Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en général mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

Note : J'ai terminé de rédiger cette histoire en mai 2007. Il n'y a donc dans cette fiction AUCUNE INFORMATION concernant Harry Potter and the Deathly Hallows. Je n'ai fait qu'émettre des suppositions sur ce qui aurait pu se passer. Si par hasard j'avais deviné quelque chose, c'est que je possède un Troisième Œil très efficace !

Par respect pour les lecteurs qui n'ont pas encore eu la chance de lire le tome 7, je vous demande de ne faire AUCUNE ALLUSION au septième tome dans vos reviews… Ne gâchez pas le plaisir de ceux qui ne savent pas lire l'anglais svp !

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre cent quarante neuf : Demain ce sera le grand jour


« Et rien ne sera jamais plus pareil
J'ai vu plus d'horreurs que de merveilles
Les hommes sont devenus fous à lier
Je donnerais tout pour oublier
(…)
Demain ce sera le grand jour
Il faudra faire preuve de bravoure
Pour monter au front en première ligne »
Johnny Halliday ( Marie)

- « Alors je vous préviens tout de suite tous les deux… » menaça Molly en s'accroupissant pour se mettre à la hauteur de ses jumeaux. « Nous sommes dans un hôpital ici alors je ne veux pas vous entendre et je ne veux pas vous voir faire des bêtises, sinon croyez moi, vous allez regretter que j'ai accepté que vous veniez ! Est-ce que c'est bien clair ? »

- « Oui » répondirent Fred et George dans un parfait ensemble, ce qui fit sourire Lily qui terminait d'accrocher la perfusion de Harry à la barre roulante qui lui permettait de se déplacer.

- « Très bien ! » lança Molly en se relevant. « Fred, tu va prendre la main de Syrielle, George, tu prends la main de Ginny ! »

Les petits garçons s'exécutèrent et allèrent chacun chercher la petite fille qu'on leur avait indiqué. Leur mère s'approcha alors d'eux et posa chacune de ses mains sur les têtes de ces fils et les agrippa doucement.

- « Maintenant je suis sûre que vous ne vous sauverez pas ! On peut y aller ! » ajouta-t-elle en direction de Lily.

- « Nous aussi ! » déclara la jeune femme en remettant un peu mieux la perfusion.

Elle regarda Harry tenir précautionneusement la grande tige de fer qui le suivait partout tandis que la jeune femme prenait Jack à son cou. Quand elle se retourna vers son fils aîné, elle se mit à sourire en voyant que le petit Ron était venu le rejoindre et que lui aussi tenait fermement dans sa petite main, la tige de perfusion, bien décidé à faire comme son petit camarade.

- « Puisque nous sommes tous prêts… » déclara la jeune femme en souriant.

Elle se dirigea vers la porte de la chambre d'hôpital qu'on avait attribuée à Harry et l'ouvrit en grand. Elle laissa passer en premier, Molly qui maintenait fermement les têtes de ses jumeaux qui eux même ne lâchaient pas les mains de Syrielle et Ginny. Puis la jeune femme regarda passer son fils et Ron qui avaient un peu de mal à passer tous les deux sans faire tanguer le matériel médical, mais ils se débrouillèrent plutôt bien. Lily ferma la marche après avoir refermé la porte et replacé un peu plus convenablement Jack sur sa hanche. Elle suivit la petite procession dans les couloirs de Ste Mangouste.

Ce jour là, Harry effectuait son dernier prélèvement de magie et Lily n'arrivait pas vraiment à s'en réjouir car cela signifiait que l'affrontement était proche et la jeune redoutait ce moment. Aussi, elle s'efforça de ne pas y penser. Elle avait appris ces derniers temps à vivre au jour le jour et à profiter de l'instant.

Il ne fallut que quelques minutes à la petite troupe pour rejoindre la salle de jeu de l'hôpital. Molly lâcha ses jumeaux et ouvrit la porte. Les enfants s'y engouffrèrent, les uns après les autres visiblement ravis.

- « Ça va leur faire du bien de jouer un peu » murmura Molly quand Lily arriva à sa hauteur.

- « Oh oui » répondit la jeune femme « Je suis contente que tu sois venue, ça fait de la compagnie à Harry… »

- « Si j'avais su que tu avais décidé de venir avec les enfants, je n'aurais amené que Ron… J'ai peur que ça fasse beaucoup de monde maintenant » soupira Molly.

Lily haussa les épaules.

- « J'espère seulement que les murs de cette pièce ont été ensorcelés pour ne pas laisser passer le bruit » se contenta-t-elle de répondre en souriant.

Molly se mit à sourire aussi et les deux femmes entrèrent dans la pièce rejoindre leurs enfants. Lily aperçut alors une petite fille qu'elle ne connaissait pas parmi le nombre de petits rouquins et de petits bruns aux yeux verts. C'était une petite fille d'origine chinoise qu'elle avait déjà vu auparavant. Si sa mémoire était bonne, la petite était la fille d'un médicomage de Ste Mangouste. En plus, James lui avait parlé d'une fillette avec qui Harry avait joué la dernière fois qu'il était venu ici. En plaisantant, le jeune homme avait dit qu'il s'agirait sans doute de leur belle-fille un jour vu l'air totalement amoureux que prenait Harry quand il la regardait. Et maintenant que Lily pouvait le constater de visu, elle était obligée d'admettre que son mari avait raison. Posté dans un coin de la pièce, Harry la dévorait du regard tandis que Ron, toujours accroché à la perfusion, regardait bizarrement dans la même direction que lui, ne comprenant pas bien ce qui pouvait tant fasciner son camarade de jeu. La jeune femme se mit à sourire devant la timidité de Harry. Mais ce n'était pas le trait de caractère dominant chez la petite fille qui abandonna ses jouets pour s'approche de lui. Lily vit son fils devenir rouge pivoine tandis que la fillette lui demandait s'il avait envie de jouer. Elle détourna le regard et alla s'asseoir près de Molly.

- « C'est étrange cette enfant qui joue toute seule ici… » souffla cette dernière

- « Je crois que son père la laisse là quand il travaille » répondit Lily à voix basse.

- « C'est une folie ! » s'indigna Molly « Par les temps qui courent, on ne laisse pas ses enfants seuls sans surveillance ! »

Lily haussa les épaules en soupirant et embrassa la pièce du regard pour voir ce que faisait tout son petit monde. Harry s'était assis avec Ron et la petite fille devant une montagne de cube magique, Fred et George jouaient à se provoquer en duel avec de fausses baguettes tandis que Ginny et Syrielle avait investi à l'autre bout de la pièce, une table basse et le service à dînette. La jeune femme, qui tenait toujours Jack dans ses bras, le posa sur le tapis au sol devant elle. D'un coup de baguette, elle attira vers elle un hochet et quelques peluches qu'elle disposa devant lui.

- « Joue gentiment mon ange… » souffla-t-elle en caressant doucement sa petite tête brune.

Lily se redressa alors et s'aperçut que Molly avait sortit son tricot de son sac.

- « C'est pour l'hivers » expliqua-t-elle « Avec ma tribu, il faut que je m'y prenne tôt… »

Lily hocha la tête en souriant et se mit à observer ses enfants jouer pour s'occuper. Syrielle semblait très absorbée par ce qu'elle faisait, à savoir, remuer une petite cuillère dans une petite poêle en plastique. Cela la fit sourire. Elle se tourna alors en direction de Harry et s'amusa de le voir construire un château en cube de bois. Ron l'aidait avec enthousiaste sous l'œil admiratif de la petite chinoise qui poussait par moment de petit cris aigu. Lily hocha doucement la tête. Harry avait l'air d'être en pleine forme. Il semblait même avoir oublié qu'il subissait un traitement magique. La jeune femme soupira, cela ne durerait pas très longtemps. L'extraction de ses pouvoirs le fatiguait tout de même et d'ici une petite heure, il ne serait plus en état de courir comme il le faisait pour le moment. Mais elle ne voulu pas trop y songer.. A ces pieds, les gazouillements de son fils la tirèrent de ses pensées.

- « Qu'est-ce qui se passe chéri ? » demanda-t-elle en souriant à son bébé qui lui tendit les bras.

Elle l'attrapa et le glissa sur ses genoux. Elle posa un baiser sur son front et réajusta la petite salopette qu'elle lui avait mise.

- « Il est magnifique » lança Molly en souriant.

- « Oui c'est vrai » murmura Lily en caressant le petit duvet brun qui recouvrait la tête de son fils.

- « Et tu as de la chance qu'il soit si calme… »

- « Ça ne durera qu'un temps » répondit la jeune femme en souriant « Harry aussi était un petit bébé très calme… »

La jeune femme se tourna alors en direction de son fils qui poursuivait Fred, ou George, elle ne savait pas vraiment, en brandissant fièrement une baguette en plastique.

- « Au moins tu as eu un moment de répits ! D'aussi loin que je me souvienne, les jumeaux n'ont jamais été sages… Le fait d'être deux les a sans doute motivé pour nous faire tourner en bourrique ! » plaisanta Molly.

- « Ils sont dynamiques, mais ce sont d'adorables petits garçons… » murmura Lily « Ils m'amusent beaucoup, ils sont tellement créatifs… »

- « Oh oui » lança Molly.

A cet instant des éclats de rire les surprirent toutes les deux. Elle se tournèrent dans la direction des rires. C'était la petite chinoise qui était debout devant le château construit par Ron et Harry et tapait dans ses mains d'un air ravi. Les deux petits garçons avaient l'air très fier d'eux et donnaient l'impression de s'être redressés. Visiblement, ils étaient heureux de voir que leur modeste construction ait eu tant de succès. La petite fille s'approcha alors le souriant des deux garçonnets. Elle posa un baiser sur la joue de Ron qui vira immédiatement au rouge pivoine du bout de son menton à la pointe de ses oreilles. Lily entendit Molly rire doucement derrière elle. La petite fille s'approcha alors de Harry qui la regardait avec des yeux de plus en plus ronds. Lily cru vraiment que son fils avait arrêté de respirer quand la petite chinoise posa ses mains sur ses épaules et posa un énorme baiser sur chacune de ses joues. Le petit garçon devint lui aussi très rouge et eu un petite rire bête qui fit soupirer sa maman.

- « A tout âge, les filles obtiennent ce qu'elles veulent des garçons on dirait » souffla Molly en souriant.

- « On dirait oui » répondit Lily en souriant et en se tournant vers elle.

C'est à cet instant que la jeune femme aperçut le visage de la petite Ginny. Elle paraissait folle de rage. Ses joues étaient rouges et sa respiration rapide. La jeune femme était surprise et se demandait bien ce qui pouvait bien la prendre. La petite fille se leva précipitamment, manquant de renverser ses jouets et se dirigea d'un bon pas vers son frère, Harry et la petite Cho. Cette dernière lui tournait le dos alors Ginny lui agrippa une énorme mèche de cheveux qu'elle tira violemment en criant. La tête de la petite chinoise partit en arrière et elle se mit à crier à son tour. Avant que Molly n'ai eut le temps de réagir et de se lever, Cho s'était retournait et griffait la petite Ginny qui lui mordait le bras avec application.

- « Ginevra Weasley ! » s'écria Molly avec colère.

Mais cela ne fit pas cesser la petite rouquine qui continuait à tirer sur les cheveux de la petite Cho, lui en arrachant même une poignée. Molly se précipita vers elle, la prit par la main et la força à lâcher prise. Apeurée, la petite chinoise courut se cacher dans un coin. Lily posa alors Jack qui paraissait trouver tout cela très drôle sur le sol et alla la voir tandis que Molly grondait sévèrement sa fille.

- « On peut savoir ce qui t'a prit jeune fille ! » criait-elle « Mais tu es devenue folle ma parole ! »

- « Ça va aller, c'est fini… » soufflait quand à elle Lily à la petite fille qui pleurait devant elle. « Donne moi ton bras que je regarde un peu tout ça »

Délicatement, elle décolla le petit bras du torse contre lequel Cho le gardait serré et jeta un rapide coup d'œil aux morsures. Les petites dents de Ginny n'avait pas fait le moindre dégât, elles avaient juste laissé une petite marque dans la peau. Lily tira sa baguette de sa poche et la fit passer doucement sur le petit bras qu'elle tenait doucement et fit tout disparaître en quelques secondes.

- « Voilà, c'est fini ! » murmura Lily en souriant.

La jeune femme essuya alors le visage mouillé de la petite fille et lui tapota doucement la tête.

- « Elle va venir s'excuser… » lui souffla-t-elle d'un air confiant.

La jeune femme se redressa au moment où Ginny, en larmes recevait une tape sur la main de la part de ta mère.

- « Vas t'excuser immédiatement ! » gronda Molly en plaçant ses deux mains sur ses hanches.

Ginny s'exécuta mais lança un regard noir à Cho qui la regardait avec méfiance.

- « Pardon » marmonna la rouquine avant de poser à contre cœur un baiser sur la joue de Cho.

La petite chinoise ne répondit rien et se contenta de lui tirer la langue, geste que Ginny imita à son tour. Lily prit alors la main de la petite rouquine et l'éloigna.

- « Elle s'est excusée ? » demanda Molly d'un air sévère.

- « Oui » répondit Lily en lâchant la petite fille.

- « Je ne veux plus te voir faire de si vilaines choses Ginny ! » lança Molly à sa fille « Allez file ! Retourne jouer, je ne veux plus te voir… »

La petite fille baissa les yeux et alla rejoindre Syrielle. Lily jeta un rapide coup d'œil aux garçons qui paraissaient très surpris par ce qui venait de se passer. Molly s'approcha d'elle et soupira.

- « Je ne comprends pas du tout ce qui lui a pris… »

- « C'est très surprenant… »

Les deux femmes haussèrent les épaules et retournèrent s'asseoir. Aucun autre incident ne se déroula et les enfants jouèrent encore longtemps. Pourtant leurs jeux furent bien plus calmes. Même les intrépides jumeaux avaient l'air très impressionnés par la colère de leur petite sœur. Après une heure de jeu, Harry commença à manifester ses premiers signes de fatigues. Il baillait de plus en plus et devenait bougon.

- « Je crois qu'il est largement temps maintenant de retourner dans la chambre » déclara Lily.

- « Nous allons rentré dans ce cas, il n'est pas utile que nous fatiguions Harry encore plus… » s'exclama Molly en rangeant son tricot dans son sac.

Faire ranger les jouets aux enfants et les faire sortir de la salle de jeu ne fut pas une mince affaire, mais finalement, tout ce petit monde parvint à se retrouver sans trop de caprices devant la chambre de Harry. Tandis que Lily remerciait une nouvelle fois Molly d'être venu les voir, les enfants se disaient au revoir également. Lily se tourna vers son fils au moment où la petite Ginny lui agrippa le cou pour l'attirer à elle et poser ses lèvres sur sa joue, bien près des propres lèvres de Harry. Et pour la seconde fois de la journée, le petit garçon se mit à rougir violemment. Lily et Molly échangèrent un regard amusé, tout devenait bien plus clair maintenant, mais ne firent aucun commentaires. Elles récupérèrent chacune leurs enfants et tandis que Molly ramenait sa petite troupe vers la sortie, Lily incita la sienne à entrer dans la chambre. Après avoir posé Jack dans le fauteuil auquel elle jeta un sort pour l'empêcher d'en tomber, elle aida Harry à remonter sur le lit et l'installa confortablement. Le petit garçon avait déjà des cernes violacées sous les yeux. Lily caressa doucement ses cheveux et posa un baiser sur son front.

- « 'Ry malade ? » demanda alors Syrielle en tirant un peu sur la jupe.

Lily se pencha vers elle et se mit à sourire.

- « Non, trésor. Il est juste fatigué… »

- « Câlin ! » demanda alors la petite fille en se mettant sur la pointe des pieds et en tendant les bras en direction de son frère.

En souriant tendrement, Lily aida donc sa fille à ôter ses chaussures et l'allongea près de son grand frère. Il ne fallut que quelques minutes pour que les deux enfants s'endorment blottis l'un contre l'autre. Lily se retrouva donc seule avec Jack qui gazouillait tout seul. Elle le prit sur ses genoux et regarda sans rien dire ses enfants si paisibles, en attendant que James ne vienne prendre la relève pour qu'elle puisse se reposer un peu. Elle savoura donc ce moment de calme avec ses petits amours, car elle savait que désormais de tels moments seraient rares.

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- « Je veux que ce soit bien clair ! » lança Kingsley d'une voix forte en s'adressant à la dizaine d'hommes qui se trouvaient devant lui « Ceci est une perquisition de la plus grande importance ! »

Tous le regardèrent d'un air grave. Lui-même se sentait extrêmement tendu. Le professeur Dumbledore ne lui avait pas caché qu'il trouverait sûrement lors de cette perquisition des objets très importants et peut être même capitaux au Département des Aurors dans la recherche des mangemorts, ce qui n'était pas étonnant si la maison de Severus Rogue n'était en fait que le repère des époux Lestrange. Kingsley se mit à frissonner. Il ne savait pas s'il redoutait ou s'il avait envie de se retrouver face à Bellatrix si par hasard elle se trouvait dans la maison en cet instant. Mais il n'avait de toute façon pas le choix et ses hommes l'attendaient.

Il avait eu du mal à convaincre le Commandant des Aurors de lui confier la responsabilité de cette équipe composé d'aurors et de quelques chercheurs du Département des Mystères. Il était encore jeune et le Commandant hésitait à lui confier autant d'hommes, préférant pour les missions délicates des hommes d'expériences comme Rufus Scrimpgeour. Mais cette fois ci Kingsley avait su se montrer convaincant et surtout… Il n'avait pas laissé voir à quel point cette mission pouvait être importante. Le Commandant avait cru à une banale perquisition comme il s'en faisait tous les jours ces derniers temps et n'avait pas posé plus de questions ce qui avait beaucoup arrangé le jeune auror.

Kingsley savait qu'il y avait beaucoup de travail pour les aurors ces derniers temps. Depuis que le professeur Dumbledore avait publié sa lettre ouverte que l'on pouvait désormais lire tant tous les journaux, la population était intenable. Beaucoup étaient très excité par les propos du professeur et ne doutaient pas de sa réussite. Ils organisaient alors des marches de soutien, des manifestations spontanées se créaient dans les rues et bien souvent, les partisans du Seigneur des Ténèbres venaient s'y mêler, faisant tourner les manifestations en gigantesques batailles où beaucoup de personnes étaient blessées… D'autres en revanche avaient encore plus peur et prenaient Dumbledore pour un fou de s'avancer ainsi. Ils craignaient surtout de dures représailles par la suite. Les aurors avaient beaucoup de mal à maintenir le calme dans la Communauté. Alors cette perquisition, même chez des mangemorts, les changerait de ce qu'était devenu leur routine.

Maintenant, il était là, prêt à lancer la mission. Il prit une grande inspiration et repris son petit discours.

- « Je veux que se soit bien clair. Dès que vous trouvez la moindre petite chose, je veux que vous veniez me voir immédiatement ! Vous ne déplacez rien tant que je ne vous en ai pas donné l'ordre, est-ce que c'est bien clair ? »

Un murmure d'acquiescement traversa la petite assemblée et Kingsley hocha la tête en souriant.

- « Parfait messieurs, dans ce cas nous allons pouvoir y aller ! » déclara-t-il.

Il prit alors la tête de la petite troupe et tous quittèrent le dessous du pont sous lequel ils s'étaient cachés et entamèrent en une longue procession le chemin qui serpentait sur la petite butte qu'était la berge. La pénombre du crépuscule leur assurait un certain camouflage, mais Kingsley savait qu'ils ne devaient pas rester trop longtemps à découvert. Il leur fit alors signe d'avancer un peu plus vite puis d'aller se masser derrière un bosquet un peu plus loin. Une fois que tous ses hommes furent à couvert, il s'avança seul vers la porte d'entrée de la maison et frappa quelques coups forts et secs. Il attendit quelques secondes mais personne ne répondit. Il fit signe à deux de ses hommes de le rejoindre. Il leur demanda de l'accompagner et ensemble ils firent le tour de la maison, scrutant à travers les rideaux si la maison était déserte ou pas. Une fois leur inspection terminée, les trois hommes étaient à peu près certains que personne ne se trouvait à l'intérieur. Kingsley resta un moment songeur avant de prendre sa décision. Dumbledore lui avait bien précisé que cette mission était importante, Rogue n'habitait plus ici… Cette maison n'était donc plus qu'un repère de mangemorts… Tous ses scrupules disparurent d'un seul coup. Il demanda alors à ses hommes d'enfoncer la porte d'entrée. Ils ne se firent pas prier et quelques minutes plus tard, l'auror pu entrer dans la maison. Il fit quelques pas dans l'entrée avant de se retourner vers ses troupes.

- « Et bien messieurs, c'est à vous… » lança-t-il.

Il regarda la dizaine de personnes s'éparpiller dans le rez-de-chaussée. Lui-même se rendit dans le salon et aida ses hommes à faire des recherches. Il ne leur fallut pas longtemps pour constater qu'effectivement cette maison était habitée par des mangemorts. Ils trouvèrent des cagoules de mangemorts dans la penderie de l'entrée ce qui motiva encore plus les aurors et les hommes du Département des Mystères qui mirent deux fois plus de cœur à l'ouvrage. Dans la cuisine, ils trouvèrent une petite porte dérobée qu'ils enfoncèrent sans problèmes. Kingsley passa le premier et tomba sur une sorte de cagibi puis une espèce de laboratoire secret. Le jeune homme appela un des hommes du Département des Mystères.

- « Regardes moi ça ! » lança-t-il en désignant les chaudrons qui se trouvaient dans la pièce.

L'homme du Département des Mystères, un dénommé Emmett Lewis, fit quelques pas dans la pièce et sortant sa baguette de sa poche. Il lança un sort dont l'éclair resta suspendu dans les airs à quelques centimètres du premier chaudron.

- « Un sort de Gel a été lancé ici, pour que les potions ne continuent pas leur évolution pendant l'absence de leur préparateur » souffla-t-il d'une air grave.

- « Je sais ce que c'est qu'un sort de Gel… » grogna Kingsley en arpentant lui aussi la pièce. « Tu serais capable de déterminer quelles sont les potions fabriquées ici ? » demanda-t-il.

- « Pour cela il faudrait que je lève le sortilège… »

- « Et bien fait le ! » lança Kingsley qui s'approchait maintenant d'une étagère dans l'espoir de trouver un mécanisme dévoilant un nouveau passage caché.

- « Ça va prendre un peu de temps… » souffla Emmett.

- « Dans ce cas, je t'envoie un de tes collègues et vous viendrez me prévenir quand vous aurez trouvé quelque chose » déclara Kingsley.

- « Bien Chef ! » lui répondit Emmett en lança un nouveau un sortilège contre les chaudrons qui cette fois se remirent à bouillonner comme il l'aurait fait s'ils avaient été sur le feu depuis de longues heures.

Kingsley retraversa le petit cagibi et la cuisine, passa devant les deux aurors chargés de la surveillance de la maison, pour le cas où ses occupants reviendraient. Le jeune auror fila droit vers un des hommes du Départements des Mystères et lui tapota l'épaule.

- « On t'attend dans un laboratoire secret près de la cuisine ! » lança-t-il à l'homme qui hocha la tête et se rendit là où on le lui demandait.

Voyant que tout le rez-de-chaussée était inspecté, Kingsley décida de se rendre à l'étage. Il avança prudemment dans les escaliers grimaçant lorsque l'une des marches grinçait. Il avait beau savoir qu'aucun des habitants de la demeure n'était présent, il ne pouvait empêcher cette vieille crainte de tomber dans un guet apens d'occuper son esprit. Une fois à l'étage, il prit une grande inspiration et marcha jusqu'au bout du couloir. Il arriva devant la dernière porte qu'il ouvrit doucement et se retrouva dans une chambre petite et miteuse, aux papiers peints moisis par endroits. Il entreprit de fouiller un peu partout. Il ne tarda pas à découvrir qu'il s'agissait de la chambre où vivait Peter Pettigrow. On trouvait pêle-mêle sur la commode des ordres de mission du Seigneur des Ténèbres à son nom. Il eu un petit pincement au cœur en découvrant dans la penderie la cagoule de mangemort du jeune homme. Il se souvenait de ce garçon effacé, un peu timide et gauche qui faisait parti de l'ordre et à qui, lui-même avait appris dans ses début dans la Résistance, à se perfectionner en duel… Si seulement il avait su à ce moment qu'il deviendrait un traître… Kingsley soupira et referma la penderie. Ses collègues se chargeraient de répertorier les pièces à conviction. Lui n'avait pour le moment comme objectif que de trouver le maximum de preuves intéressantes. Il quitta la chambre de Pettigrow et se rendit dans celle qui lui faisait face. Il s'agissait d'une sorte de débarras. Kingsley ne s'y attarda pas, car après avoir jeté un coup d'œil dans les tiroirs des meubles et dans les étagères, le jeune homme se rendit compte que l'endroit ne contenait que de vieux souvenirs appartenants à Severus : des portraits d'une femme – sans doute sa mère- et quelques bibelots qui ne devaient avoir d'importance que pour lui. Les hommes du Département des Mystères s'occuperaient de jeter les sorts nécessaires pour vérifier qu'aucun objet ici ne relevait d'un sort de Magie Noire.

Kingsley poursuit donc sa route. Comme il l'avait fait pour la pièce précédente, il passa vite dans la chambre de Severus. Le jeune auror avait tout de même remarqué que le jeune homme avait pris soin de faire disparaître tout ce qui aurait pu le compromettre. Aucune cagoule de mangemort, aucun ordre du Seigneur des Ténèbres, rien qui puisse faire penser de près ou de loin qu'il avait appartenu un jour au camp du Mage Noir. Kingsley hocha la tête en souriant. Il aurait dû s'y attendre. Severus Rogue n'était pas un Serpentard pour rien. Il était rusé et malin et le jeune auror fut à cet instant persuadé que rien de compromettant sur lui ne serait trouvé dans ce qui était pourtant sa maison, si l'on exceptait bien sûr le fait qu'il y accueillait des mangemorts. Le jeune auror se mit à sourire. Dans le laboratoire du rez-de-chaussée, il ne trouverait donc rien de bien intéressant, enfin rien d'illégal pour le moins. Severus Rogue avait bien préparé sa retraite.

Kingsley quitta donc sa chambre et se rendit dans la pièce suivante. Dès qu'il ouvrit la porte, il su que quelque soit la chose qu'il était sensé trouver ici, c'est dans cet endroit qu'il la découvrirait. Il n'y avait aucun doute possible, cette chambre était celle des époux Lestrange. Le jeune auror se mit à frissonner violemment et ses cheveux se dressèrent sur sa nuque. Il savait que Bellatrix et Rodolphus étaient de redoutables sorciers et entrer ainsi dans leur intimité le mettait vraiment très mal à l'aise. Il avait l'impression de se jeter lui-même dans la fausse aux serpents. Pourtant, prenant son courage à deux mains et une grande inspiration, Kingsley se rendit au centre de la pièce, en prenant grand soin toutefois de ne pas refermer la porte derrière lui au cas où…

Il se trouvait désormais devant un grand lit double recouvert d'une épaisse couverture d'un vert profond. Cette chambre aurait pu ressembler à n'importe qu'elle autre, mais il s'en dégageait un sentiment bizarre que Kingsley ne parvenait pas à décrire. Une sorte de malaise et de gêne qui l'agaçait fortement. Le jeune auror fit le tour du lit et fut très surpris de trouver sur le rebord de la table de chevet un cadre contenant une photo des deux poux le jour de leur noce. Kingsley eut un sursaut. Bien qu'il sache que les deux mangemorts étaient mariés, il ne les avait jamais vraiment vu comme un couple. Chose étonnante, sur la photo, la jeune femme souriait tandis qu'elle s'accrochait au bras de son nouvel époux. Kingsley fut un peu choqué, jamais il n'avait vu la sorcière avec un visage aussi… humain. Cela le troubla et il préféra reposer le cadre. Il entreprit alors de fouiller l'endroit avec minutie. Là encore, il ne fut pas déçu dans ses recherches. Il découvrit, à peine caché sous d'autres documents, leurs ordres de missions, leurs convocations, des doubles de leurs rapports de missions. Le jeune auror pris soin de les manipuler, les mains gantées et de les placer dans des poches transparentes qu'il rangeait avec soin dans sa grande sacoche en cuir. Au fur et à mesure de ses recherches, le jeune auror trouva aussi une liste de villes et de villages dont certains étaient barrés, d'autres pas. Il grimaça en s'apercevant que tous ces villages se trouvaient à proximité de l'endroit où vivaient les familles Potter et Black. Visiblement, la jeune femme était sur le point de trouver l'endroit où vivait son cousin et le petit Potter, il était vraiment temps que tout se termine rapidement. Kingsley trouva aussi sur un vieux morceau de parchemin des informations concernant Sirius et sa famille. La mangemort n'avait pas encore pris connaissance de la naissance de la deuxième fille du couple Black, ni de leur mariage, mais ses quelques notes montraient qu'elle faisait aussi des recherche active à ce sujet. Il grimaça et prit soin de mettre ses informations dans une autre sacoche que celle destinée au Ministère…

Le jeune auror pensait avoir recueillit tout ce qu'il y avait à recueillir dans la maison, une fois le bureau et les commodes fouillées. Il avait en sa possession une série impressionnante de documents attestant formellement de la présence des Lestrange à certains des attentats les plus sanglants qui avaient eu lieu ces derniers mois, celui qui s'était soldé par l'assassinat que petit Cédric Diggory en faisait partit. Il allait quitter la pièce et laisser ses collègues vérifier qu'il n'avait rien oublié, un peu plus tard, quand par acquis de conscience, il se tourna vers la l'armoire qui trônait au fond de la chambre. Le jeune homme la fixa un moment avant de finalement se décider à l'ouvrir.

Au départ, il ne vit rien d'autre que des piles de vêtements soigneusement pliés et rangés, mais par expérience, le jeune homme savait qu'il ne fallait pas s'y fier. Il posa ses sacoches sur le sol et entreprit de vider entièrement le meubles. Alors qu'il enfonçait profondément ses mains à travers les vêtements, il toucha quelque chose de froid et de dur. Surpris, le jeune homme eut un mouvement de recul et fronça les sourcils.

- « Qu'est-ce que c'est encore que ce truc ? » marmonna-t-il avant de replonger ses mains à travers les morceaux d'étoffes.

Curieux, il balaya de son bras la pile de vêtement qui se trouvait devant lui et la fit tomber sur le sol. Mais il ne s'en préoccupa pas car devant lui se trouvait quelque chose qu'il n'aurait jamais osé imaginé trouver. Il tendit la main doucement vers l'objet. Malgré les quelques formations qu'il avait reçut, entre autre grâce à Arthur Weasley, il n'avait toujours pas saisit le fonctionnement de cette étrange chose qui se tenait devant lui. Il la prit tout de même dans ses mains et la fixa avec de grands yeux rond. Il tenait devant lui une arme à feu.
Il se l'était imaginé bien plus grande et bien plus lourde. Il avait un peu de mal à croire qu'une chose aussi petite ait pu commettre autant de dégâts. Lui qui avait été de toutes les missions concernant les attentats causés par ces armes, il savait le pouvoir de destruction de cette chose qu'il tenait entre ses mains et se mit à frissonner. Délicatement, il posa l'arme dans un sac en plastique qu'il referma soigneusement. Il fouilla alors frénétiquement dans l'armoire et en trouva trois autres. Le jeune auror jubilait tandis qu'il les rangeait une à une précautionneusement.

Ils avaient toujours eu raison ! Fol Œil et lui avaient vu juste dès le départ ! Et pourtant au sein du Département des Aurors, personne n'avait voulu les croire. Pire que cela, les rumeurs les plus folles couraient depuis des mois, on soupçonnait des moldus. Des enquêtes avaient été faites de l'autre côté du Chemin de Traverse, sans résultat bien évidemment. Mais le Ministère avait continué à dire que tout ceci était l'œuvre des moldus ! Kingsley se souvenait avoir été sévèrement remis à sa place quand il avait émis l'hypothèse que des mangemorts se servant d'armes moldus auraient pu être dans le coup et pourtant… Pourtant depuis le départ, il soupçonnait Bellatrix et ses soupçons venaient enfin d'être confirmés. Le jeune auror était ravi.

Il fallait qu'il se dépêche de ramener tout cela au Ministère. Il ferait porter les armes à feu dans les laboratoires pour les faire analyser. Il irait voir le Commandant, il lui dirait ce qu'il venait de trouver ! Puis il irait prévenir le professeur Dumbledore pour tout lui raconter. Il était heureux, les moldus seraient à jamais blanchi de ce crime. Et même si cela n'effacerait pas la haine que certains sorciers avaient développé à leur égards, Kingsley espérait qu'une fois cette affaire réglée, les tensions qui existaient entre les deux mondes s'amenuiseraient. Les familles des victimes avaient le droit de savoir que leurs proches n'étaient pas mort de la main de moldus racistes, mais bel et bien de celle de mangemorts bien plus sournois…

Le jeune auror jeta alors un sort au sac en plastique pour les rendre opaques. Il n'avait pas envie que tout le monde apprenne ce qu'il avait découvert. Il quitta la pièce d'un bon pas, bien décidé à laisser la maison sous la surveillance de son auror en second et filer au Ministère de ce pas. Il venait de descendre la dernière marche de l'escalier quand il se fit interpeller par un des chercheurs du Département des Mystères chargé du laboratoire secret.

- « La plupart sont des poisons ou des potions sans intérêt ! » lança le jeune homme sans autres préambule « Mais on a trouvé aussi du polynectar ! »

Kingsley se mit à sourire. Décidément, cette maison regorgeait de surprise.

- « Mets le sur ton rapport ! » lança-t-il distraitement « Moi, il faut que j'aille au Ministère de toute urgence ! »

- « Pas de problème » répondit son collègue du Département des Mystères qui s'en retournait déjà vers le laboratoire secret.

- « Teddy ! » s'exclama Kingsley en passant devant l'auror le plus âgé du groupe « Je te les confie ! Il faut absolument que je parle au Commandant ! Tu pourras gérer tout ça ? »

- « Pas de problème Kingsley ! On a déjà trouvé pas mal de trucs très compromettants pour ceux qui vivaient ici ! Beaucoup de têtes vont tomber ! »

- « Comme tu dis ! » lança Kingsley « Et tant que j'y pense, prenez grand soin de l'étage ! C'est une vraie mine d'or ! »

Teddy hocha la tête et Kingsley quitta la maison sans plus tarder. Il courut plus qu'il ne marcha en direction du petit pont sous lequel il se cacha pour transplaner à l'abri des regards indiscrets. Il arriva immédiatement devant le Ministère dans lequel il s'engouffra rapidement. Sans perdre une seule seconde, car il était pressé de montrer à tous sa découverte. Mais avant tout il se rendit dans son bureau. Là il s'enferma et après avoir trouvé un morceau de parchemin et une plume il écrivit ces quelques mots.

« Armes à feu moldues retrouvées dans la chambre de Bellatrix ! Je promets de faire éclater l'affaire au grand jour, les moldus seront mis hors de cause ! Ça avance, professeur ! »

Il plia soigneusement son parchemin et fit alors apparaître son patronus, lui confia le message et le regarda partir rejoindre le professeur Dumbledore. Une fois que la forme argentée eut disparut, le jeune auror quitta son bureau et parcourut les nombreux couloirs qui le séparaient du bureau du Commandant. Il savait que l'homme n'aimait pas être dérangé et qu'il était extrêmement risqué de le voir sans avoir pris rendez vous au préalable, mais Kingsley ne pouvait pas attendre. Il venait apporter la preuve que toutes les manifestations anti-moldue devaient cesser, ils n'avaient jamais attenté à la vie des sorciers. Cela faisait plus d'un an que Fol Œil et lui menaient une enquête en parallèle de celle, officielle, effectuée par Scrimpgeour et elle venait d'aboutir. Kingsley regretta un moment que son collègue ne soit pas présent pour savourer cette victoire, mais il était en mission pour l'Ordre et le jeune homme n'avait aucun moyen de le contacter.

C'est un grand sourire aux lèvres qu'il entendit le « Entrez ! » du Commandant. Il entra dans le bureau avec l'immense satisfaction d'avoir enfin accompli quelque chose de très important.

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Rien n'avait changé et pourtant dès qu'il venait dans cet endroit, le Seigneur des Ténèbres avait l'impression ne n'y avoir jamais mis les pieds. Cette maison, bien que lui revenant de droit, il ne l'avait jamais considéré comme sienne et il ne le ferais jamais. Il flottait encore entre ses murs lugubres le souvenir de sa famille paternelle. Cette ignoble famille de moldus qui souillait son sang. Il n'avait jamais eu de remords de les avoir tué. C'était la première fois qu'il ôtait la vie à un être qui était plus grand qu'un lapin. Son premier vrai meurtre, il l'avait commis comme pour se purifier, pour se détacher de cet héritage moldu qu'il cachait avec le plus grand soin.

Il était seul dans la grande pièce de l'étage. Il passa devant la fenêtre par laquelle il pouvait voir le cimetière dans lequel reposait les restes de son père. Il serra alors le poing froissant le parchemin qu'elle contenait. Il baissa les yeux vers ce morceau de parchemin froissé et se mit à sourire. Quel inconscient… Il transforma le morceau de papier en une boulette en la faisant rouler entre ses doigts et d'un geste précis, le jeta au feu.

Le professeur Dumbledore était-il devenu fou pour oser le défier ainsi en duel. Car sa lettre ouverte n'était ni plus ni moins une provocation destinée à déclencher cette rencontre. Le Seigneur des Ténèbres s'amusait de cette audace dont il n'aurait jamais cru le vieil homme capable. D'après sa lettre, il était prêt à lui présenter l'enfant des Potter. Peut-être que ce vieux fou s'attendait à ce qu'il négocie la survie de l'enfant… Le Mage noir se mit à rire tant cette idée lui semblait ridicule. Il n'y aurait aucune discussion possible. Si cet enfant se présentait devant lui, il le tuerait sans aucun états d'âme et il voyait mal comment on pourrait l'en empêcher. Et si jamais Dumbledore avait mentit et se présentait sans le mioche et bien cela ne ferait rien. Il tuerait tout ceux qui seraient présents, et qui avaient sans doute cru pouvoir l'affronter. Il était le plus grand sorcier de tous les temps, personne ne pouvait le battre… Personne sauf cet imbécile d'enfant qui ne serait bientôt plus qu'un mauvais souvenir.
Le Mage Noir s'approcha alors d'un secrétaire qui se tenait dans un coin de la pièce. Il s'y installa et releva d'un geste souple les manches de sa longue robe noire. Ses longs doigts fins et blafards se tendirent vers la plume posée non loin. Il en trempa le bout dans une belle encre verte puis posa la plume sur un morceau de parchemin. Pendant quelques minutes, on n'entendit alors plus que le grincement de la plume sur le papier. Le Seigneur des Ténèbres écrivait vite et avec un sourire sûr de lui aux lèvres sa réponse au professeur Dumbledore.
Il était un homme de bonne éducation et il savait recevoir. Il avait donc décidé de convier le vieux sorcier et le petit Potter ici même, dans le village où ses parents avaient grandit, dans le cimetière où reposait la famille Jedusor. Il trouvait l'endroit idéal pour une confrontation et il était persuadé que Dumbledore comprendrait l'ironie du message. Personne s'opposant à lui n'en ressortirait vivant. Une fois la réponse écrite, il la plia consciencieusement et alluma de sa baguette une longue bougie de cire noire. Il regarda plusieurs secondes la petite flamme vaciller avant de se saisir de la bougie et de l'incliner de sorte d'une large goutte de cire ébène s'écrase sur la pliure de la lettre. Immédiatement, le Seigneur des Ténèbres jeta un sort à la tâche de cire qui se gondola jusqu'à prendre la forme de la Marque des Ténèbres. Ainsi scellée, sa lettre était prête à partir. Lord Voldemort souffla sur la petite flamme qui s'éteignit aussitôt et le Mage Noir se leva. Il quitta la grande pièce et marcha silencieusement dans le couloir pour se rendre dans le salon. Là se trouvait un jeune mangemort qui s'était montré d'une grande efficacité sur les missions qu'on lui avait confiée. D'un raclement de gorge, le Seigneur des Ténèbres signala sa présence. Le jeune mangemort sursauta et se retourna vers lui. La seconde suivante, il s'inclinait bien bas devant lui.

- « Va porter ce message à Albus Dumbledore » siffla Lord Voldemort en tendant la lettre à son disciple.

- « Bien Maître » répondit le jeune mangemort « Mais où pourrais-je le trouver ? »

- « Débrouille toi ! » lança le Seigneur des Ténèbres, agacé que le jeune homme soit toujours devant lui.

Quand il donnait un ordre, il entendait qu'il soit exécuté immédiatement. Il se moquait éperdument de comment la mission était faite du moment que ce qu'il demandait était effectué rapidement, c'étaient à ses mangemorts de se montrer créatifs. Le jeune homme, comprenant qu'il n'obtiendrait pas plus d'informations prit la lettre des mains de son Maître et s'inclina une nouvelle fois avant de quitter précipitamment la pièce.

De nouveau seul, le Seigneur des Ténèbres s'installa près de la cheminée. Si tout se déroulait suivant ses plans, l'avènement d'une ère nouvelle dans laquelle il serait le Maître incontesté était proche. Il s'en réjouissait. Cette comédie avait suffisamment duré. Il en avait assez de cette poignée de personnes refusant de se soumettre à ses ordres. Celles là seraient les premières à mourir et parmi elles, certaines trouveraient la mort de sa propre main. Severus Rogue et Igor Karkaroff avaient tout intérêt à être retrouvés morts plutôt que vif. Le Seigneur des Ténèbres n'aurait aucune pitié pour ceux qui l'avaient abandonnés.

Un mouvement un peu plus loin sur le sol attira alors son attention. L'instant d'après, le Mage Noir aperçut Nagini s'avancer vers lui. Il se mit à sourire. Nagini était le seul être vivant pour qui il éprouvait de l'affection.

- « Viens… » demanda-t-il en Fourchelang au reptile qui accéléra un peu l'allure.

L'animal vint jusqu'à lui et le Seigneur des Ténèbres se baissa pour caresser ses écailles froides et lisses. C'était le contact le plus agréable qu'il connaissait. Le serpent siffla à son tour son contentement.

- « Tu feras partie de la fête… » siffla à son tour de Seigneur des Ténèbres « Au premier rang… Je veux que tu voies ce qui se passe… »

Le serpent secoua sa tête de haut en bas, comme une sorte d'acquiescement avant de glisser un peu plus loin.

- « Tout cela sera follement divertissant… » murmura le Seigneur des Ténèbres d'un air amusé.

Au fond de lui, il avait hâte que la confrontation arrive. Cela s'annonçait un moment des plus plaisant pour lui.
A cet instant, la quiétude de l'endroit fut perturbée par des bruits. Une porte qui s'ouvrait et des pas qui raisonnaient dans les couloirs ainsi que le bruit sourd de quelque chose de lourd que l'on jette sur le sol. Le Seigneurs des Ténèbres fronça les sourcils. Que signifiait toute cette agitation ?
Bellatrix fit alors son entrée de la pièce en compagnie de son mari, de son beau frère et de Peter Pettigrow dont la main d'argent scintillaient sous la lumière du lustre qui éclairait la pièce. Tous les quatre se figèrent, ne s'attendant sans doute pas à voir leur Maître ici. Ils s'inclinèrent ensemble et tout bruit cessa dans la pièce. Lord Voldemort les regarda un moment, ils avaient tous l'air plutôt en colère.

- « Que se passe-t-il ? » demanda-t-il en leur faisant signe de se relever.

- « La maison de Rogue a été mise à sac par des aurors ! » s'exclama alors Bellatrix « Nous nous apprêtions à rentrer chez nous quand nous les avons vu ! Ils perquisitionnaient notre demeure ! Nous n'avons plus d'endroit où nous cacher ! »

- « Comment les aurors ont-ils pu découvrir votre cachette ? » siffla le Seigneur des Ténèbres.

- « Personne n'a compris comment cela était possible ! » lança Rodolphus Lestrange.

- « Peut être que Dumbledore n'a pas supporté que son Maître des Potions attaque son école et aura demandé qu'on perquisitionne chez lui… » proposa Peter.

- « Peu importe ! » souffla le Seigneur des Ténèbres, agacé de voir que ce sale rat de Queudver ait trouvé une raison plausible. « De toute façon, d'ici peu vous n'aurez plus besoin de vous cacher. Je viens de répondre à la provocation de ce vieux fou ! Nous nous opposerons ici même dans quelques jours et la guerre sera définitivement gagnée ! »

- « C'est bien vrai ? » demanda Bellatrix

- « Oui, bientôt vous pourrez faire ce que bon vous semble… D'ici là, vous trouverez bien où vous cacher… » siffla-t-il.

- « Maître, pourrons-nous faire partie de cette rencontre ? » demanda la jeune femme avec avidité.

Le Seigneur des Ténèbres se contenta d'hocher la tête et un sourire immense fleurit sur les lèvres de la jeune femme. Il était assuré qu'avec une combattante aussi motivée qu'elle, les meilleurs hommes de Dumbledore n'avaient aucune chance…

Il allait leur demander de prendre congé quand la jeune femme reprit la parole.

- « Maître, il y avait devant votre porte un homme qui semblait vous observer. Un moldu… Nous l'avons ligoté… »

- « Qui est-ce ? » siffla Voldemort.

La jeune femme haussa les épaules et quitta la pièce. Lorsqu'elle revint elle faisait léviter devant elle un vieil homme qui avait l'air apeuré. Il était bâillonné mais n'essayait pas de parler. Lorsqu'il arriva à la hauteur du Mage Noir, ce dernier lui ôta son bâillon. L'homme se mit alors à crier.

- « Qu'est-ce qui se passe ici ? Qui êtes vous ? Vous faites de la magie ?! Peu importe, c'est une propriété privée ici et j'en suis le jardinier ! Vous n'avez rien à faire là ! »

Voldemort le regarda d'un air amusé. Quel arrogance chez ce vieux moldu insignifiant…

- « Vous ne me faites pas peur ! » s'écria le vieil homme bien que les tremblements de sa voix le démentaient « J'ai fait la guerre vous savez ! J'ai survécu à la calomnie quand tout le village pensait que j'avais tué mes patrons alors ce n'est sans doute pas vous qui allez me faire peur, parole de Franck Bryce…»

- « Qu'il est agaçant… » soupira Bellatrix.

- « J'ai entendu ce que vous comptez faire ! Vous voulez tuer des gens ! je vais prévenir la police, on ne vous laissera pas faire… »

Bellatrix cessa alors de lui appliquer le sort et le vieil homme s'écrasa sur le sol dans un bruit sourd et poussa un hurlement de douleur.

Lord Voldemort tira alors lentement sa baguette et avant que vieil homme ne dise quoique se soit, un éclair vert le frappa en plein front et il s'écroula, mort. Franck Bryce venait de succomber à un Avada Kedavra.

- « Plus rien ne fait obstacle à ma victoire maintenant » chuchota le Mage Noir en rangeant sa baguette.

Jamais il ne s'était sentit aussi sûr de lui de sa vie. Il donna un léger coup de pied à l'homme mort qui se trouvait devant lui. Comprenant le message, Rodolphus et son frère entreprirent de l'ôter de sa vue.

Lorsqu'ils revinrent, le Seigneur des Ténèbres se leva et se redressa de toute sa stature. Il se savait imposant et en profitait. Tandis que ses fidèles s'agenouillaient devant lui, il s'exclama alors.

- « Bientôt, très bientôt, la guerre sera finie ! » annonça-t-il fièrement. « Dumbledore n'est qu'un vieux fou qui a osé me braver ! Il pense qu'il peut me défier sans risque, il pense être le plus fort ! Cet imbécile heureux ne voit les autres que comme des êtres que l'on peut ramener à de bons sentiments ! IL A TORT ! Je ne me laisserais pas attendrir par ses airs de vieillard ! Il veut la guerre, IL L'AURA ! Il ne viendra pas seul, je le sais ! Il seront tous là, ses chiens qui le croient et qui le suivent aveuglement ! Ils vont apprendre ce qu'il en coûte de s'attaquer au Seigneur des Ténèbres ! Je vous veux VIOLENTS ! Je vous veux SAUVAGES et sans pitié ! Tuez les tous ! Tuez les tous jusqu'au dernier ! Je ne veux voir aucun de vous quitter le champ de bataille tant qu'il restera un seul des combattants de Dumbledore ! Je veux sentir leur sang se mêler à la terre ! Je veux les voir mourir en nous suppliant de les épargner ! Je veux les voir regretter de ne pas avoir choisit le bon camp ! Demain… Ne me décevez pas ! »

Essoufflé, il se tut et fixa ses fidèles qui le regardait avec un mélange d'inquiétude et d'admiration. Lord Voldemort leur fit signe à tous de partir, il avait besoin d'être seul pour se préparer au grand changement qui aurait lieu prochainement…

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Le moment était enfin venu, James avait un peu de mal à le croire. Le Seigneur des Ténèbres avait répondu à leur lettre ouverte et le jour de la confrontation avait été fixée. Elle aurait lieu le lendemain et à cette pensée une boule douloureuse se forma dans sa gorge. Il souffla doucement pour essayer de se détendre, mais ce n'était décidément pas une chose facile. A côté de lui, se tenait Lily, toute aussi stressée que lui. Il aurait aimé pouvoir faire un geste dans sa direction, la prendre dans ses bras ou lui tenir la main tout simplement, mais en cet instant, même les gestes les plus simples lui étaient douloureux. Il se contentait donc d'attendre en silence, en compagnie également de Sirius, Océane et Remus que le professeur Dumbledore avait également convoqués pour ce qu'il avait appelé ''les derniers préparatifs''.

James fixait le sol, incapable d'affronter le regard que quiconque. Sa volonté de se montrer fort était mise à rude épreuve au fur et à mesure que le temps s'écoulait, pourtant il savait qu'il n'avait pas le droit de faiblir, pas maintenant. C'est à cet instant que la porte du bureau de Dumbledore, situé dans l'Ordre du Phoenix, s'ouvrit et le vieux sorcier apparut dans l'embrasure de la porte. Il avait l'air grave mais souriait tout de même avec confiance.

- « Vous êtes tous là… C'est très bien, ne faisons pas traîner les choses dans ce cas. Venez par ici s'il vous plait… » leur demanda-t-il en se plaçant sur le côté pour dégager l'entrée dans son bureau.

James et Lily furent les derniers à se lever. Lorsqu'ils passèrent devant le professeur Dumbledore, le vieil homme posa une de ses mains sur une de leurs épaules et leur adressa une petite pression. C'était un maigre réconfort, mais James lui en fut reconnaissant. Il se rappelait de la dernière fois qu'il avait mis les pieds dans ce bureau, et de la rage et la colère qu'il avait pu ressentir. Il avait l'impression que depuis que Harry avait été désigné comme l'enfant de la prophétie, ses émotions étaient exacerbées et ses nerfs à fleur de peau…
Le professeur Dumbledore referma la porte derrière eux et fit quelques pas dans la pièce pour se rendre vers une lourde caisse de bois à laquelle James n'avait pas encore fait attention mais qu'il reconnut aussitôt. Elle contenait les Horcruxes. Le professeur Dumbledore se plaça derrière elle et les fixa tous les cinq d'un air grave.

- « Comme vous le savez tous, l'affrontement final aura lieu demain » commença-t-il.

James serra un peu plus ses poings au fond de ses poches et sentit Lily se raidir à ses côtés, pâle mais plus déterminée que jamais.

- « Je suis confiant quand à l'issue de cet affrontement. Dans un petit moment je vous expliquerais en détail mon plan, mais pour l'instant, nous avons quelque chose de bien plus important à réaliser. »

Le vieux sorcier prit en main sa baguette et tapota doucement le dessus de la malle qui s'ouvrit toute seule dévoilant les objets qu'elle contenait.

- « Voici donc ce à quoi nous avons passé notre temps ces derniers mois » murmura le professeur Dumbledore « Il est temps maintenant de mettre définitivement fin à notre quête. Nous allons détruire ces Horcruxes »

- « Les détruire ? » s'étonna Océane « Mais je pensais que vous le faisiez au fur et à mesure ? »

- « Cela a été mon intention à un moment je l'avoue » répondit le professeur Dumbledore « Mais finalement, j'ai décidé de garder tout cela pour le moment où je serais sûr que nous nous retrouvions face à Lord Voldemort pour le faire »

- « Pourquoi donc ? » demanda Sirius

- « Pour être certain qu'il ne puisse pas se rétracter si jamais il sentait que ses Horcruxes avaient été détruits » répondit Dumbledore.

- « Vous pensez qu'il pourrait le sentir ? » demanda Remus

- « Je t'avouerais que je n'en sais rien. Mais je serais tenté de dire non, il ne s'était apparemment pas rendu compte que Regulus avait neutralisé l'un d'entre eux. »

A l'annonce du nom du frère de Sirius, James se retourna vers lui. Mais comme à chaque fois que l'heure était grave et qu'il ne voulait pas montrer à quel point les évènements pouvaient le toucher, le jeune homme avait revêtu son masque d'indifférence et écoutait avec un intérêt poli le vieux sorcier, sans plus. James esquissa un faible sourire. Sirius était bien plus doué que lui pour feindre l'indifférence…

- « Nous allons maintenant détruire ces Horcruxes » poursuivit le professeur Dumbledore « Je suis sûr que chacun d'entre vous à une idée bien précise du sort qu'il réserverait à un morceau d'âme du Seigneur des Ténèbres »

- « Parce que vous voulez que se soyons nous qui les détruisions ? » demanda Océane.

- « Nous en avons récolté cinq et tous les cinq vous êtes les plus proches de Harry. J'estime que personne n'est mieux placé que vous pour effectuer cette tâche. Vous participerez ainsi aux préparatifs de la Bataille tout comme Harry l'a fait à sa manière… »

James sentit une bouffée de chaleur l'envahir. Il allait pouvoir détruire par lui-même un morceau d'âme de celui qui avait de tout temps cherché à tuer son fils. Cette idée lui semblait une perspective des plus réjouissantes.

- « Nous pouvons commencer ? » demanda Dumbledore.

Tous les cinq hochèrent la tête, prirent leur baguette en main et attendirent d'un air grave. James fixait ses amis, mais ne savait pas comment s'y prendre.

- « Je peux ? » demanda Sirius en faisant un pas en avant.

- « Je t'en prie » lui répondit le professeur Dumbledore.

James vit son ami le fixer et il hocha la tête pour signifier son accord. Le jeune homme s'approcha alors de la grande malle, y plongea la main et se saisit du médaillon que son frère avait caché, le vrai Horcruxe qu'il avait arraché au Seigneur des Ténèbres. Sirius le fixa un moment d'un air grave et le posa sur le sol. Il recula de trois pas, et tira sa baguette de sa poche. Il prit alors une grande inspiration et tourna la tête dans la direction de James et Lily.

- « Pour Harry ! » s'exclama-t-il d'une voix forte et claire avant de jeter un sort au médaillon, déjà en morceaux, qui se pulvérisa en une pluie de poussière.

James remercia son ami d'un sourire tandis que Lily à côté de lui, le regardait avec reconnaissance.

- « C'est très bien » murmura le professeur Dumbledore « Qui veut le faire maintenant ? »

- « Moi ! » déclara Océane en s'approchant de la malle.

James ne fut pas surprise de la voir se pencher pour prendre le pendentif de Rowena Serdaigle qu'elle avait elle-même trouvé et qui représentait la Directrice de la Maison dans laquelle elle avait fait toutes ses études.

- « Je le fais pour enlever le morceau d'âme qui a osé souiller la mémoire de la grande Serdaigle » murmura-t-elle « Mais je le fais surtout pour Harry… Pour Harry ! » s'exclama-t-elle en lançant à son tour un sort au pendentif qui disparut dans un bruit cristallin.

- « A mon tour » lança Remus en s'approchant d'un air déterminé.

Il s'approcha de la malle et récupéra la dague d'Helga Pouffsouffle. Comme Océane et Sirius, il posa l'objet sur le sol et tira sa baguette.

- « Pour Harry ! »

Et comme les deux autres Horcruxes avant lui, celui-ci disparut en poussière. James sentit alors que la main de Lily cherchait la sienne. Il la saisit donc et entrelaça ses doigts aux siens. Ce simple contact lui redonna un peu plus de force. Il la regarda un moment avant de se tourner vers leurs amis qui attendaient maintenant qu'ils détruisent les deux derniers Horcruxes

- « Merci pour tout » souffla James à ses amis qui hochèrent tous la tête d'un air grave.

Main dans la main, James et Lily s'approchèrent de la malle. Tandis que James se saisissait du journal intime de Tom Jedusor, Lily récupérait la bague de la famille Gaunt. Tous les deux échangèrent un regard grave et posèrent tous les deux les objets sur le sol. Sans se lâcher la main, ils prirent tous les deux leur baguette en main. James se tourna vers sa femme et plongea son regard dans le sien. Il voulait qu'elle sente à quel point il était déterminé à tout pour que la guerre se finisse sans qu'il n'arrive rien ni à leur fils, ni à elle. Il voulait lui faire comprendre par le regard, puisque pour le moment il était incapable de le lui dire avec des mots, à quel point il était prêt à tout pour les protéger tous les deux parce qu'il ne pouvait pas imaginer sa vie sans eux, et qu'il préférait mourir plutôt que de les voir mourir eux. La jeune femme eut un léger frisson. Elle avait peur, James le sentait, mais elle aussi était prête à tout. Le jeune homme esquissa un faible sourire à sa femme avant de reprendre son air grave. Tous les deux se retournèrent alors vers les Horcruxes qu'ils menacèrent de leurs baguettes.

- « Pour notre fils ! » s'exclamèrent-ils en même temps avant de détruire simultanément les Horcruxes.

Un moment de silence plana autour d'eux. James serrait bien fort la main de Lily dans la sienne et fixait l'endroit où les Horcruxes venaient de disparaître. Maintenant c'était vrai, ils étaient détruits. Ils venaient donc de faire perdre au Seigneur des Ténèbres une partie de sa puissance. C'était un sentiment très réconfortant. James sentit Lily se rapprocher de lui et il lâcha sa main pour enlacer sa taille. Elle posa alors sa tête contre son torse. Il se sentait un peu plus utile maintenant qu'il était là au moins pour la soutenir elle.

- « Bien, maintenant que ceci est fait, je vais vous demander de vous installer. Il faut que nous discutions » souffla Dumbledore.

D'un coup de baguette, il fit disparaître la malle qui avait contenu les Horcruxes pour la remplacer par de confortables fauteuils. James observa un moment ses amis qui échangeaient des regards inquiets et fronça les sourcils.

- « Professeur… » commença alors Remus « Vous ne préférez pas parler à James et Lily seulement ? »

- « On comprendrait parfaitement ! » assura Sirius à son tour « Après tout, ils sont bien plus impliqués que nous… »

- « Et bien, à moins que James et Lily ne souhaitent pas que vous soyez présents, je ne vois aucune raison pour que vous ne restiez pas » répondit Dumbledore.

- « Bien sûr que vous pouvez rester ! » s'exclama James

Il était un peu choqué que ses amis aient pu croire une seule seconde qu'il ne voulait pas qu'ils ne soient pas au courant.

- « Bien sûr ! Restez, s'il vous plait… » demanda Lily.

Leurs trois amis leur adressèrent alors un sourire et tous prirent place dans les fauteuils. Le professeur Dumbledore croisa devant lui ses mains, et prit un air très grave.

- « Vous allez enfin nous parler de votre plan concernant ce qui va se passer demain ? » demanda James.

- « Effectivement. J'ai besoin de mettre au point avec vous les derniers préparatifs pour demain » répondit le vieux sorcier.

- « Quels préparatifs ? » demanda Lily.

- « Oh… Il y en a plusieurs. Le premier est d'assurer que Harry aille bien lorsqu'il reviendra de la zone des combats. Il n'y restera pas longtemps et je ne penses pas qu'il craigne quoique se soit, mais il se peut qu'il soit affaibli. C'est pour ça que je vais vous remettre ceci… »

D'un coup de baguette, il fit apparaître une sorte d'outre qui paraissait pleine. Il la tendit à James qui la saisit et la posa sur ses genoux.

- « Qu'est-ce c'est ? » demanda le jeune homme

- « Un peu de la magie de Harry » répondit le professeur « Vous le garderez en sûreté chez vous et dès que Lily sera de retour avec lui, il faudra lui faire une transfusion pour qu'il puisse reprendre des forces rapidement. »

- « Je reviendrais avant avec Harry ? » demanda Lily.

- « Oui, dès que sa présence ne sera plus utile, tu transplaneras avec lui jusqu'à chez vous pour le mettre à l'abri »

- « Pourquoi moi ? » demanda la jeune femme.

- « Parce que tu seras celle qui sera le plus près de lui. Tu ne le quitteras pas une seule seconde » expliqua Dumbledore.

James ne savait pas s'il devait être soulagé ou inquiété par cette nouvelle. Bien sûr, Lily veillerait bien sur leur fils, ce n'était pas ce qui le contrariait. Le problème était que si tout ce passait bien, ils seraient sauf tous les deux, mais que si tout se passait mal, il pourrait bien les perdre tous les deux… Il secoua sa tête pour en chasser ses mauvaises pensées. Tout allait bien se passer ! Il le fallait !

- « D'accord » murmura Lily « Je serais donc toujours avec Harry »

- « Toujours, à aucun moment il ne sera seul »

La jeune femme hocha la tête.

- « Ton rôle est central Lily » insista le professeur Dumbledore « Et c'est là le second point que je voulais voir avec vous, enfin surtout avec toi »

James crispa ses mains sur l'accoudoir de son fauteuil.

- « Tu te souviens de la discussion que nous avons eu à l'hôpital ? » demanda-t-il.

- « Celle où vous me disiez que vous alliez modifier la protection que j'ai créé autour de Harry ? » demanda à son tour la jeune femme.

- « Parfaitement »

James regarda tour à tour sa femme et le professeur Dumbledore avant de poser la question qui lui brûlait les lèvres.

- « Quelles sont les modifications que vous voulez y faire ? Parce que si Lily doit encore donner sa vie pour que ce sort marche, je suis totalement contre ! » s'exclama-t-il.

- « James, je suis prête à… » commença Lily mais le jeune homme la coupa

- « NON ! Ce que nous allons faire est assez dangereux, je ne veux pas que tu puisses courir le moindre risques supplémentaire ! Il doit y avoir d'autre moyen de le protéger sans que tu doives te tuer ! » tonna-t-il.

Le jeune homme savait parfaitement qu'il lui avait parlé méchamment, mais il avait tellement peur qu'elle ne fasse quelque chose d'insensé pour être sûre de sauver Harry. Il savait parfaitement qu'elle en serait capable car il l'était aussi…

- « James, tu as parfaitement raison et c'est de cela dont je veux parler avec vous… » tempéra le professeur Dumbledore. « Depuis que Lily m'a parlé de ce sort, j'y ai beaucoup réfléchi et j'ai fait des recherches de mon côté et j'ai trouvé une variante de ce sort… une variante tout aussi efficace… » ajouta-t-il en voyant que Lily voulait prendre la parole.

La jeune femme se ravisa alors mais demanda tout de même.

- « Comment cela va-t-il fonctionner ? »

- « De la même façon que le premier sort, à l'immense différence près qu'à la place de donner ta vie, il te suffira de jeter un sort de Bouclier amélioré… Plus on aime la personne sur qui on lance ce Bouclier, plus il est puissant… C'est pour ça que je ne me fais aucun soucis quant à son efficacité… C'est également un sort de cette vieille magie que Voldemort dénigre, la puissance que l'on gagne à aimer les autres… »

Lily hocha la tête.

- « Je te propose d'effectuer la modification tout de suite, comme ça tu pourras t'entraîner à lancer le sort Bouclier pendant que j'expliquerais aux autres ce qu'ils devront faire. Je pense que James sera ravi de te servir de cobaye… » lança le professeur en souriant.

- « Bien sûr… » répondit le jeune homme.

- « Dans ce cas allons-y… Je vous prie de bien vouloir nous excuser un moment » lança Dumbledore à l'intention de Sirius, Océane et Remus qui hochèrent la tête.

James et Lily se levèrent à la suite du professeur qu'ils suivirent hors du bureau jusque dans une petite pièce isolée. Le professeur, après avoir refermer soigneusement la porte, tira sa baguette de sa poche et en posa le bout sur la tête de la jeune femme.

- « Tu es prête ? » demanda-t-il

La jeune femme ne répondit pas et se contenta de sonder son regard pendant un moment.

- « Tu as ma parole que tu pourras tout aussi bien le protéger en restant en vie » lui assura Dumbledore répondant ainsi à sa question muette.

Lily esquissa alors un faible sourire et hocha la tête.

- « Je suis prête ». annonça-t-elle.

James sentit son estomac faire un bond dans son ventre quand l'éclair d'un blanc éclatant frappa le front de sa femme qui fit un pas en arrière. Lorsque la lumière se dissipa, la jeune femme se frotta les yeux puis posa sa main à l'endroit où le sort l'avait frappé.

- « Ça va ? » demanda Dumbledore.

- « J'ai l'impression de m'être cognée contre une poutre ! » répondit la jeune femme.

James se sentit un peu rassuré et posa sa main dans son dos. Lily le regarda alors un petit moment avant de se tourner à nouveau vers le professeur Dumbledore.

- « Et ce sort de bouclier ? Comment s'y entraîne-t-on ? » demanda-t-elle.

Le vieux sorcier lui expliqua la marche à suivre durant quelques minutes avant de les laisser seuls pour s'entraîner. Alors que la jeune femme brandissait sa baguette vers lui, James lui fit signe de s'arrêter un moment.

- « Lily… je voulais te dire… Pardon si je t'ai parlé un peu sèchement tout à l'heure mais… »

- « James… Tu es sur les nerfs, on l'est tous ! C'est normal ! Je ne t'en veux pas chéri… » le coupa la jeune femme.

- « Tu es sûre ? » demanda tout de même le jeune homme.

- « Certaine… Si je jette ce sort sur toi, la protection sera infaillible parce que je t'aime tellement fort… » murmura-t-elle tandis que sa voix se brisait.

James se dépêcha de faire les quelques mètres qui le séparait d'elle et la pris dans ses bras. Il la serra fort contre lui et sentit qu'elle s'agrippait à lui.

- « On a tellement à perdre James… » murmura-t-elle tout bas.

- « Mais tellement de choses à gagner aussi ! » ajouta le jeune homme « C'est pour ça qu'on va réussir ! Je te le promets ! Tu sais bien qu'on s'en sort toujours ! » souffla-t-il en souriant.

Combien de fois lui avait-il dit cette phrase, il ne le savait plus, mais il voulait plus que jamais y croire en cet instant. Lily esquissa un faible sourire et se mit sur la pointe des pieds pour l'embrasser avant de se remettre à travailler le fameux sort dont elle aurait besoin le lendemain…