Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en général mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

Note 1 : J'ai terminé de rédiger cette histoire en mai 2007. Il n'y a donc dans cette fiction AUCUNE INFORMATION concernant Harry Potter and the Deathly Hallows. Je n'ai fait qu'émettre des suppositions sur ce qui aurait pu se passer. Si par hasard j'avais deviné quelque chose, c'est que je possède un Troisième Œil très efficace !

Par respect pour les lecteurs qui n'ont pas encore eu la chance de lire le tome 7, je vous demande de ne faire AUCUNE ALLUSION au septième tome dans vos reviews… Ne gâchez pas le plaisir de ceux qui ne savent pas lire l'anglais svp !

Note 2: J'ai pris une grande décision, ou plutôt je me suis fixée un but : terminer la publication de ma fic avant la sortie en français de HP 7 en français ! Attendez vous donc à une publication beaucoup plus régulière et rapprochée ! -

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre cent trente deux : Morts les enfants


« Mort l'enfant qui vivait en moi,
Qui voyait en ce monde-là
Un jardin, une rivière
Et des hommes plutôt frères
Le jardin est une jungle,
Les hommes sont devenus dingues
La rivière charrie les larmes,
Un jour l'enfant prend une arme… »
Renaud

- « Par Merlin ! C'est pas possible ! Par Merlin ! »

- « Peter ! Calme toi ! » aboya Bellatrix tandis qu'elle attrapait le bras du jeune homme.

Peter se sentit alors secouer comme un prunier avant de se sentir tomber puis atterrir sur le sol dur et froid du trottoir devant la maison de Severus Rogue. Le choc de son atterrissage lui remit un peu les idées en place, mais ce fut pire. Il prenait beaucoup plus l'ampleur de ce qu'il venait de faire. Il se sentit immédiatement nausée et eut tout juste la force de se lever et d'ôter sa cagoule de mangemort avant de vomir sur un lampadaire cassé qui se trouvait là. Il n'entendit qu'à peine les cris de dégoût de Bellatrix et de ses autres collègues. Il ne cessait de vomir, en espérant que cela l'aiderait à se vider de toute l'horreur qui l'avait envahi. Il venait de tuer un enfant.
Lorsque son estomac fut désespérément vide et qu'il n'avait plus rien à rejeter, Peter se redressa. Il était en sueur et ses jambes ne le portaient plus. Il s'appuya un moment contre le lampadaire, un goût monstrueux de bile lui envahissait la bouche. Il prit une grande inspiration et lâcha prudemment le lampadaire. Il était seul. Les autres mangemorts n'avaient pas daigné l'attendre, préférant le laisser se débrouiller seul. Il fit quelques pas prudents, histoire de vérifier qu'il tenait sur ses jambes, avant d'augmenter la taille de ses foulées. Quelques minutes après, il se tenait devant la porte d'entrée de la maison dans laquelle il vivait depuis de longs mois maintenant. Il entra dans la maison, traversa l'entrée et se rendit dans le salon. Ils s'y trouvaient tous, installés sur le canapé, silencieux. Bellatrix épongeait avec un morceau de coton la blessure à la tête qu'elle s'était faite en tombant un peu plus tôt dans la soirée. Ils le fixaient d'un air grave, presque agacé. A sa connaissance, ils étaient tous partis avant lui et personne ne l'avait vu… Peter préféra ne pas y repenser tout de suite. Il sentait qu'il était capable d'être malade une nouvelle fois.

- « C'est bon, ta crise de nerf est passée ? » demanda Rodolphus d'un air sévère

- « On peut savoir ce qui t'a pris ? » continua McNair en croisant les bras.

- « Peut être que Peter est un être un peu trop… délicat pour être un mangemort ! Si la vue de simples aurors te mets dans de tels états ! » railla Bellatrix d'un air mauvais.

Rodolphus et McNair se mirent à rire en même temps qu'elle mais Peter ne goûta pas à la plaisanterie. Il serra fort ses poings jusqu'à sentir ses jointures devenir blanche.

- « Je n'ai pas eu peur des aurors ! » hurla-t-il alors suffisamment fort pour couvrir les rires des trois mangemorts qui se turent d'ailleurs aussitôt.

Tous le fixèrent avec surprise. Il était rare qu'il élève la voix et qu'il s'impose en leur présence, mais cette soirée avait mis sans dessus dessous tout son bon sens.

- « J'ai tué un enfant ! Celui que je tenais en otage ! Je l'ai tué ! »

Le silence accueillit sa déclaration. Surpris, les Lestrange et McNair le fixaient avec des yeux ronds.

- « Tu as tué ce garçon ? » demanda Bellatrix en se levant, faisant tomber sur le sol le coton imbibé de son sang.

- « Oui… Mais je ne voulais pas ! Je ne sais pas ce qui s'est passé ! J'ai eu peur que Remus ne m'attrape, j'ai paniqué et le cou est parti tout seul ! Je ne voulais pas le tuer… Je ne voulais pas ! »

Peter sentit les maigres forces qu'il avait recouvrées le quitter. Il se laissa tomber dans le fauteuil le plus proche et enfoui son visage dans ses mains. Il grimaça quand sa main, privé de son doigt entra en contact avec son front. Cette blessure le faisait encore souffrir.

- « Je ne voulais pas… » murmura-t-il encore une fois.

- « Tu te mets dans un tel état parce que tu as tué quelqu'un ?! Ce n'est pas la première fois pourtant ! » lança Bellatrix en se rasseyant.

- « Oui, mais cette fois c'était un enfant ! » lui rétorqua Peter relevant la tête pour la fixer « Un enfant Bellatrix ! »

- « La belle affaire ! »

- « Quel genre de monstre es-tu pour dire de telles choses ?! » hurla Peter en se levant « Je n'aime pas spécialement les enfants, mais tout de même ! Tu pourrais avoir un minimum de décence tout de même ! »

- « Comment oses-tu me parler sur ce ton ?! » hurla Bellatrix en se levant menaçante.

Mais Peter se leva d'un bond et se précipita hors de la pièce. Il venait de s'engager dans l'escalier quand il entendit Rodolphus demander à sa femme de se calmer un peu. Le jeune homme se précipita dans sa chambre où il s'enferma. Il se laissa tomber sur son lit et espéra vivement qu'il allait réussir à trouver le sommeil pour effacer le souvenir de cette soirée d'horreur.

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James sentit Lily frissonner tout contre lui. Assise sur ses genoux, le visage enfoui dans son cou, la jeune femme avait enfin cessé de pleurer. Elle se contentait désormais de le serrer très fort et le jeune homme caressait ses cheveux pour l'apaiser un peu. Lui-même était bouleversé par la scène qui venait de se produire sous leurs yeux. Il tourna un peu la tête et aperçut Remus qui tenait la main de Debae dans la sienne en lui parlant tout bas. Elle aussi avait les yeux voilés de larmes. James savait, pour en avoir parler longuement avec son ami qu'il ne partageait pas les sentiments de Debae à son égard. Mais dans un moment comme celui-ci, il n'avait pas d'autre choix que d'apporter tout le réconfort qu'il pouvait lui apporté. Remus était aussi très pâle et tendu. Ils l'étaient tous.

Une brigade d'aurors était arrivée quelques minutes après le drame qui avait bouleversé tout le monde. Ils avaient fait évacuer la demeure et avaient fait distribuer des couvertures. Tous les convives, la plupart en état de choc, étaient assis dans le jardin, par petit groupe. Des médicomages n'avaient pas tardé à arriver et naviguaient d'un groupe à l'autre vérifiant que tout le monde allait bien. Quand ils étaient passés les voir, James leur avait demandé, poliment mais fermement de les laisser tranquille. Lily eut un nouveau sanglot qui le tira de ses pensées. Il posa un baiser sur sa tempe en caressant doucement son dos.

- « Ca va aller mon cœur » souffla-t-il pour la calmer.

Elle releva un peu la tête et éloigna son visage de son cou. Elle lui adressa un sourire triste et James caressa doucement sa joue.

- « Mr Potter ? »

James et Lily sursautèrent en entendant cette voix arrivée de derrière eux. Le jeune homme se retourna alors vers la personne qui avait parlé. C'était un auror.

- « C'est moi » lui répondit James.

- « Je vais vous demander de me suivre un peu à l'écart s'il vous plait. J'ai quelques questions à vous posez »

James le regarda un moment avant de se tourner vers sa femme.

- « Ca va aller pour toi ? Je peux te laisser un moment ? » lui demanda-t-il.

Lily hocha doucement la tête. James posa alors un baiser sur son front et la jeune femme quitta ses genoux. Il se leva à son tour.

- « Je vais aller parler un peu à Remus » souffla Lily avant de se rendre vers Remus et Debae qui étaient assis non loin avec un autre lycanthrope qui avait lui aussi fait parti de l'équipe des renforts.

James se tourna alors vers l'auror qui était venu le chercher et qui, d'un signe de tête, l'invita à le suivre un peu en retrait.

- « Je vais prendre votre déposition » lui annonça l'auror tandis qu'ils atteignaient le fond du jardin où une petite table et deux chaises étaient installées.

Des petits feux magiques flottaient ça et là, apportant un peu de lumière. Il était très tard dans la nuit, et cette maigre lumière n'était pas du luxe.

- « Ce ne serait pas plus pratique de le faire au Ministère ? » demanda James en prenant place sur une des deux chaises

- « On profite d'avoir tout le monde sur place » lui répondit l'auror d'un air assez peu aimable.

James haussa les épaules.

- « Bon, je commence » lança l'auror en faisant apparaître un morceau de parchemin et une plume. « Votre nom ? »

- « James Potter » répondit le jeune homme

- « Pourquoi étiez-vous ici ? »

- « King ! »

James sursauta et se tourna vers la personne qui venait de parler. Malgré le peu de lumière qui régnait, il reconnut immédiatement Kingsley Shackelbolt. L'auror s'approcha d'eux à grands pas et posa sa main sur le dossier de la chaise de son collègue.

- « King, laisse moi continuer cette déposition… » insista Kingsley

- « Mais c'est moi qui… »

- « Va donc voir à l'intérieur si on n'a pas besoin de toi pour chercher d'autres indices ! » lui intima l'auror en l'incitant à quitter sa place.

James remarqua que le jeune auror était en colère mais ne pouvait pas ternir tête à Kingsley qui devait être un de ses supérieurs hiérarchique. Le jeune auror lui laissa donc la place et s'éloigna en bougonnant. Kingsley prit alors sa place sur la chaise.

- « J'ai pensé que tu aurais préféré que ce soit moi qui prenne ta déposition » souffla-t-il

- « C'est gentil, merci » répondit James en croisant ses mains sur la table.

- « Comment tu te sens ? » demanda l'auror « Comment va Lily ? »

- « Elle est bouleversée… Normal, on l'est tous… » souffla James

- « C'est sur… »

James tourna alors la tête et aperçut un peu plus loin, les époux Diggory, en compagnie de deux médicomages et d'un auror.

- « Comment peut-on survivre à ça … » murmura-t-il en voyant les visages désespérés et ravagés par le chagrin des deux parents.

Il faisait tout depuis le début de la soirée pour ne pas penser dans quel état il serait lui si ce drame lui était arrivé… S'il était arrivé quoique ce soit à l'un de ses enfants. Cette pensée lui était déjà insupportable.

- « Les médicomages n'ont pu que constater le décès du petit garçon » murmura Kingsley « Un Avada Kedavra, personne n'y survit… Les parents sont en état de choc et dès qu'on aura prit leur déposition, ils vont être hospitalisé… »

- « Je me sens mal… » avoua James en détournant enfin son regard de ce couple dévasté « Bellatrix nous voulait Lily et moi… Il aurait suffit que je me livre et cet enfant n'aurait pas été tué… »

- « Arrête ! » le coupa Kingsley « Ne dis pas ce genre de chose ! Ce n'est pas de ta faute si ces malades s'en sont pris à lui ! Cela aurait servit à quoi que tu te livres ?! A part anéantir ta femme et ta famille ! Tes enfants sont en danger aussi, ils ont besoin de leurs deux parents ! Tu n'as aucun reproche à te faire ! »

James soupira. Il n'était pas entièrement convaincu par le discours de l'auror. Certes, il savait qu'il ne devait pas s'exposer de plein gré au danger, car il était responsable de la sécurité de sa famille, mais il ne pouvait s'empêcher d'avoir la mort du petit Diggory sur la conscience…

- « Parlons de ta déposition » lança alors Kingsley, pour changer de sujet « Des témoins ont parlé d'un cerf qui aurait attaqué Bellatrix, c'était toi ? »

- « Exactement… Je me suis dis qu'elle ne s'attendrait pas à voir un animal dans cette pièce et que sa surprise nous ferait gagner du temps. »

- « C'est sans doute ce qui s'est passé… » répondit Kingsley en annotant le morceau de parchemin placé devant lui. « Tu as surpris beaucoup de personne. »

- « Lily la première. Je ne savais même pas ce que j'allais faire quand je suis parti faire diversion »

- « Il faut croire que tu as été bien inspiré sur ce coup là… »

James se contenta de hausser les épaules. Kingsley le fixa d'un air grave.

- « Je suppose que Lily et toi n'étiez pas ici pour vous amuser… » chuchota-t-il en se penchant par-dessus la table

James fit non de la tête et après avoir jeter un coup d'œil autour de lui pour s'assurer que personne ne pouvait l'entendre, il répondit à l'auror.

- « C'était une idée du professeur Dumbledore de nous faire voir loin de chez nous, pour mettre Bellatrix sur une fausse piste »

- « Et bien, ça a réussit » lança Kingsley

- « Un peu trop bien même… » marmonna James

- « Au moins, elle ne rôde plus par chez vous »

James soupira. Le prix a payé pour en arriver là avait été lourd, trop lourd.

- « Je suppose que ça t'ennuie de faire ta déposition » souffla Kingsley.

James hocha la tête en souriant faiblement.

- « Ecoute, tu m'as dit tout ce que je voulais savoir, si j'ai d'autres question, je t'enverrais un hibou. Envoie moi Lily pour la forme et ensuite vous pourrez rentrer chez vous, vous avez bien besoin de vous reposer »

- « Merci Kingsley » souffla James en se levant.

- « De rien. Par contre, soit discret, je n'ai pas le droit de faire ce genre de chose… »

James hocha la tête et se dépêcha de rejoindre Lily. Elle était assise près de Remus et discutait avec lui à voix basse. James posa sa main sur son épaule et elle leva vers lui son regard sec mais rougi.

- « Kingsley veut te voir un moment puis on pourra rentrer » lui annonça-t-il d'une voix douce.

La jeune femme se leva alors sans un mot et passa devant lui pour aller rejoindre l'auror qui l'attendait. James pris sa place près de son ami.

- « Comment tu te sens ? » demanda Remus

- « Mal » avoua James qui savait très bien qu'il ne servait à rien de mentir à son loup garou d'ami.

- « Normal… C'est une horreur ce qu'ils ont fait ! » s'exclama Debae dont la voix tremblait encore « Ce n'était qu'un enfant, il ne leur avait rien fait, il ne savait sans doute même pas que nous sommes en guerre ! »

- « Calme toi Debae.. » souffla le lycanthrope qui était installé à côté d'eux et qui avait fait partit du renfort de l'Ordre du Phoenix.

- « Zac a raison, ça ne sert à rien de te mettre dans un état pareil » souffla Remus en l'incitant discrètement à se rapprocher de ce jeune homme qui avait parlé « Tu as assez pleuré pour cette nuit »

La jeune femme hocha doucement la tête et laissa le dénommé Zac passé un bras sur ses épaules pour l'enlacer. Il avait l'air ravi, Remus aussi et James soupçonna son ami de jouer un peu les entremetteurs. Cela le fit presque sourire.

- « Tu as eu le temps de prévenir Sirius ? » demanda alors James à son ami

- « Non. Quand Dumbledore a reçu le patronus de Lily, il savait qu'il n'y aurait personne au Quartier Général. Il est donc aussitôt venu à la demeure et il nous y a trouvé, Debae, Zac et moi… Il avait déjà prévenu Kingsley, on est arrivé aussitôt. Je n'ai pas pris le temps de le prévenir »

- « Ce n'est pas plus mal. Il aurait voulu venir nous prêter main forte et ce n'aurait pas été une bonne idée. Il faut éviter les émotions fortes à Océane dans son état… » souffla James en tournant sa tête dans la direction où sa femme se trouvait, toujours assise en face de l'auror.

- « C'est vrai… » murmura Remus « Tu iras chercher les petits ce soir ou demain ? »

- « Ca dépendra de Lily je pense… Si le fait d'avoir les enfants autour d'elle la rassure ou lui remonte le moral on ira les chercher »

Remus hocha la tête et James vit sa femme se lever et adresser un faible sourire à Kingsley avant de venir le rejoindre.

- « C'est bon, on peut partir » souffla-t-elle en arrivant à sa hauteur.

- « Ok… Vous restez ? » demanda James en se tournant vers Remus

- « Kingsley n'est toujours pas venu nous voir, nous n'avons pas le droit de partir pour le moment » l'informa Remus calmement. « Je passerais vous voir demain dans la journée »

- « D'accord » répondit Lily en glissant sa main dans celle de James.

Le jeune homme serra légèrement sa poigne en signe de réconfort et l'attira un peu à l'écart. Lily se rapprocha de lui.

- « Tu veux bien me faire transplaner avec toi s'il te plait ? » demanda-t-elle en se blottissant contre son torse.

- « Tout ce que tu veux mon cœur » souffla le jeune homme juste avant de lui enlacer la taille et de transplaner avec elle, loin de cette demeure et des évènements malheureux qui s'y étaient passés.

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- « Bonjour, j'ai rendez vous avec le professeur Dumbledore » lança avec un sourire aimable Océane au concierge de Poudlard qui la regardait d'un air méfiant.

Sa chatte, Miss Teigne, dans les bras, il observa la jeune femme de bas en haut avant de s'effacer pour la laisser entrer. Océane n'apprécia absolument pas son attitude, mais elle ne voulait pas perdre de temps et se retint donc de faire un scandale. Elle suivit le concierge jusque dans son bureau, mais resta prêt de la porte. Rusard se dirigea vers son bureau sur lequel se trouvait un grand cahier poussiéreux qu'il ouvrit.

- « Vous étiez étudiante ici… » grogna-t-il en tournant les pages.

- « Oui » se contenta de répondre la jeune femme.

En sept ans d'études à Poudlard, elle n'avait jamais fait quoique se soit qui mérita qu'elle soit fichée dans les archives de Rusard. Elle n'avait que très rarement transgressé les règles et à chaque fois, elle avait eu la peur au ventre et s'était juré de ne jamais recommencer. En tout cas, elle n'avait jamais été punie par le concierge. Mais elle se mit à sourire en pensant que Sirius avait commis suffisamment de bêtises pour eux deux…

- « Vous êtes Océane Black ? » demanda-t-il en relevant la tête de son registre

- « Oui » soupira la jeune femme.

Elle commençait à en avoir assez d'être debout. Ses presque sept mois de grossesse commençaient à lui peser et elle aurait beaucoup aimé pouvoir s'asseoir et étendre ses jambes. Pour se faire, il fallait donc que Rusard active le mouvement.

- « Je peux y aller ? » demanda-t-elle d'une voix qu'elle espérait polie tandis qu'elle appuyait une de ses mains sur ses reins pour soulager un peu le poids de son ventre.

- « Je vais vous accompagner… » siffla Rusard en refermant le cahier.

- « Je sais où se trouve son bureau » rétorqua la jeune femme qui n'était pas très tentée à l'idée de déambuler dans les couloirs avec lui.

- « Il ne vous attend pas dans son bureau » lança le concierge en passant devant elle en lui faisant signe de le suivre.

De bonnes grâces, Océane accepta. De toutes façons, elle n'avait pas vraiment le choix. Elle le suivit dans les couloirs sombres, croisant au détour des intersections quelques élèves pressant le pas, sans doute par peur d'arriver en retard à leur cours. Ils marchèrent un assez long moment et passèrent pas des endroit qu'Océane était certaine de n'avoir jamais vu. Elle commençait à en avoir sérieusement assez de marcher et envisageait de s'asseoir à même le sol du couloir et tant pis si le professeur Dumbledore devait venir la rejoindre ici. Mais fort heureusement, Rusard s'arrêta devant une petite porte à l'allure miteuse.

- « C'est ici ! » lança le concierge de sa voix grinçante.

- « Vous êtes sur ? » s'étonna la jeune femme.

- « Certain ! » lui assura Rusard en ouvrant la porte.

Océane le regarda alors s'éloigner en silence avant de pénétrer dans la pièce. Elle fut surprise de ce qu'elle vit. Elle qui s'était attendue à une petite pièce sordide et glaciale, se retrouvait dans une pièce chaleureuse et colorée. De grands fauteuils à l'allure moelleuse et confortable étaient installés çà et là. Sur une table basse, une assiette de petits gâteaux et un grand pichet de jus de citrouille était posé. Surprise, la jeune femme marqua un temps d'arrêt et observa la pièce en souriant. Le professeur Dumbledore était tranquillement installé et la regardait d'un air amusé.

- « Je me suis dit que cette pièce serait bien plus confortable pour recevoir une jeune femme enceinte » annonça-t-il en lui faisant signe de s'installer en face de lui.

Trop ravie de pouvoir s'asseoir enfin, la jeune femme obéit aussitôt.

- « Vous avez eu une excellente idée ! » lui répondit-elle alors qu'elle pouvait enfin étendre ses jambes « Je commençais à en avoir assez de marcher ! »

Le professeur Dumbledore la regarda avec un sourire bienveillant.

- « Comment vas-tu ? » lui demanda-t-il en lui tendant l'assiette de petits gâteaux.

- « Je dois vous avouer que je ne sais pas trop… » murmura la jeune femme en se servant.

- « C'est le bébé ? » s'inquiéta le vieux sorcier.

- « Non, Maelys va très bien. Ma grossesse ne me fatigue pas plus qu'il ne le faut » souffla Océane en posant sa main sur son ventre « En revanche, j'ai appris ce matin pour le petit Cedric Diggory… La nouvelle m'a fait un choc »

- « Oh oui. Je l'ai su hier soir. Quelle horrible tragédie ! » lança le professeur

- « C'est Lily qui nous l'a annoncé à Sirius et moi ce matin en venant chercher les enfants… Elle n'était pas en forme elle non plus »

- « Rien de plus naturel » murmura le professeur.

- « Vous allez aller à l'enterrement ? La cérémonie à lieu demain matin… »

- « J'irais sans doute » murmura le professeur en servant un grand verre de jus de citrouille qu'il lui tendit.

- « Moi je vais y aller… Sirius n'est pas tellement d'accord, il pense que ça va me fatiguer, mais je ne peux pas ne pas y aller. J'ai été proche d'Amos à un moment donné et c'est important pour moi d'y aller. »

- « Je suis sûr que Sirius pourra comprendre »

La jeune femme hocha la tête en souriant faiblement.

- « Maintenant, parlons d'un sujet un peu moins triste » souffla le professeur Dumbledore en se redressant un peu dans le fauteuil. « Pourquoi as-tu demandé à me voir ? »

Océane bu une gorgée de jus de citrouille avant de lui répondre.

- « Ce ne sont pas forcément de bonnes nouvelles » lui lança-t-elle « J'ai étudié tous les livres que j'ai pu trouvé sur les Quatre Fondateurs, mais malheureusement, je n'ai rien trouvé qui puisse nous intéresser. Même les livres de la Réserve ne m'ont rien appris de nouveau… Je crois que nous n'aurons plus d'informations de ce côté là. Mais peut-être connaissez-vous des ouvrages que je n'ai pas encore consultés ? »

- « Je ne penses pas… Tu as déjà lu une telle quantité de livre que je vois mal quoi te conseiller comme lecture maintenant » répondit le professeur

- « C'est ce que je m'étais dit » souffla la jeune femme « C'est pour cela que je m'étais dit que nous pourrions peut être prendre une autre piste »

- « Bien sur, pourquoi pas… Quelle est ton idée ? » demanda Dumbledore.

- « J'ai pensé que, plutôt que de chercher quels pourraient être les Horcruxes puis chercher où ils sont, nous pourrions faire l'inverse »

- « C'est-à-dire ? »

- « Je me suis dit qu'en cherchant dans les endroits qui ont comptés pour Jedusor, nous trouverions peut être un nouvel Horcrux »

- « C'est un raisonnement qui se tient » murmura Dumbledore.

Le vieux professeur sembla alors en pleine réflexion et Océane ne voulu pas le déranger. Elle se servit une nouvelle fois des délicieux petits gâteaux. Placés ainsi devant elle, ils avaient activé sa gourmandise.

- « Tu as une idée plus précise de la manière dont on pourrait procéder ? » demanda le professeur au bout d'un moment.

- « Et bien, je pensais qu'on pourrait peut être retourner à cet orphelinat où il a vécu enfant par exemple. Où bien, aux endroits où il est parti en vacances et qu'il aurait aimé… » répondit la jeune femme

- « Pourquoi pas » souffla Dumbledore « Je vais voir qui je pourrais mettre sur cette mission… »

- « Professeur ! » s'exclama Océane surprise « Pourquoi pas moi ? »

Elle vit alors le vieux sorcier la fixer un moment avec bienveillance avant de sourire.

- « Faut-il vraiment que je t'explique pourquoi je ne te confierais pas cette mission ? Océane, tu es tout à fait compétente pour mener à bien cette mission, j'en suis plus que convaincu, mais… »

- « Mais à partir de maintenant ma seule mission sera de mettre au monde ma fille c'est bien ça ? » lança-t-elle un peu vexée.

- « Exactement » répondit le professeur qui avait l'air assez amusé « Et c'est déjà beaucoup n'est-ce pas ? »

- « Bien sur, mais je n'aime pas être inactive ! Surtout en ce moment où les choses se déroulent à une vitesse folle »

- « La seule chose qui doit t'importer pour le moment est d'avoir un bébé en pleine santé. La vie doit triompher de cette guerre, rien n'est plus important »

Océane hocha la tête et posa sa main sur son ventre. Elle espérait plus que tout que ses filles ne grandiraient pas trop longtemps dans ce monde en guerre où ne régnaient que la mort et la violence.

- « Il y avait autre chose dont tu voulais me parler ? » demanda alors le professeur

- « Non » souffla la jeune femme « En revanche, lorsque vous aurez choisi la personne à qui vous confierez cette mission… »

- « … Je te tiendrais au courant. Comptes sur moi ! » termina pour elle le vieux sorcier en se levant. « Je ne vais pas te retenir plus longtemps, tu as sans doute envie de rentrer chez toi »

Océane lui sourit doucement et accepta la main qu'il lui tendait pour l'aider à se relever.

- « Merci » souffla-t-elle.

- « Souhaites-tu utiliser la cheminée pour rentrer plutôt que de te rendre hors de l'école pour transplaner ? » proposa alors le professeur Dumbledore en désignant l'âtre que la jeune n'avait pas remarqué avant.

- « Je peux vraiment ? » demanda la jeune femme, ravie d'avoir trouver un moyen d'éviter de trop se fatiguer.

- « Bien sur, il suffit juste que je lève la sécurité un court instant. »

- « C'est une merveilleuse idée ! » souffla Océane en s'approchant déjà de l'âtre.

Elle vit le professeur tirée sa baguette de sa poche. Elle fut un peu choquée de voir son bras calciné et noirci, presque mort. Elle voulut savoir s'il allait bien, mais le professeur qui avait surpris son regard lui avait intimé de se taire d'un simple coup d'œil. Pourtant, la jeune femme aurait bien aimé être rassurée sur l'état de ce bras morbide qui lui avait fait peur. Le professeur se dépêcha de jeter un sort à la cheminée puis se tourna vers elle.

- « Voilà, tu peux rentrer chez toi » lui lança-t-il en souriant

- « Merci » souffla Océane poliment

- « Rentres bien chez toi et à bientôt »

- « Au revoir… »

La jeune femme prit dans sa main une grosse poignée de Poudre de Cheminette et après avoir distinctement récité son adresse, elle se sentit tourbillonner. Elle préféra fermer les yeux car déjà elle sentait qu'elle allait être malade. Lorsque le mouvement cessa, elle fit un pas en avant et quitta sa cheminée. Les yeux toujours fermés, elle se sentait un peu nauséeuse. Elle ne bougea pas, attendant que tout cela passe.

- « Océane ? » souffla alors la voix de Sirius.

Quelques secondes plus tard, la jeune femme sentit la main de son mari se poser sur son bras.

- « Ca va ? Qu'est-ce que tu fais là ? »

- « Je fais bien, je suis rentrée par cheminée mais ça m'a donné mal au cœur ! » répondit la jeune femme en ouvrant enfin les yeux.

- « Tu devrais t'asseoir dans ce cas » décréta le jeune homme en l'attirant vers leur canapé

Océane se laissa faire et en profita d'ailleurs pour se blottir un peu plus contre lui tandis qu'ils s'installaient confortablement tous les deux.

- « Où est Lalyh ? » demanda alors la jeune femme en réalisant que la maison était bien calme.

- « En face… Elle s'ennuyait un peu toute seule… »

La jeune femme hocha la tête. C'est alors qu'elle sentit qu'elle était mal installée, assise sur quelque chose d'inconfortable. Elle retira alors ce sur quoi elle était assise et réalisa ce dont il s'agissait. C'était un magasine qu'elle fixa avec de grands yeux ronds.

- « Chérie, je peux tout t'expliquer… » souffla Sirius en le lui ôtant des mains.

- « Depuis quand tu lis la Gazette du Sorcier ? » demanda la jeune femme en s'éloignant un peu de lui et en le fixant d'un air grave.

- « Depuis quelques temps… » murmura le jeune homme en le lançant un peu plus loin.

- « J'y crois pas ! » lança-t-elle « Tu m'as demandé de ne plus lire cette feuille de chou et maintenant c'est toi qui le ramène à la maison ?! »

- « Océane, laisse moi t'expliquer… Je sais que j'aurais du te le dire avant, mais je ne voulais pas t'inquiéter et que tu refasses une crise… C'est vrai, je lis ce journal, et uniquement la rubrique de Skeeter. Parce que j'ai envie de savoir si cette mythomane continuait à raconter des salades »

- « Et ? »

- « Tu savais que je l'avais presque demandé en mariage lors d'une soirée romantique à Venise ? » demanda-t-il en haussant un sourcil.

- « Elle a écrit ça ?! » s'exclama Océane

- « Oui » souffla Sirius

- « Elle ne va vraiment pas bien ! » souffla la jeune femme.

Elle sentit alors une bouffée de colère monter en elle. Ainsi cette garce continuait à s'approprier son mari et à mentir sur lui. Elle trouvait que tout cela allait trop loin.

- « Je vais la tuer cette pimbêche ! » grogna-t-elle en serrant les poings.

- « Océane… » souffla Sirius en posant sa main sur son bras « Ne dis pas des choses comme ça. N'y pensons plus simplement, et passons à autre chose ! »

- « Non ! Je suis désolée Sirius ! Je ne veux pas passer à autre chose avant d'avoir su comment elle a réussit à savoir toutes ses choses sur nous ! »

- « Chérie… »

- « Tu as dit qu'elle nous avait sans doute espionné à Jasire ! Tu as fouillé ton bureau ? » demanda-t-elle

- « De fond en comble et je n'ai rien trouvé… Je ne comprends pas comment c'est possible. J'ai vérifié que tous les sorts de protections étaient encore en place et Lucrécia ne l'a jamais revu mettre le pied là bas. »

- « C'est inquiétant non ? »

- « Un peu… James, Remus et moi on a décidé de refaire des protocoles de sorts de protections » l'informa Sirius

- « Mais ça n'explique pas comment elle a pu savoir tant de choses aussi intimes sur nous ! Je n'arriverais pas à oublier cette affaire si je ne suis pas certaine qu'elle ne continuera pas à nous espionner. Je ne veux pas être mal à l'aise et sur mes gardes dès que je serais là bas… »

- « Je comprends ma belle… Mais je t'en prie, ne te rends pas malade pour ça… Pense à toi, pense au bébé, le reste on s'en fiche ! »

Océane lui adressa un faible sourire pour le rassurer. Il se pencha vers elle et l'embrassa. La jeune femme décida alors de lui obéir pour le moment et de ne plus penser à toute cette affaire.

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- « Allons-y ou nous serons en retard » souffla Arthur en s'approchant de sa porte d'entrée.

Lily hocha la tête, se leva de la chaise sur laquelle elle était assise et s'approcha du couffin de son fils pour vérifier qu'il dormait.

- « J'espère qu'il ne t'embêtera pas trop » souffla-t-elle en relevant la tête vers Molly.

- « Ne dis donc pas de bêtise Lily » lui répondit-elle.

Lily lui fit un maigre sourire et alla glisser sa main dans celle de son mari qui l'attendait à la porte alors que Arthur, Sirius et Océane étaient déjà à l'extérieur. La jeune femme jeta un dernier regard à ses deux plus grands enfants qui jouaient avec Lalyh et les petits Weasley. Elle sentit que son mari l'entraînait doucement à l'extérieur. Molly les accompagna jusqu'à la porte puis les regarda s'éloigner. Le petit groupe marcha en silence jusqu'à ce qu'ils aient quitté le périmètre de sécurité qui entourait le Terrier. Après avoir vérifié que personne ne se trouvait dans les environs, ils transplanèrent.

Ils se retrouvèrent aussitôt devant les murs blanc et haut d'un cimetière sorcier. Lily soupira et serra un peu plus la main de son mari dans la sienne. James la lâcha alors pour venir l'enlacer et la serrer un peu plus contre lui. Elle fut contente de ce geste. Elle avait terriblement besoin de réconfort. Toujours en silence, ils se dirigèrent vers l'entrée du cimetière. Au bout de l'allée, joliment décorée d'arbres aux feuilles vert tendre se trouvait une salle aux murs blanchis à la chaux. C'était là qu'avaient lieu les cérémonies qui précédaient les enterrements. Lily avait déjà eu malheureusement l'occasion d'assister à ce genre de cérémonies. Sa première fois, pour le décès des parents de James, l'avait profondément marquée. Cette fois ci s'annonçait aussi terriblement éprouvante. Devant la salle, une petite foule attendait déjà. Toutes les personnes présentes avaient la mine sombre, les traits tirés et parlaient à voix basse par petit groupe. Lily, James et les autres s'arrêtèrent un peu en retrait.

Océane jeta un rapide coup d'œil aux personnes présentes avant de soupirer violemment. Sirius qui ne la quittait pas d'une semelle prit sa main dans la sienne et la couvant du regard. Ils ne dirent rien, qu'y avait-il à dire ? Ils avaient tous été profondément choqués par le décès du petit Cedric. Etant tous parents eux même, ils savaient qu'il n'existait rien de pire au monde que ce qui arrivait aux Diggory.

Le crissement des graviers de l'allée leur fit tourner la tête. Le professeur Dumbledore s'avançait doucement vers eux.

- « Bonjour » lança-t-il poliment

- « Bonjour » répondirent-ils en cœur sans grand enthousiasme.

- « Amos et Pedge sont-ils déjà arrivés ? » demanda le professeur

- « Je pense qu'ils sont à l'intérieur avec le mage qui va présider la cérémonie » répondit Arthur

Dumbledore hocha la tête. Il se tut alors et attendit patiemment comme tous les autres que la cérémonie commence. Ils n'eurent à attendre que quelques minutes avant que la porte de la salle ne s'ouvre et qu'un mage vêtu entièrement en noir ne leur demande d'entrer. Toujours enlacée par son mari, Lily pénétra donc dans la salle, juste derrière Sirius et Océane. Ils s'installèrent dans le fond de la salle, laissant les premiers rangs aux proches du petit garçon. Une vieille femme, sans doute la grand-mère du petit pleurait tellement qu'elle avait besoin de l'aide de deux hommes pour se déplacer. En face de toutes ses chaises qui s'alignaient bien droites se trouvait une estrade sur laquelle un petit cercueil blanc était posé. Lily sentit un sanglot soulever sa poitrine. De sa vie, elle ne se souvenait pas avoir assisté à une scène aussi triste que celle qui se déroulait devant ses yeux.
Très dignes, Amos et Pedge se tenaient debout près du mage. Ils se tenaient par la main, les yeux rougis mais secs. Lily admira le courage dont ils faisaient preuve en ce moment même.

La cérémonie commença alors, solennelle et triste. Mais Lily n'écoutait pas vraiment ce que pouvait dire le mage. Des pensées noires se bousculaient dans sa tête. Elle ne pouvait s'empêcher d'imaginer des scénarios catastrophes dans lesquels Harry avait été retrouvé par le Seigneurs des Ténèbres. Elle ne pouvait s'empêcher ses pesées morbides de ses enfants blessés, mutilés, ou pire encore d'envahir son esprit. Plusieurs fois, elle secoua la tête pour les chasser mais rien n'y faisait. Elle ne parvenait pas à penser à autre chose. A côté d'elle, James, grave et tendu, lui caressait la main de la sienne, mais cela ne suffisait pas à l'apaiser.

La cérémonie dura assez longtemps. Plusieurs personnes, des parents de la famille, voulurent rendre un dernier hommage à cet enfant qui avait toujours respiré la joie de vivre et qui rayonnait par son naturel et sa bonne humeur. Il y eut des chants, et Pedge lu un poème avant que le mage ne jette un sort au petit cercueil qui s'envola dans les airs, traversa la pièce et se retrouva dehors. En procession, toutes les personnes présentes quittèrent la salle, derrière les parents et le mage à travers les allées du cimetière. Ils se rendirent tous dans une allée particulièrement fleurie, jusqu'au caveau de famille des Diggory. Là, la petite foule s'espaça formant une sorte de demi cercle devant le trou béant qui s'ouvrait dans le sol. Le mage qui procédait à la cérémonie effectua alors une série de gestes avec sa baguette. Le petit cercueil blanc qui s'élevait toujours doucement au dessus du sol se plaça au dessus de l'emplacement destiné à le recevoir et s'y installa doucement. Le silence qui régnait fut coupé par un sanglot de Pedge au moment où le cercueil toucha le sol, et instinctivement, Lily serra un peu plus fort la main de son mari.

Le mage procéda encore à de nombreuses formules avant q'un éclair de lumière blanche et éblouissante ne s'engouffre dans le trou. Lorsque Lily rouvrit les yeux qu'elle avait fermés durant cette opération, elle constata que le trou avait fait place à une magnifique tombe en marbre blanc. Voilà, tout était fini…

Lily se tourna vers Océane. Elle avait les traits tirés et fixait la petite tombe avec insistance. Sirius, qui n'était jamais loin d'elle, avait gardé tout au long de la cérémonie sa main sur son ventre rond.

- « On ne devrait pas rester trop longtemps loin de la maison » souffla soudain James à son oreille.

La jeune femme se tourna vers lui et hocha la tête. De toute façon, elle n'avait pas très envie de s'éterniser dans cet endroit, où elle sentait que la déprime la guettait. Ils prirent place alors dans la foule des personnes qui s'apprêtaient à présenter leurs condoléances aux parents éplorés. Lily redoutait un peu ce moment.
Depuis la sordide soirée de l'attaque, la jeune femme redoutait ce moment. Elle ne pouvait s'empêcher de culpabiliser. Après tout, Bellatrix et les autres mangemorts n'avaient prévu que de les tuer eux… C'était parce qu'ils s'étaient cachés et qu'ils leur avaient échappé que ce petit garçon avait trouvé la mort. Cette pensée la rongeait depuis ce soir là.

Discrètement elle tira sur la main de James qui se pencha un peu pour pouvoir entendre ce qu'elle voulait lui dire. Elle chuchota alors à son oreille.

- « Tu réalises que cet enfant est mort parce qu'on a voulu sauver le notre ? » demanda-t-elle d'une voix douloureuse.

Elle sentit alors son mari se raidir et se relever brusquement. Il détourna le regard, l'air accablé. Lily comprit alors à quel point son mari s'en voulait lui aussi. Mais c'était ce qu'elle ressentait. Ils avaient tout fait pour sauver leur fils, quoi de plus normal ? Mais le prix à payer était si lourd qu'elle se demandait si ce sentiment de culpabilité qui l'avait envahi cesserait un jour. Toutes à ses pensées, elle ne se rendit pas compte à quel point la foule s'était approchée des époux Diggory. Bientôt, se furent à leur tour de se trouver devant eux.
Lily hocha la tête dans leur direction et prit les mains de Pedge dans les siennes.

- « Courage… » murmura-t-elle simplement.

Elle ne savait pas bien quoi faire, ni dire. De toutes façons, aucun mot de réconfort ne saurait consoler ces deux parents dévastés.

- « Merci » souffla Pedge « Si vous saviez à quel point je vous suis reconnaissante de ce que vous avez fait ce soir là »

Lily tressaillit. Elle ne comprenait rien. Elle s'en voulait et se considérait comme en partie responsable de cette tragédie et Pedge lui était reconnaissante ?!

- « Vous avez tout fait, James et vous, pour le cacher, pour le mettre à l'abri… Moi aussi… Si ce mangemort n'était pas venu vers nous, jamais il ne nous aurait trouvé… » sa voix se brisa dans un sanglot « Merci d'avoir essayé de le protéger… »

- « Oh Pedge ! » souffla Lily en la prenant dans ses bras « Je suis tellement désolée pour vous ! »

- « Je sais » murmura la maman dévastée.

Les deux femmes se séparèrent alors, elles avaient les larmes aux yeux. James adressa un mot gentil aux Diggory puis tous les deux s'éloignèrent un peu. Ils attendirent Océane et Sirius qui à leur tour s'approchaient des parents. Océane parla un moment avec Amos avant de le serrer dans ses bras. Tous les deux étaient sortis ensemble à Poudlard. Pas très longtemps, mais suffisamment pour que la jeune femme ressente le besoin d'apporter son soutien à son ex petit ami. Sirius serra la main des deux époux avant de poser sa main dans le dos de sa femme avant de rejoindre leurs amis.

- « Qu'est-ce que c'est dur » murmura Océane en s'approchant de Lily qui hocha la tête.

Ils attendirent encore Arthur puis le professeur Dumbledore. Tous rejoignirent en silence la sortie du cimetière.

- « Quittons ce cimetière rapidement » souffla James « Cet endroit me déprime »

Lily hocha la tête et tous ensemble ils transplanèrent pour le Terrier. Lily sentait qu'elle avait besoin de tendresse, elle avait même désespérément besoin d'avoir tous ces enfants avec elle. Elle avait très envie de les serrer contre elle, de se rassurer comme elle le pouvait. Tout ceci était tellement éprouvant… Elle avait besoin d'être réconfortée. Une fois arrivée devant la maison biscornue, sur le pas de laquelle Molly les attendait déjà, Lily sentit son mari l'attirait un peu en arrière.

- « Ca va aller ? » lui demanda-t-il doucement.

- « Je pense que oui » lui répondit-elle.

- « Tu en es bien sur ? » insista-t-il

- « Et toi, comment tu vas ? »

James esquissa un faible sourire.

- « Ca va être dur d'oublier ça… » souffla-t-il

- « En effet… »

- « On a fait ce qu'on a pensé être juste sur le moment, on ne pouvait pas prévoir… »

- « Je sais » souffla Lily en se rapprochant de lui.

- « C'est de leur faute à eux ! Aux mangemorts ! » insista James en la serrant contre lui.

Lily savait qu'il essayait autant de se convaincre lui que de la convaincre elle, mais elle lui en était reconnaissante d'essayer.

- « Rentrons rejoindre les autres » souffla Lily au bout d'un moment.

James hocha la tête et, lui prenant la main, il l'entraîna vers la maison.