Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en général mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

Note 1 : J'ai terminé de rédiger cette histoire en mai 2007. Il n'y a donc dans cette fiction AUCUNE INFORMATION concernant Harry Potter and the Deathly Hallows. Je n'ai fait qu'émettre des suppositions sur ce qui aurait pu se passer. Si par hasard j'avais deviné quelque chose, c'est que je possède un Troisième Œil très efficace !

Par respect pour l'auteur les lecteurs qui n'ont pas encore eu la chance de lire le tome 7, je vous demande de ne faire AUCUNE ALLUSION au septième tome dans vos reviews… Ne gâchez pas le plaisir de ceux qui ne savent pas lire l'anglais svp !

Note 2 : Pour répondre à certaines reviews (anonymes ou pas…) je vous annonce ici que « Ce qui aurait pu se passer » est une fic de 156 chapitres, dont deux épilogues ! Voilà, vous savez tout !

Note 3: J'ai pris une grande décision, ou plutôt je me suis fixée un but : terminer la publication de ma fic avant la sortie en français de HP 7 en français ! Attendez vous donc à une publication beaucoup plus régulière et rapprochée ! -

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre cent vingt cinq : Derrière les barreaux


« Mains en l'air
Dans le dos
Je prends tout
Ça de haut
Tue le temps
Coule ma peine
Là, derrière
Les barreaux »
Zazie (Tous des anges)

- « Vous êtes certain de ce que vous faîtes ? »

Albus Dumbledore regarda avec un sourire poli son interlocuteur qui parlait avec une voix rocailleuse et acquiesça d'un signe de tête. L'homme, grand et d'une carrure impressionnante lui tendit alors un petit morceau de parchemin comportant un sceau officiel d'Azkaban. Il le remercia d'un signe de tête, et sans faire durer plus longtemps cet entretien, il quitta la modeste cabane qui servait de bureau d'accueil. Une fois dehors, il remonta le col de sa cape pour ce protéger du vent glacial et chargé d'embrun qui balayait la morne plaine de l'île. Devant lui, grande et haute comme une cathédrale, mais infiniment plus sinistre se dressait la prison d'Azkaban. Ses murs étaient gris et mornes. A l'approche du bâtiment, toute sensation de bonheur ou de joie disparaissait. Le professeur Dumbledore s'appliqua à penser le plus possible à des choses heureuses afin de ne pas se laisser gagner par la morosité qui suintait des murs.

Une fois arrivée devant les lourdes grilles métalliques qui contrôlaient l'entrée de la prison, le professeur Dumbledore tendit le morceau de parchemin qu'il tenait très fermement dans sa main à l'homme qui sortit de la pénombre pour venir se placer devant lui. Comme tout ceux qui était resté trop longtemps près de ce terrible endroit, il paraissait éteint, déprimé, presque sans vie. Machinalement, le gardien parcourut les quelques lignes du parchemin et s'effaça pour lui laisser le passage. Durant tout ce temps, il n'avait pas prononcé un mot. Dumbledore passa donc devant lui et sentit la lourde grille se refermer derrière lui. L'endroit n'ayant rien d'accueillant, le vieux sorcier décida d'y rester le moins longtemps possible et pressa le pas. Le gardien lui avait indiqué la cellule qu'il devait aller rejoindre. Il marcha donc dans les longs et sinistres corridors avant de trouver la cellule 3245. Une fois arrivé, il fit apparaître d'un coup de baguette un petit tabouret sur lequel il s'installa aussi confortablement qu'il le pouvait.

Le professeur Dumbledore plongea alors son regard dans la cellule qui se trouvait en face de lui. Elle était plongée dans la pénombre et le vieil homme dû froncer les sourcils pour parvenir à distinguer dans l'obscurité une masse blottie dans un coin. Il s'agissait du prisonnier qui y purgeait sa peine. Visiblement, ce prisonnier ne semblait pas avoir réalisé que quelqu'un l'observait. Le professeur Dumbledore décida alors de signaler sa présence. Il commença par un simple raclement de gorge, mais cela ne suffit pas. Il n'y eut aucun mouvement de la part du prisonnier. Dumbledore décida alors de passer aux choses sérieuses.

- « Monsieur Gaunt ! » l'appela-t-il « Monsieur Gaunt ! Morfin ? »

Ce n'est qu'en entendant son prénom que l'homme émit un grognement et se tourna vers lui. Lorsque son visage apparut dans la faible lumière cachot, Dumbledore ne put s'empêcher de frémir. Cet homme avait le regard tellement vide, tellement éteint qu'il paraissait presque mort. Seule le souffle rauque qui soulevait sa poitrine rappelait qu'il ne s'agissait pas d'un cadavre. Il était pâle, ses cheveux étaient plaqués sur son visage, le cachant en grande partie.

- « Morfin ? » insista Dumbledore dans un murmure.

L'homme sursauta violemment dans un spasme et grogna. Il planta son regard qui semblait privé d'âme dans celui du professeur et murmura d'une voix rocailleuse.

- « Il va me tuer si s'il voit que je l'ai perdue »

- « Qui ? Qui va vous tuer Morfin ? Qu'avez-vous perdu ? » demanda le professeur Dumbledore avec douceur.

- « Je l'ai perdu… » continua Morfin sans se soucier de répondre ou non à la question qui lui était posée.

- « Morfin ! Je ne vous veux aucun mal, je cherche juste des informations ! Je suis le professeur Dumbledore ! Souvenez-vous, je vous ai fait venir au château de Poudlard pour que vous y parliez Fourchelangue… »

Il sembla au professeur Dumbledore qu'une étincelle alluma les yeux du prisonnier, mais aussi rapidement qu'elle était venue, la fugace apparition disparut.

- « Il va me tuer… » grogna Morfin.

Le professeur Dumbledore soupira. C'était encore pire que ce qu'il avait imaginé. On lui avait pourtant dit, quand il avait fait sa demande de visite que cet homme était devenu un vieux dément qui ne cessait de répéter toujours que quelqu'un allait le tuer pour avoir perdu quelque chose. Il était impossible d'en savoir plus. Morfin Gaunt n'avait plus rien à voir avec l'homme qui était venu à Poudlard les aider à trouver l'entrée de la Chambre des Secrets. Celui-ci n'avait presque plus rien de vivant.

- « Morfin, je vous en prie, essayez de m'écouter attentivement ! » tenta Dumbledore

Mais c'était peine perdue, le jeune homme ne cessait de le fixer d'un air absent, comme s'il ne l'entendait même pas. Albus soupira alors. Il répugnait à employer la ruse ou des manières illégales pour obtenir ce qu'il voulait. Mais dans le cas présent, il n'avait pas vraiment le choix. Tout doucement, pour ne pas effrayer Morfin, il tira sa baguette de sa poche. Rapidement et discrètement il lui jeta un stupéfix. Immédiatement, il vit le prisonnier se raidir et ne plus bouger. Il l'attira alors vers lui d'un accio et lorsqu'il fut assez prêt il plongea dans ses souvenirs.

L'opération dura plusieurs minutes. Azkaban avait déjà largement abîmé l'esprit de cet homme, au départ très fragile psychologiquement. Tout était confus, épars et mélangé. Il fallut beaucoup de temps au professeur pour remettre de l'ordre dans tout ce méli-mélo d'images et de souvenirs. Pourtant, il parvint à trouver se dont il avait besoin. Il prit alors tout le temps nécessaire pour observer ce souvenir. Il le consulta à de longues reprises, cherchant à chaque fois s'il n'y avait pas un détail qui lui avait échappé. Lorsqu'il sortit de l'esprit de Morfin, il lui semblait avoir en main toutes les informations dont il avait besoin.

Morfin avait reçut la visite de son neveu, Tom Jedusor qui lui avait vraisemblablement dérobé la bague, dernier héritage de Salazar Serpentard que sa famille gardait comme un trésor. Ce que Morfin craignait donc le plus était que son père apprenne la disparition de ce bijou, seul vestige de la grandeur passée de leur famille. Il s'en souciait plus que le fait qu'on l'ait inculpé à tort pour le meurtre de la famille Jedusor. Sa mémoire avait été très bien modifiée, un beau travail de professionnel. Mais le professeur Dumbledore ne se laissait pas abuser. Tout ceci, ces meurtres, ne pouvait pas être l'œuvre de Morfin. Il n'était pas un sorcier assez brillant et était quelqu'un de plutôt rustre, pas assez malin pour orchestrer un plan de ce genre.

Dumbledore se recula alors. Il regarda encore un long moment l'homme inerte allongé devant lui. Il le libéra du stupéfix. Morfin se réveilla dans un sursaut en prenant une grande inspiration qui fit rugir ses bronches en un bruit rauque. Affolé, il regarda à de nombreuses reprises autour de lui avant de retourner se tapir dans l'ombre de son cachot en marmonnant presque inintelligiblement

- «Il va me tuer si s'il voit que je l'ai perdue »

Dumbledore soupira et rangea sa baguette. Après avoir jeter un dernier regard à ce pauvre homme hagard et perdu, il s'engagea dans le long couloir qui l'emmenait vers la sortie. Il marchait d'un pas rapide, content mine de rien de retrouver l'air libre. Azkaban avait quelque chose de lourd et d'oppressant qu'il n'était pas mécontent de quitter. Il fit encore quelques pas sur la plaine morne et déserte avant de transplaner.

Il ne lui fallut pas longtemps pour se retrouver devant la maison des Gaunt. Son emplacement était l'une des seules choses de clair qu'il avait trouvé dans l'esprit embrumé de Morfin. Les murs grisâtres étaient presque entièrement recouverts de mousse et un si grand nombre de tuiles étaient tombées du toit qu'on en voyait la charpente par endroit. Le jardin ou du moins ce qu'il en restait était envahi par des orties. Dumbledore, tirant sa sortie de sa poche, il se dégagea un chemin parmi les plantes de manière à pouvoir atteindre sans encombres la porte d'entrée. Il la poussa, elle n'était pas refermée. Apparemment, l'équipe d'auror du Ministère qui s'était chargée de l'arrestation de Morfin ne s'était pas encombrée de ce genre de détail. C'est donc avec une certaine appréhension que le professeur entra dans la demeure.

Elle était dans un état de délabrement pire que tout ce qu'il avait pu imaginer. Hormis la couche impressionnante de poussière qui recouvrait les meubles et le sol, les murs étaient crasseux et par moment, on y voyait des traces de moisissures. Apparemment, les enfants du village voisin étaient venus se faire peur ici. Sur les murs se trouvaient toutes sortes d'inscriptions. Entre insultes et déclaration de courage et d'héroïsme, certains pans étaient entièrement recouverts par les graffitis. Prudemment, Dumbledore avança dans la demeure. Certains meubles avaient été renversés et certains objets étaient brisés. Il se dégageait de la demeure une odeur fortement nauséabonde. Le professeur Dumbledore fit alors apparaître un mouchoir blanc qu'il plaqua sur son visage. L'endroit était lugubre. On avait beau être le matin, il faisait sombre. Tout paraissait morne et triste… Abandonné.

Dumbledore remonta alors ses manches, il avait du travail. Il avait eu, en observant le souvenir de Morfin, une sorte de pressentiment. Bien sur, rien n'était sur, ce n'était que des suppositions, mais pourtant, il en était convaincu. Tom avait dérobé la bague de son oncle, en avait sans doute fait un Horcrux et l'avait caché ici, dans cette demeure qui était celle de sa famille. Quelle belle symbolique ! Un morceau de l'âme du dernier héritier de Salazar Serpentard, reposant à l'abri dans la demeure familiale de ces derniers membres.

Dumbledore se mit alors au travail. De longues heures durant, il chercha. Il procéda avec minutie, en opérant pièce par pièce. Il fouilla chaque recoin, chaque meuble, chaque tiroir, chaque corniche de la maison. Il fut bientôt recouvert de poussière et de toiles d'araignées, pourtant il n'arrêta pas. Plus il cherchait, plus il était convaincu que son pressentiment était fondé. Il ne voulait pas baisser les bras, il devait trouver cette bague.
Il se redressa alors et décida de passer aux choses sérieuses. Il brandit alors sa baguette et jeta un sortilège de reconnaissance magique. Il chercha alors, avec la précision d'un maître sourcier, si la maison recelait une source importante de magie. Pendant un long moment il ne se passait rien, puis subitement, elle se mit à frémir. Suivant la piste qui s'ouvrait devant lui, Dumbledore avança doucement, suivant les inclinaisons de sa baguette. Celle-ci le mena directement à la cheminée. Là, la baguette se mit à vibrer tellement fort que le professeur Dumbledore dû mettre fin au sortilège. Il s'agenouilla devant l'âtre et l'observa attentivement. Rien ne semblait montrer qu'il cachait un objet hautement chargé en magie noire. Il posa ses deux mains à plat sur les pierres noircies de suie de la cheminée. Il sentit alors très nettement des vibrations magiques. Le doute n'était plus permis. Il y avait quelques choses derrière ces pierres. Il agrippa alors de ses longs doigts fins une des jointures de la pierre et commença à tirer. Il sentit alors une violente décharge lui parcourir la main. D'un geste vif, il l'ôta de la pierre et la secoua vivement. Tout ceci était étrange mais pas vraiment surprenant. Voldemort n'allait tout de même pas cacher un morceau de son âme sans une protection puissante autour.

Le professeur Dumbledore agrippa alors de nouveau la jointure de la pierre de sa main et tira autant qu'il pu. Il ressentait toujours cette violente impression de fourmillement dans le bras, mais il ne céda pas. A force d'insister, la pierre finit par avoir un certain jeu et pivoter légèrement. Encouragé par son succès et ignorant toujours la douleur qu'il lui parcourait la main et l'avant bras, il insista jusqu'à finalement dégager entièrement la pierre. Il la jeta en arrière et l'entendit se briser sur le sol, en même temps qu'elle brisait le carrelage grossier de la pièce. Mais Dumbledore était bien plus intéressé par ce qu'il venait de découvrir.

La pierre qu'il avait ôté, cachait une cavité sombre qui paraissait plutôt étroite. Il se massa un moment sa main encore douloureuse et se pencha pour en observer l'intérieur.

Là, dans l'obscurité de la cache, se trouvait un socle sombre. Prudemment, Dumbledore tendit la main et à cet instant un puissant rai de lumière apparut éclairant le socle, éblouissant le professeur. Une fois que ses yeux furent habitués à cette toute nouvelle clarté, il tendit une nouvelle fois la main pour ce saisir de la bague noire qu'il avait immédiatement reconnu. Il allait s'en saisir quand il sentit une immense chaleur embrasée la cavité. Par réflexe, il retira sa main. Elle était rouge et brûlée, parsemée d'immenses cloques commençaient déjà à s'y former. Il l'observa un moment avant qu'un sourire désabusé se forma sur son visage. C'était tellement prévisible !

Dans la cavité, un immense feu vert brûlait. Pour atteindre la bague, il n'avait d'autre choix que de plonger sa main dans la fournaise. Par acquis de conscience, pour ne négliger aucune autre solution, mais aucun des sorts qu'il ne jeta ne fit venir à lui l'objet. Il reposa donc sa baguette et en soupirant, plongea sa main dans le brasier.
Il étouffa un cri quand sa main se consuma. Il se dépêcha de retrouver à tâtons la bague et lorsqu'il la retrouva, il fit bien attention à s'en saisir fermement pour ne pas la laisser échapper et ne surtout pas avoir à la chercher d'avantage tant la douleur était grande. Le meilleur moyen que le professeur Dumbledore trouva fut de la passer à son doigt. Il retira alors sa main à toute vitesse, s'attendant à être enfin soulagé mais la délivrance n'arriva pas. Lorsqu'il retira sa main, se fut presque avec horreur qu'il remarqua que sa main était toujours en feu. Son bras, se consumait telle une bûche dans une cheminée, entouré d'un halo de flammes vertes qui ne cessaient de brûler et de le ronger.

Dumbledore chercha sa baguette sur le sol et aussi vite qu'il le pu et se jeta un sort. Immédiatement une gerbe d'eau sortit de l'extrémité de sa baguette et coula sur son bras. Il fallut de nombreux litres d'eau pour parvenir à éteindre le brasier qui continuait à détruire son bras. Lorsque tout fut éteint dans un lourd panache de fumée grise, le professeur Dumbledore était en sueur et son visage était défiguré par la douleur. Il jeta un regard à sa main et eut un haut le cœur. Sa main était noire et calcinée. La chair était desséchée. Sa main paraissait morte. Précautionneusement, il posa son bras abîmé sur ses genoux et le caressa du bout des doigts sa chair brûlée. Il étouffa un cri de douleur. Mais il avait l'essentiel : la bague. Prudemment, il approcha sa main du doigt qui portait la bague pour tenter de l'enlever, mais elle résista et ne voulut pas s'ôter. Elle restait en place comme si un sortilège empêchait de l'enlever. Dumbledore soupira, il s'agissait encore d'un piège de Voldemort.

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Assis sur une chaise miteuse dans un couloir lugubre éclairé par un unique néon blafard, Remus, les mains croisées sur ses genoux attendait depuis plus d'une heure. Il soupira. Il était en temps normal un garçon patient, mais il avait ses limites et il sentait qu'il n'allait pas être loin de les atteindre. Il supportait mal cet endroit. Il y ressentait toujours un sentiment de malaise, d'autant plus cette fois-ci car cela faisait de très longs mois qu'il n'y avait pas mis les pieds. Il étirait un peu son dos un peu endolori quand une voix rude, peu aimable et sèche cria son nom. Il se leva immédiatement et se dirigea vers la vieille et aigrie mademoiselle Jones qui le fixait d'un air sévère derrière ses lunettes en écaille de tortue. En passant devant elle, Remus se fit la réflexion que le Département de Régulation des Créatures Magique n'avait hérité de la plus agréable des secrétaires. Cela le fit sourire et c'est un peu plus joyeux qu'il pénétra dans le bureau qu'elle lui indiquait.

Un homme l'attendait, debout derrière son bureau. Il avait un air jovial qui inspirait la confiance, ce qui était le moment le plus rassurant que Remus avait vécu depuis son arrivée dans ces locaux.

- « Bonjour, monsieur Plath » le salua-t-il en lui tendant la main

- « Bonjour Remus » lui répondit-il en répondant à sa poignée de main « Vous m'avez l'air très en forme »

- « Je le suis monsieur Plath » lui assura le jeune homme en prenant place dans le fauteuil qui lui était destiné.

- « J'en suis ravi. Savez-vous pourquoi vous êtes ici ? » demanda l'homme en se ré-installant à sa place.

- « Je dois vous avouez que non. Le hibou que j'ai reçu de vos services n'était pas très clair »

- « Je m'en doute » répondit l'homme en souriant « J'espère que vous ne vous êtes pas trop inquiété… »

Remus haussa les épaules d'un geste fataliste, attentif à ce que son interlocuteur avait à lui dire.

- « La raison de votre présence ici est toute simple, monsieur Remus. Nous avions perdu votre trace… »

- « Pardon ? » demanda le jeune homme, surpris.

- « Et oui ! » lança l'homme en souriant « Au cours des derniers mois, nous avons à de nombreuses reprises tenté de vous contacter sans aucun succès »

- « C'est normal » avoua Remus « J'étais à l'étranger, j'y suis resté pas mal de temps. »

- « Ce qui explique que vous n'ayez pas répondu à nos hiboux. »

- « En effet. »

- « En tout cas, je suis content de vous savoir en bonne santé »

- « Merci »

Les deux hommes échangèrent un sourire avant de reprendre un peu plus de leur sérieux.

- « Donc, si je vous ai demandé de venir aujourd'hui, c'est bien sur pour mettre à jour votre fiche signalétique »

Remus grimaça.

- « Je sais que ce n'est pas un moment très agréable, mais vous savez que nous sommes obligés de passer par là »

- « Je sais bien, alors je vous en prie, faisons vite. »

- « Entendu »

L'homme se saisit alors d'une immense pile de parchemin dans laquelle il fouilla pendant de longues minutes avant de trouver ce qu'il cherchait enfin.

- « Allons-y… Veuillez lire ce document et me confirmer que toutes les informations qui s'y trouvent sont exactes »

Remus s'exécuta aussitôt et lu avec attention toutes ses informations sur lui, fichées au Ministère comme s'il était de la marchandise. Il détestait cela, il avait vraiment l'impression, à chaque fois qu'il était dans ce bureau, et cela malgré la bonhomie de son interlocuteur, de n'être qu'un pion. Un pion que l'on empêchait de vivre librement. Tout cela parce qu'il était un lycanthrope.

- « Elles sont exactes » souffla-t-il une fois sa lecture terminée.

- « Vous ne nous avez pas communiquer votre adresse » lança Plath

- « Ce n'est pas obligatoire, n'est-ce pas ? »

- « Non, bien sur, mais cela est plus pratique… »

- « Je préfère ne pas la donner au Ministère » trancha Remus.

C'était vrai, il ne tenait pas à ce que des membres du Ministère puisse débarquer chez lui à n'importe qu'elle heure du jour et de la nuit. De toute façon, il ne pouvait pas. Son studio était soumis au Fidélitas.

- « Vous vous rendez bien compte de ce que cela signifie ? » insista monsieur Plath

- « Entièrement. Il me faudra revenir tous les deux mois pour confirmer que je n'ai pas quitté le pays, c'est bien cela ? »

- « Oui, vous comprenez bien que c'est une contrainte dont vous pourriez aisément vous passez… »

- « Je ne souhaite pas vous communiquer mon adresse » trancha Remus

- « Très bien, je n'insisterais donc pas » murmura Plath.

- « Je vous remercie »

Remus regarda donc l'homme continuer la lecture de sa fiche.

- « Tout cela m'a l'air parfait, je vais donc continuer à vous posez quelques questions avant de vous relâcher » sourit-il « Monsieur Scott nous a signifié que vous ne travailliez plus pour lui »

- « En effet, la famille Scott à quitter le pays et je ne souhaitais pas les suivre » répondit-il en sentant son cœur et ses entrailles ses serrer en évoquant ce souvenir car il était intimement et irrévocablement lié à son souvenir à elle.

Remus du faire un effort considérable pour ne pas évoquer le prénom de la jeune femme qui l'avait fait tant souffrir à laquelle il se refusait de penser, encore aujourd'hui.

- « Monsieur Lupin ? »

Remus sursauta, il ne s'était pas rendu compte qu'il lui parlait.

- « Pardon ? »

- « Je voulais savoir si vous aviez travaillé depuis ? » demanda monsieur Plath

- « Euh… Oui… Je suis associé dans l'entreprise de mes deux amis, mais je n'ai d'associé que le nom. Je n'y ai pas mis les pieds depuis des mois car on m'a de nouveau proposé un poste de professeur »

- « Vraiment ?! » demanda Plath, d'un air sincèrement ravi

- « Oui, je suis désormais professeur de Défense Contre les Forces du Mal à Poudlard »

- « Mais c'est une merveilleuse nouvelle ! C'est là un excellent poste ! »

- « J'en suis conscient » répondit Remus.

- « J'espère que vous y resterez longtemps ! »

- « Moi aussi »

Remus vit alors son interlocuteur ranger sa fiche, dûment remplie sur le sommet de la pile de parchemin et le regarda en souriant.

- « J'ai eu toutes les informations que je souhaitais avoir »

- « C'est vrai ? »

- « Oui, nos services voulaient simplement nous assurer que nous n'avions pas perdu votre trace. »

- « Oh… Je suppose que par les temps qui court, le Ministère préfère savoir où se trouve les personnes qu'il considère comme potentiellement dangereuses… » lança Remus, désabusé.

- « Je suis vraiment navré. Je ne veux pas que vous croyiez que je vous prends pour quelqu'un de mauvais mais… »

- « Vous avez des ordres. Je sais, monsieur Plath, je sais… »

Remus esquissa un faible sourire et serra la main que l'homme lui tendait. Sans ajouter un mot, il quitta le bureau, puis le Département, sans lancer un seul regard à la secrétaire acariâtre. Une fois dans le hall du Ministère, il se dépêcha de regagner la sortie, il n'aimait pas cet endroit. Une fois dehors, dans la vieille ruelle insalubre et déserte, il transplana et se rendit devant la grande maison qui accueillait ses congénères.

Le Ministère ignorait qu'un si grand nombre de loups-garous se trouvait concentré ici. S'il l'apprenait, il s'empresserait sûrement de les chasser voire de les emprisonner. Mais Remus faisait confiance au professeur Dumbledore. Il savait que jamais personne du Ministère ne les trouverait ici.

Il ne se sentait pas d'humeur joyeuse. Ce rendez vous l'avait rendu morose et des pensées noires avaient envahi son esprit. Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi triste. Et comme à chaque fois que ce sentiment s'insinuait en lui, il ne pouvait s'empêcher de penser à celle qui le lui avait infligé.

Kathleen. Il n'avait pas eu de nouvelles d'elle depuis leur rupture. Rien, pas le moindre mot. Il savait juste qu'elle était partie pour la France, mais cela s'arrêtait là. Peut-être était-elle heureuse, peut-être avait-elle un autre homme dans sa vie ? Lui n'avait personne… Il était seul. Entouré d'amis qui l'aimaient et qui le soutenaient mais il se sentait très seul au fond de lui.

Il frissonna, autant de froid que de peine. Remus décida alors de réagir. Il ne voulait pas se laisser submergé par la tristesse et la douleur. Il devait se montrer plus fort que cela. Prenant son courage à deux mains, il quitta sa torpeur et son immobilité et pénétra dans le jardin de la grande maison. Il entra sans frapper, ni sonner, comme d'habitude. Il était ici chez lui, au même titre que tous les résidents de cette maison. A l'intérieur, il faisait doux. Une délicieuse odeur embaumait l'endroit, Remus se rendit alors compte qu'il avait faim. Il ôta sa veste et l'accrocha au porte manteau et se rendit dans la cuisine. Six personnes s'y trouvaient dont Debae, assise près de la fenêtre.

- « Salut Remus ! » le saluèrent les personnes présentes.

- « Salut »

Le jeune homme remarqua immédiatement l'immense sourire qui naquit sur les lèvres de Debae. Elle lui fit signe de s'approcher d'elle, et il s'exécuta sans dire un mot. Il décida d'ignorer les sourires et les regards amusés des autres loups-garous présents dans la pièce. Apparemment, le fait que la jeune femme ait un faible pour lui ne leur avait pas échappé. Ne sachant pas comment réagir, s'il devait les ignorer où mettre les choses au clair, il préféra faire comme si de rien n'était. Il prit place près d'elle et lui rendit son sourire.

- « Ca ne va pas » murmura-t-elle tout bas, pour que personne d'autre ne les entende.

Comme à chaque fois, le jeune homme fut surpris de voir que Debae savait comment il se sentait. Elle savait toujours avec une justesse étonnante les émotions qu'il ressentait. Cela le mettait parfois mal à l'aise, mais Debae était toujours si gentille et douce avec lui que la gêne passait vite.

- « Je reviens du Ministère » répondit-il

- « Oh… »

- « Ce n'est jamais très agréable de savoir qu'on est fiché comme du bétail… » grogna-t-il

La jeune femme eut pour lui un sourire triste et posa avec tendresse sa main sur son bras. Remus lui en fit reconnaissant. Désireux de changer de sujet pour s'aérer l'esprit, il décida de prendre les choses en main.

- « Quelles sont les nouvelles ici ? » demanda-t-il à tout le monde

- « Le professeur Dumbledore est passé ! » lui annonça une des femmes présentes dans la pièce en lui tendant une assiette pleine de biscuits tout juste sortis du four dans laquelle le jeune homme piocha avec gourmandise.

- « Ah oui ? »

- « Oui » répondit Zac, présent lui aussi dans la pièce, mais sur un ton beaucoup plus agacé.

Remus le soupçonnait d'avoir un faible pour Debae et d'être jaloux de lui.

- « Il avait une nouvelle mission à nous confier » continua le jeune homme

- « De la surveillance ! » continua Debae, en souriant « Bien moins risquée que la dernière fois »

Remus lui fit un sourire confiant. Il savait que la jeune femme avait beaucoup souffert de l'échec de la précédente mission.

- « Vous allez surveillez quoi ? » demanda Remus

- « Poudlard et ses environs pour un premier groupe » expliqua Zac « Un autre groupe sera chargé de courtes missions de surveillance. Debae et moi, on doit espionner un magasin de l'Allée des Embrumes ces prochains jours »

- « Tu connais Barjow et Beurk ? » demanda Debae

- « Bien sur ! Le gérant est un sale type… »

- « On va l'espionner quelques temps. Histoire d'être bien sur qu'il ne sait rien de trop louche avec des mangemorts… » lança Zac

- « Et de temps en temps, on alternera les équipes, pour être bien sur qu'on ne se fasse pas repérer. » termina Debae

- « Tu as l'air contente » souffla Remus

- « Je suis emballée de me rendre utile ! J'avais tellement peur que le professeur Dumbledore ne veuille plus que je travaille pour lui à cause du fiasco avec son prisonnier ».

- « Ne dis pas n'importe quoi ! » grogna Remus « Dumbledore est toujours partant quand il s'agit de laisser une autre chance à quelqu'un. Ca ne m'étonne pas qu'il t'ait confié une autre mission. Je lui ai dit que tu étais très compétente… »

- « Oh Remus… »

- « Bon ! Si on allait dans le salon pour manger tout ça ! » la coupa Zac avec humeur.

Remus se mit à sourire doucement. Ses soupçons étaient fondés. Le jeune homme semblait vraiment très jaloux de lui et pourtant, il n'avait rien à craindre. Remus n'éprouvait pas pour la jeune femme les sentiments qu'elle lui portait ni ceux que Zac portait à Debae…

Il se leva donc et en soupirant regagna le salon, suivit par Debae.

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C'est un peu essoufflée qu'Océane arriva devant la porte de Jasire. Elle plaqua ses deux mains sur un point de côté qui la faisait souffrir un peu en dessous de ses côtes. Elle resta donc en haut des escaliers, reprenant sa respiration et attendant que sa douleur s'estompe. Lorsque se fut le cas, elle poussa enfin la porte. Elle ne voulait pas que Sirius la voie dans un état pareil. Elle n'avait pourtant que monter quelques étages à pieds. Sa grossesse commençait à se faire ressentir sur sa condition physique, mais si jamais Sirius l'apprenait, elle craignait qu'il la force à garder le lit jusqu'à la naissance de leur fille. Une fois remise, elle entra dans la salle d'attente.

- « Bonjour ! Oh ! Océane ! Comment vas-tu ? » lança joyeusement Lucrécia en souriant

- « Bien ! Très bien ! » assura la jeune femme en lui rendant son sourire « Je voudrais voir Sirius, c'est possible ? »

- « Toujours ! Je crois que je me ferais gronder si je t'interdisais de le voir » plaisanta la secrétaire en lui désignant du menton la porte du bureau de son mari.

Océane hocha la tête et s'y rendit en quelques pas. Elle frappa quelques coups vifs et ne tarda pas à entendre la voix de son mari lui dire d'entrer. Ne se faisant pas prier, la jeune femme poussa la porte entra rapidement avant de la refermer très vite.

- « Océane ?! »

La jeune femme fixa son mari en souriant largement. Les deux pieds posés sur son bureau, avachi sur son fauteuil, des dossiers éparpillés partout autour de lui, il ne paraissait pas fournir un effort intense.

- « Je te dérange en plein travail ! » plaisanta-t-elle en s'approchant.

- « J'ai une vie très stressante… » lui répondit-il en se redressant et en ramassant ses papiers en une grande brassée qu'il glissa en vrac dans un de ses tiroirs.

- « Je vois ça… » murmura-t-elle en arrivant juste devant lui.

Il se leva alors et la fixa d'un air soudain devenu grave.

- « Ca va ? Tout va bien ? Pourquoi tu es là ? »

- « J'avais envie d'être avec toi » avoua tout simplement la jeune femme.

Depuis le moment où il l'avait quittée pour venir travailler, elle avait ressentit un grand vide qu'elle avait eu envie de combler. Elle s'était donc débrouillée pour pouvoir le rejoindre. Elle avait envie de ses bras autour de sa taille, des lèvres sur les siennes…

- « Où est Lalyh ? » demanda tout de même Sirius en posant ses deux mains sur ses épaules et en la forçant à s'asseoir sur son confortable fauteuil.

- « Chez ma mère »

- « Tu avais envie de me voir à ce point ?! » s'étonna le jeune homme en souriant tendrement.

- « Oh oui » souffla la jeune femme en tendant ses bras.

Sirius se pencha alors et l'enlaça délicatement. Océane ferma les yeux et respira son odeur à plein poumon. Elle aimait tellement être dans ses bras.

- « Eh ! » murmura le jeune homme à cet instant « Tu es sure que tu vas bien ? »

Il s'accroupit devant elle et replaça une longue mèche de ses cheveux derrière son oreille. Océane lui offrit un sourire rassurant.

- « Oui, je suis juste un peu lasse »

- « Normal… » murmura le jeune homme en posant ses mains sur son ventre rond.

Il le caressa doucement, un air émerveillé sur le visage.

- « Je ne m'en lasse pas… » souffla-t-il sans quitter son ventre des yeux.

Océane souriait largement quand elle sentit quelque chose lui heurter le visage. Quelque chose de petit qui bourdonnait et qui s'emmêla dans ses cheveux. Elle poussa un léger cri. Sirius releva la tête.

- « Ne bouge pas… » souffla-t-il en souriant

- « Dépêche toi ! J'ai horreur de ça » lança Océane d'une voix un peu aigue.

Elle sentit alors la main de son mari s'approcher de son visage et se saisir de l'importun d'un geste vif. Il le dégagea alors et éloigna sa main tout aussi vite. Entre ses deux doigts, il tenait un scarabée que Océane trouva immense.

- « Voilà celui qui t'a sauvagement attaqué ! » plaisanta Sirius en regardant l'insecte avec amusement.

- « Ne te moques pas de moi ! » rétorqua Océane « Je déteste ça ! »

- « Je sais, je sais… » souffla Sirius en se levant. « C'est quand même étonnant à cette saison d'en voir un ! Tu veux que je le mette dehors ? »

- « Oh non ! Il va avoir froid ! » souffla la jeune femme, prise de pitié pour cet animal en pensant au froid qui régnait encore en cette fin de février.

- « Il faudrait savoir ce que tu veux ! » rit Sirius « J'en fais quoi alors ? »

- « Laisse le près de la fenêtre, et reviens par là ! »

En souriant, le jeune homme posa l'insecte sur la vitre et se dépêcha de revenir vers elle.

- « Tes désirs sont des ordres ma jolie grosse… »

- « Sirius ! » s'indigna la jeune femme en lui lançant un regard noir.

- « Oh ma belle ! Ne te vexe pas ! Tu sais bien que je t'aime comme ça… »

- « Oui mais quand même ! Tu n'es pas obligé de me le faire remarquer ! Je sais bien que j'ai pris du poids et… »

- « Tais toi tout de suite ! » lui demanda Sirius en posant un doigt sur tes lèvres « Tu sais bien que je plaisante et que je ne te trouve pas grosse du tout, tu es magnifique »

- « Mouais… » grogna la jeune femme en croisant ses bras sur sa poitrine

- « Océane… »

La jeune femme ne se dérida pas.

- « Ma belle » insista Sirius mais Océane ne broncha pas.

Le jeune homme caressa alors doucement sa joue.

- « Chérie… »

La jeune femme luttait pour ne pas sourire. Elle ne lui en voulait pas, mais elle aimait le voir tout faire pour se faire pardonner.

- « Mon petit bouton d'or » souffla enfin Sirius en effleurant ses lèvres du bout des doigts.

Cette fois ci, Océane ne pu s'empêcher le sourire radieux de naître sur ses lèvres. Sirius la fixa aussi, mais d'un air surpris.

- « Quoi ? » demanda-t-il

- « Tu réalises comment tu m'as appelée ? » demanda-t-elle doucement.

Sirius hocha la tête.

- « Tu sais que tu ne m'appelles comme ça que quand nous sommes dans des moments particulièrement intimes d'habitude ? »

- « On est pas dans un moment intime là ? » demanda-t-il en se rapprochant d'elle doucement

- « Je parlais d'un moment un peu plus… physique » murmura la jeune femme tout contre ses lèvres

- « J'avais compris » souffla-t-il avant de capturer ses lèvres.

Il l'embrasa tendrement avant de s'éloigner un peu. Océane souriait autant que cela était possible. Sirius n'avait pas pour habitude d'être aussi affectueux hors de chez eux. Et même si son bureau leur offrait une relative intimité, il ne s'était jamais autorisé à être aussi tendre et démonstratif avec elle ici. Elle en était vraiment heureuse.

- « Je croyais que tu aimais quand je t'appelais comme ça » souffla-t-il tout contre son oreille.

- « J'adore » chuchota-t-elle avant de se blottir contre lui

Ils restèrent ainsi enlacés pendant de longues minutes avant que Sirius ne se relève. Il plongea son regard dans le sien.

- « Je suis content que tu sois venue »

- « Moi aussi » murmura-t-elle « Ca me fait du bien d'être avec toi, juste avec toi, en amoureux »

Elle vit alors son mari prendre un air plus grave, et poser sa main sur sa joue.

- « Tu étais très tendue ces derniers jours »

Océane sentit son ventre se serrer. Oui, elle avait été sur la défensive ces derniers jours et elle se sentait encore plus mal de voir qu'il s'en était rendu compte.

- « On dirait que ça va mieux » murmura-t-il en souriant alors.

Elle lui fit son plus beau sourire.

- « Viens… » lui souffla-t-elle.

Sans se faire prier, Sirius se rapprocha d'elle. Mais la jeune femme fut très surprise de le voir blottir sa tête contre sa poitrine. Il s'y blottit confortablement même s'il devait être à genoux sur le sol pour cela. La jeune femme glissa alors ses doigts dans la chevelure brune de son mari et posa un baiser sur le sommet de son crâne.

- « Je t'ai un peu négligé ces derniers temps pas vrai ? » murmura-t-elle « Je ne me suis pas beaucoup occupée de toi… »

Elle le sentit rire doucement et déposer un baiser sur son sein, à travers son chemisier.

- « Tu n'étais pas très en forme… » murmura-t-il.

Elle le trouvait adorable de lui chercher des excuses comme ça et le serra un peu plus contre elle.

- « Ce n'est pourtant pas que je n'avais pas envie d'être avec toi… Mais je sentais que j'avais besoin d'être un peu… seule »

- « Je peux comprendre ça… » murmura-t-il

- « Mais je vais me rattraper » promit-elle en glissant sa main sur sa joue.

- « Vraiment ? » demanda le jeune homme

- « Oui… Je sens que nous sommes entrés dans la période de ma grossesse où je vais m'appliquer à te fatiguer… » souffla-t-elle d'un air plein de sous entendus

- « J'en suis ravi ! » déclara-t-il avec un air gourmand.

Elle éclata de rire et se dépêcha de l'embrasser comme pour sceller la promesse de tendresse à venir. Il y répondit avec ferveur. Bientôt la jeune femme oublia tout ce qu'il n'était pas lui et glissa ses mains autour de sa nuque. Sirius l'embrassait maintenant avec passion et elle sentait ses mains glisser sur son corps et sur ses formes en s'y attardant par moment.

Elle se serra un peu plus contre lui, se levant pour le sentir plus contre elle. Il parut s'en réjouir car il se fit plus pressant, enfouissant une de ses mains dans ses longues mèches blondes tandis que l'autre se perdait dans le bas de son dos. Elle laissa échapper un léger gémissement quand soudain, Sirius se raidit et cessa de l'embrasser. Doucement, il la repoussa un peu.

- « Mieux vaux arrêter maintenant, sinon je n'en serais plus capable » la prévint-il en souriant doucement.

Déjà essoufflée, Océane le fixa un petit moment de répondre.

- « C'est dommage… » souffla-t-elle en se glissant contre lui.

- « Aurais-tu oublié où nous sommes ? » demanda Sirius d'un air amusé.

La jeune femme haussa les épaules. Elle n'avait pas oublié, elle voulait juste le taquiner un peu. Il était bien clair pour elle qu'ils ne pouvaient pas se laisser aller à faire quoique ce soit dans ce bureau… Elle se ré-installa donc simplement dans le fauteuil. Sirius la fixa avec amusement avant de s'asseoir en face d'elle sur son bureau.

- « Je suis un peu déçu » avoua-t-il

- « Pourquoi ? »

- « J'aurais voulu que tu insistes plus » murmura-t-il

Océane le fixa d'un air surpris.

- « J'aurais aimé que tu ne me laisses pas arrêter » lança-t-il d'un ton badin.

Estomaquée, Océane le regarda avec de grands yeux ronds.

- « Quoi ?! Ici ! »

Sirius lui fit signe que oui.

- « Mais tu es fou ! »

Il haussa les épaules.

- « Avec Lucrécia dans la pièce à côté ?! Dans ce bureau où tout le monde rentre comme dans un moulin ?! »

Cette fois-ci il se mit à rire.

- « C'est toi qui m'as sauté dessus je te signale ! » lui rappela-t-il d'un air amusé.

- « Ce sont mes hormones ! » lui répliqua-t-elle rapidement.

Après tout, elle avait une excuse irréfutable pour expliquer son enthousiasme débordant, elle n'allait pas s'en priver.

- « Je n'y crois qu'à moitié » lança Sirius, de plus en plus amusé.

- « Et toi ça ne t'aurait pas gêné ? »

- « Je crois que non… » souffla-t-il

- « J'en apprends tous les jours sur toi » lui lança-t-elle alors.

- « Tant mieux… » lui répondit-il avant de déposer tendrement un baiser sur son front.

Océane le regarda alors avec tendresse et prit ses mains dans les siennes. Elle sentait qu'elle allait passé un merveilleux moment en compagnie de son mari.