Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en général mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !
Bonne lecture à vous tous… Aylala
Note : J'ai terminé de rédiger cette histoire en mai 2007. Il n'y a donc dans cette fiction AUCUNE INFORMATION concernant Harry Potter and the Deathly Hallows. Je n'ai fait qu'émettre des suppositions sur ce qui aurait pu se passer. Si par hasard j'avais deviné quelque chose, c'est que je possède un Troisième Œil très efficace !
Par respect pour les lecteurs qui n'ont pas encore eu la chance de lire le tome 7, je vous demande de ne faire AUCUNE ALLUSION au septième tome dans vos reviews… Ne gâchez pas le plaisir de ceux qui ne savent pas lire l'anglais svp !
o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o
Ce qui aurait pu se passer
Chapitre cent quarante trois : Brèves de mythomane
« Ca ne sert à rien de bluffer
Y'a toujours un retour de flamme
La vérité finie par éclater »
Sniper
- « Êtes vous sûr que c'est bien raisonnable professeur ? » demanda pour la centième fois Kingsley tandis qu'ils attendaient tous les deux dans sa chambre d'hôpital la visite du médicomage responsable du service.
- « Raisonnable sans doute pas, mais nécessaire certainement » lui répondit une nouvelle fois le vieux sorcier en souriant « Ce n'est pas le moment de paresser dans un lit alors qu'il y a tant de choses à faire et tant de travail à accomplir »
- « Mais vous ne devez tout de même pas négliger votre santé » souffla l'auror.
- « Je suis un vieil homme, Kingsley » répondit le professeur « J'en ai vu d'autre ! Crois moi je me suis remis de bien pire… »
- « Mais tout de même… »
Albus se mit à sourire encore plus. Il appréciait les attentions qu'on lui portait. Il avait vu grandir Kingsley au fil des années qu'il avait passé à Poudlard, il l'avait vu devenir un brillant auror et un jeune homme responsable et il appréciait qu'en retour, le jeune homme se soucis de lui comme d'un parent. Il n'était pas le seul. Depuis le début de son hospitalisation, il ne s'était pas passé un seul jour sans qu'il ne reçoive des messages de soutien et de prompt rétablissement qui avait considérablement réchauffé son cœur de vieil homme.
A cet instant, la porte de la chambre s'ouvrit un le médicomage entra dans la pièce.
- « Bonjour » les salua-t-il aimablement.
- « Bonjour » lui répondirent en même temps Dumbledore et Kingsley.
Le médicomage se saisit du dossier du malade qui se trouvait accroché au lit et le regarda un long moment en fronçant les sourcils avant de relever la tête vers son patient.
- « Alors comme cela, vous voulez quitter Ste Mangouste » lança-t-il avec gravité.
- « Effectivement » répondit poliment le professeur.
- « Un médicomage vous a-t-il expliqué que nous ne recommandions absolument pas une sortie dans votre état ? Vous êtes encore trop faible monsieur Dumbledore »
- « Une charmante médicomage est venue tout m'expliquer en détail » annonça le professeur Dumbledore « Je suis tout à fait conscient que votre conscience professionnelle vous pousse à me garder ici plus longtemps, mais je me sens suffisamment en forme pour partir. Vous avez besoin de place dans cet hôpital, de nouveaux patients arrivent chaque jour et il serait très égoïste de ma part de priver un malade ou un blessé de soin. Je suis un vieil homme, il faut en priorité sauver la vie des jeunes qui ont encore toute leur vie devant eux. »
- « C'est une attention très louable de votre part, professeur » commenta le médicomage. « Mais je vous le répète, votre état de santé nous préoccupe toujours autant. Vous avez subit un empoissonnement sévère dont nous ne parvenons pas encore à déterminer la source. Il serait bien plus sûr que… »
- « La sécurité est malheureusement un luxe que nous ne pouvons plus nous offrir par les temps qui courent, monsieur » le coupa Dumbledore « Je suis bien renseigné, vous n'avez pas le droit de me garder ici contre mon gré, alors n'essayez pas de le faire. Je vous demanderais juste de bien vouloir me faire parvenir les papiers nécessaires à ma sortie s'il vous plait ».
Le médicomage soupira.
- « Nous serons obligés de vous faire signer une décharge stipulant que vous n'attaquerez pas l'hôpital en justice si votre état s'aggrave à cause de votre sortie prématurée… » l'informa-t-il
- « Cela me semble la moindre des choses » lui assura le professeur en souriant.
Le médicomage hocha la tête d'un air grave avant de lui tendre une petite liasse de parchemins que le professeur Dumbledore s'empressa de prendre. Il remercia le médicomage qui lui prêta sa plume et signa tous les documents.
- « Vous voilà libre de partir » lança le médicomage en récupérant les parchemins.
- « Merci pour vos soins monsieur » dit le professeur en se levant du fauteuil dans lequel il était assis.
Kingsley l'imita.
- « Je vous en prie, je ne faisais que mon métier » lui répondit le médicomage en lui serrant la main.
Sans plus attendre, le professeur Dumbledore et Kingsley quittèrent la chambre puis Ste Mangouste, avant de transplaner pour Poudlard. Comme s'il ne s'était absenté de son école que depuis quelques heures, le vieux sorcier poussa les grilles d'entrée du Collège.
- « Qu'en est-il de Barty Croupton Jr ? » demanda-t-il alors à Kingsley qui l'accompagnait et qui sursauta, surpris de s'entendre poser cette question.
- « Il a été transféré une nouvelle fois à Azkaban, bien entendu dans la zone de ceux qui ont reçu le Baiser » répondit l'auror.
- « As-tu réussit à le voir seul ? »
- « Moi non, mais Fol Œil l'a fait et il a dit qu'il n'y avait rien à en tirer. Il n'y ont pas été de main morte… »
- « C'était à prévoir ! » soupira Dumbledore « Et voilà comment une nouvelle fois, l'empressement du Ministère et ses décisions trop hâtives nous prive d'un témoignage capital… D'autres nouvelles ? »
- « Oui, hier soir dans la nuit, j'ai reçu un hibou de James. Il m'annonçait que lui, Sirius et Remus étaient revenu de la maison de Mrs Black et avaient peut être trouvé quelque chose. Ils voulaient vous voir rapidement. Comme il n'y avait rien de plus dans leur message, je leur ai envoyé un hibou pour leur dire que vous aviez l'intention de quitter l'hôpital ce matin. Ils m'ont alors répondu qu'ils seraient là pour vous accueillir. C'est une bonne chose ? »
- « Je l'espère » répondit Dumbledore d'un air grave.
Il espérait que ce qu'avaient trouvé les garçons était bel et bien l'Horcruxe qu'il cherchait depuis si longtemps et pour lequel il avait mis sa vie en péril. Ce serait une excellente nouvelle, mais il ne voulait pas se réjouir trop vite…
Ils traversèrent le parc sans dire un mot et entrèrent dans l'école d'un bon pas. Les couloirs étaient déserts à cette heure de la journée, en particuliers aujourd'hui qui était le dernier jour des examens de fin d'année. Ne voulant pas perdre de temps, Dumbledore marchait vite. Au détour d'un croisement, ils croisèrent Rusard qui fit un bond en arrière, surpris de les voir.
- « Professeur Dumbledore ?! » s'exclama-t-il
- « Bonjour Argus » se contenta de répondre le vieux sorcier en poursuivant sa route.
Il leur fallut à Kingsley et lui plus de cinq minutes pour rejoindre la statue, gardienne de son bureau et Dumbledore se mit à sourire en voyant Remus, James et Sirius adossés au mur, l'air sérieux.
- « Comment êtes vous parvenus jusqu'ici ? » demanda le professeur d'un air grave mais tout de même amusé.
- « Nous vous avions déjà parlé du passage secret derrière la statue de la sorcière borgne… » lui rappela James.
- « Bien sûr, bien sûr… Comment ai-je pu oublié qu'un Maraudeur à toujours plus d'un tour dans son sac ! »
Les trois garçons échangèrent un regard amusé et Dumbledore se tourna vers Kingsley.
- « Merci beaucoup de m'avoir accompagné » le remercia-t-il.
- « De rien professeur, c'était un plaisir. Mais je ne peux pas rester plus longtemps, on m'attend au Ministère »
- « Je comprends… A bientôt Kingsley »
- « Au revoir professeur ! Les gars… »
- « Salut Kingsley ! » lancèrent les trois garçons en direction de l'auror.
Dumbledore se tourna alors vers eux et les fixa d'un air grave.
- « Allons rapidement dans mon bureau. Je crains que nous n'ayons pas beaucoup de temps devant nous… »
Les trois Maraudeurs ne semblèrent pas comprendre, mais ils ne dirent rien et se contentèrent de le suivre en silence dans son bureau. Dumbledore en ferma soigneusement la porte et se tourna vers les trois jeunes hommes.
- « Kingsley m'a dit que vous aviez peut être trouvé quelque chose » souffla-t-il.
- « Oui » lui répondit Remus en sortant de sous sa cape une petite boite en fer blanc qui ne payait pas de mine « Nous l'avons trouvé dans une cachette secrète de la chambre de Regulus »
Le jeune homme ouvrit la boite, dévoilant ainsi les éclats de ce qui avait semblé être un médaillon. Dumbledore tendit sa main et les toucha du bout des doigts. Immédiatement, il ressentit les vibrations magique de l'objet, enfin ce qu'il en restait…
- « Ça ne peut pas être ça pas vrai ? » demanda Sirius « Regulus ne peut pas avoir fait un truc pareil ! Ça n'a aucun sens… »
- « Ça n'a aucun sens en effet et pourtant… cet objet retrouvé dans sa chambre porte encore des traces de Magie Noire. Vous l'avez sentit vous aussi ? »
- « Bien sur… » murmura James « Je me sens mal dès que je suis trop prés de lui, comme angoissé et mal à l'aise… »
- « Et ce n'est là qu'une infime partie de la magie que contenait cet objet avant d'être détruit… » souffla le professeur.
- « On peut donc considérer qu'il y a un Horcruxe de moins ? » demanda prudemment James.
- « Nous avons toutes les chances de le croire… »
- « Mais c'est insensé ! » persista à grogner Sirius.
- « Probablement… Mais on est souvent surpris de voir de quoi sont capable ceux dont on n'attendait plus rien » répondit philosophiquement le professeur.
- « Qu'allons nous faire de cela ? » demanda alors Remus en secouant un peu la boite en fer blanc.
- « Je vais la mettre en lieu sûr avec les autres » souffla Dumbledore en la lui prenant dans main « Elle sera sans doute plus en sécurité que si… »
Mais il fut coupé par le bruit d'une poignée que l'on actionne. Aussi vite que lui permettait son état de fatigue, le professeur Dumbledore referma la boite en fer blanc et alla la mettre dans un des tiroirs de son bureau qu'il referma au moment où Dolorès Ombrage entrait dans la pièce.
- « Ce que me disait Argus était donc vrai ! » s'exclama-t-elle « vous êtes de retour. »
- « Je suis effectivement revenu et ma santé va mieux, merci de vous en inquiétez… » lança Dumbledore avec une pointe d'ironie dans la voix.
Mais Dolorès ne l'écoutait plus et fixait avec un regard haineux Remus qui le lui rendait bien.
- « Je pensais avoir été claire ! Tu n'as rien à faire ici ! » cracha-t-elle
- « Remus est ici pour me rendre visite » lança Dumbledore « J'ai encore le droit d'inviter qui bon me semble dans mon école… »
- « Votre école ?! » s'exclama Dolorès « Votre école… Voilà quelque chose de très amusant ! Poudlard n'est plus votre école Albus, c'est la mienne ! »
- « Je ne crois pas » murmura Dumbledore « D'après les papiers que j'ai reçu, vous ne deviez assurer que l'intérim en attendant mon retour »
- « C'était effectivement le cas au départ, mais je me doutais bien que vous feriez en sorte de revenir le plus tôt possible alors je suis intervenu auprès du Ministère… Vous êtes un vieil homme Albus, un vieil homme à la santé fragile. Vous n'êtes plus apte à diriger cet établissement d'après le Ministère »
- « Comment faites vous pour toujours parvenir à vos fins ? » demanda la professeur Dumbledore d'un air serein « J'admire vos dons de manipulatrices… »
- « Je fais ce qui me semble être le mieux pour tous… » minauda la jeune femme.
- « Le mieux pour vous Dolorès, le mieux pour vous… » souffla Dumbledore.
Il jeta un rapide coup d'œil aux trois maraudeurs qui se tenaient immobiles dans un coin de la pièce. Ils étaient visiblement outrés et en colère, mais tous savaient qu'ils n'avaient rien à gagner à s'énerver alors, ils tentaient de ne pas perdre leur calme.
- « Peu importe ! Vous êtes dans mon école ! Et en tant que Grande Inquisitrice et Directrice… »
- « Grande Inquisitrice ?! » s'exclama Sirius « Qu'est-ce que c'est que cette bêtise »
- « On ne vous a pas demandé votre avis ! Vous ne devriez même pas être ici ! Je n'ai pas reçu votre demande de visite en trois exemplaires ! »
Sirius, médusé, la regarda avec de grands yeux ronds, à la fois amusé et agacé.
- « Je vous disais donc… » reprit la jeune femme « que j'exige que vous quittiez mon école sur le champ et que vous n'y remettiez plus jamais les pieds ! »
- « Je pensais qu'en temps qu'ancien directeur en convalescence j'aurais le droit que conserver mes appartements privés… Mais enfin, je pense qu'il vaut mieux que je parte en effet, je ne supporterais pas de voir Poudlard se transformer en usine à fabriquer des bureaucrates… » lança-t-il fièrement « Laissez moi un heure, le temps d'assembler mes affaires et je m'en irais »
- « Très bien ! » déclara Dolorès d'un ton pincé.
- « Néanmoins, ne vous endormez pas trop sur vos lauriers » reprit Dumbledore « Je n'ai pas dit mon dernier mot et je regagnerais mon poste plus tôt que vous ne le croyez… »
La jeune femme lui lança un regard méprisant et hautain avant de quitter le bureau en claquant la porte.
- « Quelle sale… »
Le professeur Dumbledore se mit à sourire en entendant ses trois anciens élèves qualifier la jeune femme de toutes sortes de noms que la politesse réprouve.
- « Qu'allez vous faire maintenant ? » demanda Sirius après un moment.
- « Me battre pour récupérer mon école ! Ce ne sera après tout qu'une guerre de plus ! »
- « Mais où allez vous aller ? » s'inquiéta Remus
- « Crois-tu que tes amis lycanthropes auraient une chambre à me prêter ? »
- « Bien sûr ! » lui répondit le jeune homme avec assurance « Avec tout ce que vous avez fait pour eux, je suis sûr qu'ils seront ravis de vous rendre la pareille ! »
- « Merci Remus… Auriez vous maintenant l'amabilité d'aller les prévenir le temps que je rassemble mes affaires personnelles, que je mette de l'ordre et que je place les Horcruxes en sûreté ? »
Les trois amis acquiescèrent et après lui avoir assurer de leur soutien, ils quittèrent la pièce en marmonnant combien Dolorès Ombrage était une femme méprisable. Une fois qu'ils eurent quitté son bureau, le professeur Dumbledore se laissa tomber dans son fauteuil et soupira de tristesse. Il était si las…
o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o
- « Alors, c'est décidé ? On lui prend ça ? » demanda Océane en fixant Sirius qui regardait avec attention le carton d'une petite maison de poupée.
- « Oui ! Ce truc est génial, tu te rends compte que des bulles de savons peuvent sortir par la cheminée ? Et si on lance le bon sort, on peut leur faire prendre plein de formes et de couleurs différentes ! Elle va l'adorer ! »
- « Je pense aussi. En tout cas, notre fille est une enfant gâtée… » murmura Océane en caressant doucement la petite tête de Maelys qu'elle tenait serrée contre elle grâce à un sac kangourou.
- « On ne fête pas son deuxième anniversaire tous les jours » rétorqua Sirius en relevant enfin la tête vers elle en souriant.
- « Tu ne vas pas te servir de cette excuse tous les ans pour la couvrir de cadeaux… » souffla la jeune femme d'un air amusé.
- « Je n'ai pas encore décidé ! » répondit malicieusement le jeune homme « Tu verras bien l'an prochain ! »
Océane soupira d'un air amusé.
- « C'est bon, on a tout ? » demanda la jeune femme à son mari
- « Je voudrais lui prendre un ballon aussi. On a crevé l'ancien l'autre jour en jouant avec Harry » répondit Sirius « Lily a planté trop de roses dans son jardin ! Les épines, c'est l'enfer des ballons ! »
- « Bon, prenons lui son ballon et sortons d'ici sinon je sens que tu vas finir par lui acheter le magasin en entier ! »
- « En voilà une brillante idée ! »
- « Sirius… »
- « Ok ! Un ballon et se sera tout » répondit le jeune homme en souriant.
Océane le regarda s'éloigner, le carton de la maison de poupée dans les bras, vers le rayons des balles et ballons.
- « Tu sais quoi chérie ? » murmura la jeune femme à Maelys qui dormait, sa tête confortablement calée contre sa poitrine « Venir dans un magasin de jouet avec ton père c'est presque comme venir avec ta sœur ! »
Le bébé grogna un peu en ouvrant difficilement un oeil, Océane posa un baiser sur sa petite tête et Maelys se rendormit. Au loin dans l'allée, la jeune femme vit alors son mari lui faire signe de venir le rejoindre. Elle regagna donc le comptoir où il terminait de régler leurs achats pendant qu'une jeune vendeuse emballait les cadeaux destinés à Lalyh pour son anniversaire.
- « Voilà votre monnaie, monsieur » lança la vendeuse en lui rendant une poignée de mornilles. « Si vous voulez bien venir par ici nous allons vous donnez vos paquets. »
- « Merci » répondit joyeusement Sirius en s'effaçant tout de même pour laisser Océane passer la première.
Le temps qu'on leur remette les paquets, la jeune femme observa la rue par la baie vitrée. Il y avait plus de monde que ces derniers temps. Le temps de ce début du mois de juillet était favorable aux sorties. Voir briller un soleil radieux avait quelque chose d'étrange quand on pensait que la guerre faisait rage tout autour d'eux. Un éclat blond sortit Océane de ses pensées. Elle fronça les sourcils en voyant marcher sur le trottoir d'en face une jeune femme aux cheveux d'un blond éclatant et vêtue d'un tailleur rose sombre outrageusement moulant. Rita Skeeter déambulait sous ses yeux, visiblement pressée. Le sang d'Océane ne fit qu'un tour dans sa poitrine et l'envie d'aller voir cette pimbêche pour lui déballer tout ce qu'elle avait sur le cœur l'avait envahie toute entière.
- « Voilà, on peut y aller ! » lança alors la voix de Sirius la faisant sursauter.
Elle se tourna vers lui en essayant d'oublier que son cœur battait bien plus vite qu'en temps normal. Son mari se tenait devant elle en souriant.
- « Ça ne va pas ? » demanda-t-il après un court instant « Tu as les joues toutes rouges… »
La couleur de la colère qui lui rongeait le cœur…
- « Oui, oui je vais très bien » lui assura Océane en essayant de faire en sorte que son sourire soit le plus convaincant possible
- « Tu es sûre ? Tu as l'air bizarre ? » insista-t-il.
Pour réagir aussi calmement, Sirius ne devait pas avoir vu la jeune femme et Océane s'en réjouit alors. En un éclair, elle se trouva une excuse pour fausser compagnie à son mari.
- « Oui, je vais bien, mais je viens de me rappeler que j'ai des courses à faire… » lui lança-t-elle
- « Ce n'est pas grave, on va y aller » décréta Sirius.
- « C'est-à-dire… » commença Océane en détachant son sac kangourou de son torse tout en maintenant Maelys « Il ne faudrait peu être plus trop tarder à aller chercher Lalyh chez Molly »
- « Océane, qu'est-ce que tu fabriques ? » demanda Sirius tandis que la jeune femme lui installait le sac de Maelys autour du torse en prenant grand soin de ne pas réveiller leur bébé.
- « Rentre à la maison, cache les cadeaux et va chercher Lalyh pendant que je vais acheter ce dont j'ai besoin. Je n'en aurais pas pour longtemps ! »
- « Mais si Maelys se réveille et qu'elle a faim ? » s'inquiéta Sirius d'un air grave.
- « Je ne pense pas » répondit la jeune femme en se mettant sur la pointe des pieds.
Elle posa un rapide baiser sur les lèvres de son mari.
- « Elle a mangé avant de partir et ne t'en fait pas je ne serais pas longue, je te le promets ».
Puis sans attendre la réponse de son mari, la jeune femme quitta le magasin d'un pas rapide. Elle avait perdu du temps, et espérait ne pas avoir perdu la trace de la journaliste. Bien sur, elle aurait très bien pu avouer à Sirius ce qu'elle avait l'intention de faire. Mais le jeune homme aurait sans doute réussit à la dissuader, en lui disant que cela ne servait plus à rien de remuer le passé, que tout ceci était derrière eux et qu'ils devaient aller de l'avant. Mais Océane, qui n'était pourtant pas d'une nature vengeresse, n'aspirait qu'à une seule chose : se venger.
Cette sale peste avait mis son couple en péril, elle l'avait fait douter de son mari et elle se servait de l'image de son homme pour se faire mousser et faire croire qu'elle avait trouvé l'homme parfait.
Sirius n'était pas parfait, mais Océane en était toujours aussi éperdument amoureuse qu'au début de leur relation et elle ne tolérait pas que quiconque se l'approprie. C'est pourquoi elle était bien décidé à trouver un moyen pour faire payer à Rita Skeeter ce qu'elle leur avait fait endurer. Elle ne savait pas encore comment elle allait s'y prendre, mais Océane faisait confiance à son imagination…
Au détour d'une rue, la jeune femme aperçut enfin la silhouette vulgairement provocante de la journaliste et serra les poings. Elle la vit se diriger vers un grand bâtiment, alors Océane accéléra le pas. Elle reconnut l'endroit en s'en rapprochant. Il s'agissait tout simplement du siège de la Gazette du Sorcier. La jeune femme y était déjà venue, des mois auparavant, au tout début de l'histoire des articles bidons… Elle était alors très loin de se douter de la tournure que prendraient les évènements. Océane prit une grande inspiration et en essayant d'avoir l'air le plus calme possible elle prit une allure plus convenable. Rita venait de tourner dans un couloir du bâtiment quand la jeune femme y entra à son tour. Fort heureusement, le guichet d'accueil était désert et Océane put s'aventurer dans les couloirs sans rendre de compte à personne. Elle suivit la journaliste qui ne s'était toujours pas rendue compte qu'elle était suivit jusqu'à son bureau où elle s'enferma. Océane s'arrêta un moment pour tenter de retrouver son calme et ses esprits. Mais son cœur battait à une vitesse folle et ses nerfs étaient déjà en pelote. Constatant que ses tentatives de retour au calme étaient vouées à l'échec, la jeune femme les abandonna et vint se placer devant la porte. Elle prit une nouvelle fois une grande inspiration et frappa quelques coups secs. L'heure de la confrontation avait sonné.
- « Oui ? » lança la voix horripilante de Rita à travers la porte « Qui est-ce ? »
Océane savait pertinemment que si elle s'annonçait, jamais la journaliste ne viendrait lui ouvrir elle choisit donc de garder le silence.
- « Qui est-ce ? » insista la journaliste.
Mais la jeune femme garda la silence, fière et droite devant la porte du bureau.
- « Par Merlin ! Qui est là ?! » commença à s'énerver Rita.
Océane entendit alors depuis l'intérieur du bureau le bruit d'une chaise que l'on recule et quelques secondes plus tard, la poignée s'activa. Mais, la porte n'eut pas le temps de s'ouvrir de plus de quelques centimètres que le visage de Rita apparut. Ses yeux s'agrandirent sous le coup de la surprise et avant qu'Océane ait le temps de réagir, la porte s'était refermée avec fracas et le verrou fut mis.
- « Partez ! » hurla la voix de Rita depuis l'intérieur.
- « C'est hors de question ! » s'écria alors Océane « Nous avons des comptes à régler toutes les deux et je veux que nous le fassions maintenant ! »
- « Je ne vois absolument pas de quoi vous voulez parler ! » mentit la journaliste.
- « Oh que si, vous le savez très bien et il est hors de question que je parte sans vous avoir vu ! » s'exclama Océane en donnant un grand coup sur la porte avec le plat de sa main. « Je resterais assise devant votre porte toute la journée s'il le faut ! »
Rita ne répondit rien. Océane attendit quelques minutes en silence. Elle était déterminée. Maintenant qu'elle avait la journaliste sous la main, il était hors de question qu'elle la laisse partir. Elle allait lui expliquer sa manière de penser à cette pauvre fille. Rita Skeeter allait comprendre qu'on ne s'en prenait pas à son couple en tout impunité.
Fatiguée d'attendre debout, la jeune femme alla s'asseoir sur le sol, dos au mur, ne quittant pas la porte des yeux. Les jambes repliées contre son torse, ses bras encerclant ses genoux et son menton calé entre les deux rotules, Océane se sentait d'attaque à attendre le temps qu'il faudrait mais qu'elle n'espérait pas trop long tout de même. Elle avait un nourrisson à nourrir régulièrement et elle n'osait pas imaginer les reproches que lui ferait Sirius si elle manquait l'heure de la prochaine tétée. Mais la jeune femme avait encore une bonne heure devant elle et elle était persuadée que ce serait bien suffisant pour faire sortir cette punaise de son trou.
Tandis qu'elle patientait, la jeune femme inventa toute sorte de scénarios vengeurs à l'encontre de la journaliste. Elle se découvrait d'ailleurs une imagination débordante dans ce domaine. Toutes ses idées étaient meilleures les unes que les autres. Il allait être difficile de faire un choix le moment venue. Océane ne se reconnaissait pas. Elle qui était si calme et si douce en temps normal, elle qui empêchait Sirius de faire ce genre de choses d'habitude, n'avait aucun remord à attendre dans ce couloir sombre le moment où sa vengeance pourrait enfin avoir lieu.
Le temps passa lentement et Océane commençait vraiment à s'impatienter. Elle décida d'accélérer un peu les choses. Elle se leva et alla actionner la poignée mais la porte demeurait fermée. La jeune femme se mit donc à tambouriner sur la porte.
- « Skeeter ! Je sais que vous êtes là ! Ça ne sert à rien de vous cacher ici ! Venez me voir en face si vous l'osez ! Venez me dire en face tout ce que avez écrit sur mon mari » criait-elle tout en martelant la porte de son poing.
- « Par Merlin ! Mais qu'est-ce que c'est que ce vacarme ! » lança alors la voix d'une jeune femme derrière son dos.
Océane se retourna vivement et tomba nez à nez avec, si on en croyait le badge qu'elle portait sur son uniforme, la sorcière d'accueil.
- « Qui êtes vous madame ? » demanda-t-elle
- « Je m'appelle Océane Black et je voudrais parler à Rita Skeeter, mais elle refuse de m'ouvrir » expliqua Océane d'un ton qu'elle espérait calme.
- « Miss Skeeter n'est pas là, ce n'est pas la peine de vous acharner ainsi sur la porte de son bureau » répondit avec sévérité la sorcière d'accueil.
- « Ne dites pas n'importe quoi ! » rétorqua Océane « Je l'ai vu entrer ici, s'enfermer et je suis restée devant la porte tout le temps ! Elle est forcément encore à l'intérieur »
- « Vous vous trompez madame. J'ai vu Miss Skeeter quitter nos locaux il y a une demi heure environs. Elle avait l'air très pressée quand elle est passé devant mon guichet »
- « Vous voulez dire qu'elle était dans le hall d'entrée ?! » s'étonna Océane « Elle n'a pourtant pas quitté cette pièce ! Je montais la garde ! Je m'en serais rendue compte ! »
- « Je l'ai vu quitter ce bâtiment aussi sûrement que je vous vois devant moi à cet instant » lui assura la sorcière d'un air agacé.
- « Il y a un moyen de rejoindre le hall sans passer par ici ? » demanda Océane qui ne comprenait décidément rien à ce qui se passait.
- « Absolument aucun ! »
- « Mais enfin ! C'est insensé ! » souffla la jeune femme « Elle était là ! Je lui ai parlé ! Elle refusait de m'ouvrir… »
La sorcière d'accueil soupira alors et tira de sa poche un trousseau de clés et s'approcha de la porte. Elle l'ouvrit en grand et s'effaça pour laisser passer Océane. Le bureau était désert. Par la fenêtre ouverte, un léger vent frais faisait danser les rideaux. Incrédule, Océane fit quelques pas dans la pièce. Ce n'était pas possible ! Elle n'avait pas pu se volatiliser ! Elle était à l'intérieur et l'instant d'après elle n'y était plus… »
- « Peut-on transplaner ? » demanda la jeune femme.
- « Non, comme le stipule la loi de 1564 concernant les lieux publics et les entreprises » récita la sorcière d'accueil d'un air agacé.
- « C'est incompréhensible… » souffla Océane en s'approchant de la fenêtre.
Elle se pencha un peu mais se recula bien vite. Elle donnait sur un mur de plus de cinq mètres de haut, impossible à escalader et à descendre à mains nues et sans aucune sorte d'échappatoire.
- « Maintenant que vous avez constaté par vous-même que Miss Skeeter n'est pas dans son bureau, je vous demanderais de bien vouloir quitter cet endroit. Je lui ferais part de votre visite… » lança la sorcière d'accueil.
- « Ce ne sera pas la peine ! » répondit Océane avec humeur tandis qu'elle quittait le bureau puis le siège de la Gazette du Sorcier.
La jeune femme n'y comprenait rien : comment Rita Skeeter avait-elle pu lui échapper ?
o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o
Dolorès était de très mauvaise humeur depuis la veille. Elle n'avait pas du tout apprécié le retour inopportun du professeur Dumbledore à Poudlard. De quel droit se vieillard sénile se permettait de remettre les pieds dans son école à elle ?! Elle était devenue Directrice, c'est donc elle qui avait les pleins pouvoirs. Mais le savoir hors de Ste Mangouste lui faisait craindre le pire pour son avenir. Le Ministère lui avait déjà fait savoir que l'ancien Directeur avait fait la demande de reprendre ses fonctions.
L'année scolaire étant désormais terminée à Poudlard, on lui avait répondu que sa demande serait étudiée au cours de l'été et qu'une décision serait prise pour la prochaine rentrée scolaire ce qui laissait un peu de répit à Dolorès qui cherchait déjà un moyen pour empêcher Dumbledore de revenir. Ce métier lui plaisait beaucoup trop pour qu'elle le cède. Elle avait enfin le vrai pouvoir… Elle décidait de tout, des punitions, des remises de points, de la gestion des différents clubs. Elle savait que si on lui permettait de garder ce poste, elle parviendrait au fil des ans à modeler les jeunes esprits crédules des élèves pour y imprimer sa vision des choses et rien ne lui procurait plus de plaisir.
Assise derrière son bureau et devant une bonne tasse de thé, la jeune femme réfléchissait avec délice aux changements qu'elle allait opérer pendant les vacances et qui seraient applicables dès la rentrée pour mieux contrôler les étudiants. L'idée d'une Brigade Inquisitoriale naissait dans son esprit quand on frappa à sa porte. Dolorès fronça les sourcils.
- « Entrez ! » lança-t-elle avec sévérité.
La porte de son bureau s'ouvrit alors et Minerva McGonagall, l'air encore plus pincé que jamais fit son apparition. Dolorès ne pu s'empêcher de sourire. Sa collègue devait être verte de rage et de dépit de s'être vu voler le poste de Directrice sous son nez… Elle devait en rêver depuis si longtemps… Mais le Ministère n'avait pas vu en elle les conditions requises pour faire une bonne dirigeante, c'était bien fait pour elle ! Elle lui avait même fait entendre que dans ses conditions, elle voulait démissionner mais dès le lendemain, elle était venue lui dire qu'après mûre réflexion, et en avoir discuter avec le professeur Dumbledore –toujours lui, à croire qu'ici personne ne prenait de décision sans son avis- elle n'avait pas le droit de partir dans l'état actuel des choses à Poudlard. Elle laissait sous entendre que l'école était en danger, c'était tout bonnement ridicule ! Mais là n'était pas le propos.
- « Qui a-t-il Minerva ? » demanda Dolorès en se levant.
- « Je voulais juste vous annoncer que tous les élèves ont quittés le château pour Pré au Lard où les attend le Poudlard Express. D'ordinaire, le directeur de l'école se trouve sur le perron du château pour assister à ce départ… » lança-t-elle d'un ton de reproche.
- « Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, les choses ont changé ici ! Je n'ai pas envie d'attendre une heure sous un soleil de plomb pour saluer une marmaille désordonnée et bruyante qui se fiche de moi autant que je me fiche d'eux ! »
- « Très bien » souffla McGonagall de son même air pincé « Je suis venue également vous demandez quand les grilles de corrections nous seront fournies »
- « Les grilles de corrections ? » demanda Dolorès d'un air surpris.
- « Le planning si vous préférez » soupira McGonagall « Pour organiser la correction des différents examens de fin d'année. D'ordinaire nous commençons par les ASPICs et les BUSEs, mais comme tout à changé ici… » ironisa-t-elle.
Dolorès serra les poing et ravala sa salive. Elle ne devait pas se laisser aller, cela aurait fait trop plaisir à sa collègue qui la fixait d'un petit air narquois. La jeune femme n'avait absolument pas pensé qu'une fois les examens terminés, il faudrait les corriger. Elle avait déjà eu tellement de mal à terminer de les mettre en place et ce malgré les notes importantes du professeur Dumbledore qu'elle avait trouvé à ce sujet en fouillant dans son bureau.
- « Je n'ai pas encore décidé du moment où je vous ferez parvenir ces plannings » mentit-elle alors avec aplomb. « Je vous le ferais savoir en temps et en heure… Vous pouvez partir ! » lui lança-t-elle sèchement.
Minerva McGonagall ne souffla pas mot, elle se contenta de lui rendre son regard mauvais avant de lui tourner le dos et de quitter son bureau. Dolorès soupira alors. Elle n'avait vraiment aucune idée de la manière dont on organisait une correction d'examen… Si sa mémoire était bonne, il y avait aussi eu la présence d'un jury pour les examens de cinquième et septième année… Il faudrait donc sans doute prendre contact avec eux pour récupérer leurs notes. La jeune femme se mit à grogner. Cela allait lui prendre un temps monstrueux ! Elle qui pensait qu'elle allait pouvoir passer des vacances tranquilles. Elle soupira et se leva. Peut être que le professeur Dumbledore avait aussi des fiches concernant la manière d'organiser les plannings… Elle décida alors d'aller une nouvelle fois inspecter son bureau.
Elle quitta le sien et prit les couloirs qui la mèneraient à destination quand des bruits de pas précipités se firent entendre dans le couloir. La jeune femme s'arrêta et se retourna au moment où le professeur de Défense Contre les Forces du Mal arrivait à sa hauteur. En effet, depuis sa nomination au poste de Directrice, la jeune femme n'avait plus de temps à consacrer à l'éducation et avait fait engager un jeune homme charmant dont elle comptait bien se rapprocher assez rapidement.
- « Miss Ombrage ! Justement je voulais vous voir »
- « Et bien que se passe-t-il Gilderoy ? » minauda la jeune femme de sa voix la plus charmeuse, en battant des cils.
Le jeune homme lui rendit un sourire éblouissant et arrangea –inutilement- une mèche de ses beaux cheveux blonds.
- « L'année scolaire est finie et je voulais savoir si mon poste serait reconduit l'année prochaine ? » demanda le jeune homme avec éloquence « Je n'ai enseigné ici que quelques jours, mais je m'y suis tant plu. Cette expérience est tellement différente de toutes celles que j'ai vécu et c'est tout aussi enrichissant »
- « Tant mieux… » gloussa Dolorès en souriant.
Elle se tenait en effet devant le plus grand aventurier de leur époque ! Il avait connu déjà tant de péripéties… Cet homme était un héro.
- « Et bien… » souffla-t-elle « J'écrirais un rapport au Ministère en stipulant combien de le professeur Lockhart est brillant et que se serait un grand tort de ne plus le compter parmi notre équipe pédagogique… »
- « Vous seriez vraiment cela ? » demanda-t-il d'une voix sensuelle. « Vous comprenez ma chère, après tout ce que j'ai vécu, après toute mes aventures, après toutes ces vies que j'ai sauvé, j'éprouve le besoin de faire partager mon savoir et mes expériences à la nouvelle génération… »
- « Bien sûr » lui assura la jeune femme avec un air appuyé. « Et surtout quelle fierté pour nous de compter parmi nos enseignant un héro tel que vous ! C'est un honneur ! »
- « Je comprends… » souffla Lockhart en souriant d'un air compréhensif « Merci en tout cas d'intercéder en ma faveur au Ministère… »
- « Mais je vous en prie Gilderoy, c'est un plaisir de… Ça alors ! »
Lockhart sursauta en entendant son exclamation.
- « Il y a un problème ? » demanda-t-il
- « Je ne sais pas encore » souffla Dolorès d'un air grave tandis qu'elle s'approchait de la fenêtre par laquelle elle apercevait la maison du Garde Chasse de Poudlard.
De la fumée s'élevait par la cheminée, signe que son propriétaire était enfin de retour. Dolorès n'avait jamais vu cet homme depuis qu'elle enseignait à Poudlard et se demandait bien ce que justifiait une telle absence. Maintenant qu'il était de retour, elle pourrait enfin avoir des réponses à ses questions et l'évaluer comme elle l'avait fait avec tous ses collègues. S'il était trop mauvais, elle ne s'encombrerait pas de lui. C'était comme ça qu'elle comptait désormais faire tourner son école. Ne garder que de bons éléments comme ce charmant Gilderoy et éliminer les autres.
- « Excusez moi… » souffla Dolorès à l'intention de son professeur qui la fixait d'un air surpris. « Mais j'ai beaucoup de travail. Nous reparlerons une autre fois » ajouta-t-elle avant de se précipiter dans les escaliers pour aller à la rencontre du nouveau venu.
Elle courut presque pour se rendre à l'extérieur du château et c'est passablement essoufflée qu'elle arriva devant la cabane du Garde Chasse. Si sa mémoire était bonne, il s'appelait Rubeus Hagrid et le professeur Dumbledore lui avait promis pour la rentrée le poste de professeur de Soins aux Créatures Magiques, mais dans l'état actuel des choses, rien n'était moins sûr.
Après s'être assurée qu'elle était présentable, la jeune femme frappa quelques coups secs à la porte. Elle attendit mais personne ne lui répondit. Elle insista un peu plus, mais n'eut aucune réponse. Intriguée, la jeune femme se pencha un peu pour regarder par la fenêtre si elle voyait l'intérieur de la hutte, mais cette dernière était déserte. Dolorès fronça les sourcils en se demandant ce que tout cela pouvait signifier.
- « Monsieur Hagrid ? » appela-t-elle dans l'espoir d'obtenir une réponse « Monsieur Hagrid ?! »
Un bruissement provenant de la forêt interdite la fit sursauter. Elle détestait cet endroit où elle avait l'impression d'être en permanence épiée. Elle était persuadée qu'elle devait être infestée de créatures répugnantes.
- « Monsieur Hagrid c'est vous ? » demanda-t-elle sans conviction.
- « Qui est là ? » demanda une grosse voix qui la fit une nouvelle fois sursauter.
La jeune femme quitta le seuil de la porte pour faire le tour de la maisonnette. Là, elle aperçut un homme gigantesque à l'allure massive à moitié caché derrière les arbres.
- « Je suis Dolorès Ombrage, je suis la Directrice de Poudlard » annonça-t-elle aussi calmement que possible.
- « C'est Albus Dumbledore le Directeur de Poudlard ! » tonna la grosse voix.
- « Plus maintenant » répondit Dolorès « Il est partit pour des raisons de santé »
- « Le professeur Dumbledore est malade ?! » s'exclama alors l'homme d'un air affolé. « Mais que c'est-il passé ? »
Il sortit de sa cachette et Dolorès eut un mouvement de recul. Cet homme était un monstre ! Gigantesque et vêtu de haillon, sa barbe lui mangeait les trois quarts du visage et ses cheveux en broussaille formaient une drôle de touffe confuse au dessus de sa tête. Sa pilosité développée ne cachait pourtant pas l'œil au beurre noir qu'il arborait sans parler des très nombreuses blessures qui recouvraient ses bras.
- « Qu'est-il arrivé ? » demanda-t-il d'une voix tremblante « Comment va-t-il ? Par Merlin et dire que je n'en savais rien ! » se lamenta-t-il.
- « Vous êtes Rubeus Hagrid ? » demanda Dolorès d'une petite voix.
- « Oui, c'est moi ! Mais le professeur… »
- « Prend un repos bien mérité, ne vous en faites pas ! » répondit alors la jeune femme avec bien plus de fermeté. « Vous êtes donc le Garde Chasse de Poudlard… »
- « Oui » répondit Hagrid qui semblait un peu perdu.
- « Et puis-je savoir pourquoi vous n'étiez pas à votre poste ces dernières semaines ? » demanda-t-elle d'une voix soupçonneuse.
- « Je … Je… J'étais en voyage… » bafouilla le jeune homme en jetant un regard inquiet à la forêt.
- « Pour quels motifs ? » demanda Dolorès en essayant de voir ce qu'il trouvait à la forêt.
- « C'est personnel ! » répondit-t-il sur la défensive
- « Tiens donc… » souffla Dolorès « Mais encore… »
- « Je ne veux pas en parler »
- « Parfait ! » répondit la jeune femme d'un ton pincé. « Puisque vous étiez absent, vous n'avez pas encore pris connaissance des changements qui se sont opérés à Poudlard » annonça-t-elle « Je passerais dans la semaine faire votre évaluation… »
- « Ma quoi ? »
- « Votre évaluation… Ce qui me permettra de savoir s'il est judicieux de vous garder dans notre équipe pédagogique… »
- « Mais le professeur Dumbledore… »
- « …. N'est plus directeur de cet établissement, monsieur Hagrid ! »
A cet instant, un arbre un peu plus loin dans la forêt fut soulevé dans les airs avant de retomber dans un bruit sourd.
- « Oh non… » souffla Hagrid d'un air affolé.
- « Qu'est-ce que c'était ?! » lança Dolorès d'un air affolé.
- « Je ne sais pas… » lança le Garde Chasse d'une voix blanche
- « C'est pourtant votre travail de le savoir ! Trouvez ce qui a causé cela et expulsez le de la forêt ! Je repasserais dans la semaine »
Et sans attendre son reste, la jeune femme quitta l'endroit. Elle avait toujours été terrifiée par cette forêt et pris note que ce Hagrid ne semblait pas très équilibré…. Elle allait l'avoir à l'œil.
o°O°o°O°o°O°o°O°o°O°o
- « Harry ! Syrielle ! Dépêchez vous ! » s'exclama Lily en posant sur le tapis du salon Jack qui la regardait d'un air étonné.
- « Za pas ma saussure ! » lui répondit Syrielle qui arrivait en courant vers elle, en chaussettes.
- « Si vous ne passiez pas votre temps à jouer avec et si vous les laissiez à leur place, on ne perdrait pas tant de temps à chaque fois pour les retrouver… » soupira Lily en s'approchant de sa fille. « Tu as regardé sous le canapé ? »
- « Nan ! » s'exclama Syrielle avant de s'allonger sur le sol pour inspecter les dessous du meuble. « Oh ! »
- « Elles y sont ? » demanda la jeune femme en s'accroupissant près d'elle.
- « Vi ! » lança la petite fille en tendant le bras pour essayer de les atteindre.
Mais elle était trop petite et malgré tous ses efforts, elle ne parvenait pas à attraper ses chaussures. Lily allait intervenir quand une petite tornade brune passa près d'elle.
- « Moi je peux ! » s'exclama Harry en se jetant sur le sol et en disparaissant presque sous le meuble.
Lily se releva et le regarda faire en souriant tandis qu'à côté d'elle, Syrielle, assise sur le sol, le fixait avec admiration. Quand Harry sortit de sous le canapé, il tenait dans ses mains les deux petites chaussures noires de sa sœur mais aussi quelques moutons de poussières accrochés à son T-shirt. Lily soupira doucement et épousseta son fils. Harry s'approcha alors de sa sœur et lui tendit les chaussures.
- « Tiens ! » lança-t-il en les posant devant elle.
- « Syrielle ? Qu'est ce que tu dis à Harry ? » demanda Lily.
- « Marci ! » s'exclama la fillette qui se releva et attrapa son grand frère par le cou.
Elle le força à se baisser et lui donna un gros baiser mouillé sur la joue. Harry se mit à rire tandis qu'il essuyait sa joue à l'aide de sa manche.
- « Maintenant que tout le monde à récupéré ses chaussures, on va les mettre ! » déclara Lily en faisant le tour du canapé pour s'y installer.
Jack, quand à lui, était toujours sagement assis sur le tapis. C'était un bébé de sept mois très éveillé et surtout très curieux. Il avait d'ailleurs réussit à attraper un livre qui traînait sur la table basse et bavait dessus avec application.
- « Ne mange pas ça trésor ! » soupira Lily en le lui prenant des mains « Ce n'est pas propre ! ».
Elle le posa un peu plus loin, mais Jack qui ne l'entendait pas de cette oreille se mit à quatre pattes et entreprit de ramper de l'autre côté de la table basse pour récupérer son ''jouet''.
- « Jack… Maman a dit non ! » répéta Lily tandis que son fils tendait désespérément la main pour tenter d'attraper le livre.
Le bébé la fixa alors un moment avant de remuer la lèvre inférieur, signe qu'il n'allait pas tarder à fondre en larme.
- « Pas de ça avec moi jeune homme ! » déclara la jeune femme en se levant pour aller prendre son fils dans ses bras. « Tu ne dois pas manger les livres de Maman… »
Jack lui lança un regard boudeur qui se transforma vite en sourire quand Lily lui fit une grimace.
- « C'est bon ? Tout le monde est prêt ? » demanda alors James en descendant les escaliers.
- « Presque ! Il te reste deux paires de chaussures à enfiler et des lacets à nouer ! » déclara la jeune femme d'un air amusé en désignant du menton, Harry et Syrielle qui attendait sur le canapé, leurs chaussures soigneusement posées près d'eux.
James s'approcha de deux petits et très rapidement, tout le monde fut enfin prêt. Lily installa Jack dans sa poussette tandis que son mari allait chercher dans son bureau les cadeaux destinés à Lalyh. Après avoir encore une fois expliquer à Harry et Syrielle qui piétinait d'impatience qu'ils n'étaient pas pour eux, le jeune homme se dirigea vers la porte d'entrée qu'il ouvrit en grand. Lily le vit regarder de part et d'autre qu'il n'y avait personne dans les environs qui puisse être des mangemorts déguisés, avant de laisser passer leurs enfants.
- « Allez les Potter ! Le premier chez Tonton Sirius à gagner ! » décréta-t-il en leur faisant signe de partir.
Harry et Syrielle s'élancèrent donc en courant et en riant de l'autre côté de la rue tandis que James l'aidait à faire passer la poussette. Ils s'apprêtaient à rejoindre leurs enfants quand ils les virent revenir en courant de plus belle.
- « C'est moi qu'a gagné ! » déclara Harry à bout de souffle.
- « Qui ai gagné, trésor » corrigea Lily en souriant.
- « Ma veux pousser ! » lança alors Syrielle en s'agrippant à la poignée de la poussette de son petit frère.
- « Moi aussi ! » s'exclama à son tour Harry en poussant sa sœur.
- « Hé ! » cria cette dernière.
- « Vous n'allez pas commencer tous les deux ! » gronda alors James « Il y a suffisamment de place pour vous deux ! »
Harry et Syrielle se postèrent donc chacun à un coin de la poussette et entreprirent de conduire Jack de l'autre côté de la route. Lily vit que son mari en profitait pour se rapprocher d'elle et elle se laissa enlacer la taille avec plaisir.
- « Tu te rends compte que Lalyh a déjà deux ans ! » souffla-t-il d'un air amusé.
- « C'est fou comme le temps passe vite ! Tu verras que sans qu'on s'aperçoive de rien ce sera au tour de Syrielle ! » lui répondit-elle en souriant.
- « Et il y aura l'anniversaire de Harry avant… Par Merlin, on ne va pas arrêter de faire la fête ! »
- « Ça changera de d'habitude… » murmura la jeune femme.
James posa un baiser sur sa tempe et c'est en silence qu'ils rejoignirent leurs enfants. Harry et Syrielle avaient abandonné leur frère dans sa poussette au beau milieu du jardin et étaient partis sonner à la porte. Remus venait de leur ouvrir et les deux enfants lui sautèrent au cou.
- « Tonton Remus, ça moi que j'ai gagné la course ! » annonça fièrement Harry au jeune homme qui souriait.
- « Tu courrais contre qui ? » s'intéressa Remus.
- « Syrielle…. »
- « Et ma za poussé Dzack ! » expliqua la fillette.
- « Moi aussi d'abord ! » rétorqua son grand frère.
- « Ben dis donc, il s'en passe des choses chez vous ! » souffla Remus en les reposant sur le sol. « Et si vous alliez dire bon anniversaire à Lalyh ? »
- « Oui ! » crièrent en cœur les deux enfants avant de s'élancer joyeusement dans la maison.
- « Quelle énergie ! » souffla Remus tandis qu'il posait un baiser sur chacune des joues de Lily
- « Ne m'en parle pas ! Ils me fatiguent par moment » souffla la jeune femme en laissant passer James qui tenait Jack dans ses bras.
- « Bonjour bonhomme ! » salua Remus en se penchant vers le bébé « Tu as l'air plus calme toi ! »
- « Ce n'est qu'une impression ! Maintenant qu'il rampe, il part à la conquête du monde ! » répondit James en souriant.
Tout en continuant à discuter, ils se dirigèrent dans le salon où ils retrouvèrent Océane, Sirius, Ted ainsi qu'Arthur et Molly Weasley. Nymphadora jouait un peu plus loin avec les enfants mais vint quand même les embrasser, visiblement contente de les voir. Lily l'était aussi. Elle trouvait qu'elle était une petite fille formidable. Lalyh vint aussi embrasser sa marraine qui lui souhaita un très bon anniversaire. La petite fille parvint même à l'entraîner avec elle et sans qu'elle s'en soit vraiment rendue compte, Lily jouait à la poupée entre sa filleule, sa fille, Ginny et Nymphadora.
- « Tu t'amuses bien ? » demanda Océane en se penchant vers elle.
- « Oui » répondit Lily en souriant « Tu veux te joindre à nous ? »
- « Non merci ! » répondit la jeune femme en riant « Je vais apporter le gâteau… »
En entendant cela, tous les enfants relevèrent la tête en souriant. Lily se leva et se dirigea avec son amie vers la cuisine.
- « Tu as besoin d'aide ? » demanda-t-elle
- « Non, merci » répondit Océane en prenant un grand couteau.
- « Ça va ? Tu as l'air bizarre… »
- « Je vais bien » lui assura Océane « Je t'assures, c'est plutôt Sirius qui m'inquiète. Il a l'air un peu perdu depuis cette histoire d'Horcruxe avec son frère… Il dit que ça n'a rien à voir et qu'il va très bien, mais je ne suis pas aveugle… »
- « Ça ne doit pas être facile pour lui » murmura Lily.
- « Je sais bien, mais apparemment, il ne veut pas m'en parler. Je ne vais tout de même pas le forcer »
- « Non, bien sûr… »
- « Ne parlons plus de ça pour le moment ! » décréta alors Océane « C'est l'anniversaire de Lalyh ! »
- « Oui ! » répondit Lily en souriant.
Elle regarda son amie prendre l'immense gâteau au chocolat et la suivit dans le salon. Tout le monde avait déjà pris place autour de la table. Lalyh était installée au bout, à côté de son papa qui souriait largement, Maelys dans les bras. Les deux bougies furent allumées et tout le monde chanta « joyeux anniversaire » à la petite fille qui tapait dans ses mains, un éblouissant sourire éclairant son visage. Elle souffla ensuite avec beaucoup de facilité les deux petites flammes vacillantes et tout le monde l'applaudit, Lalyh n'était pas peu fière.
Le gâteau ne fit pas long feu. Il était délicieux et pendant un court instant, il n'y eut pas un seul bruit dans la maison. Même Jack eut le droit de goûter et le petit garçon apprécia tellement qu'il plongea la tête dans l'assiette de son papa qui ne pu rien faire pour l'en empêcher. Il se releva le visage tout barbouillé sous les éclats de rire des autres enfants.
Une fois toutes les assiettes vides et tous les visages nettoyés, tout le monde s'installa dans le salon pour regarder la reine de la fête ouvrir ses cadeaux. Océane et Sirius ne s'étaient pas trompés en choisissant le leur. Le cri de joie de la fillette quand elle découvrit sa maison de poupée valait à lui seul tout l'or du monde. Les deux parents, ravis se tenaient la main en souriant. La petite fille fut bien gâtée. Quelques vêtements, des livres de coloriage, une poupée et un ballon, elle ne savait plus où donner de la tête. Lily en sa qualité de marraine, lui avait acheté une petite chaîne en or au bout de laquelle un petit ''L'' se balançait doucement. Le bijou était à la fois simple, joli et surtout solide. Lalyh en était enchantée et vint lui faire un énorme bisou. C'était selon elle, « un collier de princesse ». Personne ne la détrompa sur ce point.
Puis, les enfants retournèrent à leur jeu. Les garçons réquisitionnant le ballon pour aller jouer dans le jardin tandis que les fillettes se passionnaient pour la jolie maison de poupée. Les adultes reprirent le cours de leur discussion. Lily regarda tout autour d'elle et aperçut Sirius qui observait d'un air grave le jardin par la baie vitrée. Elle décida d'aller se rejoindre.
- « On va faire un tour dans le jardin ? » proposa-t-elle doucement.
- « Si tu veux » souffla le jeune homme en la laissant passer la première.
Ils firent quelques pas en silence dans le jardin. Lily se tourna à un moment et aperçut James, Remus et Océane qui les regardaient d'un air grave. Elle leur adressa un sourire pour les rassurer.
- « Ils sont en train de nous espionner ? » demanda Sirius d'une voix amusée.
- « Tout juste » répondit Lily en se tournant vers lui « Ils veulent savoir si tu vas vraiment aussi bien que tu le prétends. Océane surtout est très inquiète… »
- « Je sais » murmura Sirius « Mais il y a des choses que ne sont pas faciles à dire »
- « C'est parce que tu as appris que Regulus avait fait quelque chose de bien contre Tu-Sais-Qui ? »
- « Tu réagirais comment toi si tu avais appris que ta sœur avait fait quelque chose dont tu aurais toutes les raisons d'être fière ? » demanda à son tour Sirius.
Lily resta un moment pensive.
- « Je ne sais pas trop… Quel genre de chose ? »
Sirius souffla un moment et prit le temps de réfléchir avant de répondre.
- « Et bien, imagine que ta sœur s'engage à prendre soin de tes enfants et à les élever comme s'ils étaient les siens si jamais il arrivait quelque chose à James et toi… »
- « Je suppose que je serais très surprise en effet » concéda Lily « Pétunia m'a tellement répété qu'elle considérait les sorciers comme des monstres et qu'elle ne me considérait plus comme faisant partie de sa famille… »
- « Regulus a toujours eu une attitude de parfait petit partisan du Seigneur des Ténèbres… » marmonna Sirius « Et voilà que je découvre qu'il a détruit un Horcruxe ! C'est incompréhensible… »
- « Tu sais Sirius, je pense que si Pétunia faisait un geste vers moi, j'essayerais de comprendre ce qui la motive. Peut être même de la comprendre tout court… »
- « Pourtant elle t'en a fait baver, pas vrai »
- « Oui. Mais vouloir aller de l'avant nécessite parfois de tirer un trait sur le passé » souffla Lily
- « Je n'y arrive pas » grogna Sirius « Je n'arrive pas à oublier combien il a pu être odieux ! Je n'arrive pas à oublier que déjà tout petit, il me dénonçait à Mère pour avoir plus de gâteau. Je ne veux pas oublier qu'il est mort avec la Marque des Ténèbres sur le bras ! Et faire comme si ce n'était rien c'est intolérable ! » s'exclama le jeune homme.
- « Je comprends tout à fait » lui assura Lily. « Et puis, la différence c'est surtout que ma sœur à moi est toujours vivante… C'est bien plus difficile de penser du mal d'une personne décédée… »
- « Depuis ce soir où on a été récupérer cet Horcruxe je n'arrête pas de penser à lui ! J'essaye de me convaincre mais je n'y arrive pas… J'essaye de me persuader… »
- « Te persuader de quoi Sirius ? » demanda Lily d'une voix douce.
- « Me persuader qu'il mérite que je l'aime un peu… » murmura le jeune homme à voix basse « mais c'est au dessus de mes forces ! »
Lily le regarda un moment interdite et le jeune homme reprit.
- « Ce qu'il a fait est une preuve de lutte contre Tu-Sais-Qui, en définitive il s'est opposé à lui et ce serait normal qu'on lui reconnaisse ça. Ça mériterait bien un peu de considération mais… Mais je ne peux pas ! Moi, son frère de sang je suis incapable de lui accorder la moindre reconnaissance pour son acte parce que pour moi ça ne rachète pas tout ce qu'il a pu faire auparavant ! Tu ne crois pas que c'est monstrueux comme raisonnement ! »
- « Sirius ! » souffla Lily en se postant devant lui et en prenant entre ses mains une des siennes. « Personne ne te demande de faire preuve d'affection envers Regulus. On sait tout que ton enfance n'a pas été facile, personne ne te demande de pardonner ça »
- « Pourtant grâce à lui un Horcruxe a été détruit… »
- « Je sais et pour moi, pour Harry et même pour toi, c'est important. Mais ce n'est pas pour cela qu'il faut que tu te forces à trouver des raisons d'aimer ton frère »
- « Mon seul vrai frère ça a toujours été James… »
- « Je sais »
- « J'ai horreur de remuer le passé ! Je savais que retourner dans cette maudite maison serait mauvais pour moi ! » grogna Sirius.
- « C'est normal qu'il te faille du temps pour digérer tout ça…On est tous conscient que ce n'est pas facile, et on est tous avec toi »
- « Je sais et je me demande ce que je ferais sans vous… » souffla le jeune homme en souriant faiblement.
- « Par Merlin ! Mieux vaut ne pas y penser ! » plaisanta Lily avant de reprendre son sérieux « S'il te plait Sirius, parle à Océane et essaye de lui expliquer ce que tu viens de me dire. Elle n'a pas de frère ni de sœur mais elle t'écoutera et je suis sûre que ça te fera autant de bien qu'à elle. Elle n'aime pas quand tu te renfermes sur toi-même… »
- « Je lui parlerais… » promis Sirius « C'est normal qu'elle veuille comprendre ce qui se passe dans ma tête… Surtout que j'ai l'impression que ça la travaille aussi… »
- « Ah bon ? »
- « Oui, hier pendant qu'on faisait les achats pour l'anniversaire, elle est partie d'un seul coup, en me laissant seul avec Maelys. Elle a dit qu'elle avait des courses à faire, mais elle est revenue les mains vides et d'une humeur épouvantable. Elle n'a pas voulu me dire ce qui se passait… Je crois qu'elle a dû en avoir assez de me voir morose… »
- « Tu verras tout va s'arranger… » souffla Lily
- « Comme toujours, je sais… » murmura Sirius « Merci d'être venue me parler Lily ! Ça m'a fait du bien»
Lily lui rendit son sourire et tous les deux rejoignirent les autres adultes et leurs discussions.
