Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en général mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !
Bonne lecture à vous tous… Aylala
Note : J'ai terminé de rédiger cette histoire en mai 2007. Il n'y a donc dans cette fiction AUCUNE INFORMATION concernant Harry Potter and the Deathly Hallows. Je n'ai fait qu'émettre des suppositions sur ce qui aurait pu se passer. Si par hasard j'avais deviné quelque chose, c'est que je possède un Troisième Œil très efficace !
Par respect pour les lecteurs qui n'ont pas encore eu la chance de lire le tome 7, je vous demande de ne faire AUCUNE ALLUSION au septième tome dans vos reviews… Ne gâchez pas le plaisir de ceux qui ne savent pas lire l'anglais svp !
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Ce qui aurait pu se passer
Chapitre cent quarante deux : Comme un boomerang
«
J'ai sur le bout de la langue
Ton prénom presque
effacé
Tordu comme un boomerang
Mon esprit l'a
rejeté
De ma mémoire car la bringue
Et ton amour
m'ont épuisés(…)
Peu à peu je me
déglingue
Victime de ta cruauté(…)
Je sens des
booms et des bangs
Agiter mon cœur blessé
L'amour
comme un boomerang
Me revient des jours passés(…)
Ma
raison vacille et tangue
Elle est prête à
chavirer
Sous les coups de boomerangs
De flash back
enchaînés
Et si un jour je me flingue
C'est à
toi que je le devrais ! »
Serge Gainsbourg
Il était seul depuis des heures. Le silence régnait dans cette petite pièce exiguë dans laquelle on l'avait installé, sur un matelas de fortune, à même le sol. Par moments, les gémissements de douleur qu'il ne pouvait plus contenir s'échappaient de sa gorge pour aller se répercuter sur les murs nus comme autant d'échos morbides. Il ne savait plus depuis combien de temps il était là, ni s'il faisait jour ou nuit. Il n'avait plus aucune notion du temps ni de l'espace. La seule chose que Peter percevait encore était l'intense douleur qui lui transperçait le bras et les bouffées de chaleur qui le submergeaient par moments.
De sa vie, le jeune homme ne se souvenait pas avoir
connu pareille douleur. Pendant ses fréquentes crises de
délires, il se souvenait avoir appelé sa mère et
invoqué Merlin pour que cette douleur s'arrête. Il
n'en pouvait plus. Depuis que ce morceau d'épée
avait transpercé son bras, la douleur ne le quittait plus,
s'étendant du bout de ses doigts jusque dans son torse.
Peter savait aussi qu'il avait de la fièvre. Incapable de
faire le moindre mouvement, il était condamné à
rester sur ce lit, impuissant en essayant de ne plus penser à
sa souffrance.
Lorsque la porte, qu'il n'avait jusqu'alors
pas remarquée, s'ouvrit, la lumière qui frappa ses
yeux habitués à la pénombre lui fit mal et lui
arracha un cri. Il détourna un peu trop violemment la tête
et fut pris d'une épouvantable migraine.
- « Te voilà enfin réveillé ! » lança une voix de femme qu'il n'identifia pas tout de suite.
Au prix d'un suprême effort, Peter se retourna vers la femme et plissa les yeux. Il mit du temps à reconnaître Alecto York, une mangemort qui comme lui, avait participé à l'attaque de Poudlard.
- « Tu as soif ? » demanda-t-elle sans aucune douceur en s'accroupissant pour se mettre à son niveau.
- « Oui » souffla Peter qui venait de prendre conscience à quel point sa gorge était sèche.
Il vit alors la jeune femme attraper un petit pot qui se tenait dans un coin de la pièce et y plongea une louche dont la propreté laissait à désirer. Une fois la louche pleine, elle la lui tendit. Au prix d'un suprême effort, Peter se releva et parvint à boire quelques gorgées à la louche que lui présentait Alecto. Une fois désaltéré, il se laissa tomber en arrière sur son matelas, augmentant ainsi son mal de bras autant que sa migraine.
- « Ça fait longtemps ? » parvint-il à articuler.
- « Tu dors depuis hier soi, depuis qu'on t'a ramené de chez Barjow et Beurk ! C'est une chance qui tu ais réussit à te glisser dans l'Armoire à Disparaître ! Tu es arrivé totalement inconscient là bas, il a fallut te traîner jusqu'à chez nous… »
Peter appris ainsi qu'il se trouvait dans la demeure de la famille York ce qui le rassura. Ni le frère, ni la sœur, qui vivaient tous les deux ici ne travaillaient, il ne serait donc pas seul…
- « J'ai mal… » grogna-t-il alors.
- « Pas étonnant vu l'état de ton bras ! » lança la jeune femme « C'est vraiment pas joli du tout… Et comme on ne peut pas se permettre de faire venir un médecin… »
Peter fronça alors les sourcils, inquiet.
- « Personne ne va me soigner ? » parvint-il à articuler.
- « Tu te soigneras tout seul ! » déclara la jeune femme « Mais si tu veux que je sois honnête avec toi, je ne donne plus cher de ta peau ! »
Le cœur de Peter manqua un battement. Il n'allait pas si mal que ça, ce n'était pas possible ! Il allait se rétablir, ce n'était après tout, qu'une simple blessure. Il tenta de se lever pour le prouver, mais son mal de tête empira dès qu'il se leva et il eut l'impression que toute la pièce tournait à une vitesse folle autour de lui, un effet de la fièvre sans doute. Il poussa un gémissement plaintif et se laissa retomber sur le canapé.
- « Il faut faire quelque chose… » supplia-t-il « Soigne moi… »
- « Je ne peux rien faire pour toi ! » lui rétorqua la jeune femme.
- « S'il te plait… Un médecin… »
- « Tu veux voir un médecin ?! » railla-t-elle « Tu veux que je t'envoie à Ste Mangouste aussi tant que tu y es ! Les médicomages seront ravis de prévenir la Brigade des Aurors qu'ils soignent un mangemort échappé d'Azkaban ! C'est ça que tu veux ?! »
Pour être honnête, le jeune homme souffrait tellement en cet instant, que la perspective de rejoindre la lugubre prison ne le dérangeait pas plus que cela.
- « C'est hors de question ! » trancha Alecto en se relevant.
- « Je t'en prie… » couina Peter.
- « Tu sais bien que ce n'est pas possible ! » répliqua la jeune femme d'un ton sans appel « Je repasserais te faire boire dans deux heures »
Sur ces mots, elle rouvrit la porte et quitta la pièce sans lui adresser le moindre regard. Désespéré, Peter tenta de se relever, mais c'était peine perdue… Accidentellement son regard se posa sur son bras blessé que personne n'avait prit le soin de soigner ni de bander, et le jeune homme eut un haut le cœur. Une large plaie béante recouvrait son bras. Le sang qui en suintait avait fini par sécher formant çà et là des croûtes à l'allure peu ragoûtante. La blessure s'était visiblement infectée car les bords de la plaie avaient bleuies au point de donner au bras une couleur presque violette. Il s'élevait de la blessure une odeur putride qui eut raison de Peter qui s'évanouit immédiatement.
- « Il est là ! » lança la voix d'Alecto.
Péniblement, Peter ouvrit les yeux. Deux silhouettes se tenaient devant lui, penchées sur son visage. Il y avait un homme et une femme qui portait la bougie.
- « Il m'a parlé quand je suis venue le faire boire la dernière fois. Quand je suis revenue, il était inconscient, alors je me suis dis que comme Vous étiez là… » continua-t-elle
- « Quel écœurant spectacle ! » lança alors une voix sifflante qui glaça d'effroi Peter.
Même à moitié conscient, le jeune homme reconnaissait cette voix qui n'inspirait que peur et souffrance : la voix du Seigneur des Ténèbres. Il se mit à frissonner sans que la fièvre y soit pour quelque chose.
- « Comme Vous pouvez le constater, la gangrène commence déjà à ronger son bras. S'il en réchappe, ce dont je doute, il faudra sans aucun doute l'amputer. » reprit Alecto.
Peter se mit à gémir. Ce n'était pas possible, il était en plein cauchemar et ne tarderait pas à se réveiller.
- « En effet, ce bras est déjà pourri ! » souffla la Seigneur des Ténèbres en le touchant du bout du pied faisant pousser à Peter un hurlement de douleur. « Tu es donc réveillé ! » lui lança-t-il alors.
Les larmes aux yeux, essayant de supporter la douleur extrême qui irriguait son bras, Peter parvint à hocher la tête. Il avait le souffle court et son cœur battait à tout rompe.
- « Sa fièvre n'a cessé d'augmenter » continua Alecto d'une voix impassible comme s'il ne s'était absolument rien passé et qu'elle commentait le temps qu'il ferait le lendemain.
- « Tu sais que si on ne fait rien, tu ne passeras pas la nuit ? » demanda Lord Voldemort à Peter d'une voix neutre.
- « Non… je vous en prie… » supplia le jeune homme d'une toute petite voix.
Il n'avait plus rien à perdre. Il devait tenter le tout pour le tout. Mais il ne fut pas surpris de voir le Seigneur des Ténèbres éclater de rire.
- « Voyez-vous ça ?! Un immonde rat d'égout qui supplie pour sa survie ! Comme c'est touchant ! Tu es tombé bien bas Queudver, bien bas… Et tu sais que je n'aime pas les larves ! » siffla le Mage Noir.
Peter se mordit les lèvres pour ne pas crier sa douleur et ne pas le supplier à nouveau. Il se mordit tant et si bien que quelques secondes plus tard, un goût de sang envahi sa bouche. Il eut de nouveau la nausée.
- « Tu n'as que ce que tu mérites ! » continua à persifler le Mage Noir « Nombre de mes fidèles seraient plus qu'honoré de mourir au combat pour ma cause… »
- « Je peux encore… être utile » murmura Peter sans vraiment y croire.
- « C'est exact » siffla Lord Voldemort. « Tu n'es pas le plus brillant de mes mangemorts, loin de là. Mais tu es on ne peut plus utile quand il s'agit de faire les basses besognes dont personne ne voudrait. Après tout, il n'y a que cela que mérite les traîtres et les lâches… »
- « Maître… » souffla Peter, à bout de force.
Il y eut un long moment de silence. Le jeune homme tentait désespérément de garder conscience, ce qui était de plus en plus difficile. Le Seigneur des Ténèbres tira alors sa baguette de sa poche. Peter espérait que c'était pour le tuer, et abréger enfin ses souffrances. Au lieu de cela, le Mage Noir le fixa avec intensité de son regard rougi. Peter fut hypnotisé par cet effroyable regard et ne pu plus s'en détacher.
- « Ne crois pas que ce que je vais faire signifie que tu as plus de valeur à mes yeux qu'un autre. Tu n'es pour moi qu'un pourceau prêt à se vautrer dans la fange pour avoir la faveur des puissants. Mais tu peux encore m'être utile et je ne veux pas prendre le risque de perdre le seul animagus que je compte dans mes troupes. Alors estime toi heureux que tes folies d'adolescent te servent vraiment ! » siffla le Mage Noir
Peter ne comprit pas ce que le Seigneur des Ténèbres venait de lui dire et ferma les yeux quand la baguette de son Maître se pointa sur son bras. Il aperçut parmi ses paupières clauses un grand jet de lumière puis une douleur atroce au niveau du coude. Une douleur bien différente de tout ce qu'il avait pu sentir jusqu'alors, mais d'intensité égale. Il entendit Alecto pousser un cri et il ouvrit les yeux. En se tournant vers son bras blessé, il eut l'horreur de s'apercevoir qu'il n'en avait plus. Lord Voldemort venait de lui couper le bras, il était désormais amputé d'un membre. Un cri d'horreur et de douleur mêlées mourut dans sa gorge. Le jeune homme était sous le choc. Ses yeux se mirent à rouler dans leurs orbites, il se sentait à nouveau sur le point de s'évanouir.
- « Maître, qu'est-ce que Vous… » souffla-t-il.
Mais le Mage Noir le fit taire d'un regard. Il pointa une nouvelle fois sa baguette à l'endroit où aurait dû se trouver son bras et un nouvel éclair en sortit. Cette fois, Peter ne manqua pas une miette du spectacle qui s'offrait à lui. Sous ses yeux ébahis, tandis que la douleur s'estompait peu à peu, un bras en argent se modelait à la place exacte de l'ancien. Il ne fallut que quelques secondes pour que tout le bras, du coude aux phalanges, soit remplacé par ce qui ressemblait fort à un gant de fer. Peter avait de la peine à y croire.
- « Souviens toi de ma clémence de ce soir et garde à l'esprit que je ne le ferais pas deux fois ! » siffla Lord Voldemort en faisant un pas en arrière.
Peter hocha la tête, partagé entre le soulagement d'avoir été sauvé par son Maître et les conséquences, sans aucun doute désagréables, qu'aurait son geste. Il regarda le Mage Noir s'approcher de la sortie.
- « Soigne le et fait tomber sa fièvre ! Je veux qu'il soit opérationnel le plus tôt possible ! » siffla-t-il à Alecto avant de franchir la porte de la petite chambre.
- « Bien Maître… » répondit Alecto en quitta la pièce à son tour.
De nouveau seul, Peter souffla un bon coup. Délicatement, il leva son bras pour mieux l'observer. Dans la pénombre, il étincelait. Le jeune homme esquissa un faible sourire.
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- « C'est ici ! » lança joyeusement Britany en se tournant vers Remus et en lui prenant la main.
Le jeune homme se mit à sourire et regarda un peu mieux la boite de nuit de laquelle sortait des personnes qui riaient fort.
- « Ça a l'air d'être sympa » répondit le jeune homme.
- « Tu verras c'est génial ! Il y a une super bonne ambiance et la musique est toujours excellente » déclara la jeune femme en l'entraînant parmi la file d'attente des personnes qui attendaient pour entrer dans la boite de nuit.
Remus connaissait Britany depuis deux jours et il l'aimait beaucoup. Elle était dynamique et très enthousiaste pour tout. C'était elle qui l'avait convaincu de venir passer la soirée ici et il était bien obligé d'avouer qu'il avait vite cédé. Les derniers jours avaient été riches en évènements pas très heureux et il avait bien besoin de décompresser un peu. Comme cette soirée s'annonçait fort agréable, il n'allait pas s'en plaindre.
- « Je suis contente que tu sois venu avec moi ! » souffla la jeune femme tandis qu'elle lui prenait le bras.
- « Pourquoi est-ce que je ne serais pas venu ? » demanda Remus en la regardant d'un air surpris.
- « Tu as l'air tellement sérieux… Je ne pensais pas que ce genre de sortie t'intéresserait… » répondit Britany d'un air timide.
- « Je sais aussi m'amuser » lui rétorqua Remus en se penchant vers elle.
Il l'embrassa doucement et lorsqu'ils se séparèrent la jeune femme souriait largement. Elle se serra encore un peu plus contre lui.
- « Je sent que ça va être une bonne soirée » murmura-t-elle.
Ils ne tardèrent pas à arriver près de l'entrée de la boite de nuit, ils payèrent leur place et entrèrent. Le bruit était assourdissant pour Remus. Il avait les sens bien plus développés que les autres et la musique dont le volume était mis à fond était une vraie torture pour lui.
- « C'est bien hein ? » demanda Britany en lui souriant.
- « Génial ! » murmura la jeune homme en se laissant entraîner à l'autre bout de la pièce.
Il y avait un unique canapé de libre et la jeune femme s'y laissa tomber.
- « Remus, tu veux bien aller me chercher quelque chose à boire ? » demanda-t-elle en souriant.
- « Bien sur, que veux-tu ? »
- « La même chose que toi ! » murmura la jeune femme en lui adressant un sourire charmeur.
Remus hocha la tête.
- « Je reviens tout de suite » lui assura-t-il en prenant la direction du bar.
Il dû se frayer un chemin parmi la foule compacte et bruyante des autres clients de la boite de nuit mais parvint tant bien que mal au bar. Il commanda deux cocktails. Tandis qu'il attendait, il observa les danseurs qui se démenaient sur la piste. Parmi eu, une jeune femme brune attira son attention. Son cœur cessa de battre pendant quelques secondes, cette jeune femme ne pouvait pas être celle qu'il croyait. Non, cela ne pouvait pas être Kathleen, elle était en France ! A moins qu'elle ne soit revenue sans le lui dire. Remus se sentit alors mal à l'aise. Sa respiration devint plus rapide. Avec inquiétude il scruta cette jeune femme qui se tourna alors vers lui. Leurs regards se croisèrent un quart de seconde. La jeune femme parut surprise, mais se retourna vite pour discuter avec ses amis. Cet échange de regard n'avait duré que quelques secondes, mais au moins Remus était assuré d'une chose. Cette jeune femme n'était pas Kathleen. Elle lui ressemblait, c'était certain, mais ce n'était pas elle. Il soupira, désespéré. Le souvenir de Kat le hantait encore et bien plus qu'il ne l'aurait cru. Bien sûr, il lui arrivait encore de rêver à elle, mais cela faisait des mois qu'il avait cessé d'avoir des hallucinations de ce genre. Il se croyait sur la bonne voix pour l'oublier définitivement, mais apparemment, il était en pleine rechute. Il secoua la tête. Il ne devait pas se laisser aller. Il allait foncer retrouver Britany et il allait faire en sorte de ne plus penser à Kat de la soirée. Fort de cette résolution, il attrapa les deux verres que le barman lui tendait et comme il était venu, il revint sur ses pas pour retrouver Britany qui l'accueillit en souriant.
- « Merci Remus ! » lança-t-elle tandis qu'il s'asseyait près d'elle.
Remus posa les verres sur la table, se pencha vers elle et l'embrassa avec fougue. La jeune femme fut tout d'abord surprise, mais ne le repoussa pas. Ils s'embrassèrent ainsi un long moment avant que la jeune femme ne le repousse doucement.
- « Waouh ! » murmura-t-elle en souriant « Quel enthousiasme ! »
- « Ça t'embête ? » demanda Remus en plongeant ses lèvres à la rencontre du coup de la jeune femme qui se mit à rire doucement.
- « Non, bien sur que non ! » murmura-t-elle en glissant ses doigts dans ses cheveux. « Mais, il faut que je te laisse un moment… »
- « Tu m'abandonnes ? » demanda Remus avec un sourire charmeur.
- « Je vais aller me remaquiller… » lui répondit-elle en prenant son sac et en se levant.
- « Tu es parfaite comme ça ! » lui assura le jeune homme en la retenant par le bras.
- « Oh Remus ! » souffla la jeune femme en se penchant pour l'embrasser encore une fois « J'en ai pour cinq minutes… »
Remus la laissa alors partir et la regarda s'éloigner en souriant. Il s'installa confortablement dans le petit canapé et ferma les yeux. Surtout, il fallait qu'il ne pense à rien en attendant le retour de Britany ce qui lui éviterait de se torturer l'esprit. Il rouvrit doucement les yeux et tendit sa mains vers son verre. Il but une longue gorgée de cocktail quand il sentit qu'on posait une main sur son épaule. Il se retourna et manqua alors de s'étouffer. Il eut beaucoup de mal à déglutir et se leva.
- « Remus Lupin ! » gronda la jeune femme qui se tenait devant lui, les mains sur les hanches et l'air furieux « Je n'arrive pas à croire que je te retrouve ici ! »
Remus comprit alors immédiatement tout ce qui se passait. Il n'avait pas eu d'hallucination. La jeune femme qu'il avait vu et qui ressemblait tant à Kathleen n'était autre que sa petite sœur Erin, et cette dernière se trouvait devant lui, visiblement dans une rage folle.
- « Bonsoir Erin » lança-t-il poliment en lui tendant la main pour la saluer.
- « N'y penses même pas Lupin ! » gronda la jeune femme.
Remus fronça les sourcils, il ne comprenait pas pourquoi elle semblait si furieuse.
- « Je n'arrive pas à croire que tu te retrouves devant moi l'air de rien ! » hurla la jeune femme « Après tout ce que tu as fait à Kat ! C'est à cause de toi qu'elle est partie en France ! C'est à cause de toi que je ne vois plus ma sœur que deux fois par an ! »
- « Erin… » commença Remus.
Mais il ne savait pas quoi dire. Il comprenait mal ce qu'elle venait de lui dire. Ce n'était pas lui qui avait pris la décision de mettre fin à sa liaison avec Kathleen, c'était bel et bien elle qui avait décidé de partir.
- « Erin, écoute moi, ce n'est pas la peine de s'énerver ainsi… »
- « Pas la peine ? Mais tu es un monstre Remus ! »
Le jeune homme sursauta. Que venait-elle de dire ? Kathleen avait-elle informer sa petite sœur de sa condition de loup-garou ? Mais si c'était le cas Erin n'allait tout de même pas révéler devant tant de personne son terrible secret. Elle hurlait tellement fort qu'elle couvrait presque la musique de l'endroit.
- « Quoi ?! » lança Remus paniquait
- « Comment as-tu osé quitter ma sœur comme une vieille chaussette ! Elle était folle amoureuse de toi ! Elle pensait que vous auriez un avenir ensemble ! Pourquoi tu lui as fait ça ?! »
Bien que soulagé, Remus sentait que ses entrailles se déchiraient.
- « Je n'ai jamais fait ça ! C'est elle, c'est ta sœur qui est partie ! » lança-t-il
- « Menteur ! Elle me l'a dit ! Elle nous a expliqué à nos parents et moi que tu lui avais dit qu'elle n'était pas telle que tu te l'imaginais ! Que tu ne l'aimais pas vraiment et que tu n'avais voulu que t'amuser avec elle ! Tu l'as fait horriblement souffrir ! Et c'est pour ça qu'elle est partie ! »
Remus n'en croyait pas ses oreilles. C'était monstrueux ! Non seulement Kathleen lui avait brisé le cœur, mais en plus elle lui faisait endosser tous les torts auprès de sa famille ? Il n'en revenait pas.
- « Et en plus je te retrouve dans cette boite minable en train de fourrer ta langue dans la bouche de cette greluche ! » hurla Erin
- « Ce que je fais de ma vie ne te regarde pas ! » s'emporta Remus qui était encore sous le choc de ce qu'il venait d'apprendre.
- « Encore heureux ! » hurla la jeune femme « Mais je voudrais que tu te rendes compte à quel point tu es un pauvre type ! Ma sœur vaux mille fois mieux qu'elle ! »
- « Je n'en serais pas si sûre si j'étais toi ! » lui lança méchamment Remus.
Après tout, les images de Kathleen lui annonçant qu'elle le quittait car elle ne supportait pas qu'il soit un loup-garou lui revenait en mémoire et cela le mettait dans une rage folle. Encore plus que le fait que sa sœur vienne lui faire une scène au beau milieu d'un lieu publique.
- « Comment oses-tu dire ça ?! » s'indigna Erin « Ma sœur est une jeune femme remarquable ! »
- « Encore une fois, tu parles sans savoir ! » lui lança Remus.
Les yeux de la jeune femme s'embuèrent de larmes et le jeune homme s'en voulut. Il avait peut être été un peu loin, mais il était vraiment en colère.
- « Tu n'es qu'un pauvre type ! » lui lança-t-elle une dernière fois avant de lui tourner le dos.
Remus la regarda partir d'un air triste. Il n'avait rencontrer la jeune femme qu'une seule fois auparavant et il l'avait trouvé très sympathique. Il regrettait que les mensonges de sa grande sœur lui ait donné une si mauvaise opinion de lui. Il soupira. C'est alors que Britany revint.
- « Je suis désolée, je n'ai pas été trop longue ? » demanda-t-elle en souriant.
- « Non, non, pas du tout ! » répondit-il d'un air absent.
- « Tu me fais danser ? » proposa-t-elle
- « Euh… Je n'en ai pas tellement envie » souffla le jeune homme « Si on partait plutôt ? »
- « Mais on vient d'arriver ! » lui rétorqua Britany
- « Je sais mais… Cette musique me donne mal au crâne ! » mentit le jeune homme « Si on allait chez moi ? »
La jeune femme le regarda un moment d'un air surpris avant de se mettre à sourire.
- « Quelle impatience ! » lança-t-elle en souriant « Ne t'en fais pas Remus, je n'aurais pas fuit ! »
- « Oh ! Je… C'est juste que je… »
- « C'est d'accord Remus » murmura la jeune femme en rougissant « Partons… »
Bien que gêné parce que la jeune femme allait pensé de lui, Remus lui attrapa la main et tous les deux sortirent de la boite de nuit. Le jeune homme garda tout le long ses yeux rivés sur le sol. Il ne voulait pas prendre le risque de croiser une nouvelle fois le regard lourd de reproche de la sœur de Kathleen. Une fois dehors, le jeune homme enlaça la jeune femme et tous les deux transplanèrent chez lui.
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- « Je peux prendre la serviette de bain verte ? » demanda Britany à travers la porte de la salle de bain.
- « Si tu veux ! » lui répondit Remus en reboutonnant le bouton de son jean.
- « Merci ! Je vais essayer de ne pas prendre trop de temps ! » continua la jeune femme.
- « Prends tout ton temps, je ne suis pas pressé ! » lui rétorqua le jeune homme en enfilant sa chemise en souriant.
Il avait passé une excellente nuit et se sentait très en forme, d'excellente humeur en tout cas. Il pensait vraiment qu'il avait une belle vie en cet instant. Il profitait à fond de sa jeunesse et il avait du mal à se souvenir pourquoi il avait tant critiqué Sirius quand ils étaient plus jeunes. Il s'apprêtait à attacher les boutons de sa chemise quand on frappa à la porte de son studio.
- « Remus ? Tu es là ? »
Le jeune homme sursauta en reconnaissant la voix de James. Que faisait-il ici ? Britany était toujours là et il n'avait pas du tout envie de faire les présentations…
- « C'est James ! » insista le jeune homme en tambourinant la porte.
- « C'est bon ! J'arrive ! » souffla Remus.
Il ouvrit la porte et sourit à son ami qui attendait, appuyé contre le mur.
- « Salut Remus ! » lança James « Je vais à Ste Mangouste pour voir Dumbledore, on a trouvé de choses super importantes hier avec Sirius. Je voulais savoir si tu voulais venir avec moi… »
- « Et bien en fait, je ne peux pas ce matin » répondit Remus
- « Tu as autre chose de prévu ? » demanda James d'un air soupçonneux
- « Et bien en fait… »
- « Remus ! Où est-ce que j'ai mis ma robe ? » lança Britany en sortant de la salle de bain, uniquement enveloppée de la serviette de bain verte « Oh, excuse moi, je ne savais pas qu'il y avait quelqu'un » poursuivit-elle en rougissant.
Remus n'en menait pas large non plus, il évita le regard amusé et ravi de James et se tourna vers la jeune femme.
- « Britany, je te présente un de mes meilleurs amis, James. James, voici Britany »
- « Enchanté mademoiselle » lança James d'un air poli
- « Moi de même… » murmura la jeune femme « Je vais me changer » souffla-t-elle ensuite avant de se mettre sur la pointe des pieds pour l'embrasser.
Lorsqu'il se séparèrent, Remus remarqua le large sourire de son ami et fut fatigué par avance de l'interrogatoire qu'il ne manquerait pas de subir plus tard. Il attendit qu'elle ne fut plus dans le couloir, avant de se retourner vers James.
- « Je vois, tu étais très occupé ce matin… » lança le jeune homme en croisant les bras sur sa poitrine.
- « James… » soupira Remus
- « Je sais ! Je sais ! » lança le jeune homme d'un air amusé « Tu n'as pas envie que tout le monde sache que tu as une copine pour le moment, alors je ne dirais rien ! Mais on avait bien deviné la dernière fois pas vrai ? »
- « Oui » souffla Remus d'une toute petite voix.
Il n'allait tout de même pas lui avouer qu'il ne s'agissait pas de la même jeune femme et qu'il y en avait eu trois autres différentes depuis ce jour là ?!
- « Ne t'en fais pas ! Avec moi, ton secret est bien gardé ! » lui assura James
- « Merci ! »
- « Bon, ben je te laisse ! » lança alors James « J'ai du boulot et peut être une mission ce soir… » ajouta-t-il à voix basse.
- « Quelle genre de mission ? » demanda Remus
- « Je n'ai pas le temps de t'expliquer et puis… Je ne peux rien dire à cause de Britany… »
- « Je comprends » lui assura Remus
- « Je te laisse ! A plus vieux ! On se voit à la cérémonie » lança James
- « A tout à l'heure »
Remus vit son ami lui lancer à nouveau un regard amusé et complice qui mit le jeune homme encore plus mal à l'aise. Il le vit s'éloigner dans les escaliers en soupirant.
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- « Ne gigote pas tant chéri, où je n'arriverais pas à faire ton nœud ! » lança Lily en prenant à deux mains la cravate rouge sombre de son fils.
- « Tu entends Harry ? » lança James qui faisait le sien juste derrière elle.
- « James ! » gronda Lily « Je te vois dans la vitre de la fenêtre ! Arrête de lui lancer des sorts de chatouilles ! »
- « Na ! » lança Harry à son papa d'un air amusé
- « Eh ! » s'indigna James avant de se mettre à rire doucement.
- « Voilà mon grand ! Tu es tout beau, trésor ! » lança Lily en souriant.
Le petit garçon se mit à tourner sur lui-même en souriant.
- « Papa je suis beau ! » s'exclama-t-il en se mettant à courir autour des jambes de son père.
- « Tu es magnifique ! On dirait moi ! » lui répondit James en se penchant pour le prendre à son cou
Lily se redressa à son tour et leva les yeux au ciel d'un air mi amusé, mi agacé.
- « Si tu allais plutôt me chercher Syrielle au lieu de dire des bêtises ! »
- « Pas la peine ! » lança Océane qui les observait depuis la porte ouverte.
Elle tenait par la main Syrielle qui ne portait que sa petite culotte et qui tenait dans son poing fermé la nageoire de son poisson doudou.
- « Elle vient de se réveiller » expliqua Océane en caressant doucement sa petite tête brune. « Sirius se charge de Lalyh… ça va être moins facile pour lui »
- « Je veux bien te croire… Viens voir Maman mon ange » souffla Lily en tendant les bras à sa fille qui se dépêcha d'aller s'y blottir.
Océane fit alors les quelques pas qui la séparaient du canapé sur lequel était installée son amie.
- « C'est l'horreur ! C'est bientôt le début de la cérémonie et j'ai l'impression que personne n'est prêt ! » soupira-t-elle
- « Moi j'ai prêt ! » lança alors Harry en s'approchant doucement d'elle « Ragarde, je suis beau ! »
- « Tu es splendide mon grand ! » répondit Océane en souriant et en tapotant la petite tête brune du petit garçon. « Si seulement ton parrain pouvait être prêt lui aussi… Mais il fait toujours tout à la dernière minute ! Ça m'agace ! »
- « Tu sais pourtant que Sirius sera prêt en tant et en heure » lui lança James en s'approchant des deux jeunes femmes, la robe vert pâle de Syrielle dans la main.
- « Oui… Mais tout cela me rend tellement nerveuse » murmura la jeune femme en soupirant.
- « Tu as pourtant déjà organisé le baptême de Lalyh, tu devrais savoir faire… » répondit Lily
- « Je sais, mais cette fois-ci c'est différent. Il y aura mes parents… » avoua la jeune femme.
- « Tu es persuadée que ça se passera mal, pas vrai… » ajouta Lily en refermant la fermeture éclair de la robe de sa fille. « Voilà ma belle ! Tu es prête toi aussi ! » lança-t-elle à Syrielle qui se mit à sourire et qui fit quelques pas pour s'approcher de son papa.
- « Sirius et mon père ne supportent pas de se retrouver dans la même pièce ! » soupira Océane.
- « Mais aujourd'hui n'est pas une journée comme les autres » lança James « Ils devraient pouvoir se contrôler … »
- « Ils devraient… » marmonna Océane.
- « Je suis sûre que tout se passera pas ! » assura Lily.
- « Espérons… » souffla Océane.
A cet instant, elle entendit qu'on frappait à sa porte. Elle se leva alors et alla ouvrir.
- « Bonjour ma chérie ! » lança Flumena qui tenait dans ses bras deux gros paquets cadeaux
- « Bonjour Maman, bonjour Papa ! » répondit Océane en les laissant entrer.
Mais la jeune femme avait remarqué que son père n'avait pas dit un seul mot. Elle leva les yeux au ciel. Il n'allait pas déjà commencer ?!
- « Où est Sirius ? » demanda Flumena en arrivant au milieu du salon
- « Il prépare Maelys et Lalyh à l'étage ! »
- « Oh ma chérie ! Si tu savais comme j'ai hâte que la cérémonie commence ! Je me souviens comme tu étais jolie le jour de ton propre baptême ! »
- « Qui c'était déroulé chez nous, je le rappelle ! » marmonna Léopoldus
- « Papa ! » soupira Océane.
- « Tata ! » lança alors une petite voix « Ze peu zoué ? »
La jeune femme se retourna vers Harry qui la regardait, avec dans les mains quelque uns des petits animaux en plastique de Lalyh.
- « Bien sur mon grand ! » répondit Océane en souriant.
- « Par Merlin, c'est Harry ? » demanda Flumena « C'est fou ce qu'il a grandit ! »
- « C'est vrai que ça fait longtemps que tu ne l'as pas vu ! » lança la jeune femme.
- « Et il t'appelle ''Tata'' ? » s'étonna Leopoldus qui regardait le petit garçon s'installer dans un coin du salon pour jouer tranquillement.
- « Parce que son papa, James, est le meilleur ami de Sirius. C'est même plus que ça, ils sont presque frères » répondit Océane
- « Le même James qui va devenir le parrain de la petite ? » interrogea à nouveau Leopoldus.
- « Exactement ! » répondit Sirius depuis le haut de l'escalier avant même qu'Océane n'ait le temps d'ouvrir la bouche. « Bonjour… »
- « Bonjour » lui répondit le père d'Océane d'un air un peu forcé.
- « Bonjour Sirius ! Oh, dépêche toi de descendre, je meurs d'envie de voir mes petites filles ! » s'exclama Flumena en montant déjà quelques marches pour tendre la main à Lalyh qui descendait l'escalier sur les fesses, comme on le lui avait ordonné de le faire.
En souriant, Océane vit sa mère embrasser sa première petite fille avant de se redresser, et de tendre le cou pour tenter d'apercevoir Maelys. Sirius s'en aperçut et se baissa pour offrir à sa belle mère une meilleure vue.
- « Vous voulez la prendre ? » proposa-t-il même au bout d'un moment.
- « Bien sûr ! »
Ils quittèrent les escaliers et Sirius et Lalyh saluèrent les nouveaux arrivant. La famille Potter, enfin entièrement prête ne tarda pas à les rejoindre. Les présentations furent vites expédiées. Remus suivit de Molly, Arthur et les deux plus jeunes Weasley n'arrivèrent que quelques minutes avant le mage qui devait procéder à la cérémonie du baptême.
- « Si nous nous préparions à officier ? » proposa d'emblée le mage « J'ai beaucoup de travail et je n'aime pas trop être loin de chez moi par ces temps troublés… »
- « Bien sur… » lança Océane « Mon mari va vous indiquer où se déroulera la cérémonie… »
- « Par ici ! » indiqua Sirius au mage en l'entraînant hors de la maison par la baie vitrée du salon.
- « Qu'est-ce que c'est que ce mage ? Ce n'est pas dans ma maison que j'aurais toléré qu'on bâcle ainsi une cérémonie de cette importance ! »
- « Papa ! » gronda Océane en se postant devant son père une lueur menaçante dans le regard « Ce n'est vraiment pas le moment de me faire des reproches ! C'est le baptême de ta petite fille alors s'il te plait, fait un effort ! Cet homme est un excellent mage et la cérémonie sera parfaite pour peu que chacun y mette du sien ! »
- « J'ai compris… » souffla Leopoldus.
- « Merci… » souffla Océane.
- « Qu'avez-vous fait du reste de vos enfants ? » demanda Remus à Molly et Arthur, sans doute pour changer de sujet.
- « Ils sont à l'école et ce n'est pas plus mal… Ce sera sans doute plus calme comme cela » répondit Molly en jetant un coup d'œil à Ron qui s'était dépêché de rejoindre Harry.
Quelques minutes plus tard, Sirius vint les voir pour leur annoncer que la cérémonie allait pouvoir commencer. James s'approcha alors de Flumena.
- « Puis-je récupérer ma filleule ? » lui demanda-t-il en souriant.
- « Bien sur ! » répondit la grand-mère en souriant.
Océane se mit à sourire en voyant James manipuler Maelys. Il était tout sourire devant le bébé qui se réveillait doucement. Maelys, dans sa grande robe blanche sur laquelle de toute petites fleurs bleues brodées par endroit, ressemblait à un petit ange. Océane était tellement heureuse. En lente procession, tout le monde alla rejoindre le jardin dans lequel un petit chapiteau blanc avait été monté. Sous celui-ci se trouvait des chaises et une estrade sur laquelle le mage se trouvait déjà. Tout le monde s'installa tranquillement. Océane confia Lalyh à sa grand-mère et alla rejoindre James et Sirius sur l'estrade.
La cérémonie commença enfin. Le mage leur fit un long discours sur l'importance du lien qui unirait le parrain et la filleule. Les enfants s'ennuyaient… Lalyh tentait d'attraper le bout d'un des rubans qui retenait ses petites couettes, Syrielle était à genoux sur son siège et regardait à l'intérieur du berceau de son petit frère en souriant. Harry, Ron et Ginny quant à eux étaient tous les trois sur le sol en train de jouer avec des brins d'herbes. Mais Océane ne pouvait pas leur en vouloir. Elle savait que cette cérémonie ne représentait rien pour eux et qu'ils devaient trouver le temps long. Ils étaient tous très sage, c'était déjà très bien.
La cérémonie se termina lorsque le mage
jeta les sorts qui scellaient l'entrée de Maelys dans le
monde de la magie. James était très sérieux et
écoutait avec attention. Il mettait tout son cœur dans se
qu'il faisait et Océane ne doutait pas une seconde que
Sirius et elle avaient fait le bon choix en lui demandant d'être
le parrain de leur fille. Lorsque le dernier sort fut lancé,
toute l'assemblée applaudit et Océane récupéra
dans ses bras Maelys qui avait faim et commençait à
réclamer sa tétée. Elle s'excusa donc et alla
s'isoler pour nourrir sa fille.
Elle revint parmi les autre
plus d'une demi heure plus tard. Le mage était déjà
partit et Sirius s'était chargé de faire installer le
petit buffet qu'ils avaient prévu pour célébrer
l'évènement. C'était plus une sorte de gros
goûter qu'autre chose, mais l'important était qu'ils
soient tous réunis pour faire la fête ensemble. La jeune
femme alla s'asseoir dans un confortable fauteuil.
- « C'était très réussit ma chérie » murmura Flumena en s'approchant d'elle.
- « Merci Maman… Je suis contente que vous soyez venus. »
- « Je n'aurais pas manqué ça pour un empire et quoiqu'il en dise, ton père non plus… »
Océane jeta un rapide coup d'œil à son père qui discutait avec Arthur Weasley, dans un endroit diamétralement opposé à celui où se trouvait Sirius. Elle soupira.
- « De vrais gamins quand ils veulent… » murmura Flumena d'un air amusé
- « Oh oui ! »
La jeune femme vit alors James s'approcher d'elle, Jack dans les bras.
- « Je peux m'installer près de toi pour lui donner son biberon ? » demanda-t-il en désignant son fils du menton.
- « Bien sur » lui répondit Océane en souriant.
James prit alors place et attira à lui, à l'aide de sa baguette, un biberon de jus de fruit qui se trouvait jusqu'alors sur la table. Il le donna au bébé qui se jeta dessus.
- « Ben dis donc… Tu avais soif toi ! » souffla le jeune homme d'un air amusé
Océane se mit à sourire.
- « Il ressemble de plus en plus à son frère… » souffla la jeune femme après un moment.
- « Et oui… » lança James « Encore un dont je ne peux pas renier la paternité ! »
- « Tu en es fier pas vrai ? » souffla la jeune femme d'un air malicieux.
- « Je dois dire que par moment oui… » répondit James.
A cet instant, Lalyh arriva vers eux.
- « Maman ! Soif ! » demanda-t-elle doucement.
- « Demande à Papa chérie, il va te donner un gobelet… » répondit Océane.
- « Nan ! Veu un bib'on ! »
- « Tu es trop grande pour boire dans un biberon » lui souffla la jeune femme.
- « Mais veux ! » grogna Lalyh.
- « Peut être mais ça ne change rien ! Il n'y a que les bébés qui boivent au biberon et toi tu n'es plus un bébé ! Va demander un verre à Papa… »
- « Nan ! » lança alors la petite fille avec insistance.
- « Ça suffit Lalyh ! » gronda alors Océane qui commençait à perdre patience.
La petite fille se tourna vers James et le fixa d'un regard noir. Océane allait intervenir quand un cri surpris de James la fit sursauter. Elle l'observa attentivement et vit alors le biberon de jus de fruit de Jack s'arracher à la main de James et à la bouche du bébé, et s'envoler doucement dans les airs en direction de Lalyh qui s'en saisit au vol et partit en courant son précieux butin serré contre elle.
- « Ça alors ! » s'exclama James tandis que Jack ouvrait de grands yeux ronds.
- « Lalyh Black ! » s'écria Océane en se levant.
Mais la petite fille n'arrêta pas de courir pour autant sous le regard éberlué des autres adultes. Sirius fut le premier à réagir. Il attrapa sa fille et la souleva à bout de bras au dessus de sa tête.
- « Par ici toi ! » lança-t-il en faisant visiblement de gros efforts pour ne pas montrer sa satisfaction.
Leur fille venait de manifester ses premiers signes de magie…
- « Je peux savoir ce qui te prend ? » lui demanda-t-il avec toute la sévérité dont il était capable en cet instant et il n'était pas très convainquant.
Il ramena Lalyh vers lui qui maintenait toujours serrer contre elle, le biberon de Jack. Océane s'approcha d'eux.
- « Tu devrais avoir honte de voler son jus de fruit à Jack ! » la gronda Océane en lui reprenant le biberon.
Lalyh baissa les yeux et Sirius la reposa sur le sol.
- «Tu es définitivement trop grande pour boire dans un biberon ! Va vite jouer avec les autres ! Et que je ne te revois plus dans les parages avant un bon bout de temps ! » lança la jeune femme.
La petite fille grogna un peu, mais alla rejoindre Syrielle et Ginny un peu plus loin. Lorsqu'elle fut certaine qu'elle ne puisse pas l'entendre, Océane posa ses deux mains sur sa bouche et je glissa dans les bras de Sirius qui l'enlaça et posa un baiser sur son front.
- « Notre fille est une sorcière… » murmura le jeune homme à son oreille d'une voix dans laquelle on devinait toute sa joie et toute sa fierté.
- « Félicitation ! » lança Remus en souriant « Vous êtes les heureux parents d'une petite chipie qui sait ce qu'elle veut et qui vient de découvrir un nouveau moyen d'arriver à ses fins ! »
Tous les convives se mirent à rire doucement et Océane s'écarta un peu de son mari.
- « Ça signifie qu'elle va vous en faire voir de toutes les couleurs ! » plaisant James tandis qu'il récupérait le biberon de son fils.
- « Il va bien falloir lui expliquer qu'elle ne doit pas s'en servir… »
- « Je sais Maman ! » répondit Océane.
- « Et bien on dirait que cette journée est celle des deux filles Black ! » lança Arthur en souriant
Océane hocha la tête en souriant. Tous autour d'elle commentait avec amusement ce qu'avait fait Lalyh, chacun allant de sa petite anecdote. La jeune femme, elle, était tout simplement heureuse. Cette journée était très particulière pour chacune de ses filles, ce qui la rendait magique à ses yeux. Elle sentit la main de Sirius se glisser dans la sienne. Elle leva les yeux vers lui et croisa son regard… Il était au moins aussi heureux qu'elle.
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- « Je n'aurais jamais cru que je remettrais un jour les pieds ici… » murmura Sirius à James et Remus qui se trouvaient non loin de lui.
- « On sait » lui répondit ce dernier en replaçant un peu mieux sa cape sur ses épaules.
Tous les deux se tenaient dans l'ombre d'une maison qui faisait face au numéro 12 de Square Grimmaurd. Cachés derrière une pile de vieilles caisses, les trois amis attendaient de pouvoir commencer leur mission. La dernière lumière de la vieille bâtisse s'était éteinte quelques minutes auparavant et ils voulaient s'assurer que tous les occupants dormaient bien avant de s'y introduire.
- « J'arrive pas y croire ! » souffla Sirius d'un air agacé « C'est ridicule ! Ça ne peut pas être Regulus ! C'est impossible, on fait fausse route ! »
- « Sirius ! » le coupa Remus « Ce sont les ordres de Dumbledore… »
- « Je n'arrive pas à croire que Dumbledore puisse imaginer que cette hypothèse soit vraie ! Il a dit quoi exactement ? » demanda le jeune homme en se tournant vers James.
- « Tu me l'as déjà demandé deux fois… » soupira ce dernier.
Mais Sirius le fixa avec tant d'intensité que le jeune homme leva les yeux au ciel et lui répondit une nouvelle fois.
- « Il a dit que l'idée d'Océane pouvait être la bonne et qu'on ne devait négliger aucune piste. Il m'a donc demandé de venir avec toi et Remus ici ce soir pour que nous tentions de voir si le vrai Horcruxe se trouve ici. Mais je te le répète encore une fois, il était très occupé et énervé par le fait que Barty Croupton Jr ait reçu le Baiser du Détraqueur avant qu'on ait pu l'interroger. Voilà exactement ce qui s'est passé ! Tu es content ?! »
Sirius se contenta de grogner un vague « mouais ». Tout cela lui semblait bien trop absurde pour être vrai. Regulus avait toujours été le fils parfait dont ses parents avaient rêvé. Son engagement dans le camp des mangemorts était une certitude alors Sirius ne comprenait pas pourquoi on pouvait croire qu'il était celui qui avait dérobé le vrai Horcruxe à son Maître.
- « Ça ne peut pas être lui ce R.A.B ! Ce n'est pas possible… » marmonna-t-il encore une fois.
- « Ton frère a été tué sur ordre de Tu-Sais-Qui parce qu'il voulait cesser d'être un mangemort » lui rappela Remus « Peut être qu'avant, il a eu le temps de récupérer le médaillon… »
- « Ridicule » souffla Sirius d'une voix plus dure qu'il ne l'aurait souhaité.
Toute cette histoire l'ébranlait beaucoup trop à son goût. Depuis qu'il était en âge de comprendre que les idées de ses parents allaient à l'encontre des siennes, il avait considéré sa famille avec la plus grande colère et le plus profond mépris. Regulus n'avait pas fait exception à la règle. Alors l'idée qu'il ait en réalité fait quelque chose de « bien » lui était trop étrange. Il s'était tant appliqué à détester son petit frère que savoir qu'il ait pu faire cela remettait pas mal de choses en cause. Sirius n'était pas prêt pour cela. Il avait tout fait pour oublier sa famille et pourtant celle-ci finissait par lui revenir en pleine figure. Il ne le supportait pas.
- « De toute façon, même si c'est lui, il l'a peut être déjà détruit ce truc » lança-t-il
- « C'est bien pour ça qu'il faut qu'on aille faire un tour ! » lui répondit James « Et on ferait bien d'y aller ! Ça fait plus de vingt minutes que toutes les lumières ont été éteintes là dedans ! »
- « Oui, allons-y… » acquiesça Remus.
Tous les deux passèrent près de Sirius et lui tapotèrent l'épaule en guise d'encouragement. Le jeune homme leur en fut reconnaissant et les suivit jusqu'à la porte d'entrée de ce qui avait été sa maison, les seize premières années de sa vie.
- « Nous y voilà » soupira-t-il.
Il resta un moment silencieux avant de tourner sur la gauche.
- « On va passer par le soupirail, c'est plus sûr. C'est par là que je passais quand je voulais m'enfuir… » leur indiqua-t-il.
Il contourna la maison avant de s'arrêter vers le milieu du grand mur blanc. Au pied de celui-ci se trouvait une petite grille que le jeune homme n'eut aucun mal à ôter, il l'avait déjà fait tant de fois… Avec agilité, il se glissa dans cet espace et se retrouva bientôt dans la cave. Il attendit James puis Remus. Il en profita pour regarder tout autour de lui. Rien n'avait changé, tout était exactement à la même place. Un frisson lui parcourut l'échine. C'est ici qu'on l'enfermait quand il s'était montré particulièrement insolent. Le fait d'y revenir faisait resurgir en lui ses anciennes craintes et son ancien malaise. Il ne supporterait pas longtemps de se retrouver dans cette maison. Il fallait que cette mission se déroule le plus vite possible.
- « Bon les gars… » souffla-t-il en se retournant vers ses deux meilleurs amis « La chambre de ma mère se trouve au premier étage, au fond à droite, celle de Regulus est à l'exact opposé, donc si on est discret tout devrait bien se passer. En revanche, il va falloir faire très attention. Je ne sais pas si cette vieille saleté de Kreatture est toujours vivant, mais cet elfe voue une vénération à ma mère et lui raconte tout ! »
Remus et
James hochèrent la tête pour lui montrer qu'ils
avaient compris et s'éclairèrent à l'aide
d'un Lumos. Sirius prit alors le chemin de l'escalier qui devait
le ramener dans la buanderie. Il ouvrit la porte avec précaution
et passa sa tête par l'embrasure. Il regarda de toute part,
mais il n'y avait aucune trace de l'elfe de maison ni de qui que
se soit d'autre. D'un geste de la main, il fit signe à ses
amis que la voix était libre. Les trois garçons
traversèrent donc la buanderie et se rendirent dans la cuisine
où ils ne trouvèrent personne. Ils avançaient
vite pour le moment. Si Regulus était réellement ce
fameux R.A.B, il n'avait sans doute pas caché n'importe où
un objet de cette importance. En tout cas, pas dans un endroit où
n'importe qui était susceptible de le trouver.
Ils
sortirent donc de la cuisine et se retrouvèrent dans le
couloir d'entrée. Sirius n'hésita pas une seconde
quant à la direction à prendre et fila tout droit pour
se rendre dans le salon. Maintenant qu'il était là,
il avait très envie de vérifier quelque chose…
Délicatement, pour ne pas faire de bruit, il poussa la porte
de la pièce, mais encore une fois, l'endroit était
désert. Les trois amis y entèrent donc. La pièce
n'avait absolument pas changé. Elle était restée
la même que dans le souvenir de Sirius, toujours aussi
sinistre, hostile et inhospitalière.
- « Ça donne envie d'être invité chez toi ! » ironisa James en jetant un coup d'œil à une étagère couverte d'objets emprunts de magie noire.
- « Je t'ai toujours dit que tu ratais quelque chose en refusant de venir chez moi ! » railla Sirius en jetant un regard dégoûté à un cadre en argent qui contenait une photo de Regulus.
Le jeune homme détourna vivement les yeux.
- « Je propose qu'on cherche un peu ici… » souffla alors Remus.
Ses deux amis acquiescèrent et les trois garçons se mirent en quête de l'Horcruxe. Enfin… Pour le moment, Sirius avait une autre idée en tête. D'un pas décidé, il se rendit dans un coin du salon, souleva un petit rideau vert sombre et dévoila ce qu'il recherchait… L'arbre généalogique de sa propre famille.
« Toujours pur » claironnait fièrement en lettres d'argent la tapisserie, et Sirius esquissa un regard moqueur.
- « Par Merlin ! » souffla James en s'approchant de lui « J'ignorais que ta famille avait ce genre de chose ! Ma famille n'a jamais su le mettre à jour, on a finit par s'en débarrasser ! »
- « Ma mère l'entretient avec un soin maniaque… » murmura Sirius « D'ailleurs… »
Le jeune homme posa le doigt sur une trace de brûlure qui se trouvait dans un coin de la tapisserie.
- « Elle a fait disparaître Andromeda le jour où elle a appris son mariage avec Ted… J'étais là quand elle l'a fait ! Tu vois, Nymphadora n'apparaît même pas ! »
- « Et toi ? » souffla Remus qui s'était approché.
- « C'est ce que je suis venu voir » avoua le jeune homme en suivant du doigt les lignes dorées qui reliaient entre eux les membres de sa famille.
Arrivé au nom de sa mère, Sirius fut ravi de voir qu'à l'endroit où aurait dû être son nom, se trouvait également une trace de brûlure.
- « Elle t'a rayé aussi… » constata James.
Sirius hocha la tête. Il était content de voir qu'il ne faisait réellement et concrètement plus partie de cette famille maudite, mais il devait bien se l'avouer, il était mille fois plus content et surtout soulagé de voir qu'aucune des femmes de sa vie ne figuraient sur cette tapisserie. Il n'y avait en effet, nulle trace d'Océane, de Lalyh et de Maelys sur cet arbre. Sa mère n'était donc en aucun cas au courant des derniers évènements importants de sa vie, son soulagement était réel. Il avait désormais le cœur un peu plus léger.
- « Les gars, je vous rappelle qu'on du boulot… » souffla alors Remus en s'éloignant un peu.
Il avait raison. Sirius recouvrit la tapisserie et entreprit de chercher dans la pièce, à la recherche d'une éventuelle découverte de l'Horcruxe. Ils fouillèrent la pièce un bon moment sans rien trouver d'intéressant. Certes, beaucoup d'objets étaient contaminés par la Magie Noire, mais aucun ne ressemblait de près ou de loin au médaillon de l'Horcruxe. Sirius allait proposer à ses amis de changer de pièce quand James poussa un petit cri étouffé. Immédiatement, il se tourna vers lui et aperçut son ami, une main plaquée sur sa bouche, fixant d'un air surpris un portrait géant de sa mère. Sirius se mit à sourire.
- « Je suis désolé, mais quand j'ai levé le voile, j'ai eu peur ! » souffla James à ses amis, en souriant de sa méprise.
- « C'est vrai que ce tableau est vraiment très réaliste ! La ressemblance est frappante » murmura Sirius « Mes chers amis, je vous présente ma mère ! »
- « Elle est terrifiante ! » chuchota Remus
- « N'est-ce pas ?! » répondit Sirius, toujours à voix basse « Elle a finit par le faire pour de vrai… » continua-t-il « Je l'ai toujours entendu dire qu'elle souhaitait qu'à sa mort, ce tableau soit fixé face à l'entrée de la maison pour qu'elle puisse continuer de surveiller les personnes qui rentreront chez elle. Le sortilège d'animation ne sera activé qu'à son décès, alors je suppose qu'elle l'entrepose là en attendant… »
- « Elle a tout de même de drôles d'idées ta mère ! » murmura James en replaçant le voile sur le tableau.
- « C'est de famille ! Ne vous inquiétez pas si vous voyez des têtes d'elfes accrochées aux murs. C'est une tradition familiale, mais elle est trop longue à expliquer et nous n'avons pas le temps… Si on changeait de pièce ? »
- « Oui » souffla Remus « Où penses-tu que nous devrions aller ? »
- « Dans la chambre de Regulus. Ma mère n'a rien dû y toucher ! Elle a dû en faire une sorte de temple à son effigie ! » lança-t-il avec une sorte de dédain dans la voix.
- « Allons-y alors ! » décréta James à voix basse.
En procession, les trois amis quittèrent le salon en veillant à ne faire aucun bruit. Ils avançaient lentement, et la montée des escaliers leur prit pas mal de temps. Une fois à l'étage, Sirius jeta un rapide coup d'œil dans la direction de la chambre de sa mère avant de tourner dans la direction opposée. Il fit quelques pas dans le couloir avant d'atteindre la porte de la chambre de Regulus qu'il ouvrit. Il s'effaça pour laisser passer ses amis. Il prit ensuite une grande inspiration. Entrer ici était bien plus pénible qu'il ne l'aurait cru, mais il fallait qu'il le fasse. Il entra donc et referma soigneusement la porte avant de se retourner vers ses amis.
Le jeune homme n'était pas souvent entré dans la chambre de son petit frère. Ses entrailles se serrèrent. Se pourrait-il que Regulus ait voulu dissimuler un objet dans sa chambre ? Se pouvait-il que cet objet soit l'Horcruxe ? Est-ce qu'Océane avait vraiment vu juste en décrétant que ce R.A.B pouvait être lui ? Sirius ne savait plus trop quoi penser, toutes ses pensées s'emmêlaient dans son esprit et il lui était difficile de tenir un raisonnement cohérent et rationnel car les sentiments qu'il vouait à sa famille en général et à son frère en particulier venaient tout compliquer. Il secoua la tête pour ne plus y penser, et se concentrer uniquement sur la recherche de l'Horcruxe.
- « Alors ? » demanda Remus en se tournant vers lui.
- « Quoi ? » souffla Sirius.
- « Tu remarques quelque chose de différent ? »
- « Comment veux-tu que je le sache ! Ça fait des années que je n'ai pas mis les pieds ici ! » répondit-il un peu avec humeur.
- « Sirius ! » souffla James d'un air sévère « Fais un effort ! On a pas plus envie que toi d'être là, alors fait en sorte que ça dure le moins longtemps possible ! »
Sirius soupira, son ami avait tout à fait raison. Il regarda tout autour de lui en essayant de se concentrer et remarqua un détail qui avait changé…
- « Cette étagère n'était pas là avant… » lança-t-il alors à ses amis en désignant un meuble en bois qui avait l'air d'être très lourd. « Je me souviens qu'elle était colée à cet autre mur parce que celui-ci donne accès à un petite pièce où Regulus enfermait les jouets qu'il ne voulait pas que je prenne. Il n'a jamais su que j'avais découvert son secret. »
- « Il a voulu s'assurer que personne ne le découvrirait s'il a en plus placé cette étagère pour en bloquer l'accès » souffla Remus.
- « On va commencé par là ! » décréta James en tendant sa baguette à Sirius.
Remus en fit de même et bientôt, trois baguettes à la main, le jeune homme se retrouva en train d'éclairer ses deux amis qui déplaçaient aussi silencieusement que possible l'étagère de quelques mètres. Derrière, le mur gris et nu paraissait sans aucune importance, mais Sirius savait qu'il ne fallait pas s'y fier. Regulus, tout comme lui, avait eu pour habitude d'enfermer loin des regards de leurs parents toutes les choses qui lui tenaient à cœur. Le jeune homme s'approcha et passa sa main sur la surface lisse et froide. Il ne mit que quelque seconde pour découvrir le mécanisme. Se souvenant avec une facilité déconcertante de la marche à suivre, bien qu'il ne l'ait pas fait depuis des années, Sirius fit grincer son ongle trois fois à un endroit bien précis, un petit trou apparut dans le mur, juste assez large pour qu'il y glisse son auriculaire. Là, il attrapa un fin crochet qu'il ramena vers lui et c'est alors qu'un pan de mur coulissa devant lui dans un grincement discret mais qui résonna dans la maison endormie.
- « Mince ! » souffla Sirius en retirant sa main du mur.
Remus se précipita vers la porte de la chambre et y colla son oreille. Sirius et James maintenaient leurs souffles dans l'attente de ce qu'allait leur annoncer leur ami. Après plusieurs secondes qui semblèrent pourtant durer une éternité, le jeune homme revint vers eux.
- « Tout est calme, personne n'a entendu » annonça-t-il.
Soulagés, les trois amis entrèrent dans la toute petite pièce. Cette dernière était tapissée d'étagères sur lesquelles s'amassaient des objets très divers allant du yoyo ensorcelé que Sirius reconnut comme le sien, aux fioles contenant des masses flottantes que les garçons ne voulurent pas inspecter en passant par toutes sortes de magasines dont leur mère aurait sans doute réprouvé la lecture.
- « C'est parti ! » lança James en s'attaquant alors à l'étagère qui se trouvait la plus proche de lui.
Remus et Sirius l'imitèrent. Ils inspectèrent chaque recoin de la pièce, cherchant à savoir s'il n'y avait pas une autre cachette secrète dans laquelle Regulus aurait pu placer d'autres objets quand Remus les appela.
- « J'ai un truc ! »
Sirius et James se tournèrent vers leur ami qui tenait dans ses mains une petite boite en fer blanc d'allure plutôt minable. Sans dire un mot, Remus l'ouvrit et tous purent en voir le contenu. La boite était pleine d'éclat dorés et vert, provenant sans aucun doute d'un bijou. Grâce la forme de certains débris, il n'était pas possible de douter que l'objet, avant d'avoir été brisé était un médaillon.
- « Il ressemble à celui que Lily a ramené » se contenta de souffler James.
Sirius soupira. Ainsi c'était vrai ! Regulus avait dérobé un des Horcruxe du Seigneur des Ténèbres, et il l'avait détruit. Cette nouvelle remettait en cause beaucoup de chose concernant son frère, et le jeune homme n'était pas certain que tout cela allait lui plaire. Il ferma les yeux et prit une grande inspiration.
- « Ne nous réjouissons pas trop vite » murmura Remus d'un air prudent « Mieux vaut attendre que Dumbledore l'ait vu avant de nous prononcer… Ce n'est peut être qu'un banal bijou… »
- « Qu'il aurait gardé dans un endroit secret ? J'en doute beaucoup Remus » répondit Sirius « Il faut se rendre à l'évidence… Ma femme est un génie, elle a trouvé l'énigme de ce R.A.B… »
- « Ça va aller ? » s'inquiéta James.
- « Oui ! Il faut que ça aille de toute façon ! » déclara Sirius « Mais maintenant qu'on a ce qu'on est venu chercher, on peut se dépêcher de rentrer. Cet endroit me donne la nausée ! »
James et Remus acquiescèrent d'un signe de tête et, une fois que Remus ait mit bien à l'abri contre lui la petite boite en fer blanc, ils remirent la chambre de Regulus telle qu'elle était, effaçant ainsi les traces de leur passage, et firent en sens inverse, le chemin vers la sortie.
