Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en général mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !
Bonne lecture à vous tous… Aylala
Note 1 : J'ai terminé de rédiger cette histoire en mai 2007. Il n'y a donc dans cette fiction AUCUNE INFORMATION concernant Harry Potter and the Deathly Hallows. Je n'ai fait qu'émettre des suppositions sur ce qui aurait pu se passer. Si par hasard j'avais deviné quelque chose, c'est que je possède un Troisième Œil très efficace !
Par respect pour les lecteurs qui n'ont pas encore eu la chance de lire le tome 7, je vous demande de ne faire AUCUNE ALLUSION au septième tome dans vos reviews… Ne gâchez pas le plaisir de ceux qui ne savent pas lire l'anglais svp !
Note 2: J'ai pris une grande décision, ou plutôt je me suis fixée un but : terminer la publication de ma fic avant la sortie en français de HP 7 en français ! Attendez vous donc à une publication beaucoup plus régulière et rapprochée ! -
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Ce qui aurait pu se passer
Chapitre cent trente quatre : Pour un flirt
«
Je serais prêt à tout
Pour un simple rendez-vous
Pour
un flirt avec toi
Pour un petit tour, un petit jour
Entre tes
bras
Pour un petit tour, au petit jour
Entre tes draps »
Michel
Delpch
Lorsque Remus se réveilla ce matin là, il ne savait plus du tout où il était. Devant lui s'élevait une montagne rose et pelucheuse qui lui chatouillait désagréablement le nez. D'un geste vif, il arracha ce monticule gênant qui s'avérait être un oreiller et se trouva alors nez à nez avec une poitrine de femme, pleine et rebondie. Il sursauta alors et remonta sur son torse, lui aussi nu le drap blanc qui se trouvait un peu plus bas sur ses hanches. Il tenta de se relever sur un coude mais un prodigieux mal de crâne le força à se rallonger. Il grogna et ferma les yeux. A toute vitesse, il tenta de se remémorer la soirée qu'il avait passée la veille.
Il avait quitté la maison de la famille Black tôt dans la soirée et ses pensées l'avaient poussées à se rendre dans cette boite de nuit à la mode. Il y était resté quelques heures mais il ne s'y passait pas grand-chose alors il avait rejoint un bar un peu plus loin et là… Il avait rencontré cette jeune femme… Abigaïl si sa mémoire ne lui jouait pas de tour. Elle était séduisante, il se sentait seul. Il l'avait dragué et cela avait marché au-delà de ses espérances puisqu'il se réveillait dans son lit… Il n'avait même pas l'excuse de l'alcool pour expliquer son comportement, il n'avait pas bu de la soirée. Il avait toujours su ce qu'il faisait. Il l'avait manipulé. Il avait eu besoin de se prouver qu'il pouvait plaire, il avait eu envie de séduire et d'être séduit. Il avait tout simplement voulu passer un moment agréable dans les bras d'une femme. Cela faisait si longtemps que cela ne lui était pas arrivé. Il ouvrit alors les yeux et tourna sa tête en direction de la table basse. Il lu alors sur le cadran du réveil qu'il était plus de huit heure du matin. Il grogna de plus belle, s'il ne se dépêchait pas, il allait être en retard.
Il fallut beaucoup de courage au jeune homme pour
ignorer la douleur qui martelait son crâne à cause de la
fatigue, la nuit avait été très courte. Il se
leva du lit et réalisa alors qu'il était entièrement
nu. Un rapide coup d'œil autour de lui appris que ses vêtements
traînaient en boule dans un coin de la chambre. Il se dépêcha
d'enfiler son caleçon et tenta de plier un peu plus
convenablement le reste de son bras. La jeune femme avec qui il avait
passé la nuit dormait encore à poing fermé et
Remus n'avait pas l'intention de la réveiller et ce pour
plusieurs raisons.
La première était qu'il n'avait
pas envie de la priver de sommeil. Si elle était encore
assoupie, c'était parce qu'elle avait besoin d'un repos
dont il ne voulait pas la priver.
La seconde maintenant, la vraie, était qu'il n'avait jamais été doué pour les relations humaines. Il était toujours discret et évitait tant que possible les conflits et les situations délicates. Or, en cet instant, il n'avait pas en tête d'exemple de situations plus délicates. Il avait eu avec cette fille ce qu'il avait voulu : une aventure d'un soir, sans lendemain. Et maintenant, il ne savait absolument pas comment présenter ça à la jeune femme. Ils n'avaient pas beaucoup parlé lors de la soirée, il ne savait absolument pas comme elle voyait les choses et il n'était pas certain de vouloir le savoir. C'est pourquoi, il ne souhaitait pas que la jeune femme se réveille.
Sans perdre d'avantage de temps, le jeune homme quitta la chambre sur la pointe des pieds à la recherche de la salle de bain. Dans un monde parfait, il n'aurait pas eu à faire cela. Il se serait contenter de rentrer chez lui, d'effacer de sa mémoire cette nuit et de se battre avec sa conscience qui ne manquerait pas de le tourmenter après ce qu'il avait fait… Il était loin de se conduite en gentleman. Mais voilà, Remus savait qu'il ne vivait pas dans un monde parfait et s'il ne voulait pas arriver en retard à la Jasire, il lui fallait se doucher ici et partir rapidement après. Il longea le couloir en essayant de faire le moins de bruit possible et trouva très rapidement la salle de bain dans laquelle il s'enferma. Il quitta son caleçon et entra dans la cabine de douche sans plus de cérémonie. L'eau chaude acheva de le réveiller. Il se savonna vigoureusement avec un savon qui sentait la rose et dont l'odeur ne lui plaisait pas plus que cela. Mais dans l'état actuel des choses, il n'était pas en mesure de faire le difficile. Il coupa l'eau rapidement et sortit de la douche. Il tendit le bras et se saisit de la première serviette qu'il trouva en faisant bien attention à ne pas regarder la lingerie de la jeune femme qui séchait un peu plus loin, suspendu à un fil. Il soupira et sécha vigoureusement ses cheveux avant de remettre bien à sa place la serviette qu'il avait utilisé. Il se rhabilla ensuite à la hâte et prit une grande inspiration avant de quitter la salle de bain. Le moment était venu pour lui de partir… Pourtant, il ne savait pas qu'elle attitude adopté. Fallait-il qu'il réveille la jeune femme, qu'il la remercie pour cette belle nuit aux risques de s'attirer ses foudres, ou pouvait-il partir comme un voleur, sans laisser ni mots, ni explications en priant Merlin de ne plus jamais la revoir.
Alors qu'il s'engageait dans le couloir, sans avoir réussit à prendre de décision, il se demanda comment avait fait Sirius, du temps où il était un garçon volage, pour supporter les matins comme celui-ci ? Peut-être était-ce une question d'habitude… Alors qu'il passait devant la chambre de la jeune femme dont la porte était entrouverte, il hésita, mal à l'aise ne sachant pas quoi faire.
- « Tu t'en vas ? » demanda alors la voix depuis l'intérieur de la chambre.
Remus fut un peu soulagé, son choix venait d'être fait. Il ne pouvait plus reculer, il fallait qu'il entre voir cette jeune personne. Mais, s'il ne se torturait plus l'esprit pour savoir qu'elle attitude adopter, il ne se sentait pas plus à l'aise pour autant. Il entra dans la chambre sans grande conviction.
La jeune femme était assise en tailleur sur son lit et le jeune homme lui était reconnaissant d'avoir enfiler un T-shirt. Elle lui adressa un sourire franc.
- « J'ai entendu l'eau de la douche couler… Tu as trouvé facilement ? » demanda-t-elle
- « Oui » se contenta de répondre le jeune homme combattant l'envie qu'il avait de fuir à toutes jambes loin d'ici.
- « Quelque chose ne va pas Remus ? » s'inquiéta la jeune femme « Tu n'as pas aimé cette nuit ? »
- « Si, bien sur que si » la rassura le jeune homme.
Et c'était vrai, il avait passé une nuit extrêmement agréable.
- « Alors c'est quoi le problème ? »
- « Ecoute Abigaïl, les choses se sont passées vites hier et on s'est un peu emballé… Bref, je ne voulais pas que tu te fasses d'idées, je… je ne cherche pas une relation sérieuse… »
- « Je sais » souffla la jeune femme « C'est une des choses que j'ai compris en t'observant dans ce bar, ne t'en fais pas, ça ne me dérange pas du tout »
Remus la regarda d'un air surpris. Il n'aurait jamais cru qu'il pouvait être à ce point transparent.
- « Et ça me convient parfaitement » continua Abigaïl en se mettant à genoux sur son lit et en se rapprochant de lui.
- « C'est vrai ? » demanda Remus en s'approchant lui aussi.
La jeune femme éclata d'un rire léger et hocha la tête.
- « Oui. Ca te surprend qu'une fille puisse se contenter de n'être avec un homme que pour une nuit… »
- « Un peu » avoua Remus un peu décontenancé.
- « Tu n'es pas le seul à ne pas avoir envie de t'engager » lui répondit-elle en souriant.
- « Tant mieux alors »
- « Oui, tant mieux pour nous deux ! On a eu ce qu'on a voulu et ce matin on se quitte, tout va bien »
- « Tout va bien »
La jeune femme se mit à sourire et lui fit signe de s'approcher, Remus lui obéit. Elle noua ses mains autour de son cou et l'embrassa. Remus répondit à se baiser sans se faire prier.
- « Ca a été très chouette cette nuit » murmura la jeune femme « Alors si jamais tu te sens encore seul et que tu reviens traîner dans ce bar, je serais ravie de te faire oublier tes problèmes l'espace d'une nuit » souffla-t-elle
- « Je m'en souviendrais » répondit Remus en souriant.
La jeune femme l'embrassa une nouvelle fois et s'éloigna de lui.
- « Bonne journée Remus »
- « Bonne journée Abigaïl » répondit le jeune homme en la regardant se recoucher.
La jeune femme lui adressa
un clin d'œil avant de se pelotonner sous sa couette pour se
rendormir. Sans bruit, Remus quitta alors la chambre de la jeune
femme, puis son appartement. Une fois dehors, il prit une grande
bouffée d'air et se mit à sourire. Il était
soulagé, vraiment. Cela s'était passé
calmement, sans heurts ni crises. Il avait même apprécié
cette séparation. Elle avait été agréable
et dénuée de toutes ambiguïté. Cette jeune
femme et lui étaient deux adultes consentant qui avaient
partagé un agréable moment et ça s'arrêtait
là. Après tout c'était peut être ça
la belle vie… Il se mit à sourire encore plus et fit
quelques pas dans la rue avant de transplaner.
Il arriva
instantanément au bas de l'immeuble qui accueillait la
Jasire. Il s'engagea dans les escaliers qu'il monta deux pas
deux, il n'était pas en avance. A peine eut-il ouvert la
porte de l'entreprise qu'il entendit la voix amusée de ses
deux amis fuser.
- « C'est à cette heure là qu'on arrive Lupin ? »
- « Tu t'es perdu sur le Chemin de Traverse ? »
- « Bonjour les gars ! » lança-t-il en se laissant tomber sur une chaise près de la fenêtre.
James et Sirius étaient assis sur le bureau de Lucrécia, une tasse de café à emporter dans la main. James tira sa baguette de sa poche et jeta un sort à la troisième tasse qui était posée sur le bureau et la fit léviter dans les airs dans sa direction. Remus n'eut qu'à tendre la main pour se saisir de ce qui serait son petit déjeuner.
- « Tu as une tête à faire peur Remus ! » lança James tandis que le jeune homme buvait avec délice le liquide chaud et sucré. « Tu as dormi cette nuit ? »
- « Bien sur ! Quelle question ! » répondit Remus vaguement mal à l'aise.
Il n'avait pas l'intention de mettre son ami au courant de ses frasques de la nuit précédente.
- « Mais… Tu ne portais pas déjà ces vêtements hier ? » demanda soudain Sirius en posant sa tasse sur le bureau et en se mettant debout.
- « Euh… »
- « Si ! Tu étais habillé comme ça hier soir ! Et vu l'état dans lequel sont tes fringues en ce moment je dirais que tu n'as pas dormi chez toi cette nuit ! » s'exclama Sirius en souriant largement.
- « Mais c'est vrai… » renchérit James en se levant à son tour, l'air tout aussi ravi.
- « N'importe quoi ! Vous délirez les gars ! » souffla Remus dans une tentative désespérée pour échapper à l'interrogatoire de ses deux amis.
- « Mais bien sur, on délire ! » ironisa James
- « Ne mens pas Remus ! J'ai beaucoup de flair pour ses choses là ! » renchérit Sirius en posant son index sur le bout de son nez.
- « Tu n'as pas passé la nuit chez toi ! » conclut James en croisant les bras sur son torse un large sourire aux lèvres « Elle s'appelle comment ? »
- « Qui ? » demanda Remus pour essayer de gagner du temps pour pouvoir réfléchir à une échappatoire.
- « La fille avec qui tu as passé la nuit bien sur ! Tu as l'air de trop bonne humeur pour avoir passé la nuit tout seul ! C'est Debae ? » demanda Sirius.
Remus manqua de s'étouffer avec la gorgée de café qu'il venait de prendre. James répondit pour lui.
- « Non… Il ne la voit pas comme une petite amie potentielle… Et avec tout le mal qu'il a pour essayer de la faire tomber dans les bras de ce Zac… Je ne pense pas que ce soit elle, n'est-ce pas Remus ? »
- « Je n'ai effectivement pas passé la nuit avec Debae »souffla Remus en se levant.
- « Donc tu étais bien avec une fille ! » s'exclama Sirius, triomphant, en levant un poing au ciel. « Remus était avec une fille ! Remus était avec une fille ! »
- « Laisse tomber Patmol ! » grogna Remus avec un soupçon de mauvaise humeur.
- « Oui Patmol ! Tais toi et laisse-le raconter ! » lança James en souriant.
- « Je n'ai jamais eu l'intention de raconter quoique se soit ! » grogna une nouvelle fois Remus en se dirigeant vers la porte de son bureau.
- « Oh ! Lunard ! Tu l'as rencontré où ? » demanda Sirius
- « Je ne vous dirait rien ! » lança Remus en entrant dans son bureau.
Mais il du se battre pour pouvoir refermer la porte car James et Sirius poussaient de toutes leurs forces pour l'empêcher de s'enfermer.
- « Sois sympa Lunard ! Dis nous au moins comment elle s'appelle ! » demanda James tandis que Remus parvenait enfin à refermer sa porte en souriant à ce petit jeu.
Cela lui manquait parfois, l'insouciance de leur adolescence. Il aimait de temps en temps quand la situation dérapait et qu'ils en venaient à oublier qu'ils étaient adultes. Mais en l'occurrence, il ne céderait pas.
- « Je ne vous dirait rien ! » cria-t-il en souriant à travers la porte.
- « On trouvera un moyen de te le faire dire ! » lança Sirius
- « Ouais ! Compte sur nous ! » renchérit James.
Une bouffée de sueur froide envahit alors Remus qui ouvrit immédiatement la porte, manquant de faire tomber à la renverse ses deux amis qui s'y appuyaient encore.
- « Ne dites rien aux filles ! » lança-t-il dans un souffle
- « Quoi ? »
- « Ne dites pas à Océane et Lily que j'étais avec une fille cette nuit, sinon je suis mort ! » supplia-t-il
- « Oh oh… » souffla Sirius d'un air amusé « Aurais-tu peur de nos douces moitiés ? »
- « Vos douces moitiés sont redoutables quand elles s'y mettent et si vous leur dites, elles vont être invivables avec moi ! Je veux juste que pour une fois on me laisse un peu tranquille ! S'il vous plait les gars… »
James et Sirius échangèrent un regard amusé avant de se tourner vers lui.
- « On ne dira rien » souffla James
- « On va t'accorder le calme que tu demandes, on ne dira rien aux filles… » continua Sirius « Mais si elles posent des questions… »
- « On ne pourra pas leur mentir… » termina enfin James en souriant.
- « Je suis d'accord » souffla Remus qui savait pertinemment que c'était le mieux qu'il pouvait obtenir « Mais c'est un secret de Maraudeurs les gars ! »
- « Promis ! » assurèrent alors ses deux amis.
Il hocha alors la tête et referma la porte de son bureau. Il était grand temps qu'il se mette au travail. A peine s'était-il installé pour travailler, qu'il entendit des coups frappés à sa porte.
- « Dis nous au moins son prénom ! » hurla Sirius
- « NON ! » lança Remus avant de se mettre à rire doucement.
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- « Oh la la ! Lily ! Qu'est-ce qui t'arrives ? Tu as une toute petite mine ?! » s'exclama Augusta Longdubat tandis qu'elle était venue accueillir la jeune femme sur le pas de la porte.
Lily esquissa un maigre sourire, mais elle savait très bien qu'il sonnait faux.
- « Je ne suis pas très en forme en ce moment » souffla-t-elle alors que la vieille femme tapotait amicalement sa joue comme l'aurait fait une mère pour sa fille.
- « Des ennuis de santé ? » s'inquiéta la vieille femme
- « Le moral plutôt… J'ai vécu des évènements difficiles »
- « Le petit Diggory n'est-ce pas ? Quel drame ! Je l'ai appris par la presse et cela m'a bouleversée »
Lily hocha tristement la tête. Depuis le jour où ce petit garçon avait trouvé la mort sous ses yeux, il ne se passait pas une nuit sans qu'elle ne fasse d'horribles cauchemars. Elle ne s'était pas vraiment reposée depuis ce fameux jour et cela se voyait. James n'était pas non plus au mieux de sa forme, mais tous les deux, ils apprenaient doucement à vivre avec ce souvenir et à surmonter leurs angoisses d'imaginer un de leurs enfants à la place du petit Cedric.
- « Ne pensons plus à de telles choses ! » lança soudain Augusta, tirant la jeune femme de ses pensées « Tu es sûre que tu ne préfères pas rentrer chez toi et te reposer ? »
- « Non, je vais bien » lui assura la jeune femme « Et puis, aujourd'hui est un jour important… »
- « Oui, tu vas évaluer leur progression ? »
- « Exactement » répondit la jeune femme en souriant d'un sourire franc cette fois « Il y a eu de nouveaux progrès depuis ma dernière visite ? »
- « Enormément ! » répondit la vieille sorcière, visiblement heureuse.
- « Allons voir ça alors » murmura Lily en entrant dans la grande maison des Longdubat
- « Et comment vont les enfants ? » demanda Augusta en se dirigeant vers les escaliers.
- « Ils vont bien, merci, et Neville ? »
- « Oh ! Il va de mieux en mieux depuis que ces parents sont là et plus Franck et Alice progressent, plus j'ai l'impression qu'il devient éveillé ! C'est merveilleux »
- « En effet » souffla Lily.
Les deux femmes étaient arrivées à l'étage. Augusta se précipita aussitôt vers la chambre de ses enfants dont la porte était ouverte.
- « Oh ! » s'exclama-t-elle d'un air attendri en entrant dans la pièce.
Lily se dépêcha de la rejoindre et ne pu s'empêcher de sourire en voyant le spectacle qui s'offrait à elle. Franck et Alice étaient tous les deux assis en tailleur sur le lit du jeune homme. Neville se trouvait assis entre eux deux, son livre de « Jack et le Haricot Magique » sur les genoux. Il montrait avec applications les images à ses parents.
- « Là, il donne sa vache au monsieur… » expliquait-il patiemment en souriant à sa mère qui le dévorait des yeux avec admiration.
- « Bonjour ! » lança Lily en leur adressant à tous les trois un petit signe de la main.
- « Oh ! Lily ! » lança Neville en se mettant à genoux sur le lit « Ze raconte l'histoire à Papa et Maman ! »
- « C'est très bien ça mon grand ! » lui assura la jeune femme en s'approchant tout doucement d'eux.
- « Livre ! » lança Alice en prenant l'ouvrage des mains de son fils
- « C'est très bien ! » la félicita
- « 'Jour Lily ! » la salua alors Franck en lui adressant un grand sourire.
La jeune femme lui rendit son sourire et se tourna vers Augusta.
- « C'est merveilleux les progrès qu'ils ont fait en si peu de temps ! » s'exclama-t-elle
- « Dire qu'il y a encore deux semaines ils ne parlaient pas ! » lui répondit la vieille femme
- « C'est fantastique, mais nous en avons déjà discuté Augusta. Vous savez très bien qu'il ne faut pas crier au miracle tout de suite. Peut être ne feront-ils plus de progrès pendant des semaines, peut être des mois… »
- « Je suis parfaitement consciente de tout cela Lily, rassure toi. Mais pour le moment, chaque jour apporte sa dose de bonnes surprises… Ils arrivent enfin à reconnaître les gens qu'ils voient souvent et ils savent que Neville est leur fils… Pour le moment, c'est le plus important »
Lily hocha la tête et s'approcha des perfusions. Maintenant que Franck et Alice avaient pris l'habitude de passer d'un lit à l'autre et de se promener dans leur chambre quand l'envie leur prenait, on ne leur administrait la potion que le soir. Lily vérifia le niveau du liquide dans les perfusions et en vérifia la concentration. Pendant tout ce temps, elle se régalait d'écouter Neville parler à ses parents. Il tentait de leur apprendre de nouveaux mots, ce qui était parfois un peu difficile. Pour l'instant, Franck et Alice ne parvenaient à mettre des mots que sur les objets matériels qu'ils pouvaient toucher ou voir. Quelque chose d'aussi abstrait que l'amitié, l'amour ou même le danger leur étaient encore étranger. C'était entre autre pour cela qu'il leur était interdit de quitter leur chambre. Ils pouvaient si facilement se blesser ou sortir et se retrouver sans défense au milieu de nulle part. Ils demandaient plus d'attention encore que la surveillance de leur petit garçon de trois ans et demi.
Lorsqu'elle eut terminé, la jeune femme se rapprocha de la commode qui se trouvait dans un coin de la pièce. Sur celle-ci se trouvait un carnet rouge foncé qu'elle prit et qu'elle ouvrit. Dans ce carnet, Augusta et les deux elfes de maison notaient scrupuleusement les diverses avancées des deux malades. Lily le parcourut rapidement et se mit à sourire encore plus en lisant la liste des progrès de ses deux amis.
- « C'est merveilleux » souffla Lily en refermant le carnet
- « N'est-ce pas… » murmura Augusta « Je suis tellement fière d'eux »
- « Il va falloir tout de même surveiller au cas où la potion aurait des effets secondaires »
- « Nous surveillons tout cela depuis le début Lily, pour le moment il n'y a rien eut… »
- « Je sais bien, mais j'ai tellement peur que les choses se gâtent » avoua la jeune femme
- « À cause menaces de Ste Mangouste ? » demanda Augusta.
- « Entre autre oui » avoua la jeune femme.
Elle avait vraiment peur de faire empirer le cas des deux anciens aurors, et tout aussi peur de passer le reste de sa vie à Azkaban.
- « Lily, il ne faut pas t'angoisser ainsi » souffla Augusta « Mon avocat et celui de Horace ont parfaitement réussit pour le moment à démonter les assauts des avocats de Ste Mangouste. Aucune de leur accusation ne tient la route pour le moment, Franck et Alice sont en pleine forme et vont de mieux en mieux, nous n'avons aucun soucis à nous faire »
- « C'est ce que me dis James » murmura la jeune femme en souriant
- « C'est vrai qu'il est en contact avec nos avocats… Il s'intéresse vraiment beaucoup à ce projet, et sans son soutien financier, je suis persuadée que nous n'aurions jamais pu mener ce projet à bien… »
La vieille femme prit alors les mains de Lily dans les siennes et les serra aussi fort que le permettait ses faibles forces de vieille femme.
- « Je ne saurais jamais comment vous remercier tous les deux » lança-t-elle dans un souffle
- « Vous n'avez pas besoin de nous remercier, la guérison de Franck et Alice sera notre plus belle récompense… »
- « Merci »
Les deux femmes se regardèrent un moment légèrement émues avant d'être surprise par les rires de Franck et Alice. Lily se tourna vers le lit où ses deux amis s'amusaient avec Neville. Franck avait pris son fils par la taille et le soulevait en riant, tandis que le petit garçon frappait dans ses mains. Alice les regardait avec tendresse.
- « Ils sont beaux tous les trois, ça fait du bien de les voir comme ça. Ca me rappelle quand Neville était bébé et qu'ils travaillaient encore » souffla Lily
- « Moi aussi et nous allons tout faire pour qu'ils progressent encore plus et je garde espoir qu'un jour peut être, Franck et Alice pourront parfaitement s'occuper de lui et qu'ils formeront la même belle famille qu'avant… » lança Augusta .
- « C'est ce que nous souhaitons tous ! » assura Lily en serrant une dernière fois les mains de la vieille femme dans les siennes. « Bon, puisque tout le monde va bien, je vais rentrer chez moi… Vous pourrez vous en sortir toute seule ? Maintenant qu'ils sont plus actifs, ils vous fatiguent sans doute plus… »
- « Ne t'en fait surtout pas pour cela Lily. Winky m'est d'une grande aide et je peux très bien les gérer pour le moment. »
- « Vous en êtes bien sur ? »
- « J'en suis certaine. Rentre chez toi et reposes toi, tu en as bien besoin. Mes amitiés à James et embrasse les enfants pour moi »
- « Je n'y manquerais pas… Oh, je vous en prie, ne me raccompagnez pas, je connais le chemin. Au revoir Augusta, au revoir Neville, au revoir Franck et Alice ! »
Les deux adultes détournèrent alors leurs regards de leur fils et lui sourirent.
- « Revoir ! » lança Franck tandis que Alice lui faisait un signe de la main.
Neville lui, était de nouveau absorbé par son livre et ne faisait pas attention à elle. Lily quitta la chambre en souriant, ce qui était souvent le cas désormais quand elle partait d'ici. Elle était tellement contente d'avoir réussit à faire progresser un peu l'état de santé de ses amis. Chaque semaine, elle atteignait un peu plus l'objectif qu'elle s'était fixé depuis qu'elle avait commencé à travailler sur cette potion : les guérir.
Bien qu'elle ne cesse de répéter à Augusta qu'elle ne devait pas fonder trop d'espoir et qu'elle devait attendre et ne pas tirer de plans sur la comète, Lily ne pouvait s'empêcher de le faire elle-même. Elle voulait y croire et même si elle ne le montrait pas, chaque jour qui passait la confortait un peu plus dans le fait qu'elle, le professeur Slughorn, Franck et Alice y arriveraient ! Elle quitta la maison après avoir chaleureusement salué Winky et l'autre elfe de maison d'Augusta qui faisaient elles aussi un travail formidable.
Après avoir transplaner, elle arriva devant la maison des Black. Elle entra sans frapper comme à son habitude et entendit des bruits et des rires venir du salon. Elle s'y rendit en souriant et à peine fut elle entrer dans la pièce que Syrielle releva la tête et lui fit un éblouissant sourire. La petite fille se leva alors et courut vers elle.
- « Maman ! »
Lily s'accroupit et l'accueillit dans ses bras qu'elle referma autour de son petit corps fragile et qu'elle souleva contre son cœur.
- « Oh ma chérie ! Bonjour mon cœur… » murmura-t-elle avant de poser un baiser sur la joue de sa fille.
- « On dirait que c'est le grand amour ce matin ! » lança Océane depuis le canapé.
La jeune femme ne s'était pas levée à cause de son ventre qui limitait beaucoup ses mouvements désormais. Se lever aurait représenté une fatigue bien inutile.
- « Je ne l'ai pas vu ce matin, elle dormait quand je suis partie… » répondit Lily en contournant le fauteuil pour venir s'y installer.
Océane se mit à sourire tandis que Syrielle, enfournant son pouce dans sa bouche se blottissait un peu plus contre sa maman, agrippant sa chemisette de son petit poing.
- « Ca c'est du câlin… » souffla Lily en souriant et en caressant doucement les cheveux de son petit ange en souriant.
- « Elle au moins s'intéresse à ton retour ! Tes fils s'en moquent un peu ! » plaisanta Océane en souriant.
- « On dirait bien oui… Où sont-ils d'ailleurs ? »
- « Harry joue avec Lalyh dans la salle de jeu, Kana les surveille… Quand à Jack, il dort dans ma chambre, j'ai branché le bébé transmetteur »
- « Syrielle était ici toute seule ? » demanda Lily
- « Oui, on a lu des histoires » répondit Océane en désignant une pile de petits livres sur la table basse
- « Elle ne t'a pas fatiguée ? »
- « Non ! Tu penses ! Et puis j'ai l'habitude maintenant… Lalyh est constamment dans mes pattes depuis une semaine ! Elle joue à faire le bébé, elle veut sans arrêt des câlins… Si ça doit continuer comme ça pendant les deux mois qui me restent avant la naissance, je vais devenir folle ! Heureusement que là, elle a Harry pour penser à autre chose qu'à sa sœur ! »
- « Tu dis ça, mais tu serais malheureuse si elle ne restait pas tant avec toi » souffla Lily
- « Oui » avoua la jeune femme en souriant.
Lily se mit à sourire à son tour. Elle savait qu'il était très agréable de voir ses enfants se montrer tendres et câlins. Elle en tout cas ne s'en lassait pas. Elle posa son menton sur la petite tête douce et brune de sa fille et étouffa un bâillement.
- « Tu as mal dormi cette nuit encore pas vrai ? » demanda Océane d'une voix grave
- « Oui » souffla Lily
- « Moi aussi j'ai du mal en ce moment » avoua Océane en encerclant son ventre de ses bras. « Tu sais que tu m'inquiètes toi par contre. Tu as vraiment l'air fatiguée. Tu devrais aller voir un médicomage, on te donnerait peut être quelque chose pour que tu puisses enfin dormir… »
- « Je n'ai pas envie de me gaver de médicaments pour dormir » lança Lily avec sérieux « Je préfères encore être fatiguée »
- « Mais tu vas te ruiner la santé »
- « Mais non… » souffla la jeune femme.
- « Je n'arrive pas à croire que Dumbledore t'ait confié cette mission à toi si tu es exténuée alors qu'il me la refusé à moi ! » grogna Océane, faussement fâchée.
- « Je ne suis pas enceinte moi ! » rétorqua Lily en souriant avant de reprendre d'un air plus grave « Et puis justement, le fait de faire cette mission me permettra peut être de penser à autre chose qu'à la mort de Cedric et que cela me fatiguera assez pour que je recommence à dormir… »
- « Tu me tiendras au courant pas vrai ? » demanda Océane
- « Je viendrais te faire mon rapport avant même de le faire à Dumbledore ! » assura Lily en souriant.
- « Tu commences quand ? »
- « Demain… J'ai rendez-vous à l'orphelinat où il a été placé enfant… Dumbledore m'a demandé de poser des questions et de voir s'il n'y aurait pas des détails qui auraient échappé à son souvenir… Ca m'étonnerait, mais bon, il faut bien commencer quelque part ! »
- « Oui » approuva Océane « Je suis sure que tu t'en sortiras à merveille ! »
- « On verra… » se contenta de répondre Lily.
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Elle avait passé la matinée à angoisser. Elle était tendue, elle avait peur et cela se ressentait. Drago ne cessait de la regarder avec inquiétude et malgré tous les sourires qu'elle lui adressait et qu'elle voulait rassurants, elle voyait bien qu'elle n'y arrivait pas. D'ailleurs, elle se leva et fit quelques pas dans son salon, pour tenter de se calmer un peu. Depuis qu'elle avait reçu, tard la veille, un hibou lui annonçant que le Seigneur des Ténèbres voulait la voir en personne, elle n'arrivait pas à penser à autre chose.
Il lui faisait peur, terriblement peur. Pourtant, elle avait le sang pur et elle avait toujours soutenue les idées du Mage Noir. Elle avait toujours écouté ce que disait Lucius, elle avait toujours tout fait pour que leur Maître n'ait rien à leur reprocher. Mais depuis que son mari était en prison, elle était perdue. Elle ne savait pas vraiment quelle attitude adopter. Le Seigneur des Ténèbres était terriblement furieux contre son mari qu'il tenait pour responsable de l'échec de la mission du Ministère. Elle savait qu'il lui fallait maintenant être irréprochable, le problème est qu'elle ne savait pas vraiment comment s'y prendre. Elle voulait bien faire, vraiment, et elle espérait pouvoir autant qu'il lui était possible venir en aide à son Maître… Il lui avait de toutes façons déjà fait comprendre qu'il serait capable de s'en prendre à Drago si jamais il lui prenait l'envie de contrer l'un de ses ordres. Et si Narcissa était certaine d'une chose, c'était bien celle là. Jamais, elle ne laisserait personne faire du mal à son fils, personne ! Et même s'il s'agissait du Seigneur des Ténèbres, elle était prête à tout pour que Drago vive en paix, loin de ce genre de chose. Il n'était qu'un enfant après tout, son enfant.
Le pop caractéristique d'un transplange se fit alors entendre dans l'entrée. La jeune femme sursauta. Après avoir lancé un dernier regard à son fils qui jouaient sur le sol avec ses figurines de plomb, elle quitta le salon pour accueillir son visiteur. Il s'agissait de Severus Rogue qui regardait autour de lui l'air impassible.
- « Bonjour » le salua la jeune femme
- « Bonjour Narcissa, tu es prête ? Il faudrait que nous ne tardions pas trop »
- « Laisse moi cinq minutes » demanda la jeune femme en lui tournant le dos.
Elle se dépêcha de rejoindre le salon et s'approcha de son fils. Elle s'agenouilla près de lui et releva son visage d'ange du bout de ses doigts. Il était tellement beau qu'elle se mit à sourire.
- « Au revoir mon chéri, je pars, mais je promets de te revenir vite » murmura-t-elle « Sois bien sage mon amour, je t'aime »
Elle se pencha et embrassa le front de son fils. Le petit garçon tendit alors ses bras et les noua autour du cou de sa maman qui se mit à sourire. Il l'attira un peu plus contre lui de ses petites forces avant de déposer un baiser sonore sur une de ses joues. Attendrie, Narcissa regarda encore un petit moment son fils avant de se relever. Elle soupira et claqua des doigts. Elle attendit que son elfe de maison qui était chargé de surveiller Drago pendant son absence arrive avant de quitter la pièce. Rogue attendait toujours, impassible dans l'entrée.
- « C'est bon… » murmura Narcissa en se plaçant à ses côtés « On peut y aller »
- « Tu y es déjà aller toute seule ? » demanda le jeune homme.
Elle lui fit signe que non de la tête. Quelque part, elle était contente que ce soit lui, plutôt que Bellatrix qui soit venu la chercher. Avec le jeune homme, elle n'était pas gênée de ne pas savoir. Avec sa sœur, elle se sentait toujours obligée de ne se montrer plus forte qu'elle ne l'était vraiment. Bellatrix était tellement sûre d'elle, tellement confiante. Narcissa l'avait toujours beaucoup admiré et elle voulait lui montrer qu'elle était capable de bien faire elle aussi… Mais Bellatrix était tellement exigeante par moment… Elle l'avait toujours été.
- « Prends mon bras » souffla Rogue.
Narcissa lui obéit immédiatement et ferma les yeux quand elle sentit les premiers signes du transplanage d'escorte. Elle ne les rouvrit que lorsqu'elle sentit sous ses pieds le sol dur et ferme. Elle se trouvait devant une grande et ancienne demeure. Elle était assez belle, mais aucune chaleur n'en sortait. Elle ne donnait pas envie d'y pénétrer, tout semblait froid et triste. La jeune femme frissonna malgré la douceur du climat.
- « Allons-y, il ne faut pas que nous le fassions attendre » décréta Rogue en s'éloignant d'elle et en avançant à pas rapide vers la grande demeure.
Narcissa lui emboîta le pas, bien décidée à être forte et fière, comme il convenait à une femme de son rang. Elle se redressa et c'est majestueusement qu'elle entra dans la belle et grande maison. Le silence y régnait, ce qui rendait l'atmosphère lourde et oppressante.
- « Par ici… » lui souffla Rogue en tournant dans le premier couloir qu'ils rencontrèrent. Ils marchèrent quelques mètres avant de s'engouffrer dans une pièce, grande et lumineuse dans laquelle attendaient plusieurs personnes. Narcissa les avaient tous déjà vu au moins une fois, mais n'avait pas retenu leurs noms a tous. Seules quelques têtes lui étaient familières, dont bien évidemment celle de Bellatrix.
- « Que fais-tu ici, Cissy ? » demanda justement cette dernière avec surprise.
- « Le Seigneur des Ténèbres lui a demandé de venir » répondit Rogue à sa place.
- « Vraiment ? » demanda Bellatrix « Mais qu'à tu donc fais pour mériter un tel honneur ?! »
- « Je ne sais pas Bella » répondit la jeune femme qui pour sa part ne se considérait pas chanceuse d'avoir droit à une telle entrevue.
Elle s'en serait volontiers passée. Sans ajouter un mot, elle s'installa sur la seule chaise libre qui restait dans la pièce. Elle faisait preuve de beaucoup de contrôle pour ne pas montrer à quel point elle pouvait être stressée. L'atmosphère qui régnait dans la pièce ne lui facilitait pas les choses. Personne ne parlait, ou alors uniquement à voix basse. Les visages étaient fermés et graves. Narcissa ne se sentait décidément pas à sa place.
C'est alors que la porte de la pièce s'ouvrit brusquement et claqua violemment. Un jeune homme entra. Il paraissait furieux et frustré. Narcissa le reconnut, elle avait déjà eu l'occasion de le voir plusieurs fois. Barty Croupton Jr n'avait pas beaucoup changé depuis la dernière fois qu'elle l'avait vu, il paraissait un peu plus dément cependant.
- « J'en ai assez ! » hurla-t-il en donnant un violent coup de poing dans une bibliothèque qui se trouvait non loin de lui « J'en ai assez de ne faire que des missions minables alors que j'ai montré à de nombreuses reprises que j'étais aussi capable que beaucoup d'autre ici ! »
Croupton faisait un peu peur. Il était rouge de colère et il fulminait. Narcissa se demandait s'il était capable de se contrôler où si elle devait s'attendre à le voir détruire tous les meubles de la pièce.
- « Pourquoi est-ce toujours à moi que l'on demande de recruter le bleusaille ! Pourquoi est-ce que je n'ai pas le droit de faire des missions plus importantes ! »
Narcissa le regardait avec inquiétude et crut entendre Bellatrix ricaner. Elle soupira. Pourquoi fallait-il constamment que sa sœur jette de l'huile sur le feu ?
- « Tu as un commentaire à faire Bellatrix ?! » demanda Croupton d'un air mauvais.
Narcissa sentit alors une main se poser sur son épaule et elle se retourna. Rogue se pencha vers elle et lui souffla à l'oreille.
- « Viens, c'est à toi maintenant… »
La jeune femme frémit mais garda un visage impassible. Elle se leva et quitta la salle, occultant totalement les cris qui fusaient désormais entre sa sœur et son collègue mangemort. Elle suivit Rogue jusqu'à une pièce à l'étage après avoir pris plusieurs escaliers et plusieurs couloirs. Bientôt, le jeune homme s'immobilisa devant une porte.
- « Voilà, il t'attend. » lui souffla-t-il « Bon courage »
Narcissa le remercia d'un discret signe de tête et attendit qu'il se soit éloigner avant de prendre une grande inspiration et de tourner la poignée de la porte. Celle-ci s'ouvrit en grinçant et Narcissa se dépêcha d'entrer pour que ce bruit cesse au plus vite. Lorsque la porte se fut refermée sur elle, elle entendit une voix sifflante s'adresser à elle.
- « Approche… »
Narcissa parvint à maîtriser ses tremblements et se retourna. Les yeux fixés sur le sol pour ne pas croiser le regard du Seigneur des Ténèbres, elle s'avança du fauteuil sur lequel il était assis avant de s'incliner doucement.
- « Narcissa… » siffla le mage noir « Te souviens-tu de notre dernière rencontre ? »
- « Oui, Maître » répondit simplement la jeune femme.
- « Tu te rappelles donc que je t'avais dit qu'un jour, il te faudrait racheter la faute de ton mari »
- « Je m'en souviens »
- « Parfait ! Car il se trouve que j'ai une mission à te confier et j'entends bien que tu la mène à terme »
- « Je ferais tout mon possible… »
- « Ce ne sera pas suffisant ! Il faut que ce soit une réussite et tu sais parfaitement que j'ai les moyens de te faire payer si jamais tu n'y arrivais pas »
Cette fois, Narcissa ne pu s'empêcher de frémir en entendant cette menace à peine voilée envers Drago. Le Seigneur des Ténèbres avait été plus qu'explicite à ce sujet lors de leur dernière rencontre.
- « De quoi s'agit-il ? » demanda-t-elle d'une voix un hésitante.
- « Il va falloir que tu entres en relation avec Brajow et Beurk, le magasin sur l'Allée des Embrumes »
- « Je connais… » souffla Narcissa.
- « Ils ont en leur possession un objet qui me sera de la plus grande utilité. Je veux que tu t'assures qu'il reste en notre possession. Il faudra sans doute aussi le réparer un peu, mais je pense qu'elle pourra encore nous servir »
- « De quoi s'agit-il Maître ? » se risqua à demander Narcissa.
Elle n'était pas certaine d'avoir le droit de lui adresser ainsi la parole, aussi directement, mais elle n'avait pas réussit à se contrôler.
- « Il s'agit d'une armoire qui nous permettra d'infiltrer Poudlard… C'est un de mes fidèles mangemorts qui a entendu un de ses anciens camarades d'école se vanter qu'il avait réussit plusieurs fois à quitter le château de cette manière… Il n'y a aucune raison que nous n'arrivions pas à faire le chemin en sens inverse »
- « Très bien » souffla Narcissa « Je ferais donc de mon mieux pour remplir ma mission » lui assura-t-elle en espérant que cela signifierait la fin de cet entretien qui la mettait mal à l'aise.
- « Je l'espère pour toi ! Pense à ton fils, Narcissa… Pense à ton fils ».
La jeune femme frémit et s'inclina encore plus.
