Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en général mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

Note 1 : J'ai terminé de rédiger cette histoire en mai 2007. Il n'y a donc dans cette fiction AUCUNE INFORMATION concernant Harry Potter and the Deathly Hallows. Je n'ai fait qu'émettre des suppositions sur ce qui aurait pu se passer. Si par hasard j'avais deviné quelque chose, c'est que je possède un Troisième Œil très efficace !

Par respect pour l'auteur les lecteurs qui n'ont pas encore eu la chance de lire le tome 7, je vous demande de ne faire AUCUNE ALLUSION au septième tome dans vos reviews… Ne gâchez pas le plaisir de ceux qui ne savent pas lire l'anglais svp !

Note 2: Toutes mes excuses pour cette attente dans la mise en ligne de mes chapitres, mais ce sont les vacances…

Note 3 : Pour répondre à certaines reviews (anonymes ou pas…) je vous annonce ici que « Ce qui aurait pu se passer » est une fic de 156 chapitres, dont deux épilogues ! Voilà, vous savez tout !

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre cent vingt quatre : Ta petite sœur


« Ô mes filles (…) , mes reines,
Sans perles, sans robes à traîne,
Vous êtes mon bonheur, et mes peines
Vous êtes mes amours »
Arletty ( Deux sous d'violettes)

- « Maman ! Papa ! Maman ! Papa ! »

- « Elle va crier encore longtemps ?! » Grogna Sirius en cachant sa tête sous son énorme oreiller « Par Merlin, il est encore tôt ! »

- « Elle va continuer tant que quelqu'un n'ira pas la chercher » répondit simplement Océane en replaçant un peu plus confortablement la grosse couette sur elle.

- « Et si j'ai bien compris c'est moi qui dois y aller ? » Grogna une nouvelle fois Sirius en relevant la tête, ses yeux encore gonflés de sommeil.

- « Je porte notre seconde fille, tu peux bien aller chercher la première non ? » Rétorqua la jeune femme en se tournant pour planter son regard dans le sien.

- « Excuse facile ! » Souffla Sirius en se redressant.

- « J'ai le droit d'en profiter un peu quand même ! » Répondit la jeune femme en lui lançant un regard malicieux.

Pour toute réponse, elle eut droit à un grognement tandis qu'il se leva. Elle le regarda grimacer tandis qu'il marchait pieds nus sur le carrelage gelé. Il quitta rapidement la chambre et Océane ramena à elle son oreiller contre lequel elle se blottit, il portait son odeur et elle respirait à plein poumon. Elle resta ainsi un petit moment avant d'entendre revenir son mari et sa fille.

- « Alors comme ça, ça t'amuses de réveiller Papa le matin ? Tu trouves ça drôle ?! »

La petite fille riait aux éclats ce qui fit sourire Océane, elle vit bientôt la porte s'ouvrir. Sirius avait posé Lalyh sur ses épaules et cette dernière avait noué ses mains sous le menton de son père pour ne pas tomber. Le jeune homme se laissa alors tomber à genoux sur le matelas et délicatement décrocha sa fille qu'il serra contre lui avant de se laisser tomber à la renverse sur le lit. La petite fille se mit à rire de plus belle. Allongée sur le torse nu de son papa, elle tourna sa tête dans la direction de sa maman.

- « Bonjour ma chérie » murmura Océane en tendant la main pour caresser la tête de sa fille « Tu as fait un gros dodo ? »

Lalyh hocha doucement la tête de haut en bas. Elle enfonça alors son pouce dans sa bouche et rampa un peu pour trouver une position un peu plus confortable. Une fois bien installée comme elle le voulait, elle laissa échapper un petit grognement qui fit rire son père.

- « C'est une grande paresseuse… » lança-t-il en remontant la couverture de sorte à recouvrir convenablement sa fille.

- « Comme toi » souffla Océane en se dépêchant de venir se blottir contre son mari.

Elle déposa un baiser sur la petite joue de sa fille dont les grands yeux noirs étaient grands ouverts et la fixaient avec intensité.

- « Je suis peut être paresseux, mais ce matin, aucune d'entre vous n'a l'air de s'en plaindre ! » Rétorqua Sirius avant de bailler à s'en décrocher la mâchoire.

- « Maman… » souffla alors Lalyh en se relevant et en tendant les bras vers Océane.

- « Viens me voir mon trésor » souffla la jeune femme en accueillant sa fille dans ses bras.

Mais la fillette remuait ses jambes un peu trop près du ventre rond où grandissait sa petite sœur.

- « Fais attention à mon ventre chérie » souffla Océane avant de dégager une mèche de cheveux qui tombait sur les yeux de Lalyh.

La petite fille baissa alors la tête en direction du ventre de sa maman et le regarda un moment avant de s'exclamer.

- « Gros ventre Maman ! »

Surprise, la jeune femme se tourna vers Sirius qui fixait leur fille avec de grands yeux ronds.

- « Je rêve, où elle vient de te dire que tu étais grosse ?! » Demanda-t-il avec un mince sourire aux lèvres.

- « Je crois plutôt qu'il est grand temps qu'on lui explique ce qui se passe ! » Lança Océane en se redressant, Lalyh toujours blottie contre elle.

- « Tu crois ? » demanda le jeune homme, visiblement mal à l'aise

- « J'en suis sûre ! Et tu sais quoi, c'est toi qui va le faire »

- « Moi ?! Mais, mais…. Océane ! »

Sa voix était presque suppliante, ce qui amusa beaucoup la jeune femme.

- « Je suis sure que tu t'en tireras très bien ! » lui assura-t-elle en lui tendant leur fille « Lalyh, écoute bien, Papa va t'expliquer quelque chose… »

La petite fille les regarda alors, Sirius et elle, alternativement, l'air très curieuse. Sirius prit une grande inspiration et ferma les yeux. Océane n'était pas sure qu'il allait le faire. En lui proposant cela, elle avait surtout voulu voir comment il allait réagir. S'il ne s'en sentait vraiment pas capable, elle n'insisterait pas. Mais elle voulait tout de même qu'il essaye. C'est pourquoi, elle fut ravie de le voir rouvrir les yeux.

- « Bon, écoute-moi princesse… » commença-t-il.

Un sourire radieux naquit sur les lèvres d'Océane.

- « En ce moment tu es une petite fille, mais avant tu étais un tout petit bébé. Tout petit, petit, petit… »

- « Comme Dza ? » Demanda Lalyh.

- « Oui, comme Jack » répondit Sirius en souriant « Donc, tu étais bébé et avant encore, tu étais dans le ventre de Maman, c'est elle qui t'a gardé bien au chaud le temps que tu te… fabriques ? »

Il lança un regard sceptique à Océane qui hocha la tête en souriant. Il sembla un peu rassuré.

- « Donc voilà, tu as été fabriquée dans le ventre de Maman, parce que Papa et Maman se sont… enfin ont… euh…. »

- « Parce que Papa et moi on s'est aimé très fort » l'aida Océane en posant doucement sa main sur la joue de sa fille.

- « Merci… » souffla Sirius en soupirant.

Lalyh continuait à les fixer avec attention, l'air très concentrée.

- « Et en fait » continua Sirius en la replaçant un peu mieux sur ses genoux « Comme Maman et moi ont est toujours très amoureux et qu'on a continué à s'aimer très très fort, il y a un autre bébé qui a poussé dans le ventre de Maman… Je me sens ridicule ! » Lança-t-il enfin à l'encontre d'Océane qui se rapprocha un peu plus de lui.

- « Moi je trouve que tu t'en tires très bien ! Tu es parfait » lui répondit-elle avant de planter un baiser sur sa joue.

- « Mouais » souffla Sirius avant de se tourner une nouvelle fois vers sa fille « Donc voilà pourquoi le ventre de Maman est un peu gros, c'est pour que la petite fille qui est dedans ait bien de la place »

- « Tu vois mon ange, tu vas avoir une petite sœur » continua Océane en souriant « Ca veut dire qu'il y aura quelqu'un de plus petit que toi dans la maison, tu vas devenir grande, tu vas pouvoir nous aider un peu à nous occuper d'elle. Et quand tu seras plus grande, elle pourra jouer avec toi, ça sera bien, tu verras »

- « Oui ! Ce sera bien ! » Confirma Sirius en souriant « Parce que j'aurais deux petites princesses à aimer très fort ! »

En disant ces mots, il souleva Lalyh et vint placer son ventre au niveau de son visage. Il embrassa le ventre à travers le pyjama en faisant de grand bruit. La fillette éclata de rire et se mit à débattre joyeusement. Sirius la fit tomber sur le lit et vint se placer à quatre pattes au-dessus d'elle.

- « Je crois que je vais te manger pour mon petit déjeuner ! » lança-t-il joyeusement

Lalyh le fixa alors, les yeux brillants et un large sourire aux lèvres. Océane les regarda avec tendresse, en caressant négligemment son ventre.

- « Alors je peux te manger ? » continua Sirius avant de montrer ses dents en grognant

- « Naaaaaaaan ! » S'écria la petite fille en riant.

- « Oh ! Moi je crois pourtant que je vais te croquer une petite main quand même ! » Lança le jeune homme en baissant la tête.

- « Maman ! » Hurla Lalyh en donnant des coups de pieds.

Océane se glissa alors près d'elle sur le dos et Sirius passa son bras de sorte à la surplombée aussi.

- « Je ne te laisserais pas faire sans réagir ! » Prévint Océane en tentant le plus possible de paraître menaçante, mais elle n'arrivait pas à ne pas sourire. « Avant de t'attaquer à elle, il faudra d'abord que tu t'en prennes à moi ! »

- « Oh, s'il n'y a que ça ! » Lança Sirius en souriant deux fois plus.

Il se pencha doucement vers elle et captura tendrement ses lèvres. Océane noua ses mains autour de la nuque de son mari pour approfondir le baiser.

- « Baaah ! »

Le cri de dégoût de leur fille les firent cesser tous les deux. Ils échangèrent un regard amusé avant de se mettre à rire de bon cœur. Océane tourna la tête et regarda sa fille qui s'était assise sur le lit et qui les observait en grimaçant.

- « J'ai quand même bien le droit d'embrasser ta mère ! » Lui lança Sirius en souriant.

Il se pencha d'ailleurs vers Océane et l'embrassa une nouvelle fois, moins fougueusement tout de même que la fois précédente. La réaction de Lalyh ne se fit pas attendre.

- « Baaaark ! »

Cette fois ci la fillette avait plaqué ses deux mains devant ses yeux pour ne pas regarder. Océane se redressa alors sur ses coudes tandis que Sirius s'asseyait sur ses talons, à genoux devant elles.

- « Ce n'est rien chérie » murmura Océane en souriant en prenant sa fille dans ses bras « C'est pour se montrer qu'on s'aime… Ce n'est pas dégoûtant… »

- « Regarde-nous ! » Souffla Sirius en souriant.

La petite fille écarta alors ses doigts et les regarda avec méfiance. Après avoir vérifié que rien ne choquait sa pudeur, elle croisa ses bras sur son ventre.

- « Je crois qu'il va falloir nous retenir en sa présence » murmura Sirius d'un air amusé avant de poser un baiser sur le front de sa fille

Océane se mit à rire doucement, serra fort sa fille contre elle et la berça doucement.

- « Elle ne trouvera pas toujours ça dégoûtant… » murmura-t-elle.

- « J'espère bien que si ! » Rétorqua Sirius.

Océane le regarda d'un air amusé mais ne répondit pas. Cela ne servait à rien de lui enlever ses illusions si tôt… Il se rendrait compte que son bébé allait devenir une jeune femme bien assez tôt ! Le jeune homme lui prit Lalyh des bras et la prit à son cou.

- « On a pas fini de jouer nous deux ! » Déclara-t-il en souriant.

Océane soupira et les regarda s'embarquer dans une bagarre de chatouille. Craignant que dans leurs grands gestes désordonnés, elle soit chahutée, Océane se leva.

- « Je descends… » annonça-t-elle simplement.

Mais visiblement le père comme la fille s'en fichait royalement, trop occupé à jouer. En souriant, Océane enfila sa robe de chambre et ses chaussons. Puis elle quitta sa chambre dans l'indifférence générale.

A peine était-elle arrivée dans le salon, qu'elle entendit Kana parler dans la cuisine. Surprise, la jeune femme s'y rendit. Elle était rendue à mi-chemin quand elle reconnut également la voix de sa mère. Océane augmenta le pas et se dépêcha de se rendre dans la cuisine. Sa mère s'y trouvait effectivement, en grande conversation avec Kana. Un gigantesque paquet se trouvait sur la table, à côté de quelques journaux.

- « Maman ?! Mais qu'est-ce que tu fais là ? Il s'est passé quelque chose ? » Demanda Océane, inquiète, en s'approchant d'elle.

- « Non ma chérie, tout va bien ! Ne t'en fais pas » la rassura Flumena d'une voix rassurante. « Je suis juste pressée, je n'ai pas beaucoup de temps »

- « Tu es sure que tout va bien ? » insista tout de même Océane

- « Certaine ! J'ai rendez-vous avec mon amie, Mme Fletcher, et je ne suis pas en avance… »

- « Tu aurais pu me dire que tu étais là tout de même ! Kana aurait pu me mettre au courant… » lança Océane en fixant son elfe d'un air surpris.

- « C'est moi qui lui ai dit que ce n'était pas la peine, je pensais que tu dormais encore. Et puis ce n'est pas si grave chérie. Je repasserais ce soir si tu veux et on pourra un peu plus discuter »

- « Si tu veux » murmura Océane.

Elle s'approcha alors de la table de la cuisine et posa sa main sur le gros sac qui y était posé.

- « Qu'est-ce que c'est ? » Demanda-t-elle en commençant à l'ouvrir.

- « Ce pourquoi je suis venue. Tu te souviens de notre voisine ? Mme Deauclair ? Et bien, sa fille, Helen a deux filles dont l'une à trois ans… Elle m'a donné les vêtements que sa fille ne peut plus mettre, ils sont en bon état, je me suis dit qu'il y en aurait peut être qui te plairait pour Lalyh »

- « Pourquoi pas… » souffla Océane en sortant du sac une adorable petite robe bleu ciel « Tu la remercieras pour moi »

- « Je n'y manquerais pas ! » Assura Flumena en souriant « Bon maintenant, il est tard, je repasserais plus tard ! Au revoir chérie »

- « Au revoir Maman » répondit Océane en souriant doucement.

Elle la regarda alors quitter la pièce. Elle venait d'enfiler sa veste dans l'entrée quand la jeune femme s'aperçut qu'elle avait oublié ses journaux.

- « Maman ! » L'appela-t-elle en la suivant « Tu oublies tes magasines ! »

- « Ce n'est rien ma chérie ! Je les ai déjà lus de toute façon ! Garde les ou jette-les ! » Déclara Flumena en souriant et en quittant la maison.

Océane resta un moment devant sa porte d'entrée, un peu interdite par cette brusque et surprenant visite de sa mère. Amusée tout de même, elle haussa les épaules et retourna dans la cuisine. Elle entendait depuis l'étage les rires de Sirius et Lalyh qui ne semblaient pas décidés à venir la rejoindre. Doucement, elle prit place à la table de la cuisine.

- « Kana, tu peux déposer ce sac dans le salon ? Je regarderais ce qu'il contient exactement plus tard »

- « Bien madame » couina l'elfe en disparaissant, emportant le sac avec elle.

Océane tendit alors la main pour se saisir de la théière qui se trouvait au centre de la table et s'en servit une grande tasse. Elle allait attraper le sucre quand son regard se posa sur les magasines que sa mère avait laissé. Elle sentit son estomac se contracter en voyant qu'il s'agissait d'un magasine de décoration d'intérieur et… de la Gazette du Sorcier. Pendant un moment, elle fixa le journal sans rien dire, puis, poussé par une curiosité qu'elle savait pourtant malsaine, elle s'en saisit. Elle n'eut aucun mal à trouver la rubrique « Me, Myself and I ». Rita Skeeter sévissait donc toujours… Océane poussa un profond soupir avant de se lancer dans la lecture de l'article.
Elle savait très bien qu'il y avait toutes les chances pour que cette lecture la trouble, mais elle ne pouvait s'en empêcher, c'était plus fort qu'elle.

« Mes très chères lectrices,

Il n'y a rien au monde qui ne me fasse plus plaisir que toutes vos gentilles lettres que vous m'envoyez. Je sais que vous attendez toutes que je vous conseille et que je vous aiguille dans vos vies, malheureusement, le temps me manque souvent. Néanmoins je fais de mon mieux pour traiter rapidement les demandes les plus urgentes.
Plusieurs d'entre vous, en me voyant si heureuse à travers mes écrits me demandent comment j'ai fait pour rencontrer l'homme de ma vie… Je dois avouer que c'est là une des histoires les plus romantiques que je connaisse.

Vous connaissez sans doute le dicton « On ne trouve pas l'amour, c'est lui qui vous trouve ». Rien n'est plus vrai dans mon cas. Mon S. est un grand homme d'affaire, et un jour, il a eu la brillante idée de vouloir promouvoir un peu son entreprise. Et par le plus heureux des hasards c'est à moi qu'il a confié cette tâche. Depuis ce jour, nous ne nous sommes plus quitté, ou presque.

Comme quoi, le hasard fait fort bien les choses ! Ne désespérez pas les filles, le bonheur est à la portée de tout le monde. Il n'est personne de plus parfait pour moi que mon S. Il est rare de voir un homme aussi attentif et prévenant. Ne voulant blesser personne, il continue même à aider son ancienne petite amie avec qui, il a une petite fille. Malheureusement, toutes les deux sont un peu… encombrantes à son goût, mais il ne pourrait pas les laisser tomber ainsi, il est tellement généreux… »

Océane n'alla pas plus loin. De rage, elle déchira le journal en une myriade de petits morceaux.

- « Quelle garce ! » S'énerva-t-elle les larmes aux yeux.

Incapable d'en dire plus sans hurler, la jeune femme se leva et ramassa à la hâte les débris du journal. Elle courut presque vers la cheminée et les jeta dedans avec une rage non contenue. Puis, à l'aide de sa baguette, elle y mit le feu. Elle avait du mal à croire à ce qu'elle venait de lire. Cela ne pouvait pas être possible. L'homme dont parlait cette pimbêche ne pouvait pas être Sirius… Cela ne devait pas être lui… Elle ne voulait pas qu'il s'agisse de lui…

Son estomac se noua d'un coup et elle se sentit devenir pâle. Ses jambes vacillèrent et elle recula un peu avant de se laisser tomber sur le canapé. Ses mains tremblaient sans qu'elle ne puisse les arrêter.

« Elles sont encombrantes à son goût » Jamais Sirius n'aurait pu prononcer ni même penser une telle chose. Mais Océane ne pouvait s'empêcher de douter. L'homme décrit dans cet article lui ressemblait tellement, elle en était troublée. Entendant justement Sirius descendre les escaliers, la jeune femme ravala les larmes qui menaçaient de jaillir et prit une grande inspiration.

- « Et nous voilà en bas princesse ! » Lança Sirius d'une voix joyeuse « Océane, tu nous attendais pour manger ? »

La jeune femme tressaillit en l'entendant s'adresser à elle avec tendresse.

- « Non, je n'ai pas faim » répondit-elle de la manière la plus calme dont elle était capable.

- « Tout va bien ? » Demanda Sirius.

Elle l'entendit s'approcher dans son dos et frissonna. Elle ne voulait pas qu'il la touche, pas pour le moment, elle était encore trop sous le choc, il lui fallait du temps pour se remettre de la nouvelle.

- « Mais oui ! Bien sur que tout va bien ! Arrête de me couver ! » S'énerva-t-elle en se levant.

Etre agressive était le meilleur moyen qu'elle avait trouvé pour expliquer les tremblements de sa voix.

- « Océane… » souffla Sirius, visiblement étonné « Qu'est-ce que tu as ? »

- « Rien ! Bon sang laisse-moi ! » Hurla-t-elle en se dépêchant de se rendre vers les escaliers.

- « Maman ? » Demanda Lalyh qui paraissait aussi surprise que son père.

- « Ma belle… » souffla Sirius.

Mais Océane ne prit pas la peine de leur répondre, elle ne se retourna même pas. Elle monta les escaliers aussi vite qu'elle pouvait et attendit d'être enfermée dans la salle de bain pour se mettre à pleurer à chaude larme, autant choquée par l'article que par sa réaction.

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- « Harry, je compte sur toi pour être bien sage d'accord ? » Recommanda Lily en caressant doucement la petite tête de son fils.

Accroupie devant lui, elle regardait avec tendresse son petit bout d'homme qui hochait la tête.

- « Je serais juste en haut, d'accord. Si tu veux me parler, tu n'auras qu'à parler là dedans » lui expliqua-t-elle en désignant le bébé transmetteur qui se trouvait accroché au petit et confortable siège dans lequel était installé Jack.

- « Voui ! » Lui répondit Harry en souriant « La boite pour entendre bébé pleurer ! »

- « C'est exactement ça trésor ! » Répondit la jeune femme, amusée.

Elle se tourna ensuite vers Syrielle qui se tenait tout à côté de son frère, l'air vraiment intimidée.

- « Ca va mon ange ? » Demanda Lily d'une voix douce.

La petite fille la fixa de son regard émeraude et lui offrit un léger mais adorable sourire.

- « Il ne faut pas avoir peur ma chérie, tu n'es qu'avec des amis ici… Regarde Neville vous prête gentiment ses jouets, vous allez bien vous amuser. Si tu as un problème, tu m'appelles aussi d'accord ? »

Syrielle se tourna vers son frère avec un regard plein d'espoir. Mais Lily ne se faisait aucun souci. Lorsqu'ils étaient seuls, Harry prenait très grand soin de sa petite sœur et il garderait un œil sur elle. Elle les embrassa tous les deux sur leur petite joue ronde et tiède à la peau tellement douce. Puis elle se releva, alla caresser la petite tête de Jack qui la fixait avec étonnement, le bout en plastique de son hochet bien enfoncé dans sa petite bouche. Elle se mit à sourire et se dirigea vers la porte. Là, l'elfe de maison d'Augusta Longdubat attendait poliment.

- « Veille bien sur eux » lui recommanda Lily d'une voix douce

- « Madame peut compter sur moi » lui assura l'elfe en s'avançant au centre de la pièce.

Avant de sortir, Lily jeta un dernier regard à ses enfants qui s'étaient déjà approché du timide Neville et de ses jouets. Rassurée, elle quitta la pièce et referma la porte derrière elle. Rapidement, elle regagna le salon où devait l'attendre Augusta. En effet, la vieille femme se trouvait à la fenêtre et regardait à l'extérieur. Lily ne voyait pas son visage mais elle était convaincue qu'il reflétait l'impatience mais aussi la crainte d'Augusta. Elle-même avait connu des moments où elle n'avait été plus sure d'elle. Mais, même si elle appréhendait un peu ce qui allait se passer, elle ne voulait pas le montrer. Augusta avait besoin qu'elle soit forte.

- « Tout va bien ? » Demanda doucement la jeune femme en s'approchant d'elle.

- « Oui » répondit Augusta d'une voix un peu étranglée.

Elle se racla un peu la gorge avant de reprendre.

- « Les enfants s'amusent bien ? Ils ne sont pas trop dépaysés ? »

- « Comme toujours, il leur faut un peu de temps pour s'habituer, mais tant qu'il y a des jeux, ils sont contents ! » Assura Lily en replaçant convenablement dans sa poche l'autre boîtier du bébé transmetteur.

- « Tant mieux, tant mieux » répondit Augusta d'un air un peu absent avant de se retourner vers la fenêtre.

Sans dire un mot, Lily alla prendre place dans un des fauteuils du salon. Elle croisa ses mains sur son ventre et tout comme Augusta, elle attendit.

- « Ils devraient déjà être là non ? » demanda cette dernière après quelques minutes

- « Il faut du temps pour revenir de Ste Mangouste, vous savez bien qu'ils ne peuvent pas utiliser la cheminée, ni transplaner seuls »

- « Oui, je sais, mais j'ai tellement hâte »

- « Je peux le comprendre »

- « Oh ! On dirait que se sont eux ! » S'exclama alors la vieille femme en écartant ses rideaux d'un geste brusque. « Oui ! Ce sont eux ! Oh Lily ! Les voilà ! »

Lily se leva immédiatement et alla à la fenêtre. En effet, juste devant la grille du jardin se tenait Horace Slughorn et Kingsley Shacklebolt. Chacun d'entre eux soutenait une autre personne. A cette distance, il n'était pas vraiment possible de les reconnaître, mais Lily et Alice savait qu'il s'agissait de Franck et Alice. Immédiatement, les deux femmes quittèrent la pièce pour se rendre dehors. Il faisait frais, mais elles s'en moquaient éperdument. Elles se précipitèrent vers les nouveaux arrivants.

- « Tout va bien ? » Demanda Augusta en se précipitant vers eux « Ils vont bien ?! »

- « Aussi bien qu'ils puissent aller ! » Lui assura Horace avec un sourire bienveillant. « Il faut nous excuser si nous sommes un peu en retard, mais le professeur Dumbledore a dû utiliser de la légilimantie pour leur faire connaître l'adresse de votre maison et ça a pris un peu plus de temps que prévu »

- « Ce n'est rien, ce n'est rien… » murmura la vieille femme en prenant le visage de son fils entre ses mains « L'essentiel est qu'ils soient de retour ! »

Elle se dépêcha alors d'aller poser une bise sur la joue d'Alice.

- « Ne les laissons pas dehors… Entrons, entrons ! » Lança-t-elle enfin en faisant de grands signes en direction de sa maison.

Lily s'effaça alors pour laisser passer Horace qui soutenait Alice. La jeune femme avait beaucoup changé. Ses traits étaient tirés, elle était très pâle,et son regard était vide. Le cœur de Lily se serra un peu. Elle l'avait connu tellement enjouée et radieuse que la voir dans cet état lui faisait toujours un choc. Elle prit alors une grande inspiration et prenant son courage à deux mains, les suivit jusque dans la maison.

- « Mme Longdubat, je vous en prie » grognait Kingsley en fixant Augusta d'un air agacé « Eloignez-vous… »

- « Mais je veux vous aider ! »

- « Augusta » souffla Lily d'une voix douce en s'approchant de la vieille femme « Laissez-les faire, ils prennent bien soin d'eux… »

Elle prit la main de la mère de Franck dans la sienne et la serra en signe de soutien.

- « Laissons les faire et nous irons les rejoindre plus tard… » continua Lily d'une voix douce et apaisante.

- « Je suis tellement contente de les voir ici ! » Lança la vieille femme d'une voix émue.

- « Je sais, et c'est tout à fait normal » assura Lily

- « Je m'occuperais bien d'eux »

- « Personne n'en doute… Augusta, nous n'allons pas rester ici devant cet escalier à attendre. Allons prendre une bonne tasse de thé. Ils viendront nous prévenir quand ils les auront correctement installés » décida la jeune femme.

Sans attendre la réponse d'Augusta, elle l'entraîna dans son salon. La vieille femme n'émit aucune résistance et s'installa dans un fauteuil non loin de la porte. Lily lui servit une tasse qu'elle prit en murmurant des remerciements. Toutes les deux burent en silence. Lily observait attentivement la mère de Franck. Anxieuse et impatiente, elle ne cessait de jeter de furtifs regards en direction des escaliers tout en buvant de petites gorgées de son thé. Après plusieurs longues minutes plongées dans le silence, la jeune femme fut ravie de voir arriver Kinglsey dans le salon.

- « Ca y est, nous les avons installés » annonça-t-il simplement.

Comme dressée sur des ressorts, Augusta se leva et se dirigea vers les escaliers. Lily se leva alors à son tour et la suivit.

- « C'est un évènement pour elle » souffla Kingsley tandis qu'elle passait près de lui.

Lily hocha la tête et prit les escaliers qui l'amèneraient à l'étage. Là, elle retrouva Augusta, debout devant la porte, se tordant les mains d'appréhension.

- « Tout va bien ? » s'enquit Lily

- « Je suis un peu nerveuse » confessa la vieille femme.

Lily posa alors sa main sur l'épaule d'Augusta en un geste rassurant et lui donna une légère pression pour l'inciter à ouvrir la porte. Comprenant le message, la vieille femme s'exécuta et bientôt, la porte s'ouvrit sur la nouvelle chambre de Franck et Alice.

Elle était grande et bien éclairée. Les rideaux rouges et transparents mettaient de la gaîté dans cette pièce où trônaient les deux grands lits médicaux et les armoires à remède. En face des deux lits, installés tout près l'un de l'autre se trouvait un grand dessin d'enfant très coloré. L'œuvre de Neville sans doute, Lily se mit à sourire. Horace les attendait, près de Alice qui paraissait plus tranquille maintenant qu'elle était couchée.

- « Le voyage les a fatigué. Il faudrait rapidement les laisser au calme »

- « Oui, oui je comprends… » murmura Augusta en s'approchant des lits « Par Merlin, j'ai du mal à y croire ! Ils sont là ! Nous allons les guérir »

- « Rien n'est sur encore Augusta » souffla Lily en la rejoignant « Nous en avons déjà parlé. Tout ceci n'est qu'expérimental et nous n'avons aucune garantie de résultats »

- « Je sais, mais je suis persuadée que nous allons réussir ».

Lily soupira. Elle ne voulait pas discuter, mais elle ne voulait pas non plus laisser cette pauvre femme espérer de trop. Il se répéta qu'il faudra que Horace et elle prenne un temps pour avoir une nouvelle discussion avec Augusta.

- « Mme Longdubat » lança alors Horace en s'approchant d'une des deux armoires à pharmacie « Approchez vous je vous prie que je vous explique bien comment tout ceci va se dérouler »

Lily s'approcha également et aida l'ancien Maître des Potions à manipuler les fioles remplie d'une potion orangée.

- « Il faudra, tous les matins verser le contenu d'une fiole dans les perfusions » expliqua Horace en joignant le geste à la parole dans la perfusion de Franck tandis que Lily faisait de même avec celle d'Alice.

Augusta les écoutait dans un silence religieux.

- « Les perfusions sont réglées pour que la bonne dose de potion leur soit administrée en temps voulu. Lily ou moi, nous passerons tous les deux jours pour venir faire des prélèvements et des analyses pour nous assurer que tout va bien. Dès demain, Winky, l'elfe que Lily à trouver pour aider la votre devrait arriver. A elles deux, elles s'occuperont des soins de tous les jours et nous enverrons à chacun un rapport détaillé. Si jamais vous avez le moindre doute, le moindre soupçon, la moindre inquiétude, n'hésitez surtout pas à nous demander de venir. Il ne faut rien laisser au hasard »

- « Je le ferais ! » Assura Augusta avec véhémence.

- « Très bien ! » Lança Horace « Comme vous le voyez, ils sont un peu endormis. C'est normal dans un premier temps. Mais d'ici quelques jours, ils commenceront à s'adapter au traitement et ils devraient être un peu plus éveillés. »

- « D'accord » souffla Augusta

- « Et maintenant, nous allons les laisser se reposer un peu » décréta Horace d'une voix ferme.

- « Oh non ! » souffla Augusta, visiblement très déçue « J'aurais tellement voulu que Neville les voit un peu avant qu'ils ne s'endorment »

- « Je ne pense pas que… » commença Horace.

- « Je pense que c'est une bonne idée ! » Le coupa Lily « Je pense que ça fera autant de bien à Neville qu'à ses parents. On les a changés d'environnement, ils doivent être un peu perdus, la présence de leur fils pourra peut être les aider à se sentir bien. »

Horace eut un moment d'hésitation mais finalement haussa les épaules.

- « Très bien, mais pas longtemps. Kingsley et moi attendrons en bas. Soyez brèves ! »

- « Oh oui ! Je vous le promets Horace ! Nous ne resterons pas longtemps ! » Assura Augusta, tout sourire.

- « Je vais aller chercher Neville » décida Lily en quittant la pièce la première.

Elle se dépêcha de se rendre dans la salle de jeu du petit garçon. Elle poussa doucement la porte et se mit à sourire en voyant son fils aîné et sa fille jouer avec animation avec Neville qui semblait beaucoup s'amuser.

- « Tout va bien mes grands ? » Demanda-t-elle en entrant.

L'elfe de maison la regarda un moment d'un air grave avant de se retirer dans un petit coin, discrète comme on le lui demandait.

- « Maman ! Il a un gragon ! » S'exclama Harry en désignant un petit dragon en peluche d'un vert vif qui voletait non loin à quelques centimètres du sol.

- « Voui ! Gon ! » Renchérit Syrielle en souriant.

- « Ca alors ! » Lança Lily en s'approchant doucement « Il en a de la chance ! »

Elle adressa un sourire à Neville qui se mit à rougir.

- « Neville, tu veux bien venir avec moi mon grand. Ta grand-mère à quelque chose à t'apprendre »

- « Je peux viendir ? » Demanda Harry en se levant en même temps que Neville.

- « Non chéri, toi tu restes ici avec ta sœur et ton frère et tu continue à bien t'occuper d'eux comme tout à l'heure d'accord ? Je reviens très vite mes anges. »

Harry eut une moue boudeuse mais n'insista pas. Il alla s'asseoir près de sa petite sœur qui fixait avec émerveillement le petit dragon peluche volant. Lily prit alors la main de Neville dans la sienne et se redressa un peu. Elle se tourna vers l'elfe et demanda.

- « Le bébé ne pose pas de problème ? »

- « Non, madame. Il est très sage ! Il s'est endormi il y a quelques minutes »

Lily hocha la tête et fixa la petite frimousse de son fils endormi et rassurée de le voir aussi calme et serein, elle quitta la pièce. Elle monta doucement les escaliers, la main de Neville toujours dans la sienne. Arrivés à l'étage, elle le guida jusqu'à la chambre de ses parents et y entra avec lui. Augusta se tourna alors vers eux, et son visage s'illumina.

- « Neville ! Mon grand ! Regarde qui est là ! »

Lily lâcha la main du petit garçon qui alla rejoindre sa grand-mère et s'appuya contre l'embrasure de la porte, regardant ses retrouvailles avec émotion.

Augusta aida son petit-fils à monter sur une chaise et là, le tenant pour l'empêcher de tomber, elle lui montra ses parents que l'enfant reconnu aussitôt.

- « Oh ! Papa et Maman ! » S'étonna le petit garçon.

- « Oui mon grand ! » Souffla Augusta, très émue.

Lily, elle-même, avait les larmes aux yeux. Neville adressa à ses parents un signe de la main mais ceux-ci ne réagirent pas. S'en fut trop pour la jeune femme. Elle préféra détourner le regard et quitter la pièce. C'était atroce. Ce que vivait ce petit garçon était horrible. Lily vivait en permanence avec l'idée que cela aurait pu être Harry à la place de Neville et cela lui tordait les entrailles. Elle pensa qu'il valait mieux pour Franck et Alice qu'ils ne soient pas conscients de ce que vivait leur fils… Elle prit alors une grande respiration et serra les points. Il ne fallait pas qu'elle se laisse aller. Elle avait un objectif et entendait bien le mener à terme. Elle avait travaillé dur à cette potion, en courant de grands risques mais elle savait que cela valait le coup car elle allait peu être les guérir. Ainsi Franck et Alice pourraient à nouveau s'occuper de leur adorable petit garçon et vivre une vie presque normale. Elle était déterminée et ferait tout pour y arriver.

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- « Madame… »

Bellatrix tourna la tête en direction de l'elfe de sa sœur qui venait d'entrer dans le salon. D'un signe de la main, Narcissa l'invita à prendre de la parole et la créature reprit de sa voix nasillarde en s'inclinant aussi bas qu'elle le pouvait.

- « Le jeune maître a terminé son repas… »

- « Très bien » répondit Narcissa « Tu peux lui dire qu'il peut nous rejoindre ».

Installée près de sa fenêtre, la jeune femme blonde scrutait l'extérieur avec inquiétude.

- « Ne reste pas là ! » Lui lança violemment Bella, agacée de la voir se stresser ainsi.

- « Tu ne te rends pas compte ! Ce n'est pas ta maison qui est placée sous haute surveillance par les aurors du Ministère ! S'ils se rendent compte que tu es là… »

- « Mais vas-tu donc arrêter de te faire du soucis pour rien ! Je suis arrivée par l'arrière cour et je suis entrée en toute discrétion ! Ils ne savent pas que je suis là ! »

- « Tu en es sûre ? »

- « Certaine ! Et maintenant éloigne-toi de ces rideaux sinon ils vont se douter de quelque chose »

Narcissa se dépêcha d'obéir et vint s'asseoir sur le canapé en face d'elle. Bellatrix soupira. Elle s'ennuyait au-delà de l'imaginable. Elle était venue rendre visite à sa petite sœur, mais cette dernière n'avait vraiment pas une vie passionnante depuis que son mari croupissait à Azkaban. Elle passait la plupart de son temps, enfermée dans son manoir. D'une part parce qu'il est inconvenant pour une femme mariée de se rendre seule à des soirées mondaines, et parce qu'elle était terrifiée par le Seigneur des Ténèbres d'autre part.

Narcissa avait toujours été la plus peureuse. Bien qu'elle se soit corrompue avec un infâme moldu et qu'elle n'est pas comprit où résidait l'intérêt pour les gens de leur rang, Bellatrix devait admettre qu'Andromeda avait été une jeune femme très courageuse. Tout le contraire de la benjamine de la famille Black. Narcissa, ne s'était jamais vraiment posé la question de la supériorité ou non des sang-pur. Elle en était convaincue car c'était ce qu'on lui avait toujours enseigné, elle ne s'était jamais forgé sa véritable opinion sur le sujet. En épousant Lucius, elle avait également épousé ses idées. Mais Bellatrix sentait bien que sa jeune sœur n'était pas prête à autant de sacrifices qu'elle pour la cause de leur Maître. La naissance de son fils n'avait rien arrangé.

Bellatrix ne comprenait pas comment sa sœur avait pu autant s'attacher à ce petit être impotent et incapable de se débrouiller seul. Pourtant dès les premiers instants de sa vie, cette larve braillarde et bavante avait accaparé toute son attention. Bellatrix avait mal supporter de voir sa sœur aussi niaise devant cet enfant, ni de voir ce déploiement d'amour qui frisait l'indécence. Elles n'avaient pourtant pas été élevées comme cela, et Bellatrix estimait avoir été parfaitement éduqué. Les enfants devaient apprendre jeunes à respecter et craindre l'autorité des géniteurs et la mangemort doutait qu'en entourant un enfant, un garçon de surcroît d'autant d'amour, Narcissa arrive à en faire un vrai homme, un bon mangemort. L'absence de Lucius n'arrangeait rien dans cette histoire. Bellatrix était en effet persuadé que si son beau-frère avait été présent, il se serait attaché à empêcher son épouse de tant couver leur fils.

A cet instant, la porte du salon s'ouvrit et le jeune Drago entra. Il était impeccablement habillé et coiffé, comme le jeune garçon de bonne famille qu'il était. Il entra d'un pas tranquille dans le salon et Bellatrix commençait à se dire que tout n'était pas perdu pour lui. Il avait déjà, en effet, fière allure. Il se tenait droit, la tête haute. Il avait hérité de la beauté et de la prestance de sa mère ce qui lui conférait immédiatement une attitude digne et respectable. Personne en le voyant n'aurait pu douter qu'il était issu d'une grande famille. C'est alors qu'il gâcha tout. Bellatrix venait enfin de voir en lui l'ébauche d'un bon sang-pur, bien sous tout rapport quand quelque chose d'horrible détruisit son visage serein. Un sourire. Un immense sourire, sincère et plein d'amour. Bellatrix grimaça.

- « Maman ! J'ai fini ! » Annonça-t-il d'un ton joyeux en s'approchant de sa mère.

- « Je suis très contente mon amour » souffla Narcissa en le serrant un peu contre elle « Tu as bien mangé ? »

Le petit garçon hocha la tête d'un air joyeux. Bellatrix soupira.

- « Je suis fière de toi mon chéri. Tu as vu qui été avec nous ? » Demanda alors Narcissa.

Drago se tourna alors et fixa Bellatrix d'un regard enfantin et joyeux. La mangemort lui répondit par un regard dur et froid. Elle ne s'abaisserait pas à ces niaiseries.

- « Va lui dire bonjour » souffla Narcissa, tout sourire en poussant un peu son fils qui ne semblait pas, vu l'attitude hostile de sa tante, vouloir y aller.

Mais sa mère insista d'une légère pression sur le dos et le petit garçon fit les quelques pas qui le séparaient d'elle et la mangemort le vit avec horreur tendre légèrement ses lèvres sans doute pour déposer un baiser sur ses joues. Refusant catégoriquement tout contact de ce genre avec cet être insignifiant, elle lui tendit la main. Interloqué, Drago regarda un moment la main qui se trouvait devant lui, se demandant visiblement ce qu'il convenait de faire. Son hésitation dura quelques minutes, mais finalement, il posa sa petite main dans celle de sa tante. Bellatrix lui accorda une faible poignée de main.

- « Bonjour » lança-t-elle d'un ton égal

- « Bonzour » lui répondit le petit garçon.

- « Bonjour ma tante » le corrigea Bellatrix d'une voix sévère.

- « Bonzour ma tante » répéta docilement le petit garçon.

Bellatrix le lâcha alors et croisa le regard plein de reproches de sa sœur qu'elle soutint sans aucune gêne. Comme d'habitude, ce fut Narcissa qui céda la première en baissant les yeux.

- « Si tu allais jouer mon ange ? » Demanda alors Narcissa à son fils en caressant doucement ses cheveux blonds.

Le petit garçon hocha la tête et après que sa mère ait déposé un baiser sur son front, il se rendit à l'autre bout de la pièce, rejoindre ses jeux.

- « Tu le couves trop ! » Reprocha Bellatrix en regardant sa sœur observer son fils avec une tendresse infinie.

- « Ce n'est qu'un enfant ! Il a besoin d'affection »

- « Balivernes ! » grogna Bellatrix

- « De toutes façons, je ne peux pas m'en empêcher » lui rétorqua sa jeune sœur « Je l'aime tellement… »

La mangemort soupira en levant les yeux au ciel.

- « Tu en feras un être faible » la prévint-elle

- « Je ne pense pas » lui assura Narcissa avec un aplomb qui surprit un peu sa sœur.

Elle ne l'avait pas habitué à tant de ferveur dans ses propos.

- « Ne parlons pas de cela ! » trancha Bellatrix avec sévérité « Toi et moi n'avons visiblement pas la même vision de l'éducation que doit recevoir un enfant »

- « Parfaitement, toi tu n'en as pas » lui lança Narcissa d'un air grave.

Bellatrix lui lança un regard noir avant de fixer son neveu qui, assis sur le sol, jouait avec des figurines.

- « Drago ! Tiens-toi mieux ! Le dos droit ! » aboya-t-elle

Le petit garçon sursauta de surprise mais obéit docilement.

- « Tu n'es pas obligé de lui parler sur ce ton ! » lui reprocha Narcissa

- « Il faut bien que quelqu'un lui apprenne à respecter les ordres ! » Siffla Bellatrix « Sinon, comment veux-tu en faire un homme dévoué à la cause de notre Maître ? »

- « Il a encore le temps… » souffla Narcissa, les sourcils froncés, visiblement très soucieuse pour sa progéniture.

- « Si j'ai eu un fils, je n'aurais eu de cesse de l'élever en gardant bien à l'esprit d'en faire un bon petit mangemort, pas comme toi qui… »

- « Je croyais que nous avions décidé de ne plus parler d'éducation ? » La coupa Narcissa d'un ton sec.

- « Tu as raison »

Les deux jeunes femmes se fixèrent un long moment en silence avant que l'elfe de maison ne refasse son apparition dans la pièce.

- « Madame, excusez-moi de vous déranger, mais on vous demande par cheminée. » Couina l'elfe.

- « Qui ? » demanda Narcissa

- « Margaret Parkinson »

- « Oh ! Justement, il fallait que je lui parle ! Bella, je te laisse un moment »

Bellatrix fit un léger signe de la main, pour montrer son indifférence et regarda sa sœur quitter la pièce. Elle poussa un léger soupir et se laissa tomber un peu plus dans le sofa. Elle jeta un rapide coup d'œil à Drago qui jouait sans se soucier d'elle. Elle reporta alors son attention sur la pile de magasine qui traînait sur la table. Elle en attrapa un et l'ouvrit sans même regarder le titre et l'ouvrit une page au hasard. Elle fronça les sourcils en regardant cet écoeurant spectacle qui s'offrait devant elle. Sur plusieurs pages de papiers glacés s'étalaient des photos de sorciers et de sorcières, tous bien habillés en train de faire la fête. Bellatrix ne supportait pas de voir ces personnes s'amuser et faire comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes, sans se soucier de la guerre qui ne laissait aucun répit, sans ce soucier de la Révolution que le Seigneur des Ténèbres avait commencé pour purifier la communauté sorcière.

Voir toutes ses personnes étaler leur pseudo bonheur sur ces pages la mettait hors d'elle. Elle allait s'apprêter à déchirer ce journal qui l'insupportait quand son regard se posa sur une photo. Elle n'eut aucun mal à reconnaître la jeune femme rousse, élégamment vêtue d'une robe noire, aux côtés d'un homme qui semblait ne jamais avoir vu un peigne de sa vie. Elle les avait parfaitement reconnus et pourtant, elle fixa la photo avec attention de longues, très longues minutes. Elle n'arrivait pas à y croire. James et Lily Potter s'affichaient en double page d'un magasine de ce genre. Elle n'arrivait pas à y croire. Elle éclata de rire. Et commença à lire l'article. La soirée avait eu lieu à Blackpool. C'était donc là qu'ils se cachaient ! Bellatrix jubilait. Elle avait enfin trouvé ce qu'elle cherchait depuis des mois et des mois. Elle les avait cherchés avec tant d'acharnement qu'elle avait l'impression d'être vidée. Elle n'en revenait pas. Il lui suffirait donc d'écumer les rues et les environs de la ville de Blackpool et elle les retrouverait sans aucun mal. Et dire qu'elle les avait cherchés dans la région alors qu'ils ne s'y trouvaient absolument pas ! Tout cela devenait d'un coup tellement facile, il avait suffit qu'une baisse de leur vigilance les pousse à se laisser photographier. Quelle chance !

Bellatrix resta alors un moment interdite. Le doute s'insinua en elle. Cela semblait trop beau pour être vrai. Les Potter tenaient tant à la vie de leur stupide fils. Ils avaient toujours tout fait pour le cacher, elle avait du mal à croire à une chance aussi insolente. Elle reposa donc le magasine et saisit celui qui était posé juste en dessous. Il s'agissait de l'exemplaire de la semaine précédente. Avec frénésie cette fois, elle partit à la recherche des différentes photos. Elle n'eut aucun mal à les trouver. En tout et pour tout, il y avait quatre photos du couple Potter, les montrant lors de réception mondaine… Et aucune d'entre elle n'avaient été prise à la dérobée. Sur chaque cliché, les époux Potter posaient et souriaient comme si de rien n'était. Ils semblaient en représentation. Bellatrix fixa un moment les clichés d'un air sceptique, passant de l'un à l'autre au hasard.

Cet étalage ne ressemblait en rien aux habitudes des époux Potter. Ils avaient toujours été discrets et n'étaient pas des habitués des réceptions de ce genre. Alors pourquoi ? Pourquoi s'adonnait-il à ce genre de choses.
Claire comme de l'eau de roche, la réponse frappa Bellatrix. Ils la fuyaient. Ils tentaient de l'entraîner sur une mauvaise piste. Elle avait faillit tomber dans le piège, mais elle était plus maligne qu'eux.

Elle n'irait pas tête baissée dans ce piège qu'on lui tendait. Elle ne leur ferait pas le plaisir de se tromper. Elle n'irait pas à Blackpool comme ils l'espéraient. S'ils tentaient par de tels moyens de l'emmener sur une fausse piste, cela ne pouvait signifier qu'une chose : elle était sur la bonne voie. Elle les menaçait directement, ils avaient peur qu'elle ne les découvre. Elle se mit à sourire largement, satisfaite et reposa les magasines sur la table basse. Elle allait immédiatement chercher un plan plus efficace pour ses recherches…
La première piste à laquelle elle pensa fut l'argent. Pour faire vivre sa famille, Potter avait de l'argent. Elle irait donc prendre des renseignements à Gringott's… Elle trouverait bien un ou deux gobelins qu'elle pourrait corrompre…

Excitée par cette perspective, Bellatrix devint plus impatiente que jamais. Tel un ressort, elle bondit hors du sofa et quitta le salon de sa sœur en faisant claquer la porte. C'est d'ailleurs sans la saluer et sans ce soucier qu'elle avait laissé son neveu seul dans une pièce sans surveillance, qu'elle quitta le manoir Malfoy en transplanant au milieu de l'entrée.