Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en général mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

Note : J'ai terminé de rédiger cette histoire en mai 2007. Il n'y a donc dans cette fiction AUCUNE INFORMATION concernant Harry Potter and the Deathly Hallows. Je n'ai fait qu'émettre des suppositions sur ce qui aurait pu se passer. Si par hasard j'avais deviné quelque chose, c'est que je possède un Troisième Œil très efficace !

Par respect pour les lecteurs qui n'ont pas encore eu la chance de lire le tome 7, je vous demande de ne faire AUCUNE ALLUSION au septième tome dans vos reviews… Ne gâchez pas le plaisir de ceux qui ne savent pas lire l'anglais svp !

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre cent quarante et un : Que maudit soit la guerre


« Je partis sain et sauf
Et j'en revins blessé
Que maudit soit la guerre »
Malicorne ( Le prince d'Orange)

- « Pardon ! S'il vous plait, pardon, laissez moi passer ! »

Tant bien que mal, James essayait de se frayer un chemin dans le couloir qui menait à l'infirmerie de Poudlard qui était encombré de médicomages et de guérisseuses qui s'activaient en tout sens. Il parvint pourtant à avancer de quelques mètres quand il se retrouva bloqué par un homme portant la blouse réglementaire de Ste Mangouste.

- « Excusez moi, monsieur, mais vous ne pourrez pas allez plus loin. L'infirmerie est réquisitionnée pour des soins… »

- « Je sais ! Ma femme est à l'intérieur ! » lui rétorqua James qui essayait tant bien que mal de regarder par-dessus son épaule pour tenter d'apercevoir Lily.

- « Quel est votre nom ? » demanda le médicomage.

- « James ! »

Le jeune homme et le médicomage se retournèrent d'un même geste vers Remus qui venait de crier. Ils le virent se rapprocher d'eux.

- « James ! Te voilà enfin ! » souffla-t-il

- « Vous connaissez ce monsieur ? » demanda le médicomage à Remus

- « Oui, c'est le mari de Lily Potter. J'étais là quand vous l'avez ausculté ! »

- « Je me souviens… une jeune femme rousse qui était juste épuisée ? »

- « Exactement ! » acquiesça Remus.

James soupira. Ainsi, Lily allait bien. Il se sentait beaucoup moins stressé tout d'un coup. Il avait tellement craint qu'elle ne soit blessée…

- « Très bien, dans ce cas, je vous laisse passer. Mais je vous demanderai de ne pas gêner le travail de nos équipes. »

- « Bien sur » lui assura James en passant près de lui pour rejoindre Remus.

- « Viens, je t'emmène la voir » souffla ce dernier en l'entraînant à travers les différentes civières installées près des lits habituels de l'infirmerie pour accueillir les blessés.

Bientôt, Remus s'arrêta et lui désigna un paravent. Sans plus attendre, James lui passa devant et s'approcha du lit à qui le maigre morceau de tissu offrait une faible intimité. Lily était allongée et l'accueillit en souriant.

- « Je suis contente de te voir ! » lui souffla-t-elle tandis qu'il s'approchait d'elle et qu'il posait sa main sur son bras.

- « Comment tu te sens ? » demanda le jeune homme juste avant de poser un baiser sur son front.

- « Je suis fatiguée, mais je vais bien. Je t'assure… »

James caressa doucement ses cheveux en souriant.

- « Tu as du avoir peur… » continua la jeune femme en entrelaçant ses doigts aux siens

- « Le patronus de Remus me disait que je n'avais pas de raison de m'inquiéter. Mais je me suis quand même dépêché de venir m'en assurer par moi-même »

- « C'est Sirius qui garde les enfants ? » demanda Lily

- « Oui en attendant que Molly arrive. Elle m'a dit qu'elle se dépêcherais et de prendre mon temps et de ne revenir que quand tu serais bien remise ! »

- « J'espère pouvoir sortir d'ici une heure ou deux » murmura la jeune femme

- « C'est un médicomage qui t'a dit ça ou c'est une décision de ta part ? » demanda James d'un air grave

- « Un peu des deux ! » avoua la jeune femme

- « On attendra un autre avis avant de prendre la décision de rentrer dans ce cas ! » déclara James.

- « C'est que je suis très inquiète pour le professeur Dumbledore. Remus, tu as eu de ses nouvelles ? »

James se tourna vers son ami qui se trouvait un peu en retrait, les bras croisé sur sa poitrine.

- « Je sais juste qu'il a été admis aux soins intensifs du service des empoisonnements… On a rien pu me dire de plus »

Lily soupira alors et James sentit ses doigts se serrer encore plus contre les siens. Il posa un baiser sur une de ses tempes.

- « Je suis sûr qu'il va s'en sortir ! C'est un homme fort ! » souffla-t-il pour la rassurer.

- « J'espère ! Tu l'aurais vu ! Il m'a fait promettre de le forcer à tout boire… C'était horrible ! Il allait de plus en plus mal et moi j'insistait ! Je l'ai empoisonné ! »

- « Lily ! » s'exclamèrent en même temps James et Remus d'un air indigné.

- « Tu as fais ce que tu devais faire ! » insista James tandis que Lily souriait faiblement. « Il savait qu'il prenait des risques ! Tu as fait ce qu'il voulait, tu n'as rien à te reprocher ».

La jeune femme soupira et détourna les yeux. James se sentit mal pour elle. Il aurait tant aimé pouvoir la soulager de la culpabilité qui la rongeait en cet instant.

- « Dès que tu pourras sortir on ira à Ste Mangouste prendre de ses nouvelles si tu veux » proposa-t-il

- « Oui ! » souffla la jeune femme « Surtout que… »

Elle se redressa alors pour se rapprocher de lui. Remus s'approcha également et elle leur murmura.

- « On a trouvé un Horcruxe… »

- « Vraiment ? » demanda James

- « Oui ! Il est dans la poche de ma robe… Remus, ce serait bien que tu le récupères ! Je ne voudrais pas prendre le risque qu'on le perde ! »

Le jeune homme hocha la tête et s'approcha de la chaise sur laquelle étaient les vêtements de la jeune femme. Il fouilla dans ses poches et en sortit un petit médaillon.

- « Tiens James » souffla Remus en tendant l'objet à son ami qui le prit et l'enfonça soigneusement au fond de la poche de son pantalon « Il vaut mieux que tu le gardes avec toi, surtout si vous devez allez à Ste Mangouste pour voir Dumbledore »

James hocha la tête et sourit à son ami avant de se retourner vers Lily. Mais cette dernière fixait Remus d'un air désolée. Étonné le jeune homme fronça les sourcils.

- « Comment vas ton nez ? » demanda alors Lily avec la voix d'une petite fille prise en faute.

A la grande surprise de James, Remus se mit à rire.

- « Il va très bien ! Pomfresh m'a arrangé ça en quelques secondes ! »

- « Qu'est-il arrivé à ton nez ? » demanda James.

Remus se mit à sourire encore plus.

- « Alors que je voulais emmener ta femme hors de la zone de combat, elle m'a remercié en me cassant le nez à coup de coude »

- « Oh ! » s'exclama James en se tournant vers sa femme.

- « Je pensais que c'était un mangemort ! » se justifia Lily avant de remonter son drap jusqu'en dessous de son nez.

Les deux garçons se mirent alors à rire joyeusement devant son air dépité et ils se firent réprimandé par une guérisseuse qui passait par là. Elle ausculta Lily et déclara qu'elle pouvait dors et déjà quitter l'infirmerie. James et Remus attendirent patiemment que la jeune femme se rhabille en tournant le dos au lit, bien que James marmonne qu'il avait le droit lui de regarder… Mais il repris son sérieux dès que sa femme vint près de lui. Il lui enlaça la taille.

- « On y va ? » demanda la jeune femme.

Remus et James hochèrent la tête. Ils quittèrent donc l'infirmerie puis Poudlard. Là, Remus les laissa en déclarant qu'il avait bien besoin de repos après la nuit éprouvante qu'il venait de passer. Ils le regardèrent donc transplaner dès qu'ils eurent franchi les grilles de Poudlard. James se tourna alors vers Lily.

- « Tu es sûre que tu ne préfères pas rentrer te reposer toi aussi ? On ira à Ste Mangouste après… »

- « Non ! James, je suis vraiment inquiète… »

- « Je comprends mon cœur, rassures toi. Molly surveille les enfants, on a tout le temps que l'on veux devant nous »

- « Tu nous fais transplaner ? » proposa Lily

James hocha la tête et après avoir resserrer son étreinte, il les fit disparaître dans un pop sonore et réapparaître dans le hall d'entrée de Ste Mangouste. Ils se dirigèrent alors vers l'accueil.

- « Bonjour » commença Lily « Nous souhaiterions avoir des nouvelles du professeur Albus Dumbledore »

- « Bien sur… » lui répondit la sorcière d'accueil. « Mr Dumbledore est sortit il y a une heure de la salle d'examen, ses jours ne sont plus en danger, mais il reste dans un état très faible. Il s'en ai fallut de peu, le poison qu'il a ingéré l'aurait tué si il avait agit quelques heures de plus ».

James vit clairement sa femme frissonner et il posa sa main sur son épaule en signe de réconfort.

- « Mais il va bien maintenant, vous en êtes sûre ? » demanda Lily

- « Certaine. Oh bien sûr, il faudra qu'il reste parmi nous le temps qu'il reprenne des forces, mais je vous assure qu'il n'est plus en danger »

- « Nous pouvons le voir ? » demanda alors James

- « Oui, les visites sont autorisées. Mr Dumbledore se trouve dans la chambre 321 »

- « Merci » lancèrent en même temps James et Lily.

La sorcière d'accueil leur offrit un sourire poli avant de s'en retourner à sa paperasserie. Les époux Potter, après s'être renseignés grâce au grand tableau d'accueil prirent le couloir qui les mènerait à la chambre 321, au service des empoisonnements par potions et plantes, au troisième étage. Ils ne tardèrent pas à la trouver au beau milieu d'un couloir dont les murs étaient décorés de portrait d'anciens sorciers et sorcières s'étant illustrés dans la médicomagie. La main de Lily tendrement enlacée à la sienne, James s'approcha de la porte et attendit un moment. Il entendit Lily prendre une grande inspiration. Puis il posa sa main sur la poignée de la porte et l'actionna. Il l'ouvrit doucement et n'entendit aucun autre bruit qu'un bip bip régulier provenant d'un appareil placé dans un coin de la pièce. Lily et lui avancèrent un peu plus dans la pièce, et c'est alors qu'il le vit.
Allongé dans un grand lit blanc, il semblait dormir. Il était pâle et avait l'air vraiment exténué. Il avait l'air tellement vulnérable que James eut l'impression qu'un mythe venait de s'effondrer. Il avait toujours vu le professeur Dumbledore comme un roc, comme un homme que rien ne pourrait jamais détruire, un être au dessus de tout. Le voir allongé dans ce lit, avec ses cheveux blanc et sa barbe rappelant la couleur des draps le mettait un peu mal à l'aise. Il avait du mal à reconnaître en ce vieillard celui qui avait été son directeur.

- « Le pauvre… Il a l'air tellement mal… » souffla Lily à ses côtés.

James se tourna vers elle et hocha la tête. Il sentit la main de sa femme quitter la sienne et il regarda Lily s'avancer doucement vers le lit du professeur Dumbledore. Elle fit apparaître une chaise et vint s'asseoir près de lui. James ne la quittait pas des yeux. Pour elle aussi la nuit avait été éprouvante. Elle avait l'air aussi fatigué que leur ancien professeur. De grandes cernes violettes contrastaient avec sa peau pâle et délicate. Il avait peur de la voir s'écrouler de fatigue à tout instant.

- « Tu crois qu'il va dormir longtemps ? » souffla Lily en se tournant vers lui

- « Je ne sais pas, mais si ça dure longtemps, on ferais mieux de rentrer et de revenir plus tard… Tu as besoin de repos toi aussi… »

- « James ! Je vais très bien… »

- « Tu as pourtant mauvaise mine » souffla pourtant la voix faible du professeur Dumbledore.

James ne l'avait pas vu se réveiller, Lily non plus apparemment car la jeune femme sursauta violemment.

- « Professeur ! » s'exclama-t-elle en reprenant un peu ses esprits. « Comment vous sentez-vous ? »

- « J'ai connu mieux… » répondit Dumbledore en esquissant un faible sourire.

- « Qu'ont dit les médicomages ? » demanda James en se rapprochant du lit à son tour.

- « Que je m'en sortirais » assura le professeur « Mais avant que nous ne parlions plus, donnez moi des nouvelles de mon école ! Que s'est-il passé à Poudlard ? »

- « Les mangemorts ont été maîtrisés ! » le rassura Lily « Mais Greyback et quelques autres ont réussit à s'en sortir ! Dont Severus… »

James fut surpris de voir sa femme prononcer ce dernier prénom avec une certaine rage. Elle avait toujours eu une attitude polie envers l'ancien Serpentard. Visiblement, il avait fait quelque chose qui lui avait profondément déplu.

- « Ne parlons pas de cela pour le moment, Lily, je t'en prie. Je n'en ai pas la force ».

Lily grogna un oui d'un air renfrogné et James fut alors convaincu que quelque chose n'allait pas. Mais, il saurait être patient et il attendrait d'être seul avec sa femme pour lui poser la question.

- « Sinon, parmi les nôtres, il n'y a que des blessés légers. A part vous, tout le monde va bien » continua Lily à l'intention du professeur Dumbledore.

- « Nous étions plus nombreux qu'eux » souffla le vieux sorcier d'un air grave.

Il y eut un court instant de silence. Dumbledore semblait en proie à une intense réflexion et ni Lily ni James n'osaient l'interrompre. Le professeur repris la parole après quelques minutes.

- « Dis moi Lily, qu'est devenu… ce que nous étions parti chercher ? » demanda-t-il dans un souffle.

- « Oh ! Je l'ai récupéré professeur ! » s'exclama la jeune femme. « Ne vous en faites pas, il n'a rien ! »

- « Puis-je le voir ? » demanda le vieux sorcier en se redressant tant bien que mal dans son lit.

- « Bien sur ! » lança Lily en se tournant vers James qui comprit le message.

Il plongea sa main dans sa poche et en sortit le précieux petit médaillon. Il s'approcha alors du lit de son ancien professeur et lui tendit l'objet. Mais la main du vieux sorcier tremblait tellement à cause de la fatigue, que le médaillon glissa. Sans que personne n'ai eu le temps de réagir, l'objet glissa sur le lit et se fracassa sur le sol dans un petit bruit cristallin.

- « Par Merlin ! » s'exclama Lily tandis qu'elle observait les débris du médaillon qui gisaient sur le sol.

James remarqua alors un détail qui le surprit. Il se baissa pour ramasser ce qui avait attiré son attention. Un petit morceau de papier sur lequel quelque chose était inscrit. Sous le regard curieux de sa femme et du professeur Dumbledore, il le lu et fut très surpris.

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- « Océane ! »

- « J'arrive ! » répondit-elle en terminant de rincer ses cheveux plein de shampooing.

Depuis le rez-de-chaussée, elle entendait à peine les appels de Sirius au travers des cris que poussait Maelys. Océane imaginait parfaitement son mari en train de bercer leur fille en lui expliquant qu'il ne pouvait pas lui donnée le sein et en lui demandant de faire moins de bruits pour ne pas réveiller sa grande sœur. En effet, Océane espérait vraiment que Lalyh dormirait encore un peu. Depuis que Maelys et elle étaient rentrées de Ste Mangouste, la petite fille se réveillait dès que le bébé se manifestait en quémandant sa part de câlins et d'attention. Sirius et elle n'avaient pas le cœur de la repousser et s'occupaient d'elle. C'est ainsi que leurs nuits depuis ces deux dernières semaines étaient devenues des marathons extrêmement fatigants. C'est pourquoi la jeune femme espérait que sa fille aînée soit assez gentille pour dormir jusqu'à très tard dans la matinée pour qu'elle et Sirius puissent avoir un peu de repos.

- « Océane ! Grouille ! Elle essaye de me téter moi ! » appela une nouvelle fois Sirius depuis le salon.

Océane se mit à rire toute seule en imaginant la scène. Le plus vite possible, elle essora ses longs cheveux en se demandant dans combien de temps elle pourrait enfin prendre une douche dans le calme. Elle sortit de la baignoire, s'enveloppa dans son peignoir et sécha ses cheveux à l'aide d'un sortilège. Sans prendre le temps de s'habiller, elle quitta la salle de bain et prit les escaliers.

- « Maman arrive, princesse ! » lança alors Sirius à Maelys qu'il tenait au creux de ses bras et qui braillait de toute la force de ses petits poumons.

Océane s'installa alors sur le canapé et accueillit contre elle son bébé que Sirius lui tendait tout doucement. D'une main experte, elle entrouvrit son peignoir et aida sa fille a prendre son sein. Immédiatement, le silence se fit entendre dans la pièce tandis que Maelys tétait avec énergie. Océane caressa doucement la petite tête de son bébé tandis que Sirius soupirait.

- « Tu peux me passer un coussin, chéri ? » demanda Océane en quittant son petit ange des yeux pour observer son mari.

Sirius s'exécuta aussitôt et lui apporta un confortable coussin qu'il l'aida à le caler sous son coude pour l'aider à soutenir son bras.

- « Merci » souffla-t-elle doucement.

- « Mais de rien ma belle » lui répondit Sirius avec un sourire séducteur.

Il alla ensuite se glisser dans le fauteuil qui lui faisait face et soupira.

- « J'ai cru que ma tête allait exploser ! Heureusement que tu es arrivée, je ne savais plus quoi faire avec elle ! » lança-t-il en croisant ses mains derrière sa nuque.

- « Je ne pensais pas qu'elle se réveillerait si tôt ! Sinon j'aurais attendu pour aller me doucher… » expliqua Océane

- « Je sais » répondit le jeune homme dans un bâillement.

Succombant à la contagion, la jeune femme l'imita peu de temps après. Tous les deux se regardèrent en souriant.

- « Ça va nous tuer d'être parents ! » murmura Sirius d'un air amusé

- « Peut être, mais comment regretter ! Regarde un peu comme elle est belle ! »

- « Oh oui… » souffla le jeune homme en regardant avec tendresse leur fille en train de téter.

Elle se mit à sourire encore plus. Les dernières semaines qui avaient précédé son accouchement, Sirius avait eu une vraie fascination pour sa poitrine qui s'était considérablement développée. Il en avait bien profité et la jeune femme était amusée de voir qu'il considérait maintenant cette partie de son corps avec la plus grande tendresse.

- « Chéri, tu as réfléchi à la proposition de mes parents ? » demanda-t-elle au bout d'un moment.

Depuis la veille elle voulait lui poser cette question, mais elle n'en avait pas vraiment eu le courage. Mais il fallait prendre une décision rapidement. En effet, les parents d'Océane, dans le but d'améliorer leur relation, avait demandé à ce que Maelys soit baptisée chez eux, dans leur propriété familiale où Océane elle-même avait fait officiellement son entrée dans le monde des sorciers. Ils n'étaient pas présents lors du baptême de Lalyh, c'est pourquoi ils insistaient beaucoup pour le faire chez eux.

Mais Sirius gardait encore beaucoup de rancœur envers Leopoldus et n'avait pas du tout envie que la cérémonie se déroule là bas. Océane, quand à elle n'avait pas vraiment d'avis sur la question. Du moment que sa fille était baptisée, elle se moquait bien de l'endroit. Mais autant que possible, elle ne voulait froisser personne. C'est pourquoi, elle attendait la réponse de son mari.

- « Oui, j'y ai réfléchi » répondit Sirius d'un air grave « Il faut dire que j'ai eu pas mal de temps cette nuit pendant que nos filles nous tenaient éveillés… »

- « Et ? »

Le jeune homme soupira et Océane fronça les sourcils.

- « Ce n'est pas un secret que je ne veux pas que la cérémonie se passe chez tes parents ! » lança-t-il

- « En effet. Mais si tu refuses absolument de le faire chez eux, je veux une meilleure raison que le fait que tu n'aimes pas mon père ! » lui rétorqua Océane

- « Je te signales que ton père ne m'aime pas non plus ! »

- « Ce n'est pas la question ! »

Sirius grogna un peu.

- « Tu as une raison vraiment valable ? » insista une nouvelle fois Océane.

Elle voulait que cette question soit réglée une bonne fois pour toute.

- « Oui » répondit le jeune homme d'un air grave.

- « Qui est… ? » demanda Océane.

- « Si la cérémonie se fait chez tes parents » commença Sirius « Elle aura lieu dans une zone non protégée, donc Harry ne pourra pas y assister ! Tu sais qu'on ne doit lui faire courir aucun risque ! Donc si Harry ne peut pas venir, James ne viendra pas ! Et sans le parrain, il n'y aura pas de baptême ! »

Océane le fixa un moment d'un air grave. Il n'affichait pas son petit sourire victorieux dont il avait le secret et qui l'agaçait au plus au point, c'était déjà ça. Elle détourna ensuite le regard en soupirant. Il avait raison, pour la sécurité de Harry et de tous les autres aussi, la cérémonie ne pouvait pas se dérouler ailleurs que dans leur propriété. Ils n'avaient en définitive, pas tellement le choix.

- « Ça t'ennuie vraiment à ce point ? » demanda Sirius

- « Non… Je me dis juste que mes parents ne vont pas apprécier… » souffla-t-elle

- « Dis-leur que j'ai catégoriquement refusé ! Ils m'en veulent déjà alors, ça ne fera qu'une mesquinerie de plus à me lancer au visage ! »

- « Maman t'aime bien » se contenta de répondre Océane.

Sirius haussa les épaules. A cet instant, Maelys rejeta le sein qu'elle avait dans la bouche et sa tête devenue lourde tomba doucement en arrière, elle s'était endormie. Océane se rhabilla alors et se leva.

- « Tu veux bien lui faire faire son rot ? J'aimerais m'habiller un peu plus convenablement »

- « Bien sur » lui répondit le jeune homme en prenant avec précaution sa fille contre son épaule avant de tapoter doucement sa couche.

Océane les regarda un petit moment avant de prendre les escaliers pour retourner dans sa chambre. A l'étage, il n'y avait pas le moindre bruit, Lalyh dormait donc toujours. La jeune femme s'habilla en vitesse et se dépêcha de retourner dans le salon. Elle fut surprise de voir que James et Lily étaient là. Elle savait qu'il y avait eu une attaque à Poudlard cette nuit et que James était parti chercher sa femme là bas à l'aube car il était venu les prévenir et Sirius avait surveillé les enfants jusqu'à l'arrivée de Molly Weasley à qui James avait fait appel.
Mais maintenant, tous les deux se tenaient sur le canapé dans lequel elle se tenait quelques minutes plus tôt. Ils avaient l'air grave.

- « Vous êtes enfin de retour ! » s'exclama-t-elle en s'approchant de Sirius « Ça va ? Vous allez bien ? »

- « Oui » répondit doucement Lily en hochant la tête « Mais on revient de l'hôpital. Le professeur Dumbledore à été empoisonné »

- « Par Merlin ! » souffla Océane en se laissant tombé sur le canapé à côté de Sirius. « Mais comment ? »

Lily se mit alors à raconter tout ce qui s'était passé la nuit durant. Elle n'avait rien omis, ni la découverte du médaillon, ni l'attaque de Poudlard et encore moins la réaction étrange de Rogue. James et Sirius avaient vivement réagit. Ils avaient protesté en disant qu'ils avaient toujours su qu'on ne pouvait pas faire confiance à Severus et qu'on aurait dû les écouter depuis le début. Océane ne disait rien, mais elle avait un sentiment étrange vis-à-vis de cette affaire. Elle n'appréciait pas l'ancien Serpentard, mais elle ne l'imaginait pas vraiment en traître et puis Dumbledore avait l'air de lui faire tant conscience… En réalité, elle n'arrivait pas vraiment à se concentrer et à réfléchir tant James et Sirius criaient. Plusieurs fois, Lily et Océane leur demandèrent de se calmer et de se taire, mais les deux garçons ne se turent qu'une fois qu'ils eurent réveillé Maelys qui s'était endormie dans les bras de son père. Océane récupéra le bébé et se mit à la bercer.

- « Bon, et maintenant si vous vous taisiez et que vous laissiez Lily terminer son histoire ! » gronda-t-elle d'un air sévère tandis que Maelys se calmait peu à peu.

James et Sirius se turent, mais semblaient toujours aussi fâchés. Ils étaient renfrognés et sombres. Pourtant, plus Lily contait son histoire plus ils se passionnaient pour le récit. Quand vint enfin le moment où ils apprirent que ce qu'ils avaient pris depuis le départ pour un Horcruxe n'en était pas un, la jeune femme laissa échapper un petit cri indigné.

- « Mais qu'a dit le professeur Dumbledore ? » demanda Océane

- « Il a semblé abattu et il a dit que nous avions fait tout ça pour rien » murmura Lily d'un air triste « Moi, tout ce que j'en retiens, c'est que je l'ai empoisonné inutilement ! »

- « Lily ! » soupira James « On en a parlé sur tout le chemin de retour. Tu as fais ce qu'il te demandait, tu n'as absolument rien à te reprocher »

La jeune femme baissa la tête, elle n'avait vraiment pas l'air convaincue. Il y eut un moment de silence avant que Sirius ne prenne la parole.

- « Tu dis que quand il s'est cassé, tu as trouvé un message à l'intérieur de l'Horcruxe ? »

- « Oui » souffla James en sortant un papier de sa poche et en le lui tendant.

- « Au Seigneur des Ténèbres,
Je sais que je ne serai plus de ce monde bien avant que vous ne lisiez ceci mais je veux que vous sachiez que c'est moi qui ai découvert votre secret.
J'ai volé le véritable Horcruxe et j'ai l'intention de le détruire dès que je le pourrai. J'affronte la mort dans l'espoir que lorsque vous rencontrerez un adversaire à votre taille, vous serez redevenu mortel.
R.A.B
» lu Sirius avec sérieux.

Tous les quatre se fixèrent alors un long moment d'un air grave.

- « En résumé » souffla Océane tandis qu'elle se levait pour mieux bercer Maelys qui était sur le point de s'endormir « On ne sait pas si le vrai Horcruxe a été détruit ou pas »

- « Exactement et on ne sait pas non plus où il se trouve » continua James

- « Mais on est à peu prêt persuadé que Vous-Savez-Qui n'est pas au courant que son Horcruxe s'est volatilisé » termina Lily. « Maintenant, il faut qu'on découvre qui est ce R.A.B »

- « Dumbledore ne le connaît pas ? » demanda Océane.

- « Rien ne lui est venu à l'esprit. Il a dit qu'il allait y réfléchir et il nous a demandé de chercher aussi de notre côté. » répondit Lily « Mais j'ai beau me creuser la tête, je ne voit pas de qui il pourrait s'agir. Il va falloir qu'on se relance dans des tonnes de recherches… Je commence à désespérer »

- « Il ne faut pas ! » lança Océane « On va bien trouver dans tous les livres à notre disposition qui peut être ce type… »

- « Mais il n'est pas forcément connu ! » objecta James.

A nouveau le silence s'abattit sur la pièce. Sirius croisa les mains sous sa nuque et soupira.

- « Partir du principe que ce type à détruit l'Horcruxe serait trop aléatoire n'est-ce pas… » murmura-t-il

- « Ça va être un nouveau casse tête ! » grogna James, agacé.

- « On va avoir beaucoup de travail en plus et avec Dumbledore à l'hôpital ça ne va vraiment pas être facile ! » lança Lily.

Océane quand à elle réfléchissait tout en faisant les cent pas dans le salon. Elle avait passé ces dernières semaines plongée dans des livres, a chercher toutes les informations possibles et imaginables sur les Quatre Fondateurs et elle se creusait les méninges pour se rappeler si elle n'avait au cours de ses lectures, entendu parler de quelqu'un dont les initiales pourraient être R.A.B.

- « Bon, moi je dois aller poster un hibou à Kingsley » déclara alors James « Le professeur Dumbledore veut le voir de tout urgence, il a dit que c'était très important »

Il se leva alors.

- « Tu veux utiliser notre hibou ? » proposa Sirius en se levant à son tour

- « Volontiers » répondit James en faisant apparaître une plume et un morceau de parchemin.

Marchant devant la baie vitrée, sa fille endormie dans ses bras, Océane continuait à réfléchir. James avait raison, ce R.A.B n'était peut être pas connu… Y avait-il parmi les gens qu'elle connaissait quelqu'un qui portait ses initiales ?

- « Il va falloir qu'on retourne chez nous pour libérer Molly. La pauvre a sans doute autre chose à faire que de surveiller nos enfants » souffla Lily

- « J'envoie ce hibou et on va rentrer » lui assura James « Tu as aussi besoin de dormir un peu » en posant le point final à sa lettre. « J'espère en tout cas que Kingsley reconnaîtra ton hibou et qu'il comprendra qu'il doit le lire en priorité »

- « Qui ne reconnaîtrait pas le hibou de la famille Black ? » plaisanta Sirius en souriant.

Océane sursauta alors… B comme Black…

- « Sirius ! » s'exclama-t-elle

- « Quoi ?! Qu'est-ce que j'ai dis ? » s'indigna le jeune homme

- « Quel était le deuxième prénom de ton frère ? » demanda-t-elle en s'approchant de lui

- « Acturus, pourquoi… ? »

Le jeune homme se leva tout d'un coup. James se figea à son tour et Lily se redressa dans le canapé.

- « Non ! » lança Sirius en plaçant ses deux mains sur sa tête « Non ! Ce n'est pas possible… Pas lui… »

- « Regulus Acturus Black… Ça peut coller » souffla Océane d'un air grave.

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- « Bonjour mesdames, excusez moi de vous avoir fait attendre, mais vous savez avec tout le travail que nous avons dans ce Service… »

- « Ne vous en faites pas monsieur Rolle, nous comprenons parfaitement » minauda Dolorès en serrant un peu plus contre elle son sac à main en cuir rose.

La jeune femme sentait sur elle le regard agacé de sa collègue, assise à côté d'elle, mais décida de ne pas y faire attention. Elle avait toujours su que Minerva McGonagall était jalouse d'elle. La voir avec cet air tendu et renfrogné ne faisait que confirmé ses soupçons. Elle semblait avoir beaucoup de soucis en tête ce matin là, peut être avait-elle compris que cette convocation au Ministère si tôt dans la journée n'augurait rien de bon pour elle. Dolorès retint de justesse le sourire qui naissait sur son visage. Il fallait à tout prix qu'elle n'ait pas l'air trop satisfaite…

- « Très bien, mesdames je serais bref » commença Mr Rolle en replaçant convenablement ses lunettes sur son nez et en ouvrant un lourd grimoire poussiéreux « Vous êtes bien évidemment au courant de ce qui s'est passé cette nuit à Poudlard… »

Dolorès se redressa. Que c'était-il passé à Poudlard cette nuit ? Elle avait bien entendu un peu de vacarme, mais elle avait mis cela sur le compte de Peeves ou de quelques élèves turbulents. Elle ne s'en était pas préoccupée, laissant cela au concierge. C'était son travail après tout ! Elle se tourna discrètement vers McGonagall qui s'était redressé, fière et stricte, l'air grave et inquiète. Dolorès compris qu'elle avait raté quelque chose de visiblement important. Elle s'appliqua alors à afficher une mine sérieuse et triste, imitant sa collègue.

- « Les choses se sont passées à une vitesse folle » répondit McGonagall « Les évènements se sont enchaînés les uns après les autres mais tout à été maîtrisé très rapidement »

- « Je sais, tout ceci se trouvait dans le rapport que m'a fait parvenir l'auror Shackelbolt. Une chance qu'il a eu l'envie soudaine de vérifier la sécurité de Poudlard hier ! Sinon, il y aurait eu un véritable carnage » lança Mr Rolle d'un air sévère.

- « Nous avons effectivement eu beaucoup de chance » souffla McGonagall.

Dolorès se contentait d'hocher la tête d'un air grave. Elle ne comprenait rien à ce qui se passait mais il ne fallait surtout pas qu'elle le montre. Le fait d'avoir cacher sa tête sous un énorme édredon pour ne plus entendre le bruit en se promettant de punir avec sévérité les élèves responsables de ce boucan dès qu'elle les trouverait, n'était sans doute pas ce qu'on attendait d'elle cette nuit là.

- « Mais il est sans doute écrit dans ce rapport » repris la directrice des Gryffondors « Que le professeur Dumbledore avait fait venir plusieurs équipes de surveillance et… »

- « Oui, oui ! Je sais tout ça ! » lança Rolle en tournant les pages de son grimoire

Dolorès s'était redressée. Dumbledore avait fait engager des équipes de surveillances sans lui en parler ? Non mais quel toupet ! Il était spécifié dans son contrat qu'il ne devait rien faire concernant Poudlard sans lui en parler avant. Elle était chargé de vérifier qu'il ne faisait rien contre les avis du Ministère… alors s'il faisait maintenant des choses derrières son dos, elle ne s'en sortirait pas. Il faudrait vraiment qu'elle ait une discussion avec lui une fois qu'elle serait de retour à Poudlard.

- « J'ai pris connaissance de ce dossier » poursuivit Mr Rolle « Mais il y a certaines choses que j'aurais aimé apprendre par vous mesdames et non pas par des institutions comme le Département des Aurors ou encore Ste Mangouste »

- « Si vous voulez parlez de l'hospitalisation du professeur Dumbledore… » commença McGonagall

- « Évidemment que je parlais de cela ! » s'emporta le sorcier qui leur faisait face.

- « Quoi ?! » s'exclama Dolorès.

Le professeur Dumbledore était à Ste Mangouste et elle n'en savait rien. C'était un comble.

- « Il y a un problème Miss Ombrage ? » demanda Mr Rolle en la fixant par-dessus ses lunettes.

- « Non non ! » s'empressa-t-elle de répondre.

Elle ne pouvait tout de même pas lui dire qu'elle ne savait même pas qu'il y avait eu un problème à Poudlard.

- « Je voulais juste souligner qu'avec tout le travail que nous avons eu ce matin, nous n'avons pas eu le temps de vous prévenir nous même… » répondit-elle d'un air qu'elle espérait sûre d'elle.

- « Bien sur » souffla Rolle d'un air grave. « Quoi qu'il en soit, la situation étant ce qu'elle est, il nous faut prendre de nouvelles mesures »

- « De nouvelles mesures ? » demanda McGonagall en haussant un sourcil.

- « On ne peut pas laisser Poudlard sans directeur ! » grogna Rolle

- « Mais il y a un directeur à Poudlard ! Albus Dumbledore assurera ses fonctions comme il l'a toujours fait… » protesta McGonagall

- « Albus Dumbledore ne peut décemment pas veiller sur Poudlard tant qu'il sera cloué sur un lit d'hôpital ! Et il va l'être un long moment si j'en crois ce rapport que m'a fourni son médecin ! »

- « Mais… » tenta McGonagall

- « Il n'y a pas de mais ! » rétorqua Mr Rolle « Poudlard ne peut pas rester sans directeur ! Il nous faut à sa tête une personne de confiance, digne de ce poste, et capable de gérer une telle responsabilité »

Dolorès observa attentivement sa collègue. Elle arborait cet air sûr d'elle qui l'exaspérait à chaque fois. Comment pouvait-elle être aussi sereine ?! Cette vieille chouette avait toutes les chances d'obtenir ce poste qu'elle avait pourtant tant convoité et la jeune femme trouvait cela injuste. Après tout, elle avait toujours fait son possible pour bien se faire voir de ses supérieurs.

- « Le Conseil d'Administration a donc prit une décision » continua Mr Rolle « Il a nommé un nouveau directeur à la tête de Poudlard, en attendant bien sûr le complet rétablissement du professeur Dumbledore. Enfin, je devrais plutôt dire une remplaçante. En effet, Miss Ombrage, c'est vous que le conseil à choisit pour assumer cette tâche »

- « QUOI ?! » McGonagall et Dolorès avait crié en même temps.

L'une d'indignation, l'autre de joie. Elle n'en revenait pas ! Elle était enfin reconnu à sa juste valeur !

- « Minerva » commença Mr Rolle « Je sais que vous avez bien plus d'expérience de Miss Ombrage, mais elle nous a eu l'air plus… »

L'homme cherchait les bons mots pour ne pas vexer la directrice des Gryffondors.

- « … Plus à même de faire régner le climat de sécurité et de respect des règlements instauré par le Ministère et… »

Mais il ne pu finir sa phrase. En effet, Minerva McGonagall s'était levé d'un air pincé et sans dire un mot, elle quitta la pièce. Dolorès, elle ne croyait pas à sa chance… Elle devenait sans doute la plus jeune directrice que Poudlard ait connu et sans doute, la meilleure.

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- « C'est bon ! A partir de là, je me débrouillerais seul » déclara Kingsley d'une voix ferme aux deux apprentis qui l'accompagnaient.

- « Mais le Commandant nous a bien spécifié que… »

- « Ici c'est moi qui décide ! Pas le Commandant ! Et si l'un d'entre vous avait envie d'aller se plaindre, je me débrouillerais pour le faire muter dans un service où il passerait le reste de sa carrière à faire du café et à remplir des formulaires ! » lança-t-il d'un air menaçant.

C'était un gigantesque coup de bluff. Il n'avait aucunement le pouvoir de faire ce genre de chose, mais tant qu'ils l'ignoraient, il pourrait faire ce qu'il voulait d'eux. Il n'abusait pas de ce mensonge en temps normal, mais ce qu'il allait faire là n'avait rien à voir avec sa fonction d'auror. Il était ici parce que le professeur Dumbledore le lui avait demandé et sa mission devait s'effectuer dans la plus grande discrétion.

- « Vous pouvez rentrer chez vous les gars, je vais terminer le travail ! » termina Kingsley en leur faisant signe de la main qu'il pouvait partir.

Les deux apprentis aurors eurent un moment d'hésitation, mais finirent par partir. Kingsley les regarda tourner au détour d'un couloir avant de prendre lui-même le premier escalier qu'il rencontra. Il devait se rendre dans les cachots du Poudlard. Pas ceux que tout le monde connaissait et qui servait parfois de salle de classe, il se rendait dans les vrais cachots. Ceux qui avaient servi un temps à emprisonner Sirius et Quirrel entre autre. L'auror s'approcha de la porte qui en gardait l'accès. Après s'être assuré qu'aucune oreille curieuse ne traînait dans les parages, le jeune homme murmura le mot de passe et très lentement la lourde porte s'ouvrit en silence ce qui était très étonnant vu la taille qu'elle faisait. Lorsqu'elle fut entièrement ouverte, le jeune homme prit le couloir qu'elle avait découvert et s'avança dans la semi pénombre jusqu'à la fin de celui-ci. Là dans la toute dernière cellule se trouvait la jeune femme. Elle n'avait été enfermée ici que quelques heures et pourtant, cela semblait l'avoir beaucoup marqué. Prostrée dans un coin, elle avait repliée ses jambes contre son torse et les avaient encerclées de ses bras. Sa tête calée entre les genoux, elle se bougeait pas du tout. Kingsley racla sa gorge pour signaler sa présence. La jeune femme releva précipitamment la tête et le fixa un quart de seconde avant de détourner le regard.

- « Madame Malefoy… » souffla Kingsley doucement pour ne pas l'effrayer.

Mais la jeune femme ne réagit pas.

- « Madame Malefoy ! » insista l'auror.

- « Allez vous en ! » grogna la jeune femme.

- « Je suis désolé, mais ça ne va pas être possible » murmura Kingsley.

- « Allez vous en , j'ai dis ! Je ne veux pas que vous restiez ici ! Vous ne trouvez pas que c'est suffisamment humiliant comme situation ! Vous avez besoin d'en rajouter ! »

- « Je n'ai en aucun cas envie de vous humilier. Je ne suis pas là pour cela »

- « Ma vie est fichue ! » lança la jeune femme avec colère « J'ai échoué vous comprenez ?! J'ai échoué alors il va me retrouver et il va me tuer ! Mais ça ce n'est rien ! Rien comparé à ce qu'il va faire à Drago ! J'ai condamné mon fils en échouant ! »

Elle étouffa alors un sanglot et cacha une nouvelle fois son visage entre ses genoux.

- « Madame Malefoy… » souffla Kinglsey en sortant un trousseau de clé de sa poche.

Il ouvrit la cellule et entra, mais la jeune femme se fit pas attention à lui. Le jeune auror s'approcha d'elle et s'agenouilla.

- « Madame Malefoy… Narcissa ? »

La jeune femme releva la tête vers lui. Ses grands yeux bleus étaient maintenant rougis par les larmes qu'elle tentait de retenir.

- « Madame, vous croyez vraiment que le professeur Dumbledore laisserait faire une chose pareil ? Il sait ce que court votre fils et il a donné des instructions très strictes à ce sujet. »

- « Vraiment ? Mais je croyais qu'il était malade… » souffla-t-elle

- « Il est très malade, mais même cloué sur un lit d'hôpital, il continue à veiller à ce que tout se passe pour le mieux » répondit Kingsley « Vous pensiez vraiment qu'il allait vous laissez, votre fils et vous dans le besoin? »

- « Mais il m'a fait enfermer ici ! » répondit avec véhémence la jeune femme qui semblait vraiment sceptique.

- « Loin des autres mangemorts que nous avons capturé et qui se trouvent eux, dans les cellules du donjon… S'il vous a mis ici, c'est pour vous mettre à l'abri »

- « Me mettre à l'abri de qui ? »

- « Du Ministère, des vôtres… » répondit le jeune homme « Et si je suis ici ce soir, c'est également à la demande du professeur Dumbledore. Il a mis au point un stratagème pour vous permettre de vous échapper et de vous sauver votre fils et vous. Nous partons ce soir »

- « Pardon ? »

- « Je vous emmène hors d'ici. Nous allons récupérer votre fils, puis nous le mettrons à l'abri et ensuite nous irons vous cacher »

- « Mais… mais… »

- « Nous n'avons pas de temps à perdre ! Il faut absolument agir vite. Plus vite vous serez cachée et plus vite vous serez en sûreté »

- « Je ne pourrais pas être avec mon fils ? » demanda Narcissa.

- « Ça ne va pas être possible, se serait bien trop dangereux et trop risqué »

- « Vous allez me séparer de mon enfant ?! »

- « Si vous voulez qu'il survive, c'est le meilleur moyen »

Kingsley la fixa un moment d'un air grave. La jeune femme semblait réfléchir. Puis au bout de quelques secondes, elle se leva d'un bond.

- « Puisque je n'ai pas le choix ! » se contenta-t-elle de dire

Le jeune homme se leva alors et d'un coup de baguette fit apparaître une grande cape noire. Il la lui tendit.

- « Couvrez votre visage le plus possible. Il ne faut pas que l'on vous reconnaisse, il y a des aurors dans le coin ».

La jeune femme se couvrit d'un geste vif et ils quittèrent le cachot. En moins de dix minutes, ils étaient en dehors de Poudlard.

- « A qui avez vous confié votre fils pour la soirée d'hier ? » demanda Kingsley d'un air grave

- « Chez ma mère »

- « Il faut que vous alliez le récupérer. Nous transplanons ? »

- « Je vous emmène ! »

La jeune femme lui prit alors le bras et tous les deux arrivèrent instantanément devant un mur blanc très haut. Derrière ce dernier, on voyait clairement un immense manoir à l'allure sombre et sinistre. Il ne faisait aucun doute que la famille qui vivait là était une famille très aisée.

- « Il faut récupérer votre fils » lança Kingsley

- « Je dois y aller seule » lança Narcissa

- « Mais… »

- « J'ai dit seule ! »

- « Très bien ! Mais dans ce cas, que ce soit bien clair. Si vous voulez être sûre que Drago ne court aucun risque, il faut absolument que personne ne sache ce que nous avons l'intention de faire. Il n'y a que vous et moi qui devions être au courant »

- « Et le professeur Dumbledore… » rappela la jeune femme.

- « Et le professeur Dumbledore ! » concéda Kingsley « Mais cela ne change rien. Il est très important que personne d'autre ne soit au courant »

- « Faites moi confiance. Il s'agit de la vie de mon unique enfant. Je ne ferais pas de bêtises ! »

La jeune femme lui lança alors un regard soutenu avant de lui tourner le dos et de passer la lourde grille de la maison. Kingsley s'appuya sur le mur et attendit.
Quinze minutes plus tard, il la vit revenir, un petit garçon aussi blond qu'elle dans les bras.

- « Votre mère n'a pas posé de question ? » demanda Kingsley

- « Pas plus que d'habitude » répondit la jeune femme en caressant les cheveux de son garçon

- « Parfait » répondit Kingsley. « Maintenant, c'est moi qui vous emmène »

- « Où ? »

- « Vous verrez bien ! » souffla le jeune homme en attrapant la jeune femme par le bras.

Ensemble, ils transplanèrent. Ils arrivèrent au beau milieu d'un village sorcier. Il était encore tôt, et peu de gens se trouvaient dans les rues.

- « Par ici » lui indiqua Kingsley en l'entraînant dans une petite rue déserte.

Ils marchèrent une ou deux minutes avant de s'arrêter devant une petite maison à l'allure modeste. Le jeune homme se tourna alors vers la jeune femme.

- « Ici, vit Abelforth Dumbledore, le frère du professeur. Il a accepté de vous garder chez lui. Vous êtes sensé être sa nièce. Il va falloir que vous changiez de nom et de prénom. Ne vous faites pas de soucis, c'est un homme un peu taciturne, mais on peut tout à fait lui faire confiance »

Narcissa hocha la tête.

- « Tout ira bien, ne vous en faites pas »

La jeune femme haussa les épaules et jeta un rapide regard à la triste bicoque d'Abelforth.

- « Il faut maintenant que vous me confiez votre fils » annonça Kingsley

Instinctivement, Narcissa serra son fils contre elle.

- « Il faut que vous soyez raisonnable, c'est pour son bien » souffla l'auror.

- « Où l'emmenez vous ? » demanda-t-elle, méfiante.

- « Je ne peux rien vous dire, mais je vous promet que je vous donnerais très régulièrement de ses nouvelles. Je vous en donne ma parole. Drago sera en sécurité, Dumbledore s'y est engagé »
Narcissa le fixa d'un air grave.

- « Pourquoi fait-il tout cela pour nous ? J'ai tenté de le tuer ! » demanda-t-elle

- « C'est un homme juste et généreux. Il sait que vous y étiez forcée » se contenta de répondre Kingsley.

Narcissa hocha la tête d'un air grave en soupira, les yeux embués.

- « Laissez moi le temps de lui dire au revoir » demanda-t-elle

- « Bien sur » répondit Kingsley qui s'éloigna de quelques pas pour lui laisser une relative intimité.

Il les observait tout de même du coin de l'œil. Pendant cinq longues minutes, il regarda la jeune femme embrasser son fils. Elle lui assura que tout irait bien, qu'ils se reverraient et qu'il fallait qu'il ait confiance. Le petit garçon ne semblait pas tout comprendre mais embrassa fort sa mère. La jeune femme se tourna alors vers l'auror et lui fit signe de venir.

- « Prenez bien soin de lui » murmura-t-elle en lui mettant l'enfant dans les bras « Il est ce que j'ai de plus précieux au monde ! »

- « Ne vous en faites pas. Tout ira bien.»

Narcissa hocha la tête et s'éloigna un peu.

- « J'irais dans cette maison une fois que vous serez parti » déclara-t-elle « Au revoir mon ange ! » ajouta-t-elle à l'adresse de Drago.

Kingsley laissa le temps au petit garçon de faire un signe de la main à sa maman avant de transplaner. Il arriva dans une ruelle sombre et étroite. Il ôta sa cape noire, et se retrouva vêtu de vêtements moldus. Par chance, le petit Drago était habillé d'une manière passe partout. Il était incapable de savoir que cet enfant était l'héritier d'une grande famille sorcière et c'était bien mieux ainsi. Kingsley quitta la ruelle et se retrouva dans une rue très animée du Londres moldu. Il marcha quelques minutes à vive allure, ignorant les petits cris de surprise du petit garçon qui regardait autour de lui, émerveillé. L'auror s'arrêta devant une porte cochère. Il lu consciencieusement la plaque dorée qui était affichée sur le mur de brique. Il prit une grande inspiration et appuya sur la sonnerie.

La porte s'ouvrir sur une vieille femme à l'allure très aimable.

- « Bonjour, madame Stevens ? » demanda Kingsley

- « Elle-même » répondit la vieille femme en souriant.

- « Bonjour, je suis Kingsley Shackelbolt. Je vous ai téléphoné tôt ce matin »

- « Je m'en souviens » souffla la vieille femme.

Le jeune auror lui plaça alors Drago dans les bras.

- « Comme je vous l'ai expliqué, je vous confie cet enfant pour un certain temps. Je viendrais le rechercher quand ses parents seront en mesure de s'occuper de lui »

- « Très bien »

- « Merci de me rendre ce service. C'est très important. Merci aussi de ne pas me poser trop de question. »

- « Un enfant est un enfant, monsieur Shackelbolt. S'il a besoin d'aide et d'amour, je ne peux pas le lui refuser » répondit avec sérieux Mrs Stevens.

- « Merci. Je ne peux pas rester plus longtemps et je pense que c'est mieux ainsi. Je prendrais rapidement de ses nouvelles » expliqua Kingsley

- « Très bien » répondit la vieille femme en souriant au petit garçon qui avait maintenant l'air apeuré. « Tu vas voir, mon petit, tu vas te plaire ici. Comment s'appelle-t-il ? »

- « Drago ! » répondit le jeune homme.

- « Comme c'est original ! Parfait. Allons Drago, dis au revoir à ton ami »

Le petit garçon fronça les sourcils et ne fit pas le moindre geste, mais Kingsley ne lui en tint pas rigueur. Il venait de l'arracher à sa mère. Il comprenait que le petit garçon n'avait pas spécialement envie d'être sympathique avec lui.

- « Je dois partir Mrs Stevens » décréta alors l'auror.

- « Je ne vous retiens pas » répondit en souriant la vieille femme « Au revoir »

Kingsley hocha la tête et partit en courant. Il prit la direction de la ruelle sombre. Il avait rendez vous au bureau des aurors et il n'était pas en avance. Il transplana dès qu'il le pu. Il dû encore courir pour attraper l'ascenseur-cabine téléphonique pour regagner le Ministère. Il arriva dans le bureau du Commandant avec quinze minutes de retard.

- « SHACKELBOLT ! » hurla le Commandant tandis qu'il entrait, essoufflé dans le bureau.

- « A vos ordre chef ! » répondit le jeune homme.

- « Je ne te paye pas pour que tu fasses la sieste ! Quand je te donne un rendez vous, j'entends que tu sois à l'heure ! »

- « Je suis désolé ! » murmura Kingsley en se disant que ce qu'il avait fait avant d'arriver ici ressemblait à tout sauf à une sieste.

- « A cause de toi, j'ai dû envoyez King à Poudlard, faire le travail à ta place ! » continua le Commandant.

- « Pourquoi vouliez-vous m'envoyez là-bas ? » demanda le jeune homme

- « Il nous fallait quelqu'un pour accompagner les Détraqueurs… »

- « Les Détraqueurs ? A Poudlard ? » s'étonna Kingsley « Mais pour quoi faire ? »

- « Ils ont donné le Baiser à Barty Croupton Jr il y a cinq minutes »

- « QUOI ?! » hurla Kingsley « Mais pourquoi ? Pourquoi avez vous fait cela ! Nous ne l'avions pas encore interrogé ? »

- « Qu'aurait-il eu à nous dire ? Qu'il s'est échappé d'Azkaban ? Nous nous en étions rendu compte à partir du moment où nous l'avons vu ! » déclara le Commandant

- « Mais il aurait pu nous dire comment il avait fait ! S'il avait des contacts avec d'autres mangemorts ! S'il avait des renseignements sur la disparition de son père ?! » s'insurgea Kingsley

- « Mais comment veux-tu qu'il sache tout cela ?! » demanda le Commandant.

Kingsley serra les poings. Lui, qui travaillait pour l'Ordre, savait que Croupton Jr aurait pu leur donner toutes ses réponses et peut être même plus encore… Et tout cela venait d'être gâché parce que les autorités ministérielles voulaient se débarrasser au plus vite de la preuve vivante qu'on pouvait s'échapper d'Azkaban. Kingsley savait que c'était là, la véritable raison de ce Baiser donné à la hâte.

- « Si vous n'avez plus besoin de moi… » marmonna-t-il avant de quitter le bureau à reculons.

Une fois dans le couloir, il s'appuya contre le mur et ferma les yeux. Il allait devoir retourner à Ste Mangouste mettre le professeur Dumbledore au courant de cette nouvelle. Il n'allait pas être content…