Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en général mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !
Bonne lecture à vous tous… Aylala
Note : J'ai terminé de rédiger cette histoire en mai 2007. Il n'y a donc dans cette fiction AUCUNE INFORMATION concernant Harry Potter and the Deathly Hallows. Je n'ai fait qu'émettre des suppositions sur ce qui aurait pu se passer. Si par hasard j'avais deviné quelque chose, c'est que je possède un Troisième Œil très efficace !
Par respect pour les lecteurs qui n'ont pas encore eu la chance de lire le tome 7, je vous demande de ne faire AUCUNE ALLUSION au septième tome dans vos reviews… Ne gâchez pas le plaisir de ceux qui ne savent pas lire l'anglais svp !
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Ce qui aurait pu se passer
Chapitre cent quarante six : Etre à la hauteur
«
Etre à la hauteur
De ce qu'on vous demande
Ce que les
autres attendent
Et surmonter sa peur
D'être à la
hauteur
Du commun des mortels
Pour chaque jour répondre
à l'appel
Et avoir à cœur
D'être à
la hauteur »
Emmanuel Moire
Il
régnait beaucoup de bruit dans la maison de la famille Potter
cet après midi là. Une douzaine d'enfants, roux pour
la majorité couraient de parts de d'autres du jardin, se
regroupant en petits groupes, selon leur âge pour partager les
mêmes jeux. Lalyh et Ginny surtout étaient en admiration
devant la nouvelle poupée de Syrielle qui était
accompagnée d'une petite poussette. Ces jeunes mamans en
herbe promenaient à tour de rôle le bébé
en évitant autant que c'était possible les garçons
qui couraient dans tous les sens.
Sirius était assis sur la
terrasse et disputait une partie de petits hippogriffes avec Lily, ou
plutôt, se disputait avec elle.
- « Tu comptes sauter une case de plus à chaque fois pour avancer plus vite ? » demanda-t-il
- « Je n'ai pas sauté de cases en trop ! » rétorqua la jeune femme en posant sa main d'un air décidé sur son petit hippogriffe « Et je trouve ce genre de remarque déplacées de la part de certaines personnes qui ont volontairement truqué les dés pour avancer plus vite… »
- « C'est moi que tu vises en disant ça ? » s'indigna Sirius.
- « Personne d'autre ne joue avec nous ! » lui rétorqua la jeune femme en récupérant le dé et en le lançant « 4 ! »
- « Je me suis déjà excusé pour ça ! » lança le jeune homme « Le sort est parti tout seul quand j'ai enlevé ma baguette de ma poche ! »
- « A d'autre Sirius ! Et comme je suis sur cette case j'ai le droit de rejouer… 5 ! »
- « Encore ! Mais je vais finir par croire que tu as ensorcelé ce dé toi aussi ! »
- « Donc tu avoues avoir ensorcelé ce dé ! » lança Lily, victorieuse.
Sirius allait lui rétorquer quelque chose quand James lui coupa la parole.
- « Je croyais vous avoir déjà pourtant dit de ne pas jouer ensemble ! Ça finit toujours en dispute ! »
- « C'est pas de ma faute si elle triche ! » lança Sirius
- « Je ne triche pas ! N'inverse pas les rôles Black ! » s'énerva Lily d'un air mauvais.
- « C'est bien ce que je dis ! » soupira James en posant ses mains sur les épaules de sa femme.
- « Oh non ! » s'exclama Océane « Ne me dites pas que vous avez commencé une partie ! » en s'approchant de son mari.
- « Que se passe-t-il ici ? » demanda Molly qui arrivait derrière elle, accompagné d'Arthur.
- « Si vous voulez voir un festival de mauvaise foi et de tricherie, vous êtes venu au bon endroit ! » lança James en souriant
- « Tu exagères ! » lança Sirius
- « A peine ! » soupira Océane.
- « Maman ! Maman ! » s'exclama Harry en courant vers elle « C'est bientôt qu'on mange le gâteau ? »
- « Dès que Tonton Remus sera arrivé » répondit la jeune femme « D'ici là, si tu as faim, tu peux toujours aller manger un ou deux bonbons qui sont sur la table là bas ! »
Le petit garçon parut ravi et s'éloigna en courant. La partie de petit hippogriffe reprit et se solda par la victoire sonore de Sirius qui sauta sur sa chaise pour effectuer une danse. Un peu vexée, Lily rangea le jeu sans dire un mot et en évitant autant que possible de regarder le jeune homme ce qui l'amusa grandement.
- « Tu es mauvaise perdante Lily ! » lança-t-il.
- « Et toi un tricheur ! Bel exemple pour les enfants ! »
Sirius éclata de rire ce qui eut pour effet de renfrogner encore plus la jeune femme.
- « Je ne jouerais plus jamais avec toi ! » lança-t-elle en souriant néanmoins.
Lily ne restait jamais longtemps fâché après une défaite.
- « Je me rappelle avoir dit ça la dernière fois qu'on a joué tous les deux ! » lança Sirius en souriant.
- « Parce que c'est moi qui avait gagné ! » lui répondit Lily
- « Exact ! »
- « Tonton Remus ! » s'écria alors Harry.
Sirius le regarda courir en direction du portail de sa maison par lequel Remus venait d'entrer. Il redevint grave. Il n'avait pas revu son ami depuis la discussion qu'ils avaient eu tous les deux quelques jours plus tôt. Il devait bien se l'avouer, il redoutait un peu de le revoir. Il ne savait pas comment Remus avait pris la chose et il espérait que son ami ne lui en veuille pas de ses manières un peu brusques.
- « Bonjour Harry ! » lança Remus en souriant
- « On t'attend pour le gâteau ! » annonça le petit garçon comme un reproche.
Remus se mit à rire.
- « Harry ! » gronda Lily.
Le petit garçon se tourna vers elle, mais n'osa rien rétorquer devant son air sévère et préféra retourner jouer avec Ron.
- « Il est incroyable » soupira la jeune femme
- « Il ne fallait pas m'attendre si vous vouliez attaquer ce gâteau… » lança Remus en s'approchant d'elle pour lui faire la bise.
- « Certainement pas ! C'est l'anniversaire de sa sœur et il est hors de question de manger son gâteau sans son parrain ! » décréta-t-elle
Remus s'approcha alors de Sirius.
- « Salut ! » lui lança-t-il d'un air joyeux.
- « Salut… » répondit le jeune homme
- « Tu vas bien ? »
- « Oui et toi ? »
- « Très bien ! »
Leur rapport semblait inchangé mais Sirius ne pouvait s'empêcher d'être un peu anxieux. Remus avait toujours été un garçon discret sur ce qu'il pouvait ressentir. Il le regarda s'éloigner vers les autres personnes présentes.
- « Sirius ? Ça va ? » demanda Lily
- « Oui, oui » répondit distraitement le jeune homme.
- « Tu es sûr ? »
- « Oui ! » lui assura-t-il en souriant cette fois ci « Et maintenant que notre loup-loup préféré est arrivé, si on amenait ce gâteau ! »
- « Tu es aussi impatient que ton filleul » lança Lily en souriant.
Sirius hocha la tête et suivit la jeune femme dans la cuisine. Il poussa un cri de surprise en apercevant le gâteau qui trônait fièrement sur la table.
- « Par Merlin ! Il est énorme ! » s'exclama-t-il.
- « Il fallait au moins ça ! Tu as vu le nombre que nous sommes ? » répondit Lily.
Sirius devait bien avouer qu'elle avait raison. Beaucoup de monde assistait aux deux ans de la petite Syrielle et malgré leurs jeunes âges, les enfants avaient un solide appétit. Le jeune homme aida son amie à porter l'immense gâteau sur la table de jardin et il n'en fallut pas plus pour qu'immédiatement, tous les enfants se précipitent vers eux.
- « Allez vous laver les mains… » demanda Lily tandis qu'elle faisait apparaître une pile d'assiettes sur la table.
Sirius l'aida à dresser la table. Ils venaient de terminer quand les enfants revinrent. Tous s'installèrent plus ou moins calmement autour de la table. Sirius attrapa sa fille par la taille et l'installa dans une chaise haute près de lui. Océane se plaça auprès de lui également, et entouré de ses deux petites femmes, le jeune homme était ravi. Syrielle, en reine de la fête, trônait fièrement au bout de la table. Remus s'était placé non loin d'elle et la regardait avec tendresse et fierté.
Une fois que Syrielle eut soufflé ses deux bougies, Lily partagea le gâteau, servit tout le monde et pendant un moment on n'entendit plus un bruit autour de la table. Mais il ne fallut pas longtemps pour que les adultes reprennent leur discussion, les enfants également. Océane était en grande conversation avec Molly. Lalyh était descendue de sa chaise pour retrouver Ginny Weasley. Sirius se déplaça alors pour aller prendre place près de James et de Remus qui avait pris sa filleule sur ses genoux.
- « Il est temps que je t'offre ton cadeau ma toute belle » murmura le jeune homme à la petite fille qui releva vers lui ses grands yeux verts.
Sirius le vit alors fouiller dans une de ses poches et en sortit un petit paquet emballé dans un beau papier doré. Lily se rapprocha d'eux à se moment et tous les quatre regardèrent la petite fille se saisir de son cadeau avec émerveillement.
- « Dis merci à tonton ma chérie… » souffla James en tapotant la petite tête de sa fille.
- « Maci Tonton » lança Syrielle.
Remus cligna des yeux et la scruta découvrir son cadeau. Il s'agissait d'un écrin de velours noir, sur lequel le prénom de la fillette était brodé en lettres dorées. La petite fille l'ouvrit alors.
- « Ooooh ! » s'exclamèrent en même Lily et sa fille.
James ouvrit de grands yeux ronds et même Sirius fut admiratif devant le cadeau de la petite fille. Il s'agissait d'un médaillon en forme de goutte d'eau. Il était magnifique et brillait doucement sous le soleil de la mi août. A l'intérieur de la goutte, se trouvait quelque chose d'un blanc éclatant qui paraissait infiniment doux et ressemblait à une plume qui tombait doucement.
- « Remus ne me dit pas que c'est… » commença Lily en le fixant avec surprise.
- « Du crin de licorne ? Si ! » répondit le jeune homme en souriant.
- « Mais tu es fou ! » s'exclama James
- « Ça coûte les yeux de la tête ! » renchérit Lily.
- « C'est ma filleule ! J'ai le droit de lui offrir ce dont j'ai envie. Et quand on aime on ne compte pas… » répondit philosophiquement Remus en souriant.
Sirius était vraiment bluffé. L'objet était d'une grande beauté. Remus ôta alors le bijou de l'écrin et attacha le collier au cou de Syrielle qui prit le médaillon dans ses mains tout doucement.
- « Le crin de licorne porte bonheur à la personne qui le porte… » souffla-t-il « Elle n'est pas obligé de l'avoir tout le temps. Elle le mettra si elle en a envie. C'est juste que j'ai eu l'occasion de l'acheter il n'y a pas longtemps… »
- « Remus… » souffla Lily « C'est beaucoup trop ! Tu ne vas tout de même pas te ruiner juste pour un cadeau ! Comment tu vas faire pour manger maintenant ? »
- « Ne t'inquiètes pas pour moi Lily ! Je sais ce que je fais et ça me fait plaisir de lui offrir cela » lui assura Remus.
- « Tu es sûr ? » demanda James d'un air grave.
- « Certain ! » assura le jeune homme en souriant.
- « Dans ce cas, merci beaucoup Remus ! Vraiment ! C'est un magnifique cadeau ! » lança Lily en se penchant pour poser un baiser sur la joue du jeune homme.
- « Oui, merci vieux ! C'est superbe ! » ajouta James.
- « Ça me fait vraiment plaisir » répondit Remus.
- « Tu peux faire un gros câlin à Tonton ma chérie » lança James à sa fille.
Syrielle se mit alors à genoux et noua ses petits bras autour du cou de Remus et posa un énorme baiser sur sa joue avant de caler sa tête contre son épaule. Le jeune homme l'enlaça doucement et posa un baiser sur sa petite tête.
- « Tu es un amour de petite fille ! » souffla-t-il doucement.
- « Tu la gâte trop » murmura Lily en souriant.
- « Peut être, mais tant pis ! » répliqua le jeune homme en souriant.
- « Lily ! Tu peux venir s'il te plait ? » appela alors Océane un peu plus loin.
La jeune femme s'éloigna et les trois garçons restèrent seuls. Sirius regarda Remus en souriant doucement. Il était très attachée à Syrielle et cela ne l'étonnait pas tant que cela qu'il ait pu dépenser une fortune pour elle. Il prenait vraiment à cœur son rôle de parrain. Remus se tourna alors vers lui et son regard s'assombrit un peu. Sirius haussa les sourcils.
- « Sirius » commença-t-il « Je n'ai pas encore eu l'occasion de le faire, mais je voulais te dire merci pour la discussion que nous avons eu l'autre soir »
Sirius hocha la tête. Il était vraiment soulagé. Il avait craint que son ami ne lui en veuille.
- « Quelle discussion ? » demanda James en se penchant un peu en avant pour mieux les voir.
Remus décrocha doucement Syrielle de son cou et la reposa délicatement sur le sol.
- « Tu vas jouer avec les autres ? » demanda-t-il doucement à la petite fille qui hocha la tête et qui partit en courant rejoindre ses petits camarades.
- « Sirius a vu que je sombrais » souffla Remus d'une voix grave en passant sa main sur sa nuque. « Je partais sur un mauvais chemin… »
- « Lequel ? » demanda James d'un air grave.
Sirius grimaça doucement et se tourna vers Remus.
- « J'ai… comment dire… »
- « Il a voulu s'amuser un peu » répondit Sirius à sa place.
- « S'amuser mais comment… Oh ! » s'exclama James. « Tu a vu beaucoup de filles c'est ça ? »
- « J'aime ta manière d'en parler ! » plaisanta Remus en souriant.
Sirius l'imita, la pudeur de James l'amusait toujours autant.
- « Tu aurais voulu que je sois plus vulgaire ? » demanda James
- « Non… Non… » souffla Remus « Je ne suis pas vraiment fier de ce que j'ai fais. Mais je crois que j'avais besoin de me prouver que j'étais… un homme comme les autres »
- « Il t'a fallut toutes ses filles pour le comprendre ? » demanda Sirius.
- « Tu sais comme moi qu'on y prends vite goût ! » soupira Remus d'un air grave.
- « Tu vas arrêter tout ça alors ? »
- « Oui » répondit Remus « Je ne suis d'ailleurs pas sortit avec Lauren ce soir là. Tu m'as fait comprendre que… que ce que je faisais n'étais pas bien. J'y ai réfléchi et plus j'y pense, plus je me demande comment j'ai pu être aussi bête pour me laisser aller à faire ce genre de chose ! »
- « Tout le monde à des moments de faiblesse » répondit James
- « Peut être… » répondit Remus. « Mais le plus important c'est que tout cela soit fini maintenant ! J'ai remis les choses au clair dans ma tête et je vais tacher de ne plus faire de bêtises de ce genre ! »
- « En voilà une bonne nouvelle ! » déclara Sirius.
Le jeune homme était soulagé. Son expérience de bourreau des cœurs avait finalement servi à quelque chose. En tout cas, il était content que son ami ait compris ce qu'il avait voulu lui dire et qu'il l'avait écouté. Plus que jamais, Sirius était convaincu que son ami valait mieux que la vie qu'il s'était destiné.
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Postée devant le grand miroir de son armoire, Océane observa son reflet d'un air déterminé. Elle scrutait le moindre détail pour vérifier que tout était parfait. Elle portait un chemisier blanc, un peu transparent à travers lequel on voyait son soutien-gorge en dentelle. Sa jupe rouge était un peu courte et dévoilait ses longues jambes fines. Elle s'était un peu maquillée et avait relevé ses cheveux pour se donner un air plus sexy. Satisfaite du résultat, la jeune femme se mit à sourire. Vêtue ainsi, elle avait toujours fait des ravages, mais c'était bien avant de rencontrer Sirius. Mais, même cette fois ci ce n'était pas pour son amoureux qu'elle s'était vêtue ainsi, elle espérait bien réussir son coup une nouvelle fois. Océane répugnait un peu à faire ce qu'elle allait faire, mais elle avait un plan et entendait le réussir. S'asseyant sur lit, elle fit venir à elle d'un simple sort, ses chaussures à talons qu'elle ne mettait que dans les grandes occasions et se leva. Elle fit quelques pas et hocha la tête. Ainsi elle était parfaite. Elle attrapa une longue robe de sorcière et l'enfila par-dessus ses vêtements. Elle se retourna vers le miroir et se mit à sourire. Elle était indéniablement bien plus présentable ainsi. Juste ce qu'il fallait pour que Sirius n'ait pas de soupçons.
Elle prit alors une grande inspiration et après un dernier regard à son miroir, la jeune femme quitta sa chambre. Elle se rendit dans le salon où Sirius jouait avec Lalyh.
- « Bon, j'y vais ! » lança la jeune femme en s'approchant d'eux.
Le jeune homme releva la tête vers elle et la regarda en souriant.
- « Tu t'es maquillée… » remarqua-t-il.
- « J'avais envie de changer un peu » répondit-elle en souriant.
- « Heureusement que tu vas chez ta mère sinon j'aurais pu me faire des films ! » plaisanta-t-il.
Océane essaya de ne pas paraître mal à l'aise et lui rétorqua.
- « Ce n'est pas parce que je suis maman que je n'ai plus le droit de vouloir être jolie, juste pour sortir ! »
- « Je sais ma belle ! » murmura le jeune homme en posant sa main sur sa joue.
La jeune femme se pencha et l'embrassa tendrement.
- « A tout à l'heure chérie » murmura Sirius.
Océane lui sourit et se redressa, elle caressa du bout des doigts la petite tête brune de sa fille et quitta la maison. Elle fit quelques pas dans la rue avant de transplaner. Mais, au lieu de se rendre chez ses parents, comme elle l'avait dit à son mari, la jeune femme se retrouva devant le siège de la Gazette du Sorcier, à Londres.
Depuis qu'elle avait appris que Rita Skeeter était une animagus non déclarée, une brillante idée avait germé dans son cerveau d'ancienne petite Serdaigle. Elle avait trouvé une idée de vengeance tout à fait parfaite et elle avait attendu avec impatience le moment où elle pourrait la mettre en œuvre. Et c'était pour cela qu'elle était là et jamais de sa vie elle n'avait été aussi déterminée. Elle recula un peu pour se mettre à l'abri sous une porte cochère. Là, elle ôta sa robe de sorcière, lui jeta un sort de rapetissement et la fourra sans ménagement dans son sac à main. Elle replaça un peu mieux sa jupe et son chemisier en prenant grand soin de mettre sa poitrine, gonflée par les allaitements, en valeur. Dernier petit détail, la jeune femme ôta son alliance de son doigt. Cela lui fit un peu mal au cœur mais il fallait pour la bonne marche de son plan. Elle porta l'anneau à ses lèvres et posa un baiser sur l'objet avant de le placer délicatement dans la plus petite poche de sa jupe. Elle pourrait ainsi sentir la bague tout contre sa cuisse et s'assurer qu'elle était toujours là. Elle se tint droite, la tête haute et traversa la route. A partir de cet instant, elle n'était plus Océane Black, l'épouse amoureuse, mais Océane Black, la jeune femme prête à tout pour venger l'affront qui avait été fait à son couple.
C'est sûre d'elle qu'elle pénétra dans le bâtiment. Elle sentait le regard des sorciers présents glisser sur elle avec plus ou moins d'insistance. Elle faisait visiblement son petit effet parmi la gente masculine de l'endroit, tant mieux, c'était ce qu'elle voulait. Elle se rendit jusqu'au guichet d'accueil où une jeune sorcière la regarda arriver en fronçant les sourcils.
- « Bonjour » lança Océane avec son sourire le plus aimable « Est-ce que Miss Skeeter est là ? »
- « Oui » répondit la sorcière « Mais elle ne veut recevoir personne pour le moment, elle a beaucoup de travail… »
- « Je comprends, je ne la dérangerais pas pour le moment… Pouvez-vous m'indiquer où se trouve la cafétéria ? »
Visiblement de mauvais cœur, la jeune sorcière lui expliqua où se rendre pour rejoindre l'endroit. Océane était ravie, il fallait passer par beaucoup de couloirs, elle serait vu de beaucoup de gens. C'était parfait. Après avoir remercié d'un sourire la jeune femme, elle prit la direction de la cafétéria, en essayant d'ignorer tous les regards, sans cesse plus nombreux, qui glissaient sur elle. Océane essayait de ne pas penser qu'il n'y avait que d'un seul homme qu'elle appréciait ce comportement, elle était en mission…
La jeune femme n'eut aucun mal à trouver la cafétéria, bondée à cette heure de la journée. Pourtant, à l'heure où il était, elle aurait plutôt cru se retrouver seule… Dans ce journal, les horaires du personnels étaient décidément bien étranges. Océane traversa la salle en slalomant entre les tables jusqu'à en regagner une, non loin d'une fenêtre. Distraitement, la jeune femme l'ouvrit et s'installa. D'un geste de la main, elle balaya quelques mèches qui avaient glissé sur son cou, elle croisa les jambes et posa ses mains sur la table. Elle regarda tout autour d'elle et se rendit compte qu'elle était le centre d'attraction de la plupart des hommes présents. Elle leur adressa à tous un sourire énigmatique. Un serveur s'approcha d'elle. C'était un jeune garçon visiblement très intimidé qui vint lui prendre sa commande en bafouillant. Océane se contenta d'une coup de glace à la fraise et le regarda s'éloigner, amusée par son trouble. A la table en face de la sienne, deux hommes chuchotaient tout en lui jetant de petits coups d'œil rapides. La jeune femme se demanda combien de temps il leur faudrait pour oser venir la rejoindre à sa table. Elle eut sa réponse juste après l'arrivée de sa coupe glacée. Les deux hommes échangèrent un dernier regard avant de se lever et de venir la rejoindre à sa table. Océane tenta tant bien que mal de cacher son amusement, ces deux hommes étaient tellement prévisibles….
- « Bonjour mademoiselle » lança l'un d'entre eux en s'installant près d'elle.
Océane ne rectifia pas son état civil et les accueillit en souriant.
- « Vous ne travaillez pas ici, n'est-ce pas ? » continua l'homme « Une aussi belle femme que vous, on s'en serait rendu compte ! »
Océane se mit à rire doucement et se tourna vers eux en espérant avoir réussit à avoir l'air d'une parfaite idiote.
- « Non, je ne travaille pas ici. J'étais venu pour voir une journaliste, mais elle travaille et ne peux pas me recevoir » mentit-elle.
La jeune femme savait pertinemment que si elle était partie directement à la rencontre de Rita Skeeter, cette dernière se serait échappée sans peine. Or, la jeune femme voulait pas se faire prendre à son propre piège. La jeune femme prit alors un air désolé pour tenter d'amadouer les deux hommes et cela marcha à la perfection.
- « C'est un crime de faire attendre une aussi belle femme que vous… »
- « Oh… » minauda Océane en se forçant à rougir.
- « Qui êtes vous venu voir ? » demanda l'homme.
- « Rita, Rita Skeeter… je voulais la voir à propos de son article » souffla la jeune femme.
L'homme la regarda un moment avant de se tourner vers son ami qui attendait toujours, debout à côté de lui.
- « Et si tu allais dire à Rita qu'une jeune femme chercher à la voir, Teddy ? » demanda-t-il.
- « Pourquoi moi plutôt que toi ? » demanda le dénommé Teddy qui ne semblait pas spécialement motivé à l'idée de jouer les coursiers.
- « Tu ne voudrais tout de même pas que je partes en laissant seule, mademoiselle ? » lança l'homme en jetant à son ami un regard appuyé qui n'échappa pas à la jeune femme.
Il pensait vraiment qu'il avait une chance de la séduire, il ne savait pas à quel point il se mettait le doigt dans l'œil.
- « C'est bon, d'accord… » grogna Teddy en s'éloignant.
Son ami se tourna alors vers Océane un sourire charmeur aux lèvres. Mais sa pâle tentative de devenir séduisant était un échec. La jeune femme esquissa quand même un large sourire.
- « Merci beaucoup » chuchota-t-elle
- « Au fait, je ne me suis même pas présenté… Je m'appelle Elliott, je travaille ici, je distribue le courrier ».
- « Je m'appelle Océane » souffla la jeune femme en lui tendant la main « Je suis enchantée de faire votre connaissance »
Elliott pris délicatement la main dans la sienne et la jeune femme laissa échapper un petit gloussement parfait pour la circonstance.
- « Aurons-nous la chance de vous revoir souvent pas ici ? » demanda-t-il tandis qu'Océane plongeait sa petite cuillère dans sa glace à la fraise.
- « Je ne sais pas…. Peut être… »murmura-t-elle, mutine avant d'enfourner une cuillérée de glace.
- « Moi je serais ravi de vous revoir, vous avez l'air d'être une jeune femme tout à fait charmante ! »
- « Vous êtes un flatteur… » minauda Océane
- « Non, je dis ce que je vois. Soyons honnête et regardez autour de vous, aucune jeune femme présente ici n'a votre beauté, votre grâce et votre classe… »
Il en faisait beaucoup trop et il commençait à insupporter la jeune femme qui devait vraiment beaucoup prendre sur elle pour ne pas lui rire au nez et se lever pour quitter la table. Elle se contenta de sourire et enfourna une nouvelle cuillérée de glace. Océane se redressa alors et aperçut dans l'embrasure de la porte de la cafétéria, Rita qui l'observait, à moitié caché derrière un gigantesque pot de fleur. La jeune femme se mit à sourire, pour le moment tout se passait comme elle l'avait espéré. Elle se mit alors sa rire doucement et posa une de ses mains sur l'épaule de l'homme qui se tenait à côté d'elle et posa l'autre sur son torse. La jeune homme fut surpris mais la laissa faire avec un petit sourire victorieux.
- « Vous aussi vous êtes charmant Elliott ! » souffla Océane sensuellement tout en gardant un œil sur Rita « Je ne pensais pas faire une… si belle rencontre aujourd'hui… »
La journaliste la regardait avec de grands yeux ronds et la bouche ouverte, l'ai éberluée. Elle n'en revenait pas. Océane se demanda combien de temps il lui faudrait encore pour comprendre qu'elle tenait là un autre « scoop » et que si elle apprenait à Sirius que sa femme draguait ouvertement d'autres hommes, c'était la fin de leur couple…
- « Vraiment ? » demanda Elliott en posant une de ses grosses mains sur sa cuisse.
Océane ne pu réprimer le frisson de dégoût qui la gagna, frisson sur lequel, Elliott se mépris bien évidemment.
- « Je sens qu'il y a … comme une alchimie entre nous » souffla-t-il.
Océane se força à rire mais commençait à craindre un peu que le jeune homme ne pousse le bouchon trop loin.
- « Une alchimie ? » demanda-t-elle de sa voix la plus innocente possible.
Elle aperçut du coin de l'œil le large sourire machiavélique de Rita et fut soulagée. Son calvaire n'allait plus durer bien longtemps. Déjà la journaliste avait fait demi tour et disparaissait dans le couloir. Océane savait que la jeune femme allait chercher un endroit plus tranquille pour pouvoir se transformer et l'espionner tout à sa guise.
- « Oui, je sens qu'entre vous et moi, une petite flamme vient de naître »
La voix d'Elliott la ramena désagréablement à la réalité et elle sursauta. Elle voulu retirer sa main du torse de cet homme, mais il fut plus rapide et l'emprisonna de la sienne.
- « Vous avez les mains si douces… » murmura-t-il.
Océane esquissa un faible sourire. Elle était vraiment mal à l'aise et essayait de relativiser les choses. Il n'allait tout de même rien tenter de trop osé au beau milieu d'une cafétéria.
- « Vous êtes timide Océane… »
- « Un peu » souffla la jeune femme « Je n'ai pas l'habitude de tant de démonstration d'affection en public… »
- « Il n'y a pas de mal à montrer son affection… »
- « Je suis bien d'accord… » souffla Océane
- « Surtout que cela pourrait être avec un homme pire que moi… » plaisanta Elliott.
Cette fois ce fut un franc éclat de rire qui secoua la jeune femme. Il était tellement risible d'entendre cet homme dire de telles bêtises. Car c'était justement lui, le pire…
- « Vous avez tellement d'esprit ! » se moqua-t-elle subtilement.
L'homme la regarda en souriant. Océane eut alors un peu de mal à déglutir car elle avait lu dans ses yeux qu'il avait l'intention de l'embrasser, chose dont il était totalement hors de question. Heureusement pour elle, un bourdonnement sourd se fit entendre. Océane se mit à sourire et s'éloigna un peu de lui.
Elle ne tarda pas à apercevoir un immonde scarabée voleter autour d'elle, il était entré par la fenêtre ouverte. Elle le reconnut instantanément. Ses ailes avaient le même reflets ridicules que les lunettes qu'elle portait quand elle travaillait. A n'en pas douter, Rita Skeeter sous sa forme d'animagus se trouvait devant elle.
- « Je vois que vous êtes un homme entreprenant » souffla Océane en fixant Elliott.
L'homme se mit à sourire. Elle dégagea sa main de la sienne et vint la glisser dans son sac à main où elle fouilla quelques secondes avant de trouver ce qu'elle cherchait.
- « Oui, cela vous déplait-il ? » demanda Elliott.
- « Pas vraiment… » murmura Océane en agrippant fermement l'objet dans sa main.
Le bourdonnement cessa autour d'eux. La jeune femme jeta un rapide coup d'œil à la table. L'insecte s'y était posé, non loin de sa coupe de glace.
- « Dans ce cas, que diriez vous d'aller avec moi dans un endroit un peu plus… calme » proposa l'homme en se rapprochant d'elle d'avantage.
Mais Océane ne l'écoutait plus. Tout ce passa en quelques secondes. La jeune femme fixa le scarabée et d'un geste précis elle l'enferma dans le bocal qu'elle avait dans son sac. Prise au piège, l'insecte se mit à voler frénétiquement en tout sens, se percutant curieusement contre les parois. Océane jubilait de joie. Sans aucune douceur, elle fit glisser le bocal le long de la table et lorsqu'il fut sur le bord, elle se dépêcha de le refermer à l'aide du couvercle qu'elle avait récupéré.
Victorieuse, la jeune femme se leva d'un bond, retourna le bocal et le fixa avec intensité.
- « Je t'ai eu sale garce ! » souffla-t-elle méchamment.
- « Océane ? » s'étonna Elliott
La jeune femme se tourna alors vers lui d'un air dégoûté.
- « Désolée Elliott, mais tu ne m'attires absolument pas et je n'ai aucune envie d'aller faire je ne sais quoi avec toi dans un endroit plus calme ! » déclara-t-elle suffisamment fort pour que toutes les personnes présentes dans la cafétéria puissent l'entendre.
La jeune femme glissa sa main dans sa poche et remit son alliance. Elle brandit alors fièrement sa main devant l'homme qui la regardait d'un air éberlué.
- « Parce que figure toi que tu t'adresses à une femme mariée et très amoureuse ! »
Elliott pris alors un air choqué mais Océane ne s'en soucia pas car lui aussi arborait une alliance, même s'il essayait de le cacher. Elle récupéra son sac à main et surtout son précieux bocal et s'en alla.
- « Merci pour la glace ! » lança-t-elle à Elliott qui paraissait alors extrêmement vexé.
En courant, la jeune femme quitta le siège de la Gazette du Sorcier. Elle ne s'arrêta que lorsqu'elle fut loin et s'appuya contre un mur pour reprendre son souffle. Elle souriait, son plan avait marché à merveille. Elle leva le bocal jusqu'au niveau de ses yeux. A l'intérieur, le scarabée volait rageusement vers elle, se heurtant systématiquement au verre.
- « Tu as dû t'en rendre compte par toi-même » lança Océane avec amusement « j'ai ensorcelé ce verre. Il est incassable ce qui rend ta transformation en humaine impossible. Et il est hermétiquement fermé, mais je ne suis pas cruelle, j'ai tout prévu et tu pourras respirer sans soucis »
Le scarabée se mit à bourdonner d'un air menaçant. Océane éclata de rire.
- « Parce que tu crois que tu me fais peur ? » lui demanda-t-elle.
Elle regarda un moment l'insecte tourner en rond dans sa cage avant de transplaner. Elle arriva immédiatement devant chez elle. Elle était très impatiente de pouvoir enfin raconter à Sirius ce qu'elle avait découvert.
- « Coucou c'est moi ! » lança-t-elle joyeusement.
- « Déjà ? » s'étonna Sirius.
La jeune femme ôta ses chaussures en souriant.
- « Lalyh ! Viens ma chérie, j'ai un cadeau pour toi ! » lança-t-elle.
La petite fille ne se fit pas prier et bientôt la jeune femme vit sa fille débarquer en courant dans le couloir. Elle s'agenouilla pour se mettre à sa hauteur.
- « Tiens… » lança-t-elle en lui tendant le bocal.
Lalyh hocha la tête et regarda l'objet d'un air étonné avant de le prendre dans ses mains.
- « Tu as le droit de jouer avec, mais tu n'as pas le droit de l'ouvrir, d'accord ? » recommanda Océane « Tu as compris mon cœur ? »
Lalyh lui fit oui de la tête et se mit alors à secouer frénétiquement le bocal de haut en bas, sous l'air ravi de sa maman. Lorsqu'elle s'arrêta, le scarabée voletait de travers d'une manière très malhabile qui fit éclater de rire la fillette qui recommença alors à secouer le bocal, mais de gauche à droite cette fois, envoyant l'insecte s'écraser de chaque côté des parois de verres.
- « Amuses-toi bien trésor… » souffla Océane en se relevant et en tapotant la petite tête de sa fille.
Elle vit alors Lalyh poser le bocal par terre et le faire rouler sans ménagement. La jeune femme se rendit alors dans le salon.
- « Ça a l'air de beaucoup l'amuser ce que tu lui as offert… » souffla Sirius en se retournant.
Ses sourcils se froncèrent aussitôt et c'est alors qu'Océane réalisa qu'elle n'avait pas prit la peine de remettre sa vieille robe de sorcière avant de rentrer.
- « Tu es sortie comme ça ?! » s'exclama le jeune homme.
- « Oui » avoua Océane « Et je n'étais pas non plus chez ma mère… »
Sirius fronça encore plus les sourcils.
- « J'ai le droit à une explication ? » demanda-t-il
- « Bien sûr ! » s'exclama la jeune femme en s'approchant de lui.
Elle lui prit la main et l'entraîna vers le canapé. Ils s'installèrent tous les deux près l'un de l'autre, mais le jeune homme gardait son air renfrogné.
- « Si je suis sortie habillée ainsi, c'est parce que j'étais en mission… »
- « Tu pars en mission pour l'Ordre dans une tenue aussi sexy ! » s'exclama Sirius « Laisse moi rire ! »
- « Ce n'était pas une mission pour l'ordre chéri… C'était pour nous deux… »
Le jeune homme haussa un sourcil d'un air surpris.
- « Je suis allée à la Gazette des Sorciers. J'ai trouvé comment Rita Skeeter faisait pour nous espionner et savoir toutes ses choses sur nous ! » commença-t-elle.
Océane entreprit alors de lui raconter tout ce qu'elle avait découvert au cours de ces dernières semaines. Sirius l'écoutait avec intérêt. Il fut très surpris d'apprendre que la journaliste était un animagus non déclaré, et il fut jaloux quand il appris qu'elle avait dû laisser un homme flirter avec elle pour les besoins de son plan.
- « J'arrive pas à croire que tu as laissé un autre homme que moi te voir dans cette tenue ! Tu sais à quel point tu es attirante comme ça ! » s'indigna-t-il.
- « Il fallait bien que j'use des grands moyens… » lui répondit-elle avant de se pencher pour l'embrasser tendrement.
- « Mouais… » grogna Sirius.
Mais la jeune femme ne se démonta pas et termina de lui raconter comment elle avait capturé la journaliste.
- « Tu l'as capturée ? Mais tu l'as mise où ? » s'étonna Sirius.
- « Chéri… Essaye de réfléchir » souffla Océane d'un air malicieux.
A cet instant, Lalyh donna un grand coup de pied qui fit rouler le bocal jusque sur les jambes de son père.
- « Attention princesse ! » lança le jeune homme d'un air distrait en se penchant pour ramasser le bocal.
C'est alors qu'Océane lu sur son visage qu'il avait compris.
- « NON ! » s'écria-t-il d'un air amusé en amenant le bocal à hauteur de ses yeux. « C'est elle là dedans ? »
Océane hocha la tête en souriant.
- « Tu plaisantes là ! » s'exclama-t-il.
- « Absolument pas ! Regarde de plus près… Tu ne la reconnais pas ? » plaisanta la jeune femme en glissant sa main contre la nuque de son mari.
- « Tu es fabuleuse ! » murmura Sirius en quittant enfin le bocal des yeux pour venir planter son regard dans le sien.
Océane se sentit rougir.
- « Tu ne m'en veux pas de ne pas t'en avoir parlé avant ? » demanda-t-elle.
Le jeune homme lui fit non de la tête.
- « Mais pourquoi tu ne l'as pas fait ? »
- « J'avais peur que tu m'en dissuades… Tu n'arrêtais pas de dire que tu voulais qu'on tourne la page et qu'on n'y pense plus… » lui répondit-elle.
Sirius prit une grande inspiration et hocha la tête. Plus il se pencha vers elle et l'embrassa tendrement. Océane en était ravie.
- « Mais qu'est-ce que tu comptes faire d'elle maintenant ? » demanda-t-il enfin.
- « Ça, je pensais qu'on pourrait peut être y réfléchir tous les deux… » lui répondit-elle « Prenons notre temps, ce n'est plus pressé maintenant qu'on l'a sous la main »
- « Tu as raison ! » souffla Sirius « Et en attendant… Lalyh ? »
La petite fille s'approcha de lui en courant. Le jeune homme lui tendit le bocal en souriant.
- « Amuse toi bien mon amour… » déclara-t-il en la regardant partir.
Océane se blottit alors contre lui et tous les deux regardèrent en souriant leur fille malmener le bocal, sans la moindre once de remord pour l'animagus qui se trouvait à l'intérieur.
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- « Détends toi mon cœur… Ça me sert à rien de stresser comme ça… »
Lily pencha sa tête en arrière et la posa sur le torse de James qui l'enlaçait tendrement.
- « Tu sais qu'il ne nous annonce que des catastrophes quand on est convoqué là bas tous les trois… » murmura-t-elle.
- « Ce sera peut être une bonne nouvelle cette fois… » chuchota James à son oreille.
Lily était reconnaissante à son mari d'essayer de lui redonner le moral et de la calmer, mais elle savait pertinemment qu'il était aussi tendu qu'elle.
- « Voilà ! » s'exclama alors Harry en souriant. « Tu peux me faire mes nœuds ! »
Assis sur la troisième marche de l'escalier, il leva ses deux petites jambes en l'air et les battit dans les airs frénétiquement.
- « J'arrive » lança James en essayant de lui rendre son sourire.
Lily se détacha de lui et le regarda rejoindre leur fils. Le jeune homme alla s'asseoir près de lui et attrapa ses jambes d'un geste vif. Nerveuse, la jeune femme se détourna d'eux et fit quelques pas. Syrielle et Jack avaient été confiés à Océane et Sirius car sur le rendez vous qu'il leur donnait, le professeur Dumbledore avait bien précisé qu'il ne devait venir qu'à trois, James, elle… et Harry. C'était cela qui la perturbait le plus. La jeune femme avait l'habitude des convocations pour les missions de l'Ordre, mais là, si son fils était convié, c'est qu'il était concerné et c'était surtout cela qu'elle ne supportait pas.
- « Ça y est ! » lança James
- « Ça y est ! » répéta Harry en souriant.
Lily se retourna vers eux. Son fils était enchanté à l'idée de sortir de la maison, cela lui arrivait si peu souvent. Cela lui fit mal au cœur.
- « Si on y allait ? » proposa James « Puisque nous sommes prêts, mieux vaux partir, ça ne sert à rien de rester ici… »
Il se mit à la regarder d'un air grave. La jeune femme savait qu'il sous entendait que rester ici à ne rien faire ne ferait qu'aggraver son état de nervosité. Elle acquiesça d'un signe de tête.
- « Très bien ! Harry, tu viens avec moi ? » demanda-t-il en se penchant un peu.
Harry se mit à courir et se jeta dans ses bras. James le souleva en souffrant.
- « Tu sais que tu commences à être trop grand pour ça Harry ? » lui demanda-t-il en souriant.
Pour
toute réponse, le petit garçon se mit à rire et
entoura la taille de son papa de ses petites jambes. Lily les regarda
tous les deux en souriant. Sans dire un mot, James s'approcha
d'elle et lui prit la main. Ensemble, il quittèrent leur
maison et transplanèrent ensemble pour le Quartier Général
de l'Ordre du Phoenix.
Lorsqu'ils ouvrirent la porte de
l'endroit, des bruis d'enfant se firent entendre et le cœur de
Lily se serra un peu plus quand elle aperçut Neville passer
devant elle. Si les deux enfants étaient réunis, cela
ne pouvait signifier qu'une seule chose : le professeur Dumbledore
voulait leur parler de la prophétie. Augusta qui se tenait un
peu plus loin dans la pièce était visiblement parvenue
à la même conclusion car elle plaqua ses mains contre sa
bouche, étouffant un « Par Merlin » sonore. Lily,
elle, sentit qu'elle perdait toutes ses couleurs tandis que James
se raidissait à côté d'elle. Doucement, il posa
son fils sur le sol et le petit garçon lui prit la main. Il
semblait impressionné par l'ambiance tendue qui régnait
tout à coup dans la pièce.
Lily s'approcha d'Augusta pour la saluer ainsi que Neville, imitée par James et Harry.
- « Et si tu allais jouer avec Neville mon grand ? » proposa-t-il à ce dernier qui lui lâcha la main pour aller en direction de l'autre petit garçon, ravi d'avoir un camarade de jeu.
Un silence grave s'abattit dans la pièce. Personne n'avait envie de parler de leur convocation. Ils savaient tous les trois que ce qu'ils n'allaient pas tarder à apprendre ne seraient pas une bonne nouvelle, et ils ne voulaient pas s'inquiéter trop tôt…
- « Franck et Alice sont entrés à l'hôpital hier pour leur première batterie de tests » annonça alors Augusta.
Lily se mit à sourire faiblement et vint s'installer près d'elle.
- « Vraiment ? Alors comment ça c'est passé ? » demanda-t-elle
- « Ils étaient très stressés avant d'y aller, je pense qu'ils craignaient qu'on ne les laisse là bas une nouvelle fois. Mais tout s'est bien passé. Quand ils sont rentrés hier soir, ils ont dit que les guérisseuses avaient été gentilles et ils n'ont pas fait d'histoire pour y aller ce matin ».
- « C'est très bien tout ça » souffla Lily, réellement ravie pour ses deux amis.
- « Mais ils vont devoir faire beaucoup de séances à Ste Mangouste ? » demanda alors James en tirant une chaise pour se placer entre elles deux.
- « Environ cinq d'après le docteur chargé de leur bilan de santé » répondit Augusta.
- « Et quand est-ce que vous aurez les premiers résultats ? » demanda Lily, un peu anxieuse.
- « D'ici quelques semaines. Ils comptent leur faire faire tous les tests possibles et imaginables. Mais ne t'inquiète pas Lily, ils vont de mieux en mieux et tout cela c'est grâce à toi ! »
- « A Horace aussi… » rappela Lily d'une petite voix timide.
Augusta se mit à sourire et hocha la tête doucement tandis que James passait un de ses bras derrière ses épaules. Lily leur redit leurs sourires. Elle était contente de voir que tout s'arrangeait pour le couple d'anciens aurors. Peut être qu'après tout, Neville pourrait avoir une enfance heureuse entouré de ses deux parents. Elle jeta un rapide coup d'œil aux deux enfants qui jouaient un peu plus loin. Ils étaient souriant et inconscients de ce qui se tramait… Innocents, ils n'avaient aucune idée de l'épée de Damoclès qui pendait au dessus d'eux, ni de l'immensité de la responsabilité dont l'un d'entre eux avait la charge. Elle soupira.
A cet instant la porte de l'Ordre du Phoenix s'ouvrit et le professeur Dumbledore entra dans la pièce. Lily sentit ses entrailles se tordre. Jamais de sa vie elle n'avait été aussi tendue. Le vieux sorcier s'approcha des deux enfants qui jouaient sagement et se pencha pour parler un peu avec eux, s'intéressant un moment à leur jeu. Les deux garçonnets lui répondirent avec enthousiasme et le professeur se redressa en souriant doucement. Puis il se tourna vers les parents et leur adressa un petit signe de tête.
- « Bonjour » souffla-t-il en s'installant à la table qui trônait au milieu de la pièce.
- « Bonjour » lui répondirent les autres adultes comme un seul homme.
James, Lily et Augusta quittèrent le coin de la pièce dans laquelle ils s'étaient installés pour aller le rejoindre. Lily veilla à ne pas être éloigné de son mari. Elle savait qu'il n'y avait que près de lui qu'elle réussirait à supporter la pression qui l'avait gagnée.
- « Je suppose que vous avez déjà tous compris de quoi je voulais vous parlez aujourd'hui » commença le professeur d'une voix grave.
Lily hocha la tête.
- « Tout d'abord je tiens à vous dire que nous avons récupéré l'immense majorité des Horcruxes, ce dont nous ne pouvons que nous féliciter » lança-t-il.
La jeune femme jeta un rapide coup d'œil à Augusta qui ne sembla pas surprise d'entendre ce terme si particulier. Elle en déduisit alors que le professeur Dumbledore lui avait parlé des projets du Seigneur des Ténèbres d'atteindre l'immortalité.
- « Il nous en reste deux à trouver, c'est bien cela ? » demanda James.
- « Non, un seul. N'oublie pas que Lord Voldemort a tout de même conservé un de ses morceaux d'âme »
- « On ne dirait pas » souffla le jeune homme.
Lily esquissa un faible sourire.
- « Effectivement… » concéda le professeur Dumbledore d'un air amusé « Et concernant donc le dernier Horcruxe, je pense savoir où il est… »
- « Vous m'aviez parlé d'un serpent, non ? » demanda Augusta d'un air grave.
- « Effectivement. Je pense que Lord Voldemort à transférer une partie de son âme dans le jeune serpent qui le suit partout. Nagini… il serait comme son animal de compagnie »
- « Qu'il aurait pourvu d'une partie de ses pensées… N'est-ce pas risqué professeur ? » demanda Lily.
- « Je le crois également, mais il semblerait que le Seigneur des Ténèbres n'ait pas éprouvé les mêmes réticences que nous. Enfin toujours est-il qu'il ne nous sera pas difficile je pense de tuer cet animal, nous pouvons donc le considérer comme un problème de moins ».
Lily hocha doucement la tête. Le professeur Dumbledore prit alors un air plus grave qui n'augura rien de bon à la jeune femme.
- « Je pense qu'il n'est pas utile de vous faire attendre plus longtemps pour vous parlez de la vraie raison de votre venue ici » annonça alors le vieux sorcier.
Sous la table, Lily chercha la main de son mari et la trouva très rapidement. Elle la serra et sentit que James lui rendait son étreinte. Elle ne chercha pas à croiser son regard, elle avait trop peur d'y lire le reflet de sa propre inquiétude.
- « Nous vous écoutons » souffla Augusta.
Le professeur Dumbledore croisa ses mains sur la table et pris une grande inspiration.
- « La guerre bat son plein, mais une chose est indéniable, Voldemort est sur le déclin » commença le professeur Dumbledore « Il n'est plus aussi puissant que l'année dernière. Aucune de ses dernières missions importantes n'ont réussi. En revanche, vous avez tous pu constater qu'il devient très ambitieux. L'attaque de Poudlard en est un exemple. Jamais auparavant il n'aurait osé s'attaquer à l'école »
- « Que faut-il en conclure ? » demanda James.
- « Il en a assez d'attendre. Je pense que comme nous, il a hâte que la guerre se finisse même s'il n'espère pas bien sûr, la même issue que nous. Il tente de grands coups, mais il se rend bien compte qu'il n'arrive plus à rien. »
- « C'est dangereux… » murmura Lily.
- « Effectivement. S'il continue ainsi nous allons droit vers de nouveaux massacres d'innocents. Voldemort va frapper encore et encore jusqu'à nous affaiblir. Il ne se préoccupe ni des autres ni des siens. Il n'arrêtera jamais et il faut que cela cesse. »
Lily soupira violemment et tous les regards se tournèrent vers elle. La jeune femme les soutint et posa alors la question qui lui brûlait les lèvres depuis longtemps déjà.
- « Harry et Neville sont désormais plus que concernés, n'est-ce pas… ? »
Dumbledore cligna des yeux d'un air désolé avant de lui répondre.
- « Effectivement »
- « Mais concernés comment ? » demanda Augusta.
- « Et bien… Puisque nous avons tout fait pour que Voldemort ne puisse pas marquer l'un des deux enfants, nous sommes dans une position très délicate. Il faut que nous choisissions nous même qui sera cet enfant »
Augusta et Lily poussèrent en même temps un cri d'horreur et cette dernière sentit la main de son mari broyer la mienne. Horrifiée la jeune femme fixa le professeur Dumbledore avec intensité.
- « Vous plaisantez ?! » cracha James d'une voix mauvaise « Vous nous demandez de sacrifier un de nos enfants ? »
- « Je sais ce que vous pensez » lança-t-il aussitôt « Mais je vous en prie, laissez moi finir »
Lily se sentait nauséeuse et ne quitta pas le vieux sorcier des yeux.
- « L'idée de choisir entre Harry et Neville pour accomplir cette terrible destinée m'est odieuse mais je sais que ce n'est rien comparé à ce que vous pouvez penser. Pourtant, il semblerait que nous n'ayons désormais plus le choix. »
- « Vous vous rendez compte de ce que vous nous demandez ? » demanda Lily d'une voix blanche
- « Lily… » murmura le vieux sorcier « J'ai parfaitement conscience de ce dont je vous parle. Crois-tu vraiment que je n'ai pas tourné ce problème dans ma tête des centaines de fois? Crois-tu vraiment que s'il existait une infime possibilité pour que nous puissions faire autrement, je ne ferais pas tout pour la rendre réalisable ? »
La jeune femme détourna la tête. Il s'agissait de son enfant, elle n'était plus capable d'aucun raisonnement logique et rationnel. Son cœur parlait pour elle et elle ne supportait pas l'idée que son fils puisse être encore plus en danger qu'il ne l'était déjà pour le moment… Elle sentit le pouce de James caresser le dos de sa main.
- « J'ai longuement réfléchit sur le sujet et j'ai trouvé un moyen de mettre Lord Voldemort hors d'état de nuire définitivement » souffla Dumbledore.
- « Vous voulez dire que vous savez comment… le tuer ? » demanda James.
- « Effectivement » répondit le professeur.
- « Comment des enfants de quatre ans sont-ils supposés tuer un mage noir redoutable ? » demanda Augusta.
- « Je n'ai jamais dit que ce serait à Harry ou Neville de tuer Voldemort » répondit Dumbledore « Nous aurons juste besoin de leur participation. »
- « Comment cela ? » demanda James.
- « Je vous expliquerais ça en temps voulu, pour le moment il n'est pas nécessaire que vous sachiez ce que j'ai en tête »
- « Mais ce ne sera pas dangereux pour les enfants ? »
- « Le risque zéro n'existe pas James, et tu le sais parfaitement » se contenta de répondre le professeur d'un air grave.
Un silence lourd tomba sur la pièce. Il était pesant et désagréable et Lily voulait qu'il cesse sans trouver cependant un moyen de le faire. Encore une fois se fut le professeur Dumbledore qui reprit la parole.
- « Maintenant, il faut que nous parlions très sérieusement des enfants »
Lily ferma très fort ses yeux un moment, elle se répéta mentalement qu'il fallait qu'elle soit forte et ouvrit les yeux, prête à entendre ce qu'on allait lui dire.
- « Pour réaliser le plan que j'ai en tête, il va falloir retirer une assez grande quantité de magie de l'enfant. Comme vous le savez, cela sera sans conséquences, la magie se reconstitue toute seule après un long temps de repos. Il est donc évident qu'il nous faudra choisir l'enfant ayant le plus grand potentiel magique »
Lily sentit ses entrailles se serrer. Harry avait, tout petit déjà, montré qu'il était un petit sorcier très puissant pour son âge.
- « Mais ce ne sera pas tout… » continua le professeur Dumbledore.
La jeune femme attendit alors la suite de la phrase avec l'espoir fou que son petit garçon ne pourrait pas être choisit.
- « La puissance magique ainsi récoltée servira à atteindre Lord Voldemort, car selon les termes de la prophétie, seul un enfant marqué par le Seigneur des Ténèbres a le pouvoir de le vaincre. Il faut donc que nous choisissions l'enfant qui présente le plus de réactivité avec le Mage Noir afin de nous assurer que nous avons toutes les chances de notre côté »
- « Et comment comptez vous faire cela ? » demanda Augusta.
Le professeur Dumbledore se leva alors.
- « Je vous prierais de bien vouloir m'excuser un moment. Je vais revenir… » lança-t-il.
Sans rajouter un mot, il quitta la pièce et le silence s'installa à nouveau. Mal à l'aise dans cette ambiance tendue, Harry s'approcha doucement de ses parents. Le petit garçon avait l'air si sérieux que Lily en eut mal au cœur. James le prit sur ses genoux et embrassa son petit front tandis que Lily prenais sa main dans la sienne. Harry esquissa alors un petit sourire tout en posant sa tête sur le torse de son papa. Neville quand à lui avait pris place près de sa grand-mère et ne disait pas un mot. Le professeur Dumbledore revint alors en faisant léviter derrière lui une malle qui avait l'air très lourde. Il la posa sur le sol et en tapotant sur elle de sa baguette, il l'ouvrit. Lily tendit un peu le cou pour pouvoir apercevoir ce qui se trouvait à l'intérieur et fut surprise de voir les Horcruxes qu'ils avaient récupéré au cours des derniers moi.
- « Quoi de mieux pour tester la réaction de Voldemort face aux enfants que les morceaux de son âme ? » demanda simplement Dumbledore.
- « Je croyais que vous les détruisiez au fur et à mesure… » souffla James.
- « J'en avais l'intention au départ, mais je ne l'ai pas fait et il se trouve que j'ai été très bien inspiré » répondit le vieux sorcier.
- « Que doivent-ils faire Albus ? » demanda alors Augusta.
Lily serra un peu plus fort la main de Harry dans la sienne.
- « Je veux voir comment ils vont réagir, nous allons nous contenter de les observer… » expliqua Dumbledore.
D'un coup de baguette, il fit sortir un à un les Horcruxes qu'il déposa sur le sol. Harry le regardait faire avec émerveillement, comme s'il regardait un beau spectacle. Une fois tous les objets disposés, Dumbledore referma la malle et la fit disparaître. Il se tourna alors vers eux et leur adressa un sourire confiant.
- « Commençons pas Neville, voulez-vous ? » proposa-t-il.
Augusta hocha la tête et incita son petit fils à descendre de sa chaise pour aller rejoindre le professeur.
- « James, veux-tu bien cacher les yeux de Harry ? Je ne voudrais pas qu'il puisse être influencé… » demanda Dumbledore.
Le jeune homme hocha la tête et posa sa main sur les yeux de son fils qui se mit à sourire. Lily reporta alors toute son attention sur le petit Neville qui se trouvait maintenant au milieu des Horcruxes. Il les regardait d'un air curieux, mais rien ne se produisit. Timidement, il tendit la main pour en toucher un, mais encore une fois, il n'y eu aucune réaction. Neville resta ainsi, parmi les morceaux d'âme de Voldemort sans que rien ne se produise.
- « Très bien… » souffla Dumbledore. « Merci beaucoup Neville, c'était parfait. Tu peux retourner voir ta grand-mère… »
Le petit garçon obéit docilement et retourna près d'Augusta qui caressa doucement sa petite joue.
- « Passons à Harry maintenant » lança Dumbledore.
James enleva sa main des yeux de son fils et le fit descendre de ses genoux. Lily lâcha la main de son fils et le regarda avec anxiété rejoindre le professeur Dumbledore qui lui indiqua les Horcruxes avec un sourire bienveillant. En souriant, Harry se rendit donc au milieu de tous ces objets. C'est alors que tout se produisit. Dans un bourdonnement sonore, tous les Horcruxes se mirent à trembler et à vibrer. Harry regarda tout autour de lui, sans comprendre ce qui se passait, un peu effrayé. Lily elle, était horrifiée. Lorsque Harry tendit la main pour attraper l'un des Horcruxe, ce dernier se recula comme tout seul d'un geste brusque, émettant un bruit strident extrêmement désagréable. Il n'y avait plus aucun doute possible, les Horcruxes réagissaient violemment à la présence du petit garçon.
- « Oh non ! » s'exclama alors Lily dans un cri de désespoir.
Harry se tourna alors vers elle, les yeux pleins de larmes.
- « Pardon ! J'ai pas fait exprès ! C'est pas moi ! » lança-t-il.
- « Oh chéri ! » s'exclama Lily en se levant pour aller serrer son fils contre elle « Tu n'as rien fait de mal, trésor… Ce n'est pas de ta faute chéri… Ce n'est pas ta faute… »
La jeune femme luttait pour retenir ses larmes. Elle ne voulait pas pleurer devant lui. Elle le prit dans ses bras et enfouit sa tête dans son petit cou. Elle sentit alors les deux bras de son mari l'enlacer et poser un baiser sur sa tempe.
- « Je crois que nous avons trouvé qui serait l'enfant de la prophétie… » murmura Dumbledore d'un air las.
Ce fut comme si tout s'écroulait autour de Lily. Son Harry, son fils, son bébé… Ce serait à lui qu'incomberait la lourde tâche de mettre hors d'état de nuire le plus puissant Mage Noir de tous les temps. Un sanglot s'échappa du plus profond de sa poitrine, mais elle ne pleura pas. Désormais, elle n'en avait plus le droit. Il fallait qu'elle soit forte. Harry devait sentir que ses parents le soutenaient et étaient là pour lui. Maintenant, il faudrait qu'elle soit encore plus forte que tout ce qu'elle avait été jusqu'à présent. Elle posa un baiser sur la joue de son fils, l'éloigna un peu d'elle et sécha ses débuts de larmes du bout des doigts.
- « Ça va aller Harry ! Tu verras… » souffla-t-elle.
Lily se redressa alors et son regard croisa celui d'Augusta. Les deux femmes se fixèrent un moment avant de faire les quelques pas qui les séparaient l'une de l'autre et s'enlacèrent.
- « C'est terrible » murmura Augusta « Je comprends ta souffrance. Harry est un petit garçon formidable… »
- « Je sais ! » murmura Lily en s'éloignant d'elle en esquissant un faible sourire.
Elle retourna auprès de James. Le jeune homme était très pâle, les traits tirés et les lèvres pincées. Il avait peur, elle le savait. Mais il se montrerait fort, tout comme elle. Ensemble, ils se battraient au côté de leur fils. Maintenant ils n'avaient plus le choix, ils allaient devoir se montrer à la hauteur.
