Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en général mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

Note 1 : J'ai terminé de rédiger cette histoire en mai 2007. Il n'y a donc dans cette fiction AUCUNE INFORMATION concernant Harry Potter and the Deathly Hallows. Je n'ai fait qu'émettre des suppositions sur ce qui aurait pu se passer. Si par hasard j'avais deviné quelque chose, c'est que je possède un Troisième Œil très efficace !

Par respect pour les lecteurs qui n'ont pas encore eu la chance de lire le tome 7, je vous demande de ne faire AUCUNE ALLUSION au septième tome dans vos reviews… Ne gâchez pas le plaisir de ceux qui ne savent pas lire l'anglais svp !

Note 2: J'ai pris une grande décision, ou plutôt je me suis fixée un but : terminer la publication de ma fic avant la sortie en français de HP 7 en français ! Attendez vous donc à une publication beaucoup plus régulière et rapprochée ! -

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre cent trente trois : Frère


« Frère
Frère de sang, frère de nation
Frère de rien, frère de putain
Juste des frères
Frère
Mais dis-moi que je ne suis plus seul »
Damien Saez

Il était encore tôt ce matin là quand Severus Rogue quitta ses appartements privés de Poudlard. Bien qu'il possédat une maison, il avait prit l'habitude de passer le plus de temps possible loin de chez lui. L'ambiance qui régnait chez lui ne lui plaisait pas tellement depuis que Bellatrix avait pris de l'assurance. Elle avait tendance à vouloir tout régir. Soutenue par son mari, elle rendait souvent l'atmosphère tendue dans la maison et Rogue n'avait pas spécialement envie de confrontations dès qu'il mettait un pied chez lui.

Le Maître des Potions prit le chemin de la salle des professeurs. Il lui fallait une bonne tasse de café bien fort pour se réveiller entièrement. Il s'y retrouva rapidement et y entra en prenant grand soin de bien refermé la porte. A cette heure matinale, il avait espéré se retrouver seul dans la pièce et pouvoir tranquillement commencer sa journée dans le calme avant de se retrouver face à de stupides enfants incapable de préparer la moindre potion sans faire brûler le fond des chaudrons. Mais ses espoirs furent rapidement déçus. Assise à la table qui faisait l'angle, Sybille Trelawnay était endormie, la tête posée sur ses bras repliés sur le dessus de la table. Ses lunettes étaient de travers, ses cheveux dans un désordre inimaginable et ses innombrables voiles qu'elle portait en toute occasion étaient dispersés ça et là. Certains jonchaient le sol, d'autre lui recouvraient une partie du visage. Une folle, voilà le premier mot que Rogue mit sur cette vision. Il grimaça un peu. Il n'appréciait que très moyennement sa collègue. Il la trouvait bruyante et dispersée. Elle prenait un malin plaisir à se faire passer pour une personne mystique, voyante et clairvoyante. Mais en ce qui le concernait, il avait de très gros doutes quand à ses réelles capacités à prévoir l'avenir. Bien sur, elle avait elle celle qui avait énoncé la prophétie qui omnubilait tant le Seigneur des Ténèbres et qui contraignait l'Ordre du Phoenix tout entier à protéger un petit morveux de trois ans et demi tout juste bon à rester dans les jupes de sa mère. Par moment, il se disait qu'il aurait réellement mieux fait de ne pas écouter aux portes cette nuit où il avait tout découvert.

Mais pour le moment, la question ne se posait pas. Trelawney venait de lui gâcher son premier moment agréable de la journée par sa présence. Elle qui descendait si rarement de sa tour… Pourquoi avait-elle choisit ce jour là particulièrement pour venir finir sa nuit sur la table de la salle des professeurs ?! Rogue soupira mais finalement, voyant que la jeune femme ne semblait pas décidée à se réveiller, il se dirigea vers le fond de la salle où se trouvait tout ce qu'il fallait pour prendre un café bien fort. Les elfes avaient comme toujours bien fait leur travail. La cafetière était pleine d'un café fumant et odorant. Il s'en servit une bonne tasse et en prenant soin de ne rien renversé, il regagna les quelques fauteuils qui se trouvaient un peu plus loin. Il s'y installa, faisant grincer un des ressorts. Trelawney poussa un grognement et tourna sa tête, mais ne se réveilla pas, au grand soulagement de Severus. Prenant ses aises, il ôta ses chaussures et posa ses pieds sur la table basse. Il grimaça un peu en voyant que celle de gauche avait un trop et que son plus gros orteil en sortait. Il soupira. Il détestait aller s'acheter des vêtements… Tant que le trou ne serait pas plus gros que cela, il se contenterait de ces chaussettes là.
Il venait de terminer son café et s'apprêtait à se lever pour s'en servir une nouvelle tasse quand la masse de cheveux et de voiles qui dormait toujours sur la table s'éveilla. Rogue se figea et regretta qu'on ne puisse pas transplaner à l'intérieur de Poudlard. Il aurait pourtant volontiers quitté cette pièce pour se rendre dans ses cachots plutôt que de devoir supporter les babillages mystiques et le plus souvent mensongers de cette folle furieuse. La jeune femme en question se leva de la chaise et s'étira un moment avant de se retourner. Elle devait s'attendre à être seule car elle sursauta violemment en le voyant en face d'elle. Elle laissa échapper un léger cri avant de resserrer contre sa poitrine le châle rouge vif qui s'y trouvait.

- « Severus ! » lança-t-elle, visiblement assez mal à l'aise à cause de la situation « Je ne savais pas que tu étais là… »

Le jeune homme se contenta de hocher la tête et puisqu'il était debout en profita pour aller se resservir du café. Trelawney poussa alors un petit rire strident.

- « C'est stupide, vraiment ! Je ne voulais pas dormir… Je… Je ne me suis pas rendue compte que je m'endormais… »

Severus soupira. Lui qui voulait du calme était maintenant abreuvé du flot ininterrompu de paroles de sa collègue. Il n'écoutait même pas ce qu'elle disait. Il se contenta de retourner s'asseoir en essayant de faire abstraction de la présence de la jeune femme. Mais ce fut peine perdue car elle vint s'installer pile en face de lui. Elle jeta un regard plutôt dédaigneux sur ses chaussures qui jonchaient encore le sol et c'est en marmonnant dans sa barbe qu'il n'avait pas que le jeune homme se rechaussa. Puis, en essayant d'avoir l'air le plus mauvais possible afin qu'elle ne lui adresse pas la parole, il but une longue gorgée de son café.

- « Tu as l'air grave Severus… » souffla alors la jeune professeur de Divination.

Severus soupira.

- « Tu as bien raison de rester sur tes gardes » murmura-t-elle en donnant à sa voix un timbre voilé, comme à chaque fois qu'elle s'apprêtait à parler d'avenir « J'ai vu de grands malheurs s'abattrent sur nous… »

« Ben voyons… » pensa Rogue. Depuis qu'il enseignait à Poudlard, il ne se passait pas un jour sans que la jeune femme ne prédise des catastrophes, il commençait à y être habitué.

- « Les astres n'ont jamais eu une position plus défavorable que maintenant » continua la jeune femme en commençant à faire « La menace gronde, elle est à notre porte… Nous sommes dans une période sombre »

La guerre sévissait depuis des années maintenant, fallait-il vraiment posséder le don de Double Vue pour s'apercevoir que c'était une période sombre. Rogue, agacé, reposa sa tasse sans douceur sur la table.

- « Sans compter qu'il existe aussi une menace à l'intérieur du château… » murmura soudain Trelawney en baissant d'un ton « Elle est vraiment horrible… »

Oubliant qu'il avait décidé de faire comme s'il était seul, Severus haussa un sourcil en l'entendant dire cette phrase. Il pensait avoir comprit à qui la jeune femme faisait allusion. Car il fallait avouer que depuis qu'elle était là, l'atmosphère qui régnait au château était devenu plutôt désagréable.

Severus avait un sentiment mitigé concernant la présence de Dolorès Ombrage au château. D'un côté, il était ravi que Lupin ne soit plus professeur. Il n'avait pas supporté de ce faire « voler » le cours de Défense Contre les Forces du Mal par son ancien ennemi gryffondor. Mais il s'en voulait de la manière dont s'était passé les choses… En incitant Ombrage à fouiner dans les archives du Ministère, il était honnêtement convaincu qu'il aurait imposé au jeune homme rien de plus que des soucis administratifs tout au plus. Son renvoi de l'école lui laissé un arrière goût amer, même s'il ne le lui avouerait jamais. Par chance, Remus et lui ne s'étaient plus croisés depuis son renvoi, même pas aux réunions de l'Ordre et cela convenait parfaitement à Severus. Il savait qu'il ne pourrait pas l'éviter éternellement, mais plus il pouvait retarder la confrontation, mieux il se portait.
Quand il avait enfin compris que sa… maladresse, avait conduit au renvoi de Lupin, il s'était mis à espérer qu'il se verrait confié le poste qu'il souhaitait tant. Après tout, il avait maintes et maintes fois demandé au professeur Dumbledore de lui confier ce poste. Il avait été déçu de voir qu'Ombrage lui avait soufflé le poste, mais Rogue s'était vite rassuré. Dolorès Ombrage était un professeur exécrable. Elle était parvenue en quelques semaines à se faire détester par la majorité des étudiants de Poudlard, encore plus qu'il ne l'était lui. Un exploit qu'il n'aurait pourtant pas cru possible.

Les méthodes pédagogiques de la nouvelle professeur de Défenses se limitaient à lire un ouvrage éditer par le Ministère et qui prônait la non violence et le dialogue. Rogue savait pertinemment que face à un mangemort, la raison et le pacifisme ne faisaient pas long feu. Mais le Ministère pensait que ses aurors sauraient venir à bout du Seigneur des Ténèbres et tenaient à préservé sa jeunesse de toute idées belliqueuses. Quel espoir vain !

- « Elle a dit aussi que je n'avais aucun don… Comme si un esprit aussi étroit et borné que le sien pouvait avoir la moindre idée de ce dont est capable le Troisième Œil… »

Rogue fut surpris de voir que sa collègue continuait à lui parler. Elle ne s'était pas rendue compte qu'il ne l'écoutait plus depuis un moment déjà.

- « Elle était assise au fond de la classe et prenait des notes…Elle m'a posé des questions auxquelles je n'ai pu répondre… Je n'ai pas dit que je ne savais pas répondre, je ne pouvais pas répondre mais les Astres m'avait conseillé de ne rien dévoiler de leurs secrets… »

Severus soupira, sceptique.

- « J'ai reçu son rapport hier… Elle dit que je ne suis pas une bonne enseignante ! »

C'était une des nouvelles lubies du Ministère. Après avoir placer Ombrage à Poudlard, il lui avait donné les pouvoir d'inspecter et d'évaluer ses collègues en la nommant Grande Inquisitrice. Le Ministère espérait ainsi avoir d'ici la fin de l'année scolaire un classement des meilleurs professeurs de l'école. Rogue se doutait bien que le but ultime de cette manie était d'évincer de Poudlard les professeurs qui ne colleraient pas aux méthodes éducatives approuvées par le Ministère. En d'autre terme, si Dumbledore ne trouvait pas de solutions à cette situation, s'en était fini de la liberté qui régnait à l'école ou du moins, le collège ne serait plus indépendant du Ministère et cela aurait de fâcheuses conséquences.

- « Oh bien sur je sais que ce n'étais pas la bonne solution, mais j'étais tellement déprimée… »

Trelawney parlait encore. Rogue soupira méchamment et se leva. Le seul moyen de se défaire de cette sangsue était de quitter la pièce.

- « … Je ne pensais pas m'endormir ici, mais je n'étais pas en état de regagner ma tour. Je supporte mal l'alcool on dirait… »

Rogue alla déposer sa tasse dans l'évier prévu à cet effet puis se dirigea vers la porte d'entrée.

- « Merci de m'avoir écouté Severus… » lança la jeune femme au moment où le jeune homme posait sa main sur la poignée. « Cela m'a fait beaucoup de bien de me confier… »

Severus fit non de la tête d'un air agacé avant de quitter la salle. Une fois dans le couloir, il réalisa qu'il serait bientôt temps pour lui de regagner sa salle de classe. Les étudiants se faisaient déjà plus nombreux à déambuler dans les couloirs. Il prit de ce pas le chemin des cachots. Là au moins, il serait seul et tranquille. Libre de profiter comme il l'entendait du peu de temps libre dont il possédait avant son travail.

Lorsqu'il entra dans sa salle de classe, il sentit immédiatement mieux. Il se laissa tomber sur la chaise derrière son bureau et ouvrit en l'unique tiroir pour en sortir un vieux cahier noir, dont les bouts étaient jaunis et cornés. Il l'ouvrit d'un geste sec. Il s'agissait de son bloc note personnel. Tous ses cours y étaient annotés et il vérifia ce qu'il avait prévu de faire avec les quatrième année qu'il avait en première heure ce matin là. Il se mit à sourire. Il allait leur faire tester leurs antidotes…

Ce cours étaient de loin celui qu'il préférait. Il adorait faire croire à ces si crédules adolescents boutonneux qu'il allait empoisonné l'un d'eux pour vérifier que les antidotes qu'ils avaient préparé étaient correct… Cela faisait toujours son petit effet. Terrifiés, ses élèves travaillaient plus ardemment qu'à l'accoutumée, suant sang et eau pour parvenir à un résultat… Malheureusement, le professeur Dumbledore avait formellement interdit qu'il empoisonne qui que ce soit… Rogue devait donc se contenter de faire semblant… Mais cela l'amusait tout de même. Un peu de divertissement dans cette journée qui s'annonçait aussi ennuyeuse que les autres.

D'un geste sec, il referma son cahier noir et se leva de sa chaise pour s'approcher de son armoire à ingrédients. Avec un soin maniaque, il sortit un à un tous ce dont les élèves auraient besoin lors de son cours. Il disposa tout bien en ordre sur la paillasse. Il venait de vérifier que rien ne manquait quand des bruits de pas se firent entendre non loin de la porte. Le jeune homme jeta un rapide coup d'œil à sa montre. Il était l'heure. Son cours allait pouvoir commencer. Il afficha donc une mine sévère de circonstance et alla ouvrir la porte. Comme à chaque fois, les élèves les plus proches de la porte sursautèrent.

- « Entrez » lança Rogue sans faire preuve de la moindre amabilité.

Après tout, il était là pour essayer de faire entrer quelque chose sous leur crâne épais et pas pour leur faire la conversation. Un à un, les adolescents entrèrent dans la salle en silence et s'installèrent à leur pupitre. Rogue allait refermé la porte pour pouvoir enfin démarrer son cours quand il l'aperçut. Vêtue de son horrible pull rose pelucheux et se faux sourire niais collé en permanence sur son visage, rien que l'apparence physique de Dolorès Ombrage donnait envie de lui donner des gifles.

- « Oui ? » demanda Rogue sur un ton à peine poli

- « Je suis venue pour assister à un de vos cours… » minauda la jeune femme en serrant contre elle un calepin beige et une plume d'oie d'un vert soutenu.

- « En quel honneur ? » demanda Severus en croisant les bras

- « Oh ! je pensais que vous aviez reçu la note que j'avais déposé dans votre casier… »

- « Bien sur que je l'ai reçu puisque je vous ai répondu » grogna Rogue entre ses dents « Mon cours n'a pas besoin d'être surveillé… »

- « Oh ! J'en suis convaincu » répondit la jeune femme avec un sourire faux. « Mais la décision ne vient pas de moi, mais du Ministère… »

Elle força alors le passage et entra dans la pièce sous le regard noir que lui lançait Severus.

- « Mais ne vous en faites pas, je me ferais toute petite et je ne vous dérangerais pas… » minauda-t-elle encore alors qu'elle se faufilait parmi les rangs pour aller s'installer bien au fond sur une chaise.

Rogue prit une grande inspiration avant de se lancer. Il n'avait après tout qu'à faire abstraction de cette femme batracienne qui l'observait de ses grands yeux ronds.

- « Aujourd'hui, nous allons nous consacrer aux antidotes » annonça-t-il

Comme il s'était attendu, la nouvelle jeta un froid dans la pièce. Tous se regardaient en coin et les murmures affolés allaient bon train.

- « Vous devriez tous vos recettes à présent. Vous allez donc les préparer avec le plus grands soins et à la fin du cours, nous choisirons quelqu'un parmi vous pour l'essayer… »

Les murmures devinrent des petits cris affolés. Comme il l'avait escompté, la nouvelle avait fait son petit essai.

- « Hum Hum… »

Les cheveux de Rogue s'hérissèrent sur sa nuque. Il ne supportait pas quand elle faisait cela. Il se tourna vers elle avec un regard assassin mais cette dernière le fixait avec sévérité et lui fit signe de venir la rejoindre. Ce croyait-elle donc tout permis ?

- « Commencez ! » grogna Rogue en s'approchant de sa jeune collègue. « Il y a un problème ? »

- « Vous plaisantiez n'est-ce pas ? » souffla Ombrage avec sévérité

- « A quel propos ? »

- « Quand vous parliez de tester un des antidotes sur un de vos élèves, vous étiez… »

- « On ne peut plus sérieux ! »

- « Mais enfin c'est insensé ! » s'indigna–t-elle « Ce ne sont que des enfants et le Ministère désapprouve totalement le fait que… »

- « le professeur Dumbledore avait pourtant donné son accord… » mentit Rogue

- « Et bien il va falloir qu'il le retire ! » décréta la jeune femme en notant frénétiquement quelque chose sur son bloc note.

Fulminant de rage, Rogue lui tourna le dos et regagna son bureau, faisant sursauter ses élèves. Cette harpie venait de lui retiré son seul plaisir de la journée ! Il était furieux… Il aurait mille fois préféré devoir supporter plus longtemps d'avoir Lupin comme collègue !

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Les petites branches de bois mort craquèrent quand Hagrid posa le pied dessus, rompant le silence qui régnait dans cette partie de la forêt. Le demi géant sursauta. Depuis dix minutes qu'il marchait sur ce sentier c'était le seul son qu'il avait entendu. Il trouvait cela étrange, mais cette partie de la forêt semblait déserte. Cela faisait plusieurs jours désormais qu'il s'y rendait régulièrement et il n'avait croisé aucune créature vivante. Pas un cerf, pas un renard, pas un hérisson, rien… Pas même un oiseau. Cela l'étonnait un peu car l'endroit avait l'air accueillant et tout à fait convenable. Bien sur, il fallait faire un peu attention car on ne trouvait non loin de l'endroit où trois géants avaient élu domiciles. Mais franchement, si on restait sur ses gardes, il était très facile de faire un peu attention aux arbres qu'ils arrachaient par mégarde ! D'ailleurs, il enjamba un tronc jonchait le sol. Il devait se trouver là depuis un certain temps car la mousse et les champignons l'avaient presque déjà entièrement recouvert. Il poursuivit sa route d'un pas rapide. Il était enjoué.

Cela faisait très exactement deux semaines qu'il avait fait la connaissance de son petit frère. Enfin petit… Il fallait le dire vite. Hagrid se mit à sourire en revoyant dans sa tête le visage joliment olivâtre de son frère. Il avait l'air fort et vigoureux et cela avait tout de suite plu à Hagrid. Malheureusement, pour les deux autres géants avec qui il vivait le considérait comme un avorton. Du haut de ses cinq mètres, il faisait pâle figure, c'était certain. C'est avec un pincement au cœur que Hagrid s'était demandé si leur mère ne l'avait pas abandonné à cause de sa petite taille. Après tout, chez les géantes, seul comptait le fait d'avoir de grand et gros enfant bien robuste… Or elle n'avait eu que deux petits garçons… Il soupira.

Rapidement, il arriva tout près de la grotte qui servait de refuge aux trios de géants. Il se fit alors bien plus discret. Il n'avait jamais été très bien accueillit dans cet endroit, aussi il prenait ses précautions. Il se glissa derrière un rocher recouvert de mousse et lança un rapide cou d'œil en direction de la caverne. Elle était vide. Ils devaient sans doute être sortis chercher quelque chose à se mettre sous la dent.

Hagrid s'installa alors en tailleur sur le sol recouvert de terre encore humide et attendit. En temps normal, il serait reparti pour son campement et serait revenu à un moment où il aurait été certain de retrouver son petit frère ici. Mais pas cette fois. Non, en cet instant, il était en mission. Et il était encore plus déterminé que pour la mission que lui avait confié le professeur Dumbledore.

Cela faisait quatorze jours qu'il espionnait attentivement la vie que menait son frère et celle-ci n'avait absolument rien de réjouissante. Il était battu. Les deux autres géants qui vivaient en sa compagnie profitait de sa petite taille. Il le forçait à faire les travaux les plus durs, les besognes les plus éreintantes. Puis, comme si cela ne suffisait pas, lorsque le jeune géant rentrait chez lui, les deux autres le brutalisaient, le chahutaient, le frappaient. Hagrid avait passé toute une nuit à resté tapis dans l'ombre, à écouter les grognements et les hurlements qu'ils poussaient. Une nuit entière à entendre le bruit sourd des chocs des coups que son petit frère recevait. C'est cette nuit là qu'il avait pris sa décision.

Si son jeune frère avait eu une vie normale, s'il avait été heureux, alors Hagrid l'aurait sans doute laisser vivre parmi les siens, mais ce n'était pas le cas. Il était malheureux dans cet endroit et le jeune homme ne pouvait pas le tolérer.

Le sol se mit alors à trembler de manière soudaine. Hagrid se mit immédiatement sur les genoux. Son frère et ses compagnons rentraient chez eux. Ils portaient sur leurs épaules les carcasses de six cerfs morts dont le sang coulait largement le long de leurs bras. Ils avaient l'air plutôt contents de leur prise. Ils se débarrassèrent de leurs proies en les laissant tomber sur le sol, soulevant un nuage de poussières ocre qui se dispersa rapidement. Dans un grognement le mâle désigna le fond de la caverne. Presque aussitôt, la géante qui devait être sa compagne pénétra dans le trou béant, laissant le petit frère seul. Ce dernier se laissa tomber devant les carcasses sanguinolentes et se mit à les dépecer à main nue. Ce spectacle était écoeurant, mais Hagrid avait l'habitude de ce genre de chose. Lui ne voyait qu'une seule chose : la formidable opportunité qui s'ouvrait devant lui.
Son frère était seul, sans personne pour le surveiller. Hagrid su alors qu'il devait agir et très vite. Discrètement, il sortit de derrière son rocher et s'approcha à pas lent de la masse que représentait le petit géant.

- « Psss…. Psss… » l'appela-t-il mais le petit géant ne répondit pas.

Hagrid insista encore deux longues minutes sans aucun résultat. Son frère ne s'occupait pas plus de lui que d'une fourmi. Plus le temps passait, plus Hagrid craignait que les deux autres géants ne reviennent. Il lui fallait agir vite. Il se saisit alors d'une petite pierre et ajustant son tir, toucha son frère sur la joue. Le jeune géant grogna et après avoir passé une de ses mains ensanglantées sur sa joue, il se tourna enfin dans sa direction.

- « Salut ! » lança Hagrid en lui faisant un ample geste de la main

Mais le jeune géant se désintéressa totalement le lui et s'en retourna à sa besoin. Pourtant cela ne dérangea pas Hagrid.

- « Hey ! Regarde moi ! » insista le jeune homme.

Le géant se tourna vers lui, et Hagrid cru déceler un soupçon de curiosité dans ses grands yeux marron. Le géant abandonna alors ses carcasses et le fixa. Le jeune homme était ravi, il venait de capter son attention. Doucement pour ne pas le brusquer, Hagrid sortit doucement sa baguette de sa poche et d'un simple accio, il attira à lui un grand sac en toile qu'il avait laisser et cacher un peu plus loin dans la forêt. Son petit frère fronça les sourcils et se rapprocha de lui en rampant sur ses fesses. Hagrid ouvrit alors le sac et plongea la main dedans. Il en ressortit une gigantesque cuisse de cerf… cuit. Il avait passé les deux jours précédents à faire rôtir une quantité impressionnante de viande qu'il avait chassé lui-même des heures durant. Hagrid présenta la viande cuite à son frère qui se désintéressa immédiatement de la masse de chaire crue qui gisait près de lui. Il se leva et saisit la cuisse dans sa main gigantesque manquant de peu d'arracher le bras de Hagrid. Il porta la nourriture à sa bouche et poussa un grognement de contentement. Visiblement il était ravi et cela arrangeait bien Hagrid. Il sortit alors de la poche une autre cuisse gigantesque et couru quelques mètres plus loin, brandissant la nourriture.

- « Tu aimes ça hein ?! » lui lança-t-il « Tu en veux d'autre ? »

Le jeune géant grogna, et avança dans sa direction après avoir recraché l'os de la cuisse dont il n'avait fait qu'une bouchée. Il se saisit rapidement de l'autre et Hagrid recula encore de quelques mètres. Il continua ce manège jusqu'à ce qu'ils entrent dans la forêt. Le jeune homme savait qu'il devait faire vite. Ce n'était qu'une question de minutes avant que les deux autres géants ne se rendent compte que leur jeune compagnon partait… Hagrid pressa le pas. Par chance son frère était très gourmand et redemandait sans cesse de la nourriture. Malheureusement, la réserve qu'avait fait Hagrid n'était pas inépuisable et bientôt, il présenta la dernière cuisse. Mais cela n'était pas très grave. Ils étaient désormais suffisamment loin de la caverne. D'un autre coup de baguette, Hagrid fit apparaître une corde solide. Il y fit un nœud coulissant très large qu'il lança sur son frère. Il lui encercla la taille et serra fort. Il attacha l'autre côté de la corde à sa propre taille. Ainsi, il était relié à son frère et plus jamais il ne le laisserait plus jamais partir. Il avança alors mais son frère ne sembla plus disposer à bouger. Figer, le jeune géant le regardait avec curiosité. Hagrid réalisa alors qu'il ne s'était toujours pas présenté.

- « Bonjour ! » lança-t-il en souriant largement. « Je suis ton grand frère ! Je m'appelle Hagrid et toi ? »

Le géant hocha la tête et le regarda comme s'il n'était rien de plus qu'un insecte insignifiant. Mais Hagrid s'en fichait. Coûte que coûte, il voulait le ramener à Poudlard.

- « Hagrid ! » insista le jeune homme en frappant doucement sa poitrine « et toi ? »

Il y eut un court instant de silence avant que le géant n'émette un grognement.

- « Graup »

Un sourire radieux illumina le visage de Hagrid.

- « Graup ? C'est joli… »

Mais déjà, le géant se désintéressait de lui pour regarder à la cime de l'arbre le plus proche un nid d'oiseau qui paraissait bien plus intéressant

- « Tu es mon frère et je vais m'occuper de toi, d'accord ? » continua vaillamment Hagrid « Je ne te laisserait plus jamais personne te faire du mal, je te le jure ! On est deux maintenant… »

Mais le géant ne l'écoutait plus, trop occupé à déloger les oiseaux pour voler les quelques œufs qui se trouvait dans le nid.

- « Graup ! » lança Hagrid pour le ramener à l'ordre.

Le géant tourna sa grosse tête ronde vers lui et hocha la tête.

- « Viens avec moi… » lança Hagrid en tendant la main à son frère.

Graup la regarda un court instant avant de la prendre dans la sienne. Mais il serra tellement fort, ne contrôlant pas sa force, qui lui brisa les os. Hagrid grimaça sous la douleur mais ne lui en voulut pas une seule seconde, il ne savait pas ce qu'il faisait.

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- « Moi je persiste à dire que cette année se seront eux qui gagneront le tournoi de la Ligue ! Ils n'ont perdu aucun de leurs matches amicaux »

- « Peut être, mais honnêtement, James, les Tutshill Tornados n'ont pas une équipe assez solide face à la pression de la Coupe de la Ligue ! »

- « Arrête Sirius ! Tu dis n'importe quoi ! » lança James en levant les yeux au ciel

- « Bien sur que non ! Moi je suis prêt à tenir des paris, ils ne remporteront rien cette année ! »

- « Et qui va gagné alors selon toi ? » demanda le jeune homme d'un air sceptique.

- « Les Frelons de Wimbourne, bien sur ! »

Remus se mit alors à sourire devant l'air outré de James.

- « Tu plaisantes là ? » demanda ce dernier

- « Absolument pas ! »

- « Mais ils ont changé tous les poursuiveurs à la dernières saisons et depuis ils n'ont pas marqué un seul but ?! »

- « Peut être mais ils ont Ludo Verpey… » souffla Remus en souriant

- « Ah non Remus ! Ne me dis pas que tu es d'accord avec lui ! » s'indigna James en désignant Sirius d'un geste théâtrale du bras.

- « Si, il est de mon avis et il a bien raison ! » répondit Sirius en souriant largement.

- « Je ne suis du côté de personne ! » s'amusa Remus « Je dis juste que Ludo Verpey est un des meilleurs batteurs de sa génération et que c'est lui le pilier des Frelons… Mais personnellement, je verrais bien une victoire des Holyheads Harpies »

Il y eut un court instant de silence avant que James et Sirius ne se mettent à rire.

- « Quoi ? » demanda Remus

- « Sérieusement, tu ne peux pas croire que cette équipe va gagner ?! » demanda James en souriant

- « Tu as suivit un peu les matches ces derniers temps ? » continua Sirius

- « A croire que tu n'as jamais vu de Quidditch de ta vie ! » termina James en souriant.

Remus fit non de la tête et leva les yeux aux ciels.

- « On verra bien ! » souffla-t-il philosophiquement

- « C'est tout vu ! » répliquèrent en même temps James et Sirius qui pour une fois étaient d'accord.

- « Papa ! » hurla alors une petite voix.

Remus vit alors avec amusement ses deux amis se tourner en un très bel ensemble dans la direction d'où provenait l'appel. Lalyh se tenait devant eux, les deux mains sur les hanches et les sourcils froncés, dans une attitude qui n'était pas sans rappeler celle d'Océane quand elle était en colère. Cela amusa beaucoup Remus.

- « Qu'est-ce qui se passe princesse ? » demanda Sirius en souriant à sa fille

- « Manzer ! » lança la fillette.

James fronça un peu les sourcils en entendant le ton qu'avait pris la fillette. Remus était étonné lui aussi. Cela ne ressemblait pas à Lalyh. La petite avait un caractère bien trempé, et il l'avait déjà vu faire de violentes colères. Mais jamais il ne l'avait entendu parler sur ce ton à son père. D'habitude, elle était tellement en adoration devant lui qu'elle était toute douce. Cette fois-ci, elle avait plus l'air d'une enfant gâtée que de la mignonne petite fille qu'elle était d'habitude.

- « Tu as vu comment tu me parles ?! » lui reprocha alors Sirius d'un ton sévère ce qui rassura Remus.

Le jeune homme aimait tellement sa fille, elle représentait tant pour lui qu'il avait craint un moment qu'il allait laissé passé ce manque de bonnes manières. James aussi avait l'air soulagé.

- « Papa ! Manzer ! » insista Lalyh et se rapprochant un peu de son père mais tout en gardant ce ton désagréable qui ne lui allait pas du tout.

- « Alors écoute moi bien jeune fille… » commença Sirius.

Remus grimaça. Il venait de troquer le « princesse » pour un « jeune fille », cela n'annonçait rien de bon pour la petite.

- « Il n'est absolument pas l'heure que tu manges, ta mère m'a donné des indications très précise là-dessus et ensuite on ne parle pas comme ça à son papa ! Tu n'es pas gentille ! »

Les yeux de la fillette s'embuèrent alors de larmes et l'espace d'une seconde, Remus crut que son ami allait fléchir.

- « Maintenant, va jouer avec les autres, je ne veux plus te voir tant que tu ne parlera pas plus gentiment ! » décréta le jeune homme en lui désignant le coin de la pièce où Harry et Syrielle jouaient tranquillement.

- « Mais…. » commença à pleurer la petite fille, mais Sirius ne céda pas.

Il continuait à désigner l'autre bout de la pièce et la petite fille se résigna. Le jeune homme la regarda s'éloigner l'air toujours grave et quand elle fut assez loin, il se retourna vers ses deux amis et s'enfonça dans son fauteuil, l'air malheureux.

- « Dites moi que j'ai bien fait et empêchez moi d'aller la consoler tout de suite ! » souffla-t-il presque comme une supplique.

Remus se mit à sourire et James posa sa main sur l'épaule de son ami.

- « Tu as bien très bien fait » assura James « C'était parfait… »

- « Ca me tue de la gronder et d'être sévère avec elle. Je ne supporte pas de le faire… D'habitude c'est Océane qui s'en charge… »

- « C'est bien que ce soit toi qui le fasse aussi » lui assura James en souriant « Et pourtant je sais que ce n'est pas facile… »

- « Mais pourquoi elle est comme ça ? » demanda Remus

- « Océane pense que c'est à cause du bébé » répondit Sirius « Elle a commencé à avoir son caractère de cochon depuis qu'on lui a parlé de Maelys la première fois. Depuis, plus on parle de la petite, plus elle est pénible… »

- « Elle est tout simplement jalouse alors… » souffla Remus en se tournant vers la fillette

Sirius hocha la tête.

- « Hier ça a été horrible. J'étais en train de monter les meubles dans la chambre du bébé mais elle voulait jouer. Elle a passé toute l'après midi à pleurer et à grogner. Elle a été insupportable. Je n'aime pas la voir comme ça. Et pourtant je me tue à lui dire que sa mère et moi on l'aime toujours autant et que l'arrivée de sa sœur ne changera rien à tout ça… »

- « Il lui faut un peu de temps pour s'habituer à tous ces changements » murmura James d'une voix grave « Tu sais ça n'a pas toujours été très facile avec Harry puis Syrielle à chaque fois qu'un nouveau bébé est arrivé… »

- « Oui mais ce n'était pas à ce point là » lui rétorqua Sirius

- « C'est vrai mais qu'est-ce que tu veux ?! Ta fille a hérité de son sale caractère ! » plaisanta le jeune homme.

Sirius n'esquissa qu'un maigre sourire.

- « Ne t'en fais pas Sirius, ça va passer tout ça. » tenta de le réconforter Remus

- « Je sais … Mais je redoutais qu'il se passe ça depuis qu'Océane a commencé à me parler d'un deuxième bébé. Je suis triste de voir que j'avais raison »

- « Ne dramatises pas non plus ! » lança James en lui donnant une petite tape sur l'épaule. « Regarde la, ta fille ! »

Les trois hommes se tournèrent vers les enfants qui jouaient. Tous riaient et semblait bien s'amuser.

- « Elle ne faisait qu'un caprice ! Elle ne t'en veut sans doute pas, elle a même du oublié que tu l'avais grondé ! Ce n'est rien sa petite colère ! »

Cette fois-ci Sirius décrocha un vrai et beau sourire. Il observait sa fille avec tendresse.

- « Je l'aime tellement ! Comment peut-elle ne pas le savoir ? » souffla-t-il doucement.

James et Remus se mirent à sourire. Les incertitudes de Sirius, et l'adoration qu'il vouait à sa fille les étonnaient toujours autant.

- « Coucou tout le monde ! » s'exclama alors la voix d'Océane depuis l'entrée.

- « C'est nous ! » compléta la voix de Lily.

Remus observa attentivement ses amis. Ils souriaient largement d'avoir entendu la voix de leurs femmes. Le jeune homme ne peu s'empêcher de soupirer. Ses amis avaient bien de la chance… Ils avaient des femmes admirables, des enfants adorables. Lui était seul et pour la première fois de sa vie cela lui pesait vraiment…

- « On a trouvé des trucs géniaux ! » s'exclama Océane en entrant « Pleins de vêtements adorables ! »

Elle vint prendre place près de son mari.

- « On a acheté deux petites robes magnifiques pour Syrielle et Lalyh » continua Lily qui tenait dans un petit sac contre son ventre le petit Jack qui avait enfoncé son poing dans sa bouche et qui bavait abondamment dessus.

- « Elles vont être splendides ! » confirma Océane tandis que James tendait les bras pour récupérer son fils dans ses bras.

- « Vous avez passé une bonne après midi ? » demanda Lily

- « Oui » répondit Remus en souriant « Ca faisait longtemps qu'on ne s'était pas retrouvé ensemble tous les trois »

- « C'est sur ! » lança Sirius « Ca me manquait des moments comme ça »

James hocha la tête tandis qu'il maintenait Jack assis sur ses genoux.

- « Enfin, maintenant que Remus, tu ne sembles plus décidé à partir t'exiler loin d'ici, ces moments là seront sans doute plus fréquents ! » souffla-t-il

- « Sans doute ! » assura le jeune homme.

- « Tu restes dîner à la maison ce soir ? » lui demanda alors Lily en se tournant vers lui « Ca fait longtemps que tu n'as pas passé une soirée avec nous… »

Remus observa alors un moment James qui scrutait Jack en gazouillant et en faisant toutes sortes de grimaces d'un air béas qui le fit sourire. Un peu plus loin, Harry était en train d'expliquer à sa sœur comment faire fonctionner un jouet qui avait l'air très élaboré. Cette famille était tellement adorable. Il n'avait pas envie de s'y incruster. Il savait pertinemment que ces derniers temps, le moral n'était pas au beau fixe chez les Potter. Il savait donc combien ses amis avaient besoin de se retrouver un peu seul en famille en ce moment.

- « C'est gentil Lily, mais je vais rentrer chez moi… » souffla le jeune homme qui voulait leur laissé un peu d'intimité et de tranquillité.

- « Pourquoi ? » demanda James en relevant la tête vers lui.

- « J'ai besoin de me reposer un peu » mentit Remus en souriant « J'ai envie de rentrer chez moi, et de me coucher tôt »

- « Tu es sur ? » demanda Lily en le fixant d'un air grave.

La jeune femme était perspicace, il avait peur qu'elle découvre qu'il n'acceptait pas son offre uniquement pour ne pas les déranger.

- « Certain ! Ca sera pour une autre fois Lily, je te le promets ! Ce soir je me repose » lança-t-il en souriant largement.

- « Très bien » murmura la jeune femme en souriant faiblement « Mais tu ne t'en tireras pas comme ça… Tu viendras demain soir ? »

Remus pouffa doucement.

- « D'accord » abdiqua-t-il en souriant.

La jeune femme sembla ravit. Le jeune homme se leva alors.

- « Bon, ben je vais y aller ! » lança-t-il « Bonne soirée tout le monde »

- « Bonne soirée » lui répondirent en cœur ses amis.

Le jeune homme s'approcha des enfants qui jouaient encore tranquillement pour aller les embrasser. Comme d'habitude, Syrielle glissa ses petites mains autour de son cou pour se serrer contre lui. Elle n'aimait pas le voir partir ce qui emplissait Remus d'un sentiment de tendresse pour sa filleule. Il déposa un baiser sur son front et la détacha doucement.

- « A demain les petits ! »

Il se redressa alors et après avoir saluer les parents d'un signe de la main et quitta la maison des Black où il avait passé toute l'après midi. Il marcha un petit moment dans le chemin désert, les mains enfoncées dans ses poches. Il n'était pas au mieux de sa forme.

Depuis qu'il avait été renvoyé de Poudlard, il était d'une humeur morose, presque déprimé, et cela pour plusieurs raisons. La vie prenait tout de même un malin plaisir à s'acharner sur lui. Lui qui avait enfin trouvé un certain équilibre dans sa vie, avait tout vu basculer d'un seul cou. Il y avait pourtant cru… Il s'imaginait bien continuer toute sa vie comme cela. Il aimait enseigner et pensait vraiment avoir un bon contact avec ses élèves, il trouvait cruel qu'on lui ai interdit d'enseigner. Il en voulait profondément à Dolorès et à Rogue. Il n'avait d'ailleurs jamais revu son ancien collègue et il en était ravi car il n'était pas certain de parvenir à garder son sang froid face à lui. Il n'avait pas dit à ses amis que c'était leur ancien ennemi qui l'avait dénoncé, car il ne voulait pas créer de conflit. Mais il se retrouvait du coup dans une situation délicate. Il ne pouvait parlé à personne se ce sentiment d'impuissance, de trahison et d'abandon qu'il pouvait ressentir.

Ce sentiment d'abandon qui avait été renforcé par le fait que Kathleen ait refait sa vie. Il n'était pas dupe, et savait pertinemment que Dolorès ne lui avait parlé d'elle se jour là que pour lui faire du mal, et elle avait réussit. Remus avait vraiment aimé Kathleen, il avait été sincère avec elle tout au long de leur relation. Elle l'avait brisé au plus profond de lui-même. Il avait été dévasté par leur rupture, au point qu'il se sentait désormais incapable de donner sa confiance et son affection à une autre femme. Il avait beaucoup de mal à se remettre de leur histoire d'amour, même près d'un an après la fin de celle-ci. Alors, apprendre que la jeune femme s'était remise et qu'elle était même fiancée d'après ce qu'avait dit Dolorès lui avait briser le cœur une nouvelle fois, il s'était cru pourtant blindé.

Il était maintenant en colère. Comment pouvait-elle s'être si bien remise alors que lui non ? C'était une nouvelle injustice qui le frappait ! Pourquoi elle, qui n'avait jamais autant souffert que lui, avait enfin retrouver le bonheur alors que lui se traînait misérablement dans son existence morne et triste. Pourquoi lui n'était pas heureux ? Pourquoi lui n'avait pas le droit à une vie insouciante ? Il était encore jeune, pourquoi ne vivait-il pas comme tous les autres jeunes gens célibataires de son âge ?

Il grogna. Il venait de prendre une décision. Il allait s'amuser. Il avait passé toute sa vie à mener une vie calme et tranquille. Il savait qu'il était potentiellement dangereux et il s'était toujours bridé pour avoir une vie irréprochable. Il avait limité ses relations avec les autres, il avait protégé les autres, il s'était protégé lui aussi au maximum mais cela ne l'avait pas empêché de souffrir, jamais.

Il allait donc changer d'attitude, sa décision était prise. Il allait profiter de la vie. Il allait s'amuser autant qu'il le pouvait. Il ne se lierait avec personne. Le meilleur moyen de ne pas souffrir était de ne pas s'accrocher. Il allait vivre comme le loup solitaire qu'il était au fond de lui-même et profiter sans aucun scrupule de la vie. Après tout, il l'avait bien mérité.

Satisfait d'être arrivé enfin à une décision, Remus transplana aussitôt. Il avait menti à Lily, il n'avait pas besoin de repos et n'avait pas envie d'être seul. Il se retrouva aussitôt devant une boite sorcière à la mode. D'aussi loin qu'il se souvienne il n'était allé que très rarement dans des endroits comme celui-ci. La plupart du temps, James, Sirius et lui passaient leur soirées ensemble et ils n'avaient jamais eu besoin de venir dans ce genre d'endroit… Cette fois ci, Remus était déterminé. Il entra dans la boite de nuit bruyante et enfumée bien décidée à s'amuser et à faire des rencontres. Il avait la nuit devant lui.