Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en général mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !
Bonne lecture à vous tous… Aylala
Note 1 : J'ai terminé de rédiger cette histoire en mai 2007. Il n'y a donc dans cette fiction AUCUNE INFORMATION concernant Harry Potter and the Deathly Hallows. Je n'ai fait qu'émettre des suppositions sur ce qui aurait pu se passer. Si par hasard j'avais deviné quelque chose, c'est que je possède un Troisième Œil très efficace !
Par respect pour l'auteur les lecteurs qui n'ont pas encore eu la chance de lire le tome 7, je vous demande de ne faire AUCUNE ALLUSION au septième tome dans vos reviews… Ne gâchez pas le plaisir de ceux qui ne savent pas lire l'anglais svp !
Note 2: J'ai pris une grande décision, ou plutôt je me suis fixée un but : terminer la publication de ma fic avant la sortie en français de HP 7 en français ! Attendez vous donc à une publication beaucoup plus régulière et rapprochée ! -
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Ce qui aurait pu se passer
Chapitre cent vingt huit : La jalousie
«
Un jour, dans la maison de notre amour
Une voyageuse est entrée
Nous ne l'avions pas invitée
Je ne connaissais que son
nom
La jalousie
Alors, dans la maison de notre amour
Son
compagnon s'est faufilé
Il avait le regard inquiet
Je
me souviens qu'il s'appelait
Le doute »
Henri Salvador
- « Et si tu pouvais me faire une copie de ce dossier, ce serait gentil. Tu le déposeras dans le bureau de James, c'est pour lui » expliqua Sirius à Lucrécia en lui tendant une épaisse pile de parchemins.
- « Pas de problème je vais te faire ça ! » lui répondit la jeune femme en souriant.
- « Merci ! »
A cet instant, la porte de Jasire s'ouvrit. Sirius se retourna et fut très surpris de voir entrer James. Il ne travaillait pas ce jour là.
- « Tu ne devrais pas être chez toi ? » demanda-t-il à son ami.
C'est à cet instant qu'il vit que James avait un air grave et les traits tirés. Sirius s'inquiéta, il avait du se passer quelques chose. Mais il n'eut pas le temps de lui poser la question, car James prit la parole avant lui.
- « Il faut que je te parle, c'est important »
Sirius fronça les sourcils et lui fit signe de venir avec lui dans son bureau, mais James lui fit non de la tête.
- « Lucrécia, ferme pour le reste de la journée et rentre chez toi. Sirius, tu vas venir à la maison. » annonça-t-il d'un air grave.
- « Par Merlin ! Tu me fous la trouille James ! » s'exclama Sirius « Il s'est passé quelque chose ? C'est Lalyh ? Océane ? »
- « Viens avec moi » se contenta de lui répondre James en prenant la direction de la porte.
Sans chercher une seconde à désobéir, le jeune homme suivit son meilleur ami à l'extérieur. Ils firent quelques pas en silence, mais Sirius n'en pouvait plus. Il était très inquiet et l'attitude de son ami ne l'aidait pas à se calmer. A mi chemin dans les escaliers, il lui agrippa le bras, le forçant à s'arrêter.
- « James ! Maintenant dis moi ce qu'il y a ! » ordonna-t-il
Le jeune homme le fixa un moment un air gêné avant d'enfoncer ses mains dans ses poches et de baisser les yeux.
- « J'aurais préféré attendre qu'on soit rendu à la maison… »
- « James ! »
- « D'accord » souffla James « Bon écoute, Océane est arrivée à la maison cet après midi, elle pleurait »
- « Quoi ?! » s'écria Sirius « Mais pourquoi ? »
- « Je n'ai pas tout bien compris, elle a surtout parlé avec Lily… Mais d'après ce que j'ai entendu, elle avait l'air de dire que… que tu voyais une autre femme, qu'elle l'avait découvert et que tu l'avais humiliée ou un truc du même genre »
- « C'est une blague ! » demanda Sirius d'un air mauvais.
Parce que si c'était le cas, il ne l'appréciait pas du tout, elle était de très mauvais goût.
- « Crois moi, j'aurais préféré ! » lui répondit James en relevant la tête pour le fixer.
- « Mais enfin, c'est quoi cette histoire ! »
- « Je ne sais pas, mais elle était bouleversée ! » souffla le jeune homme « Elle a pleuré sans s'interrompre tout le temps qu'elle a été à la maison et puis, elle a eu l'air de se calmer un peu mais… Sirius c'est quoi cette histoire de fille ?»
- « Qu'est-ce que j'en sais moi ?! » hurla Sirius « Tu crois quand même pas ces conneries ! »
James hocha alors la tête avec un air sceptique qui vexa le jeune homme au plus haut point. Comment son meilleur ami pouvait-il douter de lui ainsi ?
- « James ! » s'énerva-t-il
- « Excuse moi mais tu as un passé Sirius… »
- « Non ! Pas toi ! Je t'en prie pas toi ! Ce n'est vraiment pas le moment ! » s'écria Sirius « Tu crois vraiment que je suis ce genre de mec, un type qui trompe sa femme ?! »
James eut un temps de silence avant de baisser les yeux et de répondre.
- « Non… Mais Océane avait l'air tellement convaincue que… »
- « Quoi ! »
Sirius sentit que son visage perdait toutes ses couleurs. C'était comme si le plafond et tout le reste de l'immeuble venait de lui tomber dessus. Il ne comprenait rien du tout à cette histoire de fille… La seule chose qu'il avait retenu c'était qu'Océane n'allait pas bien.
- « Il faut que je la vois ! » lança-t-il d'une voix blanche « Elle est toujours chez toi ? Elle est rentrée à la maison ? »
- « Je ne crois pas… Elle a dit que chez vous, elle se sentait trop mal et… Enfin je crois qu'elle n'a pas trop envie de te voir pour le moment » souffla James d'une voix prudente.
Mais Sirius explosa tout de même.
- « Comment ça pas envie de me voir ! Par Merlin mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ! »
- « Calme toi mon vieux, ça ne sert à rien… »
- « Oh je voudrais t'y voir toi ! » lui lança Sirius avec mauvaise humeur « Mais sans rire, qu'est ce qui lui a pris à Océane ? Qu'est-ce qui aurait pu lui faire croire que… enfin que… tu vois quoi ! »
Sirius ne parvenait même plus à avoir une pensée claire. Partagé entre la colère et l'inquiétude, il était totalement déboussolé.
- « Elle est chez toi ?! Je vais aller la voir et on va s'expliquer… » grogna Sirius avant de passer devant son ami, sans douceur, pour s'y rendre plus vite.
- « Elle était déjà partie de chez moi quand je suis venu te prévenir. Elle a dit qu'il fallait qu'elle réfléchisse un peu à ce qu'elle venait d'apprendre et… Sirius, je crois qu'elle est retournée chez ses parents »
Sirius vacilla. Ses jambes tremblaient et il ne se sentait pas bien du tout. Toute cette histoire n'avait aucun sens, il allait forcément se réveiller un moment ou un autre de ce cauchemar, cela ne pouvait pas être vrai ! Blême, il du prendre appui sur le mur quelques secondes.
- « Sirius… » souffla James en s'approchant de lui.
- « Il faut que je la vois, il faut que je sache, que je comprenne… James, ça n'a aucun sens tout ça ! Je ne l'ai jamais… Comment est-ce qu'elle a pu croire que… »
Incapable d'en dire plus, Sirius rassembla ses esprits et se redressa.
- « Je vais aller la chercher ! » décida-t-il d'une voix convaincue
- « Tu es sur ? »
- « Certain ! Si ma femme ne va pas bien, je dois être avec elle ! Je vais aller la chercher et je vais régler toute cette histoire stupide ! » décida-t-il d'une voix ferme
Et avant que James n'ait eu le temps de dire quoique se soit, il transplana. Il arriva aussitôt devant la grille de la maison de ses beaux-parents. Il ne prit pas le temps de se dire à quel point il n'aimait pas venir là, et poussa le petit portillon sans aucune douceur. En quelques enjambées, il se retrouva devant la porte de la maison sur laquelle il s'évertua à tambouriner, négligeant la petite clochette prévu à cet effet.
- « OCEANE ! » hurla-t-il « OCEANE ouvre ! »
Mais ce ne fut pas la jeune femme qui lui ouvrit la porte. Leopoldus se tenait en face de lui, le visage rouge de colère.
- « Pour qui vous prenez vous Black ?! » cracha-t-il méchamment.
- « Je veux voir Océane ! » lança Sirius, ignorant la question de son beau-père.
- « Ca ne va pas être possible ! » siffla Leopoldus en lui interdisant d'un air menaçant l'entrée de sa maison.
- « Et pourquoi ? »
- « Je vous l'interdit ! »
La colère se mit alors à gronder encore plus fort à l'intérieur de Sirius.
- « Vous n'avez rien à m'interdire ! Je veux voir ma femme et vous ne m'en empêcherez pas ! »
- « Tant qu'elle sera sous mon toit, c'est moi qui déciderais qui elle peut voir ou non. Et il se trouve que je ne veux plus jamais que vous la voyiez ! Vous ne croyez pas que vous lui avez fait assez de mal comme ça ?! » s'énerva Leopoldus
- « Mais quel mal bon sang ! » hurla Sirius « Je ne lui ai rien fait ! OCEANE ! »
- « Taisez-vous et contrôlez vous ! » hurla à son tour Leopoldus « Votre fille est à l'intérieur, vous avez envie qu'elle vous entende hurler comme un dément ?! »
- « Lalyh… » souffla alors Sirius d'une voix blanche.
Il en était venu à oublier sa fille, son esprit était totalement focalisé sur Océane, mais il y avait sa fille aussi.
- « Je veux voir ma femme et ma fille ! » ordonna alors le jeune homme d'un ton sec.
- « Non !Un homme qui trompe sa femme n'a plus aucun droit sur elle ! Vous devriez avoir honte ! » cracha Leopoldus.
- « Mais honte de quoi ? » s'emporta Sirius « Je n'ai trompé personne et certainement pas Océane ! Je l'aime bon sang et je veux savoir ce qu'elle me reproche ! Je veux qu'elle vienne me le dire elle-même si elle est en colère contre moi ! »
- « C'est bien ça le problème ! Elle est dévastée, mais elle n'est pas en colère contre vous cette petite folle ! Elle ne cesse de pleurer toutes les larmes de son corps, sa mère n'arrive pas à la consoler ! Dans son état… J'aurais honte si j'étais vous ! »
- « Laissez moi la voir ! » hurla alors Sirius en sortant sa baguette et en menaçant son beau-père.
Il était toujours en colère, mais très inquiet de l'état dans lequel pouvait se trouver sa femme.
- « Baissez cette baguette, sinon c'est la brigade des aurors qui va venir vous faire sortir de cette maison, qui est une propriété privée sur laquelle vous n'avez rien à faire ! »
- « Est-ce un crime de vouloir voir sa femme ?! » hurla Sirius
- « N'insistez pas, vous n'entrerez pas ! » trancha Leopoldus en lui refermant la porte au nez.
Fou de rage, Sirius donna encore une longue série de coups de poings sur la porte, mais cela ne le soulagea pas pour autant. Il quitta alors le perron et fit le tour de la maison. Il arriva bientôt sous un petit balcon, qui si sa mémoire était exact donnait sur la chambre de Océane. Il prit alors une grande inspiration avant de se mettre à hurler.
- « Océane ! Océane c'est moi ! Par Merlin descend ! Il faut qu'on parle ! »
Mais il n'eut aucune réponse. Il scruta la baie vitrée qui donnait sur le balcon avec avidité et crut y déceler une silhouette féminine.
- « Océane ! » reprit-il alors de plus belle « Je ne sais pas ce que tu as appris ni qui t'a dit ces horreurs, mais c'est des conneries ! Je te le jure Océane ! Parle moi ! Dis moi ce que tu me reproches mais laisse moi te voir ! Laisse moi voir Lalyh ! Bon sang ! OCEANE ! »
Il avait hurlé de toutes ses forces. Sa gorge lui faisait mal, mais il s'en fichait royalement. Il ne voulait qu'une seule chose, la voir… Son cœur cessa de battre un court instant quand il vit la baie vitrée s'ouvrir et une tête blonde en sortir, mais ce n'était que Flumena. Il regarda, dévasté, sa belle mère se pencher sur le rebord du balcon.
- « Sirius, ce n'est pas la peine… » se contenta-t-elle de dire.
- « Il faut que je la vois ! »
- « Elle souffre beaucoup de ce que tu lui as fait ! »
- « Mais je ne lui ai rien fait bon sang ! OCEANE JE N'AI RIEN FAIT ! RIEN ! »
- « Sirius ! »
- « Flumena ! Dites-lui de venir sur ce balcon ! Je veux juste la voir, juste qu'elle m'explique et qu'on s'explique ! Je n'ai jamais rien fait qui puisse lui faire aussi mal ! » supplia Sirius d'une toute petite voix.
- « Je ne crois pas qu'il soit judicieux que tu la vois pour le moment ! » trancha Flumena.
- « Mais quand est-ce que vous allez arrêter de toujours prendre ses décisions à sa place ! » hurla Sirius tandis que sa belle mère lui tournait le dos pour regagner sa maison.
Il la vit se figer et se raidir, mais elle ne se retourna pas.
- « Elle te reparleras quand le moment sera venu ! » lança-t-elle avant de disparaître par la baie vitrée qu'elle referma aussitôt.
- « Mais ce sera quand ?! QUAND ?! »
Le cri de Sirius mourut dans le silence du jardin. Le jeune homme était dévasté. Il ne comprenait rien à ce qui venait de lui arriver. Il se sentait totalement à côté de la plaque. Il fallait absolument qu'il s'explique avec Océane, mais visiblement ses parents l'en empêchaient… Pourtant, il était hors de question qu'il parte d'ici sans sa femme et sa fille.
La pensée que Lalyh soit entraînée malgré elle dans cette histoire, qui ne pouvait être qu'un malentendu, mais qui faisait tellement mal, le tuait à petit feu. Il avait jusqu'alors tout fait pour protéger sa petite princesse, et maintenant, il ne pouvait même pas la prendre dans ses bras, alors que seuls quelques murs les séparaient. Bien décidé à ne pas céder le premier, Sirius prit une décision. Il se dépêcha de transplaner chez lui, il se dirigea en courant dans son garage, récupéra un lourd sac en toile et retourna dans le jardin de ses beaux-parents. Là, à grand renforts de magie, il s'activa aussi vite que son état de nerf le permettait et au bout d'une demi-heure tout était fini.
Devant lui se dressait une petite tente. Ce n'était pas le grand luxe, elle ne comportait qu'une petite chambre, une salle de bain, un salon et une cuisine, mais elle serait largement suffisante pour attendre ici. Il l'avait achetée à sa sortie de Poudlard, quand James et lui avaient eu pour projet de voyager à travers le monde… Un projet qui était très rapidement tombé à l'eau…
Mais dans ce cas très précis, elle allait lui être très utile. A cet instant, Leopoldus sortit en trombe de sa maison.
- « Mais qu'est-ce que vous faites ?! » hurla-t-il
- « Je ne quitterais pas cette maison sans ma femme et ma fille ! J'attendrais le temps qu'il faudra mais je ne partirais pas d'ici ! »
Leopoldus lui lança un regard assassin, mais ne répondit rien. Il regagna sa maison au pas de course. Sirius soupira. Il fit alors apparaître une chaise et alla s'installer sous le balcon. Il était prêt à attendre maintenant…
La nuit tomba avant qu'il n'ait eu le moindre signe de sa femme. Plus les heures passaient, plus la colère faisait place à la douleur et à la tristesse. Il ne supportait pas l'état dans lequel il se trouvait et savoir qu'Océane et Lalyh ne devaient pas aller bien non plus le rongeait. Il attendit longtemps, très longtemps. Il vit le soleil se coucher et de nombreuses étoiles se mettre à scintiller avant qu'il ne rende les armes. En soupirant, il se leva, fit disparaître la chaise sur laquelle il était assis et se rendit dans sa tente. Elle sentait fortement le renfermé, mais il n'avait pas le cœur à s'en plaindre. Il se sentait terriblement mal. Le fait d'ignorer pourquoi Océane était venue se réfugier chez ses parents le perturbait beaucoup. Le jeune homme prit le temps d'envoyer son patronus à James pour lui expliquer qu'il ne rentrerait pas chez lui cette nuit et alla s'installer dans la petite chambre de sa tente. Il s'allongea tout habillé sur le lit de camp, croisa ses bras sous sa nuque et fixa la toile du toit d'un air absent. Il ne su pas vraiment combien de temps qu'il resta ainsi avant d'entendre la fermeture éclair de l'ouverture de la tente. Il sursauta et se leva d'un bond.
- « Sirius ? »
Sirius sentit son cœur s'arrêter un moment dans sa poitrine avant de reprendre une course folle en reconnaissant la voix de sa femme. Sans attendre d'avantage, il se précipita vers le salon. Elle s'y trouvait, debout, tenant dans sa main un morceau de papier qu'elle avait froissé. Elle avait les traits tirés, les cheveux tirés en arrière en une longue queue de cheval qui soulignait encore plus son visage qui avait été ravagé par les larmes. Le premier réflexe de Sirius fut de se précipiter vers elle pour la prendre dans ses bras, mais il se retint. Il ne savait pas trop pourquoi, mais il ne se sentait pas capable de faire le premier pas. Il se contenta d'enfoncer ses mains dans ses poches et resta droit devant elle, à une distance très respectable.
- « Où est Lalyh ? » demanda-t-il d'une voix neutre.
- « Elle dort dans mon ancienne chambre » répondit Océane qui avait un peu tressaillit en l'entendant parler « Elle est assez secouée par tout ça »
Sirius hocha la tête. Sa fille n'était pas la seule à être perturbée… Il y eut alors un long silence gêné qu'Océane rompit la première.
- « Sirius, je… Je suis venue te donner des explications. Je voudrais que tu m'écoutes entièrement sans me couper, vraiment j'y tiens, sinon, je ne pense pas que je serais capable d'aller jusqu'au bout, d'accord ? »
Sirius acquiesça d'un signe de tête. Il vit alors la jeune femme prendre une grande inspiration.
- « Je sais tout » souffla-t-elle
Sirius fronça légèrement les sourcils et la jeune femme repris.
- « Je me suis toujours dis que cela finirait par arriver un jour où l'autre et en y réfléchissant bien, je ne suis pas surprise que ça se soit passé maintenant. Je ne suis plus la même que celle que tu as rencontrée, que celle qui t'as plu la première fois qu'on s'est vu. Je suis moins belle, moins attirante sans doute… »
Sirius ouvrit la bouche pour protester et lui demander d'arrêter de dire des bêtises, mais Océane lui lança un regard suppliant et il n'insista pas. Mais il était bien décidé à régler aussi cette histoire une bonne fois pour toute avec elle et qu'elle arrête de se dévaloriser constamment devant lui.
- « Je suis consciente de tout ça » insista-t-elle alors « Et comme je viens de te le dire, j'ai toujours sur qu'un jour tu… »
La jeune femme se tut immédiatement et ferma les yeux un court moment avant de les rouvrir. Elle esquissa un maigre sourire, très peu convaincant avant de reprendre.
- « Je ne vais pas te mentir, ça me fait mal » souffla-t-elle « Très mal même, j'en suis malade, mais je tiens trop à toi. Je n'arrive pas à imaginer ma vie sans toi à mes côtés, alors j'ai pris une décision »
Sirius sentit son cœur se serrer un peu plus, il contracta le plus possible ses poings dans ses poches et la regarda prendre une nouvelle inspiration, au bord de l'apoplexie. Il n'allait plus tenir très longtemps si elle ne lui disait pas tout de suite de quoi il était question, il n'en pouvait plus de ne pas savoir.
- « Je vais fermer les yeux » souffla alors Océane.
Sirius la regarda avec des yeux ronds.
- « Peu importe si tu es infidèle » continua la jeune femme « Je t'aime et je reste avec toi. Je te promets que je supporterais que tu ailles voir ailleurs. Je te le jure ! Je ne te dirais rien, je ne veux pas qu'on se sépare. Je te demanderais juste… de toujours me dire la vérité si je te pose des questions. Moi je suis capable de vivre comme ça du moment que tu restes avec moi ! Il faudra juste que personne d'autre ne le sache, tu comprends, pour les petites… Les sorciers sont tellement traditionnels, je ne veux pas qu'elles souffrent de cette situation… » termina-t-elle, la voix voilée par la tristesse et la souffrance.
Elle le fixa alors avec appréhension, visiblement dans l'attente de sa réaction. Mais pendant un moment, Sirius fut incapable de parler. Il avait l'impression qu'un troupeau d'hippogriffes venait de lui passer sur le corps. Il était tellement abasourdi qu'il avait du mal à croire ce qu'il venait d'entendre. Il la fixa d'un air incrédule avant de parvenir à articuler quelque chose
- « Et avec qui exactement suis-je sensé te tromper ? »
Il vit Océane tressaillir. Visiblement, elle ne s'était pas attendue à cela. Elle lui tendit le morceau de parchemin qu'elle tenait dans sa main.
- « Rita Skeeter » souffla-t-elle alors que sa main se mettait à trembler.
« Encore elle » pensa Sirius en lui prenant le papier des mains d'un geste un peu brusque. Il le lissa un moment avant de parcourir rapidement l'article qui y était imprimé.
- « Ca fait déjà plusieurs semaines qu'elle parle de votre relation dans ses articles » murmura Océane d'une toute petite voix en croisant ses mains sur son ventre, d'un geste peu assuré.
- « Et tu la crois ?! » demanda Sirius d'une voix sèche, presque méchante.
Il vit alors la jeune femme se mettre à trembler et baisser les yeux telle une enfant prise en faute.
- « Tu ne vois pas que ce n'est qu'un tissu de mensonge ! » hurla-t-il en jetant d'un geste rageur l'article sur le sol.
Il sentait la colère bouillir à l'intérieur de lui. Le fait qu'elle puisse croire ces bêtises le mettait hors de lui.
- « Dis moi la vérité… » supplia alors la jeune femme en plongeant son regard rougit dans le sien.
- « La vérité, c'est que je n'ai pas revu cette mythomane depuis des mois, que je ne t'ai jamais trompé, et que je ne le ferais jamais ! Parce que je t'aime et parce que ce n'est pas mon style ! Si je veux coucher avec une autre, je quitte la première ! » lança-t-il bien plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu.
Il était bien décidé à lui montrer à quel point il avait été blessé par ce qu'elle venait de lui dire. Mais lorsqu'il la vit si malheureuse et si tremblotante devant lui, toutes traces d'énervement s'effaça pour faire place à de la tristesse. Lorsqu'elle plaqua sa main sur sa bouche et se mit à pleurer tout en étant secouée de violents sanglots, il ne pu se retenir et alla la prendre dans ses bras. Mais la jeune femme se mit à pleurer encore plus fort.
- « Jure moi que c'est vrai » parvint-elle à articuler entre deux sanglots.
- « Je te le jure ! » répondit le jeune homme avec conviction.
Océane s'éloigna alors de lui et le fixa d'un air grave.
- « Mais comment elle a pu savoir tout ça sur nous si ce n'est pas toi qui le lui a dit ? » demanda-t-elle d'une toute petite voix.
Sirius se pencha et ramassa le parchemin qui se trouvait sur le sol. Il jeta à la feuille un regard dédaigneux.
- « Alors déjà, je n'aurais jamais dit, jamais, que Lalyh et toi vous m'agaciez ! C'est totalement absurde ! Ensuite, je n'aurais pas dit non plus que tu ne me plaisais pas physiquement et honnêtement… Tu me vois dire à quiconque que tu es mon petit bouton d'or ! Océane, tu sais bien que ces choses là j'ai beaucoup de mal à les dire et que je ne les dit qu'à… Mais attend un petit peu ! »
Il se remit à lire rapidement l'article avant de se mettre à hurler.
- « Mais c'est presque mots pour mots ce que je t'ai dit la dernière fois que tu es venue à Jasire ! »
Il vit alors la jeune femme sursauter et lui prendre le papier des mains pour le relire à son tour.
- « Cette sale pimbêche nous a espionné ! » s'écria Sirius, hors de lui « J'en suis sur ! Si elle voulait nous faire du mal elle a réussit ! »
Il vit alors Océane devenir blême et s'effondrer sur une chaise qui se trouvait fort heureusement non loin d'elle. Inquiet, Sirius se précipita près d'elle, se mettant à genoux devant la chaise.
- « Je ne suis qu'une pauvre idiote ! » sanglota-t-elle « Je suis tombée en plein dans le panneau ! Mais quelle cruche ! »
Sirius posa sa main sur sa cuisse pour l'aider à se calmer, mais Océane ne semblait pas pouvoir le faire.
- « Pardon ! » supplia-t-elle en plantant son regard dans le sien « Pardonne moi Sirius ! J'étais tellement mal… »
Le jeune homme posa alors son index sur ses lèvres pour la faire taire.
- « Tu as vraiment cru que je te trompais ? » demanda-t-il tandis que son cœur se serrait un peu plus
Océane baissa la tête et Sirius vit encore des larmes couler sur ses joues.
- « Ca fait longtemps ? » demanda le jeune homme qui se sentait sans doute aussi mal qu'elle.
Océane fit un léger oui de la tête avant de cacher son visage dans ses mains. Se fut comme si on donnait à Sirius un coup de poing en plein cœur. Il n'aurait jamais cru que sa femme puisse douter de lui à ce point. Il se laissa tomber, assis en tailleur sur le sol, et sans même qu'il est conscience de les prononcer, les mots sortir de sa bouche.
- « Ca me fait mal que tu penses ça de moi »
Océane releva alors la tête, blême.
- « Oh chéri ! Non… »
- « Tu ne me fais pas confiance ? »
- « Si, bien sur que si ! »
Océane se laissa alors tomber à genoux devant lui et se jeta dans ses bras.
- « Je te jure que je te fais confiance ! Je te fais confiance comme à personne d'autre ! Mais là… Sirius, je suis tellement jalouse, j'ai eu tellement peur ! C'est totalement irrationnel ! Je n'arrive pas à contrôler ce sentiment là et pourtant j'essaye ! Je te le jure ! Je n'arrêtais pas de me dire que je n'avais pas de soucis à me faire, parce que tu m'aimais, mais ça prenait toujours le dessus sans que j'arrive à m'en sortir… »
Sirius l'enlaça alors et la serra contre lui. Il était bouleversé. Il ne s'était pas douté une seule seconde que sa femme puisse autant souffrir sans qu'il s'en soit rendu compte. Il caressa doucement ses cheveux et embrassa sa joue humide. Il était important qu'elle se calme. Il n'était pas bon, ni pour elle, ni pour le bébé qu'elle se mette dans de tels états de stress et de nerfs. Il la berça tendrement tout en continuant de lui embrasser les joues et le front, effleurant ses lèvres parfois. Une fois que la jeune femme se fut calmée, il souffla à son oreille.
- « Que faut-il que je fasse pour que tu me crois quand je te dis qu'aussi longtemps que je vivrais je n'aimerais que toi ? »
- « Peut être planter une tente dans le jardin de mes parents et refuser de partir avant de m'avoir rassurer ? » murmura-t-elle toujours fermement blottie contre lui.
- « Je parle sérieusement » lança Sirius en dégageant une mèche de cheveux du cou de la jeune femme.
- « Je sais » lui répondit-elle. « Chéri, je crois que toute ma vie je vivrais avec cette crainte, quoique tu fasses. Je sais que c'est stupide, je sais que tu passes ton temps à me prouver que tu m'aimes et je te crois. Mais je pense que je n'arriverais pas à me défaire de ce sentiment. Je suis désolée… Ca me fait aussi mal qu'à toi… »
Un peu secoué par la franchise de sa femme, Sirius resta un moment interdit avant de la serrer encore plus contre lui.
- « Dans ce cas, je vais tout faire pour que jamais plus tu ais la moindre raison de douter de moi » lui souffla-t-il à l'oreille.
Océane approcha alors son visage du sien et posa ses lèvres sur les siennes. Ils s'embrassèrent doucement avec tendresse et amour. Puis Sirius l'aida à se relever avant de se mettre sur ses pieds à son tour. Il la regarda attentivement, elle avait l'air à bout de force d'avoir trop pleurer.
- « Tu as besoin de repos » lança-t-il en souriant doucement.
Il lui prit alors la main et l'entraina dans la modeste chambre à coucher et la fit s'allonger sur le lit de camp. Il vint se coucher derrière elle et enlaça son ventre d'un de ses bras tandis que l'autre caressait toujours ses cheveux.
- « Tu me pardonnes ? » souffla Océane après un long moment de silence au cours duquel Sirius pensait qu'elle s'était endormie.
- « Toujours » murmura-t-il « Quoique tu fasses je te pardonnerais toujours »
Océane entrelaça ses doigts aux siens.
- « Je t'aime » chuchota-t-elle
- « Moi aussi » répondit Sirius avant de poser un baiser dans son cou « Et maintenant, il faut que tu dormes… Demain, sera un autre jour et on mettra au clair certains détails de cette affaire… Et ton père me tuera quand il apprendra que tu es venue me rejoindre » ajouta-t-il d'un air taquin, pour détendre l'atmosphère.
- « Ca c'est moi qui m'en chargerais ! » répondit Océane en étouffant un bâillement.
Sirius se mit à sourire et la regarda s'endormir avant de parvenir à trouver lui-même le sommeil.
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Olympe Maxime arracha d'un geste brusque le pan de sa robe qui s'était accrochée dans un buisson de ronce. Le tissu se déchira sur une grande longueur mais l'imposante jeune femme ne s'en soucia pas plus que cela. Il ne lui restait plus aucune robe parmi celles qu'elle avait prévu pour son périple qui soit en bon état. Toutes étaient déchirées en de multiples endroits, trouées et tâchées. Quand elle rentrerait chez elle, la demi géante gardait en effet un espoir très vivace de rentrer chez elle un jour, ces tenues finiraient toutes à la poubelle. Elle soupira et poursuivit son chemin.
Le parcourt qu'elle suivait parmi les arbres, les buissons et les mauvaises herbes était glissant et semé de rochers plus ou moins gros qu'elle n'avait pourtant pas de mal à enjamber du fait de sa grande taille. Elle pesta tout de même contre la grande distance qu'elle avait à parcourir pour rejoindre leur nouveau camp. Depuis qu'ils étaient entrés en contact pour la toute première fois avec le clan de géants, Rubeus et elle ne restaient plus une seule nuit au même endroit. Ils avaient bien trop peur que les géants, qui s'étaient pris d'une certaine curiosité pour eux, ne viennent les chercher dans leur sommeil. Olympe n'osait même pas imaginer ce qui pourrait se passer si jamais Rubeus et elle se faisaient capturer par eux… Aussi bizarre que cela puisse paraître, Rubeus semblait moins inquiet qu'elle par cette menace. Il était un homme tellement courageux !
La jeune femme soupira. Cela ne servait à rien de le nier. Elle était tout de suite tombé sous le charme de ce grand homme au cœur si tendre. Elle avait appris à le connaître au cours de leur périple, et ce sentiment avait grandi doucement mais aussi sûrement qu'elle s'appelait Olympe, elle était amoureuse de cet homme. Mais, elle avait des principes, ce n'était pas à la femme de faire le premier pas. Si elle plaisait un tant soit peu à cet homme, il faudrait qu'il lui fasse la cour… Elle soupira une nouvelle fois.
Elle ne se faisait pas trop d'illusion. Jusqu'alors, Rubeus n'avait pas fait le moindre pas vers elle. Certes, le moment n'était pas opportun au flirt et ce n'était pas le lieu pour se voir jouer des sérénades enflammées, mais tout de même ! Il aurait pu tenter une geste, faire des signes… Elle avait pourtant eu l'impression dans les premiers temps qu'elle lui plaisait. Mais rien de concret de sa part n'avait été fait. Pour autant, la jeune femme ne désespérait pas. Dans le pire des cas, si à la fin de leur mission il ne s'était toujours pas déclaré, elle allait le pousser à le faire. Elle était une femme de principe, certes, mais elle savait forcer le destin quand il le fallait.
Cette pensée la fit sourire et c'est d'un air enjoué qui détonnait dans le paysage triste et morne des environs qu'elle poursuivit sa route. Lorsqu'elle arriva en vue du campement, elle accéléra le pas, soulevant un peu plus le panier de baies qu'elle venait de cueillir. Rubeus lui tournait le dos, assis près du feu. Il avait l'air mélancolique comme souvent ces derniers temps. Il avait essayé de le cacher, mais elle l'avait remarqué. Il ne souriait plus comme avant, il ne plaisantait plus… Seul son enthousiasme à l'encontre du clan des géants n'avait pas diminué. Il avait grandi au contraire d'une manière tellement soudaine qu'elle ne comprenait pas bien d'où lui était venu cet engouement. En tout cas, quand elle tentait d'aborder le sujet, il se braquait. Cela faisait donc plusieurs jours qu'elle ne lui en parlait plus. Elle arriva près de lui, et il se tourna vers elle.
- « La cueillette a été bonneuh, Rubeus, j'ai trouvé un petit coin charmant »
- « Tant mieux » lui répondit-il « Nous n'avions presque plus rien à manger »
Olympe hocha la tête et s'installa près de lui, à même le sol. De sa baguette, elle fit venir une outre d'eau et entreprit de nettoyer les fruits. Puis, elle en prit une poignée qu'elle tendit à son compagnon qui les avala avec hâte. Il devait avoir vraiment très faim. Elle-même ressentait au creux de son estomac les crampes, signe que cela faisait trop longtemps qu'il n'avait pas été convenablement rempli. Ce maigre petit déjeuner ne parvint pas tout à fait à calmer sa faim, mais elle se sentit tout de même un peu mieux. Elle bu une longue gorgée d'eau fraîche et se leva.
- « Que faisons nous ceuh matin ? » demanda-t-elle
- « Ce serait bien si nous retournions voir le nouveau Gurg ! Nous lui avons promis de revenir ! » lança Rubeus, soudain radieux.
- « Oh oui ! Le nouveau Gurg ! » soupira Olympe.
Elle fit quelques pas pour aller chercher son sac à dos. L'apparition de ce nouveau géant avait fait reculer leur tentative d'approche de la communauté de géants. Conformément aux ordres du professeur Dumbledore, ils y avaient été très lentement avec eux. Ils étaient allés les voir une première fois, se présenter et leur parler de Dumbledore. Ils avaient clos l'entretien en promettant à Lyderic, le Gurg, le chef des géants, de revenir le lendemain avec un présent. Lyderic qui ne parlait qu'un anglais approximatif avait tout de même saisit l'essentiel et les avaient même accueillit avec une once de sympathie et de joie le lendemain. Il apprécia grandement le présent qu'ils lui avaient approcher. Il faut dire qu'une branche de Feu de Sempremais, le feu éternel, était un cadeau qui aurait ravi n'importe qui ! Ils avaient un peu conversé ensemble, grâce à Zabelle, une géante bien meilleure interprète que son chef. Pour être tout à fait honnête, Olympe n'avait pas beaucoup participé à la conversation. Elle avait un peu peur de ce monde dont elle se savait pourtant issue bien qu'elle le nie continuellement. Elle ne connaissait rien des origines de sa naissance. Quand à l'âge de sept ans, elle avait dépassé en taille son père qui n'était pourtant pas un petit homme, ses parents lui avaient avoués qu'ils l'avaient adopté. La nouvelle n'avait pas été un choc pour elle. Elle s'était attendue à cette annonce et en avait été soulagée. Elle savait au moins d'où venait sa différence qu'elle faisait passer pour une ossature plutôt forte. Adolescente, elle avait entamé des démarches pour retrouver ses parents biologiques. Mais cela n'avait rien donnée. La directrice de la pouponnière ne lui avait pas été d'un grand secours. Elle lui avait même expliqué que vu ses antécédents, mieux valait pour elle ignorer qui était ses parents. La seule chose qu'elle avait su était que sa mère l'avait abandonné car elle était le fruit « monstrueux » de ses amours avec un géant. Drôle de façon de commencer une vie…
Elle secoua sa tête pour en chasser ses idées noires. Et porta son sac sur son dos. Hagrid l'attendait près du feu qu'il venait d'éteindre et ils reprirent la route en silence. Ils devaient tout reprendre depuis le début. En effet, trois jours après leur début de lien avec Lyderic, il avait été assassiné sauvagement par un de ses rivaux. Kopierre avait pris sa place et les négociations avec lui étaient bien plus laborieuses. Kopierre en effet, parlait bien mieux anglais que son prédécesseur et avait fait tué Zabelle dont il n'avait plus besoin. Cette mort les avait marqué Rubeus et elle. Zabelle avait fait preuve d'une gentillesse exemplaire pour ceux de son espèce. Sans elle, les rapports étaient devenus bien plus tendus. Rubeus et Olympe appréhendait tous les deux cette nouvelle rencontre.
Le clan des géants se trouvait à quelques minutes de marche de leur campement et ils s'y trouvèrent rapidement. Pourtant quelque chose cette fois ci les mirent sur leurs gardes. Sans vraiment savoir quoi, Olympe sentait qu'il valait mieux qu'ils ne se montrent pas maintenant. Apparemment, Rubeus était arrivé à la même conclusion qu'elle car il agrippa sa main et l'entraîna précipitamment dans un bosquet non loin.
- « Restons à couvert… » souffla Rubeus d'une voix grave qui la fit frémir.
Elle l'aimait encore quand il était aussi sérieux. Mais l'heure n'était pas au badinage. Elle acquiesça d'un signe de tête, et aussitôt, elle se baissa aussi bas que sa relative souplesse le lui permettait et alla se cacher derrière un gros chêne qui se trouvait non loin.
Prudemment, Rubeus et elle approchèrent du clan aussi discrètement de possible. Par chance, le clan se trouvait en contrebas d'une corniche escarpée sur laquelle il était facile d'observer sans être vu. C'est donc là qu'ils se cachèrent dans une niche de pierre aux parois recouvertes d'une mousse d'un vert tendre. Ils tendirent l'oreille. Visiblement Kopierre était en grande conversation avec quelqu'un. Mais, si sa voix forte et puissante leur parvenait sans peine, celle de son interlocuteur ne se faisait pas entendre. Olympe sentit son ventre se nouer. Cela ne lui disait rien de bon. Si elle ne l'entendait pas, c'était qu'il n'était pas un géant… Et qui donc viendrait parler à un géant si ce n'est l'un des leur ou un sorcier… Rubeus avait l'air grave et tendu. Lui aussi sentait qu'il se tramait quelque chose de déterminant pour eux. Ils s'allongèrent sur le sol dur et instable de la corniche pour ne pas prendre le risque de se faire voir et rampèrent de manière à se rapprocher du vide. Quand ils furent au bord, ils plongèrent leurs regards en contrebas. Assis sur un amas de chêne qui faisait sans doute office de trône, Kopierre conversait avec un homme vêtu entièrement de noir. Un peu en retrait, cinq autres mangemorts attendaient bras croisés sur leur poitrine, le visage dépourvu de toutes expressions. Mais ce qui marqua le plus Olympe fut le visage de Kopierre. Il souriait. Il parlait avec de grands gestes et semblaient presque heureux.
- « Qui est-ce ? » demanda-t-elle alors à son compagnon de mission.
- « Des mangemorts » souffla Hagrid les lèvres pincées. « Nous nous sommes fait devancer ! »
Olympe retint de justesse le cri qui menaçait de sortir de sa gorge et qui les aurait certainement trahi.
- « Qu'est-ce qu'on va faireuh ? » chuchota-t-elle à la place en se tournant vers lui.
- « Je pense qu'il faut qu'on observe bien ce qui se passe. Puis il faudra avertir le professeur Dumbledore… »
Il avait l'air grave. Olympe soupira. Il devait déjà savoir, tout comme elle, que tout espoir était perdu. A voir Kopierre parler ainsi avec ce mangemort, il n'y avait aucun doute à avoir. Il ne leur avait jamais parlé ainsi. Il n'avait jamais été si emballé par leur idée de lutte contre le Seigneur des Ténèbres… Et il ne le serait sûrement jamais. Il ne souhaitait pas quitter son clan, il ne souhaitait pas s'ouvrir au monde et préférait vivre en autarcie dans ces montagnes. Olympe ne pu n'empêcher de se demander ce que le mangemort lui avait offert ou promis pour être entré dans les bonnes grâces du géant.
- « Ca ne seuuurt à rien d'insiter » souffla-t-elle alors à Hagrid « Nous savions deujà que nous n'avions pas beaucoup de chance de les convaincre et le voilà en pleine conversation avec un mangemort ! »
Le jeune homme se tourna vers elle avec un air triste.
- « Je crains que tu n'ais raison ! »
- « Nous avons fait notre maxeumum ! » lui assura Olympe toujours à voix basse« N'insistons pas et repartons ! Ce voyage a déjà duré longtemps et le professeur Dumbledore sera de notre avis ! En plus » ajouta la jeune femme en frissonnant « Maintenant, six mangemorts trainent dans les parages ! Si Kopierre leur parle de nous, ils vont se mettre à notre recherche ! »
La jeune femme vit Hagrid acquiescer d'un signe de tête avant de replonger son regard en contrebas. Il soupira violemment et recula toujours en rampant. Olympe l'imita. Une fois qu'ils furent certains d'être à l'abri, ils se relevèrent et prirent le chemin qui menait à leur campement. Le voyage était bien plus long qu'à aller car ils se cachaient sans cesse, de peur d'être repéré par d'éventuels mangemorts. Malgré la crainte que lui inspirait cette nouvelle menace, Olympe était contente. Elle allait enfin rentrer chez elle et retrouver les siens dont elle n'avait pas eu de nouvelles depuis longtemps.
Une fois rendue à leur campement, elle s'activa à trouver du bois pour faire un feu. Il fallait absolument qu'ils rentrent en contact avec le professeur Dumbledore pour le mettre au courant des dernières avancées de la mission. Durant tout le temps que dura cette opération, elle ne cessa de jeter des regards en coin à son compagnon. Il paraissait absent et un peu triste. Ce qui la surprit. Il était tellement attaché à Poudlard, elle aurait plutôt cru qu'il serait ravi de rentrer chez lui. Au lieu de ça, il paraissait préoccupé. Interrompant ce qu'elle était en train de faire, Olympe se redressa et alla se poster devant lui.
- « Cela suffit maintenant ! » lança-t-elle d'une voix sèche. « Que seu passeuh-t-il ? »
Hagrid sursauta et la fixa avec de grands yeux ronds.
- « Quoi ? Rien ! »
- « Jeuh ne suis pas stupide ! Je vois bien que tu neuh vas pas bien ! Que seu passeuh-t-il ? »
Elle plaqua alors ses deux mains sur ses hanches et le regarda avec sévérité. Devant tant de détermination, le jeune homme ne pu s'empêcher de céder. Il hocha simplement la tête et Olympe se détendit.
- « Voilà… Il y a quelque chose dont je ne t'ai pas parlé… » souffla-t-il au bout d'un moment « La nuit où Lyderic, le premier chef géant a été tué, j'étais dans son campement »
Etonnée, Olympe le fixa sans rien dire. Par Merlin que faisait-il là bas ?
- « Plusieurs fois, pendant que tu inspectait les environs je suis retourné le voir, lui et Zabelle pour… »
- « Pourquoi ? » insista la jeune femme avec curiosité
- « Pour leur poser des questions sur ma mère » avoua enfin Rubeus.
Olympe sentit ses entrailles se tordre sous l'effet de la surprise. Elle savait que son ami était un demi-géant, il lui en parlait souvent et longuement. Il parlait de son père surtout, mais un peu de sa géante de mère qui l'avait laissé alors qu'il n'était qu'un petit garçon. Pour autant, elle n'aurait jamais imaginé qu'il aurait profité de cette mission pour en apprendre d'avantage sur lui. Même si en y réfléchissant bien, sa démarche n'avait rien de surprenante, la jeune femme n'en restait pas moins surprise.
- « Et ? » demanda-t-elle alors curieuse de savoir pourquoi c'était cela qui le rendait si mélancolique à l'idée de partir.
- « Oh, elle est morte il y a peu de temps… » soupira-t-il « Ma mère bien sur… »
Olympe hocha la tête, ce n'était pas ce qu'elle avait voulu savoir mais cette réponse lui fit de la peine pour lui. Elle posa sa main sur son bras en signe de consolation et Rubeus esquissa un faible sourire.
- « Oh ce n'est rien ! Ce n'était pas vraiment ce qu'on peut appeler une mère idéale… Ca ne me fait pas tant de peine que cela. En revanche, j'ai appris quelque chose de bien plus important ! »
Olympe l'observa attentivement. Il avait dans les yeux une lueur inhabituelle. Il avait pris des couleurs et semblait… joyeux. Elle hocha la tête, l'invitant ainsi à poursuivre.
- « J'ai un petit frère ! » annonça-t-il de but en blanc.
- « Un quoi ?! » s'exclama Olympe.
- « Un frère ! Ma mère a eu un autre enfant ! N'est-ce pas merveilleux ! »
Olympe était sous le choc. Elle ne s'était absolument pas attendu à cela.
- « Euh… si… Mais il est… » balbutia-t-elle
- « Un géant ? Sans doute ! Je n'ai pas eu beaucoup d'informations sur lui ! Je sais juste qu'il vit pour le moment dans un autre camp un peu plus à l'Est ! »
La jeune femme sentit alors un étrange sentiment naitre en elle, comme une sorte de prémonition.
- « Rubeus, queuh comptes-tu faireuh ? » demanda-t-elle prudemment.
Elle redoutait un peu ce qu'il allait lui répondre.
- « Mais aller le chercher bien sur ! » s'exclama le jeune homme comme s'il s'agissait de l'évidence même.
Les craintes de la jeune femme venant de se confirmer, elle poussa un léger grognement.
- « Tu ne peux pas faire ça ! Il y a des mangemorts dans les environs ! C'est trop dangereux ! » protesta-t-elle « Je suis sur que ton frère est très bien là où… »
- « Mais il ne sait pas que j'existe ! » lui opposa violemment Hagrid.
Tous les deux se fixèrent un moment sans rien dire. Ce fut lui qui parla le premier.
- « Il a besoin de savoir que j'existe ! Ma mère ne lui a peut être jamais parlé de moi ! Je suis sur qu'il sera ravi de me connaître et puis peut être que nous pourrons rester en contact tous les deux ! Nous sommes du même sang ! De la même famille ! C'est important la famille ! »
- « Certes mais… »
- « Olympe ! Toute ma vie je me suis senti seul, différents des autres ! Et voilà que maintenant je sais qu'il existe quelqu'un qui est comme moi ! Peut-être me ressemble-t-il… Je ne peux pas rester sans savoir ! »
Il y avait dans son ton comme une supplication. Elle se retrouvait un peu dans son discours. Elle savait ce que cela voulait dire être différentes des autres. Mais elle ne pouvait s'empêcher de penser que partir ainsi à la recherche de ce frère qui ne devait rien savoir de Rubeus était une folie.
- « Ecouteuh, je sais que c'est important pour toi mais jeuh ne peux pas te laisser seul t'engager dans cetteuh folie… »
- « Ce n'est pas une folie ! »
- « Rubeus ! Les environs neuh sont pas surs ! Dumbleudore a besoin d'être prévenu rapidement, nous devons rentrer ! »
- « On trouvera un moyen de prévenir le professeur Dumbledore ! On arrivera à entrer en contact avec lui pour lui dire que nous avons échoué ! Et puis nous savons nous défendre ! Ce n'est pas quelques mangemorts qui vont nous faire peur ! »
Olympe soupira et lui tourna le dos. Elle ne se sentait pas la force de le suivre dans cette aventure.
- « C'est de ma famille dont il est question » lança-t-il simplement au bout d'un moment.
- « Et la mienne me manqueuh ! » lui répondit-elle en se retournant.
Il la fixa d'un air surpris avant de sourire faiblement.
- « Bien sur, j'aurais du m'en douter. Tu as toujours une famille qui t'attends toi… »
Olympe eu une pensée pour ses parents adoptifs, son grand frère et sa petite sœur… Elle avait envie de les voir, même si elle ne s'imaginait pas laisser Rubeus seul… Et loin d'elle surtout.
- « Je comprends… » soupira le demi géant d'une voix lasse et déçue.
Olympe eu un pincement au cœur. Il ne pouvait pas renoncer à son rêve. Pas pour elle en tout cas.
- « Va le chercher toi ! » lança-t-elle alors
- « Pardon ? »
- « Rubeus ! jeuh n'ai plus la force d'entreprendre un peuriple comme celui que tu veux entreprendre. Mais je vois que ceuh important pour toi, très important ! Et jeuh n'ai pas le droit de te deumander de rester avec moi et de me raccompagner alors queuh tu as plus que tout envie de reunouer avec ta famille. Alors, pars, va le rejoindre et ne t'en fait pas pour moi, je saurais retourver mon chemin ! »
- « Mais Olympe, tu ne vas pas faire la route seule ? » souffla Rubeus
- « Pourquoi ? »
- « Parce que tu es… »
Il eut soudain l'air gêné.
- « Une femmeuh ? » termina-t-elle pour lui d'un air amusé « Tu neuh me crois pas capable de me défendre seuleuh ? »
- « Ce.. ce n'est pas ce que je… euh … ce que je voulais dire ! »
- « Ne t'inquiète pas ! » lança-t-elle « Je suis une grandeu fille, je sais meu défendre toute seule ! »
- « Tu es sure ? »
- « Ceurtaine ! Ne t'en fait pas ! Et toi aussi soit prudent ! »
Il hocha la tête d'un air entendu. Il allait reprendre la parole, mais elle le coupa.
- « Ne t'en fais pas, je ne dirais à peursonne ce que tu es parti faire ! Si tu me promets de me donner régulièrement de tes nouvelles pour que je ne m'inquièteuh pas ! »
- « promis ! » lança le jeune homme en souriant.
Olympe le fixa alors. Ca y est, ils venaient de se décider. Ils allaient se séparer, leurs routes allaient prendre des chemins différents… Et elle ne savait pas quand elle le reverrait… C'est alors que mue par une inspiration soudaine, la jeune femme s'approcha de lui, et avant qu'il n'ait pu esquisser le moindre mouvement, elle posa un baiser sur ses lèvres. Elle s'éloigna bien vite, rougissante et lui tourna le dos. Il ne bougea pas mais avait l'air abasourdi. Olympe était fière d'elle. Certes, elle avait largement transgressé les règles de bonnes conduites qu'on lui avait inculqué, mais au moins, elle lui avait montré avant qu'ils ne se séparent pour un temps indéterminée qu'il était plus qu'un ami pour elle. C'est donc joyeuse et le cœur bien plus léger qu'elle alla préparer ses affaires en vue de son prochain départ.
