Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en général mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

Note 1 : J'ai terminé de rédiger cette histoire en mai 2007. Il n'y a donc dans cette fiction AUCUNE INFORMATION concernant Harry Potter and the Deathly Hallows. Je n'ai fait qu'émettre des suppositions sur ce qui aurait pu se passer. Si par hasard j'avais deviné quelque chose, c'est que je possède un Troisième Œil très efficace !

Par respect pour l'auteur les lecteurs qui n'ont pas encore eu la chance de lire le tome 7, je vous demande de ne faire AUCUNE ALLUSION au septième tome dans vos reviews… Ne gâchez pas le plaisir de ceux qui ne savent pas lire l'anglais svp !

Note 2 : Pour répondre à certaines reviews (anonymes ou pas…) je vous annonce ici que « Ce qui aurait pu se passer » est une fic de 156 chapitres, dont deux épilogues ! Voilà, vous savez tout !

Note 3: J'ai pris une grande décision, ou plutôt je me suis fixée un but : terminer la publication de ma fic avant la sortie en français de HP 7 en français ! Attendez vous donc à une publication beaucoup plus régulière et rapprochée ! -

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre cent vingt sept : C'est magnifique


« Dîner à deux
Dans un nid d'amoureux
Oh la la la
C'est magnifique !
(…)
Avoir deux cœurs
Pour faire un seul bonheur
Oh la la la
Mais c'est magnifique ! »
Luis Mariano

- « Huit, neuf et dix ! »

Lily releva alors le goulot de la petite fiole qui contenait la potion qui avait pour mission de guérir Franck et Alice. La jeune femme referma consciencieusement la fiole et la posa sur la table basse. Elle prit alors une cuillère qui était posée non loin et dilua la potion dans le grand verre d'eau dans lequel elle l'avait versée. Puis, elle répartit équitablement la mixture obtenue dans les deux perfusions disposées non loin. Elle en tendit alors une à l'elfe de maison qui se tenait à ses côtés et s'occupa d'aller convenablement replacer l'autre près du lit de Franck. Il dormait. Le traitement était éreintant et ils avaient tous les deux besoin de beaucoup plus de repos qu'en temps normal.. Elle se mit à sourire. Endormi, les époux Longdubat avaient l'air très calme et détendus, presque serein. Après s'être assurée que les médicaments étaient convenablement distribués aux deux malades, elle remercia l'elfe pour son aide et lui demanda de la laisser seule. Lily se posta alors devant les deux lits et regarda avec une tristesse empreinte d'espoir les deux personnes qui s'y trouvaient. Elle se plaisait à croire que bientôt, elle n'aurait plus à venir leur administrer leur traitement, qu'ils seraient à même de le faire eux même. Elle soupira, l'attente lui paraissait encore longue. Elle resta un moment immobile quand le bruit de la porte qu'on ouvre la fit sursauter et pousser un petit cri.

- « Lily ? » S'étonna Augusta Longdubat d'un air surpris « Par Merlin, ça va ? »

- « Oui, vous m'avez juste fait peur ! » Avoua Lily en esquissant un sourire.

- « Je suis désolée » répondit la vieille femme avec un sourire bienveillant.

Lily hocha la tête.

- « Ce n'est rien » assura-t-elle

- « Tout ce passe bien ? » s'inquiéta la vieille femme

- « Oui, j'en ai bien l'impression. Je leur ai donné leur dose de médicaments, ils en ont assez pour la nuit ».

- « Ils vont se réveiller dans la nuit ? »

- « Je ne sais pas » avoua Lily

- « Parce que cela fait trois nuits qu'ils me réveillent en sursaut »

- « C'est parce qu'ils dorment trop durant la journée » souffla Lily

- « Ils font des cauchemars horribles ! Ils hurlent » lança Augusta d'un air triste.

Lily observa un moment les deux époux endormis avant de soupirer.

- « Si cela continue, j'en parlerais à Horace pour voir si ces cauchemars ne viennent pas d'un mauvais dosage de la potion… »

- « Très bien ! Je pense qu'il ne devrait pas tarder à venir de toute façon »

Lily hocha la tête. Elle posa alors son regard sur sa montre et sursauta. Elle n'avait pas vu qu'il était si tard.

- « Il y a un problème ? » demanda Augusta

- « Non, c'est juste qu'il est temps que je rentre chez moi »

- « Déjà ? » demanda Augusta

- « Oui » murmura la jeune femme en rougissant faiblement. « James m'attends. Nous avions décidé de couché les enfants plus tôt pour pouvoir passer une soirée rien que nous deux »

- « Quel charmant programme ! » commenta Augusta d'un air amusé

- « Nous fêtons nos cinq ans de mariage aujourd'hui » finit par avouer la jeune femme

- « Vraiment ?! Toutes mes félicitations ! » s'exclama Augusta

- « Merci »

- « Mais pourquoi ne l'as-tu pas dit plus tôt ! Tu n'aurais pas du venir et rester avec lui ! »

- « Non ! J'avais du travail ici, et James à Jasire. Une soirée sera très bien. Nous n'avons pas besoin d'occasion particulière pour nous prouver que nous nous aimons »

Réalisant ce qu'elle venait de livrer de ses sentiments, elle baissa les yeux et rougissant encore plus.

- « Tu as tout à fait raison ! » Souffla la vieille femme avec tendresse « Et maintenant file ! Je ne voudrais pas que James me reproche de te garder trop longtemps aujourd'hui »

Lily lui adressa un sourire éblouissant.

- « Très bien, je pars ! Au revoir ! » lança-t-elle

- « Au revoir Lily, passe une bonne soirée et encore toutes mes félicitations pour votre anniversaire ! »

- « Merci » souffla Lily avant de quitter la chambre.

Elle se rendit rapidement au rez-de-chaussée, attrapa sa veste et après avoir salué l'elfe de maison, elle quitta la belle demeure pour transplaner aussitôt. Elle se retrouva rapidement devant chez elle, et c'est plus que joyeuse qu'elle entra dans sa maison.

- « C'est moi ! » Annonça-t-elle d'une voix forte et claire.

- « Maman ! » hurlèrent alors deux petites voix depuis l'étage.

En souriant, Lily prit donc la direction des escaliers. Les bruits venaient de la salle de bain. Elle s'y rendit. Dans l'entrée, posé à même le sol, se trouvait le transat de Jack dans lequel le petit garçon fixait droit devant lui, avec émerveillement son père accroupit devant la baignoire. Il était trempé, de l'eau lui dégoulinait le long du cou, trempant son T-shirt. Harry et Syrielle, nus dans la baignoire avaient l'air de follement s'amuser mais s'arrêtèrent immédiatement en la voyant.

- « Maman ! » s'écria Syrielle en faisant mine de se lever.

James la força à se rasseoir avant de se retourner vers elle.

- « Coucou mon cœur ! » lança-t-il avec son plus beau sourire.

- « Coucou mon amour » lui répondit Lily en passant près de Jack pour le rejoindre. « Tu t'amuses bien ? »

- « Comme un fou ! Pas vrai les jeunes ?! »

- « Ouais !! » hurlèrent Harry et Syrielle, d'un air ravi.

- « Je me demande si c'est toi qui les lave ou si c'est l'inverse ? » plaisanta Lily en posant sa main sur la tignasse humide de son mari.

James se mit à rire ce qui amusa beaucoup les enfants qui se mirent à rire aussi.

- « Jack a mangé ? » demanda alors Lily

- « Oui, il a bu tout son biberon et il en voulait encore… Je lui en ai donné un autre. J'ai bien fait ? » demanda-t-il d'un air incertain.

- « Oui ! » lui répondit-elle en souriant « Qu'il mange s'il a faim ! »

Elle reçut alors une gerbe d'eau, envoyée par le pied de son fils et fit un pas en arrière.

- « Je crois que je vais te laisser ! » lança-t-elle doucement « Je vais aller coucher bébé… Tu pourras t'occuper des deux monstres tout seul ? »

- « Je te rappelle que je me suis occupé des trois pendant toute l'après-midi ! » répondit le jeune homme d'un air faussement vexé.

Lily lui adressa un clin d'œil et recula encore un peu. Elle se pencha pour récupérer le transat de son fils et quitta la salle de bain. Elle l'emmena dans sa chambre avant de le sortir de son fauteuil. Le petit garçon la remercia alors d'un de ses sourires de bébés qui la faisait fondre.

- « Coucou mon amour » murmura la jeune femme en posant son nez sur celui de son fils « Papa a été sage aujourd'hui ? »

Elle se mit à rire toute seule en posant un baiser sur sa jolie tête ronde. Elle l'entendit alors bailler. Elle le regarda avec tendresse frotter ses yeux de ses petites mains.

- « Tu es fatigué mon cœur…»

Elle le cala dans ses bras et le berça tout doucement tout en lui chantonnant une berceuse. Elle l'endormait rarement de cette manière parce qu'elle savait que ce n'était pas un service à lui rendre. Mais certain soir, elle ne pouvait s'empêcher de vouloir le sentir se laisser aller et finalement s'endormir dans ses bras. Elle aimait tellement ces moments privilégiés avec ses enfants.

Jack ne tarda pas à s'endormir et Lily le reposa dans son couffin avec douceur. Elle posa un dernier baiser sur son front avant de le laisser dormir. Elle quitta la chambre sans bruit et fut surprise que tout l'étage soit si calme. Elle se rendit donc au rez-de-chaussée et entendit des bruits dans la cuisine. C'est en souriant qu'elle alla rejoindre sa petite famille. Assis autour de la table, déjà en pyjama, Harry et Syrielle attendaient, fourchette à la main que James leur serve leur purée.

- « Tu fais un volcan hein ? » demanda Harry tandis que son père le servait

- « Oui… » répondit James en souriant d'un air amusé

- « Ma aussi ! » réclama alors Syrielle

- « Ben voyons ! » répondit le jeune homme en s'approchant d'elle.

- « Ils ont été sages ? » demanda Lily en prenant place près de sa fille pour les regarder manger.

- « Oui, on a presque pas eu de casse… » répondit James

- « Presque ? »

- « Tu n'y tenais plus tellement au vase qu'il y avait dans le salon ? » lança alors le jeune homme d'un air nonchalant tandis qu'il tirait une chaise pour s'asseoir près de Harry.

Lily soupira et fixa son fils avec une petite moue de désapprobation… Elle ne comptait plus les objets qu'il avait cassés par mégarde en jouant.

- « Oh ! Il s'agit de notre fille cette fois ! » rectifia James en souriant. « Elle a lancé un peu trop fort sa poupée en chiffon »

Lily regarda alors sa fille qui tentait tant bien que mal de faire rentrer sa cuillère pleine de purée dans sa bouche, mais elle était encore petite et elle n'y arrivait pas bien. Son visage et son bavoir étaient presque entièrement recouverts… D'un air amusé, Lily prit alors l'objet des mains de sa fille et l'aida à manger.

- « Tu y arriveras mieux comme ça » lui assura-t-elle tendrement.

- « Ma je mange comme un grand ! » s'exclama Harry en souriant, la bouche pleine et les nouvelles lunettes constellées de minuscules gouttes de purée.

- « Je vois ça… » murmura Lily d'un air amusé tandis que son mari faisait non de la tête en souriant.

Le reste du dîner se passa très bien et à peine terminé, James annonça aux enfants qu'il était temps qu'ils aillent de coucher. Ils grognèrent un peu mais se laissèrent faire. Tandis que James accompagnait les petits dans leur chambre, il souffla à sa femme qu'elle n'avait qu'à se changer et qu'ils pourraient enfin commencer à fêter dignement leur anniversaire.

Lily se mit à sourire et même si sa curiosité la dévorait, elle ne posa aucune question pour ne pas se gâcher la surprise. Après un dernier baiser à ses enfants, elle alla s'enfermer dans sa chambre. Elle était impatiente de voir ce que son mari lui avait réservé. Elle prit donc grand soin de choisir une tenue qui pourrait lui faire plaisir. Elle pencha pour une robe écrue, simple mais élégante. Elle savait qu'elle n'avait pas beaucoup d'effort à fournir pour le séduire. Elle s'apprêtait donc à quitter sa chambre quand elle s'aperçut que la poignée était bloquée. Elle insista un peu, mais la porte refusa de s'ouvrir. Loin de s'affoler, la jeune femme retourna s'asseoir sur le grand lit. James ne voulait visiblement pas qu'elle sorte pour le moment, elle serait donc patiente… Enfin elle essayerait.

Quelques minutes plus tard, un déclic métallique lui fit comprendre qu'elle n'était plus prisonnière. La jeune femme sortit alors en souriant de la chambre pour se retrouver dans le couloir plongé dans la pénombre. La seule source de lumière venait d'en bas. Elle se dirigea donc vers les escaliers. James l'attendait en bas en souriant. Elle sentit son sourire à elle s'élargir encore plus et le rouge lui monter aux joues. Elle ne tarda pas à le rejoindre, lui tendant sa main pour qu'il l'aide à descendre les deux dernières marches.

- « Tu es magnifique, comme toujours » souffla le jeune homme avant de déposer un léger baiser sur ses lèvres.

- « Je savais que tu dirais cela » lui murmura la jeune femme « Tu es toi-même très élégant… »

- « Ce n'est pas tous les jours que nous fêtons notre cinquième anniversaire de mariage » lui répondit-il en lui prenant le bras. « Et maintenant, merveilleuse madame Potter, puis-je vous accompagner jusqu'à notre table ? »

- « J'en serais ravie » lui assura Lily

Elle se laissa alors guider dans leur salon et ne pu s'empêcher de pousser un petit cri en voyant le spectacle qui s'ouvrait devant elle.

Là, où quelques minutes auparavant se trouvait son salon, était désormais disposé une table ronde joliment mise et dressée sur une nappe blanche brodée. Il y avait des bougies un peu partout, la lumière était tamisée et une petite et douce musique se faisait entendre. Lily n'en revenait pas.

- « Tu aimes ? » s'inquiéta James en la rapprochant de lui.

- « Tu es totalement fou ! Je t'adore ! Tu as fait ça tout seul ?! »

- « Oui… Je me suis dit que même si on passait la soirée ici, on pouvait tout de même en profiter non ? »

La jeune femme se tourna alors vers lui et se mit sur la pointe des pieds pour l'embrasser.

- « Merci » souffla-t-elle doucement.

- « Attends la fin de la soirée pour me remercier » plaisanta le jeune homme en caressant doucement sa joue « Je suis content que tu aimes »

Il se détacha alors d'elle et fit quelques pas vers le fond de la pièce. Il en revint avec un bouquet dans les mains, Lily le regard avec un air sévère.

- « On avait dit pas de cadeaux… » lui rappela-t-elle simplement.

- « Ce n'est pas un cadeau des fleurs ! » lui souffla James en les lui tendant.

Elle prit le bouquet en souriant et plongea son visage dans les pétales pour en humer le délicat parfum.

- « Elles sont splendides » lui dit-elle alors en faisant apparaître un vase dans lequel les placer.

Le superbe sourire qu'arborait James rendit Lily encore plus heureuse. Elle alla glisser sa main dans la sienne et la pressa doucement.

- « Quel est le programme ? » demanda-t-elle d'un air amusé tandis qu'il l'accompagnait à la table.

- « Et bien, après le dîner, je te propose une promenade romantique sous les étoiles, dans notre jardin et une bonne nuit bien confortablement installés dans notre lit. Ca te convient ? » lança-t-il d'un air pompeux

- « Ce sera parfait » lui assura la jeune femme en souriant.

Le repas, servit par Dobby fut excellent. D'un accord tacite, ils ne parlèrent ni des enfants, ni du travail, ni de la guerre. Cette soirée ne devait être consacrée qu'à eux. Et cela marcha. Durant un court instant, la jeune femme se cru presque de retour à l'époque où ils s'étaient mariés. Ils étaient jeunes, sans enfants et avaient envie de s'amuser. Ce genre de petites soirées étaient alors fréquentes, puis avec le temps, elles s'étaient espacées, mais Lily ne le regrettait pas, c'était dans l'ordre logique des choses. Cela lui permettait aussi de mieux savourer ces instants là.

- « A quoi tu penses ? » demanda alors James en reposant sa fourchette sur le rebord de son assiette.

- « Je pense que cette soirée est parfaite » lui répondit-elle en souriant.

- « On est deux à le penser dans ce cas » lui assura-t-il avant de lui adresser un clin d'œil.

Il se leva alors et d'un coup de baguette fit venir à lui la veste de Lily.

- « On va faire un tour dehors ? » proposa-t-il

- « Je te suis » lui répondit-elle.

Il l'aida à se couvrir et, passant par la baie vitrée se rendirent dans leur jardin.

- « C'est surprenant » souffla Lily « Tu as tellement bien aménagé le salon que j'en avais presque oublié qu'on était à la maison »

- « C'était le but recherché » lui avoua James en lui prenant la main.

Ils marchèrent un moment en silence dans leur jardin avant de s'asseoir sur le petit muret qui en délimitait la fin. Lily avait les yeux rivés sur le ciel. La nuit était magnifique, les étoiles scintillaient de toutes parts et le fin croissant de lune disparaissait derrière les feuilles d'un arbre. Il y avait très longtemps qu'elle n'avait pas contemplé le ciel la nuit. Elle se tourna alors vers son mari et constata que ce dernier se fichait royalement de la beauté de la nuit. Il la dévorait du regard. Elle lui sourit alors et approcha ses lèvres des siennes pour l'embrasser tendrement.

- « L'espace d'un moment, je me suis cru de retour à Poudlard » avoua-t-il alors « Tu te souviens de cette nuit qu'on avait passé en haut de la Tour d'Astronomie ? »

- « Comment oublier ? C'était le soir du dernier jour de nos ASPIC… Je n'avais pas passé beaucoup de temps avec toi les semaines d'avant à cause de mes révisions et tu m'avais fait la surprise de m'emmené la haut pour fêter la fin de nos examens » se souvint la jeune femme en souriant

- « C'était la première fois de ma vie que je regrettais que les examens soient terminés… Parce que ça voulait dire qu'il ne nous restait plus beaucoup de temps à passer ensemble avant d'être séparé pour les vacances d'été »

- « Tu me l'avais dit à ce moment là ! » se souvint la jeune femme en souriant

- « Et ça t'avait fait rire ! » fit semblant de lui reprocher le jeune homme

- « Je savais qu'on allait se revoir, que les vacances ne nous éloigneraient pas, qu'on resterait ensemble. Je savais déjà que j'étais engagée pour un bon bout de temps avec toi » murmura-t-elle.

- « Un très long bout de temps ! » renchérit James « Je ne te laisserais pas partir maintenant, c'est trop tard ! »

- « Ca vaut aussi pour toi ! » lui assura la jeune femme d'un air amusé.

James posa soudain sa main sur sa joue et planta son regard dans le sien.

- « J'aurais voulu t'offrir tellement plus pour notre anniversaire… Une vraie soirée » soupira-t-il.

- « Oh chéri ! » s'exclama Lily « C'est une vraie soirée ! Je suis ravie, je ne voulais rien d'autre, je te jure ! Juste passer la soirée avec toi… »

Ils échangèrent alors un long regard complice plein de tendresse avant de s'embrasser encore et encore, comme s'ils avaient dix sept ans et que la vie s'ouvraient devant eux.

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- « Je pars ! » lança Bellatrix tandis qu'elle entrait dans la cuisine où se trouvait Rodolphus.

Ce dernier releva à peine la tête de son journal et lui adressa un léger signe de tête.

- « Tu rentres quand ? » demanda-t-il

- « Je ne sais pas » répondit laconiquement la jeune femme qui n'avait pas envie de s'étendre d'avantage sur le sujet et qui souhaitait partir au plus vite.

D'un pas vif et rapide, elle se dirigea donc vers une petite porte située dans le mur du fond de la cuisine. Elle se retrouva dans une sorte de débarras où s'entassaient toutes sortes de choses que Rogue voulait conserver mais dont il ne se servait plus vraiment. Cette pièce donnait sur son laboratoire personnel. Personne à part lui n'avait le droit d'y entrer, c'était une condition qu'il n'avait jamais voulu discuter. Il s'y enfermait de long moment quand il se trouvait chez lui, ce qui arrivait de moins en moins souvent. Il passait de plus en plus de temps à Poudlard sur les ordres du Seigneur des Ténèbres qui voulait qu'il le tienne au courant des moindres faits et gestes du professeur Dumbledore. C'est lors d'une de ces absences prolongées que Bellatrix avait désobéit.
Curieuse de savoir si Rogue ne mijotait pas quelques choses de louche dans son laboratoire, elle en avait forcé les sorts de sécurités et y avait pénétré. Elle avait été déçue de voir qu'il ne s'agissait réellement que d'un laboratoire. Néanmoins, elle n'avait eu aucun mal à reconnaître la potion à l'allure de boue qui bouillait dans un immense chaudron : du polynectar.

Estimant que ce type de potion, long et fastidieux à concocter, pourrait toujours lui servir, elle en avait volé une bonne quantité qu'elle avait répartie dans de petites fioles qu'elle avait cachées dans ce débarras. Elle n'avait parlé de cela à personne, pas même à Rodolphus. Elle le lui dirait en temps utile. Pour le moment, elle ne voyait pas l'utilité de lui dire. Après s'être assurée que personne ne venait s'inquiéter de ce qu'elle faisait, elle poussa une pile de vieux cartons qui cachait une dalle bancale dans le mur. Elle retira cette dalle et tendit la main dans cette nouvelle cavité qu'elle venait de créer. Elle en sortit cinq fioles qu'elle cacha dans sa robe. A raison d'une heure de transformation pas fiole, la jeune femme était assurée de passer incognito si elle se promenait à couvert dans les rues du Londres sorciers.

Elle replaça la dalle puis les cartons et se dépêcha de quitter la pièce, en prenant soin de prendre dans sa main un vieux parapluie qui traînait par-là. Rodolphus penserait que c'était ce qu'elle était venue chercher. Mais elle s'était donnée cette peine pour rien car une nouvelle fois, Rodolphus ne leva pas les yeux de son journal quand elle entra dans la pièce. Elle quitta donc la demeure sans dire un mot et abandonna le parapluie dans le jardin avant de sortir dans la rue.

Rogue habitait dans une rue très calme d'un vieux quartier industriel. Peu de personnes se promenaient dans la rue, ce qui agaça Bellatrix. Il lui fallait une proie, maintenant ! Elle fit donc quelques pas en direction des premières usines qui se dessinaient un peu plus loin. La capuche de sa cape enfoncée bien profondément sur ses yeux, ses mains dans les poches, la droite crispée sur sa baguette, elle marchait vite et ne tarda pas à apercevoir au loin, la silhouette d'une jeune femme. Elle était moldue, plutôt jeune et sortait de la grande boite en ferraille roulante que les moldus utilisaient pour se déplacer. Bellatrix vit la jeune femme glisser un trousseau de clé dans sa poche et se diriger à pas vif vers un grand bâtiment non loin. Elle sut alors qu'elle venait de trouver la personne dont elle avait besoin.

- « Mademoiselle ! » l'appela-t-elle

La jeune femme, surprise, se retourna et la fixa en écarquillant les yeux comme si elle essayait de la reconnaître. Mais Bellatrix ne lui laissa pas le loisir de bien observer son visage et tirant sa baguette d'un geste vif, elle la stupéfixia. La jeune femme tomba lourdement sur le sol, inerte, les yeux ouverts et une expression de surprise sur le visage. En quelques grandes enjambées, Bellatrix l'avait rejoint. Elle ricana en la voyant allongée dans cette position ridicule sur le trottoir froid et humide. Cette jeune personne pouvait s'estimer heureuse. S'il elle ne s'était pas trouvé si près de leur cachette, elle l'aurait tué sur-le-champ. Mais il était bien entendu hors de questions que des aurors, qu'ils soient moldus ou non, viennent trop fourrer leur nez dans les environs. Bellatrix savait qu'elle ne devait se contenter que de ce qu'elle était venue chercher, et même si cela la frustrait un peu, elle se pencha et sans la moindre douceur, lui arracha une grosse mèche de ses cheveux châtains clairs.

- « Merci » cracha avec mépris Bellatrix en enjambant le corps étendu sans plus de cérémonie.

Puis la jeune femme récupéra une des fioles qu'elle avait gardées sous sa robe et y ajouta cette mèche de cheveux. Bellatrix boucha la fiole de son pouce et commença à l'agité. Cela la répugnait de boire quelque chose qui contenait un morceau de moldu, mais elle savait qu'elle n'avait pas le choix. C'est pourquoi sans attendre plus longtemps, elle avala d'un trait le contenu de la fiole. Cette potion avait un goût horrible. Bellatrix ne pu s'empêcher de grimacer. Elle lâcha la fiole qui se brisa sur le sol en mille morceaux. Une horrible sensation la gagna, elle dura un long moment avant de s'apaiser.

Bellatrix regarda alors ses mains. Elles étaient plus fines, plus féminine, manucurée même. La transformation était réussie. Elle releva la tête et son regard croisa son reflet dans la vitrine du magasin devant lequel elle se trouvait. Elle était devenue la copie conforme de la jeune femme, toujours stupéfixiée sur le sol. Abandonnant alors sa victime, Bellatrix transplana immédiatement pour le Chemin de Traverse.

Une fois rendue à destination, Bellatrix ôta sa capuche et sans perdre un instant elle s'engagea dans l'allée sorcière. Sa mission commençait. En effet, elle était ici à la recherche d'indice qui lui permettrait de retrouver la trace des époux Potter. S'ils avaient cru la duper en tentant de la mettre sur une fausse piste, ils s'étaient trompés au-delà de l'imaginable. Au lieu de l'éloigner d'eux, elle était encore plus convaincue de leur présence dans les environs.

Depuis cette visite chez Narcissa quand elle avait découvert ce magasine qui l'avait mis sur cette voix, elle avait beaucoup réfléchit aux pistes qui s'ouvraient devant elle pour trouver ces maudits Potter. Elle savait peu de choses sur eux en fait. Ils avaient deux enfants, une fille et cet horripilant Harry qui s'évertuait à rester introuvable. Ils avaient de l'argent, et vivaient sans doute dans le voisinage proche de son traître de cousin. C'était donc sur toutes ces informations qu'elle avait décidées de se pencher. Discrètement, en changeant à chaque fois d'identité, elle allait glaner tout ce qu'elle serait capable d'apprendre. Elle consulta sa montre. Il lui restait trois quarts d'heure pour profiter de cette première identité. Elle se dépêcha donc de se rendre au premier endroit qu'elle avait décidé de visiter, Gringott's.

Elle savait en effet que Potter était issue d'une famille très riche et Black avait hérité de l'argent de l'oncle Alphard. Ils étaient donc tous deux à la tête d'une grosse fortune, qu'ils ne devaient sans doute pas garder chez eux sous un matelas. C'est convaincue de son succès que Bellatrix pénétra dans Gringott's.
Pourtant, c'est furieuse qu'elle quitta la banque une demi-heure plus tard. Ces imbéciles de gobelins avaient refusé de coopérer. Elle avait pourtant exigé de voir le directeur de l'établissement, elle avait crié, elle les avait menacés mais rien n'y avait fait. Les gobelins avaient refusé de lui dire si James Potter et Sirius Black étaient clients chez eux.

« A moins que vous ne nous fournissiez des pièces justifiants que vous êtes de la famille proche de ses deux personnes, nous ne pouvons pas vous donner ce genre d'information mademoiselle » avait couiné le directeur de Gringott's avant de demander à une demi-douzaine de ses employés de la raccompagné à l'extérieur. Bellatrix avait du faire de très gros effort pour se contrôler et ne pas les décimer à coup d'Avada Kedavra. Mais elle avait su garder suffisamment de sang froid pour ne pas détruire la couverture qu'elle s'était construite.

Furieuse, elle donna un violent coup de pieds dans une pile de carton posé près d'une boutique qui volèrent en tout sens. Elle serra les poings et prit de grandes inspirations pour se calmer. Elle consulta sa montre et réalisa qu'il ne lui restait plus que dix minutes avant de reprendre son apparence normale. Il lui fallait donc agir vite et bien. Pour plus de précaution, elle s'éloigna de la banque à la recherche de sa prochaine victime.
Au détour d'un croisement, elle repéra une femme d'un certain âge aux cheveux longs et blancs ramener en un chignon sévère. Ce fut elle que Bellatrix choisit. Elle courut vers elle, la bouscula et en profita pour lui arracher quelques cheveux à partir d'une mèche qui dépassait légèrement. La vieille femme tomba lourdement sur le sol. Bellatrix ne s'en inquiéta pas le moins du monde et continua sa course jusqu'à un endroit discret. Elle ne se préoccupa pas le moins du monde des cris poussés par les passants qui s'étaient arrêtés pour venir en aide à la vieille femme. Une fois cachée par une porte cochère, Bellatrix qui sentait déjà sur son visage et sur ses mains les picotements, signes qu'elle n'allait pas tarder à se transformer. Les mains tremblantes, elle récupéra une deuxième fiole qu'elle ouvrit avec un peu de difficulté. Elle y plongea les cheveux en en faisant tomber une bonne partie sur le sol. Bellatrix secoua à peine la potion avant de l'avaler. Les douleurs de la transformation firent place au picotement qu'elle ressentait jusqu'alors. Bellatrix, un peu essoufflée, attendit encore quelques minutes après la fin de la douleur avant de sortir de sa cachette.

Un bref coup d'œil dans une flaque d'eau lui indiqua qu'elle était devenue la vieille femme qu'elle avait bousculée. Elle s'engagea prudemment dans l'allée, et ne voyant aucune trace de la personne dont elle avait pris l'identité, elle prit un pas plus rapide. Sa prochaine étape était Ste Mangouste. Là où elle avait échoué, elle comptait bien réussir à l'hôpital. On n'allait tout de même pas refuser de renseigner une vieille femme venue chercher des nouvelles de ses petits enfants, non ? Elle allait s'apprêter à transplaner quand une main se posa sur son épaule.

- « Que faites-vous là madame Krecker ? » demanda une voix rauque et masculine.

Bellatrix se retourna et se trouva face à un homme d'une trentaine d'année.

- « Vous ne m'aviez pas dit que vous deviez rendre visite à Isabella ? » continua-t-il d'une voix aimable.

La mangemort ne savait absolument pas qui était cette Isabella et ne voulait pas le savoir. Elle voulait simplement que cet homme la laisse tranquille, elle n'était pas ici en promenade de santé, elle était en mission et elle ne possédait qu'un temps limité pour le faire. Elle se dégagea de l'étreinte chaleureuse de cet homme souriant d'un geste brusque.

- « Non ! » répondit-elle d'une voix méchante mais chevrotante de vieille femme.

- « Mais vous m'aviez dit que… »

- « Isabella est morte jeune homme ! » mentit alors méchamment Bellatrix en s'éloignant de quelques pas.

Le jeune homme fut alors choqué par ce mensonge. Il devint blême, et vacilla.

- « Quoi ?! Mais… Comment ? »

Bellatrix ne désirait pas s'attarder, alors maintenant qu'elle n'était plus en contact avec lui, elle transplana sans lui donner plus d'explication. Elle arriva instantanément devant Ste Mangouste. Elle prit soin de calmer sa respiration qui était un peu saccadée et de se donner une contenance avant de pénétrer dans le centre de soin. D'un pas assuré, elle s'approcha du guichet d'accueil et croisa ses mains sur le comptoir.

La sorcière d'accueil la regarda d'un air étonné, et Bellatrix se souvint alors qu'elle était dans la peau de la vieille femme qui était sensée être douce et aimable. Elle se força donc à sourire même si elle avait l'impression qu'il paraissait faux.

- « Bonjour » lança-t-il d'une voix mielleuse qu'elle haït aussitôt « Je… Je voudrais avoir quelques renseignements je vous prie »

- « Bien madame » lui répondit la jeune sorcière d'accueil « De quels renseignements avez-vous besoin ? »

- « Oh, il me faudrait une copie des actes de naissances de mes petits enfants… Pour un acte de notaire pour leur héritage » inventa Bellatrix avec une facilité qui la surprit elle-même.

C'était une bonne idée, sur les actes de naissances, se trouverait forcément l'adresse des parents et le tour seraient jouer !

- « Le nom de vos petites enfants, s'il vous plait ? » demanda la sorcière d'accueil en se levant.

- « Potter » murmura Bellatrix presque avec plaisir.

- « Un instant je vous prie »

La sorcière quitta alors son poste pour se rendre dans une pièce un peu plus loin, la salle des archives sans doute. Bellatrix attendit, debout au guichet. Elle regardait très régulièrement sa montre. Plus le temps passait plus elle se sentait devenir irritable. Il lui restait de moins en moins de temps à passer dans ce corps et elle n'avait pas de cheveux pour pouvoir se transformer une nouvelle fois en cette même vieille femme. Si la secrétaire ne se dépêchait pas, elle allait faire rater son plan, et elle avait de forte chance de perdre la vie, assassinée par sa propre main. Bellatrix détestait qu'on lui mette des bâtons dans les roues. Mais, heureusement pour la jeune sorcière, elle revint un petit quart d'heure avant la fin de l'échéance.

- « Je suis navrée madame » lui souffla-t-elle d'un air soupçonneux « Mais je ne peux pas vous donner les informations que vous souhaitez »

Bellatrix sentit la moutarde lui monter au nez.

- « Pourquoi ? » demanda-t-elle d'un ton sec et méchant

- « Pour plusieurs raison » répondit la jeune femme d'un ton ferme « La famille Potter a fait la demande qu'aucune information concernant les membres de leur famille soit dévoilée à une personne étrangère à monsieur et madame Potter eux même et puis… »

Bellatrix la vit alors appuyer sur un tout petit bouton à droite sur son comptoir.

- « Il est mentionné dans ce dossier que les parents de monsieur et madame Potter sont tous les quatre décédés. »

Bellatrix sentit alors la colère la gagner. Il fallait encore que son plan rate, celui là lui avait pourtant parut sans failles. Elle se retourna d'un geste vif et aperçut trois vigiles à la carrure impressionnante s'approcher d'elle. Comprenant que la standardiste avait du donner l'alarme et puisqu'elle n'avait plus rien à faire ici, Bellatrix transplana aussitôt, folle de rage.

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- « Allez Lalyh ! On y va ! »

Océane regarda alors en souriant sa petite fille bondir du canapé sur lequel elle était assise pour regarder un livre animé et s'approcher en souriant.

- « On va dehors ? » demanda-t-elle de sa petite voix.

- « Oui, on va chercher les lettres de Papa et Maman. Et puis si tu es sage, je t'achèterais peut être un pain au chocolat ! »

Devant la promesse de cette gourmandise, la petite fille se lécha les lèvres en riant. Elle grimpa d'elle-même dans sa poussette, Océane n'eut qu'à se pencher pour l'attacher et déposer un baiser sur sa joue avant de se redresser et de prendre les manettes de l'engin. Elle du manœuvrer quelques minutes pour faire sortir la poussette de la maison. L'entrée était étroite et l'engin peu maniable. Lalyh était secouée, mais cela semblait l'amuser grandement car elle en redemandait encore et encore. Océane arriva finalement à quitter sa maison et s'engagea sur la route caillouteuse. Il faisait beau et bon. Le mois de mars était doux et Océane prit de grande inspiration, et elle sentait que cela lui faisait un bien fou. Dans son ventre, le bébé se mit à remuer. Elle se mit à sourire et doucement posa sa main sur la petite bosse que provoquait la main de sa fille. Cela faisait plusieurs jours que la petite manifestait sa présence. Elle se souvenait parfaitement de la réaction de Sirius quand elle avait bougé pour la toute première fois. Océane se trouvait sous la douche, et surprise, elle avait poussé un cri qui avait affolé Sirius qui se trouvait dans le couloir. Craignant qu'elle ne se soit fait mal, il était entré en trombe dans la salle de bain. Océane l'avait immédiatement rassuré et lui avait expliqué ce qui se passait. C'est alors que sans avoir compris ce qui se passait, elle s'était retrouvée plaquée contre le mur de la douche, les mains de Sirius sur son ventre, tandis que le jeune homme, entièrement vêtu se faisait tremper par l'eau qui coulait encore. Elle était toujours étonnée par les réactions qu'il pouvait avoir face aux différentes étapes du développement de sa grossesse. Etonnée et attendrie… Elle se mit à sourire de plus belle.

- « Maman ? »

Le cri de sa fille la tira de ses pensées. Elle se pencha vers la poussette.

- « Quoi chérie ? »

La petite fille la fixait d'un air étonnée avant de faire des mouvements de va et viens de son petit corps pour lui faire signe d'avancer. Océane se mit à rire doucement, en réalisant que cela faisait quelques minutes qu'elle était immobile. Elle repris donc sa marche tranquillement. Le bébé avait cessé de bouger ce qui facilitait ses déplacements. La petite prenait de plus en plus de place et Océane se sentait vraiment de plus en plus lourde. Pourtant, il lui restait plus de trois mois à attendre avant de mettre au monde sa fille. Plus que trois mois, et il y avait encore tant de choses à faire… Entre le prénom à trouver et la chambre à aménager, Sirius et elle avaient de quoi occuper leur temps libre.

Ses pensées occupèrent la jeune femme tout le long du trajet. Dans sa poussette, Lalyh gazouillait et tentait de chanter d'un air joyeux. Océane l'écoutait avec amusement en prenant bien garde de ne pas l'interrompre. Rapidement, elles se retrouvèrent devant la poste. Océane y entra, non sans difficulté, avec la poussette qu'elle alla installer dans un coin tranquille avant d'aller prendre, comme tout le monde, place dans la file d'attente. Lorsqu'elle arriva au guichet, Lalyh avait eu le temps de crier une bonne dizaine de fois qu'elle voulait partir.

- « Bonjour madame » lança-t-elle à la guichetière « Je viens récupérer mon courrier, famille Black je vous prie »

La guichetière ne lui adressa pas un mot, encore moins un sourire et se rendit dans l'arrière salle.

- « Maman ! N'y va ! » cria encore une fois Lalyh.

- « Ca suffit maintenant ! » lui demanda Océane d'un ton ferme « C'est bientôt fini, attend un peu s'il te plait ! »

C'est à ce moment que revint la postière avec dans la main une petite pile d'enveloppe. Après avoir rempli les différents documents et attestations, Océane et Lalyh quittèrent enfin l'endroit qui entre temps s'étaient considérablement remplit. Uniquement par des moldus… Et Océane n'aimait se retrouver entouré de tant de moldus avec Lalyh. Non pas qu'elle ait quoique se soit contre eux, bien au contraire. Elle avait surtout peur de Lalyh. Sa fille n'avait pas encore manifesté ses premiers signes de magie et la jeune femme préférait qu'elle ne le fasse pas au milieu d'un grand nombre de personne qui pensait que la magie n'était qu'un mythe…
Océane se dépêcha donc de s'éloigner de la poste, poussant toujours Lalyh devant elle. Machinalement, elle regardait aussi le courrier qu'ils avaient reçu. Rien de bien intéressant, des lettres de Jasire pour Sirius, des publicités pour des marabouts ou pour les dernières promotions de Fleury et Bott… Soudain, son attention fut attirée par une large enveloppe de papier brun. La lettre lui était adressée... Apercevant un petit banc non loin, Océane alla s'y asseoir, sa curiosité venait d'être réveillée. Presque avec impatience, elle arracha un grand morceau d'enveloppe avant de découvrir la couverture en papier glacé haute en couleur d'un magasine. Elle le retourna et se rendit compte avec horreur qu'il s'agissait de la Gazette du Sorcier. Les mains d'Océane se mirent à trembler. Elle n'avait toujours pas digéré les articles suspects qu'elle avait lu dans cette abominable feuille de chou. Elle fixa un moment la une avant d'apercevoir dans un coin qu'il y avait une inscription manuscrite. Océane n'eut aucun doute concernant la personne qui avait rédigé ce mot. Elle était convaincue qu'il s'agissait de Rita Skeeter. Reprenant ses esprits, elle le lut.

« Avec toute ma compassion, mais il est grand temps que tu ouvres les yeux et que tu comprennes »

Un mauvais pressentiment envahi alors la jeune femme. Sans plus attendre, et restant sourde aux protestations de Lalyh qui souhaitait visiblement continuer sa route et ne pas restée immobile près de ce banc, Océane ouvrit le magasine et chercha frénétiquement la page de la rubrique « Me, Myself and I ».

Lorsqu'elle la trouva, elle n'osa pas immédiatement lire l'article. Elle savait qu'elle ferait bien mieux de refermer ce journal de malheur et de le brûler. Mais elle se savait pertinemment incapable de résister à sa curiosité. Elle prit alors une grande inspiration et se lança.

« Mes très chères lectrices,

Une fois n'est pas coutume, je ne répondrais pas à vos lettres qui m'arrivent toujours aussi nombreuse. Je vous prie de bien vouloir m'en excuser, mais il me faut profiter de cette chronique pour faire passer un message. Ne vous inquiétez pas, très chères lectrices, dès la semaine prochaine, je reprendrais ma chronique telle que vous la connaissez et telle que vous l'aimez.

Comme je le disais donc, aujourd'hui, j'ai besoin de cet espace d'expression pour me libérer d'un poids qui me hante. Car oui, même dans les couples les plus solides et les plus unis, il existe des difficultés qu'il faut surmonter… Le problème ne vient pas de moi, bien sur, je sais toujours comment m'y prendre avec mon homme, le problème ne vient pas de lui non plus, mon S. est parfait. Le problème vient de son ex-petite amie…

Comme je vous l'avais révélé il y a quelques temps, mon S. était en couple lorsque nous nous sommes rencontrés. Il a succombé à mon charme, tel un coup de foudre. Il a donc aussitôt délaissé cette jeune femme pour moi et comme vous vous en doutez, elle ne l'a pas bien pris du tout. Elle s'est incrustée, elle s'accroche littéralement à lui. Elle le harcèle, veut toujours le voir et être avec lui. Mon S. tolère cette situation car ils ont eu un enfant ensemble et bien qu'il préfèrerait passer tout son temps libre avec moi, il se sent des responsabilités envers sa fille…

Je suis une femme ouverte et tolérante, pourtant cette situation commence à m'agacer ainsi que mon homme. Il est obligé de lui faire croire qu'il travaille pour venir me voir, car c'est le seul endroit où cette harceleuse le laisse un peu seule.

Enfin presque, car « la grosse » comme il l'appelle désormais, car il faut bien ce l'avouer son ex-petite amie n'a plus rien d'une jeune femme svelte, est venue le voir là bas. Elle s'est littéralement jeter sur lui. Elle l'aurait presque violé en prétextant que ses hormones la travaillaient !!!
Lorsqu'il m'a raconté cela, j'étais hors de moi. Je n'avais qu'une envie, aller voir cette pauvre fille pour lui dire quelle ne me faisait pas peur ! Que S. était à moi désormais, qu'elle ne faisait plus partie de la course. Elle n'est plus son petit bouton d'or, elle a perdu ce titre. Son homme est désormais à moi… »

Océane ne pu plus aller plus loin. Ses larmes lui inondaient le visage. Tout son corps tremblait, elle laissa tomber le magasine. Elle n'arrivait pas à y croire. Ses pires craintes venaient d'être confirmées. Cet article était la preuve de ce qu'elle redoutait. Il n'y avait que lui qu'il l'appelait son petit bouton d'or… Elle ne l'avait jamais dit à personne, elle gardait ce surnom comme un trésor, un secret qu'elle ne partageait qu'avec lui… Si Rita ne l'avait pas appris par elle, elle ne pouvait l'avoir appris que par lui. Un sanglot plus fort que les autres souleva sa poitrine et lui arracha un gémissement.

- « Maman ? » souffla alors Lalyh.

Océane sursauta, elle avait perdu toute notion de temps et d'espace. Elle avait oublié qu'elle se trouvait dehors, avec Lalyh. Elle tenta de se relever mais retomba immédiatement assise.

- « Par Merlin… » souffla-t-elle d'une voix blanche.

Il fallait qu'elle se ressaisisse. Elle ne pouvait pas rester ainsi… Mais elle était dévastée, elle avait mal. Elle avait toujours pensé à cette éventualité. Depuis qu'ils se fréquentaient, elle avait toujours redouté le moment où Sirius allait avoir envie de connaître d'autres femmes. Mais ce n'était pas pour autant que cela ne la faisait pas souffrir. Il y avait aussi le fait qu'il ait dit à cette pimbêche qu'il n'aimait plus son physique… Si ça se trouve c'était pour cela qu'il était parti… Et dire que c'était elle qui avait tant insisté pour avoir ce deuxième enfant…
Ses larmes redoublèrent. Elle s'agrippa alors aux manettes de la poussette et se releva.

- « Maman ? » insista alors Lalyh qui paraissait très inquiète

- « C'est rien chérie… »

Océane refit la route sans s'en rendre compte. Elle n'avait plus notion de rien, elle ne pensait à rien d'autre qu'à la tragique nouvelle qui venait de la bouleversée. Lorsqu'elle arriva devant chez elle, elle détacha Lalyh et lui prit la main et l'entraîna à l'intérieur.

Mais ce fut pire. Se retrouver dans ce lieu, où elle avait vécu tant de choses avec Sirius, où chaque meuble, chaque pièce, lui renvoyait l'image de leur bonheur qui lui semblait maintenant si lointain. Soudain, elle réalisa qu'elle ne pourrait pas rester ici plus longtemps. Elle avait besoin de temps, de beaucoup de temps.
Elle aimait Sirius plus que tout, mais elle avait tellement mal. Et pourtant, elle se sentait guimauve. Elle se savait capable de passer outre son malheur, ne pas lui en parler, faire comme si tout allait bien. Et elle ne voulait pas de cela. Cela allait la miner, il fallait qu'elle agisse, qu'elle prenne une décision rapide.

Elle serra donc une nouvelle fois la main de sa fille dans la sienne, et elle quitta sa maison et se dirigea immédiatement dans la maison d'en face. Elle entra sans frapper et se rendit dans le salon.

- « Lily ? » appela-t-elle d'une voix qu'elle n'arrivait même pas à reconnaître. « Lily ! »

Elle entendit des bruits de pas dans les escaliers mais n'eut pas la force de se retourner.

- « Océane, tu n'avais pas dit que tu devais aller en ville ? » demanda Lily d'une voix enjouée.

Océane ne parvint alors pas à retenir le sanglot qui la submergea.

- « Océane ? » s'inquiéta alors Lily en venant se poster devant elle. « Par Merlin ! Qu'est-ce qui se passe ? »

Océane éclata alors en sanglot dans ses bras.

- « Maman ? » gémit alors Lalyh qui paraissait aussi très malheureuse.

- « Océane, dis moi ce qui se passe. S'il te plait, tu me fais peur ! » murmura Lily en caressant ses cheveux.

- « Envoie Lalyh ailleurs s'il te plait»

- « Bien sur… » souffla Lily « James ! »

Quelques secondes plus tard, Océane entendit James arriver. Elle l'entendit vaguement s'inquiéter de ce qui se passait mais ne suivait pas vraiment la conversation, elle était vraiment déboussolée. Elle sentit que Lalyh s'éloignait d'elle, sans doute emportée par James et elle en fut soulagée. Elle aurait préféré que sa fille ne la voit pas dans cet état. Elle se laissa alors tombée dans le canapé, Lily prit place à côté d'elle et dégagea son visage des cheveux qui y étaient collés à cause des pleurs.

- « Maintenant que nous sommes toutes les deux, explique-moi …. » Demanda Lily d'une voix douce.