Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en général mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !
Bonne lecture à vous tous… Aylala
Note : J'ai terminé de rédiger cette histoire en mai 2007. Il n'y a donc dans cette fiction AUCUNE INFORMATION concernant Harry Potter and the Deathly Hallows. Je n'ai fait qu'émettre des suppositions sur ce qui aurait pu se passer. Si par hasard j'avais deviné quelque chose, c'est que je possède un Troisième Œil très efficace !
Par respect pour les lecteurs qui n'ont pas encore eu la chance de lire le tome 7, je vous demande de ne faire AUCUNE ALLUSION au septième tome dans vos reviews… Ne gâchez pas le plaisir de ceux qui ne savent pas lire l'anglais svp !
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Ce qui aurait pu se passer
Chapitre cent quarante sept : Même si tu revenais
«
Les mois ont passé, malgré moi, j'attends
Je
t'attends encore, mais pourtant…pourtant…
Même si tu
revenais
Je crois bien que rien n'y ferait
Notre amour est
mort à jamais
Je souffrirais trop si tu revenais »
Claude
François
- « Voilà James… » lança le professeur Dumbledore en lui tendant un morceau de parchemin. « Cette ordonnance prévoit trois séances d'hospitalisation pour Harry afin de lui prélever sa magie. Je pense que ce sera bien suffisant »
James récupéra le morceau de parchemin et le plia consciencieusement.
- « Merci » souffla-t-il « Mais comment avez-vous fait pour l'obtenir ? »
- « Je connais de longue date un médicomage indépendant » expliqua le professeur Dumbledore « Je lui ai dit que je connaissait un petit garçon qui faisait de très mauvaises réactions à cause d'un trop plein de magie. Il m'a délivré cette ordonnance sans mal, c'est un homme qui sait se montrer très complaisant. Mais j'ai eu beaucoup de mal à ne pas sourire quand il m'a dit de conseiller aux parents de cet enfant de faire des analyses plus poussées. Il avait l'air de dire que Harry serait peut être un Cracmol… »
- « Croyez moi, dans les circonstances actuelles, j'aurais préféré que ce soit le cas » répondit James.
- « Je te comprend tout à fait… » souffla Dumbledore.
Le jeune homme esquissa un faible sourire et pris une grande inspiration en haussant les épaules.
- « Lily et toi vous faites preuve d'un très grand courage » continua le professeur « Je sais que ce que vous vivez est une épreuve très difficile. Voir son enfant ainsi mis aux premières lignes est terrifiant et j'admire la manière dont vous y faites face… »
- « Nous n'avons pas tellement le choix » murmura James « Nous lamenter ou nous apitoyer sur le sort de notre fils ne servirait à rien et n'aiderait certainement pas Harry ! C'est pour eux que je tiens… S'il n'y avait pas Lily et les enfants, jamais je n'aurais pu faire face à une telle crainte »
Le vieux sorcier hocha la tête.
- « Le seul avantage que je retire de cette situation, c'est que désormais, je suis plus motivé que jamais pour faire que cette guerre se termine au plus vite »
- « C'est une excellente nouvelle ! » décréta Dumbledore.
Le jeune homme se leva alors de la chaise sur lequel il était assis.
- « Si vous n'avez plus besoin de moi, je vais y aller » déclara-t-il.
- « Parfait. Quand vous saurez quand est-ce que Harry subira son premier prélèvement, dites le moi, je passerais voir comment tout cela se passe »
- « Entendu » répondit James avant de prendre la direction de la sortie.
Il avait déjà posé sa main sur la poignée de la porte que le professeur Dumbledore prononça ces simples mots.
- « Courage James… »
Le jeune homme esquissa un sourire et ouvrit la porte. Il aperçut alors Sirius qui l'attendait, assis sur le rebord de la fenêtre ouverte. James referma la porte et se dirigea vers son ami.
- « Alors ? » demanda ce dernier.
- « On a l'ordonnance ! » déclara James en lui montrant le morceau de parchemin qu'il tenait entre ses deux doigts avant de la ranger bien en sûreté dans la poche de son jean.
Sirius le fixa d'un air grave. Quand il avait su où il allait, le jeune homme avait insisté pour l'accompagner. Dès le jour où Lily et lui avaient appris la terrible nouvelle concernant leur fils, ils avaient été en faire part à leurs amis. En parler leur avait permis de se libérer un peu et cela leur avait fait un bien fou. Sirius et Océane avaient su trouver les mots pour les réconforter un peu et leur parole de soutien et d'espoir leur avait donné du baume au cœur. Seul Remus n'était pas encore au courant. Une mission d'observation et la Pleine Lune qui avait eu lieu le lendemain l'avait éloigné de ses amis et James ne voulait pas lui annoncer la mauvaise nouvelle par hibou. Ils devaient se voir le soir même, il serait grand temps de le mettre au courant.
- « J'ai un peu de mal à réaliser ce qui va se passer » souffla Sirius après un moment.
- « Moi aussi » avoua James.
- « Je veux dire… Harry, c'est une petite crevette ! Je le revois encore à Ste Mangouste quand il est né ! Il était minuscule ! Aujourd'hui, il est à peine plus grand et pourtant… »
- « Je sais… » soupira James tandis que ses entrailles se serraient.
Depuis qu'il savait que son fils serait l'enfant de la prophétie, jamais le jeune homme n'avait ressentit une peur aussi intense et viscérale. Elle ne le quittait plus. Il aurait tant aimé pouvoir prendre la place de son petit garçon, mais ce n'était pas possible et cette impuissance le rendait malade.
- « Mais tout ira bien ! » se dépêcha de rajouter Sirius « Si Dumbledore dit qu'il a un plan, on peut lui faire confiance ! C'est un fin stratège »
James hocha la tête. Il ne parlait plus beaucoup quand on abordait ce sujet. Il préférait rester muet plutôt que de parler à tort et à travers et de laisser s'épancher toute cette frustration et cette crainte qu'il pouvait ressentir.
- « Dumbledore n'a rien dit de particulier concernant son plan par hasard ? » continua Sirius « Parce que je veux en faire partie moi aussi ! »
- « Non, il n'a rien dit, mais je suppose qu'il se doute que nous allons tous vouloir être présents… Une fois le moment venu… » répondit James.
Une nouvelle boule de stress vint se créer dans sa gorge. Il prit une grande inspiration pour essayer de la faire passer, mais cela ne marchait pas. Il sentit Sirius lui tapoter l'épaule en signe de soutien. Il lui adressa un faible sourire. Il lui était reconnaissant d'être si présent à ses côtés. Lily et lui avaient vraiment de la chance d'avoir des amis comme eux.
- « Si on rentrait ? » proposa alors Sirius « Cet endroit à tendance à me mettre sur les nerfs… »
James acquiesça d'un signe de tête et tous les deux prirent la direction de la sortie. Ils refermèrent la porte derrière eux et firent quelques pas pour s'éloigner de la maison. Ils ne disaient rien et s'apprêtait à transplaner quand un mouvement sur leur droite attira leur attention. Les deux amis se retournèrent et aperçurent un homme s'approcher du Quartier Général de l'Ordre du Phoenix en espérant se faire le plus discret possible. Intrigué, les deux amis se regardèrent et d'un accord tacite, ils suivirent l'homme très discrètement eux aussi. Ils réussirent à se rapprocher suffisamment de lui pour le reconnaître.
- « Servillius… » grogna Sirius entre ses dents « Je me demande bien ce que ce sale cafard viens faire par ici ! »
- « Il doit avoir rendez vous avec le professeur Dumbledore ! » répondit le jeune homme d'une voix mauvaise. « Je ne comprends pas pourquoi il continue à lui faire confiance ! »
- « Si tu veux mon avis, c'est sans doute un grand génie mais sa naïveté et sa gentillesse le perdront ! » déclara Sirius.
James hocha la tête, il partageait entièrement l'avis de son ami.
- « Il est fou de se retrouver une nouvelle fois seul face à lui ! » lança alors Sirius « Servilius a quand même tenté de le tuer ! »
- « Allons y ! » déclara James.
- « Quoi ? »
- « On retourne à l'Ordre du Phoenix et on attend pour voir s'il ne tente pas de faire quelque chose contre Dumbledore »
- « D'accord ! » répondit Sirius.
Les deux amis revinrent alors sur leurs pas et retournèrent à l'intérieur du Quartier Général. La pièce principale était vide, ce qui signifiait que le professeur recevait Rogue dans son bureau privé. D'un pas décidé, James alla se poster près de la porte qui donnait à ce bureau. Sirius l'imita et jeta à la porte un sort permettant de laisser passer les sons plus facilement. C'était un sort très peu utilisé car il était très impoli et que la plupart du temps, les portes avaient été protégées par un contre-sortilège. Mais par chance, ce n'était pas le cas ici. Le professeur Dumbledore avait sans doute estimé qu'aucun membre de l'Ordre ne serait assez grossier pour espionner ses entretiens privés. Mais il s'agissait là d'un cas de force majeur et James ne ressentait aucun scrupule. Il tendit même un peu plus l'oreille.
- « … personne ne semble se douter de l'endroit où je suis » expliquait Rogue.
- « C'est très bien. As-tu réussit à convaincre Igor de te rejoindre dans ta cachette ? » demanda Dumbledore.
- « Presque, mais je ne désespère pas d'y arriver. Cela devient trop dangereux pour lui de rester dans son pays. Tous les mangemorts de la région sont à sa recherche… »
- « Si tu parviens à le faire venir, dis lui que je souhaiterais lui parler »
- « Très bien professeur… »
Il eut un moment de silence. James et Sirius se regardèrent un moment sans rien se dire et la conversation dans le bureau reprit.
- « Severus, il est temps que je t'annonce que la guerre touche à sa fin » lança Dumbledore.
Une nouvelle fois, le cœur de James manqua un battement.
- « Vraiment ? » demanda Severus « Mais comment ? Je pensais que seul le petit Potter ou le petit Londubat pouvaient le tuer et ce ne sont encore que des enfants… »
James se redressa, surpris. Comment Rogue était-il au courant de cela. A sa connaissance, les seules personnes au courant de la prophétie étaient ses proches et Augusta Londubat. Rogue ne faisait parti d'aucune des deux catégories…
- « Vous n'envisagez tout de même pas de céder au Seigneur des Ténèbres ? » s'indigna alors le Serpentard.
- « Non, bien sûr que non… » répondit Dumbledore. « Il se trouve qu'après avoir beaucoup réfléchi à la question, j'ai trouvé un moyen de tuer Voldemort »
- « Sans les enfants ?! »
- « Non, la participation de l'un d'entre eux sera nécessaire… » répondit Dumbledore.
- « Comment compter vous procéder ? » demanda Rogue avec avidité.
- « Il n'est pas utile que tu le saches pour le moment… » se contenta de répondre le vieux sorcier.
James était soulagé. Dumbledore n'avait pas voulu expliquer à Lily et lui en quoi consistait son plan. Il aurait très mal accepté le fait que le professeur puisse mettre Rogue au courant.
- « Ce sera le fils Potter pas vrai ? » demanda le Serpentard.
Dumbledore ne répondit rien.
- « Je sais bien que c'est lui professeur ! Depuis le départ, c'est lui que recherche le Seigneur des Ténèbres ! Il ne s'est jamais intéressé au fils Londubat et soyons honnête, depuis le début vous vous êtes bien plus concentré sur la sécurité de Potter ! »
- « Ce n'est pas tout à fait lié » répondit Dumbledore « Augusta Londubat soutient nos idées, mais ne fait pas partie de l'Ordre et est restée très discrète sur ses convictions depuis qu'elle a appris la menace qui planait sur son petit fils. James et Lily en revanche ont continué à se battre et à s'afficher clairement contre le Seigneur des Ténèbres. Il était normal qu'ils ait droit à une protection un peu renforcée… »
Rogue grogna quelque chose que James ne comprit pas.
- « De toute façon, les deux enfants ont toujours été parfaitement à l'abri et ce n'est pas le propos qui nous intéresse… » trancha Dumbledore.
- « Donc c'est bien le fils Potter pas vrai ? » insista Rogue.
James serra les poings en se demandant en quoi cette information intéressait tant son ancien ennemi.
- « C'est effectivement Harry qui a été désigné. Il est, des deux enfants, celui dont les pouvoirs sont les plus puissants et les plus développés pour son âge. De plus, les Horcruxes ont réagit de manière assez violente à son contact. Il ne fait aucun doute que ce petit garçon à une capacité magique extraordinaire au vu de son jeune âge » répondit Dumbledore.
- « Le Seigneur des Ténèbres ne s'était donc pas trompé en allant attaquer les Potter cette nuit d'Halloween ? Il a eu toutes les raisons de croire que ce serait ce bébé qui causerait sa perte. » déclara Rogue.
- « Il est étonnant, en effet, de voir à quel point la coïncidence ait voulu que Lord Voldemort s'en prenne à l'enfant le plus puissant… Il faut croire que c'était écrit… »
- « En tout cas, Il n'a pas eu l'ombre d'un doute. A la seconde où je lui ai révélé la prophétie, le Seigneur des Ténèbres à pensé à Potter… »
Pour James, se fut comme si tout venait de se figer d'un seul coup. Son cœur cessa de battre un moment puis il sentit le sang battre violemment dans ses tempes. C'était lui, c'était Rogue ! C'était son ennemi de toujours qui avait été répéter au plus grand Mage Noir de tous les temps la prophétie qui le liait à son fils. C'était Rogue qui avait tracé le destin de Harry, c'était lui qui l'avait condamné à porter sur ses épaules d'enfants une responsabilité aussi lourde que la fin de la guerre. Son sang ne fit qu'un tour. Incapable de réfléchir de manière cohérente, James ouvrit la porte en trombe. Rouge de rage, il se précipita vers Rogue qui se trouvait assis prés de Dumbledore. Il l'empoigna par le col, le força à se lever et alla le plaquer violemment contre le mur le plus proche.
- « C'EST TOI ! » hurla-t-il, fou de rage « C'EST TOI, SALAUD QUI EST RESPONSABLE DE TOUT CA ! »
- « James ! »
Mais le jeune homme n'entendit presque pas les cris du professeur Dumbledore. La colère l'aveuglait. Il sentit à peine la présence de Sirius qui était venu se placer près de lui, également furieux.
- « C'EST TOI QUI A ETE REPETER LA PROPHETIE A TU-SAIS-QUI ?! » hurla James en serrant un peu plus sa prise autour du col de Rogue.
Le jeune homme posa ses deux mains sur son poing pour tenter de se dégager mais la colère avait décuplé les forces de James.
- « C'EST A CAUSE DE TOI QU'IL VEUT TUER MON FILS ! C'EST A CAUSE DE TOI QU'IL A DETRUIT LE MANOIR DE MES PARENTS ET QU'IL A VOULU NOUS TUER ! C'EST TA FAUTE ! »
- « James ! » cria un peu plus fort le professeur Dumbledore.
- « TOUT CA C'EST A CAUSE DE TOI… »
Mais il ne pu plus aller plus loin car il se sentit attiré en arrière. Il fut contraint de lâcher sa prise et recula de quelques pas. Il se retourna, furieux, vers le professeur Dumbledore qui tenait encore sa baguette dans la main. Visiblement, il lui avait jeté un sort pour qu'il lâche Rogue. Ce dernier se massait le coup d'un air douloureux et fixait James. Le jeune homme se retourna vers son ennemi.
- « Comment oses-tu encore te présenter ici alors que c'est de ta faute si ma famille a faillit être détruite et qu'à cause de toi mon fils est en danger de mort ?! » demanda-t-il d'une voix acide à Rogue qui ne paraissait pas très à l'aise.
- « James, calme toi… » demanda le professeur Dumbledore.
- « Qu'il se calme ?! » s'indigna Sirius « Alors que Servilius est la cause de tout ce qui est arrivé à sa famille ! »
- « Non, c'est Lord Voldemort l'unique responsable » répondit le professeur Dumbledore avec calme.
James se tourna vers lui, blême de rage.
- « Vous le saviez ! » siffla-t-il « Depuis le début vous saviez que c'était lui qui avait révélé la prophétie et vous ne m'avez rien dit ? »
- « Je ne voulais pas voir ce genre de scène se produire » se justifia le vieux sorcier.
- « Il a faillit nous tuer, Lily, Harry et moi cette nuit là et vous lui faites confiance ! » s'indigna le jeune homme avec véhémence.
- « Severus regrette son geste… »
- « C'est vrai… » souffla alors Rogue qui se redressait un peu « Je ne t'aime pas Potter, je ne t'ai jamais aimé mais je ne voulais pas que le Seigneur des Ténèbres te tue. Je ne pensais pas que les choses iraient si loin, je ne pensais pas qu'il prendrait la menace de cet enfant au sérieux ! Je n'ai fais que mon travail d'espion en lui révélant ce que j'avais entendu cette nuit là ! Je ne pensais pas que… »
- « Tu ne pensais pas à quoi Rogue ? » s'écria James « Tu ne pensais pas que Tu-Sais-Qui en découvrant que sa seule menace était un bébé ne chercherait pas à le tuer ?! Tu ne pensais pas qu'il n'hésiterais pas une seule seconde à tuer mon fils ? »
- « Tout le monde pensait que vous étiez bien caché ! » lui rétorqua Rogue « Ce n'est pas ma faute si Black et Pettigrow ont échangé leur… »
- « TAIS TOI ! » hurla Sirius en brandissant sa baguette dans sa direction « Ne parles pas de ça ! »
James fixa un moment son ami et une nouvelle fois, toute la culpabilité que ce dernier éprouvait pour ne pas être devenu Gardien du Secret cette nuit là se lu sur son visage. Sa colère contre le Serpentard redoubla.
- « Je me demande ce qui me retient de te tuer… » siffla-t-il entre ses dents en le menaçant de sa baguette.
- « Moi ! » déclara la voix forte du professeur Dumbledore.
James se tourna vers lui.
- « Tout ce qui arrive est de sa faute ! » s'exclama-t-il « S'il n'avait pas répété cette prophétie à Vous-Savez-Qui, Il n'aurait pas cherché deux enfants innocents et nous n'en serions pas là ! »
- « Mais nous n'aurions peut être jamais pu avoir une chance de le battre ! » rétorqua le vieux sorcier.
- « Comment pouvez-vous lui faire confiance ? » demanda-t-il alors avec dégoût.
Le professeur Dumbledore le fixa un moment, ses épaules s'affaissèrent.
- « Severus, Sirius… Laissez nous seuls un moment s'il vous plait » demanda-t-il d'un air las.
Pendant un court instant personne ne réagit, puis Rogue avança en direction de la sortie, évitant soigneusement de passer trop près de James qui ne cessait de lui lancer un regard incendiaire. Sirius l'imita et bientôt, il ne resta plus que le jeune homme et le professeur Dumbledore dans la pièce.
- « Comment avez-vous pu le garder dans l'Ordre du Phoenix alors qu'il nous avait vendu à son Maître ? » demanda James d'une voix grave. « Comment avez-vous pu me demander de le considérer comme un allié alors que c'est lui en premier qui a faillit nous faire tuer, moi et les miens ? »
- « Severus regrette son geste, sincèrement. Votre animosité mutuelle ne l'a pas empêcher de réaliser à quel point ce qu'il avait fait avait eu de désastreuses conséquences. Il s'en voulait et désirait changer de camp. Je ne peux refuser parmi nous une bonne volonté comme la sienne »
- « Nous aurions pu mourir cette nuit là ! »
- « Je le sais tout aussi parfaitement que toi, mais depuis, Severus a, à de nombreuses reprises, prouvé qu'il méritait largement sa place parmi nous »
- « Comme la fois où il a tenté de vous tuer ? » demanda James d'une voix mauvaise.
- « Tu t'égards James… » souffla Dumbledore « Et une fois encore, Severus a regretté son geste… »
- « Il passe beaucoup de temps à regretter ses gestes ! Il ferait mieux de ne pas les faire ! » cracha James.
- « Je comprends ta colère » lui assura le professeur Dumbledore. « Elle est tout à fait légitime, mais elle t'aveugle. L'heure n'est plus aux différents, il faut maintenant agir ensemble si nous voulons voir le bout de cette guerre »
- « Jamais plus je ne pourrais travailler avec lui ! Je n'avais jamais eu vraiment confiance et je viens enfin d'avoir la confirmation que j'avais raison ! » décréta le jeune homme.
- « James… »
- « Non, professeur, écoutez moi ! Ce n'est plus n'importe qu'elle mission que nous mettons en place maintenant, mais bel et bien celle qui marquera la fin de ce conflit qui dure depuis trop longtemps. Et ce n'est pas n'importe qu'elle mission parce que cette fois, la réussite dépend de mon fils ! Vous comprenez ça ?! De mon enfant, de ma chair, de Harry que j'aime plus que ma propre vie ! Alors ne me demandez pas de faire équipe avec celui qui nous a trahi depuis le départ ! Je ne veux pas que Rogue participe à la Bataille Finale »
- « Nous n'aurons pas le choix James ! Nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas faire participer tous ceux qui sont prêt à se battre »
- « Dans ce cas, je refuse qu'Harry y soit mêlé ! Débrouillez vous autrement ! » lança James.
Dumbledore soupira.
- « Tu sais très bien que tu n'as pas le droit de poser cet ultimatum… »
- « Vous n'avez pas le droit de faire approcher ce traite de mon fils ! » rétorqua James.
- « Severus n'est pas… »
- « Severus est un traître ! » l'interrompit le jeune homme sèchement.
Exaspéré de voir son ancien directeur prendre avec autant d'acharnement la défense de Rogue, James haussa le ton
- « Severus est et sera toujours un traître. Seulement, vous refusez d'ouvrir les yeux. Vous refusez de voir la réalité en face. D'admettre les choses les plus évidentes. Votre obstination à voir le bien partout autour de vous, vous rend aveugle ! »
- « Severus ne fera aucun mal à ton fils » fit le vieil homme d'une voix calme. « Il sait tout aussi bien que nous que Harry est un élément important… »
- « Un élément important ! » répéta James. « Vous parlez de mon fils comme s'il s'agissait d'un pion ! »
- « James… »
- « Avec tout le respect que je vous dois professeur » l'arrêta ce dernier d'une voix glaciale « sachez que Harry n'est pas un vulgaire pion qu'on déplace à volonté sur échiquier bon sang ! C'est de mon fils dont vous parlez ! MON FILS ! »
- « Je sais ! »
- « Non, vous ne savez pas ! » explosa James, incapable de se contenir davantage. « Vous ne pouvez pas comprendre ce que je ressens parce que vous n'êtes pas à ma place. Vous voulez savoir ce que je ressens professeur ? Du dégoût, du mépris envers moi même. L'idée de savoir que je laisse mon propre petit garçon être mêlé à cette guerre me donne la nausée. Un bon père ne prendrait pas le risque d'envoyer son fils vers une mort certaine. Un bon père prendrait son fils et partirait loin. Très loin de cette guerre pour être certain que rien ne lui arrivera. Il penserait d'abord à sa famille, à leur protection ! »
- « Nous faisons tout pour qu'il ne lui arrive rien… » murmura Dumbledore
- « Non ! Pas en faisant confiance à des gens comme Rogue ! »
James sentit alors sa voix mourir dans sa gorge et ses yeux le brûler. Brusquement, il se retourna et ferma les yeux violemment. Il sentit alors des larmes se former aux coins de ses yeux et il serra les poings. Il s'était pourtant promis qu'il serait fort et qu'il ne craquerait pas…
- « James… » souffla Dumbledore.
- « Non ! Professeur ne dites rien ! » demanda James en essayant le plus possible de contenir les tremblements de sa voix.
- « Je comprends que ce soit dur pour toi… »
- « Vraiment ?! » cria le jeune homme en se tournant vers lui « Vous comprenez ce que ça me fait de savoir qu'une fois de plus quelqu'un en qui on m'a demandé d'avoir confiance m'a trahi ! Je n'en peux plus de tout ça ! Après Peter, vous me demandez de faire confiance à Rogue ! Par Merlin c'est au dessus de mes forces ! J'en ai assez de devoir faire croire à tout le monde que j'arrive à gérer tout ça ! Je ne peux pas ! »
Il était maintenant indifférent aux larmes qui coulaient sur ses joues, il se fichait maintenant de montrer qu'il n'était pas aussi fort que ce qu'il laissait paraître. Cette histoire le détruisait lentement mais sûrement. Il mourrait d'angoisse pour son fils et il ne pouvait, en cet instant, plus le cacher…
- « Je refuse que Rogue sache ce que vous comptez faire. Je refuse qu'il sache que l'on prélève de la magie à Harry et je refuse qu'il s'approche de moi ou de ma famille » lança-t-il d'un ton froid tout en essuyant ses joues du revers de la main. « Il ne doit rien savoir de plus que n'importe quel autre membre de l'Ordre qui ne serait là que pour se battre. C'est à cette condition que j'accepte qu'il participe à la Bataille.»
Le professeur Dumbledore hocha la tête et lui tendit la main. James la serra, scellant ainsi la promesse du professeur de laisser Rogue en dehors de tout cela autant que possible.
- « Je ne lui ferais jamais confiance… Sur un champ de bataille, le moindre geste équivoque et je n'hésiterais pas à lui lancer des sorts » prévint tout de même James.
- « J'en suis conscient » répondit le professeur d'une voix lasse.
James lui lâcha alors la main et sans ajouter un mot, il quitta le bureau. Il retrouva Sirius, visiblement très en colère qui fixait Rogue d'un air mauvais. Le jeune homme se tenait un peu plus loin, lui aussi en colère, mais il savait que contre eux deux, il n'aurait pas le dessus. Les trois hommes se fixèrent un moment et sans dire un mot, James suivit de son ami quittèrent l'Ordre du Phoenix, les pensées confuses et très en colère.
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- « Harry ! Ça suffit maintenant ! Mets tes sandales et on y va ! » lança Lily en terminant de rhabiller Jack qui la regardait en hochant la tête.
Lily se mit à sourire et fit un baiser d'esquimau à son petit garçon qui éclata de rire.
- « Ton frère va nous mettre en retard » souffla la jeune femme en mettant son fils assis sur la table à langer « Mais apparemment, ça ne lui pose pas de problème… »
Elle prit le petit garçon à son cou et sortit de la salle de bain.
- « Harry ? » appela-t-elle « Tu as mis tes chaussures ? »
- « Nan ! Je sais pas elles sont où ! » cria le petit garçon depuis sa chambre.
- « James ! Tu peux t'en occuper s'il te plait ? » lança-t-elle en entamant la descente des escaliers.
- « C'est comme si c'était fait ! » lui assura le jeune homme en montant à son tour les marches.
Ils échangèrent un petit sourire en se croisant et chacun poursuivit sa route. Lily arriva dans le salon et alla déposer son fils dans le parc à bébé où se trouvait déjà sa grande sœur. La jeune femme s'accroupit et les regarda à travers les barreaux.
- « Je vous confie Papa » commença-t-elle « Surveillez le bien, d'accord ? »
Syrielle se mit à sourire largement et frappa dans ses mains.
- « Oui ! »
- « Très bien… A toute à l'heure mes trésors » souffla-t-elle en se relevant.
La jeune femme alla ensuite se poster devant l'escalier. Quelques minutes plus tard, elle vit James revenir, Harry installé sur ses épaules, fin prêt à partir et visiblement très content. James le souleva alors et le posa sur le sol. Lily lui tendit la main et le petit garçon la saisit. La jeune femme leva alors la tête vers son mari qui la fixait d'un air grave.
- « Je viens te remplacer dans trois heures, ça ira ? » demanda-t-il.
- « Oui » se contenta de répondre la jeune femme.
James s'approcha d'elle et l'embrassa tendrement.
- « Ça va aller mon cœur ! » souffla-t-il avec conviction « On fait tout ça pour que ça aille ! »
- « Je sais »
Lily esquissa alors un faible sourire. James s'accroupit devant son fils et posa ses mains sur ses épaules.
- « Tu seras bien sage avec Maman, hein ? »
- « Oui »
- « Tu restes avec elle et dans un petit moment, c'est moi qui viendrais et tu me raconteras tout ce que j'ai manqué, tu es d'accord ? »
- « Ouais ! »
James se releva alors en souriant.
- « A toute à l'heure alors…. » lança-t-il à Lily.
La jeune femme hocha la tête, serra un peu plus la main de son fils dans la sienne et l'entraîna à l'extérieur de la maison. Là, elle le serra un peu plus contre elle et après l'avoir prévenu, elle transplana avec lui. Ils arrivèrent directement devant Ste Mangouste. Le professeur Dumbledore avait réussit à obtenir, grâce à une de ses connaissances médicomages qui leur avait prescrit, une ordonnance de complaisance. Harry était sensé être très gêné par des crises de magie intense. Le médicomage avait alors demandé à ce que le petit garçon suive un traitement qui consistait à lui retirer une partie de sa magie. Ses pouvoirs ainsi récoltés seraient transmis au professeur Dumbledore qui les conserverait à l'abri. Lily ne savait pas ce qu'il comptait en faire, il n'avait rien voulu dire pour le moment. Mais la jeune femme lui faisait entièrement confiance. Elle savait qu'il prenait les intérêts de Harry très à cœur.
Debout devant Ste Mangouste, elle sentit pourtant son cœur se serrer. Elle aurait tant voulu que Harry soit un petit garçon comme les autres… Elle sentit alors son fils s'accrocher à sa jambe. Il avait l'air d'avoir un peu peur.
- « Ça va aller Harry… » murmura-t-elle.
Elle lui sourit et le petit garçon se détendit un peu. Elle l'entraîna à l'intérieur de l'établissement et se dirigea immédiatement dans le service de pédiatrie. Elle trouva sans problème la salle commune des guérisseuses et frappa quelques coups. Une jeune femme, au visage aimable viens lui ouvrir.
- « Bonjour madame ! » lança-t-elle d'un air avenant.
- « Bonjour. Je suis Mrs Potter et j'ai rendez vous aujourd'hui pour Harry » expliqua-t-elle en souriant.
La jeune femme consulta un dossier qu'elle avait dans sa main et se mit à sourire.
- « Oui ! Je te vois ici ! » lança-t-elle en souriant au petit garçon « Bonjour Harry ! Ça va ? »
- « Oui » répondit le petit garçon d'une toute petite voix.
- « Oh ! Tu m'as l'air un peu inquiet mon grand ! » lança la jeune femme « Il ne faut pas te faire de soucis ! On est très gentil ici, tu verras. Je m'appelle Janet, et c'est moi qui vais m'occuper de toi. Tu es d'accord ? »
Le petit garçon hocha la tête en souriant. La guérisseuse s'adressa alors à Lily.
- « Je vais vous conduire à sa chambre, suivez moi je vous prie »
La jeune femme lui adressa un franc sourire et la suivit à travers les couloir jusqu'à une petite chambre dont les murs étaient décorés de posters pour enfants. L'endroit était accueillant et chaleureux, bien moins austère que les habituelles chambres de l'hôpital.
- « C'est ici qu'on va s'installer Harry » annonça gentiment Janet « Tu veux bien enlever ton T-shirt et tes chaussures s'il te plait ? »
Le petit garçon lâcha la main de sa maman et s'éloigna un peu plus loin pour se déshabiller.
- « Bon, Mrs Potter » commença la guérisseuse avec toujours son sourire aimable « Le prélèvement va durer six heures. Il y aura une pause d'une demi heure au milieu pour qu'il puisse se dégourdir un peu les jambes. C'est très long, surtout pour un enfant de cet âge, alors des livres et des jeux sont à votre disposition. N'hésitez pas à vous servir ! »
- « Merci beaucoup… »
- « Vous resterez tout le temps avec lui ? »
- « Non, mon mari viendra me remplacer dans trois heures » répondit Lily
- « Mais Harry ne sera jamais seul ici ? »
- « Non »
- « Parfait… Si ça avait été le cas, nous nous serions arrangées dans nos tours de garde pour venir le voir assez souvent »
- « C'est gentil… »
- « Ça fait partie de notre travail ! » assura Janet en souriant.
- « Ça y est ! » s'exclama alors Harry.
Les deux jeunes femmes se tournèrent vers lui. Torse nu, le petit garçon attendait devant le grand lit blanc.
- « Tu crois que tu es capable de monter là-dessus tout seul ? » demanda Janet.
Harry se tourna vers le lit et le regarda un moment.
- « Oui ! » s'exclama-t-il
- « Et bien vas-y dans ce cas ! » l'invita la jeune femme en s'approchant du lit.
Lily l'imita et s'installa dans le fauteuil placé juste à côté. Harry fut bientôt allongé sur le lit. Il avait maintenant perdu son sourire et était redevenu inquiet. Lily se rapprocha de lui et posa sa main sur son bras qu'elle caressa doucement. Il se tourna vers elle.
- « Je suis là chéri… » souffla la jeune femme.
- « Harry… » appela soudain Janet d'une voix douce.
Le petit garçon tourna la tête vers elle.
- « Écoute moi bien s'il te plait… Tu vois ce tuyau ? Je vais devoir le relier à ton bras. C'est par là qu'on va t'enlever ta magie en trop, d'accord ? Ça va peut être te piquer un peu, mais je suis sûre que tu es un petit garçon très courageux. Tout ira bien. Et puis ta maman est là… »
Harry hocha la tête.
- « Tu vas la regarder, et moi je vais te brancher tout ça… Si tu as trop mal, tu me le dis et j'arrêterais tout de suite, c'est d'accord ? »
Le petit garçon hocha la tête et se tourna vers Lily.
- « C'est très bien mon amour… » murmura la jeune femme en caressant les cheveux de son fils.
- « Ça fait mal ! » s'exclama-t-il alors.
- « Harry ! » souffla Janet « Je n'ai même pas encore commencé ! »
Lily se mit à sourire et se pencha pour poser un baiser sur sa joue. Harry ferma les yeux très fort, mais ne prononça plus un mot.
- « Voilà ! C'est fini ! » s'exclama la guérisseuse « Tu as eu mal ? »
- « Un peu… »
- « Mais tu as été très courageux ! Quand je reviendrais te voir, je t'apporterais une chocogrenouille. Tu aimes ça ? »
- « Oui ! »
- « C'est parfait ! Bon, je vais vous laisser Mrs Potter. Si jamais vous avez le moindre problème, n'hésitez surtout pas à appeler une des guérisseuses »
- « Merci beaucoup, au revoir… »
- « Au revoir »
Lily la regarda quitter la pièce avant de se retourner vers Harry.
- « Je suis très fière de toi » lança-t-elle à son fils en caressant ses cheveux. « Ça va être très long tu sais, mais on est obligé de le faire… »
- « Je suis malade ? » demanda le petit garçon d'une toute petite voix.
Lily fut d'abord très surprise, mais se reprit vite et s'approcha un peu plus de lui.
- « Non, mon cœur, tu n'es pas malade… » lui répondit-elle
- « Bah pourquoi je suis là alors ? »
La jeune femme lui sourit et caressa doucement son petit bras à la peau si douce. James et elle lui avaient déjà parlé, mais le petit garçon n'avait pas tout compris.
- « On a besoin de ta magie Harry. C'est très important, il faut qu'on récupère tes pouvoirs » expliqua la jeune femme.
- « Mais j'en ai plus alors ? »
- « Si trésor… On ne t'enlève pas tout. Il t'en restera un peu, tu seras fatigué mais après une bonne nuit, tu seras à nouveau en pleine forme, tu verras… »
- « T'es sûre ? »
- « Certaine ! Tu verras que demain tu courras partout comme un lapin avec Papa ! »
- « Ce sera fini ? »
- « Pas tout à fait… Tu seras obligé de revenir ici encore deux fois »
- « Oh ! » grogna le petit garçon
- « Je sais que ce n'est pas drôle. » murmura Lily « Mais je sais que tu es courageux et gentil… »
Le petit garçon soupira.
- « Je t'aime mon trésor » souffla la jeune femme « Je t'aime très fort ! »
- « Moi aussi… » répondit le petit garçon.
Lily se mit à sourire et l'embrassa une nouvelle fois.
- « Tu as envie que je te lise une histoire ? » proposa la jeune femme.
- « Oui ! »
- « Je vais chercher un livre et je reviens, d'accord ? »
Harry hocha la tête. Lily se leva alors et quitta la pièce. Elle revint un peu plus tard avec un livre qui racontait l'histoire d'un lapin dans une forêt enchantée. Le prélèvement de magie était éprouvant pour Harry. Lily lui raconta trois histoires avant qu'il se lasse et ne devienne bougon. Lily tenta de l'occuper mais sans y parvenir. Le petit garçon s'endormit. La jeune femme pu se reposer un petit peu. Elle s'installa dans le fauteuil et le regarda dormir. Il était si jeune, si innocent, si fragile ainsi… Elle regarda un peu la poche dans laquelle le fluide magique de son fils s'écoulait doucement. De fines gouttes irisées tombaient les unes après les autres avec une régularité parfaite. Quelques coups frappés à la porte la firent sursauter. Elle se retourna et aperçut le professeur Dumbledore dans l'embrasure de la porte. La jeune femme se leva et alla le rejoindre.
- « Bonjour professeur » murmura la jeune femme.
- « Bonjour Lily, je viens prendre des nouvelles… »
- « Il dort, le pauvre, ça l'épuise » répondit Lily.
- « Je ne vais pas le déranger alors. J'étais venu lui apporter ceci… » souffla-t-il en lui tendant un petit panier rempli de confiseries.
- « Merci c'est très gentil ! » le remercia la jeune femme « Je le lui donnerais quand il se réveillera »
- « Très bien »
Lily lui prit le panier des mains et lui adressa un sourire.
- « Et toi, comment te sens-tu ? » demanda Dumbledore.
- « Je tiens le choc si c'est ce que vous voulez savoir » lui répondit-elle.
- « Je sais que c'est quelque chose de bouleversant. Tu aurais parfaitement le droit d'être perdue »
- « Non professeur, et vous le savez très bien. Il faut que je sois avec Harry, il faut que je le soutienne, il faut qu'il sente que nous serons toujours avec lui »
- « Tu fais preuve d'une grande sagesse et d'un grand courage. James aussi bien sûr… » lança Dumbledore.
Lily haussa les épaules et se tourna vers son fils qui dormait toujours.
- « Je crois que je l'ai toujours su » murmura-t-elle au bout d'un moment.
- « Quoi donc ? » demanda le professeur
- « Que se serait Harry l'enfant de la prophétie… » répondit Lily « Je l'ai toujours su au fond de moi, mais j'ai vraiment espéré très fort que je me trompais… »
- « C'est tout à fait normal » lança Dumbledore
- « Mais Harry a toujours été destiné à faire de grandes choses, je le sentais bien… Et James aussi. Nous en avons discuté, et lui aussi avait l'impression d'avoir toujours su que notre fils serait celui sur qui tous les espoirs reposeraient… »
Le professeur Dumbledore posa sa main sur l'épaule de la jeune femme.
- « Lily, j'ai une question à te poser »
- « Oui ? »
- « As-tu désactivé la protection que tu avais jeté à Harry lors de l'attaque de Godric's Hollow ? »
- « Non » répondit la jeune femme « James me l'a demandé mais je lui ai tenu tête. Cette protection est sans doute efficace et je ne veux pas priver Harry de cela »
- « Je comprends et cela va nous être utile. » lui annonça-t-il « Mais nous allons le modifier ! »
- « Comment cela ? » demanda la jeune femme.
- « Je ne pense pas qu'il soit utile que tu meures pour sauver ton fils. Le sortilège peut être modifié… »
- « Je suis prête à me sacrifier pour Harry ! »
- « Je sais… Mais tu es mère de deux autres enfants. Syrielle et Jack auront besoin de leur mère. Si nous pouvons sauver Harry sans te tuer, ce serait beaucoup mieux pour tout le monde ! »
Lily hocha la tête d'un air grave. Tout était si compliqué...
- « Ne t'en fais pas Lily, nous y arriverons ! » souffla Dumbledore « Je te jure que nous y arriverons ! »
La jeune femme hocha la tête et se tourna vers son fils qui dormait toujours. Elle voulait vraiment croire à leur succès.
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- « Alors, comment ça se passe ces séances à l'hôpital ? » demanda Remus tandis qu'il s'effaçait pour laisser entrer Lily dans le hall de la gare de King Cross.
- « Ça peut aller » répondit la jeune femme « Il en refait une nouvelle la semaine prochaine. La première ne s'est pas trop mal passé, mais six heures c'est très long, surtout pour un petit garçon de cet âge »
- « Tu m'étonnes ! » lança le jeune homme « Je ne suis pas sûr que je pourrais moi, rester six heures allongé dans un lit alors que je suis en pleine forme… »
Lily haussa les épaules et hocha la tête. D'un bon pas, tous les deux arpentaient la gare en direction du quai qui se trouvait entre la voix neuf et la voix dix.
- « Ça le fatigue beaucoup. Le soir du premier prélèvement, il ne pouvait presque plus marcher. James l'a porté jusqu'à la maison et il a dormit d'une traite. Le lendemain, il était encore très affaibli à tel point que je me suis demandée s'il ne fallait pas qu'on le ramène à l'hôpital, mais le médicomage que j'ai eu par cheminée m'a assuré que c'était tout à fait normal. Hier ça allait mieux et ce matin il était en pleine forme. »
- « Tu ne penses pas qu'on lui enlève trop de magie d'un coup ? » demanda le jeune homme.
- « Je ne pense pas. Le personnel est très qualifié… Et puis se faire prélever de la magie, ce n'est pas rien, c'est normal qu'il soit épuisé »
Remus hocha la tête et ralentit la cadence. Il s'approchait du mur magique qui séparait le monde moldu du quai 9 ¾ . Lily l'imita et tous les deux regardèrent autour d'eux. Il était à peine dix heure, mais il y avait déjà pas mal de monde s'activant sur les quais. Nous étions le 1er septembre, et c'était la rentrée pour tout de monde. Les voyageurs moldus ne semblaient pas faire attention à eux, Remus et Lily attendirent tout de même que le chef de gare se soit éloigné avant d'envisager de franchir la barrière magique.
- « Les femmes d'abord… » souffla le jeune homme en souriant.
Lily lui rendit son sourire et machinalement, elle s'appuya contre le mur de brique et ne tarda pas à disparaître. Remus attendit quelques secondes et après s'être une nouvelles fois assuré que personne ne faisait attention à lui, il franchit à son tour le mur de brique.
Le quai de King Cross était pareil à son souvenir. Il retrouva tout ce qui avait fait des 1er septembre de sa vie, des moments agréables. L'odeur, le panache de fumée de la locomotive qui pour le moment se résumait à un maigre filet blanc, la couleur rouge vif des wagons… Cet endroit ne changeait pas et c'était rassurant.
- « Ça me fait bizarre de revenir ici » souffla Lily qui s'était approchée de lui.
- « A moi aussi ! » confia Remus
- « Je ne pensais pas revenir ici avant les onze ans de Harry » avoua la jeune femme « Tu te souviens de tout ce qu'on a vécu ici ? Tu te souviens de la première fois que tes parents t'ont laissé ici ? Moi j'étais morte de trouille ! Je me demandais toujours si le hibou que j'avais reçu n'était pas une mauvaise blague, c'était tellement irréel ! »
- « Moi aussi j'avais la trouille » se souvint Remus « J'étais excité à l'idée d'aller dans une vraie école, mon père avait passé l'été à correspondre avec le professeur Dumbledore pour aménager mon arrivée, mais j'étais convaincu que mon secret ne tarderait pas à être découvert et qu'on me forcerait à rentrer chez moi. En tout cas j'étais persuadé que je n'aurais jamais d'amis… »
Lily se mit à sourire.
- « Et pourtant les Maraudeurs sont nés… » souffla-t-elle
- « Oui ! Dans un des wagons du Poudlard Express… enfin les prémices d'une amitié vieille de douze ans… »
- « Tu te rappelles du dernier retour à la fin de notre septième année ? » demanda Lily
- « Celui que tu as passé à pleurer sur les genoux de James parce que tu étais nostalgique de quitter l'école ? » la taquina Remus.
- « Ne me dis pas que ça ne te faisait rien de partir ? On y avait passé sept ans et on avait vécu de très belles choses là bas ! »
- « Si, ça me rendait triste ! Mais l'air déboussolé de James qui n'arrivait pas à te consoler valait juste son pesant de chocogrenouilles, je te le promets ! »
Lily se mit à rire doucement.
- « Je me souviens aussi… » continua Remus « De la fois où tu refusais de monter à bord du Poudlard Express parce que James t'attendait à l'intérieur ! C'était au début de la cinquième année… »
- « Il était impossible ! C'est toi qui l'as ligoté le temps que je puisse monter ! J'avais faillit rater le train ! » lança Lily d'un air amusé.
La jeune femme se tourna alors vers le train écarlate et se mit à soupirer.
- « Il s'en est passé des choses ici… » murmura-t-elle
Remus hocha la tête et tous les deux se perdirent un moment dans leurs souvenirs respectifs. Au bout d'un moment, le jeune homme se mit à réagir.
- « N'oublions pas que nous sommes ici en mission pour Dumbledore, Lily ! Les autres sont peut être déjà arrivés, on devrait les chercher »
- « Tu as raison » souffla la jeune femme et tous les deux se mirent à arpenter le quai de la gare à la recherche de leur compagnons de mission.
En ce jour de rentrée scolaire, le professeur Dumbledore avait craint des attentats mangemorts sur le quai 9 ¾ où se trouverait se jour là un très grands nombres de sorciers. Et comme le Ministère avait refusé de lui rendre son poste et qu'il n'avait pas pu organiser un service de sécurité officiel, il avait eu recours aux membres de l'Ordre. C'est ainsi que Lily, une dizaine de lycanthropes et lui-même se retrouvaient chargés de vérifier que le départ des étudiants pour Poudlard se déroulait dans de bonnes conditions. Ils ne mirent pas longtemps à retrouver Debae parmi la foule grandissante de voyageurs qui arrivaient. La jeune femme leur fit de grands signes pour se signaler et les deux amis la rejoignirent.
- « Bonjour Lily ! » s'exclama Debae avant de poser un baiser sur chacune de ses joues. « Ça fait longtemps que je ne t'avais pas vu ! »
- « C'est vrai » répondit la jeune femme « Je suis contente de te voir »
- « Moi aussi ! Et toi Remus ? Comment vas-tu ? »
- « Très bien ! Merci ! Toi tu as l'air en pleine forme ! » répondit le jeune homme en souriant.
- « Oui c'est vrai ! » s'exclama la jeune femme .
Remus la regarda plus attentivement. Ses joues avaient pris une jolie teinte rosée qui lui donnait meilleure mine, elle avait vraiment l'air épanouie et cela fit plaisir au jeune homme. Debae était une jeune femme remarquable et une amie qui lui était très chère. Il était ravi de la voir si heureuse. Il ne pu s'empêcher de la taquiner un peu.
- « C'est Zac qui te rends si heureuse ? » demanda-t-il d'un air malicieux
- « Oh ! Remus ! » s'exclama la jeune femme d'un air gêné
- « Il n'y a pas de mal à ce que ton petit ami te rende aussi joyeuse ! »
- « Je n'ai pas l'intention de te dire ce qui peut me rendre joyeuse ou pas ! Tu as eu ta chance et tu n'as pas su la saisir ! C'est bien fait pour toi ! » lui rétorqua la jeune femme.
Remus resta un moment abasourdi. Elle lui en voulait encore de ne pas avoir accepter ses avances ? Il avait pourtant toujours cru le contraire… Lily et Debae éclatèrent alors de rire et le jeune homme fut encore plus perdu.
- « Tu devrais voir ta tête, Remus ! » lança Lily entre deux éclats de rire.
- « C'est trop drôle ! » ajouta Debae qui essayait de reprendre son souffle « Remets toi, je plaisante ! Je suis amoureuse de Zac, j'ai définitivement tiré un trait sur toi ! »
- « Ça fait plaisir de le savoir ! » marmonna le jeune homme.
- « Tu ne vas tout de même pas te vexer ! » lança Debae en le fixant.
Remus se mit à sourire et lui fit non de la tête.
- « C'est plutôt calme ce matin vous ne trouvez pas ? » demanda alors Lily qui regardait tout autour d'elle.
- « Oui… Mais le train ne part que dans trois quarts d'heure et tu sais très bien que la majorité des étudiants arrivent juste au dernier moment et que là, ça sera la cohue… » répondit Remus.
- « C'est à ce moment là qu'il faudra se montrer très prudent donc… » souffla Debae
- « Effectivement » répondit Lily.
- « Bon, je vais retourner dans mon propre groupe » décréta soudain Debae « Ils vont finir par se demander où je suis passée ! Remus, passe à la maison un de ses jours, ça fait longtemps qu'on n'a pas discuté ! »
- « Je n'y manquerais pas ! » lui assura le jeune homme en la regardant s'éloigner.
- « C'est vraiment une fille super ! » lança Lily
- « Oui »
- « Dommage que ça n'est pas marché entre vous ! » murmura-t-elle
- « Ah non ! Tu ne vas pas recommencer toi ! » s'exclama Remus en s'arrêtant et en la fixant d'un air grave.
- « Ça ne sert à rien de faire les gros yeux avec moi ! » lui répondit Lily « ça fait longtemps que je n'ai plus peur du Grand Méchant Loup ! »
Remus pouffa.
- « Méfie toi ! Je peut être plus méchant qu'il n'y parait ! » grogna-t-il en lui montrant ses dents.
La jeune femme se mit à sourire et se mit sur la pointe des pieds pour lui tapoter la tête.
- « Tout doux… » souffla-t-elle.
- « Tu as de la chance que j'ai décidé d'être gentil » se contenta de répondre le jeune homme.
La jeune femme hocha la tête et tous les deux continuèrent leur route sur le quai de la gare. Plus les minutes passaient, plus l'endroit se remplissait. Les élèves les plus vieux abandonnaient vite leur parents pour aller rejoindre leurs amis. De petits groupes de jeunes qui s'embrassaient, parlaient fort et riaient beaucoup se formaient un peu partout. Les plus jeunes étaient un peu plus hésitant à quitter leur parents mais allaient volontiers à la rencontre de leurs camarades. Les plus petits, quand à eux, étaient terrifiés. Ils ne quittaient pas leurs parents d'une semelle en regardant autour d'eux d'un air émerveillé. On reconnaissait très facilement les parents moldus venus accompagner leurs enfants. Ces derniers essayaient de les faire taire quand ils s'extasiaient trop fort sur les choses magiques qu'ils voyaient mais qui était monnaie courante dans le monde le sorcellerie. Remus vit Lily sourire quand ils passèrent devant une jeune fille qui suppliait son père de ne pas prendre en photo les malles qui se déplaçaient toutes seules dans le wagon des bagages. Sans doute cette scène lui rappelait ce qu'elle avait elle-même vécu avec ses parents. Cette mission était en fait très agréable, bien que teintée de nostalgie. Cela faisait du bien de se retrouver ici. Ils marchaient non loin de l'entrée sur le quai quand une voix de petite fille se fit entendre.
- « LILY ! »
Remus s'arrêta en même temps que son amie et se retourna pour scruter la foule à la recherche de celle qui l'avait appelé. Il ne tarda pas à la voir. Une jeune fille d'environ onze ans approchait d'eux en courant un grand sourire aux lèvres.
- « Nymphadora ! » murmura Lily en souriant à son tour.
- « QUOI ?! » s'exclama Remus.
Le jeune homme n'en revenait pas. Il fixa un peu plus la fillette qui se rapprocher d'eux sans pouvoir y croire. Cela faisait des mois qu'il ne l'avait pas vu… Au mariage de Sirius et Océane si sa mémoire était bonne. C'était presque un an auparavant et il se l'était toujours imaginé comme une enfant. Elle était une vraie demoiselle maintenant, c'était saisissant.
- « Bonjour Lily ! » lança la jeune fille en arrivant enfin devant eux, essoufflée, les joues rouges « Je ne pensais pas te voir ici ! »
- « Moi par contre, je dois avouer que je te cherchais un peu ! » répondit la jeune femme « C'est aujourd'hui le grand jour ! Tu es nerveuse ? »
- « Un peu, mais moins que Papa ! » répondit Nymphadora en souriant.
- « Où est-il d'ailleurs ? » demanda Lily
- « Il a voulu déposer mon sac dans un wagon pour être sûr que je ne l'oublierais pas. Il n'a pas confiance, il pense que je vais l'oublier »
Lily lui adressa un sourire amusé avant de se tourner vers lui.
- « Remus, tu te souviens de Nymphadora ? »
- « Bien sûr ! Mais tu as beaucoup changé depuis la dernière fois que je t'ai vu ! » répondit-il honnêtement
Il fut surpris de la voir rougir et baisser les yeux. Il se tourna vers son amie qui regardait la petite fille avec un sourire énigmatique sur les lèvres que le jeune homme ne parvint pas à déchiffrer. Ted Tonks ne tarda pas à venir les rejoindre, il les salua et le jeune homme constata que Nymphadora n'avait pas mentit. Son père était très nerveux. C'était sans doute la perspective de voir partir sa fille unique si loin de lui, le laissant seul qui le rendait aussi nerveux. Ou peut être tout simplement le fait de se retrouver baigné dans le monde de la sorcellerie.
- « On a bien fait de venir un peu en avance ! Il y a un monde fou ! » lança-t-il en regardant tout autour de lui
- « Et ça ne fera qu'empirer » lui répondit Lily.
- « Andromeda m'avait toujours raconté ce moment comme le plus excitant de l'année scolaire… » souffla Ted en posant tendrement ses mains sur les épaules de sa fille.
- « Tu crois que Maman, de là où elle est, elle est contente que je sois inscrite à Poudlard ? » demanda-t-elle
- « Ta mère aurait très fière de toi chérie » répondit Ted en souriant doucement.
Cette réponse provoqua un sourire éblouissant sur les lèvres de la jeune fille.
- « Je me demande bien dans quelle maison je vais être répartie… » souffla-t-elle
- « Tu n'as pas peur de ce qu'il faut faire pour le savoir ? » la taquina Lily
- « Non ! Papa il m'a dit que c'est un chapeau magique qui décide ! »
- « Je l'ai su par Andromeda » se justifia l'homme comme s'il craignait de s'être trompé.
- « C'est effectivement ça » répondit Remus en souriant « Mais, la coutume veut que l'on fasse croire aux premières années qu'il faut faire quelque chose de terrifiant pour être réparti… Affronter un troll ou passer un test d'entrée par exemple. Les parents les plus indulgents se contentent de ne rien dire du tout… »
- « J'aurais mieux fait de me taire dans ce cas ! Tu aurais tout découvert comme les autres ! » déclara Ted
- « Non c'est mieux ! Je ferais semblant d'avoir peur et je parlerais du troll à tous les nouveaux que je rencontrerais ! » décréta-t-elle visiblement ravie.
Remus se mit à sourire.
- « Bon, nous allons vous laisser » souffla Lily « Bonne rentrée Nymphadora et bon courage Ted ! »
- « Merci ! » répondirent en même temps le père et la fille.
Remus et Lily s'éloignèrent parmi la foule.
- « J'ai pensé qu'il fallait les laisser profiter encore un peu l'un de l'autre… » murmura la jeune femme quand ils furent assez loin pour ne pas être entendu.
- « Tu as eu raison » répondit Remus.
Tous les deux marchèrent encore de longues minutes, assistant aux dernières recommandations des mamans à leurs enfants. Ils sourirent en apercevant au loin Molly Weasley, en pleurs, embrasser Bill et Charly qui faisait sa première rentrée. Arthur se contenta de leur adresser un petit signe de la main. Bientôt, un lourd panache de fumée noire s'éleva dans le ciel juste au dessus de la locomotive. Onze heure était proche… Tous les enfants embrassèrent une dernière fois leurs parents avant de monter dans le train et quelques minutes plus tard, une sonnerie assourdissante se fit entendre et les portes se refermèrent, le train se mit en branle et avança doucement, puis de plus en plus vite, laissant sur le quai de la gare des mères en larmes, des pères émus ou des parents habitués à ce genre de scène qui souriaient avec compréhension aux autres. Le quai se vida peu à peu. Tout s'était bien passé, aucun incident, ni aucun attentat n'était à déploré. Remus s'en réjouissait. Il allait se tourner vers Lily pour lui demander si elle pensait qu'ils pouvaient s'en aller quand il la vit.
Elle se tenait sur le bord de la voix et regardait le Poudlard Express s'éloigner doucement. Elle n'avait pas changé et le cœur jeune homme manqua un battement. La jeune femme se retourna et croisa son regard. A son air surpris, Remus comprit qu'elle ne s'était pas attendue à le rencontrer là. Elle hocha la tête et commença à s'approcher de lui. Le jeune homme posa alors sa main sur l'épaule de Lily qui se tourna vers lui.
- « Écoute, j'ai un truc à faire… Je pars, tu peux rentrer toute seule ? »
- « Bien sûr… Mais Remus, qu'est-ce qui se passe ? Tu as l'air bizarre ! »
- « Je vais bien ! Au revoir Lily ! » souffla le jeune homme en s'éloignant d'elle.
Il avança d'un bon pas vers la jeune femme et avant qu'elle ne dise quoique se soit, il prit la parole.
- « Pas ici ! Viens avec moi… » lança-t-il.
La jeune femme ne broncha pas et le suivit dans un endroit plus reculé de la gare, là où personne ne pourrait les voir. Remus ne savait pas bien ce qu'il faisait, mais il savait qu'il faisait ce qu'il fallait. Il prit une grande inspiration et se tourna vers la jeune femme qui le fixait d'un air grave.
- « Que fais-tu là Kathleen ? » demanda-t-il d'une voix plus rauque qu'il ne l'aurait voulu.
La jeune femme le regarda un moment avant de répondre.
- « Je suis en vacances ici depuis deux semaines, pour voir mes parents… Comme Doly reprenait le travail aujourd'hui, je suis venue lui dire au revoir.. » répondit-elle
- « Ah oui ! Doly ! » cracha Remus méchamment.
- « Elle m'a dit que vos relations étaient toujours tendues… » murmura la jeune femme en baissant les yeux.
- « Un peu tendues ? » s'indigna Remus « Un PEU ? Kat, elle s'est servit de ma lycanthropie pour me faire perdre mon poste ! »
- « Je sais… Je lui ai dit qu'elle n'avait pas été très perspicace. Tu as toujours été un bon professeur… »
- « Elle se moque que je sois ou non un bon professeur ! Elle voulait juste me faire du mal ! » lui rétorqua-t-il.
- « Peut être… » souffla-t-elle
- « Je me suis retrouvé sans rien ! »
- « Il te reste ton entreprise… »
- « Il y a eu un attentat. Jasire n'existe plus ! » lança Remus d'une voix sèche.
- « J'en suis vraiment désolée… Sincèrement… » lui répondit Kathleen.
Remus esquissa un sourire poli et le fixa un moment. Elle était toujours aussi belle, de bons et de moins bons souvenirs avec elle lui revinrent en mémoire.
- « Tu as l'air en forme » murmura-t-il
- « Merci… » souffla-t-elle
- « Le climat de la France te fais du bien ! »
La jeune femme se mit à sourire.
- « Toi aussi tu as l'air en forme… »
Tous les deux se regardèrent un long moment. Depuis leur rupture, ils n'avaient jamais eu vraiment une vraie conversation. Celle-ci était un peu difficile, mais Remus estimait qu'elle était nécessaire.
- « Tu… Tu as quelqu'un dans ta vie ? » demanda soudainement la jeune femme.
Remus sursauta, très surpris.
- « Tu n'es pas obligé de me répondre… » se précipita d'ajouter la jeune femme.
- « Non, je suis seul… » répondit néanmoins le jeune homme.
- « Oh… » souffla la jeune femme.
- « Doly m'a dit que toi en revanche tu étais heureuse et fiancée… » ajouta-t-il d'une voix douloureuse.
- « Ah bon ?! » s'étonna Kat « Mais pourquoi ? Je ne suis pas fiancée… j'ai eu quelques petits amis mais rien de bien sérieux… Elle a dû mal comprendre » murmura-t-elle.
Remus ne préféra pas relever. Il était pourtant très clair pour lui que Dolorès avait parfaitement compris mais prenait un malin plaisir à répandre le mal autour d'elle. Un silence gêné naquit entre eux. Remus ne savait plus quoi lui dire. Il avait tant de fois voulu se retrouver dans cette situation. Dans sa tête, il avait imaginé chacun des mots qu'il allait lui dire, mais maintenant qu'il était confronté à cette situation, il ne savait plus quoi dire.
- « Remus » commença Kathleen après un moment « Je sais que j'ai été dure avec toi, je l'ai réalisé avec le temps »
- « Kat… » souffla Remus.
Il ne comprenait pas bien à quoi cela allait les mener de parler de cela maintenant…
- « Non, écoute moi ! J'étais amoureuse de toi et j'aurais dû pouvoir faire passer ce sentiment avant tout… » souffla-t-elle
- « Arrête, je t'en prie ! » demanda Remus
- « Je sais que tu as souffert et je veux que tu saches que j'en ai souffert aussi… » continua pourtant la jeune femme.
Remus soupira.
- « Tu crois que… entre toi et moi, ça aurait pu marché pour de vrai ? » demanda Kat d'une voix timide.
- « Kat ! » lança Remus
- « Réponds moi… Tu crois qu'entre nous deux… »
- « Kathleen ! » la coupa Remus avant qu'elle aille plus loin « Avant que tu ne dises quoique se soit, écoute moi bien et répond moi : Es-tu capable de dire à ta famille les vraies raisons qui ont fait que nous nous sommes séparés ? Es-tu capables de leur dire qui de nous deux à rejeté l'autre ? Es-tu capable de leur dire que je ne suis pas le méchant dans cette affaire ? »
La jeune femme baissa les yeux.
- « Tu me repousses ? » souffla-t-elle
- « Tu te moques de moi ? » demanda à son tour Remus « Après tout ce que tu m'as fait enduré… C'est toi qui est partie ! J'ai mis un temps fou à t'oublier et toi tu reviens comme si de rien n'était ? Tu ne trouves pas que c'est trop facile ! »
- « Remus… »
Le jeune homme la fixait d'un air grave. Il avait rêvé qu'elle lui dise cela mais maintenant que cela arrivait, il n'en voulait pas, cela lui semblait faux. Elle n'avait pas réussit à refaire sa vie, alors elle revenait vers lui. Cela le blessait presque autant que le reste.
- « Il n'y aura plus jamais de nous deux ? Tu penses que ça ne vaux pas le coup de réessayer ? » demanda la jeune femme.
- « Tais toi Kat ! Je t'en prie tais toi ! » demanda le jeune homme
Il la fixa un moment avant de soupirer.
- « C'est trop tard, Kathleen… » murmura-t-il « Si tu m'avais dit tout cela il y a quelques mois, peut être que j'aurais pu céder… Mais c'est trop tard…J'ai trop souffert pour t'oublier, je ne veux plus souffrir à cause de toi »
La jeune femme le regarda d'un air étonné.
- « Remus… » souffla-t-elle
- « Non, ne dis plus rien ! C'est fini Kat…Définitivement fini ! Et je pense qu'il vaut mieux qu'on ne se revoit plus » déclara-t-il
Kathleen ne répondit rien. Elle lui adressa un sourire triste. Remus lui tourna alors le dos et s'éloigna d'elle. Il dû faire un effort pour ne pas se retourner et quitta King Cross, triste, mais certain d'avoir fait le bon choix.
