassible et se tourna vers Lord Voldemort.

- « Comment ce fait-il que Peter ait retrouvé la trace du fils Potter ? » Demanda-t-il avec intérêt.

- « Il a eu une chance monstrueuse ! » Répondit le Mage Noir comme s'il s'agissait là d'une bonne plaisanterie. « Peter se trouvait son sa forme de rat dans les bureaux du Ministère quand il a entendu Arthur Weasley parler de l'Ordre du Phoenix… »

- « Arthur Weasley ? » S'étonna Rogue avant de se tourner vers Peter.

- « Exactement. » Parvint à articuler Peter.

Il avait donné cette version au Mage Noir pour ne pas avoir à avouer qu'il avait été trop heureux de se faire adopter par une famille de sorciers plutôt que de devoir errer dans les couloirs déserts et gelés du Ministère.

- « Et il parlait de l'Ordre du Phoenix comme ça… Au milieu du Ministère ? » Insista Rogue d'un air méfiant.

- « Stupide n'est-ce pas ?! Il faut croire que les moutons de Dumbledore ne font même pas preuve de la prudence la plus élémentaire ! » Railla Lord Voldemort d'une voix moqueuse.

- « En effet… » répondit Rogue sans cesser pourtant de fixer Peter des yeux, comme s'il le soupçonnait de mentir.

- « Donc, comme Peter a surprit cette conversation, il s'est caché dans le sac de Weasley qui l'a ramené dans sa maison. Là, il s'est caché et c'est là qu'il a appris que le fils Potter et toute la marmaille de cette famille qui ne cesse de me narguer se rendaient régulièrement»

- « Il est donc chez ces Weezlee ? » demanda Bellatrix avec hargne

- « Weasley ! » rectifia Peter dans un souffle

- « Peu importe ! » S'exclama la jeune femme d'une voix agacée « Maître… » lança-t-elle ensuite en se tournant vers son Maître « Laissez-moi allez le chercher pour vous ! »

- « Bellatrix ! N'as-tu pas compris que cet enfant ne vit pas là-bas en permanence ! » Lança Rogue d'un air agacé « Ces parents l'y laissaient sans doute pour le faire garder ! Peter, les Weasley savent-ils que tu les as espionnés ? »

- « Oui, Sirius Black m'a vu et m'a reconnut ! Il m'a poursuivit et je me suis blessé ! Mais j'ai pu m'enfuir ! »

- « Saleté de Sirius ! » S'emporta Bellatrix « Toujours lui pour venir troubler nos plans ! »

- « Cela signifie donc que les Potter savent que Peter a localisé leur fils. Il y a donc peu de chance pour qu'ils continuent à le faire surveiller par cette famille ! » continua Rogue d'un ton froid « Je doute qu'il soit utile que nous nous focalisions sur ces informations... »

- « Severus, ton raisonnement est d'une logique implacable » siffla le Seigneur des Ténèbres.

- « Les gens qui tentent de protéger leurs familles sont tellement prévisibles » soupira Rogue avec dédain.

- « Tu as parfaitement raison » rétorqua le Seigneur des Ténèbres.

Peter les regardait discuter en tentant de conserver le peu de force qu'il lui restait. Mais il sentait qu'il ne pourrait plus tenir bien longtemps, il fallait que la discussion s'arrête sinon il allait s'évanouir aux pieds de son Maître.

- « Cela signifie-t-il qu'il ne faut rien tenter ?! » S'énerva Bellatrix en faisant des grands gestes de ses bras. « Nous avons une idée de l'endroit où ils peuvent vivre et nous ne tentons rien ?! »

- « Bellatrix... Aurais-tu oublié que nous autres les sorciers pouvons transplaner comme bon nous semble ? Il n'est pas dit que la famille Potter vive dans les environs de la maison des Weasley... »

- « Ne me prends pas pour une idiote Severus ! » Explosa Bellatrix qui paraissait dans une fureur noire. « Je sais très bien que les Potter ne sont pas forcément les voisins de cette famille traître à son sang ! Mais mon instinct me dit qu'ils sont dans la région... Et s'il le faut, je suis prête à mettre les environs à feu et à sang pour les retrouver ! Cela fait trop longtemps que l'on m'a donné cette mission et je compte bien la régler au plus vite ! »

- « J'aime entendre mes fidèles mangemorts parler ainsi » assura le Seigneur des Ténèbres avec un sourire mauvais « Soit, Bellatrix... Fait comme bon te semblera... Libre à toi de mettre la région à sac si tel est ton désir, mais surtout... Rapportes moi le fils Potter rapidement ! Cette mascarade a assez duré ! »

- « Il en sera fait selon vos désirs, Maître... » souffla Bellatrix en s'inclinant bien bas.

Peter tourna la tête et croisa alors le regard de Severus. Il fut surpris de voir que ce dernier semblait plutôt agacé par la discussion qui venait de se dérouler. Mais ce fut une impression tellement fugace qu'il pensa qu'il s'était trompé. Sa douleur devenant de plus en plus forte, elle le faisait sûrement délirer.

- « Tant mieux ! » Siffla le Seigneur des Ténèbres « Ne perdez plus de temps maintenant ! Vous pouvez disposer ! »

Sans plus attendre, Peter se précipita vers la sortie. Il fut le premier à franchir la porte et s'appuya contre le mur froid. Il se laissa ensuite glisser sur le sol. La douleur devenait insupportable. Il ne pensait pas être capable de regagner la salle de bain pour se soigner. Avant de s'évanouir, il vit passer devant lui Severus et Bellatrix qui lui jetèrent un regard de mépris avant de s'éloigner sans lui apporter leur aide.

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- « Mesdames, Messieurs ? Le professeur Jenner va vous recevoir, si vous voulez bien me suivre… »

Sans attendre, James se leva en même temps que Lily, Horace Slughorn et Augusta Longdubat. Tous les quatre s'approchèrent donc de la guérisseuse qui les avait appelés et la suivirent dans le couloir aux murs blanc immaculé. Par endroit, de grands cadres étaient accrochés. Tous représentaient d'éminents sorciers guérisseurs et médicomages, mais cela n'égayait en rien l'endroit car ils avaient tous le visage très sérieux et grave. James était le dernier du groupe. Il regardait devant lui sa Lily marcher d'un pas décidé et volontaire. Elle croyait tellement en son projet qu'elle se donnait tous les moyens pour le mener à bien. James se mit à sourire doucement. Il reconnaissait bien là, la très déterminée et volontaire Lily Evans dont il avait fini par se faire aimer…

Ils ne marchèrent que quelques minutes dans ce couloir morne. La guérisseuse leur ouvrit une porte verte pâle avant de les inviter à entrer dans le bureau du professeur Jenner, directeur de Ste Mangouste. Ce dernier qui était justement assis derrière son bureau se leva pour les accueillir. Il était plutôt grand et très maigre. Il portait de toutes petites lunettes carrées qui lui donnait un air grave. Cette impression était renforcée par le fait qu'il ne souriait pas du tout et que rien dans son attitude ne pouvait faire penser de lui qu'il était quelqu'un de sympathique. Il serra une à une toutes les mains qui se tendirent devant lui puis pria tout le monde de s'asseoir, faisant apparaître quelques chaises supplémentaires.

- « Je suis désolé, je ne pensais pas que vous seriez si nombreux » lança-t-il en se rasseyant derrière son bureau.

James prit place dans la chaise la plus près du bord du bureau, tout à côté de Lily qui lui adressa un faible sourire avant de redonner son attention au professeur Jenner.

- « Et bien, Mrs Longdubat, vous avez demandé à me voir et bien je vous écoute » lança le médicomage en croisant sur son bureau ses deux grandes mains avec un calme olympien.

Augusta déglutit une dernière fois avant de fixer Lily qui l'encouragea d'un signe de tête avant de répondre.

- « Et bien voilà, je viens vous voir concernant mon fils Franck et son épouse Alice »

- « Oui, je connais bien ce dossier… Des Doloris à répétitions jusqu'à la perte de l'esprit et des capacités mentales. Un cas rare et difficile » répondit le professeur Jenner.

- « Si je me souviens bien, en novembre 1981 vous m'aviez laissé entendre que vous seriez peut être en mesure de les guérir ou du moins d'améliorer leur état. Malheureusement cela n'a pas été le cas et je n'ai pu que constater que l'état de mon fils et de ma belle-fille est resté stationnaire. Aujourd'hui j'aimerais que vous me disiez comment avance vos travaux pour les guérir »

Le professeur Jenner soupira alors et s'adossa un peu plus confortablement dans le dossier de son fauteuil.

- « Madame Longdubat… Vous avez l'air de quelqu'un de bon sens et je ne vais pas vous mentir. C'est la guerre et le gouvernement ne nous verse pas autant de subventions que nous serions en droit d'espérer pour un établissement de cette taille. Vous comprendrez donc alors que notre priorité est donc les services d'urgences, de chirurgies et de tout autre secteur de notre établissement qui peut nous permettre de sauver des vies. En dehors du fait que votre fils et sa femme n'ont plus les mêmes capacités mentales qu'avant leur attaque, ils sont en bonne santé. Nous nous engageons donc à les garder sous notre surveillance, mais nous ne pouvons plus vous assurer que nous allons tenter de les guérir »

- « Ce que vous essayer de me dire » répondit-elle avec froideur « C'est que vous avez arrêté vos travaux et vos études concernant le mal dont ils sont atteints »

- « Mrs Longdubat, vous comprenez bien que lors d'une période de crise comme celle que nous traversons en ce moment, nous ne pouvons pas… »

- « Pourquoi ne vous contentez-vous pas de répondre à ma question ? » le coupa Augusta

Le professeur Jenner et elle se fixèrent un moment d'un air grave, se jaugeant du regard. Cela dura un petit moment au cours duquel le silence avait envahi la pièce. James et Lily échangèrent un bref regard, n'osant pas intervenir. Le professeur Slughorn ne semblait pas non plus très à l'aise.

- « Avez-vous arrêtez les études concernant les méthodes et les traitements qui permettraient de soigner mes enfants ? » Insista Augusta avec une telle sévérité que James ne pu s'empêcher de grimacer.

Il se surprit à penser que pour rien au monde il n'aurait voulu être la place de ce médicomage.

- « Oui » répondit justement ce dernier sans aucune once de ménagement « Oui, nous avons effectivement abandonné le projet de soigner votre fils »

Augusta Longdubat se redressa dans son fauteuil, paraissant d'un seul coup beaucoup plus impressionnante.

- « Et comptez-vous les reprendre un jour ? » Demanda-t-elle les lèvres pincées.

- « Non »

La réponse était claire, nette et précise. Mais bien que brutale, elle avait le mérite d'être franche.

- « Et puis-je vous demander pourquoi ? » Demanda Augusta avec froideur.

- « Mrs Longdubat… » soupira le professeur Jenner « Je ne pensais pas qu'il était utile de vous révéler de telles informations, mais puisque vous sembler absolument vouloir savoir, je vais devoir vous l'annoncer. Cela fait plus de deux ans que nous soignons les époux Longdubat, deux ans que nous vérifions leur état et que nous guettons le moindre progrès de leur part. Mais, même vous qui leur avez rendu visites de très nombreuses fois vous avez pu constater que leur état n'a pas évolué. Et il n'évoluera plus Mrs Longdubat. Il est temps maintenant de se résigner et de les accepter tels qu'ils sont, cela ne servirait à rien de perdre de l'argent à rechercher des traitements qui… »

- « Comment osez-vous dire cela ?! » S'emporta Augusta en se levant brusquement.
« Comment osez-vous me dire qu'il n'y a plus d'espoir alors que vous n'avez même pas mené vos recherches jusqu'au bout ?! Comment osez-vous me demander de me résigner alors que je vis chaque jour avec un petit garçon de trois ans et demi qui me demande sans cesse où sont ses parents ?! Avez-vous des enfants monsieur ? Toléreriez-vous de les voir dans l'état dans lequel se trouve mon fils et qu'on vienne vous dire que vous devez-vous en contenter ?! »

- « Augusta… » souffla doucement Lily en posant sa main sur le bras de la vieille femme « Calmez-vous, je vous en prie… Cela ne sert à rien… »

Mais James remarqua que sa femme tremblait légèrement et qu'elle était en colère. Il l'était aussi. Les propos que tenait cet homme de science avaient de quoi choquer. Le jeune homme savait qu'il était insupportable pour Augusta d'imaginer que l'hôpital ne faisait rien pour soigner son fils. Lui qui était père pouvait entièrement comprendre la colère de cette femme. Lily insista un peu plus et Augusta reprit sa place, les traits pâles et tirés.

- « Mrs Longdubat, je peux tout à fait comprendre votre colère et votre révolte, mais les choses sont ce qu'elles sont. Nous n'aurons jamais les moyens de sortir Franck et Alice de leur monde à eux » souffla le professeur d'un air grave.

Un raclement de gorge de la part d'Horace Slughorn fit tourner vers lui toute l'attention des autres personnes présentes dans la pièce.

- « Je vais maintenant me permettre d'intervenir » commença Horace. « Avant tout professeur, je me permets de me présenter, Horace Slughorn. J'ai été de très longues années au service du laboratoire d'apothicaire ''Paracelse & co.'' avant d'enseigner encore plus longtemps les potions à Poudlard. »

James ne pu s'empêcher de sourire en entendant l'air pompeux que prenait son ancien professeur pour parler de lui… Il ne changerait jamais.

- « Si je suis présent aujourd'hui, c'est à la demande de Mrs Longdubat. En effet, mon assistante, Lily Potter et moi avons mis au point une potion qui est susceptible de soigner les époux Longdubat. C'est pourquoi nous nous sommes permis d'accompagner Augusta aujourd'hui. Nous sommes prêts à vous montrer le fruit de nos travaux et nous pourrions ensemble, avec vos chercheurs, améliorer notre travail et faire progresser l'état de Franck et Alice. »

James, comme toutes les autres personnes présentes dans la pièce attendirent alors la réaction du professeur Jenner, impatient de voir la réaction qu'il aurait. Cette dernière ne tarda pas d'ailleurs, mais ne fut pas tout à fait celle qu'ils avaient espérée.

- « C'est une plaisanterie ? » Demanda-t-il avec colère.

- « Non » répondit Slughorn passablement décontenancé. « Pourquoi plaisanterions-nous sur… »

- « Vous êtes en train de prétendre, que vous êtes parvenu à un résultat que les meilleurs chercheurs du pays n'ont pas trouvé ?! » Demanda Jenner d'une voix rude.

- « Il semblerait oui… Nous avons fait des études très poussées et nous avons beaucoup étudié les mélanges des… »

- « Silence ! » S'exclama le professeur. « Je ne tolèrerais pas que l'on se moque de sujet aussi grave ! »

- « Il ne s'agit nullement d'une plaisanterie » se défendit Horace avec vigueur « Je ne me le permettrais pas ! »

- « Vous êtes donc sérieux quand vous débitez ces âneries ?! » s'indigna le professeur « Vous voulez vraiment que des membres de mon équipe de recherche se lancent dans une telle mascarade… »

- « Mais qui vous parle de mascarade monsieur ? » Gronda Slughorn d'une voix grave qui fit frémir ses grosses moustaches.

- « D'accord, très bien ! Dans ce cas si ce n'est pas une mascarade, pourquoi n'ai-je jamais entendu parlé de ces travaux ? » Demanda le professeur d'un air supérieur.

Slughorn prit alors une teinte cramoisie et c'est alors que Lily prit la parole.

- « Monsieur Jenner, si nous ne voulions pas faire part de nos travaux c'est que nous n'étions absolument pas certains du résultat. Et puis, vous savez aussi bien que nous que des travaux de cet ordre son soumis à de très nombreuses réglementations qui ralentissent énormément l'avancée de la recherche »

Le professeur Jenner hocha la tête d'un air grave, mais ne semblait pas pour autant convaincu.

- « Quoiqu'il en soit, je n'ai jamais entendu quelque chose d'aussi stupide ! » Trancha le professeur Jenner « Il est hors de question qu'on administre à mes patients une potion fabriquée à la va vite ! »

James aperçut Lily et Slughorn étouffer leur indignation. Il savait à quel point tous les deux s'étaient investi dans ces recherches et il était indigné pour eux que cet homme puisse dénigrer ainsi ce travail.

- « Monsieur, si vous nous laissiez seulement faire un essai de… » tenta alors Slughorn

- « Hors de question ! » Trancha le professeur d'un ton sec « Et maintenant, si vous n'avez rien d'autre à me dire, je vous prierais de quitter mon bureau, j'ai beaucoup de travail ! »

En voyant la déception sur le visage de sa femme, James ne put s'empêcher de ressentir un pincement au cœur. Il s'apprêtait à lui prendre la main en signe de réconfort et à se lever pour quitter le bureau de cet homme aux idées si étriquées quand la voix d'Augusta le coupa dans son élan.

- « Dans ce cas, je retire Franck et Alice de cet établissement ! » Déclara-t-elle avec fermeté.

- « Pardon ?! » S'exclama le professeur Jenner.

James fixa la vieille femme d'un air ahuri et il n'était pas le seul. Tout le monde semblait plus ou moins sous le choc, sauf Augusta qui poursuivit d'une voix calme.

- « Vous m'avez parfaitement comprise… Je retire mes enfants de votre service »

- « Mais… Mais… Vous ne pouvez pas ! » s'indigna le professeur

- « Et pourquoi donc ? Ne venez-vous pas de me dire qu'ils sont en bonne santé, que leur état est stable et que vous ne pouvez plus rien pour eux ? »

- « Si mais… »

- « Et bien dans ce cas monsieur, je vais les installer chez moi et je m'occuperais d'eux et je vous rends service et vous faisant faire des économies. Vous devriez me remercier »

- « Ne dites pas n'importe quoi ! Je sais ce que vous allez faire ! Vous allez leur administrer cette potion dont on ne sait rien et qui est peut être un poison ! Je ne vous laisserais pas faire ! »

- « Je vois mal comment vous pourriez m'en empêcher ! Je fais ce que je veux chez moi ! » rétorqua Augusta

- « Pas quand il s'agit de la santé voire de la survie de deux de mes patients ! Je vous préviens Mrs Longdubat, cette potion est peut être un poison ! »

- « Je ne pense pas » se contenta de répondre Augusta

- « Je vous préviens que si vous les retirez d'ici, je porte plainte ! » les menaça le professeur Jenner

- « Pour quel motif ? » demanda Augusta presque avec indifférence

- « Mauvais traitement, mise en danger de la vie d'autrui ! »

- « C'est ridicule ! »

- « Pas tant que ça, Mrs Longdubat ! Ils disent eux même qu'ils n'ont pas terminé les essais ! Et si cette potion était un poison ? Si elle ne faisait qu'empirer leur état ?! » S'énerva le professeur « Vous risquez Azkaban pour les avoir empoisonnés ! Vous risquez tous Azkaban ! »

James vit clairement Lily se raidir. Elle n'était pas la seule. Le professeur avait jeté un grand froid dans la salle.

- « En plus, vous ne pourrez jamais payer tous les soins ! Cela demande beaucoup, beaucoup d'argent ! C'est de la folie ! »

- « L'argent, je m'en charge ! » Déclara James en se levant « Professeur, pourriez-vous nous laisser un moment en privé s'il vous plait. »

Le professeur le fixa un moment et se leva.

- « Ne faites pas cette folie ou vous le regretteriez ! » Cracha-t-il avant de quitter la pièce.

Une fois que la porte fut refermée, James s'accroupit devant sa femme et prit ses mains dans la sienne.

- « Ca va ? »

Elle était pâle et tendue.

- « Il veut nous envoyer à Azkaban… » murmura-t-elle

- « Seulement si la potion cause du tort à Franck et Alice… Il n'aura rien contre nous si tout fonctionne bien » lui répondit-il « Tu es sur de ton travail »

- « à 90 pour cent… »

- « Alors moi aussi… » murmura-t-il

- « Cela signifie-t-il que vous êtes prêt à prendre le risque ? Que vous engager Jasire là dedans ? » demanda Augusta

- « Seulement si Lily est d'accord » lui répondit James

- « Je ne voudrais pas qu'on fasse de bêtises… Je pense aux enfants… » murmura Lily

- « Tu pensais aussi à Neville en faisant cette potion Lily ! Moi j'ai confiance en ton talent et je sais que tu seras capable de voir si la potion fait du mal à Franck et Alice et que tu feras cesser le traitement, j'ai confiance en toi » lui assura James

- « Moi aussi ! » Assura Augusta en posant sa main sur l'épaule de la jeune femme.

Lily se mit à sourire légèrement et retrouva un peu de couleur.

- « Professeur, vous êtes toujours d'accord ? » demanda James à Slughorn

- « Puisque tout le monde est convaincu de notre réussite… Bien sur » répondit-il d'un air sans doute un peu moins calme qu'il ne l'aurait voulu.

- « Dans ce cas Augusta, vous pouvez aller régler les détails de la sortie de Franck et Alice avec le professeur Jenner ! » Lança James en serrant un peu plus les mains de sa femme dans les siennes.

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- « Ce sera tout pour aujourd'hui » déclara Remus « Pour la prochaine fois je voudrais 10 centimètres de parchemin sur la manière dont vivent les Strangulots »

Dans un fracas de chaises qu'on tire sur le sol et de pupitres que l'on referme précipitamment, les élèves quittèrent la salle de classe. Debout à côté de son bureau, Remus les regardait partir un à un en souriant. Ses cours se passaient très bien. Il avait établit un bon contact avec ses élèves et il en était ravi. Il aimait de plus en plus enseigner et partager son savoir.

- « Professeur ? » Demanda une petite fille qui s'était approchée de lui sans qu'il s'en rende compte.

- « Oui » répondit le jeune homme en baissant les yeux pour l'apercevoir.

Il était toujours étonné de voir que les troisièmes années étaient encore si petits… Il était persuadé qu'au même âge, il était lui-même beaucoup plus grand.

- « Je suis désolée d'avoir raté votre cours la semaine dernière, mais madame Pomfresh ne voulait pas me laisser sortir de l'infirmerie »

- « Ce n'est pas grave Miss Hockings, il ne faut pas jouer avec sa santé, vous avez bien fait de prendre du repos »

- « Oui, mais comme je n'étais pas présente, je n'ai pas bien compris le cours sur les animagi que j'ai raté… Je me demandais si vous pourriez me l'expliquer quand vous aurez le temps… »

Remus se mit à sourire.

- « Bien sur, mais pas ce soir, je n'ai pas beaucoup de temps devant moi. Demain soir, vers 17 heures ça ira ? » demanda-t-il

- « Ce sera parfait professeur ! Merci beaucoup ! » S'exclama la jeune fille en lui faisant un sourire éblouissant.
« Au revoir ! »

- « Au revoir »

Remus la regarda quitter la pièce, amusé. Ce cours sur les animagi avait sans doute été le plus amusant qu'il ait jamais fait. Ses élèves l'avaient regardé avec de grands yeux ronds quand ils l'avaient vu en parler avec tant d'aisance. Un jeune garçon lui avait même demandé comment il pouvait si bien connaître son sujet. En mentant, il lui avait expliqué que plus jeune, ce sujet l'avait passionné et qu'il l'avait beaucoup étudié. Il avait bien sur ''oublié'' de préciser qu'il avait poussé trois de ses amis à en devenir et qu'il avait suivit avec attention chacune des étapes de leur transformation en animagi.

Il attrapa son sac rapiécé qui se trouvait sur la table et le plaça sous son bras. Il quitta la salle puis le château sans passer par la salle des professeurs. Il n'avait pas vu Rogue de la journée, mais cela ne le gênait pas. Depuis qu'il avait été nommé professeur de Défenses contre les Forces du Mal, il avait été particulièrement désagréable avec lui. Remus savait que l'ancien Serpentard convoitait ce poste depuis longtemps et il comprenait que sa nomination l'ait agacé, mais tout le même. Rogue ne mâchait pas ses mots quand il se trouvait en sa présence. Sous couvert de sous-entendu, il évoquait sa lycanthropie et Remus avait de plus en plus de mal à garder son sang froid. La proximité de la Pleine Lune ne l'aidait en rien. Il avait beau savoir que ses autres collègues ne pouvaient pas comprendre ses pics répétés, cela le rendait sur les nerfs, c'est pourquoi il préférait autant que possible, éviter de le rencontrer. Une fois en dehors du parc de l'école, il regarda attentivement autour de lui pour vérifier que personne ne pouvait le voir et il transplana. Il se trouva instantanément devant la maison des lycanthropes. Tous les jours après son travail, il avait pris l'habitude de passer ici une fois qu'il avait quitté Poudlard. Il venait rendre visite à Debae pour lui tenir compagnie. Il savait que la jeune femme s'ennuyait. De plus elle était encore un peu déprimée par ce qui c'était passé lors de sa première mission pour l'Ordre. Et, étant donné qu'elle avait toujours été présente à ses côtés quand il avait passé des périodes difficiles, il voulait lui rendre la pareille. Il poussa la porte de la maison sans prendre la peine de frapper. Chacun ici était libre de ses allées et venues.

- « Bonsoir Remus ! » Lança un lycanthrope depuis le salon.

- « Bonsoir ! » Lui répondit-il en prenant les escaliers.

Il monta à l'étage en moins de temps qu'il ne faut pour le dire et s'arrêta devant la porte de la chambre de Debae. Il frappa à la porte quelques coups secs et attendit.

- « Entrez ! » Lança la voix de la jeune femme depuis l'intérieur.

Sans attendre d'avantage, il poussa la porte et pénétra dans la pièce. Debae était assise à la petite table qui meublait sa chambre. Elle était en train de lire un livre quand il avait frappé et le jeune homme la vit glisser un marque page dans son ouvrage avant de le refermer.

- « C'est donc toi ! Bonsoir professeur Lupin ! » lança-t-elle en souriant

- « Bonsoir Debae ! Tu as passé une bonne journée ? » demanda-t-il en s'installant en face d'elle

- « Comme d'habitude, il ne s'est rien passé de bien amusant… » murmura Debae

Remus soupira.

- « Ca m'embête… »

- « Tu n'y es pour rien. Je tourne un peu en rond en ce moment, encore plus que d'habitude à cause de… enfin, tu sais bien, ça me rend nerveuse ! »

Remus hocha la tête. Il savait qu'elle voulait parler de la Pleine Lune, lui aussi sentait la tension monter au fur et à mesure que la date fatidique approchait.

- « Tes élèves ont été gentils aujourd'hui ? » Demanda la jeune femme qui voulait sans doute changer de sujet.

- « Oui, ils ont bien travaillé et j'ai bien avancé… D'ailleurs, je suis curieux de voir ce qu'ils m'ont rendu… »

Remus posa alors son vieux sac sur ses genoux, l'ouvrit et en sortit une pile de parchemin qu'il posa sur la table.

- « Tu vas les corriger maintenant ? » demanda Debae d'une voix amusée

- « Ca t'embête ? »

- « Non, pas du tout ! » Répondit la jeune femme en souriant.

Remus tira alors sa plume de son sac et prit la première copie.

- « Ca porte sur quoi ? » Demanda Debae d'un air intéressé.

- « Les principaux mauvais sorts de gardes… J'ai demandé 50 centimètres de parchemins aux septièmes années… »

- « Ca à l'air dur ! » murmura la jeune femme en se levant pour s'approcher un peu plus

- « Ils ont tous choisi de continuer ma matière pour leur orientation. Ils en auront sans doute besoin dans leur métier… Et puis, il y a plein de livre sur le sujet à la bibliothèque de l'école ! » répondit Remus en souriant

- « Dans ce cas… »

La jeune femme s'était placée juste derrière lui et lisait par-dessus son épaule, elle était assez près de lui. Remus était en train de souligner en rouge un passage un peu confus de la copie qu'il était en train de corriger quand il sentit quelque chose lui effleuré le cou… Quelque chose comme une mèche de cheveux. Surpris, il tourna sa tête pour voir si c'était bien cela quand tout à coup…

Une paire de lèvres de posèrent sur les siennes. Elles étaient douces et tièdes. C'était une sensation agréable mais qui prit totalement le jeune homme au dépourvu. Paralysé par la surprise, il ne bougea pas. Ce fut donc elle qui mit fin au baiser. Elle éloigna son visage du sien et le fixa avec une lueur d'espoir.

- « Debae… pourquoi… Pourquoi tu as fais ça ? » Demanda Remus d'une voix blanche.

- « Oh ! » S'exclama la jeune femme en sursautant « Je… je… Je ne sais pas… Je pensais que… que tu en avais envie aussi… » avoua-t-elle en baissant les yeux.

Remus fut choqué par ce qu'il venait d'entendre. Comment avait-elle pu se faire une telle idée ?

- « Je… Je veux dire… est-ce que c'est ma faute ? Est-ce qu'à un quelconque moment je t'ai fait croire que je voulais, que je souhaitais… »

Cette situation le gênait tellement, qu'il se sentait horriblement mal.

- « Je suis désolée Remus… » murmura Debae « Mais bon, tu devais tout de même te douter de quelque chose non ? Tu le savais que tu me plaisais ? »

Remus resta estomaqué devant la nouvelle. Non,il ne s'était rendu compte de rien. Il l'avait toujours considéré comme une amie, une amie et rien de plus. Mais maintenant qu'il y repensait, il aurait en effet pu avoir la puce à l'oreille à de maintes reprises… Il émit un vague grognement que Debae sembla considérer comme un oui.

- « Par Merlin ! Je suis idiote ! J'aurais du comprendre que je ne te plaisais pas ! » Se lamenta la jeune femme en cachant son visage dans ses mains « J'ai honte ! Comment ai-je pu croire que je te plaisais ! »

- « Debae ! » Lança Remus.

Certes, il n'imaginait pas que la jeune femme et lui puisse avoir une relation, mais il ne voulait pas la laisser se dénigrer comme ça.

- « Ne dis pas de pareilles choses ! Tu es charmante, vraiment, je le pense ! Tu as plein de qualité et tu es vraiment une fille bien mais… »

- « Je sais… Lily m'a un peu parlé de ton chagrin d'amour. C'est ça qui t'a poussé à venir dans la communauté… » murmura la jeune femme

Remus soupira. Pourquoi Lily ne s'était pas tue ?

- « Elle n'aurait pas du te parler de ça ! » grogna le jeune homme d'un air grave

- « Je suis désolée si tu es fâché » murmura Debae

- « Ce n'est pas de ta faute… Ni celle de personne d'ailleurs ! Ce qui est fait est fait ! Tu es au courant, on ne peut pas revenir en arrière ! » Répondit-il un peu avec humeur.

Il se leva alors et se posta face à Debae.

- « Ecoute, je suis désolé, mais je ne vais pas pouvoir répondre à tes avances » souffla-t-il

- « J'avais compris » murmura-t-elle avec un petit sourire triste « Mais au moins j'aurais essayé… » souffla-t-elle

- « Debae… , je sais que ça fait un peu bête, mais j'espère qu'on continuera à être ami malgré tout. Je t'apprécie beaucoup tu sais, mais pas comme tu aimerais… »

- « Bien sur qu'on restera ami ! » lui assura la jeune femme avec un sourire forcé « Au moins maintenant je suis fixée… »

Ils restèrent un moment en silence à se regarder. Puis sentant que l'atmosphère devenait trop lourde pour lui Remus décida de partir.

- « Je vais y aller… » souffla-t-il en ramassant ses copies à la va-vite et en les fourrant dans son sac.

Debae hocha la tête.

- « A bientôt » lança-t-il en quittant la pièce.

- « A bientôt » répondit Debae sans faire le moindre mouvement.

Remus dévala les marches des escaliers trois par trois et se hâta de quitter le demeure. Une fois dehors, il transplana aussitôt et arriva devant la maison des Potter. Vu les évènements, une petite discussion avec Lily s'imposait. Il frappa à la porte et Dobby ne tarda pas à lui ouvrir. Il lui indiqua que sa maîtresse se trouvait dans le salon. Remus s'y rendit aussitôt.

- « Bonsoir ! » Lança-t-il, faisant lever les têtes vers lui.

D'un même geste, Harry et Syrielle se levèrent pour aller l'accueillir. Le jeune homme dû s'accroupir pour les embrasser et se releva avec sa filleule dans les bras. La petite fille adorait lui faire des câlins et passer du temps avec lui et il ne s'en plaignait absolument pas, elle était tellement adorable…

- « Comment vas-tu ? » Demanda Lily alors qu'il venait de s'installer dans le fauteuil en face d'elle.

- « Bien, mais j'ai besoin de discuter avec toi… » annonça-t-il d'un air grave « Qu'est-ce que tu as été raconter à Debae ? »

La jeune femme perdit son sourire pendant quelques secondes avant de poser le magasine qu'elle tenait dans ses mains et s'approcher un peu plus du bord de son canapé.

- « A quel propos ? » demanda-t-elle

- « A propos de moi, à propos de Kat… » souffla-t-il

C'était la première fois depuis longtemps qu'il prononçait son prénom et cela lui fit mal.

- « Je lui ai juste dit que tu avais beaucoup souffert de ta précédente rupture et que c'était pour cela que tu avais voulu t'éloigner un peu d'ici. Je ne lui ai rien dit de plus, je ne me le serais pas permis, Remus… »

Le jeune homme hocha la tête. Il la croyait quand elle disait qu'elle n'avait pas été plus précise sur la nature de sa rupture… Lily était quelqu'un de confiance.

- « Rien d'autre ? » demanda-t-il

- « Je lui ai aussi dit qu'elle était charmante et que vous aviez l'air de très bien vous entendre… Pourquoi ? »

- « Elle vient de m'embrasser » répondit Remus

- « Par Merlin ! » S'exclama Lily, visiblement ravie « C'est vrai ?! »

- « Bien sur que c'est vrai ! Et je ne me suis jamais sentit aussi mal de ma vie ! Lily, je ne veux pas sortir avec Debae ! Je ne sais pas ce que tu as pu lui dire ou ce que j'ai pu faire pour qu'elle croit que… Mais, bon sang, ce n'est qu'une amie ! Rien qu'une amie ! »

- « Pourquoi tu ne veux pas te donner une chance avec elle ? » demanda Lily d'une voix douce

- « Comme ça… Ca ne se contrôle pas ! Je n'ai pas envie d'être autre chose que son ami »

- « Remus, tu es tout de même d'accord avec moi pour dire que Debae est une fille bien »

- « Oui, bien sur ! »

- « Qu'elle a beaucoup de charme et qu'elle est jolie »

- « Oui »

- « Qu'elle a de l'humour et qu'elle est adorable… »

- « Oui »

- « Que vous vous entendez très bien »

- « Oui »

- « Alors pourquoi tu ne veux pas tenter l'aventure avec elle ? »

Remus se contenta de hausser les épaules, les sentiments ne se contrôlaient pas et il ne savait pas pourquoi l'idée de fréquenter plus intimement Debae ne lui disait absolument rien…Mais c'était ainsi et pas autrement.

- « Tu l'aimes encore ? »

Remus se raidit d'un seul coup et fixa Lily d'un air grave et étonné.

- « Pardon ? » demanda-t-il dans un souffle

- « Tu aimes encore Kathleen… »

Ce n'était pas une question. Lily affirmait ce qu'il avait cru si bien cacher depuis des mois. Il avait beaucoup du mal à se l'avouer lui-même, mais en effet, il avait encore des sentiments très forts pour Kathleen et l'entendre dire de la bouche de quelqu'un d'autre lui donna l'impression qu'on venait de lui planter un couteau dans le cœur et qu'on s'amusait à triturer sa chair avec un malin plaisir. Il ferma les yeux et Lily comprit qu'il s'agissait d'un aveu.

- « Remus… » soupira-t-elle

Le jeune homme ouvrit les yeux et la fixa d'un air désolé.

- « Malgré tout le mal qu'elle t'a fait… ? »

- « Je n'y peux rien… » murmura Remus qui se sentait terriblement misérable en ce moment.

Lily se leva alors et vint s'accroupir devant lui et prit ses deux mains dans les siennes.

- « Il faut que tu parviennes à tourner la page… Je sais que c'est plus facile à dire qu'à faire, mais tu dois te sortir de ça ! Tu es parti pour l'oublier, ça n'a pas réussit, il va falloir que tu fasses face maintenant. Il faut que tu l'oublies d'une manière ou d'une autre… Tu ne penses tout de même pas qu'il y a encore de l'espoir entre toi et Kat ? »

- « Non, bien sur que non ! Je sais qu'entre elle et moi ce n'est pas possible, je la dégoûte ! Mais malgré tout… Je l'ai tellement aimé Lily, tellement… Et je l'aime encore, je n'arrive pas à l'oublier »

Lily soupira et tapota ses genoux tendrement.

- « Tu y arriveras… Et tu y arriveras sans doute plus facilement si tu penses à autre chose et que tu t'intéresses à d'autre… »

- « Je ne sortirais pas avec Debae ! » Trancha Remus avec fermeté.

Lily hocha la tête.

- « Pas forcément elle… Mais je voudrais te voir sortir et rencontrer d'autres filles »

Remus la fixa d'un air grave.

- « J'essayerais, je te le promets » souffla Remus « Mais laisse-moi du temps… »

- « Oui… Mais j'aimerais tellement te voir heureux » murmura-t-elle

- « Je sais… » se contenta de répondre Remus en lui offrant un demi-sourire.