Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en général mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

Note 1 : J'ai terminé de rédiger cette histoire en mai 2007. Il n'y a donc dans cette fiction AUCUNE INFORMATION concernant Harry Potter and the Deathly Hallows. Je n'ai fait qu'émettre des suppositions sur ce qui aurait pu se passer. Si par hasard j'avais deviné quelque chose, c'est que je possède un Troisième Œil très efficace !

Par respect pour l'auteur les lecteurs qui n'ont pas encore eu la chance de lire le tome 7, je vous demande de ne faire AUCUNE ALLUSION au septième tome dans vos reviews… Ne gâchez pas le plaisir de ceux qui ne savent pas lire l'anglais svp !

Note 2: J'ai pris une grande décision, ou plutôt je me suis fixée un but : terminer la publication de ma fic avant la sortie en français de HP 7 en français ! Attendez vous donc à une publication beaucoup plus régulière et rapprochée ! -

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre cent trente : La mauvaise réputation

« Au village sans prétention
J'ai mauvaise réputation
Que j' me démène ou qu' je reste coi
Je passe pour un je ne sais quoi
Je ne fais pourtant de tort à personne
En suivant mon chemin de petit bonhomme
Mais les braves gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux
Non les braves gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux… »
Georges Brassens

- " Bonne nuit mon ange" souffla Océane en se penchant pour déposer un baiser sur le front de Lalyh.

La petite fille, qui tenait fermement l'oreille de son lapin en peluche, contre son corps la regardait avec ses yeux mi-clos mais suppliant.

- "Pas dodo !" grogna-t-elle.

Océane se mit à sourire avec tendresse et caressa doucement ses beaux et soyeux cheveux noirs avant de répondre.

- "Tu n'en as peut être pas envie, mais tu en as besoin..."

Lalyh fit alors non de la tête et étouffant un bâillement. Puis un de ses petits poings vint frotter ses yeux. Elle avait une petite moue boudeuse tout à fait adorable et Océane ne put s'empêcher de se pencher pour l'embrasser une nouvelle fois. Elle ne s'en laissait pas. Elle l'aimait tellement...

- "Allez, je te laisse dormir maintenant, à demain chérie..."

- "Non !" grogna Lalyh en se redressant pour s'asseoir "Papa !"

Océane fronça un peu les sourcils.

- "Papa est déjà venu te raconter une histoire et te faire un bisou, alors maintenant, mademoiselle Black, tu te rallonges et tu t'endors gentiment" souffla-t-elle

Elle resta immobile, le visage impassible le temps que sa fille s'exécute, puis, une fois qu'elle fut recouchée, Océane se retourna et se mit à sourire largement. Lalyh était une petite chipie, doublée d'une comédienne, prête à tout pour retarder l'heure d'aller se coucher, ou n'importe qu'elle autre chose qu'elle n'avait pas envie de faire. Elle referma un peu la porte de la chambre de sa fille de sorte à laisser passer un rai de lumière et prit la direction des escaliers. Sirius se trouvait dans le salon, et maintenant que leur fille s'endormait, ils allaient pouvoir passer un peu de temps tous les deux. Elle se mit à sourire tandis qu'elle s'engageait dans les escaliers. Cela faisait trois jours maintenant qu'elle n'était plus obligée de garder le lit. Elle n'avait plus fait de crise d'angoisse et n'avait pas eu d'autre douleur. Le bébé semblait avoir compris que tout était rentré dans l'ordre. Océane était persuadée que Sirius y était pour beaucoup. Dès qu'il l'avait pu, il était venu s'allonger près d'elle et avait posé sa main sur le sommet de son ventre. La chaleur de sa paume irradiait à chaque fois sur sa peau et la jeune femme était persuadée que le bébé l'avait également ressentit. De plus, Sirius s'était mis avec encore plus d'application à parler à sa fille. La jeune femme était persuadée que c'était la voix chaude et calme de son père qui avait définitivement rassurée le bébé. Chaque jour, Océane se retrouvait de longs moments à ne voir de son mari rien d'autre que le sommet du crâne car il se trouvait en grande conversation, ou plutôt monologue, avec le bébé. Il lui parlait de toutes sortes de choses. La dernière fois, il lui avait parlé de Buck...

Elle se trouvait sur l'avant dernière marche de l'escalier quand elle fut tirée de ses pensées par un coup de sa fille.

- "Oh !" s'exclama-t-elle sous la surprise en posant ses deux mains sur son ventre.

C'est alors que sans avoir réalisé ce qui se passait, elle sentit deux bras solides l'encercler et la tenir fermement. C'est ainsi qu'elle descendit les deux dernières marches et qu'elle se retrouva blottie ensuite dans les bras de son mari.

- "Ca va ?" demanda-t-il d'une voix inquiète "Ce sont tes douleurs qui recommencent ?! Tu te sens bien ? Tu veux que je t'amène de la potion calmante ?"

Il avait l'air tellement affolé que Océane n'eut même pas le coeur de plaisanter. Elle releva vers lui son regard et lui répondit avec un sourire rassurant.

- "Ce n'est rien chéri... Juste la petite qui gigote un peu, ne t'en fais pas"

- "Tu es sure ? Tu ne veux pas que j'appelle la gynécomage ?"

- "Ce n'est pas la peine, Sirius. Je vais très bien, elle a juste envie de s'étirer un peu"

Le jeune homme se mit alors à sourire et se détendit. Il relâcha son étreinte et lui prit la main. Doucement il la guida vers le canapé. Océane appréciait ses attentions à son égard même si elle n'était pas encore convaincue qu'elle les méritait. Elle lui avait fait du mal, certes sans le vouloir, mais les faits étaient là. Désormais, elle savait que Sirius était inquiet. Inquiet pour sa santé, pour celle du bébé et aussi inquiet de savoir si une nouvelle crise de ce genre reviendrait... Mais Océane s'était promis que cela ne recommencerais pas. Jamais plus elle n'aurait de conclusion hâtive, jamais plus elle ne garderait ses inquiétudes pour elle, jamais plus elle ne croirait les mensonges de cette journaliste de malheur qui avait en définitive bien réussit son coup.
Elle s'installa sur le canapé, Sirius prit place près d'elle et immédiatement, elle vint se blottir contre lui. Elle l'entendit rire doucement et sentit une de ses mains s'aventurer sur son ventre rebondi qu'il caressait par-dessus sa robe.

- "Alors comme ça, c'est à cette heure là qu'elle décide de faire du sport ?" demanda-t-il avec tendresse.

- "On dirait" répondit doucement Océane "Je ne sais pas quel sport c'est, mais ça demande pas mal de mouvement... Tu la sens qui remue encore ?"

- "Oui... On dirait qu'elle essaye de trouver une position confortable pour s'endormir..."

- "Si seulement c'était vraiment ça !" soupira la jeune femme "Tu sais qu'hier elle m'a empêché de dormir pendant au moins une heure..."

- "Oh oui ! Tu as râlé tout le temps et je n'ai pas pu dormir non plus" lança Sirius d'un air amusé tandis que les joues d'Océane prenaient une couleur légèrement rosée.

-"Tu aurais du me le dire !" lui reprocha-t-elle "Au lieu de faire semblant de dormir..."

- "Pourquoi ? Ca m'a beaucoup amusé..." répondit le jeune homme en posant un baiser sur son front "J'ai beaucoup aimé le passage où tu l'as menacée de me réveiller pour que je la gronde si elle n'arrêtait pas..."

Océane se redressa d'un bond et lui pinça alors le bras.

- "Tu as vraiment du te moquer de moi andouille !" lui reprocha-t-elle d'un air amusé

- "Eh !" protesta le jeune homme en se frottant le bras "Je ne me moquais pas ! Je trouvais ça amusant et attendrissant..."

- "Amusant et attendrissant..." répondit la jeune femme d'un air boudeur en croisant les bras sur sa poitrine.

- « Oh oui ! » souffla Sirius en s'approchant d'elle suffisamment prés pour l'embrasser tendrement.

Océane, qui avait au départ répondu avec assez peu d'enthousiasme à son baiser car elle boudait toujours, se laissa ensuite aller et ne tarda pas à nouer ses mains autour de sa nuque pour l'inciter à continuer. A cet instant, le bébé donna un nouveau coup. Sirius se redressa aussitôt, l'air étonné et ravi.

- « Je l'ai sentit ! » s'exclama-t-il en souriant largement « Comme j'étais sur toi je l'ai sentit donné son coup sur mon ventre ! »

Océane le regarda d'un air amusé.

- « Elle essaye de te faire comprendre que tu es trop lourd ! » plaisanta-t-elle.

Elle vit alors le visage de son mari devenir grave et il s'éloigna rapidement d'elle.

- « Pardon… » souffla-t-il d'un air penaud.

- « Je plaisantais ! » lança Océane en prenant sa main dans la sienne et en l'entraînant de nouveau vers elle.

Elle voulait d'autres baisers… C'est en souriant qu'il l'embrassa de nouveau. Océane se sentait bien. Elle était détendue et calme, elle profitait de la présence de son amoureux, tout allait bien pour elle et elle soupira de bien être. Sirius se mit à rire doucement tout contre ses lèvres qu'il délaissa pour aller embrasser la peau tendre de son cou. Océane ferma les yeux et profita du moment présent.

Ils passèrent un bon moment ainsi à se câliner tendrement avant que Sirius ne glisse ses lèvres sur le ventre de la jeune femme. Il releva la robe suffisamment haut pour découvrir tout le ventre qu'il embrassa doucement. Océane le regardait faire avec tendresse.

- « Coucou ma princesse… » souffla-t-il alors « Tu t'amuses bien ? »

Océane se mit à rire doucement.

- « Tu sais que tu devrais laisser Maman dormir quand elle en a envie… Sinon elle est grognon… »

- « Eh ! » protesta la jeune femme en donnant une légère tape sur l'arrière du crâne de son mari qui se redressa et la regarda en souriant.

- « Tu sais à quoi je pense ? » demanda-t-il

- « Non… »

- « Qu'on ne lui a pas trouvé de prénoms, qu'on a pas encore vraiment cherché… »

- « C'est vrai » répondit Océane en souriant « Tu veux t'y mettre ? »

Sirius se redressa alors, visiblement content. Il se leva du canapé et se rendit vers le coin de la pièce où il avait l'habitude d'abandonner son sac de travail.

- « Oui ! Remus m'a ramené ça ce matin ! Il a dit que ça pourrait nous être utile… Je pense qu'il voulait se moquer un peu, mais ça va peut être nous servir »

Océane le regarda alors avec amusement se pencher et sortir de son sac deux énormes livres.

- « Qu'est-ce que c'est ? » demanda la jeune femme avec surprise.

- « Le plus grand livre des prénoms courants et rares pour jeunes enfants sorciers ! » lu Sirius en souriant « tome un et deux ! »

Il se laissa tomber de l'autre côté du canapé tandis que la jeune femme le regardait d'un air amusé.

- « Ca pourrait être marrant de jeter un coup d'œil là dedans… » souffla-t-il en lui tendant le premier volume de l'ouvrage.

- « Par Merlin ! » lança Océane en récupérant le livre « Est-ce que je suis en train de déteindre sur toi ? Tu veux dire que tu vas… lire un livre aussi énorme ? » plaisanta-t-elle

- « Ca ne va pas non ?! » s'indigna faussement Sirius « Il faut laisser agir le hasard… Regarde… »

Le jeune homme ferma alors les yeux, ouvrit le livre qu'il tenait sur les genoux et posa son index au hasard sur une des deux pages présentées devant lui.

- « Notre fille s'appellera… » souffla-t-il avant d'ouvrir les yeux « Théodore ! Euh… non ! Ca ne va pas le faire ! »

Océane le regarda d'un air amusé tandis que Sirius souriait largement.

- « Ca va être amusant ! A ton tour ! » lança-t-il.

La jeune femme hocha la tête, ferma les yeux, ouvrit le livre et désigna un prénom.

- « Va-t-elle s'appeler… Christabelle ?! Non, non, non ! » continua-t-elle précipitamment en refermant son livre.

Sirius pouffa légèrement avant de rouvrir son livre à une autre page.

- « Phylis… Beurk ! »

Océane lui fit non de la tête avec une moue dégoûtée. Jamais elle ne mettrait au monde une petite Phylis… Jamais ! Elle se plongea alors dans son livre et en releva les yeux doucement

- « Aglaia ? » souffla-t-elle

Elle croisa le regard de Sirius. Tous les deux s'observèrent un moment avant d'éclater de rire.

- « Non ! Pitié non ! » couina le jeune homme entre deux rires « On ne peut pas lui faire ça ! »

Le rire d'Océane redoubla.

- « J'espère bien qu'à l'hôpital ils nous auraient empêché d'appeler notre fille ainsi ! » continua-t-il en riant toujours. « James, Lily et Remus aussi je pense… »

Océane riait tellement elle aussi qu'elle du refermer son livre et qu'elle se tenait le ventre à deux mains. Ses abdominaux devenaient douloureux et des larmes se formaient au coin de ses paupières. Elle parvint à se calmer. Sa respiration était encore saccadée et Sirius la regardait en souriant.

- « C'est bon de te voir rire comme ça » souffla-t-il simplement.

Elle hocha simplement la tête. Il était vrai que ce n'était pas la joie de vivre qui avait envahi leur maison ces derniers jours, et elle savait que c'était sa faute à elle. Mais par chance, Sirius était toujours là pour remonter le moral de ses petites troupes. Elle sentit sa main se poser sur sa joue et elle planta son regard dans le sien.

- « Tu es très belle quand tu ris… » souffla-t-il avant de poser un léger baiser sur ses lèvres avant de s'éloigner d'elle. « Bon, on a un prénom à trouver, nous ! » lança-t-il dans un clin d'œil.

Il tourna quelques pages de son livre.

- « Uta ! Mais c'est pas un prénom ça ?! »

Océane hocha la tête, mais elle ne trouvait pas que le « Demeter » sur lequel elle venait de tomber fut un prénom approprié pour leur fille. Ils continuèrent ainsi un long moment. Ils rirent beaucoup et Océane passait vraiment une très bonne soirée. Elle aurait pu continuer ainsi avec lui encore longtemps… C'était au tour de Sirius de sélectionner un prénom. Elle le regarda froncer les sourcils, les yeux toujours fermés lorsqu'il pointa son doigt sur la page du livre. Il ouvrit les yeux et lu silencieusement. Un curieux sourire naquit sur ses lèvres et Océane le regarda avec curiosité.

- « Alors là ma belle, ça devient sérieux… » souffla-t-il d'un air mystérieux

- « Tu en as trouvé un joli ? » demanda Océane

- « En tout cas, celui là je l'aime bien. Je l'aime beaucoup même. »

- « Alors dis-le ! » s'impatienta la jeune femme en souriant.

- « Tu ne nous imagines pas avec une petite Maelys ? » demanda-t-il d'une voix douce.

Océane le fixa en souriant et répéta plusieurs fois le prénom dans sa tête… Maelys, Maelys Black, Lalyh et Maelys… Elle le trouvait adorable.

- « Fais voir ? » demanda-t-elle alors en s'approchant de lui.

Sirius lui fit de la place à ses côtés et lui montra le prénom.

- « Tu aimes ? » lui demanda-t-il alors.

- « Beaucoup ! » lui répondit Océane en souriant.

Sirius parut alors aux anges. Il posa un baiser sur son front avant se pencher vers son ventre.

- « Demandons son avis à la principale intéressée… Ma princesse, tu aimerais t'appeler Aglaia ? »

Océane se mit à rire tandis que Sirius posait ses deux mains sur son ventre.

- « Et Maelys, mon ange ? Tu aimerais t'appeler Maelys ? »

A cet instant, la petite donna un coup dans le ventre de sa maman juste en dessous des mains de son père qui se mit alors à sourire comme si un miracle venait de se produire.

- « Tu as senti ?! » demanda-t-il à Océane « Tu as vu ? Elle est d'accord ! Elle aime ce prénom ! »

Océane se mit à rire doucement et posa sa main sur la joue de son mari.

- « Et nous aussi, ça tombe bien, non ? »

Sirius se redressa alors pour l'embrasser avec passion.

- « On est d'accord alors ? Ce sera Maelys ? »

- « Ce sera Maelys… » confirma Océane

En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, les livres tombèrent sur le sol, et Océane se tenait blottie dans les bras de son mari en l'embrassant à qui mieux mieux.

- « Tu imagines si elle avait bougé pour Aglaia ? » souffla Sirius au bout d'un moment

Océane se mit à rire

- « Je n'aurais pas tenu compte de son avis ! » lui répondit-elle en souriant.

Tous les deux se mirent à rire et se calèrent l'un contre l'autre pour parler de l'avenir qui s'ouvrait devant eux avec leurs deux petites filles.

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Le jour venait de se lever quand Karkaroff transplana devant le vieux château de Durmstrang. Il se dressait sur la plaine désertique où un vent violent soufflait déjà, faisant courber les quelques végétaux qui avaient osé braver le froid pour pousser. L'homme soupira. Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas mis les pieds ici. Il était content d'être rentré. Il jeta rapidement un coup d'œil à sa tenue. Il avait l'air misérable. Ses bottes étaient pleines de boues, sa cape était trouée et la couleur avait passé. Il avait l'air d'un miséreux… C'était le résultat de tous ces longs mois passés à errer dans les montagnes de l'Est de l'Europe. En cet instant précis, Igor Karkaroff ne rêvait à rien d'autre qu'à une bonne douche. Tout l'or du monde et la suprématie du sang pur sur tout autre sang lui semblait bien dérisoire comparé au luxe que représentait de l'eau chaude et du savon. C'est donc d'un pas vif et rapide qu'il parcourut les quelques centaines de mètres qui le séparaient de l'entrée du château.
Comme chaque nuit, l'entrée principale était fermée par un procédé magique hautement puissant. Mais Karkaroff connaissait un autre moyen de pénétrer dans l'établissement. Un moyen qu'il utilisait souvent quand il devait à la hâte quitter l'endroit pour aller rejoindre le Seigneur des Ténèbres. Il contourna donc le bâtiment principal pour se rendre du côté de la volière à hiboux. A la base de cette tourelle, se trouvait une porte secrète dissimulée en trompe l'œil parmi les larges pierres de l'édifice. Il lui jeta le sort qui lui permettait de l'ouvrir et entra bientôt dans la tourelle. A l'abri du vent, la température était meilleure. L'homme se détendit un peu et entreprit de rejoindre l'autre côté du bâtiment où se trouvait la porte qui lui permettrait enfin d'entrer dans le cœur même de l'école. Il du faire attention à ne pas glisser sur la multitude de fientes d'oiseaux qui tapissait le sol. Mais il ne pensa plus à tous ces désagréments quand ses pieds foulèrent enfin le sol de Durmstrang. Il se sentait enfin chez lui.

Après avoir pris soin de jeter derrière lui un sort de nettoyage. Vu la manière soudaine dont il avait quitté l'école, il n'était plus certain d'être le bienvenu dans ses murs. Pourtant, il n'avait aucun autre endroit où aller en cet instant… C'est pourquoi la plus grande discrétion était de mise.

Bien que cela fit longtemps qu'il n'était pas venu, il n'eut aucun mal à retrouver le chemin de ses appartements privés. Par chance son mot de passe n'avait pas été changé, il put donc entrer chez lui sans encombre. Il y avait une forte odeur de moisi et la pièce était envahie par les toiles d'araignées. Visiblement aucun elfe n'avait pris le temps de s'occuper de cet endroit à moins que Karl Lemberg, le directeur ai interdit qu'on prenne soin de cet endroit. Karkaroff soupira violemment. Avant d'être obligé de partir précipitamment du pays pour une mission de son Maître, il s'était presque vu offrir le poste de directeur de cette école. C'était un poste qu'il avait convoité et voulu du plus profond de lui-même. Il s'était énormément investi dans cette école et il avait regretté qu'une mission l'en éloigne si longtemps. Mais il n'était pas possible de refuser de faire ce que le Seigneur des Ténèbres exigeait. C'était donc à regret qu'il avait tiré un trait sur sa carrière de directeur. Maintenant, la seule chose qu'il pouvait dignement espérer était que Karl le reprenne comme professeur… Mais rien n'était moins sur. Après tout, il était resté absent de long mois. Son poste avait du être offert à un autre.

Karkaroff secoua la tête. Il ne voulait pas penser à cela pour le moment. Il avait des choses plus urgentes à faire. Il s'avança donc vers la salle de bain et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, il se trouva sous la douche. L'eau, presque brûlante coulant sur sa peau lui fit le plus grand bien. Il y resta longtemps délassant le moindre de ses muscles. Karkaroff se sentait bien, tellement bien qu'il faillit s'endormir. Son voyage avait été harassant et pénible. A regret, il éteignit l'eau, se sécha et s'habilla à la hâte. Il avait encore des choses importantes à faire et n'avait pas le temps de prendre du repos. C'est donc en luttant contre l'envie de se jeter sur son matelas qu'il se rendit dans le salon. D'un coup de baguette, il nettoya l'âtre de sa cheminée des toiles d'araignées et le surplus de poussière et de cendre qui l'obstruait partiellement. Il fouilla ensuite un moment sous la cheminée et parvint à trouver une bûche suffisamment grosse pour lui apporter suffisamment de chaleur pour maintenir la pièce à une température agréable. Puis il s'approcha de son barda qu'il avait abandonné sur le sol depuis le moment où la porte de son appartement s'était refermée sur lui. Il l'ouvrit et là, au milieu de toutes ses affaires usées et plus ou moins propre, il fouilla jusqu'à trouver un écrin vert foncé qu'il ouvrit aussitôt.

L'objet qu'il contenait était la chose la plus précieuse que Karkaroff possédait. La plus précieuse et la plus dangereuse aussi. Il s'agissait d'une pierre noire qui lui permettait d'entrer directement en contact avec le Seigneur des Ténèbres. A sa connaissance, il était le seul à en posséder une. C'est pourquoi il n'avait pas pu l'utiliser comme il l'aurait souhaité au cours de sa mission. L'existence de ce lien entre Lord Voldemort et lui devait rester secrète et Karkaroff avait toujours été accompagné de cinq sorciers lors de sa mission. Ce qui rendait bien évidemment l'utilisation de la pierre un peu délicate. Aujourd'hui, il n'avait plus ce genre de problème il allait pouvoir donner à son Maître toutes les nouvelles informations qu'il avait récoltées. Il posa donc délicatement la pierre contre sa paume et la serra doucement. De la chaleur se dégagea d'elle et lorsqu'il ne put plus la tenir dans la main, il ouvrit sa paume et la pierre s'envola doucement dans les airs. Un halo vert l'enveloppa et bientôt, le visage du Seigneur des Ténèbres y apparut. Immédiatement Igor Karkaroff recula d'un pas et s'inclina.

- « Bonjour mon Maître… » souffla-t-il d'une voix forte et claire pour être sur d'être entendu.

- « Karkaroff ! Ca alors ! Je désespérais d'avoir de nouveau de tes nouvelles ! » ironisa le Seigneur des Ténèbres d'une voix mauvaise.

Le mangemort ne pu s'empêcher de grimacer. Le ton sur lequel s'engageait la conversation ne lui disait rien de bon.

- « Je pensais que tu étais mort ! » siffla Lord Voldemort « Je n'ai plus aucune nouvelle de toi depuis longtemps alors j'espère que celles que tu vas m'annoncer sont bonnes ! »

Karkarroff releva doucement la tête pour pouvoir regarder le visage de son Maître. Il était dur et sévère, le mangemort prit une grande inspiration avant de se lancer.

- « Maître, je suis de retour à Durmstrang à l'instant même. J'ai quitté les montagnes de l'Est dans la soirée d'hier après avoir terminé mes négociations avec Kopierre, le chef du clan »

- « Et tu ne me contactes que maintenant ?! » siffla Voldemort

- « Je ne pouvais pas utiliser la pierre de communication devant mes compagnons de route » lança Karkaroff

- « Peu importe ! » grogna le Mage Noir « Quelles sont les nouvelles ?! »

- « Elles sont plutôt bonnes, Maître. Kopierre m'a écouté avec attention et a apprécié l'idée de tout ce que vous m'aviez dit de lui promettre… Il a vraiment cru que s'il s'engageait à vos côtés, vous laisseriez les géants vivre en liberté où bon leur semblait… »

- « Ces créatures sont tellement stupides et crédules ! » ricana le Seigneur des Ténèbres « Poursuit… »

- « Il a donc promit de se tenir à votre disposition et de regagner votre armée si tôt que l'un de vos mangemorts retournera là-bas pour le lui ordonner. »

- « Parfait… Cela ne devrait plus être trop long ! » lança-t-il « Je compte entamer très bientôt une offensive où leur aide pourra nous être très utile… Quoi d'autre ? »

- « Et bien, je me suis bien renseigné auprès de lui et j'ai appris que Dumbledore avait lui aussi envoyé des membres de sa petite armée tenter de rallier les géants à leur cause »

- « Ce ne m'étonne pas de ce vieux fou ! » siffla Voldemort

- « Mais les géants n'étaient pas du tout intéressés par son offre… »

- « C'est typiquement une idée de ce vieux fou que de croire qu'il peut changer la nature des gens ! Les géants sont des créatures belliqueuses et violentes ! Ils ne se contenteront jamais de faire ami-ami avec les sorciers, ils ne comprennent que les rapports de force ! Avec eux, il n'y a que des dominants ou des dominés, pas d'égaux ! Mais Dumbledore est trop utopique pour comprendre de telles choses ! As-tu trouvé les missionnaires ? »

- « Non » répondit Karkaroff « Dès que j'ai appris qu'ils pouvaient en avoir, j'ai fait fouiller toute la région, mais nous n'avons trouvé personne. Ils étaient déjà partis »

- « Ce ne fait rien ! Je suppose de toute façon que cela n'aurait été que des sous-fifres. J'ose tout de même espérer que Dumbledore n'aurait pas été mettre ses meilleurs éléments sur une mission aussi simpliste que celle là ! »

Karkaroff sentit une bouffée de colère monter en lui. Il l'avait bien envoyé, lui, à une mission de ce genre. N'était-il donc rien de plus pour lui qu'un soldat de bas étage ?! Il ne représentait rien de plus parmi ses mangemorts ! Il osait lui dire cela alors qu'il avait erré des mois durant dans une nature hostile à la rencontre d'êtres répugnants et que pour faire tout cela, il avait du faire une croix sur une brillante carrière et un avenir stable.

Un sentiment de rancœur s'empara de lui et le mit en colère, pour la première fois depuis son engagement, contre le Seigneur des Ténèbres. Il avait sacrifié son ambition pour lui pour ne recevoir en retour ni considération ni remerciement. Il commençait à en avoir assez de cette vie de soumission, mais il savait très bien, qu'il ne pouvait plus rien y faire…

On ne cessait pas d'être un mangemort ! Quand on le devenait c'était pour la vie ! Il en avait vu mourir, des jeunes recrues qui n'ayant plus le courage d'assumer leurs actes avaient préféré quitter le camp de mangemort. Pour retrouver sa liberté, il n'y avait que la mort.

C'est pourquoi, même aussi dégoûté par l'attitude de son Maître, Karkaroff se tut et baissa les yeux. Il ravala sa rancœur pour ne garder qu'à l'esprit une seule chose. Il devait servir son Maître, et ainsi les sangs-purs auraient de nouveau toute la considération à laquelle il avait droit de par leur lignée… Rien d'autre n'avait plus d'importance.

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Remus frappa quelques coups à la porte du bureau du professeur Dumbledore. Il n'avait pas bien compris pourquoi il l'avait convoqué de toute urgence. Heureusement qu'il n'avait pas cours à ce moment là. Il était venu un peu plus tôt à Poudlard pour avoir le temps de préparer son cours, c'est pourquoi il espérait vivement que son rendez vous avec le directeur ne serait pas trop long… Il avait du travail.

- « Entrez ! » lança justement la voix du professeur Dumbledore.

Remus activa alors la poignée de la porte et pénétra dans le bureau du directeur. Ce dernier ne se trouvait pas, comme à son habitude, derrière son lourd bureau, mais à la fenêtre. Il semblait absorbé par la vue et Remus resta un moment immobile, à ne voir de lui que son dos derrière lequel ses bras étaient croisés. Le silence régnait dans la pièce et Remus se demanda au bout d'un moment si le professeur ne l'avait pas oublié. Il décida alors de signaler sa présence.

- « Vous m'avez fait appeler, professeur ? » demanda-t-il poliment.

Ce n'est qu'alors que Dumbledore se mit à bouger. Lentement, il détourna son regard de la fenêtre et se retourna vers lui. L'expression de son visage surprit Remus. D'aussi loin qu'il se souvenait, il ne l'avait jamais vu ainsi. Il avait l'air attristé, très attristé. En colère aussi. Il le fixa un moment avec ce que Remus identifia comme de la compassion. Tout d'un coup, il se sentit mal à l'aise. Quelque chose, une sorte de mauvais pressentiment, lui tordit le ventre d'un seul coup. Le sourire triste du professeur Dumbledore ne fit qu'amplifier ce sentiment de malaise. Il eut un peu de mal à déglutir et serra un peu plus ses poings dans ses poches.

- « Te voilà enfin Remus » lança-t-il enfin « Installons-nous ici s'il te plait »

Il désigna alors le petit salon qui se tenait dans un coin du bureau. Remus hocha la tête et le suivit. Il s'installa le premier dans un fauteuil confortable et regarda le professeur s'installer en face de lui, de moins en moins dans son élément. Il tenta d'esquisser un sourire, mais il y renonça rapidement.

- « Remus, j'aurais préféré te recevoir ici pour t'annoncer de meilleures nouvelles que celles que je m'apprête à t'apprendre » souffla Dumbledore d'un air grave.

Remus fronça les sourcils. Décidément, il se passait quelque chose de grave, et à en croire par l'attitude du professeur Dumbledore, ce quelque chose n'allait certainement pas lui plaire.

- « De quoi est-il question ? » demanda-t-il d'une voix assurée.

Il ne voulait plus avoir à attendre pour savoir. Si ce que le professeur devait lui annoncer n'allait pas lui plaire, qu'il le dise franchement. Remus préférait qu'il ne fasse pas traîner les choses…

- « Et bien voilà… Tu n'es pas sans savoir que régulièrement, le Conseil d'Administration de Poudlard se réunit dans l'enceinte de l'école. Nous y débattons de tous les sujets qui peuvent concerner le Collège et ce conseil est composé de différentes personnes, membres du Ministère, parents d'élèves, et membres de l'équipe pédagogique »

Remus hocha poliment la tête. Il savait tout cela, et avait compris que le vieux sorcier tentait vainement de gagner du temps. Pourtant, il ne pourrait pas tourner autour du pot indéfiniment et cette attente lui était insupportable.

- « Je vous en prie professeur, venez-en au fait » demanda-t-il d'un ton qu'il espérait poli et qu'il essayait de maîtriser pour cacher la crainte qu'il ressentait en cet instant précis.

- « Très bien » soupira le professeur Dumbledore « Remus, il faut que tu saches que lors du dernier Conseil, il s'est passé un évènement inattendu et qui s'est révélé très fâcheux. Une personne du Ministère s'est invitée, je ne sais pas comment, mais le plus important est que cette personne avait en sa possession des informations confidentielles te concernant et qu'elle les a révélées lors de cette réunion »

Sous le choc, Remus se sentit blêmir d'un seul coup. Pour mettre le professeur Dumbledore dans cet état il n'y avait pas beaucoup de secrets. Ces informations qui n'auraient pas du être révélé concernaient sa lycanthropie. Il serra ses mains sur les accoudoirs du fauteuil dans lequel il s'enfonça encore plus. Il fixait le professeur avec horreur.

- « Vous voulez dire… » demanda-t-il d'une voix éteinte « Que le Conseil d'Administration sait que je suis un loup-garou ? »

Le professeur Dumbledore baissa les yeux et soupira.

- « Je suis désolé. Je ne pensais pas que cette information serait dévoilée, sinon je n'aurais jamais permis que cette personne s'incruste ainsi dans ce Conseil. Je l'ai cru inoffensive et j'ai eu tort, mille fois torts… »

Remus était estomaqué et ne pouvait plus rien dire. Il fixait le vide, des millions de pensées tourbillonnant dans sa tête. Il s'était cru tellement à l'abri depuis qu'il était devenu professeur ici. Il réalisait maintenant à quel point il avait tort. Il n'était à l'abri nulle part, son anormalité le poursuivrait partout où qu'il aille…

- « Remus, j'ai tenté de raisonner les membres du Conseil pendant de longues heures. J'étais presque parvenu à les convaincre que tu ne représentais aucun danger pour cette école ni pour les élèves, mais toujours cette même personne du Ministère avait un argument que je n'avais pas les moyens de contrecarrer. Tu dois sûrement le connaître malheureusement il s'agit de l'article 72-B… »

Remus soupira violemment. Evidemment qu'il connaissait cet article. Il faisait parti des nombreuses lois qui restreignaient autant que possible les maigres droits des lycanthropes. C'était l'une des nombreuses lois qui faisaient son malheur depuis longtemps.

- « Concrètement, qu'est-ce que cela signifie pour moi ? » demanda Remus d'une voix résignée.

Il avait appris depuis longtemps à encaisser les coups durs comme celui-ci. Depuis qu'il était enfant, sa vie n'était jalonnée que d'évènements de ce genre.

- « Cela signifie que le Conseil d'Administration a demandé ta démission » annonça tristement le professeur Dumbledore. « Et que tu n'es plus désormais professeur à Poudlard »

Même s'il s'y était attendu, la nouvelle fit un choc à Remus dont la respiration se bloqua un moment. Il soupira violemment et passa une des ses mains sur son visage avant de se lancer avec un sourire qu'il savait sonner faux.

- « Je suppose que c'était trop beau pour durer » murmura-t-il.

- « Remus, je suis vraiment navré. Je suis le premier attristé par la tournure que prennent les évènements et soit convaincu que si cela ne dépendait que de mon unique volonté, jamais je n'aurais laissé faire une telle chose »

- « Je le sais professeur » assura Remus avec un petit sourire triste.

- « J'ai tout tenté pour les convaincre de te garder, mais malheureusement tu sais comme moi que la peur de l'inconnue peut faire des ravages. Aucun de ses hommes, s'ils t'avaient vu à l'œuvre en classe n'aurait douté une seule seconde de ta grande aptitude à enseigner et à être un grand professeur. Mais ils ne connaissent désormais de toi que ta différence et ils ne verront malheureusement jamais rien de plus »

- « Les préjugés ont la peau dure, professeur. Je le sais très bien… »

Le silence les enveloppa une nouvelle fois. Remus ne savait pas quoi dire. Au fond de lui, il était étonné de ne pas l'avoir vu venir avant. Il se sentait tout d'un coup stupide d'avoir tant cru que ce bonheur pourrait durer toujours… A croire que la vie ne lui avait jamais rien appris.

- « Remus… Je ne veux pas que cela te remette en question. Tu es un jeune homme brillant, tu as beaucoup d'avenir devant toi. Tu as su à chaque fois rebondir sur tes échecs, il faut qu'il en soit de même cette fois-ci ! »

Remus se força à sourire pour le rassurer, mais il sentait déjà les prémices d'une violente déprime déferler depuis les tréfonds de son âme. Il se leva. Il avait besoin de prendre l'air, il avait besoin de marcher un peu, de s'aérer l'esprit, de quitter cet endroit où il n'était désormais plus le bienvenu.

- « Remus ? Ca va aller ? » s'inquiéta Dumbledore en se levant à son tour.

Le jeune homme se contenta d'hocher la tête.

- « Tu es bien sur ? » insista le professeur

- « Oui… Je vais aller récupérer mes affaires et je vais partir… » souffla Remus d'une voix blanche.

La tristesse tomba alors sur lui comme une chape de plomb. Il avait préparé un cours très divertissant pour ses étudiants de deuxièmes années sur les lutins de Cornouailles… Ils auraient adoré ça. Mais il n'avait plus le droit d'enseigner ici… Il sentit ses épaules s'affaisser et il réalisa qu'il était temps pour lui de partir s'il ne voulait pas en plus laisser libre court à sa déception et à sa tristesse. Sans plus attendre et sans dire un mot, il décida de prendre congé. Il réalisait que son attitude pouvait paraître impolie, mais il n'avait pour le moment pas la force de rester. Il espérait que le professeur Dumbledore ne lui en tiendrait pas rigueur, de toute façon, il aurait l'occasion de le revoir, ne serait-ce que lors des réunions de l'Ordre du Phoenix. Il prit donc la direction de la porte qu'il ouvrit d'un geste plus brusque qu'il ne l'aurait voulu. Il s'apprêtait à partir quand une question jaillit dans son esprit. Il interrompit son mouvement et se retourna.

- « Qui était-ce ? » demanda-t-il alors

Le professeur Dumbledore le regarda avec un sourire triste, mais garda le silence.

- « Qui est venu crier sur les toits que j'étais un loup-garou ? » insista Remus une nouvelle fois.

- « Je ne pense pas qu'il soit utile que tu le saches, cela ne t'apporterait rien »

Remus ne l'entendait pas de cette oreille, mais il connaissait suffisamment bien le professeur Dumbledore pour savoir que lorsque le vieux sorcier avait décidé de cacher quelque chose, il n'y avait aucun moyen de lui tirer les vers du nez. Remus se retourna alors et quitta le bureau sans autre forme de procès.

Le jeune homme aurait été bien incapable de décrire l'état dans lequel il se trouvait en ce moment même. Il déambula dans le château comme une âme en peine. Il se sentait entièrement vidé. Il avançait au radar. Il se dirigea vers la salle des professeurs. Par chance, il ne croisa aucun de ses élèves, enfin, anciens élèves maintenant. La dernière chose dont il avait envie c'était de s'entendre appeler ''professeur''. Il ouvrit la porte en espérant vivement que la pièce serait vide à cette heure de la journée, mais ces espoirs furent vite déçus.
Assis à une des tables de la pièce se trouvait Severus Rogue. Remus se crispa, il n'avait pas vraiment, mais alors vraiment pas envie de le voir. Malheureusement pour lui, il n'avait pas le choix. C'est pourquoi, il prit une grande inspiration et s'engouffra rapidement dans la pièce. Il alla vers son casier qu'il ouvrit d'un geste sec. Il sentait dans son dos le regard de son ancien collègue ce qui le rendit nerveux. Ses gestes en devinrent malhabiles et imprécis. Il fit tomber une pile de parchemin et en grognant, il du s'accroupir pour les ramasser. Ses affaires rassemblées, il les serra contre lui, prit une grande inspiration et se retourna. Il croisa le visage de Rogue et cela l'irrita au plus au point. Il souriait. Le Maître des Potions le regardait avec ce petit sourire en coin satisfait. Alors, au plus profond de lui-même, Remus su que le Serpentard savait. Il serra les poings contre ses affaires. Rogue n'avait jamais supporté qu'il ait ce poste et le lui avait suffisamment fait ressentir. Le voir sourire ainsi devant lui était un affront de plus à sa dignité et Remus ressentit une bouffée de rage à l'encontre de son ancien ennemi qu'il parvint à contrôler. Il se contrôlait toujours. Ils continuèrent à se fixer pendant un court instant avant que Remus ne détourne son regard. Il se sentait suffisamment mal, ce n'était pas la peine d'en rajouter.

Il prit donc la direction de la sortie, dans l'espoir de pouvoir s'éloigner rapidement de cette atmosphère lourde et pesante. Mais à peine fut-il arrivé en face de la porte, celle-ci s'ouvrit et le jeune homme se figea. Dolorès Ombrage venait d'entrer dans la pièce. Elle était semblable à son souvenir, elle avait l'air d'une grenouille que l'ont aurait habillé avec des vêtements de fillette. Que faisait-elle là ?

C'est alors que tout se mit en place dans la tête de Remus… Un membre du Ministère qui aurait pu avoir accès aux dossiers des Créatures Magiques du monde sorcier, et qui les auraient suffisamment en horreur pour venir divulguer ces informations à n'importe qui… C'était clair comme de l'eau de roche. C'était Dolorès ! C'était cette pimbêche de Dolorès la cause de son renvoi. C'était à cause d'elle s'il se sentait minable, plus bas que terre… encore une fois ! Elle se tenait là, devant lui, et un sourire mauvais et amusé étira ses lèvres en un horrible rictus.

- « Tu es toujours là Lupin ?! » minauda-t-elle de sa voix horripilante.

Remus eut du mal à déglutir mais surtout à se contrôler. Il n'avait qu'une envie se jeter sur elle pour la mettre en pièce, mais il ne pouvait pas le faire, il n'en avait pas le droit. Maudit soit sa conscience ! Il préféra ne rien dire et fit un pas de côté pour la laisser passer. Elle bloquait en effet la sortie et il n'avait qu'une envie, fuir cette pièce sinon, il se sentait capable de faire un malheur.

- « Tu pensais vraiment réussir à berner tout le monde aussi facilement ? » continua-t-elle sans bouger d'un pouce et en le regardant toujours avec son sourire malveillant aux lèvres « Mais tu sais maintenant que je ferais tout mon possible pour t'empêcher de nuire à d'honnête gens qui ne demande qu'à vivre tranquille, loin de toutes menaces… »

Remus sentait un peu plus la colère bouillir en lui. Elle osait venir lui dire qu'il était une menace alors que depuis le début, et sans qu'il ne lui ait rien fait, cette femme s'acharnait sur lui tel un vautour sur sa proie. Il fallait qu'il parte. Le simple fait de la voir lui était insupportable.

- « Laisse-moi passer ! » parvint-il à grogner entre ses dents.

- « C'est vrai que tu n'as plus rien à faire ici ! » minauda-t-elle d'un air satisfait « Et tu as libéré ton casier ! Parfait je vais pouvoir m'installer dans ce cas »

Cette fois-ci, Remus se sentit chanceler. Il manqua de faire tomber les affaires qu'il tenait serrées contre lui et la regarda avec stupeur, sans comprendre, ce qui la fit éclater de rire.

- « Et oui ! Tu ne savais pas que c'est moi qui reprends ton poste ? » demanda-t-elle d'un petit air supérieur « Le Ministère, sachant quel genre de personne engageait le professeur Dumbledore, a préféré nommer Lui-même le nouveau professeur de Défense Contre Les Forces du Mal ! Et le Ministère à toujours su voir avec discernement ses meilleurs éléments ».

Remus sentait qu'il devait être blême de rage. Cela ne lui suffisait pas de lui arracher violemment le peu de dignité qu'il avait réussit à conserver en obtenant ce poste ?! Il fallait en plus qu'elle enfonce le clou et qu'elle reprenne le poste dans lequel il s'était tant investi, pour lequel il avait tant donné ?! Cette femme était un monstre, un vrai. Il pensait qu'il ne pouvait pas se sentir plus mal qu'en cet instant mais il se trompait car la jeune femme persista.

- « C'est Kathleen qui va être ravie d'apprendre que j'ai obtenu ce poste ! Elle va être tellement fière de moi ! Elle qui est maintenant enfin heureuse avec son fiancé français… »

Remus accusa le coup mais sentit son cœur se briser en mille morceaux. Il l'aimait encore. Malgré tout le mal que Kathleen lui avait fait, il l'aimait toujours. La savoir dans les bras d'un autre le tuait, savoir qu'elle se réjouirait vraiment pour cette sale bonne femme qui se prétendait être son amie l'anéantissait aussi. Il se sentit mal tout d'un coup. Il se sentait à bout de ses résistances. S'il ne partait pas tout de suite, il se sentait capable de faire une chose dont il pourrait grandement regretter les conséquences par la suite. Il s'approcha alors de la porte devant laquelle elle se tenait toujours. Il devait alors l'air vraiment menaçant car il vit Dolorès blêmir et faire un pas de côté. Si elle avait pourtant pris le temps de le connaître avant de le juger et de décider de lui faire du mal, elle aurait su qu'il ne lui aurait jamais rien fait, malgré l'envie qui lui rongeait les entrailles. Il passa devant elle et s'apprêtait à refermer la porte dans un grand claquement quand le cri de surprise que poussa la jeune femme l'interrompit.

- « Oh ! Vous êtes professeur ici vous aussi ?! » s'exclama-t-elle.

Etant donné qu'il n'y avait plus que Rogue dans la pièce, ce n'était pas difficile de deviner à qui s'adressait la jeune femme. Remus fronça les sourcils.

- « C'est pour cela que vous m'avez dit de fouiller du côté de Poudlard ! » continua la jeune femme d'un air ravi en s'approchant de lui.

Remus ne comprenait rien à ce qu'elle venait de dire. Il se pencha un peu plus, juste pour apercevoir le regard soudain gêné de son ancien collègue.

- « Vous ne vouliez plus travailler avec un monstre ! C'est pour ça que vous m'avez donné l'idée d'enquêter sur les professeurs ! Comme vous avez eu une bonne idée !! Sinon, ce monstre aurait continué à sévir dans cette école… »

Remus, fou de rage, réalisa alors ce qui s'était passé. Ce n'était pas par hasard que le Ministère s'était penché sur son cas. Il n'avait pas été victime d'une gigantesque malchance, il avait été dénoncé par Rogue. Toute la haine qu'il avait pu accumuler contre lui au cours de ces dernières années fit de nouveau surface effaçant tous les efforts qu'il avait fait pour tenter d'apprécier le Serpentard. Il venait de lui faire le pire des coups bas. Son regard haineux croisa celui de son ancien collègue. Ce dernier avait perdu son air amusé et avait maintenant l'air gêné et inquiet… Et il avait toutes les raisons de l'être. Mieux valait pour lui qu'il ne croise pas la route de Remus dans les prochains jours. Car aussi calme que pouvait être le jeune homme en temps normal, il était dans un tel état de rage que rien ni personne n'aurait pu l'arrêter s'il décidait de le mettre en pièce.

Ne voulant pas se laisser aller, Remus tourna les talons et sans même prendre la peine de refermer la porte, il se mit à courir dans les couloirs aussi vite qu'il le pouvait. Une fois dans le parc, il accéléra l'allure et se retrouva rapidement dehors. Là, il regarda avec colère ses affaires qu'il tenait toujours contre lui. Ses affaires de professeur dont il n'aurait désormais plus besoin. Il les jeta avec colère sur le sol avant de transplaner pour Pré Au Lard. Il se sentait mal, en colère, bouillonnant de rage. Il se précipita dans la Cabane Hurlante. Pendant près d'une heure, il se défoula contre le moindre meuble de la vieille maison dans laquelle il n'avait pas mis les pieds depuis longtemps. Enragé, il se laissa totalement aller et la demeure encaissa sa rage avec grincements et branlements. Quand enfin, il se sentit un peu mieux, le jeune homme s'arrêta. Il était toujours dévasté, mais au moins ses pensées violentes s'étaient estompées. Il ne risquerait plus de sauter à la gorge de la première personne venue…

C'est entièrement vidé et déprimé que Remus quitta son refuge. Il se rendit à la Tête de Sanglier. Ce n'était pas le pub qui avait la meilleure réputation du village, mais celui qui se trouvait le plus près sur sa route. Il s'y engouffra et se laissa tomber sur une chaise du bar. Il enfouit son visage dans ses mains. Lorsque le barman lui demanda ce qu'il voulait boire, il résista à la tentation de commander un double Whisky Pur Feu et se contenta d'un café bien serré, maudissant sa conscience qui lui hurlait de ne pas se laisser aller et de se reprendre. Il se sentait mal, tellement mal. Il venait de perdre son travail, dénoncé par un de ses collègues. Son poste avait été repris par une femme qui n'avait eu de cesse de lui nuire depuis qu'elle l'avait connu et qui lui avait même avoué une fois qu'elle ne se voyait absolument pas professeur, que ce métier ne l'intéressait pas. Il venait enfin d'apprendre que la seule femme qu'il ait vraiment aimée dans sa vie avait refait sa vie alors que lui ne cessait de l'aimer et n'arrivait même plus à voir les autres femmes. Il voyait mal comment il pouvait aller plus mal !!
Il n'avait plus envie de rien. Il ne voulait pas rentrer chez lui, il n'avait même pas envie de voir ses amis pour le moment. Il aurait aimé pouvoir se réveiller de ce cauchemar…Mais il savait que cela n'était pas possible. Que toutes ces choses étaient malheureusement aussi réelles que le mal être qu'il ressentait, que la déprime qui le gagnait peu à peu.

- « Que fait un homme tel que vous dans un endroit pareil à cette heure de la journée ? » demanda alors une voix suave à côté de lui.

Remus se tourna vers la personne qui venait de lui parler. C'était une jeune femme, elle s'était installée près de lui et le regardait en souriant d'un air avenant. Il n'eut même pas envie de lui rendre son sourire.

- « Vous avez eu une sale journée ? » demanda-t-elle

Remus hocha la tête, c'était le moins que l'on puisse dire.

- « Vous avez envie de vous changer les idées ? »

Le jeune homme la regarda d'un air surpris. Il ne savait pas trop ce dont il avait envie, il ne savait même pas pourquoi il laissait cette personne lui parler. Il ne comprenait pas pourquoi il supportait sa présence, alors qu'il aurait du vouloir se murer dans le silence et la solitude…

La jeune femme posa alors sa main sur sa cuisse d'un geste entreprenant.

- « Je m'appelle Martha… J'ai une chambre ici… Si tu veux oublier tes problèmes l'espace d'un instant, je pourrais te faire un prix… »

Ce n'est qu'à cet instant qu'il réalisa comment la jeune femme était vêtue. Provocante et sensuelle, il n'avait aucun doute sur son identité. Une femme de joie… Il fronça les sourcils. Il n'avait jamais fait ça auparavant… Mais après tout, elle avait raison. Si cela pouvait l'aider à se sentir un peu moins mal, il pouvait peut être tenter le coup. Après tout, il ne la reverrait plus jamais par la suite, il n'aurait jamais à lui dire qu'il était un loup-garou, il n'aurait pas à souffrir de sa réaction… Il n'aurait juste qu'à se laisser aller dans ses bras et oublier l'espace d'un instant que sa vie ne valait plus rien. Il hocha alors la tête et sans dire un mot la suivit dans sa chambre miteuse du vieux pub.