Disclaimer: Rien ne m'appartient. Ni les personnages, ni les lieux, ils sont tous sortis de la fertile imagination de J.K Rowling. Je ne revendique que quelques (infimes, minimes…) personnages secondaire et bien sur l'histoire qui est de moi… De plus, les textes qui débutent en général mes chapitres ne sont pas de moi non plus, mais j'en indique toujours l'auteur… pas de soucis là-dessus !

Bonne lecture à vous tous… Aylala

Note : J'ai terminé de rédiger cette histoire en mai 2007. Il n'y a donc dans cette fiction AUCUNE INFORMATION concernant Harry Potter and the Deathly Hallows. Je n'ai fait qu'émettre des suppositions sur ce qui aurait pu se passer. Si par hasard j'avais deviné quelque chose, c'est que je possède un Troisième Œil très efficace !

Par respect pour les lecteurs qui n'ont pas encore eu la chance de lire le tome 7, je vous demande de ne faire AUCUNE ALLUSION au septième tome dans vos reviews… Ne gâchez pas le plaisir de ceux qui ne savent pas lire l'anglais svp !

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Ce qui aurait pu se passer

Chapitre cent cinquante et un : La guerre est finie


« La guerre est finie
Tes mauvais rêves aussi
(…)
Quand je te vois
Je suis fier de toi,
De ton sang et de ta chair
(…)
La guerre est finie »
Indochine

Sirius sentait qu'il était en train de se réveiller. Peu à peu, il prenait conscience de ce qui se passait tout autour de lui. Il avait très mal au bras, la douleur le prenait du bout de ses doigts jusqu'à son épaule. Son torse aussi le brûlait fortement. Il poussa un soupir avant de tourner légèrement sa tête sur le côté. Les yeux toujours clos, il essayait de se rendre compte de ce qui l'entourait. Une sensation agréable attira alors son attention. Sa main droite tenait quelque chose de tiède et de doux. Quelque chose de fin et de léger glissait aussi sur sa peau le chatouillant par moment. Curieux, il ouvrit doucement les yeux. La lumière naissante dans la pièce l'éblouit un peu, mais il ne mit pas longtemps à s'habituer à la luminosité. Délicatement, il baissa la tête en direction de sa main droite et se mit à sourire.

Le contact qu'il trouvait si agréable n'était rien d'autre que la main d'Océane dans la sienne. La jeune femme était assise sur un siège près de son lit. Elle avait l'air de dormir, la tête posée sur son coude replié sur son matelas. Ses longs cheveux blonds s'étalaient autour de son visage inquiet et se posaient en partie sur son bras à lui ce qui le chatouillait à chacune de ses respirations. Sirius la regarda un moment. Elle avait l'air stressée et inquiète. Ses yeux étaient gonflés et rougis. Ses traits étaient tirés et fatigués, elle n'avait pas dû beaucoup dormir depuis son retour.

Il s'était écoulé une nuit depuis l'arrivé de Sirius, James et Remus dans la maison des Potter. Sirius gardait peu de souvenir de ce qui s'était passé. Il avait le souvenir d'Océane se jetant dans ses bras en pleurant, puis de James s'évanouissant, maintenu par Lily et Remus. Il avait aidé à le porter jusqu'à son bureau, transformé provisoirement en infirmerie, et l'avait couché dans un lit près de celui où Harry dormait, très pâle. Sirius s'était effondré peu de temps après. Il s'était endormi presque aussitôt, sous le coup combiné de la fatigue et de la potion qu'on lui avait fait prendre pour dormir d'un sommeil sans rêve. Ce qui l'avait arrangé.
Sirius ne voulait pas penser à ce qui c'était passé la veille. Il faisait tout son possible pour ne pas repenser à la Bataille. Il savait qu'il ne pourrait pas ne jamais en reparler, mais pour l'heure il ne voulait pas le faire. Exprimer avec des mots ce qui s'était déroulé là bas rendrait le choses bien plus réelles et donc bien plus douloureuses. Avant de sombrer dans le sommeil, il avait juste eu le temps d'entendre Remus apprendre à Océane et Lily le bilan des premiers morts et les larmes des deux jeunes femmes étaient l'écho de celles qu'il n'avait pas eu la force de laisser couler.

Un profond soupir souleva son torse, tiraillant sa poitrine blessée et il laissa échapper un léger gémissement.

- « Tonton ? »

Sirius fut très surpris d'entendre le murmure de son filleul. Doucement il se redressa autant qu'il pu dans son lit et aperçut en face de lui Harry qui se tenait assis dans son lit et lui adressait un petit signe de la main. Il avait l'air très fatigué et de larges cernes lui mangeaient le visage, mais il souriait. Les tuyaux de ses perfusions s'agitaient en même temps que sa petite main.

Délicatement, Sirius retira sa main de celle de sa femme et lui rendit son salut. En observant autour de lui, il s'aperçut qu'ils étaient les deux seuls éveillés et que Lily ne se trouvait pas dans la pièce. Il était encore très tôt, par la fenêtre, le soleil se levait à peine. Il se remit à fixer son filleul.

- « Fais encore dodo ! » lui chuchota-t-il doucement.

Il s'inquiétait de voir l'état de fatigue dans lequel se trouvait le petit garçon. Mais Harry lui fit non de la tête.

- « J'ai pas sommeil… » lui répondit-il.

Sirius se mit à sourire et à cet instant, la porte du bureau s'ouvrit et Lily entra dans la pièce. Son regard se posa immédiatement sur son fils vers qui elle se rendit aussitôt. Doucement, elle caressa sa tignasse brune et posa un baiser sur le front de son fils.

- « Maman, Tonton Sirius il fait plus dodo ! » lui appris le petit garçon d'une voix un peu trop forte pour le silence qui régnait dans la pièce.

- « Chut… » souffla la jeune femme « Papa et Tonton Remus dorment encore »

Harry posa alors sa main sur sa bouche d'un air amusé. Sirius se mit à rire doucement. Bien que fatigué, le petit garçon gardait sa joie de vivre, ce qui était très rassurant. Le jeune homme vit son amie se tourner vers lui et lui adresser un sourire et sentit également Océane se réveiller près de lui. Il tourna alors la tête vers elle. La jeune femme se redressa alors et se tourna immédiatement vers lui. Il lui adressa un sourire qu'il voulait confiant mais ne rencontra que ses grands yeux rougis et inquiets.

- « Coucou… » murmura le jeune homme.

- « Oh Sirius ! » souffla-t-elle en se redressant.

Elle le regarda d'un air triste.

- « J'arrive pas à croire que tu sois là et que je ne peux même pas te prendre dans les bras sans te faire mal ! » chuchota-t-elle.

Sirius la regarda un court instant avant de lui tendre son bras valide.

- « Viens quand même ! » lui dit-il.

- « Mais… »

- « Viens … » insista-t-il en lui prenant la main.

La jeune femme se laissa convaincre et vint doucement l'enlacer et caler sa tête contre son cou. Sirius grimaça sous la douleur, mais pour rien au monde il ne se serait passé de cette étreinte qui lui faisait autant de bien au moral qu'à elle. Pourtant, quand elle le serra un peu plus fort, le jeune homme ne pu s'empêcher de gémir.

- « Pardon ! » s'exclama la jeune femme en faisant mine de vouloir se relever, mais Sirius la retint aussi fermement que possible.

- « Non, reste ! Ça vaut le coup… » souffla-t-il en posant un baiser sur sa joue.

- « J'ai eu si peur de ne pas te voir revenir » murmura Océane

- « Je sais… »

La jeune femme se détacha alors de lui et caressa tendrement ses cheveux.

- « Tu as très mal ? » demanda-t-elle.

- « Je vais survivre… » se contenta de répondre le jeune homme.

- « Tu as plutôt intérêt ! »

Sirius se mit à sourire.

- « Comment vont les filles ? » s'inquiéta-t-il en réalisant que depuis la veille, il n'avait pas beaucoup pensé à ces petites princesses.

- « Elles sont stressées. Quand je lui ai dit que tu étais revenu, Lalyh à absolument voulu te voir mais je ne voulait pas qu'elle te voit endormi, elle aurait eu trop peur… Et puis les autres ont besoin de repos »

Sirius hocha la tête. A cet instant, un grognement dans le lit de Remus leur appris que le jeune homme venait de se réveiller. Il fut suivit de près par James. Sirius consentit à laisser sa femme aller voir si leur ami lycanthrope allait bien. Il jeta un rapide coup d'œil en face de lui où Lily s'évertuait à ignorer son mari qui se redressait dans son lit. Le jeune homme se mit à sourire. Il connaissait suffisamment son amie pour savoir qu'elle en voulait beaucoup à James de l'avoir empêché de retourner sur le lieu de la Bataille par son sort de repoussement, mais il savait aussi qu'elle ne réussirait pas à lui en vouloir longtemps. C'est surtout parce qu'elle avait eu très peur qu'elle lui en voulait tant et cela s'estomperait rapidement. En cet instant, Lily était assise sur une chaise et pelait une pomme pour Harry qui la regardait avec gourmandise.

- « Tiens mon chéri… » lui murmura-t-elle en lui tendant le fruit.

- « Marci maman ! » répondit joyeusement le petit garçon

- « Si tu as envie de quelque chose, tu m'appelles d'accord ? »

- « C'est valable aussi pour moi ? » demanda James d'une toute petite voix.

Sirius se mit à sourire tandis que Lily lançait un regard noir à son mari qui se recroquevilla un peu.

- « Je ne suis pas sûre que tu le mérites ! » grogna la jeune femme en se levant tout de même pour aller le rejoindre.

Le jeune homme tendit la main et sa femme s'en saisit. Elle avait toujours l'air sévère.

- « Souris moi… » supplia James

Lily esquissa un petit sourire qui n'était pas convainquant.

- « Je préfèrerais un petit sourire qui montre que tu m'aimes... » souffla le jeune homme.

Cette fois, la jeune femme rendit les armes et offrit à son mari un vrai sourire. Elle se pencha même pour poser un léger baiser sur ses lèvres. Sirius se mit à rire doucement, il avait eu raison de ne pas s'inquiéter pour ses deux amis.

La porte du bureau s'ouvrit alors et Dobby fit son apparition dans la pièce. Il s'inclina bien bas avant de prendre la parole.

- « Les jeunes maîtres et les demoiselles Black se sont réveillés… » couina-t-il « Ils demandent à voir leurs mamans… »

- « On arrive ! » lança Océane en quittant le chevet de Remus, imitée par Lily.

- « Où sont-ils ? » demanda James.

- « Chez nous » répondit Océane « On a pensé qu'il valait mieux les éloigner de l'agitation qui régnait ici »

- « On revient bientôt. » ajouta Lily tandis que les deux jeunes femmes quittaient la pièce.

Sirius se redressa alors de sorte à se retrouver assis sur son lit. Il observa ses deux amis un moment. James avait la jambe prise entre deux attelles et sa tête portait un lourd bandage. Remus quand à lui avait le visage recouvert d'une pâte verte épaisse.

- « On fait une belle équipe d'estropié ! » lança-t-il en souriant.

Ses deux amis lui rendit son sourire.

- « Papa ! » lança alors la petite voix de Harry.

- « Qu'est-ce qu'il y a, mon grand ? » demanda James en se tournant vers son fils.

- « Je peux te faire un câlin ? »

Sirius fut très amusé par le sourire éblouissant qui illumina le visage de son ami.

- « Bien sûr ! Mais attends… Tu ne peux pas sortir de ton lit à cause de tous tes tuyaux ! »

Le jeune homme entreprit alors de se lever, ce qui n'était pas une chose aisé car il ne pouvait pas du tout s'appuyer sur sa jambe. Après de nombreuses péripéties et grimaces de douleur, le jeune homme parvint pourtant à se glisser dans le lit de son fils. Celui-ci vint immédiatement se blottir contre lui et James le serra tendrement. Il enfouit son visage dans la tignasse de son fils. Sirius savait combien son ami avait attendu cet instant, où il pourrait enfin serrer son fils dans ses bras sans avoir la crainte au ventre en se disant que ce serait peut être la dernière fois. Maintenant, Harry était hors de danger, il allait enfin pouvoir vivre la vie de tous les petits garçons de son âge.

Harry se dégagea alors des bras de son papa, mais resta tout près de lui.

- « Tu as un gros bobo ! » s'exclama-t-il en montrant sa jambe.

- « Oui ! Il va falloir faire réparer mes os ! Je sens que ça va être horrible » grimaça-t-il.

- « Et Tonton Remus aussi il a mal ! » continua Harry en se tournant vers le lycanthrope « T'as la figure toute verte, Tonton ! »

- « Je sais ! » répondit le jeune homme en souriant.

- « Et moi ? Tu t'en fiches ? » demanda Sirius d'un air faussement vexé.

- « NON ! » s'écria le petit garçon en se mettant à genoux sur son lit « Toi t'as mal au bras ! »

- « Gagné ! »

- « Et moi j'ai ça ! » s'exclama le petit garçon en relevant les mèches de ses cheveux qui tombaient sur son front, révélant ainsi la fine cicatrice en forme d'éclair qui s'y trouvait.

- « Ouais ! Une cicatrice comme les vrais hommes ! » lui répondit Sirius en souriant.

James quant à lui attrapa son fils par la taille et l'incita à se recoucher.

- « Tu es surtout encore très fatigué et tu as besoin de reprendre des forces jeune homme » souffla-t-il en le rallongeant à ses côtés.

- « Oui parce que mon aiguille elle est trop en bas ! » ajouta le petit garçon en désignant l'appareil qui mesurait la quantité de magie qui se trouvait dans son organisme.

- « Oui, elle est bien trop bas… » approuva James.

- « Il faut qu'elle soit tout là haut ! » lança Harry.

- « Oui »

- « Faut que je dormes beaucoup alors ! »

James se mit à rire et posa un baiser sur son front. Harry se glissa alors contre son père et passa son petit bras sur son torse. Le jeune homme caressa tendrement les cheveux de son fils. Un silence calme se propagea dans la pièce. La pièce était calme et cela leur faisait du bien à tous. Mais ce fut de courte durée car peu de temps après, la porte du bureau s'ouvrit. Mais à la place de voir revenir Océane et Lily, Sirius fut surpris de voir entrer Mrs Pomfresh et deux jeunes femmes qui portaient l'uniforme des élèves guérisseuses.

- « Mrs Pomfresh ? » lança le jeune homme, incrédule « Mais qu'est-ce que vous faites là ? »

- « Je suis venue ici pour vous soigner messieurs ! » déclara l'infirmière avec fermeté « C'est une des disposition qu'avait pris le professeur Dumbledore avant la Bataille… »

Les yeux de la sorcière devinrent d'un seul coup tristes et embués tandis qu'elle évoquait le professeur, mais elle se reprit vite, ses fonctions d'infirmières reprenant le dessus face à des blessés. Elle secoua sa tête et renifla un peu avant de se tourner vers le lit de Harry où James se trouvait toujours.

- « Messieurs Potter ! » lança-t-elle en fronçant les sourcils et en plaquant ses poings sur ses hanches « Puis-je savoir ce que vous faites à deux dans ce même lit ? »

- « Je voulais voir mon Papa… » lui répondit Harry d'une toute petite voix en se blottissant un peu plus contre James qui enlaça sa taille en souriant doucement.

Sirius vit alors l'infirmière perdre son air sévère, et se laissait attendrir par la petite figure désolée du petit garçon.

- « Il voulait voir son Papa… » répéta James en affichant un petit sourire en coin et un air satisfait.
Sirius se mit à rire. Pour une fois qu'il avait trouvé un moyen pour faire fléchir la redoutable infirmière, il voulait en profiter à fond.

- « Et bien nous allons vous ausculter comme cela ! » décréta l'infirmière. « Mesdemoiselles, vous avez vous aussi du travail… » lança-t-elle à ses deux aides qui prirent chacune la direction d'un des deux lits restants.

- « Bonjour, je m'appelle Lizzie » lança la jeune guérisseuse qui s'approcha de lui.

- « Sirius… » répondit le jeune homme.

- « Vous préférez que je commence par soigner votre bras où vos brûlures ? » demanda-t-elle.

- « Honnêtement ça m'est égal ! » répondit Sirius.

- « Très bien, on va commencer par les brûlures alors. Vous allez devoir m'aider à ôter votre T-shirt… »

- « Ça va être problématique ! » murmura Sirius en s'exécutant tout de même.

Il grogna de nombreuses fois avant de se retrouver torse nu devant le jeune femme qui tenait dans sa main un pot rempli d'une crème qui sentait fort.

- « Ça risque de piquer un peu » prévint la jeune femme en appliquant un peu de crème à la base de son cou.

Sirius dû se mordre les lèvres pour ne pas crier tant la sensation était désagréable.

- « Ne vous en faites pas, vous allez vous habituer » lui assura la jeune femme qui n'arrêtait pas de le soigner.

Sirius prit alors de grandes inspirations pour tenter de supporter les picotis. Cela marcha et après quelques secondes, il ne ressentait plus rien. Il entendit alors James se faire sermonner par l'infirmière.

- « Je vous en prie Mr Potter ! Votre fils n'a pas fait tant d'histoire pour prendre sa potion ! »

- « Mais elle a un goût infect ! » rétorqua le jeune homme.

- « Oh ! Vous vous attendiez peut être à de la Bierraubeurre ? » ironisa la sorcière en lui tendant une nouvelle fois son gobelet.

- « Allez Papa ! C'est pour te guérir ! » lança Harry.

Sirius se mit à sourire et il entendit la jeune guérisseuse rire doucement à côté de lui. A cet instant, la porte s'ouvrit et Lily et Océane entrèrent à leur tour dans la pièce. Le regard noir que sa femme lança à la guérisseuse qui s'occupait de lui n'échappa pas au jeune homme et cela le fit sourire.

- « Vous êtes déjà là Mrs Pomfresh ! » s'étonna Lily en s'approchant de l'infirmière

- « Je suis venue dès que j'ai pu réunir ma petite équipe » répondit la sorcière « Et maintenant que vous êtes là, pouvez-vous convaincre votre mari de se soigner convenablement ? »

- « Bonjour mademoiselle… » lança alors Océane.

Sirius détacha son attention de ce qui se passait du côté de son meilleur ami et se retourna vers sa femme qui malgré son sourire poli avait été assez sèche.

- « Bonjour… »

- « Je vais m'en charger » lança Océane en récupérant le pot de crème qu'elle tenait dans la main « Allez donc aider votre collègue avec Remus… »

- « Mais… »

- « Je saurais me débrouiller, merci ! » trancha Océane.

La jeune femme n'insista pas et les laissa seuls. Sirius lança alors à sa femme un sourire amusé.

- « Quoi ? » demanda-t-elle tandis qu'elle appliquait à son tour la pommade sur ses blessures.

- « Tu n'étais pas obligée d'être aussi sèche… » murmura-t-il

- « Je n'aime pas qu'une autre femme puisse passer ses mains sur toi ! » souffla Océane d'un air sévère.

Sirius se mit à rire doucement.

- « Dis le tout de suite si tu n'aimes pas que ce soit moi qui m'occupe de toi… » grogna-t-elle.

- « Ne dis pas de bêtises ma belle » répondit Sirius en posant la main de son bras valide sur sa joue.

Il caressa doucement son visage de son pouce et la jeune femme ferma les yeux. Sirius se sentait bien. Il ne voulait pas penser au passé, il ne voulait pas encore se plonger dans le futur. Il voulait juste pour le moment profiter de ce calme qui pour le moment était tout ce dont il avait besoin.

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Le bruit de la porte se refermant brisa le silence qui régnait dans la chaumière de l'Ordre du Phoenix. Son écho se répercuta sur les murs, s'amplifiant et faisant frissonner Minerva McGonagall. Tout semblait tellement vide dans cet endroit et savoir qu'elle ne l'y reverrait plus jamais lui serra le cœur. Le professeur Dumbledore allait vraiment beaucoup manquer à la Communauté en général, à ceux qui le connaissait en particulier. Mais au moins, il était mort en combattant pour ses idées, il avait vu mourir devant lui le Seigneur des Ténèbres… Il savait en les quittant qu'il laissait derrière lui un monde où la paix serait très prochainement de retour et Minerva savait que c'était une mort bien plus digne de lui que de mourir de vieillesse dans un lit d'hôpital.

Elle ne pu cependant s'empêcher de soupirer violemment. Toutes ses belles pensées ne soulageaient que trop peu la peine et le chagrin qui l'avaient envahi. C'était eux qui la fatiguaient bien plus que les quelques blessures qu'elle avait eut lors de la Bataille. Elle avait juste eu à faire un rapide saut à Ste Mangouste pour se faire soigner et avait refuser de rester quelques heures en observation. Elle avait beaucoup trop de choses à faire pour cela. C'était pour cela qu'elle se trouvait ici, si tôt le lendemain de la Bataille. Sans attendre davantage, elle ralluma d'un sort le feu dans la cheminée et s'approcha du bureau du professeur Dumbledore. Elle murmura le mot de passe que le vieux sorcier avait pris soin de lui confier avant de partir au combat. Elle entendit distinctement le cliquetis lui indiquant que la porte n'était plus verrouillée, mais hésita tout de même à entrer dans la pièce. Elle avait le sentiment de troubler l'intimité de l'ancien Directeur de Poudlard. Mais elle lui avait promis de revenir ici si jamais il lui arrivait malheur et elle entendait bien tenir sa promesse.

Elle entra donc doucement dans le bureau. Rien n'avait changé, ce qui n'avait rien d'étonnant car la veille à la même heure, son propriétaire s'y trouvait encore, réglant des ''affaires très importantes'' suivant ses propres dires et c'était ces document que Minerva avait la charge de récupérer. Elle se souvenait très bien de ce moment quand, le professeur avait demandé à lui parler et privé et lui avait alors fait promettre de revenir aussitôt que possible après la bataille dans cet endroit, de récupérer les papiers qui se trouveraient dans le troisième tiroir de son bureau et de les emmener de toute urgence au Ministère.

Minerva se demandait si Albus Dumbledore n'avait pas toujours su au fond de lui que cette Bataille serait sa dernière. Elle soupira une nouvelle fois. Penser à cet homme qu'elle avait tant admiré lui était douloureux et pour le moment elle n'avait pas le temps de se laisser aller. Elle aurait tout le temps qu'elle souhaiterait pour soulager sa peine et faire son deuil une fois que tous serait définitivement réglé. Elle fit quelques pas dans le bureau et son regard fut attiré par le perchoir sur lequel Fumseck la regardait, immobile. Minerva aperçut de lourdes larmes perler sur son pelage. L'animal avait l'air infiniment triste, tout comme l'était la sorcière en cet instant. Elle s'approcha du volatile et posa doucement sa main sur sa tête.

- « Tu le sais déjà pas vrai ? Que ton maître nous a quitté… » murmura-t-elle en caressant ses plumes doucement.

Le phœnix se redressa alors, fier et majestueux et se mit à pleurer et à chanter. Son cri était doux et mélodieux, et bien que triste, il posa un peu de baume sur le cœur de Minerva. Elle l'écouta chanter de longues minutes, sentant son chagrin devenir moins lourd à porter. Bien sûr, elle savait que la mort de Dumbledore était une perte immense, mais le vieux sorcier n'aimait pas se plaindre de son sort et il aurait été le premier à dire que d'autres sorciers brillants le remplaceraient et que tant qu'il y avait de l'espoir et de l'amour dans ce monde, cela valait la peine de se battre. Le chant de Fumseck redonna courage et espoir à Minerva. Elle tira de la poche de sa robe un mouchoir et essuya son visage ruisselant des larmes qu'elle n'avait pas sentit couler et prit une grande respiration.

- « Merci Fumseck » souffla-t-elle doucement.

L'oiseau continua à chanter mais Minerva se dirigea vers le bureau. Elle n'oubliait pas la raison de sa présence dans cette pièce. Elle se rendit donc derrière le bureau et se pencha pour ouvrir le troisième tiroir. Elle y trouva, soigneusement rangé et plié une lourde liasse de parchemins. Tout était parfaitement ficelé. Une feuille s'en détacha pourtant et tomba doucement sur le sol. Minerva se pencha pour la ramasser et reconnut sur le morceau de papier son prénom. Elle s'installa dans le fauteuil directorial, posa la liasse de parchemin sur le bureau et déplia le message à son intention. L'écriture du professeur Dumbledore était inimitable et elle la reconnut aussitôt. Elle le lu silencieusement, comme recueillit, avec pour seul son brisant le silence, le chant mélodieux du phœnix.

« Très chère Minerva,

Si tu lis ces quelques lignes, c'est que je ne suis pas revenu de la Grande Bataille… J'espère simplement que mon plan à réussit, que Harry va bien et que nous ne comptons pas de trop lourdes pertes. J'espère être parti la conscience légère et le cœur tranquille de laisser derrière moi un monde plus en paix qu'à l'heure où j'écrit ces mots.

Minerva, tu trouveras ci-joint, des documents originaux signés de ma main. Ils doivent parvenir dans les plus brefs délais au Ministère, car les choses ne sauraient rentrer à leur juste place si la Justice de notre Communauté n'en a pas connaissance. Il va de soit que je te laisse le soin de confier ceci au magistrat qui te sembleras le plus intègre et le plus amène de comprendre l'importance que pourront avoir ces quelques déclarations sur les décisions qui seront prises. Amélia Bones me semble convenir, mais je te laisse en décider, j'ai une totale confiance dans ton jugement.

Parmi les documents que je te confie se trouve une attestation de ma part affirmant que Severus Rogue est un agent double pour l'Ordre du Phoenix et qu'il s'est vaillamment battu pour notre cause. Tout ceci rachète largement le fait qu'il ait la Marque des Ténèbres tatouée sur le bras. J'y ai joint une liste des missions qu'il a effectué pour nous ainsi que les informations qu'il nous a fournit et qui nous ont permis de faire reculer Lord Voldemort.

Tu trouveras également un acte de notaire attestant que je lègue aux lycanthropes la maison que je leur avait prêté. Libres à eux d'en faire ce que bon leur semble, je sais qu'il sauront en faire bon usage.

Il y a également tous les documents attestant de mes démarches pour redevenir le directeur de Poudlard. J'y ai inscrit ton nom. Je veux que tu mène cette dernière bataille contre le Ministère jusqu'au bout. Je t'ai désigné comme mon successeur et je ne souffrirais pas que Dolorès Ombrage conserve plus longtemps le poste qui te revient de droit.

Pour finir, tu trouveras un parchemin où je raconte en détail ce qui s'est passé le soir où Poudlard à été attaqué. Je n'attaque pas Narcissa Malefoy en justice et j'ai demandé à ce que toutes les charges contre elle soient annulées. Elle ne voulait que protéger son fils, personne ne peut lui en vouloir pour cela. Elle se trouve chez mon frère et Drago a été placé dans un orphelinat moldu par les bons soins de Kingsley. Fait en sorte que la mère retrouve son fils, trop de familles ont été brisées par cette guerre, inutile d'en ajouter une de plus. Le jeune Drago ne reverra sans doute jamais son père qui n'est pas prêt de quitter Azkaban, il serait injuste de le séparer de sa mère.

Minerva, je te laisse également le soin d'organiser mes funérailles. Je n'ai aucune exigence particulière si ce n'est d'être enterré dans le parc de Poudlard. Ce sera ma seule et unique volonté et j'espère de tout cœur qu'elle pourra être réalisée. J'ai aimé cette école de toute la force de mon âme, j'y ai passé de très belles années et j'y ai vécu de belles aventures. Mon seul regret est de ne pas avoir pu y rester plus longtemps en tant que Directeur, mais j'espère pouvoir y rester éternellement, par le souvenir du moins.

Ne me pleurez pas trop, je ne suis qu'un vieil homme qui a eut une vie bien remplie. Il faut aller de l'avant et reconstruire tout ce qui aura pu être détruit par cette guerre et j'espère qu'un jour, tous les sorciers vivront en harmonie et qu'on enseignera cette guerre à Poudlard comme la dernière opposant une même communauté dont les membres se haïssaient entre eux parce qu'ils étaient différents.

Dis de ma part à Harry qu'il est un petit garçon formidable et qu'il est fort dommage que je n'ai pas pu le suivre tout au long de sa jeune vie. Cet enfant est prometteur et je le sens destiné à faire de grandes choses. Félicite de ma part James et Lily pour le courage dont ils ont fait preuve en me faisant confiance bien que la vie de leur enfant était en danger. Assure tous les membres de l'Ordre du Phoenix de ma fierté à leur égard. Prenez tous soins de vous.

Votre dévoué serviteur.
Albus Dumbledore. »

Minerva replia avec soin le morceau de parchemin et le glissa dans une des poches de sa robe. Elle essuya une nouvelle fois les larmes qui avaient coulé de ses yeux durant la lecture de cette lettre. Albus était réellement un grand homme, il avait vraiment pensé à tout. Minerva prit une grande inspiration pour reprendre ses esprits. Elle était investi d'une nouvelle mission, et elle entendait bien la mener à son terme. Elle récupéra la liasse des précieux parchemins et fit apparaître avec une facilité déconcertante malgré sa fatigue un petit sac en cuir noir. Elle y rangea soigneusement les documents et cala le sac sous son bras. Elle se leva du fauteuil dans lequel elle était assise et se rendit vers l'unique fenêtre du bureau. Fumseck continuait toujours à chanter et elle lui adressa un pâle sourire avant d'ouvrir la fenêtre.

- « Va, tu es libre » lança-t-elle à l'oiseau « Albus n'aurait pas aimé que tu te retrouves en cage… Va où bon te semble ! »

Le phœnix la regarda un petit moment, cligna des yeux et hocha la tête dans un signe discret de remerciement. Puis majestueusement, il déploya ses immenses ailes aux plumes chatoyantes et les battit dans un mouvement ample et fluide. Il s'envola doucement et vola vers la fenêtre ouverte. Il quitta le Quartier Général de l'Ordre du Phoenix sans cesser de chanter. Minerva le regarda partir et s'éloigner vers l'horizon sans bouger. Bientôt, il ne fut plus qu'un point à l'horizon, son chant cessa et elle sentit sa peine devenir plus grande. Elle courba les épaules et c'est d'une humeur bien plus chagrine qu'elle referma soigneusement la fenêtre. Elle se retourna doucement et embrassa du regard une dernière fois le bureau de Dumbledore. Elle esquissa un faible sourire ému avant de quitter la pièce. Elle était soulagée de quitter ce bureau, trop de souvenirs y étaient rattachés.

Minerva s'apprêtait à éteindre le feu avant de quitter la chaumière quand elle entendit des bruits de pas dans l'escalier. Elle sursauta et encore trop plongée dans les souvenirs de la Bataille de la veille, elle brandit sa baguette en direction de la personne qui venait d'apparaître devant elle.

- « Par Merlin ! Mais qu'est-ce que vous faites ? » s'exclama Rita Skeeter d'une voix aigue tandis qu'elle resserrait plus contre elle les pans de sa robe de chambre rose bonbon.

Minerva l'observa un moment. Ses cheveux blond platine étaient défaits et voletaient autour de son visage encore endormi mais légèrement inquiet. Elle décida d'abaisser sa baguette et son cœur reprit sa course normale.

- « C'est vous qui faites ce bruit ? » grogna Rita d'un air bougon en passant devant elle pour s'installer à la table de la pièce commune « Je croyais que c'était un voleur ! »

- « Aucun voleur ne peut entrer ici, la chaumière est soumis au Fidélitas ! » répondit Minerva d'un air pincé en rangeant sa baguette.

- « Ah oui… c'est vrai » répondit la jeune femme avec agacement. « Et alors que faites vous là de si bon matin ? Vous vouliez voir le professeur Dumbledore ? Il a décidé quand est-ce que je ne serais plus obligée de me cacher dans cet endroit lugubre ? Je me permets de vous rappeler encore une fois que j'ai un travail et des lecteurs qui doivent s'inquiéter de ne plus me voir publier d'articles !»

Minerva soupira et vint prendre place en face d'elle. Une mise au point semblait d'ors et déjà nécessaire.

- « Rita » commença Minerva avec toute la patience dont elle était capable dans son état de fatigue et de peine « La Grande Bataille a eu lieu hier… »

- « Vraiment ? » demanda la journaliste en se redressant, l'œil soudain vif et en alerte.

- « Oui, le Seigneur des Ténèbres est mort » annonça Minerva, une boule dans la gorge en pensant aux autres morts qu'avait fait cette Bataille.

- « Par Merlin ! » s'exclama Rita « Vous en êtes bien sûre ? »

- « Certaine ! Je l'ai vu de mes propres yeux…»

- « Dans ce cas je pourrais vous interviewer ? Je suis persuadée que mes lecteurs seront enchantés de lire le témoignage d'une des combattants ! Racontez moi tout ! Je veux tout savoir ! »

Minerva la regarda d'un air pincé. Elle était à la fois choquée et en colère.

- « Je ne vous aiderais pas à colporter des ragots de ce genre ! » répondit-elle sèchement.

- « Mais les lecteurs ont le droit de savoir ! » s'indigna la journaliste.

- « Je croyais qu'Océane et Sirius Black avaient un accord avec vous et que vous ne deviez plus écrire pendant un certain temps ? » demanda Minerva un sourire de revanche aux lèvres.

Elle vit la journaliste se tasser un peu plus sur sa chaise en blêmissant et en marmonnant toutes sortes de choses désagréables sur les époux Black que Minerva ne préféra pas écouter.

- « Nous sommes donc d'accord, vous n'obtiendrez pas mon témoignage ainsi qu'aucun de la part des membres de l'Ordre du Phoenix, bien entendu… »

- « Bien entendu » grogna la journaliste d'un air bougon.

- « Je suis ravie de vous l'entendre dire. Il va également sans dire que maintenant que votre sécurité n'est plus menacée, vous pouvez quitter cet ''endroit lugubre'' comme vous l'appelez si bien. Je vous laisse la journée et ce soir je viendrais vérifier que vous n'occupez plus les lieux. Et maintenant, excusez moi, mais d'autres affaires plus urgentes m'attendent et je ne peux rester. »

- « Mais je pourrais tout de même écrire sur ce qui c'est passé non ? » demanda la journaliste en se levant en même temps qu'elle « Même si ce n'est que la version officielle du professeur Dumbledore ! Quand reviendra-t-il ici ? »

- « Albus Dumbledore n'est pas revenu de la Grande Bataille ! » répondit froidement Minerva en ouvrant la porte de la chaumière.

Elle la referma sur l'air terrassé par la surprise de la jeune journaliste, toujours en robe de chambre au milieu de la salle de réunion de l'Ordre du Phoenix. Minerva fit quelques pas avant de transplaner en serrant bien fort contre elle son sac de cuir et ses précieux documents.

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Kingsley essayait de se frayer un chemin parmi la foule en liesse qui se massait sur le Chemin de Traverse. Le jeune auror n'arrivait à pas à expliquer comment la nouvelle de la mort du Seigneur des Ténèbres s'était répandue, mais le résultat était là. Partout dans les rues, des sorciers et sorcières de tout âge laissaient exploser leur joie et leur soulagement. Kingsley se demandait si la nouvelle des personnes qui avaient trouvé la mort lors de cette Bataille avait été révélé en entier où si seule la mort de celui qui les terrorisé tous avait annoncé. Il n'allait pas tarder à le savoir car il se rendait au Ministère.

Et ce n'était pas une chose aisée. La communauté sorcière qui jusqu'alors s'était montrée discrète et calme laissait éclater sa joie d'une manière particulièrement démonstrative. Une jeune femme l'entraîna dans une sorte de farandole de laquelle il se défit aussitôt avec une grimace de douleur. Les médicomages qu'il avait rapidement vu à Ste Mangouste lui avaient bien dit que vu l'état de son dos, il n'était pas en état de quitter l'hôpital. Mais profitant d'un changement de l'équipe des guérisseuses il s'était échappé de sa chambre. Il avait trop à faire pour rester allongé dans un lit d'hôpital. C'est pourquoi, il se retrouvait maintenant en train de courir en zigzaguant pour éviter les sorciers qui faisaient apparaître un peu partout des feux de joies colorés en chantant et en riant.

Kingsley aurait aimé aussi pouvoir participer à l'allégresse général mais les souvenirs de la Bataille étaient encore trop présents dans son esprits pour pouvoir être soulagé de quoique se soit. Il avait vu trop de gens mourir ses dernières heures pour avoir le cœur de faire la fête avec tous ces braves gens qui ignoraient tout des sacrifices qui avaient dû être fait pour qu'ils puissent ainsi laisser libre cours à leur soulagement.

Kingsley augmenta son allure et ne s'arrêta pour reprendre son souffle qu'une fois parvenu devant le Ministère. Là, il s'appuya un moment contre le mur pour tenter de faire passer le point de côté qui était apparut dans son flanc et qui le faisait souffrir, moins pourtant que les douleurs de son dos qui le lançait fortement. Le jeune auror pris une grande inspiration et entra dans le Ministère.

A l'intérieur aussi c'était l'ébullition. Des centaines de personnes courraient en tous sens, en criant, en s'interpellant ou en exigeant qu'on leur explique ce qui se passait. Mais Kingsley n'avait pas vraiment le temps de s'intéresser à tout cela. Il joua des coudes pour atteindre plus rapidement les ascenseurs. Indifférents aux exclamations outrées des personnes qu'il avait doublé, le jeune auror se précipita dans la prière cage d'ascenseur qui s'ouvrit et appuya sur le bouton correspondant à l'étage qu'il souhaitait rejoindre. Une fois arrivé au Département des aurors, il se précipita dans les couloirs vers son bureau en espérant ne rencontrer personne qui aurait envie de lui parler. Pour l'heure, autre chose le préoccupait que le compte rendu de la Bataille.

Une fois arrivé dans son bureau, il prit soin de refermer la porte à clé et se retourna. C'est alors qu'il la vit. Il s'agissait d'une magnifique colombe argentée qui se trouvait perchée sur le dossier de sa chaise. Il ne s'agissait pas, bien sûr, d'un vrai volatile, mais du patronus de Lily Potter. Il s'en approcha et tira sa baguette de sa poche. Il effectua le sort nécessaire pour que le patronus délivre son message et bientôt il pu prendre entre ses mains la missive de la jeune femme. L'auror la décacheta et la parcourut rapidement. Il poussa un soupir de soulagement tandis qu'il entreprenait de brûler le mot. Tout le monde était rentré sain et sauf chez elle. Remus, Sirius et James étaient blessés, mais rien de dramatique et surtout… Surtout le petit Harry avait survécut à l'Avada Kedavra et même s'il était encore faible, il était vivant. Kingsley devait bien avouer qu'il n'y avait pas cru…

Quand le professeur Dumbledore leur avait expliqué à tous que ce serait cet enfant qui pourrait, grâce à sa magie, tuer le plus grand mage noir de tous les temps, le jeune auror avait pensé immédiatement qu'il envoyait Harry Potter à une mort certaine. Il n'aurait jamais cru qu'un sort de protection, aussi puissant soit-il, pourrait permettre de survivre au Sortilège de Mort. Quand il avait vu le petit garçon être frappé par l'éclair vert, il se trouvait assez loin de lui. Il l'avait juste vu s'effondrer sur le sol et sa mère se précipiter pour le prendre dans ses bras. Il avait alors été intimement convaincu que l'enfant était mort, mais ce petit mot qui finissait de brûler en répandant des cendres sur son bureau venait de lui assurer le contraire.

C'était tout de même très surprenant… Harry était si jeune ! Le jeune auror eu alors une conviction. Cet enfant n'était pas un petit garçon ordinaire. N'importe quel enfant aurait succombé, n'importe quel être humain l'aurait fait d'ailleurs, mais pas lui. Harry possédait un potentiel extraordinaire et le jeune auror ne doutait plus qu'il accomplirait de grandes choses une fois adulte.

Maintenant rassuré sur le compte des derniers membres de l'Ordre dont il n'avait pas de nouvelles, le jeune auror pouvait enfin faire un bilan complet et détaillé de la Bataille qu'il remettrait dès que possible à…
Kingsley se figea un moment en pensant que plus jamais il ne remettrait de rapport à Albus Dumbledore. Une ombre de tristesse le traversa et il serra les poings. La mort du professeur laisserait immanquablement un grand vide dans la société sorcière. Mais c'était sans doute le prix à payer pour voir la guerre se terminer et permettre à tous ces gens de faire la fête dans les rues et d'entrapercevoir un avenir heureux pour eux et les leurs. Il soupira. Il le ferrait ce rapport et le confierais à Minerva. Il ne voyait pas à qui d'autre confier ces informations. Si Fol Œil n'avait pas succombé, cela aurait sans doute été à lui qu'aurait incombé la direction de l'Ordre du Phoenix car, malgré sa tendance à la paranoïa, il avait toujours été un homme éclairé et suffisamment charismatique pour être écouté. Malheureusement, le valeureux auror avait lui aussi périt pour ses convictions.

Kingsley, ne voulant pas se morfondre sur ceux qui ne reviendrait pas du combat, décida de quitter son bureau pour enfin se confronter aux autres aurors et spécialement au Commandant des aurors qui ne l'appréciait plus énormément depuis un quelques temps.

Tout d'abord il avait révélé au grand jour l'affaire des armes à feux moldues utilisées par les mangemorts. Le procès de cette affaire se dérouleraient d'ailleurs peu de temps après. Cette affaire qu'il avait résolu avait jeté le discrédit sur Rufus Scrimgeour que le Commandant voyait pourtant très bien comme son successeur. L'erreur monumentale de l'auror, de tomber dans le piège des mangemorts en excluant volontairement toutes autres pistes, avait fortement compromis sa nomination et le Commandant le tenait lui, Kingsley Shackelbolt comme responsable. Le jeune auror s'était fait une raison et avait taché de se montrer discret pour ne pas se faire remarquer et laisser cette histoire se tasser.

Mais voilà, c'était une nouvelle fois lui qui avait été sous le feu des projecteurs quand il avait la veille demandé des renforts en urgence pour aider les membres de l'Ordre du Phoenix à neutraliser les dernier mangemorts tenaces. Puis les choses s'étaient enchaînées. Kingsley avait vu transplaner James, Sirius et Remus quelques minutes avant de voir arriver le bataillon d'auror. Ensemble, ils avaient ligoté et transféré dans les quelques cellules du Ministère les mangemorts qui n'avaient toujours pas été mis hors d'état de nuire. Ils s'étaient ensuite occupé d'envoyer à Ste Mangouste tout ceux qui avaient besoin de soins, essayant de convaincre les récalcitrants alors que lui-même aurait bien eu besoin d'une nuit complète de repos. Au final, il n'y avait que Hagrid qui avait obstinément refusé de se soigner autrement que tout seul.

Une fois le cimetière entièrement vidé de tous sorciers, la brigade des Oubliators était arrivée pour vérifier que dans les alentours, aucun moldu ne s'était rendu compte de ce qui s'était déroulé dans la nuit puis certains chercheurs du Département des Mystères était venus pour récupérer ce qui restait du Seigneur des Ténèbres. Ces échantillons allaient être soigneusement étudiés et Kingsley savait pertinemment que jamais les Langues-de-Plomb ne parleraient de leur découverte s'il y avait lieu d'en avoir. Il n'entendrait plus jamais reparler de Celui-Dont-On-Ne-Devait-Pas-Prononcer-Le-Nom ailleurs que dans les livres d'Histoire de la Magie et ce n'était certainement pas lui qui allait s'en plaindre.

La seule dont il aurait à se plaindre serait sans doute la méchante humeur et la mauvaise disposition du Commandant des aurors à son égard maintenant qu'il venait une nouvelle fois de voler la vedette à son auror favoris, en lui coupant l'herbe sous le pied. En effet quelques jours plus tôt Scrimgeour avait annoncé à la brigade que ce n'était plus qu'une question de jours avant qu'il ne parvienne à localiser le Seigneur des Ténèbres et qu'il parviendrait à lui faire cesser son règne de violence…

Kingsley marchait désormais dans les couloirs et entendaient ses collègues murmurer derrière son passage. Tous savaient maintenant qu'il avait été un des acteurs de la Bataille finale et il fallait s'attendre à ce qu'il soit l'objet des discussions pendant un long moment. Il arriva enfin devant le bureau du Commandant, il frappa et entra quand on l'y invita. Le Commandant était seul et l'accueillit avec un regard sévère et froid.

- « Te voilà enfin Kingsley ! » lança-t-il en lui désignant nonchalamment de la main le siège sur lequel il l'autorisait à s'asseoir. « Tu en as mis du temps ! »

- « Il fallait que j'arrive à m'enfuir de Ste Mangouste » expliqua le jeune auror.

- « C'est vrai ce que l'on raconte ? » demanda alors le Commandant à brûle pourpoint.

- « Quoi donc ? »

- « Que c'est un enfant qui a vaincu le Seigneur des Ténèbres ? »

Kingsley grimaça, les nouvelles allaient décidemment très vite.

- « On parle déjà de celui qu'on appellera le Survivant ou l'Élu… » poursuivit le Commandant d'un air inquisiteur.

- « Il y avait effectivement un enfant » répondit Kingsley, conscient que cette nouvelle n'était qu'un secret de polichinelle.

- « Qui ? »

- « Harry Potter »

- « Fils d'auror ? D'un haut dignitaire ? D'un homme influent ? »

- « Non, un enfant comme les autres… Enfin presque… » souffla Kingsley

- « C'est incompréhensible ! » grogna le Commandant d'un air incrédule « Nous avons tenté de l'arrêter pendant des années et voilà qu'un beau jour, un enfant… »

Il fit un mouvement brusque de la main et se tut. Kingsley pouvait comprendre la frustration de cet auror, dont la carrière avait été bien remplie, de savoir qu'un petit garçon avait réussit là où lui et ses hommes avaient échoués.

- « Je veux un rapport extrêmement détaillé de ce que tu auras vu là bas ! » ordonna alors le Commandant en fixant Kingsley dans les yeux « Et je le veux le plus tôt possible ! Si possible avant que la presse ne commence à délirer ! »

- « Je vous le ferez parvenir aussitôt que possible, je vous le promets »

- « Et n'oubliez pas de mentionnez à quel point Fol Œil et toi étiez impliqué dans cet Ordre du Phoenix ! »

Kingsley ne montra aucune émotion, se leva et quitta le bureau après avoir salué son supérieur d'un signe de la tête. Il était dans une situation délicate. En tant qu'auror, il lui était interdit d'adhérer dans des organisations secrètes encore moins si celles-ci se servait d'informations du Ministère pour devancer les enquêtes officielles. Il lui fallait vraiment voir Minerva pour régler tous ces détails. Son problème était qu'il ne savait pas où il pourrait la trouver. Il décida de commencer par quitter le Ministère où dès qu'il faisait un pas, tout le monde l'observait comme une bête curieuse. Il attendait que les portes de l'ascenseur devant lequel il se trouvait s'ouvrent lorsqu'il tomba nez-à-nez avec Arthur Weasley. Il marchait avec une canne et portait un bras en écharpe. Son sourcil droit était recouvert d'un épais pansement.

- « Arthur ? Mais que fais-tu là ? Je croyais que tu devais rester quelques jours à Ste Mangouste ? » demanda Kingsley

- « Je crois que toi et moi avons eu la même idée ! » lança le rouquin en le laissant entrer dans l'habitacle « Je suis venu voir si je pouvais avoir des informations. Comment va Harry ? »

- « J'ai reçu un mot de Lily, il va bien, ils vont tous bien »

- « Merlin merci ! Molly va être soulagée, elle craignait tellement pour lui ! » soupira Arthur, visiblement très soulagé lui aussi.

- « Je comptais faire mon bilan à Minerva, tu ne saurais pas où je pourrais la trouver par hasard ? » demanda l'auror.

- « Tu as de la chance ! Je l'ai croisé en venant ici ! Elle avait des documents à donner de toute urgence à Amélia Bones, je l'ai renseigné. Elle m'a dit qu'ensuite, elle irait rendre visite aux Potter »

- « Dans ce cas, nous y allons aussi ! » décréta Kingsley d'un air décidé.

Les deux hommes quittèrent alors le Ministère et dès qu'ils le purent, transplanèrent pour Loutry-Ste-Chaspoule. Ils se dépêchèrent de quitter le bosquet dans lequel ils étaient arrivés pour rejoindre la demeure de la famille Potter, courant presque sur le bord du chemin, car tous les deux, dans leur précipitation avait oublié qu'ils se trouvaient près d'habitations moldues alors qu'ils était tout deux habillés à la mode sorcière. C'est donc essoufflés qu'ils frappèrent à la porte de la maison. Ce fut Lily qui vint leur ouvrir. Malgré la fatigue que l'on pouvait lire sur ses traits, elle les invita en souriant à entrer chez elle et à rejoindre tout le monde dans le bureau de James, transformé en infirmerie pour l'occasion.

Lorsque Kingsley entra dans la pièce, il fut tout d'abord surpris par l'animation qui s'y trouvait. C'était les enfants qui la causaient. Sirius et James tenait chacun leur fille dans leur bras. Harry regardait son petit frère, qui allongé sur le dos sur son lit, remuait les mains pour tenter d'attraper les tuyaux de la perfusion. Océane quand à elle berçait la plus jeune de ses filles tout en discutant avec Minerva qui se trouvait effectivement sur les lieux.

- « Bonjour » lança Kingsley et le jeune auror sentit tous les visages se braquer vers lui.

- « Kingsley ! Arthur ! » s'exclama Remus depuis l'autre bout de la pièce, le visage recouvert d'une épaisse pâte verte « Comment allez vous ? »

- « Bien mieux que vous on dirait ! » répondit Arthur en souriant faiblement.

- « Nos infirmière personnelles sont intraitables et refusent qu'on quitte le lit ! » rétorqua Sirius

- « La mienne fera la même chose quand je rentrerais à la maison ! » assura Arthur en s'installant sur une chaise libre qui se trouvait non loin « Pour le moment, elle me croit à Ste Mangouste… »

- « Minerva, je voulais te voir ! » lança alors Kingsley en s'approchant d'elle « Je voulais te faire le compte rendu de la journée d'hier »

- « Bonne idée » répondit la vieille sorcière.

- « Les enfants ! » lança alors Lily d'une voix ferme « Vous allez retourner jouer dans vos chambres »

- « Non ! » cria Lalyh tandis que Syrielle s'agrippait fermement au cou de son père.

- « Ce n'est pas pour les enfants ce dont on va parler maintenant » compléta Lily en s'approchant de sa fille.

James posa un baiser sur la joue de sa fille et la décrocha de lui pour la tendre à sa mère.

- « Noooon ! » se mit alors à sangloter la fillette « Papaaa ! Paaaapaaaaaa ! »

- « Je reste là mon ange ! » murmura James en souriant faiblement « On se reverra tout à l'heure je te le promets »

- « Mon papa ! » pleurait toujours la petite fille en essayant d'échapper à l'étreinte de sa mère.

- « Je te promets que je reste là et que tu viendras me voir dès que ce sera fini ! » souffla une nouvelle fois James à sa fille d'un air désolé.

Kingsley le regarda d'un air attendri. Dans le lit d'en face, Sirius avait le même problème. Il fallut quelques minutes à Lily et Océane pour consoler leurs filles mais bientôt le seul enfant présent dans la pièce fut Harry, qu'on ne pouvait pas déplacer à cause de ses perfusions. James se contenta de lancer autour de lui un sort de Discrétion afin qu'il n'entende rien, mais c'était une précaution un peu inutile. Fatigué, le petit garçon s'endormit juste après.

- « Très bien Kingsley, nous t'écoutons » lança alors Minerva.

Le jeune auror pris une grande inspiration et se lança. Il donna le bilan des décès survenus pendant la Bataille. On en comptait dans chaque camps. Outre le professeur Dumbledore et Fol Œil, on comptait aussi un mort parmi les anciens membre de l'Ordre et trois morts parmi les lycanthropes, amis de Remus. Le jeune homme s'inquiéta d'ailleurs du sort de son amie Debae, mais la jeune femme et son petit ami avaient survécus. Ils se trouvaient à Ste Mangouste et Remus promis d'aller les voir dès que possible. Restait aussi le cas de Karkarroff dont le corps avait été retrouvé à quelques centaines de mètres du cimetière. Personne n'avait été capable de dire s'il avait été tué par un mangemort ou par un membre de l'ordre le prenant pour un mangemort… Quoiqu'il en soit, Kingsley avait eu pour ordre d'organiser un rapatriement de sa dépouille jusqu'à Durmstrang où l'on s'occuperait de ses obsèques.

Du côtés des mangemorts, la mort des époux Lestrange étaient déjà connue de toutes les personnes présentes dans la pièce. Trois autres mangemorts avaient péris, deux d'entre eux lors de leur transfert à Ste Mangouste.
Toutes les autres personnes, présentes à la Bataille, s'en sortaient avec des blessures plus ou moins graves.

- « Le procès des mangemorts que nous avons capturés » expliquait Kingsley « Aura lieu très bientôt, le Ministère ne veut pas faire traîner les choses. On ne pense pas que beaucoup de mangemorts nous ait échappé parmi ceux qui étaient au cimetière. Reste ceux qui n'y ont pas pris part, mais ils avaient moins d'importance au sein de l'organisation, je ne pense pas que maintenant que leur chef et que les principaux mangemorts sont morts, ils tentent quoique se soit »

- « Kingsley, est-ce que parmi les mangemorts qui vont être jugés il y a… »

Sirius laissa sa phrase en suspens, mais Kingsley comprit aussitôt de qui il voulait parler.

- « Peter sera jugé lors de ces procès. Il est cité dans au moins deux affaires différentes »

- « Lesquelles ? » demanda James.

- « La Grande Bataille tout d'abord. On l'a retrouvé tandis qu'il cherchait à s'enfuir, mais il a maintenant un bras en argent qui ne permet pas les fuites discrètes… »

- « QUOI ?! » s'écria alors Remus.

Kingsley se tourna vers lui.

- « Qu'as-tu dit ? »

- « Peter a un bras en argent…. » répéta Kingsley d'un air surpris.

- « Alors c'est lui ! » s'indigna le lycanthrope en posant sa main sur son visage blessé « C'est LUI qui m'a fait ça ! Lui qui savait parfaitement l'effet que l'argent aurait sur moi ! Quelle sale vermine ! » gronda-t-il enfin.

Kingsley était choqué. C'était la première fois qu'il voyait le jeune homme sortir de ses gonds. Dans les lits d'à côtés, Sirius et James fulminaient eux aussi.

- « Et pour qu'elle autre affaire est-il cité ? » demanda James d'un air grave.

Cette fois, Kingsley hésita à leur répondre. Il avait peur qu'il ne réagisse encore plus mal à cette nouvelle, mais le regard pénétrant des trois amis ne lui laissa pas vraiment le choix.

- « Il a prit parti aux attentats par les armes à feux moldues » souffla-t-il.

Ce fut Lily qui poussa la première un cri aussi horrifié qu'indigné. Puis tous se mirent à débattre avec animation de la nouvelle, les garçons insistant pour assister au procès de leur ancien ami. Kingsley les regardait parler avec rage et colère et il les comprenait et lui-même les ressentait. Il leur fallut un moment pour faire revenir un semblant de calme dans la pièce, les garçons étaient toujours furieux. L'auror pu alors reprendre le fil de son bilan, devant son auditoire attentif.

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Elle venait à peine d'arriver de France, mais n'avait pas le temps de se remettre de son voyage. Folle d'inquiétude, elle donna un généreux pourboire au jeune homme venu l'accueillir en le remerciant de bien vouloir accorder la plus grande attention à ses chevaux. Elle lui laissa également ses valises, lui demandant de bien vouloir les monter dans sa chambre. Elle ne savait pas quand elle reviendrait, elle avait beaucoup de choses à faire et elle n'avait pas le temps de s'attarder.

Sans prendre la peine d'écouter ce que le sorcier lui répondait, la jeune femme sortit de la cour de l'hôtel dans lequel elle était descendue et prit le chemin qui menait à Poudlard. Les gens se retournaient sur son passage, surpris de la voir marcher aussi vite que ce que ses escarpins le permettaient. La peur lui donnait des ailes.
Elle avait pris la décision de venir dès qu'elle avait appris la nouvelle. Sa tante avait bien tenté de la retenir, mais en vain. Même le fait de savoir qu'elle allait prendre beaucoup de retard dans ses cours ne lui avait pas fait changer d'avis. Dès qu'elle avait lu la lettre ouverte que le professeur Dumbledore avait envoyé au Seigneur des Ténèbres, elle avait compris qu'il serait de la Bataille.

Olympe Maxime, tout en continuant sa route d'un bon pas, se mit alors à pester contre le retard que prenait la presse française quand il s'agissait de relater les informations importantes concernant ce qui se passait outre manche. Certes, le Seigneur des Ténèbres ne sévissait pas autant en France qu'au Royaume Uni, mais elle aurait aimé avoir la nouvelle au moment des faits, afin de pouvoir venir plus tôt. Elle espérait de tout cœur, ne pas arriver trop tard.

Rubeus Hagrid était un homme courageux et très dévoué au professeur Dumbledore. Olympe n'avait pas l'ombre d'un doute sur sa loyauté et elle savait pertinemment qu'il était prêt à tout pour lui. Elle avait pressentit que quelque chose de grave allait se passer quand il avait commencé à répondre moins vite et moins souvent à ses lettres, mais elle était loin de se douter que les choses s'étaient à ce point mises en route.

Sur les routes de Pré-au-Lard, elle apercevait des gens, très joyeux qui riaient et parlaient avec animation. Mais elle n'avait pas le cœur à se laisser contaminer par la bonne humeur, elle voulait le voir. Il lui fallut une vingtaine de minutes pour regagner les grilles d'entrée du Collège Poudlard. Lors d'une de ses dernières lettres, Rubeus lui avait fait par des changements qui avaient eu lieu dans l'école. Il n'appréciait pas du tout la nouvelle Directrice et était persuadé d'avoir raté son évaluation. Elle avait essayé de lui remonter le moral en lui envoyant une lettre enjouée. Olympe était surprise que le Ministère ait retiré son poste à Albus Dumbledore qui était tout de même le meilleur directeur que l'on puisse imaginer pour Poudlard…

Olympe savait donc, que, suivant les nouvelles règles en vigueur dans l'établissement, une visite ne pouvait se faire sans l'accord de la Grand Inquisitrice. Mais pour l'heure, la jeune femme n'était pas disposée à suivre ses restrictions inutiles. Elle voyait de la fumée s'élever de la chaumière de Rubeus. Un immense sentiment de soulagement l'envahit alors. Doucement, elle agrippa de ses deux grandes mains les barreaux du portail et le poussa délicatement. Par chance, il n'était pas fermé et c'est sans difficulté aucune qu'elle entra dans le parc de Poudlard. Son soucis désormais était de rejoindre la maison de Rubeus sans se faire voir du château et Olympe savait très bien qu'elle ne passait pas tout à fait inaperçu. Pourtant, elle décida de croire en sa bonne étoile. Elle se lança donc, l'air de rien à la rencontre de la maisonnette et y parvint sans encombres. C'était décidément son jour de chance. Elle avait conscience que cela ne durerait pas, alors elle se dépêcha de frapper à la porte. Mais elle n'eut aucune réponse. Elle insista un peu plus, en jetant de temps en temps par-dessus son épaule un regard au château pour s'assurer que personne ne l'avait aperçut. N'entendant toujours pas de réponses, la jeune femme colla son oreille contre la porte en bois. Des gémissements plaintifs lui parvinrent ainsi que les pleurs discret d'un chien, celui de Rubeus.

- « Rubeus ? Teuh vas bien ? » demanda-t-elle, mais personne ne lui répondit.

Olympe décida alors de prendre les choses en main. Elle tira sa baguette de la poche de sa robe lavande et jeta un sort à la porte qui s'ouvrit sans résistance. Elle entra précipitamment, referma la porte et poussa un cri. Devant elle, à moitié sur son lit, à moitié sur le sol gisait Rubeus. Ses vêtements étaient déchirés et couverts de boue. Il était blessé et il saignait par endroit. Son visage était tuméfié. Près de lui, Crockdur était couché. Il pleurait doucement en donnant de temps en temps des coups de museaux à son maître, espérant sans doute le voir se relever. Mais Olympe voyait bien qu'il était inconscient.

La jeune femme retroussa alors ses manches et réinstalla le jeune homme sur son lit. Il poussa un gémissement de douleur qui lui fit de la peine. Elle se précipita ensuite vers la cheminée dans lequel un feu brûlait déjà et mit de l'eau à bouillir dans un chaudron. Elle se mit alors à fouiller partout à la recherche d'une trousse à pharmacie, mais ne trouva que ça et là quelques produits désinfectants. Elle ne pourrait pas faire grand-chose avec cela. Elle irait demander son aide à l'infirmière un peu plus tard. Pour l'instant, le plus important était de nettoyer ses plaies et le réanimer. D'un ton sévère, elle ordonna à Crockdur de retourner dans son panier et pris place près du lit avec un linge et une bassine pleine d'eau tiéde. Délicatement, elle entreprit de le nettoyer, enlevant le sang qui avait séché, désinfectant les plaies. Elle ne tarda pas à remarquer que ses genoux devaient être brisés et qu'il avait reçu de nombreux sorts. Beaucoup de questions se bousculèrent alors dans sa tête. Qui lui avait fait ça ? Pourquoi ? Et surtout, pourquoi n'était-il pas à Ste Mangouste, mais seul chez lui ?

Une fois que Rubeus eut une allure plus propre, la jeune femme versa dans une grande tasse un peu de thé qu'elle avait fait. Doucement, elle s'approcha de lui et entreprit de le faire boire un peu. L'entreprise fut laborieuse, mais la jeune femme parvint tout de même à lui faire prendre quelques gorgées. Elle dû s'interrompre car le jeune homme fut pris d'une quinte de toux qui le réveilla en gémissant. Il avait mal, c'était certain.

- « Rubeus… » souffla alors Olympe « Teuh est fou deuh ne pas teuh faire soigner ! » lui reprocha-t-elle doucement.

- « Olympe ?! » s'exclama Hagrid en tournant la tête vers elle.

- « Ne t'en feuh pas, je veuille sur toi ! » lui répondit-elle.

- « Qu'est-ce… qu'est-ce que tu fais là ? » murmura-t-il.

- « Je lu dans le journaux que Dumbleudoreuh voulait faireuh la guerre… »

- « Il est mort au combat hier… » souffla Hagrid d'une voix douloureuse, tandis que de grosses larmes se mettaient à couler sur sa joue.

- « Oh non ! » s'exclama Olympe en plaquant ses deux mains sur sa bouche.

Elle ne l'avait pas beaucoup connu, mais elle avait toujours trouvé que le vieux sorcier était un homme charmant et elle savait que c'était un grand sorcier.

- « C'est teurrible ! Que va-t-il seuh passer maintenant ? » s'inquiéta-t-elle.

- « La guerre est fini Olympe » souffla Hagrid « Nous avons gagné… »

Une nouvelle quinte de toux le repris, l'obligeant à se taire. Olympe posa un linge humide sur son front pour le soulager. Il esquissa un faible sourire pour la remercier.

- « Teuh me raconteras ça plus tard ! » trancha-t-elle « Dis moi seulement pourquoi teuh n'est pas été dans l'hôpital pour tes blessureuh ? »

- « Je ne peux pas… » répondit Rubeus dans une grimace « Il faut quelqu'un… Graup… »

Tout devint alors clair dans l'esprit d'Olympe. Rubeus lui avait dit qu'il avait réussit à ramener son petit frère après beaucoup de difficultés. Il lui avait dit qu'il le cachait dans la Forêt Interdite et que le professeur Dumbledore qu'il avait mis au courant, lui avait donné son accord dans la mesure où il devait l'instruire et le rendre sociable avant de le faire venir dans la société. C'était pour cela qu'il avait tenu à revenir chez lui. Il fallait qu'il prenne soin de son frère et ne pouvait pas le laisser seul trop longtemps.

- « Jeuh m'en occupe ! » déclara-t-elle alors « Neuh te soucis pas de lui »

- « Quoi ? »

- « Jeuh me chargeurais de ton frèreuh » assura Olympe en lui épongeant le front doucement. « Et jeuh m'assurerais que teuh te soigneuh »

Rubeus la fixa alors pendant un moment avant de poser sa main sur la sienne.

- « Pourquoi es-tu venue ? » demanda-t-il dans un souffle.

- « Parceuh que je me feusais du soucis pour toi » répondit Olympe en rougissant légèrement.

- « Pourquoi tu fais tout ça pour moi… » insista-t-il doucement.

- « Peut être à causeuh de ça… » lui répondit-elle avant de se pencher doucement pour l'embrasser.