Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en général mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !
Bonne lecture à vous tous… Aylala
Note 1 : J'ai terminé de rédiger cette histoire en mai 2007. Il n'y a donc dans cette fiction AUCUNE INFORMATION concernant Harry Potter and the Deathly Hallows. Je n'ai fait qu'émettre des suppositions sur ce qui aurait pu se passer. Si par hasard j'avais deviné quelque chose, c'est que je possède un Troisième Œil très efficace !
Par respect pour les lecteurs qui n'ont pas encore eu la chance de lire le tome 7, je vous demande de ne faire AUCUNE ALLUSION au septième tome dans vos reviews… Ne gâchez pas le plaisir de ceux qui ne savent pas lire l'anglais svp !
Note 2: J'ai pris une grande décision, ou plutôt je me suis fixée un but : terminer la publication de ma fic avant la sortie en français de HP 7 en français ! Attendez vous donc à une publication beaucoup plus régulière et rapprochée ! -
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Ce qui aurait pu se passer
Chapitre cent trente six : Les ruines
«
On a vu bien des gens comme nous maintenant
Qui avaient tout
perdu, ils vont bien quelque part
Je voudrais bien savoir ce
qu'ils sont devenus
(…)
On recommencera
Il me reste mon
cœur et mes bras »
Michel Delpech ( La maison en ruine)
- « Halte ! Personne ne passe la zone est protégée ! » lança d'une voix fort peu aimable un jeune auror en se plaçant devant eux.
- « Nous sommes les propriétaires de ce bureau » expliqua James qui faisait visiblement de gros efforts pour ne pas s'énerver.
Il tenait par la main Lily, qui avait les traits tirés et l'air grave comme toutes les autres personnes qui les accompagnaient. En effet, dès qu'il avait appris la nouvelle, le professeur Dumbledore avait eu envie de constater par lui-même l'ampleur des dégâts. Bien sur, les garçons et leurs épouses avaient insisté pour venir et il n'avait pas pu refuser. Maintenant, ils étaient là tous les six à tenir tête à ce jeune auror buté.
- « Le Commandant nous a bien dit que personne… »
- « Ecoute moi bien ! » lança Sirius d'une voix sèche « C'est de notre entreprise dont tu sécurises l'accès ! Il y a peut être des choses qu'on a envie de récupérer avant que vous veniez mettre votre nez là dedans, alors sois un bon garçon et tire toi de devant notre route ! »
- « Sirius… » souffla Océane sur un ton de reproche tandis qu'elle posait sa main sur son bras « Il ne fait que son travail »
Le jeune homme grogna et enfonça ses mains dans sa poche d'un air mauvais.
- « Vous pourriez peut être aller dire à votre Commandant que nous sommes là et que nous voudrions le voir » proposa Remus d'une voix ferme.
Le jeune auror les fixa tous un par un avec un air un peu indécis avant de répondre.
- « Je vais le chercher » souffla-t-il « Mais je ne veux pas vous voir passer les barrières de sécurité ! » les prévint-il d'un ton un peu sec.
Il leur lança un dernier regard sévère avant de leur tourner le dos et de s'éloigner d'eux pour aller rejoindre un petit groupe d'aurors qui discutait entre eux.
- « C'est horrible » souffla alors Lily qui, les yeux rivés sur le premier étage regardait la fenêtre noircie de ce qui avait été la salle d'accueil de Jasire « Vous croyez qu'ils ont tout brûlé ? » demanda-t-elle d'une toute petite voix étranglée.
James ne lui répondit pas et se contenta d'hausser les épaules. Le professeur Dumbledore fixa alors à son tour la pancarte qui autrefois indiquait fièrement le nom de « Jasire » et qui maintenant se balançait misérablement dans le vide, abîmée et noircie. On distinguait à peine les lettres qui y étaient inscrite.
- « C'est tellement injuste… » souffla alors Lily dont les grands yeux verts se remplirent de larmes.
Rapidement, mais avec beaucoup de douceur, son mari les sécha de ses pouces et posa un baiser sur son front.
- « Ce n'est que du matériel… Personne n'a été blessé et c'est ça le plus important… On doit être les plus forts ! C'est ce qu'ils veulent, qu'on craque… »
La jeune femme hocha la tête et prit une grande inspiration. Le professeur Dumbledore se mit à sourire légèrement. Ils avaient beau être encore jeunes, ses anciens élèves faisaient preuve d'une maturité étonnante quand cela était nécessaire. La vie et la guerre les avaient fait mûrir plus vite…
- « J'espère qu'ils ne nous feront pas attendre trop longtemps… Je ne suis pas rassurée d'être dehors alors qu'il y a quelques heures des mangemorts étaient ici » souffla alors Océane.
Sirius passa son bras autour de ses épaules.
- « Tu aurais du rester à la maison » lui répondit-il doucement.
- « Non, j'avais besoin de le voir par moi-même » lui rétorqua la jeune femme en posant sa tête contre son épaule et le jeune homme hocha la tête doucement. « Je pense que si je ne l'avais pas vu, je ne l'aurais pas cru… Ça semble tellement irréel… »
- « Et pourtant… » souffla Remus d'un air las « On a eu beaucoup de chance sur ce coup là ! On aurait pu risquer très gros »
- « Je ne pensais vraiment pas que des mangemorts viendraient nous chercher jusqu'ici… » murmura James
- « Surtout elle… » grogna Sirius.
- « Je propose que nous reparlions de tout cela un peu plus tard » trancha soudain le professeur Dumbledore « Quand nous serons un peu plus en privé… »
D'un signe de tête, il désigna le jeune auror qui leur avait bloqué la route qui revenait vers eux avec celui qui devait être le Commandant des aurors.
- « Oui ?! » demanda ce dernier d'une voix ferme.
- « Bonjour » commença le professeur Dumbledore avant que les garçons n'aient le temps de réagir.
D'un pas rapide, il s'approche de la barrière de sécurité.
- « Ces jeunes gens sont les propriétaires des locaux que vous sécurisez et ils aimeraient beaucoup pouvoir y entrer pour estimer les dégâts par eux même. » termina le professeur avec un sourire aimable mais déterminé.
- « C'est vrai ? » demanda le Commandant et se tournant vers Remus
- « Oui, nous étions même présents quand les mangemorts ont débarqué » répondit ce dernier
Le Commandant les scruta encore un moment avant de donner sa réponse.
- « Très bien… » lança-t-il en jetant un sort de manière à ce que les barrières de sécurité s'écartent pour leur offrir un passage « Justement, j'aurais quelques questions à vous poser »
Le professeur Dumbledore s'effaça pour laisser passer James et Lily, Remus puis Sirius et Océane. Il ferma la marche en compagnie du Commandant des aurors et de sa jeune recrue qui ne le quittait pas d'une semelle. C'est en silence qu'ils montèrent les escaliers qui menaient au premier étage. La porte de Jasire était grande ouverte et James marqua un temps d'arrêt, le temps de prendre une grande inspiration avant de s'y engouffrer. Lorsque le professeur Dumbledore y entra à son tour, il fut attristé pour eux. Les mangemorts avaient tout saccagé, sans doute pour exprimer leur frustration de les avoir manqué. Les murs autrefois blancs portaient de longues traces de brûlure. Le bureau de leur secrétaire n'était plus qu'un tas de ruines, des dossiers, des parchemins, des plumes jonchaient le sol se mêlant au débris de chaises… Les portes qui menaient aux bureaux des trois garçons étaient défoncées et le professeur Dumbledore se doutait bien que leurs bureaux devaient être dans le même état. Il fit quelques pas dans la pièce, enjambant autant que possible ce qui traînait sur le sol. Les trois garçons fixaient le sol d'un air abattu, Lily regardait tout autour d'elle d'un air perdu et attristé tandis qu'Océane, les mains plaquées sur sa bouche regardait avec horreur les grandes traces de brûlures sur les murs.
- « Comme vous pouvez le voir » commença l'auror « les mangemorts ont essayés de mettre le feu à vos locaux, mais ils n'y sont pas parvenu avant l'arrivée de la première équipe d'aurors »
Dumbledore n'était pas certain que les garçons l'écoutaient. Sirius quitta même la pièce pour se rendre dans ce qui avait été son bureau. Océane ne le quitta pas des yeux et attendit en silence qu'il revienne. Cela ne tarda pas à se produire. Il tenait dans une main un cadre brisé et dans l'autre ce qui semblait être une photo, mais déchirée.
- « La sale garce ! » grogna-t-il en jetant le cadre sur le sol qui se fracassa encore un peu plus.
- « Sirius ! » s'exclama Océane
- « Regarde ! Regarde ce qu'elle a fait de la photo de toi et Lalyh ! Brûlée, déchirée ! Elle a bien du s'amuser cette espèce de… »
- « Chut… S'il te plait ne dit rien… » murmura Océane en lui prenant des mains quelques morceaux de la photo.
Elle les fixa un à un d'un air triste avant de les glisser doucement dans une des poches de son pantalon.
- « On en a d'autres des photos… » souffla-t-elle d'une toute petite voix. « Ce n'est pas si grave… »
- « C'était ma préférée… » murmura Sirius avec tristesse.
Le professeur Dumbledore avança un peu dans la pièce. Il regardait tout autour de lui et constata bien vite que rien ne pourrait être sauvé, que rien n'était récupérable. Les trois garçons se rendirent chacun dans leur bureau respectifs, visiblement attristé. Bientôt il ne resta avec lui dans la pièce que le commandant des aurors et sa jeune recrue.
- « C'est un miracle qu'ils s'en soient sortis » lança le Commandant d'un air grave « Quelle heureuse idée ils ont eu de se munir d'un contre-sortilège anti transplanage… Peu de gens y pensent et encore moins sont capables de le réussir aussi impeccablement que celui qui a été lancé ici. C'est ce qui leur a sauver la vie je pense… »
- « Je le pense également. Mais messieurs Potter, Black et Lupin sont très à cheval sur la sécurité et sont par ailleurs de brillants sorciers » se contenta de répondre le professeur Dumbledore
Le Commandant n'eut rien le temps de répondre car déjà tout le monde revenait dans la pièce principale. Remus, les traits tirés avait enfoui ses mains bien profondément dans ses poches. Sirius tenait Océane par les épaules, le regard dur et froid qu'il arborait toujours quand les choses le touchaient trop rendait son visage sévère. Lily quand à elle, se tenait près de son mari et tenait entre ses mains un morceau de parchemin à moitié brûlé sur lequel se trouvait un dessin d'enfant.
- « Messieurs » commença l'auror « Puisque vous êtes tous là, je vais en profiter pour vous poser quelques questions… Savez vous pourquoi des mangemorts sont venus vous attaquer ? »
Dumbledore vit James lui lancer un regard un peu inquiet. Il était bien évidemment hors de question de parler de Bellatrix et de la menace qui planait sur Harry, comme d'habitude.
- « Parce qu'ils leur faut une raison spéciale ? » demanda Sirius d'un ton un peu sec. « Un carton d'invitation ?! Ouvrez les yeux bon sang ! Ils s'amusent à tout saccager ! Nous étions simplement les suivants sur la liste ! »
Le mensonge était remarquablement débité et le professeur Dumbledore lança à son ancien élève un regard satisfait auquel le jeune homme répondit par un très léger hochement de tête.
- « Bien sur… Il n'y avait donc aucune raison pour qu'ils vous attaquent ainsi… » continua l'auror
- « Aucune ! » assura James « Notre seul tort est de ne pas adhérer aux idées de Vous-Savez-Qui ! Cela leur suffit largement pour vouloir nous tuer ! »
- « Il n'y a aucune logique là dedans, Commandant » souffla alors Lily en le fixant avec dans les yeux un mélange de colère et de tristesse « Ils ne veulent que le mal, ils ne savent faire que ça ! »
- « Bien sur » murmura l'auror « Comme vous pouvez le constater, rien ne peut être sauvé. Nos équipes vont continuer leur enquête puis nous ferons mettre des scellés aux portes. Lorsque nous n'aurons plus besoin d'inspecter vos locaux, nous vous enverrons un hibou et vous pourrez reprendre possession de votre bien. J'ai besoin de vos adresses ».
Les trois garçons échangèrent un regard inquiet. Avec ce qui venait de ce passer il était bien évident qu'aucun d'entre eux n'avait envie de donner sa véritable adresse… même au Commandant des aurors.
- « Auquel des trois faire venir ce courrier ?! » lança alors le professeur Dumbledore en souriant « Ils sont tous trois les propriétaires, se seraient en froisser deux que de ne faire parvenir un courrier qu'à un seul d'entre eux ! »
Le vieux sorcier vit alors très clairement ses cinq anciens élèves le dévisager avec surprise. Tous s'entendaient si bien que le fait de se vexer si l'un d'entre eux recevait une lettre officielle à leur nom à tous était véritablement inenvisageable. Mais le professeur avait un plan et même si pour l'instant, ils ne voyaient pas où il voulait en venir, cela ne tarderait pas.
- « Faites donc parvenir ce courrier à Poudlard ! Je me chargerais de leur transmettre l'information » continua Dumbledore en souriant d'un air aimable.
- « A Poudlard ?! » s'étonna l'auror.
Derrière lui, James, Sirius et Remus se mirent à sourire largement.
- « Oui, ce sera bien mieux ! » souffla Remus en reprenant un air grave.
- « Oui ! Pas de favoritisme ! » renchérit Sirius en hochant la tête avec conviction.
- « Très bien… dans ce cas, nous enverrons ce courrier à Poudlard » murmura le Commandant des aurors tandis qu'il en prenait note sur son petit carnet.
Visiblement tout cela lui paraissait très étrange et le professeur Dumbledore était persuadé qu'il devait le prendre pour un vieux fou. Mais il ne s'en formalisa pas, il n'était plus à une excentricité près, et au contraire, cela l'amusait. Le plus important était que le problème des garçons était résolu.
- « Messieurs, dames » lança alors le Commandant d'une voix ferme « Vous avez récupéré tout ce que vous vouliez récupérer ? »
Il regarda le maigre butin que Océane et Lily tenaient toujours dans leurs mains comme des trésors avant d'inciter les garçons à répondre d'un signe de tête.
- « Oui, c'est bon… » souffla James
- « Très bien, dans ce cas, je vais vous demander de quitter les lieux. Nous n'avons pas fini notre travail. Nous vous feront part de nos conclusions le plus vite possible »
- « Merci » souffla Remus.
Le professeur Dumbledore prit alors le chemin de la sortie. Il attendit sur le seuil que James, Sirius et Remus jettent un dernier regard à l'entreprise qu'ils avaient bâtie ensemble et qui était maintenant partie en fumée. Lorsque tout le monde fut sortit et fut de retour sur le Chemin de Traverse, ils faussèrent compagnie aux aurors et s'éloignèrent un peu.
- « Ça fait vraiment un choc de voir ça… Maintenant c'est sûr, on n'a plus rien » souffla James
- « Mais ce n'est pas pour autant qu'ils nous ont eu nous ! » lança Sirius
- « C'est exactement la bonne attitude à avoir » leur assura le professeur Dumbledore « Ils tentent de nous déstabiliser, surtout vous… » lança-t-il en se tournant vers James et Lily « Mais ne vous en faites pas, ils sont encore loin de vous avoir atteint. Je suppose qu'aucune adresse ne figurait dans ces bureaux, ni aucun moyen de vous localiser chez vous ? »
- « Aucun ! » assura James « Depuis l'histoire du journal intime de Jedusor, je ne laisse plus rien traîner de ce genre »
- « Moi pareil depuis l'affaire Skeeter, je fais extrêmement attention » ajouta Sirius
- « L'affaire Skeeter ? » demanda le professeur Dumbledore qui ne se souvenait pas d'avoir entendu parler de quelque chose comme cela.
- « Rien de bien important… » souffla alors Sirius en prenant la main de sa femme dans la sienne « C'est du passé de toute façon »
Océane baissa les yeux et le vieux sorcier comprit qu'il ne devait pas insister. De toute façon, cela ne le regardait pas.
- « Très bien… Dans ce cas, puisque Bellatrix n'a aucun moyen de vous retrouver, on peu affirmer que sa mission à été un échec »
Tous hochèrent la tête d'un air grave et le vieux sorcier se tourna vers Lily.
- « Lily, j'aurais besoin de te voir dans les jours à venir. Il faut que je te parle »
La jeune femme acquiesça d'un signe de tête tandis que son mari fronçait les sourcils d'un air surpris.
- « Ce n'est pas très pressé, mais il faudrait que tu viennes avant la fin de la semaine prochaine » continua-t-il
- « Je viendrais » lui assura la jeune femme
- « Tant mieux »
- « Professeur ? » ne pu s'empêcher de demander James « Cela concerna sa mission ? » continua-t-il à voix basse.
- « Oui » répondit Dumbledore en souriant tandis que Lily levait les yeux au ciel, un peu agacée par les manières de son mari. « Et maintenant, je vais vous laisser. Nous avons tous beaucoup à faire »
Il salua ses anciens élèves chaleureusement avant de transplaner pour Poudlard.
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- « Joyeux aaaaaaaa-nniiiiiiiiii-ver-saiiiiiiiiii-re ! »
Un tonnerre d'applaudissement salua la reine de la fête qui rougissait adorablement, les mains jointes près de son menton et qui souriait largement. Sirius ne pu s'empêcher de penser qu'elle ressemblait terriblement à sa mère quand elle souriait ainsi. Il croyait réellement revoir Andromeda quand elle était enfant.
- « Ca y est ? Je peux souffler ? » demanda alors Nymphadora une fois que le silence fut de retour dans la pièce.
- « Bien sur ! » lui assura Ted en souriant
- « Essaye de toutes les souffler d'un coup » murmura Océane
- « Il y en a onze, tu devrais pouvoir y arriver ! » la taquina Sirius tandis qu'il replaçait un peu mieux Lalyh sur ses genoux.
Mais la fillette qui regardait avec envie l'énorme gâteau au chocolat posé devant Nymphadora essayait tant bien que mal de s'en approcher, sans doute pour en goûter un morceau.
- « Alors c'est parti ! » lança Nymphadora en souriant.
La petite fille prit une grande inspiration et souffla d'un seul coup les onze bougies dont les flammes vacillantes brillaient dans la pénombre dans laquelle on avait plongé le salon. La faible lumière qu'elles apportaient s'éteignit d'un seul coup et une nouvelle fois tout le monde applaudit. Ted qui se trouvait près de la fenêtre rouvrit les rideaux et la lumière revint dans la pièce.
- « Tu as fait un vœux ma chérie ? » demanda-t-il à sa fille en se rapprochant d'elle.
- « Oui ! j'ai souhaité que… »
- « Stop ! » l'interrompit alors Océane « Si tu le dis, il ne se réalisera pas ! »
La fillette plaque une de ses mains sur sa bouche.
- « Tu as raison… » souffla-t-elle
Sirius se mit à rire tout doucement. Ce petit bout de bonne femme était tout simplement adorable…
- « On peut le manger maintenant ? » demanda Nymphadora en se tournant vers son père.
- « Oui » répondit Ted en empoignant un couteau « Quelqu'un veut se charger de le couper ? Non ?! Personne… Comme toujours ! » souffla-t-il.
Il s'approcha alors du gâteau qu'il entreprit de le couper à parts égales. Nymphadora fut servit la première, puis Océane, Sirius et enfin lui-même. Sirius eut à peine le temps d'empoigner sa petite cuillère que les doigts de Lalyh s'étaient frayés un chemin dans l'onctueuse crème au chocolat.
- « Sirius ! Surveille un peu ce qu'elle fait ! » la gronda Océane d'un air sévère.
Le jeune homme prit alors la main de sa fille dans la sienne et la regarda avec amusement et tendresse se lécher les doigt avec gourmandise.
- « Il est délicieux » souffla Océane après avoir mangé une bouchée du gâteau « C'est toi qui l'a fais Ted ? »
- « Oui, avec Nymphadora » répondit le jeune homme en souriant
- « Et bien il est très réussit » lui assura la jeune femme en replongeant avec gourmandise sa cuillère dans sa part.
Sirius décida alors qu'il était grand temps pour lui d'y goûter. Il enfourna une grande cuillère dans sa bouche et en donna une plus petite à sa fille. Le gâteau était vraiment délicieux.
- « Tu vas faire une fête avec tes copines d'école pour ton anniversaire ? » demanda Océane à Nymphadora qui se tenait toujours en souriant au bout de la table.
- « Oui, la semaine prochaine ! J'ai invité mes cousins aussi et mon oncle et ma tante… » répondit la petite fille.
- « Deux anniversaires ? Tu en as de la chance ! » souffla Sirius
- « On est bien obligé de faire ça… J'aime mieux éviter de mélanger les deux mondes » souffla Ted avec un sourire triste
- « Tu sais qu'on aurait très bien pu se retrouver avec les membres de ta famille » lui répondit Sirius d'une voix grave « On sait ce tenir ! »
- « Tu as déjà passé beaucoup de temps avec des moldus ? Autre que moi, bien sur… »
- « Non mais… »
- « Sirius, je ne veux pas te vexer, mais je préfère vraiment ne pas trop mélanger les deux mondes. Je ne veux pas prendre de risques, je ne saurais pas faire fasse si jamais le secret de Nymphadora venait à être dévoilé. Je risque beaucoup tu sais, si jamais des moldus apprennent que ma fille est une sorcière. Ils peuvent me l'enlever… »
Ted se tourna alors vers sa fille qui était en pleine discussion avec Océane et la regarda avec tristesse. Si Andromeda avait été encore présente parmi eux, tout aurait sans doute été différent, mais les choses étant ce qu'elles étaient, Sirius comprenait parfaitement que Ted craigne plus que tout qu'on lui enlève sa fille et qu'il faisait tout que cela n'arrive pas.
- « Et à la prochaine rentrée tu vas à Poudlard ? » demanda soudain Océane.
Sirius se tourna vers elle et vit Nymphadora se mettre à sourire largement.
- « J'espère ! » souffla-t-elle en souriant « C'est quand qu'on reçoit le hibou qui confirme qu'on est inscrit ? »
- « Vers la fin du mois de juillet de l'année de ta rentrée au Collège » répondit Océane
- « J'espère que j'en recevrais un ! » soupira Nymphadora avec espoir.
- « Tu doutes d'être une sorcière ? » demanda Sirius en souriant
- « Ben… »
- « Ne dis pas de bêtises chérie ! » souffla Ted « A partir du moment où tu es venue au monde, ta mère et moi avons su que tu étais une sorcière… Tu connais beaucoup de bébé qui change la couleur de leurs yeux toi ? »
- « Elle a manifesté son don si jeune ? » demanda Océane
- « Oui et non… Au début, on a cru que c'était une anomalie, une maladie ou quelque chose comme ça… Mais les médicomages nous ont rassuré. Ils nous ont dit que c'était peut-être une réaction venu du fait que j'étais moldu et que ça allait passé. Ensuite, Nymphadora a arrêté et Andro et moi on a cru que s'était fini. Puis quand elle a eu quatre ans, elle a recommencé à changer. La couleur de ses cheveux surtout. Au début on était pas sûrs que ce soit elle qui le faisait exprès, mais on a vite compris… Mais on ne lui a rien dit pour ne pas qu'elle cultive son don et qu'elle fasse n'importe quoi, elle était trop petite pour comprendre qu'il ne fallait pas qu'elle change d'apparence n'importe quand. Ça s'est calmé après, mais quand Andro nous a quitté, son don s'est réveillé une nouvelle fois et il n'a plus voulu repartir » expliqua Ted.
- « Mais maintenant j'arrive à gérer ! » lança Nymphadora avec une pointe de fierté dans la voix.
- « Oui, mais pas toujours quand tu es en colère… » souffla Ted avec un soupçon se sévérité.
- « Tu avais dit qu'on n'en parlerait plus ! » lui reprocha la petite fille.
Ted hocha la tête d'un air grave. Sirius se mit à sourire en voyant combien le père et la fille étaient proche et comment, ensemble, ils surmontaient le décès d'Andromeda.
- « Par Merlin ! Sirius, tu as vu l'heure ?! » demanda soudain Océane.
Le jeune homme se tourna vers sa femme avant de jeter un coup d'œil à la pendule qui était accrochée sur le mur de la cuisine. Il hocha la tête.
- « Il ne faudrait plus trop qu'on tarde » souffla-t-il en se tournant vers Nymphadora dont le sourire s'était encore agrandit.
- « On va y aller en transplanant ? » demanda-t-elle
- « Oui, mais si on veut de bonnes places il ne faut pas arriver juste avant le début ! »
La petite fille sauta alors de sa chaise et lissa rapidement sa jupe.
- « Je suis prête ! » lança-t-elle en souriant
- « Mouais… » lança Ted « Viens par là ! »
Nymphadora lui obéit et se servant de sa serviette en papier, il nettoya la bouche pleine de chocolat de sa fille.
- « Bon alors écoute moi bien… » commença-t-il « C'est un chouette cadeau que te font Océane et Sirius… »
Sirius se mit à sourire.
- « Je sais » murmura la petite fille
- « Alors tu vas me faire le plaisir d'être bien sage et bien obéissante »
- « Papa ! »
- « Et de ne pas utiliser ton don ! Ce n'est pas parce que tu ne seras qu'avec des sorciers qu'il faut que tu en profites ! »
- « Promis Papa ! » souffla la petite fille, un rien agacée.
Sirius enfourna alors sa dernière cuillérée de gâteau dans la bouche de sa fille qui ne demandait que ça et se leva en la calant bien contre lui.
- « Bon, et bien on va y aller… » souffla-t-il
Océane se leva avec un peu de difficulté à cause de son gros ventre ce qui amusa beaucoup Nymphadora.
- « A tout à l'heure Ted ! Je ne te la ramène pas trop tard » lança Sirius en lui serrant la main « Mais tu sais, on ne sait jamais combien de temps ça peut durer… »
- « Je sais qu'elle est entre de bonnes mains avec toi » lui assura Ted tandis qu'il posait un baiser sur chacune des joues d'Océane puis de Lalyh.
Il serra ensuite un moment sa fille contre lui puis Nymphadora vint glisser sa main dans celle d'Océane et c'est ensemble qu'ils quittèrent la maison. Ils en firent le tour pour être bien sûrs d'être à l'abri des regards indiscrets, puis ils s'arrêtèrent.
- « Lalyh, tu vas aller avec Maman » souffla Sirius en posant sa fille sur le sol et en posant sa petite main dans celle d'Océane « et toi tu viens avec moi… » continua-t-il en prenant la main de Nymphadora.
Il croisa alors le regard d'Océane qui se mit à sourire doucement.
- « Tu es sure que ça va aller ? » lui demanda-t-il tout de même « Je peux faire un saut pour vous déposer à la maison et repartir après… »
- « Non chéri. Je vais bien, je peux transplaner » lui répondit-elle
- « Tu ne viens pas avec nous Océane ? » demanda Nymphadora
- « Non, je suis un peu trop fatiguée pour venir et puis Lalyh est trop petite encore, il faut que je la surveille »
- « Oh » souffla la petite fille
- « Tu es bien sûre que ça va aller ? » insista tout de même le jeune homme en se rapprochant de sa femme.
- « Certaine ! Et maintenant filez où vous allez tout rater ! » leur lança-t-elle.
Sirius s'approcha un peu plus et posa un léger baiser sur ses lèvres avant de s'éloigner et de faire un clin d'œil à sa fille. Puis il serra un peu plus fort la main de Nymphadora dans la sienne.
- « Attention… On va partir » lui annonça-t-il simplement.
Il eut juste le
temps de voir la petite fille fermer fort les yeux avant de
transplaner en souriant.
La première chose dont il pris
conscience en arrivant à destination fut le bruit
assourdissant qui se faisait entendre. Il regarda tout autour de lui.
Une foule dense se massaient vers deux grandes portes qui ne
permettaient pourtant pas à tout le monde de passer en même
temps. Sirius sentit Nymphadora se rapprocher un peu plus de lui et
il tapota doucement sa tête.
- « T'en fait pas ! Reste près de moi et tout ira bien ! Dès qu'on aura trouvé James, on pourra aller s'installer »
- « Il vient avec sa famille ? » demanda la petite fille
- « Non tout seul… On ne sera que tous les trois » répondit le jeune homme en scrutant parmi la foule dans l'espoir de trouver la chevelure en bataille de son meilleur ami.
Il cherchait depuis quelques minutes quand il entendit qu'on l'appelait.
- « Patmol ! Patmol ! »
Il se retourna et près d'une petite porte qu'il n'avait pas vu avant, James lui faisait signe.
- « Par là… » souffla-t-il en entraînant Nymphadora dans la bonne direction
- « C'est toi Patmol ? » demanda la petite fille
- « Oui ! C'est un vieux surnom d'école » souffla Sirius tandis qu'ils arrivaient près de James.
- « J'ai cru que tu ne m'entendrais jamais » lança ce dernier
- « Tu as vu le monde qu'il y a ? »
- « Oui ! Je ne l'aurais jamais cru ! Mais bon, avec tous ces matchs de championnats qui sont annulés régulièrement, les gens doivent se dire qu'il y a moins de risque avec des matchs amateurs ! Bonjour Nymphadora ! »
- « Bonjour James » répondit poliment la petite fille
- « Joyeux anniversaire ! »
- « Merci ! »
- « Onze ans déjà ?! J'ai du mal à y croire ! La première fois que je t'ai vu tu étais à peine plus vieille que Harry ! »
La petite fille se mit à rire doucement et haussa les épaules en souriant.
- « Si on y allait maintenant ? » proposa James « L'entraîneur m'a demandé de ne pas trop traîner pour refermer cette porte, il a peur que d'autres en profitent pour entrer sans payer ! »
- « Tout le monde n'a pas la chance d'être invité par l'équipe ! » lança Sirius
- « Oui ! En plus ils nous ont gardé de très bonnes places ! On verra super bien les buts ! Alors Nymphadora, tu es contente d'assister à ton premier match de Quidditch ? » demanda James
- « Oh oui ! C'est un super cadeau d'anniversaire ! » répondit la petite fille en sautillant sur place.
- « Je savais que tu aimerais ça ! » lui lança Sirius tandis qu'ils s'avançaient tous les deux pour passer la porte que James maintenait ouverte.
Lorsqu'ils furent tous passé, le jeune homme la referma et passa devant eux. Il les guida à travers les gradins du stade qui se remplissaient au fur et à mesure de sorciers et de sorcières, visiblement impatients que le match commence. Sirius observait attentivement Nymphadora. Elle regardait tout autour d'elle avec de grands yeux émerveillés et souriait largement. Sirius était vraiment ravi que son cadeau d'anniversaire lui plaise.
- « On est là ! » lança soudain James.
Il désignait trois sièges installés aux premières loges dans la tribune des officiels.
- « C'est géant ! On a une super vue d'ici ! » s'exclama Sirius en s'asseyant
- « C'est super grand ! On est super haut ! » souffla Nymphadora, visiblement impressionnée
- « Tu as le vertige ? » se moqua gentiment Sirius
- « Non ! » s'exclama la fillette en se penchant un peu plus pour mieux voir. « Ça commence bientôt ? »
- « Oui » répondit James « D'ici quelques minutes ! Tiens, Sirius, regarde en face… »
Le jeune homme faisait signe de la main à un homme chauve et plutôt grassouillet.
- « C'est l'entraîneur de l'équipe que Jasire finance ! » expliqua le jeune homme
- « J'espère que notre équipe va gagner dans ce cas ! » lança Sirius d'un air amusé.
A cet instant le bruit d'une corne de brume dont le volume aurait été multiplié par cent au moins, ce fit entendre, puis un commentateur à la voix nasillarde annonça l'arrivée des équipes qui fut saluée par une grande salve d'applaudissements. Assise sur son siège, Nymphadora frappait des mains à tout rompre et semblait déjà follement s'amuser alors que le match n'avait même pas commencer. La fillette se pencha alors.
- « James ! » appela-t-elle
Le jeune homme se pencha à son tour pour mieux l'entendre.
- « Oui ? »
- « C'est laquelle votre équipe ? » demanda-t-elle avec sérieux
- « Celle qu'on est venu voir ? La verte et jaune ! »
La petite fille se mit alors à sourire puis se redressa. Elle fronça un moment les sourcils puis soudain, ses cheveux raccourcirent et prirent une teinte vert foncé tandis que ses yeux se coloraient en doré. Sirius la regarda un moment partagé entre son amusement et le fait qu'il était normalement sensé la gronder car elle venait délibérément de désobéir à son père… La petite fille réalisa son dilemme car elle lui fit un sourire éclatant et ses yeux pétillèrent de malice.
- « S'il te plait Sirius ! C'est mon anniversaire ! »
Le jeune homme éclata alors de rire et tapota le haut de la tête de la petite fille tout doucement.
- « Pas un mot à ton père alors ! » souffla-t-il
- « Tu es génial ! » s'exclama la fillette en se mettant à genoux sur son siège pour pouvoir poser un baiser sur sa joue.
Puis elle se dépêcha de se rasseoir pour ne pas manquer une miette du spectacle qui commençait devant elle, sous le regard amusé de Sirius qui souriait.
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Debae ajusta un peu mieux sa capuche pour qu'elle dissimule un peu mieux son visage. Assise sur le bord d'une porte cochère, elle attendait, à moitié cachée par une pile de vieux cartons devenus humides d'être resté trop longtemps dehors. Cet endroit était sordide et la jeune femme était plus que ravie de ne pas être venue seule ici. D'ailleurs Zac revenait vers elle d'un pas rapide, deux gobelets fumant dans les mains.
- « Il y a eu du nouveau ? » lui chuchota-t-il tandis qu'il lui tendait un des deux récipients qu'elle accepta avec reconnaissance.
- « Absolument rien ! A croire que ces boutiques sont au bord de la faillite ! » répondit-elle avant de prendre une longue gorgée du délicieux thé qu'il lui avait acheté.
Depuis l'aube en effet, le jeune homme et elle étaient postés dans l'Allée des Embrumes et observaient les allées et venues, scrutant le moindre détail qui pourrait faire penser à une activité mangemort. Cela faisait plusieurs semaines que des équipes de lycanthropes surveillaient discrètement cette zone, mais pour le moment aucune activité étrange n'avait été relevée… Enfin aucune activité plus étrange que les autres. Cet endroit était rempli de sorciers et de sorcières en perdition, des gens assez peu fréquentables qui rôdaient ou traînaient là sans but précis apparent. Il était facile de se fondre dans la masse de cette population. Mais Debae n'était jamais très à l'aise. C'est bien pour ça que la présence de Zac à ses côtés était rassurante.
- « Je ne pense pas que ces boutiques soient dans une mauvaise passe » souffla Zac en s'accroupissant près d'elle « Je dirais même que depuis quelques temps leur commerce est florissant… »
Debae soupira, il avait parfaitement raison et elle le savait bien.
- « Il faudra qu'on se déplace un peu après » murmura la jeune femme « Ça fait déjà près d'une heure qu'on est ici »
- « D'accord, ça ne nous fera pas de mal de nous dégourdir un peu les jambes » répondit Zac en souriant
Debae lui rendit son sourire. Le jeune homme était charmant. Elle le savait déjà, cela faisait longtemps qu'elle le connaissait. Mais depuis un certain temps, elle s'était rendue compte qu'il devenait un peu plus séducteur à son égard. Elle ne savait pas exactement depuis combien de temps il tentait de la séduire… Elle avait été tellement obnubilée par Remus qu'elle n'avait pas vraiment fait attention à ce qui se passait autour d'elle.
Debae avait eu un gigantesque béguin pour Remus, elle en était presque tombée amoureuse et elle était persuadée que s'il avait accepté de sortir avec elle, il ne lui aurait pas fallut longtemps avant qu'elle ne puisse plus du tout se passer de lui… Mais le jeune homme ne la voyait que comme une amie et rien de plus. Cela l'avait rendu malheureuse, mais elle s'était résignée. On ne pouvait pas forcer les gens à tomber amoureux et on ne pouvait pas lutter contre des sentiments qui n'étaient pas réciproques. Elle l'avait déjà douloureusement constaté avec son ancien mari. Quoiqu'il en soit, même si la jeune femme ne pouvait s'empêcher de trouver Remus incroyablement séduisant et extrêmement drôle et sympathique, elle s'était faite à l'idée qu'il ne serait jamais qu'un ami pour elle. Cela lui avait pris du temps, mais maintenant, elle était bien consciente des choses, tout comme elle était consciente que Zac ne la considérait plus comme une simple amie.
Elle était un peu perdue. Il lui avait déjà fait comprendre qu'elle lui plaisait et elle savait que ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'il ne se déclare et elle ne savait pas trop quoi penser de cette situation. Elle ne savait même pas ce qu'elle ressentait réellement pour lui. Il était gentil et avait beaucoup de qualité, mais il était moins charismatique que Remus… La jeune femme se gifla mentalement. Pourquoi fallait-il constamment qu'elle compare tous les hommes à Remus ? Elle avait pourtant décidé de ne plus penser à lui autrement qu'en simple ami…
- « Ça ne va pas Debae ? » demanda alors Zac en posant sa main sur son bras.
- « Si, si, ne t'en fait pas » lui répondit la jeune femme en souriant
- « Tu es sûre ? »
- « Certaine… Tu as raison, il est temps qu'on bouge un peu, je crois que je m'endors… » souffla-t-elle en se levant.
Le jeune homme l'imita et après avoir tous les deux jeté leurs gobelets vides dans ce qui semblait être une poubelle – on était sur de rien dans l'Allée des Embrumes- ils commencèrent à déambuler dans l'allée. Il y avait toujours du monde pour traîner dans cette rue mal éclairée et sale. Les personnes marchaient en général d'un pas rapide, les yeux rivés sur le sol, cachés souvent par des capes et des capuches amples et de couleur sombre, avant d'entrer d'un pas vif dans une des vieilles maisons qui bordaient l'allée ou plus rarement dans une boutique. Debae et Zac avaient fait en sorte de se fondre dans la masse. Il était très important qu'ils ne se démarquent pas des autres pour passer inaperçu. Ils marchèrent un long moment dans le silence le plus complet. Ils n'étaient pas loin de l'autre et de temps en temps, Debae sentait la main du jeune homme effleurer la sienne… Elle n'était pas certaine que cela soit le fruit du hasard. Au bout d'un moment, il aperçurent quelque chose d'inhabituel. Un attroupement dans l'allée, ils n'avaient jamais vu ça. Une douzaine de personnes se trouvaient massées les unes contre les autres et semblaient captivées par un spectacle que Debae ne pouvait pas voir. Après avoir échangé un regard entendu, Zac et elle s'approchèrent de la foule.
- « De la première qualité mes amis ! De la très grande qualité même ! Ce sont de vrais chandeliers en argent massifs ! Poinçon à l'appui ! »
Debae du se mettre sur la pointe des pieds pour apercevoir par-dessus la tête d'une vieille sorcière emmitouflée dans une cape miteuse pour pouvoir voir la personne qui parlait. C'était un homme qui lui fit immédiatement penser à un vagabond. Il parlait avec enthousiasme en agitant ses grandes mains aux ongles noircis. Près de lui, se trouvait un immense sac de toile qui avait été reprisé à de très nombreux endroits. Des chandeliers en sortaient.
- « Tu les as volé où cette fois Mondingus ?! » railla un des sorciers qui se trouvaient massés autour de lui.
- « Je ne les ais pas volé ! Je les ais eu d'une manière on ne peut plus honnête ! »
Un éclat de rire accueillit la déclaration du dit Mondingus. Debae sentit une main se poser sur son épaule. Elle sursauta et se retourna précipitamment, mais il ne s'agissait que de Zac qui lui fit un petit sourire d'excuse. D'un signe de tête, il lui fit signe de le suivre.
- « Ce n'est qu'une petite frappe qui essaye d'écouler son butin… » souffla-t-il quand ils furent un peu éloignés.
- « On voit vraiment de tout ici… » lui répondit Debae.
C'est alors que la jeune femme la vit. Elle s'arrêta net et la fixa. La jeune femme qu'elle venait de voir était aussi à sa place dans cette allée qu'une fée au milieu d'une colonies de lutin de cornouailles. Elle était grande, élancée et se déplaçait avec grâce. Belle à n'en pas douter, elle avait le port de tête d'une princesse et les quelques mèches blondes qui s'échappaient de la capuche de sa cape noire paraissaient presque éblouissantes dans la noirceur de l'endroit. Debae ne pouvait s'empêcher de penser que cette jeune femme n'avait strictement rien à faire ici…
- « Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda alors Zac qui s'était arrêté à son tour.
- « Regarde la… » souffla Debae en désignant discrètement la jeune femme du doigt « Que peut-elle bien avoir à faire ici ? »
- « Tu as raison, c'est louche… Une femme comme elle doit avoir des elfes de maison pour s'occuper des courses… Suivons là ! » décida Zac.
Debae hocha la tête et tous les deux prirent la direction qu'avait empruntée la jeune femme. Ils durent marcher vite car elle était assez loin d'eux et ils avaient peur de la perdre de vue. Ils accélérèrent encore le pas quand ils la virent tourner à l'angle et n'eurent le temps que de la voir entrer dans une boutique quand ils arrivèrent à leur tour au croisement.
- « Barjow et Beurk… » souffla Zac au moment où ils arrivèrent devant la devanture du magasin
- « Ça a l'air glauque » murmura Debae
- « En effet… On entre ? »
- « Oui, je voudrais bien savoir ce que cette femme fait ici ! » lança Debae.
Son intuition lui disait qu'elle ne devait pas laisser filer cette femme. Elle précéda donc Zac dans le magasin. La cliente se retourna quand elle entendit le bruit que faisait la clochette d'entrée. Elle avait rabaissé sa capuche et Debae fut fascinée par sa beauté. Ses longs cheveux blonds encadraient son visage fin et régulier, soulignant le regard froid de ses yeux bleus.
- « Je peux vous aider ? » demanda d'une voix fort peu aimable le vendeur du magasin.
- « Non, merci. Occupez vous de madame, nous allons patienter » lança Zac.
Debae sentit qu'il la prenait par le bras et il l'entraîna un peu plus loin dans la boutique, mais suffisamment près du comptoir pour pouvoir saisir des bribes de conversation. Debae détourna son regard de la jeune femme et fit semblant de s'intéresser à la vieille main desséchée et posée sur un socle qui se trouvait devant elle.
- « Nous sommes bien d'accord… » souffla la cliente à voix basse « Il faut absolument que vous la gardiez ici et surtout que vous ne la vendiez pas »
- « Madame, je vous ai déjà expliqué que je ne pourrais pas… »
- « Monsieur Barjow ! » le coupa la jeune femme « J'ai bien peur que vous ne compreniez pas de quoi il est réellement question ! Croyez-vous vraiment que je serais venue moi-même si j'en avais eu le choix. Vous savez parfaitement de quoi il est capable ! »
Debae aurait aimé qu'elle en dise un peu plus sur ce « il » qui semblait impressionné cette jeune femme. Elle espérait qu'il ne s'agissait pas du même « il » qui terrorisait tout le monde et dont le nom ne devait pas être prononcé.
- « Vous connaissez Greyback ? » continua la jeune femme
Debae se sentit violemment frémir. Ce nom se rapportait à tellement de souffrance pour elle… Zac prit sa main dans la sienne et la serra en signe de réconfort.
- « On m'a dit qu'il était de retour sur Londres » continua la cliente.
Cette fois, il fallut beaucoup de courage à Debae pour ne pas crier. Ses jambes tremblaient de plus en plus.
- « Il n'hésitera pas à venir vous rendre une petite visite si on le lui demande » menaça la jeune femme « Alors je vous recommande vivement de ne pas faire comme si vous ne compreniez pas à quel point il est capital que vous gardiez cet objet ici ! »
- « Je le garderais » assura alors le vendeur qui paraissait vraiment inquiet.
- « Il faudra aussi que vous vous assuriez qu'elle n'est pas cassée… »
- « Mais je ne sais même pas comment cela fonctionne réellement. Jusqu'à votre première visite j'ignorais qu'elle pouvait servir à… »
- « Chut ! » lui intima la jeune femme.
Debae grimaça. Le vendeur avait faillit leur donner un indice sur l'objet dont il était question.
- « J'ai suffisamment parlé pour aujourd'hui ! » lança la jeune femme d'un ton sec, toujours à voix basse, avant de reprendre un peu plus fort « Et bien, merci monsieur Barjow. J'espère vous revoir bientôt »
- « Tout le plaisir à été pour moi, madame » mentit le vendeur qui ne voulait même pas caché son manque de sincérité.
Debae ne pu s'empêcher de se retourner pour voir cette si belle femme quitter la boutique, mais elle avait déjà remis la capuche de sa cape et elle ne vit qu'une gracile masse noire s'éloigner doucement.
- « Et bien, messieurs, dames, que puis-je pour vous ? » demanda le vendeur d'un air méfiant en s'approchant d'eux.
Zac demanda alors le prix du premier objet qui lui tomba sous la main. Peu aimable, le vendeur lui donna le renseignement. Prétextant que le prix était trop élevé, Zac prit congé du vendeur et entraîna Debae hors du magasin. Ils marchèrent en silence d'un pas vif pendant quelques minutes avant de s'arrêter.
- « Tu en penses quoi ? » demanda Zac
- « Je penses qu'on a peut être quelque chose d'intéressant… On devrait rentrer et aller faire un rapport à Dumbledore »
- « Ça je m'en chargerais, mais rentrons… »
Ils transplanèrent en même temps et arrivèrent immédiatement. Ils entrèrent ensemble dans le jardin de la maison qu'ils occupaient avec les autres lycanthropes.
- « Je mange un truc et je vais à Poudlard ! » lança Zac en entrant dans la maison
- « D'accord » souffla la jeune femme qui venait d'apercevoir Remus dans le salon.
Il était seul, assis près de la fenêtre et paraissait très abattu. Elle eut un pincement au cœur. Dans un hibou qu'elle avait reçu la veille, il lui avait annoncé que son entreprise, qu'il avait monté avec ses amis avait été la cible des mangemorts. Merlin merci, personne n'avait été blessé, mais cela n'en restait pas moins un évènement marquant pour les trois amis et leurs familles. Elle se dirigea vers lui avec un sourire triste.
- « Ça va ? » demanda-t-elle en s'installant à côté de lui
- « Ouais… » répondit-il en se tournant vers elle.
Il essaya d'esquisser un sourire mais il paraissait tellement faux qu'il s'en rendit compte lui-même et arrêta.
- « On a été voir Jasire hier... Il n'y a plus rien » souffla-t-il
- « Ce n'est pas récupérable ? »
- « Non, rien… » murmura-t-il
- « Comment le prennent James et Sirius ? » demanda Debae
- « Comme moi… Que veux-tu qu'on y fasses ? »
- « Vous allez reconstruire ? »
- « On en a parlé oui… Mais on ne le feras pas pour le moment. Il nous faudra du temps… » soupira-t-il
- « C'est normal tu sais… »
- « Debae je… Oh, Remus ! Je n'avais pas vu que tu étais là ! » lança Zac en entrant dans la pièce
Le sourire qu'il arborait se figea sur son visage avant de disparaître quand le jeune homme vit Remus. Debae se sentit alors un peu mal à l'aise. Les deux hommes se regardèrent un moment, mais, alors que Remus souriait poliment, Zac avait l'air franchement agacé.
- « Je vais voir Dumbledore » lança Zac avant de sortir de la pièce sans rien ajouter de plus.
Il était plus qu'évident que le jeune homme était très jaloux de la présence de Remus près d'elle. La jeune femme ne savait pas trop qu'elle attitude adopter. Elle se tourna vers Remus qui la regarda en souriant d'un air amusé. Debae se sentit immédiatement rougir et détourna le regard. Elle entendit le jeune homme rire doucement.
- « Quoi ?! » demanda-t-elle un peu gênée
- « Il t'aime beaucoup tu sais… » souffla Remus « Ça se voit comme le nez au milieu de la figure ! »
- « Je sais… »
- « Alors fonce, n'hésite pas et va le voir, il n'attend que ça… »
Debae se sentit rougir encore plus. Elle ne voulait pas parler de ce début de sentiment qu'elle avait pour le jeune homme et encore moins avec Remus pour qui elle avait eu un si gros faible…
- « Tu vas faire quoi en attendant que Jasire soit reconstruite ? »
Sa tentative de changer de sujet était grosse comme une maison, mais Remus eut la délicatesse de ne pas le faire remarquer et répondit à sa question. Ils parlèrent ainsi un bon moment, sans plus jamais reparler de Zac, ce qui soulagea Debae dont les sentiments étaient encore beaucoup trop confus.
