Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en général mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

Note 1 : J'ai terminé de rédiger cette histoire en mai 2007. Il n'y a donc dans cette fiction AUCUNE INFORMATION concernant Harry Potter and the Deathly Hallows. Je n'ai fait qu'émettre des suppositions sur ce qui aurait pu se passer. Si par hasard j'avais deviné quelque chose, c'est que je possède un Troisième Œil très efficace !

Par respect pour l'auteur ( qui n'a pas encore lu le dernier tome des aventures de Harry) et les lecteurs pour qui se serait aussi le cas, je vous demande de ne faire AUCUNE ALLUSION au septième tome dans vos reviews… Ne gâchez pas le plaisir de ceux qui ne savent pas lire l'anglais svp !

Note 2: Toutes mes excuses pour cette attente dans la mise en ligne de mes chapitres, mais ce sont les vacances…

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre cent vingt trois : Un certain standing


« Un smoking clair (…)
Pour les premières, les réceptions
Faire admirer sa panoplie
De snob accompli
Être toujours là où il faut
Dire ce qu'il faut
Quand il le faut»
Monty

- « Maman… Oh ! »

Face à son miroir, Lily se mit à sourire tout en terminant d'appliquer un fin trait de crayon noir sous ses yeux. Dans le reflet, elle venait d'apercevoir Harry entrer dans la salle de bain et la regarder avec surprise et de grands yeux émerveillés.

- « Qu'est-ce qu'il y a mon chéri ? » Demanda-t-elle en se retournant et en souriant.

- « T'es belle ! »

Lily se mit à sourire encore plus et s'accroupit pour se mettre à la hauteur de son petit garçon.

- « Merci mon amour ! » Murmura-t-elle en tendant les bras.

Le petit garçon vint s'y blottir et Lily déposa un tendre baiser sur sa joue.

- « Ca me fait très plaisir ce que tu m'as dit. Tu es très gentil et je t'aime fort » murmura-t-elle

Elle le serra encore un peu plus contre elle et sentit les petites mains de Harry se glisser autour de son cou. Elle se redressa et le souleva doucement.

- « Tu seras bien sage avec tonton Sirius et tata Océane ce soir, n'est-ce pas ? Tu ne feras pas de bêtises… »

- « Je veux viendir » grogna le petit garçon contre son cou.

- « Tu sais bien que ce n'est pas possible. C'est une soirée pour les grandes personnes… »

Harry grogna encore un peu plus et se serra contre elle. Lily caressa doucement le dos de son fils.

- « Il faut bien que tu restes ici pour t'occuper de ta petite sœur et de ton petit frère… » chuchota-t-elle contre son oreille.

Harry se détacha un peu d'elle et la regarda en souriant.

- « Tu pourras faire ça ? » Demanda la jeune femme en souriant à son petit garçon.

- « Vi ! »

- « Je le savais » lui lança-t-elle avant de l'embrasser sur le bout de son nez.

- « Lily, tu es prête ? » Demanda alors James en entrant dans la salle de bain.

- « Oui » répondit la jeune femme en posant son menton sur la tête de son fils.

- « Il y a un problème ? »

- « Non… Harry et moi avons eu une petite discussion et il m'a promis d'être sage et de bien veiller sur Syrielle et Jack… » répondit la jeune femme en adressant un clin d'œil à son fils.

- « C'est très bien tout ça ! » Lança James en souriant et en posant sa main sur le dos de son petit garçon. « Mon cœur, il faut y aller… Je dépose les enfants chez Sirius et on y va ? »

- « D'accord » répondit la jeune femme en embrassant une dernière fois son fils avant de le reposer sur le sol.

- « Allez viens bonhomme » lança James en prenant la main de Harry dans la sienne.

Ils quittèrent alors la salle de bain, imités par Lily qui les suivit jusque dans la chambre de Jack où Syrielle se trouvait, appuyée contre le berceau sur la pointe des pieds en train de regarder son petit frère qui gazouillait doucement.

- « Allez les enfants ! On y va ! » Lança joyeusement James en entrant.

Lily s'approcha alors du berceau et se pencha pour embrasser et caresser doucement la joue de son petit bébé avant de dire au revoir à sa fille qui lui déposa un énorme baiser mouillé sur la joue.

- « A demain mes anges… » souffla la jeune femme tandis qu'elle regardait ses enfants et son mari quitter la chambre.

Elle regagna sa chambre et se regarda dans le grand miroir de l'armoire. Cela faisait longtemps qu'elle ne s'était pas vue ainsi. Elle portait une très longue robe noire légèrement décolletée aux fines bretelles. La robe était assez simple, mais élégante et cela lui suffisait. Après avoir eu trois enfants, la jeune femme n'éprouvait pas le besoin de s'afficher dans des robes trop provocantes ou trop osées et de toute façon, James la préférait comme cela.
Elle s'installa sur le lit et d'un geste de baguette elle fit venir à elle sa paire de chaussure à talon. Elle les enfila rapidement et se releva une nouvelle fois pour regarder son reflet dans le miroir.

- « Par Merlin ! Mademoiselle, vous êtes charmante ! » S'exclama alors la voix de James.

Lily se retourna et le vit, accouder contre la porte, les bras croisés et son sourire séducteur qu'elle aimait tant aux lèvres.

- « C'est madame… » lui répondit-elle en s'approchant de lui, feignant l'indifférence.

- « Votre mari doit être un homme très heureux et très chanceux » souffla le jeune homme en lui attrapant la taille et en l'attirant contre lui.

- « Je ne sais pas, il faudrait le lui demander… » lui répondit-elle en effleurant son cou de ses lèvres.

- « Oh que oui ! » Répondit James avant de l'embrasser.

Lorsqu'ils se séparèrent, la jeune femme soupira doucement.

- « Tu es magnifique… Tu es inquiète ? » demanda-t-il en replaçant une de ses mèches de cheveux

- « Un peu… » avoua la jeune femme en hochant la tête.

- « On ne risque rien tu sais… »

- « Je sais… Mais je ne peux pas m'empêcher d'appréhender un peu. Ca fait quand même longtemps qu'on n'est pas sorti et encore plus qu'on est pas aller à une soirée de ce genre. »

- « Je sais… Ce n'est pas non plus mon genre de sortie préféré… Mais tu sais ce que le professeur Dumbledore a dit… Il faut qu'on nous voit à des soirées mondaines loin d'ici pour faire croire qu'on habite loin de la région »

- « Je sais tout ça, chéri » assura Lily en souriant faiblement

- « Mais on va peut être bien s'amuser » murmura James en s'éloignant un peu d'elle mais en glissant sa main dans la sienne.

- « Peut être… Allons-y ? »

- « Allons-y »

Tous les deux quittèrent alors leur chambre et leur maison qu'ils refermèrent soigneusement avant de transplaner. Ils devaient se rendre à une grande soirée mondaine à l'autre bout du pays. Elle était organisée par un illustre sorcier de la haute bourgeoisie. Un homme d'affaire influent qui n'était pas ouvertement mangemort ni ouvertement contre le Seigneur des Ténèbres. Il ne s'occupait que de son profit, faisant affaire avec ceux qui lui permettaient de s'enrichir. James et Lily arrivèrent devant la grande demeure, illuminée de mille feux où se déroulait la soirée. Lily sentit James lui enlacer la taille et l'entraîner vers le majordome qui attendait devant l'entrée.

- « Bonsoir » lança-t-il poliment « James et Lily Potter » annonça-t-il.

Le majordome consulta un long parchemin avant de relever la tête vers eux.

- « Bienvenue monsieur et madame Potter… »

Il leur désigna alors la porte d'entrée et après lui avoir adressé un signe de tête, James la conduisit à l'intérieur de la grande maison. A peine furent-ils entrés, que deux elfes de maison apparurent et les débarrassèrent de leurs vestes avant de leur indiquer une grande porte, richement décorés de motifs dorés, qui était ouverte juste devant eux. Le bras de James toujours encerclant sa taille, Lily pénétra alors dans l'immense pièce où se tenait la réception. Elle ne put alors s'empêcher de regarder tout autour d'elle avec surprise. De sa vie, elle n'avait jamais vu d'endroit aussi luxueusement décoré. Tout semblait être en or. La salle était gigantesque et en son centre, se trouvait une piste de danse légèrement surélevée sur laquelle plusieurs couples de danseurs évoluaient avec grâce, mêlant le bruit des étoffes de leur vêtement qui se frôlaient à la musique que jouaient des musiciens placés un peu plus loin. Au fond de la pièce se tenait un buffet copieusement garni de mets en tout genre qui paraissaient aussi succulents les uns que les autres. Des tables étaient disposés ça et là dans la pièce et les convives se déplaçaient de l'une à l'autre pour y retrouver leurs amis et connaissances.

- « C'est impressionnant… » murmura Lily sans cesser de regarder tout autour d'elle.

- « N'est-ce pas ?! » lui répondit James en souriant doucement « Il faut dire qu'il a sortit le grand jeu… Je ne me souviens pas avoir vu tant de luxe aux soirées du Ministre lui-même… »

La jeune femme hocha la tête doucement. Elle sentit alors son mari défaire son étreinte, mais faire glisser sa main de sorte à ce qu'il trouve la sienne. Leurs doigts s'entremêlèrent rapidement et après avoir échanger un regard, tous les deux arpentèrent lentement la salle. Contrairement à James, Lily ne connaissait personne. Ce qui était normal vu qu'elle n'avait pas grandi, comme son mari, dans ce milieu de la bourgeoisie sorcière. Régulièrement, James saluait d'un discret signe de mains des sorciers assez âgés. Il s'empressait alors de lui glisser à l'oreille le nom de ces personnes que Lily tentait de retenir… La plupart avaient connu William Potter, le père de James qui avait été un personnage plutôt influent dans la Communauté. James ne les avait rencontrés que lorsqu'il accompagnait son père à ses rendez-vous. Tout en marchant, Lily et lui se trouvèrent rapidement devant le buffet.

- « Tu veux boire quelque chose mon cœur ? » Demanda James en se tournant vers elle.

- « La même chose que toi s'il te plait » répondit-elle en lâchant sa main et en se retournant pour observer encore une fois cette magnifique salle.

Elle se faisait l'effet d'être une princesse de conte de fée.

- « Tiens » souffla soudain James en lui tendant une flûte de champagne rempli d'un liquide doré et pétillant. « Pour une fois… » ajouta-t-il en voyant les sourcils de sa femme se froncer légèrement.

La jeune femme se mit à sourire et porta sa coupe à ses lèvres. Maintenant qu'elle n'allaitait plus Jack, elle pouvait se permettre de boire une petite coupe de champagne.

- « Par la barbe du grand Merlin ! » S'exclama soudain une voix non loin d'elle « Ne serais-ce pas James Potter ? ».

Lily se retourna en même temps que son mari pour fixer l'homme qui venait de parler. Son visage lui rappelait quelque chose, mais elle aurait été bien incapable de se souvenir du nom de cet homme.

- « Si, c'est bien moi » répondit James avec un sourire poli « Je suis content de vous voir, monsieur Noether. Cela fait longtemps »

- « Oh que oui, mon garçon ! Cela fait très longtemps que je ne t'aie pas vu ! On dirait que tu boudes ce genre de soirée ! Ma parole, te cacherais-tu ? »

« Exactement » pensa Lily en hochant la tête, cet homme avait vu juste.

- « Je suis très occupé, je n'ai plus le temps de sortir » se contenta de répondre James d'un air indifférent « Vous souvenez-vous de ma femme, Lily ? » demanda-t-il en tournant sa tête vers elle « Il me semble vous avoir déjà présenté… »

- « Evidemment ! Comment oublier une si belle femme… » lança Noether en se penchant pour lui faire un baisemain.

En un éclair, tout devint clair dans la tête de Lily. James l'avait présenté à cet homme, un vieux collaborateur de son père et Don Juan invétéré, lors d'une réception au Ministère tandis qu'ils étaient en mission pour l'Ordre. Cette dernière c'était d'ailleurs soldée par une attaque de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom et une nuit à l'hôpital pour Sirius, James et elle.

- « Vous êtes toujours aussi charmante madame… C'est un délice de vous connaître… »

- « Monsieur Noether ! » Souffla James un peu sèchement tandis qu'il serrait un peu plus sa femme contre lui « Comment va votre épouse ? »

Comprenant la manœuvre de James pour le faire cesser de tourner autour de sa femme, le vieux sorcier se mit à sourire largement.

- « Elle va très bien, mais est un peu fatigué en ce moment, elle n'est pas des nôtres ce soir »

- « Quel dommage ! » lança James « Vous lui transmettrez mes amitiés… »

- « Je n'y manquerais pas… » lui assura Noether

- « Lily, tu m'accordes une danse ? » Demanda alors James à sa femme qui acquiesça d'un signe de tête.

Après avoir rapidement salué monsieur Noether, Lily se laissait entraîner jusqu'à la piste de danse, puis enlacer par son mari qui semblait bien décidé à prouver à toute l'assemblée qu'elle n'était plus un cœur à prendre.

- « Il m'agace toujours autant » souffla James tandis qu'il l'entraînait pour une valse.

- « Surtout quand il me parle » lui répondit Lily alors qu'il guidait ses pas sur la musique.

- « Je ne peux pas m'en empêcher… » murmura le jeune homme en se penchant vers elle pour l'embrasser « N'y pensons plus »

Lily hocha la tête et se laissa aller au rythme de la musique. Cela faisait tellement longtemps qu'il ne l'avait pas fait danser. Elle adorait cela pourtant. Elle se souvenait parfaitement que c'était lors d'un bal qu'ils avaient enfin cessé de jouer au chat et à la souris… Enfin, qu'elle avait cessé de le faire languir pour être plus précise. Elle se mit à sourire largement tandis que James la faisait tournoyer autour de la piste.

- « J'avais oublié à quel point tu dansais bien » murmura-t-elle au bout d'un moment.

- « Tu ne te débrouilles pas trop mal non plus » lui assura-t-il en souriant.

- « Je ne fais que me laisser guider… »

- « Maman a toujours voulu que je sois un bon danseur… Elle me forçait à suivre des cours quand j'étais petit et plusieurs heures tous les étés quand je suis entré à Poudlard… Je détestais ça ! Ma seule consolation a été que Sirius y ai droit lui aussi à partir du moment où il s'est installé chez nous ! »

Cette pensée le fit rire et Lily le regarda avec tendresse.

- « Elle a bien fait ta mère, de te forcer un peu… » chuchota-t-elle

- « Elle refusait que je passe mes journées à faire du Quidditch » se contenta de répondre le jeune homme.

Lily posa alors sa tête sur le torse de son mari tandis qu'une nouvelle valse débutait. James ne semblait pas décidé à arrêter de danser, et elle en était ravie.

- « Quand la guerre sera finie, je t'emmènerais danser aussi souvent que tu le désireras » lui promit-il dans un souffle.

- « En attendant, nous devons nous contenter d'attendre et de nous battre… » lui répondit-elle sur le même ton.

- « Et en ce qui concerne ce soir… » lança James en arrêtant de danser pour lui prendre la main « Nous faire voir par un maximum de gens… »

- « Tu penses qu'il va falloir que nous fassions ça très souvent ? » Demanda Lily tandis qu'ils quittaient la piste de danse pour s'engager parmi les tables des convives.

- « Aussi souvent qu'il le faudra pour que Bellatrix l'apprenne et qu'elle arrête de rôder autour de Loutry Ste Chaspoule… »

Lily ne pu s'empêcher de frissonner.

- « Ne t'en fais pas ma Lily, elle ne nous aura pas cette sale folle hystérique » lui assura James d'un air convaincu « Et pour le moment, dis-toi qu'il y a pire comme mission… »

Et il l'entraîna jusqu'à la table où il avait aperçut un éminent membre du Ministère.

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Ce matin là, Remus fut réveillé par un rayon de soleil qui lui tapait dans l'œil. Ce dernier, qui filtrait à travers une fissure du lourd volet qui condamnait la pièce lui indiqua que l'aurore venait de poindre. Il étira son corps douloureux et se releva avec précaution, une Pleine Lune venait de passer. Il grogna un peu en sentant ses jambes encore un peu faibles vaciller tandis qu'il reprenait son équilibre. Le jeune homme entendait les autres râles et gémissement de ses semblables. Tous les lycanthropes qui avaient rejoint le camp du professeur Dumbledore avaient passé la Pleine Lune ensemble, dans le sous-sol de leur demeure spécialement prévue à cet effet. Il s'agissait en fait d'une vaste pièce, dans laquelle, quelques paravent solide et fixer avec d'excellent sort offraient un peu d'intimité à ceux qui le désiraient. Remus était derrière l'un d'eux. Nu, comme après chaque transformation, il récupéra sa baguette qu'il avait cachée sous une des lattes du plancher avant sa transformation et fit apparaître d'un simple sort de quoi le rendre plus présentable. Il était venu se réfugier derrière ce maigre abri quand il s'était sentit redevenir humain…

Ce n'était pas la première Pleine Lune qu'il passait en compagnie de ces compagnons. Mais les fois précédentes, ils étaient tous et toutes au cœur d'une forêt épaisse qui offrait de multiples cachettes pour préserver sa pudeur. Il était heureux que le professeur Dumbledore ait pensé à ce genre de détail. Remus tendit alors l'oreille et fit plus attention aux bruits qui l'entourait. De toutes parts, il entendait des grognements de douleurs, des chuchotements et le bruit des étoffes qui se défroissent ou se frôle… Des sons extraordinairement humains comparé à tous ceux qu'ils avaient pu pousser durant la nuit… Remus ferma les yeux et secoua la tête. Comme tous les matins de Pleine Lune, il préférait ne pas penser à ce qu'il avait vécu en tant que Lunard, le loup-garou. Il s'efforçait, si tôt sa transformation achevée, de se concentrer et ne plus penser à la bête qui dormait en lui.

- « Remus ? » Souffla soudain une voix derrière le paravent.

Le cœur de Remus s'accéléra un peu. C'était Debae. Depuis que la jeune femme lui avait avoué qu'elle avait un faible pour lui, il se sentait gêné en sa présence, mal à l'aise. Il avait surtout peur de la froissée ou de la vexée. Mais il appréciait qu'elle le considère encore comme un ami. Il aurait eu de la peine si elle avait préféré ne pas le revoir.

- « Je vais bien ! » Lui informa le jeune homme alors qu'il se rendait compte qu'elle attendait une réponse « Et toi ? »

- « Ca va pas trop mal… Je suis exténuée… » lui répondit-elle.

Remus contourna alors le paravent pour la rejoindre. La jeune femme avait les traits tirés et elle était très pâle. Remus se surprit à penser qu'il devait être dans un état semblable. En la voyant, il ne pu s'empêcher de la revoir, sous sa forme de lycanthrope. Elle avait un beau pelage fauve qui soulignait ses pupilles qui prenaient une couleur dorée. Cela le perturbait un peu. Il n'avait jamais, à proprement parlé, vu de loups-garous, car il en était un lui-même. Vivre dans cette communauté lui avait enfin appris ce que vivait James et Sirius à chaque fois qu'il lui tenait compagnie. Il se mit à sourire. Ces amis avaient bien insisté pour l'accompagner lors de cette Pleine Lune, mais Remus avait fermement refusé.

Tenir compagnie à un loup-garou lorsque l'on est deux animagi est une chose, mettre deux animagis en compagnie d'une horde de loups-garous en était une autre… Remus savait parfaitement que certain de ses compagnons ne se seraient pas contenter de les voir évoluer parmi eux et même si, ils n'auraient pas pu les mordre et les transformer en l'un des leur, qui sait ce que l'enfermement de ces êtres, par nature prédateur, aurait pu avoir sur ses deux amis. Aidé de Lily et Océane, Remus n'avait pas eu beaucoup de difficulté à convaincre Sirius et James de le laisser seul en compagnie de ses nouveaux amis. En plus, James et Lily devaient se rendre à une soirée ce soir là.

- « Tous va bien Remus ? » Redemanda Debae en posant sa main sur son bras.

- « Oui, oui… Je suis en train de rêver » s'excusa le jeune homme en lui souriant faiblement « Je crois que moi aussi j'ai besoin de sommeil »

La jeune femme hocha la tête et d'un commun accord, tous les deux quittèrent le sous-sol. Arrivés devant la porte d'entrée, Remus s'arrêta.

- « Je vais rentrer chez moi, repose-toi bien »

- « Merci, toi aussi… Passe me voir dans la soirée si tu es en forme »

- « J'essayerais » lui promis Remus « Sinon, je passerais demain dans la journée. »

La jeune femme lui adressa un maigre sourire et déposa un léger baiser sur sa joue avant de monter les escaliers sans se retourner une seule fois. Remus se mit à soupirer. Il aurait tant voulu avoir lui aussi des sentiments pour la jeune femme, tout aurait été bien plus simple… Mais il ne l'aimait pas, et il n'y pouvait rien. Il s'en voulait un peu de lui faire de la peine, mais il ne se sentait ni la force, ni l'envie de sortir avec elle si c'était uniquement pour lui faire plaisir. Il secoua un moment sa tête pour en chasser ses pensées et quitta la grande demeure. Il transplana immédiatement pour son petit studio du cœur de Londres. Il sortit le trousseau de clé de sa poche rapiécée et ouvrit sa porte en un rien de temps. Il avait faim, mais pas le courage de se faire à manger. Il se contenta donc d'un reste de pain qu'il avait laissé sur la table de sa cuisine avant d'aller s'écrouler sur son lit où il s'endormit aussitôt.

Lorsqu'il se réveilla enfin, il faisait grand jour et son estomac criait famine. Remus jeta un rapide coup d'œil à son réveil et constata qu'il était près de deux heures de l'après midi. Il se leva et étira son corps encore tout courbaturé de sa dernière nuit. Il regarda tout autour de lui et ressentit le besoin de prendre un peu l'air. Sa décision fut rapidement prise. Il se leva, attrapa sa veste et quitta son studio. Il se rendit sur le Chemin de Traverse. Là, il acheta de quoi calmer son estomac indigné qu'il l'ait fait attendre si longtemps et se promena un peu sur l'allée sorcière. Il y avait peu de monde. Avec la guerre, et le sentiment d'insécurité qui ne quittait plus les esprits, rares étaient ceux qui osaient sortir de leur maison pour flâner dans les rues. Remus soupira et enfonça ses poings profondément dans ses poches. Il s'ennuyait ici aussi, mais en même temps, il n'avait pas spécialement envie de voir du monde. Il détestait les lendemains de Pleine Lune. Il était totalement perturbé, presque incapable d'avoir une idée précise de ce dont il avait envie. Ces jours là, il errait plus qu'il ne vivait et rien ne lui déplaisait autant. Machinalement, et comme à chaque fois qu'il ne se sentait pas dans son assiette, le jeune homme décida d'aller rendre visite à ces meilleurs amis. Il transplana donc une nouvelle fois.
Il arriva dans un bosquet non loin des deux maisons et termina la route d'un bon pas. Il apercevait la maison de James dont les volets étaient fermés et qui semblait vide de tout occupant. Cela l'étonna un peu, d'habitude, à cette heure de la journée, James et Lily auraient du se trouver chez eux. Il se dirigea alors vers la maison de Sirius. A peine venait-il de pénétrer dans le jardin que la voix d'Océane le fit sursauter.

- « Tu ne devrais pas être chez toi en train de te reposer ? »

Remus se tourna vers elle en souriant. Elle se tenait debout devant lui, un lourd livre calé contre elle d'un de ses bras, l'autre étant occupé à porter ce qui semblait être un transat. Son ventre de plus en plus gros la devançait joliment.

- « Tu n'es pas censée ne rien devoir porter de lourd ? » Lui demanda-t-il en ignorant sa question et en s'approchant d'elle pour la décharger.

- « Je peux encore me débrouiller toute seule » lui répondit-elle en le laissant faire.

- « Tu es une tête de mule »

- « Un peu comme toi ! » Lui rétorqua-t-elle « Pourquoi n'es-tu pas dans ton lit en train de dormir ? »

Remus se mit à sourire. Il avait été très optimiste de croire que la jeune femme avait oublié sa première question.

- « Je me suis suffisamment reposé, rassure-toi. Je m'ennuyais chez moi alors je suis venu faire un tour… Où faut-il que je te dépose tout ça ? » Demanda-t-il en désignant le transat d'un signe du menton.

- « De l'autre côté, sous l'arbre… » lui répondit-elle en souriant « Je me suis dit que j'y serais bien pour lire un peu »

- « Toujours la recherche des objets fétiches des Quatre Fondateurs ? » Demanda Remus en lui emboîtant le pas.

- « Oui et je sèche ! Je suis quasiment venu au bout de ce grimoire et je n'ai rien trouvé… Je commence un peu à me demander si je trouverais un jour » soupira-t-elle

- « Bien sur ! » Lui assura le jeune homme « Tu fais un travail formidable. Lily ne devait pas t'aider »

- « Elle m'aide ! » Lui assura la jeune femme « Mais avec bébé Jack et les deux autres, elle n'a pas beaucoup de temps à consacrer à la lecture. Ca demande du calme »

- « Je n'en doute pas et à ce propos où sont les Potter ? »

- « Chez eux… Ils dorment ! » Répondit la jeune femme avec un grand sourire « James et Lily sont rentrés tard de leur soirée et ils étaient exténués donc ils ont demandé à ce qu'on ne les dérange pas et qu'on les laisse faire la sieste aujourd'hui ! Ca a donné des idées à Sirius qui doit être en train de ronfler comme un bien heureux avec Lalyh… »

- « Et toi tu travailles… Ma pauvre » plaisanta Remus en installant le transat sous l'arbre qu'elle lui désignait.

- « Je me repose suffisamment rassure-toi ! Quand Sirius est là, il ne me laisse rien faire, il dit que j'ai besoin de repos ! »

- « Ne me dis pas que tu t'en plains ?! »

- « Non, j'aime quand mon chéri est aux petits soins avec moi » avoua-t-elle avec un petit sourire malicieux.

Remus pouffa légèrement et s'installa dans l'herbe près du transat dans lequel Océane prenait place. Il avait gardé le grimoire et l'ouvrit à la page marquée par la jeune femme. Elle était arrivé presque au bout de l'ouvrage.

- « C'est du vieil anglais ! » S'exclama-t-il alors « Ca doit être long à lire ! »

La jeune femme se contenta de hocher la tête.

- « Tu n'as rien trouvé de plus récent ou de plus complet ? » demanda-t-il

- « Pas à Fleury et Bott en tout cas ! Il commence à en avoir assez que j'aille chez eux tout le temps pour leur demander la même chose ! Les vendeuses ne prennent même plus le temps d'attendre que je leur expose ce que je veux ! Elles me disent tout de suite qu'elles n'ont rien de nouveau concernant Poudlard ! Je pense que je vais demander au professeur Dumbledore l'adresse de quelques autres grandes librairies dans le pays et je ferais des commandes »

Remus hocha la tête tandis qu'il faisait glisser ses doigts sur le vieux papier, craquelé par endroit de l'ouvrage. Quand soudain, il lui vint une idée.

- « Tu as pensé à la Réserve ? » Demanda-t-il en se tournant vers elle.

- « La Réserve ? »

- « A Poudlard ! »

Océane se redressa d'un bond et le fixa avec de grands yeux ronds.

- « Par Merlin ! Non ! Je n'y avais pas pensé du tout ! Tu crois qu'il pourrait y avoir des choses intéressantes ? Oh mais c'est certain ! Mais comment y accéder ? Je vais demander au professeur Dumbledore de me faire un mot et… »

- « Minute ! » La coupa Remus en souriant « Il te suffit d'un mot d'un professeur de Poudlard pour y accéder n'est-ce pas ? »

Océane hocha la tête.

- « Un mot du professeur de Défense Contre les Forces du Mal ça t'irait ? » demanda-t-il malicieusement

- « Par Merlin ! J'avais totalement oublié que tu y étais professeur ! Je n'arrive pas à me faire à cette idée !! C'est génial Remus ! Si nous y allions tout de suite… Oh… Tu as peut être envie de te reposer aujourd'hui »

- « Je me suis suffisamment reposé, je te l'ai déjà dit ! » Lui assura le jeune homme en souriant « Laisse un mot à Sirius pour qu'il ne s'inquiète pas et je t'emmène à Poudlard ! »

Il aida la jeune femme à se relever. Elle paraissait tellement impatiente que Remus avait l'impression de se retrouver face à une petite fille. Océane se dépêcha d'aller griffonner un mot à son mari et moins de vingt minutes plus tard, tous les deux parcouraient les couloirs du château de Poudlard en direction de la bibliothèque. Remus sentait Océane fébrile à côté de lui.

- « Ca va ? » demanda-t-il

- « Très bien ! » Lui assura-t-elle en souriant « Mais j'ai l'impression que ça fait des siècles que je ne suis pas venue ici ! »

Le jeune homme se mit à sourire et rapidement tous deux se trouvèrent devant la porte de la bibliothèque.

- « Taisons-nous maintenant » chuchota Remus « Madame Pince est toujours aussi sévère »

Océane se mit à sourire et le jeune homme la laissa passer la première. Tous les deux se dirigèrent sans plus attendre jusqu'au bureau de la vieille bibliothécaire qui les regarda s'approcher en fronçant les sourcils.

- « Bonjour » lança Remus avant qu'elle n'ait eu le temps de parler la première « Je suis le professeur Lupin et j'accompagne Mme Black, qui a besoin d'effectuer des recherches dans les ouvrages de la Réserve »

- « Black ?! » Couina la vieille femme en fronçant un peu plus les sourcils et Remus soupira.

La réputation de James et Sirius auprès de cette femme était encore loin d'être effacée.

- « Elle était élève ici avant » précisa Remus pour tenter de rattraper cette affaire « Océane Daquaria… »

La réputation d'une gentille petite élève de Serdaigle faisait-elle le poids face à celle de l'incontrôlable Sirius Black ? Remus en doutait fortement. Mme Pince n'avait pas l'air très décidée à les laisser passer. Mais il était professeur malgré tout ! Il allait asseoir son autorité.

- « Mais peu importe, je lui donne l'autorisation de consulter tous les manuels qu'elle souhaitera dans la Réserve » décréta-t-il d'un ton qu'il espérait sans appel.

- « Mais ce n'est pas une élève et le professeur Dumbledore et moi-même ne voulons pas que… »

- « Elle est sous ma responsabilité ! » la coupa Remus d'un ton sec

Mme Pince le fixa un moment d'un air mauvais, cherchant sans doute un argument irréfutable pour les empêcher d'entrer mais, n'en trouva aucun car c'est avec un soupir fortement agacé qu'elle les laissa passer.

- « Merci » souffla doucement Océane en passant près d'elle.

- « Je vous préviens, si vous en abîmer un seul … » les menaça la bibliothécaire.

- « Ne vous en faîtes pas ! » La coupa une nouvelle fois Remus en posant sa main sur le dos de son amie pour l'inciter à aller plus vite.

En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, tous les deux furent à l'abri du regard inquisiteur et suspicieux de la vieille bibliothécaire.

- « Toujours aussi aimable… » grogna Remus à voix basse tandis qu'Océane se mit à pouffer doucement.

- « Il faut dire que les Maraudeurs ne l'ont pas épargnées de leur temps… » lui lança-t-elle d'un air malicieux.

- « Certain plus que d'autre, madame Black ! » Lui rétorqua-t-il en insistant sur le dernier mot.

Pour toute réponse, la jeune femme lui tira la langue et tous les deux se mirent à rire.

- « SILENCE ! » Hurla alors Mme Pince depuis son bureau.

Les deux amis se turent instantanément, un peu penaud, mais toujours très amusés. Ils se tournèrent alors vers les rayonnages et choisirent chacun plusieurs livres poussiéreux qui ne semblaient pas avoir été ouvert depuis des années et des années. Ils allèrent ensuite s'installer à la table la plus à l'écart de la bibliothèque. Remus s'installa en face d'Océane et la regarda ouvrir le premier ouvrage avec curiosité et envie. Elle aimait apprendre des choses et la voir aussi ravie de se lancer dans un ouvrage amusait beaucoup le jeune homme. Il la vit alors sursauter légèrement et relever les yeux vers lui.

- « Tu ne travailles pas… les jours comme celui-ci, n'est-ce pas ? » Demanda-t-elle à voix basse.

Remus appréciait la discrétion dont elle faisait preuve pour parler de la Pleine Lune.

- « Non je ne travaillais pas aujourd'hui » lui répondit-il en souriant.

- « Mais… si jamais tes élèves te voient ?! Ils vont se poser des questions ?! » s'inquiéta-t-elle

- « Ne t'en fais pas » la rassura Remus « C'est samedi aujourd'hui, il n'y avait pas classe »

- « Oh ! C'est vrai ! » Lança Océane en souriant « Mais quand… quand tu ne peux pas travailler, qui te remplaces ? »

- « Et bien… Ca n'a encore jamais été le cas, mais je pense que ce serait Severus » murmura Remus après avoir un peu réfléchit.

- « Severus ?! »

- « Oui, il a souvent demandé au professeur Dumbledore le poste de Défense Contre les Forces du Mal… Mais il ne l'a jamais obtenu… »

- « Pourquoi ? » Demanda la jeune femme.

- « Je ne sais pas » avoua Remus.

- « Mais… »

- « SILENCE ! Ou professeur ou pas je vous expulse de cette bibliothèque ! » Hurla Mme Pince depuis son bureau.

Océane grimaça alors et Remus soupira.

- « Tu ferais bien de te mettre à lire tout ça… » chuchota-t-il en poussant vers elle un des lourds ouvrages.

La jeune femme hocha la tête et se plongea sans plus tarder dans sa lecture.

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La porte du bureau directorial s'ouvrit dans un grincement qui fit relever la tête du professeur Dumbledore. Perdu dans les innombrables parchemins qu'il était en train de lire, il aurait été bien incapable de dire si l'on avait frappé à la porte ou pas. Néanmoins, c'est avec un sourire aimable qu'il s'apprêtait à accueillir la personne qui n'allait plus tarder à entrer. C'était Argus Rusard. Le concierge tenait dans sa main une petite pile de parchemins soigneusement reliés.

- « Professeur » lança-t-il de sa voix rauque « Voici le courrier »

- « Merci Argus » répondit le professeur en se levant et en allant à sa rencontre.

Il voyait pourtant au fur et à mesure qu'il se rapprochait de lui, que l'homme semblait troublé.

- « Y a -t-il un problème ? » S'enquit alors le directeur en tendant la main pour recevoir sa correspondance.

- « Non, enfin... C'est à dire que... Je crois qu'il y a eu une erreur professeur » lança enfin le concierge en le fixant.

- « Quelle erreur ? » Demanda poliment le professeur Dumbledore.

Il vit alors le concierge, extirper de sous sa robe de sorcier un magasine aux couleurs chatoyantes.

- « Vous avez reçu ceci... » murmura Rusard avec une once de dédain dans la voix.

Curieux, le professeur Dumbledore se saisit de l'exemplaire qu'il lui tendait et en lu le titre : " Nuit Sorcière, le magasine des meilleurs soirées du pays". Le professeur Dumbledore se mit à sourire avant de se tourner vers son concierge.

- « Non, Argus, il n'y a pas d'erreur. J'ai bel et bien demandé un abonnement à cet hebdomadaire... »

La stupeur et l'incrédulité qui ravagèrent immédiatement le visage du concierge de Poudlard fut à cet instant tellement drôle que le professeur Dumbledore lui-même se demanda s'il aurait la force de ne pas se mettre à rire.

- « Vous... vous... vous lisez ce genre de chose ?! Vous ?! » S'indigna Rusard, le visage devenu entièrement rouge tandis qu'il s'exclamait avec de grands gestes désordonnés.

- « Oui Argus... » se contenta de répondre le professeur en prenant bien garde de contrôler son sourire amusé qui menaçait de jaillir sur ses lèvres « Je trouve ce genre de lecture follement divertissante... »

Il y eut alors un très long moment de silence. Abasourdi, Argus Rusard fixait le professeur Dumbledore avec l'expression d'un poisson rouge que l'on vient d'extirper de son bocal. Le professeur quant à lui, le regardait avec une amabilité polie, attendant patiemment qu'il se remette de sa stupeur. Après quelques minutes, il vit le concierge secouer plutôt violemment sa tête et reprendre une allure plus digne. Sans doute acceptait-il la nouvelle comme une étrangeté de plus de la part du directeur de Poudlard. Il se contenta de s'incliner et quitta la pièce sans ajouter un mot, en haussant les épaules. Une fois que le professeur vit la porte se refermer entièrement sur le concierge, il laissa échapper un léger rire, amusé. Imaginé que Rusard le voit désormais comme un fanatique de la presse à scandale le distrayait au plus haut point.

Plus sérieusement ensuite, il retourna à son bureau derrière lequel il s'installa. Posant de côté le reste de son courrier, composé pour l'essentiel de publicité, il prit entre ses mains le magasine à scandales. Il l'ouvrit et trouva rapidement le sommaire. De son long doigt fin, il chercha dans la liste ce qui l'intéressait. Lorsqu'il le trouva enfin, il se rendit à la page indiquée et se mit à scruter la page. Il lui fallut peu de temps pour trouver ce qu'il cherchait. Sur la page de droite, en haut, dans un coin une photo de taille moyenne se trouvait. Sur celle-ci, on distinguait nettement James et Lily, main dans la main, visiblement en grande conversation avec l'organisateur de la soirée. Ils se tournèrent alors vers lui et tous les deux lui adressèrent un petit signe de la main avant de se replonger dans leur discussion. Le professeur Dumbledore se mit à sourire doucement et ayant trouvé ce qu'il souhaitait, referma le magasine. Il l'ensorcela et alla le poser près de la cheminée. La prochaine fois qu'il souhaiterait allumer un feu, il aurait là du papier de premier choix.

Il croisa ses deux mains au-dessus de son bureau. Après avoir passé tant d'année à se cacher, pour se protéger et protéger Harry, James et Lily avaient été très étonnés de le voir leur demander d'assister le plus possible à des soirées mondaines de ce genre. Avoir été photographié à cette fête, à l'autre bout du pays ne pourrait être que bénéfique pour eux. Car il ne faisait aucun doute que les mangemorts à leurs trousses, Bellatrix en tête, seraient ravis d'avoir une piste pour les localiser. C'était certes un plan un peu hasardeux, mais il n'en avait pas trouvé d'autre. Aussi espérait-il qu'il marcherait. Mais pour mettre toutes les chances de leurs côtés, il faudrait que James et Lily renouvellent cette sortie aussi souvent que nécessaire afin que Bellatrix dédaigne la région de Loutry-Ste-Chaspoule dans ses recherches.

Le professeur Dumbledore prit alors un morceau de parchemin et une de ses plumes et entreprit d'écrire aux époux Potter pour leur annoncer que son plan avait marché. Il plia ensuite la lettre, y apposa le sceau de Poudlard et ensorcela le morceau de papier afin qu'il se détruise si une personne autre que James ou Lily ne puisse le lire. Il le posa sur un bord de son bureau, il irait la porter à la volière plus tard. Pour l'instant, il avait d'autres soucis en tête. Il se leva une nouvelle fois de derrière son bureau et se dirigea vers la porte. Il sortit et attendit que la gargouille se referme entièrement avant de reprendre sa marche dans les couloirs de l'école. En ce dimanche matin, il ne rencontra personne. Les élèves étaient encore confortablement installés sous leurs couettes, plongés dans le sommeil. Enfin il l'espérait…

Après quelques minutes de marche, il arriva dans une aile du château où personne ne venait jamais. Il préféra pourtant s'en assurer avant de s'y engouffrer. Mais personne ne se trouvait dans les parages. Il reprit donc son chemin et pénétra dans le couloir sombre dont le plafond était orné d'une belle collection de toile d'araignée… Consciencieusement, le professeur Dumbledore compta quatre portes avant de s'arrêter. Celle qui se trouvait devant lui était large et haute. Sa poignée était en forme de tête de lion argentée. Il y posa alors son doigt sur la lourde porte en bois de chêne massif et se mit à tracer des symboles compliqués. La poussière s'ôtait au fur et à mesure que son doigt parcourait la surface lisse. Lorsque le professeur Dumbledore eut terminé de dessiner ses formes compliquées, il tira sa baguette de sa poche et la tapota doucement en murmurant l'incantation nécessaire. Bientôt, les traces laissées dans la poussière devinrent brillantes. Le professeur Dumbledore passa alors sa main droite devant, dans un mouvement bien lent. Là, comme si la porte l'avait reconnu, elle s'ouvrit lentement sans le moindre bruit. Le professeur Dumbledore jeta alors un sort à la porte pour la recouvrir de poussière, effaçant ainsi les symboles qui lui avait permis de l'ouvrir, il ne fallait pas qu'il courre le moindre risque de voir quelqu'un découvrir ce secret.

Il entra alors dans la pièce qui était plongée dans la pénombre. Il fit quelques pas supplémentaires et entendit derrière lui la porte se refermer et se verrouiller automatiquement. C'est à cet instant seulement que la lumière fit son apparition dans la pièce. Elle était chaude et douce et provenait des quelques torches accrochées au mur.
L'endroit était carré et plutôt petit. Installés au centre, se trouvaient plusieurs socles supportant des cubes de verres. Dans chacun d'eux se trouvait un Horcruxe. Le professeur Dumbledore s'approcha du plus proche. A travers le verre transparent, il observa le journal intime de Tom Jedusor. C'était lui-même qui l'avait placé ici quelques mois auparavant et depuis lors il n'y avait plus touché. Il n'était pas entièrement certain que Voldemort ne ressentirait rien si on détruisait les morceaux de son âme maudite. Il fit quelques pas supplémentaires et observa tout autour de lui les trois socles qui se dressaient devant lui. Le journal, le médaillon de Serdaigle, la dague de Pouffsouffle… Tant d'objet aussi rare qu'ils étaient maudits et dangereux. Pourtant le professeur Dumbledore ne voulait pas les détruire tout de suite. Il attendait de les avoir tous récupéré avant de tous les détruire, s'assurant ainsi le plus possible la victoire du Bien contre le Mal. Il craignait en effet, que s'il détruisait les trois Horcruxes qu'il possédait déjà et que le Seigneur des Ténèbres ne s'en rende compte et décide de mieux cacher ses trois autres morceaux d'âme. Ils étaient déjà suffisamment dur à trouver ainsi… Il soupira et laissa courir ses doigt sur chacune des trois protection en verre…

Tom Jedusor, Helga Pouffsouffle et Rowena Serdaigle étaient représentés dans ses macabres trophées. Si les hypothèses de Dumbledore étaient exactes, il ne leur manquait plus qu'une représentation de Godric Gryffondor, et de Salazar Serpentard… Ajouté à cela le serpent Nagini qui ne semblait plus quitter le Seigneur des Ténèbres au dires de Severus Rogue et ils auraient là les six morceaux d'âmes « externes » de Tom Jedusor… C'est donc dans cette direction qu'il fallait chercher…

Océane faisait beaucoup de recherche dans ce sens, mais il comptait bien y participer lui-même en cherchant sur le terrain. Bien sur, cela impliquait qu'il devrait souvent laisser son école seule et donc pour cela augmenter le dispositif de sécurité et même monter une équipe de surveillance spéciale composée de membres de l'Ordre du Phoenix, mais il était prêt à le faire. Cette guerre avait déjà trop duré, il était grand temps qu'elle cesse.

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Au risque de me répéter :

Par respect pour l'auteur ( qui n'a pas encore lu le dernier tome des aventures de Harry) et les lecteurs pour qui se serait aussi le cas, je vous demande de ne faire AUCUNE ALLUSION au septième tome dans vos reviews… Ne gâchez pas le plaisir de ceux qui ne savent pas lire l'anglais svp !