Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en général mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

Note 1 : J'ai terminé de rédiger cette histoire en mai 2007. Il n'y a donc dans cette fiction AUCUNE INFORMATION concernant Harry Potter and the Deathly Hallows. Je n'ai fait qu'émettre des suppositions sur ce qui aurait pu se passer. Si par hasard j'avais deviné quelque chose, c'est que je possède un Troisième Œil très efficace !

Par respect pour l'auteur les lecteurs qui n'ont pas encore eu la chance de lire le tome 7, je vous demande de ne faire AUCUNE ALLUSION au septième tome dans vos reviews… Ne gâchez pas le plaisir de ceux qui ne savent pas lire l'anglais svp !

Note 2 : Pour répondre à certaines reviews (anonymes ou pas…) je vous annonce ici que « Ce qui aurait pu se passer » est une fic de 156 chapitres, dont deux épilogues ! Voilà, vous savez tout !

Note 3: J'ai pris une grande décision, ou plutôt je me suis fixée un but : terminer la publication de ma fic avant la sortie en français de HP 7 en français ! Attendez vous donc à une publication beaucoup plus régulière et rapprochée ! -

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre cent vingt six : Coup bas


« C'est la guerre, c'est la haine
Les mots portent des coups bas »
Charles Aznavour ( La dispute)

- « Alors ? Comment ils vont ? » demanda James en penchant sa tête en arrière pour pouvoir voir sa femme franchir le seuil de la porte de leur maison.

- « Bien… » répondit simplement la jeune femme en s'approchant de lui.

- « C'est tout ? » s'étonna le jeune homme.

- « Oui » soupira Lily en se laissant tomber près de lui sur le canapé.

Aussitôt, James referma le magasine qu'il était en train de feuilleter et le jeta sur la table basse pour pouvoir passer un bras autour des épaules de sa femme qui se dépêcha de poser sa tête sur son torse.

- « Tu n'as pas l'air contente » souffla James avant de poser un baiser sur une de ses tempes.

- « Ce n'est pas ça… » murmura-t-elle « Mais pour l'instant, il n'y a rien de nouveau. Ils ne vont pas mieux, mais ils ne vont pas plus mal… On a pas eu d'évolution pour le moment »

- « Mais ça ne fait qu'une semaine que le traitement a commencé ! » s'exclama James « C'est normal que les progrès ne se voit pas en si peu de temps ! Tu as dit toi-même qu'il fallait être patiente ! »

- « Je sais… » murmura-t-elle en se calant un peu plus contre lui « Il faut croire que je suis devenue impatiente… »

« Oh ! Tu n'as jamais vraiment aimé laisser traîner les choses… » glissa le jeune homme à son oreille en la serrant un peu plus.

- « C'est vrai qu'en général, quand je me décide, je fonce… »

- « En bonne gryffondor qui se respecte » plaisanta James en riant presque.

Lily se mit aussi à rire de bon cœur et releva sa tête. James pu alors plonger son regard dans les merveilleux yeux émeraude qui le charmaient toujours autant. Ne pouvant résister d'avantage à cette tentation, il se pencha pour l'embrasser avec passion. Au bout d'un moment, ce fut elle qui mit fin au baiser.

- « Et bien… » lança-t-elle dans un souffle « Que me vaut tant d'enthousiasme ? » demanda-t-elle les yeux brillants.

- « Je ne sais pas trop… Disons que j'en avais très envie… »

James vit la jeune femme sourire encore plus.

- « Où sont les enfants ? » demanda-t-elle en regardant tout autour d'elle dans le salon.

- « A l'étage… Sous la surveillance de Dobby pour les plus grands, endormi pour notre petit Jack. »

- « Tu veux dire qu'on est seuls, ici, tous les deux ? » demanda Lily en laissant glisser ses doigts sur son torse.

- « J'en ai bien l'impression » murmura le jeune homme en souriant largement.

Cela faisait bien longtemps que Lily et lui n'avaient pas passé un vrai moment seul, tranquillement. Entre leurs enfants, le travail, la guerre et tout le reste, James se sentait parfois un peu perdu. C'est pour cela qu'il savourait des moments comme celui-ci, de relative intimité.

- « Embrasse moi » quémanda alors Lily d'une toute petite voix.

James s'exécuta aussitôt. Enlacés confortablement dans leur canapé, ils restèrent ainsi de longues minutes à s'embrasser tendrement, profitant du calme qui régnait chez eux.

- « Oh la la !! Les zamoureux ! »

La voix de Harry les fit sursauter tous les deux en un bel ensemble. Ils se tournèrent vers l'escalier d'où elle provenait. La main dans celle de Dobby, qui tenait aussi Syrielle, Harry les regardait en souriant. Lily soupira alors doucement et James posa un léger baiser sur son front avant de se lever.

- « Oui ! On est amoureux ? Tu es jaloux ? » demanda-t-il à son fils en le prenant à son coup.

- « C'est quoi ? » demanda Harry.

- « Rien du tout ! Un petit garçon ne doit pas être jaloux de son Papa… » trancha Lily en se redressant un peu.

James adressa un clin d'œil à son fils qui se mit à rire. Il avait l'air joyeux, mais le jeune homme trouvait son fils un peu bizarre. Il fronça les sourcils.

- « Il y a un problème ? » demanda Lily

- « Je ne sais pas… Tu ne trouves pas qu'il a les yeux un peu rouges ? » demanda James en s'approchant d'elle, leur fils toujours dans ses bras.

Il fit asseoir Harry sur le dossier du canapé et Lily se pencha vers lui.

- « Oui » murmura la jeune femme après avoir observer son fils avec attention. « Tu as mal à la tête, trésor ? »

- « Vi » lança le petit garçon.

- « Pourquoi tu lui demandes ça ? » s'inquiéta James.

- « Il s'en est souvent plaint ces derniers jours. Au début, je croyais qu'il voulait jouer, mais plus ça va, plus il me le dit. Il a l'air fatigué aussi… » souffla la jeune femme en prenant Harry à son cou.

Le petit garçon cala sa tête contre son épaule.

- « Dobby, est-ce que tu as remarqué quelque chose d'étrange concernant Harry ? » demanda alors la jeune femme à l'elfe

- « Le jeune maître a souvent frotté ses yeux aujourd'hui… » répondit l'elfe qui tenait toujours la main de Syrielle dans la sienne.

James vit sa fille le fixer avec un peu d'inquiétude dans le regard. Le jeune homme se dépêcha donc d'aller la prendre dans ses bras pour la rassurer bien que lui ne l'était pas du tout.

- « Il est malade alors ? » demanda-t-il à sa femme.

Lily se contenta d'hausser les épaules et posa sa main sur le front de Harry.

- « Il n'a pas de fièvre… » murmura-t-elle

- « Ca ne veut pas dire qu'il n'a rien ! »

- « Oui, mais ce n'est sans doute pas grave » lui répondit Lily.

James n'en était pas convaincu. Dès qu'un de ses enfants n'allait pas bien, il était très inquiet. Lily prenait toujours la chose avec calme et se montrait toujours raisonnable, lui avait un mal fou à garder son sang-froid.

- « On l'emmène voir un pédiatromage ! » lança-t-il

- « Pas ce soir » lui répondit Lily

- « Mais, s'il a mal… »

- « Chéri ! Il a un peu mal à la tête, mais il n'a pas l'air de souffrir le martyr ! Demain, s'il a toujours mal, on l'emmènera voir un médecin. Pour ce soir, on va se contenter de le coucher tôt pour qu'il se repose »

- « Tu es sure qu'il ne serait pas plus prudent de l'emmener à Ste Mangouste »

Lily se mit alors à rire doucement et posa un baiser sur la joue de son fils et haussa les épaules quand elle croisa son regard. Elle câlina encore Harry quelques minutes avant de le reposer sur le canapé tout doucement.

- « Bon, et bien, puisque nous devons dîner tôt pour que Harry se repose, je vais aller préparer le repas. »

Elle disparut alors dans la cuisine sous le regard de James. Ce dernier tenait toujours Syrielle contre son torse. La petite fille, très calme ne bougeait pas. Le jeune homme décida alors d'occuper ses enfants avant le dîner et alla s'installer près du canapé près de son fils.

- « Ca va bonhomme ? » demanda-t-il.

Harry hocha la tête mais enfonça son pouce dans sa bouche et se rapprocha pour se blottir contre lui. James se mit alors à sourire et regarda ses deux enfants avant de proposer d'une voix calme.

- « Vous voulez que je vous raconte une histoire ? »

Les deux enfants acquiescèrent avec enthousiasme. L'histoire de ses mésaventures pour faire tomber leur mère amoureuse de lui les occupa jusqu'à l'heure du repas. Harry ne toucha pratiquement pas à son assiette ce qui eut pour effet d'inquiéter son père encore un peu plus. Il insista pour aller le coucher lui-même et ne quitta sa chambre que longtemps après qu'il se soit profondément endormi. Il voulait être sur qu'il allait bien. Il mit tant de temps, que quand il alla rejoindre Lily, elle dormait déjà. Il se glissa sous les draps discrètement et parvint à ne pas la réveiller. Pour autant, il ne trouva le sommeil que très tard dans la nuit, luttant contre l'envie de se réveiller pour vérifier que son fils allait bien.

Le lendemain, il fut le premier lever et donna son premier biberon de la journée à Jack confortablement installé dans le salon. Il avait réussit à l'empêcher de réveiller Lily par ses pleurs et il était assez fier de lui. Son fils calé dans ses bras, le biberon dans la bouche, il le regardait avec tendresse. Perdu dans sa contemplation, il sursauta quand la main fine et douce de sa femme se posa sur sa nuque.

- « Bonjour » murmura-t-elle encore endormie

- « Bonjour, tu as été voir Harry ? » demanda-t-il immédiatement.

- « Il dort encore » se contenta de répondre la jeune femme en se penchant pour caresser sur bout des doigts le visage de Jack.

- « Je sais que tu vas dire que je m'inquiète pour rien, mais je veux vraiment qu'on l'emmène voir un médecin ce matin. Qu'on soit sur ! Même s'il n'a rien, je veux en être sur »

Lily le regarda un moment d'un air grave avant de sourire doucement.

- « Si tu y tiens temps » souffla-t-elle en posant un baiser sur son front. « Quand il se réveillera on l'emmènera voir quelqu'un »

- « Merci » se contenta de répondre James.

Il patienta jusqu'au réveil de Harry en jouant avec Jack. Le bébé qui venait de fêter ses trois mois le fascinait autant que l'avait fasciné ses deux autres enfants. Il joua un long moment avec ses petites mains, se régalant de ses sourires et de ses petits cris amusés. Lily, lovée dans le fauteuil en face d'eux les regardait en souriant, la tête posée sur son coude replié.

Harry ne tarda pas à les appeler, suivit par Syrielle. Lily monta à l'étage pour lever tout ce petit monde et une demi-heure après redescendit en les tenant par la main. Inquiet, James scruta Harry pour voir s'il allait bien. Mais c'était difficile à dire. Le petit garçon avait l'air plus endormi qu'autre chose. Il rata d'ailleurs la porte de la cuisine et se cogna. Lily mit un peu de temps à le consoler…

Une fois que tout le monde eut déjeuné et fut prêt, James et Lily les conduisirent chez Sirius. Le jeune homme accepta de s'occuper de Syrielle et Jack et James qui tenait fermement Harry contre son cou fut content de pouvoir enfin transplaner pour Ste Mangouste. Il attendait ce moment depuis la veille. Tous les trois se rendirent au service de pédiatrie magique, après s'être renseignés à l'accueil, on leur annonça qu'un pédiatromage pourrait les recevoir quelques instants plus tard.

L'attente dura plus de deux heures. Harry commençait vraiment à s'impatienter. Les maigres jouets que proposait la salle d'attente n'étaient pas parvenus à capter son attention suffisamment longtemps. Même James commençait à s'impatienter quand soudain, une porte s'ouvrit et un homme, plutôt jeune, en blouse blanche les appela. D'un même geste, James et Lily se levèrent. Cette dernière attrapa la main de leur fils et tous les trois suivirent le pédiatromage qui les entraîna dans son bureau. Après les formalités d'usage, l'homme installa Harry sur une table d'examen. Il lui fit subir toutes sortes de tests, mais rien ne sembla l'inquiéter. Finalement après, quelques minutes, il l'aida à se rhabiller et autorisa le petit garçon à descendre. Immédiatement, Harry sauta de la table pour aller se blottir sur les genoux de sa maman.

- « Il n'a pas l'air malade » annonça le pédiatromage, mais James n'en était pas convaincu.

- « Mais enfin, ce n'est pas normal qu'il se plaigne ainsi sans raison ! » lança-t-il

- « Un caprice sans doute. Il vient d'avoir un petit frère si j'en crois votre dossier, il réclame peut être un peu plus d'attention de votre part de cette manière »

- « Il n'a jamais fait ça pour sa sœur » souffla James d'un air sceptique.

Il imaginait mal son fils montrer sa jalousie de cette manière là. Il l'imaginait plutôt faire toutes les bêtises possibles et imaginables.

- « Il est plus grand désormais… » continua la pédiatromage en le fixant attentivement d'un air grave « Et… Excusez moi un moment… »

Il sembla réfléchir et se leva.

- « Je vais faire des tests supplémentaires. » déclara-t-il soudain.

Surpris, Lily et James échangèrent un regard d'incompréhension.

- « Il me faut aller dans une autre salle d'examen, tu viens Harry ? »

Le petit garçon ne semblait pas décidé à la suivre, mais d'une pression rassurante sur le dos, Lily l'incita à suivre le médecin. Une fois qu'ils eurent quittés la pièce James se tourna vers elle.

- « Ca veut dire quoi ça ?! »

- « Je ne sais pas » avoua la jeune femme qui semblait un peu inquiète.

Ils attendirent sans dire un mot pendant la demi-heure que dura l'absence de leur fils. James commençait sérieusement à se lever pour aller les chercher quand la porte s'ouvrit et Harry entra, une énorme sucette dans la main, et un large sourire aux lèvres.

- « Regarde ! » lança-t-il joyeusement en brandissant sa sucrerie.

- « Waouh ! » souffla James en lui souriant tendrement en tapotant sa petite tête brune.

Le petit garçon se dépêcha de regagner les genoux de sa maman tandis que le pédiatromage reprenait place derrière son bureau.

- « C'est bon » annonça-t-il « Je sais de quoi souffre votre fils. »

- « Ah… » soufflèrent en même temps Lily et James.

- « Il se plaignait de maux de tête n'est-ce pas ? »

- « Oui »

- « Avez-vous remarquer aussi qu'il était devenu maladroit ? Qu'il se cognait souvent ? Il m'a dit qu'il se faisait mal bien souvent » continua le pédiatromage.

- « Bien sur ! » lança James, un peu agacé par le fait qu'il tournait autour du pot. « Alors qu'est-ce qui se passe ? »

Le pédiatromage le fixa d'un air amusé avant de répondre.

- « Harry à tout simplement besoin de lunettes ».

Le silence accueillit cette nouvelle. Ce fut Lily qui réagit la première.

- « Pardon ? »

- « Votre fils a hérité de la myopie de son papa » annonça le médecin.

- « Génial ! » grogna alors James.

Cette nouvelle le mettait en colère. Il observa un moment Harry qui semblait un peu perdu avant de poser son regard noir sur le pédiatromage. Celui-ci sembla un peu décontenancé, mais termina tout de même sa consultation avec calme.

- « Je vous prescrit donc une paire de lunette. Il y a un très bon optimage sur le Chemin de Traverse. Il fait de très jolis modèles pour les enfants »

- « Très bien » répondit Lily ne prenant l'ordonnance que lui tendait le médecin.

A partir de cet instant, James ne suivit plus le fil de la conversation. Les bras croisé sur sa poitrine, il ruminait ses idées noires. C'est distraitement qu'il serra la main du médecin et il fut le premier à quitter le cabinet. Il marcha un moment dans le couloir avant d'entendre Lily dire à Harry

- « Va jouer dans la salle d'attente mon trésor »

Il entendit le bruit des petits pas de son fils s'éloigner mais ne s'arrêta pas de marcher pour autant, toujours aussi bougon.

- « James ! » l'appela alors Lily.

En soupirant, il s'arrêta et se retourna. Sa femme le fixait d'un air grave et légèrement sévère. Il revint sur ses pas pour s'approcher d'elle.

- « Je peux savoir ce que tu me fais là ? » demanda-t-elle

- « Rien ! C'est juste que ça me tue que Harry doive porter des lunettes ! » grogna-t-il

- « Ce n'est pas si grave… »

- « Pas si grave ?! Par Merlin, je n'aurais donc vraiment pas épargné mon fils ! Il a fallut qu'il hérite de toutes mes tares ! »

- « Mais de quoi tu parles ? » demanda la jeune femme, surprise.

- « Il avait déjà mes cheveux impossible, maintenant il a aussi mes yeux défectueux ! »

- « James ! »

Elle le fixait d'un air grave et posa sa main sur sa joue. James soupira et à travers la baie vitrée fixa son fils qui jouait sans grand enthousiasme avec des cubes.

- « Non, mais regarde le ! Il me ressemble tellement ! A croire que je l'ai fait tout seul ! La seule chose qui montre qu'il est de toi aussi, ce sont ses yeux. Je suis tellement fier que nos enfants en aient hérités. C'est une des choses qui me rend heureux. Ca me tue de savoir que la seule chose visible de toi, la seule chose que notre fils n'ait pas hérité de moi va être caché derrière des lunettes »

Lily esquissa un faible sourire.

- « Je sais que c'est pas marrant de porter des lunettes, surtout quand on est petit. Il n'a que trois ans et demi ! »

- « Il va être content d'être comme toi, lui… » souffla Lily

- « Tu crois ? »

- « Bien sur ! Oh je ne dis pas que ça durera toujours, mais au départ je suis sur qu'il sera ravi de porter des lunettes, parce que comme ça, il sera vraiment comme toi. Il t'admire beaucoup tu sais… »

James ne pu s'empêcher de sourire et observa une nouvelle fois son fils par la baie vitrée.

- « Ce n'est pas si grave, qu'il doive porter des lunettes. Il va être adorable ! Ca lui donnera un petit air sérieux… Mais ça lui en donnera juste l'air… » murmura-t-elle d'un air amusé « Je ne me fais pas d'illusion, ça ne le rendra pas plus sage. C'est ton fils James, il n'y a rien qu'on puisse faire contre ça ! »

Le jeune homme la regarda alors avec tendresse et reconnaissance et se pencha pour l'embrasser tendrement. Il était calmé. Il s'en voulait moins. Cette discussion lui avait fait beaucoup de bien.

Il se détacha d'elle en souriant et elle lui fit un clin d'œil.

- « Maintenant, tu vas aller le voir, lui dire que tu l'aimes et que tu n'est pas fâché contre lui » lui demanda-t-elle en lissant le col de sa chemise.

- « Pourquoi est-ce qu'il croirait ça ? » demanda James.

- « Vu la réaction que tu as eu quand tu as appris la nouvelle, il a cru que tu étais en colère à cause de lui »

- « Mais ce n'est pas vrai ! »

- « Je sais… Mais pas lui. Allez, va le voir et après on ira chez cet optimage »

James hocha la tête et laissant Lily dans le couloir, se dépêcha d'aller rejoindre son petit garçon qui décidément, lui ressemblait de plus en plus.

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Lorsque Hagrid ouvrit les yeux, il faisait encore nuit. Pourtant la certaine clarté qui colorait le ciel en direction de l'Est indiquait très clairement que le soleil n'allait pas tarder à se lever. Il se retourna dans un grognement qui résonna dans la caverne dans laquelle il se trouvait et, s'appuyant sur un de ses coudes se releva. Assis à même le sol, à l'endroit où il avait dormi, le demi géant frotta ses yeux de ses grandes mains et se leva. Il étira son corps endolori et fit quelques pas à l'extérieur de la caverne. Il faisait nuit, mais de moins en moins sombre. Tout était calme, mais il savait très bien que d'ici peu, les cris des oiseaux se feraient entendre. Plus ils avaient avancé dans cette région déserte de montagnes et de forêt, moins ils avaient rencontrés d'animaux. Cela signifiait sans doute qu'ils étaient sur la bonne voie. Après tant de mois de marches, il était grand temps. Hagrid bailla et se dirigea vers la lisière du bois proche pour aller ramasser du petit bois pour ranimer le feu qui se mourrait dans la cendre près de l'entrée de la caverne.

Leur voyage avait duré plus longtemps qu'il ne l'avait cru. Olympe était une femme délicate et n'avait pas l'habitude d'une vie aussi rude et, bien qu'elle ne s'en fût jamais plainte, les premières semaines avaient été très éprouvantes. Elle l'avait beaucoup retardée et ils n'étaient pas allés très vite. Ils s'étaient ensuite fait repérés par des mangemorts qui les avaient suivis. Ils avaient du faire de longs, très longs détours pour brouiller les pistes, ce qui leur avait fait perdre beaucoup de temps. Ensuite, cela avait été des moldus qui avaient été intrigués par leurs grandes tailles et qu'ils avaient du semer. Mais maintenant tout allait bien, ils n'avaient plus été observé depuis des jours, lui semblaient-ils. Ils étaient restés dans cette caverne pour s'en assurer. Le temps leur avait paru long, mais ils n'étaient pas mécontents de s'arrêter un peu. Pourtant aujourd'hui, Hagrid sentait que c'était le bon jour. Une sorte de pressentiment lui disait qu'ils étaient parvenus au bout de leur quête et qu'il ne tarderait plus à trouver ce qu'ils étaient venus chercher.

Lorsqu'il revint à la caverne, les bras chargé de petites branches sèches, Olympe dormait encore. Allongée sur son manteau et le sien, elle serra contre elle la mince couverture. Le confort était sommaire, mais c'était tout ce qu'il avait pu lui offrir avec les moyens du bord, sacrifiant son bien-être pour qu'elle ne souffre pas trop de la rudesse de leur condition. Olympe était une femme tellement fabuleuse…

Il se mit à sourire et s'accroupit devant ce qui restait de leur feu pour le ranimer. De belles flammes crépitaient joyeusement quand le soleil se leva entièrement sur le paysage de montagne et de forêt. Hagrid se leva alors et s'approcha de la jeune femme endormie.

- « Olympe ? Olympe… »

La demi géante ouvrit un œil, puis l'autre et les referma aussitôt ce qui amusa beaucoup Hagrid.

- « Debout Olympe ! Il fait jour nous n'allons plus tarder à partir »

Ce lever lui coûtait visiblement beaucoup, mais Olympe ne fit aucun commentaire. En un rien de temps elle fut debout.

- « Bonjour Rubeus ! » lança-t-elle en étouffant un bâillement « Ceula fait longtemps queuh tu es deubout ? »

- « Un petit moment » avoua le jeune homme

Elle hocha alors la tête et s'éloigna vers le fond de la caverne. Ils y avaient découvert à leur arrivée un petit ruisseau qui leur permettait de se laver un minimum s'ils arrivaient à oublier combien l'eau était glaciale. Profitant de son absence, Hagrid retourna vers le feu et s'installa devant. Il attira à lui son sac et en sortit un cake un peu rassis et leur dernière outre de jus de citrouille. Il était temps qu'ils arrivent au but, les provisions qu'ils avaient ramenées de leur dernier passage dans un village devenaient bien maigres. Olympe ne tarda pas à le rejoindre et se fut en silence qu'ils partagèrent leur maigre repas.

Il ne leur fallut qu'une heure pour ranger toutes leurs affaires et quitter leur campement de fortune. Leurs sacs solidement arrimés sur leurs épaules, ils reprirent leur longue marche dans la forêt. Puis ils s'y enfonçaient, plus elle devenait silencieuse. Hagrid avait du mal à cacher l'impatience et l'excitation que lui procurait l'idée de bientôt rencontrer des membres du peuple de sa mère. Il ne l'avait jamais connu mais qui sait ? Peut-être parviendrait-il à retrouver sa trace ?!

Ils marchèrent ainsi longtemps. Le soleil avait dépassé son zénith depuis une ou deux heures quand finalement, ils firent une pause en haut d'une corniche, sur une montagne exposée. Trouvant refuge sous l'ombre d'un arbre si frêle que Hagrid se demandait comment il faisait pour tenir debout, ils partagèrent un morceau de pain et burent quelques rasades d'eau qui n'était plus tout à fait aussi fraîche qu'à leur départ.

- « Tu crois que nous eullons les trouver ? » demanda Olympe au bout d'un moment.

Hagrid hocha vigoureusement la tête. Il en était convaincu, il le sentait, les géants n'étaient plus très loin. C'est alors qu'un énorme bruit se fit entendre, un peu comme un coup de tonnerre. Pourtant, le ciel était dégagé et clair, aucun nuage à l'horizon. Surpris, Hagrid et Olympe se levèrent d'un même geste et tendirent l'oreille. Un seconde coup de tonnerre retentit suivit qu'un gigantesque grognement sourd qui leur prit les entrailles.

- « Par Meurlin ! » s'exclama Olympe en s'avançant vers Hagrid.

Ce dernier, un grand sourire aux lèvres s'approcha prudemment du bord de la corniche pour jeter un coup d'œil en bas. C'est alors qu'il les vit.

Ils étaient une centaine. Une centaine de géants, mesurant entre six et sept mètres, regroupés en bas de la falaise. Certains étaient assis, d'autres couchés. Certains, sans doute les plus jeunes car ils étaient plus petits, étaient debout. L'un frappa à un moment son pied contre le sol, provocant à nouveau le bruit semblable aux coups de tonnerre qu'ils avaient entendu auparavant.

- « Ils sont là ! » souffla Hagrid « Ils sont là ! »

- « Nous les euvons trouvé ! » continua Olympe qui paraissait bien plus effrayée par cette perspective.

- « Allons-y ! » s'exclama alors Hagrid.

- « Quoi ?! » s'écria Olympe « Mais tu n'y penseus pas ! »

- « C'est bien pour ça que nous sommes venus ! » lui rappela le demi géant.

- « Oui mais… »

- « Alors pourquoi attendre plus longtemps ?! » lui demanda Hagrid « Il nous suffit de trouver le Gurg… »

- « Le Gurg ? »

- « Leur chef ! » repris patiemment Hagrid « Là, nous lui offrons le premier présent de la part de Dumbledore, nous lui expliquons le but de notre visite et nous lui disons que nous allons revenir demain »

Olympe ne paraissait pas spécialement emballée à cette idée, mais elle se contenta d'hocher la tête. Elle devait avoir peur, mais tentait de ne rien en faire paraître, c'était décidemment une femme très courageuse, pensait Hagrid.

- « Ca ira ? » demanda-t-il à sa compagne de route qui acquiesça d'un signe de tête.

C'est alors en souriant, et presque confiant que Hagrid pris le chemin qui descendait la montagne en une pente abrupte. La descente fut difficile. Les cailloux roulaient sous leur pas, menaçant de les faire glisser dans le ravin en contrebas. De nombreuses fois, ils crurent qu'ils allaient chuter, mais s'aidant l'un l'autre, ils parvinrent à arriver à mi-pente en un temps raisonnable. Ils firent alors une halte. Il n'était désormais plus qu'à trois ou quatre centaines de mètres du premier géant. Fort heureusement, la végétation, même maigre de la pente aride les gardait à couvert, ils étaient presque certain de ne pas avoir été vu.

- « Courage… » souffla Hagrid en sentant Olympe se raidir à côté de lui.

La jeune femme se rapprocha alors de lui et le demi géant sentit une de ses grandes mains se glisser dans la sienne. Il la serra d'un geste rassurant. Il était tellement heureux de se contact ! Il avait immédiatement succombé sous le charme de la jeune française. Mais une mission de contact avec des géants n'était pas le moment idéal pour déclarer sa flamme à la jeune femme, s'il en trouvait le courage…

Il savoura donc ce moment de contact entre Olympe et lui et pris une très grande inspiration avant de se lancer dans les derniers mètres qui les séparaient de ce qu'ils étaient venus chercher.

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Severus soupira violemment tandis qu'il pénétrait dans le hall du Ministère. De toutes les contraintes que lui apportait le métier d'enseignant, celle-ci était sans conteste la plus détestable. Les comptes rendu au Département Education et Jeunesse était la chose la plus ennuyeuse qu'il connaissait, une des plus inutile aussi.
Severus estimait qu'il avait bien mieux à faire que de rester des heures, assis sur une chaise, à attendre bêtement que le directeur de Département épluche les rapports des enseignants et les résultats scolaires des élèves. En règle générale, c'était le professeur Dumbledore qui assistait à ces réunions, et le professeur McGonagall quand il était absent. Malheureusement pour lui, Dumbledore avait du laisser le château pour quelques jours et Minerva avait d'autres obligations avec le Conseil d'Administration de l'école.

Severus soupira de plus belle en entrant dans l'ascenseur aux portes grinçantes et se serra un peu pour laisser de la place aux personnes qui s'étaient engouffrées après lui dans l'habitacle. Il se trouva ainsi presque écrasée par une jeune femme dont les cheveux bruns coupé courts et ornés d'un nœud rose évoquait plus un batracien qu'une fille. Severus tenta tant bien que mal de retrouver une position confortable, mais c'était peine perdue. La jeune femme ne semblait pas être mal installée et ne donnait pas l'impression de se soucier de lui. Par hasard, le regard de Severus se posa sur le dossier qu'elle portait et appris ainsi qu'elle travaillait au Service de Régulation des Créatures Magiques. Elle quitterait donc l'ascenseur trois étages avant lui, et cela soulagea le jeune homme qui ne pensait pas pouvoir supporter plus longtemps la situation.

Quand enfin la cage d'ascenseur s'immobilisa et qu'un petit tintement résonna, annonçant que les portes s'étaient ouvertes, le jeune homme eut l'impression de pouvoir de nouveau respirer. La jeune femme était partie ainsi qu'une bonne partie des personnes présentes dans l'habitacle. Il y avait désormais plus de place. Il en profita pour lisser sa robe qui avait été entièrement froissée par la promiscuité. Cela lui prit le reste du trajet, mais il était présentable au moment où l'ascenseur se stabilisa au niveau du Département de l'Education. Le jeune homme haussa alors les épaules, et faisant contre mauvaise fortune bon cœur, il s'engouffra dans le long couloir qui s'ouvrait devant lui. Les murs étaient décorés par des portraits des grands directeurs de Poudlard. Tous avaient l'air de profondément s'ennuyer, et Severus ne pouvait pas le leur reprocher. Rien ici ne semblait très distrayant. Il arriva rapidement au fond du couloir et se retrouva face à une grande et massive porte. Il frappa quelques coups et attendit quelques secondes qu'on le prie d'entrer. Il s'exécuta aussitôt. Lorsqu'il entra dans la pièce, il se trouva face à cinq hommes. De vieux sorciers qui se levèrent pour l'accueillir. Ils avaient l'air si vieux que Severus se demanda comment ils parvenaient encore à tenir sur leurs jambes maigres. Ils lui sourirent, mais Severus ne leur répondit pas. Il n'était ici que parce qu'on le lui avait ordonné, il n'était pas venu faire des ronds de jambes.

- « Bonjour » lança-t-il tout de même.

- « Bonjour… » répondit le vieillard qui présidait, assis au bout de la longue table rectangulaire « Ce ne devait pas être le professeur Dumbledore qui devait venir ? »

- « Si, mais lui et le professeur McGonagall avaient tous deux des empêchements. Je suis donc venu à leur place » les informa le jeune homme en prenant place sur la seule chaise qui était libre autour de la table. « Je suis Severus Rogue, le Maître des Potions » ajouta-t-il au bout d'un moment de silence particulièrement pesant.

Les vieux sorciers le regardèrent alors avec insistance, comme s'ils le jaugeaient. Cela agaça le jeune homme. Certes, il était jeune, mais il était très capable et tout à fait à même de diriger une classe et d'enseigner les Potions. Et bien plus d'ailleurs…

- « Très bien » lança alors le vieux sorcier qui présidait la séance « Nous allons donc commencer cette réunion de la mi-semestre. Monsieur Rogue, je suppose que vous avez pensé à emmener les rapports correspondants ? »

Evidemment ! Pour qui le prenait-il ?

- « Bien sur » répondit néanmoins poliment le jeune homme en lui tendant la chemise cartonnée qui contenait toutes les informations que Dumbledore lui avait confiées.

Le vieil homme s'en saisit et l'ouvrit rapidement. Il le parcourut rapidement avant de le passer à son voisin de droite. Il jeta alors un sort et bientôt, chaque personne autour de la table, se trouva en possession d'un dossier identique. Tous les vieux sorciers se mirent alors à lire.

- « Tout ceci m'a l'air excellent » murmura en sa direction le vieux sorcier du bout de la table.

Severus se contenta d'hocher la tête. Une fois que chaque personne présente dans la pièce eut prit connaissance du dossier tous le refermèrent d'un air satisfait. C'est à cet instant que la réunion commença.

Cela ne ressemblait en rien à ce que Severus avait imaginé. C'était pire, bien pire. Ces vieux sorciers commentaient chaque résultat avec une lenteur exaspérante. Pour le Maître des Potions rien n'était plus ennuyeux que d'entendre les comparaisons entre les différences de résultats entre la troisième et la quatrième année en Divination. Il ne parvint pas à retenir le soupir qui lui vint, mais aucun des vieux sorciers ne sembla le remarquer et il en fut soulagé. Il se demandait bien pourquoi il devait absolument être là. Il aurait tout aussi bien pu se contenter d'envoyer ces notes par hiboux. Tous semblait avoir oublié sa présence… Enfin presque. Après plus de deux heures de discussions inintéressantes, le vieux sorcier qui présidait la réunion s'adressa à lui.

- « Monsieur Rogue, nous allons passer à l'analyse des résultats en Potion. Peut être aimeriez vous avant cela nous dire quelque mot sur votre façon d'enseigner. »

Severus se redressa immédiatement, un peu surpris qu'on lui adresse la parole. Après un raclement de gorge, il adressa aux vieux sorciers un hochement de tête en se lança.

- « Et bien… Il n'y a pas de mystères, messieurs. J'exige le meilleur de mes étudiants et je ne leur laisse rien passer. Il est très dangereux de ne pas être entièrement concentré sur ce que l'on fait quand on manipule des ingrédients tels que ceux que nécessite la fabrication de potion. La moindre erreur peut avoir des conséquences dramatiques »

- « Enfin surtout dans les grandes classes » le coupa un des vieux sorciers « Il me semble qu'en première année, les potions sont plus bénignes… »

- « Il faut apprendre la discipline et la rigueur dès le plus jeune âge » trancha Rogue avec une certaine sévérité.

Le vieux sorcier n'osa plus rien dire et baissa les yeux.

- « Vous avez donc une politique assez stricte concernant votre matière »

- « Tout à fait, j'exige de mes élèves les meilleurs résultats » confirma Severus.

- « Ceci explique peut être la baisse de fréquentation de la classe de Potion depuis les deux dernières années… Je vois en effet qu'il y a deux ans, une vingtaine d'étudiants de septième année suivait les cours de Potion cette année, ils ne sont… »

- « Que quatre » compléta Rogue, le visage fermé « Effectivement, mais comme je vous le disais, j'ai sélectionné les meilleurs »

- « Nous n'en doutons pas… Tant que vous parviendrez à maintenir un bon niveau dans vos classes » souffla un vieux sorcier d'un air grave.

- « Je ne me fais aucun soucis là-dessus ! » assura Rogue

- « Tant mieux » trancha le sorcier du bout de la table « Quelqu'un a-t-il autre chose à ajouter avant que nous passions à la matière suivante ? »

Personne ne broncha et Rogue se détendit. Il n'aimait pas particulièrement qu'on fasse des jugements sur sa manière d'enseigner. Le professeur Dumbledore ne s'était jamais plains de lui. Il savait pertinemment qu'il n'était pas le professeur préféré des étudiants de Poudlard, mais il n'en avait que faire. De toutes façons, ces jeunes n'étaient que de sales petits ingrats.

- « Très bien » reprit le vieux sorcier en souriant « Passons maintenant à la Défense Contre les Forces du Mal… »

Rogue se raidit alors immédiatement. Il avait tellement envie d'enseigner cette matière. Il l'avait à maintes reprises signifié au professeur Dumbledore. Mais cela n'avait servit à rien ! Il avait préféré confier ce poste à Lupin ! Ce loup-garou incapable d'assurer ces cours pendant les Pleines Lunes ! Sans compter qu'il s'y connaissait bien moins que lui en ce qui concernait les Forces du Mal. Après tout, lui côtoyait régulièrement la pire force du mal de ces dernières années. Il ne comprenait toujours pas pourquoi Dumbledore s'évertuait à lui refuser ce poste. Severus fut tiré de ses pensées par la voix chevrotante d'un des vieux sorciers.

- «… Des résultats étonnants ! Une montée en flèche des résultats. Il a réussit en peu de semaine à rattraper les résultats médiocres de son prédécesseur… Comment s'appelait-il déjà ? »

- « Quirrel » grogna Severus entre ses dents.

- « Oui ! Quirrel ! C'est cela ! Et bien le professeur Lupin a fait des miracles»

- « C'est un professeur hors pair ! Le professeur Dumbledore n'en fait que des éloges ! »

Severus se renfrogna encore un peu plus. Il en avait assez d'entendre tout le monde s'extasier devant les soit disant « grandes aptitudes » de Remus à l'enseignement.

- « Non, franchement, je pense que ce monsieur Lupin est la meilleure chose qui soit arrivé à Poudlard depuis des années » s'extasia un des vieux sorciers.

Severus se sentait bouillir de rage. Cette réunion l'avait déjà mis de très mauvaise humeur. Alors entendre tant de gens se pâmer devant cet imbécile de Lupin qui n'était en fait bon qu'à hurler à la lune, le mettais littéralement hors de lui. Il serra les poings sous la table et serra les dents. Il ne décrocha pas un mot du reste de la réunion, qui fort heureusement ne s'éternisa pas. Lorsqu'il fut enfin autorisé à quitter la salle, il ne se fit pas prier. Il se dépêcha de récupérer ses documents, serra brièvement les mains qui se tendaient devant lui et quitta le Département. Il monta dans l'ascenseur dès que la porte de ce dernier fut ouverte. Il vit avec soulagement les portes de refermer et ferma un moment les yeux. Il lui tardait de regagner Poudlard, même si cela signifiait y retrouver l'énervant Lupin et l'escouade de lycanthropes qui devait renforcer la surveillance du château en l'absence du directeur. Cette pensée acheva de le rendre de très mauvaise humeur.

L'ascenseur cessa alors son mouvement et la porte s'ouvrit. Avec horreur, Severus vit monter la jeune femme à l'allure de grenouille qui l'avait écrasé à l'aller. Elle avait, elle aussi, l'air d'être de fort mauvaise humeur.

- « Saletés d'hybrides ! Ils sont toujours là pour venir troubler la quiétude des gens honnêtes et normaux » grogna-t-elle en appuyant rageusement sur un des boutons.

- « Mauvaise journée ?! » demanda Rogue avec un sourire narquois aux lèvres.

- « Ne m'en parlez pas ! Une horreur ! Je ne supporte pas d'être en contact avec ces répugnantes créatures ! » souffla-t-elle en réprimant un frisson de dégoût.

- « Pourquoi avoir choisit ce Département du Ministère ? » demanda-t-il alors avec ironie.

- « Rien ne me plait plus que d'ériger des lois contrôlant les libertés, au combien imméritées, de ces ignobles créatures ! Contrôler leurs droits et m'assurer qu'ils ne profitent pas de la grande bonté du Ministère qui ne les force pas à rester en cage me ravi ! Mais par moment, je suis obligée d'entrer en contact avec eux et dans ces moments là, je peux vous jurer que je regrette ce travail ! » s'énerva-t-elle.

Elle faisait de grands gestes et était devenue rouge. Severus était à la fois amusé et agacé par cette personne. Mais il pouvait comprendre son état de nerf, car lui-même était de mauvaise humeur. Il fut pourtant très soulagé de voir l'ascenseur s'arrêter et ouvrir ses portes pour pouvoir quitter la jeune femme qui fulminait de rage. Au moment où il quitta l'habitacle, mu par une inspiration venu dont ne sait où, il se tourna vers la femme grenouille, et tant pour apaiser sa rage et sa colère que pour la faire cesser ses grognements agaçant, il lança

- « Vous n'aimez pas les hybrides ?! Regarder donc du côté de Poudlard ! »

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Interloquée, Dolorès regarda la porte de l'ascenseur se refermer sur ce jeune homme au teint cireux et aux cheveux gras qui venait de lui lancer cette phrase pour le moins énigmatique. « Regarder donc du côté de Poudlard ! » ! Qu'est-ce que cela pouvait-il bien dire. Oubliant alors son rendez-vous avec le sous directeur de son Département, elle appuya frénétiquement sur le bouton qui allait la ramener d'où elle venait. Elle voulait en avoir le cœur net. Il lui avait peut être dit ceci pour lui faire une bonne blague… Mais quelque chose dans sa voix, un soupçon de jalousie sous la colère peut être, l'insistait à prendre ses propos au sérieux.

Elle frappa du pied sur le sol de l'ascenseur qui n'allait pas assez vite à son goût et pesta contre la porte qui mettait un temps fou à s'ouvrir. Elle s'engouffra dès qu'elle pu dans le couloir du Ministère bousculant sur son passage un jeune coursier qui paraissait un peu perdu. Elle se rendit dans son bureau, jeta à la volée le dossier qu'elle tenait dans ses mains et dont elle s'occuperait plus tard et fouilla dans ses papiers.

Malheureusement, il y avait plus d'hybrides dans le monde sorcier qu'on ne pouvait le penser ! Il y avait tant de fiches ! Certaines n'étaient même pas encore mise à jour !

Cela mis Dolorès dans une colère noire. Elle ne supportait pas de ne pas avoir ce qu'elle voulait. Il lui fallait des renseignements concernant toutes les personnes qui pouvaient se trouver à Poudlard. Peut être qu'un des élèves étaient un vampire ou possédait un peu de sang des Créatures des Eaux dans ses veines. Elle ne pouvait pas laissé passé cela. Un tel être ne pouvait qu'être dangereux pour ses camarades d'écoles ! Elle ne pouvait pas être au courant d'une telle menace et ne rien faire. Elle n'allait pas gâcher cette occasion d'empêcher des être vils et mauvais profiter outrageusement des droits qu'on leur offrait.

Malheureusement, elle ne trouva rien dans le désordre qui traînait dans le bazar de son bureau. Elle se laissa tomber sur sa chaise en soupirant. Il y avait forcément un autre moyen de savoir où se trouvait les hybrides la plupart du temps… N'importe qui devant séjourner un long moment à Poudlard devait forcément laisser une trace quelque pas s'il n'était pas humain. C'était le but même de ce Département. Elle décida alors de tout mettre en œuvre pour résoudre l'énigme que cet inconnu lui avait lancée au détour de l'ascenseur. Elle se leva, quitta son bureau et entra en trombe dans le bureau de Joyce Terence, sa collège qui occupait le bureau voisin. Elle la fit sursauter en ouvrant la porte d'un geste sec.

- « Il me faut un renseignement ! » s'écria-t-elle en agrippant le bord de son bureau de ses deux mains.

- « Dolorès ?! Tu m'as fait peur ! »

- « Alors ! » lança Dolorès qui avait perdu le peu de patience qu'elle avait.

- « Que puis-je pour toi ? » demanda sa collègue avec un soupçon de colère et d'agacement dans la voix.

- « C'est bien toi qui est en charge du recensement des jeunes hybrides ? »

- « Oui, de leur naissance ou de leur mutation à leur majorité » confirma la jeune femme d'un air grave.

- « Je voudrais que tu me donnes la liste des hybrides qui vont à Poudlard ! » ordonna Dolorès avec une lueur d'excitation dans le regard.

Elle avait hâte de mettre un nom sur la menace qui régnait sur Poudlard.

- « A Poudlard ?! Mais il n'y a aucun hybride là bas ! » s'étonna Joyce Terence

- « Tu es sure ?! »

- « Certaine ! J'ai mis à jour mes dossiers il y a une semaine et aucun hybride que j'ai répertorié n'est en classe là bas. Le dernier en date l'a quitté il y a cinq et il n'y a pas d'admission de prévu pour les prochaines années »

- « Mais c'est impossible ! » s'écria Dolorès en se redressant.

- « Pourtant c'est le cas » trancha Joyce « Et maintenant, si tu n'as rien d'autre à me demander, je te prierais de me laisser, j'ai du travail »

Dolorès la fixa d'un air méchant mais n'ajouta rien. Elle quitta la bureau sans dire un mot, mais claqua néanmoins la porte. Enervée, elle arpenta sans but les couloirs du Département, fulminant de rage et de colère. Si aucun jeune hybride n'était répertorié à Poudlard, cela voulait dire qu'il y en avait un de manière illégale. Elle refusait de croire que le jeune homme qui lui avait donné ce renseignement lui ait mentit… S'il y avait un hybride illégal à Poudlard, il allait le payer cher ! Elle en jubilait d'avance mais était frustrée, très frustrée de ne pas trouver le moyen de débusquer ce fraudeur…

Elle marcha de très longue minute avant de croiser au détour d'un couloir, la délégation du Département Education et Jeunesse. De vieux grabataires croulants, qui avait jadis été précepteur mais qui avait perdu la notion de ce qu'est l'enseignement depuis des années et des années maintenant. Une illumination frappa alors son esprit.

Un professeur… C'était un professeur qui était hybride dans ce château. Par Merlin, quelle abomination ! Une créature, un monstre, enseignait à de jeunes gens, corrompant sans aucun doute leurs esprits crédules et naïfs ! C'était encore pire que tout. Il fallait qu'elle sache ! Cela ne pouvait pas attendre. Elle se dirigea donc dans le bureau du doyen du Département. Monsieur Plath avait toujours travaillé ici aussi loin qu'elle se souvienne. Elle ouvrit la porte de son bureau, l'homme y était seul.

- « Il me faut la liste des hybrides à Poudlard ! » s'écria-t-elle

- « Pardon ?! » s'exclama le vieil homme « Pourquoi ? »

- « Pour un dossier, de la plus grande importance ! » mentit-elle

L'homme la fixa un moment d'u air grave avant de prendre, visiblement à regret, une ficha dans son bureau et de la lui tendre.

- « Tu as de la chance, il est venu se faire répertorié il y a peu de temps » lui souffla-t-il tandis qu'elle lui arrachait presque le morceau de parchemin des mains.

Dolorès le lu à toute vitesse et quand son regard se posa sur le nom de Remus, elle poussa un grognement de rage.

- « Mais c'est pas vrai ! »