Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en général mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !
Bonne lecture à vous tous… Aylala
Note : J'ai terminé de rédiger cette histoire en mai 2007. Il n'y a donc dans cette fiction AUCUNE INFORMATION concernant Harry Potter and the Deathly Hallows. Je n'ai fait qu'émettre des suppositions sur ce qui aurait pu se passer. Si par hasard j'avais deviné quelque chose, c'est que je possède un Troisième Œil très efficace !
Par respect pour les lecteurs qui n'ont pas encore eu la chance de lire le tome 7, je vous demande de ne faire AUCUNE ALLUSION au septième tome dans vos reviews… Ne gâchez pas le plaisir de ceux qui ne savent pas lire l'anglais svp !
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Ce qui aurait pu se passer
Chapitre cent trente neuf : Je suis en panique
«
Noyée d'inquiétude
Mille incertitudes
Laisse-moi
une chance
Je suis en panique
Proche de la rupture
Ma vie
est si dure
Laisse-moi une chance
Je suis en panique. »
Cercle
Rouge
Allongé sur le côté, James ne dormait pas. Il fixait le mur en essayant de ne pas penser, c'était la solution la plus facile qu'il avait trouvé. Il soupira doucement et replaça un peu mieux le drap sur lui. Derrière lui, le jeune homme sentit sa femme se réveiller, mais il choisit de l'ignorer. Il s'efforça de ne pas quitter le mur qui lui faisait face des yeux, contrôlant l'envie qu'il avait de se retourner pour prendre Lily dans ses bras. Il était déterminé à lui faire la tête, il lui en voulait et il avait envie qu'elle le comprenne, mais par Merlin ce que ça pouvait être dur.
Sa torture s'accentua d'avantage quand il sentit les doigts fins et doux de sa femme se poser sur le haut de son dos et descendre le long de sa colonne vertébrale. Il se mit à frissonner sans réussir à s'en empêcher. Il entendit le rire doux et cristallin de Lily s'élever dans la pièce. Puis, il sentit des lèvres se poser sur son dos et la jeune femme lui donna un baiser très doux.
- « Tu es encore fâché ? » demanda alors Lily à voix basse.
James soupira. Pourquoi fallait-il que sa femme le connaisse aussi bien ? Pourtant il ne répondit pas, il ne se retourna pas non plus.
- « Je pensais pourtant qu'on s'était réconcilié cette nuit… » murmura-t-elle d'une voix sensuelle.
Les images de la nuit dernières lui revinrent alors en tête, une nuit que Lily et lui avait passé beaucoup plus près l'un de l'autre qu'à cet instant… James abdiqua. Il se retourna doucement et se mit à sourire. Le drap avait glissé, dévoilant la poitrine nue de sa femme. Elle était tellement belle ainsi. Doucement il posa sa main sur sa joue qu'il caressa doucement.
- « Tu m'en veux encore pas vrai ? » murmura-t-elle d'une toute petite voix.
- « Disons que j'ai du mal à me faire à l'idée que tu ne tiennes pas compte de mon avis… »
- « Chéri ! Je tiens compte de ton avis ! Mais tu dois comprendre que moi aussi j'ai envie de partir en mission et que… »
Mais James ne la laissa pas finir. Il posa son index sur ses lèvres pour la faire taire.
- « Je n'ai plus envie de parler de ça… Notre dispute de hier soir m'a suffit ! Même si la réconciliation a été spectaculaire ! » ajouta-t-il en souriant doucement.
Lily se mit à rire doucement et le jeune homme ôta son doigt de sa bouche. Il se pencha et l'embrassa.
- « Je devrais savoir pourtant que tu fais tout ce que tu veux de moi… » soupira-t-il en posant sa tête sur l'oreiller de sa femme.
- « Tu t'en plains ? » demanda Lily en souriant.
- « Absolument pas » souffla James en se rapprochant encore un peu plus d'elle.
Il la serra contre lui tandis qu'elle nouait ses mains autour de sa nuque. Le baiser au départ innocent se transforma bien vite en quelque chose de bien plus passionné. James n'allait pas s'en plaindre, bien au contraire. Au moment où il allait passer à quelque chose de bien plus concret, le bruit d'une porte qu'on ouvre le ramena brusquement à la réalité.
- « Papa ! Maman ! »
James fit un bond et rattrapa rapidement le drap pour se couvrir. Lily faisait de même, remontant les couvertures jusqu'à son menton.
- « Harry ! » lança James dans un souffle « Mais qu'est-ce que tu fais là ? »
- « Je me suis réveillé ! » lança innocemment le petit garçon en s'approchant doucement du lit de ses parents vêtu uniquement de son haut de pyjama vert pomme.
- « Si tu allais voir si Syrielle est réveillée ?! » proposa rapidement James
- « D'accord ! »
s'exclama joyeusement le petit garçon en faisant demi
tour.
James le regarda quitter la chambre avant de se laisser
tomber en arrière sur son lit. Il plaqua ses deux mains sur sa
tête en soupirant.
- « C'était moins une ! » lança-t-il
- « Oh oui ! » murmura Lily qui rougissait largement. « Tu te rends compte de ce qu'il aurait pu voir !! »
Le jeune homme hocha la tête et se redressa sur le lit.
- « Au moins il sait que ses parents s'aiment… » lança-t-il en se levant
- « James ! » s'indigna la jeune femme
- « Oh Lily ! Il n'a rien vu qui ait pu le traumatiser ! On s'embrassait juste ! »
- « Nus dans notre lit… » lui rappela la jeune femme.
James se mit à rire doucement et se leva. Il attrapa son caleçon qui traînait un peu plus loin, et l'enfila rapidement.
- « Il est grand temps qu'on jette un sort à cette porte pour que les enfants ne puissent pas l'ouvrir ! » se contenta-t-il de répondre en souriant à sa femme.
Lily lui rendit son sourire, encore soigneusement couverte du drap.
Le jeune homme lui lança un clin d'œil et sortit de la pièce. Il s'étira dans le couloir en souriant. Il ne s'était pas attendu à être confronté à une situation de ce genre, mais son fils le surprenait chaque jour de plus en plus. En baillant, il entra dans la chambre de sa fille. Il se mit à sourire en voyant que Harry était monté dans le lit de Syrielle et qu'il s'était blotti contre sa petite sœur. Ils ne disaient rien et le regardèrent s'approcher d'eux en souriant.
- « Alors mes amours ? Comment ça va ? » demanda-t-il en s'accroupissant près du lit.
- « Bien ! » répondit Harry en se redressant.
- « Et toi ma belle ? » demanda James en caressant les cheveux de sa fille.
Pour toute réponse, il eut droit à un magnifique sourire qui fit briller ses beaux yeux verts. Le jeune homme se pencha pour déposer un baiser sur son front puis il serra son fils contre lui et le souleva dans les airs.
- « Alors comme ça tu t'amuses à réveiller ton papa et ta maman, terreur ! » grogna-t-il en embrassant sa joue.
Le petit garçon se mit à rire et bientôt une petite voix se fit entendre.
- « A ma ! A ma ! »
James se pencha alors pour prendre, à l'aide de son autre bras, Syrielle qui ne voulait pas être en reste.
- « Et si on allait voir si bébé Jack est réveillé ? » proposa James.
- « OUI ! » s'exclamèrent en cœur les deux enfants.
En souriant, le jeune papa quitta la chambre de sa fille pour aller dans une chambre un peu plus éloignée. Il n'avait pas encore ouvert la porte qu'il entendait déjà les gazouillis de son plus jeune fils. Il posa ses deux plus grands sur le sol et ouvrit la porte doucement pour ne pas éblouir le bébé. Harry et Syrielle se faufilèrent par l'embrasure et se ruèrent vers le berceau de leur petit frère.
- « Bajour Dzack ! » lança Harry
- « Dza ! » répéta Syrielle en s'agrippant aux barreaux de bois.
Le petit garçon se roula alors sur le côté pour les regarder et laissa échapper un cri de joie qui fit sourire son papa. James se pencha pour prendre son fils à son cou.
- « Bonjour bébé !
» murmura le jeune homme en prenant bien soin de bien maintenir
la petite tête de son fils.
« Tu as été
gentil cette nuit ! Tu ne t'es pas réveillé ! »
Le bébé le gratifia d'un grand sourire dévoilant ses gencives rougies par l'apparition prochaine d'une dent. James lui fit un baiser d'esquimau avant de froncer le nez.
- « Il est grand temps de changer ta couche, petit bonhomme ! » déclara-t-il.
James sentit une petite main se poser sur sa jambe. Il baissa les yeux et aperçut Syrielle qui lui tendait les bras.
- « Désolé trésor, mais je ne peux pas te porter en même temps que Jack ? »
- « Ma veux porter Dza ! » déclara la fillette.
- « Tu es trop petite ! » s'exclama James en souriant.
Syrielle haussa les épaules et lâcha sa jambe. James prit alors la direction de la salle de bain, Harry et Syrielle sur les talons. Une fois rendu, le jeune homme installa son fils sur la table à langer et entreprit de lui enlever son pyjama. Lorsque Jack ne fut plus qu'en couche, son frère et sa sœur avaient escaladé ce qu'ils avaient pu et s'étaient installé pour assister à la scène. Harry était assis dans le lavabo tandis que Syrielle se tenait à califourchon sur le rebord de la baignoire. James les regarda en souriant avant de redonner son attention au bébé qui, allongé sur une petite serviette, essayait de faire entrer l'intégralité de son pied dans sa bouche. Le jeune homme se sentait de bonne humeur et tandis qu'il s'occupait de nettoyer son fils, il se mit à chantonner un air qu'il avait entendu une fois et qui lui était resté.
-
«
Hit the road Jack, and don't you come back no more, no more, no
more, no more
Hit the road Jack, and don't you come back no
more…"
Il posa alors un baiser sur le ventre rebondi et propre de son fils.
- « Je ne dis pas ça pour toi mon bébé ! » souffla-t-il en souriant à Jack qui gazouillait d'un air ravi.
Il tendit alors la main pour attraper une couche quand il entendit quelque chose qui le fit rire. Harry s'était mis à chanter, accompagné par sa sœur.
- « Itero Dzack andiou co bac no mol no mol ! » chantait avec énergie le petit garçon en reprenant presque sans faute la mélodie d'origine. « Itero Dzack ! »
- « C'est super Harry ! » lança alors la voix de Lily.
James tourna la tête. Vêtue d'une de ses chemises, sa femme se tenait appuyée contre la porte. Elle souriait largement.
- « Nous avons un artiste dans la famille ! » ajouta-t-elle en s'approchant pour distribuer la première tournée de bisous de la journée.
Elle se redressa et posa un baiser sur la joue de son mari.
- « Tu as bientôt fini avec la salle de bain ? Il faut que je me prépare pour aller chez Augusta… »
- « Dès que Jack sera rhabillé… » murmura James en attachant le dernier bouton de la barboteuse. « Voilà ! »
Il reprit Jack à son cou, rappela le reste de la fratrie et laissa la salle de bain à sa femme qui s'y enferma. Il fallut au jeune homme beaucoup d'attention pour parvenir à faire descendre sans soucis tout son petit monde en bas. Le petit déjeuner fut vite expédié et en attendant que Lily soit prête, James installa les enfants dans le salon pour jouer. Il s'amusait à regarder Jack ramper derrière un petit dragon en plastique ensorcelé qui voletait à quelques centimètres du sol. La baie vitrée s'ouvrit alors et Sirius entra dans la pièce. Il tenait Lalyh par une main et portait le couffin de Maelys de l'autre.
- « Bonjour les Potter ! » lança-t-il joyeusement.
- « Bonjour ! » répondit James.
- « Tonton Sirius ! » s'exclamèrent en cœur Harry et Syrielle qui semblaient enchanté de le voir.
- « Coucou ! Je vous ai amené Lalyh ! » leur répondit le jeune homme en lâchant la main de sa fille.
James le vit alors poser le couffin de sa fille sur la table basse.
- « Elle dort ? » demanda-t-il
- « Non… Mais elle ne devrait plus tarder. Je les ai emmené ici pour qu'Océane puisse se reposer un peu, elle est crevée. » expliqua Sirius en s'installant dans le fauteuil d'en fasse.
- « Je peux la prendre alors ? »
- « Bien sur ! »
James ne se le fit pas dire deux fois, il récupéra le nouveau né dans ses bras et se mit à sourire.
- « Je n'ai pas encore eu beaucoup l'occasion de m'occuper de ma filleule ! » souffla-t-il tandis qu'il berçait doucement le bébé. « Vous avez trouvé une date pour le baptême ? »
- « Toujours pas… Ça devient de plus en plus difficile de trouver des mages pour officier… » soupira Sirius.
James grimaça. Des bruits de pas dans l'escalier lui indiquèrent que Lily n'allait pas tarder à les rejoindre. Quelques secondes plus tard, il sentit deux mains douces glisser sur ses joues et son cou et deux lèvres fraîches se poser très près de son oreille. Lily l'embrassa tendrement avant de souffler à son oreille.
- « Je vais y aller mon amour… »
James hocha doucement la tête.
- « Travailles bien ! » murmura-t-il
- « A tout à l'heure mon chéri… » chuchota la jeune femme avant de l'embrasser une nouvelle fois « Au revoir les enfants ! Au revoir Sirius ! » s'exclama-t-elle alors à voix haute avant de prendre la direction de la porte.
James la regarda partir et soupira. Il entendit alors Sirius pouffer discrètement. Il se tourna vers lui.
- « Quoi ? »
- « Elle est sacrément tendre et câline avec toi ce matin ! » lança Sirius d'un air amusé « Elle a quelque chose à te demander ou à se faire pardonner ? »
- « Un peu des deux… » répondit James « Elle va partir à la chasse aux Horcruxes avec Dumbledore »
- « Oh ! » se contenta de souffler Sirius.
James ne répondit rien et se contenta de se concentrer sur sa filleule qui s'endormait contre lui, il n'avait pas envie de parler de cela. Sirius sembla le comprendre et n'aborda plus le sujet au grand soulagement de son ami.
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Narcissa vérifia bien que personne ne pouvait la voir avant de pénétrer dans la grande et lugubre demeure du Seigneur des Ténèbres. Elle frissonnait rien qu'à l'idée de se retrouver une fois de plus dans ce sinistre endroit. Elle était toujours mal à l'aise dans cet endroit. Elle savait bien qu'elle n'y était pas à sa place, mais elle n'avait pas le choix. Son tout petit ange, son Drago chéri était la cible du Seigneur des Ténèbres si elle échouait à cette mission qu'Il allait lui confier et cela pour elle, c'était inconcevable. Elle n'était peut être douée que pour organiser des réceptions, être belle et être une bonne hôtesse, mais elle était certaine d'une chose, elle ne laisserait jamais personne faire du mal à son enfant, pas même le Seigneur des Ténèbres. C'était en Drago qu'elle puisait le courage dont elle avait besoin pour accepter sans broncher les travaux que lui demandait le Seigneur des Ténèbres. C'était pour lui qu'elle revenait ici la tête haute et avec le plus de dignité possible. Elle lui devait bien cela, il était tout pour elle.
D'un pas décidé et rapide, elle se rendit vers la porte d'entrée. Elle frappa un ou deux coups secs et bientôt, on vint lui ouvrir. Elle salua Alecto York qui se tenait de l'autre côté de la porte. Elle ne côtoyait pas vraiment la jeune femme, elle l'avait seulement vu une ou deux fois lors des soirées mondaines qui réunissaient les sangs purs de la région. Narcissa ne la considérait pas comme quelqu'un de très intéressant et ne se trouvait aucun atomes crochus avec cette fille qui a son âge, vivait encore avec son frère.
Narcissa se rendit directement dans le grand salon où on l'avait toujours conduite quand on l'avait emmené ici. Severus Rogue s'y trouvait déjà, observant par la fenêtre le soleil qui se couchait à l'horizon. Elle s'approcha de lui pour le saluer. Depuis que Lucius avait été emprisonné, il était le seul qui lui accordait encore un peu de considération. Il avait toujours était gentil avec elle, il ne la brusquait pas comme pouvait le faire les autres.
- « Bonsoir Severus » souffla-t-elle quand elle fut à ses côtés.
Le jeune homme se tourna lentement vers elle et hocha la tête.
- « Bonsoir Narcissa » répondit-il en se détournant du spectacle rougeoyant du crépuscule.
- « Personne n'est encore là ? » demanda-t-elle
- « Si, mais la plupart s'entretiennent à l'étage avec le Seigneurs des Ténèbres »
- « Le Seigneur des Ténèbres est là ? » demanda la jeune femme d'une toute petite voix.
- « Oui »
Narcissa trembla un peu. Elle n'aimait pas Le savoir ici. Elle ne L'avait rencontré qu'une seule fois et Il l'avait tellement impressionnée qu'elle n'avait absolument pas envie de le revoir. Elle préférait de loin recevoir ses ordres sans avoir à s'entretenir avec lui. Il était terrifiant… La jeune femme décida de penser à autre chose.
- « Sais-tu qui doit venir avec nous ce soir ? » demanda-t-elle en s'installant dans un rocking chair.
- « Amycus et Alecto York » commença Rogue.
- « C'est pour cela qu'ils sont ici ce soir, alors… » souffla-t-elle
- « Effectivement » murmura le jeune homme « Je sais que les trois nouvelles recrues parmi nos rangs seront là ce soir également ainsi que Peter »
- « Peter ? »
- « Pettigrow »
Narcissa hocha la tête. Elle avait déjà entendu parler de lui, mais elle ne se souvenait pas l'avoir déjà rencontré.
- « Et puis, le Seigneur des Ténèbres a parlé de deux invités surprises » continua Rogue d'un air grave.
- « Des invités surprises ? » s'étonna Narcissa tandis que le jeune homme hochait la tête « Et on ne sait pas qui ? »
- « Non »
- « C'est inquiétant ? » demanda la jeune femme
- « Disons que je n'aime pas les surprises… » se contenta de répondre le jeune homme.
Dans de telles circonstances, Narcissa non plus n'aimait pas les surprises. Mais elle n'avait pas le choix, elle ne pouvait que subir, alors elle le faisait sans broncher. De toutes façons, qui que soient ces personnes, cela ne la stresserait pas plus qu'elle ne l'était en cet instant. La jeune femme réalisa alors quelque chose.
- « Bellatrix ne vient pas ce soir ? » demanda-t-elle
- « Ce n'est pas prévu. Tu aurais préféré ? »
Narcissa lui répondit non d'un signe de tête. Bellatrix était beaucoup trop directive et avait trop tendance à vouloir tout commander. Elle n'aurait fait que la stresser d'avantage et vraiment, elle n'en avait pas besoin. Instinctivement, la jeune femme porta sa main à sa bouche et fit un geste qu'elle n'avait pas fait depuis des années. Elle se rongea les ongles. Sa mère l'avait à de nombreuses reprises réprimandé pour ce geste qu'elle faisait quand elle ne se sentait pas à l'aise et elle avait appris à ne plus le faire. Pourtant ce soir, c'était plus fort qu'elle.
- « Tu as peur ? » demanda alors Rogue.
Narcissa hocha la tête. A quoi bon le nier ?! Elle le vit alors s'approcher d'elle et s'accroupir.
- « C'est dur, je le sais. Mais on est tous passé par là ! » murmura-t-il
- « J'aurais préféré m'en passer ! » lui rétorqua-t-elle
- « Je comprends » lança Rogue.
Le jeune homme regarda alors attentivement tout autour de lui et se rapprocha encore un peu plus d'elle.
- « Écoute Narcissa » murmura-t-il « Si tu ne te sens pas capable de le faire, je pourrais peut être… »
- « Severus ! » le coupa la jeune femme « Il tient à ce que je le fasse moi-même et il me l'a fait comprendre ! Si je n'arrive pas à mener à bien cette mission, c'est mon fils qui en payera les conséquences ! Ce n'est pas concevable pour moi ! »
- « J'ai l'impression que tu ne réalises pas bien que nous parlons de tuer un homme là ! Tuer ! Tu ne l'as jamais fait et… »
- « Il faut un début à tout ! » trancha Narcissa.
Elle était reconnaissante au jeune homme de vouloir l'aider, mais elle ne pouvait pas accepter. Le Seigneur des Ténèbres avait été très clair à ce sujet. Cette mission, elle devait la mener à bien seule.
- « Narcissa, c'est bien plus dur que tu ne sembles le… »
Mais il fut interrompu par l'arrivée dans la pièce d'un jeune homme par très grand et un peu grassouillet. Son visage avait les traits tirés qui n'étaient pas sans rappeler l'allure d'un rat. Rogue se redressa immédiatement et s'éloigna d'elle. Sans doute ne voulait-il pas que d'autre entendent ce qu'il voulait lui proposer : prendre sa place pour cette mission. La jeune femme espérait qu'il avait compris qu'elle n'avait pas le droit d'accepter son offre, pour le bien de son enfant.
- « Tiens Peter ! » lança Rogue d'un air peu aimable « Tu es déjà là ? »
- « On ne va pas tarder à partir, non ? » couina le nouveau venu.
- « On n'attend plus que les ''invités'' surprises » lança Rogue.
- « Tu sais qu'il parait qu'il s'agit de Croupton Jr et de Greyback ? » souffla Peter d'une voix apeurée.
- « Croupton ? Mais je pensais qu'il ne s'occupait que du recrutement…» souffla Narcissa
- « Ce n'étais qu'un travail d'appoint » la renseigna Rogue. « Le Seigneur des Ténèbres attendait pour l'utiliser pour un grand coup… Mais Greyback ? Tu en es sûr ? »
- « Presque ! J'espère que c'est une erreur ! » lança Peter d'un air un peu affolé.
- « Pourquoi ? » demanda Narcissa
Elle savait qu'il s'agissait d'un redoutable loup-garou, mais puisqu'ils étaient du même côté, ils n'avaient à priori rien à craindre.
- « J'ai entendu beaucoup d'horreur sur lui » répondit Peter « D'un de mes anciens amis… »
- « C'est vrai que Remus ne doit pas le porter dans son cœur ! » railla Rogue d'une voix mauvaise.
La mine de Peter se renfrogna sans que Narcissa comprenne pourquoi, mais après tout, elle n'avait pas vraiment envie de savoir.
- « En tout cas » reprit Rogue « Si se sont vraiment eux, cette mission sera un vrai carnage… »
Cela n'avait pas l'air de l'enchanter, ni lui, ni Peter et Narcissa se sentit soulagée, elle n'était pas la seule à ne pas se sentir dans son élément.
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En chantonnant, Remus sortit de sa salle de bain. Il s'était bien habillé car il s'apprêtait à sortir pour la soirée. Il n'avait pas encore décidé où il irait, mais comme d'habitude, il faisait confiance à son instinct. La Pleine Lune approchant, il se sentait l'âme d'un prédateur et il devait bien se l'avouer, les nouvelles « proies » qu'il s'était mis à « chasser » ces derniers temps lui plaisaient de plus en plus…
Il irait très certainement dans un bar à la mode. Là, l'ambiance et quelques verres d'hydromel ou de Whisky Pur Feu aidant, il irait sans doute aborder une charmante jeune femme, et il passerait une très agréable soirée. Depuis son renvoi, toutes ses soirées, ou presque, c'étaient déroulées de cette façon et cela lui convenait parfaitement. Il ne s'attachait pas à ces jeunes femmes, il ne faisait que passé un bon moment avec elles. Il ne leur cachait absolument pas ses intensions et ces jeunes personnes étaient totalement consentantes concernant sa manière d'agir, alors cela ne lui posait aucun problème. Il avait vaguement conscience qu'il se comportait exactement de la même manière que celle qu'il avait condamné des années auparavant avec Sirius. Mais cette manière d'agir ayant la capacité de lui faire oublier tous ses soucis, il n'écoutait pas trop sa conscience qui de toute façon, ne le critiquait pas trop fort…
Terminant de se sécher les cheveux, il entra dans sa cuisine. Un rapide coup d'œil à son garde manger lui appris qu'il n'avait plus rien à manger. Il se contenta de soupirer. Il serait grand temps de faire quelques courses le lendemain. Pour l'heure, il se passerait d'encas et pour son petit déjeuner… Il avait bon espoir de ne pas le prendre chez lui le lendemain matin. Il se mit à sourire. Il vivait en fait une période qu'il n'aurait jamais cru vivre de sa vie. Il était insouciant… Dans ces soirées, dans ces bars, il oubliait l'espace d'un instant qu'il était lycanthrope, que sa vie avait continuellement été juchée d'embûches, qu'il avait tout perdu en l'espace de quelques semaines et que son cœur avait cessé de battre depuis le jour où Kathleen l'avait quittée.
Il se sentait vivant à nouveau, joyeux à nouveau, presque heureux à nouveau. Il tirait enfin parti de son physique qui était loin d'être ingrat… James et Sirius lui avaient souvent répété qu'il était aussi joli garçon qu'eux, mais il n'avait jamais voulu y croire. Quand c'était des jeunes femmes qui le lui disaient, il n'y voyait qu'une marque de gentillesse, ou de politesse. Depuis qu'il « écumait » les bars, il avait réalisé à quel point il pouvait plaire et combien les regards des femmes se posaient sur lui avec insistance. Il avait en quelque sort pris conscience de son pouvoir de séduction et apprenait à s'en servir au fil des soirées. Il se mit alors à sourire. Il avait fallut que son cœur soit brisé en mille morceaux pour comprendre qu'il pouvait réellement plaire… La vie avait vraiment tendance à se jouer de lui…
Perdu dans ses pensées, le jeune homme sursauta quand il entendit les coups frappés à sa porte. Il fronça les sourcils et se tourna vers l'horloge. Il n'attendait personne en ce début de soirée et il trouvait étonnant d'avoir de la visite à cette heure-ci. Curieux, il se rendit dans l'entrée, jetant nonchalamment au passage la serviette de toilette qu'il avait encore sur la tête, dans la salle de bain. A travers le judas, il reconnut Debae qui attendait patiemment devant la porte. Remus se dépêcha de lui ouvrir.
- « Bonsoir ! » lança-t-elle en souriant une fois qu'il eut ouvert la porte. « Par Merlin ! Qu'est-ce que tu es élégant ? Tu sors ? »
- « Bonsoir Debae… Oui, je voulais un peu me divertir ce soir » lui répondit Remus en s'effaçant pour la laisser entrer.
Tandis que la jeune femme avançait en direction de l'unique pièce de son studio, le jeune homme se mit à sourire. Quelques semaines plus tôt, il aurait été totalement embarrassé de s'être fait prendre en plein délit de coquetterie pour sortir. Désormais, non seulement cela ne le gênait pas, mais en plus cela l'amusait. Remus se sentait réellement changé. Il était différent et il aimait ce Remus bien plus sur de lui.
- « J'espère que je ne te dérange pas ? » souffla alors Debae « Tu attendais peut être quelqu'un… »
- « Non, non, tu ne me déranges pas et je n'attendais personne. Je ne suis non plus attendu nulle part, j'ai tout le temps que je veux devant moi ! » répondit-il en souriant.
- « Tant mieux ! » lança la jeune femme ne souriant.
- « En revanche, tu m'excuseras, mais je n'ai rien à t'offrir ! Mes réserves sont littéralement vide et à moins que tu ne veuilles de l'eau et un quignon de pain, je ne pourrais rien te donner » s'excusa Remus en passant sa main sur sa nuque.
- « Ça ne fait rien » lui assura la jeune femme en souriant tandis qu'elle s'installait sur une des chaises présentes, imités par Remus « Mais tu ferais bien d'y remédier assez vite. Imagine le savon que tu prendrais si Lily et Océane l'apprenaient ! » plaisanta-t-elle
- « Tu as vite compris à quel point j'étais martyrisé par mes amies ! » plaisanta à son tour Remus d'un air faussement accablé.
- « J'en connais beaucoup qui aimeraient être martyrisé comme toi… » se contenta de répondre la jeune femme en souriant.
Les deux amis se regardèrent un moment en silence avant que Remus ne reprenne la parole.
- « Et bien, dis moi Debae, que me vaut l'honneur de ta visite ? Je suppose, enfin j'espère que tu n'es pas venu jusqu'ici juste pour vérifier l'état de mes placards ?! »
La jeune femme se mit à rire d'un rire cristallin et frais avant de répondre.
- « Non, je suis venue jusqu'ici pour te parler… Je voulais te dire que Zac s'est déclaré hier soir… »
Remus fixa alors la jeune femme qui rougissait largement et qui baissait les yeux, en souriant. Depuis le début, il avait sentit que leur collègue lycanthrope était amoureux de la jolie Debae et s'était amusé de ses élans de jalousie à son égard alors qu'il devenait de plus en plus proche de la jeune femme. Mais Remus l'avait toujours considérée comme une amie et rien de plus…
- « Il était temps ! » répondit-il doucement « Comment as-tu réagi ? »
- « Oh… Je ne peux pas dire que j'étais surprise » répondit honnêtement la jeune femme en relevant la tête. « Je m'y attendais depuis quelques temps déjà. Il m'a avoué qu'il avait longtemps cru que toi et moi nous nous voyions en cachette et que c'était pour ça qu'il n'avait rien dit avant. »
- « Qu'est-ce qu'il lui a fait changé d'avis ? » demanda Remus
- « Le fait que je me sois beaucoup rapproché de lui… » avoua la jeune femme en rougissant encore plus.
- « Si je comprends bien, vous êtes ensemble maintenant ?! Toutes mes félicitations » la félicita Remus
- « Merci… »
- « Zac est un très gentil garçon, il est calme et drôle, vous allez très bien ensemble »
- « Je dois t'avouer que je n'en étais pas convaincue au début… Mais il faut dire que j'avais déjà été très blessée par mon ex-mari et puis rejetée avec toi alors, j'avais un peu peur que… »
- « Debae… » souffla Remus
- « Oh ! Je ne te reproche rien ! Tu as été très bien, et je ne t'en ais jamais tenu rigueur. On ne contrôle pas les sentiments des gens. Mais il m'a tout de même fallut un peu de temps pour me résigner… Maintenant c'est fait, je ne te vois plus que comme un très bon ami… »
- « Alors que tu es amoureuse de Zac … » souffla Remus en souriant.
- « Je crois oui » lança la jeune femme en souriant.
- « Je suis sincèrement ravi pour toi » assura Remus
- « Merci, c'est gentil ! »
- « Je le pense vraiment »
Debae se mit à sourire et le fixa avec intensité.
- « Et de ton côté ? » demanda-t-elle
- « Comment ça de mon côté ? » s'étonna Remus en reculant un peu plus sur sa chaise.
- « Ne fais pas l'innocent avec moi Remus ! » le gronda gentiment Debae « Il se trouve que comme toi… J'ai du flair ! » lança-t-elle en souriant et en posant son index sur le bout de son nez.
Remus la regarda avec un demi sourire. Il était amusé par l'attitude de son amie, mais n'appréciait pas la tournure que prenait cette discussion.
- « Tu as changé Remus » souffla Debae « Je le sens et ça se voit ! Tu n'es plus le même ! Il y a une femme dans ta vie ? » demanda-t-elle
- « Non ! » répondit aussitôt et avec véhémence le jeune homme.
Un peu trop vite peut être car la jeune femme fronça les sourcils et le fixa avec encore plus d'intensité comme si elle essayait de lire la vérité dans ses yeux.
- « Tu peux me le dire tu sais, ça ne me fera pas de peine ! Au contraire, je serais contente pour toi. Tu mérites de rencontrer une femme qui t'aimera à ta juste valeur. »
Remus soupira et abaissa ses épaules.
- « Je ne suis pas avec une femme, Debae » souffla-t-il.
Et il ne mentait pas. Il n'y avait pas une femme dans sa vie, il en avait plusieurs et si cela lui convenait parfaitement, il doutait que se soit également l'opinion de ses amis, en particuliers de ses amies.
- « C'est étrange… » souffla Debae en croisant les mains sur la table. « J'aurais pourtant juré le contraire… Tu sais Remus, un garçon se met rarement sur son trente et un, se rase de près et met du parfum quand il va juste sortir pour boire une Bierraubeurre… » murmura-t-elle innocemment.
Remus gronda sourdement. Décidément, il n'aimait pas cette conversation. Pourquoi, Par Merlin, les femmes devaient toujours faire attention aux moindres détails ?!
- « Tu as peut être une demoiselle en vue alors ? Tu essayes de la séduire ? Si elle n'a pas encore succombé, c'est que tu ne la connais pas depuis très longtemps ou alors, c'est qu'elle n'a pas un jugement très clair des choses ! » lança Debae qui elle, semblait ravie.
Peu à peu, le malaise et la gêne gagnèrent le jeune homme. Décidemment, il était grand temps de mettre un terme à cette conversation qui n'avait pas lieu d'être.
- « Debae, je ne sors pas ce soir pour séduire quelqu'un mais juste pour me détendre ! J'ai juste eu envie de ne pas faire trop négligé ! »
- « A d'autre Remus ! Tu es trop timide pour… »
- « Debae ! On pourrait parler d'autre chose ? »
- « Tu es mal à l'aise ? » demanda malicieusement la jeune femme qui semblait vraiment amusée.
Elle devait trouver tout cela
très drôle, mais pour Remus cela s'apparentait plus à
une espèce de torture dont les femmes seraient les inventrices
et les maîtresses suprêmes : tirer les vers du nez.
Par
chance, il n'eut pas à répondre à son amie car
un crépitement inhabituel dans sa cheminée attira son
attention. Il se leva alors de sa chaise et s'accroupit devant
l'âtre. Quelques secondes plus tard, la tête de
Kingsley apparut entre des cendres encore rougeoyantes.
- « Remus ! Je suis bien content de te trouver là ! » lança l'auror en le voyant.
- « Il y a un problème ? » demanda le jeune homme
- « Je ne crois pas, non. Mais le professeur Dumbledore a demandé à ce que la sécurité soit triplée ce soir à Poudlard. Il doit s'absenter pour un certain temps. Il faudrait que tu préviennes les autres lycanthropes de venir nous prêter main forte. J'y aurais bien été moi-même, mais je ne peux pas quitter le bureau des aurors avant encore trois heures. D'ailleurs, je ne pourrais pas rester encore très longtemps, je n'ai pas le droit d'utiliser cette cheminée pour des conversations privées, alors imagine pour l'Ordre… »
- « Je comprends ! » assura Remus « Je m'en chargerais ! »
- « Merci Remus ! On se retrouve là bas quand j'ai fini mon service alors ! »
- « D'accord ! »
Quelques secondes plus tard, la tête de l'auror avait disparut.
- « On travaille ce soir ! » lança Remus à Debae
- « J'avais cru comprendre ! » souffla-t-elle « Ta sortie tombe à l'eau alors ! » murmura-t-elle alors en souriant « Tu devrais peut être la prévenir ? »
- « Qui ? »
- « La fille que tu devais voir ! » lança Debae en riant presque.
- « Par Merlin ! Puisque je te dis qu'il n'y a pas de fille ! » soupira Remus en attrapant une veste légère au cas où la nuit serait fraîche.
Debae se mit alors à rire franchement et le précéda pour quitter l'appartement.
